₪ Académie Keimoo ₪

The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Breathe you, Warm you up

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Yui Valentine
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MessageSujet: Breathe you, Warm you up   Dim 24 Aoû 2014 - 0:43

SUITE DE: Mail sans Titre
Marv - Valentine


-Le temps n'est qu'un prétexte, Mar... non pas Marv, Lun.

C'est ça, rattrape toi, Valentine, vieux crétin.


-
Il y avait beaucoup, beaucoup... vraiment beaucoup de pages. Elles étaient par milliers dont certaines, d'une écriture qui ne pouvait être plus familière autrement qu'étant la sienne et d'autres, toutes ces autres-là qui s'agglutinaient en masse n'importe comment, dans une discordance totale avec leur apparence soigneusement imprimée, régulière, impeccable. Il y avait tout ce papier en vrac dans son bureau d'ordinaire soigneusement rangé, et ça le rendait complètement malade d'avoir à chercher, d'autant plus qu'il ne parvenait pas à mettre la main sur la bonne feuille. Un bordel sans nom, où de nouvelles notes semblaient arriver en folie à mesure qu'il en cherchait la bonne, plongé dans une frénésie colérique dont la violence n'arrivait plus à se maîtriser.


Parce qu'en sortant de ce sommeil comme on quitte une pièce pour en pénétrer une autre, c'est ce ton doucereux qu'il avait entendu. Une voix tellement douce au réveil qu'il avait mis un moment à réaliser qu'il venait d'être happé par le réel et qu'il n'était plus en train de dormir. Ensuite, les paroles avait insidieusement commencé à s'infiltrer dans le monde de sa compréhension; il avait alors commencé à en écouter la teneur en émergeant tranquillement d'une nuit supplémentaire. Mais avant la fin de ce titre inconnu passé sur sa station radio matinale responsable de son réveil, la machine avait prit un vol, -méchant vol qui a brutalement troqué la musique contre le silence après un crash qui en a dit long sur son sort. Bien Valentine, bien. Et ça t'apprendra à vouloir changer l'atroce sonnerie digitale et monotone dont tu as l'habitude.

Breath Me - Sia

De toute façon Yui Valentine n'aime pas ce genre de chanson où il faut perdre un bras, un cœur, un rein. Même qu'il avait eu un frisson horrifié en voyant Lun Marv lui murmurer ces inlassables paroles comme un esprit mal reparti là où il aurait dû aller. Be my friend, Unfold me, Wrap me up, be my friend. Yui, réveillé s'était alors maudit puis avait croassé d'une voix non utilisée, -... ça va pas mon bon Valentine, tu pètes vraiment les plombs.

Un silence, celui d'un réveil perturbé.

-Mais il est quand même fou à lier ce Marv.

Et d'un soupir fatigué, et il avait trainé ses pieds jusqu'à la salle de bain.

Yui ne savait pas ce que son ancien secrétaire administratif avait à lui clamer cette pseudo amitié. Ce n'était pas la première fois qu'il l'évoquait d'ailleurs. Et à chaque fois que le jeune homme le lui avait rappelé, Yui Valentine avait inlassablement montré par x, y et z que Marv aurait dû cesser de se bercer de ce genre d'images abstraites. Et pourtant, il persistait. Alors Valentine attendrait pour le voir puisqu'il n'était vraisemblablement pas encore arrivé. Yui Valentine avait toujours du temps.
A son bon vouloir.


C'était encore assez tôt, Yui avait oublié de demandé les horaires d'ouverture du garage alors il s'était décidé de passer avant l'ouverture du salon de thé. Pour honnêtement s'enquérir de l'état général de Marv et ensuite, moins honnêtement disparaître quoiqu'il arrive. Qu'il ait fouillé ses dossiers, qu'il lui remette une enquête sur Brisebois -donc sur lui-même par défaut. Qu'il disparaisse puis réapparaisse des années plus tard salement amaigri et marqué comme s'il avait vécu la guerre. Qu'il décide de vivre ou de mourir.

Oui, Yui Valentine disparaitrait, comme il savait si bien le faire, pour réapparaître un autre jour si son ancien étudiant se trouvait vivant, quelque part. Cela étant le postulat de base, imaginer toutefois que Lun Marv puisse un jour ne plus répondre de son nom attristait indéniablement Valentine au plus profond.

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Jeu 4 Sep 2014 - 4:06

Certes. Le fou à lier était une bonne description. On ne pouvait reprocher à Lun Marv d'être une moitié de personne. Lui, il voulait généralement tout ou rien et ne se contentait pas d'un approximatif qui risquait de lui faire grincer les dents. Difficile de savoir pour autant ce qu'il pensait vraiment de Yui Valentine. De toute façon, il était loin de ces préoccupations. C'était un matin, assez banal pour lui.
Plus tôt que le soleil se levant, il avait entendu le son du réveil de son téléphone portable. Une musique de muse, qu'il avait enregistrée la veille, sous un coup d'impulsion. Le blond s'était alors levé, les cheveux irisés, la marque de l'oreiller sur la joue et un léger filet de bave au coin des lèvres : lui rappelant que la veille, il avait abusé de la boisson alcoolisée. S'il était en train de rêver, il l'avait immédiatement oublié.
Lun Marv s'était levé, en grognant, avait attrapé son réveil, désactivé la sonnerie et avait enclenché une play-list avant de rentrer dans la salle de bain. Un quart d'heure plus tard, il était ressorti entouré d'une grosse serviette épaisse.
Lun avait croisé Éden, qui allait se coucher. Et qui avait marmonné « Exam demain, claqué … d'nuit. » Autant dire que son camarade ne se lèverait pas avant la fin de l'après-midi.

L'apprenti enquêteur était rentré dans sa chambre. Il avait enfilé un vieux jean et un tee-shirt bleu avec l'image d'un chat dessus tombant du haut d'un immeuble en flamme dans une mare de crocodiles où était inscrit : « Un chat retombe toujours ses pattes. »

Puis, en ronchonnant légèrement intérieurement, l'homme avait été réveillé ses deux enfants. Judith et Philip avaient beaucoup de mal à se lever en ce moment. Ils auraient préféré rester avec leur père plutôt que devoir aller à l'école. Seulement Lun avait souhaité qu'ils reprennent le plus rapidement possible un rythme normal – suite à son accident. Il n'avait pas l'impression que ce soit bon pour eux de rester enfermés dans la maison, à le regarder comme-ci il allait à nouveau disparaître. Après une bataille pour qu'ils mettent écharpes, bonnets et gants, Lun avait enfin pu les conduire en direction de l'école.

Sur le retour du chemin de l'école des enfants, il avait un peu trainé. Quelques affaires qu'on lui avait confié le taraudaient un peu. Des histoires sans grandes importances, mais qui toutefois l'inquiétaient. Il se demandait aussi s'il devait reprendre contact avec Ethan à propos de Cameron, sans en avoir ni la motivation, ni la foi. Depuis que son père lui avait dit avoir croisé le jeune homme, Lun s'était plutôt renfermé dans l'idée qu'il ne servait à rien de reprendre contact. Il s'était renfermé tout simplement et cela il en avait conscience. Lun se rendait compte à quel point il était furieux. Il était furieux, en colère, contre des mots, des gestes, des attitudes qu'on lui avait rapporté. Il était furieux de savoir que des personnes pouvaient être aussi stupides que l'avaient été certains de ces anciens amis. Et disons que le corbeau local du doux nom d'Hana avait que finit par le conforter dans l'idée qu'il n'avait jamais été indispensable, ni important, dans la vie des autres : et surtout qu'il ne fonctionnait pas comme eux.

Difficile pour autant de savoir où il en était. Lun Marv fuyait les gens, comme on fuit la peste. Il restait en famille, simplifié par cette idée que c'était des personnes qui ne trahiraient jamais. Et le pire, ce n'était pas la trahison, c'était qu'il ne supportait plus de devoir voir les souffrir les autres sans parvenir à les aider, sans savoir quoi faire et en souffrant lui aussi de trop de souvenirs qui étaient depuis bien longtemps morts pour tout le monde. Sauf pour lui.

Et puis, il pouvait trainer. Éden avait souhaité qu'ils embauchent une secrétaire pour s'occuper des rendez-vous. Entre le garage de voitures gérée par Éden et le bureau d'enquête de Lun, les gens commençaient à être trop souvent devant le garage et trouvaient bien trop souvent la porte close. Close, façon de parler, puisque ni Éden, ni Lun, ne fermait la porte d'entrée.
Toutefois, il n'y avait personne pour accueillir les clients. Lun était souvent à l'extérieur pour son travail ou en train d'aider son père ; et Éden passait beaucoup de temps dans ses recherches ou son boulot à l'hôpital. Il était par ailleurs frustré, sans l'être, que le garage commence à marcher : l'obligeant à passer du temps sur de la mécanique automobile alors qu'il aurait du être en train de finaliser sa thèse d'étude.

Ils avaient donc embauché une jeune secrétaire, aux cheveux noirs corbeaux et aux yeux sombres, à l'allure menue, et avec des mèches de cheveux colorés dans les cheveux. Elle se nommait Saiko et avait l'avantage d'être totalement lesbienne. C'était par ailleurs pour ce critère, surtout, qu'Eden l'avait embauché. Enfin de s'éviter de devoir la renvoyer – ou la voir démissionner – suite à un coup de séduction de la part de son colocataire.

La petite demoiselle, d'à peine un mètre cinquante, avait l'habitude d'arriver tôt pour travailler. Elle marchait lentement, à petit pas de souris, et était parfaitement discrète. Derrière le vieux bureau, servant d'accueil, la jeune demoiselle pianotait d'un air discret, sans doute plongé dans des rêveries liées à son couple.

L'homme qui rentra, aujourd'hui, vint naturellement vers elle. Elle lui offrit un sourire chaleureux.

-Monsieur?
-Je cherche Marv.
-Pardon, qui?
-Marv, Lun Marv.
-Il n'est pas encore arrivé mais je pourrais lui dire que vous êtes passé. Qui dois-je...

Une main qui interrompt. Impatience qui parle.

-Laissez je vous en prie.
-Vous en êtes sûr? Vous...
-Laissez. J'attendrai.

Saiko était une ancienne élève de l'académie Keimoo, elle connaissait le psychologue Valentine de vue, mais ne fut pas plus surprise que ça de le voir arriver ici. Tout et n'importe quoi venait au garage. Depuis les deux semaines où elle avait été embauché, elle avait été surprise tout d'abord, de voir autant de personnes aux profils différents, puis comme-ci c'était une habitude facile à prendre, elle n'y avait plus prêté attention. Après tout, c'était une bonne chose qu'autant de personnes se présentent au garage. Ainsi, elle pourrait sans doute être embauché à plein temps et envisagé l'achat d'une petite maison, dans une campagne proche de Keimoo. Encore faudrait-il que sa compagne l'accepte : et accepte leur homosexualité. La difficulté était double dans son cas, vu que sa compagne était mariée à un homme depuis quelques années déjà. Les convenances. Légèrement naïve, Saiko était persuadée que les choses se termineraient bien.

Toutefois, elle ne souhaitait pas faire attendre le psychologue. Aussi la jeune fille prit l'initiative d'envoyer un SMS à Marv. [Quelqu'un vous attend.]

Ce quelqu'un que Lun reçu, à quelques pas du garage, l'intrigua fortement. Il avança un peu plus rapidement, rentrant, une clope à moitié consommée aux lèvres. Lun salua poliment la jeune secrétaire, avant de jeter un regard en direction de Yui Valentine.

Une lueur de surprise éclaira le visage de l'homme, avant qu'un sourire malicieux n'apparaisse sur son visage cerné.

« Yui ? Pourquoi ne pas m'avoir prévenu que vous veniez. J'espère ne pas vous avoir fait attendre ... »

« Lun ... » L'apprenti enquêteur cessa de fixer Yui Valentine. Il jeta un coup d'œil à sa secrétaire, qui lui tendait une pile de trois dossiers. L'un pour les personnes s'étant présenter la veille, alors que le jeune homme était absent, l'autre pour les courriers reçus, et enfin les affaires qu'il semblait à la secrétaire un traitement en urgence. Lun récupéra les trois avec un remerciement et fit signe à Yui Valentine de le suivre dans son bureau.

L'ancienne réserve du garage faisait office de ce bureau. Une fenêtre ne s'ouvrant qu'en soupirail, du vieux parquet taché d'huiles et d'autres substances identifiables. Un vieux canapé, qui avait dû être rouge, un bureau, une chaise de bureau et trois chaises mal assorties posées devant. Lun du allumer la lumière pour y voir quelque chose, la fenêtre n'offrant qu'une possibilité tamisée.

Le jeune homme retira son manteau, son écharpe et déposa un petit sac en bandoulière sur la table.

« Un thé, un café ? Je n'ai que des sachets et de instantanés, mais c'est mieux que rien. »

Sans attendre la réponse, le jeune homme alluma l'eau chaude de la bouilloire déposée sur une table chancelante, où des tasses dont les fonds contenaient des tasses jaunes attendaient pour être utilisé.

« Je dois dire, » Continua Lun avec son air légèrement sibyllin. « Que malgré votre mail, je ne m'étais pas attendu à votre visite. J'ose espérer qu'elle est amicale, plutôt que professionnelle, mais n'en sachant pas la teneur, je vais m'abstenir d'en chercher les détails. »

Lun Marv jeta un regard intrigué en direction de Yui Valentine.

Le garçon avait grandit, davantage, depuis leurs derniers entretiens. Ses yeux verts étaient cernés, par la fatigue et les soucis. Son visage, blanc, n'avait pas eu le temps de prendre le soleil de l'été. Ses doigts, émincés, son visage affiné, on aurait pu décrire chaque os sortant du corps de l'étudiant. Malgré sa prise de poids, des dernières semaines, il avait gardé ce coté émincé, abimé. Toutefois, son visage était rayonnant, entre l'amusement taquin d'un enfant et la curiosité d'un chaton face à un pelote de laine.

Le temps que l'eau boue, Lun se laissa retomba lourdement sur le canapé.
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Yui Valentine
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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Dim 14 Sep 2014 - 22:22

A la première vue du jeune homme arrivant en sa direction, Valentine fronce les sourcils, plisse les yeux. Et il sut alors que leur entrevue ne durerait pas longtemps. Ça lui suffisait déjà. Cela dit, il s’accordera quand même quelques instants dans ce qui fait office de bureau. Parcourant alors du regard la pièce sans vraiment la voir, les dossiers empilés sans vraiment les observer, Valentine se retourne vers Marv en balayant l’air d’un geste de la main, pas vraiment décidé d’en entendre davantage.

-Allons allons. Cessez donc avec cette histoire d’amicale ou de professionnelle Marv.

Oui Marv avait sans doute changé et il n’était nul besoin de devoir se le dire pour le vérifier. Un thé, un café? Ça manquait clairement de fenêtre, ici. Valentine s’y serait bien perché, comme ce qu’il en avait l’habitude dans son ancien cabinet. Une échappatoire.

Que Lun ait réussi à travailler pour son propre compte était une bonne chose.

-Rien Lun, je ne reste pas.

Quelque chose tranchait entre l’impression joviale que dégageait son ancien secrétaire et son humeur à lui, une bouillie indescriptible d’agacement, d’impatience et sans doute un quelque chose s’apparentant à de la fureur. Un ressenti qui ne s’agrémentait d’autant plus qu’il s’apercevait qu’il n’avait plus rien à raconter à Lun ; encore moins que ce qu’il avait bien voulu lâcher aux questions incessantes de ce dernier lorsqu’il s’était mis en tête de venir le voir tous les jours dans son salon. Et alors, Valentine est paru plus froid que d’habitude.

Le gérant du salon de thé sans nom a attendu que l’eau bout pour remplir la tasse avec le moins de trace jaune –quelle négligence ne peut s’empêcher de relever son esprit, d’un geste fluide et aussi apaisant qu’embaumait son lieu de travail. Il a saisi un sachet et l’a laissé infuser avant de le proposer au jeune homme affalé sur le canapé.

-Je vous impose le thé, dirait-on…

Une ironie pour détendre la mauvaise aura qui suinte de sa personne.
Mais Valentine n’avait rien de mieux à proposer. C’était en soi, peut être une manière de dire au revoir à son ancien employé.

Levant les yeux sur l’air intrigué de Marv, Valentine a secoué imperceptiblement de la tête.

-Ne soyez pas surpris, je n’ai rien à vous reporter. Je vous rendais visite.

Le rendais visite sonnant comme une acidité en fin de phrase.
Et puis alors, il s’apprête à repartir, non sans laisser filer cette question.

Et maintenant Lun, est ce que les choses tournent comme vous l'avez toujours souhaité?


Un silence, et Valentine a poussé la porte.

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Lun 15 Sep 2014 - 3:42

La fin, d’une histoire, d’une relation ? Au fond, c’était sans doute ce que Lun avait choisi, avait fini par décider. De s’éloigner, d’accepter ce choix. Il ne se l’avouerait jamais, il disait le contraire, mais depuis la mort de Cassandra, il avait le choix d’être le seul. Le choix de ne plus se lier à ses amis. Et, même s’il avait tenté et tenté encore de maintenir le contact, ce n’était que pour fuir quelques heures plus tard. Et cela n’avait plus vraiment une grande importance. Plus vraiment. Lun avait du travail, à en perdre la tête, et cela lui semblait suffisant.

Lun n’a pas bougé, se contentant de sourire. De ce sourire fin, chaleureux, et pourtant moqueur. Cet air de chat qu’il avait perdu avec le temps et qu’il a retrouvé sans aucune raison. Ses yeux pétillent à la question de l’ancien psychologue de l’académie Keimoo, qui semble vouloir repartir, sans même être arrivé. Ainsi, pense Lun, il était simplement venu voir si j’étais en vie. Qu’il soit content, effectivement, je ne suis pas mort. Quoique, la mort cela fait longtemps qu’elle a rejeté l’idée de me prendre. Dans le fond, si les meilleurs partent les premiers, je ne dois pas être près à partir de sitôt.

Il a posé la tasse à coté de lui et a grondé un peu : il aurait pu se servir. Il aurait pu se débrouiller tout seul.
Puis une question, brusque, soudaine à laquelle le garçon répond en s’avançant légèrement, sans quitter sa position assise. Il se contente de laisser reposer ses coudes, de sentir ses cheveux blonds glisser le long de son visage, sans les sentir. Il se contente de sourire doucement :

« Non. »

Bien sur que non. Il n’avait jamais vraiment rien souhaité. Et si, il y a un an, on lui avait demandé d’extrapoler sur son avenir, Lun aurait sans doute rêvé d’un appartement en colocation avec Shiki, Sora et Kodaa. Il aurait rêvé d’être toute sa vie avec ses meilleurs amis, de vivre tranquillement et paisiblement. Et plus loin en arrière, sans doute aurait-il voulu avec Maeki et Cassandra dans sa vie. Sans doute aurait-il voulu être heureux. Et dans cette extrapolation de projets du passé sur un présent différent, un avenir de l’époque, quelle aurait été la place de Yui Valentine ? Aucune idée. Vraiment. Parce que Lun aimait rire avec ses amis en disant qu’il serait l’amant de Yui Valentine un jour, mais il ne le pensait pas. Il n’avait jamais désiré cet homme autrement qu’en ami. Avant même qu’il ne le dise, que ça ne devienne une obsession verbale : Yui avait toujours été l’aviateur que le Petit Prince croisait au milieu de son chemin.

Hochement de tête, imperceptible. Le passé est le passé, rien ne  le changera.

« Vous partez. »

Le garçon se redresse. Il n’a pas gouté au thé. Il n’a pas envie. Il rattrape l’homme, brusquement, comme-ci la nonchalance l’avait soudainement quitté pour un brusque rapide et réalise retour à la réalité. Ses doigts se sont accrochés, dans un bruit de tissus au haut de Yui Valentine. Sa main se refermant sous le vêtement, avant qu’un tressaillement ne lui saisisse le corps.

Et pourtant, la main s’est relâchée aussitôt et il est resté, là, les bras branlants. Le jeune homme sourit doucement. Retenir l’homme ? Avait-il seulement une bonne raison ?

« Passe une bonne journée Yui. »  

… Ne m’oublie pas.

Pas toi, pas toi à ton tour.

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Sam 20 Sep 2014 - 15:39

Vous partez.

Ça lui allait définitivement mieux, plutôt que ce masque nonchalant.

-Oui.

Si j’oubliais mes patients je serai un encore plus mauvais psychologue.

Yui s’est quand même retourné pour faire face à Marv. Il lui a posé une main sur l’épaule d’un geste qui aurait dû être solennel mais qu’il trouve étrangement affligeant à la fois. Dans le fond, Yui Valentine a la prétention de croire que s’il avait pu tirer les fils de la vie de Marv tel un marionnettiste de l’ombre, alors elle aurait sans doute eu une autre tournure. Sa main s’est resserrée sur l’épaule de Marv.

Yui Valentine n’aime pas cette relation.
Et pourtant, si pendant son absence de la sphère académique des années plus tôt, Lun Marv avait sû, il aurait pu entendre que Valentine avait tenté de tordre le cours des choses en allant faire face à Brisebois. Le résultat se sera soldé en un échec pour cette première entrevue -où il se fera mettre au sol par un Charles convalescent agacé de ses manigances, raison pour laquelle Valentine s’était caché dans l’infirmerie de Fatalys des jours durant pour camoufler sa face tuméfiée. Mais la vengeance étant un plat qui se mange à froid, Yui avait utilisé une manière plus fourbe et où il était bien plus habile qu’au corps à corps ; il avait alors continué à harceler Brisebois, criblant de piques sa mémoire défaillante et le forçant à revenir à l’académie pour revivre ses démons. Ce n’était sans doute pas la meilleure des solutions, Yui n’étant pas un homme saint par nature. Cela dit, il avait conscience de cette haine qu’il avait déclenchée chez Brisebois qui dès lors, s’était mis en tête de le détrôner de son poste ainsi que de l’ordre des psychologues. Et comme prévu, Charles Brisebois était revenu des mois plus tard ; seulement, Yui ne lui avait pas donné ce plaisir sans nom car Yui Valentine était un homme plein de projets en vue du futur pendant que Charles Brisebois était un homme irrémédiablement triste, trop triste de son passé. Yui avait démissionné de lui-même de l’école pour agrandir son empire pendant que Brisebois venait assoir son trône dans un lieu qui n’avait plus d’importance aux yeux du gérant du salon de thé. Et ensuite, Valentine s’était aussi promis de retrouver les étudiants de la liste de Marv, au possible au moins un, et le hasard, fut qu’il soit tombé sur Cammy Logan. Bien que ce ne fût pas par le fruit de ses recherches qu’il soit tombé sur elle, c’était le hasard qui s’était occupé du reste. Alors, sur requête de Marv, il veillait, veillerait sans date butoir sur Cammy, qui au fil du temps, avait fini par se creuser d’elle-même un chemin vers l’ancien psy.

Malgré tout, plus le temps passait plus Yui avait l’impression de voir une personnalité aussi triste que Brisebois en faisant face à Marv. Alors quoi, qu’y pouvait-il encore, lui qui agissait derrière le silence de ces non-dits. Il ne le savait pas. Par contre, ce qu’il savait c’était que Marv n’avait pas besoin d’un psy mais d’amis. Il le savait et c’était sans doute la seule chose qu’il ne pouvait pas lui offrir parce qu’il se complaisait parfaitement dans les relations ancrées dans des couches plus superficielles. Et Yui Valentine le vivait bien.

-Bonne journée Marv.

La porte s'est refermée.

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Mer 29 Oct 2014 - 0:31

Un mois. Toujours pas de nouvelles. Yui Valentine se foutait totalement de lui, Lun allait lui défoncer le crâne. Attendez ! Non, ça c’était violent, c’était facile, c’était trop direct. Il allait plutôt remonter la trace de ses ancêtres, les persécuter tous un par un, puis lorsque Yui aura tout perdu, Lun le prendra, l’enfermera dans une cage, et le nourrira de graine d’oiseau. C’était une très bonne idée, elle était parfaite. Et c’était un juste châtiment pour être venu « simplement s’assurer qu’il était en vie. »

On fait ça, ok ? On se voit une fois dans l’année pour s’assurer que l’autre est en vie. On constate qu’on change, ou pas et puis on reprend notre route, comme-ci de rien n’était. Sale enfoiré ! Evidemment, c’était plus simple pour Yui. Avec sa tête de moineau, il avait déjà oublié qu’il était passé dans le garage.

« Lun ! »

Lun détourna les yeux de l’écran de son ordinateur pour regarder Eden Indentshi lui pointait du doigt, la théière sur le feu, qui sifflait depuis quelques minutes déjà.

« Ecoute-moi, Lun, je ne sais pas à quoi … ou qui tu penses encore … Mais vu le client qui t’attend dans ton bureau, tu ferais mieux de te concentrer. »

Lun grogna. Il regarda le frère qui attendait dans son bureau. Qui aurait cru qu’un petit dealer, assassiné dans le coin, proviendrait d’une famille riche et influente ? Visiblement, proche de la mafia. En même temps, il était connu depuis longtemps que la mafia avait totalement infiltré Keimoo. L’école même en aurait des séquelles. De là à penser qu’elle arriverait jusqu’à son bureau. D’ailleurs, Lun ne comprenait pas bien pourquoi c’était lui qu’on venait chercher. Anouck, un autre détective de la ville, était bien plus compétente et avait bien plus d’expérience dans le domaine.

Il y avait des éléments qui clochaient dans tout ça, et Lun n’arrivait pas à réfléchir.

« C’est l’approche d’Halloween qui te met dans cet état ? » Questionna Eden, en relevant un sourcil intrigué.
« Du tout, je me demandais si Yui Valentine pensait encore à moi. »

Eden manqua de répondre qu’il était dur d’oublier un spécimen comme lui, mais il trouva plus sage de ne rien répondre du tout. Il fallait que Lun se dépêche, car sa jeune secrétaire avait déjà servi deux cafés à leurs invités.

« Tu as trouvé quelque chose sur son frère ? » Questionna le japonais, enchaînant visiblement, plus rapidement les questions que les pensées n’arrivaient à défiler dans la tête du blond.
« Pas vraiment, » Avoua Lun. « En même temps, il est passé il y a trente minutes. J’ai juste trouvé le rapport d’enquête, sur la base de données internet … Mais … Tu crois que tu pourrais voir avec les anciens collègues de ton père, pour me trouver les notes manuscrites ? »
Les notes manuscrites, c’était un peu les pensées des flics de la Police Judiciaire avant que ça en deviennent formelles. C’était souvent mieux que tout ce qui pouvait se trouver dans un dossier numérique.

« Tu vas accepter d’enquêter ? Ce gars a vraiment l’air louche, Lun. »
« Ouais. Ecoute, dis-lui de repasser, il faut que j’aille voir Yui. Ok ? »

Sans voir Eden qui levait les yeux au ciel, maugréant que un, il n’était pas une secrétaire et que DEUX, on ne disait pas à un gars de la mafia de repasser plus tard, Lun attrapa le bomber, trop épais et trop grand d’Eden et se précipita à l’arrêt de bus.

Ce fut ainsi, avec son jean déchiré, son tee-shirt taché d’huile de moteur, ses bottines noires et sa grosse veste kaki qu’il entra dans le salon de thé de Yui Valentine. Si les portes étaient automatiques tant mieux, sinon, elles furent sans doute claquées.

Sans prendre le temps de réfléchir, Lun s’assit à une table, oubliant de retirer son manteau, les bras croisés devant lui, en pleine réflexion.

Connard de Yui …

Un mois. Il aurait pu, au moins, lui envoyer un message, non ?


Dernière édition par Lun Marv le Mer 18 Mar 2015 - 0:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Ven 14 Nov 2014 - 22:49


De la Caféine épurée

Salon de thé


Un éclat de verre a retenti, brisant nette l’ambiance apaisante désormais propre à ce lieu à l’enseigne changeante.
Levant les yeux de son livre depuis le comptoir, Valentine a tourné la tête pour poser un regard calme sur la nouvelle serveuse qui vient de rejoindre l’équipe, en remplacement à un départ. Elle bredouille, rougit et n’ose clairement plus regarder en sa direction pendant un moment, avant de s’empresser d’aller chercher un balai pour débarrasser les bris de la théière qui jonche tristement le sol. Tandis que les attentions se dissipent et que les regards questionnent de toutes parts, ses serveurs se rapproprient chacun leur client pour capter de nouveau le fil de leur conversation voilée.
Yui soupire intérieurement, et rajuste le pli du col de sa chemise blanche tout en se dirigeant vers les morceaux de porcelaine. Il les ramasse consciencieusement et laisse Sonoko s’occuper des plus petits, malheureuse de sa propre maladresse. Valentine ne lui laissera aucune impression de plus que cet air posé, aussi tranquille que si tous ces incidents ne le concernaient pas, et pourtant.

Il finit par remarquer le client qui vient de s’installer tout seul après avoir surpris Sonoko pendant son service. Ah, Marv… Les traits du visage de l’ancien psychologue se sont détendus et ce dernier, dans son cynisme habituel, est reparti se débarrasser des derniers vestiges de sa théière pour revenir avec une nouvelle tasse de thé… au contenant froid. La mauvaise aura et la presque-fumée sortant des oreilles de son ancien secrétaire se verraient ainsi, éventuellement atténuées avec une boisson plus fraîche.

-Marv, salue-t-il lentement, prenant place en face de lui. Un Marv qui sonne également interrogateur sur les raisons de cette venue car Valentine se doute bien qu’il doit bien y en avoir une.

Il détaille le jeune homme d’un air toujours aussi tranquille, attendant une quelconque explication. Ces taches et ce jean troué lui rappellent les adolescents qu’il avait eu l’habitude de recevoir. Une habitude qui ne disparaîtrait probablement jamais assez de ses souvenirs pour s’en révolter.

-Si vous n’étiez pas autant partagé dans toutes vos affaires, activités et tourments, j’aurais eu l’audace de vous demander une extension de votre contrat ici,
a-t-il lancé après un moment, que Lun ait parlé entre temps ou non.

Yui a ensuite poussé la tasse vers Lun quand Sonoko est arrivée sur la pointe des pieds.

-Monsieur Valentine ? Est-ce que vous souhaitez que je me charge de…

Elle a lancé un regard interrogateur vers ce client aux allures négligées mais Valentine a balayé l’air d’un geste de la main, avec un sourire serein.

-Merci Sonoko, ce ne sera pas nécessaire. Je vous présente Marv, mon ancien employé.


Saluant de la tête à tour de rôle les deux hommes, la jeune femme s’est éclipsée dans son coin.

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Sam 4 Juil 2015 - 18:01

Grandir s’avérait une tâche difficile pour certaines personnes. Lun Marv avait bel et bien conscience qu’il avait du mal à avancer dans la vie. Il le faisait, de manière chaotique, revenant parfois en arrière et fonçant droit dans le mur sans jamais comprendre le sens de ses choix. Le jeune enquêteur avait été adulte trop tôt, confronté à la douleur du monde trop vivement et il en avait pas acquis une maturité que d’autres auraient eu. Il semblait au contraire s’être enlisé dans un code vestimentaire, une attitude et une manière d’être qui le rassuraient mais l’enfermaient également dans le monde de l’adolescence. Son père lui disait parfois : Il faut mûrir, pour tes enfants et pour toi. Il faut accepter de ne plus vivre dans le passé et d’affronter le présent et l’avenir. De concevoir l’avenir.

Le visage levé en direction de Yui Valentine, Lun Marv eu un sourire doux. Il était venu colérique, furieux de ne pas avoir de nouvelles. Cette colère s’était envolée à la vision de l’homme. Que pouvait-il bien reproché à cet homme ? Lun aurait aimé être son ami, mais ils n’étaient rien l’un pour l’autre. Ils pouvaient vivre, sans être sur la même route. Ils n’attendaient rien l’un de l’autre. C’était sans doute mieux. Cet endroit, ce salon de thé était une couleur pastel dans la violence criarde de sa vie.

Lun déposa ses coudes sur la table. « Un thé, monsieur Valentine. N’est-ce pas ce qu’on vient chercher dans ce genre de lieu ? »

Le jeune homme émit un petit sourire doux, ses avant-bras s’allongeant comme voulant s’étirer, sans la moindre gêne. Ses poignets tournèrent d’un sens à l’autre en arc de cercle, puis ses mains se soulevèrent pour bouger légèrement au fur et à mesure de ses propos. Sans doute moins que le ferrait un italien, mais bien plus que n’importe quel Japonais.

Dans ses attitudes autant que dans son physique, Lun Marv différait des orientaux. Ils n’avaient pas leurs candeurs. Lui, il se posait là, comme-ci ce salon de thé avait toujours été dans ses habitudes. Qu’il était dans son salon.

Il accorda un sourire, cordial, à la femme. La saluant, brièvement. Dans d’autres circonstances, il aurait eu un sourire charmeur. Là, une phrase avait attisé son attention.

« Ce ne serait pas très responsable de refuser une enquête. Toutefois, il me faudra plus de renseignements avant d’accepter quoique ce soit. Par principe, je n’accepte que lorsque j’ai toutes les informations … »

Un sourire sibyllin se dessina davantage sur le visage du garçon. « Quant à mes problèmes, rassurez-vous, ils sont rares et éphémères ces derniers temps. Je suis un navire en mer. Il y aura d’autres orages, mais actuellement, la mer est calme. »

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Sam 3 Oct 2015 - 10:47

-Pas une enquête Marv, balaye Valentine d'un geste de la main. Ici... au salon de thé.

Ils avaient ensuite apprécié un thé, un simple sencha ou un macha (?), ils avaient discuté de tout, de rien, d'à moitié tout, d'à moitié rien. Pourtant, la sensation que cette scène ne se reproduirait pas de sitôt pèse étrangement sur les pensées d'un ancien psychologue. La nostalgie des adieux et des retrouvailles, la mélancolie des retrouvailles et des adieux. Valentine se dit qu'il aurait apprécié voir Judith et Philip une dernière fois, parce qu'il composaient toute la personnalité perturbée de Lun, l'équilibre étrange de ce minuscule navire au beau milieu d'une mer houleuse. Au moment de partir, il pose une main sur l'épaule du jeune homme, s'apprêtant à dire quelque chose mais se ravise. Lun connaissait-il Cammy Logan? La fille de sa liste d'élève qu'il avait demandé de sauver jadis, dans l'affaire Brisebois.
Il lui adresse de brèves salutations avec un sourire courtois, dans l'attente d'une prochaine fois.

Yui Valentine n'avait pas fait que des choses saines dans sa vie mais il lui semblait qu'il n'avait pas tout fait de travers. Il était sur le point de dire à Marv que, d'une façon ou d'une autre, l'une des victimes nommées de sa liste se trouvait désormais en sa compagnie. Un simple clin d'œil au passé, un nouvel avenir en état de sketch. Et quelques semaines plus tard apparaissait dans les faits divers des journaux locaux, un accident de voitures sur la route en direction de l'aéroport. Sont nommés entre autres, un gérant d'un salon de thé anciennement psychologue à l'académie Keimoo ainsi qu'une ancienne élève de cette même école. Les nouvelles s'arrêtent subitement ainsi, en mi 2014.

(...)

Portrait de Patient
Il était en train de fumer à ma terrasse, quand je lui ai demandé de travailler pour moi. A cette époque, le prénom de Marv était scandé dans tous les recoins des couloirs de l'académie et même moi je connaissais de vue le personnage sans jamais avoir eu affaire avec.
Une fois la barrière de cette distance levée, je me suis toujours demandé ce qui était si marquant chez ce individu, hors de son instabilité générale. Pas forcément en tant que malade, non; mais tout dans son apparence me donnait l'impression d'un déséquilibre quelconque. Et quand il me regarda d'un œil provoquant après avoir fouillé dans mes archives, je n'ai pas su réagir. D'une part j'étais en colère car les dossiers de mes patients n'avaient rien à faire sous le nez d'un gamin, d'autre part, la curiosité de voir son mode de fonctionnent m'avait poussé à l'employer en tant que secrétaire de mon bureau. Une tâche qu'il mena d'ailleurs avec brio. (...) Lun Marv était à mes yeux, un adolescent qui ne savait s'apprécier, et qui passait son temps à chercher de l'affection chez les autres. Est ce qu'il y parvenait? Je doute qu'il y arriva sur du long terme, trop occupé à justement courir après sa carence affective. Il me semblait que tout lui paraissait bon pour tenter de s'attirer inconsciemment l'attention d'autrui, révélant aux yeux du jour toutes sortes de scandale avec à peu près tout le monde de l'école -à part peut être avec moi-même. Troubles de comportement divers, disparition, du sexe, des enfants à garder à un trop jeune âge, histoires dramatiques, amitiés brisée, amours gâchés, responsabilités disproportionnés, une curiosité exacerbée et des enquêtes qui donnaient l'impression qu'il détenait tout sur tout le monde avant l'heure... et j'en passe. À mes yeux, Marv voulait être trop de choses à la fois et il vivait, victime de sa propre scène dramatique. En regardant de loin évoluer ce garçon, j'avais l'impression de regarder un film avec trop de choses, trop d'intensité partout, partout. Partout. Trop.
Donc rien à la fin.
Il voulait ce qu'il avait déjà, comme la fois où il me demanda une amitié (...est ce que ce mot a t-il non seulement un sens réel?) que je lui avais accordé de fait dès les débuts. C'était en soi une étrange composition qui constituait la personnalité de Lun Marv.



Un jour, le téléphone sonne.

-.......Marv?

Une voix croissante.

C'était ironique dans le fond comme tout dans la vie était est ébranlable. La tête sur les épaules un jour et le suivant, c'est le monde à l'envers. Valentine n'avait aucun scrupule à appeler Marv à n'importe quel moment de sa vie. Qui a parlé d'amitié ?


-Je vous attendrai à votre garage.



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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Mer 9 Déc 2015 - 9:58

Il était resté au bar à regarder la valse des passants pressés par une averse tenace. Elle avait commencé tôt la veille dans la soirée et avait duré tout au long de la journée, s'arrêtant le temps de reprendre des forces et de repartir de plus belles. Il était resté installé sur une terrasse à peine couverte les cheveux imbibés d'une eau froide se collant à sa chair tendre. Plus question d'essayer de fumer la moindre cigarette ou de commander le moindre verre. Là, les sons trébuchants de cette pluie de ville jouant sur les gouttières, les rares arbres à leurs dispositions, les voitures et les parapluies vinrent lui abrutir les oreilles de telle sorte qu'aucun autre son ne pu lui effleurer les oreilles.
A l'exception de la bande son du film le Bon, la Brute et le Truand qui lui parvint aux oreilles. Signe que son téléphone portable recevait un appel téléphonique. Ce dernier se trouvait dans la poche arrière de son pantalon, sans doute tout autant trempé que le reste. Le téléphone était, par ailleurs, en piteux état. Malgré une coque de protection contre les chutes, il était ébréché et abîmé de toute part, des impacts successifs avaient eu raison de lui. L'homme l'avait acheté à peine trois mois plus tôt et le changerait sans doute bientôt.

Il l'attrapa entre ses doigts, le numéro en était inconnu. Il n'était pas surpris. Recevoir des appels d'inconnus étaient communs dans le métier qu'il exerçait désormais. C'était même assez commun depuis qu'il commençait à se faire connaître après trois ans de galère. Le rançon du travail diraient certains, de la chance diraient d'autres. Pour l'homme, les raisons de son succès lui importaient peu. Tant qu'il s'amusait et se distrayait dans ce qu'il faisait, c'était tout ce qu'il comptait à ses yeux. Il adorait son boulot, mais ce n'était pas toujours plaisant. Tels les graphistes s'épanouissant dans leurs boulots, les artistes ou les écrivains : faire un métier qu'on aime était un avantage, mais ça n'empêchait parfois de le rendre éprouvant.

Une voix au bout du fil demanda : Marv ?

Une voix connue mais non identifiée. Une jolie voix pour lui, croassante pour d'autre, de celle que vous aimez et que vous voulez entendre avant même de la connaître. Avant que ce soit celle d'un ami, d'un proche, ou d'une personne connue. Juste parce qu'elle a des intonations que certains psychologues, médecins, prostitués et barmans savent avoir. Une voix qui semble déjà prête à écouter. Pour l'homme, c'était surtout une voix dont on sait qu'elle appartient à quelqu'un qui nous est familier sans toutefois parvenir à mettre le doigt dessus. Car la personne n'est pas en chair et en os devant nous et qu'on ne s'attendait pas à son coup de fil. Il est alors difficile de s'en rappeler les traits et le nom reste au bout des lèvres, figés dans une ce qui semble être tellement évident qu'on ne met pas le doigt dessus.
C'était cette même expression que de chercher un mot, qu'on connaît, dont on sait le sens, mais qu'on ne parvient pas au moment où on veut le dire à le sortir. On se sent bloqué, dans notre idée, notre parole et c'était un sentiment que l'homme haïssait.

Ainsi à l'appel de son nom de famille, l'homme sourit. Ce fut avec une voix habituelle, bien qu'un peu cassée par le froid de ces derniers jours, qu'il répondit :

« Lui-même. »

Il se redressa, machinalement. Le coup de téléphone semblait donner le départ d'une scène en suspend. Le temps reprenant son cours. Et telle un joli hasard, une coïncidence ou un destin bien écrit, la pluie s'arrêta. Les signes en étaient tantôt annonciateur, elle était moins forte lorsqu'il s'était arrêté pour la regarder.

Puis la voix l'informa qu'elle l'attendrait au garage. L'homme eu un mouvement brusque vers l'heure affichée sur son téléphone. Il lui faudrait une dizaine de minutes pour y arriver. Il répondit un simple « ok » calme et raccrocha. Il ne réalisa qu'après qu'il aurait du demander le nom de son correspondant.

La suite, c'est un simple allée d'un arrêt de bus du centre ville à celui d'un quartier adjacent. Décrire le peu de présences à cette heure dans le transport en commun, l'odeur acre, tenace et insupportable des sièges malgré la propreté quasi-choquante des lieux ne conduirait qu'à une succession de mots inutiles tant l'homme y était habitué. Il n'y fit pas attention, trop occupé à discuter sur une messagerie instantanée de son téléphone portable à propos d'une enquête des plus inintéressante pour le péon lambda. L'enquête avait été demandé par un notaire pour retrouver les descendants et liens familiaux susceptibles d'hériter après le décès d'une vielle femme âgée honorablement de plus de quatre-vingt-dix ans. Elle s'était retirée du monde pour venir vivre une vie austère et seule au temple de cette ville, loin de la capitale où elle avait auparavant vécue.

L'homme s'arrêta de discuter pour descendre à son arrêt de bus. Il avait auparavant fait deux changements, mais là encore, décrire chaque personne rencontrait serait du même intérêt que décrire chaque feuille de papier se trouvant dans une imprimante. Trop occupé dans son monde, notre protagoniste ne fit attention qu'à sa messagerie, à ce mystérieux coup de téléphone et à lui-même.

Il parvint au garage. Là, la description s'imposait.

Lun Marv portait de longs cheveux blonds ramenés en une queue de cheval négligé où quelques mèches s'échappaient. Il n'avait pas la moindre piercing ou tatouage de visible. En guise de haut, il portait une grosse veste à capuche en laine verte doublée de fausses fourrures. Il la retira immédiatement en rentrant pour l'accrocher à un porte manteau. Elle était trempée.
Sous cette veste, il portait un pull vert, tout simple, trop grand et comportant un col roulé qui couvrait une partie de son postérieur.
Un jean simple habillait le bas, une paire de basket et des chaussettes noirs n'appartenant pas à la même paire. Il ne portait ni gants, ni bonnet et ses ongles bien que mal coupées par endroit ne comportaient aucune trace de vernis actuels. Il est bon de signaler, peut-être, que Lun retira ses chaussures devant l'entrée pour en mettre d'autres.

Dans la pièce, servant de salle d'attente, se tenait un comptoir avec une femme derrière. Jolie et jeune pour les uns, moins pour les autres. Occupée à envoyer des messages avec son téléphone portable sans s'occuper du seul visiteur présent : le responsable du coup de téléphone.

C'était un homme, là encore. Et les deux hommes d'ailleurs se connaissaient depuis de nombreuses années désormais. Bien que sa présence n'était ni attendue, ni habituelle dans les lieux, Lun Marv n'en fut pas surpris. Yui Valentine était de ces personnes qui se pointent chez vous sans la moindre raison et repartent tout aussi tôt. Tel les oiseaux migrateurs, il n'était pas rare de le voir revenir, mais il ne fallait pas non plus être surpris si ça n'arrivait plus.

Lun Marv le salua, salua sa secrétaire, lui demanda un thé, chaud et parfumé, récupéra une pile de dossiers entassés les uns par-dessus les autres et se rendit dans son bureau. Il s'assit sur l'unique canapé de la pièce, ramena ses bras sur ses jambes, leva les yeux au ciel et demanda d'une voix douce, sans être enjôleuse dans un sourire pourtant carnassier.

Avait-il eu vent des mésaventures de Yui Valentine et de Cammy Logan dans un accident de voiture reporté par la presse. Les nouvelles allaient vite et c'était sans doute le cas. Il y a des situations où il est préférable parfois de ne pas intervenir sans passer pour un vautour venant vérifier l'état d'un corps inerte pour s'assurer de sa mort.

La France était un pays charmant, Lun Marv n'en doutait pas. Il voyageait beaucoup et y avait déjà, en de rares occasions, posé les deux pieds. Il n'avait toutefois pas cherché plus d'informations. Si Yui était mort dans de telles circonstances, il l'aurait su. Il en était de même pour la jeune femme. Quant à leurs rapports, ça ne le concernait pas. L'ingérence et la curiosité étaient ses spécialités, mais il avait eu bien d'autres chats à fouetter.

« Navré du retard, j'aurais du vous préciser que j'étais dans le centre ville. J'espère que vous n'avez pas trop attendu. »

Lun jeta un coup d'oeil sur l'horloge de la pièce. Un instant, une lueur d’espièglerie illumina tellement son visage qu'on aurait pu croire qu'il préparait un mauvais coup. Toutefois, il se contenta simplement de dire :

« Ça ne vous dérange pas si je fume dans la pièce ? »

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Mer 23 Déc 2015 - 15:47

La jeune femme à la réception l'avait accueilli mais Valentine ne parvient pas vraiment à s'attarder sur ses détails.
Il attendait et attendrait Marv jusqu'à ce qu'il arrive parce qu'il n'avait plus que cet objectif inscrit en tête depuis son réveil. Depuis quelques temps, il y avait dans son cerveau, des fixations en tout genre contre lesquelles il ne pouvait rien hormis tenter de faire s'estomper cet effet d'ancrage. La plupart du temps, il ne pouvait pas vraiment définir si ces lubies avait besoin d'être résolues; pour cela, il aurait fallu qu'il y visualise un semblant de problématique. Ce n'était pas toujours le cas. Yui est resté assis, à fixer au delà du mur en face de lui, à tapoter régulièrement les doigts contre la table imaginaire, dans ce claquement obnubilant et perceptible que depuis les réflexions de son cerveau. Il ne savait pas si ça avait un effet agaçant ou apaisant mais il fallait qu'il continue ainsi, pour préserver une ligne de mire à atteindre. Lorsque finalement, il lève le regard, un instant passe avant que Valentine remette un visage au nom de Marv, ces cheveux blond trop longs dont il n'a plus le souvenir. Un quelque chose de plus posé peut être.

Au lieu de se hasarder à lui en faire la remarque maladroitement, il a simplement gardé le silence, à attendre qu'il s'installe.

-Je vous en prie. Non, je n'ai pas attendu. Il n'en n'avait pas la moindre idée. Les secondes passent vite lorsqu'on les oublie.

Valentine a simplement suivi Marv après sa commande de thé parfumé et l'a regardé s'installer sur le canapé de son bureau. Il avait l'étrange impression d'être une caméra posé là, à simplement enregistrer des séquences qui peinaient à faire valoir tout leur sens. Oui un quelque chose dans le genre.

- Allez-y.

Il avait aussi oublié que son ancien secrétaire fumait.
Est ce que ça lui donnerait aussi envie de s'en cramer une? Non pas vraiment. Tu étais venu chercher Marv, Valentine. Maintenant que tu y es, ça te fout l'impression que tu n'as pas remis les pieds dans cet endroit depuis des années.

Que fais tu ici Valentine.

J'espère que je ne bouscule pas de trop votre planning, s'entend-t-il déjà penser avant de se raviser.

Si c'est le cas, c'est déjà fait.

Que fais tu ici Valentine. Le pli soucieux sur son front s'est dissipé et il s'est contenté d'étirer ses lèvres en posant une boite en bois contenant plusieurs échantillons de thé du Salon sur le coin de la table, avant de revenir s'assoir non loin du canapé, à côté de la porte sans s'y mettre en travers pour s'éviter les éventuels passages.  Il s'est assis calmement au sol, dans un étrange croisement des jambes parce qu'il ne sait pas s'assoir en tailleur; mais il était installé dans un nouveau confort et s'imprégnait d'une atmosphère qui s'était trop éloignée de sa conception. Des dossiers de ci et de ça jonchaient la pièce.

-J'ai raté un épisode Marv, a-t-il simplement fait en guise de salutation, -Vous auriez du café plutôt? Ou de l'eau.

Il a eu un sourire plus franc, au final.

-J'essaye de réguler ma consommation de thé.

Tout faux Valentine, tu n'arrives plus à boire de thé.
Bien. Ferme-la.

Un ombre est réapparue dans le regard de l'ancien psychologue alors que ses yeux se perdent dans la contemplation d'une fumée qui s'évapore au fur et à mesure de la vie d'une cigarette. A un moment, il a l'impression que ce sont ses yeux qui fument toute la fiction de ce monde.

-Marv, je ne me rappelle plus en quelles conditions a disparu l'infirmier Fatalys.

Finalement, il aimerait bien se consommer une clope.

-Ni quand est ce que vous êtes passé d'étudiant à ici. Mais de Judith et Philipp, je m'en souviens. Je les ai vu, n'est ce pas?

Yui a soudain eu envie de repartir en tournant le dos à Marv mais il s'est forcé à rester sur place en appuyant son dos puis la tête contre le mur. Il y avait des mails qui s'étaient décrochés du champ de se souvenirs, des échanges qui avaient été englouti autre part, loin de sa portée. Des Lun et des Yui, des Cordialement et des appels silencieux. Des Prince et des Whatelse. Des noms et des dossiers abstraits, partis trop loin pour pouvoir les retrouver.

-Saki Osen?

La liste était longue mais il ne pouvait la demander.

-Pourquoi avez vous cessé d'être mon secrétaire?

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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Ven 15 Jan 2016 - 15:45

Dans la plupart des civilisations dites riches et modernes, il était assez rare que l'eau courante et potable ne soit pas dans les habitations. Marv hésita à le signaler à Yui Valentine au moment où ce dernier lui demanda s'il en avait. Oui, il avait de l'eau. Au robinet et en bouteille. Il avait aussi du café, étant la boisson officielle de son associé qui en était totalement dépendant. Il était aussi accro au whisky et aux clopes, mais là, il arrivait à Lun Marv d'être à court vu la rapidité d’Éden à les terminer.

Il se releva du canapé, immédiatement après avoir entendu la demande de Yui Valentine et quitta la pièce. Il revint quelques minutes plus tard avec un café et son propre thé. Il referma la porte derrière lui, déposa les deux tasses sur la table basse, y laissant des marques rondes d'eau dessinées par les deux objets. Il déposa également une petite bouteille d'eau en plastique, d'une marque peu chère, qu'on trouve dans la plupart des supermarchés et épiceries de la région.

Les boisons servies, le lieu de la pièce étant posée, les deux acteurs pouvaient désormais à loisir échanger en banalités.

Banalités et questions de la part de Yui Valentine, auxquelles Lun s'arrêta à chaque mot, pour y laisser planer un peu de ses pensées. L'infirmier de l'académie Keimoo ? Il avait disparu. Tiens donc, avait-il seulement déjà été là ? Vraiment. Lun n'en gardait aucun souvenir. L'avait-il seulement déjà rencontré ? Sans doute, peut-être. Il l'avait oublié. Comme il avait oublié le trois quart de ses professeurs et amis de ses années étudiantes. Les gens partent, déménagent, quittent les villes, meurent. C'est comme ça. Est-ce que ça changerait quoique ce soit si Yui se souvenait d'un adieu entre lui et l'infirmier. Est-ce que ce serait plus simple pour l'ancien psychologue ?

De son passage d'étudiant à ici, Lun n'en a pas non plus de grands souvenirs. On passe d'enfant à adolescent, puis à adulte. On passe d'étudiant à travailleur. Tôt ou tard, les pages se tournent. Celles-ci sont tellement usées qu'il est difficile de les relire. Le papier est jauni, corné et l'écriture s'efface de plus en plus. Il n'en reste que des lignes. Que des passages que des moments. Comme un journal intime retrouvé dans les décombres d'une maison brûlée.

Au milieu des lignes, il y a ses enfants. Des jumeaux que Lun ne peut imaginer que les visages souriants.

« Oui, tu les as déjà rencontré. »

Il a l'impression de parler à un ancien qui aurait la maladie d'Azheimer. De devoir y aller doucement, pour ne pas le brusquer. Lun réalise ça brusquement. Il a l'impression que Yui pourrait fuir, à tout instant la pièce. Qu'il est autant sur le point de s'asseoir, que de partir. Qu'est-il en train de fuir ? S'est-il égaré sur le chemin perdu de sa forêt oubliée ? Le grand homme errant a-t-il fini par confondre tous ses détours, tous ses arbres et à tourner en rond au point de s'épuiser ?

Le paquet de cigarettes est posé à coté de la tasse, un briquet à coté. Lun n'a toujours allumé aucune cigarette. Il prend le temps de le faire, il attend le bon moment. L'allumer, ce serait briser un peu cet instant.

« Tu les verras à nouveau. » Est-ce une promesse, une certitude, ou simplement une phrase pour rassurer l'autre ? Lun n'en sait rien. Il ne sait pas.

De Saki, il s'en souvient. Elle a du quitter l'école, continuer ses études ailleurs. Elle a toujours été un peu un fantôme dans cette école. Difficile de croire qu'elle est disparue. Elle semblait proche de Shiki. Peut-on encore être proche de quelqu'un aujourd'hui ? On cherche sa route, en permanence. Lun ne la cherche plus. Il a laissé ça de coté, il ne sait plus quand il a cessé de s'inquiéter des chemins qu'il prenait. Le passé, la nostalgie, il ne s'y arrête presque plus. Même là, quand ils sont dans la même pièce que lui.

La cigarette a été sorti du paquet, à la dernière question. Un sourire en coin, Lun redresse le visage en direction de Yui Valentine. Il rit doucement, parce que la question sonne comme une plaisanterie.Ou parce qu'elle lui donne juste envie de rire.

Comment ne pas rire à cet instant de tout ça.

« Ai-je vraiment cessé de l'être ? » Demande-t-il en retour. Le briquet glisse entre ses doigts, la cigarette est allumée, une fine fumée blanche en sort, l'odeur est désagréable, comme le tabac l'est toujours. « Il me semble que vous avez refusé ma démission, n'est-ce pas ?  »

Il n'est pas mal à l'aise, il n'est pas non plus confiant. A dire vrai, Lun est plutôt content de voir l'autre homme. Cette voix identifiée, cette apparence. Il est en vie. Il doit en être soulagé, même s'il ne l'avouera pas. Yui a-t-il des séquelles de son accident de voiture avec Cammy ? Est-ce pour ça qu'il semble si embrouillé, si perdu ?

Il faut le temps de comprendre. Un soupir, Lun fait signe en direction d'une chaise, puis du canapé près de lui.

« Allons, monsieur Valentine, asseyez-vous. Vous allez finir par me stresser, ainsi à coller mon mur. Et ne suis pas garant de sa propreté. »

Puis, sans attendre la réaction de l'autre, sans parler de ce que l'autre à aborder, il enchaîne. Il continue sur un autre sujet, afin d'avoir le temps de rassembler ses pensées. Il parvint plus ou moins à en trouver un qui ne soit pas totalement hors propos et qui ne les rattache pas dans les ombres de leurs passés.

Est-ce de la douleur qu'il lit dans l'autre ?

« Actuellement, je m'occupe de peu affaires. Je recherche les héritiers d'une femme décédée, je surveille un mari que la femme pense infidèle, je surveille une nounou pour des parents inquiets et je recherche un gars qui doit trop d'argents pour se permettre d'être visible. Si vous voulez m'en confier une, je pourrai vous aider. Mais êtes-vous ici pour ça ? »

Il fume, un peu, avant d’enchaîner.

« A occasion, venez travailler avec moi. (…) Pourquoi régulez-vous votre consommation de thé ? »
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MessageSujet: Re: Breathe you, Warm you up   Sam 5 Mar 2016 - 19:17


Tu les verras à nouveau. Valentine médite et en méditant perd le fil de ses réflexions. Marv et ses gamins, Marv hors du contexte scolaire. Il tente de se satisfaire de cette réplique sans pouvoir mettre une valeur à ce que peut signifier le futur et finalement abandonne l'idée, pour regarder de nouveau la fumée s'extirper de la clope du jeune homme. Ça sentait comme ça, dans ces locaux.

-Si vous avez monté vos propres affaires je suppose que vous avez quelque part cessé de l'être ? répond t il doucement avant de balayer l'air d'un geste de la main. Je ne sais pas.

Plus.

-Je vous angoisse?

Il n'a pourtant pas bougé de sa place, oubliant momentanément la place que lui offre Lun. Les tirades et les mots défilent trop vite, il y a un tourniquet infernal qui ne s'arrête plus dans sa tête.

-... et à tous ces gens, vous trouvez leur solution ?

Yui hésite, puis se penche finalement pour saisir la tasse de café posée sur la table. De l'eau? Du café? À quoi bon. Sa mémoire à effacé le goût de l'humanité, la saveur douce amère et provocante d'un café bien fait. Le souvenir de cette fragrance lui tire un air dubitatif et il fait rouler lentement la tasse vide entre ses mains, comme s'il fallait qu'il de se rappelle quelque chose à cet instant.

- Non vous avez raison, je n'ai pas d'enquête à vous faire élucider. Dites moi plutôt, suis je un mauvais employeur ?

Il a songé à lever le regard après avoir reposé la tasse à sa place. Travailler avec Marv...? Voilà ce qu'il manquait, il savait avoir passé du temps à l'académie sans pour autant pouvoir dire comment ce temps était passé. Il savait sans savoir vraiment.
A un moment donné, Lun Marv a fini par voler de ses propres ailes.

Il croise puis décroise les bras et finalement se lève en époussetant son dos. Rapidement.

-D'accord.

Il ne savait pas à quoi il donnait son accord et si il fallait qu'il y donne suite mais peu lui importait au final. Faisant le tour de la pièce, il a examiné ci et ça que son regard n'avait pas accroché au premier coup d'œil et à haussé des épaules. Qu'il soit venu retrouver Marv n'était sans doute pas pour une enquête non, mais sûrement parce qu'il savait qu'il devait s'en rappeler. Ça aurait été peut être trop simple de dire que c'était une visite amicale: il y aurait toujours des prétextes pour prétexter.

-Le thé? Ah et bien. Je ne le sais pas.

C'était une question bien futile dont il n'avait pas la réponse lui même.
Finalement, il est venu s'assoir sur le canapé.

-A occasion je peux bien venir m'assoir ainsi oui.

A occasion. Il oubliait la saveur des mots.
Il a attrapé la bouteille d'eau et à joué doucement avec. Il s'adosse tranquillement sur ce fauteuil et ferme les yeux. Il se contrariait lui même.

-Racontez moi donc votre quotidien.

Ou alors lui avait-il déjà demandé.

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Breathe you, Warm you up
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