₪ Académie Keimoo ₪

If you want the rainbow, you gotta put up with the rain.
 
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 Can you speak slowly please ?

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Aslinn Eadhra
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MessageSujet: Can you speak slowly please ?   Lun 29 Fév 2016 - 19:09

Réussir à mettre un pied devant l'autre. Réussir à marcher droit. Ne pas tomber sous la charge des valises. Tenir. Je dois tenir le coup. Encore un petit peu. Juste quelques heures.
Je vais m'endormir. Là, sur place. Debout, ma valise à la main.

Il est onze heures et demie. La bonne blague. Il me reste encore une demi-journée à tenir. Il faut que je tienne. Sinon je vais mettre des semaines à m'habituer au décalage horaire. Ce décalage horaire, parlons-en. Il y a neuf heures d'écart entre l'Irlande et le japon. Concrètement, j'ai gagné neuf heures, je pourrais dormir neuf heures plus tôt que si j'étais en Irlande. Sauf que du coup, il est actuellement deux heures et demie du matin dans mon horloge interne. En gros, ma nuit a sauté.  Super…

J'ai très mal dormi dans l'avion. Non seulement c'est loin d'être vraiment confortable ; mais en plus j'ai eu la bonne idée de prendre un thé. À un certain moment, un des membres du personnel de l'avion est passé avec le charriot de boisson et je me suis dit que quelque chose de chaud me ferait du bien. J'ai pris du thé. C'était stupide. Je n'ai pas réussi à m'endormir après. Mit bout à bout, j'ai dû dormir trois ou quatre heures dans l'avion qui reliait Londres et Tokyo. Heureusement dans le train entre Tokyo et Keimoo mon esprit a cessé de fonctionner et je suis parvenue à dormir deux heures.
Toujours est-il que je me retrouve avec un total de cinq, six heures. Bonjour les cernes !
Il est onze heures et demie, je ne dois pas m'endormir avant vingt heures trente ce soir. C'est la limite que je me suis fixée. Sauf que sous un autre point de vue, il est deux heure et demi du matin et je ne dois pas m'endormir avant onze heures. Un jour et demi entier éveillé. Qu'elle horreur. Je vais au moins m'autoriser une sieste cet après-midi. Mais pas plus de deux heures. Sinon je ne m'endormirais pas ce soir. Je vais devoir mettre un réveil, et le mettre fort.

Ils ont dit qu'ils chargeraient quelqu'un de m'accueillir. Je dois avouer que sur le coup j'ai trouvé que c'était une idée stupide. Un lycée reste un lycée, je devrai savoir le trouver et me repérer dedans. Sauf que maintenant que je suis sur place. Je me rends compte à quel point ça aurais été un enfer de me retrouver toute seule. Je suis incapable de penser droit. Je me demande quel genre de personne va devoir s'occuper de moi. Ils ont dit qu'ils mettraient un élève. J'espère que ce ne sera pas un imbécile.

Le rendez-vous est à midi dans le hall de la gare. C'est qu'il est grand ce hall. Surtout que je n'ai vraiment pas la moindre idée que qui je suis censée chercher. Bah. Ils me repéreront facilement. Des Irlandaises rousses il n'y en a pas beaucoup ici. Même pas du tout. Je me sens légèrement observée d'ailleurs. Juste un peu. Juste tous les regards qui s'accrochent à mes cheveux avant de continuer leurs trajectoires vers je ne sais ou. Oh je ne suis pas fixée ; les Japonais sont étonnamment discrets dans leur pays. Disons juste que je sens leurs regards passer sur mes cheveux, et se demander si c'est une teinture ou ma couleur naturelle.
Il n'y aurait pas un petit restaurant quelque part ? Que je prenne un café histoire de me réveiller. Et aussi que je m'asseye. J'ai beau avoir été assise pendant presque une journée entière, je dois avouer que je n'ai qu'une envie. Me rasseoir.
Je suis sure qu'il y a ce genre de restaurant. Il y en a toujours dans les gares ; pour les voyageurs en perdition comme moi.
Ha ! Je le savais. Il y en a un juste en face de moi. C'est juste que mes yeux vont bientôt arrêter de fonctionner eux aussi. C'est pratique ; il est dans le hall. Même pas besoin de sortir.
Le nom est écrit en japonais. Je suis incapable de le déchiffrer. Je pense que dans d'autres circonstances j'aurais pu ; mais la réussir à lire me demande trop de concentration. En plus ils ont choisi une typographie pour l'enseigne qui la rend encore plus illisible.

Mal de crane. Pour réussir à commander un café il va falloir que je parle. Que je communique. Et même que j'arrive à décrypter ce qui est écrit sur la carte. Je voudrais un café. Ce serait dommage de se retrouver avec une soupe à cause d'une mauvaise prononciation.

Où sont les cafés ? Pourquoi je ne trouve pas… ça m'énerve. J'ai envie de pleurer. J'ai envie de dormir. J'ai envie de café. Tout ce que je trouve est un pauvre ^petit café serré. Je voudrais quelque chose de plus long à boire qu'un café serré.
J'abandonne le café. Ils sont introuvables. Par contre, j'ai vu les thés. Je vais en prendre un. Ça m'a bien empêché de dormir dans l'avion ; ça marchera aussi maintenant non ?
Je me dirige vers le petit comptoir.
          « ~~~~~~~~~~~~~~~~ ~~~~~~~~ ~~~~~~~~  »
Autre mal de crane. La caissière a parlé à une vitesse folle. C'est écrit sur ma tête que je suis étrangère ! Un peu de pitié ! En plus je suis épuisée.
Elle a dû comprendre à mon air désespéré que je n'avais rien compris, car quand elle recommence à parler, c'est bien plus lent. C'est compréhensible ce coup-ci.
          « Que   désirez  -  vous ? »
Non… sérieusement ? T'avais rien dit de plus ? C'est plus long quand tu as parlé tout à l'heure.
Enfin. Ne commençons pas à râler tout de suite. Et je ne vais quand même pas commencer à râler alors qu'elle essaye de me faciliter la vie.
          « Un thé Rooibos.
          -Pardon ? »
… Je suppose que mon accent est horrible. J'espère que ça s'améliorera avec le temps. De toutes façons de je n'aurais pas le choix. Si je ne parviens pas à parler un Japonais audible personne ne me comprendra ici. Je répète donc le nom du thé que je souhaite en m'appliquant autant que possible à faire les accents. Il va falloir que je progresse rapidement en japonais. Je n'ai pas envie qu'on me demande de répéter à chaque fois que dis trois mots.
Il semblerait qu'elle ait compris. Enfin j'espère. Si je me retrouve avec une soupe c'est que je me suis plantée.

Je vais m'asseoir à une des petites tables. Je m'assure d'être bien visible. Il faut que la personne qui est censée me   pêcher au milieu de cette mer d'hommes soit capable de me repérer facilement.

Mon thé arrive. Il sent bon. Ça n'est pas une soupe. Positivons un peu.
Mes muscles se décontractent. Je repose mon dos contre le dossier de la chaise. Mes doigts s'enroulent autour de la tasse. C'est chaud. Je ferme les yeux un instant, mais les réouvre rapidement car si je continue je vais m'endormir. Je commence à boire.
Ça fait du bien d'être arrivée.


Dernière édition par Aslinn Eadhra le Dim 15 Mai 2016 - 10:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Can you speak slowly please ?   Lun 29 Fév 2016 - 21:30

    « Nous voudrions savoir - »

    Mes lèvres appuyaient sur ses clavicules, mes ongles traçant les croissants que j'imprimais, du bout des doigts, dans sa chair. Le combiné du téléphone reposait à peine sur mon oreille, tandis que je mordais sa peau. À l'autre bout du fil, la voix pré-enregistrée du message vocal grésillait contre ma conscience, dans un rappel vain à mes pseudo-devoir estudiantins. Ma langue contre son os, mes dents appuyant sur la peau, je mordais, encore, encore.

    « - si vous étiez disponible pour un service recelant votre présence- »

    Ma présence était toute indiquée, mon ventre collé contre celui de Joshua, tandis que j'étirais des dents une peau dont mon esprit se concentrait à l'analyse. Dans cette comparaison d'une élasticité dermique, la voix de la secrétaire me paraissait infiniment loin, tandis que les reins de Joshua, eux, étaient à porté de main. Je pliais les rotules, soulevant ses hanches.

    « -nouvelle élève, en provenance de l'étranger, et recquerra votre aide pour son intégration- »

    J'expirais sur sa gorge, traçant des lèvres sa jugulaire. Ma respiration cassée, je glissais mes mains sous son bassin, disposant sur sa pomme d'adam un baiser fortuit. Le téléphone portable chuta d'entre mes doigts, et dans un déploiement de mes épaules, je saisissais son visage à deux mains. La couverture glissa le long de mes cuisses.

    « Il paraît que je dois aller sauver une irlandaise. »

    -

    La chaleur du tram n'était comparable en rien à ce que je venais de quitter. Étirant mes jambes pour solliciter la détente de mes muscles sollicités, avec l'envie de retourner ficher ma tête dans un oreiller pour succomber à la nudité et aux charmes de Joshua, je regardais le paysage défiler. Il était presque midi, et l'on m'avait fourni le dossier de l'élève en intégration au Japon. Une rousse flamboyante, si la photo qui était épinglée dans le coin des feuillets réservés à son identée, était à jour. Je regardais ses yeux clairs, étirés dans une forme d'amande, laquelle n'avait rien de japonais. J'appréciais l'idée qu'une étrangère rousse soit à ma charge. Elle était jolie dans son unicité anticonformiste aux critères des canons de beauté. J'étais vaguement pressé de la rencontrer.

    En descendant du train, je franchissais la distance jusqu'à la gare, le dossier sous le bras. Mes Doc rose pastel attiraient le regard, tout autant que mon chignon hérissé sur le haut de mon crâne. Balayant des yeux un horizon brun et minuscule, je pénétrais dans la gare, feuilletant le dossier à la recherche du numéro personnel du cellulaire de Miss Eadhra.

    Sortant mon portable de la poche, en me dirigeant au hasard vers la cafétériat de la gare, je tapais le numéro sur mon portable, avant de lancer l'appel. Elle était rousse, avec un visage relativement rond. Il y avait plusieurs étangers ici, songeais-je en sondant des yeux le panorama des lieux. Une odeur de café et de pâtisseries flottait dans l'air, mais un seul téléphone se mit à sonner quand mon portable indiqua l'établissement d'une connexion à partir de l'appel. Projetant mes yeux vers une table proche du comptoir, je remarquais immédiatement la tignasse enflammée d'une gamine vautrée dans son fauteuil. Coupant l'appel, je traversais en quelques foulées la distance, avant de déposer le dossier en face d'Aslinn Eadhra, pour la faire relever les yeux.

    « Bienvenue au Japon, pays dans lequel vous vous assurez une totale discrétion avec cette couleur de cheveux. Au moins, imoutosan, je t'ai trouvé rapidement. Enchanté. Je peux ? »

    Sans attendre de réponse particulière, je tirais le siège, réglant la distance par rapport à la table, pour pouvoir ficher mes jambes. Les proportions des meubles japonais n'étaient aucunement prévues pour les types de 211 cm.

    En baissant les yeux, je remarquais immédiatement ses Doc Martens. Un sourire de gamin émerveillé s'étira largement sur ma gueule de bébé ravi.

    « Zakuro Fea. Je suis en charge de ton intégration. Comment s'est passé ton vol ? Est-ce que tu tiens le coup, avec le décalage horaire ? »

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MessageSujet: Re: Can you speak slowly please ?   Mar 1 Mar 2016 - 0:10

Mon portable commence à sonner. C'est Venice Queen de Red Hot Chili Pepper qui c'est lancée. Je ne sais pas qui m'a appelé ,mais il vient de me donner une petite étincelle d'énergie à travers la musique. Par contre, le temps que je réalise que mon téléphone sonne ; cette personne avait déjà raccroché. Je sors mon téléphone de ma poche. Numéro inconnu. Qui cherche à m'appeler ? La forme du numéro est étrange. Ça n'est pas un numéro irlandais. Japonais je suppose. Sûrement celui qui est censé me chercher dans la gare. J'ai l'impression que mon portable n'a vraiment pas sonné longtemps.
Le temps que je déverrouille l'écran, des feuilles s'abattent devant mes yeux. Pourquoi temps de violence ? Mon esprit est atrophié par la fatigue. J'ai l'impression qu'il suffit de rien pour accentuer encore plus mon mal de tête.

Les feuilles sont accrochées à une main. Une main qui est accrochée à un bras. Mon regard remonte le long de ce bras. Un bras bien trop long à mon goût. J'ai l'impression que l'épaule n'arrivera jamais. Pourtant, en quelques secondes qui m'ont parues trop étirée, mes yeux rejoignent son visage. Un visage bien trop haut. De tous les petits japonnais qui peuplent le Japon il a fallu que je tire le seul qui fasse cinq mètres de haut ? Bon. J'exagère. Mais il est plus près du double de ma taille que de moi-même. Je sais que je suis petite, mais il y a des limites à l'immensité.

Il a dit quelque chose. Son japonais est plus facile à comprendre que celui de la serveuse. Il n'en reste pas moins nébuleux. Je pense avoir compris. Peut être que le thé commence à faire effet aussi. J'ai eu le temps d'en boire la moitié. Il n'est plus aussi brûlant qu'au début, mais il reste chaud et incontestablement agréable.
A priori c'est lui qui va devoir s'occuper de moi. Cet être. Il est trop grand . Il n'a pas pu s'empêcher de faire une allusion à mes cheveux ; mais je suppose que ça je n'y échapperais pas. Déjà qu'en Irlande j'avais droit à quelques remarques. Je préfère ne pas imaginer ce que ça va être au Japon. Mais bon. Ça n'est pas le genre que chose qui va me gêner. Qu'ils admirent mes cheveux s'ils veulent. D'autant plus que…cet homme -bien que je trouve que ça soit trop haut pour être appelé un homme- n'a pas du tout mis de moquerie dans sa phrase. Enfin je pense. Je ne suis pas complètement sure de ce que j'ai compris.
Et je ne vois pas ce que viens faire le « petite sœur » en plein milieu de la phrase.

Il s'est assis. Il a bien fait. J'étais encore en train de me poser des questions sur l'histoire de la petite sœur quand il a recommencé à parler.
Il a commencé par son nom. Je suis désolée pour lui, mais, la, tout de suite je ne suis pas en état de retenir un nom. Il va probablement falloir qu'il me le rappelle plus tard. Un grand sourire est apparu sur son visage lorsque son regard m'a parcourue de haut en bas. Je ne suis pas certaine de ce qui lui a plu, mais tant mieux si ça lui plaît. À mon tour je l'observe. Maintenant qu'il s'est assis mes yeux peuvent l'englober dans son ensemble. À part le fait d'être grand, il correspond dans une certaine mesure à l'idée qu'on se fait d'un japonais. Ses cheveux longs attachés en chignon ajoutés à des Dr.Marteens roses lui donnent un style qui m'amuse. On dirait presque qu'il se donne un air un peu british dans sa façon d'être excentriquement calme.

Mes yeux mi-clos jusqu'alors s'ouvrent complètement pour se plonger dans son regard. Je ne voudrais pas qu'il commence à penser que je suis faible parce que je suis fatiguée .
Je tente de refouler ma fatigue pour pouvoir lui répondre. Mais la fatigue revient à grandes vagues.

Je crois que « petite sœur » est comme un surnom commun. Il me semble que ça fait partie des étranges habitudes des Japonais. Je ne me formaliserai pas dessus.

Mon regard toujours planté dans le sien, un coin de ma bouche remonte et crée un sourire épuisé :
« Il n'y a eu aucun problème dans l'avion. On a même traversé des nuages »
Ma dernière phrase était accompagnée d'un lège remontement de mon sourcil droit qui montrait explicitement la pointe d'ironie de cette dernière. Si je suis ici c'est que l'avion ne c'est pas écrasé et qu'a priori je suis toujours vivante. Donc oui, ça s'est bien passé.

« Sinon, oui… le décalage horaire est violant. »
Je marque une pause.
« Mais il faudra bien que je tienne »


Un bâillement souligne mes propos. Je suppose que mon accent est à mourir de rire ; mais je fais ce que je peux avec mon état pour minimiser le problème. Je relève le dos de mon dossier et m'accoude à la table avec une moue fatiguée. Peut être que parler tiendra une partie de la fatigue à distance.

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MessageSujet: Re: Can you speak slowly please ?   Jeu 31 Mar 2016 - 20:39

    Dans un mouvement calculé par sa dynamique reposée, elle heurte son regard au mien, et j'y plonge les yeux, noyant le bleu ciel à un bleu sylve. Le ciel, songé-je, rencontre la terre. Sur un sourire décalé à l'instant devenu presque provocant, les secondes heurtées sur cette rencontre nitzschéennes, humaines, trop humaines, je croises les jambes, remontant ma rotule, remontant mes commissures, le sourire s'appuyant. Assurément, elle avait traversé les nuages. Je pince les lèvres, et ferme les yeux une seconde, pour me détacher des contemplations marnes.

    Elle provient d'Irlande, et j'imagine dans ses gènes la transmissions d'un patrimoine que je ne connais pas. Les turbulences d'un brouillard imaginaire, couvrant les landes et les visages spectraux d'individus à l'existence emportée sous le vent. J'imagine dans ses gènes les températures trop humides d'une terre balayée par les pluies, et des falaises anthracites qui tranchent l'horizon, décrivant entre terre et mer une limite ancestrale, plongeon suicidaire aux dévastations du temps et de l'homme. Je n'ai pas besoin d'imaginer les gènes de ses yeux, ils sont des billes qui comportent les couleurs de l'Irlande.

    « Il aurait été dommage de ne pas traverser les nuages, petite sœur. »

    Un serveur s'approche, et d'une voix qui me paraît un murmure grésillant, vient s'enquérir de ma présence, de ma volonté de commander quelque chose. Je secoue la tête, pour le renvoyer à son déplacement orbital autour des autres humains. Je ne tiens pas à rester ici très longtemps. Mes yeux glissent sur le dossier positionné face à moi, face à elle, dans cet immobilisme imposé des feuilles aux informations manquantes.

    « Le décalage horaire … Ce n'est pas très grave. Tu t'habitueras au temps, plus tard. »

    Je relève les yeux.

    « En effet, il va falloir que tu tiennes. »

    Les enfants côtoyés n'ont jamais été, jusque là, très intéressants. En dehors d'Hisaka, peut-être bien. Je tends les doigts, viens effleurer une boucle rousse, enflammée, qui sursaute sur ma phalange, avant que je ne retire ma main. Je plisse les yeux.

    « Comment te qualifierais-tu, en tant que personne ? Tu as l'air d'être une petite dure, non ? »

    Je me redresse, et la chaise est repoussée dans un râclement de métal qui effraierait presque ce petit couple, derrière nous. La dame jette un regard épouvanté à ma stature trop haute, et le serveur se précipite vers nous, s'inquiétant une fois de plus, désirant savoir si nous partons. Sans vraiment le regarder, je récupère simplement le dossier, et intime à Aslinn de me suivre.

    « Viens donc, mon petit. Je dois te faire découvrir ce charmant pays. Je te paierais un café sur la route, pour te réveiller.  »

    Je me fige un instant, les portes automatiques s'ouvrant devant moi en un éclatement de lumières. Les pupilles dilatées, je reste figé, une seconde, avant de me retourner vers elle, un sourire doux étalé sur la face.

    « Est-ce que tu comprends tout ce que je te dis ? »

    La distance entre nous est dévorée par une foulée tranquille, absorbante. Dans un étirement lent de mes muscles, je me penche au dessus d'elle, suffisamment pour que la lumière projetée par l'extérieur n'effleure plus le moindre centimètre carré de sa peau. Je viens sourire au dessus de son visage, les prunelles étrécies en cette expression joueuse, chafouin jusqu'au plus profond de mes os.

    « N'est-ce pas un peu effrayant de rentrer dans un monde complètement nouveau, où tu n'as ni ami ni repères ? Où tu ne sais même pas ce qui t'attend lorsque tu auras franchi les portes de l'aéroport ? Comment te sens-tu ? »

    Je lève la main, et mes ongles rencontrent sa joue. Sous le bout de mes doigts, dans un mouvement lent, des stries rouges viennent barrer sa mâchoire ronde et blonde.

    « Ce n'est que le début de l'aventure, n'est-ce pas ? »


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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Can you speak slowly please ?   Sam 2 Avr 2016 - 0:34

« Il aurait été dommage de ne pas traverser les nuages, petite sœur. »

Sa voix résonne dans l'air autour de moi. Ses yeux, plongés dans les miens, brillent avec un amusement enfantin. Pourtant sa réponse prouve une vraie profondeur d'esprit. Je ne sais pas vraiment ce que j'attendais en retour de ma remarque; mais pas une réponse aussi... aussi... je ne sais pas. La naïveté dans son regard est trop réfléchie. Il me fait l'effet d'un renard. Ses yeux allongés, ses pupilles plantées dans les miennes, ce sourire. Sourire trop naturel pour paraître réel. Je doute de ma situation. Suis - je encore dans les vapes ? Quelques secondes, tout redeviens noir. Mes paupières , sans que je leur en donne l'ordre, se sont abaissées pour me couper de la réalité qui m'entoure. Je respire les vapeur qui s'échappent de mon thé. Plus grand-chose à présent. La température de l'air ambiant à gagné la guerre contre la chaleur de la boisson, et cette dernière n'est déjà presque plus qu'un souvenir. J'avale rapidement les dernières gorgées.

Il continue de parler. C'est gentil de compatir. C'est aussi gentil d'écarter ce serveur à la voix incompréhensible. Continue à envoyer ces possibles mal de crânes loin de moi. Sa main s'approche de mon visage. S'approche beaucoup trop. S'approche tellement que le contact est créé. Il joue avec une des boucles lâches qui pend le long de mon visage.
Ce coup ci, mes yeux sont bien ouverts. Je les plante avec toute la force de mon regard dans le sien. En même temps, ma mâchoire se contracte, mes sourcils froncent. Pour qui se prend-t ‘il à me toucher comme ça. Mes cheveux sont ma propriété. Touchent seul ceux que j'autorise. Et pour l'instant, cette tige n'en fait pas partie. Ma langue claque. Mes lèvres, à peine écartées ne laissent qu'un minimum du son s'échapper. Pourtant, ma réaction est explicite. Retire cet intrus de mes cheveux.

Sa main s'éloigne. Tant mieux. Pourtant l'intrusion suivante n'en est que plus violente.

Depuis quand on pose ces questions quand on rencontre les gens pour la première fois. Non seulement il me demande l'effort de faire un bilan sur moi même, dans l'état où je suis; mais en plus il me donne son avis sur ma personne. Avis qu'il n'a pu se faire que grâces aux quelques informations présentes dans le dossier qui trône sur ma table et aux trois mots que je viens de prononcer. Ah. Et éventuellement à cause de mon aspect extérieur. Merci bien les préjugés.
Le plus vexant dans cette histoire, c'est que je trouve que ces mots, même s'ils restent très subjectif, correspondent plus ou moins bien à l'image que je donne.
Toujours est-il que sa question est intrusive, plus encore que ce doigt dans mes cheveux. Il me demande une réponse sur moi même; une expression de mon être profond. Et puis quoi encore ?

« Une petite dure hein. »
Je le fixe avec ce même regard, violant et désapprobateur.
« Je suis une princesse, douce et délicate qui, après avoir mangé son prince et son cheval, à décider de partir vers le soleil couchant. »
Pause.
« Avec la musique de western en prime. »
Voilà. J'ai répondu à sa question. Qu'il y trouve sont compte ou pas, je ne dirais rien d'autre sur moi. C'est déjà bien assez. On apprend pas à connaître les gens de cette façon.

Il se relève. Sa chaise produit un son horrible sur le sol. Mal de crâne puissance quinze au moins. Ce genre de son qui vous déchire les tympans en temps normal; et qui, amplifié par la fatigue, vous broie littéralement le cerveau. Il réapparaît alors dans toute son immensité. Déjà que je suis une petite qui n'aime pas être dominée; cette chose me donne l'impression d'être écrasée. Je maudits une fois de plus l'académie d'avoir envoyé "ça" pour venir me cueillir à la gare. Je vais les taper. Enfin. Peut être pas. Je n'ai as envie d'être renvoyée du Japon direct. Je vais les taper très fort dans ma tête.


L'autre grand écarte une fois de plus le serveur venu graviter autour de nous, puis se dirige vers la sortie, vérifiant rapidement que je suis le mouvement. Ne t'en fait pas. Je n'ai strictement aucune envie de rester seule, abandonnée, au milieu d'une gare dans un pays que je ne connais pas, dans l'état de fatigue que je subit actuellement. Estime toi heureux. Aujourd'hui au moins je serait docile. Je veux juste pouvoir dormir.

Me faire découvrir le pays. Si il veut. Mais pas tout de suite. Et puis, j'en ai déjà vu un bon bout depuis l'avion, donc officiellement, j'ai déjà pas mal vu le Japon. Après, "découvrir" comme il le dit; est légèrement différent de "voir depuis un avion". Il y a la proximité en plus. Par contre il vient de remonter d'un coup dans mon estime. J'aime le café. Surtout en ce moment, avec la fatigue accumulée du voyage.

On sort. La lumière m'agresse de la même façon que le bruit produit par la chaise tout à l'heure. Puis mes pupilles se rétractent. Je suis au Japon. J'ai quitté la zone internationale de l'aéroport avec le train qui m'a menée à Keimoo; mais entre gare et aéroport, je n'ai pas vraiment pu admirer mon nouveau pays. Pour l'instant, je dirais... pas mal. L'écart entre ici et l'Irlande est immense. De la taille de l'écart géographique entre les deux pays en fait. Je risque de mettre un peu de temps à m'habituer à cette nouvelle terre et aux coutumes et habitudes qui vont avec. Mais j'y arriverais.

Il se retourne vers moi, sa silhouette se dessine en contre-jour. Ses dents trop blanches dessinent une fois de plus se sourire qui me perturbe. Il se veux gentil. Je pense. Mais c'est gentillesse me paraît trop naturelle. Ça n'est pas du tout un sourire forcé, loin de la. Mais il y quelque chose qui me dérange. L'ambiance générale créé par ce personnage peut être. Il est trop lisse, ça en devient irréel. Je suis sûre qu'il y a bien plus en dessous.
Réflexion idiote. Il y a toujours bien plus que l'aspect extérieur quand on regard en dessous. Sauf que la plupart du temps, ça ne m'intéresse pas le moins du monde.
Toujours est t'il que ce sourire s'ouvre et me pose la question enfantine qu'est de s'enquérir si je comprends la langue dans laquelle nous communiquons depuis un certain temps. C'est une question naturelle, j'en convient, mais ça ne m’empêche de le regarder avec exaspération.
« Oui je comprends. »
Je le regarde, puis mon visage se relâche et mon corps en même temps que ma tête pivote vers le côté. Mon regard se perds dans la foule qui nous entoure.
« Enfin... la plupart du temps... quand je ne suis pas épuisée et que le japonais qu'on me parle est audible. »
Mes yeux retournent vers les siens.
« Et le tien est assez facile à comprendre. »

Ses mots me calment. Il énoncent des vérités. Mais ces vérités ne sont pas des obstacles.
« Oui le Japon est complètement nouveau pour moi. Mais je suis plus excitée qu'effrayée. J'ai envie de découvrir ce monde nouveau, comme tu l'appelles. J'attends qu'il me surprenne. »

Sa mains revient vers mon visage. Je regarde ses doigts avec horreur. Ça n'est même plus une mèche qu'ils viennent effleurer. C'est ma joue directement. Je sens les ongles creuser de léger stries dans ma peau, qui disparaîtront quelques secondes après le passage des doigts. Je ne recule pas ni ne m'écarte. Tu pense faire effet avec ces petit gestes ou quoi? Tout ce que tu gagne est un regard lourd.
« Une aventure. .. si on veux. »
Je cligne des yeux. Il m'intrigue. Et m'amuse. Il a l'air plus âgé que moi, et sa façon d'être, de se comporter me paraît décalée. J'avais entendu dire que les Japonais étaient timide. Ça n'est pas son cas. Tant mieux. Les gens timides sont ennuyeux.
« J'attends donc que tu me montre le "Japon" »
Je m'éloigne de quatre pas enjoués dans une direction choisie de façon totalement aléatoire, puis me retourne vers lui avec un sourire en coin. Je suis épuisée. Mais je veux voir. La fatigue est presque écrasée par le sentiment exaltant qu'est de débarquer dans un monde nouveau. Ici, tout peut commencer. J'ai l'impression de m'être libérée d'un poids.

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MessageSujet: Re: Can you speak slowly please ?   Jeu 28 Avr 2016 - 21:07

    Les petites princesses dévorent prince et cheval, et moi, un sourire sur les lèvres, je contemple l'humanité. Que restera t-il des Dévorés s'ils se dévorent entre-eux ? Mes doigts effleurent ma poche, dans l'envie tacite d'envoyer un sms au principal intéressé, pour lui poser la question. Je me détourne simplement, et marche en direction de l'extérieur. Le soleil flamboie, trop près de ma tempe, et sous mes paupières abaissées, les couleurs éclatent en des morceaux disparates. Je cille.

    (…)


    « Le Japon, tu vas t'en rendre rapidement compte, est un pays à la société dans lequel on te demande avec une aisance relativement simple de te plier aux règles, et d'intégrer complètement le moule. »

    Les bras croisés sur ma poitrine, les jambes tendues, je contemple le visage d'Aslinn, un sourire mutin étalé sur la face. Il est facile de prendre avec ironie mes propos, d'autant plus quand il n'y a dans le wagon de métro dans lequel nous sommes installés, pour tout témoin et preuves vivantes, que trois salary-men, donc l'un d'eux relève les yeux vers nous, une expression à mi-chemin entre la stupeur et l'exaspération. Ses traits se détendent dans une crainte apeurée, enfantine quand je darde mes yeux sur lui, trop fixement.

    « Ça a ses avantages et ses inconvénients. »

    Je plisse à moitié les yeux, les détachant finalement du visage de l'homme, pour les concentrer sur Aslinn Eadhra. Le vert est nettement, songeais-je, plus joli que ce brun habituel que je croisais dans les prunelles asiatiques. Quoique les yeux noirs, -deux en particulier-, soit en mesure de me faire trembler de la tête aux pieds, j'appréciais découvrir les reflets sylves d'une nuance qui se perdait face à un trop plein de sombre dans cette société en costume cravate. Mes lèvres s'étirent doucement, tandis que j'imagine le poids d'un regard orage, le seul en mesure de me faire vibrer et geler sur place à la fois. La seconde d'après, mon sourire est transformé, et je plisse les yeux, dans la métamorphose stricte de mon expression.

    « By the way. »

    Je redresse le buste, et m'empare de mon sac, que j'éventre en fichant les mains dedans. Araignées pâles qui vont et fouillent dans ses entrailles, je ne relève les yeux vers le visage rond de la fille que quand j'ai trouvé ce que je cherche. Ce qui consiste en un petit carnet, que j'accompagne d'une trousse, à partir de laquelle j'extirpe le premier crayon attrapé. Dans un jeu de phalange, le capuchon coincé entre mes incisives, je rédige, dans des graffitis aux angles aiguës, le numéro de mon cellulaire, accompagné des deux kanji de mon prénom. Za-kuro. Je lui tends la feuille, la présentant entre mes deux doigts.

    « N'hésite pas à m'appeler quand tu parviendras à rentrer. Je suis sûr qu'on trouvera des trucs supers intéressants à faire, pour fêter ton intégration japonaise. »

    Le métro s'arrête, et sur un dernier sourire, je sors du wagon. La station est à plus de trois kilomètres de celle à laquelle il faudrait descendre pour pouvoir rejoindre Keimoo, mais, ça n'est pas exactement comme si je voulais faciliter la tâche à cette petite. Si elle a un peu de niaque, elle devrait bien réussir à retrouver son chemin. Pour ma part, j'ai ma moto garée un peu plus loin, et c'était le schéma prévu, dans mon imagination un peu trop stérile d'une journée manquant de sommeil, que de l'abandonner à l'épreuve de la ville. Elle devrait s'en sortir, songeais-je, en démarrant le moteur de ma honda. Ça n'est pas si compliqué, songeais-je, tandis que je fermais la visière de mon casque, surtout pas pour une petite dure de princesse qui a mangé son prince et son cheval. C'était un peu comme un film avec une héroïne en pleine quête initiatrice.
    Au loin, il y aurait une musique de western.

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MessageSujet: Re: Can you speak slowly please ?   Dim 15 Mai 2016 - 10:33

Il commence à expliquer le Japon. C'est gentil. Pourquoi pas ? Mais je voudrais juste dormir. Je risque d'avoir beaucoup de mal à intégrer ce que tu es en train de me raconter. D'autant plus que; ça ne me plaît pas vraiment. Cette histoire de rentrer dans le moule, comprendre les règles, les suivre. Ça n'est pas vraiment... comment dire... la façon dont je vis. Alors lui, qui commence à parler des avantages et inconvénients de ce type de société. Désolée mon petit, mais ça risque d'être dur pour moi. Enfin, ce n'est pas le problème la tout de suite, mais je ne risque pas de vraiment essayer de rentrer dans les codes Japonais. J'ai envie de découvrir ce nouveau pays. J'ai envie d'être surprise par toutes les nouvelles choses que j'ai à voir. Mais je ne veux pas non plus perdre mon identité et entrer dans une masse informe. De toute façons, je ne pourrais même pas entrer incognito dans cette masse. Une tâche orange fluo dans une mer de bruns, ça se voit. Je vais littéralement briser leur rythme répétitif. Mais ça n'est pas grave. Pas pour moi. Ça ne m'importe franchement pas.

Je continue de l'observer parler. Oui, observer. Je ne suis même pas sûre de l'écouter à proprement parler. Mon thé à du commencer à faire effet, mais ça n'est pas non plus suffisant pour supprimer l'effet fatigue d'un tel voyage. Alors je le regarde plus que je ne l'entends. J'ai l'impression de glisser dans une bulle. Ailleurs. Ma présence ici n'est pas requise, je peux lentement glisser dans l'inconscience.
Non.
Je secoue légèrement la tête; essayant de sortir mon esprit de ses limbes. Tentative quasi inutile. J'ai juste réussi à amplifier mon mal de tête. Mais d'un autre côté, le retour de cette douleur vive à un peu ravivée mon esprit. Un peu. Je suis plus concentrée sur cette souffrance que sur la tige qui tente de communiquer avec moi.

Oh. Il parle anglais. Son accent m'arrache les oreilles. C'est presque plus simple de comprendre son japonais. Presque. Mais de toute façon, il ne dit pas grand chose en anglais. Il repasse au japonais directement. Je suppose que c'est le genre de phrases qu'ils utilisent un peu "comme ça"; pour ce donner un genre. Il vaut mieux pour lui qu'il n'essaie pas de ce donner un genre de cette façon si il va dans un pays anglophone; ça serais dommage pour lui et cette image qu’il veux donner. S'il veut en donner une. Mais ça n'est pas mon problème. Vraiment. Et encore moins présentement.

Un morceau de papier tombe entre mes mains. Za. Kuro. C'est un prénom ça ? Je suppose. Enfin, je suis mal placée pour trouver un prénom étrange. Déjà qu'en Irlande le mien n'est pas courant; alors au Japon. Je risque de devoir me répéter. Et je n'ai pas la moindre idée de comment l'écrire en Kenji. Il faudra que je cherche. Pour voir phonétiquement ce qui s'en à proche le plus. Ou alors je cherche juste l'équivalent. Aslinn veut dire rêve. Je n'en suis pas un; loin de la. Mais chaque culture à son prénom pour signifier rêve. C'est un classique. J'apprécie l'originalité de les parents. D'un autre coté je n'ai pas envie de changer de nom juste parce que j'ai changé de pays. Je continuerais à m'appeler Aslinn, comme je l'entends et le prononce.

Perdue dans mes pensées. Perdue dans ce morceau de papier. Je sens le tram ralentir puis s'arrêter. Je remonte les yeux suffisamment tôt pour le voir sourire une dernier fois; puis sortir.

Je pense qu'à ce moment là, mon esprit est resté bloqué sur la porte pendant un bon cinq minutes. Juste cette porte qui c'est fermée sur le dos de mon brun. Me coupant du reste du monde. Me coupant de ma bouée de sauvetage. Il est parti. Sortit. Ailleurs.
Comme ça.
Pof.
Juste avec un sourire.
Il m'a lâchée. Littéralement. Lamentablement. Cruellement.
Moi, pauvre loque abandonnée dans un tram. Dans un pays que je ne connais pas. Avec trois heure de sommeil en trente six heures. Avec des sacs pour toute une année. (Et encore, une partie doit arriver par colis. Mes parents ne veulent vraiment plus me voir. Ni moi, ni mes affaires).
Je fixe cette porte. D'un coup, j'ai l'impression de n'être plus rien. Juste une petite tache orange, insignifiante, qui va se dissoudre dans une mer de bruns et disparaître. Lentement. Sûrement.
Le tram ralenti à nouveau. Les portes s'ouvrent encore une fois. Je voudrais voir l'autre perche remonter. Mais il n'en est rien. Juste un courant d'extérieur qui vient caresser mes joues. Puis, une fois de plus, les portes se referme. Rien. La même solitude. Le même abandon. Il m'énerve. On ne lâche pas les gens comme ça. Surtout dans ma situation. Il avait dit qu'il me payerai un café . Il n'en est rien. Il devait me ramener à l'académie. Il n'en est rien. Si je n'attendais pas de lui qu'il fasse le guide touristique, je ne pensait pas non plus qu'il serait méchant au point de me laisser tomber comme ça. Je me donne l'impression d'être un œuf, qu'on a lâcher du haut d'un immeuble, et qui après un long voyage, viens de s'écraser sur une surface bitumée. Explosé, éclaté, étalé de toute sa matière à cause d'une rencontre trop brutale avec un nouveau corps solide. Le Japon. Je vais tous les taper. Surtout lui. Je vais le taper de toute mon âme. Il n'est pas la. Je ne peux pas le taper. Je ne sais même pas si le taper serais vraiment efficace, vu la différence de gabarit entre nous.

J'ai toujours le papier dans la main.
J'ai toujours mon portable dans ma poche.

Je sort mon portable. Son écriture italique est illisible. Presque. Je peux déchiffrer les chiffres d'un numéro de téléphone. Il va m'entendre. Beaucoup. Longtemps.

"Le correspondant que vous avez cherché à joindre n'est pas disponible actuellement. Veuillez laisser un message après le bip sonore"

Bip.

Rage. J'ai envie de hurler. Je n'essaye même pas de contenir cette envie d'ailleurs. Je crie un bon coup sur son répondeur et j'enchaîne :

-WHAT THE FUCK ARE YOU DOING ?! YOU LEAVING ME HERE ? LIKE SHIT ! YOU BITCH ! HOW DARE YOU ? YOU MOTHERFUCKER ! YOU COME BACK RIGHT NOW. YOU SON OF BITCH. PIECE OF SHIT. JERK. BITCH. WHORE. SLUM. BASTARD. SUCKER. ASSHOLE. WANKER. YOU... SHIT. shit. Shit. shit. ....


Je décroche et m'affale sur le siège du tram. J'ai envie de pleurer. Pourquoi est ce qu'il a fallu que l'académie m'envoie ça. De tous les étudiants. Ils auraient pu en trouver un, un peu plus digne de confiance. On n'envoie pas "ça" chercher la petite étrangère qui débarque. Je vais les taper. Tous. Je vais faire une génocide quand j'arriverais sur place. Un génocide interne. Je ne veux pas repartir en Irlande direct, et je doute de tous façon d'être capable, physiquement parlant, de mettre mon plan en action. Mais je leur en veux. Beaucoup. Énormément.

- raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah. J'en ai mare.


Je me retourne vers les trois autres personnes qui étaient avec nous dans le wagon depuis le début. Même, pas besoin d'essayer de capter leur attention. Ils me regardent déjà avec effarement. Vous petits salaryman. Brun. Classiques. Produits parfaits du moule japonais. Aidez moi. Vous n'avez pas le choix de toute façon.
Je me lève, et va sans détour vers le plus près d'entre eux.

- Bonjour. Je viens d'arriver. Je dois aller à l'académie keimoo.

Pas de réponse. Juste ce regard apeuré. Oui, je viens de hurler dans le tram. Oui, je suis sans gêne.

- RÉPONDS.

J'espère juste que ce n'est pas mon accent qui l'empêche de me répondre.
Mais finalement, sa bouche laisse un son sortir.

- Je.... je ne...

- Si tu ne sais pas. Il fallait le dire. YOU JERK TOO.

Je passe au suivant.

- Tu le sais toi ? Ou est l'académie ?
Il a l'air d'avoir déjà un peu plus de contenance.

- Je... Pas loin. Il faut descendre au prochain arrêt. C'est juste en face. Les grand bâtiments.

C'est bien. Il ne soutient pas vraiment mon regard, mais au moins, il réponds.

- Merciiii.

Grand sourire sarcastique. Regard méchant vers l'ensemble du wagon.

Le tram ralentis. Je sorts. Les grands bâtiments il a dit ? C'est bien. On ne peux pas les louper. J'entre. Il faut que je trouve l'administration. Qu'ils me donnent une chambre. Que je dorme.

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