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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Troquer son coeur contre une trique. { ZAK }

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Tsu Rozen
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MessageSujet: Troquer son coeur contre une trique. { ZAK }   Mer 24 Sep 2014 - 23:24

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Parce que grandir est si dur que je voudrais quelqu'un à mes côtés pour ça.


    Je ne connais pas l’heure à laquelle le vent se lève,mais il se couche tard, et à l’autre bout du monde. Il souffle aux personnes endormies des songes, des promesses, des défis. Il  provoque ceux qui sèment la poussière dans leurs yeux. Il défie la planète entière qu’il parcourt depuis des années, des saisons entières à la recherche de quelque chose qu’il ne trouve pas. Il doit même lui arriver de croiser des âmes perdues, minables, isolées.  Des gens fous. Un peu comme nous quand il se fait tard. Un peu comme ça parce qu’il est fêtard et qu’il doit bien se venger sur quelqu’un, le vent. La fin heureuse dans tout ça, c’est qu’il a l’embarras du choix et que personne ne le gouverne. Il est la liberté que l’on aura jamais et ce, juste par principe. Juste par la merditude des choses. Il fait noir, et j’ai du mal à distinguer l’heure sur mon téléphone. L’écran me parait flou. D’un coup de hanche maladroit, j’ouvre la porte du hall de l’immeuble. Nous y voilà, Zak. C’est l’histoire de deux trouducs dehors, un qui voit l’Eden, et un qui voit la donne.Bonne ou mauvaise pioche ?Mes idées stupidesse collent aux tiennes et m’envoient me faire foutre. Je suis fatigué à mon tour, et je ne sais plus si ton bras, arqué par-dessus ma nuque, cherche une prise pour continuer à marcher dans un coma d’ailleurs ; dans une conscience vagabonde où les mirages sont monnaie courante et où il fait quand même beau, quand même bon de te voir divaguer, d’imaginer à quoi tu penses. Toi, le mec égaré qui n’a aucun sens et qui parle seul. Je finis par me demander qui repose sur qui. Qui craint l’autre, qui comprend le mieux ce qu’il se passe. Je vois le blanc. A mon tour. Mais si je le vois, Zak, c’est qu’il est réel. C’est qu’un tas de flocons et d’étoiles se moquent de nous et qu’on ferait mieux d’aller se coucher avec un bol qui sentirait bon les chocolats chauds d’hiver, avec deux sucres dedans comme quand on est gosse et qu’on en glisserait bien un troisième juste parce que c’est interdit. Depuis que nous sommes dehors, je tremble comme une feuille. Donne-moi ta fièvre et tes illusions. Moi aussi je veux goûter, moi aussi je veux voir. Prête-moi les éléphants et les rouquins tout nus qui dansent autour de toi. Ou alors, fais quelque chose. Fais cesser la neige et le gel, agite les mains et fais fonctionner ta magie. Jette nous ton sable dans les yeux et fais disparaitre les paillettes qui encombrent les mèches collées sur ton visage. Je ne sais pas où aller. Je ne sais pas si j’ai le courage de me rendre dans cette chambre vide que Kei a déserté. Je ne sais pas si je peux encore imaginer son parfum au réveil, la trace de ses lèvres sur ma tasse de café, ses chemises bien repassées et pliées dans l’étagère. Pour combien de temps encore, aurais – je à faire mon deuil ? Putain d’orgueil, putain de tout : plutôt crever. Même mes genoux m’applaudissent. Mes dents font le bruit d’un moteur où chaque partie d’émail se cogne à sa voisine et alors, je me dis qu’il faut marcher, et marcher vite. Ton poids plume est mon fardeau. Il est la nuit. La nuit où tout dehors s’éclaire, où les néons grésillent pour laisser place à ceux qui ne dorment jamais. A cet instant, je ne me souviens plus de s’il est très tôt, ou de s’il est trop tard.« Ramène moi chez moi, Santa des Noëls effrayants. Je m'appelle Zakuro. Et je ne veux pas dormir ici ce soir. »C’était ce qu’il avait marmonné, et c’était ce qui avait du sens.Mais je ne sais pas où c’est, chez toi. Et comme un chien qui reviendrait toujours à sa niche, je t’emmène dans l’endroit que je connais le mieux et où j’ai cru déjà t’apercevoir. Vu ton état, tu feras des merveilles. Tu vas partager mon quotidien sans le savoir. Pénétrer l’endroit où je dors quand je me fâche contre les cauchemars d’absence et ce genre de conneries affutées qui crèvent le cœur plus vite que tout une vie de cigarettes. Come On Zakuro.- C’est parti, Zachary.Mes jambes s’affolent et entament une course. Chaque nouvelle lancée fait pleuvoir un milliard d’aiguilles sur mes cuisses. Elles sont froides et brûlantes à la fois. Tu as peut être choisi le mauvais cheval, un peu trop blanc, trop grand et élancé pour être honnête. Ce pourrait – il que je forme à moi seul ton bestiaire spirituel, Ô Zak ? Ose. Ose me répondre.Je traverse la route sans regarder au loin, la précipitation me vaut quelques klaxons nerveux et pot d’échappement de conducteurs nocturnes dont les cernes touchent le sol. Tout est blanc et tout gèle.- T’endors pas avant d’arriver. Tu vas tout rater, Cow boy. Ce serait moche, tu ne crois pas ?De rater la ville qui tourne autour de toi dans  un profond vertige. De profundis Clamavi, je t’offre une invitation au voyage. Direction l’immeuble de prestige qui surplombe toute la ville. Direction là où j’ai cru que j’arriverai à refaire ma vie et où finalement j’aurais un peu échoué. De tout le bâtiment, l’infirmerie est le seul endroit qui ne ferme jamais, même s’il s’agit d’un lieu fantôme où personne ne se rend une fois les cours terminés et les pré-pubères rentrés à la maison. Tout y sera blanc là aussi, mais tout y sera calme et silencieux. Assez de cachets dans le gobelet. Au bout du corridor, je te dépose sur le premier lit de l’infirmerie, restée ouverte comme prévu en cas de pépins. Le sommier râle parce qu’il n’aime pas les heures supp’, pendant que j’avise une pharmacie fixée au mur dont l’éclat de la serrure verrouillée me nargue. Je plaque mon doigt sur ta bouche. Il fait bon, mes mains se réchauffent et mon corps avec. Après tout ici, nous sommes un peu chez toi.- Aucun bruit, d’acc ? Le temps de me retourner, je continue de chuchoter à l’attention de ma marmotte.- Donc pas de sérénade d’amoureux transi pour me remercier non plus, vu ?Mon air autoritaire ne fait jamais le poids longtemps. « Rozen n’est jamais vraiment sérieux »Non, c’est vrai. Mais y’a des fois, je voudrais pas trop parler dans le vent non plus.En particulier parce que je ne connais pas l’heure à laquelle il se lève.


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Spoiler:
 

Citation :

-Allez Kei, Si tu continues à faire cette gueule d'enfant sage, mes hormones vont prendre le contrôle. Et ce n'est pas ce que tu veux n'est - ce pas? Toi, le doux puceau, tu imagines le drame ?! Alors arrête de me tenter. Puisque tu es si impitoyable avec moi, je vais m'étaler sur ce banc de tout mon long, et tu ne pourras pas t'asseoir. . . A moins bien sûr que tu veuilles t'allonger sur moi?

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MessageSujet: Re: Troquer son coeur contre une trique. { ZAK }   Mar 3 Fév 2015 - 21:15

    Non. Le vent n'a pas d'heure pour se lever.
    Le vent ne se lève pas. Le vent est toujours là, et quand tu ne le vois pas, c'est que tu as forcé tes yeux à s'abaisser pour ne pas avoir à constater de ce que tu ne peux pas considérer. Sans doute ta propre absence, sans doute ta propre déchéance. Si tu cotoyais le vent, vois-tu, tu ne serais pas aux abonnés absents. Le vent n'est pas l'ami des rêveurs. Le vent n'est pas le rival des planètes.
    Ou peut-être que si, peut-être as-tu raison, mais dans une réalité, alors, où le vent n'est pas ce qu'il est sous mes doigts.

    Doigts tendus, caressant, la nuit les enveloppant, le froid les rougissant. J'ai un peu peur de moi-même, Tsu. J'ai la sensation de m'être noyé dans ce qu'il y a de plus stupide en moi, et cette introspection fait doucement disparaître la neige qui n'existe pas. Je t'en aurais donné, si tu le voulais. J'aurais posé mes mains sur ton front, pour que les flocons inondent tes cheveux déjà trop clairs, et pour que toi aussi, ta peau soit mordue par les griffures de ces étoiles en décomposition. En attendant, je tiens encore à rester un peu en apesanteur avec elles. Alors, pendant que tu ouvres la porte d'un immeuble éloigné du ciel, tiens moi encore, soutiens-moi encore, pendant que je fais l'effort de ne pas me réveiller.

    Il neige vraiment, je crois.

    Je ne sais plus tellement ce que je t'ai demandé, mouton blanc qui gondole mes mouvements sous la nuit, mais tu es pire que le marchand de sable, car, avec cet espèce d'acharnement qui m'apparais comme étant propre à ce que tu es, avec une once de désespoir, tu me traînes, et je ne fais aucun effort pour t'aider. C'est sale et égoïste, sans doute, mais j'apprécie que tu sois là, et ça me donne envie de ralentir le temps. Alors, oui. Pardon. Tire moi, parce que je ne veux pas rester seul et immobile à une place qui ne m'appartient pas.

    « C’est parti, Zachary. »

    J'ai un sourire. On ne m'avait jamais appelé comme cela. On le ferait, que je frapperais l'impudent. Mais c'est toi, on ne se connaît pas, et pourtant.

    Tu crois que je pourrais peindre la nuit ? Tu crois que si j'élevais mes mains, je tuerais ces fantômes qui nous poursuivent, en les inondant du bleu de mes yeux, en les noyant du blanc de tes cheveux ? Tu ne me réponds pas, mais j'aime à croire que tu aurais pu le faire, si j'avais ouvert la bouche pour te questionner. Les secondes passent. Les minutes. Je ne sais pas.

    Il y a des bruits, mais je ne m'inquiète pas. Ce n'est pas une soirée de violence, ni une soirée de mort, et il n'y aura ni accident, ni remords. Mes lèvres s'étirent sur mes rimes trop faciles, et je ferme les yeux, alors qu'il me dit de ne pas m'endormir. Je ne m'endors pas, Tsu, tu ne le vois pas ? Je suis en train de me réveiller, je le sens bien. Mes doigts effleurent sa mâchoire, simplement pour le rassurer. Je ne dors pas. Je contemple simplement ce que je ne vois pas.

    Je dois avouer que je ne m'attendais pas à reconnaître l'endroit. Je ne connais pas, mais le lieu est familier, et sous les murs blancs, les spectres lumineux s'en vont, ricochant. Mes prunelles glissent sur les étalages de protons, tandis que mon cerveau s'active à se répéter mes cours de secondaire sur la physique de la lumière. Ça tue les derniers remparts de la drogue, et mon esprit, doucement, se réveille. Il est comme un animal qui se redresse lentement sur ses pattes, et je sais que j'ai été le chasseur et le fusil pour moi-même, contre moi-même. J'ai un demi sourire désolé quand il pose son doigt sur ma bouche, dans l'établissement d'une précaution inutile.

    « J'emmerde Newton. Merci pour tout. »

    Mais c'est une autre fatigue. Une fatigue séculaire qui, tapie dans l'ombre de la première, s'est faite murmure pour devenir rien qu'un mur. Assez haut pour que je le constate, assez haut pour que je me sente crevé d'avance. Le sommier claque, je me redresse. Si je reste assis, je vais m'endormir ici.

    « Merci. »

    Je me répète un peu. Je chancelle un peu, aussi. Du haut de mes deux cent centimètres, ce n'est pas une très bonne idée, et je vois mal Tsu me ramasser. Un sourire d'enfant court sur mes lèvres. Hey, Tsu. Si je tombe, tu tombes avec moi ? Je dévisage sa face, fixe une ride près de son œil, un pli rieur qui fausse son expression de tueur.

    « Je suis sage. Promis. »

    Je suis drogué.

    « Mais j'essaierais de voler avec toi, un jour. Il faudra qu'on essaie de faire mieux que notre tentative dans l'escalier. »

    Je souris, du bout des lèvres, du rebord des yeux.

    « C'était désastreux. »

    Je me détourne, avec la sensation d'être amoureux. Un jour, je dirais à Chess que j'ai rencontré un mouton. C'était mieux que St-Exupéry, mais pire que La Fontaine. C'était l'histoire d'un mouton qui m'avait permis de m'enfuir loin de ma propre tête. Mon oreiller contre la face, je sens mes mèches qui cascadent, qui s'emmêlent. J'ai une envie, comme ça, de pleurer, à m'en noyer dans l'oreiller.

    « Tsu. »

    Je vais peut-être m'étouffer. Ma voix, elle, l'est assurément.

    « Ne t'éloignes pas trop loin, ok ? »


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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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