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 Melancholia ~ [Joshua]

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Joshua Coda
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MessageSujet: Melancholia ~ [Joshua]   Dim 7 Sep 2014 - 21:30

La rentrée. Un événement important pour la vie d'un prof. Enfin, c'est ce qu'on dit. Tout ce que Judikaël remarquais c'était que les grands cerisiers si beaux et si majestueux qu'elle avait vue à son arrivée s'étaient lentement teintées de brun, d'ocre et de rouge flamboyant, et la joie du renouveau printanier avait laissé place à une sombre mélancolie. Quand, tout en marchant vers le lycée, elle vit tomber sur elle une feuille morte, un long soupir se traduisis pour elle comme le début d'un automne qu'elle savait déjà monotone et langoureux.
Des milliers de kilomètres et déjà trois ans. Trois ans depuis sa rencontre avec Lola. Deux ans depuis sa séparation avec le souffle de sa vie, qui s'était éteint avec les larmes, dans un flot de mascara coulant sur ses joues chocolat. Là où les dernières feuilles de l'automne étaient tombées s'était achevée sa dernière vie. Et après plus d'un an semblable à un enfer, la voilà là, depuis six mois. Un nouveau nom, un nouvelle vie, et pourtant. Rien ne l'emplissait de tristesse plus que de voir les feuilles mortes virevolter jusqu'au sol comme milles larmes d'un amour perdu.

C'est dans cet état d'esprit mélancolique que la jeune prof abandonna ses premières copies de devoirs faits pendant les vacances, le brossage de son chat et la recherche d'un logement pour aller vagabonder sans but dans cette ville qu'elle ne connaissait pas. Tout était nouveau, et si heureusement elle avait cessée de voir feu sa mère japonaise partout, elle restait toujours autant perdue face à ce tout nouvel univers qui était le sien. Elle aurait tant voulue le voir au côté de Lola, plutôt qu'ici. Que devenait-elle ? Est-ce qu'elle la reverrait ? Comment allait-elle ? Avait-elle des bras accueillants pour pleurer ? Et pourquoi la pauvre prof devenue une espèce de squelette ambulant traînant comme elle pouvait son sac d'os dans cette nouvelle vie n'avait-elle pas fait davantage d'efforts pour garder auprès d'elle celle qui lui avait fait découvrir ce qu'était vivre ?

Allons chaton, tu ne sais plus respirer ?

Toujours, à jamais, elle la hanterait, et Judikaël ne savait si c'était une bonne chose. De toute façon, le bien, le mal, le fantasme, la réalité, c'est tellement surfait.

Pour mettre un terme à toutes ces questions qui n'auraient jamais de réponses, et peut-être inconsciemment pour débuter une vaine lutte contre la typique mélancolie automnale doublé d'un certain mal du pays, la jeune femme pénétra la première porte qui s'ouvrait à elle. Encore une fois, elle sentait ses jambes la lâcher, après seulement quelques minutes de marches, et une impression de fragilité en poussant la porte. Elle ne pouvait plus le faire à une main, et devait désormais s'aider de son épaule pour cette tache pourtant simple. Toujours ce frisson, comme si son maigre bras allait soudain céder et se briser en des milliers de petits morceaux.

Il semblait qu'elle ait mis les pieds dans une exposition d'art contemporain, à en juger par l'énorme poutrelle métallique suspendue au milieu de la pièce, où était collé vulgairement des carrés de carton sur tous les côtés, même en dessous et dessus, parfois en se chevauchant. Beaucoup auraient trouvé ce genre de chose incompréhensibles, ou de mauvais goûts, mais Judikaël y reconnaissait la volonté de l'artiste comme une métaphore d'un milieu urbain actuel, où sur un grand immeuble d'acier, un monde froid et plus dur que la pierre, des carrés de cartons représentaient des fenêtres. De pales et sales lumières au milieu du monde gris, des lumières qui se chevauchent, qui n'ont d'autres places que sur les toits ou dans les bas-fonds, mais des lumières quand même. Mais la dure réalité était bien que tous les bouts de cartons n'avaient pas leurs places sur la poutre de métal, et la prof ne put savoir si les quelques morceaux de cartons par terre étaient tombés de la structure où disposés là volontairement.
Elle était douée pour ce genre d'analyse, mais ça ne l'amusait plus. Lola et l'automne emplissait son esprit, et elle mit simplement ses mains dans les poches de son pantalon avant de continuer sa visite, sans même prêter attention à l'écriteau traduisant ce qu'elle avait sûrement déjà compris.
Un peu plus loin, un rideau noir attira son attention. Comme un lieu interdit, comme le passage vers une autre monde. Quelque part, elle savait que c'était juste l'entrée vers une salle de projection, mais son caractère puéril voulait continuer à croire que quelque part, une porte comme celle-ci menait à un monde plus beau, plus intéressant que celui-ci. Un monde où personne ne la regarderait de travers parce qu'elle portait une capuche dans une exposition afin de cacher un visage que les autres trouveraient effrayant. Alors, elle tira le rideau noir.

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MessageSujet: Re: Melancholia ~ [Joshua]   Jeu 5 Mar 2015 - 22:45

DYSTOPIA.

And who are you, the proud lord said,
that I must bow so low ?
Only a cat of a different coat,
That’s all the truth I know.

And so he spoke, and so he spoke.

-


«
Tu danses, mon amour, et ta beauté est enivrante, pleine de cette déchéance et de ce vice, ceux mêmes qui font succomber les hommes à l’appel de la traitrise. Une traitrise infecte, une lâcheté empoisonnée, désireuse d’être éveillée de son sommeil gangréné. La mienne est glacée, horrible et rugueuse au touché, bordée de stalagmites recourbés, des écailles de neige longilignes dressées contre ma peau, une cage dont je ne pourrais me séparer même si je le désirais. Ta création sur mon derme, froide, si froide, impitoyable et prometteuse de ce vide dans lequel je peine à avoir conscience de me jeter. Le joug de ton regard sur ma silhouette, l’appréciation de la déglutition onéreuse opérée par cette prison de frimas, et ton sourire, toujours ton sourire, pour me bercer jusque dans les limbes de l’obsession.

N’oublie jamais, s’il te plaît, je t’en prie, ce monstre que tu as créé.

Pour l’instant, toutefois, continue simplement de danser cette féerie inquiétante, et porte-moi plus loin dans ce que rêve duquel je ne désire pas me réveiller. Je me complais dans cette chimère dans laquelle tu ondules dans le simple but de voir mes yeux festoyer sur l’entièreté de ton existence, dans cette méandre dans laquelle tu me regarde, adorateur, à la dérobée.

Loin de ton indifférence, loin de tes jeux sordides.

Je ne veux pas me réveiller.
»

-  Ashton




-

Si mes pas m’avaient guidé, dans cet élan familier de l’ascension du jour, vers une destination inconnue qui avait manqué à mon existence pendant de trop nombreux mois, c’était la vibration diffuse émanant de derrière le rideau qui m’avait conduit à l’intérieur de la scène cubique.

Une alcôve désuète entre deux immeubles trop hauts et grisonnants d’une architecture utilitaire moderne m’avait montré le chemin, dessinant l’arche discrète de cette entrée vers une bassine bouillonnante de créations humaines, des encas pétillant de l’arrière goût de leurs géniteurs. J’étais donc entré dans l’un des nombreux manoirs de l’expression du monde, avait laissé couler mon regard hétérochrome – argenté et doré – sur une longue poutre métallique couverte de nuances. Elle se balançait au-dessus du vide, sa surface métallique trop tâchée pour arriver à attraper la lumière fragmentée qui filtrait d’entre les stries de poussière engluée qui décoraient les néons de la salle. Des carreaux étaient disposés sur toute sa hauteur, des nuances géométriques s’alignant maladroitement dans une imposition humaine qui se dévoilait à moi comme empreinte de futilité. Ces bouts de papiers, légers, intentionnellement mal collés, donnaient à la poutre une apparence de bâtiment picoré de fenêtres irrégulières, monochromes. Des vitres monocordes, jetées dans le désordre sur un immeuble certainement représentatif d’une perception humaine.

Tellement humaine.

Je les avais jetés au sol, un mouvement s’emparant de mon corps, et les bouts de papiers grossiers avaient voleté vers le bas, des papillons de nuit aux ailes géométriques. La poutrelle avait tremblé, avait été secouée d’un lourd frisson qui s’était soldé par un grincement. Un grincement qui m’avait rappelé un gémissement, une plainte, qui avait ravivé la désinvolture des traits d’une morte sous mes paupières. N’avait-elle pas prétendu s’être écartée de son propre chef ? Ah, Mei, aurais-tu aimé cette sculpture désuète ?

Probably.

J’avais froissé les fenêtres tombées d’une semelle, noire, qui se mariait au criard jaune des Doc Martens que j’avais, encore une fois, subtilisé à Zakuro. Puis j’avais fourré mes doigts dans les poches de mes slims, accordant un dernier regard à la décevante structure – de métal, de papier, d’un peu trop d’espoir, d’un peu trop des mots d’une idiote qui aurait sourit devant l’échafaudage – avant de poursuivre mon exploration de la galerie d’art.

À un moment, l’un de mes bras avait effleuré le rempart velouté d’un tissu opaque, noir, lourd, se dressant devant l’embrasure d’une entrée. Je m’étais figé au contact, dressant mes prunelles munies de lentilles toutes aussi translucides que le clair de lune sur toute sa longueur, le toisant, l’interrogeant. Les tissus ne parlaient toutefois pas et je ne pus que me tenir là, prostré et pensif, à fixer d’épaisses ondulations de velours sombre en silence. L’épiphanie vague de l’intérêt, le crispement des mes phalanges. Qu’est-ce que ce filtre nocturne cachait-il ? Une exposition qui naîtrait d’entre les rires fugaces et mystérieux d’une foulée d’ombres, qui se nourrirait d’éclairages savamment manipulés et de sonorités hallucinantes pour vivre ?

J'avais tiré le rideau noir.

-

Il y avait peu de monde dans la salle diffuse cachée derrière le rideau, peu de yeux pour observer les projections et les faisceaux qui s’entrechoquaient sur chacune des surfaces composant la pièce, peu d’oreilles pour écouter les lamentations, tantôt graciles, tantôt crissante, de l’enregistrement qui tournait en boucle, peu de visage pour plisser les yeux et froncer les sourcils à la vision du jeune homme  qui ondulait au cœur de ce brouhaha.

Le rythme n’existait pas, mais pourtant le corps se mouvait dans une interprétation presque chorégraphiée des mots chuintés qui explosaient tout autour. Il se mêlait aux images clignotantes d’étrangeté qui fleurissaient ça et là, élément vivant de cette énième exposition qui endossait les vêtements d’une critique sociale. Son visage se faisait de marbre, ne laissant transparaitre que les expressions que les jeux de pénombres intensifiant ses traits créaient. Ses articulations semblaient indépendantes les unes des autres, ses poignets décrivant des arcs qui s’opposaient à ceux tracés par ses bras, par ses jambes. Ses os étiraient la chair nue de son corps, glissant sous sa peau comme des navires ramant sur l’eau d’une rivière, une rivière contrôlée par la contraction passagère d’une musculature fine. Il était svelte, presque trop, fantomatique de par la pâleur de sa peau et de par la blancheur de ses cheveux.

Il bougeait.

Il s’infiltrait entre les curieux, les effleurant à la manière évasive d’un courant d’air, déposant sur eux la pesanteur sulfureuse d’un regard qui s’efforçait de demeurer terne. Parfois, ses paumes valdinguaient doucement sur la peau des spectateurs, attrapant leurs poignets ou leurs cous, telles un souffle bref qui ne durait que quelques secondes avant de disparaitre.

Toujours, il exécutait ses mouvements à la manière d’une danse, ne s’accordant aucun répit, constamment et gracieusement mobile. Lorsqu’il s’approchait ou lorsque des jets de lumière particulièrement intense s’adonnaient à fouetter sa silhouette, on pouvait voir des perles de perspirations glisser sur son épiderme.

Il était ce spectacle muet et imprévu, le seul élément de présentation qui ne se remettait pas en boucle après un certain nombre de minutes, le seul dont on ne pouvait deviner la suite. Il existait au cœur de cette œuvre sans vraiment y exister, la recréant sans se fier aux mœurs que l’artiste avait pu chercher à communiquer.

Il se l’appropriait. Je me l’appropriais.

Si l’éventualité où un panneau expliquant de quoi retournait la prestation à laquelle je m’étais intégré existait, elle ne m’empêchait toutefois pas de rendre l’œuvre réalisé par un cerveau dont l’identité m’échappait partiellement mienne. N’était-ce pas là toute la beauté de l’esprit créatif contemporain ? Un esprit qui se voulait avide d’interprétation, de critique, souvent d’humanité ?
Il ne faisait nul doute là-dessus. Je l’embellissais.

Mes doigts accrochèrent un nouveau visage, celui-là baigné d’une féérie bleuté, et mes lèvres s’égarèrent dans l’esquisse songeur d’un sourire que je ne pu contenir brisant ainsi, l’instant d’une milliseconde, la placidité du visage que j’avais chois d’afficher.




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MessageSujet: Re: Melancholia ~ [Joshua]   Mer 15 Juil 2015 - 23:47

Judikaël contre le bord du mur, contemplant le rideau noir ondulant à la lumière, finit par détourner les yeux vers la prestation fascinant les visiteurs. En quelques secondes, son esprit se fondit avec celui de la foule, cette masse de personnes pourtant souvent indifférente à ce qui se passait sous leurs dizaines d'yeux à tous, qui devinrent ses camarades silencieux. Pas un regard était nécessaire pour l'en informer, il y avait cette ambiance crée, cette lumière qui les baignaient tous de la même manière. Et la personne qui les envoûtaient tous, qui unissait ensemble tous ces spectateurs, qui intégrait le squelette aux autres personnes sans le voir comme une curiosité, n'avait plus rien d'humain.

Dans ces membres fins et parfaitement blancs, longs et semblant manipulés par une marionnette sans fils, seul un corps meurtri par une désolante solitude aurait pu se retrouver. Pourtant, il n'était pas chétif. Il ? Judikaël avait le pouvoir d'en avoir la certitude, ce qui ne semblait pas le cas des auteurs de ces murmures, de la rumeur grisée par le nombre parcourant la pièce. En épousant ainsi la musique et les vapeurs colorées qu'elle dégageait, par ses mouvements légers et volatiles, on ne pouvait que l'envier. La lueur bleuté se réveilla dans le regard de l'être silencieux qui enlaça ses propres épaules, en partie par peur des éclairs bleus dans ses cheveux, mais aussi animé par une envie de se briser en milliers de morceaux d'os roulant sur le sol. Si au moins de cette manière il était possible d'approcher la perfection qui l'habitait à ses yeux.
Chez lui, on ne voyait pas la mort. Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel pouvait se lire dans ses yeux, comme si la musique invisible pour tous les autres pouvait s'y refléter. La magie contenue dans chacune des mèches de ses cheveux forçait Professeur Coda de penser qu'il avait voler tout ce que le monde pouvait offrir de beau, et ça ne faisait que renforcer sa rage. Celle de se dire que cet inconnu avait tout, tellement plus que tout ce que son ambition la plus grande pourrait lui offrir ! De l'amour à l'espoir, de l'inspiration à la technique dans toutes les disciplines, de la confiance en soi à l'altruisme le plus spontané. Et pourquoi haïr quelqu'un qui, d'un tour sur lui-même, peut se mettre le monde à ses pieds couleur soleil ?

Grincement de dents.

Judikaël se tournait déjà vers la sortie en soupirant de ses propres pensées, injustement cruelles envers un amuseur de foule, un ange plus blond que blond qui avait réussi là où les autres échouaient. La foule était pleine et compact, lui ne rentrait pas parmi eux, quand la jalousie se maudissait de ne pouvoir lui ressembler. Alors, il s'approcha, alors que tout s'inversait.

Ne te retournes pas.

Ne le regardes pas.

Ne me regardes pas. Pas comme tu me regardes.


Pourquoi ? Judikaël n'était plus de la foule. Judikaël était en dehors de la route, Judikaël était AUTRE. Les doigts touchèrent les lèvres et jetèrent un sort. Celui de devenir. Celui de l'espoir. Celui de faire tomber les feuilles d'automne mais aussi de faire revivre celles du printemps. Les pouvoirs d'un dieu.

Judikaël se laissa emporter par Merlin l'enchanteur. Prolongeant le contact, tentant de voler le plus possible de cette magique qui s'évaporait de chacun des portes de sa peau. Sans savoir que faire, le suivre, reproduire les gestes un à un en oubliant les tiraillements se faisant ressentir dans tous les muscles de son petit corps. Devenir l'ombre sombre de l'être de lumière, danser derrière lui, sans prétendre pouvoir attirer son attention à lui ou à n'importe lequel autre. Et si c'était là sa place, s'il ne fallait jamais prétendre à plus ? Est-ce cela Devenir ?

Non.


En tournoyant, Judikaël revint face à lui, se dressa pour atteindre sa hauteur et le tuer d'un regard, l'air de dire que jamais il ne pourra faire faiblir sa détermination, que s'il l'a choisi, si les choses était réellement différentes pour un professeur maudit, jamais il ne pourrait reculer en extrayant l'élément problématique de sa boîte compacte. En lui soufflant à l'oreille, son objectif était de marquer son esprit, sans réellement attendre de solution à cette question sans réponses.

« Que dois-je faire pour te ressembler ? »

Même si je dois le griffer à mort et revêtir sa peau. Même si je dois chanter jusqu'à couvrir la musique sur laquelle il se mouvoit. Même si je dois lui voler son nom et le prononcer jusqu'à le détruire.
Je danserais jusqu'à arriver là où je dois aller.


Il fallut un peu de temps pour enfin comprendre que la musique s'était arrêtée. Selon sa promesse, il fallait continuer. Mais la raison, souveraine, surpassa l'implicite pensée, pour faire baisser les bras et cesser les déhanchés tournoiements de Judikaël, ceux qui menaçait après chaque souffle de fendre tous ses os d'un coup. La foule était partie. Il ne restait plus que les autres. Ceux qui dansent.
Comme il avait dû trouver prétentieux que quelqu'un ose se dresser ainsi alors qu'il avait daigné lui donner de l'importance. Cette main divine avec le pouvoir de pousser quelqu'un à se dresser ou à se taire à tous jamais, peut-être que la raison aurait suggérer de ne jamais la prendre. Ce serait alors une première victoire quand un esprit malin décida d'inspirer ceci à l'ombre. En guise de salutations à la lumière.


« Je m'appelle Joshua, et vous ? »


Kami-sama, sans aucun doute.

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MessageSujet: Re: Melancholia ~ [Joshua]   Ven 18 Déc 2015 - 16:41

UTOPIA.

When you and I were forever wild
The crazy days, city lights
The way you'd play with me like a child

I've seen the world.


-

J’avais tiré le rideau noir  et le tissu s’était plissé contre mes phalanges avec une pesanteur prometteuse, s’était compressé en un étalage de rides passagères. J’avais tiré le rideau noir, dépassant le cadre étoilé d’une entrée vers un univers où la mouvance, le son et la luminosité s’entrechoquaient comme des coupes de vin trop pleines, murmurant contre mes synapses les images d’un festin cognitif dont les plats n’avaient pas été précédemment goûtés.  J’avais tiré le rideau noir et laissé derrière les papiers-fenêtres d’une esquisse sociale désappointante pour m’approprier les ondulations multicolores d’une surface cubique dont l’étendue se transformait au gré de mes désirs.

Et à un moment, porté par les vagues d’une alchimie sensorielle, j’avais effleuré son visage de ma peau, barbouillant une porcelaine plastifiée d’un contact bref, chuchoté. Je n’avais que trop peu remarqué les détails, m’était contenté d’attraper les jeux de bleus s’affrontant contre sa silhouette, brusquant par la douceur, frôlant par la violence, m’imposant comme œuvre d’art pour défier les contraintes d’une matérialité humaine. J’avais appuyé sur un interrupteur, portant une machinerie rouillée à l’ignition.

L’exposition, l’enivrant de sa mélodie de la même manière que la flûte de Hamelin envoutait les rats, l’amena à se mouvoir près de moi, lui offrit la possibilité de se nourrir de mes mouvements. La danse s’exhala, puis s’étouffa, crachant ses restes contre une absence de résonnance, là où une basse déroutante s’était préalablement chargée de faire vibrer nos muscles. Je tressaillis, me figeant à la manière d’un pantin porté à la soumission par l’immobilisation de ses fils, conservant une position finale qui m’abandonnait face à l’Autre, à l’entité humaine qui avait choisi de s’approprier mon jeu.

J’observai une nouvelle fois les éclats synthétiques des jets de lumières égayant sa peau, une blancheur striée de mauve peignant son cou et la part inférieure de son visage. Son regard était animé d’une passion audacieuse, découlant des miettes d’un monologue interne contre lequel je n’avais point pu poser ma langue, mais que j’avais vraisemblablement salé de mes élans. Une détermination brûlante s’installait dans l’échafaud d’une cadence asymétrique et ses mouvements, à cet Autre, persistaient et s’enflammaient dans un désir implicite de prouver sa compétence, sa capacité. Ses mots m’arrachèrent un sourire qui vint fracasser, pour un instant, pour de bon, la scène de ma prestation. Mes joues se fendirent et mes dents se dévoilèrent, saluant son effort.

Comme moi ? Comme ce songe facétieux qui avait entortillé des paires de yeux dans sa toile sensitive, brodant des flocons d’intérêt contre tous les secteurs de leurs cerveaux, les collant à l’hypothalamus, puis à l’hypophyse dans un désir décadent de modifier jusqu’à leurs sécrétions hormonales. Comme cette créature désincarnée qui avait perforé la perception visuelle, écarté l’influence du chiasme optique au profit d’un monde qui s’embrouillerait.

Les lumières oscillèrent le blanc tournant au vert, l’Autre les imitant, oscillant puis s’écrasant à l’inertie. D’acteur, j’étais, brièvement, passé à spectateur et la balance se restaurait dans l’absence commune de nos déhanchements. La foule, à un moment que je n’avais pas enregistré, quelque part durant les intonations d’une curiosité qui avait bouillonné contre les muscles d’une humanité s’étant insérée à mon jeu, s’était désagrégée. Il ne restait que les danseurs, que les égarés, dans la dimension sombre d’un cube picorer de couleurs.

Joshua se présenta et je lui fis la révérence, masquant mon amusement en penchant bien bas et me redressant pour placarder l’immensité, une voile lactée ou trois, de mon sourire sur sa chair. Humain, humaine, hors des constrictions définitives et inexistantes du genre. Je claquai ma langue contre mon palais, quittant la prose physique au profit d’une dégénération plus familière. Mes doigts vinrent secouer la blancheur de mes mèches, crissantes d’un firmament de sueur hantée par la sporadicité des couleurs.

« Pour me ressembler, il faudrait cesser d’être. L’immatérialité ne s’effleure que si l’on merge avec la non-existence. »

Je m’attardai sur les relents de sa première interrogation, m’approchant en quelques pas et abaissant mon menton pour mieux pouvoir détailler ses traits, prendre note de la longueur de ses cils et de la forme de sa mâchoire. Mes phalanges trouvèrent de nouveau sa peau j’appuyai sur sa pommette, inquisiteur. Je m’imaginait froisser le papyrus de son visage, dévoiler les nerfs, puis les muscles, pousser, pousser, jusqu’à en atteindre une âme que je pourrais que m’imaginer. Puis-je te dévorer, intriguant et passager pallié de l’humanité ? À quoi ton cerveau pourrait-il bien ressembler ?

« Je suis ce que je désire être et ce que tu veux que je sois. Je suis tout. Ou rien, peut-être. L’interprétation est tienne. »

Et peu importe ce que souhaites et ce que tu crois, Autre, entité des ères modernes, tu ne pourras jamais atteindre mes sphères, jamais m’atteindre ou me toucher, le monde vogue et j’y filtre, hilare, léger, immatériel. Ta matérialité est exclusive à ton existence, la mienne n’est qu’enveloppe momentanée, funeste condition d’un état temporairement insoluble.

« Qui veux-tu que je sois ? »

Je deviendrai. Celui que je veux être, astre et galaxie, informe et irréel.

« Qui suis-je ? Dis-moi. »


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