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 Tout vient à qui sait attendre [Aaron]

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Montaro Adkins
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MessageSujet: Tout vient à qui sait attendre [Aaron]   Lun 30 Juil 2018 - 1:02

La porte claque. Un soupir. Toujours le même, jour après jour, et pourtant, il me surprend encore. Je constate la mine terne et grise de Maya, qui tente un sourire bien peu convainquant en m’apercevant, toujours notre enfant dans ses bras. Je me relève, fatigué de ma journée, fatigué de faire semblant, exténué par mon travail qui ne cesse de me faire me sentir incompétent. Je me retourne vers ma femme, abandonnant le vieux journal, légèrement froissé par mes doigts trop crispés, sur ce canapé en cuir qui ne pourrait, même pas dans un format réduit, être accessible au jeune adolescent que j’étais autrefois. Financièrement, ce canapé dans lequel tous les soirs, nous nous prélassons confortablement, était le genre d’objets que pouvait convoiter le petit Montaro, haïssant secrètement les propriétaires, et plus profondément sa pauvre petite personne, trop minable, pour qui un tel luxe n’était pas envisageable, puisqu’il ne valait rien. Tout simplement.

Aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’il vaut plus qu’il y a dix ans, mais nombre de choses ont changé, et si son honnêteté et sa sensibilité lui avaient souvent fait défaut, il n’était pas assez con pour ne pas profiter de sa nouvelle situation, de sa nouvelle vie. De ce bonheur, moins intense et poétique, mais plus concret, que j’avais amassé avec les années.

Maya, m’adressant un baiser furtif, me tend le petit Koichi, fruit d’un amour à sens unique, mais qui donne pourtant sans limite. Malgré la fatigue et le stress que ses soudains pleures provoquent, je souris, sincèrement cette fois-ci, et le presse contre mon torse.

Après un diner plutôt ennuyeux mais rapide, à échanger de banales anecdotes concernant nos journées respectives, je débarrasse et Maya se repose. Nous sommes partis pour une soirée bien ordinaire, bienvenue dans mon Adkinsland. Cependant, quelque chose en moi rêve de sortir. Ce n’est pas forcément dans mes habitudes, de ne pas tenir en place, surtout depuis que je travaille à l’Académie. Je suis en général trop fatigué pour bouger, et ne sors plus que rarement pour faire mes shows ces temps-ci.

D’autant qu’il faut s’occuper de notre enfant, qui bien que je ne l’ai pas souhaité particulièrement, sait me combler à sa façon. Maya, toujours aussi attendrie au beau milieu de ses propres soucis semble constater une tentative soudaine de fuite me concernant. Je me sens à la fois désolé, pensant que cette femme est manifestement capable de lire dans mes pensées, mais d’un autre coté soulagé. La connaissant, elle va sûrement me dispenser de toutes les corvées quotidiennes, peut être même tenter de me distraire à sa façon…

Cependant, j’en profites pour l’embrasser et m’éclipser dans la salle de bain un moment. Face à l’étendue de mes produits de beauté, je reste stoïque. Je ne sais pas si je suis assez motivé pour sortir, mais je ne veux pas rester là. Une petite marche nocturne, très peu pour moi. Tout le monde sait que les quartiers ne sont plus surs, et la dernière chose que je pourrais souhaiter pour ma famille comme pour moi, serait un accident qui aurait pu être évité. Non. Décidément, c’est la soirée de l’indécision.

Une vibration soudaine me sort de mes pensées, alors que je suis en train d’ôter une certaine couche d’anticerne restant du début de la journée. Mes cheveux sont toujours à peu près bien coiffés, mais on remarque un certain laisser-aller de par ma chemise un peu trop ouverte, ma ceinture de pantalon défaite suite à un repas un peu trop conséquent.

Maya m’interpelle alors, et je n’ai pas le temps de regarder mon téléphone que je sors la rejoindre. Elle est déjà couchée, vêtue d’une robe en dentelle qui, pense-t-elle, est censée m’exciter. Elle est belle pourtant, elle n’a pas besoin de tenter de me capter de la sorte, pourtant, elle me fait aussi de la peine. À toujours chercher de l’amour, du réconfort que je ne suis pas forcément en mesure de lui apporter. Du moins, pas toujours comme elle souhaiterait. Parce que c’est difficile d’aimer.

Et en parlant d’amour, je sens ses bras enlacer mon corps, le dévêtir lentement, tandis que mes yeux sont rivés sur le fameux téléphone.

Aaron.

Je repousse mon épouse délicatement, tentant de l’embrasser avec une douceur qui endormirait ses soupçons, puis ne trouve qu’à lui murmurer faiblement :

« Apparemment Diamond fête son anniversaire… Je suis affreusement désolé mais je peux pas le rater tu comprends… Je vais devoir y aller, mais j’essaierais de pas rentrer trop tard. Ne m’attends pas. »

Fermant doucement la porte, évitant son regard suspect, je lâche un soupir dans le couloir, avant de prendre mes clefs, rattacher ma ceinture, et partir.

Des mois que je lui mens, que je la trahie bêtement. Mais je crois qu’au fond, c’est à moi que je mens vraiment. J’ignore si elle s’en doute, si toutes ses tentatives de séduction ne seraient pas une autre façon de péter des coches. Une façon qui lui ressemble, plus douce, plus lente, plus douloureuse et tristement poétique. Mais, là, il s’agissait d’Aaron, et bien que la culpabilité et les remords prenaient une certaine place dans mon âme, il n’y avait plus que son prénom, son parfum, sa voix décuplés en milliers de fragments qui vagabondaient dans mon esprit tourmenté. Je ressentais cette ivresse que procure l’amour, celle qui fut un temps, suffisait à me calmer sur la boisson. Celle qui, très fréquemment, me rappelle épisodiquement, me conduit à la noyade. Aaron était en quelque sorte ma sirène, ma naïade. Et j’étais prêt à mourir milles fois pour passer un moment à ses côtés, quand bien même à chaque fois, ils étaient vite écourtés.

J’arrivais donc devant l’hôtel qu’il m’avait indiqué, légèrement tremblant à l’idée de le revoir. Cela faisait plusieurs mois qu’il ne m’avait pas contacté. Aucune éruption dans ma vie conjugale, et bien que d’un côté, c’était peut être mieux puisque tout était stable, je ne parvenais à être heureux que lorsque je croisais son regard, et ces brefs instants de partage suffisaient amplement à me combler. Du moins, j’apprenais à m’en contenter.

Une fois face à la devanture assez chic et attirante du fameux hôtel en question, je restais dehors, à fumer une cigarette mentholée, un sourire au coin des lèvres en sentant cette odeur familière. Puis je lui envoyais un message.

Je restais un instant adossé contre ce mur, à l’attendre dans cette pénombre plus ou moins inquiétante, et les cigarettes ne cessaient de se consumées. Une ; deux… puis trois. Et chaque minute perdue était une étreinte ôtée. Je soupirais, mais patientais. Puisque tout vient à qui sait attendre.

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MessageSujet: Re: Tout vient à qui sait attendre [Aaron]   Jeu 6 Sep 2018 - 17:33

Une putain de journée comme les autres. Voilà comment ce présentait ma journée. Les mains crochetées aux bords de ma couette , je regardais le vide avec une sorte d'appréhension silencieuse.  Revenir à Keimoo n'était peut-être pas , finalement , une si bonne idée que ça. Je me sentais pris entre deux feux , enchaînant drame et accident sans vraiment prendre compte des sentiments des autres. J'étais là , bouillonnant de rage , de haine contre ma propre personne en me demandant quand mon heure sonnera. Des idées noirs , grimpant dans mon cœur , s'installaient en froideur sans un murmure. Face à moi , seule l'ombre du cauchemar ce dressait. J'étais mon propre cauchemar , ambulant sans réel sens. Chaque jour , chaque minute , chaque seconde passant me rapprochait d'une chute plus certaine. Je n'arrivais déjà plus à différencié altruisme et antipathie , alors qu'en serait t'il des autres sentiments? Avec amertume , je me forçais à me lever de mon lit. Le trou béant à l'intérieur de mon âme ne faisait que croitre à force de pensée et de remuer le couteau dans la plaie , il fallait donc que je continue ma vie comme si de rien n'était , comme si j'étais comme tout le monde : un être heureux et naïf. Je commençais donc une danse peu sereine avec mon quotidien , embrassant l'ennui et l'habituel sans un mot. Un cigarillo à la bouche , je me fis mon café matinal en regardant la vue qu'offrait ma baie-vitré sur la ville , cette ville en pleine chute dans un méandre de complication qui ne faisait qu'accélérer sa décadence . Je n'arrivais plus à me sentir chez moi ici , cette cité était devenu un simple fantôme de mon passé que j'essayais de refaire vivre durant mes passages ici. Tout ça était perdu et bien loin de moi. J'attaquais mon café, brulant mes lèvres , fumant mes pensées toujours aussi attristantes. J'essayais de classer mes idées en ordres , pensant méthodiquement au déroulement de ma journée pour qu'aucun incident ne ce produise. J'allais probablement travailler toute la journée , avancer au maximum mon dossier le plus important du moment tout en développant les autres en parallèles. M'invertir de la sorte dans mon travail me permettais d'oublier durant quelques heures qui j'étais et ce que j'avais pu faire. C'était une sorte de pansement , une façon (peu habile) de recouvrir d'une fine couche le mal que j'avais pu faire et que je me faisais encore et toujours. Ma vie était un balancement entre réconfort faussé et douleur assourdissante. J'avais un équilibre fragile , un fil prêt à casser à tout moment , une vie instable. C'était en sorte le quotidien que j'avais choisi dans les aléas de ma vie , l'argent était devenu mon apaisement et la haine avait changer mon destin. Plus rien n'était pareil désormais , aucun pas en arrière était possible dans cette vie de luxe et de solitude. Parfois , il m'arrivait d'être pris de regret. Et si j'avais tout abandonné? Si j'avais accepté le fait que ce monde était déjà pourri et qu'en me lançant à son aide , j'allais moi-même devenir une ordure? Je ne pouvais pas le savoir à l'avance , certes , mais j'aurais du m'en douter. Mes moments de joies n'étaient que fantaisies et souvenirs , je me plaisais à imaginer ma vie autrement , c'était mes moments d'intimités où j'entrevoyais de l'espoir , un espoir inatteignable. J'étais fait d'une réalité tellement faussé par des envies impossibles , je n'arrivais plus à être moi-même , j'étais juste un être vivant , luttant intérieurement en silence pour une meilleure vie.  Je posais ma tasse de café vide sur ma table , laissant mes mauvaises idées avec mon café,  à l'abandon.


Durant des heures , je me penchais sur mon bureau , épluchant dossier après dossier , ligne après ligne dans un silence permanent. Je voulais bouclé mon travail correctement , avoir ce sentiment d'accomplissement , de la tâche bien faite.  Je semblais pris corps et âme dans la tâche comme si seul ce point comptait et que , tant que je n'aurais pas fini cette tâche , rien n'importerait. Au fond , j'aimais mon travail , j'appréciais les compliments sur mon activité proprement finalisé mais je n'en avais jamais assez. Je voulais prendre encore plus d'importance , avoir des tâches encore plus conséquente , c'était ce qui me permettait de tenir et de rester vivant tous les jours. Mon propre accomplissement passait dorénavant par un travail ardu , laissant les heures m'échapper tandis que les autres vivaient une vie sereines , dans l'innocence de la réalité de ce monde. Cette activité quotidienne était mon opium , ma source de calme quotidienne dont j'avais besoin sans quoi... Sans quoi , mes pensées me remueraient bien trop. Rien qu'à y être avisé , une boule d'angoisse se formait dans ma gorge. Mais qu'étais-je devenu? Une ombre , absorbé par des tâches de plus en plus rudes pour faire fuir sa propre lâcheté , ses abandon quotidien , sa noirceur , en était je vraiment à là? Plus les heures passaient , plus ma concentration diminuait , plus mes angoisses revenaient. Une tempête de sentiment horrifiant que je fuyais quotidiennement me harcelait encore et encore sans que je puisse m'y soustraire. J'étais soumis à cette façon de vivre , je n'y avais aucun échappatoire sauf... Quelques uns.  Mais fallait t'il que je m'aventure là dedans aujourd'hui encore? D'un autre côté , en avais je réellement le choix? J'enregistrais mon travail en passant une main sur mon visage , laissant une fatigue bien trop importante s'évacuer par la même occasion. Je me glissais vers mon salon et pris la première bouteille de whisky qui trainait sur mon comptoir , me reversant un verre de ce liquide pour quelques minutes de bonheur. Mais , je sentais bien que ce soir , ce n'était pas la boisson qui me ferait du bien. J'avais besoin de rêver , j'avais cette envie égoïste de me ressentir vivant comme dans les songes de mon adolescence , de me sentir aimé , amoureux , heureux.  Bon dieu , j'avais oublié toutes ses sensations depuis fort longtemps... Buvant mon verre en faisant tourné le liquide , je pris mon téléphone en glissant mon doigt sur un contact bien précis. Rien qu'en lisant les lettres de son prénom , mon cœur se resserrait. Etait ce possible qu'après tant d'année , de souffrance , de négligence de l'autre , je l'aime toujours autant? Ce genre d'amour impossible , que jamais je ne pourrais vivre . Quand j'avais du partir pour le travail , j'avais su qu'une distance irrémédiable ce glisserait entre lui et moi , que rien ne serait plus pareil mais de là à en imaginer ce que nous étions aujourd'hui... Non. Jamais. Jamais je n'aurais imaginé ça. Pourtant , mes sentiments envers lui étaient toujours resté pur , malgré tout les coups que j'avais pu lui infligé , toutes ses trahissons , tous ses mensonges , tous ses non-dits. Puis , un jour , j'ai appris qu'une femme était rentrée dans sa vie , une fameuse Maya et qu'ils avaient eu un enfant. Un enfant. Ce jour , je m'étais senti brisé , c'était à partir de ce jour que j'avais su qu'il n'y aurait jamais plus rien à recoller entre nous deux , que tout était définitivement terminé entre nous.  Mais une sorte de force m'empêchait de ne pas le voir , de ne pas l'aimer. C'était plus fort que moi.


J'aurais voulu lui laissé un avenir paisible dans lequel on se serait oublié , ou... Du moins , où il m'aurait oublié. Il me semblait impossible de l'oublier. J'avais vécus trop de chose , j'avais trop de lui en moi pour l'oublier. Tant de souvenirs m'engloutissaient dans des rêveries plaisantes , dans un avenir que j'aurais voulu vivre avec lui. Si j'avais été quelqu'un de bon , de juste , de droit , j'aurais su l'aimer à sa juste valeur. J'espérais au fond que sa femme remplissait cette tâche . Malheureusement , j'avais ce besoin conséquent de lui rappeler ma présence , que j'existais , qu'il devait m'aimer et , au grand jamais , ne m'oublier. J'étais comme une vipère qui glissait sur ses bras pour lui rappeler encore et encore son passé , ses mensonges envers sa famille , et surtout pour lui rappeler "nous". Je l'avais moi-même trahis en m'abandonnant à des activités pour le moins lucrative , me faisant oublier quelques heures ma solitude permanente. Chaque fois que la main d'un inconnu glissait sur mon corps , sur chaque partie de ma peau , le visage de celui-ci ce glissait dans mes pensées sournoises. J'avais réessayais d'aimer mais rien n'y faisait , je n'avais que lui en tête. Alors je m'abandonnais à d'autre en espérant qu'un jour , mes sentiments teinté d'amertumes disparaissent avec nostalgie. Or , ces espérances n'étaient pas au programme d'aujourd'hui. J'avais ce besoin de le voir et de me perdre juste une nuit avec lui , de revivre notre passé et de retourné à notre présent seulement demain. Je me mordais la lèvre en regardant son prénom s'afficher sur l'écran de mon téléphone : était ce réellement raisonnable de faire ça ? Après tout , je n'étais pas quelqu'un de raisonnable. Il avait choisi d'être quelqu'un d'important dans ma vie , ça avait été son choix alors je pouvais me permettre de le réclamer rien qu'une nuit. Écartant tout mes doutes d'une main , je commençais à écrire un message à son adresse plutôt directe. Je lui avais seulement donné l'adresse d'un hôtel plutôt luxueux où j'aimais le recevoir quand je venais à Keimoo et une heure pour qu'il ne soit pas en retard. Je détestais les gens en retard. Je regardais mon écran , avec la lueur d'espoir d'avoir une réponse immédiate avant de me rappeler qu'il avait une vie , comme tout le monde ici-bas. Une vie sans moi. Avec un soupire amère plein de déception , je pris ma veste de costard et ma mallette dans laquelle était glisser plusieurs objets et moyen de communication qui m'étaient obligatoire pour ma propre survie et pour mon travail.


En me glissant dehors , je sentais l'air frais me glisser dans une vérité désagréable: mais qu'allais je faire? Blesser quelqu'un , désabuser cette personne et partir comme ci de rien n'était? Ce n'était pas humain , c'était vicieux. Mais , après tout , je n'étais plus humain , mon âme était tellement noircie et sombre que le vice était inscrit en moi. Tant pis , je voulais profiter de ce sentiment tant qu'il pouvait encore exister en moi jusqu'à ce qu'il disparaisse , noyé dans la douleur quotidienne. Arrivant devant l'hôtel après un court trajet en voiture , je rentrais dans le hall en demandant la même chambre qu'habituellement : j'étais ce genre de personne à avoir une sorte de chambre attitré , elle était à tout le monde mais elle était toujours disponible pour ma personne. Je l'utilisais pour plusieurs cas de figure mais je la gardais principalement pour mes escapades nocturnes avec le secret de toute ma vie , l'homme que j'ai toujours secrètement aimé . La réceptionniste me glissait les clés de la chambre dans mes mains l'air de rien , comme si elle savait de quoi était teinté mon cœur ce soir.  Je ne lui offrit qu'un simple regard sans la moindre émotion , essayant de paraitre le plus neutre possible même si , au fond , j'avais l'impression de commettre le pire crime possible en invitant Montaro ici . Je savais qu'il avait une famille et pourtant , je ne résistais pas à l'envie de le voir , encore et encore quand l'occasion ce profilait pour nous deux. Je posais ma mallette dans ma chambre en regardant l'heure : était t'il en retard ou m'attendait t'il quelque part , en contrebas ? J'haussais les épaules , un peu perplexe de savoir s'il m'attendait ou non.  Ouvrant ma mallette , je sortie quelques affaires en les posant soigneusement sur la table de l'hôtel : une paperasse que j'étais obligé de me trimballer un peu partout et que je préférais avoir sous les yeux au moindre coup de fil . Quelques boites d'anxiolytique étaient éparpiller un peu partout sur la table , souvent pour les troubles du sommeil voir pour les insomnies. J'étais arrivé à un stade où seuls des traitements me permettaient de dormir un peu près correctement , où les images et l'horreur que j'avais vécus étaient tel que la nuit devenait terrifiante à mes yeux si elle rimait avec sommeil. J'avais la fâcheuse habitude de mélanger ce genre de produit avec un dernier whisky , le soir , pour mieux m'endormir ce qui m'avait déjà joué des tours. Après quelques minutes de réflexions , je descendis vers la devantures de l'hôtel , probablement trop impatient pour me l'avouer . Mes yeux glissèrent de droite à gauche sans reconnaitre le visage bien précis que je recherchais , ce visage qui me ferait oublier pendant quelques heures toute la cruauté qui m'entourait. Or , mon regard s'arrêtait sur des prunelles que je ne connaissais que trop bien : il était là. Peur , crainte et dégout de moi-même envahir d'une seule traite tout mon être. Comment pouvait-il encore me désirer , m'aimer , moi qui n'était plus qu'avarice et luxure ? Je coupais mon contact visuel avec lui en tournant les yeux , probablement prit de remord de l'avoir invité. Il perdait son temps avec moi , je n'étais plus que souvenir , je n'étais plus le Aaron qu'il avait tant aimé , je n'étais plus que moi. Le vent , toujours aussi sournois , me fit revenir à la situation : il était trop tard pour nous sauver , nous étions tout les deux fautifs et pleins de pêchés que nous ne pourrions effacer. Glissant mes mains dans mes poches , je m'approchais de lui sans pouvoir m'empêcher de glisser un léger sourire nostalgique sur mes lèvres . Je lui avais offert tant de sourire , de rire perdu et amoureux , de larme de bonheur dans ma jeunesse , tant de souvenir si doux et si confortable que j'aurais souhaité pouvoir revivre rien qu'un instant . L'innocence me manquait cruellement.  D'un ton prudent , surement pour me protéger moi-même de mes envies et de mon passé , seul relique sacré qu'il me restait , je lui déclarais :


"Bonsoir Montaro. Voudrais tu bien me suivre en haut? Nous serions plus en intimité pour être ensemble."



Ennuyeux. Oui , j'étais ennuyeux. Bon dieu , j'aurais voulu lui hurler qu'il me manquait , cruellement , que je me lassait d'être sans lui et que ma vie était fort laide mais nous étions deux adultes avec deux vies différentes. Nous avions pu nous permettre des choses , plus jeune que nous ne pourrions plus nous permettre aujourd'hui, enchaîné par les rouages de notre quotidien. Un instant , j'aurais souhaité faire un bon en arrière et revivre ma vie différemment. Une vie à deux. Mais j'avais fais mon choix , aujourd'hui seul ce genre de petit moment pouvait sauver ce qui restait de nous alors je les conservait et les mémorisait aussi bien que le temps me le permettait. Lui laissant le choix de me suivre , je lui fis dos en ajustant mon costume , trop soucieux de mon apparence. La décision était sienne maintenant: me suivre dans mon propre enfer le temps de quelques heures ou me fuir comme la peste.


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MessageSujet: Re: Tout vient à qui sait attendre [Aaron]   Mer 14 Nov 2018 - 18:04

Une brise glaciale me fouettait le visage, m’accusant peut être timidement de trahison à répétitions envers ma famille et ma femme. Pourtant, personnellement, je n’avais -malgré les quelques remords évidents-, pas l’impression de mentir. Les instants où je retrouvais ce garçon suscitaient en moi tant de plaisir et de désir, qu’ils me semblaient être les seuls moments où j’étais réellement sincère, du moins, envers moi-même. J’accordais à mon cœur, l’espace de quelques heures, durant de brèves étreintes charnelles, une sorte de paix et plénitude qui suffisaient à me combler, jusqu’à la prochaine fois en tout cas.

C’était donc à la fois impatient et anxieux, ayant cette sorte de boule machinale et mortelle au creux du ventre -celle qui explose soudainement en papillon quand l’élu de votre cœur vous frôle-, que j’attendais au pied de cet hôtel bien trop onéreux pour le petit Montaro d’autrefois, et dans lequel le Montaro d’aujourd’hui pouvait se retrouver assez régulièrement, soit en compagnie de son amant, ou aux côtés de ses amis plus excentriques, tels que Diamond et le reste de ses copines.

Trouvant le temps manifestement trop long à mon goût -aussi était-je surement un peu trop en avance ; je savais bien qu’il n’aimait pas qu’on soit en retard, et je ne me serais jamais permis de rater une seule seconde de sa compagnie-, je commençais à gigotter énergiquement mes jambes, songeant peut être à pénétrer le hall du fameux hôtel, histoire de ne pas finir complétement frigorifié.  

Pendant un instant, je paniquais. Je me disais, à force de suivre le pas, parfois rapide, d’autres lent des passants, que peut être que c’était vraiment terminé. Que cette fois, il aurait enfin de courage de ne pas se pointer, parce qu’il savait que moi, j’en était totalement incapable. Qu’il se rendrait compte de la situation malsaine dans laquelle nous étions plongés, et qu’il déciderait, se rendrait compte enfin, qu’il méritait beaucoup mieux que ça, qu’il me laisserait dans cette marre de mensonges que j’avais moi-même tissé, s’extrayant une bonne fois pour toute de ma vie, qui n’avait plus rien à voir avec la sienne finalement.

J’espérais intimement avoir tort, ou raison, car au final dans n’importe laquelle des situations, je me savais condamné à ne plus jamais être heureux, et que ce bonheur que nous semblions partagé lors de nos brèves rencontres n’était qu’une torturante illusion, qui chaque fois, me déchirait un peu plus intensément.

Je laissais donc doucement mes traits, désormais beaucoup moins sereins qu’à mon arrivée, se dissiper sous la vague de brouillard qui s’estompait au travers de la lumière aveuglante des lampadaires urbains. Plissant les yeux, tentant naturellement d’éclairer ce tableau flouté, je balayais nombre de visages.
Et c’était à cet instant précis que mon regard frôlait le sien me faisant rougir instantanément. Il suffisait que je le voie pour que tout mes doutes, mes certitudes ou mes croyances ne s’effacent. J’en venais à tout oublier, et ne me fiait plus qu’à mon rythme cardiaque, qui ne cessait de s’accélérer, me donnant certainement la sensation d’être vivant.

Les yeux scintillants, je m’avançais vers lui, m’inclinant légèrement suite à sa phrase, plutôt sèche, mais qui me fit le plus grand bien. Entendre le son de sa voix… C’était peu être bien niais, mais c’était suffisant pour me combler, ne serait-ce que très légèrement.

Je savais qu’au fond, il ne faisait que tenter de se contenir, qu’une fois en haut, comme il venait de le mentionner, nous serons ensemble, et c’était tout ce à quoi j’aspirais.

Je me contentais donc de le suivre jusqu’à cet éternelle boite à secret, qui nous servait de chambre lors de nos escapades. Je commençais par me déshabiller, toujours en silence, ne sachant jamais vraiment si ma joie était la bienvenue, s’il était capable de la recevoir, s’il n’allait pas me rejeter pour un sourire de trop, ou un mot qui lui indiquerait une volonté de ma part à ce qu’il s’engage à nouveau. Car je savais que c’était le genre de choses qui pouvaient l’effrayer, qu’il était important de rester mesurer, même si à chaque fois, je sentais mon âme déborder, alors qu’un monstrueux besoin d’union me hantait.

Désormais torse nu, je m’avançais vers lui, qui ne semblait pas s’être dévêtu. Je laissais mes mains parcourir ses épaules, les découvrant avec douceur, plongeant mon regard dans le sien, sans esquisser de sourire, mais le cœur plus joyeux que jamais. Mais c’est alors qu’une légère pâleur envahie ses traits, et plus inquiet qu’excité, je me précipitais pour caresser son visage un peu moite.

« E-Est-ce que ça va? T’as l’air tout pâle tout à coup… »

Puis je l’asseyais au bord du lit, le guettant à genoux, n’attendant plus qu’un mot pour pouvoir le sauver.

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