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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Room Service [Hisaka le bro']

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Takuya Hibari
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MessageSujet: Room Service [Hisaka le bro']   Mar 1 Sep 2015 - 2:06

Quartier Bougu, accoudé au petit balcon, sirotant une bière, Hibari regardait les néons des petits magasins clignoter en contrebas, tranchant avec le ton gris des immeubles en béton s'étalant sous ses yeux. Bien que hauts, les immeubles enchevêtrés semblaient tassés sous les nuages orageux d'une fin de journée d'été. Une pluie fine s'était abattue sur le quartier. Les goutes délavaient tant bien que mal les traces de pollution noirâtres qui parsemaient par endroit les façades des tours.
De son perchoir de béton, celui-ci voyait quelques habitants de ces lieux sordides s’affairer dans la petite rue chargée de ces boutiques et restaurants miteux tandis que des râles d'amour lui parvenaient au travers d'une cloison mal isolée. La pluie ne ralentissait rien ici, l'énergie pâteuse de ces lieux continuerait de se répandre par les rues et ruelles par tous les temps. Un léger sourire se dessina sur le visage du jeune homme. Il aimait cette énergie, pour sa puissance mais aussi pour les dangers qu'elle véhiculait, peut-être imaginait-il pouvoir composer avec elle.

La pluie s'intensifiait et menaçait de tomber par delà la petite porte fenêtre desservant le balcon. Il rentra, laissant la petite cannette de métal prendre l'eau. De ses cheveux détachés gouttaient quelques larmes de pluie, tombant sur le parquet de piètre qualité. Au vu de la petite flaque et homme excessif mais retenu, il jura tout bas en se dirigeant vers la la salle-de-bain prendre une serviette. Le tissu frottait avec énergie contre son crâne comme pour expier un côté étourdi qu'il tentait tant bien que mal de cacher. Revenu dans le salon, il le contempla. Petit, les murs gris comme l'extérieur, les seules couleurs provenaient des livres entassés un peu partout et des estampes accrochées là où il y avait de la place. Les meubles achetés avec Naoko étaient déjà recouverts d'un fatras sans nom.
Il alluma une cigarette, laissant la fumée s’échapper de son orifice buccal sans expirer réellement, celle-ci prie paresseusement ses aises dans la petite pièce. La fumée matérialisa la lumière pâle de son PC allumé. Takuya lui jeta un regard en coin, parcourant les lignes noires du logiciel de traitement de texte ouvert. Il s'écrasa dans le canapé, lisant les lignes qu'il avait tapé machinalement plus tôt.

Citation :
C'était une nuit de juillet.
La lumière de la lampe torche fouillait chaque recoins du couloir. Le gardien suait à grosses goutes, haletant et pestant sans doute contre son diététicien alors qu'il avait de plus en plus de mal à tenir la cadence que mes enjambés lui imposaient. Moi, je riais. Mes pas foulant le sol n'émettaient pas de son, seul mon amusement semblait avoir ce privilège, ce répercutant contre les murs blancs des couloirs de l'académie. Un rire franc, peu moqueur malgré le côté pathétique de l'homme qui me poursuivait, enfantin même, tout comme l'objet de ma présence ici.
Cette nuit là, je n'étais pas motivé par le sombre désir de simplement défier ou même briser quelque chose, non, j'étais en fête. Tout heureux d'avoir rendu les clefs de ma chambre étudiante la veille, je m'étais introduit dans l'académie avec en tout et pour tout comme bagage qu'une bouteille de bière et le contenu habituel de mes poches. Je m'étais installé dans les jardins, buvant seul avec moi même à la santé de ma nouvelle liberté, laissant l'alcool me réchauffer les membres et alourdir mes paupières progressivement tandis qu'un ballet d'étoiles se jouait au dessus moi.
Une heure devait être passée lorsque je me réveillais dans un grognement, ébloui par la lumière d'une torche braquée dans ma direction. Le détenteur de celle-ci était assez éloigné pour ne pas pouvoir distinguer mon visage, mais assez proche pour que son outil du diable puisse me pourfendre l'intérieur des paupières et sa voix me vriller les tympans. "NON MAIS C'EST QUOI CA? DEBOUT!"
Charmant vraiment.

En un éclair, la bouteille vide vola vers le gardien importun, décrivant un arc-de-cercle dans les airs, piètre imitation d'étoile filante sous ce ciel. J'émis un sifflement joyeux à la vue de l'homme qui esquivait d'un pas pataud le projectile alors que déjà, je courrais. L'herbe filait sous mes pieds, mais c'était le vent nocturne qui fouettait mon visage d'enfant heureux.

Ces pas légers d'enfant me portèrent ainsi non loin mais durant un temps qui me semblait infini, jusqu'aux chambres des étudiants. Le chat n'était pas semé mais relativement éloigné pour qu'une idée germe dans mon esprit. Une idée, une bonne idée, du moins, pour moi.
Un sourire carnassier se peignit sur mon visage et, mes doigts courant sur les portes qui passaient, je me demandais tout bas: "Alors, qui sera mon hôte ce soir?"
01... 02... 03...
Citation :


"Ce sera toi."
Je toquais à la porte, de l'index et du majeur repliés beuglant un "Roooooooooom Service!" alors que la porte s'ouvrit sur une tête brune éberluée. Je m'engouffrais dans l'appartement, claquant la porte de bois derrière moi.

"Je te prierais de bien vouloir te taire un instant le temps que tout ce calme dans le couloir!" dis-je joyeusement, auquel je rajoutais un "s'il-te-plait" des plus innocent tandis que mes yeux le toisaient de par dessous la capuche de mon sweat.

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Dernière édition par Takuya Hibari le Mar 21 Juin 2016 - 11:50, édité 2 fois
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Hisaka Rika
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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Ven 4 Sep 2015 - 19:12

De l’eau, du sang et une arme blanche. Je cours aussi vite que mes jambes me le permettent, mais je sais que d’un moment à l’autre, mes efforts peuvent être réduits à néant. Tout à coup, la lumière disparaît, mon corps se fond dans le sol. C’est la fin.

J’ouvre brusquement les yeux et constate que ce n’était qu’un énième cauchemar. La sueur coule abondamment sur mon front, mon drap est humide et j’ai encore du mal à respirer. Mes muscles se détendent, c’était une fausse alerte. Par la fenêtre de mon logement étudiant, je ne peux distinguer la lune. C’est un jour bien sinistre. Que dis-je ? Une nuit. Les nuages noirs surplombent la ville et les gouttes de pluie suivent une trajectoire verticale tantôt déviée par le vent. Nuit d’été, de juillet plus précisément. Le septième mois de l’année 2015 est déjà bien entamé, mais ma blessure à l’épaule ne s’est toujours pas totalement rétablie. Je souffle en posant une paume sur ma plaie endolorie. Elle commence à se fermer, je ne dois pas faire de mouvement brusque sous peine de réveiller la douleur. Je jette un rapide coup d’œil à mon réveil où des chiffres digitaux y sont inscrits. Il est minuit trente-six. A quelle heure me suis-je assoupi ? Allongé sur le dos, j’essaie de rassembler les derniers souvenirs qu’il me reste de la journée. L’eau ruisselle le long de ma vitre, il n’y a pas moyen que je me rendorme immédiatement avec le bruit de ces battements.

[…]

Une heure et dix minutes. Je n’ai toujours pas réussi à fermer l’œil. Après un certain temps passé à contempler mon plafond, je me suis dit qu’il était inutile d’essayer plus longtemps. C’est la raison pour laquelle je me suis lamentablement traîné jusqu’à la chaise de mon bureau. Machinalement, j’avais appuyé sur le bouton « Power » de mon ordinateur. Les secondes puis les minutes qui se sont écoulées ensuite n’ont plus d’importance. Un onglet 9gag ouvert, mon casque glissé sur mes oreilles, je scrolle indéfiniment à la recherche de divertissement. Seuls quelques gifs parviennent à me décrocher un mince sourire. Des chèvres, des pandas, des chats et des licornes, j’ai l’impression que cela suffit à alimenter ce site internet. La douleur dans mon épaule me lance. Je l’ignore dans un premier temps. Une mèche de cheveux tombe devant mes yeux. Mais je ne réagis pas en conséquence. Des bruits de pas ainsi que des voix viennent titiller mes oreilles. Et je me dis que c’est mon imagination qui me joue des tours. Ma vision se trouble. Je décide d’éteindre mon PC, on dirait bien que j’ai du mal à supporter les écrans passé une certaine heure. Le comble pour une personne qui aspire à apprendre à programmer en autodidacte.

Je quitte ma chaise à contrecœur pour retourner m’affaler sur mon lit. La tête sur l’oreiller, je ferme les paupières. Garde-moi un peu plus longtemps dans tes bras cette fois, Morphée. BAM BAM. Serait-ce des grêlons qui s’abattent sur ma vitre ? L’apocalypse pourrait débuter, j’en aurais strictement rien à faire. Ce n’est que lorsqu’un agréable « Roooooom Service ! » arrive jusqu’à mes oreilles que je comprends que le bruit ne vient pas de l’extérieur. Le danger est déjà dans l’enceinte de la résidence universitaire. Une partie de moi ne veut pas se lever. Je ne suis pas dupe, je sais pertinemment qu’il n’y a pas de room service ici. Par ailleurs, ce n’est pas comme si j’étais prêt à retrouver le sommeil. Et si c’est un serial killer ? Eh bien, nous aviserons au moment venu. Je glisse les jambes hors de la couverture et me redresse mollement. Mes pieds s’écrasent sur le plancher et je commence à marcher en direction de ma porte. Au moment où j’ouvre l’accès vers le couloir, je réalise que j’ai été bien inconscient. De la lumière, un coup de vent, un claquement et puis…

« Je te prierais de bien vouloir te taire… »

Tiens, depuis quand ai-je un colocataire ? Sans comprendre, je m’exécute et me tais. Ses mots se perdent dans mon esprit et je m’attarde plus sur son apparence. D’ici, je ne vois pas grand-chose. Je sais juste que c’est un homme, autant à la voix qu’à la carrure, il porte ce qui semble être un sweat à capuche. Vient-il de l’extérieur ? Je jette un coup d’œil dehors, il doit être trempé. J’attends que les bruits du couloir se calment, et quand le silence revient habiter ma chambre, je prends les devants.

« Bon. T’es qui et c’est quoi le problème ? Qu’est-ce que tu fais ici ? »

Une chose est sûre, c’est qu’il est en train de fuir le gardien de nuit, mais avant de le mettre à la porte, j’aimerais savoir ce qu’il faisait dehors à cette heure là histoire de ne pas protéger un voleur ou un meurtrier. En attendant ses explications, je le fais entrer et appuie sur l’interrupteur situé à ma gauche pour allumer la lumière. Je grimace en prenant conscience que j’ai utilisé mon bras blessé par réflexe. Je découvre alors mon interlocuteur, ça sera peut-être plus pratique pour lui comme pour moi de savoir à qui on a affaire. Ceci fait, je l’examine de haut en bas. Même si je n’ai aucune sympathie vis-à-vis de la personne qui m’a tiré de mon calme olympien, je ne peux m’empêcher de lui faire remarquer.

« T-tu vas tomber malade si tu restes dans des vêtements mouillés. »

Et tu vas surtout abîmer mon parquet. Je siffle entre mes dents en voyant quelques gouttes s’écraser sur le sol. Non, ne croyez surtout pas que je suis devenant prévenant et encore moins attentionné. Ce que je fais, c'est d'abord dans mon intérêt. Pas envie d'avoir à payer des dédommagements au campus. Je lui fais signe d’attendre un peu avant de commencer à farfouiller dans mon placard. Quelques secondes plus tard, je lui tends une serviette du bout des doigts. Il a intérêt à faire vite.

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Takuya Hibari
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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Ven 27 Mai 2016 - 22:32

Il pleuvait toujours sur le quartier Bougu. Certaines goutes portées par les vents frappaient les vitres du petit appartement, comme si celles-ci souhaitaient les briser. Il pleuvait également cette nuit là, mais l'excitation du jeu avec le gardien lui avait fait oublier ce genre de détail. Takuya releva la tête de son écran et passa sa main sur ses yeux qui, déjà, semblaient picoter à cause de la lumière de l'écran. Oui, c'était cela, l'occupant de la chambre lui avait ouvert, et lui, tout dégoulinant qu'il était, il s'était engouffré dans le lieu de vie de son hôte de fortune. Plus grand que lui, celui-ci ne s'était pas démonté et avait fait silence comme espéré. Le gardien était passé, son identité avait été demandé, plutôt sèchement, un genre de "t ki toi", mais c'était compréhensible, il lui semblait bien qu'on ne rentrait pas chez les gens ainsi.

Takuya tira une autre latte de sa cigarette et se remit au travail.

Citation :
Mon interlocuteur, par sa voix, paraissait assuré, suffisamment sans doute pour appeler des gêneurs si jamais ma réponse ne lui convenait pas. Je pouvais lui rentrer dedans, avec l'effet de surprise, la victoire devait être mienne, mais le bruit aurait alerté le gardien. Je préférais attendre un peu, à y voir de plus près, il ne me semblait pas si terrible cet inconnu si assuré. Ses cheveux en bataille, son regard blasé et sa posture "pliée" le faisait d'avantage passé pour quelqu'un flottant au dessus de ce type de situation qu'un réel maître en ces lieux, comme le confirmait sa réplique suivante.

« T-tu vas tomber malade si tu restes dans des vêtements mouillés. » et joignant le geste à la parole, celui-ci lui tendit une serviette sortie des méandres de son placard.

Je le regardais, interloqué par ce que je prenais pour de la candeur, aussi, je ne pu que me résoudre à la saisir et essorer mes cheveux en marmonnant un, "C'est gentil heu... bah merci" , dans un moment de pur égarement, avant qu'un silence gênant prenne place et que je ne puisse plus me retenir de rire.

Ce ne fut d'abord qu'un rictus, puis un sourire, et, enfin, je m'esclaffais devant cet énergumène qui proposait au premier venu une serviette pour s'essuyer. Cela me fit du bien, j'avais eu peu d'occasion de rire durant cette année scolaire, mais cela ne fut sans doute pas du gout de mon interlocuteur.

Il me fixait d'un air méchant, je crois, mais il ne m'impressionnait pas, et ça, c'était sûr. Je me redressais, désormais calmé et près à coopérer pourvu qu'il ne me jeta pas à la porte.
"Ça ira pour les vêtements. Mon nom est Hibari, je suis à l'académie, je te le dis en gage de bonne foi. J'aimerais attendre ici le temps que les choses se tassent, puis je m'en irais."

Je m'inclinais, courbant l'échine dans une attitude soudain plus sérieuse, mes cheveux détachés mais désormais à peu près sec tombant vers le sol. Il avait intérêt à accepter.

Le jeune homme écrasa sa cigarette, laissant les dernières volutes de fumée grise s’échapper du mégot encore chaud. Qu'est-ce qu'il lui avait répondu déjà?

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Hisaka Rika
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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Sam 28 Mai 2016 - 1:14

La tension redescend. Après m’avoir surpris en faisant irruption dans ma chambre à une heure pas très raisonnable, le voilà qui fait les gros yeux alors que je lui propose gentiment une serviette afin qu’il ne cause pas trop de dégâts à mon parquet. La caution tout ça, vous connaissez. Même si j’ai su mettre ma colère de côté en l’accueillant sans trop broncher – pour le moment – je ne reste pas moins irrité par son intrusion. Et ce n’est pas son remerciement à moitié bafouillé qui va me faire changer d’avis. Non, je continue de le fixer avec un air grave, sans comprendre le comique de la situation alors qu’il se met à sourire…puis éclater de rire. Bon sang, et c’est lui qui m’a demandé de ne pas faire de bruit. La mine courroucée, je laisse échapper un petit sifflement de mécontentement.

« Mon nom est Hibari, je suis à l’académie… »

Première question qui me vient à l’esprit : pourquoi est-ce que tu n’es pas dans ta chambre alors ? Il y a des heures pour dormir, le saviez-vous monsieur ? Cependant je ne dis mot et l’écoute terminer sa présentation, les bras croisés contre mon torse. Il me demande de rester jusqu’à ce que « les choses se tassent ». Je hausse un sourcil, moyennement convaincu. Laissant de côté ma première question, je décide toutefois d’en poser une autre.

« Quelles choses ? Qu’est-ce que tu as fait avant de venir ici ? »

Bon d’accord, j’ai posé plusieurs questions, mais j’ai bien le droit de me renseigner sur la personne qui squatte ma piaule au milieu de la nuit. Sans que je m’y attende, il s’incline devant moi. Je recule instinctivement jusqu’à percuter mon propre lit. Mes joues s’empourprent légèrement. Il n’y avait nul besoin de pousser la demande jusque là. Merde, je commence à perdre mes moyens là. Et pourquoi est-ce que j’ai replié mon bras sur mon torse comme si je cherchais à me protéger ? En prêtant une nouvelle fois attention au jeune homme, je remarque que – maintenant qu’ils sont détachés – ses cheveux sont longs. Pas aussi longs que ceux de Zakuro, mon cœur se serre à l’évocation de son nom, mais plus longs que les miens. Dans un soupir, je finis par lâcher quelques mots.

« Et tu ne pouvais pas toquer chez quelqu’un d’autre ? »

Question idiote, je ne connais pas mes voisins moi-même et je suis incapable de dire s’ils sont là cette nuit. Bon, tant qu’à faire, autant me présenter moi aussi : manière détournée de lui faire comprendre que j’accepte sa requête. D’ailleurs, qu’ai-je à gagner à le garder dans ma piaule ? Je jette un rapide coup d’œil à mon interlocuteur. Ses traits sont plutôt durs, ses vêtements mouillés laissent entrevoir une musculature supérieure à la mienne. Ok, je gagne un non-passage à l’hôpital. Après celui du mois de Juin, je pense que ça ira avec les frais.

« Moi c’est Rika. Enfin, tu peux m’appeler par mon prénom, Hisaka. »

Tu es bien venu dans ma chambre sans mon accord, alors je suppose que tu t’en fiches des codes de politesse. Pour ma part, cela ne me dérange pas d’être appelé par mon prénom en public, même si ce n’est pas une personne particulièrement proche.

« T-tu veux du thé ? »

Je ne sais pas combien de temps il compte rester. Jusqu’à ce que les choses se tassent, m’a-t-il assuré. Mais en terme d’heures, ça donne quoi ? Les muscles encore engourdis, je m’étire longuement avant de m’avancer vers ma bouilloire. Autant rendre ce moment un peu plus agréable que moi en train de surfer sur le net et lui dans un coin de ma chambre. Je ne suis pas fan des contacts sociaux, mais je trouverais cette situation gênante. Partager mon thé ne me pose pas problème, mais par contre le mochi, je le garde jalousement dans mon placard.

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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Mer 1 Juin 2016 - 17:13

Il n'avait visiblement pas l'air content de ma présence, moi qui essayait d'être le moins irrespectueux possible, le voilà qui me reprochait ma bonne humeur en me jetant de gros yeux. C'était gentil pour la serviette, je ne me moquais pas lui. J'eus un tic de mécontentement tandis que je faisais ma présentation, les gens n'avaient décidément plus le sens du service de nos jours. En y regardant de plus près, je vis que mon interlocuteur avait la tête de ceux qui ne dormaient pas beaucoup, ses cernes avaient elles-même des cernes. Je jetais un coup d’œil à son bureau et vis un PC occupé une bonne partie de l'espace, peut-être était-il dessus avant que je n'arrive. Cela expliquait sans doute sa mauvaise humeur.

Je me retournais vers lui. Il eu l'air de ne pas croire ma présentation, la faute à son sourcil, beaucoup trop relevé à mon goût. Je lui rendis son regard tandis qu'une première question m'atteignait.
« Quelles choses ? Qu’est-ce que tu as fait avant de venir ici ? »

Il faisait donc parti de ces gens qui avaient besoin de savoir pourquoi, absolument, tout le temps à tout heure. Je soupirais, hésitant à répondre que certaines choses arrivaient comme cela, mais quelque chose dans son attitude me disait qu'il ne se serait pas satisfait de cette réponse. Une seconde me percuta tandis que je me redressais.

« Et tu ne pouvais pas toquer chez quelqu’un d’autre ? »

Question bête, le hasard avait choisi. Je lui répondis par un regard rieur en direction de son bras replié sur son torse. Il perdait rapidement ses moyens cet hôte de fortune, je me devais d'éviter de trop le torturer si je ne souhaitais pas me retrouver avec un sac à patates sur les bras. Celui-ci avait beau être à peine plus grand que moi si il lui prenait l'envie de crier, je devais être en mesure de le coucher à tout moment vu sa carrure filiforme. Toutefois je préférais éviter cette situation, il avait su la fermer jusque là, il pouvait bien continuer, puis il ne m'était pas antipathique.

« Moi c’est Rika. Enfin, tu peux m’appeler par mon prénom, Hisaka. »

Je tirais une moue réprobatrice, à moitié gêné. Il n'était pas question à mon sens d'utiliser son prénom, j'avais beau ne pas avoir la tête de l'emploi j'essayais tout de même de me tenir à certaines traditions. Je me baissais, maugréent tout bas sur ma génération ne respectant pas les us-et-coutumes d'autre fois, étalant la serviette au sol et m'asseyant dessus de façon à ne pas mouiller le sol tandis que ce Rika continuait.
« T-tu veux du thé ? »

Je sifflais d'étonnement, ravi de voir que mon colocataire d'un soir savait se rattraper.

"Volontiers Rika, on pourra discuter plus à l'aise".
Façon rude mais clair de lui signifier que je ne comptais pas l'appeler par son prénom. Je continuais, le regardant sortir ses tasses et tout le nécessaire.

"Je dormais au clair de lune quand le gardien m'a surpris, impossible de dormir tranquillement de nos jours n'est-ce pas?"

Nouveau regard amusé de ma part, j'espérais qu'il avait un brin d'humour, la nuit allait être longue sinon. Je fis craquer mes doigts, relâchant un peu la pression de ma fuite. Je retirais mon sweat, l'étalant sur mes jambes croisées afin de le faire sécher plus vite.

"En vérité je n'habite plus à l'académie, j'ai déménagé il y'a peu, et la verdure du parc m'avait manqué". Il est vrai que dans mon ancienne chambre universitaire, j'avais pris pour mauvaise habitude de tromper la vigilance du gardien pour me faufiler le soir après diner afin de fumer une ultime cigarette, mais Rika ne semblait pas être un camarade disposé à comprendre ce genre de chose, aussi je ne continuais pas, me contentant d'attendre le thé.
Plus que fâché, mon interlocuteur était désormais anxieux. Vu ses traits, il devait avoir aux alentours de mon âge, pourtant il avait du mal à gérer la situation. Qu'est-ce qui n'allait pas? Incapable de me rendre compte de ma bêtise, je ne pu que lui demander une chose.

"Tu as besoin d'aide? Enfin, je veux dire, je te dois bien un service."

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Hisaka Rika
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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Mer 1 Juin 2016 - 20:46

Il ne répond pas aux questions que je lui pose. De toute évidence, je ne fais pas le poids face à Hibari, que ce soit sur le plan du physique ou celui de la conversation. Il est chez moi, il a ses deux pieds ancrés sur mon parquet – en location certes – et pourtant, il domine largement notre échange et cela, sans dire un mot. Sans silence et son rire m’agace, mais j’ai l’impression que je ne peux rien y faire. Pourtant, ce n’est pas le même genre d’impuissance que je ressens par rapport à Zakuro. Non, Hibari n’est pas un géant pourvu d’une masse musculaire étouffante, il est un homme à la carrure plutôt remarquable pour son gabarit, mais rien qui me choque particulièrement. Loin des 2.11m et de la violence de Fea, le jeune homme aux cheveux longs semble plus rieur et moqueur que celui qui m’a envoyé à l’hôpital au moins de juin. Et voyons le bon côté des choses, il n’a pas encore essayé de me balancer par la fenêtre de mon propre appartement.

Fatigué, je me frotte les yeux comme si cela allait changer quoique ce soit à mon état actuel. Je ne veux pas savoir à quoi je ressemble actuellement. Ca fait plusieurs nuits que je n’arrive pas à dormir et je me demande si j’arriverais à me débarrasser de ma culpabilité un jour. Ma douleur à l’épaule fait office de malédiction, me dis-je en passant ma main dessus. Elle me rappelle que sous l’autorité, je peux totalement perdre le contrôle et m’adonner à la violence sans réfléchir. Tout ça pour un malheureux sabre à récupérer dans le cadre d’un jeu illégal, quelle perte de temps. Je pousse un soupir ennuyé alors que je commence les préparatifs du thé, c’est-à-dire faire chauffer l’eau à la bouilloire. Discuter plus à l’aise me dit-il, mais s’il ne veut pas me dire ce qui l’a poussé à faire irruption dans ma vie telle une wrecking ball, je ne vois pas de quoi nous pourrions discuter.

J’attrape deux tasses sur l’étagère au dessus de mon chevet. Il n’y a personne qui utilise la deuxième normalement, sauf moi quand je n’ai pas fait la vaisselle, mais pour une fois je suis content que ma mère m’ait refilé plus que nécessaire. Bah, il aurait pu boire dans un gobelet si je n’avais pas eu d’autre tasse. Je pose un mug et plusieurs sachets de thé devant lui sans dire un mot. C’est au moment où je me retourne pour chercher le sucre que j’entends une nouvelle fois sa voix s’élever dans la pièce. Il prétend avoir dormir au clair de lune jusqu’à ce qu’un gardien vienne le réprimander. Ca expliquerait en partie pourquoi il était poursuivi en venant chez moi, mais…Je jette un rapide coup d’œil vers l’extérieur, il dormait dehors avec une telle averse ? Cependant je comprends qu’il faisait preuve d’humour en écoutant la deuxième partie de son discours, un peu trop ironique à mon goût. La bouilloire se met à fumer et siffler, mais je ne réagis pas tout de suite. Ma vie est réglée comme du papier à musique, je sais que l’eau n’atteindra la bonne température que dans dix secondes à partir du premier sifflement. Ennuyant, me dites-vous ? Non, moi j’économise mon énergie.

5…4…3…2…1. Je le regarde enlever son sweat et le poser sur ses cuisses avant de me relever. Il se remet à parler au moment où j’ai le dos tourné. Décidément. Il n’habite plus à l’académie. C’est donc la véritable raison de la course-poursuite qui a eu lien dans le couloir, c’est un intrus. Pourtant je me dis que courir pour rattraper le gardien est une mauvaise idée en vue de ma position. Je devrais passer à côté d’Hibari pour atteindre la porte. Même s’il est assis, il pourrait facilement m’attraper les jambes et me faire chuter. Je pose mes yeux noirs sur lui durant une fraction de seconde. Ouais, je n’ai pas envie de m’attirer des ennuis. Sa voix fait alors une nouvelle fois écho dans ma tête, je sursaute car je ne m’y attendais pas. Il me demande si je veux de l’aide. Je secoue la tête.

« Ca ira, c’est b-bientôt prêt. »

J’attrape la bouilloire par sa poignée puis m’avance jusqu’à arriver à son niveau. Assis sur la serviette que je lui ai prêtée plus tôt, il n’a pas l’air d’avoir fait pire que fuir un veilleur de nuit. Du moins, c’est ce que son visage me dit à l’instant même où je m’assois à mon tour après avoir posé la bouilloire entre nous. Un écran de fumée nous sépare le temps que j’agite ma main pour faire disparaître la vapeur émanant du récipient.

« J’ai du mal à croire que cet endroit puisse manquer à quelqu’un. »

Dis-je en référence aux mots qu’il a prononcés tantôt. M’appuyant sur mes paumes en restant les jambes croisées, je le laisse se servir en premier et fait basculer ma tête en arrière. Je fixe le plafond en clignant des yeux, faisant souffrir ma rétine en la confrontant à la lumière. C’est vrai, je crois que je ne connais personne qui est véritablement heureux d’être ici. La verdure lui manquait m’a-t-il avancé en guise d’argument. Vit-il dans le quartier Bougu pour manquer à ce point d’espaces verts ? Enfin, ce n’est pas tant mon problème. Je me redresse lentement, la douleur dans mon épaule revenant à chaque fois que j’y mets trop de poids. L’air fatigué, je prends ma tête entre mes mains et bâille. Quelle heure est-il déjà ?

« Tu étais étudiant ici, donc ? »

Je me tourne vers ma table de chevet pour jeter un œil à mon réveil. Presque deux heures du matin. Quand je reviens à ma position initiale pour faire face à Hibari, je me dis que quand même, il y a des choses qui n’arrivent vraiment qu’à moi. La nuit n’était déjà pas douce comme ça, il a fallu que Kami-sama y ajoute un piment.

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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Mer 8 Juin 2016 - 0:07

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Après la stupeur d'une rencontre faite sur le vif, c'était la gène qui prenait ses aises dans la petite pièce. Nous discutions, mais nos échanges se résumaient à des explications, des formules de politesse, entrecoupés par quelques silences, eux mêmes rythmés par le claquement sonore des gouttes sur l'unique fenêtre de la chambre. Mes tirades ne l'avaient pas poussé à se détendre, ses gestes étaient calculés, précis mais tout sauf fluides, presque crispés, peut-être était-il toujours ainsi. Un jeune homme étrange, tout en soupirs et étirement, à le voir se frotter les yeux, se trainer pour servir le thé et se masser l'épaule, je m'en voudrais presque d'être rentré chez lui cette nuit.  J'avais tendance à oublier que nous étions dans un établissement scolaire de prestige.

Il repoussa mon aide, ne comprenant pas que ma proposition comptait pour plus tard, il ne comprit pas non plus ma sieste dans le parc de l'académie. Je ne jouais pas à l'incompris à deux sous, contenté par sa mise à l'écart, complice de sa vie de m****; je savais que mes actions répondaient à une logique, une seule, me sentir moi-même à défaut d'avoir trouvé ma voie. Une démarche puérile.
La vapeur d'eau nous sépara un instant, me ramenant à la réalité, le thé était prêt, la bouilloire devant moi. Il confirma mes pensées en insinuant qu'il ne me croyait pas, j'eus du mal à lui en vouloir étant donné la situation. Il m'étudiait comme je l'étudiais.

Je répondis avec calme. "J'habite à Bougu. Tu sais le quartier où la mairie semble avoir oublié la végétation."

Je me servis en premier, qu'il me crue ou non était le cadet de mes soucis, je réfléchissais déjà à un moyen de sortir. Je n'allais pas rester ici toute la nuit, pas assez discret et trop dangereux pour Rika. Il n'avait beau pas avoir eu le choix, il m'avait accueillit sans trop broncher. Sortir à deux de la même chambre le lendemain ne manquerait pas d’éveiller les soupçons des voisins, et je savais que les bruits courraient vite au sein de l'académie. J'avais beau avoir peu d'estime pour le gardien, celui-ci devait connaître son métier malgré tout. Je  l'imaginais à tranquillement m'attendre au portail tandis que ses assistants étaient branchés sur les quelques caméras de surveillance qui parsemaient le campus. La tâche n'était pas aisée, peut-être que Rika avait une idée. Il était  assis sur son lit, la tête entre les mains, visiblement exténué, si je tardais trop il allait tout simplement s'endormir.

« Tu étais étudiant ici, donc ? »

Je lui tendis la théière en le voyant regarder d'un air distrait son réveil. J’espérais qu'il était patient, hors de question que je sorte tout de suite, sans solution. Soudain, j'eus conscience de ma situation, cet abri ne me proposait qu'une sécurité relative, en sortir n'allait pas être facile. La tension remonta d'un cran, je m'imaginais déjà recevoir une exclusion. Je me leva et alla à la fenêtre, l'air détaché mais les yeux rivés sur l'extérieur tandis que je sirotais la boisson chaude.

"Je le suis toujours, je suis-"

Nouvelle prise de conscience, je m'étais arrêté net au milieu de ma phrase. Me retournant vers lui, mes lèvres émirent un bruit de suçon sonore en buvant bruyamment mon thé. Mon hôte pouvait très bien se rendre le lendemain dans un certain bureau d'une certaine académie parler d'un certain Takuya Hibari, et ce même si ce n'était pas de son propre chef. L'académie pouvait très bien décider de faire un exemple en tentant de retrouver le visiteur de nuit. Les chances étaient minces, mais ne devait pas être sous-estimées, le jeune homme en face de lui avait beau avoir été sympathique et ne lui pas avoir donné de raison de douter, ils ne se connaissaient que depuis une vingtaine de minute tout au plus. Mes yeux s'assombrirent, le fixant en coin.

"Dans quelle filière es-tu?"

Une question simple, froide. Je fermais la discussion pour le moment. Pas de gestes menaçants de ma part, il ne fallait pas non plus lui faire faire n'importe quoi. Je n'étais plus entre lui et la porte désormais, je le savais et il devait également le savoir. Je pariais gros, mais c'était une bonne manière de tester sa capacité à gérer le stress. Si il se contentait de répondre sans bouger, je n'avais pas de craintes à avoir, je pouvais continuer à boire mon thé en discutant paisiblement. Dans le cas contraire, une réaction inconsidérée de sa part indiquait une fiabilité limitée.

C'était simple.
C'était efficace.
Mais je n'avais pas envie d'essayer la seconde version.

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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Mer 8 Juin 2016 - 1:33

La nuit s’annonce longue pour moi, et peut-être pour lui. Je dois avouer qu’être un bon hôte est le cadet de mes soucis actuellement. S’il n’est pas content avec le thé, il n’avait qu’à toquer ailleurs, je suis sûr que l’un de mes voisins a des bières ou autre sorte d’alcool dans son frigo. C’est sur ces mots que je m’assois en tailleur devant lui en apportant la bouilloire. Nos échanges sont des banalités, cela ne me dérange pas vraiment tant qu’ils restent cordiaux. J’apprends ainsi qu’Hibari réside à Bougu, ce qui explique pourquoi le parc de la résidence universitaire lui manque. Je grimace en repensant à mon dernier passage dans ce quartier malfamé. C’est plus fort que moi, la douleur dans mon épaule se réveille même si je tente de l’ignorer. Je suis soudainement frappé par une révélation. Et s’il avait participé lui aussi à ces jeux illégaux ? Une vague de colère parcourt mon corps, le pire étant que cette hypothèse n’est pas à exclure. Après tout, je n’ai pas eu l’occasion de voir le visage de tous les participants, il se pourrait que…Stop Hisaka, tu te fais des films. Et même si c’était le cas, que pourrais-je bien faire maintenant ? Il est beaucoup trop tard pour prendre un semblant de revanche et seul, je ne fais pas le poids contre lui.

« La nuit, il y a toujours le vomi dans les ruelles. Ce n’est pas toujours vert, mais ça reste naturel. »

Très vegan tout ça. J’essaie de me détendre en répondant avec humour, comme il l’a fait. De cette manière, j’espère évacuer les mauvaises pensées que j’ai eues à son égard. Toutefois, ces mots ne sont pas anodins, s’ils peuvent ressembler à du sarcasme pour une personne lambda, pour moi ils n’évoquent que des douloureux souvenirs, liés à Zakuro Fea.

L’eau ne coule plus, Hibari a fini de se servir. Je me redresse avec lenteur, tel un chat qui s’étire au petit matin, et prends possession de la bouilloire à mon tour, juste après lui avoir demandé s’il était étudiant à l’académie. Ce soir, c’est la folie : un thé à la menthe à plus d’une heure du matin. Alors que je trempe mes lèvres dans le breuvage pour la première fois, j’observe calmement Hibari se lever du coin de l’œil. Où compte-t-il aller comme ça ? Je le suis du regard alors qu’il se dirige vers la fenêtre. Ce serait un peu osé de s’éclipser par là maintenant, surtout que je viens de t’offrir le thé. Ingrat, me dis-je alors que le jeune homme reprend la parole en dégustant la boisson.

Il ne finit pas sa phrase, comme si un éclair de génie l’avait frappé en pleine action. Je me demande à quoi il a pensé pour réagir ainsi. Ainsi, j’apprends qu’Hibari est encore un étudiant ici. Je le dévisage durant quelques secondes, il me semblait plus vieux. C’est peut-être la barbe, ou les cheveux qui me font cette impression. En tout cas, je me demande quel genre de cursus il peut bien suivre. Je l’encourage donc à continuer sa présentation en le relançant.

« Tu es… ? »

Mais il ne prend pas la peine de me répondre. Comme si le temps pressait, comme si chaque seconde comptait, l’étudiant me pose la même question que j’avais en tête, pour lui. Son regard a changé d’un coup. Tel un orage survenant au milieu d’une belle journée, les prunelles d’Hibari avaient assombri mon horizon, passant d’une lueur malicieuse à un reflet sombre. Bien sûr, je me dis que je n’ai aucune raison d’avoir peur après tout…Le plus proche de la porte maintenant, c’est moi. Néanmoins, je ne cherche pas la confrontation et me contente donc de répondre simplement à sa question.

« 1ère année en sciences. Et toi ? »

Je ne lance aucun regard vers la sortie car je sais que c’est le signal qu’il attend pour me bondir dessus. Heureusement que je l’ai compris, j’aurais pu finir mal en point pour un simple malentendu. Nos iris noirs se confondent les uns dans les autres. Alors que nous sirotons notre thé, nous soutenons chacun le regard de l’autre. Il est debout, près de ma fenêtre. Je suis par terre, à quelques pas de la porte. Comme si l’espace et le temps s’étaient soudainement figés, nous demeurons immobiles dans cette chambre étudiante semi-éclairée qui est la mienne. J’entends ma lampe grésiller, peut-être vais-je finir dans le noir ce soir ? Dehors la pluie bat toujours son plein, mais c’est loin d’être ma principale préoccupation maintenant. Afin de lui faire comprendre que je ne souhaite pas le trahir, je l’invite à reprendre sa position initiale, celle où il se croit en force.

« Tu ne reviens pas t’assoir ? »

Tu as de longues heures devant toi pour regarder la pluie tomber. Et puis, ce n’est pas comme si c’était exceptionnel à Keimoo. Même si notre nation a pour réputation d’être « le pays du soleil levant » , les jours pluvieux sont plus que fréquents au cours de l’année. Le regard toujours tourné vers Hibari, je le regard agir comme un éthologiste décortiquerait les moindres mouvements de ses animaux-sujets. Il ne me fait pas confiance. Je peux l’affirmer avec autant d’assurance que je dirais « Je n’irai pas me présenter au club de basket mardi soir. ». Je ne lui fais pas confiance. Car je sais que le moindre débordement de sa part peut m’apporter des ennuis.

Ni moi, ni lui ne sommes en droit de faire un pas de travers. Chacun de nous risque l’expulsion, l’exclusion de l’académie, il le sait tout autant que moi, alors malgré nos différents, ma fatigue et notre manque de confiance mutuelle, nous savons également que nous avons tout intérêt à coopérer. Me présenter au bureau de Shiori pour lui expliquer ma situation ne m’apporterait rien, si ce n’est une surveillance rapprochée. La délation peut aussi être perçue comme un crime. Et le proviseur, souhaitant que j'intègre mieux la notion d'esprit d'équipe, ne serait sans doute pas très heureux de me voir devant chez lui pour trahir un camarade. Enfin, camarade...c'est vite dit, disons plutôt que c'est une personne de même statut que moi. Un étudiant qui vend ses camarades n’est pas une personne recommandable et qui sait, peut-être a-t-il aussi quelque chose qu’il cherche à dissimuler en pointant du doigt les torts des autres ? Si l’on découvrait le sabre que je cache sous mon lit, qu’adviendrait-il de mon avenir ?

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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Mer 8 Juin 2016 - 15:35

Là-bas dehors une lampe torche dansait avec les ombres d'une nuit beaucoup trop ombragée à mon goût. La pluie s'était atténuée mais les nuages continuaient de passer par intermittence devant l'astre lunaire changé pour l'occasion en projecteur géant, éclairant tantôt la façade grise du bâtiment, tantôt le gardien qui s'activait à rejoindre l'entrée principale. Figurine ridicule bravant la nuit et la fatigue d'un pas claudiquant. Les yeux rivés sur ce spectacle, je ne regardais plus Rika. La tasse était posée sur le meuble à côté, vide. La tension était palpable, aucun de nous deux ne bougeait.

Il avait très bien compris ce que j'attendais de lui, il était intelligent. Il n’eut pas un regard pour la porte, pas une once d'hésitation lorsqu'il me répondit, pas de gestes provoqués par le stress. Il restait calme. "1ère année en sciences" m'avait-il dit. Un cartésien donc, ce qui expliquait sans doute ses gestes si appliqués, mais également sa réaction, pourtant, quelque chose me disait qu'il n'était pas étranger à ce genre de situation. Il ne tenait pas à clore le dialogue, seul lien que nous avions à disposition pour éviter tout débordement. J'avais marmonné un "1ère année d'histoire" tandis qu'il m'invitait à reprendre place.

"C'est bon."

Moyen de lui faire comprendre à mon tour que ma question avait eu sa réponse, que nous pouvions continuer tant qu'il ne faisait pas de mouvements de travers. Je me détendis un peu, adossé au mur, les bras croisés, je sentais ses prunelles me fixer comme un chat fixerait un congénère. C'était à son tour de me jauger et je le laissais faire. Il avait sur prendre sur lui et afficher un calme olympien depuis le moment où mon poing avait rencontré sa porte de bois, comme si il était resté au dessus de tout cela, comme si tout cela n'était rien qu'un passage qui serait bientôt terminé. C'était cela, je ne faisais que passer, et il l'acceptait. Il ne me reprochait pas d'avoir toqué chez lui, il me reprochait de l'avoir insulté en le jugeant ainsi. Je pénétrais sa véritable zone de confort, il pénétrait la mienne.
De nouveau cette sensation de m'être trompé sur son compte me vint, avec la même délicatesse qu'une griffe de chat.

"T'as déjà eu à faire avec ce genre de stress?"

Peu importe sa réaction, je connaissais sa réponse. Il n'était pas qu'un simple cliché de l'étudiant en sciences un peu trop timide, son sang-froid le trahissait. La figure de Fea vint se superposer comme un filtre sur mes prunelles, je le vis me traiter d'animal à renifler ce genre de chose. Il n'avait pas complétement tord.

"Je partirai dans une vingtaine de minutes."

Les minutes défilaient et le ballet de la lampe torche avait désormais disparu dans le noir. La vigilance du gardien devait être retombée, même si celui-ci se doutait bien qu'on ne disparaissait pas ainsi au milieu d'un couloir. Je soupirais de nouveau, Rika prenait des risques et il était au courant mais il n'avait pas le choix par ma faute. La probabilité que l'administration s'intéresse aux dortoirs existait bien, et je ne pouvais rien y faire non plus. Je me grattais la tête, en proie au désarrois. Me préoccuper ainsi des autres ne me ressemblait pas, pourtant la perspective de le laisser se débrouiller seul ne m'enchantait guère. Prise de conscience de l'autre sans doute un peu hypocrite car motivée par mes intérêts, mais prise de conscience tout de même. Je lui lançais un regard, ainsi les yeux dans le vague, il semblait lui aussi être en proie à quelques questionnements. Il était fatigué, il m'avait assez aidé.

"Je partirai dans une vingtaine de minute. Je vais passer près du gardien histoire de lui faire lâcher la piste des dortoirs, tu seras tranquille même si je me fais choper."

Je repris mon sweat laissé par terre et en sortis mon téléphone de la poche ventrale, une antiquité à clapet que j'avais choisi pour sa fiabilité et sa durabilité par rapport aux modèles plus récent.  Je pianotais un peu dessus et fini par afficher mon numéro sur l'écran. Je lui lançais.

"Voici mon numéro, prend le. Si tu as un problème un jour appelle moi."

C'était à peu près tout ce que je pouvais lui donner comme gage, qu'il fasse avec. Je sortis une clope de ma poche et la fit rouler entre mes doigts, appréciant le contact de la feuille. Le compte-à-rebours avait commencé. J'allais jouer avec ma scolarité dans peu de temps et pourtant l'excitation habituelle se faisait attendre.

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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Jeu 9 Juin 2016 - 1:37

Parmi les gens que j’ai eu la chance – ou pas – de rencontrer, il y a ceux qui savent se faire utilisent leurs mots pour se faire comprendre, ceux qui s’expriment avec leurs poings et enfin, ceux qui communiquent par des regards et des silences éloquents. Hibari et moi-même appartenons à la troisième catégorie, du moins, c’est via ce biais que l’essentiel des informations passe. Notre communication verbale reste relativement peu développée, nous échangeons des banalités comme nos cursus, l’endroit où nous habitons, mais c’est bel et bien par l’intermédiaire de regards soutenus que nous avons réussi à nous convaincre que nous pouvons nous appuyer l’un sur l’autre, le temps d’une seule nuit. C’est bon, furent les mots qu’il m’adressa pour me le faire comprendre. Mes muscles se sont aussitôt relâchés, et je suis désormais plus serein à l’idée de balayer la pièce du regard. Je cligne quelques fois des yeux en ignorant le plafonnier qui fait des siennes, avant de jauger mon interlocuteur d’un coup d’œil. La tension redescendue, je baisse ma garde et il fait de même, s’autorisant à s’adosser contre le mur près de ma fenêtre.

Le silence reprend sa place entre nous, mais ce n’est pas quelque chose de dérangeant, au contraire. C’est un peu comme le calme après la tempête. Quand celle-ci a tout ravagé sur son passage et a saisi tout ce qu’elle pouvait emporter, il ne reste plus que le sifflement du vent pour combler les survivants. Il n’y a pas de vent dans cette pièce, mais il y a toujours les grésillements de la lampe. Hibari est celui qui décide de rompre le silence, il me demande si ce genre de stress m’est familier. C’est drôle, j’aurais très bien pu ne pas savoir de quoi il parle, mais malheureusement je comprends parfaitement le sens de sa question. Je ferme les yeux quelques secondes, les souvenirs de la violence observée et subie refont brusquement surface. C’est fini, me dit ma conscience, je n’aurai plus à le refaire et je n’ai plus à m’en inquiéter maintenant, et pourtant le stress post-traumatique est bien là. Devrais-je prendre ce secret inavouable qui me lie à Fea, comme une punition ? Quand je rouvre mes paupières, rien n’a changé. Hibari est toujours debout devant moi, et ma douleur à l’épaule aussi.

« Disons que j’ai déjà été au mauvais endroit et au mauvais moment. »

Pause. Je ne sais pas si je dois lui en dévoiler plus sur ma situation. Quelque part, me confier à cet inconnu me soulagerait un peu, mais en même temps, je ne suis pas sûr qu’il ait envie de le savoir. Nos pupilles se croisent, encore. Cette fois je ne cherche pas à lui prouver que je suis digne de confiance, ce coup-ci, c'est dans son regard que je cherche une marque de confiance. Finalement, je décide d’ajouter quelques précisions à ma réponse, tout en gardant une part de mystère pour moi. Jeux illégaux, trafics de marchandise et toute autre joyeuseté, je ne prononcerai aucun de ces mots, mais seront fortement sous-entendus.

« Toi qui habites à Bougu, tu dois bien savoir ce qu’il s’y trame. »

La lumière se coupe brutalement certaines soirées d’été, n’est-ce pas ? Des cris surgissent de nulle part et des alarmes antivols se déclenchent sans que l’on puisse exactement savoir pourquoi. Une nouvelle fois, je trempe mes lèvres dans le thé à la menthe et laisse l’infusion me réchauffer le corps. Il ne fait pas particulièrement froid, mais les mauvais souvenirs m’ont presque donné la chair de poule. Il partira dans une vingtaine de minute, me dit calmement Hibari sans ciller. Je lance un bref regard en direction de mon réveil, il aura donc passé une quarantaine de minutes chez moi, quelque chose comme ça. Je lui réponds tout d’abord par un simplement hochement de tête avant de dépasser ma flemme.

« Bien. »

Que pouvais-je lui dire de plus ? Ce n’est pas comme si j’allais le retenir et lui demander de faire la vaisselle maintenant que nous avons pris le thé. J’ai rempli ma part du contrat en lui donnant un endroit où s’abriter le temps que le gardien baisse sa garde, il était temps qu’il remplisse la sienne en quittant cette chambre. Ainsi, je jeune homme reprend là où il s’était arrêté. Il va volontairement se jeter dans la gueule du loup pour m’éviter les soupçons. Un acte courageux auquel je ne m’attendais pas vraiment.

« Eh bien. Bonne chance, Hibari-san. »

C’est la première fois que je l’appelle par son nom depuis qu’il me l’a donné. Est-ce que « Bonne chance » étaient les mots les plus appropriés pour une personne qui vient d’enfreindre le règlement de l’académie ? Je ne pense pas, mais je n’ai plus les capacités cognitives nécessaires pour rectifier le tir. Tant pis, il se contentera de mes encouragements. Par ailleurs, je le vois récupérer son sweat, abandonné depuis qu’il s’est séché les cheveux. Il finit par sortir son téléphone, un à clapet, comme le mien. Je souris en constatant que je ne suis pas le seul à préférer ces modèles-la, sans jamais le lâcher du regard. Que va-t-il faire avec ce portable ? Appeler quelqu’un à la rescousse ? Il l’aurait déjà fait plus tôt.

Je manque de recracher mon thé lorsqu’il affiche son numéro de téléphone à l’écran. C’est donc ça son gage de confiance ? Je bredouille quelques mots incompréhensibles et attrape maladroitement mon propre cellulaire dans la poche de mon short de pyjama. Ceci fait, j’entre ses coordonnées dans mon répertoire. Une petite musique ridicule se déclenche une fois le contact enregistré. Je devrais peut-être changer ça. Enfin, ce n’est pas comme si je recevais des numéros de téléphone tous les jours. De son côté, Hibari se prépare à sortir, cigarette entre les doigts. Je le remercie intérieurement d’avoir eu le respect de ne pas fumer dans ma chambre. Enfin, je pose mes paumes sur mes cuisses et m’appuie dessus pour me relever, laissant la bouilloire et la tasse par terre. Quitte à être puni sur les choses tournent mal, autant avoir fait les choses jusqu’au bout.

« Tu comptes alerter le gardien et fuir, c’est ça ? »

L’étudiant semble avoir suffisamment confiance en lui pour que son plan fonctionne, mais la probabilité qu’il se fasse avoir me paraît quand même assez élevée. Même s’il ne compte pas me dénoncer auprès de l’administration, je lui en voudrais d’avoir squatté ma chambre pour finalement revenir à la case départ, c’est-à-dire dans les bras du gardien - dans lesquels il devrait être s’il n’était pas venu toquer à ma porte. Afin que mon action n’ait pas été veine, je lui confie une lampe de poche dynamo, celle qui m’avait servie à fouiller le bâtiment abandonné quand des gens de ma classe y avaient caché mes affaires.

« Tiens. Ca devrait éblouir le gardien assez longtemps pour te permettre de conserver une longueur d’avance. »

Au pire, il peut aussi s'en servir pour faire des appels de lumière de loin et partir ensuite. Toutes les solutions sont valables, à lui de savoir laquelle lui convient le mieux. Avant même que je m'en sois rendu compte, quinze minutes étaient passées depuis l'annonce de son départ.

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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Dim 19 Juin 2016 - 20:44

Les minutes s'écoulaient et nous discutions à voix basse. Nos postures nonchalantes, la lumière grésillante et l'heure tardive donnaient à la scène des allures de film noir américain. Résurgence mal placée du souvenir d'un ascendant occidental, je me surpris à esquisser un sourire en imaginant le parcours sinueux de chaque gène, de l'histoire de chaque famille, mon interlocuteur devait-il son nez effacé à sa mère? Son père? Plus loin encore? Autant de questions qui mériteraient d'être posées. Nous n’étions toutefois pas en pleine séance de généalogie, et encore moins dans un film des années 50, nul Marlon Brando dans la pièce, pas de fumée de cigarette non plus, et, à mon grand damne, aucune trace d'une quelconque Jacqueline White. Ce début de Xxème siècle était bien morose, mais je me consolais en me persuadant que puisque je pouvais réfléchir à tout cela malgré la situation, je devais être en mesure de m'occuper d'un gardien en gardant la tête froide.

Je tournais mon regard vers Rika. Il s'était rassis, attendant que l'heure passe. Il avait pris mon numéro l'air d'abord effaré, pour mieux reprendre son attitude de faux calme qu'il arborait depuis mon arrivé. Sa bénédiction à mon encontre était sincère à en juger par son cadeau, une lampe torche que je soupesais désormais dans ma main. Il voulait que je la prenne, "ça devrait éblouir le gardien" m'avait-il dit sur un ton prophétique. Par ces mots et son aspect usé, cette lampe n'était plus une lampe, elle devenait une arme.
Drôle de nuit, vraiment.

Il est de ces instants où deux hommes arrivent à se faire confiance, simple concours de circonstance ou plutôt, dans le cas présent, sorte de syndrome de Stockholm en demi-teinte, je me vois le regarder, amusé devant cette situation; plein d'une sorte de contentement devant l'allure épique d'un épisode de nos vies qui ne méritait pourtant pas de l'être. Oui, il est de ces instants où l'on se rend compte que nous sommes encore jeune, apte à partir en aventure pour peu que l'on croise la bonne personne.

Il m'avait parlé de Bougu, me demanda si je connaissais ce qu'il s'y tramait. Sa question portait en elle des sous-entendues, elle ne se contenterait pas d'une affirmation vague à propos de quelques magouilles classiques que j'en étais venu à nommer "Bouguillades" face au nombre d'infractions qui s'y déroulait chaque semaine. Non, sa question exigeait une réponse précise que je ne pouvais lui donner. "Non, je ne sais pas", c'était mes mots, et j'en étais désolé. Une personne avisée s'en serait sans doute déjà arrêtée là, lançant un [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Mais je souhaitais faire plus pour lui, son aventure paraissait autrement plus excitante que la mienne, et puis je lui devais bien cela. De quelques mots simples, je lui signifiais que le téléphone était là pour ça si il n'en parlait pas cette nuit. Moyen de garder le sujet ouvert si l'envie lui prenait, il aurait été au mauvais endroit au mauvais moment, il en avait suffisamment dit pour attiser ma curiosité.

Un coup d’œil au réveil m'a suffit pour voir que l'heure tournait plus vite que je ne le pensais. Bientôt, j'allais m'élancer du pas de ceux que les ombres protègent, le pas des suspects. Une bière aurait été de circonstance ou, pour coller avec l'ambiance noire et blanche que ce moment m'inspirait, un whisky, sec de préférence.

"Tu penses que j'ai mes chances?"
Avais-je demandé. Ainsi coincé par le temps, cette question donnait à notre discussion des allures de réunion de crise, et, enflammé, il s'en fallut d'un cheveux pour que je ne lui demande pas des crayons et du papier pour pouvoir dessiner un plan de bataille comme cela m'arrivait parfois étant plus jeune alors que je préparais quelques 400 coups. Son regard torve me défendu de le faire, ce n'était le moment, occasion de me rappeler encore une fois que les gens ne savaient plus rire.

Rika ne savait-il pas rire? Je le regardais alors que celui-ci commençait à me répondre, un jeune homme réservé sans doute, quelqu'un qu'on a du classé dans la catégorie "intello" plus d'une fois, mais n'avait-il pas d'humour pour autant? Non, il en avait c'était certains, pensais-je. Pour accueillir ainsi un étranger chez soit puis lui donner une lampe torche pour que ce dernier se défende il fallait une bonne dose d'humour. Je l'aimais bien ce Rika.

"Avec cette superbe lampe-torche je me sentirais même prêt à affronter un dragon."
Rictus en coin, je déposa la cigarette à mes lèvres en m'approchant de la porte. Il me fallait partir incessamment sous peu.

"Je vais y aller, merci pour le thé."


J'avais beaucoup de choses à lui demander, notamment concernant ses affaires à Bougu, mais à cet instant, les mots me manquèrent, comme un poisson, je referma ma bouche, coupant court à tout son. Ce n'était pas par maladresse, mais parce que j’eus l'intuition que tôt ou tard j'en saurais d'avantage sur cette affaire.

Je posais la main sur la poignée, prêt à sortir.

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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Lun 20 Juin 2016 - 1:06

Le garçon me le dit franchement, il ne sait pas. Il ignore ce qu'il se trame dans son propre quartier. Certains auraient pu s’arrêter là et clore la parenthèse sur le quartier Bougu à cet instant, mais le ton d’Hibari était différent de ceux qui souhaitent rester dans l’ignorance. Cette pensée m’est plus tard confirmée par la proposition du jeune homme, qui me dit que je peux le contacter par téléphone, si l’envie de lui raconter mes péripéties me prend un jour. Je secoue la tête de droite à gauche. Négatif. Ce n’est pas quelque chose que je peux raconter à distance, c’est un souvenir encore trop frais dans mon esprit pour que de simples mots suffisent à retranscrire l’histoire. Si je dois un jour en parler à quelqu’un, je veux qu’il plonge son regard dans le mien et comprenne. Je n’attends ni pitié ni compassion, que l’on soit d’accord, je veux simplement que mon interlocuteur se rende compte du traumatisme que cet événement m’a laissé, afin qu’il ne se laisse pas embarquer dans la même histoire.

« Si nos chemins se recroisent un jour, je te raconterai. »

Face à face, c’est ainsi que je désire le faire, mais pas aujourd’hui. Le temps presse et je ne peux pas garantir que le ton ne montera pas quand je serai décidé à parler de Zakuro Fea. Il y a tant de choses que je pourrais dire à son sujet, même si mon interlocuteur ne le connait pas, que je crains que les quelques minutes qu’il nous reste ne soient pas suffisantes. L’épisode du toit, la ruelle, les origamis de la St Valentin, Noël passé chez lui ou encore les pains au somnifère. Je ne saurais par où commencer. Le plafonnier se remet à grésiller, le thé est désormais froid, c’est le moment qu’Hibari choisit pour me demander si je pense qu’il peut réussir à s’enfuir sans se faire prendre. Mes iris se posent sur le jeune homme, il m’a posé cette question très sérieusement, comme s’il était l’un de ces politiques doutant de ses capacités après des mois de campagne. L’un de ces administrateurs qui demande conseil avant de monter sur scène. Même si je répondais Non, cela ne changerait rien à l’avenir.

« Je dirais que tes chances ne sont pas nulles. »

C’est la crise au parti, mais personne ne doit le savoir, toutes les caméras sont rivées sur vous. Les statistiques sont en votre faveur, mais vous savez qu'elles n'ont aucune valeur. Gros plan sur votre sourire de façade, saluez l’audience convaincue par vos idées. Commencez votre discours que vous avez appris par cœur et mentez sans sourciller. Après une heure de parlotte, la foule vous acclamera…ou vous huera. Etonnant parallèle avec la situation dans laquelle se trouve l’étudiant en histoire. Quand il aura franchi cette porte, il sera sur scène et tôt ou tard, il fera face à son public. Et lorsque le moment fatidique arrivera, à l’instant-même où le rideau tombera, le gardien rendra son verdict et jugera sa performance.

La lampe dynamo en main, prêt à partir, Hibari ricane en se disant prêt à affronter un dragon grâce au gadget que je viens de lui prêter. Un sourire en coin se dessine sur mes lèvres fines, faisant ainsi remonter mes joues et plisser mes yeux. Effet domino. Je croise les bras en essayant de ne pas réveiller la douleur dans mon épaule – ce qui s’avère être une tâche difficile depuis que j’ai soulevé la bouilloire tout à l’heure. Quand il sera parti, j’aurai tout mon temps pour me refaire un bandage. En attendant, mon invité est encore là. Drôle de constat quand je me rappelle l’avoir considéré comme un intrus quelques dizaines de minutes plus tôt. Quand les langues se délient et que la communication œuvre, il faut croire que je suis plus proche de mes pairs que je ne le pensais.

« Mais un dragon ne peut pas nous exclure du campus. »

Il s’approche de la porte, je sais que son départ approche. J’aurais déjà pu retourner devant mon ordinateur ou sur mon lit, mais je compte rester debout, face à lui, jusqu’à ce que son ombre disparaisse du seuil de ma porte. Hibari ricane en posant sa cigarette entre ses lèvres, il me remercie pour le thé, je lui réponds par un sourire accompagné de quelques mots.

« A jamais, j’espère. »

Ce sont des paroles qui, je le savais, ont sonné fausses en tout point quand j'ai ouvert la bouche pour les prononcer. Tant le A jamais que le j'espère. Un pressentiment ou quelque chose comme ça, m’assurait que j’aurais encore une fois à faire avec ce garçon. Sa main abaisse la poignée, la porte s’ouvre à la volée, et mon invité disparaît dans un grondement de tonnerre. Quand j’arrive au niveau de l’entrée de ma chambre, il a déjà disparu du couloir. Je referme la porte silencieusement, le sourire aux lèvres quand je m’étends lourdement sur mon lit en regardant la pluie qui n’a pas cessé. D’un geste vif, j’appuie sur l’interrupteur pour écourter les souffrances de ma lampe qui n’a pas l’habitude de travailler aussi tard. Mes paupières se ferment avant que je ne regarde l’heure, épuisé par la dernière heure que je viens de passer. Plongé dans l’obscurité, j’ai l’impression d’avoir fait un rêve. Une sorte d’interlude de mon cauchemar, un bref moment de paix dans mon tourment.

Et quand je me réveille, il fait déjà jour. Les seules preuves du passage d’Hibari ? Deux tasses, une bouilloire, une serviette mouillée et des sachets de thé posés un peu n'importe où dans ma chambre, ainsi qu’un nouveau numéro de téléphone enregistré dans mes contacts. Dehors, les intempéries se poursuivent, la vie continue.


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MessageSujet: Re: Room Service [Hisaka le bro']   Lun 20 Juin 2016 - 17:56

La pluie battait le visage du jeune homme en même temps que ses pas explosaient les flaques qu'il croisait. Plongé dans une course contre la pluie, il en oubliait presque le gardien qui le suivait par derrière, drôle de baleine de mer poussant des halètements. Sa capuche le protégeait mal, laissant son visage pleinement profiter de l'eau et du vent, ne manquait que le sel pour compléter une certaine idée de ce qu'il se faisait de la mer, des sensations rugueuses et salées. Il riait, du ricanement des jeunes enfants qui ne peuvent s'en empêcher, mais qu'il suffise de courir au milieu de la pluie en pleine nuit pour se croire face à la mer ne figurait pas parmi les raisons pour lesquelles il se réjouissait ainsi. Non, c'était la conséquence de la course en elle même. Jouer ainsi avec son avenir lui procurait la sensation d'être vivant, sentir le souffle de son adversaire lourdaud quasiment dans sa nuque l'électrifiait. Il était Takuya Hibari et il allait le devancer.

La course, aussi grisante était-elle, n'était que la course et ne pouvait lui apporter qu'une satisfaction  limitée, égoïste. La perspective de courir pour quelqu'un d'autre, et c'était chose nouvelle chez lui, lui apportait une joie tout autre. Malgré les circonstances, on comptait sur lui et le fait qu'il ne se fasse pas prendre.

« Je dirais que tes chances ne sont pas nulles. »

Lui avait-il dit d'un air sérieux, qu'il soupçonnait d'être un ton habituel chez le jeune homme aux cheveux décoiffés. Le visage grave, constamment figé dans une position qui semblait gravée dans le marbre, celui qu'on utilisait pour les vieux pieds de bougeoirs, délicat, mais désormais fatigué par le temps. Quelqu'un d'autre aurait dit de cet Hisaka qu'il était de ces jeunes gens fatigués de naissances, motivés par rien si ce n'est la perspective d'une tranquillité reposante; erreur que ne commis pas Takuya. Discuter avec Rika lui avait permis d'entrevoir autre chose à travers l'apparente torpeur du jeune homme. Un humour certain accompagné d'un esprit vif, la racaille avait apprécié qu'il rebondisse ainsi sur son allusion au dragon, mais surtout, plus loin encore, une certaine force. Une force qu'il utilisait toute entière pour résister à quelques images qui ne le quittaient pas, des images de Bougu lui avait-il dit. Il ne réclamait pas son aide, il en avait parlé comme il parlerait du temps, de manière détachée, mais sa façon de tenir son épaule ne lui avait pas échappé. Hisa était un bloc de marbre à sa façon, mais fendillé par quelque chose qui réclamait l'attention de Takuya. D'une part car il "lui devait bien ça" s'était-il écrié précédemment, il l'avait accueilli comme un roi après tout, et d'autre part, parce qu'il pressentait que quelque chose bouleversait un certain ordre. Cela ne le concernait certainement pas, mais, en homme établissant ses propres jugements, Hibari  sentait que l'on avait glissé un grain de sable au milieu d'une mécanique, et il allait agir, même si cette mécanique se nommait Bougu. Il n'était pas un justicier, il ne se représentait pas ainsi et n'agissait pas non plus avec ce soucis, il était attiré par ce genre d'évènements, c'était tout. Il était une bête à orage.

C'est comme une bête qu'il s'était élancé plus tôt vers le gardien, il lui avait hurlé dessus sa joie, sa lampe à dynamo braquée sur le visage du pauvre homme apeuré par cet animal sorti des broussailles. Il en avait profité pour repartir en sens inverse, gagner du temps et de la distance pour pouvoir semer ce poursuivant qui le suivait désormais en vociférant des insultes. C'était à cet instant, proche de sa porte de sortie, les barrières proches du parking, que Takuya s'était mis à rire. Il riait encore lorsqu'il escalada les barrières et sauta de l'autre côté tandis que son adversaire d'un soir n'y arrivait pas. Enfin, il ricana doucement en voyant passer une voiture de police sans doute alertée par ce même gardien, il était déjà en route pour Bougu, en petite foulée et décidé à garder contact avec ce Rika.

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