₪ Académie Keimoo ₪

The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Secret Base [PV Alexa]

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Hisaka Rika
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MessageSujet: Secret Base [PV Alexa]   Dim 22 Nov 2015 - 22:32


Ce matin j’ai reçu une lettre de Kaspar. Au début, je n’y ai pas vraiment cru, ça devait bien faire six mois que je n’avais plus eu de nouvelles de mon ami. Puis-je continuer de le nommer ainsi d’ailleurs ? Ce serait embêtant si cela m’était désormais impossible, mais nous ne nous sommes pas vus depuis plus de trois ans, quand il est parti en Allemagne, alors je ne sais pas trop ce que je suis censé ressentir en voyant l’enveloppe blanche. Le courrier était arrivé à mon adresse fixe, chez mes parents, et avait mis environ trois jours à venir à moi, avec la redirection. Ce matin, j’ai lu les premières lignes de la lettre, et j’ai fini par la plier pour enfin la glisser dans mon trieur, je me suis dit que je la lirai plus tard. Encore une fois, je me demande si je suis vraiment heureux d’avoir eu de ses nouvelles, ou si je n’aurais pas préféré oublier son existence avec le temps. C’est vrai, Kaspar fait partie du passé. J’ai beau essayer de me rattacher aux sentiments et aux souvenirs qui m’animaient à l’époque où nous étions dans la même classe, rien ne pourra remplacer le temps que nous n’avons pas passé ensemble. Je ne sais pas pourquoi je m’acharne à tenter de me convaincre que je le considère comme un ami.

Les cours, les travaux de groupe ont été une bonne excuse pour éviter de ressortir la lettre. Toute la journée, j’ai hésité à continuer ma lecture ou juste m’en débarrasser dans la première poubelle venue. Quand la deuxième option me venait à l’esprit, le poids de la culpabilité pesait déjà sur mes épaules, et je n’ai pas pu me résoudre à en finir de cette manière. Humain, trop Humain, écrivait Friedrich Nietzsche en 1878, c’est certainement parce que je le suis trop que je ne peux pas mettre mes sentiments de côté pour devenir un être purement rationnel.

Circle Game

J’ai fini par me rendre à la bibliothèque après avoir vaguement discuté du projet de programmation avec mes camarades de promotion. Mes pas m’ont guidé vers le temple du savoir par habitude, parce que c’est l’endroit où j’aime me ressourcer, le lieu où ceux qui l’ouvrent le plus ne sont pas les plus récompensés. Toute la journée, j’ai tourné en rond, je n’ai pas réellement pu me concentrer sur les cours. Je me suis demandé maintes fois ce que devais prétendre, sans jamais trouver une réponse satisfaisante. Assis à une table du côté fenêtre, mon regard dévie sur la cour de l’académie où de nombreux étudiants se hâtent de rentrer chez eux. Je ferme les yeux. Quelques années plus tôt, Kaspar et moi serions allés à la salle d’arcade pour passer le temps, nous aurions bu un cacao chaud pour surmonter les températures négatives qui prenaient doucement leur place dans notre quotidien, et pour finir, nous nous serions salués d’un simple signe de main au détour du pont Gojo (Nagoya).

« …Je t’envoie ce courrier pour te prévenir que je reviendrai au Japon pour ma deuxième année à l’université. »

Ce sont les derniers mots que j’ai lu avant de partir en cours, et cette simple phrase a suffi à m’insuffler le doute concernant mon amitié avec ce jeune homme. A quoi pensait-il en m’écrivant ces mots ? Croyait-il que j’allais sauter de joie et l’attendre à l’aéroport ? C’est bien la dernière chose que je ferais. A ce jour, il a probablement été mon ami le plus proche, mais aussi celui qui en a fait le moins pour moi. Lui en vouloir pour ça serait probablement puéril, mais ce n’était jamais lui qui était là quand j’avais besoin d’aide ou d’une présence sur laquelle m’appuyer. Au collège, nous déjeunions rarement ensemble, nous nous parlions peu lorsque nous étions en classe. La plupart de nos échanges étaient étrangement silencieux. Je ne peux pas dire que cela me dérangeait beaucoup, je pensais même que je pouvais compter sur lui. Seulement, avec du recul, il était plutôt du genre à venir essayer de recoller les morceaux plutôt que d’empêcher les autres de me briser. Malgré l’indifférence que je laissais transparaître à l’instant T, c’était dur.

Zakuro-senpai a été le premier à vouloir essayer de me faire entendre la raison à sa manière. Il m’a montré que je pouvais être autre chose qu’une victime, que j’avais le potentiel de me battre pour ne pas être remplaçables, certaines de mes cicatrices aux bras témoignent encore de certaines épreuves auxquelles j’ai été confronté par l’intermédiaire du métisse aux yeux bleus.

Counterclockwise

Durant les premiers jours qui ont suivi mon entrée à l’académie Keimoo, j’aurais donné n’importe quoi pour partager quelques instants avec Kaspar. Dire que je ne m’entendais pas avec lui serait mentir, mais je n’ai jamais réellement su le percer à jour, je n’ai jamais pu voir au-delà du sourire dessiné sur ses lèvres. Quelque part, c’est peut-être moi qui suis le mauvais ami dans l’histoire. L’horloge tourne à contre-sens, mais nous ne revenons pas en arrière.

Astronauts

Quelque part, à une dizaine de mètres de moi, il y a une fille qui semble assoupie sur son travail. Je n’ai jamais été une personne particulièrement altruiste, mais en la regardant de loin, l’air aussi désespérée, le nez plongé dans un gros livre, je me dis que je devrais aller l’aider. Ce sera toujours mieux que rester là et attendre que le temps passe, je ne pense pas que je finirai la lettre du jeune homme aux cheveux blancs de sitôt. C’est drôle, je n’aurais jamais pensé à aller vers les autres de manière spontanée. Sans trop réfléchir, j’ai fait basculer ma chaise en arrière et j’ai commencé à marcher. Tel un cosmonaute sous l’effet de la microgravité, mes mouvements s’effectuent sans effort, je ne ressens aucune pression sur mes os ou mes muscles. Je finis par m’arrêter une fois arrivé à son niveau. Comme si je revenais d’une longue mission spatiale en solitaire, je brise le mur du silence.

« Salut. »

Pas de réponse, les bras de Morphée l’entourent sans doute un peu trop pour que je puisse établir une connexion avec elle. Je me sens un peu frustré d’avoir échoué dans ma tentative de socialisation, mais je ne me laisse pas abattre. Si je veux m’assurer que je n’ai plus besoin de Kaspar dans mon entourage, je dois apprendre à aller de l’avant et ne pas rester sur mes échecs. Je me racle la gorge pour lui signaler ma présence. Ceci fait, je reprends la parole.

« Hum…Pour ton devoir, ça a l’air de t’ennuyer, alors je me suis dit qu’on pourrait essayer de faire nos travaux ensemble, ça serait peut-être un peu plus m-motivant. »

C’était presque un sans faute, il a fallu que je recommence à bégayer sur la fin. En espérant que mon trouble ne se manifeste plus, je commence également à m’inquiéter pour la jeune fille. Je sais que certaines personnes ont un sommeil profond et ne se réveillent pas malgré un environnement bruyant, mais au bout de la deuxième tentative tout de même. Peut-être qu’elle est sourde ?

« Eh...T-tu vas bien ? »

Les mouvements de sa cage thoracique m’indiquent qu’elle est bel et bien en vie, mais elle a l’air, comment dire ? Inconsciente ? Sur le moment je ne sais pas quoi faire à part attendre qu’elle se réveille. Je suppose que prévenir la bibliothécaire ne serait pas une bonne idée, elle pourrait lui interdire l’accès à la salle d’étude si elle apprenait qu’une élève s’endormait sur des livres. En parlant de ça, que lisait la jeune femme avant de s’assoupir ? Une main placée sur le rebord de sa table, je m’appuie suffisamment pour pouvoir me pencher au dessus d’elle et lire quelques lignes de l’ouvrage qui n’avait pas l’air de passionner l’étudiante. Mes yeux bruns parcourent rapidement les caractères inscrits sur la page. Effectivement, ça a l’air barbant.

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Alexa Takeshi
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MessageSujet: Re: Secret Base [PV Alexa]   Lun 23 Nov 2015 - 21:36


"Le maître dit : étudier sans réfléchir est vain. Méditer sans étudier est périlleux."
Confucius.
Qu'est-ce que la conscience? Cum-scientia nous dit, un savoir de soi. Mais quel soi? Le "Je" du sujet suffit il à faire de lui un être conscient? Serait-il si aisée d'analyser ce qui vient de soi afin de le catégoriser comme savoir propre, absolu car inhérent à soi ? Ou au contraire, faut il d'autant plus s'en méfier? Peut on être conscience sans pour autant vivre en conscience? Qu'est-ce que la conscience?

Et qu'en serait-il de l'inconscience alors ?

Un soupir accompagna le regard dans le vide silencieux de la bibliothèque. Étrange, comme une si belle pièce, immense, peut-elle paraître aussi désuète face à l'univers d'idée plus grand encore, enfermé dans de simples livres. De simples mots. Petites tâches d'encre porteuses de sens sur les grandes pages blanches des ouvrages jaunis. Infini. Le vertige était grand. Peut importe l'endroit, peut importe le nombre d'étagères se succédant. Peut importe le poids des livres sur les planches de bois. Peut importe l'odeur du cuir craquelé, le bruissement des pages feuilletés. Rien de tout cela n'avait d'importance lorsqu'une petite suite de lettre suffisait à faire rêver. Et ô combien rêveur pouvait être ce regard bleuté qui se laisser aller aux légers mouvements des étudiants concentrés. penchés sur leurs livres, le dos courbé à s'en faire mal au cou. La plume grattant sur le papier une myriade de notes à peine relues, dans l'espoir vain de les apprendre plus tard, lorsque le gros volume ne serait réduit qu'a quelques pages griffonnées de résumé. Le quotidien de beaucoup. L'horreur de certains. Tout le monde n'était pas fait pour s'endolorir le fessier à étudier pendant toute une journée. Mais là où certains auraient déjà lâché, largué par trois subordonnées, d'autres s'accrochent. Vaillants petits soldats de la connaissance, étudiant modèles prêt à avaler des encyclopédies pour briller. Se rassurer aussi. Surtout en fait. La connaissance était un gouffre qui n'était jamais possible de satisfaire.

Sourire. Une lueur brilla dans les yeux bleus d'Alexa. Un gouffre. L'idée lui plaisait bien. Un trou noir sans fin. Des limbes dans lesquelles chacun s'efforçait de s'enfoncer plus loin encore. Les livres sont les marches de la connaissances. Mais cet escalier là, ne monte pas. Il descend, plus loin encore, dans notre appétit vorace de fait, de statistiques, d'histoire, de certitudes et même de débat. Et les paroles s'entassent. Et les taches d'encre se massent. Les pages volent et se collent. Les phrases se superposent. Les mots se confondent. Comme une réaction chimique qui séparerait les lettres pour en former d'autres, et tout brouiller, et tout assombrir, et tout mélanger et tout obscurcir…Et dans cet amalgame de connaissance, cette illusion de bien savoir, de bien connaître, de bien comprendre. Pour s'en sortir, il fallait lâcher du lest.

Tri. Ordre. Sélection. Une mémoire surchargée est inutile. Un esprit aussi. La lumière du savoir ne vient pas de l'accumulation. Au contraire. Elle invite à choisir. À réfléchir. À se diviser soi-même pour mieux comprendre. Mieux percevoir. Mieux apprendre. Est-il vraiment utile de savoir caser anticonstitutionnellement à tout bout de champs? Non. Trois petites lettres suffisent à faire une révolution. Que sait-je de ce que je sais ? Hésitation, doute… Prise de conscience. Vaincre l'habitude, le réflexe, la négligence… Alors que l'apprentissage est le propre effacement de la conscience par elle même, il n'y a jamais d'opération de conscience sans remise en cause. Du savoir. Et de soi. Un paradoxe délicat… Et pourtant si important, que de savoir garder sa conscience en éveil.

« Eh...T-tu vas bien ? »

Inspiration. Comme une grande bouffée d'air que l'on prenait lorsque l'on sortait de l'eau, Alexa émergea de son sommeil en se redressant d'un geste souple, poumons grands ouverts. Tout d'abord, elle ne vit rien. L'esprit embrumé, le regard recouvert d'un voile blanc brouillant sa vue. L'air emmagasiné retrouva sa liberté pour souffler les mèches de ses cheveux qui lui encombrait les yeux. Tout devient plus clair. Trop clair même pour ses pupilles encore sensibles. Les yeux battirent des cils. Le coeur sembla se réactiver. Doucement, le corps tout entier. La peau frémit. Elle s'étira, comme un être qui revint petit à petit à la vie, s'extirpant des rêves l'ayant pris.

"Hm…?"

Alexa reposa ses mains sur son livre. La Pensée et le Mouvant. Henri Bergson. Conscience, lentement refaisait surface. La jeune femme tourna la tête autour d'elle, comme pour parfaire ses repères et sursauta presque en voyant le jeune homme à ses côtés. Ah. Le murmure de ses rêves, l'interférence l'ayant tirée de son sommeil avait forme humaine.

"Oh, je vais bien !"
Pause. Le temps de retrouver un réflexe peut-être. De reposer le contexte.
"J'ai du… m'assoupir."

Sourire. Bien. Finir une phrase de trois mots. Ce n'était pas si mal pour un éveil brutal. Une minute. À quel moment s'était-elle endormie ? Les petits sourcils cachés sous sa frange se froncèrent alors qu'elle n'avait pas remarquer avoir glissé dans le sommeil pendant sa lecture. Reprenons. Elle avait finit ses cours de la mâtiné, avait rapidement avalé un paquet de biscuit avant de se diriger vers la bibliothèque pour essayer de rattraper trois mois de cours ratés. La conscience. Sacré morceau pour commencer l'année. Mêlant subtilité et intérêt, elle s'était rapidement plongée dans les classiques des auteurs phares du sujet. Mais la narcolepsie n'avait pas du être du même avis à la vue du second chapitre du livre, à peine entamé face à elle.

"- Hm… Quelle heure est-il..? "Fit-elle d'une voix plus douce, en passant une main sur son front, espérant ne pas trop déranger l'inconnu qui l'avait réveiller. Il s'en voudrait peut-être, mais c'était une bonne chose au fond. Elle devait rapidement reprendre le rythme si elle voulait s'en sortir… À la vue de ses gestes désordonnés pour ranger ses cahiers, cela ne devait pas toujours être si facile.

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MessageSujet: Re: Secret Base [PV Alexa]   Mar 8 Déc 2015 - 23:23

Quel genre de créature est cette jeune femme, inconsciente au milieu de la bibliothèque du campus, à l’abri du regard de tous sauf du mien, cela va de soi. A plusieurs reprises, je me suis surpris à essayer d’engager la conversation avec elle, chose que je réserve à mes proches en général, sans succès. Cependant, au lieu de prendre la mouche comme n’importe quel être humain sensé le ferait si une personne venait à l’ignorer en somnolant dans une salle de travail, j’ai plutôt commencé à m’inquiéter de son état. Inspire. Expire. Je suis son rythme respiratoire du coin de l’œil, elle ne semble pas être dans un état anormal. Alors que je m’apprêtais à remballer les gaules, juste après avoir jeté un œil à sa lecture, l’étudiante s’extirpe des bras de Morphée. Je fais un pas en arrière, de peur de la brusquer. Ses poumons se gonflent comme si elle n’avait pas respiré depuis des lustres, je peux la voir lutter contre un ennemi invisible. Je remarque alors qu’elle a une couleur de cheveux assez atypique. Ne prêtant pas beaucoup d’intérêt aux apparences, je ne m’étais même pas rendu compte que j’avais en face de moi, une fille aux cheveux blancs.

Oh, lonely boy.

Elle commence à s’étirer sur sa chaise, a-t-elle seulement remarqué ma présence ? Je l’entends marmonner un « Hm » interrogatif, encore un peu endormi. Pas de doute, elle n’a pas encore repris tous ses esprits et une fois de plus, je suis relégué au rang de fantôme. Je l’observe alors commencer à s’agiter, les mains appuyées contre son livre. C’est comme si j’étais transparent. Mon mètre quatre-vingt est bien inutile si je suis inconsistant. Je souris faiblement. Il est vrai que je ne suis pas le genre de personne qui se démarque facilement des autres. Je me fonds dans la foule et j’endosse rôle du petit japonais modèle. Au milieu de tous, je suis seul sans vraiment l’être.

« Oh, je vais bien !»

Je sursaute à mon tour. Alors elle m’avait entendu avant ? Le ton qu’elle vient d’employer me laisse penser que ce n’est pas la première fois qu’elle répond à cette question. Je penche la tête sur le côté, aurait-elle l’habitude de ce genre de situation ? Après avoir marqué un temps de pause pour je ne sais trop quoi, je l’écoute se justifier. Elle se met alors à sourire. Je hausse un sourcil, je ne vois pas ce qu’il y a de comique dans la situation. J’imagine ainsi que cette expression reflète plutôt de l’embarras que de l’amusement réel. Que suis-je censé faire maintenant ? J’ai bien voulu veiller sur elle durant son sommeil, mais elle ne semble pas avoir entendu le moment où je lui proposais mon aide…et je ne suis pas sûr de vouloir réitérer ma proposition. Si ça se trouve, elle cherche juste une excuse pour refuser poliment ma compagnie. Les mains enfoncées dans les poches, prêt à me retirer de la scène où je n’ai eu que le rôle secondaire, une fois de plus, je repense à la lettre de Kaspar et mon corps se fige.

Don’t go.

En mon for intérieur, je prie pour avoir l’occasion de me tenir un peu plus aux côtés de la jeune fille. C’est ça, je ne suis peut-être pas le personnage principal, mais je ne suis pas non plus un figurant ou pire encore, une partie du décor. S’il-te-plaît, donne-moi encore une excuse pour repousser au maximum le moment où je lirai les mots de l’allemand. Comme si elle avait entendu mon souhait – penserais-je trop fort ? Je crois bien – elle demande l’heure. La question ne semble pas adressée à qui que ce soit, peut-être même qu’elle parle juste toute seule, mais je saisis l’occasion de prolonger mon temps sous le feu des projecteurs. Sans hésiter, j’attrape mon téléphone à clapet un peu maladroitement. Je sens le rouge me monter aux joues, depuis quand est-ce que j’agis comme ça ? Je lève ma main libre vers elle, comme si j’attendais d’être interrogé par un professeur. Je croise alors son regard bleu clair. Ce n’est pas la première fois que je vois des yeux de cette couleur, mais ils me paraissent différents de ceux que je connais.

« I-il est euh…seize heure trente-quatre.»

Comme un imbécile, j’avais oublié les chiffres que je venais à peine de lire sur l’écran de mon téléphone. Question crédibilité, je pense que je frôle le zéro pointé. C’est ridicule. Je replonge alors mes mains dans mes poches comme si j’y cherchais la sécurité ou à défaut, une certaine consolation d’avoir raté ma tentative de socialisation. Mon regard suit le mouvement et se dirige naturellement vers le sol qui s’étend devant moi. A cause de moi, la pièce est gâchée. J’avais le timing parfait pour faire irruption et voler la vedette du héros, mais à la place, j’ai totalement foiré mon coup. Je continue néanmoins mon observation de l’étudiante du coin de l’œil. Elle reprend peu à peu ses esprits même si elle semble encore dans les vapes.

« Tu veux de l’aide p-pour tes affaires ? »

Ses mouvements sont assez lents et maladroits. Une aura de bonté émane d’elle et rayonne au point de m’atteindre. Je suppose que c’est également ce que j’ai vu dans son regard un instant auparavant. Quand je me confronte habituellement à des yeux de cette couleur, ce n’est pas de la douceur que j’y vois. Je secoue la tête. Les iris de Zakuro sont différents. Il a parfois des yeux rieurs, mais quand il plonge son regard dans le mien, j’ai l’impression d’y voir les abysses. Plus on le fixe, plus il s’assombrit.
HRPG : Désolé pour l'attente. Je ne fais pas beaucoup avancer le rp non plus, si tu préfères que je continue un peu plus, n'hésite pas à me le faire savoir.

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Alexa Takeshi
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MessageSujet: Re: Secret Base [PV Alexa]   Sam 12 Déc 2015 - 15:02


"Oh, je vais bien ! " ?

Ça, ça avait été une belle réponse toute faite.
En vérité, la demoiselle n'avait pas entendu la moindre parole distincte de la part du jeune homme avant d'avoir ouvert les yeux. Les voix extérieures n'avaient été que murmures parmi les sons de ses rêves. Comme une chuchotement au milieu d'une chorale, un discret triangle dans un orchestre flamboyant. Suffisamment insistant pourtant afin de la tirer de son sommeil, éternel recommencement. Comme un mécanisme de défense face à l'habitude, Alexa avait prit le réflexe de prononcer ces mots dès que quelqu'un d'inconnu la réveillait. À force, elle n'y pensait plus, son corps lui même semblait se mouvoir au réveil. Comme si sa conscience était restée dans les abysses sombres de la veille, les rôles étaient inversés. La mécanique inconsciente du corps prenait le pas sur l'esprit endormit afin de rassurer ceux qui venaient s'inquiéter. Deux yeux ouverts, un sourire sur les lèvres et des gestes éveillés. Il n'en fallait pas plus pour que généralement l'interlocuteur soit satisfait et s'éloigne, la laissant souvent replonger dans la douce torpeur de laquelle il ou elle l'avait extraite de force. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien se contenter des apparences…

Petit à petit, le monde était lui même devenu un jeu de rôle. Un jeu de masques et de marionnettes. Cachée derrière le visage d'Hypnos, Alexa dansait sur la scénette d'une vie discrète. Il lui suffisait de changer son visage pour un sourire factice et les publique applaudissait. Alors la demoiselle pouvait refermer les rideaux, et dans le noir lumineux de ses rêves, retourner à la danse enchanteresse des couleurs d'aquarelle pour peindre un monde merveilleux. Inaccessible et éphémère. Et pourtant, soulever la toile était tout ce qu'il y avait à faire pour le voir à son tour. Alexa ne se cachait pas. Si seulement danser sur les rails vacillants de la réalité n'était pas aussi épuisant…

Inspiration. Expiration. Souffle lent. Subtil. Presque inexistant encore. Son regard s'embruma, Alexa battit des cils. En proie à un vif combat contre le sommeil qui tentait encore de la rappeler à lui, comme une ombre insidieuse dont les bras sombres ne la lâchaient pas, elle n'entendit presque pas la réponse du jeune homme qui lui donna à l'heure. Le sifflement dans ses oreilles avaient obstrué son ouïe. Lancinant, incessant. La note aigüe d'un instrument qui restait coincé au creux de ses tympans. Plus les secondes passaient, plus elle avait l'impression que ce son lui envahissait tout la tête, s'introduisant douloureusement dans les recoins les plus profonds. Une véritable inondation.
Elle s'était redressée trop vite.
Cessant ses gestes rendus inutiles par leur manque de coordination, Alexa reporta son attention sur le jeune homme à ses côtés. Lentement, son cerveau se réveillait, lentement, son esprit assimilait. Lentement oui vraiment. Mais sûrement. Un bout d'elle même pria le ciel que le monde reste patient… Elle s'appuya de nouveau sur le dossier de sa chaise et passa une main sur son visage avant de frotter ses yeux.

"Désolée… Je ne suis pas encore très bien… Éveillée."

Le mot tarda à sortir de ses lèvres rosés, au moins ne l'avait-elle pas perdu en chemin. Rouvrant ses paupières aux longs cils fins, son regard croisa le sien. Ce fut une lumière douce qui alluma le bleu clair de ses yeux alors qu'elle le regardait. Ce n'était pas qu'elle prenait conscience de sa présence, mais plutôt du fait qu'il soit encore là. Debout à ses côtés. Et non pas déjà partit comme la plupart. Il n'arborait pas non plus ce regard critique que certains pouvaient avoir en la réveillant, surtout là où elle n'était pas sensée dormir. Comme dans une bibliothèque par exemple. Au premier abord, beaucoup pensait qu'elle n'était pas suffisamment sérieuse pour rester éveiller sur ses livres et cahiers de cours. Mais cela ne dépendait pas d'elle. Et bien peu se posaient la question. Nulle trace de ce regard sombre pensait-elle. Une simple observation bénigne, curieuse peut-être. Ou bien timide. Fuyant entre elle, ses cahiers et le sol. Il semblait tout aussi intimidée qu'elle, petite demoiselle assise sur sa chaise face à sa grande taille. Il était lucide, elle posait à peine les pieds dans la réalité. Et elle n'avait même pas enregistré l'heure qu'il lui avait donné.

Maligne.

« Tu veux de l’aide p-pour tes affaires ? »

La voix de l'étudiant résonna encore dans le discret silencieuse de la bibliothèque et Alexa ouvrit un peu plus grand les yeux. Il lui avait suffit de s'arrêter un petit instant pour le regarder et son esprit endormit avait déjà commenté à se relâcher. S'il s'était tut, elle se serait sûrement déjà perdue dans le tic tac feutré de la grand horloge sur le mur au dessus de l'entrée. Avec un peu de chance, peut-être ne l'aurait-il pas remarqué. Inspiration. Encore. Il ne lui fallait pas abandonner. Une occasion de sympathiser, c'était rare. Elle croisait secrètement les doigts pour ne pas la rater. Combien de conversation avait-elle gâchée de ses absences et de ses pertes d'attention ? De combien de personne avait-elle si souvent épuisée la patience avec ses difficultés de concentration ? Ce n'était pourtant pas si compliqué de retenir un nom…

Un trouble naquit en elle, lui embrasant presque les joues de gêne. Avec tout ce qu'elle avait pu manqué, il s'était peut-être déjà présenté. Évidemment, elle était incapable de se remémorer exactement son arrivée afin de le vérifier. Ah. Fichu sommeil. Fichu éveil. Bien trop inconsciente pour être intéressante. Posant ses mains blanches sur ses pommettes échauffées, Alexa se leva et fuit son regard dans ses cahiers. Il lui fallait se rattraper. Alors que les rouages de son esprit semblaient désormais s'affoler, elle tourna la tête vers lui et d'une voix claire énonça.

"Je m'appelle Alexa Takeshi ! Eum… Enchantée." Répond à sa question. Tu n'auras l'air de rien sinon ! "Ah, et bien… Volontiers, si ce n'est pas pour t'embêter…"

En son for intérieur. Alexa paniquait presque. Elle avait l'impression de tout faire dans le désordre. De mélanger les mots et les expressions. Parlait-elle toujours japonais ou avait-elle prononcé cette phrase en biélorusse ? Il ne lui semblait pas, mais à ce stade, tout était possible. Le mécanisme était parti à froid et en était presque à s'emballer. Dix-neuf ans, et elle ne savait toujours pas comment bien se réveiller. Peut-être lui rirait-il au nez et s'en irait finalement.


[HRPG : Moi ça me va, dis moi aussi si tu as des remarques !

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MessageSujet: Re: Secret Base [PV Alexa]   Ven 22 Jan 2016 - 22:20

Pas très bien éveillée me dit-elle. J’arque un sourcil en croisant les bras, ce n’est pas comme si je ne l’avais pas remarqué avant qu’elle ouvre la bouche. Je suis partagé entre le sentiment de culpabilité de l’avoir sorti de son sommeil et la satisfaction de voir une mignonne petite chose fragile s’éveiller sous mes yeux. On dirait une poupée, ou du moins une personne dont on a envie de s’occuper, je ne sais pas. C’est peut-être parce que j’ai une sœur que je pense comme ça, une aînée loin d’être adorable qui râle et me frappe si je la tire des bras de Morphée. Après lui avoir donné l’heure, je me propose généreusement pour l’aider à rassembler ses affaires et…Que dois-je faire après ça d’ailleurs ? L’aider à ranger tous les ouvrages qu’elle a déplacés ? Je l’examine d’un rapide coup d’œil de la tête aux pieds, elle a transporté ces gros bouquins toute seule ? Peut-être qu’elle n’est pas aussi faible que je ne le pensais alors. En attendant, elle n’a toujours pas répondu à ma question, ce ne serait pas très étonnant qu’elle ne l’ait pas entendue ou qu’elle n’y ait pas prêté attention voire – dans le pire des cas – qu’elle est actuellement en train de chercher une excuse pour décliner poliment mon offre. Bah, j’imagine qu’il n’y a pas de quoi être vexé si elle ne cherche pas à relancer le contact. Je suis un fantôme pour les autres après tout.

Erased

« Je m’appelle Alexa Takeshi ! »

Les joues roses, le regard rempli d’une lueur qui m’est étrangère, la jeune fille se présente à moi, me faisant presque rougir à l’occasion. Le ton et l’expression qu’elle a employé me laissent penser qu’elle a dû faire un grand effort de concentration pour pouvoir communiquer avec moi. Serait-elle timide ou quelque chose comme ça ? Elle se ressaisit quasiment tout de suite après, laissant entrevoir sa gêne de s’être emportée de la sorte.

« Moi c’est Hisaka. »

Devrais-je lui donner mon nom de famille ? C’est ce que font les japonais, normalement, mais ce n’est pas une convention sociale que j’apprécie. Pas que j’aie honte de mon patronyme, mais étant donné que nous sommes de la même tranche d’âge, je suppose que l’on peut faire abstraction des formules de politesse.

« N-non, je veux bien t’aider, dis-moi juste ce que je dois faire. »

Après tout, elle n’a toujours pas l’air d’avoir repris ses esprits. Peut-être que je me suis fourvoyé un peu plus tôt, et si ses rougeurs n’étaient pas dues à l’embarras, mais à la fièvre ? Le scénario collerait, elle se serait assoupie à cause de la hausse brusque de sa température corporelle ! Mais je ne peux pas me résoudre à coller ma paume sur son front. D’une part, ce ne serait pas très poli et d’autre part eh bien…Je ne suis pas vraiment à l’aise avec les contacts physiques. Alors que j’empile les quelques bouquins qu’elle avait éparpillé sur son pupitre et que je m’efforce de rassembler ses cahiers, j’évite de justesse sa main qui fondait sur le même objet que moi. J’ai déjà fait cette erreur une fois, quelques années plus tôt, sur le toit de l’académie. On ne m’y reprendra plus. Ne pouvons me résoudre à entrer physiquement en contact avec l’étudiante, je finis par lui prendre mon courage à deux mains et lui demander directement, l’air inquiet.

« Tu as l’air hum…un peu rouge et euh…pas trop dans ton assiette. »

Je me racle de la gorge, ne sachant pas trop comment tourner ma phrase. Bon allez quoi, ce n’est pas comme si j’allais lui demander un truc privé. Franchement, je n’aime vraiment pas m’immiscer dans les affaires des autres, mais je dois avouer que m'occuper de quelqu'un me fait oublier mes propres tracas. Kaspar et sa lettre me semblent lointain désormais. Le premier pas a été fait, j'espère juste que les rouages ne vont pas se coincer maintenant que nous sommes plutôt bien partis pour discuter.

« Est-ce que tu as de la fièvre ? T-tu veux que je t’accompagne à l’infirmerie après ça ? »

Tout de même, je suis en train de partir bien loin en me basant sur mes doutes absolument pas fondés. Note à moi-même, ne pas tenter le cursus médecine, peu importe ce qu’il arrive.
HRPG : 1 mois et 10 jours, j'ai honte de mon délai...si quelque chose ne va pas, ma boîte mp est toujours ouverte.

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