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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Recette pour faire de la purée d'abricot

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Dimitri Anzu
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MessageSujet: Recette pour faire de la purée d'abricot    Mar 5 Fév 2013 - 22:03

J’ai hâte à la fin de semaine. Je vais voir mes petits dégus d’amour. Je suis à l’académie depuis quelques jours et j’ai déjà trouvé le moyen de salir mes vêtements. Je me suis donc rendu à la laverie. Il y a personne dans ce coin de l’école. C’est calme, j’aime bien. Ça fait mon affaire, j’aime bien la solitude. Non, c’est faut. Sauf, quand j’écris. J’en ai juste marre de m’humilier. Mon visage à besoin d’une pause. J’ai peur qu’il fasse comme mon écran d’ordi et qu’un jour, il reste gelé. S’empourprer et rester figé au rouge pour toujours.

Bref, je suis près pour ma tâche ardue. Je me suis mis un bandeau mauve qui ramène ma chevelure vers l’arrière tel un ninja « javeliseur ». Je porte des joggings mous noirs et un chandail à v-neck mauve à manche trois quarts. Finalement, je suis le duch-bag du ménage.

J’ai apporté mes produits nettoyants dans le petit sac orange prévu à cet effet. Je trie mes morceaux par couleur et tissus. Il n’est pas questions que je lave mes chemises neuves avec le reste mes effets. Après avoir lu attentivement les directives en anglais, afin d’éviter une autre catastrophe, j’ai programmé la machine à laver.

Je m’installe sur le côté pour laver ce qui est plus fragile. J’étends une première chemise. Avant de commencer, je porte mes écouteurs à mes oreilles. Ils sont de très bonne qualité. Je suis dans ma bulle et aucun bruit ne peut m’en retirer. Ce sont de gros écouteurs noirs rétros qui sont subitement revenus à la mode depuis quelque temps. Nick avait piqué une crise, car il avait fouillé des boutiques pour s’en procurer une vraie paire lorsqu’il avait douze ans.  

« — Stop trying, don't you see the look in my eyes? And stop begging, can't you see I've run outta lies? Stop showing up at my favorite restaurantAnd dropping by my work saying you just wanna talk! »

J’asperge ma chemise par petit « spoutch » au rythme de la musique.  Ma tête se balance lentement avec zéro sensualisme. Aller hup, un tour sur moi-même! Je retombe sur mes jambes. Je fais le serpent avec mon avant-bras. J’attrape la petite brosse qui devient mon micro.

« —Don't call me baby! Don't call me baby Anymore!»

Je peux bien me garder une de mes habitudes. Quatorze heures de décalage ne m’empêcheront pas d’écouter cette merde en dandinant mon un mètre soixante-deux. Et puis, je ne fausse pas /premier argument/ et il n’y a personne/deuxième argument/. Je préfère m’amuser ici. Je ne crois pas que je pourrais adopter ce genre d’attitude dans la maison de l’aïeul. /troisième argument/

Sans compter que je n’ai pas fait de sport depuis mon arrivée. Ça va me faire du bien de dégourdir mes jambes pour faire autre chose que m’enfuir de situations gênantes. /quatrième argument/

« — Stop staring through me like you know who I am! When you don't know me, you don't know me, barely knew me then!»


Bon Dieu que ça défoule! Je prends mon chandail tâché de sang. Je pose la main sur le pansement de mon front. Vraiment, je ne n’ai pas de chance. Je ris en repensant à la toilette des filles. Une chance que la lolita était là pour m’aider.

J’entreprends ma mission de nettoyage avec peu de sérieux.

Mon lecteur de musique me renvoie à une l’une de mes chansons préférées en français. Je ne suis tellement pas viril quand je chante cette « toune ». Je n’ai pas la voit assez grave, mais bon on s’en fiche. Mon bandeau m’a déjà enlevé le peu de virilité que j’avais.

« — On aurait certainement pas dû aller. Chanter dans les bars, où on est resté accroché. Crier ben fort pour pas s´décourager. Sortir ben tard juste pour voir le monde vibrer devant moé. Juste pour voir le monde! »

Comment dire? Je suis vraiment la pire personne au monde. Durant que je vis tranquillement ma petite transe, j’accroche la bouteille d’assouplisseur qui se déverse sur le sol déjà plutôt instable de la salle, mais ça, je vais avoir le plaisir à le découvrir dans quelques secondes. Vous savez le moment où je recule pour faire un moonwalk…

« — Avec cette musique douce qui nous élève l´âme. Nous restons sans rien dire il nous suffit de vivre et en écoutant bien ce que j´essaie de dire. Il n´en reste pas moins que j´aime vraiment m´faire applaudir… Ahhhh »

Puré d’abricot contre le sol. Je sens le savon entrer dans mes vêtements, mais ma tête élance. Je ne me relève pas. J’ai au moins le réflexe de retirer mes écouteurs et de les déposer sur mon ventre.

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Kohaku Joshua Mitsumasa
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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Mer 3 Avr 2013 - 0:21

RECETTE POUR FAIRE DE LA PURÉE D’ABRICOT.
« Utilisons un peu de javellisant, de la musique naze de chez moi et des yeux d’automne. »


-

À un moment aléatoire de la journée, quelque part entre Vendredi et Lundi, je trimballe ma carcasse, bottes claquant contre le parquet, lacets roses fluo glissant derrière moi, jusqu’à la laverie. C’est un lieu que tous ceux vivant leurs quotidiens en internat doivent visiter à un moment ou à un à un autre de leur séjour. Naturellement. De préférence souvent, régulièrement. Les gens crades c’est . . . crade et porter les mêmes fringues pendant des semaines ne me semble par particulièrement confortable. And it makes me want to smother them with liquid soap. Ou j’ai peut-être simplement envie de renverser du dit savon partout, de la même manière dont j’avais renversé de l’eau colorée avec Hell, dans les toilettes, quelques mois après mon arrivée.

Vêtu d’un jean blanc et trop serré pour réellement être approprié, balançant ma silhouette sur des creeper bleues nuit à semelles épaisses, je porte dans un panier indigo l’essentiel de mes vêtements salis des derniers jours dans l’espoir que l’une des machines à laver soit libre et qu’il n’y ait pas trop de visages lambdas dans la foule peuplant la laverie. Je n’apprécie pas être entouré de potentiels cobayes en masse lorsque je m’adonne à mes activités récurrentes et nécessaires. C’est envahissant. Soit. Mes bracelets, s’éparpillant dans un désordre d’argent et de noir sur mes bras, cognent contre mon panier de linge sale, alors que je m’approche de l’entrée de la laverie. De là où je me tiens, j’entends une voix, masculine, mais tout de même suave, légère, qui rebondit contre les murs et virevolte jusqu’à mes oreilles. Un humain qui chante présage soit une présence exubérante ou un petit flocon de neige qui se croit seul dans l’univers. Le pauvre. Je ricane et dépasse discrètement le cadre de la porte, observant l’objet aux goûts musicaux douteux qui gueule son amour pour des mélodies bonbons à tue-tête dans une pièce de moins en moins impeccable. Accoutrement décontracté, petit air fragile, un élève, visiblement, se secoue entre savon et bout de tissus à manches. Quelques mèches blondes dépassent de son couvre-tête me révélant la couleur de sa pilosité et, mis à part lui, l’endroit est désert.

Je souris, satisfait, mais me complais à contempler ses mouvements hasardeux et stéréotypés, m’adossant un moment contre l’embrasure de la porte. On dirait une scène de chick flick où la protagoniste danse devant son miroir avant l’arrivé de son prince ou avant d’être surprise par un nouveau personnage secondaire. Je retrousse les lèvres dans une moue aigrie stoppant le fil de mon imagination d’une morsure sèche. Je ne suis pas un personnage secondaire et je déteste me percevoir comme tel ne serait-ce qu’au cœur de mes méandres durant une minime fraction de seconde. Je vaux mieux que ça, beaucoup mieux que ça . . .

Sa voix, celle du pétale de neige, change de rythme et je reconnais encore une fois la chanson qu’il meugle, cette fois avec un peu moins de dégoût. Mes lèvres viennent en former les mots, plus par soucis de familiarité, combien de fois aie-je entendu ce truc à la radio alors que Carter faisait la cuisine, que par réel affection. Je presse mon panier un peu plus contre mon torse couvert d’une camisole ample d’un affligeant turquoise de sorte à ce qu’il ne m’échappe pas des mains, alors que le petit flocon se la joue confetti et Michael Jackson disloqué. C’est qu’il sait agencer ses mouvements à la cadence lente du morceau, celui là. Je lève un sourcil, alors qu’il perd le pied dans le contenu d’une bouteille qu’il a lui-même renversé et s’effondre, d’une façon que je décrirai comme caricaturale, sur le sol. Ha, mais quel foutu empoté ! Le petit flocon va vite fondre à ce rythme. Fondre, fondre, fondre, sous des produits potentiellement toxiques !

Rire, rire. C’est dans un vague gloussement éthéré que j’annonce ma présence, me glissant dans la pièce comme si je n’avais pas passé les dernières minutes à observer son seul occupant à la dérobée. Je lui jette un regard arrogant, condescendant, timbré d’une lourde dose de moquerie que je ne prends pas la peine de dissimuler.

« Refrain puis, maintenant c’est à mon tour, de vous parler d’amour. J’espère ben réussir, à vous l’faire ressentir. Partout où vous me verrez, gardez ben en souvenir, que peu importe ce que j’ai, ce s’ra pas moé qui va changer. », sont les phrases citées d’une voix monocorde qui s’extirpent de mes entrailles, simplement dans le but de lui transmette ma connaissance de ses actions et de sa provenance. Un québécois, un autre québécois ici.

Rire, rire, j’attrape la bouteille d’assouplissant qu’il a fait tombé, la soulève et la tient au-dessus de son corps qui me semble désorienté. Je le toise, au travers de mes lentilles dorées, darde mon regard le long de son col en v violet, jusqu’aux écouteurs qu’il tient contre son estomac.

« T’es gracieux toi. Genre, en criss. You gave me quite a show. »

Puis, au lieu de déposer le contenant à demi rempli d’assouplissant dans un endroit qui permettrait d’éviter d’autres accidents, j’oriente l’embouchure vers le bas, juste au-dessus du petit flocon de neige trempé de substance odorante. Le liquide ménager coule, épais, sur l’autre étudiant, mais je n’attends pas que le réceptable soit vide avant de me désintéresser de son cas. Relaissant le plastique détenant le fond de fluide domestique percuter à nouveau le sol, je m’éloigne vers une autre machine à laver pour m’affairer à ma besogne. Je lui lance tout de même un regard goguenard, par-dessus mon épaule, me délectant de pouvoir utiliser mon parlé français, et déclare d’une voix enjoué, mais ne laissant place à aucun compromis ;

« Je ne t’aiderai pas à nettoyer, Snowflake. »

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Je suis tout ce que je veux, je ne suis rien de ce que je subis. Je deviens celui que je suis.
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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Mer 3 Avr 2013 - 20:36

« Caliss que ça fait mal… »

Je touche ma tête et regarde mes doigts. Ils sont gluants, mais ce n’est que du savon. Il y n’y a pas de goûtes de sang. Je sens le sol vibrer et j’entends une voix. Je ne comprends pas le sens de mots qu’elle prononce. Je tente de me retourner avec lenteur pour voir d’où cela provient.
Chaque mouvement est pénible et long. Ma tête est lourde.

Au-dessus de moi, j’aperçois un grand garçon. On dirait un dessin sur une feuille de papier qui flotte dans les airs. Je pourrais souffler et il s’envolerait pour toucher le plafond.

Il remue légèrement ses mèches blanches en riant. Ai-je parlé à voix haute?

J’espère que je ne suis pas au paradis parce que j’aurais honte d’être mort comme ça. Lorsque j’élève la main pour signifier que j’ai besoin d’aide, l’étrange garçon se met à me parler.

« T’es gracieux toi. Genre, en criss. You gave me quite a show. »


Sur mon visage se dessine un joli sourire alors que je comprends qu’il comprend ma langue et parle anglais. Cela me donne la force de me lever. J’entreprends cette action avec mon bras droit. Une fraction de seconde plus tard, je sens un liquide tiède se répandre sur mon front et mes joues. Je secoue la tête comme un chiot.

Je suis étourdi. Je m’arrête. D’un mouvement brusque de la main, je m’essuie pour ne pas avaler le fluide, mais une partie réussit à pénétrer entre mes lèvres. Je réalise à son goût qu’il s’agit de savon.

La bouteille qui tombe à côté de moi me confirme qu’il est bien question de l’assouplissant. Je tourne mon cou pour voir si le garçon se trouve dans la pièce ou s’il ne s’agissait que d’un fantôme, d’une illusion. Il est bien là. Il faut croire que ma tête n’a pas cogné si fort contre le sol.

Il marche vers une machine à laver. Je n’arrive pas à croire que cette personne est pu déverser ainsi du savon sur moi. Je suis déjà assez mal en point. Pourtant, il est a quasiment certain que c’est lui qui à fait ce coup, car une bouteille ne peut pas se déplacée toute seule…

Avec beaucoup d’effort, je parviens à me tenir sur mes deux pieds. Je me meus en sa direction, tout en faisant attention de ne pas glisser, pour obtenir des explications de sa part, mais je n’ai même pas ouvert la bouche que cet insolent le fait.

« Je ne t’aiderai pas à nettoyer, Snowflake. »

Je hais cette école et tous ses détestables élèves. Ma semaine, non, mon mois a été horrible! Dois-je vraiment gérer les conneries d’un adolescent albinos en crise? Je sais que je devrais me taire et aller voir le concierge, mais cette fois il n’est pas question que je me laisse marcher sur les pieds. Au nom de tous les « nerds », je nous défendrai!

Je dépose mon lecteur et mes écouteurs dans mon panier plus loin pour qu’il ne soit pas touché durant mon assaut et reviens sur mes pas pour crier après le garçon.

« Des cheveux pâles et une peau blanche sont signes de pureté, mon cul oui! »

Je prends la bouteille et avec le peu d’énergie qu’il me reste je lui lance dans le dos. Nick serait vraiment épaté s’il me voyait comme ça.

« TOUCHÉ!»

Il y a une trace de savon sur ses vêtements et le reste coule à ses pieds. J’attends qui se retourne pour lui lancer mon bandeau poisseux. Je le fixe avec méchanceté et dégoût. Je n’ai jamais compris pourquoi on s’en prenait au plus petit que soi.

« Le snowflake sait comment se défendre, caliss de Square head! »

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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Sam 6 Avr 2013 - 8:12

Le petit flocon de neige siffle d’entre ses jolies dents, j’ai l’impression de le voir bouillir et fondre sous mes yeux, découvrant un légume, un fruit, plus inoffensif et stupide qu’un dessin de glace molle. Il se relève péniblement, un daim tout de neige vêtu au pelage ébouriffé par un autre animal, un gros chat rachitique se pourléchant les babines d’un sourire vilain. Ses mèches blondes, celles qui dépassent de son couvre-tête, frétillent au rythme de ses mouvements et il s’écarte sans sembler se soucier du sourcil que je lève à son adresse, rendu perplexe par sa rage si mal contenue dont le résultat semble être de pousser à la fuite. Pas que cela ne me dérange, faire mon lavage dans le calme ne serait pas de refus . . .

Du moins, c’est ce que je crois les trente secondes qui lui sont nécessaire pour déposer ses écouteurs dans un panier quelconque. C’est triste, faire mon lavage dans le calme n’aurait pas été de refus, ce n’est pas de ma faute s’il chantait dans ma langue, dans mon parlé, des chansons récurrentes qui avaient égayé la cuisine, qui avaient égayé les iris de ma bonne vieille harpie. Pas de ma faute s’il dansait comme un saucisson vrillé de chocs électriques et qu’il s’était étalé par terre avec la grâce d’un écureuil autiste.

Not my fault, je profite simplement du résultat des causalités.

Sa voix vrombit dans la laverie, moins cassée que lorsqu’il chantait, empreinte d’un dégoût notable qu’il m’est souvent arrivé de croiser chez mes victimes. Avec tous les barjos que j’ai rencontré à Keimoo, j’en ai presque perdu la main de ceux-là, des gens qui persifflent la méchanceté, des gens qui scandent l’intimidation. Ils pigent rien à rien, les connards.

Je ricane, rire suffisant, rire arrogant, alors que le petit flocon me lance ma supposée pureté au visage, l’associe au blanc en faisant filtré son indignation. Mon dos lui fait face et je dépose lentement l’indigo de mon panier sur le carrelage de la laverie. Il a raison au moins sur une chose, blanc synonyme de pureté ? Mon cul, oui.

Puis, un éclair douloureux vient me vriller la colonne, je jurerais presque qu’il a réussi à me cogner entre deux vertèbres. Je me retourne, portant une main à mon dos, perdant un instant mon sourire face à l’expression victorieuse du bidule inoffensif. Les reste de son exclamation frappent encore les murs en échos, mon dos, l’endroit percuté du moins, me semble humide et . . . s’ajoute au bal le foulard, celui qu’il avait d’enroulé autour de la tête. Ma vision se brouille de gris et d’odeur savonneuse, ma langue décèle un goût âcre et je m’empresse de baisser la tête, partie supérieure de mon corps suivant le mouvement, pour faire tomber le bout de tissu à mes pieds.

Agacement, juste un tout petit peu, comme un chat mouillé par une averse. Une averse qui laisse planer par son départ un arc-en-ciel.

« Il se défend comme n’importe qu’elle autre Snowflake, de manière crissement douteuse. »

Je suppose que lui dire que mon comportement était davantage issu de ma passion pour les âmes et réactions humaines aurait été un peu mal compris, comme lorsqu’on vous force à jouer à un jeu de société dont vous ne connaissez pas les règles. Je lui crache tout de même une nouvelle fois mon parlé québécois au visage, visiblement la première a filé par-dessus sa tête considérant l’étrange surnom dont il m’affuble. Désolé d’être trilingue, mon petit légume ingénu. Ou pas.

« J’espère que tes assumptions ne sont pas révélatrices de ton intellect. Do I look like a Square Head to you, bitch ? »

Bien sûr que non, j’ai l’air d’un métisse, un croisement entre l’occident et l’orient, un chainons manquant. Je me penche, incline mon corps sans pour autant détacher mon regard de lui pour ramasser le foulard tremper d’huile odorante, d’assouplissant. Puis, me redressant, je m’approche, regagne ce sourire, toujours ce sourire, venimeux, dantesque, arrogant au possible et lui lance, mine de rien, son foulard sur l’épaule.

« M'enfin. Tu vas jouer à la pauvre petite souris victimisée longtemps ou tu vas laver ton linge en calmant tes hormones, Snowflake ? »

Une pause, une hésitation sur le prochain mot, comme si je me penchais sur le cas de mon menu du soir. Qu’aie-je envie de manger pour souper ? J’hésite à simplement lui susurré de ne plus me lancer d’objet ou de ramener le sujet sur la poisse qui humecte le plancher d’huile opaque pour goûter un peu plus à sa rage.

Hésitation, hésitation, puis action.

« Maintenant, quatre pattes, ton dégât ne se nettoiera pas seul. »

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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Lun 29 Juil 2013 - 2:14

Il daigne se retourner vers moi. À son expression faciale, je devine avoir bien visé. Peut-être trop bien... Je sens mes joues brûler une fraction de seconde. Un sentiment de malaise m'envahit et mon corps se tend. J'ai honte. Il n'y a pas d'autre mot.

Pourtant, je n’ai pas lancé le contenant si fort, si? J'observe ses mouvements lents et son regard dédaigneux. Il me fait pitié. Je n'aurais pas dû agir de la sorte. Après tout, je ne le connais pas. Si ça se trouve, il est aussi désespéré et désemparé que moi. Seul dans un pays qui n'est pas le sien, seul parmi des gens qui ne sont pas les siens.

« Il se défend comme n’importe qu’elle autre Snowflake, de manière crissement douteuse.»

J'essaie de calmer le jeu. J'ouvre la bouche pour m'excuser, mais il ne prend pas la peine de s'intéresser à ce que je pourrais avoir l'intention de dire. Il continue à me cracher ses vacheries au visage.

«J’espère que tes assumptions ne sont pas révélatrices de ton intellect. Do I look like a Square Head to you, bitch ? »

Je retire tout ce que je viens de penser. C'est lui qui a commencer. Fuck les bonnes manières! Ce gars là me cherche en criss! Je m'avance vers lui avec l'intention de lui cracher dessus à ma manière, donc pas au sens figuré, mais une chose mouillée et gluante atterrit sur mon épaule. Je tourne la tête pour apercevoir l'intrus. Je roule des yeux et expire fortement. Ce n'est que mon stupide bandeau. Une légère moue prend forme sur mon visage.

Je l'ai attaqué et c'est normal qu'il prenne sa revanche. Je fais un demi-tour sur moi même tout en retirant le bout de tissus de sur moi. J'ai l'intention de finir ma lessive. Je suis venu pour ça. Je dois arrêter de me laisser distraire par n'importe quel crétin.

« M'enfin. Tu vas jouer à la pauvre petite souris victimisée longtemps ou tu vas laver ton linge en calmant tes hormones, Snowflake ? »

Tout mon corps se crispe. La feuille de papier à un don rare, soit celui de me mettre en rogne.

Me retenir...je dois me retenir. Surtout ne pas réagir à ses paroles. Je ne fais aucun geste contre mon agresseur, mais murmure haineusement que c'est ce que je m'apprête faire. J'ouvre une bouteille et fais couler le savon dans la machine. Je sens son regard dans mon dos. Je n'ai pas envie partir la bagarre à nouveau, alors je l'ignore. Je me dis que j'ai eu de la chance qu'aucun professeur n'est eu à s'en mêler jusqu'à maintenant. Je n'ai pas envie de perdre mon poste d'adjoint dans le comité.

En fait, je me mens. C'est l'idée d'une retenue qui me trouble. M'imaginer rester enfermé avec des garçons cent fois plus grands et un million de fois plus arrogantes que moi, me fout la trouille. Il ferait de la purée avec moi...

« Maintenant, quatre pattes, ton dégât ne se nettoiera pas seul. »
«COMMENT?!»

Je n'aurais jamais pu imaginer que ma voix puisse être autant portante. Mon professeur d'art dramatique aurait de quoi être fier, mais il ne me trouverait sans doute moins beau à voir qu'à entendre. Mon visage a assurément revêtu son uniforme rouge, mais cette fois c'est parce que je suis en colère. Je répète outré le "quatre pattes " dignes d'un mauvais film porno.

« Tu sais qui va se mettre à quatre pattes? Celui qui va blanchir pour de vrai!»

Dans un élan de folie passagère, enfin c'est l'argument que je prépare pour la directrice, je m'élance vers l'albinos et lui lance mon eau de javel sur le corps. C'est sûr qu'avec ce dernier assaut, il n'y aura plus que sa peau de blanche.

Je crois que je viens officiellement de lui déclarer la guerre.

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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Dim 22 Sep 2013 - 7:10

C’est récurrent, le petit flocon de neige n’est toujours pas content. Ha. Son visage à l’émotion peinant d’être contenue se contorsionne en une indignation rageuse, il répète mes mots, incrédule. Oui, j’ai bien dis à quatre pattes, mon chéri, et tu sais quoi ? Tu réagis conformément à mes attentes, en te vautrant et t’enfonçant un peu plus dans ta colère. Pré-vi-si-ble.

Son épiderme a virée au rouge, dans une apposition que je ne peux m’empêcher de trouver terriblement clichée de sa colère. Il me persiffle des conneries, concernant, encore une fois, le blanc. La teinte de l’immatérialité, mon spectrum de prédilection et s’élance sans cérémonie supplémentaire dans ma direction, une dernière menace –presqu’adorable– fleurissant sur sa langue. À quatre pattes ? Mais tu me voles mes paroles, Snowflake.

Le javellisant m’éclabousse en un ruissellement bruyant, imbibe mon haut de ses propriétés dévorantes et appose déjà l’apparition de tâches orangés tirant sur le blanc sur le tissu. Je cligne encore des yeux, fronce le nez –l’odeur est la seule chose qui me dérange un brin à l’instant– et le considère de longue secondes, inerte, avant de m’esclaffer. Mon rire résonne dans la laverie déserte comme le cor de la guerre qu’il croit avoir déclaré. Personnellement, j’y vois plutôt un jeu, une occasion de désinhiber et de m’amuser, donc je ris le divertissement en compagnie d’un autre membre de ma patrie, aussi désintéressé par elle puissé-je souvent être. Et puis, mes jeans étaient déjà blancs.

J’attrape un pan de mon t-shirt entre deux phalanges et le secoue un brin pour me débarrasser de l’excès de javellisant. Mon mouvement demeure relativement inutile considérant que le liquide est déjà passé au travers, comme Shadowcat traverse les murs, et qu’il se charge déjà d’irriter ma peau.

« Une blessure pour mon t-shirt. The buuurn.  »

Un sourire. Je ricane en lâchant le tissu, le laissant retomber sur mon estomac. Je doute que le petit blonde apprécie la comparaison, déjà que son teint rouge me donne de plus en plus envie de le rebaptiser. De Snowflake tu passeras à Radishboy. J’essuie mon menton, qui a lui aussi été victime de la petite fureur de l’autre étudiant, et contemple de par-dessus ma main, mon dantesque sourire momentanément masqué, la pièce. Je fouille l’endroit du regard, lorgne les diverses bouteilles de produits nettoyants abandonnés, souriant tout au long.  Puis j’abaisse ma paume et il peut de nouveau le voir, ce sourire, cette absence de colère, cette manière quasi-innée de narguer ses propres réactions. Prévisibles. Dire que je comptais laver mes vêtements tranquillement. M’enfin, mes plans ont muté, se sont transformé, il ne s’agit plus de se complaire dans le silence et l’absence des autres, mais de pourfendre l’air d’une contre-attaque joueuse. Comme celle d’un chaton.

Une bataille de produits chimiques.

Je fais mine de me désintéresser de son cas, me retournant pour farfouiller dans les bouteilles remplies de liquides non-naturels qui trainent dans la laverie. J’en attrape deux, l’une que je fais glisser jusqu’à lui en la propulsant au sol et l’autre que je garde dans ma main. Je ne porte pas attention au étiquettes collés au contenant et me contente de sourire, oui, toujours sourire, en décapuchonnant le mien.

Puis, je hurle, rires vibrant dans mes paroles, à la manière d’un môme gueulant  ‘bataille d’eau’. Ma voix s’écrase en échos contre les murs, un peu comme la sienne lorsqu’il avait réagit, instinctivement à mon précédent ‘ordre’. Sauf que cette fois, aucune hostilité ne filtre dans les résonnances.

« CHEMICAL BATTLE ! »

J’exécute un mouvement qui envoi balader une bonne quantité de produit lilas, chahutant à l’aveuglette et m’amusant comme un enfant. Sa colère est trop prévisible, trop inintéressante. Peut-être réagira-t-il mieux au jeu s’il a l’impression d’y être confronté de manière plus drôle.

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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Lun 28 Oct 2013 - 19:50

« Une blessure pour mon t-shirt. The buuurn. »

Je ne comprends pas ce qu’il veut dire et, franchement pour l’instant, je m’en moque. Cette situation est assez ridicule et je le réalise quand je me rends compte que l’albinos glousse. Le rire étant contagieux, je ne peux m’empêcher de m’y mettre aussi.

Je regarde la pièce. Tout est gluant au tour de nous, de nos cheveux aux électroménagers. On en a vraiment mis partout. On dirait un gros « bukkake » de laveuse. Je ris de plus belle à cette image vraiment farfelue. Les émanations des produits doivent me monter à la tête, car je n’arrive pas à reprendre mon sérieux.  

Mon agresseur semble s’être résigné. Il se dirige vers sa machine à laver, probablement, dans le but de mettre fin à notre dispute et continuer ses tâches. Je pars de mon côté satisfait d’avoir gagné notre joute. C’est un bien drôle de phénomène, ce gars! Je m’estime heureux de n’être que mouiller, car il aurait pu m’en foutre toute une!

Lorsque je me penche pour essayer de lire les écriteaux japonais sur la machine, je reçois quelque chose contre mes pieds. C’est une bouteille. Je me retourne vers l’albinos. Il en tient une autre dans ses mains et me défie du regard.

«Tu n’es pas série…»

« CHEMICAL BATTLE ! »

Un liquide mauve m’éclabousse et je hurle à mon tour.

«Bukkake de laveuse!»

Je m’élance vers lui, bon joueur, pour l’asperger d’un produit double-action bleu.

«Moi, au moins, je vais sentir bon!»

Je tire lui tire la langue. Le goût du savon contre ma langue me provoque un haut-le-cœur. Je sais que de tourner le dos à ce fou pourrait être potentiellement dangereux, mais je prends le risque. Je crache d’abord par terre et me précipite vers un lavabo pour me rincer la bouche. En me penchant, la gravité joue son rôle, le liquide dans mes cheveux descend sur mon visage.

Je me relève aussitôt afin de ne pas me brûler les yeux. Mes papilles gustatives souffrent. Je salive et me retiens pour ne pas vomir.  
Je profite de l’observation de mon agresseur pour prendre un panier et m’en faire un bouclier. Je ne suis plus un snowflake, mais plutôt une tortue visqueuse, comme couverte d’algues!

Je retire mon chandail et le fais « spinner » sur lui-même. J’essaie de lui agripper le bras pour le fouetter à l’aide de ma nouvelle arme, mais il me glisse des mains.

Ce mouvement me faire perdre mon équilibre. J’essaie de me retenir sur lui pour ne pas tomber, mais ça ne sert à rien. En l’espace d’une seconde, je me retrouve les fesses complètement trempées dans une flaque multicolore de savon.

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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Ven 28 Fév 2014 - 20:33

Apparemment, l’initiative d’envoyer la laverie valdinguer dans un univers de produits chimiques pour amadouer ce curieux bout de pays enneigé, souvenir de chez moi jusque dans son élocution, a été la bonne. À peine vingt secondes après que je me sois adonné à lui balancer l’assouplissant dessus qu’il riposte avec un truc bleu, odorant, qui perce mes narines d’un relent décapant. Il me semble fondre par la quantité de produits qui humectent ses vêtements et dégoulinent le long de sa peau visible. Un flocon de neige au printemps qui n’arrive pas à se décider entre rester solide ou devenir aqueux.  

« J’sens toujours bon, Snowflake ! It’s a fact ! A fact ! »

Réplique à l’endroit de sa pique quant à la teneur olfactive des liquides nous recouvrant respectivement, parce que ce n’est pas une espèce de truc immonde qui me fera croire que mon odeur est déplaisante. Je tâcherais simplement de passer par les douches avant de retourner dans ma chambre, ou celle de Zakuro, au choix. Pour l’instant, alors qu’il me tourne le dos, envoyant un éclat de salive percuter le sol, je farfouille dans les étalage de produits abandonnés, cherchant un truc qui pourrait mettre du piquant à notre combat. Je laisse mon regard défiler à toute vitesse sur les bouteilles qui se présentent à moi, mais rien ne retient mon attention, du moins, rien d’autre qu’un large cylindre de métal rouge. Éclatant comme une tomate, à tel point que je rechigne presque sur mon propre cas de ne pas l’avoir remarqué auparavant. Il est plus voyant qu’un panneau STOP et plus prometteur encore qu’un ajout d’assouplissant sur la tête d’un flocon de neige fondant.

Ne t’inquiète pas, mon petit, je vais tâcher de recréer l’hiver pour que tu parviennes à survivre.

Des éclats de rire, puis un sourire, un énorme sourire qui prend en expansion de secondes en secondes. Je me saisi de contenant métallique, sifflant d’amusement devant le panier qu’il a reconfiguré en armure portative et change brusquement de cap, heurtant la vitre me séparant de mon prix de mon épaule dans ma hâte.

Au même moment, dans la cacophonie, le gamin s’affale de nouveau sur son postérieur, plus gracieux que Bambi. Son haut, qu’il tentait vraisemblablement de faire passer pour une arme gît mollement près de lui. Je miaule un rire enfantin devant la scène, une répétition tellement soudaine qu’elle n’aurait pu être prévisible, je me moque ouvertement de sa maladresse qui le laisse encore une fois en plan sur le carrelage de la salle de lavage. Puis, j’ouvre la vitre et me saisi du cylindre avant de me retourner vers lui.

L’extincteur déverse sa neige synthétique à flots.

Et je hurle de rire, mais, cela va s’en dire.

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MessageSujet: Re: Recette pour faire de la purée d'abricot    Mar 3 Mar 2015 - 20:50

Cette fois-ci, on ne joue plus. Je relève la tête et à peine ai-je le temps de fermer les yeux en comprenant qu'il tient un extincteur que je reçois la substance mousseuse blanche et oh combien irritante pour ma peau.

J'ai eu ma leçon au secondaire dans un party, organisé par le frère de Nick, ayant mal viré. Enfin, mal viré pour moi... Seulement quelques filles s’étaient pointées et elles étaient reparties tôt. Je m'étais donc retrouver avec une bande de gars trop soûls et bien plus grand que moi. Il s'était amusé une bonne partie de la soirée à se moquer de moi, à me soulever et, la totale, m'asperger  avec un extincteur.  Même Nick avaient participé à leur connerie jusqu'à ce qu'il remarque des plaques rouges sur ma peau.

J'aimerais lui hurler d'arrêter, mais la force du jet et ma crainte d'en avaler m'en empêche. J'attends que le supplice s'arrête. Mon thorax et mes bras brûlent. Blanche neige, elle, n'arrête pas de rire.

Lorsque je ne sens plus les puissantes giclées contre mon ventre, je me relève difficilement. Une main devant les yeux et l'autre tâtant tout ce qu'elle réussi toucher, j'essaie d'agripper la poignée de la laveuse. Je pourrai m'essuyer avec un t-shirt. J'ai toujours les yeux fermer et arrive à atteindre la pogné de la laveuse qu'après quelques essais foireux. Je tire sur celle-ci comme un forcené alors qu'un bruit strident me déchire les oreilles.

BIP BIP BIP

N'arrivant pas à l'ouvrir, j'y vais à deux mains et m'acharne avec violence. La porte finit par céder et une mer de vêtements se déverse à mes pieds. Je me penche pour agripper une pièce mouillée et essuyer mon visage au plus "sacrant".

«Argh...criss t'es con ou quoi?», que je marmonne pendant que je frotte ardemment mon visage.

J'ouvre les yeux et m'aperçois de l'étendu des dégâts. Mes vêtements flottent sur le plancher rempli d'eau de javel, de mousse, d'autres détergents louches et bien sûr de l'eau de la laveuse que j'ai probablement brisée. Bref, ils sont foutus et moi aussi. Je dois absolument prendre une douche pour enlever ce qui reste de produits sur ma peau. Ce n'est pas très toxique, mais je vais assurément faire des plaques. Je ne prends pas de chance et envois valser mon jogging dans les airs avant que la substance ne traverse le tissu, me penche pour agripper mes morceaux de linge éparpillés partout et les lance dans le panier.

«Aide-moi à ramasser! Vite! Tu vois pas que je vais brûler?! »

***

«Tu as besoin d'aide?»

Soupir.

«Non, maman. Ça va.»


Elle s'inquiète. Tout le monde s'inquiète. Pourtant, je suis bien. Je suis ici vivant et avec mes ami-es. Je n'ai pas besoin de toute cette attention ou de ses «Tu en connaissais?», «Comment tu te sens?». Je suis chanceux, voilà tout ce à quoi je pense. Voilà la seule pensée qui me traverse l'esprit depuis des jours. Si j'en connaissais? Je n'en sais rien. Je ne regarde pas les nouvelles. Je ne lis pas les journaux. Des catastrophes, il en arrive tous les jours et partout dans le monde. Le hasard fait que des gens meurent et d'autre pas. Le hasard fait que nous sommes rentrés cette semaine voir la famille et pas une autre. Le hasard fait que je verrai neiger encore et que je pourrai me confondre parmi les snowflake.

«-Si tu veux je termine à ta place? Pourquoi n'irais-tu pas voir Nick plutôt que de faire la lessive? Tu m'écoutes?»
-Ça me détend, m'man.
-Bon d'accord, mais baisse le son de ta radio, veux tu?
-Hum hum.»


Stop staring through me like you know who I am! When you don't know me, you don't know me, barely knew me then!

***

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