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 The Heart of Saturday Night

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Ethel Dawkins
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MessageSujet: The Heart of Saturday Night   Dim 29 Mar 2015 - 19:19

4 mai 2015




Le réveil sonna alors que le soleil était déjà haut dans le ciel. Poussant un grognement, Ethel se retourna et l'éteignit, enfouissant sa tête dans les draps. Il était quinze heures, plus que l'heure de se lever étant donné que son service commençait dans une heure. Ignorant depuis un mois le fait que cette heure n'était pas du tout une heure convenable pour se lever, elle utilisait comme excuse le fait qu'elle se couchait presque systématiquement aux alentours de six heures du matin. Se faisant violence, elle se leva, n'ayant que deux mètres à faire de toute manière pour atteindre la douche. Dans le minuscule studio de 12 m² qu'elle habitait depuis un mois maintenant, rien n'était vraiment loin, c'était limite si elle pouvait atteindre son paquet de gâteau sur sa cuisinière. Ça c'était l'aspect pratique. L'aspect moins pratique étant que sa douche était dans son salon. Non non, pas au sens où la porte donnait sur le salon. Au sens où sa douche était DANS son salon. En réalité, seuls les toilettes étaient dans une pièce séparée, le reste de l'appartement, de la cuisinière à l'évier, était dans une seule et même pièce. Et bien évidemment, l'évier était le même que ça soit pour le côté salle de bain ou pour la cuisine.
Mais en réalité, elle s'y retrouvait assez. Ce côté sommaire lui plaisait même de plus en plus. Certes, la plafond était jonché de moisissures, les odeurs du bar emplissait son appartement à n'importe quelle heure de la journée – Elle avait l'impression d'héberger un Irlandais bourré – et elle devait éponger le sol de sa salle de bain/salon/chambre/cuisine à chaque fois qu'elle prenait une douche pour ne pas risquer de s'écraser au sol en s'habillant. Mais au moins, elle était tranquille, et personne ne venait jamais la déranger ici. Même le facteur n'osait pas monter dans l'immeuble. Quand bien même l'appartement était sordide à souhait, Ethel l'aimait. Elle vivait seule pour la première fois, ayant toujours été soit en colocation soit en concubinage depuis qu'elle avait quitté ses parents. Et si on oubliait les crises d'angoisses et les pleurs nocturnes, lorsque Loïs ou Jake lui venait en tête, elle allait bien, et c'était cool de ne pas avoir à faire la vaisselle, quand elle avait la flemme, et de devoir se brosser les dents dans la douche.

Une fois lavée, elle fouilla son placard pour dénicher un paquet de biscuits. Sans en trouver bien évidemment, elle avait dilapidé son salaire quasi inexistant en vêtements et affaires de survie. Ayant strictement tout laissé chez Jake, elle avait fini par comprendre qu'elle ne pouvait pas éternellement porter la même robe bleue, et surtout la même culotte. Son salaire tournait aux alentours de 20.000 Yens, ce qui n'était pas beaucoup pour vivre. Heureusement, elle ne payait pas de loyer, et était nourrie par son propriétaire. Qui était également son patron. Et son sauveur, accessoirement. Un homme de cinquante ans, propriétaire d'un petit bar dans le quartier Bougu. Un bar où elle avait échoué il y a un mois, alors qu'elle s'enfuyait de chez Jake à la force de ses jambes. Il lui semblait qu'elle avait couru pendant une heure, jusqu'à s'écrouler de fatigue sans même se rendre compte d'où elle était. Le hasard avait voulu qu'elle s'arrêta juste devant un bar. Le genre de pub tenu par un anglais défraîchit par l'alcool, à l'enseigne rouge clignotante, en si mauvais état qu'on se demandait si elle allait nous tomber sur la tête si on s'osait à rentrer.

Mais c'était soi rentrer dans ce bar, soit s’asseoir sur le sol, qui n'avait pas l'air plus attrayant. Alors elle était entrée, ignorant les regards vitreux de la troupe d'alcoolisés qui se rivèrent sur elle quand elle entra. Et commanda un whisky, sec. Puis deux. Puis trois. Puis trop pour se souvenir de combien. Et la soirée se fini, et Ethel n'eut absolument pas les sous pour payer l'addition. Imbibées d'alcool, les paroles se déliaient, et le patron avait fini par comprendre l'histoire d'Ethel. Il lui proposa donc de nettoyer la salle pour régler son addition. Et lorsqu'elle eut fini, lui annonça que si elle cherchait un endroit ou dormir pour la nuit, voir pour un peu plus longtemps, il pouvait lui prêter un des studios qu'il louait. Il demandait juste en échange qu'elle s'occupe du service au bar, et de nettoyer la salle le soir. Bien évidemment c'était le meilleur compromis qu'elle puisse trouver, et même le seul qu'elle avait en ce moment. Depuis un mois, elle vivait donc ici, servant des bières par dizaines de litres et vivant comme elle le pouvait.

Une fois lavée, la jeune fille ouvrit son placard, poussant un soupir las. Il y a quelques mois à peine, son placard était une palette de peintre impressionniste à lui tout seul. Il regorgeait de couleur, de textures et de souvenirs à en exploser. Maintenant, une dizaine d'affaires se battaient en duel, et elles étaient toutes d'un noir plus sombre qu'un conte d'Edgar Allan Poe. Le travail imposait une tenue sobre, déjà compte tenu de son incapacité à servir une bière proprement, elle finissait toujours la soirée arrosée. Et si elle voulait éviter de se faire reluquer par tous les habitués, elle devait éviter les mini jupes et les débardeurs haut en couleur. Un simple jean, un t-shirt sombre et une veste sobre. Elle ne ressemblait à rien, ou plutôt à tout le monde, et elle détestait cela au plus haut point. La jeune fille avait passé sa vie à mettre un point d'honneur à se différencier, volontairement par sa tenue, sans le vouloir par son comportement et son attitude, même si elle ne l'avait pas toujours fait d'une manière totalement involontaire. A présent elle se maquillait, portait une tenue basique, et même son langage corporel s'était ajusté à la demande. Le principal était qu'elle avait un endroit ou vivre, et de quoi manger. Le patron était très content d'avoir trouvé une native anglaise pour servir, certains des habitués baragouinant à peine quelques mots de Japonais, à tel point qu'on se demandait comment ils pouvaient être ici depuis dix ans voir plus. Mais tout le monde y trouvait son compte.

Descendant en salle, elle commença à ranger un petit peu ce qu'elle n'avait pas eu la foi de faire la veille au soir. Le pub fermait chaque jour un peu après quatre heure du matin, quand le patron avait assez dessoûlé pour se souvenir qu'il devait virer tout le monde et fermer le bar. A partir de là il restait presque une heure de travail à Ethel pour tout laver, éponger et ranger. Autant dire qu'après cinq heures du matin, elle remettait au lendemain ce qu'il restait à faire. Au bout d'une heure, elle avait terminé et le bar était flambant neuf. Tant mieux parce qu'elle apercevait déjà quelqu'un qui attendait. A peine dix-huit heure, déjà quelques habitués trépignant devant. La danse allait commencer. La soirée commençait toujours doucement, jusqu'à 20h uniquement quelques habitués venaient habiter le comptoir, Ethel pouvait alors prendre le temps de parler, de réorganiser le bar. C'était un peu après que les choses se compliquaient. Et ce soir là ne dérogeait pas à la règle. Vers 22h le bar était bondé, et la rouquine ne se laissait même pas le temps de réfléchir. Alors quand un client vint s’asseoir à une table, au fond du bar, elle avança sans vraiment regarder.

« Bonsoir, Qu'est-ce que je peux vous servir ? »

Levant les yeux, son regard trembla. Jake était assis face à elle.


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Si je t'ai blessé, c'est que ta blessure est aussi la mienne.
Alors, ne m'en veux pas.
Je suis un être inachevé.
Bien plus que tu ne le crois.

Haruki Murakami


Dernière édition par Ethel Dawkins le Sam 30 Mai 2015 - 18:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The Heart of Saturday Night   Jeu 28 Mai 2015 - 19:14


C'était un sentiment frustrant que de savoir exactement où elle habitait, où elle travaillait, les horaires qu'elle tenait, les bas-goût des habitués... Mais la frustration est un sentiment qu'on apprend bien jeune aux enfants et Jake n'avait pas dérogé à la règle. Il n'aurait pas eu une mère comme la sienne, il aurait connu cet apprentissage de façon encore plus rude. Pour autant, le pardon était une chose avec laquelle il avait énormément de mal. Ca, c'était en partie de la faute de son père. Pour le reste, c'était certainement dû au fait d'avoir assassiné sa mère. Parfois, il oubliait son prénom et devait fouiller au fond de sa mémoire pour qu'il lui revienne. Adieu frustration, c'était la colère qui le submergeait et - un conseil - il ne valait mieux pas être dans les parages à ces rares moments. Ce devait être les seuls où il perdait tout contrôle. Ce qui était arrivé juste une heure plus tôt.

La villa était maintenant dans un état pitoyable : le bar était presque vide, le frigo était renversé au sol, le canapé retourné, les livres de la bibliothèque déchirés, une chaise cassée au pied de la baie vitrée restée, elle,intacte... La haine s'était évaporée comme par enchantement lorsqu'il était monté à l'étage et était entré dans la chambre à coucher, où trônait toutes les affaires d'Ethel. Quelque jours plus tôt, il avait tout rassemblé, hésitant entre lui rendre ou jeter tout ça à la benne, mais n'en avait toujours rien fait. C'est baigné dans ce calme après la tempête qu'il avait compris qu'il avait compris. Et dans un grognement, il avait attrapé un sweat pour l'enfiler à même la peau - habitude qui ne le quittera jamais - et était sorti de chez lui, laissant la porte grande ouverte. Sans détours, il avait atterri dans ce bar, avait réussit à trouver le gérant pour lui expliquer rapidement la situation et lui demander à lui voler quelques minutes du service d'Ethel, quitte à devoir mettre la main à la patte lui-même pour le reste de la nuit. De la main d'œuvre gratuite pour un travail un peu ralenti dans un bar d'habitué, le proprio n'avait pas hésité longtemps.

Assis au fond de la salle, la rouquine n'avait pas été bien longue à venir à lui, sans pour autant l'avoir reconnu. Lui n'avait pas changé, mais elle oui. Pour la première fois, le premier mot à lui venir à l'esprit pour la qualifier ne fut pas "fillette", mais bien "femme". Le frisson au son de sa voix ne fit que confirmer ce qu'il avait essayé de nier, d'autant plus depuis son retour, il y un mois : il l'aimait.
Ta compagnie. Tu es en pause, j'ai vu ça avec ton patron. Assied-toi.


D'un signe de main mécanique, il indiqua la banquette en face de lui, la suppliant presque du regard pour qu'elle y prenne place. Il se permit à reprendre son souffle uniquement lorsqu'elle s'exécuta.
Je ne suis pas là pour m'excuser du discours que j'ai tenu quand tu es revenue. Ce n'est pas non plus l'endroit où j'ai envie que tu me donnes des réponses. Alors je vais être plutôt bref...


De sa poche, il sortit trois choses : un prospectus d'achat de maison, un Kinder surprise et deux billets d'avion, avec hôtel. Il posa tout ça sur la table, entre eux deux. Il commença par pousser le prospectus vers Ethel.
Ce sont de jolies maisons dans l'ensemble. Je voulais cocher celles qui me plaisaient le plus, mais finalement je ne veux pas influencer ton choix. Ce n'est pas pour que tu vives de nouveau avec moi demain, je ne veux pas te mettre la pression... C'est juste, au cas où, si un jour tu veux qu'on partage un toit, on aura déjà choisit ensemble. J'ai un bon apport financier, je ne veux pas compter sur l'argent familial cette fois. Et j'ai juste éliminer celles qui ne sont pas au bord de la mer, avec accès direct à la plage : j'aimerai élever notre enfant dans le sable.


Il faisait partie de ces gens qui éprouvent d'énormes difficulté à ignorer leurs origines, malgré qu'il vive dans un pays à l'opposé du sien au niveau de la culture et qu'il s'y soit très bien adapté. Tout en parlant, il avait ouvert le petit magasine de vente et avait, sans s'en rendre compte, posé son doigt sur celle qui lui avait tapé dans l'œil. Sans laisser de répit à Ethel, il poussa vers elle le chocolat pour enfant. Il souriait, en coin, ayant énormément de mal à retenir ses émotions ce soi.
Ca c'est uniquement parce que je me doute que tes placards sont vides et que tu penses à moi, ce soir, avant d'aller te coucher. Alors garde-le pour plus tard...


Il passa rapidement aux billets d'avion.
Et ça, c'est pour aller chercher notre enfant.


Sur les billets, on pouvait lire que la vol était un aller-simple, première classe, dès le lendemain matin. Il avait hésité à les prendre dans un délai si bref, mais il ne voulait pas laisser le temps à Ethel de trop réfléchir à ce plan quelque peu foireux. Il ne connaissait pas ses parents, ne savait pas réellement ce qui s'était passé, ne savait pas vraiment où aller et n'avait réservé qu'une seule nuit d'hôtel, ne sachant pas non plus au bout de combien de temps ils pourraient avoir leur enfant. Pour lui, la question ne se posait pas, il allait le reconnaître juridiquement et ça, il le savait, la mère de la jolie rousse ne pouvait rien y faire. Elle n'avait aucune preuve contre lui pour l'empêcher de reprendre ce qu'il avait créé. Il poussa enfin son téléphone vers elle, le posant sur tous les papiers.
J'ai réalisé que je t'aimais il y a une heure à peine. Appelle ton père.


Il espérait un peu - beaucoup - que la déclaration qu'il venait de faire passerait à la trappe puisque glissé dans la même phrase que l'ordre d'appeler son père. De tout son discours, il n'avait pas quitté Ethel des yeux, mis à part quand il lui avait montré les maisons. Il savait que c'était sa mère qui portait la culotte, ça sautait aux yeux. Enfin, ça lui sautait aux yeux. Et il ne voulait pas louper son coup. Ni faire comprendre à Ethel qu'il voulait vivre avec elle, ni qu'il l'aimait, ni qu'il comptait bien rentrer au Japon avec leur enfant. Le Kinder devrait l'achever.

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MessageSujet: Re: The Heart of Saturday Night   Sam 30 Mai 2015 - 18:35



Jake était face à elle, comme un rêve enfin devenu réalité. Son cerveau fit un bond étrange, comme s'il se déconnectait d'un côté tout en fonctionnant comme il ne l'avait jamais fait. La rouquine savait que s'il était là, c'est qu'il avait réfléchi. Si c'était pour l'enfoncer à nouveau, il serait resté tranquillement chez lui et elle n'aurait jamais eu de nouvelles. Mais il était là, tant attendu, tant espéré, et enfin là. Il lui indiqua qu'elle était apparemment en pause, se retournant vers son patron, le vieil homme lui fit un sourire en lui indiquant de s’asseoir. Légèrement soucieuse de lui laisser le bar en sachant qu'il avait déjà entamé sa énième bière, elle le fit pourtant, incapable de tenir sur ses jambes de toute manière. Vacillant une seconde sur sa chaise, emprise de la vision du visage de Jake en face d'elle, la jeune fille se tut, l'écoutant tout entier, terrifiée à l'idée de ce qu'il pouvait avoir à lui dire.

Il commença par lui présenter un catalogue d'immobilier, sans trop savoir ce que cela voulait dire, elle baissa ses yeux dessus, le laissant parler. L'idée de vivre avec lui était des plus tentantes, si on oubliait le fait qu'il avait fait le mort pendant pratiquement trois mois. Trois mois d'inquiétudes et de crises, où elle devait parfois s'agripper à ses meubles pour s'empêcher de courir jusqu'à chez lui, encore une fois. Mais elle savait qu'une telle action était vaine, et qu'elle se ferait jeter. Alors elle avait attendu, des semaines durant, qu'il soit prêt, à tel point qu'elle n'y croyait plus, que les jours se ressemblaient tant qu'elle avait fini par penser que jamais il ne viendrait. Mais il était là, et il voulait réfléchir à une vie, à deux. Se l'imaginer, ça elle y était prête. C'était la seule chose à laquelle elle avait pu penser pendant tout ce temps. L'envie d'être avec lui, tout en sachant que c'était impossible lui avait été insupportable. Elle avait souffert à cette idée chaque jour, et le voir arriver, lui proposer de s'installer, c'était d'une beauté sans nom, mais à la fois abominable et effrayant. Et si ça ne se passait pas bien  ? S'il le regrettait  ? Elle devrait tout recommencer à nouveau, avec un enfant sur les bras. Terrifiant, même pour l'adulte qu'elle était en train de devenir.

Le Kinder la fit sourire, et les larmes lui montèrent au yeux. S'interdisant de pleurer, elle les ravala, et accueillit le chocolat dans sa main. Elle le savait, il lui prouvait là qu'il l'a connaissait, qu'il savait ce qui la réconfortait et ce qu'elle appréciait. C'était également un preuve qu'il tenait à elle dans un certain sens, puisqu'il avait pensé à lui faire cette attention. Ce n'était pas un pardon, mais ça valait mieux que des milliers de mots. Elle allait le remercier, quand il sortit deux billets d'avion. Elle tressaillit, se rendant compte qu'il s'agissait de deux allers pour l'Angleterre. Et donc la promesse de revoir Loïs. Mais également la condamnation de revoir sa mère, cette femme nocive et dangereuse qu'elle avait du fuir avant de mourir. Mais alors qu'elle commençait déjà à se réjouir, une pensée la traversa et ses yeux s'assombrirent.

Elle se revoyait, couchée sur son lit dans sa chambre, écoutant la campagne Anglaise. Sa porte en face, fermée, à clefs. Et Loïs hurlant dans la pièce d'à côté. Elle avait évidemment l'interdiction d'aller le voir, ne pouvant de toute manière pas franchir le pas de la porte. Depuis plusieurs jours, sa mère s'amusait à laisser Ethel écouter son fils pleurer, jusqu'à ce qu'elle se lève et aille le nourrir avec le lait qu'elle avait extrait d'Ethel plus tôt dans la journée. La rouquine passait donc ses nuits les yeux grands ouverts à pleurer en entendant son enfant l'appeler. Ne pouvant rien faire. Ce soir fut de trop, elle décida d'agir, enfin. Passant par la fenêtre, elle réussit à s'infiltrer dans la chambre de Loïs, pouvant enfin le prendre dans ses bras après plusieurs semaines. Elle allait le nourrir quand sa mère entra en furie, saisit Loïs et frappa violemment Ethel à la tête, l'envoyant dans ses vapes. Sa mère lui dit de partir, de ne plus jamais revenir. Une douleur cinglante à la tête et les idées plus très claires, la rouquine avait couru jusqu'au village, avant de s'arrêter et de s'écrouler sur un banc, où elle comata pendant une heure, le crâne en feu et l'esprit noir. Finalement elle décida de revenir, d'aller chercher Loïs. Mais sa mère était partie, la voiture n'était plus là et toutes les affaires de son fils avait disparu. Désœuvrée, elle avait prit le premier vol pour le Japon. Sa mère ne fut plus vue depuis ce moment-là, son père ignorait tout de son emplacement. Personne ne pouvait la localiser, elle avait juste... Disparue.

« J'aurais tellement aimé que ça soit si simple. Je serais partie avec toi, dans la seconde. Mais ma mère a disparu, avec Loïs. Ça fait plus de deux mois maintenant que ni moi ni mon père n'avons eu de nouvelles concrètes. Partir en Angleterre ne servirait à rien, certes elle peut y être, comme elle peut être au Zimbabwe ou en Antarctique. »

Elle soupira, visiblement désœuvrée. L'impression de se battre avec un néant s'intensifiait de jours en jours, elle appelait souvent son père, et sentait la voix de celui-ci défaillir de jours en jours, la culpabilité de l'homme l'accablait comme nulle autre, et la rouquine sentait bien que t'entendre sa fille, qu'il avait laissé tomber en dépression, qui avait manqué de perdre son enfant pour se le voir arracher, d'avoir laissé tout cela arriver, était pour lui insoutenable. Mais elle continuait de l'appeler, espérant étrangement entendre la voix de sa mère, ou sentir un ton plus clair dans celle de son père. Mais cela n'arrivait jamais.

« Cependant je ne suis pas restée inactive. J'ai pris contact avec un avocat, il pense avoir trouvé des réponses pour ramener ton fils... Notre fils. Et selon lui, faire bien plus que ça. Je dois le revoir bientôt. »


Elle ne releva délibérément pas la déclaration de Jake, sachant que cela le gênerait, en parler pourrait même l'énerver, et qui sait, le faire repartir. Plutôt mourir que de le laisser repartir. Préférant donc appuyer sur le fait que le sang de Jake coulait dans les veines de Loïs, même si la venue du jeune homme était la preuve qu'il s'en était rendu compte. Il avait peut-être changé également, en l'observant mieux, la jeune fille le trouva fatigué, les traits tirés, mais plus de haine dans son regard. L'espoir pourrait peut-être renaître si elle l'y autorisait. Mais le cœur brisé qui battait dans sa poitrine n'était pas encore tout à fait prêt, il fallait d'abord rebâtir, et redonner un sens à la qualité la plus dure à acquérir, dans un sens comme dans l'autre, la confiance.

« Tu dois déjà le savoir, mais je n'ai jamais cessé de t'aimer. Il faudra sûrement un peu de temps pour tout reconstruire, mais si tu y es prêt, je le suis aussi. »

Il n'y avait aucun reproche dans ses mots, elle n'avait à aucun moment appuyé ou sous-entendu le fait que tout cela était de la faute de Jake. Sans s'excuser à nouveau, sachant pertinemment que ce n'était pas l'effet attendu, elle montrait qu'elle ne rejetait pas la faute sur celui qu'elle aimait. La rouquine avait fait la paix avec tout cela, elle avait eu le temps de poser ses torts, et de comprendre ses erreurs. Un bon mois de travail intensif avait impliqué des changements, servir des bières laissait le temps de ruminer, et ce n'était pas toujours mauvais. De plus sans qu'on ne puisse s'en douter en voyant les têtes de déterrés qu'affichaient les clients, elle avait appris beaucoup de choses de certains.


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MessageSujet: Re: The Heart of Saturday Night   Jeu 25 Juin 2015 - 15:00


Comment dire ? L'information sur le fait que la mère d'Ethel était portée disparue le désarma presque. Il pourrait demander à son géniteur. Mais cette idée le mettait hors de lui plus que celle d'avant ne le laissait sur le cul. Il était de question qu'il lui soit encore redevable, de quelque façon que ce soit. Il laissa échapper un soupir, tournant la tête et perdant un instant son regard sur les alcooliques qui remplissaient le bar. Même si la belle rousse appelait son père, il y avait peu de chances, donc, qu'elle obtienne la position géographique exacte de sa mère. J ne voyait pas non plus l'intérêt de fuir le pays, ce n'était pas non plus un cas d'urgence politique. Dans tous les cas, même infructueux, ce déplacement en Angleterre lui paraissait judicieux.

Il ne reporta son attention sur Ethel qu'en entendant prononcé le mot "avocat". Il avait un mal fou avec ces bêtes-là, mais visiblement la rouquine semblait contente d'y avoir fait appel. Pour sa part, les deux fois où il s'était trouvé à devoir s'y confronter n'était que d'amers souvenirs. La première fois a été lorsqu'il a été accusé de la mort de sa mère : bonne pioche ! mais son talentueux avocat, qui devait se nourrir uniquement de billets verts, aux vues de ce qu'il se faisait payer à l'heure, avait réussit avec succès à détourner l'attention de tous. Ca en plus de l'aide de son géniteur et de billets verts - encore ! - pour y parvenir. La seconde fois avait été à l'héritage de sa mère : fille issue de famille riche, elle lui léguait un bon pactole. Il l'avait eu sur ses comptes en banque il y a peu, à sa majorité légale de son pays d'origine. Il n'y avait pas touché depuis, le trouvant trop sale. Mais il avait du se battre avec son géniteur pour qu'il n'y touche pas, ni ne le réclame. Il cligna plusieurs fois des yeux et se repassa silencieusement en tête ce que venait de lui dire Ethel, à défaut de l'avoir écoutée réellement.
Le revoir où ?


La question lui avait brûlé les lèvres et la violence avec laquelle il l'avait pouvait être inquiétante, il le réalisa bien vite. Il se redressa, baissant les yeux sur la table sale du bar, s'excusant silencieusement du ton qu'il avait emprunté. Et, à la suite de ses mots, il les garda baissés, se retrouvant pour la première fois dans cette situation. Jake avait beau avoir vécu beaucoup de choses dans sa vie, Ethel lui offrait un bon nombre de première fois, chose à laquelle il n'était plus habitué. Il n'avait jamais aimé comme il l'aimait et, accessoirement, n'avait jamais été papa avant de la rencontrer.
Alors, je te suis. Disons que...


Il inspira, cherchant les mots justes, s'humectant les lèvres. Il jeta un nouveau regard autour de lui, mais revint bien vite à la rousse, noyant son regard dans le sien.
J'ai suffisamment fait d'erreur avec toi, j'ai trop risqué de te perdre... Je vais juste te suivre maintenant. Si tu veux qu'on prenne cet avion, on le prend. Si tu veux attendre de revoir ton avocat, on attend. Si tu veux venir à la maison cette nuit, parce que je n'ai aucune envie de dormir seul, je t'ouvre ma porte. Si tu veux remplir l'armoire de ma chambre avec celle de ta cage à l'étage, on remplit. Si tu veux juste rester là, reste là. Mais on pourrait commencer par un dîner aux chandelles ? Ce serait comme un premier rendez-vous... Sauf qu'on a déjà un enfant.


Et enfin son éternel sourire revint, fidèle à lui-même. Même s'il promettait de la suivre, il restait ce qu'il était et, après tout, c'était pour ça qu'elle l'aimait. Il pourrait peut-être être accepté sans avoir à jouer un jeu ou devoir cacher des vérités.

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MessageSujet: Re: The Heart of Saturday Night   Ven 3 Juil 2015 - 15:53




La nouvelle sembla faire son effet, plongeant le beau blond dans une reflexion profonde. Peut être en effet qu'Ethel aurait du lui dire tout cela il y a quelques mois. Les mauvais traitements, le séjour précipité à l'hôpital, le harcèlement qu'elle avait subit quotidiennement, jusqu'à s'enfermer à l'intérieur d'elle même.  Mais elle ne l'avait pas fait, elle avait juste détourné les yeux de l'homme qu'elle aimait, et avait accepté la défaite, s'en allant sans se retourner. Il y a quelques mois, tout cela était l'évidence même, il ne l'aimait plus, n'avait plus envie ou besoin d'elle, sa vie se résumait maintenant à essayer de l'oublier, tout en tentant en vain de récupérer la seule chose qui le reliait à lui, et pas la moindre. Un enfant, une partie de chacun d'eux, qui devait grandir maintenant dans l'ignorance totale de ses parents, ou pire, avec une image négative renforcée par une grand mère aveuglée par une haine que la rouquine ne parvenait pas à comprendre. Elle avait essayé pourtant, qu'est-ce qui pouvait pousser une personne d'un niveau intellectuel certain à haïr son propre enfant au point de lui enlever ce qu'elle avait de plus cher ? Comme si quelque chose s'était passé, quelque chose qu'Ethel et le reste du monde n'avait su comprendre, et qui avait poussé sa mère dans la démence.
Trop occupée à combler son propre vide, elle n'avait pas su voir celui de Jake, et s'était enfuie, se réfugiant dans ce bar sombre comme si entre ces murs, la rouquine mettait sa vie en pause, un fragment du temps qu'elle arrêtait, pour essayer de respirer, à défaut de pouvoir comprendre. Et maintenant, que fallait-il faire ? Tout quitter et s'enfuir à deux vers l'Angleterre, pour un avenir incertain ? Rester ici et tenter de se battre à travers les océans ? Sa réflexion se stoppa instantanément face à la violence de la réaction de Jake, par réflexe elle recula sa chaise et mit ses bras contre son ventre. Il s'était exclamé avec une telle force que la moitié du bar s'était retourné, souriant à l'assemblée, Ethel posa son regard sur le jeune homme, décroisant doucement les bras.

« Le revoir dans son bureau Jake. Dans un espace professionnel... »

Tout un nouveau monde de perspective semblait s'ouvrir à la jeune fille, tous les chemins possibles se dressaient face à elle, comme s'il lui suffisait de choisir pour avancer. Choisir. Le choix était terrifiant, tout cela impliquait bien trop de choses dont elle n'arrivait pas à prendre conscience. Ces derniers mois, sa vie avait été fatalité, les jours passaient, elle se laissait porter par un courant froid mais nécessaire. C'était se laisser porter ou couler. Revenue sur la terre ferme, elle devait à présent faire un effort pour avancer, trouver la direction qu'elle voulait suivre. Bien sur qu'elle voulait Jake, c'était Jake, ça avait toujours été Jake, et ça serait toujours Jake. Mais de quelle manière ? Pouvait-ils vraiment juste se lever et s'en aller, reprendre leur vie comme avant, en ignorant les querelles et les souffrances ? Non. La perspective de s'endormir dans les bras de l'homme qu'elle aimait était grisante au possible, tout l'avenir à ses côtés était grisant, enivrant. Mais était-ce le bon choix à faire ? Le blond était imprévisible, et il le resterait toujours, elle savait si peu de choses de lui au final et cela n'éclairait en rien la voie à suivre.

« Si je pouvais suivre mon cœur, je serais déjà en train de t’emboîter le pas Jake, déjà en train de m'endormir dans tes bras, heureuse sans conteste. »

Et c'était vrai, elle donnerait bien plus que sa vie pour pouvoir se lever et rentrer en compagnie du jeune homme, dans cette maison qui partagèrent fut un temps, pour s'allonger avec lui, simplement, le serrer dans ses bras, s'enivrer de son odeur, et s'endormir dans sa chaleur. Mais pour combien de temps ? Un court moment d'accalmie pour revenir à sa tempête intérieure, pourrait-elle vraiment en profiter pleinement, et après, demain, après-demain ? Voudrait-il toujours d'elle, chaque jour, voudrait-il se réveiller à ses côtés même au retour de Loïs, même quand leur fils aurait l'âge de quitter la maison, sera-t-il toujours là ?
Ce n'était pas les questions à se poser, plus que n'importe qui d'autre elle aspirait à profiter du moment présent, mais le futur était d'autant plus terrifiant, après avoir été seule pendant des mois, des années, profiter d'un bonheur aussi fort, mais peut-être éphémère était peut être le plus dur.

« Mais la réalité est plus pesante qu'avant. Je ne suis plus aussi naïve et légère, ces derniers mois ont été pire qu'un enfer, et à présent j'ai peur de faire le moindre pas. J'ai peur de ce qu'il peut se passer, de ce qu'il peut ne pas se passer »

Recroisant les bras sur son ventre, elle baissa la tête, les larmes ne coulaient pas, mais ses yeux étaient tristes, elle ne voulait pas avoir le choix, elle aurait aimé ne voir qu'un chemin se dresser devant elle, le bon si possible. Que Jake prenne sa main et la guide, avec la force tranquille qu'il savait incarner lorsqu'elle en avait besoin.


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Si je t'ai blessé, c'est que ta blessure est aussi la mienne.
Alors, ne m'en veux pas.
Je suis un être inachevé.
Bien plus que tu ne le crois.

Haruki Murakami
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