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 Fate Meeting.

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MessageSujet: Fate Meeting.   Ven 11 Juil 2014 - 11:53

J’étais dans la voiture, les yeux bandés, frémissant d’impatience comme un gosse attendant son cadeau d’anniversaire, et d’ailleurs, c’était exactement le cas. Nous continuions d’avancer à une allure régulière, et moi, je me concentrais sur chaque oscillation de l’engin et sur le crissement des pneus sur l’asphalte comme si ceux-ci allaient me murmurer l’endroit où nous nous trouvions. L’excitation montait en flèche. C’est dingue, j’étais un vrai gamin alors que l’impatience n’était vraiment pas une habitude pour moi… Puis la voiture se stoppa. Une portière s’ouvrit puis se referma dans un claquement familier. Ce sentiment, cette attente qui touche à sa fin, c’est… Comme découvrir un secret, comme faire quelque chose de défendu… Quelqu’un ouvrit ma porte, et à l’effluve fleurie qui flottait autour d’elle, j’eus la confirmation que c’était ma mère qui se trouvait à mes cotés. Elle prit ma main avec sa tendresse habituelle et déposa comme toujours ce même baiser chaud et soyeux sur le dessus de ma main, puis la tira pour m’inciter à me lever et à la suivre. Ma ceinture que je venais de détacher fit un léger « clik » métallique avant que le silence soit remplacé par le bruit urbain et quotidien qu’offraient les grandes villes de nos jours…

« - Voilà mon chéri, tu peux regarder.

Tricha venait de s’arrêter et sa voix maternelle avec augmentée mon excitation. J’hésitais un quart de seconde avant d’ouvrir les yeux, comme pour imaginer une dernière fois ce que j’allais trouver. Je prenais une dernière grande inspiration et une fois que mes poumons furent pleins de l’oxygène pollué de la ville, je vis la bâtisse. Putain… Qu’est-ce qu’elle n’avait pas compris lorsque j’avais suggéré de me louer un « petit appartement pour un peu plus d’indépendance » qui justifiait ça. Son grand sourire qui même à force, n’était jamais devenu banal, s’affichait à ses lèvres tandis qu’elle me pressait pour pénétrer dans le jardin, gravir les marches de pierre beiges et entrer dans la demeure d’un style assez contemporain qui me plaisait beaucoup. Elle me poussa un peu plus en avant, et sans même prendre le temps d’enlever les Converses que je portais, je me hâtais jusqu’au salon. Il me fallut toutes fois quelques secondes pour réaliser : tout était grand, spacieux, mais les meubles luxueux de cuir, de bois noir ou d’inox disposés avec gout sur les carreaux blancs cassés restaient heureusement sobres et modestes.

- Joyeux anniversaire Oswald.

Je l’embrassais et la prenais tendrement dans mes bras.

- Merci Maman, merci beaucoup. Mais c’est… trop. Je ne peux pas accepter ça. Tu sais, ça ressemble plus à une maison familiale qu’au lieu de vie d’un jeune solitaire… Je ne vais pas m’en plaindre, certes, mais ça m’embête que tu dépenses autant d’argent pour mon anniversaire après tout ce qui s’est passé…

Même si j’aurai voulu le retenir, je ne pus réprimer un immense sourire de satisfaction face à cette merveilleuse surprise.

- Ne t’en fais vraiment pas pour ça. Et puis, nous n’avons pas vraiment acheté ça pour que tu vives seul… Nous avions pur que tu t’isoles de trop, alors nous allons te demander de vivre en colocation. Le problème, c’est que tu ne connais personnes, alors ton frère et moi allons devoir te trouver quelqu’un…

- Mais…

Mon visage devait être en pleine décomposition, et si ça continuait ainsi, j’allais blêmir jusqu’à en devenir transparent, et avec un peu de chance, disparaître totalement et pouvoir m’échapper de ce piège qui m’avait été tendu… Partager mon domicile avec quelqu’un allait être un vrai calvaire… Mais c’est vrai qu’il était tout à fait le style de ma mère d’élaborer un tel plan pour m’y contraindre… Merde, j’aurai dû m’en douter.

- Pas d’objection s’il te plaît. Si tu veux me faire plaisir, tu te dois d’accepter. Ton frère doit déjà s’être préparer à prendre l’avion, il arrive demain. Ce sera lui qui accueillera ton premier colocataire potentiel le temps où je serai en réunion à Tokyo.

Je ne savais plus quoi dire… Contre le sourire angélique de Tricha, sa manière persuasive de vous parler et mon envie irrépressible de faire plaisir à la femme qui contait le plus pour moi, il n’y avait rien à faire, rien à ajouter ; la seule solution était d’acquiescer.

- J’espère que nous dînons au moins ensemble avant que tu t’en ailles ?»
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Naoko Tanaka
▼ Université - 2ème année - Vice Présidente Cuisine
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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Ven 11 Juil 2014 - 21:17

“There's nowhere you can be
That isn't where you're meant to be...”

Ça faisait un petit bout de temps que j’y pensais. Au début, ce n’était qu’une vague idée qui s’était présenté dans mon esprit, sans que je la prenne vraiment au sérieux, sans que je ne prenne le temps d’y réfléchir vraiment.
Puis, avec le temps, l’absence de solution qui s’offrait à moi –ou plutôt, qui ne s’offrait pas- me forçai alors à le reconsidérer, ce germe d’idée, qui était resté bien sagement dans un coin de ma tête.

J’avais alors commencé, de mon côté, à faire quelques recherches. A écumer internet pour récupérer le plus d’information, pour me renseigner au maximum. Il ne s’avérait bien sûr pas de la meilleure solution pour moi. Mais les circonstances faisaient que, je voulais bien accepter, et même, j’acceptais avec plaisir de me sacrifier.
Après tout, ma famille, et notamment ma mère, avait toujours tout fait pour moi, et s’était toujours démener pour m’offrir tout ce dont j’avais besoin, pour me donner tout le soutient qui m’était nécessaire. Alors si cette fois, je pouvais rendre la pareil, la question ne se posait même pas.

C’est ainsi qu’un soir, en rentrant du lycée, je me suis assise en face de ma mère à la table de cuisine, qui végétait sur les mots croisés du journal hebdomadaire. Elle leva ses yeux cernés et ternes vers moi avec une once de curiosité.
J’avais répété mes mots une bonne centaine de fois, mais malgré ça, il était quand même difficile de prendre la parole. Je pris une grande inspiration.

« - Maman… Tu vas retourner à Tokyo. »

Elle me fixa sans comprendre, surement trop étonnée de me voir affiché une mine si déterminée. C’était loin d’être dans mon caractère, et d’habitude, cela se voyait encore moins sur mon visage. Je continuais alors.

« - Tu vas retourner à la maison, avec Papa et ‘Miko. Ils ont besoin de toi, et surtout… Je sais que tu as besoin d’eux. »

Elle soupira, désabusée.

« - Qu’est-ce que tu racontes, Nao… Ne me dis pas qu’il s’est encore passé quelque chose au lycée ? »

Pour appuyer ses dires, elle fixa avec insistance les traces d’un bleu qui commençait tout juste à disparaitre sur ma joue, souvenir d’une altercation avec un camarade dont je n’avais pas fait part à ma mère, bien sûr. Je décidai d’éluder ce sujet, pour le moment.

«  - Pas "on", Maman. "Tu" vas rentrer. Moi je reste à Keimoo.
- Comment veux-tu que je rentre sans toi ? On s’était mis d’accord, tant que tu ne seras pas complètement rétablie, je reste ici avec toi. Et tu sais bien que c’est trop compliqué à gérer si tu retournes à l’internat. »

Je sortis alors de mon sac une pochette en carton, que je fis glisser sur la table en direction de ma mère. Elle l’ouvrit, consulta les documents que j’avais rassemblé, puis releva les yeux vers moi avec une expression d’incrédulité, mélangé à de l’incompréhension, puis finalement, elle se mit à rire doucement.

« - Et moi qui pensais que tu étais sérieuse, tu m’as fait peur un instant.
- Je suis sérieuse. »

Elle fronça les sourcils, puis fixa son regard d’ébène dans le mien, comme pour y déceler une faille. Ma mère a toujours eu beaucoup de talent pour jauger les gens. Elle peut être très impressionnante, et ses batailles de regards pouvaient être éprouvantes pour une personne avec une détermination qui laisserait à désirer. Elle déclara alors, comme un juge appliquerait sa sentence :

« - C’est hors de question. »

C’était à partir de là que les choses allaient se compliquer. Je me doutais déjà qu’elle serait contre, et la faire changer d’avis ne serait pas une mince affaire. Je savais qu’il fallait que je joue mes prochains coups avec sincérité. Pour une fois.
Je posai alors ma main sur celle de ma mère, fébrilement. Je n’ai jamais été très à l’aise avec le contact, même avec ma famille, si bien qu’il était vraiment rare que nous nous faisions des câlins, ou des bisous autre que pour se dire au revoir. Et je n’étais jamais l’instigatrice. De ce fait, mon geste l’a surpris énormément, cela pouvait facilement se lire sur son visage. Je pris une seconde inspiration.

« - Ecoutes… Maman… Je sais que, tu as toujours fait tout ton possible pour ‘Miko et moi. Et.. Dieu seul sait à quel point ça représente beaucoup de choses. Je sais aussi que t’es pas heureuse ici… »

Elle voulut me couper mais je lui en empêchai.

« - Tout aussi bien que je sais que tu ne restes pas ici par contrainte. Mais Papa te manques, pas vrai ? »

Je vis ses yeux se mettre à briller et un sourire triste s’afficher sur son visage. Elle hocha la tête, sûrement que si elle avait commencé à parler maintenant, elle se serait mise à pleurer à cause de sa grande émotivité.

« - Je vois bien que la vie ici ne te convient pas. Tu ne fais plus rien, tu ne vois plus personne. Je vois bien que tu es toujours triste. Et… Ça me manque de te voir heureuse, Maman. »

En silence, elle se leva de sa chaise pour se diriger lentement vers moi, tandis que je me redressai de la mienne. Elle vint doucement me prendre dans mes bras. Je savais que là, elle pleurait. Je passai une main mal assurée dans son dos, maladroitement. Je rajoutai, sur le ton de la plaisanterie.

«  - Je suis bien suffisante niveau morosité pour que tu t’y mettes aussi, non ? »

Elle ria légèrement, comme si un poids lui était enlevé des épaules. J’étais très touchée moi aussi, mais, ça ne paraissait pas autant que pour elle.  Après quelques seconde de silence et de tendresse, elle finit par le rompre.

«  - J’ai tellement de chance d’avoir d’aussi merveilleuses filles que vous. »

Elle ponctua sa phrase en déposant un baiser sur mon front, et le sérieux pu se lire à nouveau sur son visage.

« - Mais Nao, même si ça me touche beaucoup, je ne peux quand même pas l’autoriser. Tu es encore trop jeune…
- C’est pour ça que je ne serais pas seule. C’est toi qui choisiras, bien sûr, tu m’accompagneras. Je n’irais pas là où tu ne voudras pas. Mais s’il te plait, ne refuse pas avant d’avoir fait quelques entretiens au moins.
- Et ton père, tu lui..
- Il est d’accord.
- Mais je veux être sûre de pouvoir te contacter à n’imp..
- J’ai passé mon forfait de téléphone en illimité, je t’appellerais tous les soirs si tu veux.
- Et à cette période de l’année, plus personne ne cherche de co..
- J’ai sélectionné des annonces qui semblaient sérieuses. Il ne manque plus qu’à aller voir. »

Elle soupira. Elle avait épuisé le stock, il semblerait. Je décochai alors mon dernier argument.

«  - Maman, tu nous as élevées, ‘Miko et moi, pour qu’on sache se débrouiller et qu’on soit autonomes. Tu sais que ça ira, et si ça ne va pas, on aura qu’à tout annuler et retourner comme nous sommes maintenant. »

Elle soupira une nouvelle fois, encore plus longuement.

« - C’est d’accord. »

~~~

Deux semaines et de nombreuses visites au compteur plus tard, ma mère et moi nous affalions toutes deux sur le canapé, fatiguées. Toutes les entrevues que nous avions eues n’avaient pas été convaincantes. Du tout. Ma mère s’agitât, apparemment irritée.

«  - C’est pas possible. C'est trop demander que de trouver un jeune correct de nos jours ?! Aah, et puis les derniers que nous avions vu, des parents imbuvables ! Si je ne m’étais pas retenu, je leur aurais envoyé mon thé à la figure ! Ils étaient d’une impolitesse ! Et bien qu’ils aillent se faire voir ! »

Je souri légèrement devant l’énervement de ma mère. Depuis que nous nous étions mises ensemble dans cette recherche, elle avait repris du poil de la bête. Je retrouvais le caractère habituel de ma mère, et c’était assez rassurant. Elle devait être contente à l’idée de pouvoir retourner à Tokyo, mais elle n’était pas du genre à bâcler les choses. Je savais qu’elle ne partirait pas tant qu’elle ne m’aurait pas trouver l’endroit parfait. Et ça pouvait prendre du temps.

C’est ainsi, qu’à peine arrivée, je repris le journal pour éplucher à nouveau les petites annonces, avec ma mère penchée sur mon épaule. L’une d’elle attira notre attention à toutes les deux.

« Recherche jeune fille respectable pour une colocation sérieuse.
15 Rue du Tatami.
Quartier Hebi, 4 chambres, logement spacieux.
Nous contacter au 0X XX XX XX XX.
Nous nous réservons le droit d’objecter à
toute demande qui ne conviendrait pas à nos critères. »

« - On peut au moins aller visiter ? Fis-je.
- Le quartier Hebi, c’est pas le quartier riche, par hasard ? Tu devras d’apprêter mieux que ça, pour faire bonne impression. »

Cette fois, ce fut à mon tour de soupirer.


C’est ainsi que le lendemain, après avoir contacter les propriétaires, nous nous retrouvions devant la porte d’un manoir très, très grand -certes, moins que la maison que nous avions à Tokyo, mais bon-.

Ma mère s’était fait un plaisir de m’accoutrer d’un tailleur jupe anthracite et d’une chemise blanche beaucoup trop serrée à mon gout, mais, je fis l’effort de ne pas me plaindre, parce que ma mère s’y connaissait sûrement mieux que moi quand il s’agissait de donner une bonne image. Elle avait même fait en sorte de me maquiller pour cacher mon hématome. Une vraie pro.

Elle sonna à la porte, et, peu de temps après, une femme vint nous accueillir avec un sourire chaleureux. Une très belle femme, qui pouvait facilement faire de la concurrence à ma mère, bien que dans un autre style. Grande, blonde, des yeux d’un bleu vert profond. Une vraie beauté étrangère, tout simplement.

Elle fut vite rejointe par un homme, plus jeune, avec des cheveux très clair, même blancs, je dirais. Je lui aurais donné une vingtaine d’années, et la couleur semblable de ses yeux me permis d’en déduire qu’il s’agissait sûrement du fils. Je ne pus m’empêcher de me demander comment serait la colocation avec quelqu’un qui aurait une si grande différence d’âge d’avec moi. Mais je ne fis pas de commentaire, ç’aurait pu être déplacé. A vrai dire, je laissais ma mère s’occuper de ça, elle était beaucoup plus à l’aise dans ce genre de situation que moi.

Elle nous fit entrer, alors que je retenais mon souffle. Mais j’étais bien obligée, cette chemise trop serrée m’empêchait de respirer. A moins que ce ne fût le stress, qui sait ?

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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Dim 13 Juil 2014 - 11:40

Ce n’était pas de la mauvaise volonté, non, non. Il était simplement hors de question que je partage mon année avec je ne sais trop qui.

Bon, il était vrai qu’à force, trouver des stratagèmes pour faire fuir ces demoiselles –et leurs parents– à grands cris s’était avéré être devenu un jeu fort distayant.

---

La première fois, j’avais opté pour la spontanéité. Lorsque la porte avait sonné, quand elles étaient entrées et pendant que Lewis avait servi à boire à ces dames, j’avais eu le temps d’observer et d’écouter un peu leurs discutions. Deux prout-prouts, pour sûr. La fille, dans quelques années, aurait pris le même chemin ennuyeux que sa matriarche, et je priais déjà pour qu’elle le fasse loin de moi. Je n’avais pas l’habitude de juger, encore moins sur les apparences, mais il y a quand même des choses qui ne trompent pas. C’est vrai, rien qu’en écoutant de travers ce qu’ils s’échangeaient en bas, j’avais une jolie perspective de l’année qui m’attendait.

« -Linda est une jeune fille très sérieuse vous savez, à 16 ans, elle à déjà sauté trois classes. Bien qu’elle soit extrêmement intelligente, nous aimons à ne pas la considérer comme surdouée ; c’est grâce à l’éducation irréprochable que nous lui avons fait suivre à grands frais dans un pensionnat pour jeunes fille catholique très réputé en Angleterre.

Alors que l’on contait la vie passionante de Linda à mon frère tandis que celle-ci ne disait sagement pas un mot à côté, je cherchais en vitesse un échappatoire.

-Pour ma part, je vais laisser Oswald se présenter lui-même, lâcha Lewis avant de m’appeler, essayant de retenir un soupir témoignant de son profond ennui.

Je descendis l’escalier sans grande hâte, laissant mes talons tambouriner dans un bruit grave et sourd sur les marches en marbre clair de l’escalier. Au final, j’arrivais jusqu’au salon avec un sourire malicieux, une idée fort plaisante en tête. A mon entrée, tous se levèrent pour me saluer, mon frère compris. J’attrapais celui-ci par le bras et l’attirais vers moi, collant mes lèvres aux siennes pour l’embrasser à pleine bouche devant ces dames outrées. Entre ça et mon accoutrement composé d’une chemise à carreaux rouges ouverte sur mon torses pour laisser entrevoir les menottes avec deux signes « ♂ » que je portais en collier, et d’un jean noir moulant à chaines et sangles argentées, il était clair que je me donnais en spectacle. Les deux femmes, manifestement choquées, mirent quelques secondes avant de réussir à reprendre un air digne. Je m’avancais vers la mère, qui me tendis avec retenu une main.

-Oh non, pas de ça entre nous, on se fait la bise, c’est bien mieux !

Sans lui laisser le temps de faire le moindre geste de protestation, j’embrassais avec familiarité ses deux joues à deux reprises, avant de poser les yeux sur sa progéniture et de déclarer :

-Elle est pas mal du tout votre petite fille, mais va falloir faire quelque chose pour son style ! Quand on est gaulée comme ça, on peut pas s’habiller comme si on était au convent, c’est du gâchis !

-Linda, nous partons.

Sans même remercier mon frère pour l’accueil, elle me foudroya du regard, et sorti suivie de la-dite Linda La porte claqua, on entendit le moteur d’une voiture, puis ce fut le retour du calme.

-Putain Os’, qu’est-ce que t’as foutu ?!
-Bah quoi, j’t’ai sauvé ! Et puis tu t’imaginais bien que ça allait pas le faire, elle et moi en coloc’ !
-Y’a d’autres méthodes, moins vulgaires, pour rembarrer les gens…
-« Vulgaire » ?! Ose dire que tu les aimes pas, nos actes « vulgaires » ! Parce que putain, tu dis pas nom d’habitude …

Il rougit.

-Bon, j’me fais pardonner, mais pas un mot à maman.

---

La seconde fois, je ne m’étais pas non plus cassé la tête. D’ailleurs, ça faillit ne pas marcher. Pour poser un peu le cadre juste avant qu’ils ne passent la porte, j’avais mis une bonne vieille chanson de métal-core à fond et avait opté pour un style métalleux. Rien de bien surprenant, certes, à part qu’une fois descendu avec mon air le plus nonchalant jusqu’au salon au bout du quatrième appel de ma mère, une jeune gothique me sauta dans les bras ! Si je m’étais attendu à ça… Elle lança alors un « waaaaah stylééééé » sur la même intonation que si elle venait de se faire un fix.

-Il est trop cool le groupe que t’écoutait en haut, j’adooooore !

Le père se leva avec un regard navré puis s’adressa à ma mère :

-Je suis confus, mais il se trouve que nous cherchions justement une collocation pour éloigner notre fille de son style, de la musique, et …, il baissa les yeux et lâcha à mi-voix, de la drogue.

Ce fut alors au tour de la mère de déclarer :

-Ce n’est pas une bonne idée. Messieurs Okka, madame Okka, je vous remercie pour votre accueil et m’excuse du temps que nous vous avons fait perdre. Bonne fin de journée.

Ils partirent sur ces mots. La jeune fille, l’air déçu, allait sans doute leur piquer une crise pour avoir refusé une fois dans la voiture, si tant est qu’elle soit en état pour une telle chose. Je questionnais ma mère du regard.

-Ca n’aurait pas été une bonne chose. Inutile de te rappeler les effets néfastes de la drogue sur l’organisme, d’autant plus sur une personne de cet âge.

---

A la troisième visite, ce fut plus compliqué, mais aussi plus drôle. Tricha avait encore dû s’absenter et Lewis l’avait suivi, alors la voix était libre. Je finissais par apprécier qu’elle se soit remis à travailler un peu. C’est ainsi que je m’étais retrouvé, presque volontairement, maquillée comme une donzelle et vêtu d’une robe moulante bleue et grise, à ouvrir la porte à une jeune fille et à un grand homme barbu.

-Bonjour, je vous en prie, entrez !
-Pardon nous avons du mal lire l’annonce. Au revoir.

Ils s’empressèrent de tourner les talons tandis que j’éclatais de rire. Ca avait été court, mais vraiment efficace.

Enfin, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je n’avais plus le droit à la moindre connerie si je ne voulais pas une nouvelle fois me faire passer un savon, et surtout attrister ma famille. De toutes façons personne ne m’avait prévenu de l’arriver de la nouvelle prétendante à ma colocation. J’allais être obligée, si elle était correct, de l’accepter, mais je doutais encore sur le comportement à adopter. Ca dépendra de si elle me plait. Je descendais presque au ralenti jusqu’au salon. Là, la famille, deux japonaises manifestement, était en train de s’asseoir à la grande table. Inconsciemment, je me mis à détailler la jeune fille. Des cheveux qui sans son chignon tiré à quatre épingle laissant seulement s’échapper sa frange et deux mèches pour encadrer son visage fin de nippone, lui retomberaient surement en carré au dessus des épaules, et des yeux foncés trahissant ses origines. Elle était vêtue d’une chemise moulante parfaitement charmant, dans laquelle elle n’avait pas l’air, ce qui lui donnait encore plus de charme à mon goût. J’adorais ce style, mais s’habiller  comme ça tous les jours… Elle avait quoi, 16, 17 ans ? c’était bien trop jeune pour s’apprêter aussi « convenablement » ! Moi à côté, avec ma chemise de lin blanc, mon jean bleu délavé que ma ceinture pourtant serrée au maximum peinait à retenir sur mes hanches trop maigres et mes cheveux ébouriffés, je passais plus pour le souillon que pour autre chose. J’essayais de prendre un air avenant et chaleureux tout en me rapprochant d’eux avant de m’adresser à celle qui semblait être la mère de la jeune inconnue.

-Bonjour Mesdames, je me présente : Oswald Walls Okka, le futur colocataire potentiel de cette demoiselle. Désirez-vous boire quelque chose ? »
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Naoko Tanaka
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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Dim 13 Juil 2014 - 14:12

Quelques minutes auparavant, dans la voiture.

Assise à l’avant, je regardais le paysage défiler, là où le centre-ville laissait place à la banlieue résidentielle du quartier Hebi. Je fus étonnée de constater la proximité de la plage. Bien que je savais que Keimoo était une ville côtière, je ne pensais pas que la plage faisait partie du quartier.
La grande avenue débouchait sur des maisons toutes les unes plus grandes que les autres, tellement qu’on aurait pu penser à une compétition de celui qui aurait la plus grosse. Je soupirai.

« -Nao, ça va ? » s’enquit ma mère.

Si on mettait de côté que je n’étais ni à l’aise dans ces vêtements, ni avec cette coiffure qui me tirait tous les cheveux en arrière, que ma jambe me lançait, et que je m’apprêtait à peut-être rencontré un/une inconnu(e) avec le/laquelle j’allais devoir cohabiter…

« - Oui oui. Je suis un peu stressée, j’imagine. »

Sa main droite vint se poser doucement sur ma tête, prenant garde de ne pas abimer ma coiffure faite par ses soins.

« - Ne t’inquiètes pas, je m’occupe de tout. Fais juste attention à te tenir droite, et à rester tranquille. Et arrête de gigoter comme ça, tu vas froisser ta chemise ! Si tu savais le temps que j’ai mis à la repasser ! »

~~~

La femme qui nous fit entrer avait l’air chaleureuse, tout autant que son fils, à vrai-dire. Mais ça ne suffit pas à faire disparaitre mon appréhension. Je suivais bien sagement ma mère, un peu gênée de pénétrer dans une maison inconnue de la sorte. Je tentais désespérément de garder à l’esprit de bien me comporter. Relever la tête sans voûter le dos, ne pas jouer avec ses doigts, pas de mouvements trop brusques, garder une allure normale, ne pas se précipiter ni être lente.

Ma tête était remplie d’instructions et de rappels à l’ordre, si bien que j’avais du mal à me concentrer sur tout à la fois. Les hôtes nous firent nous assoir à la grande table de la salle à manger. Je jetais de petit coup d’œil discret tout autour de moi. C’était aussi grand que laissait le présager l’extérieur. Décoré dans un style moderne, la pièce était spacieuse et bien agencée. Mais elle me donnait un peu l’impression d’une maison d’exposition tellement tout y semblait parfait, et bien rangé. Si on m’avait dit que personne n’avait encore vécu ici, je n’aurais eu aucun mal à y croire.

Ma mère quand à elle semblait des plus à l’aise. Elle était en mode "business". Malgré le fait qu’elle n’occupait plus d’emploi depuis un petit bout de temps, ma mère avait toujours eu beaucoup d’aisance avec les autres. De plus, le poste haut placé de mon père l’obligeait à participer à des diners ou soirées d’affaires. De ce fait, elle en avait gagné la capacité à faire face à toute sorte de personne, de toute nationalité, toujours en se présentant sous son meilleur jour. J’admirais cette qualité chez elle, qui me faisait vraiment défaut.

Elle s’assit avec élégance et légèreté alors que moi, je faisais tout juste attention de ne rien faire tomber -ou de tomber moi-même-. A peine nous sommes nous installées qu’une autre personne fit son apparition. Un homme encore, plus jeune cette fois. Peut-être vingt ans, ou, un peu moins, brun, grand, mince.
Je fronçai légèrement les sourcils malgré moi et mon regard se dirigea discrètement vers l’homme aux cheveux blancs, puis le brun, et encore aux cheveux blancs. J’étais un peu perdue, qui était qui ? Le brun ne ressemblait pas vraiment aux deux autres, mais il était possible qu’il soit aussi un fils. Ou un cousin. Ou un ami. Ou un autre colocataire. Qui sait, les possibilités étaient multiples.
Puis, la réponse me fut vite donnée.

« - Bonjour Mesdames, je me présente : Oswald Walls Okka, le futur colocataire potentiel de cette demoiselle. Désirez-vous boire quelque chose ? »

Oh, donc, ce serait avec lui que je vivrais. Potentiellement.
Oswald. "Osuvaldo". Je tentais de m’entrainer mentalement à la prononciation de ce prénom pas du tout japonais.
Il avait l’air très correct, et je savais d’avance que ça plairait à ma mère. Celle –ci décrocha d’ailleurs son plus beau sourire.

« - Pardonnez mon impolitesse, je ne me suis même pas présentée. Je suis Etsuko Hasegawa Tanaka, enchantée. »

Elle se leva et tendit une main courtoise à Okka-san.

« - Voici ma fille, Naoko. Fit-elle en me présentant de la main. Et un thé suffira amplement, merci. »

Elle pencha légèrement la tête et son visage s’adoucit. C’était sa manière de demander quelque chose, toujours de manière très douce et polie. Il était d’ailleurs difficile de lui refuser quelque chose, quand elle s’y mettait. Puis les regards se tournèrent vers moi, attendant sûrement une réponse, même si je n’avais pas du tout capté que la question m’était destinée aussi.

Ma voix réussit à sortir, ce qui m’étonna, même si elle s’avéra assez basse, presque inaudible. Déjà que je n’étais pas à l’aise de parler en public, qui plus est à des inconnus, alors si on rajoutait une situation stressante, il ne fallait pas s’attendre à des prouesses.

« -Hm.. Rien pour moi, merci.. »

Mon yeux avait dévié vers le bas sans que je m’en rende compte, et j’étais déjà train de me tortiller les doigts, à l’abri des regards, sous la table. Ma mère pris les devants, pour éviter l’installation d’un silence trop lourd.

« - Naoko est plutôt timide, il ne faut pas lui en vouloir. »

A vrai dire, "timide" n’était pas vraiment le mot. Handicapée social aurait plus convenu, mais voyez-vous, ça ne fait pas très correct quand on essaye de se donner une bonne image.

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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Dim 13 Juil 2014 - 21:32

La mère, avec beaucoup de prestance, se présenta. Elle était manifestement comme maman et comme Tricha : elle faisait partie de ces femmes de classe que l’on a forcément envie d’élever sur un piédestal pour que tout le monde puisse contempler leur supériorité, mais surtout de celles à qui l’on ne peut rien refuser. Je saisis la main tendue de Madame Tanaka avec assurance.

« -Voici ma fille, Naoko.

Elle tendit la main vers la demoiselle assise à ses cotés. Naoko. Je n’avais aucune idée de la signification de ce prénom, mais il était court et charmant, ce qui avait l’air du peu que j’en savais de lui correspondre à merveille. Je tendais la main à mon tour à la jeune inconnue en lui lançant un « enchanté Mademoiselle Tanaka » dans un sourire poli.

-Et un thé suffira amplement, merci.

J’hochais la tête pour montrer que j’avais bien entendu, puis tournais les yeux vers Naoko et l’interrogeais du regard. Elle mit du temps à répondre, et sa voix fut si basse que j’eus du mal à saisir l’information qu’elle me livrait. L’avais-je gêné en lui proposant une boisson ? Sa mère venait de l’excuser pour sa timidité, mais cela aurait plutôt été à moi de le faire pour ma question… J’essayais de rester impassible quand à mes remords en répondant sur le même ton avenant que précédemment.

- Bien sûr. Je vous prie de m’accorder un instant. Si vous avez des questions, ma belle-mère et mon frère son à votre disposition.

Je m’éloignais vers la cuisine et commençais à fouiller les placards dans le but de trouver des sachets de thé, un service et une bouilloire. Ce fut relativement simple : Lewis avait laissé sorti le nécessaire. Il avait dû prévoir que le thé et moi, ça faisait deux. Je mis l’eau à chauffer et déposait sur le plateau trois grands verres en verre coloré, des sachets et deux coupelles. Je laissais l’autre vide pour y mettre les sachets une fois infusé, et remplissais l’autre de petits chocolats en forme d’étoile. Quand l’eau fut chaude, je la plaçais dans une théière en argent massive ridiculement brillante et portais fébrilement le plateau jusqu’à mes invités en priant pour y parvenir en un seul morceau.

Je parviens à le déposer sur la table sans encombre et priait poliment Madame Tanaka de se servir.

Je repensais à tout à l’heure, lorsque que j’avais appelé Tricha « ma belle-mère ». Je ne faisais jamais ça, pourtant deux inconnues m’avaient poussé à aller à l’encontre de mes principes par simplicité, et cette idée me faisait beaucoup rien intérieurement. Ma mère, tandis qu’elle se faisait infuser de l’Earl Grey, entama la conversation :

-Nous n’aurons pas l’impolitesse de vous demander vos motivations, mais il serait plus correct que nous vous expliquions les raisons de cette proposition de colocation. Nous avons, pour les dix neufs ans d’Oswald, acheté cette maison car il souhaitait pour plus d’indépendance, quitter le pensionnat de l’Académie dans laquelle il suit sa première année de psychologie. Par conséquent, il a emménagé ce mois-ci, seul, ne connaissant encore personne. Mais nous avions peur qu’il s’isole, ce qui vous le comprenez ne serait pas une bonne chose à son âge. Nous avons donc, par le biais du journal de la ville, proposé une colocation, cherchant, comme stipulé dans l’annonce, une jeune fille sérieuse et respectable pour que ce partage puisse se faire dans les meilleures conditions possibles. Je ne vous demanderai évidemment pas à tout savoir de Mlle Tanaka, mais avant d’entamer le point de vue financier, j’aimerai que vous me certifiiez que vous et votre fille preniez bien cette proposition au sérieux.»

J’aimais vraiment la manière dont Tricha s’exprimait, comment elle expliquait clairement mais efficacement les choses de son japonais parfait à l’accent pourtant de l’italienne qu’elle était. Pendant qu’elle avait fait son discours, j’avais tenté d’intercepter le regard de Naoko pour lui faire signe avec un sourire plus léger, de se servir si elle voulait un chocolat.
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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Dim 13 Juil 2014 - 22:36

Je soufflai intérieurement. Cette simple phrase m’avait pompé mon énergie à une vitesse folle. J’avais l’impression que ça avait demandé tous les efforts du monde. Un peu comme quand vous prenez la parole pour la toute première fois devant une classe remplie ayant les yeux rivés sur vous. Lorsqu’on reprends place, on sent ses jambes flageoler et on a qu’une envie, c’est de s’avachir sur son bureau.

Et bien là, c’était exactement ça. Je ne me sentais vraiment pas au mieux de ma forme, et l’envie me pris plus d’une fois de prendre une grande bouffée d’air. Mais ça ne se faisait pas. Je devais continuer à agir le plus normalement, le plus irréprochablement possible. Et cet exercice de contenance me coutait beaucoup de force. Je n’aurais même pas été étonnée qu’on me fasse remarquer que j’étais en train de blêmir à vue d’œil.

C’est l’instinct maternel qui fut le plus perspicace. En effet, ma mère me fit un sourire rassurant, discrètement. Elle semblait me dire "Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer". Elle réussit à m’apaiser un peu, juste un peu. Mais c’était déjà beaucoup, paradoxalement. Il était vrai que je savais que je pouvais compter sur elle.

Le-peut-être-futur-colocataire alias Oswald disparut en direction de la cuisine en nous indiquant de nous adresser à sa belle-mère.
Belle-mère hein. Ca expliquait le manque de ressemblance, mais aussi la sensation de famille qui émanait d’eux. Inconsciemment, je me mis à faire tout un tas d’hypothèse sur leur histoire. Le premier mariage, le divorce, le remariage. Je m’estimais heureuse en un sens, de ne pas connaitre ce genre de chose. J’aimais beaucoup mon foyer comme il était, et d’imaginer mes parents ne plus être ensemble m’attristerait au plus haut point. Enfin, les familles recomposées ne devaient pas avoir que des mauvais côtés. En tout cas, eux n’avaient pas l’air malheureux.

Pendant qu’Oswald était occupé à préparer le thé, ma mère échangeait des banalités dans une conversation polie. Des choses qui me passaient un peu au-dessus de la tête, comme des remarques sur ô combien la maison était belle, et que le quartier était vraiment tranquille. Des choses de ce genre qui avait la capacité de mettre les gens à l’aise, mais qui moi, m’était complètement étrangères. Je ne voyais pas vraiment l’intérêt de parler pour ne rien dire, alors, je préférais rester silencieuse la plupart du temps.

Puis Oswald revint avec un plateau, sur lequel était posé le nécessaire pour le thé, dans des contenants excessivement ostentatoires à mon gout. Ma mère servit le thé élégamment à Tricha et Lewis -j’avais entendu leur noms au détour d’une conversation et ne m’en souviendrais surement plus avant ce soir-, puis à elle. Ses doigts fins tenant la théière joliment, et ses mouvements gracieux me firent tourner la tête vers ses gestes. Je remarquai du coin de l’œil quelque chose qui attira tout de suite mon attention.

Des chocolats. Plein de chocolats, en forme toute mignonne d’étoile. Ils semblaient luire à la lumière du soleil qui traversait la fenêtre. Etait-ce un piège pour découvrir mes faiblesses ? Je détournai la tête, décidée à ne pas me laisser prendre par la tentation.
Tricha prit alors la parole, dans un long monologue que j’écoutai avec attention. Quelque chose en elle me rappelait ma propre mère. Peut-être était-ce que qu’on appelle le charisme ? Certaines personnes en sont dotées, d’autre non. Je pense faire partie de la catégorie, mais bon, je faisais avec.

Ma mère prit une gorgée de son thé et déposa doucement son verre sur la table. Les bras posés légèrement sur le rebord, la position de ses mains entremêlées laissait deviner une forme de pyramide avec ses pouces. C’était l’entrée dans le mode "Sérieux". Elle prit une inspiration et démarra dans un ton des plus posés.

« - Je ne vais pas vous mentir, je suis un peu réticente quant à l’idée de la colocation. Cependant, les circonstances font qu’il s’agit de la meilleure solution que nous ayons sous la main. Mes devoirs font que je devrais bientôt retourner à Tokyo. »

Ah, petit mensonge, remarquai-je intérieurement. Enfin, ce n’était pas totalement faux non plus, mais eux n’avaient pas vraiment à savoir les raisons qui la poussaient à partir.

« - Je ne peux décemment pas laisser ma fille seule ici. L’année dernière, elle a elle-même résidé au pensionnat de l’Académie, mais elle doit désormais être suivie médicalement. Naoko a subi des blessures lors du séisme qui a eu lieu ici même l’année dernière. La laisser au pensionnat entraînerait trop de contrainte, donc je préfère qu’elle habite dans un logement proche des professionnels qui la suivent. »

Elle afficha un sourire contrit.

« - C’est pour cela que comme vous, je cherche une personne sérieuse à qui je pourrais confier ma fille en toute confiance. »

C’était tout ma mère. Elle avait réussi à rééquilibrer la balance. Généralement, dans ce genre de situation, celui qui offre est supérieur à celui qui cherche. En faisant comprendre –toujours poliment- qu’elle était exigeante, elle s’accordait ainsi une part du pouvoir. Chapeau Maman.

Alors que je décrochais mon regard de la silhouette féminine de ma mère, il fut accroché par celui d’Oswald, qui semblait essayer de me faire passer un message. Que je ne compris pas. J’haussai un sourcil en sa direction, affichant l’incompréhension sur mon visage, et reportai mon attention sur la conversation.

« - En tout cas, c’est déjà une bonne chose d’apprendre que votre fils fréquente le même établissement que ma fille. L’Académie a une réputation et est un gage de confiance. »

Elle savait tout autant que moi que c’était en partie faux. Certes, l’Académie regroupait la crème de la crème venu des quatre coins du monde, mais beaucoup entrait avec l’influence de la fortune familiale. Comme moi. Et pourtant, on ne pouvait pas dire que j’étais une élève exemplaire, autant au niveau comportemental que scolaire.

Mais ils venaient apparemment d’arriver à Keimoo, donc il y avait des chances que ça, ils ne le sachent pas encore.

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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Lun 14 Juil 2014 - 11:23

La mère de ma futur –ou pas– colocataire avait de bons arguments, que je qualifierai même de respectables. Elle voulait le mieux pour sa fille et nous souhaitions exactement la même chose, il ne suffisait plus qu’à trouver les mots pour lui faire entendre et elle accepterait. Tricha affichait exactement les mêmes expressions, ce qui me poussait d’autant plus à penser qu’elles ressemblaient vraiment et avaient de grandes chances de bien s’entendre grâce à leurs valeurs communes.

« -Je suis navrée pour ce qui est arrivé à votre fille. Nous avons effectivement entendu parler des événements catastrophiques de l’année précédente. Les dispositions nécessaires seront prisent, bien entendu, et si la maison nécessite un quelconque aménagement, il sera fait par nos soins à votre demande. C’est la moindre de nos obligations.

J’acquiesçais et prenais à mon tour la parole. J’inspirai avant de commencer, et me concentrai pour que mes propos soient clairs et cohérents. Ma peur phobique de parler à des inconnus allait-elle refaire surface ? Si oui, je lui dirai merde, parce que ce n’était ni le jour ni les circonstances pour faire une apparition. J’essayais de ne pas angoisser, sinon, ça risquait d’être dramatique, ou au moins, de compromettre ma colocation, et c’était inconcevable. J’avais décidé que je partagerai ma maison avec Naoko Tanaka et personne d’autre. J’étais sacrément têtu dans ces moments là, alors mon choix pouvait être considéré comme fait.

-Je me permets, en tant que personne concernée, de vous faire remarquer les idées qui ressortent de vos propos. Vous avez à deux reprises employé le mot « confiance » et sous-entendu celui de « sécurité ». A mon avis, ajouté au respect, c’est là l’essentiel pour une colocation qui se déroule bien. Pour la sécurité, ma belle-mère vous a répondu sur le plan matériel, et je me permets d’ajouter que je garantis la sécurité de votre fille grâce à mon respect. Je ne peux vous donner ma parole pour prouver mon respect, mais d’un point de vue moral, ce serait perdre mon honneur que de manquer de respect envers une jeune fille.

Voilà que j’avais entamé une lutte pour défendre mon respect et mon honneur… Eux qui étaient partis depuis si longtemps. Je n’avais jamais eu d’honneur, ni même de fierté ; seulement une très basse estime de moi-même. De respect, je n’en avais que pour mes amis, les autres, je les laissais faire leurs vies dans leur coin sans même leur prêter une quelconque attention et c’était mieux ainsi. Or, Naoko n’était qu’une inconnue parmi tant d’autre, et pourtant, je venais de promettre à sa mère que je la respecterai, et ça allait même plus loin : je la protègerai. Jamais je n’aurai fait ça en tant normal, alors je n’allai pas m’en venter, ce n’était pas mon style, mais j’étais certain que s’il qui que ce soit lui causait des ennuis, il aurait affaire à moi.

Tout en gardant une apparence calme, posée et sûr de moi, je continuai :

-Pour ce qui est de la confiance, nous devons en avoir si nous voulons que tout se passe bien. Mais la confiance, ça se mérite. Fréquenter la même académie est un gage de confiance, certes, mais la vraie confiance ne peut s’instaurer que par l’échange et le dialogue.

-Nous voulons vous et moi ce qu’il y a de mieux pour nos enfants je pense. Si vous avez fini votre thé, que pensez vous de continuer la discussion pendant que je vous fais visiter la maison ? Votre fille peut venir avec nous ou rester ici faire connaissance avec Oswald, c’est comme elle le souhaite, mais je pense que commencer un échange, même de court durée lui permettra d’être plus alaise.»

Je récupérais les tasses et les posaient sur le plateau, et, avant de me préparer à enlever le plateau, je déposais les chocolats sur la table de verre en tentant de faire le moins de bruit possible. Lewis prit le plateau sans me laisser le temps de le faire et s’en alla en débarrasser le contenue dans la cuisine de son pas léger et élégant habituel. Il avait toujours été maigre –moins que moi– mais ses années de boxe lui avaient permis de ne pas sembler faible comme moi. Il marchait naturellement bien, se tenait toujours à peu près droit et ne rencontrait pas les mêmes difficultés que moi à paraître à l’aise en public bien que le trop grand nombre de personnes le dérange. Décidemment, mon père avait donné tous ses talents d’hommes d’affaires à Elliot exclusivement. D’ailleurs, il avait toujours été très fier de son fils ; pourtant Elliot m’avait toujours détesté comme si ça avait été moi qui avait eu l’attention de notre père.

Quand la silhouette de Lewis disparue, je pus me reconcentrer sur mon entourage présent. Ma mère commençait déjà à se lever. Elle souriait d’un air franc et naturel, comme à son habitude, mais ne laissait, pour moi qui la connaissait bien, transparaître que de la maîtrise de soi. Encore une autre similitude avec l’impression que me donnais les sourires de Madame Tanaka.

Je jetais un coup d’œil à sa fille. Elle n’avait manifestement pas compris que les chocolats étaient pour elle… Je tentais la main pour en attraper un et le mangeais en me demandant s’il était correct pour un hôte de grignoter.
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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Lun 14 Juil 2014 - 12:36

Lorsque ma mère avait mentionné l’accident du séisme, j’avais senti tous les regards se tourner une nouvelle fois sur moi, affichant une expression désolée. J’en avais pris l’habitude, à force, mais je n’aimais pas forcément ça non plus.
Une fois ceux là décrochés de moi, je jetai un œil à ma jambe, couverte d’un collant opaque, vérifiant si les cicatrices que j’avais ne se devinaient pas. Par chance, non, et il aurait fallu se pencher et regarder de très près pour les apercevoir. Ma mère avait décidément pensé à tout.

Elle reprit d'ailleurs la parole, dans sa conversation entre elle et Tricha. J’avais un peu l’impression de faire pot de fleur, mais ça me convenait. Vraiment. J’aurais détesté être le centre de l’attention, et être obligée d’animer la conversation. Décidément, je n’aurais pas pu faire ces démarches toute seule.

« - Les aménagements ne seront pas nécessaires, le plus gros de ses blessures est guérit. Il s’agit surtout maintenant de rééducation. Bien sûr, l’idéal serait quand même qu’il y ait une chambre au rez-de-chaussée. »

Je tiquai sur sa phrase, prenant conscience de l’état d’esprit de ma mère. Ça aurait pu me mettre la puce à l’oreille plus tôt, mais, je trouvais qu’elle se projetait beaucoup. Il était devenu clair et net qu’elle avait pris sa décision. Et quand elle avait une idée en tête, elle n’en démordait pas. Je pouvais d’ores et déjà  me faire à l’idée que j’habiterais ici, avec Oswald. C’était une bonne chose qu’elle se soit décidé, mais, bon, j’aurais aimé avoir mon mot à dire. Même si là, je n’avais pas vraiment grand-chose à objecter.

Puis, ce fut au tour d’Oswald, qui, jusqu’ici s’était tenu tranquille. Je fus un peu étonnée de constater qu’il avait l’air nerveux, mais que ça ne l’empêchait pas pour autant de parler. On pouvait voir clairement qu’il essayait de convaincre ma mère. Même si, c’était un peu inutile vu qu’elle était déjà convaincue. Mais c’eut l’air de la flatter, vu qu’elle souriait un peu comme une gamine devant son amoureux. Elle s’était manifestement prise d’affection pour lui. Je pouvais être sûre qu’elle allait m’en parler pendant le chemin du retour. J’en aurais mis ma main à couper.

Elle acquiesça pendant toute sa prise de parole, ne jugeant pas nécessaire d’intervenir. Elle voulait surement garder des cartes en mains, et ne pas trop montrer qu’elle était déjà très emballée par l’idée, par cette maison, et par cette famille. Moi, je le savais, parce que je la connaissais. Après tout, c’était quand même ma mère.

Puis Tricha proposa d’aller visiter la maison. L’idée venait à point nommé, et j’étais curieuse de voir à quoi ma future demeure ressemblait. Mais ce fut sans compter la trahison dont j’ai été victime, de la part de ma propre mère.

« - Je vais m’occuper de la visite, je pense qu’il serait mieux que tu restes ici et que tu apprennes à mieux connaitre Oswald, n’est-ce pas, ma chérie ? »

Comment voulait-elle que je lui réponde non ?! Pas que la compagnie d’Oswald me gênait, mais elle n’avait pas à m’abandonner pour autant. Je lui lançai un regard qui appelait à l’aide, en espérant qu’elle me propose au final de venir, mais elle me répondit avec un petit sourire narquois comme elle savait les faire. Oui, ma mère était gentille, mais parfois, elle n’hésitait pas à martyriser un peu les gens –jamais méchamment cependant-. C’était surement sa manière à elle de me pousser un peu à m’ouvrir, mais… J’aurais préféré choisir, quand même !

Du coup, j’hochai la tête, pas spécialement convaincu, et en un éclair, elle disparut dans les dédales de cette grande maison au côté de Tricha. Pendant ce temps, Lewis était aussi aux abonnés absents, parti débarrasser.

Il ne restait donc plus qu’Oswald et moi, attablés, dans un silence qui devait peser au moins trois tonnes –et encore, j’étais gentille-. Je ne savais pas vraiment où regarder, donc j’optais, une fois de plus, pour baisser les yeux et fixer les détails de la table en verre, et donc, le sol, mes jambes, mes jolis collants qui cachaient mes affreuses cicatrices. Heureusement que je ne portais plus ma broche qui ressortait de ma jambe, et que celle que j’avais était juste intérieure. Mais j’imagine que si ça avait été le cas, j’aurais porté un pantalon. C’aurait été un mal pour un bien.

Ce n’était pas spécialement passionnant comme occupation, mais, ç’aurait été tout à fait impossible pour moi de faire la causette comme le faisait ma mère. Et bien que le silence était lourd, je n’avais pas spécialement la force ni le courage de le briser.

Je me risquai alors à relever les yeux vers la table, prenant soin d’éviter de croiser la tentation des vils chocolats, pour poser mon regard vers Oswald, de mon air inexpressif habituel.

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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Lun 14 Juil 2014 - 13:15

Deux handicapés sociaux. C’était mon unique constat quand à ceux à quoi nous ressemblions maintenant que tous nous avaient quitté. Non pas que ce ne soit pas une bonne idée de faire connaissance, non, non, loin de là, mais… Sur ce coup-ci, je soupçonnais un complot entre nos mères. Tricha me connaissait, elle savait donc très bien que je n’étais pas du style à entamer une discussion de courtoisie avec une inconnue, mais elle devait compter sur le fait que j’y sois obligé si je la voulais en colocataire. Devant le comportement nerveux de la demoiselle qui fixait ses pieds au travers de la grande table de verre qui la séparait de ceux-ci, je me doutais que sa mère, l’ayant décrite comme timide, devait elle aussi penser que j’entamerai la conversation. Et merde, tous les espoirs reposaient sur moi, et je détestais ça…

Le silence, j’y étais habitué, alors aujourd’hui, très étonnamment, il ne me dérangeait pas plus que ça. Il me suffisait de me concentrer assez pour faire abstraction de la présence de Naoko et ce serait suffisant. Je parvenais à ne pas la fixer, pour ne pas la gêner encore plus et la braquer définitivement, rejetant mon attention sur les chocolats. C’était Lewis qui me les avait ramené du Québec en prenant pitié, car il savait bien que l’on ne pouvait en rien qualifier ce que l’on trouvait au Japon de « chocolat ». A mes yeux, ce n’était que du sucre et un peu de beurre de cacao teinté de marron. Là, nous avions affaire à du vrai chocolat artisanal avec des formes pour enfants.

Je me sentis soudain observer, comme si une paire d’yeux rivée sur moi venait faire peser le silence quatre tonnes cinq. Mon ami reposant de longue date n’était même plus « lourd » maintenant, mais parfaitement écrasant. Faisant un effort pour me tenir convenablement, j’optais pour mordiller ma lèvre plutôt que pour secouer ma jambe comme un attardé mental. Je levais prudemment le regard, le plus lentement possible, redoutant de croiser celui de la nipponne. Et comme je m’y attendant, elle me fixait. Je croisais son regard et contre ma volonté, m’en détachais aussi, trop malaise d’être tombé sur un visage aussi inexpressif. J’attendais quelques secondes et réfléchissais à des mots justes pour débuter une bribes de dialogue avec la petite japonaise.

« -Je sais que c’est très sans doute ta mère qui décidera pour toi, mais j’estime que toi et moi avons notre mot à dire quand à la tournure que prendrons les choses.

J’avais précisé « toi et moi » pour ne pas paraître faible et puéril de m’être décidé sur un coup de temps et en si mince connaissance de cause. Je continuais après avoir difficilement avalé ma salive, en tentant de cacher ma fébrilité.

-Je vais donc te demander de me dire clairement ce que toi, tu en penses. Si tu veux refuser, parce que je ne te conviens pas ou que la maison ne te plait pas, tu en as tout à fait le droit.

Je ne savais pas vraiment quoi rajouter, mais je continuais à prendre la parole pour ne pas qu’un blanc se rinstalle si toutes fois elle décidait de ne pas me répondre.

-Je me permets de te dire tout ça, parce que j’ai l’impression, peut être à tord, que ta mère se projette beaucoup. C’est le sentiment que ça me laisse, bien qu’elle parle avec de la retenue. Personnellement, je peux affirmer que ma mère..

Je m’interrompais, déstabilisé par mes propres mots, avant de me ressaisir et de me corriger, un peu gêné.

-Ma belle-mère je veux dire, serait parfaitement d’accord pour que ce soit toi, ma futur colocataire.»

Voilà, j’avais épuisé tous mes arguments. C’était déjà ben que je n’ai pas rougi ou perdu mes mots les uns après les autres. Espérons qu’elle me réponde.
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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Lun 14 Juil 2014 - 14:05

Il détourna son regard quand il croisa le mien.

Il montrait manifestement des signes de nervosité encore plus grands que tout à l’heure. Je détournai alors mes yeux vers une des fenêtres de la pièce, pour ne pas le rendre encore plus mal à l’aise qu’il ne l’était déjà. Je m’étais déjà résolue à passer les prochaines minutes dans le silence, jusqu’à ce que nos mères reviennent.

Mais celui-ci fut brisé par l’intervention d’Oswald, qui rattrapa une fois de plus mon attention.

Ce n’était pas une mauvaise chose, au contraire. Il devait se sentir obligé, et je ne pus réprimer une once de culpabilité. Le pauvre. On l’avait fourré avec moi sans lui demander son avis aussi. Et je savais que je n’étais pas forcément d’une des meilleures compagnies.

Il semblait avoir plus ou moins cerné l’état d’esprit de ma mère, concernant cette colocation. Et il insistait pour que j’aie mon mot à dire. Je trouvai ça vraiment attentionné de sa part.

Alors qu’il venait de finir, je pris quelques secondes pour préparer mes mots comme il le fallait. Il ne s’agissait que de ma deuxième prise de parole depuis que j’avais pénétré dans cette maison. J’étais toujours nerveuse, mais un peu moins qu’avant. Peut-être parce qu’Oswald était plus proche de mon âge, et que la pression constante de devoir paraître bien aux yeux des adultes s’était un peu estompée.
Ma voix se fit plus assurée, plus posée qu’auparavant. Elle restait néanmoins basse, mais c’était la manière dont elle était habituellement. Je n’avais jamais été le genre de personne à parler fort, à m’exclamer.

« - La maison me convient. »

J’aurais pu rajouter qu’elle me convenait du peu que j’en avais vu, mais à vrai dire, ç’aurait été un appartement dans le quartier le plus pourri de la ville que ça m’aurait été égal. Ce critère était surtout pour ma mère, qui elle, tenait à me faire profiter d’un certain standing, malgré mon manque d’exigence quant à ce point-là.  Je repris, tout en fixant mon regard dans le sien, toujours avec le strict nécessaire.

« - Et ça ne me dérange pas. D’être ta colocataire. »

Et c’était vrai. Tout comme pour la maison, je n’étais pas spécialement exigeante pour ce qui était de la personne qui vivrait dedans. Tant qu’elle me semblait un minimum correcte, le reste m’importait peu. Je ne prévoyais pas vraiment qu’on fasse amis-amis. Si ça arrivait, ma foi, tant mieux. Mais pour moi, ma motivation était de partir de l’appartement que j’occupais avec ma mère le plus rapidement possible. Pour lui permettre à elle de retourner à Tokyo et de se remettre sur pied. Parce que même si ces derniers jours, elle semblait avoir récupérer, je savais que ça ne se ferait pas totalement avant qu’elle ne soit rentrée.

C’était vraiment ma seule motivation. Le bien être de ma mère. Même si l’idée de retourner au pensionnat me plaisait encore moins que la colocation –vu les circonstances au lycée-, si ma mère n’avait pas été contre, ç’aurait fait un bout de temps que j’y serais repartie.

Du coup, j’essayais de m’estimer heureuse et de voir le positif dans la chose. Au moins j’avais un foyer à disposition qui me permettrait une coupure avec l’environnement du lycée. En considérant qu’Oswald n’ai pas eu vent des dernières rumeurs et que le sujet ne retombe pas sur la table. Même si il ne semblait pas, au premier coup d’œil, accorder importance à ce genre de chose. Mais bien sûr, ce n’était qu’une supposition basée sur ce que j’avais vu que lui jusqu’à maintenant.

Je n’étais malheureusement pas aussi douée que ma mère pour cerner les gens, peut-être parce que je les côtoyais trop peu.
Je ne savais pas si ma réponse lui avait convenu. Lui ne s’était pas vraiment étalé sur le sujet, jusqu’ici. Il avait juste précisé que ça ne dérangerait pas sa mère, et il m’avait plus ou moins faire comprendre qu’il aurait aimé avoir son mot à dire lui aussi -ce qui sous entendait qu’il ne l’avait pas ?-. Le tout était de savoir maintenant si lui, ça lui convenait.

Je ne lui en aurais pas voulu s’il ne souhaitait pas partager sa maison avec moi. Je crois même que j’aurais pu comprendre parfaitement pourquoi.

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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Lun 14 Juil 2014 - 20:16

Elle avait pris quelques secondes, certes, mais elle au moins elle m’avait répondu. La maison lui convenait. Court, mais efficace. Je relevais les yeux pour essayer d’attraper son regard sans me dérober, ce qui nécessiterait sans doute une bonne condition physique et mentale ainsi que pas mal d’entrainement.

« -Et ça ne me dérange pas. D’être ta colocataire.

Je rougis a ces mots et baissais les yeux avant d’avoir pu la regarder. J’haïssais ma timidité et mon comportement ridicule d’enfant surprotégé. Surprotégé. L’avais-je vraiment été ? Non, je ne pense pas que ce soit le juste terme. J’avais seulement eu la chance que ma famille soit toujours bien placée pour réparer les erreurs. Ou que tu sois le fils d’un député qui soit prêt à gaspiller du fric pour que les gens pensent que son fils adoptif est parfait. Grâce à ça, mes conneries de gosse –si considéré que l’on puisse qualifier ça comme ça, avait totalement disparues de la surface de la Terre, comme si elles n’avaient jamais existé. Ca rassurait sans doute mon père, mais au final, ce n’était pas du tout comme si je ne les avais jamais commises. Avec l’âge, je prenais conscience que tout finissait toujours par se savoir. Et le jour où sera dévoilé au grand jour, ça fera mal, vraiment mal.

J’avais une nouvelle fois recommencé à mordre ma lèvre, et ce fut à mon tour de fixer mes pieds qui tremblait en dessous de la table. Je sentais les battements de mon cœur résonner dans mes côtes, et devinais sans une once de doute que ma respiration, en plus de n’avoir ni rythme ni stabilité, se faisait si forte qu’elle devait sans doute m’entendre respirer. Les blancs me dérangeait de plus en plus, c’est aussi visible qu’évident.

-Bien. Alors je serai ravi, si toutes fois ta mère accepte, de devenir ton colocataire.

J’avais repris, avec efforts, un peu de contrôle sur moi-même avant de m’exprimer, et cela avait eu pour effet de faire totalement se dissiper la nervosité. Je relevais la tête pour la fixer droit dans les yeux et ajoutais clairement :

-Je vous remercie, mademoiselle. Maintenant, que diriez vous de visiter la maison ?»

C’aurait été la moment parfait pour Lewis d’arriver. Il en mettait, du temps, lui qui était censé revenir d’une minute à l’autre, ne s’étant en allé que pour débarrasser un plateau dans la cuisine…

Elle n’y ferait sûrement pas attention, mais en même temps que ma confiance en moi et mon imperméabilité quand aux regards des autres, j’avais aussi récupéré mon vouvoiement poli et distant. Je ne l’avais pas choisi, mais il s’était réinstallé et m’avait l’air de ne plus vouloir partir avant longtemps.

J’aimais observer les gens, mais en elle, il y avait comme quelque chose… De dangereux ? j’avais l’impression qu’en un battement de cils, cette gamine pouvait me briser, ou bien que soumettre à n’importe laquelle de ses envies sans que je ne puisse m’objecter. Ca y est, je redevenais parano. J’avais toujours eu d’étrange sensations quand je croisais certaines personnes, et mes intuitions s’étaient toujours avérées justes. Là, j’avais manifestement faux sur toute la ligne. Comment une inconnue pourrait-elle se montrer capable de ça ? Dans mon esprits, tout un tas de pensées diverses s’entrechoquaient dans un fracas sourd et dérangeant, pourtant, je n’avais absolument pas envie d’aller à l’encontre de ça. Je me mis à sourire à cette pensée sur ma grande fatalité, et mon immense flemme d’aller à l’encontre des choses.
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Naoko Tanaka
▼ Université - 2ème année - Vice Présidente Cuisine
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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Lun 14 Juil 2014 - 23:26

Il rougit. Je ne compris pas vraiment pourquoi. Avais-je dis quelque chose de déplacé ? De gênant ? Il ne me semblait pas, j’avais pourtant fait attention de choisir mes mots.

Son mal-être devenait contaminant, à force. Si bien que je me sentais autant nerveuse que lui, voire plus. La situation ne semblait pas vraiment agréable, ni pour lui, ni pour moi. Je soupirai légèrement, et fini par céder à la tentation.
J’attrapai alors du bout des doigts un des chocolats –le plus brillant, il me faisait de l’œil, pour sûr-, et le fourrais doucement dans ma bouche, en une fois. Je fus étonnée du gout, qui ne ressemblait pas vraiment au chocolat qu’on trouvait au Japon. Car oui, il fallait l’avouer, le Japon n’étais pas connu pour ses mets sucrés et ses confiseries. Dans tous les cas, ce chocolat était très bon. Et il me fit penser que lorsque nous serions rentrées, j’appellerais mon père pour qu’il me ramène du chocolat d’un de ses voyages d’affaire en Suisse.

Je le vis alors se mordre la lèvre nerveusement. Sur le coup, je trouvai ça curieux, mais après tout, on avait tous nos propres manies. Qui étais-je pour juger ? J’avais moi-même beaucoup de ces dites manies, et pas seulement lorsque j’étais nerveuse.

J’haussai un sourcil lorsqu’il me dit être "ravi". J’eu envie de lui rétorquer qu’il avait l’air de tout, sauf d’être ravi en ma compagnie. Mais je ne le fis pas et préférai garder ça pour moi-même.

Et puis, comme si on lui avait frappé sur la tête et qu’il était devenu détraqué, il se mit à soudainement changer de comportement. Déjà, il me vouvoyait, alors qu’une minute plus tôt j’avais droit au tutoiement. Ensuite, il n’avait plus l’air nerveux, et semblait se comporter comme les princes de shojo manga. Manquait plus que le background étincelant. C’eu pour effet de me remettre à nouveau sur mes gardes, du peu que je les avais baissé.

Il me fixait, et je lui rendis son regard en ayant l’air un peu décontenancée, les sourcils froncés et les yeux légèrement plissés. Sérieusement, j’étais vraiment surprise qu’on puisse passer du tout au tout comme ça, ça ne me semblait pas vraiment normal.

Il me proposait de visiter à notre tour la maison. Pourquoi ne pas y être allé avec nos mères dans ce cas-là. M’enfin. Maintenant que l’occasion se présentait, je n’allais pas cracher dessus. Je soufflai légèrement, ayant retrouvé ma contenance, et déclara de mon ton posé habituel :

« - Pourquoi pas. »

Je me levai alors de ma chaise et commençai, sans son autorisation, à vadrouiller dans la salle à manger, que je n’avais vu que du point fixe qu’était la table. Tout était flambant neuf et dernier cri. L’impression de maison d’exposition me revint, et elle se confirmait encore plus. Y avait-il au moins une chose ici un tant soit peu personnelle ?
Alors que je continuai mon expertise détaillée, je mis les choses au clair pour ne pas avoir à le faire plus tard :

« - Et tu n’es pas obligé de me vouvoyer. »

Je voulais plutôt dire par là, "si tu pouvais arrêter de le faire, ce serait grandement apprécié". Pas que j’ai particulièrement un problème avec ça, mais disons que, je ne le trouvais pas vraiment nécessaire. Trop protocolaire. Bon, au moins, ça gardait une certaine distance entre les gens, ce qui ne plaisait assez, mais, d’un autre côté… l’ambiance que ça amenait était trop… formelle. Et ça ne m’aidait pas vraiment à me sentir bien, ce genre de situation.

Me rendant compte après coup que ma phrase pouvait sembler un peu dure ou sévère, je m’empressai d’ajouter.

« - Si on en vient à vivre ensemble, il vaut mieux laisser tomber ce genre de chose, non ? »

Beau rattrapage, je me félicitais moi-même. Il faut croire que par moment, j’avais des éclairs de talent social. Malheureusement, ils arrivaient vraiment très, très, très peu.  Mais je comptais bien profiter du filon tant qu’il se présentait encore, d’autant plus que j’avais fini d’inspecter la salle à manger.

« - Pour le reste de la visite, je te suis. »

__________________________________________________


La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Fate Meeting.   Mar 4 Aoû 2015 - 17:04

« - Pourquoi pas. »

Je souriais qu’elle s’en aille investir dans le salon, déjà. Sa présence était plus que plaisante, mais je ne parvenais pas à me couper de mes impressions sans toute fois ne rien lui laisser paraître.

« - Et tu n’es pas obligé de me vouvoyer. »

Je baissais les yeux, gêné à l’idée que mon attitude eu été déplacée…Elle se sentit sûrement obligée de rajouter que c’était seulement dans le but d’améliorer notre future colocation, ou du moins c’est ainsi que je le compris. Ca n’enleva pas le moins du monde mon léger malaise mais cela me fit sourire en pensant que les choses se précisaient. Je relevais la tête en rougissant puis acquiesçais d’un mouvement de tête.

« - Pour le reste de la visite, je te suis. »

Je m’avançais vers elle en tentant de trouver un sens cohérent à la visite. Je n’avais jamais fait ça, et ça ne m’intéressais aucunement, pourtant, je n’avais aucun moyen d’y échapper…

« - Parfait, je te prierai donc de me suivre. »

Allons-y au bluff. Je marchais jusqu’au fond du salon, ouvrant la porte de la salle de bain, ou plutôt une immense pièce d’eau très moderne dans laquelle se trouvait une immense douche ouverte, « à l’italienne » comme s’efforce de me corriger Lewis, nombre de meubles et deux lavabos blancs juxtaposés sur un plan de travail en petites pierres. L’ensemble était très moderne, bien que soft grâce au bois naturel. Une pièce spacieuse, surement bien trop, qui m’évoquait les clubs de vacances friqués et leur spa.

« - C’est la première salle de bain, la « générale », les chambres en dépendent pour l’instant, suite à un problème d’arrivée d’eau. Mais ne t’inquiète pas, les travaux seront discrets et faits dans les plus bref délais, bien que ce soit un manque de confort que de ne pas encore avoir ta salle de bain privée. Mais selon la date où tu emménageras ici, ils seront sûrement déjà terminés. »

J’espérais que mes explications aient été claires et convaincantes, et surtout que ce problème de salle de bain privative de soit pas décisif quant à sa décision. Je refermais la porte, puis désignais celle d’à côté, recherchant à toute vitesse une phrase correcte pour introduire… les toilettes. Tout cela par peur qu’elle me trouve vulgaire, mais aussi pour offrir une prestation de prestige.

« - Les commodités. »

J’empruntais ensuite le couloir, pour lui montrer les deux chambres du rez de chaussée et leurs salles de bain, ainsi que la salle de jeux/cinéma et deux grandes vérandas, la première étant une pièce de vie lumineuse grâce au soleil la journée, et une magnifique opportunité de regarde les étoiles l’hivers. La seconde, plus petite, abritait un énorme jacuzzi qui n’avait, au grand désarroi de Tricha, jamais servi.

Ensuite, je la conduisis jusqu’à l’escalier. Là, avec le plus de finesse aussi, je me permettais de lui demander si ça irait pour monter. Je fus rassuré qu’elle hoche affirmativement la tête, mais la priais quand même de passer devant. Si elle avait le malheur de faire un faux mouvement, je me devais de la rattraper.

Arrivés en haut, elle put découvrir un autre salon, plus petit, qui comptait une kitchenette, car l’étage de l’immense villa avait déjà dû être loué indépendamment dans le passé. Je recommençais soudain à me demander ce que je foutais dans une baraque pareille. Mais c’était la toute la générosité de Tricha, qui en plus de son obsession de vouloir mon bonheur –bien que c’était toujours par des moyens fort excentriques- ne manquait pas d’argent à dépenser. Sans couloir, quatre portes était accessibles, deux chambres, des toilettes et un bureau.

« - Voilà, c’est terminé, dis-je en essayant de trouver une intonation enjouée et naturelle, qui ne fut d’ailleurs ni l’un ni l’autre. Il y aura bientôt une terrasse et peut-être une piscine, vu les travaux qui se déroule ici, mais Tricha n’a rien voulu me dire. Tout ce que je sais, c’est qu’elle a prévu quelque chose. Enfin, peut m’importe, on verra bien… Sinon, la maison te plait ? Je veux dire, tu penses vouloir y vivre, cela te conviendrait ? Je ne te force surtout pas à t’avancer, mais j’espère, en te demandant ici, obtenir de ta part la réponse la plus franche possible. »
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