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 "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]

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MessageSujet: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Ven 1 Aoû 2014 - 8:57





Un bref instant de désorientation le prit en ouvrant les yeux. Daniel Warren était arrivé au Japon depuis moins d'un mois et il ne se faisait pas à l'odeur de jasmin biologique qui traînait dans les draps de l'hôpital. La tête de l'homme était lourde, d'une ivresse tardive dans la nuit. Son dernier souvenir s'arrêtait à l'instant où il était rentré dans la chambre d'hôtel avec sa bouteille de whisky japonais bien décidé à ne pas quitter l'hôtel. L'alcool était infect, le goût, l'odeur et les effets. C'était sans doute ce qui l'avait assommé. C'était un poison, plus qu'un breuvage. Sauf qu'il en était pas mort, sa tête le lui disait.

Warren se redressa, il portait un jean qu'il n'avait pas retiré et il était torse nu. Sa main trembla tâta à coté de la table de nuit pour prendre une cigarette dans un paquet froissé qui traînait sur cette dernière. Nerveusement l'homme monta la cigarette à ses lèvres, avant de se souvenir qu'il était incorrect et interdit au Japon de fumer dans une chambre d'hôtel.

Se redressant, Warren se rendit sur le petit balcon qu'il avait prit avec la chambre d'hôtel. Raison suffisante pour faire quasiment doubler le prix du lieux. En s'y engouffrant, l'homme réalisa à quel point cet endroit méritait le surplus de prit. Commençant à se réveillé, l'homme aux cheveux ébouriffés alluma sa cigarette à la flamme d'un briquet qu'il avait laissé la veille sur le balcon. Il tira quelques bouffés et fixa cette ville qu'il avait quitté , une éternité auparavant. Elle avait définitivement changé.  

Peu à peu, la tristesse des ténèbres d'un réveil lourd céda sa place à la griserie fluorescente de l'éveil. Écrasant sa cigarette dans un cendrier en contenant déjà véritablement un paquet, Warren réalisa qu'il n'était arrivé dans cette chambre que depuis quelques jours et que le cendrier était changé tous les jours. Il éprouva une certaine culpabilité à l'égard de la femme de ménage qui devait trouvé les européens bien antipathiques.
Auparavant, il logeait dans le garage qu'occupait son fils avec un colocataire. L'endroit lui déplaisait, trop porteur de mauvais souvenirs. Il avait préféré s'en éloigné, le temps de réfléchir à la situation. Il venait, à bientôt quarante ans, de tout plaquer pour s'installer au Japon. Son fils lui aura tout fait faire.

Pour se réconforter l'homme se fit la leçon et décida de vider lui-même le cendrier et d'offrir des fleurs à la femme de chambre ; puis, il réalisa que ce serait irrespectueux et suspect de vider totalement le cendrier.

Profitant de la bouilloire posé sur la petite commode, Warren se prépara un café instantanée avec du sucre et du lait, et il retourna s'asseoir sur la chaise posée sur le balcon.
Le soleil se levait brillant dans un ciel calme.

L'homme quitta le balcon, alluma la télévision et regarda avec dédain une présentatrice ressemblant à une adolescent qui minaudait et gloussait à qui mieux mieux comme une enfant de dix ans. Portant des couettes et une jupette, elle présentait des tubes musicaux qui firent bondir Warren. Il éteignit précipitamment le poste et brancha aléatoirement la playlist de son téléphone portable.

La musique basse n'était pas vraiment audible, mais elle l'était bien assez pour lui.

Terminant son café en silence, l'homme se hâta à la douche. Après s'être coiffé, comme à son habitude, il enfila son sous-vêtement, un pantalon strict et beige, une chemise blanche, une cravate sobre. Il garda toutefois la veste à la main, la chaleur de l'été ne lui permettrait pas de la porter. Il le savait parfaitement : et pourtant s'obstina à la prendre.

Après être descendu dans la corridor, Daniel Warren se rendit à à l'accueil. Les saluts de rigueurs passés, il se rapprocha d'avantage de la réceptionniste.

« Pourriez-vous rechercher un habitant de la ville de Keimoo, pour moi, Lady ?
- S'il se trouve dans l'annuaire et qu'il n'est pas sur liste rouge, certainement monsieur.
- Bien. Il s'agit d'un jeune homme nommé Shiki Kasturahi … ou peut-être Kasturagi ? Je ne me souviens pas bien. »

La femme releva un sourcil interrogatif et soupçonneux mais ne posa aucune question. Pourtant l'homme rajouta :

« C'est un ami de mon fils. J'ai besoin de m'entretenir avec lui.
- Bien monsieur. Je me renseigne et je vous tiendrais informé. »

Face au sérieux de la femme, le docteur Warren pensa aux moqueries de son fils Gabriel et réalisa que ce dernier était à l'autre bout de la terre. A la pensée d'être loin de son enfant pour la première fois, Daniel eu le cœur lourd.

Heureusement, cette pensée aussitôt apparu disparu pour le profit de l'amusement que l'homme ressentait à l'égard de cette ville. Son accent et sa pratique légère du Japonais ses dix dernières années avaient rendu ses phrases compliquées à exprimer. Heureusement que la plupart de la jeunesse parlait désormais anglais.

Bien ! Puisqu'il n'avait aucune préoccupation pour la journée, Warren se décida à se rendre dans un centre commercial. Il était grand temps de faire quelques courses. Le cœur léger, et la pensée tranquille, l'homme habillé comme pour un rendez-vous d'affaire s'arrêta à un bus de la ville et chercha le mot centre commercial. Après l'avoir trouvé, il attendit sept minutes son bus. Il monta dans ce dernier, discuta légèrement avec une personne âgée trouvant son accent charmant ; et descendit à l'arrêt du centre commercial.

En y rentrant, Warren se dirigea en premier lieu vers un pressing. Il confia un sac, contenant deux chemises et deux pantalons à la jeune femme tenant la boutique. Ceci fait, il se mit à divaguer, entre les petites boutiques, avant de pénétrer dans le centre commercial.

Engouffrant une main dans sa poche, par manie et sans s'en rendre compte, Warren se mit à observer les plats qui étaient vendus. Oui. Le Japon avait vraiment bien changé. Mais, ce n'était pas pour lui déplaire, songea-t-il.
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Judikaël Coda
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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Mer 27 Aoû 2014 - 20:40

Été morose, feuilles qui s'envolent, vent qui souffle légèrement. Tokyo actif, poussière de vie et poil de chat. Qu'il est ennuyant cet été. Que pouvais bien faire une prof parlant à peine le japonais, et ne connaissant personne mis à part un vieux matou gris et quelques élèves dans un lycée fermé, au beau milieu de l'été ? Rien était la réponse qui revenait toujours, inlassablement. Pas un rond pour repartir un peu en France, ni même pour quitter quelques jours cet hôtel. Et puis de toute façon, même chez elle, personne ne l'attendrait. Été, fâcheux été, seul tes gyoza et tes sucreries enchante l'âme puérile d'une prof malhabile.

Rien n'était vraiment plus intéressant que de marcher de long en large et de large en long dans les couloirs de l'hôtel, dans les allées du centre commercial, dans les quelques boutiques et confiseries où ses pas la mènerait, les échoppes de matériel artistique et les parcs à l'herbe humide pour profiter un instant du soleil, un crayon à la main, avant de se rendre compte de l'accablante chaleur la pressant au fond de son lit d'hôtel.

Elle n'avait pas tellement eu l'occasion de croiser des étrangers. En dehors du lycée où le prestige attiraient élèves et personnels depuis les quatre coins de la terre, dans l'hôtel et ailleurs, les autochtones étaient légion. Judikaël retenait une larme émue quand elle entendait, bien que très rarement, un petit mot de français au détour d'une conversation. Néanmoins, elle avait remarqué, et croisée parfois, un homme tout à fait singulier. Tout d'abord, il était grand, ou du moins bien plus grand que la moyenne des japonais alentours. Un occidental à la vue de son visage et de sa chevelure blonde, probablement britannique. De plus, il portait toujours des chaussettes noires, et ce genre de détails amusait et titillait la curiosité de la jeune femme. Ensuite, comme elle, il semblait vivre là. Du moins, comme elle, il n'avait pas d'autre logement que sa chambre d'hôtel, au vu des quelques semaines qu'elle le voyait faire des allers-retours dans les couloirs. Enfin, il avait un drôle d'accent, confirmant son idée qu'il serait occidental, et a une drôle de manière d’appeler "Lady" les réceptionniste.
Ainsi, quand ce matin-là, elle le croisa faire son petit manège à l’accueil, elle ne put que retenir un petit rire.

Judi venait de recevoir un chèque de son père, ainsi qu'un autre du lycée Keimoo pour ses congés, à peu près en même temps. Cette heureuse surprise, qu'elle ne manqua pas de remercier autant à sa famille qu'à ses supérieurs, la mit d'une humeur festive. Et c'est avec empressement et une joie infantile qu'elle se dirigea une nouvelle fois vers le centre commercial. Elle passa tout d'abord devant l'alléchante vitrine d'une boutique de cyclisme. Depuis son arrivé au pays du soleil levant, elle rêvait secrètement d'une bicyclette pour ses déplacements. Après tout, le lycée n'était pas bien loin du centre, donc de l'hôtel et de son futur logement, et faire ses trajets à vélo n'était pas une si mauvaise idée. Mais il n'empêchait qu'elle devait impérativement faire des économies pour son futur appartement, ne serait-ce que part précaution, en fonction d'une possible colocataire, quelques loyers d'avances ne seraient pas trop mal. Dépitée, elle s'éloigna de la vitrine de l'échoppe sans un regard en arrière, se promettant de revenir acquérir la bicyclette au cadre rouge dés qu'elle en aurait la possibilité. Il y avait plus important dans l'immédiat, et c'est avec cette idée en tête que la prof se dirigea à pas conquérant dans une boutique de vêtements. Pour homme.

Se faire passer pour un homme au lycée, c'était loupé désormais. Néanmoins, elle n'avait pas oubliée l'idée, pour en dehors. Déjà, son apparence androgyne et ses cheveux courts mettaient plus d'une personne en doute. Le défi était désormais de trouver de nouveaux vêtements d'été qui renforceraient cet aspect, et seraient plus confortable à porter que ces éternels cols roulés en laine synthétique. Mais l'hésitation face aux grands rayons colorés était trop grande, et c'est en vagabondant une nouvelle fois dans le grand centre commmercial qu'elle retomba sur l'homme de la réception. Il n'avait pas tellement l'air perdu, mais elle avait soudain une furieuse envie de taper la causette en anglais :
« Excusez-moi Monsieur, je peux vous aider ? »

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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Ven 5 Sep 2014 - 4:19



Voilà qui était surprenant. Tandis qu'il était en train de flâner dans le centre commercial – à la recherche d'un plat quelconque qui aurait pu combler sa faim et en grande partie par curiosité de connaître à nouveau la cuisine japonaise tout voulant assoiffé le vice qu'était sa gourmandise – le docteur Warren ne s'était pas attendu à ce qu'un jeune homme, d'environ une vingtaine d'années, vienne lui adresser la parole en anglais. Un jeune homme à l'apparence assez angélique, presque féminine, avec des yeux pénétrants et une douceur dans le visage. Un instant, le Docteur cru apercevoir un ami de son fils – qui avait fait ses études dans l'académie et se nommait monsieur Lloyden. Le prénom lui échappait, l'homme n'avait jamais en en mémoire ce genre de détails. Détails pour lui, surement important pour d'autres. Dans tous les cas, ce n'était pas un ami de son fils. Ou du moins, s'il l'était, le Docteur n'en avait jamais vu le visage.
Plutôt un petit blond, sans doute encore étudiant. L'un de nombreux académiciens de la ville.

C'était assez surprenant qu'on s'adresse à lui en anglais dans ce pays. Le docteur Warren regarda le jeune homme qui lui adressait la parole, en se demandant s'il donnait le sentiment d'être un étranger britannique perdu dans la ville du Japon. Étranger, certain qu'il devait y paraître ; perdu, peut-être un peu ; anglais. Peut-être est-ce-que son interlocuteur avait simplement décidé de s'adresser dans la langue la plus appris au travers le monde. En dehors de la langue maternelle – sinon la Chine avec son plus grand nombre d'habitants gagnaient la palme de la langue la plus parlée.

Offrant un sourire agréable, l'homme se contentant de faire un léger non taquin de la tête avant de pointer du doigt la devanture d'une boutique vendant des pâtisseries et des confiseries.

« Voyez-vous, la faim me taraude et j'aimerais prendre à manger dans ce commerce. Malheureusement, j'ai un peu de mal à comprendre tous les ingrédients et ; étant allergique aux arachides, j'aimerais éviter de me tromper et de mourir pour une erreur de compréhension. »

Tout en disant cette phrase, avec un air un brin filou, l'homme se pencha vers la devanture et se remit à observer les friandises et les confiseries. Et bien, voilà qui lui semblait compliqué. Dans ce genre de situation, où on doit faire un choix, chacun réagit différemment. Par exemple, le colocataire de son fils, Éden Indentshi, prenait généralement toujours la même chose ou par élimination, ce dont il était quasiment certain qu'il aimerait. Il prenait vite sa décision et n'aimait pas patienter pendant que d'autres la prenaient. Son fils, Lun n'avait généralement aucune idée de ce qu'il voulait. Il se contentait de choisir un numéro et de prendre ce dernier sur la carte ou de chanter un Amstradram, ou autre chanson, permettant de choisir. Son autre fils Gabriel s'arrêtait à deux trois choix, et gourmands prenaient les trois comme une évidence.
Lui, Daniel, lorsqu'il devait choisir, se contentait en général d'être raisonnable. Il essayait de choisir en fonction d'un budget, tout en se faisant plaisir. Il prenait généralement toujours la même chose, mais pouvait s'enhardir en commandant un peu différemment. Il ne prenait toutefois jamais le hasard. Daniel n'avait jamais aimé le hasard et il frémissait dès qu'il entendait son fils dire sa phrase préférée : « Tu veux jouer avec moi ? » Car il savait que les jeux de son fils était souvent source d'inquiétude et d'incertitude.

Là, Daniel avait envie de tenter l'expérience de la nouveauté : mais étant allergique, il devait se méfier. Il se senti stupide de ne pas avoir appris en japonais écrit le seul mot capable de le préserver d'un choc anaphylactique.

« Pourriez-vous me dire si dans la pâtisserie de couleur rouge, il y a de l'arachide ? »
L'homme pointa du doigt l'un des gâteaux de la vitrine.



Source de l'image : Les promenades du gout
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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Ven 5 Sep 2014 - 23:21

L'homme lui répondit dans un sourire, sans l'envoyer balader pour son indiscrétion. Des gâteaux ? Allergie ? Pour une raison mystique, Judikaël ne voyait pas le grand homme aimer les pâtisseries. Elle-même ressenti une espèce de dégoût en les détaillant du regard.
Elle appréciait le sucre, les petits bonbons qu'elle pouvait se laisser aller a croquer de temps en temps, mais de plus en plus, avaler la moindre petite chose la rebutait. La jeune prof ne se souvenait même plus vraiment de quand elle avait commencée à compter ses calories, à sauter des repas… Son corps dans la glace la remplissait de satisfaction chaque jour un peu plus, à mesure que sa poitrine s’aplatissait, se rapprochant peu à peu à une simple feuille de peau tendue comme un tambour entre ses côtes seyantes. Par ailleurs, son interlocuteur semblait la prendre pour un homme, et elle ne pu que s'en sentir joyeuse et remplie de gaieté. Peut-être qu'elle pourrait enfin se faire appeler Joshua sans qu'on la regarde de travers ?
Ce prénom qui ne lui appartenait pas, prononcé par erreur par le jeune homme du conseil des élèves, lui revenait toujours en mémoire. Elle ne voyait que celui-ci pour la définir ici, pas un autre, jamais. Judikaël, bien qu'étant un prénom mixte dans son pays, était trop peu connu, même là-bas, et elle voulait en changer pour sa toute nouvelle vie.

« Pourriez-vous me dire si dans la pâtisserie de couleur rouge, il y a de l'arachide ? »
L'homme qu'elle comparait en secret à un dandy pour la forme de son visage la tira de ses pensées pour son histoire d'arachide. Elle devait se concentrer, ne pas esquisser de gestes féminins, aucun tic de langage, rien. Et surtout l'aider dans ces cruels dilemmes que l'ennui estivale rendaient si intéressants, passionnants et curieux à ses yeux.

« Je ne connais pas de pâtisseries affichant publiquement les ingrédients de leurs gâteaux, le mieux serait de demander directement, entrons ! »

Sans attendre sa réponse, Judikaël poussa d'un bras la porte en verre. L'effort s'avéra étonnement pénible, les muscles de ses bras avaient complètement fondus, et elle avait la douloureuse impression de pousser qu'avec son os. Son fidèle pull noir cachait cet os qu'elle avait en guise de bras, heureusement. Sans rien laisser paraître, elle marcha jusqu'au comptoir étrangement vide de clients, pour demander en japonais si le gâteaux rouge désigné par l'homme contenait les-dites arachides. Et la réponse fut belle et bien négative. Elle la reporta en anglais à l'homme, avant de s'adresser à lui sur un ton moins formel :

« Sauf indiscrétion de ma part, puis-je vous demander votre nom ? Moi c'est Joshua. Joshua Coda. »

Elle tentait de cacher son excitation dans sa voix. N'allait-il pas la trouver bizarre ? Est-ce qu'elle avait vraiment une apparence masculine ? Et si elle était démasquée ? Au pire, il y avait bien peu de chance qu'elle revoit l'homme un jour, et encore moins qu'il travaille au lycée Keimoo, seul endroit où elle était explicitement et pour tous, une femme.

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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Lun 15 Sep 2014 - 3:59


La jeune fille en face de Daniel Warren n'avait pas vraiment une apparence masculine, mais Daniel Warren avait deux fils aux visages assez fins, en particulier le premier. Lui-même jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans avait souvent était confondu, rasé, avec une fille. Il se souvenait parfaitement, qu'à l'époque où il était au Japon, il avait un comportement un peu fou – sachant que personne à Londres n'en serait jamais rien. De ce fait, il s'était un jour déguisé avec son ex-femme en demoiselles et s'étaient amusées à heurter la population en se faisant passer pour des lesbiennes.
Daniel se souvenait parfaitement avoir prit le tramway, alcoolisée, et avoir senti une main sur ses fesses. Il avait été immédiatement stoppé dans son hilarité et incapable de bouger. Tout le long du trajet, aussi long avait-il semblé être, une dizaine de minutes en réalité, il avait senti la main se balader sur ses fesses sans la moindre gène. Par la suite, lorsque cela lui était arrivé, il avait su réagir et s'était juré de ne plus jamais mettre une main à une fille sans une bonne raison derrière et en étant sur qu'elle serait d'accord.

De ce fait, - au vu de son passé et de l'apparence de son fils –  Daniel n'était pas plus choqué que cela de croiser des garçons androgynes et n'allait jamais chercher très loin. D'autant que les travestis chez les hommes étaient plus connus que chez les femmes. Rares étaient les personnes qui parlaient ouvertement de se faire passer pour un homme. Sans doute car une paire de nichons, ça ne se cache pas dans un claquement de doigts.
De toute façon, Daniel se fichait bien du sexe de la personne en face de lui. Comme dirait la femme de Daniel – bientôt ex-ex-femme – « Pour Daniel, tout ce qui porte un pantalon est un homme. Tout ce qui porte une robe, une jupe ou des seins est soit une femme, soit écossais. »

Quoiqu'il en soit, le jeune homme qui venait de proposer de l'aide au psychologue quitta l'observation de la devanture pour rentrer dans le commerce, provoquant le petit bruit habituel de l'ouverture d'une porte.

Naturellement le docteur la suivit toutefois à l'intérieur de la boutique. Il n'était pas spécialement à l'aise. Il fallait dire qu'il ne s'était toujours pas améliorer en japonais, puisqu'il venait d'arriver et que les mots ne lui revenaient que petit à petit. Il n'avait pas envie de se retrouver à demander tout le contraire de ce qu'il aurait eu envie de dire. Il se voyait déjà commander un plat composé uniquement d'arachide justement.

Le problème fut réglé puisque le jeune homme qui l'accompagnait demanda pour lui. De ce fait, Daniel commanda une part de gâteau. La jeune serveuse sourit. Daniel demanda de plus un café, puis il se retourna en direction de la personne l'accompagnant :

« Kodaa ? Voilà des coïncidences amusantes. Enchanté, Joshua. Je m'appelle Daniel. Voulez-vous manger la part de gâteau avec moi ? J'ai sans doute eu les yeux plus gros que le ventre. Je peux, peut-être, également vous offrir un thé, un café ou autre chose ? »

Joyeusement l'homme fit un clin d'œil à celui qu'il prenait pour un petit étudiant, et se retourna pour dire à la serveuse d'attendre un petit moment, que son ami sache s'il désirait boire ou non. En disant ces mots, il se trompa d'ailleurs de telle sorte, qu'il demanda plutôt à la serveuse d'attendre pendant que son lapin sache s'il désirait tuer ou non. Toutefois, la serveuse sembla comprendre puisqu'elle au eu jolie sourire et se mit à s'occuper d'un autre client qui entrain dans la boutique.

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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Lun 15 Sep 2014 - 6:41

L'homme encore inconnu rejoignit rapidement Judikaël, qui arborait son plus grand sourire face à lui, impatiente de savoir si oui ou non elle pouvait le duper.

« Kodaa ? Voilà des coïncidences amusantes. Enchanté, Joshua. Je m'appelle Daniel. Voulez-vous manger la part de gâteau avec moi ? J'ai sans doute eu les yeux plus gros que le ventre. Je peux, peut-être, également vous offrir un thé, un café ou autre chose ? »

L'annonce qu'on l'appelle enfin Joshua ne la fit pas autant jubiler que ce qu'elle aurait cru, mais elle n'était pas moins flattée par la proposition de Daniel. Mis à part le délégué des élèves du lycée, et quelques élèves par-ci par là, en plusieurs mois d'existence au japon, elle n'avait pas eu grandes occasions de se faire des amis, ou du moins de sympathiser avec un autre adulte. Néanmoins, la simple pensée qu'elle pourrait manger un gâteau lui donna une subite et incontrôlée nausée qu'elle dissimula comme elle pouvait. Daniel ne semblât pas remarquer quoi que ce soit puisqu'il lui adressa un sympathique clin d’œil qui aurait pu être mal interprété avant de baragouiner quelque chose en japonais à l'intention de la serveuse du café.

« Juste un thé vert, je n'ai pas très faim, merci beaucoup de la proposition. »

Elle rappela donc la jeune femme de l'autre côté du comptoir qui ramena avec une impressionnante rapidité un petit plateau avec le gâteau et la tasse de thé sur une minuscule table, tout juste assez grande pour deux personnes, surélevée à plus d'un mètre vingt du sol, avec des chaises tout aussi grandes. Encore une fois, Judikaël eu certaines difficultés à se hisser sur ces promontoires mais n'en fit rien paraître, souriant diligemment à l'homme qui l'accompagnait.

« Je vous remercie encore pour votre invitation, je ne connais pas encore grand monde en ville, c'est sympa de pouvoir discuter un peu. Je peux vous tutoyer ? »

Placés tout juste devant la fenêtre donnant sur le reste du centre commercial, la jeune femme appréciait grandement la vue. Les gens, les passants, c'était ça qui l'inspirait au quotidien. Les paysages, ce n'était pas vraiment son truc. De loin, elle préférait écrire sur quelques personnes pressées, quelques enfants rieurs, et toujours tout déchirer après, satisfaite d'avoir produit quelque chose. Combien de pages devaient avoir son carnet de notes quand elle l'avait achetée ? 100 ? 200 ? Peut-être beaucoup plus. Sa mémoire lui faisait défaut mais elle avait dû acheter des recharges de feuilles seules pour le ré-remplir. Il avait une valeur sentimentale pour elle qui n'atteindrait jamais celle d'un quelconque autre carnet vert pour elle, et certaines pages ne pourront jamais en être déchirée. Celles des inscriptions qu'avaient laissés Lola dedans, les portraits de la jeune fille, les dessins de sa chère fille chocolat. Par réflexe, comme à chaque fois qu'elle s'installait à nouveau quelque part, elle le sortit rapidement de sa sacoche pour le poser sur la table, à portée de sa main.

Peut-être Daniel trouverait ça bizarre. Serait-il sensible à ce genre de nostalgie, de mélancolie profonde que peut ressentir un étranger ? Vivait-il bien son arrivé au japon ? Était-il là depuis longtemps. ? Trop de questions que Judikaël savait qu'elle n'oserait jamais poser, mais qui lui brûlait les lèvres, trop heureuse de pouvoir partager, peut-être, quelques pensées avec quelqu'un de semblable, venu de loin en laissant tous ceux qu'il aimait de côté. Elle voulait en savoir plus sur lui, sur sa vie, mais ne savait pas par quoi commencer. Sûrement qu'il allait la trouver bizarre, mais elle n'avait plus grand-chose à perdre de toute façon.

« J'imagine que ça doit être dur d'être seul dans un nouveau pays comme ça sans y maîtriser la langue. »

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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Lun 15 Sep 2014 - 18:53




Le Docteur en psychiatrie remercia chaleureusement la jeune serveuse et alla s’installer à une table. Sans doute serait intrigué d’apprendre que la personne face à lui était en réalité une femme, anorexique qui plus est. Un excellent cas d’étude. Toutefois, Daniel n’était pas le genre de personne à deviner rapidement ce genre de choses. Il se bornait généralement à croire ce qu’on lui disait, en dehors de ses séances. D’ailleurs, il aurait tout à fait cru – ou fait semblant de croire – une personne qui lui aurait dit être un astronaute qui a découvert des extraterrestres. Il fallait dire que Daniel se fichait bien de la réalité. Le mensonge, pour lui, n’existait que lorsqu’il servait à faire du mal. Le reste, c’était de l’imagination : hors l’imagination était important dans la vie. C’était l’imagination qui permettait aux hommes d’avancer, de rêver, de construire des idées et de grandes découvertes. Sans l’imagination, les hommes n’auraient jamais inventé la voiture, les avions, les jeux vidéos, la bombe nucléaire, aussi. Malheureusement. L’imagination n’était pas toujours un bienfait, lorsqu’elle était destructrice.
Installés sur les hautes chaises, Daniel quitta, un instant, des yeux son homologue pour regarder autour de lui. Il aimait cette petite boutique de centre commercial, c’était confiné, agréable. Moins toutefois que la boutique spécialisée du centre ville. Ce n’était pas non plus les mêmes prix.

Joshua, installé sur l’autre chaise, bien trop proche de lui ~ faute d’une table trop petite, le regarda un instant avant de lui demander la permission de le tutoyer. Hm. Daniel sourit poliment. Il répondit, immédiatement : « Evidemment, que tu peux. »

C’était vrai, et faux en même temps. Daniel n’avait pas l’habitude d’être tutoyé par des inconnus. A part sa famille, ses amis et certains patients, il gardait toujours une distance. Cette proximité du tutoiement avait toujours eu tendance à le gêner. Daniel se souvenait parfaitement qu’il avait toujours eu un mouvement de recul, au départ, lorsqu’il était arrivé au Japon – il y a bien une quinzaine d’années et que ses camarades l’avaient appelé de manière usuelle. Puis, lorsqu’il avait repris une clinique et qu’il avait fallu s’habituer à ce que les enfants et les adolescents le tutoient – sans manquer de respect, mais uniquement car ils n’avaient aucune notion de normes respectueuses.

Aujourd’hui, le tutoiement le gênait moins, mais était confiné à ses trois usages : Sa famille, ses amis et ses patients. Hors, il ne rendrait Joshua dans aucune des catégories. Est-ce-que c’était bel et bien important ? Après tout. L’homme jugea que c’était « le fun » d’un nouveau pays. Et, une certaine aventure.
Oui, pour cet homme strict : passer du vouvoiement au tutoyement était une aventure en soi.

La suite le laissa un peu pantois. Daniel se mit à rire, amusé, laissant sa cuillère planter dans son gâteau. Il relâcha cette dernière pour calmer son rire franc.

« Excusez … Excuse-moi Joshua. Je ne me moque pas de toi. Juste que ça me rappelle une conversation que j’ai eu, il y a très longtemps. »

Il avait cessé de rire, ses yeux amusés plantés dans le jeune homme – qui a bien y regarder était assez efféminé, effectivement. Les adolescents.

« J’ai étudié à l’université de Keimoo pendant trois ans. Et à l’époque, je ne comprenais vraiment pas un mot de Japonais. Là, je comprends, presque. J’ai juste perdu l’habitude … »

Et au final, ce n’était pas comme le vélo. Cela ne lui revenait pas naturellement. L’homme s’en rendait compte, il allait devoir s’entrainer. D’ailleurs, Daniel songea qu’il devrait peut-être s’inscrire dans une association et fréquenter les bars. Quand il était jeune, c’était ainsi qu’il s’était habitué à la langue.
Daniel mangea un morceau de gâteau … ses yeux brillants sous l’excitation. C’était délicieux ! Adorable. Bon. Génial.

Se remettant de cette première bouchée, il continua de parler, souriant poliment :

« Je ne suis pas seul, à dire vrai. Mes fils, mes petits-enfants et des amis vivent dans cette ville. C’est d’ailleurs, pour mon fils, que je suis revenu … ici. Je n’aurais jamais pensé remettre les pieds au Japon, en réalité. Voyez-vous, je n’ai jamais été un grand baroudeur.

Et toi, ne te sens-tu pas trop seul ici ? »

L’homme jeta un coup d’œil sur le carnet se trouvant sur la table. Et bien, la curiosité prit le pas sur le reste de la conversation. Le pointant de sa cuillère, il demanda poliment :

« Qu’est-ce ? »



Dernière édition par Daniel Warren le Mer 29 Oct 2014 - 2:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Mar 16 Sep 2014 - 6:24

Daniel semblait être légèrement gêné par la proposition de la jeune femme, mais peut-être se trompait-elle. Il semblait vouloir donner une impression détendu, riait aux éclats pour un rien. Un homme joyeux avec qui il est bon de converser. Il devait être assez âgé, la trentaine au moins, au vu de ses gestes, ses paroles et bien sûr son visage. Cette manière de faire appel aux anciens souvenirs, se rappeler d'une ancienne conversation ainsi…
Elle ne put s'empêcher de se voir à travers lui. Bien qu'elle n'ait sûrement pas autant vécu, qu'elle n'ait pas autant de choses à dire, elle aussi passait son temps à retourner dans le passé, dans ses souvenirs, hantée par la fille qu'elle aimait aime et aimerait toujours depuis des années.

Elle frissonna à l'entente du nom de l'académie Keimoo. Piégée ? Pas encore, s'il disait y avoir étudié, cet homme n'était plus étudiant depuis longtemps, c'était évident. Quel pourcentage de chance ferait qu'elle croiserait ici quelqu'un qui pourrait la croiser dans le lycée et découvrir son secret ? Aucun, zéro, nada, niet, c'était évident.

Elle sirota lentement et à minuscules gorgées son thé, qu'elle reposa quasi-immédiatement. Le glapissement de sa gorge avec le liquide la dégoutait, elle eut de nouveau une forte envie de vomir. Elle réagit cependant aux paroles de Daniel pour se rassurer, s'assurer qu'elle n'avait rien à craindre :

« L'académie Keimoo ? Fantastique ! J'y travaille comme professeur. Et vous avez passé plusieurs années dans cet établissement sans parler japonais ? C'est étonnant. »

Loin de se sentir mieux, Judikaël vit Daniel manger goulûment son gâteau. La pâte visqueuse qu'il formait avec ses dents, sa bouche, qu'elle pouvait très légèrement apercevoir la répugnait horriblement. Une masse informe et sucrée, mâchée et avalée pour finir dans son estomac, rester dans son corps le temps de la digestion. Elle détourna les yeux vers la vitrine encore une fois, essayant de faire abstraction de cet écœurant spectacle.

À priori ravi d’exhiber cet effroyable ravissement primaire que de manger un gâteau, Daniel reprit :

« Je ne suis pas seul, à dire vrai. Mes fils, mes petits-enfants et des amis vivent dans cette ville. C’est d’ailleurs, pour mon fils, que je suis revenu … ici. Je n’aurais jamais pensé remettre les pieds au Japon, en réalité. Voyez-vous, je n’ai jamais été un grand baroudeur.

Et toi, ne te sens-tu pas trop seul ici ? »

Oulà, des petits-enfants. Cet homme faisait plutôt jeune pour être grand-père. Anglais à priori. Elle n'aurait jamais cru qu'un tel homme ressemblant point pour point à un dandy bohème ou a un dealer soit accompagné de sa flopée de marmots dans le pays. Elle l'imaginait seul, éternellement seul, comme elle. Il faudrait vraiment qu'elle trouve un nom à ce satané chat.

« Toute une famille ! C'est impressionnant, je ne vous imaginais pas père, et grand-père de famille. Si je l'avais su je vous aurais sûrement demandé moins vite de vous tutoyer ! »
Elle feignat un rire un instant :
« En effet vous n'avez vraiment pas l'air à l'aise avec ce pays, je peine à croire encore une fois que vous ayez pu y vivre et y être étudiant aussi longtemps. Comment faisiez-vous ? Vous avez un travail ici ? »

Le vouvoiement était revenu naturellement, et tout aussi naturellement elle évita sa question auquel elle n'aurait su répondre. Elle se sentait bien, elle n'était pas si seule que ça. Ou du moins elle le vivait bien. Elle avait son chat, et une Lola imaginaire pour l'accompagner. Pourquoi ça irait mal ? Elle se détendit un peu, oui, tout allait bien, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter.

« Qu’est-ce ? »

D'un geste vif et presque par réflexe, la jeune femme grinça les dents et plaqua sa main sur le carnet avant de se rendre compte à quel point il devait la trouver étrange. De toute façon elle ne risquera pas de le recroiser de si tôt. Reprenant un air serein, elle hésita à ranger le carnet, et faisant mine de feuilleter nonchalamment les pages, elle déclara :

« Oh ça ? Ce n'est rien de plus que quelques croquis inachevé. N'y faites pas attention. »

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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Mer 29 Oct 2014 - 2:57



Il n’était pas difficile de voir que le fait de manger son gâteau gênait le jeune homme face à lui. Toutefois, Daniel n’y fit guère attention. Tout d’abord, car beaucoup de personnes étaient gênés à la vue d’une personne qui mange. Ensuite, car l’anorexie, sans vouloir être un psychiatre misogyne, touchait à 90% les femmes. Les hommes préféraient le sport pour s’approprier leurs corps, alors que les femmes se contraignaient souvent sur la nourriture. C’était logique, puisque la plupart des femmes étaient soumises trop rapidement au dictat du poids et de la mode. Daniel avait eu assez de patientes brisées pour ne plus supporter les corps minces depuis longtemps. C’était bien malheureux, si on considérait l’aspect fin de son fils Léonard ou de sa première femme. Même Elizabeth était assez chétive, et petite de taille. A croire Qu’il attirait ce qu’il n’aimait pas. Au départ, du moins.

Vraiment, ce gamin travaillait à l’académie ? C’était sans nul doute sa première année. Il semblait un peu jeune pour enseigner. Cette réflexion venant d’un homme faisant légèrement moins que son âge était sans doute déplacée, mais elle était difficile d’être retenu. Daniel s’amusa de la surprise qu’il puisse avoir des enfants et des petits-enfants.
Dire qu’il avait eu son fils Gabriel jeune n’était pas faux. Il avait mis sa première copine enceinte ….

Daniel avait omit ces année-là de son cerveau. Sans doute, qu’à l’époque, il se serait moqué de ce professeur timide. Daniel, à 18 ans, portait les cheveux longs, colorés, et avait des piercings et des tatouages apparents. Il avait des yeux moqueurs, la cigarette aux lèvres et paraissait bien trop minces. Une odeur de marijuana imprégnait ses vêtements, alors que l’ensemble de ses tee-shirts semblaient avoir été choisi par un adolescent fan de Rock et de métal. Il se trouvait différent, mais il suivait la mode : la mode des gens voulant être rebelles. Les mêmes piercings, des tatouages comme eux, un style rock rebelle des marques de chaussures et de vêtements les plus connus. Il se croyait fort en remplaçant Sartre par le Marquis de Sade, et intelligent à avoir la tête de Che Guevara sur son béret.

Ce qu’on peut être con quand on est jeune. Soit on refuse tous les effets de mode sans faire le tri, soit on suit un effet de mode, un style, un modèle, en se croyant différent. Encore aujourd’hui, la différence entre la fille suivant la dernière série à la mode, écoutant secret story et portant des louloutins et celle écoutant de la dubstep, des chaussures rock au pieds, un piercing au nez ou à l’arcade, et des écarteurs aux oreilles, tout en aillant tout walking dead sur son PC n’était qu’une différence de costume.

Il n’était pas mieux dans son uniforme d’adulte.

Que voulez-vous. L’important, ce n’est pas de ne pas suivre la mode, les autres, ou d’être différent. L’important c’est de savoir distinguer ce qui est notre personnalité, nous, de ce qui n’est qu’une passion, un truc qu’on suit mais qui ne nous définit pas.

Et puis, il y a des détails qui nous définissent. Comme ce carnet.

L’homme sourit doucement. Il avait posé sa cuillère.

Il attendit un peu, que le jeune homme termine de parler, avant d’hocher de la tête.

« Tu me le montreras plus tard, si tu le désires. »

Cessant de manger, sans doute plus pour le jeune homme, que par gourmandise rassasiée, l’anglais se remit à bavarder gaiement, visiblement étant un inépuisable bavard.

« Pour répondre à ta question, je vivais en colocation, j’étais constamment aidé. Et j’ai effectivement un travail ici. Ce bon vieux Shiori était-il toujours le directeur de l’académie ? Il faudra que je passe le voir un de ses jours. Je dois lui parler de ma clinique.

Tu lui passeras le bonjour de ma part. Je dois avouer que j’ai totalement oublié de le remercier pour ses services, et de le prévenir de mon arrivée. C’est assez regrettable de ma part. »

Visiblement, adepte du saut du Coq à l’âne, le docteur Warren se coupa de lui-même pour demander :

« D’ailleurs, tu es professeur de ... ? »

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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Mer 5 Nov 2014 - 18:19

Daniel semblait en permanence plongé dans ses pensées, comme Judikaël était plongée dans les siennes. Néanmoins, la récente annonce de Daniel comme connaissant l'académie était comme un frein à sa pensée. La jeune femme angoissait, et regrettait d'avoir si vite fanfaronner en se présentant comme un homme. Elle triturait sa cuillère machinalement, tout en réfléchissant à une excuse pour s'éclipser. Elle ne voulait rien faire risquant de révéler son secret au grand jour. Mais quel secret ? C'était Lola son secret, non ? Judikaël regarda rapidement son poignet dépassant de son pull. Elle devait être la seule à remarquer à quel point l'os était visible à travers la fine couche de peau. Quelque part, si elle s'habillait comme ça, c'était bien pour cacher cette maigreur, pour qu'on lui fiche la paix.
Soudainement, elle réalisa qu'évidemment son secret c'était qu'elle était une femme. Pourquoi ça ne lui avait pas sembler évident ? La fatigue, sûrement, embrouillait ses pensées. Elle était dans un état anxieux, quasiment paniqué, par la menace que représentait l'homme pour elle, par sa proximité. Le fait qu'elle ait aussi mis en évidence son carnet vert si précieux. Elle n'était pas assez prudente, ça la rendait folle.

« Tu me le montreras plus tard, si tu le désires.
- Ça ira. » Répondit elle par un micro sourire qu'elle effaça immédiatement de son visage. Il continua :

« « Pour répondre à ta question, je vivais en colocation, j’étais constamment aidé. Et j’ai effectivement un travail ici. Ce bon vieux Shiori était-il toujours le directeur de l’académie ? Il faudra que je passe le voir un de ses jours. Je dois lui parler de ma clinique. D’ailleurs, tu es professeur de ... ? »

Shiori ? Judikaël se lamentait toujours plus de son ignorance à propos de ses collègues. Elle n'avait jamais vraiment eu de discussions ni avec les professeurs ni avec le personnel civils, tout juste quelques élèves. On allait vraiment finir par la trouver bizarre. Elle l'était sûrement. Une clinique ? Daniel avait plus une tête d'avocat que de médecins. Ses pensées s'embrouillaient, la jeune femme ne cessa de croiser et décroiser ses jambes, à tordre sa cuillère sans plus faire attention au lieu où elle se trouvait. Soudain, la cuillère se cassa entre ses doigts. Une simple cuillère en métal comme on pouvait en trouver dans tous les supermarchés. Elle resta interdite quelques instants à contempler les deux moitiés de cuillère dans ses mains. Mais bon dieu pourquoi est-ce qu'elle s'agitait comme ça ? Respirant un bon coup, elle rit un peu et reposa les morceaux dans la petite assiette accompagnant sa tasse de thé.

« Oups ! Quelle étourdie je fais. »

Elle appela d'un signe de main une serveuse pour l'avertir de la casse et rembourser cette petite cuillère. Une fois que la serveuse lui fit un signe pour l'avertir qu'elle passerait, elle se retourna vers l'homme face à elle.

« Une clinique ? Vous êtes médecins ? Je suis professeur d'anglais et de français pour ma part, depuis trois ans. J'ai enseignée en France avant d'arriver ici. »

Elle s'interrompit pour goûter une gorgée de thé. Il était froid, amer, un thé noir.

« Si vous le souhaitez, je peux transmettre un message de votre part à Shiori, ça ne me dérange pas ! Quelle coïncidence tout de même ! »

La jeune femme se fit une note mentale de maudire plus souvent le destin qui se foutait littéralement de sa gueule depuis quelques années.

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MessageSujet: Re: "Cesse de faire l'Homme" gronda le père âne en fixant son fils. [RP libre]   Sam 4 Juil 2015 - 19:05



Daniel Warren sourit doucement, essayant de comprendre le malaise du jeune homme face à lui. Il n’arrivait pas à mettre un mot exact sur ce qu’il ressentait, mais il n’était plus certain que la personne face à lui souffre uniquement de timidité. Il y avait un autre sentiment sous cape, un sentiment où il ne parvenait pas à mettre un nom dessus. C’était très étrange, ni dérangeant, ni perturbant, juste curieux.
L’homme hocha sérieusement de la tête, à la discussion sur le directeur. Ils avaient été amis pendant tellement d’années avant que ses enfants et son travail ne perturbent le rythme des mails envoyés et des coups de téléphone. Impossible que Shiori lui en veuille. Tout comme lui, il était souvent occupé par d’autres problèmes que les amitiés. Ils étaient adultes. Ils n’avaient pas besoin de se donner des nouvelles, pas besoin de s’écrire des mots d’amitiés, pas besoin de grandes preuves pour croire en leurs amitiés. Ils étaient amis car ils le savaient, l’un comme l’autre. Et qu’ils se respectaient mutuellement.

Daniel tendit sa carte au jeune homme, ses coordonnées et celle de la clinique étant inscrites dessus. Il sourit doucement en répondant de manière laconique :

« Vous pourriez lui donner mes coordonnées pour qu’il me rappelle ? Je n’ai pas le temps de passer à l’académie pour l’instant, mais je ne doute pas qu’on pourra convenir d’un rendez-vous. »

Daniel avait cessé de manger, il avait terminé. Toutefois, il ne fit pas mime de partir, occupé à discuter. C’était assez commun pour lui de discuter avec des inconnus. Son métier était en grande parti constitué de cela. Toutefois, c’était d’autant plus grisant car il était au Japon et que tout lui semblait nouveau. Lui rappelant une enfance qui était loin derrière, enterré, sans le moindre regret.

Son métier le fit sourire davantage, amusé et rieur. Il n’en avait ni honte, ni en était fière. C’était son métier, voilà tout. Il l’aimait, même s’il lui arrivait parfois de râler lorsqu’il en parlait. Comme tout à chacun, il y trouvait avantages et inconvénients. Les avantages étaient toujours plus importants que les inconvénients pour lui.

Aussi il répondit avec le même ton sérieux, teinté d’amusement derrière un sourire sage et des yeux trop bleu.

« Je suis le directeur d’un institut psychiatrique. Je m’occupe principalement d’adolescents et de jeunes adultes jusqu’à 25 ans. Il m’arrive toutefois de gérer des personnes plus jeunes ou plus âgés. Notre but étant de réhabilité et réintégré des personnes perturbées. Il arrive, à tout à chacun, d’avoir des faiblesses, n’est-ce pas ?
J’ai plusieurs cliniques, et je viens d’ouvrir celle au Japon. C’est avec plaisir que je viens la superviser, même si je ne sais pas encore si je resterais vivre ici. »

L’homme tendit une deuxième carte, la même que celle donnée précédemment à l’homme.

« Si un de vos étudiants, amis ou autres a des difficultés, n’hésitez pas à lui donner mes coordonnées. Et à l’occasion, passez me voir. Nous fonctionnons comme un campus, et l’endroit vous semblera sans doute plus chaleureux que les termes que j’emploie. »




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