₪ Académie Keimoo ₪

The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|

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MessageSujet: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Mer 20 Aoû 2014 - 23:43

Pour Lodinette:
 



« Ne t'embête pas à m'amener les cours Jun-chan. Je me débrouillerais. Tu ne dis rien ? Je suis vraiment désolée de t'embêter avec ça... どうもありがとうございます * . »
C'est après cette formule, polie à outrance, au téléphone, et un petit « Hm. » assez neutre en réponse, que Jun raccrocha et se retrouva une heure plus tard à marcher dans la chaleur moite d'une fin d'après-midi n'échappant plus pour longtemps à l'orage. Il faisait lourd, il avait chaud malgré un t-shirt ample comme il les affectionnait pour ne pas sentir le tissu coller à son corps l'été. La brise était rarissime et en voyant les gros nuages noirs encore bien trop loin de la ville, le jeune homme se surprenait à désirer ardemment qu'une trombe d'eau vienne rafraîchir les rues étouffantes. S'il s'était écouté tout à l'heure, nul doute qu'il serait encore à se prélasser sur son canapé sous le doux filet d'air de la climatisation de son appartement. Pour être honnête il y avait grandement pensé quand sa camarade de promo l'avait appelé de la toute petite voix timide et encore faiblarde d'une malade en pleine convalescence qui est loin d'atteindre son terme. Il s'étonnait d'ailleurs encore d'être devant chez elle, les fameux cours bien au chaud dans leur petite clé USB en forme de chien noir aux yeux jaunes à l'air un peu stupide.

Aujourd'hui, le blondinet avait décider de revêtir le costume du bon prince, cette apparence qui lui collait à la peau depuis le lycée quoi qu'il fasse, et qu'il enfilait et retirait comme bon lui semblait, quand il n'avait plus les épaules pour le rôle ou quand il avait besoin de lui pour oublier le reste. D'où pouvait bien venir cette expression ? Où l'avait il entendu si souvent ? Pas uniquement dans les couloirs non... et il se souvenait, de quelle bouche elle sortait, souvent. Ah... Il échappa un soupire contrarié alors qu'il sonnait à la porte de la jeune fille. Il n'allait pas s'attarder parce qu'il n'était pas vraiment d'humeur à supporter les minauderies timides devant une tasse de thé. En fait il ne savait pas trop reconnaître son humeur du jour.

Et ce matin, il s'était senti désœuvré, lorsqu'il s'était réveillé seul avec son chat, dans son appartement, alors que depuis des semaines maintenant, sa résidence principale avait été abandonnée au profit d'un appartement deux étages plus haut. Chez Ethan. Une petite bulle qui l'avait sauvé, en somme, qu'il chérissait et à l'intérieur de laquelle il se sentait bien. Cette petite bulle où petit à petit il avait construit un quotidien plus sain, qu'il avait adopté et dans lequel il croyait. Oui mais voilà, quelques jours plutôt un orage de mensonges et de vérité avait éclaté dans le dit appartement et le jeune métisse ne savait tout simplement plus quoi penser.

Rien de continuait, rien ne s'arrêtait. Jun était perdu, comme il avait espéré arrêter de l'être il y a plusieurs mois.
Pour éviter de se demander où pouvait bien en être cette relation, entre manque et colère d'avoir eu le sentiment de s'être fait balader comme il ne le voulait plus jamais, le bon prince serviable était revenu. Dans les bruits de la rue, le trajet, l'air chaud, il ne pensait plus.

Il en vint même à sourire, s'étirer et inspirer profondément et avec plaisir le parfum embaumant des fleurs, dont le parfum semblait ressortir d'avantage dans un temps tirant de plus en plus vers l'orage.
Aujourd'hui il allait attendre la pluie et ne penser à rien, avant de rentrer, avant d'affronter, le calme avant la tempête de questions en sommes. Il voulait une vie normale, d'étudiant, de sempaï, aujourd'hui il allait se l'offrir sans se lamenter. Ou du moins il allait essayer. Le parfum des fleurs, la lumière d'un soleil qui commence à peine à décliner, comme dans un film.

***

« Je te dépose princesse ? » Une moto. Une crinière rouge. Pas de casque. Tant pis. Il monte.
L'air s'engouffre dans ses cheveux et ses vêtements alors que l'engin slalome entre les voitures. Les yeux simplement fermés, la sensation ramène un souvenir agréable à l'esprit de Jun.

Assis à la terrasse de la pâtisserie Del Lys, il regarda les feux arrière de la moto disparaître au coin de la rue après que la racaille l'ai déposé sagement en centre ville. Jun avait appris à ne plus se poser de questions sur ce personnage, où du moins à les garder pour lui car il n'y répondrait jamais.

Parfois, Makkuro lui donnait l'impression d'être le personnage magique, mystique des romans, des mangas ou des dessins animés, toujours là au bon moment, ou au mauvais. Alors qu'on s'y attend le moins il apparaît, souvent dans des instants où il sera la personne la moins qualifiée pour vous tenir compagnie et vous rassurer. Il n'était jamais gentil, ni attentionné, il était juste lui... Présent ou absent avec sa vérité crue qui passait les remparts de ses lèvres sans se préoccuper des dommages collatéraux d'un bombardement de mots trop francs.
Au fur et à mesure, le jeune homme avait appris à ne pas trop prendre à cœur la moindre chose venant de lui, car il payait en supportant l'instabilité chronique et violente du garçon. Mais il l'enviait terriblement, de le savoir sans attache, aussi insensible, au point qu'on pouvait penser qu'il était tout simplement malade pour être aussi détaché de toutes sortes d'émotions normales. Jun était jaloux de Makkuro, une toute nouvelle forme de jalousie qu'il n'avait jamais ressenti avant, celle qui fait qu'il aurait aimé être quelqu'un d'autre pour s'échapper de ses propres pensées.

La serveuse coupa net la réflexion du blond en déposant un gâteau royalement décoré qui achèverait de remonter un peu le moral des troupes. D'un coup de cuillère gourmand, Jun entama la pâtisserie appétissante en contemplant le décor autour de lui. S'il ne l'avait pas su, jamais il n'aurait pu deviner que le bâtiment avait été totalement détruit durant le tremblement de terre dévastateur sur Keimoo, qu'il n'avait pas vécu...

Secouant la tête, il évita la gifle que manqua de lui refiler une nouvelle fois son passé facétieux et envahissant.

Fort heureusement, la première bouchée sucrée ferma pour un temps la vanne pour ne profiter que de l'instant présent.

___________
* dōmo arigatō gozaimasu
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Lun 25 Aoû 2014 - 0:54

Tu sais parfaitement que je n'aurais pas les mots pour te consoler. Tu sais parfaitement que je n'ai jamais été le prince charmant de tes rêves ; et tu continues à croire en moi. Moi, que tu ne connais pas. Et j'aimerais te dire des contes de fée, où je viendrais te sauver des démons qui te rongent. J'aimerais vraiment être celui que tu crois voir en moi. Pourquoi perdre notre temps dans cette rencontre. Regarde-moi comme je suis, alors peut-être que nous aurons notre chance. Cesse de voir en moi celui que je n'ai jamais été.

Une longue chevelure blonde dorée par le soleil, des yeux verts de jade, un visage fin, un corps malingre, laid, depuis longtemps. Un gros pull en laine grise – malgré l'été – un keffieh gris et blanc, un bonnet noir, un vieux jean slim, des bottines noirs et une sacoche noire. Les manches de son pull lui tombent sur les mains, alors que ses yeux glissent sur le garçon installé à une table de la pâtisserie.

Son téléphone vibre, l'homme ne prend pas la peine de lire le message qu'il vient de recevoir. Il se doute que c'est un message de son colocataire, de sa fille ou peut-être de son père. Pas vraiment de quoi s'inquiéter. Il a promit de rentrer pour le déjeuner et d'apporter des pâtisseries.

Il devrait partir. Il en a conscience. Celui qu'il voit, assit là, fait parti de son passé. Il aurait toutefois du s'en douter : qu'il finirait par croiser quelqu'un de son passé. Pourtant Lun a fait du mieux qu'il pouvait pour les éviter ces fantômes. Il a bloqué les comptes de ses amis sur le net, sur facebook, sur twitter, sur instagram, sur vine, sur skype et sur les autres applications où il a l'habitude de poster.
Il ne l'a pas fait pour les éviter mais pour éviter de les stalker. Pour les laisser tranquille, pour s'empêcher de leurs envoyer des messages. Pour les protéger de lui-même.

Les amis à qui il parle encore, il s'empêche d'aller sur leurs murs, pour ne pas savoir ce qu'ils publient, il n'est pas abonné à eux : afin de ne pas voir les nouvelles publications. Il évite au maximum d'être curieux. Et ainsi, petit à petit, il tente d'effacer le souvenir d'une ancienne vie. Une vie où il était heureux, d'un bonheur dont le souvenir n'est plus que douleur. N'est plus ce qu'il était. Il n'est plus ce petit garçon qui croyait si fort en ses amis que rien ne pouvait lui arriver. Aujourd'hui, c'est à peine s'il parvient à croire en lui-même. Alors les autres : alors Jun Masato.

Ils ont été amoureux, autrefois. Il y a longtemps. Lun essaye de se souvenir de ce sentiment, mais ne parvient qu'à en éprouver un peu de tristesse. Un peu de douleur. Il a été amoureux de Jun Masato de la pire des façons, puisqu'il a été son amant alors que Jun était en couple avec un autre. Puis, qu'il l'a oublié pour les beaux yeux d'Elyott, pour les beaux yeux de Miu, de Setsumi, de Lanaru et d'autres bien après. Et puis pour l'Amour de sa vie. Celui que Lun a toujours aimé en secret. Celui qu'il aimerait, peut-être, toujours en secret.

Il devait être honnête avec lui-même. Jun Masato avait souvent été l'amant idéal pour les plaisirs charnels, pour les disputes violentes et les retrouvailles sensuelles. Un passé qui lui semblait aussi lointain et triste. Et Lun ne savait plus s'il l'aimait encore. Encore, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie … Pas du tout ? Comment pourrait-il savoir ?

Lun avait besoin de voir les gens pour se souvenir d'eux. Sinon, le temps en était suspendu. Peut-être est-ce qu'il était un peu comme son fils, un peu autiste, et qu'il avait besoin d'avoir un contact avec la personne pour se souvenir qu'elle était réelle. Car, la plupart des souvenirs de Lun se transformaient en imagination : il ne savait plus s'il avait vraiment vécu ces instants, ou s'il les avait simplement rêvé. Avait-il vraiment été l'ami de tant de personnes ? Avait-il vraiment été dans un groupe ? Est-il là. Maintenant. Tout de suite. En train d'acheter des pâtisseries.

Ou bien était-il ailleurs. Dans un monde apocalyptique, en train de fouiller des poubelles pour retrouver de la nourriture. En train de se battre pour sauver la vie de ses enfants, les protéger au péril de sa propre vie. Sans le moindre amis, sans la moindre vie, à part la drogue s'écoulant dans son bras. Cette foutue drogue qui le tuerait, à moins que ce soit le manque de nourriture.

Peut-être était-il ailleurs. Peut-être qu'il était dans un asile. Enfermé entre quatre murs capitonnés. En train de donner des coups contre la porte, au point de s'en faire saigner. Peut-être qu'il avait tout rêvé ? Que rien n'existait ? Que son monde était faux. Qu'il était faux. Peut-être même qu'il n'existait pas et qu'il n'était que l'imagination fertile d'un être plus dérangé que lui ?

Qu'est-ce qui lui prouvait que la réalité était la bonne. Qu'il était bien là, que son ancien ami était également là, et que tout ce qu'il avait vécu hier n'était pas que le syndrome de ses traumatismes et de son isolement. Peut-être, que dans le fond, il était encore dans sa chambre d'enfant en train de se faire violer et qu'il s'imaginait ce monde pour se rassurer. Pour avoir le sentiment de ne pas être seul.

Peut-être, que ce jour-là, il était mort. Du haut de cette falaise. Et qu'il était entre ce moment du saut, et de la mort, à s'imaginer ce qu'aurait été sa vie : s'il l'avait vécu.

La respiration du jeune homme s'accélère. Il sent qu'il risque à tout moment la crise. Il doit reprendre son souffle, respirer. Aspirer de l'air, à s'en brûler les poumons, ressortir cet air, et manquer un hoquet de surprise. Il en oublie presque de respirer ces derniers temps. Trop perdu dans sa propre solitude. Trop perdu dans ces conneries.

Bordel.

C'est à son tour de commander.

Lun s'est rapproché de la table de Jun Masato, il a déposa le sac contenant ses achats sur la table. Un petit sac de papier contenant des pâtisseries pour ses enfants. Il a également déposé un thé., dans une tasse blanche. Un thé aux fruits sucrés auquel il a encore rajouté du sucre. Deux sucres pour être exact. Cela en deviendrait presque un sirop.

L'anglais était comme cette boutique. Détruit et reconstruit, et rien ne semblait le montrer. Pourtant plus rien n'était pareil. Finalement, Lun avait toujours réussit à être assez discret pour s'approcher de quelqu'un. Cela avait l'avantage de la surprise. Là, cela n'avait pas été difficile : Jun Masato était bien trop occupé à manger.

« Bonjour. »

La voix même du garçon avait changé, muée, devenue plus grave. On pouvait sentir la voix de gorge, grave, aux accents mélangés entre le cœur de l'Angleterre et les terres rudes du Japon. Une voix silencieuse, brisée par la houle de la mer auquel le garçon s'était confronté. Les yeux verts de Lun sont posés sur Jun Masato, il bat légèrement des paupières de manière régulière.

Dis-moi, Jun. Quel est mon parfum préféré ? Est-ce que j'aime les pâtisseries ? Quelle est ma pâtisserie préférée ? On se connait depuis tellement longtemps, et pourtant, je n'ai toujours été qu'un mensonge pour toi. Un journaliste, un peu stupide, qui refuse de donner trop d'informations sur lui. Il n'y qu'une personne qui me connaisse : et cette personne, je l'ai perdu.
Pourtant, j'ai l'impression que tu me connais un peu.

Lun retire son bonnet pour le poser sur son sac. Il n'a qu'un thé devant lui, qu'il tourne doucement, à l'aide de sa cuillère dans une gestuelle proche de celle que son tuteur légal pourrait avoir.

Ses yeux se sont tournés en direction du ciel. Un soupir de soulagement, le ciel n'est pas mauvais. Bleu, avec des nuages blancs. Il ne fait pas vraiment chaud pour un été, mais il ne fait pas froid non plus. S'il est autant couvert, c'est simplement la fatigue : qui le rend frileux.

« … »

Pas d'autres mots. Lun aimerait demander à Jun Masato de faire semblant de le rencontrer pour la première fois. De toute reprendre à zéro. Il aimerait faire la même chose avec tous ses amis. Avoir :

Une nouvelle chance ?

Mais le jeu est terminé. Depuis longtemps. Il se retrouve seul. Et Lun sait bien que c'est de sa propre faute. Il n'ira pas pleurnicher ou courir après le passé. Il sait que les amis qui lui restent sont bien trop proches des anciens pour pouvoir s'y accrocher. Et les tous derniers, ceux-là, vivent loin. Bien trop loin. Ce n'est ni de sa faute, ni de la leurs, mais la vérité : c'est qu'ils sont amis par distance et cette distance fait du mal à Lun. Çà le brise de savoir que depuis son réveil, il n'a pas le moindre ami qui soit vraiment inquiet.

Qu'il n'y a personne pour lui. Sauf peut-être, un email, d'un ami … un peu fou, tout de même. Mais, ça, Lun ne le sait pas encore. Il ne lit pas encore dans le futur.

Déjà qu'il a du mal à lire dans le passé, alors l'avenir lui semble bien trop loin. Ne serais-ce que la prochaine heure, Lun ne sait pas très bien ce qu'il en ferra.

« Je n'ai jamais été très doué pour donner des nouvelles. »

Un simple constat. Après tout. Lun est ce genre de personne qui envoie des milliers de SMS puis d'un seul coup plus rien, pour reprendre des mois plus tard des envoies de SMS. Il est ce genre de personne qui écrit un texte et ne l'envoie jamais. Qui envoie un message et le supprime le lendemain quand il constate que ce dernier n'a pas encore été lu. Il est ce genre de personne qui trouve le courage pour aller de l'avant et fuit soudainement, sans la moindre raison.

Il ne sait pas s'il a changé. S'il est devenu quelqu'un d'autre. Il ne sait pas grand chose, en ce moment, à dire vrai. Il sait à peine lequel de tous ses rêves est le vrai. Là, actuellement, dort-il encore ? Et si c'est le cas, pourquoi est-il en train de rêver à Jun mangeant une pâtisserie dans un lieu qu'il a vu détruit par le passé. Est-ce un signe ?
Le signe qu'il a raison : que rien n'est jamais perdu, que rien n'est jamais cassé, que tout peut se reconstruire, tant qu'on le veut ? Le veut-il ?
Il se leurre encore. Si Éden était là, il lui dirait : fume une cigarette, calme-toi. N'oublie pas ce que je t'ai dit. Oh, ça. Lun ne pouvait pas l'oublier. Il se l'était promis. De devenir quelqu'un de fort. Un homme qui peut vivre sans amis. Qui peut vivre sans rien.

Lun ne se souvenait plus de la dernière fois où il avait vu Jun. Que s'était-il passé ? S'étaient-ils disputés ? La faute était-elle la sienne, ou celle de l'autre, ou bien des deux ? Peut-être de personne. Avait-il cessé de se voir ? Ou est-ce que c'était leurs études qui les avaient tenus éloignés ? Jun n'était pas venu à sa fête d'anniversaire, n'est-ce pas ? Ils s'étaient perdu de vu, bien avant son coma. Mais quelle en avait été la raison ?

Les maux de têtes lui revenaient, plus vite que les souvenirs. Lun attrapa son thé, pour en boire une gorgé. Sa langue de chat se brûlant au contact du liquide bouillant. Peu importait.  
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Ven 5 Sep 2014 - 11:59

Musique ~ ♪

« Bonjour. »

C'était comme dans l'espace, pour peu que le jeune homme puisse réellement imaginer, à son échelle, la manière dont on pouvait entendre les sons dans l'espace. Autrement qu'à travers les radios des stations spatiales et des tours de contrôle, Huston, tout ça... Disons que c'était comme si on pouvait se balader là haut sans scaphandre, sans câble de sécurité aussi, et qu'on entendait une voix, étouffée par la distance et l’oppression du silence. On ne sait pas trop d'où elle vient, de qui elle provient et ce qu'elle veut nous dire : tenter d'entrer en contact, un appel au secours. La sensation, après ce simple mot, est étrange... Par intermittence, c'est une vague d'eau glacée qui s'abat, puis une vague d'eau brûlante, un torrent violent qui passe du chaud au froid. On touche du doigt le pourquoi du comment. La sensation d'une voix connue, lointaine.

Il fallut quelques fractions de secondes, qui lui parurent être une éternité, avant que Jun ne lève la tête pour s'arracher à la contemplation de sa cuillère tranchant la chaire moelleuse de sa pâtisserie. Il n'était pas sûr, pourtant, les vagues, le torrent, l'avait fait se stopper dans son mouvement, sa main de pianiste en suspend comme si le temps s'était arrêté. S'il avait été moins concerné par la situation, il aurait peut être pu faire remarquer avec un amusement certain que la scène était digne d'une fin de comédie romantique. Il n'avait rien contre ces films, il se souvenait durant ces 5ans, avoir rêvé d'être digne d'une fin de ce genre de film, au moins une fois. Au moins une fois après que Kaede soit sorti de sa vie.

Quand il croise les yeux verts avec son regard abîmé totalement visible, le bandeau abandonné, même la pâtisserie la plus douce du monde, la drogue la plus forte, n'aurait pu lui faire éviter la claque qu'il venait de ressentir. Que dire si ce n'est qu'il en perdait le souffle... La surprise prenait la tête de tout un tourbillon d'émotions à en donner le vertige. Un vertige, c'est exactement ce que le jeune Masato eu l'impression de ressentir alors que son œil retraçait les contours d'une silhouette qu'il aurait reconnu entre mille. Pourtant c'était stupide... Après tout c'était à Keimoo que les deux garçons s'étaient connus, et avaient vécu une bonne partie de leur histoire, depuis le coin d'un bar et d'une folie exquise. Il était d'une logique sans faille de ce dire qu'un jour, cette rencontre arriverait, c'était comme inévitable quand on regardait les choses simplement.
Mais ça n'avait pas été de cette manière que Jun avait formaté son cerveau et son coeur. Parce que plus le temps passait, plus ces derniers étaient en perdition. Qu'avait il pu imaginer pour Lun... Pour s'enterrer et ne plus vouloir, pouvoir, ressurgir dans sa vie. Que c'était il passait pour qu'ils en viennent à se croiser par hasard, avec cette tristesse dans le regard. Jun savait, ce qu'il avait imaginé, le point de départ de toute sa colère pour le rescapé, il n'y avait aucun doute là dessus.

Alors pourquoi au fond de sa gorge tout à coup, ressentait-il autre chose, avec sa colère. Quand il s'était imaginé ce moment, car il y avait pensé souvent pour son plus grand désespoir, tout ce qu'il avait pensé cracher à la figure du Mauvais Prince aurait été de la rancoeur, de la rage, de la douleur, de la tristesse et il avait même pensé le haïr par moment quand entre eux, tout devenait flou, qu'ils dépassaient la ligne de la SafeZone ou au contraire, qu'ils s'en éloignaient chacun de leur côté.
Aujourd'hui, ils étaient face à face autour d'une table avec du thé. Tout ce qu'il y avait de plus normal, comme s'ils s'étaient donnés rendez vous.
C'était peut être le cas, le destin.
Et aucun mot n'arrivait à sortir des lèvres entrouvertes du populaire.

Se redressant lentement, comme de peur d'effrayer un fantôme fugace, une apparition mystique, Jun appuya son dos contre le dossier en fer de la chaise. La pression de ses doigts se relâchèrent alors et le manche de la cuillère en métal tinta contre les rebords de l'assiette. Son regard scruta le visage si bien connu, jaugea sa taille, sa façon de se tenir, mais c' était sans grande concentration, non, c'était plutôt comme pour vérifier qu'il était bien là, que c'était lui et non un autre sur lequel il aurait collé un visage qui ne s'était jamais effacé.

« Je n'ai jamais été très doué pour donner des nouvelles. »

C'était bien trop vrai pour la propre survie de Jun. Combien de fois s'étaient ils chacun renvoyé la faute, comme un match de tennis, sur le simple fait de savoir qui avait tord de ne pas écrire à l'autre.  Pourtant cette fois ci, le jeune homme n'approuva pas le constat, il ne trouva... pas les mots habituels, ceux avec lesquels une discussion animée commence toujours entre eux.
Le nœud dans sa gorge sembla se resserrer et descendre lentement jusqu'à l'estomac.

- Les journaux l'ont fait pour toi.

La voix qui sort enfin de la bouche du jeune métisse se brise sur le dernier mot. Elle n'est pas bien forte, trahissant la tension de son propriétaire, mais elle est douce malgré une certaine méfiance qui semble s'installer entre ces mots comme un sevré de drogue qui n'oserait pas encore prononcer à haute voix le nom de la substance qui l'avait fait plonger.
Sur le moment, cette comparaison eu un effet dévastateur dans l'esprit de Jun. L'approbation et la révolte. Lun l'avait fait plongé, il ne l'avait pas fait. Lun l'avait abandonné, Lun ne l'avait pas fait. Le désaccord grandissant né d'une lutte entre des sentiments profonds.

Les journaux n'auraient pas dû le lui apprendre. Le populaire le savait. Au pire, leurs amis communs auraient dû le lui apprendre, au mieux... il aurait dû être présent. Mais ça, ça c'était s'ils avaient été tout les deux doués dans le relationnel, et on était très loin d'une chance de médaille de ce côté là. Encore une émotion qu'il ne pensait pas arriver à ressentir et qui en réalité était présence chaque jour où il pensait à des « et si... ». Pourtant Lun lui avait toujours dit de ne pas résonner comme ça. Mais c'était plus fort que lui. Et s'il avait été plus courageux, que ce serait il passé ?

Aujourd'hui, s'il devait faire le point sur les simples instants qu'il vivait, le résumé était simple : la vie se foutait de sa gueule. Parce que placer Lun comme ça devant lui, alors que sa relation avec Ethan battait de l'aile, qu'il voulait recommencer une nouvelle vie en étant un peu moins sensible, un peu plus sage, qu'il voulait simplement savoir où il en était, c'était vraiment pas fair-play de la part du destin.
Les mots cette fois sortir tout seuls.

- Je suis désolé, j'aurais dû en donner moi aussi.

Il tente un sourire, difficile car il a peur que celui ci soit déplacé.
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Lun 8 Sep 2014 - 3:35

Il était une fois, dans un monde lointain, de nombreux royaumes. Ils étaient tous gouvernés par des princes ou des princesses. Parmi eux se trouvait un prince d'une beauté sans pareil, aux yeux de deux couleurs différentes et à l'allure magnifique. On le surnommait le bon prince et on parlait de lui avec admiration et jalousie. Ses cheveux étaient d'ors et sa peau de lait.
De l'autre coté du royaume, vivait un être hostile, à la taille malingre, et aux comportements bourrés de vices et de défauts. Cet être aux cheveux couleur de paille et aux yeux couleur de chenilles écrasées étaient surnommé le mauvais prince de l'académie.

Bien que le monde imagina que les deux princes se haïraient dès leurs rencontres, l'inverse se produisit. Jusqu'au jour …

Les excuses, Lun n'en avait jamais eu à faire grand chose. Si un ami revenait dans sa vie, il lui ouvrait grand la porte et oubliait tout le mal qui s'était passé. Là, il savait qu'il avait à en faire mais il n'avait pas envie de s'expliquer. Pas maintenant, pas tout de suite. C'était compliqué dans son cerveau et il sentait à peine les battements de cœur. Peut-être même qu'il avait cessé de battre depuis son réveil et que tout cela n'était pas la réalité. Ce n'était qu'un rêve. Peut-être que dans la réalité, il était véritablement ailleurs.

« On ne change pas le passé. » Se contenta de faire remarque Lun dans un demi-sourire, ses yeux posés sur la tasse de Jun. L'enquêteur eu un regard mélancolique, son sourire disparaissant le temps de remonter ses yeux en direction de Jun.

Lun se frotta l'arrière de la nuque, légèrement gêné de la situation.

« Effectivement. » se contenta-t-il à nouveau de dire. Que dire d'autre, encore une fois ? Une phrase de banalité, et un mot sans importance. Voilà ce dont il était capable à l'instant. Sauf que rien d'autre ne venait. C'était évidemment puisqu'il n'avait rien à dire sur le sujet. Non seulement, il était sensible, mais d'autant plus que Lun ne comprenait pas comment l'information avait filtré. Très peu de personnes finalement au courant.

Enfin, peu le savait, avant que tout le monde le sache.

Grognant, Lun eu soudainement une brutale impulsion, et son sourire devint celui qu'il avait toujours été. Joueur et taquin. Il regarda Jun dans les yeux et murmura d'une voix, entre l'amusement et la bêtise :

« Bonjour monsieur, je m'appelle Lun Marv. Vous vous nommez ? Jun Masato, c'est charmant. Je peux m'asseoir à votre table ? Ah, j'y suis déjà. Et bien, c'est parfait. Vous avez prit un thé ? C'est bien. Enfin, je préfère l'alcool, mais à cette heure et dans une pâtisserie, je doute que ce soit possible. »

Un soupir et un sourire, alors que la voix redevient plus sérieuse. Plus dure aussi.

« On ne change pas. Ni le passé, ni qui est on est. On évolue juste, qu'on le veuille ou non, Jun. Je sais qu'ils n'auraient pas du cacher mon coma – même si je leurs en suis reconnaissant. Je sais que j'aurais du faire des efforts avants, après, et que j'aurais du me battre pour notre amitié. Mais, tu vois, le passé, c'est hier. Et hier, c'est mort. La mort me captive – je l'admets à un certain point – pas de là à voir la rejoindre. Mais il y a un demain … »

La langue de Lun claqua dans sa bouche.

« Et demain, je serais là à dix-huit heures en train de t'attendre. Là, je dois y aller. Mes enfants m'attendent, tu comprends ? »

C'est alors qu'apparut le renard.
- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien. 
- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli... 
- Je suis un renard, dit le renard. 
- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste... 
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé. 
- Ah! pardon, fit le petit prince. Mais, après réflexion, il ajouta : · Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ? 
· Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu?
· Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est ce que signifie " apprivoiser " ? 
- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ? 
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie " créer des liens... " 
- Créer des liens ? 
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi , qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde... 
- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé... 
- C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses... 
- Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit le petit prince. Le renard parut très intrigué : 
- Sur une autre planète ?
- Oui. 
- Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ? 
- Non. 
- Ça, c'est intéressant! Et des poules ? 
- Non. 
- Rien n'est parfait, soupira le renard.


Mais le renard revint à son idée : 
- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince : - S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il. 
- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître. 
- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! 
- Que faut-il faire ? dit le petit prince. 
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près... 


Extrait du Petit Prince de Saint Exupery
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Lun 22 Sep 2014 - 1:09

Attentif et silencieux, simplement parce que les mots ne venaient toujours pas, le dos pas totalement posé contre le dossier de sa chaise, à cause de la crispation, Jun avait posé son regard abîmé sur les mains de Lun. Il en suivait le mouvement pour éviter d'avoir à se focaliser tout de suite sur son visage, en plus de sa voix, comme pour n'avoir que de petites doses de lui en pensant qu'il serait plus facile d'affronter la réalité en face, par la suite. Pourtant bien vite, il croisa de nouveau son regard d'un vert qu'il avait toujours aimé et détesté avec fougue, dont la couleur pour lui, était celle d'un émeraude brute, abîmé par le temps et les coups maladroits ou agressifs qu'on y a porté tout le long de sa vie de caillou.

A la place des mots qui se bousculaient sans oser sortir des lèvres entrouvertes du populaire, un sourire les remplaça, léger et fugace, puis un rire tout aussi vaporeux que le sourire. Un rire qui, dans la tristesse, laisse entrevoir que l'amusement a encore un peu de place, comme une toute petite lumière. Étrangement, de voir Lun rire et sourit provoque une chaleur plus douce dans la poitrine du jeune Masato, et si le nœud encombrant tout son corps ne voulait pas se desserrer sous sa présence encore trop faible, il semblait moins pesant. Les idioties de Marv faisaient doucement effet, empêchant alors toute tentative de l'esprit pour remettre sur la table les sujets qui fâchent, de se mettre en colère et d'énumérer tout ce qui avait pu être une source de souffrance. Et devant ce ton plus enjoué, même la culpabilité passagère s'était envolée.

- Je sais qu'on ne change pas le passé mais...

Jun scrute Lun à la recherche de réponse parce que comme toujours, le jeune homme ne lui en donne pas. Oh dans un certain sens, comment ne pas comprendre que l'on ne veuille pas revenir en arrière. Seulement pour sa part, ces derniers temps, vivre dans le passé lui avait semblé être la seule alternative pour pouvoir mettre de l'ordre dans ses idées, un peu comme s'il avait fallut l'exorciser pour passé à autre chose. Jusqu'à cet instant précis, il avait été persuadé vouloir des excuses, des aveux, des explications à tout, sur tout ce qui avait été fait, et dit, revenir sur des années entières pour soulager ses doutes et ses craintes.
Mais la simple plaisanterie de Lun l'avait bloqué dans son élan une nouvelle fois, comme une nouvelle chance, une nouvelle vie, sans savoir s'il serait capable de la saisir sans broyer du noir et ses souvenirs avec, comme il l'avait prévu.

On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux.

Son regard fuit un moment celui du Mauvais Prince mais revient rapidement s'y greffer. Il hoche la tête lentement comme s'il devait faire preuve de prudence mais n'a pas le temps d'hésiter. En fait, il est une nouvelle fois surprit de ne pas le faire alors qu'à 18h, le lendemain, il pourrait rester enfermer chez lui par peur que le destin lui joue encore des tours.

C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

- Je comprends... Vas y. Ne les fait pas attendre.

Ce n'était que pour des banalités, que les phrases se formaient. Mais étrangement, Jun fût assez fier de lâcher enfin une phrase, neutre, presque douce, même s'il avait mille chose à dire, et la première était : comment vont tes enfants ? Il avait été un des premier au courant, du moins c'est ce qu'il lui semblait et... Il ne les avait jamais vu... Trouvant ça triste, il se mordit la langue. Quel gachit, tout ce temps... Peut être que Lun avait raison à propos du passé même si celui ci était encore douloureux...
Mais c'était presque trop rapide, il allait tendre la main pour lui demander d'attendre mais n'en fit finalement rien et répondit simplement, à mi voix, avec ce demi sourire un peu perdu mais pourtant bien présent.

-  A demain. Lun.

Il le suit des yeux alors qu'il prend sa tasse à deux mains pour occuper ses mains qu'il a cru sentir trembler. Aucune onde ne vient troubler la surface de la tasse pourtant.

Demain il serait là. Sur la terrasse de cette pâtisserie, peut être un peu en retard si sa fierté lui dicte de ne pas se précipiter sur le lieu de rendez vous fixé par Lun ou au cas où ce dernier ne viendrait finalement pas, ou peut être en avance parce qu'il aura eu un peu peur que Lun ne l'attende pas... Il ne savait pas sur quel pied danser même avec ses propres idées. C'était stupide, Lun l'avait rejoint sur une plage, il l'attendrait … Oui mais peut être pas.
En tout cas, malgré le nœud au ventre, il sera là.
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Mer 29 Oct 2014 - 0:47

Il n’avait eu aucune raison de ne pas revenir, alors il était revenu. Le lendemain, à 18h00, après avoir soigneusement dit aux enfants de rester sages pendant son absence. Qu’elle durait longtemps ou pas, il n’était pas inquiet. Eden rentrait tous les jours à 18h30. A cet instant, Lun avait lu, le message de Hana, et il avait réagi, vivement. Il le regrettait un peu, sans vraiment le regretter. On ne peut pas changer ce qui a été. Ethan le méritait ! Ethan méritait tous les enfers du monde. Et Jun, tous les paradis. Un couple bien assorti. Un couple. Amère pensée. Le plus cynique là-dedans, c’était de savoir qu’il avait manqué d’être avec les deux, pour n’être avec aucun. Et ça n’avait pas la moindre importance, aujourd’hui. Tout ça, c’était loin. Loin de ses pensées actuelles. L’Amour, ce sentiment superficiel, qui nous rend si égoïste. Lun voulait bien leurs laisser. Il ne pouvait par contre, pas pardonner, à Ethan d’avoir jouit de Jun dans le même lit où il l’avait sans doute prit également. Il n’était pas un mouchoir, un préservatif, un paquet de nouilles chinoises. Il n’était pas là pour qu’on se vide et qu’on l’oublie.
Que s’était-il passé ? Comment en était-il arrivé à coucher avec Ethan Matthews, l’être le plus répugnant de la terre, désormais, à ses yeux ? Ce connard, qui pendant des jours s’étaient amusés à lier une relation amicale et légèrement ambiguës entre eux pour finalement, le baiser : le jour-même où il avait été retrouvé, visiblement après un suicide. Selon Eden, c’était sans doute ça. Mais Eden ne lui disait pas tout, et ça Lun le savait. Lun savait parfaitement qu’il avait oublié des détails, sauf que justement : comme il les avait oublié, il ne savait pas ce qu’ils étaient. Et, parmi : Pourquoi Ethan ?

Par contre, il n’avait pas oublié sa relation avec Jun. Cela aurait difficile. Du bar où il se voyait, à la chambre d’hôtel juste au-dessus, des crises, aux larmes, aux rires, tout lui revenait comme une vague. Toutefois, Lun n’était pas en train de se dire : j’aimerais récupérer Jun. Non. Il se disait : j’aurais aimé, que ça se passe différemment.

Jun n’était pas sa propriété et Lun savait parfaitement que rien ne pourrait remplacer le sentiment qui existait entre eux. Jun en couple, ou non, ils étaient amis au-delà de tout cela. Enfin, cela Lun l’espérait. Quant à l’amour. De toute façon …

Lun n’avait jamais vraiment rien compris dans ce domaine. C’était affaire des autres, que de comprendre l’Amour. Lui, il se contentait d’aimer, à en crever, sans jamais pour autant vouloir tout à fait se rattacher à quelqu’un. Les quelques tentatives avaient été un échec malheureux et sans issus.

Quelques parts, Lun savait parfaitement qu’il n’était pas sincère avec lui-même. Il n’avait jamais aimé réfléchir sur l’amour quand l’autre était en couple. Maintenant qu’il savait Jun en couple, et sans doute heureux, il ne se permettait pas de l’imaginer avec quelqu’un d’autre qu’Ethan. D’autant plus qu’il s’agissait de Jun.

Tu as déjà ruiné sa relation avec Kaede, Lun. Tu n’aurais pas dû venir. Qu’est-ce que tu fais là ?

Une étreinte douloureuse se fit sentir dans la poitrine de Lun. Il tourna le regard en direction d’un fantôme, pour ne voir rien d’autres qu’une chaise. Il était en avance, trop en avance. C’était normal, Lun n’avait jamais su être à l’heure, finalement. Le blond toussa un peu, avant de remonter les mains devant lui. Il les joignit, collant son front contre elles.

Et s’il faisait demi-tour ?

Pour la première fois de sa vie, Lun Marv avait peur de Jun Masato. Il était terrorisé de l’affronter. Et tentant de se souvenir des mots d’Eden, il cherchait à garder son cœur calme dans sa poitrine. Pas d’émotions fortes. Pas d’émotions fortes.

Et s’il ne venait pas ? Il aurait dû arriver en retard. C’était toujours mieux d’être en retard.
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Lun 3 Nov 2014 - 11:04

- Lun ? … Ça ne va pas ?

Il devait être 18h02 quand Jun arriva près de la table où il était attendu. De loin, le jeune homme avait vu son ami joindre ses mains et poser son front tout contre. De loin, Jun avait eu l'impression de le voir soucieux, inquiet, et il lui semblait ne pas avoir le souvenir de l'avoir vu vraiment tendu un jour, comme aujourd'hui. S'étant approché de la table, il déposa son sac au pied de la chaise et retira sa veste pour la poser sur le dossier. Comme à son habitude, il était plutôt tiré à quatre épingles et même s'il ne l'était pas vraiment, tout semblait lui aller très facilement, et après avoir fait claquer le talon de ses bottines nerveusement, il songea enfin à s'asseoir, nouant ses mains entre elles, lui aussi, pour poser son menton dessus, avec un léger sourire peu assuré. Son regard abîmé se porta autour d'eux un moment puis il le reposa sur son cadet avec une réelle émotion.
S'il souriait, il n'en était pas moins nerveux, de revenir face à lui après leurs retrouvailles courtes et inattendues. Il ne savait plus comment se comporter à l'instant T, perdu entre ce qu'il croyait ressentir et ce qui semblait être la réalité, perdu aussi entre ce qu'il pensait voir de Lun s'ils se recroisaient et ce que le jeune homme lui montrait aujourd'hui. Perdu tout simplement parce qu'il était soulagé de le voir en vie et que tout les événements qui avaient pu intervenir dans la vie de Jun l'avaient totalement dépassés.

Silencieux, il se redressa lentement, croissant les jambes et souffla discrètement pour se détendre. Il avait dépassé le stade de se demander si c'était une bonne idée de venir parce que depuis qu'il connaissait Lun, depuis qu'ils avaient partagé leurs nuits ensemble, depuis le début, ce n'était pas la question à se poser lorsqu'ils étaient tout les deux. Pourtant il aurait pu se poser la question... D'abord parce que sa relation avec Ethan était fragile et en danger, et compliquée aussi, et parce qu'il se retrouvait avec la source des mensonges de son petit ami sous le nez. Le simple fait de les imaginer tout les deux le plongeait dans un malaise profond, terriblement douloureux.
Et puis il y avait eu l'article d'Hana, qui révélait son couple, et ça Ethan quoi qu'il en dise, ne l'assumerait jamais, ne l'assumait pas. Jun en était blessé mais il savait bien que c'était ainsi, sortir avec un hétéro populaire à la famille importante... Et lui qui s'était assumé si vite, restait dans l'ombre.

Jun n'avait pas lu le commentaire de Lun, sur le blog des commérages. En fait il l'avait commencé et puis... Il lui était presque devenu impossible de continuer. Il ne voulait pas avoir cette image là de Lun, surtout en ayant vu le nom de Yun-Jin en survolant les lignes que son ami avait écrit. Et le message d'Eden l'avait conforté dans l'idée qu'il avait bien fait de ne pas poursuivre sa lecture.

- En te voyant déjà là, j'ai cru que j'étais vraiment en retard... Tu as commandé ?

Attrapant la carte d'un geste lent et mesuré, il se pencha dessus sans pour autant avoir l'air détaché. Il ne savait pas trop par où commencer, alors qu'il avait l'impression d'avoir des tas de choses à lui dire. Pas uniquement de la souffrance d'ailleurs, il avait aussi envie qu'il ne s'accable pas de tout les malheurs du monde et qu'il ne prenne pas toutes les fautes des êtres humains sur ses faibles épaules, même s'il lui en voulait terriblement parfois et pour des tas de choses. Pour ne pas leur avoir laissé de chance et avoir laissé filer et mourir ce qu'ils auraient pu avoir tout les deux... Pour en avoir aimé d'autres, pour avoir couché avec le monde entier alors qu'il savait, et ça le hérissait, que Jun lui aurait cédé tout entier s'il avait laissé entendre que c'était vraiment lui qu'il voulait . Pour lui avoir fait douter de leur amitié, car à force, Jun avait fini par croire à certains moments que les paroles de Lun était du vent. Pour lui avoir fait regretter de penser une chose pareille, pour l'avoir fait culpabiliser, sûrement sans le savoir et le vouloir, de culpabiliser d'avoir penser une chose pareille.

Il reposa la carte, posant sa main à plat dessus en soupirant. Pourquoi tout était si flou tout à coup alors que tout paressait si clair quand il avait fait ses crises, seul, devant Ethan, devant son simple reflet dans la glace. Quand il avait imaginé revoir Lun... Il n'avait pas été jusqu'à penser qu'il serait entrain de brûler de colère envers Ethan, et qu'il serait aussi perdu sur les événements qui lui avaient été révélé, adoucissant les traits d'un Lun qu'il avait déchiré dans sa tête et dans son cœur.

- J'avais peur que tu ne vienne pas.

C'était sincère, et spontané, même s'il n'aurait pas sû comment réagir, il en aurait été profondément affecté.
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Mar 4 Nov 2014 - 1:11

J’avais peur que tu ne viennes pas.

J’avais peur de venir. Répondit mentalement Lun avec un sourire sage, sans toutefois qu’aucun son ne sorte d’entre ses lèvres. Il avait beau essayé de se souvenir d’un moment dans sa vie, où il s’était senti aussi mal à l’aise, aucun ne lui revenait à la mémoire. Il devait bien y avoir, mais c’était loin de sa pensée. Beaucoup de faits étaient actuellement loin de sa pensée, comme cette demi-portion de chef d’un réseau de mafieux/dealers qui recherchait l’assassin de son fils. Cette enquête, Lun hésitait à la lancer. Il n’avait pas envie de se lancer dans une histoire qui ne le mènerait sans doute nulle part, seulement la curiosité avait été plus forte que l’envie et il avait dit qu’il verrait.
C’était un peu les mêmes pensées qui l’avaient habité concernant Jun Masato. Il n’avait pas eu envie de se lancer dans une histoire qu’il penser mener nulle part : seulement, la curiosité – ou plutôt la tentation – avait été plus forte que son envie première.
Jun s’inquiétait-il vraiment pour lui, se questionna Lun, en l’observant du coin des yeux. Etrangement, son paramètre par défaut actuellement était toujours branché sur la méfiance. Depuis que son identité avait été révélée au plein jour et que son père s’était mis fouiner dans ses affaires, Lun se méfiait un peu de son entourage. Lun avait toujours aimé son anonymat au Japon et ses mensonges de vie. Cela le comblait et le rassuré.

Dis, Cassy, est-ce-que j’ai fait le bon choix ?

Quelques parts, Jun n’avait pas changé. Lun le fixait, un peu trop, comment semblant le dévorer des yeux. En réalité, il cherchait des signes de vieillesses, des changements de couleur au niveau des cheveux, des changements au niveau de sa peau. Quelque chose ! L’ancien journaliste nouvellement enquêteur constata rapidement que si tout avait changé à l’intérieur d’eux, rien n’avait vraiment changé à l’extérieur de son camarade. Toujours la même jolie peau, les mêmes jolis yeux, les mêmes ongles soignés.

« J’avais dit que je viendrais. » Répondit brutalement le blond en détachant son regard de Jun pour tourner ses yeux en direction de la table. Il attrapa la carte sur la table, se mettant à la lire, comme-ci c’était un livre des plus passionnants. Ses yeux parcourant les mots, des mèches blondes tombèrent le long de son visage, le couvrant d’un rideau rassurant. Lun, laissa ses doigts parcourir les mots, passer sur les propositions de plats.

Il n’avait pas répondu à la question concernant le plat. Ce n’était pas la peine, son comportement répondait de lui-même à sa question. Lun soupira, inspirant et expirant en silence. Il devait garder son calme et ça c’était ennuyant. Cette contrainte supplémentaire dans sa vie depuis son réveil avait tendance à l’agacer et il ne savait pas combien de temps il tiendrait à faire le gentil petit garçon. Pas d’alcool à l’excès, pas de drogue, pas de montagne russe, et même au niveau sexualité, il fallait faire attention. Comment pourrait-il tenir alors que tout son univers lui donnait le tournis actuellement ?

Non, ça n’allait pas. Et oui, ça allait. Bordel ! Il n’en savait rien. Comment il pourrait savoir ? Il venait se réveiller d’un coma de plusieurs mois, et plus rien n’était pareil. Shiki avait changé, Eden avait changé, Daniel était au Japon, le monde avait changé, Jun et Ethan étaient ensemble, Kodaa ne semblait plus être au Japon, Sora non plus, quant à Yume, elle semblait avoir disparue de la ville depuis un petit moment également. Est-ce que quelqu’un pouvait lui expliquer le bordel qui avait lieu ou pas ? Juste une fois, dans sa vie, Lun aurait aimé comprendre ce qui se passait !

Allez, mon gars, ce n’est pas le moment de flancher.

Lun redressa la tête, hochant de la tête.

« Je vais prendre un thé au litchi. » Indiqua-t-il doucement.

Comment aborder toutes les questions qui le travaillaient actuellement ? Comment obtenir les réponses de Jun, et voulait-il seulement les entendre ? Est-ce que ça changerait quoique ce soit à leurs situations de savoir ?
C’était donc ça, sa vie ? Revoir ses amis, une fois par an, obtenir des nouvelles d’eux et se dire : « on se revoit dans un an ? » Où alors, c’était le destin qu’Ethan rêverait dans quelques temps. N’être qu’un connard qui en couple trompe encore ? Heureusement que Lun n’avait pas accès à la pensée des uns et des autres, sinon, il foutrait sans doute quelques claques. Une claque, ce n’est pas une émotion vive, ça, mon petit Lun ?

Ça suffit.

Et s’il devenait fou. Ces voix dans sa tête, elles devaient bien être la preuve qu’il n’était pas très sain d’esprit, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qu’il était venu faire ici ? Définitivement, Lun ne se comprenait pas. Courir après son passé, ce n’était pas vraiment dans ses habitudes. Bien au contraire, l’adage : « le passé, c’est le passé. » C’était l’un de ses principes de bases. Jun avec son joli minois et son joli sourire ne dérogeait pas à la règle du « Si ça c’est mal passé une fois, pourquoi ça ne se passerait pas mal plusieurs fois ? »

Silence.

Il avait juste envie d’essayer. Sans se prendre la tête. D’essayer de lui parler, sauf qu’il ne trouvait rien à dire. Et ça aussi, c’était nouveau. Lun était un bavard dans l’âme, il pouvait parler de n’importe quel sujet, sans s’en lasser. Parfois, il fallait le stopper, pour avoir aussi droit à son temps de parole. Aujourd’hui, il se contenta de tourner la tête en direction de l’intérieur de la pâtisserie.

« Qu’est-ce que tu prends, Jun ? Je vais aller passer commande. »

Pour être plus froid, Lun, il te suffit simplement de rajouter quelques glaçons.
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Mer 5 Nov 2014 - 22:31

La brusquerie de la réponse de Lun, et sa façon de détourner les yeux, tout cela surprit Jun mais lui arracha en même temps un sourire tendre alors qu'il fit de même et détourna le regard à son tour comme pour ne pas le mettre plus mal à l'aise qu'il n'avait l'air de l'être. Était ce lui qui le mettait dans cet état ? C'était à peine croyable. Et plutôt déstabilisant pour le jeune métisse qui en l'avait jamais vu comme ça, du moins si ses souvenirs ne lui jouaient pas des tours. De son côté, il ne se sentait plus vraiment à l'aise et en accord avec lui même, de le voir se comporter de la sorte et de ne pas arriver à le cerner comme avant... Oh bien sûr il comprenait totalement qu'il soit perdu, et il le voyait bel et bien. Ce n'était pas perdu comme avant, mais réellement perdu avec des informations qui semblaient aller trop vite pour lui. Peut être que c'était trop tôt pour se revoir ? Peut être qu'il n'aurait pas dû venir, ni pour lui, ni pour Lun ? Pour être honnête, Jun ne savait plus vraiment ce qui était bien ou mal, ce qui allait l'aider ou l'enfoncer... Alors il comprenait... Le flou.

Hochant la tête doucement quand Lun annonça son choix, Jun reposa ses yeux sur la carte machinalement pour ne pas affronter son regard qu'il avait trouvé dévorant, ou inquisiteur il n'arrivait même pas à le décrire. Est ce qu'il était content d'être là au moins ? Le populaire commençait à en douter... Et pourtant c'était Lun qui avait proposé, qui n'avait pas fuit – tant mieux d'ailleurs car Jun n'aurait sû dire sa réaction si leurs retrouvailles s'étaient passé autrement -. Il était venu à sa table, ils avaient parlé calmement... Enfin, ils n'avaient pas dit grand chose mais Jun s'attendant à des éclats de voix, il avait presque été rassuré de ne pas avoir eu envie de dégueuler des vacheries. Mais à l'instant T, il hésitait, et ne savait pas sur quel pied danser dans ce genre de situations. Il s'était attendu à tout sauf à ça en fait. Ne pas trouver les mots, ne pas savoir par où commencer alors que tout semblait être apparu très clairement quand il y avait pensé depuis déjà des mois. Peut être n'aurait il pas dû venir.... Après tout, qu'est ce qui prouvait que ces années passées allaient changer quelque chose... Trop de choses restaient silencieuses entre eux deux, depuis un temps monstre. Fallait il vraiment tout déballer maintenant ? Ou faire table rase du passé ?

- Leur pâtisserie du jour et... Un thé des amants.

De nouveau, il reposa la carte, en songeant à la saveur gourmande et sensuelle, de ce thé. Son voluptueux mélange parfumé de thé noir, de pomme, d'amande, de cannelle et de vanille, relevé par une pointe de gingembre. Et leva les yeux vers Lun pour confirmer son choix et chercher son regard cette fois si, qui ne serait pas cacher derrière le rideau soyeux de ses cheveux blonds. De nouveau il tenta un sourire, malgré la froideur de son ami, qui faisait fondre soudainement toute son assurance. Si c'était pour mettre autant de distance, il aurait peut être mieux fallu qu'ils ne fassent que se croiser un jour sans tenter ce rapprochement maladroit et mal à l'aise. Jun retint et soupire et souffla un petit « S'il te plait. » pour parfaire le tout. S'il voulait de la froideur, le jeune Masato n'était pas sûr de pouvoir la lui donner au même niveau que lui, mais il pouvait essayer. Même s'il n'était pas spécialement ravi par cette perspective.

Silencieux, il attendit alors, en se demandait s'il devait brusquer les choses, avant de se raviser. Si Lun avait des questions, des choses à lui dire, il les lui dirait. S'il n'avait rien à dire et bien il faudrait un petit peu plus de temps à Jun pour savoir ce qu'il devait en déduire. Observant Lun à la dérobée, plus pour ne pas avoir l'air de trop réfléchir qu'autre chose, et sa main vint masser sa nuque, passer dans ses cheveux brillants et lumineux, puis massa ses tempes en songeant à la difficulté de la situation. Il n'avait pas dit à Ethan qu'il avait revu Lun, et qu'il allait le revoir avant de savoir où tout ça allait les mener. Il n'avait pas eu envie de lui dire après ses mensonges... Et son jardin secret était bien trop rempli de ronces pour vouloir laisser y entrer quelqu'un. Après tout, tout ça battait de l'aile en ce moment et c'était bien plus difficile que ce que cette pauvre Hana♥ pouvait avoir raconté sur son blog.

- Qu'est ce que tu fais maintenant ? Détective... privé c'est ça ?
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MessageSujet: Re: Faute avouée, à moitié pardonnée. |Lun|   Sam 4 Juil 2015 - 18:26

Il se leva. Rentra dans la pâtisserie. Demeura un moment, à discuter avec la vendeuse. Autant par habitude que par envie de fuir ce sentiment de malaise qui emplissait son cœur. Lun se fit violence pour récupérer les deux pâtisseries, le thé et le chocolat qu’il avait commandé. Un thé qui l’avait fait frissonner. Quel était ce livre qu’il avait étudié au collège sur la littérature française ? On ne badine pas avec l’Amour. C’était cela, même.
On ne badine pas avec les sentiments aurait été tout aussi juste. Le journaliste blond remercia la vendeuse et se rendit à nouveau auprès de Jun Masato. Il déposa le plateau sur la table. Il récupéra par habitude le thé et la pâtisserie de son homologue et la déposa face à leur nouveau propriétaire. Il fit de même avec son gâteau aux fleurs de Cerisier et son chocolat chaud, couvert d’une épaisse crème blanche.

Lun se réinstalla à table. Il ramena ses cheveux en arrière et utilisant un élastique à son poignet, il attacha ses cheveux solidement en une queue de cheval négligé. Allons donc, il suffit d’un peu de courage pour changer les choses. Et s’il n’était pas impressionné par deux gosses grandissants, un colocataire rustre et un père chieur, il n’allait pas commencer à paniquer devant un amant croisé.

Lun soupira doucement, laissant un fin sourire amusé se dessiner sur son visage. Son visage se pencha, à moitié séducteur, à moitié curieux, alors que ses yeux de chats se placèrent dans ceux de Jun sans les quitter.

« Je travaille en journaliste free-lance et j’ai ouvert une agence de détective privé. Je n’ai pas encore énormément de clients, principalement des hommes et des femmes voulant vérifier la fidélité de leurs conjoints. Il est assez rare aujourd’hui de trouver quelqu’un capable de ne pas céder à la première tentation qu’il croise. L’avantage, c’est que ce genre d’enquête est assez facile.
Mon colocataire Eden Indentshi et mon père m’aident. J’ai également une employée, adorable, qui s’occupe de secrétariat. Elle gère autant la partie garage que la partie enquête. Passe-nous voir à l’occasion, je te donnerais l’adresse ! »

Le blond relâcha la pression de son regard pour mettre du sucre dans son chocolat. Deux sucres, pour être exact, se mettant à le remuer. Est-ce pas pur esprit de contradiction qu’il n’avait pas pris un thé ? Pas vraiment, en réalité. Il avait vraiment envie d’un chocolat, une sale habitude prise avec ses enfants. Et c’était bien rare d’en trouver, vu que les japonais consommaient très peu de lait. Autant en profiter, dans cette pâtisserie.

« Je m’occupe également de mes enfants, Judith et Philip. Ils sont adorables, mais grandissent beaucoup trop vite pour moi. Ce n’est pas évident pour eux, sans une mère pour les encadrer, mais à nous trois, on s’assure qu’ils ne se sentent jamais seuls. »

Un plus grand sourire encadra le visage de Lun, évidemment heureux à l’évocation de ses enfants. Les deux pierres précieuses de sa vie avaient rapidement tendance à lui donner des envies de joie et de bonheur. Ils étaient tout pour lui, et ils le seraient sans doute toujours.
« Et toi, que deviens-tu ? »

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