₪ Académie Keimoo ₪

The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 4 infimes minutes.

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MessageSujet: 4 infimes minutes.   Sam 8 Nov 2014 - 13:30

Le réveil était dur, comme tous les matins. La douleur, endormie la nuit par manque de conscience, rendait sa vie beaucoup plus agréable. Il lui arrivait même de cesser d'y penser, de se concentrer sur des jours meilleurs à venir voire des jours meilleurs passés. Son humeur au quotidien était négative mais la motivation pour prendre le dessus était pourtant toujours là. Cameron n'abandonnait pas, ce n'était qu'une cicatrice même si elle défigurait désormais son visage. Certains diraient "ce n'est que le menton" mais pour l'Américain, c'était déjà bien suffisant. Lui-même ne pouvait pas l'ignorer comme il ignorait les autres sur son torse ou dans son dos. Là, elle se rappelait à lui tous les matins dans la glace et le faisait toujours souffrir à heures irrégulières dans la journée.
Les mains appuyées contre le lavabo, Cameron gardait la tête baissée et fermait les yeux. Ce n'était pas un rituel qu'il devait accomplir chaque matin mais il avait besoin de cette minute de calme et de préparation pour ne pas laisser ressortir cette colère qui l'avait envahi et ruiné dans les premiers jours après la bagarre. Le fait d'y penser suffisait à le mettre dans une fureur noire. La jointure de ses doigts devint blanche en quelques secondes aussi il prit une grande respiration et ouvrit enfin les yeux. Aller de l'avant, remettre à plus tard les règlements de compte. Il devait ne penser qu'à lui pour prendre le dessus. Doucement, l'une de ses mains se porta jusqu'à son visage et avec toute la délicatesse du monde, il posa un index fébrile sur sa nouvelle et honteuse cicatrice. La taille n'était pas choquante mais la profondeur ne laissait pas de doute. Il avait eu de la chance car malgré quelques tiraillements logiques, il pouvait parler comme avant, sa lèvre inférieure n'ayant pas été touchée. Il commença alors un mouvement circulaire précis sans cesser de fixer cette entaille qu'il voyait correctement depuis hier. Terminés les rendez-vous chez le médecin ou à l'hôpital. Cameron avait fait enlever les points de suture hier dans la soirée et devait suivre quelques consignes strictes pour éviter de possibles séquelles. Le massage en faisait partie, tout comme cette pommade infecte mais soi-disant miraculeuse. On lui avait aussi laissé des pansements grandeur nature si la plaie devait, par malheur, se rouvrir.

Cette préparation dura 15 minutes et devait se faire 2 fois par jour. Le prix à payer n'était pas énorme, d'ailleurs Cameron pouvait enfin penser à autre chose. Le boulot? Nan, c'était terminé pour le moment. Son bar ne comptait plus à ses yeux, tout comme sa sœur. La traitresse. Il avait beau chercher à comprendre ce qui avait bien pu se passer dans sa tête, il ne voyait pas l'évidence. Comment avait-elle pu rester à le regarder se faire tabasser comme s'il ne faisait pas partie de sa vie. Oui d'accord, elle avait interrompu l'inconnu violent au moment où son sang avait commencé à gicler plus que de raison mais c'était trop tard. Le mal était fait, il était défiguré et tous les mots qui pourraient à l'avenir sortir de sa bouche ne comptaient pas. Taylor s'enfonçait jour après jour dans des comportements qui le dépassaient. Cameron avait voulu l'aider au départ, il avait sacrifié du temps, de l'énergie et sa confiance mais ça avait marché. Malheureusement, le Japon semblait avoir redonné à Taylor la force de refaire des erreurs. Aujourd'hui, elle était adulte et l'homme n'avait plus envie de se plier en 4 pour les caprices de la demoiselle. Oui, elle restait sa seule famille mais cette trahison dépassait de loin ce qu'il pouvait imaginer pardonner un jour.
D'un pas un peu lent, il attrapa son téléphone pour relire la conversation qu'il avait eut avec Miya dans la journée d'hier. Cette jolie jeune femme vivait désormais chez lui depuis plus d'un mois maintenant puisqu'ils entamaient le mois de Février et ils s'étaient considérablement rapprochés. Cameron avait même eut le sourire ces derniers temps quand il rentrait chez lui et était accueilli par Miya. Absolument pas de sentiments compliqués entre eux même si l'homme gardait enfoui ce qu'il ressentait. Il appréciait sa présence et adorait la voir plus souvent qu'avant. Pourtant, depuis cette bagarre, Cameron n'était pas rentré chez lui. Logique. Il avait séjourné 2 jours à l'hôpital puis avait prit une petite chambre d'hôtel le temps de reprendre ses esprits. Pour ne pas inquiéter la demoiselle, il lui avait rapidement envoyé des textos pour l'informer qu'il était parti quelques jours avec un bon client, des conneries du genre. Hier, il lui avait dit être revenu à Keimoo et qu'il passerait la voir le lendemain, soit aujourd'hui. Il était résolu, elle lui manquait même si bizarrement, quelque chose avait changé. Il avait comme un mauvais pressentiment et devait trouver des réponses avant d'imaginer le pire.

Le mois de Février n'était pas chaud au Japon non plus et pour le coup, ça arrangeait bien l'Américain qui avait sorti sa grosse écharpe blanche ne serait-ce que pour dissimuler sa cicatrice. Son médecin avait été formel, éviter le soleil certes mais aussi le froid intense. Ça ne ferait qu'exacerber la douleur. Bien chef, Cameron était couvert de la tête aux pieds et fuyait le regard des autres tant qu'il n'était pas arrivé chez lui. Les rues et l'ambiance lui avaient à peine manqué, rien n'avait changé et Miya devait sûrement être "chez eux" à sagement attendre qu'il daigne revenir la voir. Il craignait sa réaction, même si elle ne lui devait rien. Allait-elle fuir devant sa cicatrice? Prendre pitié? Il soupira.

La porte de son appartement était le dernier obstacle, un fond de musique résonnait à l'intérieur. Miya devait être là, ou alors elle avait laissé la télé allumée ... Prenant une grande inspiration, il glissa sa carte dans la petite fente et entra. L'odeur de l'appartement le frappa aussitôt de plein fouet. Un mélange fruité, très agréable. Il ferma les yeux et referma derrière lui. Miya était là.


    • Je suis rentré, Miya.

Il ne su quoi dire d'autre. Pardon? Trop tôt. Ou trop tard. Elle risquait de ne pas comprendre et les discours préparés ne se passaient jamais comme prévu. Ils allaient discuter en adultes et prendre des décisions réfléchies. Que devaient-ils décider? Rester "ensemble" ou se séparer pour de bon. Miya allait-elle se dire qu'elle devait reprendre le cours de sa propre vie? Ou bien, allait-elle déceler chez Cameron cette nouvelle addiction à la dépression? L'homme sombrait et malheureusement, Miya était la seule perche tendue qu'il entrevoyait. C'était peine perdue.

La démarche un peu plus assurée comme si se retrouver chez lui l'aidait à redevenir celui qu'il était, Cameron s'avança vers Miya et la serra dans ses bras, sans rien n'avoir enlevé de ce qu'il portait. Avec cette écharpe, il pouvait garder le contrôle mais il savait qu'il allait devoir l'enlever, la chaleur dans l'appartement était bien trop forte pour qu'il reste autant habillé. L'heure des révélations avait sonné et quand il s'écarta d'elle, il retira son écharpe. Sans un mot, juste ses yeux de jais fixés sur ceux d'émeraudes d'une femme qui tenait sa motivation dans le creux de ses doigts.
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Miya Chanteclair
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MessageSujet: Re: 4 infimes minutes.   Mar 25 Nov 2014 - 15:08

Got my head spinning
No kidding
I can't pin you down

Le couteau manqua de transformer son index en partie intégrante du chocolat qu'elle était en train de hacher menu, et le frôlement du métal froid lui arracha un sursaut de frayeur, immédiatement suivi d'un juron français de son cru. Clignant rapidement des paupières, Miya ré-atterrit dans le monde réel, sa vision cessant d'être floue d'être tant absorbée par ses réflexions intérieures. Secouée d'un frisson de dégoût à l'idée d'avoir un doigt en moins, tout ce sang qu'elle aurait perdu et tout ce chocolat gâché, elle reposa le couteau sur la planche avec force précautions, son joli minois se tordant en une grimace marquant son état d'esprit actuel.

Quelle idée, aussi, d'avoir voulu se lancer dans la pâtisserie, avec un état d'esprit pareil... N'ayant pas vu Cameron depuis plusieurs jours après avoir vécu ensemble non-stop pendant un mois, elle venait de réaliser qu'il lui manquait plus qu'il ne l'aurait dû, et le picotement démangeant sa poitrine depuis son départ la dérangeait au plus haut point, sans pouvoir dire s'il s'agissait d'une gêne positive ou négative. Après tout, elle n'était séparée d'Ethan que depuis... Trois mois ? Un truc du genre, oui. Elle n'avait pas eu le courage de compter réellement; ce qui n'était pas plus mal, puisque cela lui permettait de laisser l'Américain n°1 de côté et éviter de se pourrir la vie à le détester sans conclusion aucune, et se consacrer à l'Américain n°2 en vivant à ses côtés pour remonter la pente. Chose qu'il avait su faire à merveille, être présent. La secouer, chasser ses idées noires, lui offrir une présence réconfortante, et, qui plus était, un toit où vivre. Certes, sa courte transition chez les colocs Andrea & Quinn s'était plutôt bien passée, mais pour celle qui avait vécu toute sa vie baignée dans le luxe, le retour à une vie dite « normale » lui avait fait l'effet d'une participation à l'émission « Man Vs Wild ».
Mais, voilà, elle avait voulu chasser le trop-plein de pensées de sa petite tête en s'occupant. Et l'une de ses occupations préférées, depuis qu'elle avait décroché du journalisme pour se consacrer uniquement à la photographie, c'était la pâtisserie. Autant dire qu'elle y passait un nombre d'heures considérables ; appareil photo à cuisine et cuisine à appareil photo constituaient ses journées lorsque les tâches de la vie quotidiennes avaient été accomplies. Et Dieu savait qu'elle adorait ça et avait gagné en niveau, la jeune Française. Actuellement, elle s'attaquait à la confection du Sachertorte - avec moins d'application qu'il n'en aurait fallu, certes - pour le retour de son... Colocataire, le titre valant officiellement. Elle savait qu'il avait été en voyage d'affaires avec un client et il risquait d'être très certainement fatigué - quoique... - en arrivant; même s'il avait pris un jour de « congé » entre son retour à Keimoo et son retour au bercail. Ma foi, un gâteau fait avec amour ferveur ne pourrait pas faire de mal, hm ?

Décidée, elle se replongea dans son découpage, fit fondre son chocolat au bain-marie, dans le but de former le glaçage de chocolat noir qui devait recouvrir sa génoise, sa ganache et sa confiture d'abricots.
Une nouvelle demi-heure passa, la jolie blonde termina sa pâtisserie la langue coincée au bord de ses lèvres en signe de concentration, et finit par enfourner le tout au frigo avec un soupir de soulagement, son corps s'arc-boutant contre l'appareil ménager une fois la porte refermée pour s'étirer et pousser un gémissement-gargouillis de satisfaction. ENFIN FINI. HALLELUJAH.

[...]

Assise dans son fauteuil préféré depuis 50 bonnes minutes, triant les photos qu'elle souhaitait soumettre à son professeur d'université pour le devoir à rendre, Miya souffla un coup et remonta ses genoux sur le siège, histoire de pouvoir planquer la moitié de sa tête derrière eux et tenter de s'imaginer à quoi pourrait ressembler son monde actuel si elle voyait la partie haute hors de l'eau et la partie basse dans l'eau. Ça, ça pourrait faire une superbe photo. Surtout avec un dauphin au bout, tiens.
Ce n'est que lorsque le déclic familier de la porte d'entrée se fit entendre qu'elle releva son nez hors de son anatomie et poussa une exclamation de joie à l'idée de revoir son logeur - ami - coloc - peut-être plus si elle prenait le temps d'y réfléchir. Et la voix chaude et grave qu'elle avait appris à aimer (idolâtrer serait le terme idéal tant elle aimait l'entendre parler japonais avec cet accent guttural américain) retentit dans la pièce, la faisant bondir de son siège pour aller se fourrer dans les grands bras avec un ronron de contentement.

« Bon retour à la maison, Cam'. »

Oui, elle ne prenait même plus vraiment la peine de l'appeler par son prénom entier, se plaisant trop à lui donner ce petit diminutif qui lui convenait parfaitement.

Levant la tête vers ces yeux couleur d'abysse qu'elle aimait tant, elle lui adressa un chaleureux sourire, gardant le bout de ses doigts serrés dans les siens. Le contact devait rester, c'était vital, il n'y en avait pas eu depuis trop longtemps.

« Tu vas bien ? »

Et pour toute réponse, un silence et une écharpe qui effleura le sol trop délicatement pour ne pas rajouter au malaise qui venait de s'instaurer en une fraction de seconde. Le sourire de la blonde se mua en une moue de surprise, ses lèvres entrouvertes poussant un simple :

« Ow... »

Sa main gauche finit par quitter son acolyte pour s'élever vers la balafre et la suivit doucement de l'index, la retraçant pour attester de sa veracité, avant de frôler dans une infinie caresse ce morceau de menton mutilé de son pouce, comme pour lui insuffler une nouvelle vie. Un semblant de sourire vint soulever les pans de ses lèvres, tentant le sarcasme taquin pour briser ce silence trop pesant pour pouvoir durer.

« Ton client a mauvais goût en matière de cadeaux, dis-moi... »

Levant le regard vers son visage, délaissant la cicatrice, elle chercha, quelque part en lui, la communion de leurs deux êtres, presque tremblante de le sentir meurtri en silence. Qu'il lui parle, qu'il crève l'abcès, qu'il aille mieux. Qu'ils aillent mieux ensemble. Pour le meilleur.
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MessageSujet: Re: 4 infimes minutes.   Mar 30 Déc 2014 - 16:35

Bien plus que cette odeur de chocolat flottant somptueusement dans son appartement, bien plus encore que le parfum que portait la jolie demoiselle à intervalles irréguliers, ce fut cette étreinte qui toucha le plus Cameron à son arrivée. Ils n'étaient pas ensemble, ils ne formaient pas un couple bien que l'Américain ait déjà compris depuis plusieurs mois qu'il aimait la Française. Non, ils étaient amis, colocataires, très proches oui mais jamais trop. Pourtant, cette étreinte fut son salut et il se permit même de laisser passer un petit ricanement de contentement en la serrant contre lui à son tour. Mon dieu qu'il avait envie de l'embrasser, de la toucher, de la caresser, de faire bien plus que de la serrer dans ses bras mais malgré toute ses envies, l'homme résistait. Cameron n'était pas un modèle en la matière et avait déjà succombé aux plaisirs de la chair alors que c'était interdit ou déconseillé. Aujourd'hui pourtant, c'était différent.
Baissant lentement sa tête vers elle, dissimulant sans même s'en rendre vraiment compte sa cicatrice dans son écharpe, Cam apprécia de pouvoir plonger son regard dans celui de Miya et de pouvoir à nouveau détailler ce petit minois qui lui plaisait tant. Elle était belle, de plus en plus belle à chaque fois qu'il la voyait. Ces derniers jours, il n'avait pas été là pour elle et avait gardé les contacts aussi éphémères que possible pour ne pas céder à la dérive mais ... était-ce la présence d'un autre homme qui la rendait ainsi? Avait-elle fait une jolie rencontre en marchant dans les rues de Keimoo ces derniers jours? Ou bien, pouvait-il espérer qu'il lui avait manqué et qu'elle était terriblement heureuse de le revoir? Au diable toutes ces questions, ce n'était pas comme s'ils pouvaient aborder de tels sujets en étant "que des amis".

D'ailleurs, l'heure n'était pas aux questions futiles et sentimentales. Si Cameron était revenu dans cet appartement aujourd'hui, c'était avec la résolution de dire à Miya une vérité qui lui déchirait le cœur et avec le courage d'espérer qu'elle n'allait pas fuir ou même reculer.
Dans un geste presque théâtral, Cam laissa alors tomber son écharpe sans dire un mot, fixant avec une intensité nouvelle les réactions de sa colocataire. Il aurait aimé tout lui expliquer avant, lui laisser du temps pour tout assimiler et lui assurer avec sincérité que ce n'était pas grave et qu'il ne souffrait presque plus mais à quoi bon lui dire tout ça si Miya partait en découvrant son "nouveau" visage? Non, elle devait d'abord voir et ensuite, ils allaient discuter.
Délicatement, l'Américain sentit leur étreinte refroidir. Les doigts de Miya quittèrent les siens et c'est à ce moment-là qu'il réalisa qu'ils étaient déjà plus que des colocataires mais il ignora cette nouvelle et se concentra sur la tension qui venait de s'incruster entre eux. La Française ne semblait pas vouloir fuir mais allait-elle être toujours aussi forte? Ne ressentait-elle pas soudainement une envie de vomir en sachant que désormais, s'ils devaient un jour s'embrasser à nouveau, elle devrait passer près de cette cicatrice, voire la sentir à chaque étreinte?
Sa phrase lui tira un sourire et il comprit, en une fraction de seconde, qu'il l'avait bercée de doux mensonges depuis trop longtemps. Techniquement, Miya n'était rien pour lui et pouvait faire sa vie sans lui mais il ressentait malgré tout le besoin de lui être sincère comme si lui mentir, même pour son bien, c'était lui manquer de confiance. Si la belle devait s'en aller, en quête d'un nouveau prince, alors très bien. Il n'avait pas la force de la retenir de toute façon. Se reculant, instaurant fatalement une nouvelle distance entre eux, Cameron termina d'enlever son surplus d'affaire et toujours silencieux, il se glissa dans la cuisine pour se servir un verre de Whisky. Par où commencer?


    • Je ne suis pas parti en voyage d'affaires avec un client, Miya. En fait, je ne suis pas parti du tout.

Finissant son verre en deux uniques gorgées, Cameron s'en servit un autre avant de revenir vers le salon, attrapant au passage la main de Miya pour la traîner, sans force aucune, vers le canapé qui gisait dans un des coins. Un silence assez perturbant régnait dans l'appartement mais ce n'était pas plus mal. Tenter de détendre l'atmosphère avec n'importe quelle musique risquait de rendre cette situation moins sérieuse et ce n'était pas le but. Ce que l'Américain avait à dire devait être pris au premier degré, Miya devait réaliser l'importance de ce qui s'était passé ce soir-là mais devait surtout aussi comprendre pourquoi est-ce qu'il ne l'avait pas revue par la suite.
Gardant la main de Miya dans la sienne, caressant du pouce cette peau qu'il trouvait toujours aussi douce et dont sa mémoire lui insufflait des souvenirs bien plus qu'agréables, Cameron releva les yeux vers elle et continua en ayant bien conscience que sa dernière remarque pouvait prêter à confusion. Miya ne devait pas croire qu'il avait vu une autre femme ou qu'il l'avait fui pendant un certain temps.


    • Il y a à peu près une semaine, je me suis fait agresser par un inconnu. En voulant aider une femme, je me suis retrouvé piégé dans une ruelle et une bagarre a éclaté. J'ai pas vu le coup venir, et il m'a fait ... cette cicatrice avec une bouteille cassée.

Cameron aurait aimé en rester là, que Miya s'inquiète trop tard pour ce qu'il lui était arrivé mais la discussion n'était pas terminée. Bizarrement, l'Américain n'arrivait pas à amorcer la fin de l'histoire. Il devait aussi penser à sa colocataire et ne pas trop l'inquiéter, lui laisser le temps de réaliser que ça aurait pu être plus grave que ça mais que désormais, c'était terminé. Cameron était guéri ou presque et même si maintenant son menton était défiguré, il allait bien. Miya était toujours là, en pleine santé, et lui il allait pouvoir reprendre le contrôle de sa vie.
Le sujet suivant allait forcément déclencher des réactions bien plus virulentes, des mots insensés allaient peut-être franchir leurs lèvres et la conclusion de tout ceci risquait d'être négative mais ils devaient en parler, Cameron n'était pas assez fort pour tout garder pour lui. Il avait bien conscience de ce risque de collision entre son état d'esprit et celui de Miya, qu'il devait aussi apprendre à juger et non à pardonner, qu'il devait ouvrir les yeux mais ... c'était inutile d'y penser pour le moment. Miya n'était pas encore au courant et il allait profiter de cette tendresse qu'elle semblait vouloir lui offrir comme seule compensation à son nouveau visage.
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Miya Chanteclair
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MessageSujet: Re: 4 infimes minutes.   Dim 4 Jan 2015 - 23:12

    • Je ne suis pas parti en voyage d'affaires avec un client, Miya. En fait, je ne suis pas parti du tout.


... Ah. Le semblant de sourire qui avait combattu pour rester affiché sur les lèvres de la blonde retomba définitivement, la laissant dans un état de latence que seule une description complexe pourrait éventuellement permettre de comprendre. Dans sa tête, les scénarios les plus affolants, incongrus, défilaient à une allure que l’œil humain ne pourrait pas assimiler : activités illégales, besoin subit d'air après avoir vécu plusieurs mois avec elle, etc. Tous, pourtant, comportaient une anomalie : Miya n'y croyait pas une seconde. La seule chose qu'elle avait clairement à l'esprit, en soi, c'était le fait qu'il lui avait menti en lui faisant croire qu'il était en voyages d'affaires, alors qu'il était resté à Keimoo ? S'il s'agissait d'une histoire de femmes, il n'y avait pas à tortiller autant du c*l; demander à la demoiselle de quitter les lieux pour une journée au moins n'avait rien de compliqué. Vu leur différence d'âge, il aurait sans doute même pu la faire passer pour une petite sœur, une cousine, une belle-sœur, une amie squatteuse - oui bon ça c'était la vérité - où qu'en savait-elle, encore. Et passer deux-trois jours à l'hôtel ne l'aurait pas incommodé. Elle aurait peut-être même pu demander à Kaena et/ou à Bianca de la loger. Quoiqu'elle aurait sûrement privilégié la 2e, ayant une peur panique de se retrouver nez à nez avec Ethan si jamais elle venait à mettre les pieds plus de 20 minutes chez l'Américaine.

Il lui avait dit ça au loin, ayant filé dans la cuisine comme pour s'y cacher à la manière d'un malpropre. Et elle, elle était restée plantée là, bras ballants. Espérait-il une réaction qu'il n'en aurait pas; Miya étant tellement occupée à réfléchir - en tentant de le faire avec cohérence - qu'elle n'avait même pas pris le temps de songer à l'éventualité d'une réplique. Il était finalement revenu, et le regard de la blonde s'était automatiquement posé sur la main qu'il avait saisie de la sienne pour l’entraîner avec douceur vers le canapé afin qu'ils s'y assoient. Ce qu'elle avait fait, se ressentant plus poupée de chiffon que jeune demoiselle. Toujours assommée par la nouvelle, elle ne remarqua pas qu'elle avait rougi de sentir ce contact si « banal » après qu'elle l'ait littéralement enlacé en ayant à peine franchi le perron de l'appartement, se contentant de fixer leurs mains enlacées, sans broncher, buguant littéralement sur un détail - sans doute volontairement - au lieu de se concentrer sur le fait qu'il venait de lui annoncer que, non, il n'était pas parti parler affaires avec un client mais, qu'en somme, il était resté dans la même ville qu'elle, sans lui donner de raison, pendant plus de 3 jours, comme ça. Why not, en soi. Mais si reproche il y avait à faire, elle aurait préféré qu'il lui demande clairement de le laisser respirer plutôt que de s'enfuir comme ça.

Le silence fut brutalement rompu par cet homme qu'elle aimait tant - quant à déterminer de quel amour il s'agissait, elle préférait ne pas trop s'interroger à ce sujet pour l'instant - pour lui envoyer une grande claque en plein visage. Agressé. Agressé. Cameron avait été agressé. SON Cameron avait été agressé. En voulant aider une femme, en plus. Quel genre de dégénéré pouvait bien s'en prendre à quelqu'un qui venait en aide à une autre ? A moins que la personne à aider ne soit dans le coup ?! Du vol organisé pour détrousser quelques passants ayant assez de cœur pour ne pas laisser quelqu'un crever au fin fond d'une ruelle ?
La colère emplissait tout son être, étirant ses traits. Relevant finalement le regard sur lui, elle resserra la prise sur sa main et apposa l'autre par-dessus en signe d'apaisement. Quoi qu'il ait pu se passer, elle était avec lui.

« ... Et ? Ca ne peut simplement pas se finir comme ça. Tu ne peux pas m'avoir caché ce qui t'est arrivé pour 8-10 points de suture. Même si j'ai vraiment envie de retrouver celui qui t'a fait ça et lui enfoncer la pointe de mon talon aiguille dans les testicules jusqu'à les percer et les vider complètement... »

Miya avait failli parler de mensonge, mais c'était retenu en dernier lieu. Il était encore trop tôt pour l'aborder en tant que tel. Il lui fallait au moins le temps de justifier son acte. Parler de ce qu'il lui était arrivé. Avant de la laisser juger de la manière dont elle allait prendre la totalité de la chose.

Son regard se fit suppliant alors qu'elle resserrait l'étreinte de ses mains autour de celle de Cameron, fouillant désespérément ses prunelles couleur d'abysses.

« Dis-moi... Ne me laisse pas m'imaginer tout et n'importe quoi, ne me laisse pas croire ce qui n'a pas lieu d'être. »

S'il lui annonçait finalement que ce n'était qu'une blague et que c'était une maîtresse qui l'avait marqué ainsi en guise de trophée, elle l'étranglait avant de prendre ses clics et ses clacs et s'en irait quémander l'hospitalité chez Andrew. Au moins, sur lui, elle pourrait compter pour toujours et à jamais.
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MessageSujet: Re: 4 infimes minutes.   Sam 28 Fév 2015 - 15:04

L'état léthargique de Miya à l'annonce de son faux départ en voyage ne capta même pas l'attention de Cameron. L'idée toute simple de lui faire passer un message à travers un autre n'était pas du tout son genre, l'Américain tentait juste de trouver les mots et les bons pour que Miya comprenne, à son rythme, qu'il lui avait menti pour la bonne cause mais que finalement il regrettait sa décision. Il y a quelques années de ça maintenant, il avait vécu plusieurs mois d'affilée avec une même femme dont il était tombé amoureux au fil des jours. Elle avait été adorable jusqu'à intégrer dans leur vie de couple quelques petits mensonges sans intérêt par-ci, par-là. Petit à petit, ces mensonges avaient pris une place énorme jusqu'à ce que seule reste comme solution la rupture. C'était seulement aujourd'hui que Cameron réalisait qu'il prenait le même chemin que son ex et qu'il était temps pour lui de cesser tout ça. Même les bons mensonges doivent s'arrêter un jour.
Sa décision personnelle était prise et ce, sans dire un mot de plus. Elle n'avait eut qu'à le serrer dans ses bras pour qu'il réalise ses erreurs. Au fond, c'était adorable. Ce qui l'était moins, c'était la tournure des choses. Avouer ce qu'il avait fait ces derniers jours, avouer ses faiblesses et tous les doutes qui l'avaient assailli depuis peu le rendaient faible et ça, ça l'énervait. Miya n'avait pas prononcé un seul mot mais fallait dire qu'il n'avait pas encore exprimé la vraie raison à cette cicatrice.
D'ailleurs, ce fut quand il avoua une partie de l'histoire que sa tendre blonde reprit enfin le dessus et resserra l'étreinte de leurs mains. Ce geste, infime, lui fit pousser un soupir de soulagement même si finalement, il ne s'était pas attendu à autre chose. Qui le blâmerait d'avoir imaginé le pire scénario même si croire que Miya allait fuir en sachant qu'il s'était battu pour une femme était d'une stupidité sans nom ... Par contre, malgré le sérieux du moment, Cameron ne pu s'empêcher de rire un instant, ce qui contracta sa cicatrice et lui fit faire une petite grimace pendant 2 secondes. Entendre Miya prononcer de tels mots était si rare qu'il n'avait pu s'empêcher d'exprimer sa surprise par un rire. Si fraîche cette demoiselle.

Retrouvant son sourire, Cameron s'éclaircit la gorge alors que la Française plongeait son regard dans le sien comme pour mieux le sonder. Sa remarque sur les points de suture l'avait contrarié mais c'était une évidence qu'elle ne pouvait pas comprendre puisqu'elle ne savait pas quel genre de sentiments il avait pour elle. Bien sûr que même si Taylor n'avait pas fait partie de l'histoire, Cameron se serait caché quelques jours. Comment rentrer éclopé devant la femme qu'il aimait? Il avait sa fierté et tant pis si c'était quelque chose qu'elle ne pouvait pas comprendre. Il ne souhaitait pas qu'elle le voit faible et sans défense, il voulait qu'elle n'ait aucun doute quant à sa force et à son côté chevaleresque qu'il aimait mettre en avant. L'Américain était un homme capable de protéger ses intérêts, ses biens et ses femmes. Jamais l'inverse sinon autant renier toute son éducation.
D'un geste délicat, qui se voulait surtout sans contrariété, Cameron retira sa main de celles de Miya et reprit la parole. Il était temps d'avouer la fin de l'histoire, de laisser à la blondinette le choix de sa décision. Après tout, Cam avait déjà prit la sienne même s'il avait mit un temps fou à se décider et que c'était l'une des raisons principales de son absence de plusieurs jours. Il avait eut besoin de cette solitude pour ne pas être influencé, pour ne pas renier tout ce qu'il avait vécu avec elle simplement pour les beaux yeux d'une autre femme ou quelques arguments convaincants. Là ... il était sûr de lui.


    • C'est ma sœur Taylor qui a organisé tout ça. Je l'ai vu un peu plus loin dans la ruelle. Elle ne tolère pas ... ta présence dans ma vie.

Voilà, tout était dit et sûrement que Miya allait comprendre pourquoi est-ce qu'il lui avait menti d'un coup. La vérité faisait mal, ça il pouvait le concevoir mais valait mieux qu'elle l'apprenne aujourd'hui dans une ambiance correcte que face à la racaille qu'était sa sœur si jamais leurs chemins devaient se croiser. Taylor était rancunière et là, elle venait de le prouver. Cameron avait dû faire face à ses relances constantes quant à quitter cette jolie blonde qui n'en n'avait qu'après son argent. Jamais il ne lui avait dit qu'ils étaient ensemble mais elle ne semblait pas vouloir intégrer la nouvelle. Peut-être que la place qu'elle avait dans son cœur avant qu'ils ne se disputent lui paraissait être en danger à cause de Miya? L'Américain avait beau être amoureux de la Française, elle n'avait aucune chance de prendre la place de Taylor un jour. C'était même idiot d'avoir pu penser ça ne serait-ce qu'une seconde.

Se redressant, il attrapa son second verre de whisky au passage et le bu d'une traite comme pour se punir d'avoir oser tout dire. A coups sûrs, il venait de gâcher la journée de Miya. Elle qui avait eu le sourire à son retour, elle allait sûrement le maudire d'être revenu si vite finalement. Est-ce qu'elle allait comprendre tous les doutes qu'il avait eut, les questions qu'il s'était posé ces derniers temps? Allait-elle lui demander de faire un choix entre elle et sa folle de sœur? Si oui, alors ils allaient devoir discuter sérieusement et c'était ce qu'il avait redouté le plus en son absence. Miya avait de l'influence sur lui, elle le rendait moins colérique, moins brutal et il devait avouer qu'il aimait cette nouvelle vie mais il craignait de devenir faible, de perdre du terrain face à une demoiselle trop exigeante. De tels mots ne devaient pas sortir de sa bouche, sous peine de vexer sa colocataire.
Il craignait sa réaction mais il était revenu dans l'idée de mettre les choses au clair et désormais, Miya avait toutes les cartes en main. Un seul mot de travers de sa part et Cameron comptait bien lui dire le fond de sa pensée, malgré tous les sentiments qu'il avait pour elle.
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Miya Chanteclair
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MessageSujet: Re: 4 infimes minutes.   Mar 21 Avr 2015 - 10:02

Une infime craquelure. Qui démarre tout doucement, prenant le temps de faire naitre l’atroce douleur là où la fissure se forme, lentement, jusqu’à l’agonie. Alors la craquelure s’élargit, commençant à réellement séparer les deux parties qu’elle pousse loin l’une de l’autre, formant un gouffre béant. Gouffre dans lequel toutes les choses négatives pouvant passer par la tête vont pouvoir se faire un petit nid, en profitant, au passage, pour enfoncer un peu plus profondément l’épieu ayant causé la perte de santé mentale. Le sourire croit et décroit par soubresauts, tandis que le menton tremble de manière incontrôlable. La vie a quitté les prunelles vertes, laissant une simple impression d’alcoolisation leur ayant donné un teint vitreux. Le seul endroit qui puisse encore démontrer d’une trace de vie, c’est le cœur, et le cœur n’est plus, puisque fendu. La gouffre s’est agrandi, le cerveau s’étant laissé empoisonner par de douloureuses pensées, paranoïdes, augmentées par la souffrance causée par quelques mots.

La poupée est cassée. L’esprit tente désespérément d’assimiler les mots prononcés à son encontre, tout en se heurtant à une volonté totalement fermée, refusant catégoriquement de comprendre, de saisir le sens de la phrase, poussant, repoussant en bloc la gifle qui vient d’être administrée à son âme. Le mannequin de chair, d’os et de sang ne bouge plus, en fin de compte, le menton ayant cessé ses tremblements, en écho aux lèvres s’étant définitivement affaissées. La vie a quitté l’enveloppe corporelle, cherchant à échapper au dangereux déferlement de douleur qu’elle risque de laisser exploser d’un instant à l’autre, une fois encore.
La boucle semble bouclée, elle va souffrir, encore une fois. Intensément. A en perdre la raison. Elle n’a jamais su contrôler ses pulsions. Le cou légèrement penché en avant, les mains ayant lâché prise du corps d’en face, tombant de manière grotesque le long de sa taille, la poupée est sans vie. Elle est partie. Son esprit a fui, brisé en mille morceaux. Le corps peut être relégué au grenier, il ne servira plus. Pas de traitement connu à ce jour pour réparer une âme brisée.

Seule reste la colère. Elle commence déjà à poindre, retrouvant ce lieu lui ayant déjà été familier, une fois. S’engouffrant dans la brèche, elle répare le cœur, sans lui rendre son intégrité. Juste assez pour qu’elle puisse se diffuser dans le corps tout entier. Et fasse trembler le sol et les cieux de sa déferlante sans pitié.
Les yeux se redressent avec le visage se tendant face à son interlocuteur, toujours vides de vie, sans que le reste de sa face ne s’agite. Seule la gorge, un peu plus bas, déglutit la douleur pour faire remonter la colère, désormais mélangée à de la peur, pour mieux l’accroitre et la rendre dangereuse. Alors les lèvres s’agitent, remuent silencieusement, pour reprendre, cette fois avec du son, pour ne laisser passer qu’un simple :

« Dis-moi que c’est une blague. »

Phrase qui déclenche tout le mécanisme, faisant remonter la bile, la colère, la rancœur, ce mélange déroutant et dégoutant qui commence à déformer ses traits pour l’enlaidir de la plus belle des haines éprouvée à l’égard du monde entier. Ca y est, le cercle vicieux est de retour, tout recommence. La souffrance, la peur, la perte de contrôle. Le sol se dérobe sous ses pas, laissant ses genoux sans appui pour mieux écrouler le corps sur le sol, dans une position inspirant la pitié profonde. Il avait fallu qu’un autre homme transforme son cœur en guacamole et se serve des miettes restantes pour le déguster. Pas de sa volonté propre, cette fois, mais l’horreur éprouvée n’en était que plus grande. L’un l’avait quitté sans raison, et elle allait devoir quitter la vie de l’autre, tout ça à cause de la jalousie sanguinaire d’un poupon sur-vitaminé qui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de faire sa crise existentielle sur le visage de son frère. A cause d’elle. Pourquoi elle ? Pourquoi encore elle ? Qu’avait-elle donc fait pour mériter ce double rejet ?

Les poings s’abattent violemment sur le sol, alors que le visage se redresse, convulsé par la rage, tendu vers le corps qui le domine totalement, ses entrailles bouillonnant d’une volonté de briser quelque chose de ses petits doigts, quitte à s’en faire mal, pour tenter d’évacuer cette ire déferlante. Les cordes vocales grondent, pour lâcher un cri rauque, empli de tout ce mal-être que le corps transporte, faisant saigner un peu plus le cœur qui menace de lâcher à son tour.

« DIS-MOI QUE C’EST UNE BLAGUE !!? »

Que dire de plus ? La guerre a commencé. Elle ne sait si elle va la perdre ou la gagner, mais elle va s’y jeter à cœur perdu, même si elle doit en sortir violemment déchiquetée.
Les yeux s’activent finalement, ouvrant les vannes que les canaux lacrymaux s’étaient tant acharnés à maintenir fermées, et un torrent de larmes coule. S’il avait pu s’agir de sang, c’en aurait sûrement été. Son cœur se serre, elle a peur, il risque d’exploser. La poupée est sur le point de se briser. A tout jamais.

HRP:
 
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