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If you want the rainbow, you gotta put up with the rain.
 
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 Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko

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Zakuro Fea
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MessageSujet: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Dim 12 Oct 2014 - 1:03



    Dans un roulement sonore des nues qui se chevauchaient, le ciel s’étalait en ce tableau aux nuances trop anthracites pour que mon regard ne retrouve son alter-ego hémisphérique. Le magnétisme qui flottait dans l’air alourdissait une ambiance électrique, et s’élevait autour de moi cette odeur d’humidité qui clouait le ciel à la terre. Enchevêtrement étouffant des nuages noirs qui inondaient la voûte, l’orage avait gagné du terrain, et des flash illuminaient son avancée, les zébrures des éclairs déchirant l’obscurité de la soirée. La pluie s’était mise à tomber deux heures plus tôt, achevant ainsi mon humeur et mon espoir de nous voir retrouver le car scolaire. Au début, pourtant, tout ne s’était pas si mal passé. Il avait juste fallu que cet orage se déclare, et que nous, groupe hétérogène de trois individus aux comportements contraires, soyons perdus dans les reliefs montagneux des décors de la campagne japonaise.

    Quelques heures plus tôt.

    (…)

    J’élevais les yeux sur un ciel assombri par des nuages qui menaçaient d’éclater en averse. Celles-ci étaient fréquentes, depuis le mois d’octobre, et avec l’automne, la température avait notablement chuté. Je glissais mes doigts sur le rebord de l’anorak sombre que je portais, frémissant. L’autocar roulait prudemment, s’engageant en extérieur de l’autoroute que nous avions empruntée une demie heure auparavant. Dans une initiative scolaire, une situation de randonnée avait été mise en place, dans le but de faire découvrir les campagnes profondes aux élèves habitant en milieux urbains. Des classes sélectionnées en fonction des statistiques d’élèves habitant plus ou moins près de la périphérie avaient été choisies, et c’était de cette manière que je me retrouvais dans un autocar qui roulait vers des territoires sauvages, en compagnie de deux autres classes dont aucune d’elle ne se trouvaient posséder Kohaku Joshua Mitsumasa. A ma gauche, Momo s’était endormie, exténuée par ses récentes révisions pour les examens à venir. Je savais que comme moi, elle aurait préféré rester en cours de manière à approfondir ses connaissances à étaler sur le papier, le jour de l’examen. Mais puisqu’on nous imposait cette sortie scolaire, il fallait s’y plier. Et quelque part, l’idée m’excitait.
    Dans la soute à bagages, mon sac, entassé sur un amas d’autres, contenait uniquement ces quelques affaires que l’on nous avait soigneusement demandé d’apporter, avec vérification minutieuse de la part des organisateurs. Des affaires pour un programme de randonné qui n’avait rien du programme de douceur. J’étais amusé de constater que certains allaient bientôt détester devoir marcher dans les reliefs montagneux des campagnes vers lesquelles nous nous dirigions. Car assurément, vu notre destination, il ne fallait pas s’attendre à une marche simple. On allait nous demander de nous faire les jambes.

    Alors que l’autocar s’engageait maintenant sur une route départementale bordées de conifères, je glissais ma main dans ma poche, en retirant mon portable, dans l’idée d’envoyer un sms à Chess. L’écran m’afficha qu’il n’y avait plus de réseau. Dans un soupir résigné, je rangeais le portable, me calant dans le siège, me laissant bercer par les ronronnements du moteur sous mes pieds.

    (…)

    Il advint que, puisque des équipes de trois se formaient, je me retrouvasse avec deux personnes que je connaissais, et avec qui je ne m’attendais pas à me retrouver. Posant les yeux sur la silhouette décontractée et faussement détachée du reste de Hibari Takuya, j’évaluais son profil en retenant un sourire, assez satisfait de connaître désormais son nom. La rencontre n’était pas vieille, mais elle avait laissé une trace assez conséquente dans ma mémoire et mon affect pour que je me sente néanmoins joyeux de l’avoir dans mon équipe de marche. Il ne serait assurément pas celui qui se plaindrait de l’effort. La seconde personne, elle, était la poupée aux rats. Naoko Tanaka, sorcière adulée de Kohaku, sorcière aux doigts hygiéniques. Victime du séisme, victime du sourire de mon Chat, et que j’avais déjà rencontré par le biais d’Emmanuel. Je l’aimais bien, il faut croire. Je l’aimais bien, on se voyait de temps en temps. Et cela suffisait. Dans la façade impassible de son visage, j’aimais bien croire qu’il y avait tout le mécanisme de défense d’une muraille qui masquait un caractère notablement plus dangereux qu’elle ne le laissait paraître. Emmanuel me l’avait bien amenée, une fois, couverte d’hématomes, mais les phalanges rougies par des coups de pression qu’elle avait appliqué. En somme, je me considérais assez chanceux des deux personnes avec qui je me retrouvais. Momo, un peu plus loin, les cheveux battus par le vent qui commençait à sévir, se tourna vers moi, me jetant un regard désespéré. Elle se retrouvait avec deux garçons qui ne paraissaient pas des plus nets. Je lui envoyais un petit signe de la main, la soutenant moralement. Elle saurait gérer.

    L’organisateur principal achevait ses consignes.

    « … Il ne s’agit donc que d’une simple randonnée aux travers des monts principaux de la région. Vous vous retrouvez, chaque équipe, en possession d’une carte et d’une boussole, et vous avez un itinéraire tracé sur vos cartes. Suivez-le, ne quittez pas le chemin, et rendez vous, au grand maximum, cette nuit, dans l’hôtel désigné sur votre carte par le marqueur rouge. Nous passerons la nuit là bas, et demain, d’ici dix heures, nous reprendrons le car pour retourner vers Keimoo. »

    Il y eut quelques consignes de sécurité qui furent distribuées, et puis, les unes après les autres, suivant les itinéraires conseillés pour chacun, les équipes s’éloignèrent de la lande dans laquelle se trouvait le car, pour s’enfoncer dans les forets qui couraient sur les flancs des montagnes.

    Le vent s’était levé, et le temps, déjà couvert, avait ensuite tourné à la catastrophe, quand il s’était mis à pleuvoir. J’avais fourré la carte et la boussole dans les mains de Tanaka, ayant un manque absolument de talent pour utiliser ce genre de support. L’ambiance générale, quoique composé des trois personnes que nous étions, n’était pas la meilleure. Les écouteurs enfoncés dans les oreilles, Hibari ne communiquait pas, les lèvres tirées en un trait strict et furieux. Je ne l’avais entendu qu’aux rares occassions où, pestant contre moi et Naoko, il avait ainsi annoncé la couleur de son humeur, quasi identique à celle du ciel. Quant à Naoko, elle, elle ne parlait tout bonnement pas, suivant simplement, dans un silence implacable. Marchant en silence, j’avançais sans rien dire, ma satisfaction de me retrouver en pleine nature scindée par l’irritation que je pouvais ressentir par rapport au comportement de mes camarades. Je n’avais pas forcément apprécié la froideur de Takuya, et le manque de conversation de Naoko me frustrait. Alors j’avançais, m’imposant comme le leader potentiel de notre marche, sans pour autant savoir exactement où il fallait qu’on aille. Je ne m’inquiétais pas tant de la destination, au final, considérant que l’avancée se faisait avant tout par le fait d’aller droit devant. Et petit à petit, nous avions ainsi laissé derrière nous les étendues planes pour nous enfoncer dans la forêt et la montagne ; le sol s’élevant progressivement sous notre marche.

    Et puis la pluie.

    La pluie, nous piégeant, brouillant le paysage, brouillant les repères, nous faisant ainsi nous rendre compte que, alors que nous étions en pleine ascension d’une colline sous la forêt, en pleine montagne, nous n’avions plus la moindre idée d’où nous étions. A nos poignets, nos montres affichaient 18h43, ce qui nous apprenaient que l’itinéraire réalisé n’était pas assez important, et que nous aurions du être beaucoup plus avancé, pour nous diriger ainsi vers l’hôtel. Sauf qu’il n’y avait pas la moindre trace d’hôtel, et que la pluie tombait trop fort pour que nous nous repérions à chercher la lande, en arrière.
    Et nos portables qui, dans un humour dramatique, affichait ostensiblement « Réseau non-détecté ».

    Je m’arrêtais. Laissant mon sac tomber au sol, dans un « platch » boueux, je rejetais ma capuche en arrière, celle-ci devenue inefficace, en vue du vent qui projetait la pluie sur mon visage. Le regard braqué sur le vide qui s’étalait autour de nous, je cherchais à attraper des yeux le moindre repères. Nous nous retrouvions sur une sorte de falaise, mélange entre la montagne et la forêt ; là où il n’y avait rien si ce n’était l’immensité d’une nature sans repères humains. Je n’avais pas la moindre idée de comment nous étions parvenus à un tel point, mais assurément, nous étions perdus. Fucking perdus.

    Dans un roulement sonore des nues qui se chevauchaient, le ciel s’étalait en ce tableau aux nuances trop anthracites pour que mon regard ne retrouve son alter-ego hémisphérique. Le magnétisme qui flottait dans l’air alourdissait une ambiance électrique, et s’élevait autour de moi cette odeur d’humidité qui clouait le ciel à la terre. Enchevêtrement étouffant des nuages noirs qui inondaient la voûte, l’orage avait gagné du terrain, et des flash illuminaient son avancée, les zébrures des éclairs déchirant l’obscurité de la soirée. Je me détournais du vide, pour revenir sous les branches d’arbres, jetant un regard désabusé à mes deux coéquipiers.

    « La dernière chose qui pourraient nous arriver, là, ce serait qu’un ours décide de faire de nous son repas du soir. »

    J’allais m’asseoir sous un arbre, en soupirant.

    « En tous cas, ça ne vaut pas la peine qu’on continue de marcher. A ce rythme là, l’obscurité va nous piéger, et on risque de se blesser si on avance à tâtons. »

    Un ours serait sans doute une bonne distraction.




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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Dim 12 Oct 2014 - 4:15

« XX Octobre 2014, il est 6h32 sur Keimoo FM ! »

Tout en ingurgitant mon petit déjeuner, je contemplais l’attestation signée de Fatalys d’un air dépitée. Ce qu’elle indiquait ne me plaisait pas vraiment.

Malgré les blessures et résidus traumatiques à sa jambe droite suite à un incident au court du mois de Juillet 2013, Naoko Tanaka est tout de même apte à effectuer la randonnée pédestre prévue le XX Octobre sans précautions particulières.


Naoko Tanaka est tout de même apte. Tout de même apte. Non, je n’étais pas apte. Je n’avais pas envie de l’être. Je soupirai. Consulter un autre médecin était impossible, au vue du fait que la sortie était prévue pour aujourd’hui. Je me résignai, reportant mon attention sur mon bol de céréales avant que celles-ci ne deviennent complètement molles.

« Scorpion, la journée s’annonce morose, mais ne baissez pas les bras devant les épreuves à venir ! »

Je checkais une dernière fois mon sac pour vérifier que rien n’y manquait. J’avais prévu tout un nécessaire optionnel, pour les « au cas-ou ». Et des choses à grignoter que je pris soin de fourrer dans toutes les poches de mon survêtements et de mon k-way.

« Météo : Soyez prudent, fortes pluies et orages annoncés dans la journée. Si vous avez une sort… »

Je débranchai le poste radio et quittai la maison, chargée comme une mule.

~~~

Le trajet en bus se fit sans encombre. Isolée du brouhaha de mes camarades par mon casque audio, je n’ai fit que regarder au travers de la fenêtre tout en engouffrant un paquet de pocky. Scrutant le décor changeant petit à petit de la ville en expansion qu’était Keimoo au paysage montagneux et forestier de je-ne-sais-où, j’avais, à quelques moments, fini par piquer du nez légèrement. Seulement pendant quelques secondes, à chaque fois, mais cela démontrait bien mon état de fatigue. Je n’étais pas une personne matinale, c’était un fait. Et le manque de motivation n’aidait pas particulièrement.


Arrivée à destination, j’eu un peu la mauvaise impression de ne pas du tout être à ma place. Au milieu de cette agitation, la plupart des gens papotait, râlait pour d’autre, en petits groupes d’affinité rapidement constitués. Tandis que moi je restais plantée, seule, mon sac sur les épaules, attendant que… que le temps passe, sûrement. Je levais les yeux au ciel qui me semblait un peu trop couvert pour une randonnée. Qu’avait annoncé la météo, déjà ?

Au bout d’un court laps de temps qui m’avait semblé déjà bien trop long, les professeurs en charge ont rassemblé les élèves présents. Il devait y avoir 2-3 classes, je le présumais, mais n’étais pas du tout informée de l’évènement. J’étais partie pour de ne pas y participer, persuadée qu’avec ma jambe, j’en aurais été dispensée. Du coup, je n’avais accordé aucune attention aux discours ou réunions le concernant.

Les équipes furent tirées au sort. Je n’avais absolument aucunes attentes les concernant. A vrai dire, que je me retrouve avec telle ou telle personne m’était complètement égal. Rejoignant le professeur une fois mon nom appelé, je me retrouvai en face de deux géants.

L’un m’était familier. Zakuro. Nous avions eu l’occasion de nous voir quelques fois, nous cercles s’étant croisés par l’intervention de Kohaku. Je pense que je pouvais dire que je l’appréciais. Du moins, sa présence ne me dérangeait pas, et ça, c’était déjà beaucoup.
Quant à l’autre, c’était le vide total. Je ne le remettais pas du tout, et n’avait même pas l’impression de l’avoir déjà croisé quelque part. Il m’intimidait bien plus. Contrairement à Zakuro, qui malgré sa taille -on peut le dire- totalement hors norme, dégageait une atmosphère plutôt paisible, ce deuxième géant, nommé Takuya Hibari, avait l’air beaucoup moins approchable, moins accessible. Plus dangereux aussi. Le genre de personne dont on évite de croiser le regard, et à qui on évite en règle générale de chercher des noises.

Notre équipe se distinguait ridiculement du reste de par le mélange hétéroclite qu’elle était. Deux géants aux caractères presque opposé, et une naine à leur côté, moi.

C’est ainsi qu’après des explications bien trop longues –que je n’écoutai pas-, nous partîmes à l’assaut des chemins rocailleux.
L’ambiance n’était pas vraiment au beau fixe. Hibari passait son temps à râler sur tout ce qui lui passait par la tête, envoyant par ci par là des piques -dont certaines nous étaient même destinées-, les écouteurs vissés dans les oreilles. Il n’était pas dur de deviner qu’il n’était pas heureux d’être ici, et je ne me plaignais pas vraiment de son attitude. A vrai dire, ça m’était égal. Tout ce qui m’importait, c’était d’arriver le plus vite possible et d’être débarrassée. Zakuro lui gardait sa contenance habituelle, et progressait sans un mot particulier. Après m’avoir confié la boussole et la carte, il passa naturellement en tête de fil, suivi par moi-même et enfin Hibari.

Gardant les yeux sur la carte et l’itinéraire que nous devions suivre, ainsi que sur la direction indiquée par la boussole, je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils. Suivant Zakuro, qui traversait à grandes enjambées les étendues devenue maintenant forestières, je constatai qu’on s’éloignait de plus en plus du trajet prévu, qui n’était d’ailleurs pas censé nous faire passer par des bois. Je relevai les yeux en direction de la silhouette colossale devant moi, tentant d’attirer peut être son attention. Il ne se retourna pas, avançant toujours aussi sûrement entre les arbres qui couvraient les lieux de plus en plus densément. J’en déduisis qu’il savait où il allait, et qu’il s’agissait là d’un raccourci qui nous mènerait plus vite au point d'arrivée.

Par précaution, j’attrapai tout de même un stylo et me mis à noter les changements de directions que nous prenions, au cas où cela pouvait s’avérer utile.

Le ciel avait été couvert jusque-là, mais la pluie décida de montrer le bout de son nez, rendant l’ascension encore plus difficile et désagréable. Ascension, oui, car petit à petit, nous étions au fur et à mesure en train de grimper pour nous diriger doucement mais sûrement vers les reliefs montagneux de la région. J’enfilai en vitesse mon k-way, serrant la capuche autour de ma tête, me privant ainsi de toute classe possible. Mais ça aussi m’était égal. Je préférais ça plutôt que de finir trempée jusqu’aux os.

Ce n’est qu’au bout d’un moment d’ascension périlleuse sur le sol glissant battu par une pluie de plus en plus forte, que nous décidâmes de nous arrêter, près d’une falaise.

Le constat était là. Nous étions perdus. Je tombais des nus et pestais contre moi-même de ne pas avoir signalé plus tôt que nous avions pris la mauvaise route. Mais c’était un fait. Et nous voilà, le groupe atypique constitués de deux géants et d’une naine, paumé dans le trou du cul du monde, dans une forêt qui semblait s’étaler bien trop loin sur le plateau montagneux, sous une pluie battante et un orage grondant.

On pouvait difficilement faire pire, comme situation. Et autant dire que je regrettais encore plus d’être venue. A l’heure actuelle, j’aurais pu être chez moi, sirotant tranquillement un chocolat chaud en regardant la télé. Mais non, au lieu de ça, je me retrouvais ici, comme naufragée sur une île déserte, dans un k-way tellement mouillé qu’il me collait à la peau, les quelques mèches dépassant de ma capuche plaquée sur mon visage par la pluie et les rafales de vent glacées, et les yeux plissés pour espérer ne pas me prendre de bourrasque piquantes de gouttes en pleine figure.

Je jetais un œil à la boussole et à la carte -heureusement plastifiée-, mais constatai que progresser à l’heure actuelle serait impossible. Le rideau d’eau sous les arbres et la nuit tombante nous perdraient encore plus profond dans la forêt, et sans lampe de poche ni aucun moyen de s’éclairer, cela se résumait probablement à du suicide.

Zakuro, apparemment agacé par la situation -il y avait de quoi-, alla s’asseoir contre un arbre,  et confirma sa place de leader en prenant la décision pour nous tous de rester ici.

Je décidai du coup d’en faire de même, et alla m’asseoir sous les arbres, tentant de m’abriter un peu des éléments se déchaînant. Je calai mes mains dans mes poches avant que celles-ci ne se refroidissent trop, y trouvant avec plaisir des bonbons qui m’étaient un peu sorti de la tête. J’en dégustai un, qui eut l’effet réconfortant de 1000 câlins au goût chocolaté. Une sucrerie dans ces cas-là donne toujours du baume au cœur.

Constatant qu’en plus d’être dans une situation pour le moins compliquée, l’ambiance ne s’était pas vraiment réchauffée, je décidai, pour la première fois depuis que j’étais partie de chez moi ce matin, d’ouvrir la bouche. Alors, ma voix, posée, calme et monocorde comme à l’accoutumée résonnait de concert avec les gouttes se fracassant sur les feuilles et le tonnerre grondant au loin :

« - Il y a peu de chance pour qu’un ours nous attaque. Les ours asiatiques sont petits et se nourrissent principalement de végétaux et de petites bêtes. Tant qu’il ne se sent pas menacé, il fuira plutôt que de nous confronter. »

Je ne savais pas vraiment si mon intervention avait servi à grand-chose, ou si elle avait été pertinente, mais, parfois, il est nécessaire de parler, même pour ne rien dire. Ce n’était pas ce que je préférais, cependant.

« - J’ai entendu dire que lorsqu’on est perdu, il vaut mieux rester sur place pour faciliter le travail des équipes de recherche. »

Je jetai un œil à ma montre.

« Même si je doute qu’actuellement notre disparition ai encore été signalée. »

Moment de flottement devant la prise de conscience des faits. Clairement, on était dans la merde.


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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Dim 19 Oct 2014 - 22:15

Ciel gris, ciel qui... rit? Hmm, pas vraiment.

Assis sur une pierre, la tête nue sous la pluie, je regardais le sol, transformé en bain de boue, d'un oeil amorphe. La résignation avait succédé à la colère froide.

J'avais été sélectionné, comment et pourquoi, je n'en savais rien, pour cette sortie pédestre en montagne. Nous nous étions retrouvés, masse informe d'élèves de tout ages, près des parkings, un car nous attendait, sa forme grise ne se détachant que difficilement sur le bitume usé du sol. Une très belle journée commençait.

Les cahots de la route de montagne ne me plaisaient pas, et je le faisais sentir autour de moi. Mon voisin, un sinistre inconnu au faciès sans grande importance, ne pipait mot, le regard pointé sur ses lacets, sans doute plus intéressants que mon visage qui suintait le bonheur à cet instant précis. Un mot de sa part et je lui promettais un voyage en enfer. Littéralement.

Le mot ne vint pas, l'arrivée, elle, si. C'est, verdâtre mais fier, que je descendis de l'autocar, le dos aussi droit que mon estomac torturé au même moment. L'air aux alentours me fit du bien et, comme un nouveau né, je happa goulûment l'air pur propre aux grands espaces. Les équipes furent formées rapidement, et c'est adossé au car, réfrénant mon envie de sortir une cigarette, que je pris connaissance de mes deux futurs compagnons d'infortune. Zakuro Fea, mon "rônin", était de ceux-ci. Apprendre son nom ne changerait pas radicalement ma vie, il restera "rônin" et je l'appellerais ainsi. Rien d'insultant dans ce nom, simple hommage teinté d'ironie à l'image qu'il renvoyait autour de lui.
A côté, si petite par rapport au rônin qu'on manquerait de faire fi de sa présence, Naoko Tanaka. Sobre et ennuyée étaient deux termes qui me vinrent à l'esprit dès que mes yeux se posèrent sur elle, je savais d'ors-et-déjà que la communication verbale serait compliquée, "tant mieux" me dis-je, je ne souhaitais pas me retrouver face à une Ueno bis. Zakuro serait le lien.

Les premiers temps de la randonnée se déroulèrent paisiblement, malgré l'air orageux, l'environnement naturel parvint presque à me faire oublier le fil sur lequel je marchais en ce moment. J'étais heureux de marcher en la compagnie de ces deux individus calmes mais différents néanmoins.
Puis j'appris que nos sens de l'orientation respectifs, en bon habitants des villes que nous étions, laissaient à désirer. Surtout lorsque le ciel ne s'éclairait que par à coups au rythme des éclairs qui le striaient.

Trempé, éreinté et perdu, mon humeur prit également les teintes de l'orage galopant au milieu des nuages alors que nous nous enfoncions dans la forêt. Je haïssais désormais tout ce qui bougeait ou faisait du bruit, pestant dans mon coin ma rage ô combien puérile à la face de ce monde. Le monde comprenant malheureusement Naoko et Zakuro.

Nous continuâmes ainsi, clopin-clopant, sous les éléments déchainés alors que la lumière du jour baissait bien trop rapidement à mon goùt. Au bout d'une éternité, nous arrêtâmes sous l'or-... conseil du rônin. Je m'assis sur ce rocher, les cheveux relâchés sans mon élastique perdu il y avait de cela déjà plusieurs longues minutes, mon Ipod déchargé, mon téléphone sans réseau et surtout, mon briquet mouillé.

Alors non, ciel gris, ciel qui ne rit pas.

Les minutes passèrent tandis que mes deux compagnons commencèrent à parler d'ours. J'aurais préféré passer une journée enfermé avec Ueno, le fond du trou vous dis-je.

Je me leva, et m'éloigna des deux individus en marmonnant un vague "J'reviens". J'avais besoin d'être seul un moment, me calmer était primordial et parler d'ours n'arrangeait rien. Je longea ainsi un moment la falaise, la main gauche en contact permanent avec la roche mouillée, le regard sombre de ceux qui étaient près à frapper quiconque se mettrait en travers de son chemin sur le visage. Il n'était pas dans mes habitudes de plonger ainsi dans la boue puante que formait la rage, surtout en public. Mais là, ma rage sonnait comme un aveu d'impuissance, je détestais perdre pieds ainsi. Alors que je réfléchissais à cela, ma main quitta soudainement la falaise pour ne rencontrer que du vide. Je chercha des yeux l'origine de ce phénomène en travers de la pénombre.

Je revins rapidement vers le rônin et Naoko, léger sourire au visage.

"J'ai trouvé un renfoncement dans la falaise, assez grand, suffisamment pour nous abriter tout les trois."

On retrouvait pieds.
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Mar 11 Nov 2014 - 19:33




    Le ciel gronde. C'est l'orage d'un instant en trois dimensions. En haut, en bas, sur les côtés. C'est l'instant où mes yeux ne savent plus quoi regarder. Je frissonne.


    Dans l'instant I, présent et si immédiatement dévoré, si inlassablement inexistant, il y a quelque chose qui s'agite. Serpent immatériel et inconnu qui frémit dans les calques sur lesquels se superposent la réalité de l'instant, l'orage me paraît brusquement être devenu cet allié spectral sur lequel je peux poser mes yeux et qui me renvoie l'image d'une vérité qui ne saurait être brisé. Cette appréhension brusque d'avoir dérapé, d'être tombé à côté d'un chemin que je foulais sans réellement m'en rendre compte. Cette appréhension à l'instant, avec des grésillements surfaits d'une temporalité qui s'enroule sur elle-même, me fait ciller, et, alors, pour me rattraper, je souris. On me parle d'ours, et je contemple, les yeux ronds, les lèvres étirées, ce que je ne comprends plus. Comment a t-on pu faire pour se perdre à ce point ? Il y a cet instant de terreur qui vient de me fourvoyer, en m'étranglant entre ses pinces, et je m'en arrache, par le sourire, par un besoin pressant du retour à la réalité. Takuya s'éloigne, et les lèvres de Naoko forment ces modulations de mots que j'interprète dans les sons formant leur sens. J'ai bugé. Un minuscule instant, j'ai bugé, totalement incapable de comprendre ce que je faisais dans le temps. Et le prénom de Kohaku s'est noyé dans l'absence de conscience, dans ce mouvement de flottement, où le corps et l'esprit sont si alourdis par leur incapacité à s'associer, qu'ils sombrent, chargés d'un poids qui les enfoncent dans les tournoiements indistincts de la réalité. C'est nébuleux, un peu, et mes yeux glissent sur les détails autour de moi, rattrapés par les mouvements réflexes d'une pluie qui s'écroule en trombe sur mon visage.

    Relevant les mains, rejetant la capuche qui ne protégeait plus rien, les mèches détrempées collant aux méplats devenus humides de mon visage, je laissais mes mains devenir ces visières me protégeant d'une eau en mouvement dans l'air. Frappante et cinglante, la pluie empirait, et je soupirais, les cils engorgés par les déplacements éclaboussant de la suspension humide. Tournant les yeux, je regardais la silhouette de Takuya s'enfoncer  dans les renfoncements des reliefs. La visibilité était nulle, et d'ici quelques temps, nous n'aurions plus moyens de distinguer ce qui nous faisait face. Le vent, dans des meuglements qui venaient pousser mon échine et frapper mes vêtements, tourbillonnait une rage folle. Un sourire étalé sur la face, je me retournais vers Naoko, cherchant à me faire entendre au milieu de la tempête brusquement soulevée.

    « A ce rythme là, on va finir envolés, hahaha ! »

    Comme pour me donner raison, pernicieuse attraction du vent : celui-ci vint me heurter à bras le corps, me faisant tituber en arrière, mon épaule venant frapper un tronc. Situation déplorable où le corps s'abandonnait à la puissance de la nature, je plaquais mes mains contre mes oreilles, cherchant à taire les hurlements parasites de l'élément déchaîné, pour me concentrer sur l'équilibre de mon corps. Les dissonances de l'électricité dans l'air chargeait l'ambiance d'une tension qui ne relevait en rien de la métaphore de l'énervement. Dans des crépitements menaçant le lieu exiguë dans lequel nous nous tenions, les charges électriques qui brûlaient l'air, étaient à l'instar de dragon asiatiques en lévitation tout autour de nous. Connard immatériels, perfides de nature, leur brûlure s'alliaient aux saccades hystériques du vent.

    Puis, Takuya réapparut, porteur d'une nouvelle qui sembla, pendant un instant, briller dans cette réalité qui nous apposait, comme une jolie flamme au milieu de l'humidité. Le suivant, nous nous avançâmes dans un univers qui semblait s'enfoncer sous nos pieds : le sol engorgé par une eau qui rendait nos pas enfoncés dans la boue, les bruits spongieux résonnant sous nos foulées. La pluie n'arrangeait rien, le vent massacrait la volonté. Pourtant, dans le camaïeux chaotique de la météo, je ne pouvais réagir autrement que par ce sentiment intense de compétitivité par rapport à la nature. Dans un combat engagé, celle-ci avait déployé un premier round visant à nous faire nous écraser au sol. Nous répondions par la prudence, certes, mais pour le moment, nous étions bien loin d'abandonner la partie.

    Face au vide, je pliais les genoux, mes rotules venant effleurer le rebord, pendant que mes yeux glissaient sur le néant mouvementé de la tempête. Le renfoncement était profond, mais j'étais inquiet à l'idée que, quoique visible, cela puisse être une aide illusionnée. J'ouvrais la bouche, espérant que ma voix porte assez pour mes deux compagnons.

    « Avec la pluie, la roche est rendue glissante ! Il faut faire attention : en s'y engageant trop rapidement, on risque de courir droit vers la chute ! »

    Posant mes paumes sur le rebord trempé, j'inspirais profondément, cherchant à évaluer des yeux les limites du vide. Cependant, plus les minutes s'écoulaient, et plus la visibilité devenait moindre. Je me maudissais de nous avoir fait perdre autant de temps durant la grimpe. J'inspirais. Dans mon sac, j'avais le matériel nécessaire pour affronter n'importe quel obstacle possédant la vie. Comme deux âmes silencieuses, les wakizashi reposaient dans mon sac, jumelles et endormies. Face à la montagne et au vent, elles ne seraient pas utilisables. J'ôtais mon sac, et enjambant le rebord, mes jambes dans le vide, posais mes mains sur les roches.

    Je me laissais glisser. La chute fut rapide, mes semelles vinrent frapper contre la roche, et je me sentis glisser de quelques vingtaines de centimètres paniquant. Rattrapant mon équilibre, je relevais le visage ; mais il n'était assurément pas possible de voir le plateau d'ici. Plongeant la main dans mon sac, je sortais mon portable, le halo lumineux de l'écran venant éclairer les parois humides de l'alvéole montagneuse. La pluie, en m'enfonçant quelque peu dedans, n'atteignait pas l'intérieur, et après avoir exploré ce qui se présentait finalement comme un boyau profond dans la montagne, je retournais vers l'entrée, levant la tête en amenant mes mains à ma bouche pour que ma voix porte malgré la pluie.

    « Faites attention en sautant ! Ça glisse ! »



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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Mer 22 Juil 2015 - 16:15

Et bien, on était bien avancé. Entre Takuya qui partait de son côté faire de l’exploration, la météo qui ne semblait pas vouloir être clémente, Zakuro présent seulement physiquement, et moi, qui tentait tant bien que mal de rester assise par terre malgré les bourrasques qui venaient me pousser dans tous les sens. J’avais l’impression d’être de la poussière quand on passe un coup de balai, tellement mon poids semblait insignifiant face à la force des éléments. Autant dire qu’honnêtement, à ce moment, là, j’avais envie de pleurer de désespoir. La fatigue, sûrement, y jouait un rôle primordial, mais je ne me laissais pas abattre. Pour l’instant.

Puis Zakuro sembla revenir parmi nous, et il plaisantait, mais moi, ça ne me fis pas rire du tout. De tous, j’étais celle qui avait le plus de chance de m’envoler, vraiment, avec mes 40 kilos tous mouillés, au sens propre comme au figuré, d’ailleurs. Le voir vaciller ne me rassurait pas vraiment, et je me recroquevillais encore plus, espérant que si je ressemblais à une pierre, peut être que la nature me laisserait tranquille. En tout cas, il était hors de question que je bouge.
Enfin, c’est ce que je croyais. Après quelques instant, Takuya fut de retour, ayant trouvé un abri par miracle ou par pitié des dieux. Peu importe. Sur le coup, réaction normale, un semblant d’espoir pris possession de moi, et j’étais déjà en train de me projeter à quoi faire par la suite une fois le mauvais temps passé.

Je pris mon courage et mon sac à deux mains, bravant les intempéries malgré ma faible carrure, et suivit la trace des deux géants, non sans mal, jusqu’au lieu salvateur. La boue que j’avais pesté jusque-là s’avéra plus qu’utile, puisqu’emprisonnant mes pieds en son sein, elle me permettait de garder un semblant d’équilibre. Mais la distance, si courte soit-elle, flambait mon énergie à grandes flammes.
Et puis nous arrivâmes près d’une crevasse, et je vous avoue que là, j’avais envie de me laisser tomber au sol en lâchant un râle de désespoir. Ils se fichaient de moi, pas vrai ? Dans quel esprit censé l’idée d’aller se terrer dans une fissure rocheuse semblait une solution salvatrice ?! Je m’approchais fébrilement du bord, le corps vouté pour diminuer la prise du vent. Et en plus, c’était profond. J’espérais qu’ils plaisantaient. Mais manifestement, non.

Et alors que je m’apprêtais à protester, je n’eus même pas le temps de formuler une phrase que Zakuro venait de sauter.
Je tendais la main vers l’étudiant maintenant disparu au fond du trou, pétrifiée et complètement bouche bée. Il était fou. ILS étaient fous. Etais-je la seule saine d’esprit ici ?! Etais-je la seule à réfléchir un tant soit peu avant d’agir ?! A penser aux conséquences de mes actes avant de me lancer bêtement vers l’inconnu ?! Au vu des réactions, la réponse semblait évidente : 1000 fois OUI !

Constatant qu’il était trop tard pour empêcher ce qui avait déjà eu lieu, je baissais la tête, découragée, et laissa échapper un long soupir. Que faire, maintenant que c’était déjà bien engagé. Réfléchir. Vite, bien, et surtout, pour 3, apparemment.
Je relevais la tête vers la falaise, qui se creusait comme une sorte de tunnel dans le plateau rocheux. Une cave aurait été parfaite, mais le souci résidait principalement que la roche, à nos pied, avait dû, dans un mouvement tectonique, se briser et se détacher. Ainsi, le sol de la cave était en contrebas, et à vue de nez, la descente faisait facilement plus de trois mètres. C’était beaucoup, du haut de mes 1m57. Et avec ma jambe, si je me rattrapais mal, ça risquait de poser problème.

Mais en soit, ce n’est pas tant la descente qui m’inquiétait. C’était plutôt la remontée. Parce que c’était bien beau de s’abriter pendant l’orage, et l’idée en elle-même était justifiable. Le tout, c’était de ne pas se retrouver coincé dans une cave sans issus, sans pouvoir remonter, et au final, compliquer encore plus le travail des équipes de recherche. Je jetais un œil à ma montre. A l’heure actuelle, en considérant la longueur du parcours prévu, les premiers groupes devaient être arrivés. Mais je comptais une heure de plus, large, avant que les derniers ne se traînent jusqu’au point de rendez-vous. Ce qui allongeait encore plus l’heure à laquelle les équipes éducatives commenceraient à s’inquiéter de notre cas. Sans compter le déploiement des secouristes et le large périmètre qu’ils auraient à couvrir. Si en plus, nous étions invisibles vu des airs… On était vraiment mal. La nouvelle me frappa en plein visage et je m’accroupissais, abattue.  La pluie frappait fort, et les éclairs venaient illuminer le paysage assombris par les cumulus noirs et menaçants.

Il ne fallait pas que je me laisse abattre. Il fallait agir. Puisque de toute façon, rester ici sans abris risquait de nous attirer aussi des ennuis. Zakuro, dans la faille, semblait nous attendre, et je vis Takuya partir en second.
Il ne restait plus que moi, et, la boule au ventre, je m’asseyais sur le rebord de la roche trempée, tout en contemplant la lumière du téléphone en bas, qui éclairait faiblement les constitutions minérales.
Pestant silencieusement, je marmonnais :

« J’espère que vous savez ce que vous faites. »

Et prenant une grande inspiration, je me lançais dans l’inconnu après avoir balancé mon sac dans la crevasse. Atterrissant plutôt correctement sur mes jambes qui s’étaient fléchies par réflexes, je senti néanmoins une décharge légère du côté droit. Je grimaçais. Je me doutais que mon amie la fracture n’allait pas apprécier les cabrioles, mais… je n’avais pas le choix. Soufflant pour atténuer la douleur, je restais un court instant les jambes pliées, avant de me relever en m’appuyant sur la paroi.

Récupérant mon sac, je rejoignais ainsi les deux géants devant moi, me décidant de garder le secret quand à mon petit désagrément.  
Et, éclairé par la lumière blafarde du téléphone de Zakuro, nous pûmes constater que le renfoncement dans la falaise s’étendait bien plus loin qu’on ne le pensait. A vrai dire, cela ressemblait plus à une sorte de galerie.

L’avantage, c’est qu’au moins si nous n’arrivions pas à remonter, nous pouvions toujours nous lancer dans une phase d’exploration. Youpi.

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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Mer 5 Aoû 2015 - 14:03

Je ne faisais pas parti de ces personnes, nombreuses, qui croyaient aux mises à l'épreuve ou autres interventions mystiques; mais pour tout dire, à trois on devait cumuler de nombreuses mauvaises actions si le karma existait. Après tout, coincés en pleine nature sans moyen de communication dans le Japon du XIXème siècle, il fallait le faire.
Je m'occupais à chasser ces idées idiotes de mon esprit en secouant la tête, me disant que penser à ce genre de choses ne nous aiderait pas tandis que nous nous dirigions vers la faille que je leur avais indiqué.

Sur le moment il m'avait semblé que trouver cet abri de fortune devait être une bonne nouvelle, mais leur silence en apprenant la nouvelle ainsi que la tête dépitée de Naoko lorsqu'elle vit ledit abris, renfrogna l'étincelle d'espoir qui m'était apparu. Arrivés près du lieu, le rônin passa le premier, non sans crier quelques indications qui s'envolèrent dans le vent. La descente était escarpée et la pluie rendait la roche glissante, ralentissant sa progression. Il était possible de sauter directement mais l'obscurité empêchait d'évaluer distinctement la distance qui nous séparait du bas, la prudence était de mise. A peine une minute plus tard, le rônin atterrit, non sans mal d'après les bruits que nous entendions, trois mètres plus bas. C'était profond, plus profond que ce que j'imaginais. Rien n'était simple aujourd'hui.

Je m'approcha du bord, regardant le contrebas, la pénombre m’empêchait de voir Zakuro et le lieu en lui même, il avait eu du cran de sauter en premier mais au moins cela nous ouvrait la voie, rendant la tâche un chouilla plus aisée. Sauf pour un nain, et en l'occurence, une naine dans le cas présent.

Je dirigea un regard vers la petite silhouette non loin de moi se détachant tant bien que mal dans l'obscurité, comme si son ombre elle-même luttait indépendamment de son corps comme pour signifier "je suis toujours là".
J'eu un instant envie de l'aider,  mais cette pensée s'envola aussitôt dans le ciel rejoindre le reste de mes bonnes idées de la journée, toutes balayées par le vent, la pluie et la rage que je parvenais tant bien que mal à contenir.
Soupirant inconsciemment de ma bêtise, je laissa honteusement Naoko à son sort, me permit un geste obscène mais pitoyable au ciel et sauta directement dans le vide à la suite de Zakuro, poussant dans le même temps un espèce de râle animal, aveu d'impuissance de ma part de devoir ainsi plier mon corps à toutes ces gesticulations grotesques.

Le vide.

Puis le sol, et la douleur, brève mais bien là, dans mes chevilles. Je me laissa tomber contre une paroi en toussant, goutant un moment à la sensation d'être au sec tandis que la douleur s'estompait et que Naoko arrivait en bas à son tour. Nous étions à l'abri, mais ça me paraissait être une donnée bien moins importante qu'à l'extérieur, nous n'avions pas finit notre périple pour autant.

Je regarda un moment la grotte faiblement éclairée par le cellulaire de Zakuro, je n'étais pas spécialiste en géologie mais celle-ci semblait clairement s'enfoncer profondément dans la montagne par une sorte de boyau sans doute creusé par un cour d'eau qui passait jadis ici.

"Un peu plus et on découvrira des restes préhistoriques" Intervention inutile, surtout vu les fréquents changements topographiques de notre archipel durant l'histoire rendant plus difficile qu'ailleurs les fouilles archéologiques, mais également parce que mes deux compagnons s'en fichait sûrement.

Je n'étais pas le seul à fixer ce boyau et nous pensions sans doute tous à la même chose, et une partie de moi-même en avait fortement envie, mais ma raison me l'interdisait. Un regard au dénivelé d'où nous venions me fit douter de nos possibilités de faire machine arrière.
Inspire, expire.

Je lança alors dans le vide, "Il serait hasardeux de se risquer plus avant", même si cette phrase sonnait d'avantage comme un conseil que je me faisais à moi-même.

"Nous devrions plutôt tenter de trouver un moyen de remonter, même si cela semble... compromis, n'est-ce pas rônin?"
, il n'était plus question pour moi de jouer le rôle du badboy solitaire, j'avais conscience de l'urgence de la situation et Zakuro était l'aîné qui, en sautant ainsi le premier dans cette faille, avait pris la tête du groupe.

Drôle d'accord tacite mais on s'en contentera et tant pis pour mon amour-propre, il attendra.

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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Sam 8 Aoû 2015 - 19:05

    S'il faut s'imposer en tant que chef de groupe, j'ai conscience que j'ai pour devoir de rester calme et de cesser la moindre erreur, tout autant de ma part que de celle de mes coéquipiers. Pour le moment, je suis  le plus fautif, et assurément responsable de la situation de galère dans laquelle nous nous débattions. Néanmoins, j'ai conscience d'une chose. Il y a un danger ; la pluie, et n'importe quel petit héros bravache voulant défier le ciel va devoir se confronter à mon refus pur et simple de laisser qui que ce soit sortir d'ici. Je comptabilise une heure, en observant l'écran de mon téléphone, depuis le début de la randonnée. Les premières équipes seront certainement arrivées d'ici une heure complète, et on peut imaginer deux heures de plus avant la fin officielle de l’événement. Si nous ne sommes pas sortis de la tempête avant quatre heure, il faut prévoir que les mesures de sécurité ne seront déployées que d'ici cinq à six heures. Soit. Le programme est vaste, et je croise mes bras contre ma poitrine, en tachant de refréner les tremblements de froid qui secouent mon corps. Derrière moi, Takuya et Naoko s'établissent dans le boyau, et j'ai conscience aussi qu'il sera compliqué de ressortir de là par la voie d'entrée. La roche étant humide, les glissades sont assurées, il est totalement hors de question d'envisager une escalade de ce côté là. Cependant, tant qu'il pleut, je m'assurerais personnellement que ni Takuya ni Naoko ne s'approchent de la bouche d'entrée.  

    "Un peu plus et on découvrira des restes préhistoriques"

    « J'en doute. »


    Ma voix se soulève en un murmure qui bruisse contre la roche. Tout en ces lieux me déplaît, finalement. De cette pierre froide à ces ténèbres humides. Je maudis l'organisation de cette stupide randonnée, je maudis mon inconscience, je maudis le fait de me sentir responsable de deux invidus que j'ai entrainé dans un périple qu'il m'aurait déjà été pénible de vivre seul. Mais à trois, j'ai la sensation d'être dans une situation punitive. Mauvais karma, diraient certains. J'inspire, et la buée qui s'élance sous les roches sédentaires se charge d'assombrir plus qu'il n'était déjà possible mon humeur, laquelle est aux couleurs des cumulonimbus. Laissez moi me vautrer dans mon imbécillité, je vous remercie.

    « Il serait hasardeux de se risquer plus avant »

    Je soupire, et sans me tourner vers lui, continue à explorer du regard le boyau qui s'étale devant moi. Un chat de Cheshire immatériel, déposé dans un coin de mon esprit, sourit, et je lis dans son amusement les interrogations silencieuses avec lesquelles il me foudroie. Avancera, ou n'avancera pas ? Qui sait ce qu'il y a dans le noir ?

    "Nous devrions plutôt tenter de trouver un moyen de remonter, même si cela semble... compromis, n'est-ce pas rônin?",

    « Non. »

    Je tourne les yeux vers Takuya, appuyant mon refus d'un regard clair, prêt à défendre l'opinion en cas de contestation.

    « Dis toi que le vent et la pluie sont plus dangereux que la vent et la neige, en cas de tempête. Mouillé, le corps perd 35 fois plus vite sa température moyenne. Si tu as envie de remonter pour te tuer, libre à toi, mais n'entraîne pas Naoko là dedans, où je devrais ramener deux cadavres à l'Académie, et sincèrement, ce n'est pas du tout dans mes plans. »

    Je me tourne vers eux, les bras toujours croisés, adoptant une expression sévère.

    « Tant qu'il pleut, il ne sert à rien de se mettre bêtement en danger. Je vous propose que l'on reste là. Les lieux sont secs, et il faut que l'on parvienne à se réchauffer. Enlevez les vêtements inutiles, essorez les, et tâchez de vous sécher. »

    Du pied, j'écarte mon sac, que je viens positionner contre une grosse roche, et j'arrache de mon dos le k-way trempé. Le sweat suit, ainsi que les chaussures et les chaussettes. Frappant contre mes épaules avec mes paumes, j'explore les quelques mètres visibles que nous possédons du boyau. Le sol reste plat sur une dizain de mètres de large, avant de commencer à s'enfoncer en pente douce. Une sinuosité dans le sol trace une gouttière par laquelle l'eau véhicule, et j'entends le déplacement du ruisseau interne qui s'enfonce dans les ténèbres. En détachant mes cheveux trempés, je m'enfonce de quelques mètres, explorant par la plante des pieds les reliefs de la roche. J'ai mal au crâne, et j'ai peur que la migraine s'installe. Elle serait assurément le premier truc à me faire péter un câble. Secouant les mèches brunes entre mes doigts, je remonte mes cheveux jusqu'au sommet de mon crâne et tâche de les maintenir en un épais chignon lâche.

    Je n'ai pas peur du noir, j'ai peur de ne pas pouvoir me voir moi-même.

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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Mar 18 Aoû 2015 - 4:44

L’ambiance était tendue. Après la découverte de la grotte, et maintenant au calme et au sec, je pense que mes camarades ont réalisés que nous étions dans une mouise pas possible. Et si ce n’était pas le temps qui se chargeait de nous, j’avais l’impression que les deux allaient finir par se sauter au cou. Tout le monde était sur les nerfs, ça se sentait clairement.

Pour ma part, j’essayais de garder mon calme, en me disant que si on attendait, tout se passerait bien. Qu’on viendrait nous chercher et qu’on rentrerait tranquillement chez nous. Mais malgré le fait que je me répétais cette issue, je ne pouvais m’empêcher de penser au pire. Et si on ne nous retrouvait jamais ? Si la tempête durait plusieurs jours, et que nous restions coincés sous la montagne ? Et s’il y avait un éboulement ? Et si, et si ? Les scénarios catastrophe tournaient dans ma tête, mais je les chassais dans un instant de lucidité.

Je soufflais doucement tout en écoutant les instructions de Zakuro. Comme au début du périple, il semblait avoir pris le leadership, un peu offert par Takuya sur le coup. Hésitant une demi-seconde sur le bon sens de lui accorder ma confiance, je fus cependant convaincue par son discours qui était censé. Peut-être avait-il déjà été dans une situation similaire. Et j’ai cru entendre, quelque fois, que certaines personnes partaient s’entrainer dans les montagnes. Peut-être était-ce son cas, et en un sens, ça ne m’étonnait pas tant que ça. En espérant pour lui que quelqu’un l’y guidait si c’était le cas, vu son sens de l’orientation déficitaire.

M’exécutant d’après les conseils, ou plutôt injonctions, du géant aux yeux bleus, je quittais mon k-way qui était plus en état de serpillière qu'autre chose. Constatant que mon sweat était aussi mouillé, je le quittais aussi et m’essuyait avec, me retrouvant maintenant en t-shirt, en plein mois d’octobre, dehors, dans une grotte. Et au premier courant d’air, je frissonnais. J’avais l’impression d’être trempée jusqu’à mes sous-vêtements. Mais je n’allais décemment pas me déshabiller entièrement. Surtout que je risquais de mourir encore plus vite de froid.
Imitant mon senpai, je quittais aussi chaussettes et chaussures, vidant ses dernières de la bouillasse humide qui s’y était logé en m’enfonçant dans le sol boueux de la montagne. Je grimaçais.

Maintenant pied nus sur la roche serpentine, je traînais mon sac jusqu’à un mur de l’entrée de la grotte, et me mis à le fouiller, accroupie. J’en ressortais mon téléphone, lumière légère, mais mieux que l’obscurité de la cave. Continuant mes recherches sans prêter grande attention à mes compagnons, j’étais à l’affût de la moindre chose pouvant m’être utile. Je remerciais le ciel mon côté un peu trop prévoyant, qui m’avait un peu encombré jusque-là, et trouvais une lampe de poche à pile parmi mon bazar.

Tapotant légèrement l’appareil qui laissa s’échapper un éclair avant de permettre une lumière plus grande dans l’espace exigu, je la posais allumée à mon côté et remuait les affaires de mon sac. Forcément, je n’avais pas de kit de survie en cas de perte dans la montagne. Ni de kit d’escalade au cas où on déciderait de s’enfoncer dans une crevasse de 3 mètres. La prochaine fois, je prévoirais. Surtout si je suis à nouveau avec Zakuro.

Me saisissant d’un michoko et le glissant dans ma bouche, j’en sortais une poignée du paquet qui traînait au milieu d’autre et la tendais en direction des géants. Sans même faire attention au fait que je coupais peut être une conversation, je demandais nonchalamment :

« Z’en voulez ? »

Après tout, du réconfort chocolaté n’était jamais de refus, surtout dans une telle situation. Rangeant le surplus de ma poignée dans ma poche de pantalon, je remarquais que j’avais eu la présence d’esprit de prévoir, en plus de mes bonbons habituels, quelque chose à manger. Le repas était prévu pour la fin de la randonnée, offert par l’Académie. Mais comme le plus souvent il s’agissait de pique-niques infects, je me faisais mon propre bento pour être sûr d’avoir quelque chose de comestible. Ça tombait plutôt bien, puisque je sentais que nous allions rester là encore pas mal de temps.

Reportant mon attention sur mes équipements, je me saisis de la carte, de mon stylo et de la lampe de poche, que je calais au creux de ma clavicule et de mon épaule, pour pouvoir éclairer la surface plastifiée.
Reprenant le point de départ, les changements de direction que nous avions suivi et étudiant la topographie de la zone, je déterminais vaguement l’endroit où nous étions censé être. A quelques kilomètres près. Je réalisais que nous avions fini par nous éloigner ENORMEMENT de l’itinéraire de base. Et ça m’inquiétait un peu. C’était triste à dire, mais nous avions été plutôt efficaces, et nous avions avancés vite. Trop vite.

Un nouveau courant d’air glissa le long de la paroi rocheuse, et vint effleurer le bas de mon dos, me glaçant toute la colonne vertébrale. Je retenais un frisson qui me secoua le corps, avant de me relever à l’aide du mur et de rejoindre mes équipiers avec ma lampe de poche.

« J’ai réussi à déterminer approximativement où nous sommes. »

Leur déclarais-je tout en leur tendant la carte et en l’éclairant pour qu’ils puissent y voir quelque chose.

« Je propose de rester devant si jamais nous devons nous déplacer, je gérerais la boussole. »

Je jetais un coup d’œil rempli de sous-entendu à Zakuro, et entre autre un "ne t’approche pas d’un quelconque moyen d’orientation et laisse-moi plutôt gérer ça". En un sens, ça me rassurait, de m’approprier cette responsabilité. Ça me donnait l’impression, l’illusion de pouvoir au moins contrôler quelque chose.

Parce que parmi la foule de choses qui m’échappait totalement, la plus problématique sur le moment était le froid. Plus le temps passait, et plus je ressentais des difficultés à me réchauffer. Le fait de rester statique, que la pression soit redescendue et que la situation d’urgence se soit calmée y jouait grandement. Sans adrénaline, mon corps était en train d’essayer de s’économiser. Et malgré mes bonnes capacités physiques, j’étais loin des monstres d’endurance et de force physique qu'étaient mes coéquipiers. Ainsi, je suggérais, une pointe d’espoir dans la voix.

« Si on reste ici, on devrait peut-être essayer de faire un feu, non ? »

Ca me semblait logique, mais concrètement, il y avait peu de chose pour le faire. Pas de bois, pas de paille. Et à moins que l’un deux sache se débrouiller avec un bout de bois ou des silex, je demandais :

« L’un de vous deux n’aurait pas un briquet, quelque chose ? On peut toujours utiliser les piles de la lampe, mais, ça serait dommage de se priver d’un objet aussi utile. »

D’un autre côté, le feu me paraissait de plus en plus indispensable. Si nous restions ici plusieurs heures, c’était l’hypothermie assurée sinon.

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La consécration:
 
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Takuya Hibari
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MessageSujet: Re: Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko   Jeu 20 Aoû 2015 - 18:21

Je me promis de rendre visite au médecin aussitôt rentré, au rythme où mes émotions se chevauchaient un infractus avant l'heure était tout à fait envisageable. Si on rentrait.

Le ton de Zakuro ne me plaisait pas, mais j'avais accepté son leadership et il me fallait au moins l'écouter, et pour l'heure, me contenter de lui renvoyer des regards assassins. Son dos se détachant péniblement dans l'obscurité ne me renvoyait que ce que je souhaitais bien y voir, défit, dédain, paternalisme. La sainte Trinité annonciatrice de d'avantage de mésentente me faisait face. Mes yeux se tintèrent des reflets de l'orage. J'étais éreinté, trempé et humilié, plus par mon sentiment d'impuissance que par ce dos, mais des conseils de Zakuro, ne me parvenaient que des ordres aboyés. Pester, jurer, cracher, je ne pensais qu'à cela, je m'imaginais capable de réduire en miette cette cage de minerais, balayer les nuages d'un revers de main, et enfin, briser cet alignement de vertèbres qui suintait, à mes yeux, la condescendance.
Mes phalanges blanchirent tandis qu'il se retournait, de la fréquence sur laquelle passait sa voix ne me parvenait plus que des grésillements, ses globes oculaires ne daignaient même pas se braquer sur moi. Le dos rond, le visage crispé en un masque de colère je me sentis acculé. Il fallait que je brise cette machine qui me bloquait le passage vers le boyau. Sombre et sûr, il était ma seule chance de fuir des éléments déchainés que ma plus sombre colère ne pouvait faire taire. Mon corps entier tendu dans le seul et unique but de percer cet obstacle, je me préparais à bondir.
Notre salut vint de Naoko, petite voix sombre mais nette qui su se frayer un chemin jusqu'à ma raison malmenée par la tension.

"Si on reste ici, on devrait peut-être essayer de faire un feu, non?"

Un feu. La base de notre être, l'invention qui faisait fuir les plus sombres bêtes. Un feu.
La solution était simple, et je n'y avais pas pensé par moi-même. Un léger rire s'échappa de mes lèvres fines tandis que je laissais mon sac à dos tomber par terre. Pitoyable.
Mes deux comparses me lancèrent un regard intrigué, ceux-ci avaient déjà enlevé leurs vêtements mouillés pour les faire sécher, des friandises ainsi qu'une lampe torche étaient apparus auprès de Naoko. La gêne succéda à la colère, puis la honte, une humiliation bien réelle cette fois.
La question du briquet vint, ma réaction aussi. Les normes reprenaient.

"Veuillez m'excuser, j'étais perdu dans mes pensées."
Dis-je en retirant mon kawai ainsi que mon pull trempés. Le contact glacé du vent finit de me rafraichir les idées, et comme une autre excuse, je répondis.

"J'ai un briquet, mais la pierre a été mouillé par la pluie. Je peux le démonter pour tenter d'essuyer les pièces mais il me faudrait de la lumière." Dis-je en regardant Tanaka.

Je réfléchi, la froide raison qui m'était chère reprenait le dessus, allumer un feu pour nous réchauffer était une idée valable et à notre portée, néanmoins, allumer un feu dans une grotte impliquait d'autres questions, comme les aérations. Notre "entrée" remplirait sans doute ce rôle, sa hauteur était un avantage pour le coup, le boyau quand à lui, était également un candidat potentiel mais bien moins fiable.

"Un feu oui, mais je ne souhaite pas mourir enfumé, il faudrait d'abord s'assurer des sorties d'air. Tentons d'abord un petit foyer pour voir ce que ça donne, on pourra l'agrandir par la suite."

L'air circulait bien dans la grotte mais je souhaitais ne prendre aucun risque. Au final, la question du combustible se révélerait peut-être être le problème principal, un certain nombre de bouts de bois étaient présents sur le sol de notre nouvelle maison, tombés des arbres aux alentours, mais combien étaient suffisamment sec pour être exploitables? Je m'approcha de Naoko et de sa lampe, m'accroupissant.

"Tentez de trouver du bois potable pendant que je m'occupe du briquet, je doute que vous en trouviez beaucoup mais ce sera déjà ça. Pariez donc sur les branches tombées le plus loin de l'entrée."

Démontant le zippo, je demandais ensuite à Naoko d'une voix bien plus calme qu'avant.

"Tu n'aurais pas un chiffon, un mouchoir, n'importe quoi de sec s'il te plait?"

J'espérais que Zakuro serait d'accord, je n'avais pas envie de me battre pour défendre un projet qui me semblait tomber sous le sens, nous avions besoin de nous réchauffer si nous restions dans cette grotte. De plus, si mes esprits étaient désormais plus clairs, cette rage qui m'avait pris plus tôt à la gorge n'allait pas sans contre-coup, mes forces diminuaient.

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Oh, fuck you, Maxwell ! - Takuya, Naoko
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