₪ Académie Keimoo ₪

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 Killing in the name

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MessageSujet: Killing in the name   Sam 8 Fév 2014 - 19:22


Depuis quelques jours, la neige ne cessait de tomber sur la ville de l’académie Keimoo. Une blanche couverture, froide et se changeant en une gadoue noire était dans chacune des rues. Les plus enthousiasmes trouvaient du plaisir dans cette pâle beauté ; les plus enthousiasmes ne pouvaient aussi que pester face à la boue qui s’incrustait dans leurs vêtements et leurs chaussures. Les voitures roulaient au ralenti, par intermittente d’arrêt de circulation. La neige avait précédé la tempête, les flocons, le vent, le froid et le gel. La plupart des étudiants étaient dissimulés sous de nombreuses couches. Les gants, les grosses chaussettes, les bottes et les écharpes servaient de protection.  
Dans le quartier Bougu, aux nombres impresionnants de bars, une silhouette déambulait. Elle ne prêtait guère attention aux pancartes publicitaires apposées contre les murs et vendant le mérite des kyabakura, sunakku bā  et host club du quartier. Ces derniers, comme dans toutes les grandes villes du Japon, étaient particulièrement appréciés et populaires.

La silhouette, elle, s’écarta dans une rues moins connues que les autres où seuls les habitués savaient se rendre. L’homme était habillé d’un manteau noir trois-quarts s’arrêtant à mi-cuisse. La capuche était encadrée d’une fausse fourrure marronnât. Sous ce manteau, un simple jean était visible, dont le bas était rangé à l’intérieur de rangers de cuirs noirs.

Les mains dans les poches, une buée blanche sortait des lèvres de l’homme. Il poussa la porte d’un bar dont la devanture n’avait rien de remarquable. A l’intérieur, l’ambiance était chaleureuse, agréable. Un espace fumeur, clairement installé, des petites tables disposées, un comptoir. Le bar était correctement rempli, en particuliers d’étudiants de l’académie Keimoo qui avaient été initié à l’endroits. Des jeunes là depuis des années qui s’appropriaient ces lieux comme un secret.

L’alcool y était bon, pas cher. Les serveurs chaleureux, accueillant, à la limite du tactile. Ils étaient visiblement embauchés pour leurs bonnes humeurs constantes, leurs sourires attirants et leurs dons pour la sociabilité. Garçons et filles y portaient des tenues entre le classique et le rock. De nombreuses allusions à la musique étaient d’ailleurs accrochés au mur.

Eden Indentshi avait connu cet endroit par le biais de ses cousins et y avait ensuit emmené Lun Marv. Etrangement, le blond y avait rapidement fait ses marques : il adorait venir et travailler ici.  Indentshi était plus discret, moins timide, mais moins sociable aussi. Il n’avait jamais ressenti ce besoin de se lier avec des inconnus.

Le brun se rapprocha du comptoir, il reconnu le titre passant, écoutant la voix du chanteur s'époumoner dans les enceintes "Fuck you I won't do what you told me." C'était une musique de Rage against the machine. Sans avoir besoin de demander, la serveuse lui posa un verre contenant un liquide couleur de pisse. La serveuse, une japonaise des plus ordinaire qui savait se mettre en valeur, demanda des nouvelles de « Lunychin ! » Question qui n’attira qu’un vague signe de la main de l’homme.

Il retira son manteau. Dessous, il portait une sacoche en cuir et un tee-shirt blanc sans la moindre inscription.

S’asseyant sur son tabouret, Eden se mit à boire. Il n’était pas bien tard malgré l’obscurité dû à l’hiver. Tout au plus 22h00, les clients rentraient et sortaient. La plupart venait et partait tôt pour ne pas louper les derniers trains et éviter les couvre-feux du lycée ou de l’université.

Il buvait mécaniquement, lentement, en déglutissant. Son premier verre, Eden le premier toujours au bar. Aujourd’hui, c’était le premier depuis un bout de temps. Le premier depuis que son connard de colocataire avait décidé de mettre fin à ses jours. Le premier depuis qu’il s’occupait constamment de ses deux mouchards qui commençaient à s’inquiéter de l’absence de leurs très cher papa.

Par bonheur, l’un des deux, la fille, avait été invité à dormir chez une amie à elle pour un anniversaire. Eden avait accepté avec bonheur. Il avait embauché une femme pour l’autre. Une nourrice et avait conduit le gamin chez elle. Un bon paquet de billets avaient suffit à prévenir de toutes questions particulièrement gênante. A savoir ce qu’un japonais foutait avec un gamin blond aux yeux verts.

Pas question de penser à ça. La colère, la haine, la frustration, les sentiments se mêlaient dans le corps de l’homme. Il haïssait son colocataire, il haïssait ses gosses, il haïssait les potes de son colocataire, il haïssait avoir eu un peu d’émotion envers ce connard. L’amitié, des balivernes. Il n’avait qu’une envie : cogner. Frapper. Frapper jusqu’à ce que le sang explose du crâne et qu’une fontaine rougeâtre sorte de tous les orifices de sa victime.

Sauf qu’il ne pouvait pas : les examens étaient bientôt terminés. Un renvoi maintenant serait suicidaire.




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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mar 11 Fév 2014 - 18:09

How to be a heartbreaker
Boys they like the look of danger
We'll get him falling for a stranger
A player, singing I la-la-love you ~ ♪
....At least I think I do !


N'écoutant que le crissement de la neige sous ses pas, Jun longeait un mur recouvert d'affiches, alors qu'il se rapprochait du quartier Bougu, d'où commençaient à parvenir à ses oreilles les éclats de voix venant des nombreux bars et autres clubs sordides qui composaient ses rues. Jusque là sa route avait été plutôt silencieuse, simplement accompagnée par la neige qui tombait plus drue depuis qu'il avait quitté son appartement, car il avait décidé de faire la route seul ce soir, pour un simple moment d'intimité et de calme que s'offrait le populaire avant d'aller profiter d'un bar ou deux.

Observant la couche blanche et scintillante qui recouvrait les endroits où personne n'avait encore marché, il hésita avant de s'engouffrer dans une rue, et ne pu finalement résister à aller faire quelques traces de pas pour le simple plaisir d'entendre, et de sentir. Une petite manie, qui pourtant lui posait toujours un cruel dilemme : gâcher la beauté de la chose ou profiter de ces petits grincements sous sa semelle. Finalement, il accéléra le pas en sentant le froid tenter de rentrer par le moindre petit passage qu'il pourrait trouver entre ses vêtements, dans un coup de vent qui vint mordre son visage faute de mieux. Remontant son écharpe et la fermeture éclaire de son manteau fourré sur son corps fin, le jeune homme remonta les rues qu'il connaissait bien.

Autour de lui, les enseignes brillaient entre les flocons, des gens entraient et sortaient. Le quartier avait toujours été animé quoi qu'il puisse se passer. C'était un peu un monde à part et Jun en savourait toute l'ambiance, jusqu'au bout des ongles. C'est là qu'il aimait se perdre et faire la fête pour se souvenir ou oublier.
Le dédale de rues ne l'effrayait pas. Il savait exactement où il irait flâner ce soir. Ce qu'il aimait aussi dans ce quartier, c'était ses recoins secrets qu'il avait appris à connaître depuis son entrée au lycée. Il rejoignait ce soir un bar plutôt intimiste, qu'il se plaisait à comparer à cette île de pirates où l'on ne peu y accéder que si on savait déjà où elle était.

Devant l'enseigne qui n'avait pas franchement de quoi se vanter, il fit claquer le talon de ses bottines en cuir. Il n'hésitait pas à entrer, bien au contraire, puisqu'il connaissait les secrets que renfermait cet endroit un peu mystérieux, comme un quartier général réservé à ceux qui y avaient été entraîné, comme une confrérie officieuse qui se transmettait seulement de certaines bouches à des oreilles particulières au détour d'un couloir de l'académie. En fait, ce qui le faisait ralentir alors que la neige menaçait de le transformer en tas blanc informe, c'était simplement de se rappeler, d'avoir quelques images qui le rattrapaient comme un boomerang. Un peu plus et il aurait senti leur choc. Mais pas contre sa nuque, plutôt dans son cœur en fait.
C'était Lun, Lun Marv qui d'autre ?, qui lui avait fait découvrir cet endroit. C'était suffisant pour remuer un tas de choses, occasionnant un petit brainstorming de questions sans réponses, laissées en suspend, dans le vide, au dessus d'un précipice dont il n'arrivait pas à discerner le fond mais dans lequel il s'était jeté depuis un moment.
Bien qu'à la réflexion, on l'y avait peut être repoussé plusieurs fois, à moins que quelqu'un ne s'amuse en réalité à scier les branche auxquelles il avait réussis à s'accrocher durant sa chute, l'interrompant momentanément pour la reprendre de plus belle quand ces dernières cédaient finalement.

Fronçant les sourcils, le populaire entra. Il n'allait pas commencer à se flageller tout seul maintenant alors qu'il avait prévu de se détendre et de ne penser à rien. Il y avait un moment qu'il n'avait pas pris le temps de penser à rien, et c'était l'occasion. Ruminer ne lui aurait rien apporté de bon, d'ailleurs il avait fuit la solitude d'une nouvelle nuit pour ne pas réfléchir.
Passant une main dans ses cheveux blonds qu'il ébouriffa pour en faire tomber la neige il se laissa imprégner par l'ambiance chaleureuse, la musique, saluant vaguement d'un signe de tête des regards qu'il avait déjà croisé en s'approchant du bar, un petit sourire aux lèvres alors qu'il retirait son blouson pour laisser voir un t-shirt vert pomme serrant son corps, un « Don't you want me baby. » en lettres noires sur le devant, un jean déchiré lui tombant sur ses hanches décorées de ceintures et les menottes accrochées traditionnellement à deux passants de ceinture. Le jeune homme desserra son écharpe et se posa à côté d'une silhouette pour réclamer un verre en tapotant le sol avec la pointe de sa bottine. Il bougeait un peu la tête sur la musique, semblant apprécier, avec un sourire un peu absent alors qu'il attendait en promenant ses yeux sur la salle bien connue, un peu trop peut être. Il détestait être nostalgique et touché par l'émotion pourtant, même avec de la volonté, il y était totalement perméable.

C'est en attrapant son verre du bout des doigts qu'il fit attention à son voisin dans le reflet du liquide rouge. Son regard abîmé se posa sur l'inconnu en étudiant avec attention ses traits qu'il trouva légèrement crispé.

- Est ce que ça va ?

Question simple, innocente, de celui qui ne sait rien et qui devrait peut être se garder de savoir. Il sourit un peu, de son éternel sourire un peu sincère et un peu dissimulateur. Et au moins, il s'est détaché de la contemplation du bar.
Il détaille le jeune homme, et ne pense pas l'avoir déjà vu quelque part, dans sa tenue simple, avec son verre jaunâtre. Il comptait se poser dans le petit coin fumeur mais laissa finalement son paquet de cigarette dans la poche de son blouson pour avoir sa réponse.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mar 18 Fév 2014 - 22:57


Des questions qu’on n’aime pas, il doit bien y en avoir pour chaque individu. Des questions irritantes ou bien gênantes. Des questions banales, des questions simples. Des questions qui tourbillonnement dans la tête. Ce genre de question banale qu’on balance à la gueule et dont la réponse comporte bien trop de mots. Les ça va grotesques qu’on se lance entre deux conversations en se fichant bien de la réponse de l’autre. Eden n’aimait pas cette phrase pour l’avoir trop entendu au détour de conversation sur le net. Salut, ça va, tu fais quoi, et l’autre enchaînait avec ses propres problèmes. Depuis, il ne discutait quasiment plus sur le net. C’était plus simple, plus rapide. Les dingues, il y en a partout. Sur le net, il n’y a que ça. Et le malheur des gens, il n’était pas là pour le porter sur ses épaules et le supporter. Il n’était pas comme Lun, à accepter de tout entendre, de tout comprendre. Lui ne comprenait pas la fascination du blond pour la vie des uns et des autres. Son envie de les aider. Ils n’avaient qu’à faire comme tout le monde : se débrouiller. Comment lui, il faisait ?

Aurait-il dû plus l’écouter quand il allait mal ? Est-ce qu’il était un peu responsable du geste de Lun Marv dans la nuit du trente et un décembre deux mille treize au premier janvier deux mille quatorze ? Le brun s’était posé la question. Il s’était dit, qu’il devait bien penser à tout cela. S’il y pensait, toutefois, ça ne passait pas dans son regard, dans ses gestes ou dans ses attitudes. Eden n’avait pas exprimé de tristesse, de manque ou de culpabilité. Il n’était pas homme à parler quand il allait mal. Il préférait des relations simples, pas compliqué, et face à la tristesse permanente de son meilleur ami, il ne savait ni comment agir, no comment réagir. Face à son geste, non plus. Est-ce que Lun s’en remettrait ? C’était sans doute la seule question qu’il avait ouvertement posée, à un médecin. De manière glaciale et froide. Et lorsqu’on lui avait donné une réponse floue, il s’était contenté d’hausser des épaules et de dire : « Tenez-moi au courant. » Puis de fermer le garage à tous.

Les gens sont des égoïstes profonds. Voilà ce que pensait Eden. Il n’avait aucune envie de dire aux amis de Lun, ce qui était arrivé. Cela ne les regardait pas. Des amis, Lun n’en avait pas. Voilà ce que pensait Eden. Ces petites têtes, ces adolescents ou ces jeunes hommes. Ce n’était que des mensonges dans la vie du blond. Ce n’était que du fantasme, de l’histoire, des mensonges. L’amitié, ce n’est pas que le bien. C’est aussi le mal. C’est supporter le mal de l’autre, supporter la pluie de ses yeux, pour y voir ensuite un arc en ciel. Des arc en ciel, dans la vie de Lun, il y en avait eu beaucoup. Eden avait entendu parler de chacun d’entre eux. Temporaire, faux, et finalement, des arc en ciel qui partait.
Lui, il n’en éprouvait que de la colère. Eden avait peu d’amis : pas parce qu’il était un con. Tous les cons ont des amis. La question ne tenait pas à ça. Il n’avait pas d’amis, car il jugeait les autres aussi incapables que lui-même de comprendre les émotions et qu’il jugeait l’amitié illusoire et mensongère. On se dit qu’on veut des amis pour ne pas être seul. N’est-ce pas la pire raison au monde. Cela signifie-t-il qu’on se supporte si peu, qu’on a besoin d’une autre personne pour combler notre temps sur terre ?

Eden n’avait besoin de personne. Encore moins des gens qui entouraient Lun Marv. Il le savait : il ne pourrait jamais, à l’exception d’Ethan Matthews, avoir de la vraie sympathie pour l’un d’entre eux. Lui, en tout cas, c’est ce qu’il croyait. Son avis changerait peut-être, mais Eden n’y croyait pas tellement. 26 ans qu’il vivait, 26 ans que son cerveau avait analysé le monde avec rudesse. Cynique et cruel, il jugeait que la vie était bien plus belle seul que bien accompagné.

Il avait fait l’erreur de croire en ce petit cœur de Marv. Un cœur battant. Un cœur ruisselant d’un sang impur. Les putes n’épousent pas les princes, les racailles n’en deviennent jamais. Et les mondes éloignés ne se rejoignent pas. Si Eden avait passé plus de temps à lire des romans que des comics, il aurait pu approfondir ce sujet en citant toute la littérature qui le prouvait. Au lieu de ça, le seul exemple qui lui venait, c’était : « Marie-Jeanne, elle l’aime le Spiderman, hein ? Ouais, mais elle peut pas l’épouser. Deux mondes trop éloignés. »


Alors il devait répondre quoi la question du blond ? D’aller se faire foutre. C’était sans doute la réponse qu’il aurait dû employé. Ouais. Car Eden Indentshi sait parfaitement qui est Masato. Il en a entendu parler depuis quatre ou cinq ans. Il en a tellement entendu parler, qu’il n’a aucune difficulté à le reconnaître. Il faut dire que les gars se baladant avec un truc devant un œil, il n’y en avait pas trois milles. Si on rajoute sa putain de popularité qui fait, qu’on le veuille ou non, on entend parler du gars dans les couloirs.

Ouais. Et alors ?

Le regard de l’homme s’est posé sur Jun, le décrivant du regard. Pas un sourire, pas une attention particulière. Il s’en retourne à son verre pour boire une autre gorgée, avant de jeter un coup d’œil au contenu du verre de son voisin. Ah, ah. Tapette.

« … Ouais. Je vais bien. C’est plutôt toi, face de cadavre, qui a l’air d’avoir un problème de santé majeure. Tu veux que j’appelle le samu, ou t’es juste un sidaïque ? » Amères commentaires. Ouais, il va bien. Aussi bien qu’un putain de connard qui aurait été frappé par l’avant d’un métro en marche après avoir consommé une bonne grosse coupelle de LSD. A la différence, que le véhicule qui l’avait percuté, c’étaient des examens de dernière année dont le contenu semblait avoir été rédigé par un psychopathe spécialisé dans la torture de guerre ; et que la drogue consommée, c’était les mauvaises pensées qu’il ruminait depuis des mois.


Tu veux qu’il te dise quoi d’autre ? Tu me diras, s’il ne dit rien, il va être court le sujet. Le problème d’Eden, c’est que la communication non plus, c’est pas son fort. Demandez-lui de vous décrire le dernier modèle de moto en vogue : Alors là, ouais ! Pas de problème, il vous dira tout ce qu’il faut savoir. Pas de souci. Par contre, s’il faut parler à un gars dans un bar, c’est pas trop son sujet de prédilection. C’est d’ailleurs effroyable, ce que les gens peuvent être bavards, dans les bars.
L’autre jour, il voulait boire un café. Un serveur lui sert un thé et un psychologue vient lui taper la causette. Le jour suivant, il veut boire son whisky dans un bar de la ville, une meuf punk avec un balais sur la tête, vient lui taper la discussion ! C’est quoi la prochaine fois ? Il boira de l’eau tranquillement à l’une des fontaines de la ville, et on viendra lui expliquer l’importance d’économisez l’eau ?

Qu’on lui foute la paix, franchement.


Il a terminé son verre d’une traite et a fait signe au serveur d’en avoir un nouveau. Son regard se repose sur le gamin blond. Ouais, c’est vrai que Lun avait du goût pour choisir ses amants. Ou peut-être qu’à force de baiser tout le monde, il avait finit par tomber sur des pas mal dans l’eau. Quoique. Celui-ci, il avait un peu les yeux qui partaient en couille et il ressemblait autant à Japonais qu’Eden ressemblait à un Dieu Grec androgyne. Soit absolument pas. Pauvre type, va …

Voilà où le rustre Eden en était au niveau de ses pensées. Il insultait l’autre de manière copieuse et décrivait de manière acerbe sa tenue. Toutefois, sa langue claqua soudainement à son palais, alors qu’il disait :

« Tu me payes une clope, Boucle d’Or ? Je dois fumer et j’ai oublier mon paquet chez moi. »

Evidemment, c’était un grotesque mensonge. Il avait juste la flemme de rouler. Par principe, ça le fatiguait d’office rien que d’y penser. Puisque l’autre était là, à lui boire son air, et respirer son alcool (A moins que ce ne soit l’inverse ?) Il pouvait bien lui servir à autre chose.

Le brun se redressa toutefois, sans attendre la réponse du blond pour se diriger en direction de l’espace fumeur, avec son verre rempli. L’habitué aurait remarqué qu’il n’avait pas payé : visiblement avoir une ardoise dans l’établissement ne semblait pas le déranger ; et il était du fait visible que le patron devait le connaître assez comme client régulier pour l’autoriser à quitter la table sans avoir payer le prix de ses consommation.

En se redressant, Eden précisa toutefois :

« Bon, Masato, bouge. J’ai pas toute la soirée devant moi. »

La même parole aurait d’ailleurs pu être prononcé par le blond ami des deux. Lun et Eden n’étaient pas amis pour rien et ils avaient parfois des expressions se ressemblant. D’un geste vague de la main, le brun montra l’espace fumeur et s’y dirigea sans autre forme de procès.




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MessageSujet: Re: Killing in the name   Jeu 20 Fév 2014 - 10:09

Les mots auraient pu claquer un a un comme on laisserait tomber sur une surface en métal des pièces les une après les autres. Pourtant, ce fut comme si elles n'avaient fait que heurter du velours épais et moelleux en atteignant enfin l'obstacle. Ce n'était pas de l'insensibilité, personne, surtout pas un jeune homme aussi perméable que Jun, n'aurait pu rester de marbre face à tant de dureté. Il en ressentait toute l'acidité, et la rudesse sans difficulté. Seulement voilà, prononcés par un inconnu, ces mots semblaient avoir moins de sens que les autres.

- Waw !

Ce n'était pas vraiment un « waw » qui constatait la dureté des mots de l'inconnu amer, mais plutôt un « waw » soulignant à quel point le mensonge, du moins une infime partie de ce mensonge, pouvait être perceptible. Les lèvres rosées du jeune homme n'avaient pas perdu leur sourire. Il y avait les rumeurs qui avaient fait aux yeux des autres, l'image d'un populaire princier, bon prince certes mais prince tout de même avec cette idée que les populaires ne pensaient qu'à eux. Certes celui ci pensait beaucoup à lui mais il vous aurait dit avec un éternel sourire, que penser à son bonheur était aussi penser à celui des autres car il n'aurait pu être heureux si un ami ne l'avait pas été.
Il s'exprimait très mal. Trop passionné, trop impliqué, et toujours à fleur de peau, en particulier depuis que son cœur avait été nettement déchiré en deux. Le fait est qu'en réalité il avait toujours été sensible malgré ses airs de petit con, et aussi plutôt observateur. Il était curieux des autres, curieux de beaucoup de choses en fait et ça ne lui avait pas forcément apporté que de bonnes choses.

Le sentiment que quelque chose clochait chez son vis à vis grandissait. Il en était sûr est certain. Et pourtant, aucune question ne renchérira là dessus malgré cette certitude que le mensonge planait dans ces mots brutaux. Il y avait pourtant matière à creuser, c'était fort probable, mais Jun n'était pas réellement sûr que le temps soit venu pour proposer de prêter une oreille attentive sur les états d'âme d'un inconnu ce soir. Pas qu'il n'en aurait pas eu envie, il écoutait très bien, mais son camarade n'avait pas l'air du genre à se confier, même pas sur l'oreiller. Et il était venu pour oublier les siens, ses frustrations, ses envies. D'ailleurs à ce moment là, Jun doutait beaucoup passer la soirée avec cet homme ronchon.

Terminant son verre d'un trait, il réfléchissait déjà au second. Il fallait qu'il soit plus fort, plus brûlant, le genre de truc à vous décaper la gorge histoire de vous réveiller un peu pour le reste de la soirée. Haussant un sourcil à la demande plus qu'au surnom, il pris le temps de choisir son deuxième poison avant de tourner lentement la tête vers le japonais qui bougeait déjà. S'il avait laissé parlé le tonnerre d'émotions prolongeant la noirceur constante de ses pensées, il l'aurait envoyé se faire foutre pour sa clope et pour les vacheries qu'il lui avait servit gratuitement en allant s'asseoir plus loin dans le but de l'ignorer royalement. Non mais, y avait pas écrit bonne poire non plus.
Mais cette réponse ne se manifesta pas, malgré l’afflux de sentiments contradictoire rien qu'à l'entrée de ce con de bar. Peut être simplement parce qu'il aurait réagit comme ça devant quelqu'un qui l'aurait touché avec ces vacheries là.

Il croisa le regard du barman de ses yeux bicolores qu'il ne cachait plus à présent, et d'un geste rapide, glissa l'argent sur le comptoir pour se tourner en direction de l'homme avec l'idée de le suivre. D'un geste machinal, ses mains se mirent à chercher dans ses poches le paquet de cigarettes, cet idiot lui avait redonné envie de fumer, c'était l'occasion d'accéder à sa requête. Cependant, à peine descendu de son tabouret, le métisse s'arrêta net aux derniers mots qu'il entendit sortir de la bouche de l'habitué.
On aurait presque pu se dire que ce ne fut qu'à ce moment là que la silhouette de ce dernier sembla se dessiner réellement devant lui, comme si un intérêt nouveau, ou du moins une perplexité certaine traçait les contours de cet homme qui lui était inconnu. Et ce n'est pas son nom su sans qu'il ne se présente qui l'interpella. Après tout, sans qu'il ne s'en vante, c'était devenu assez courant dans les endroits fréquentés par les élèves de son ancien lycée et de son université. Que ce soit dans le cadre d'un cours pour avoir des notes ou dans un couloir, un club pour une invitation à une fête, une sortie, une activité quelconque ou juste pour le saluer dans les enceintes qu'il fréquentait habituellement, les bars, les boites de nuit.
Quand il le réalisa, « T'es con ! » furent les premiers mots qu'il laissa échapper de son cerveau qui venait de tourner un peu trop vite, assez pour le sonner quelques fractions de secondes, ces secondes ou vous croyez avoir un flash avant de vous réveiller. Et où vous finissez par avoir la nausée. Par chance il n'avait pas dit ça tout haut.

Parce que ce n'était pas Lun devant lui, qui lui demandait de se bouger pour aller... où ? Peu importait quand ils se suivaient. Ce n'était pas cet enfoiré de Lun qui lui avait demandé une clope. Non évidemment parce que lui, il lui aurait piqué celle qu'il aurait allumé pour lui en premier, avant tout, et ensuite il aurait sorti son paquet pour allumer la sienne en fouillant pour trouver son briquer. Ce n'était pas ce putain de connard... - Il avait rajouté « connard » parce que le premier mot tout seul lui aurait fait trop mal au cœur - , qui n'était pas là parce que ce n'était pas lui qu'il avait rejoint dans ce bar. Il y était retourné seul, qui sait, peut être dans l'espoir de le voir parce qu'il ne savait pas où il avait fuit, encore une fois.
Merde voilà ! C'était sûrement de sa faute cette fois s'ils s'étaient encore loupés à un changement. Mais il ne trouvait pas la paix, la preuve. Ce brun, là, avec une phrase, toute petite phrase, alors qu'il avait été exécrable avec lui dès le début mais qui l'avait si peu touché, venait de réussir à le retourner comme une crêpe.
Un immense effort, et la grimace douloureuse ou peut être furieuse ne s'afficha pas sur son visage rayonnant et il suivit l'inconnu vers l'espace réservé aux fumeurs, son verre serré dans la main droite, le paquet de clopes dans la main gauche.

- Je suis désolé mais je n'ai pas la chance de connaître le nom de celui qui se soucie de ma santé. Qui va en fait plutôt bien.

Le ton n'était pas méchant ni sarcastique, mais comme à l'habitude du jeune homme, d'une ironie joyeuse. Une fois que sa main, légèrement tremblante, eu posé le verre d'alcool sur un petit rebord, Jun sorti deux cigarettes et en tendit généreusement une au type qu'il prit enfin le temps de détailler réellement après l'avoir traité de tout les noms pour ses récentes pensées dont il se serait volontiers privé.
Ses cheveux bruns et ses traits japonisés. Bien plus que ceux du métisse d'ailleurs qui avait énormément pris de sa mère en fait, pour un beau résultat cela dit. L'air maussade de son vis à vis assombrissait son visage , son regard.
Et malgré cet air peu engageant, le blondinet lâcha d'un ton léger en lui agitant la clope sous le nez.

- J't'en prie Papa Ours, offerte par la maison. C'est courageux d'accepter la cigarette d'un cadavre !

Moqueur, à peine. Et pourquoi fallait il qu'il puisse donner à chaque ronchon qu'il croisait, un surnom débile. Bon c'était eux qui commençaient souvent avec le surnom à la noix. Il t'en ferait bouffer des boucles d'or tient. Après Grincheux, en la personne d'Ethan, il en arrivait à Papa Ours. A ce stade c'est tout le folklore des contes et histoires européennes qui allait y passer.

Le zippo gravé pesa lourd entre ses longs doigts de pianiste qui le firent tourner un moment autour de chacun d'eux, habiles, avant de l'ouvrir pour en extraire une petite flamme. Captée par un œil bleu qui se fascina de sa danse quelques instant avant qu'elle ne meurt une fois sa tâche accomplis. Le populaire tendit alors l'objet argent vers son interlocuteur.

- Alors en fait, tu t'appelle comment ?

Il avait haussé un sourcil en le toisant, son sourire en coin étirant ses lippes peut être un peu plus pâles qu'avant, mais au dessin gourmand. Elles happèrent le bord du verre pour goûter l'alcool limpide de son verre. C'était amer, brûlant, presque désagréable.
Et il était de nouveau plus serein.


__
J'aime bien quand tu me dis "on écrit pas trop hein ça te dérange pas ?" x) Folle dingue va ♥.
Par contre je suis désolée, je pensais que j'aurais mieux réussis ce post Oo...
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Sam 22 Fév 2014 - 21:56

Il est génial ton post. Arrête.
Et ; :') On fait court ! >_< Sinon, on va être une blinde de temps à répondre.


La petite pièce permettant aux clients du bar de fumer était jonchée de clopes et de mégots oubliés par de nombreuses personnes. La propreté de l'endroit qui avait dû être incapable à l'ouverture de l'établissement laissait maintenant à désirer. Bien qu'elle fût plus correcte que dans la plupart des autres établissements. La musique, diffuse, aux tendances rocks parvenait toujours dans la pièce. L'homme de vingt-six ans attrapa la clope qu'on lui tendait et jeta un coup d'œil plus attentif en direction de Jun Masato. C'était donc ça, le pote de son pote. Le mec dont on lui parlait tout le temps. Un gars, qui tel un whisky, avait deux iris de couleur différente. Deux yeux vairons, un visage fin, de longs cheveux blonds qu'il ne devait pas couper souvent, une peau trop blanche, des doigts trop fins. Le genre de personne dont Eden ne s'approchait en général que pour récupérer leurs porte-monnaie souvent bien remplis. L'endroit n'était toutefois pas idéal pour racketter quelqu'un. Eden n'en avait pas non plus clairement très envie. Il fallait dire que dans ce the Rat Pack, peu d'étudiants étaient admis. Il n'avait pas l'intention de s'en faire renvoyer.

Visiblement dans le bar, le serveur avait décidé de passer des musiques rock des années quatre-vingt à quatre-vingt-dix, puisqu'il diffusait la reprise de Bob Dylan Knockin' on heavens door faîtes par the Guns'n'roses. La seule, aux yeux d'Eden, qui valait vraiment le déplacement dans le second CD du groupe. Vraiment, où le rock ne se retrouvait qu'à quelques-uns des titres. Dommage, car le premier CD était vraiment prometteur.

Il était clair aux yeux d'Eden que le paradigme social des jeunes des l'époque avait fortement été influencé par la culture rock qui avait vraiment vu naissance au travers des artistes de l'époque, où la liberté, la jeunesse, le désir, le refus et l'envie d'être quelqu'un de différent des autres avaient été clairement balancé dans des textes percutants s'autorisant à être noir, sordide et touchant profondément les entrailles.

Eden était quelqu'un qui se rattachait beaucoup aux musiques, le plus souvent Rock. Il avait dans sa discothèque tous les premiers, des années 60. Ceux qui pouvaient faire vibrer n'importe qui, la clope ou le joint aux lèvres, et qui croyaient que le monde pouvait être changé. Que la vie était celle qu'on crie pour l'expier.

« Mon nom ? Kyoshi Indentshi. »

Le mensonge était à demi vrai. Eden avait depuis de nombreuses années prit l'habitude de donner le nom de son cousin comme indicatif. Ce dernier, un gars très sage, très simple, était également à l'académie. Il était le portrait craché d'Eden, avec peut-être un ou deux kilos en moins, mais il était le caractère totalement opposé. Le genre de gars si bien-pensant, si gentil et si naïf, qu'Eden n'avait qu'une envie : lui donner une belle paire de claques et l'envoyer au tapis par un poing dans sa gueule. L'altruiste cousin n'était heureusement pas ici pour entendre qu'encore une fois Eden utilisait son nom. Par habitude, car il fréquentait aussi le bar, il avait toujours accepté de payer les consommations de l'autre sans rien dire. Sûrement soupirait-il parfois des « gamineries » de son cousin. Mais, il en était encore au stade de lui trouver des excuses pour justifier son mauvais comportement et son sale caractère.

Après avoir monté la cigarette à ses lèvres, le macho brun se contenta de hausser des épaules. L'histoire de l'identité étant réglée, il ne lui restait plus qu'à mettre un dernier point au clair. Celui du Papa Ours.

Clope de tapette. Tiens, au passage. Il se retint de le dire, au cas où il pourrait gratter une autre cigarette tantôt. Mais le principe était clairement établi dans sa tête. Toutefois, rien que parce que Jun Masato l'avait suivi : et cela malgré les mots dits prononcés tantôt, il pu se faire à l'idée que le garçon avait un semblant de courage. Ou de masochisme. A voir. S'il était l'ami de Lun, il était l'être un peu quand même. Toutefois ... Lun était dans le coma. Et la seule chose qu'Eden craignait, c'était que la mémoire de Lun ne finisse en palimpseste et que tout soit supprimé pour réécrire par-dessus. Dont lui-même. L'oublie totale ... C'était la mort. D'une façon ou d'une autre. Dans le labyrinthe de son esprit, parviendrait-il à retrouver le fil d'Ariane ? Lui, qui avait tant de fois été l'Ariane de l'histoire.

« Mais tu peux m'appeler Papa Ours, si ça t'amuse. »

Il fallait dire que cette série tapait franchement sur les nerfs d'Eden. Lun l'avait ramené à l'époque où il était revenu avec les jumeaux, de chez Elyott et son père, il avait ramené des épisodes bilingues japonais et anglais de ce dessin animé pour enfants. Le but étant d'habituer progressivement ces gosses aux deux langues. Petit à petit, vu que Judith adorait apprendre les langues, il leur avait fait écouter les épisodes de Petit Ours Brun en diverses langues. Et à force de l'entendre, Eden avait décidé que la pire chose au monde : c'était sans doute ça.

Enfin, dernièrement, Judith s'était mise à regarder des épisodes sur YouTube de Barbie. Et là, Eden avait bien regretté son jugement sur le petit Ours. Non, vraiment, Barbie, c'était pire.

Cela dit, ours ? Ça voulait dire qu'il était gros ? On se calme-la ! Il n'était peut-être pas mince, mince. Ok, il ne l'était pas du tout, mais ce n'était pas non une boule de suif ! Il ne fallait pas exagérer.

« Dis-moi Barbie, c'est assez rare de te voir seul ... Sans les trucs servant d'amis qui t'accompagnent généralement. Tu en as fait quoi ? Tu les as vendus contre un sac de billes ? »

Puis semblant réfléchir à ce qu'il venait de dire, Eden rajouta avec un sourire moqueur aux lèvres et une lueur nitescence dans le regard.

« Quoique, tu me diras. Un sac de billes, c'est déjà fort tiré pour ces gars-là. »

Difficile de savoir si à l'heure actuelle, Barbie et Petit Ours pourraient un jour bien s'entendre. Ce qui était certain, c'est qu'Eden ne faisait rien pour rendre la discussion agréable et qu'il semblait avoir décidé de se montrer des plus odieux. Son hubris ne pouvait d'ailleurs que conduire la discussion vers des brouillards orageux. Bien heureusement pour lui, Jun était moins sur des positions agressives. Toutefois, avec un peu de chance et quelques verres en plus, il serait se montrer un brin amical. Les gens devenaient violents avec la boisson, lui, il devenait un vrai petit nounours gagné à la fête foraine. Le ruban rose et l'odeur de barbe à papa en moins. Il fallait dire que l'alcool le rendait souvent d'humeur labile et le mettait souvent hors des barrières de la bougonneuse colère qui l'acculait en permanence.

« T'as quoi aux yeux ? Tu t'es fait bouffé l'un d'eux par un fan et on a dû te le remplacer, ou c'est génétique d'avoir un œil cendré ? »

Questionna le garçon, tout en continuant de fumer sa clope, visiblement assez fasciné par les deux du blondinet. Il fallait dire que ce n'était pas commun d'avoir un œil presque gris. La plupart des gens avaient les yeux vairons, bleu et vert. Pas gris et violet. C'était limite extra-terrestre ou mutants. Il cessa de parler pour écouter le disque qui passait. He ! C'était Wave of Mutilation ... Des pixies.

Dans la sente étroite menant à une conversation plus calme, Eden tenta d'être un peu moins bougon. Et pour alléger sa phrase précédemment dite, il rajouta :

« Genre comme dans 28 semaines plus tard, ça te fait une immunité génétique contre les zombies ? Plutôt cool, quoi ! »

Bonjour, je m'appelle Eden Indentshi et j'adore les zombies. Croyez-le ou non, mais ce qu'il venait de dire à Jun Masato, le bon prince de l'académie Keimoo, c'était un compliment dans la bouche d'Eden. Cela aurait presque pu signifier : « C'est joli, original et plutôt cool d'avoir des yeux comme ça. » Sauf que les compliments ce n'était pas vraiment ce qu'Eden avait en stock. Vraiment pas, d'ailleurs.

Le jeune homme avait cessé de parler pour se remettre à parler, alors que le vent coulis sortant de la climatisation rajoutait un petit air froid à la pièce, qui aurait pu être des plus désagréable s'il n'avait pas été un minimum couvert. Sans doute que par sa dernière phrase, Eden tentait de remplir son devoir de grisaille envers l'envie de discuter qu'il souhaitait ; et le différend qui lui disait d'être agressif envers quiconque s'adressait à lui.




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MessageSujet: Re: Killing in the name   Lun 3 Mar 2014 - 8:52

Je pensais que c'était court ! ><
Et Jun dit n'importe quoi x).



Un petit mouvement de tête naturel accompagnait parfois la musique, faisant onduler les cheveux décolorés, lisses et un peu plus long, autour du visage occidentalisé. Ce bon rock, Jun avait dû le découvrir tout seul par ses propres moyens lorsqu'il était plus jeune. Ce n'était pas le genre de musique que la famille Masato avait dans son patrimoine culturel, pas même ses frères, où alors ils s'étaient toujours bien gardé d'éduquer le petit dernier aux bons goûts musicaux. Cette sobriété constante dans la maison Masato avait donné naissance à de longues après-midi caché dans un petit recoin de la chambre à écouter toute sorte de musique loin des yeux et des oreilles du géniteur. Une période de prohibition musicale à petite échelle. Les enfants adorent avoir ce genre de secrets. C'est un peu pour ça que Jun aimait ce bar un peu caché, spécial qui y accueillaient des étudiants comme des clandestins, des grands enfants qui aimaient encore avoir leurs secrets.

Les yeux, ou plutôt l'oeil perdu dans la contemplation de la salle, le blond hocha simplement la tête quand « Kyoshi Indentshi » se présenta. Évidemment il ignorait tout du subterfuge. C'est le genre de jeu qu'il aurait aimé faire de temps en temps pourtant, juste pour s'amuser. Chose impossible aux vues de son statut, à pas mal d'échelles il ne pouvait pas se permettre une petite entourloupe. L'une des fois où il avait tenté, il était réellement passé pour un idiot puisque sa victime était en réalité sa future fiancée détestée par avance, qui finalement ne l'était jamais devenue et s'était même transformée en meilleure amie. Elle avait tellement ris le jour où il avait voulu s'essayer au changement d'identité pour lui échapper que, rouge de frustration, il avait été assez désagréable le reste de l'après-midi comme un enfant. Petit, ses rêves d'agents secrets, de faux noms et de fusillades étaient plutôt vivaces. Maintenant il se surprenait juste à vouloir repartir de zéro.

Un sourire furtif glissa à la commissure de ses lèvres auxquelles il porta d'un geste plutôt délicat, la cigarette allumée. Il tira dessus longuement avant de souffler la fumée tout aussi lentement en basculant légèrement la tête en arrière, la laissant rouler un peu sur le côté pour observer « Papa ours ». De ses lèvres, il laissa couler avec un certain ton moqueur. C'est que la brindille était peut être un peu insouciante en plus d'être névrosée.

- Ça m'amuse. On fait ce qu'on peu avec ce qu'on a. Et... ça te va bien.

Laissant échapper un petit rire ingénu, il porta de nouveau la clope à ses lèvres en le scrutant de cet œil qui voit, et de l'autre. L'autre il est bien là, si clair, on pourrait croire qu'il voit mais il laisse dans le doute. C'est pour ça que Jun ne le cachait plus.
Cette attentive observation écarta le fait que l'ours Indentshi était loin d'être gros. Bien que Jun ne le lui dirait pas à voix haute, c'était un fait qu'il nota aisément, d'ailleurs le brun était plutôt bien battit et ça avait son charme. Mais le charme de l'ours qu'il avait remarqué lui, et qui allait si bien à ce grand gaillard, c'était cet air bourru et les crocs sortis à ce bar, comme pour défendre sa part de saumon dans la rivière de la vie, torrentielle et sans pitié. L'image de ce mammifère durant sa partie de pêche n'était pas très glamour mais elle amusait beaucoup le métisse. C'était ressemblant dans un sens. Il extrapolait mais peut être quand lançant des verres d'alcool le Indentshi des montagnes avaient ce même réflexe avec ces grandes mains... qu'il valait peut être mieux ne pas provoquer avec des histoires animalières finalement.

Attendez là... Pourquoi de pêche au saumon, il parlait de Barbie tout d'un coup ? Boucle d'Or c'était déjà le bouquet mais alors là c'était toute la roseraie qu'il venait de lui faire tomber dessus. Jun avait  tiqué, oui, sur le surnom. Et dire qu'il l'amusait serait aller à l'encontre totale de son avis instantané sur la question.
Malgré tout, il haussa les épaules à la question sur « sa ruche ». C'est vrai qu'elle était pertinente. Après tout de l'extérieur tout allait très bien dans sa petite tête et son accoutumance à quelques moments restreints et choisis de solitude était ignorée de tous.

- Je préférais Boucle d'Or.... Quitte à choisir tu vois.

Il enchaîna presque immédiatement en s'appuyant contre le mur, une jambe repliée, laissant tomber la cendre dans un petit cendrier. Sa moue était moqueuse, presque mutine, une fraction de secondes. Il allait dire une vacherie dont il était fier.

-  Et au contraire, je les vends au poids, alors crois moi ça fait un sacré gros sac de billes. T'es pas très doué en affaires toi non ?

C'était un peu gratuit car en réalité il ne méprisait pas ses admirateurs, et admiratrices. Certes l'agacement était souvent présent et il lui arrivait d'en fuir une partie, la plus insupportable. Mais ces personnes, souvent parfaitement inconnues et c'était malheureux, lui avaient déjà rendu quelques menus services bien qu'il ignore réellement la raison de ce dévouement. Il n'était pas de ces populaires méchants, même s'il lui arrivait de refuser certaines choses avec beaucoup de froideur. Certains, les plus proches, lui faisaient passer de bons moments, comme de simples « potes » qu'on prend plaisir à retrouver, juste comme ça. Est il bon de souligner aussi qu'être regardé et apprécié, le blondinet adorait ça, encore maintenant.
Cependant, il ne comptait pas s'attarder sur cette ambiguïté vis à vis de sa popularité et il avait une grande facilité à plaisanter là dessus, surtout en imaginant les parasites les plus encombrant de son entourage. Ils étaient visés, pour le coup. Et Jun ne se vexait pas des regards qu'on portait sur les populaires. Il était bien conscient que si beaucoup les enviaient, d'autres, au contraire les avaient en horreur. Eux et leurs groupies. Il comprenait, d'ailleurs Kyoshi avait l'air de ceux qui ne pouvaient pas les blairer.

C'est une des raisons pour laquelle le métisse fut surprit de la question qui suivit. Et de l'intérêt que porta le jeune homme, qui semblait toute fois être son aîné, sur ses yeux. Évidemment, rares étaient les personnes qui ne s'interrogeaient pas sur cette anormalité flagrante, lui même se posait des questions devant son miroir parfois. Oui c'était possible. Sur le coup d'ailleurs il pensa plutôt que la question était une moquerie vaguement cachée. Malgré tout il ne pu s'empêcher de rire un peu quand il imagina un fan lui mordre l'oeil. Bon peut être que les deux verres avalés un peu rapidement commençaient à le faire rire un peu pour rien, en montant trop vite à la tête parce que concrètement il admettait aussi que ce n'était pas drôle. Il le coup, il fut tenter de lui répondre d'une manière totalement abracadabrante pour se moquer en retour mais la suite attira ton attention et il se tourna totalement vers le garçon, signe de son total intérêt.

Le ton avait l'air de s'être adoucit même s'il restait un peu bourru, et alors qu'il frissonna sous l'air climatisé, pencha légèrement sa tête sur le côté pour détailler le visage de son compagnon. Que répondre à ça. Il était loin de trouver sa remarque stupide, façon plutôt bien trouvé de lui dire que ses yeux étaient une vraie bizarrerie. Il savait, il en avait conscience. D'ailleurs il porta machinalement une main à son visage. Avant c'était pour ajuster automatiquement le bandeau quand une question sur son port lui parvenait, mais maintenant c'était plus un reflèxe dont il n'avait pas pu se défaire. Et pour le cacher, ce geste inutile, il passa sa main dans ses cheveux blonds qu'il tira doucement vers l'arrière, un bref instant. Quelques mèches vinrent balayer son visage, rebelles.

Pour être honnête, les zombies il n'y connaissait pas grand chose. Même dans les jeux vidéos. Il y avait bien quelques films par ci par là, une bonne série. Mais petit, ces sales bêtes l'avaient toujours effrayés. Actuellement, ce n'était pas son folklore préféré. Le jeune franco-japonais fut d'ailleurs quelques peu désarmé la remarque d'Indentshi Kyoshi. Lui qui s'était attendu à de la moquerie tout le long depuis qu'il lui avait demandé ce qui lui était arrivé à l'oeil, il croyait discerné maintenant un réel intérêt. Sur le ton de la plaisanterie, il répliqua en baissant la voix exprès.

- Cht Indentshi pas si fort, on va me repérer !

Il vida le fond de son verre, geste idiot mais manie aussi bien encrée, d'aller chercher la petite goûte restante pour ne rien gâcher. L'alcool c'était sacré, surtout en ce moment. Finalement il haussa les épaules. Cool, oui possible ça n'avait jamais rebuté personne après tout. Mais c'était la première fois qu'on lui disait que c'était... « cool. » . La remarque avait eu don de le faire sourire. Sincèrement.

- Ça aurait été une idée en tout cas... J'aurais pu me la jouer super héro aussi... J'sais pas dans les films les yeux bizarres ils ont toujours un pouvoir plutôt sympa. Voir à travers les murs... Mais non en fait c'est rien de si spécial. C'est pas naturel ça c'est clair. De l'acide, dans l’œil et pcht... Truc con quoi.

Il hausse les épaules avec cette manie que ses proches détestent. Celle de minimiser les choses qui lui arrivent en disant que « c'est rien. » « c'est pas la mort » « c'est pas bien grave au fond tu sais. ». Même s'il était plus à l'aise pour en parler. En fait, l’apitoiement sur la perte de sa vue n'était pas non plus quelque chose qu'il appréciait. Une chance, le garçon ne semblait pas du genre à s’apitoyer. C'était à lui donner envie de lui raconter une petite histoire.

Offrant un large sourire au brun, Jun agita son verre sous son nez en soufflant avec une moue qui indiquait clairement qu'il avait quelque chose en tête.

- Et si tu m'offrais un verre Papa Ours ?

Fêter quoi ? La sympathie naissante, ou l'air moins grognon de l'ours ? C'était fort probable. Pas son œil invalide. Même s'il avait eu l'impression que finalement « Kyoshi » s'y intéressait. Mais avant qu'il n'ait eu sa réponse, le métisse plissa les yeux en secouant ses cheveux blonds et repris avec assez d'aisance en fermant son œil valise.

- Là j'te vois plus., puis en le réouvrant. T'es pas étudiant toi, si ?

Rendu curieux par sa façon d'être, son oeil s'alluma d'une lueur de curiosité. Si cette attitude étrange semblable à celle du sale gosse, que Jun avait repérait tout à l'heure, n'était plus perceptible pour le moment, elle restait profondément encrée dans sa tête. Mais le jeune homme avait réussis à attirer l'attention du populaire d'une toute autre façon, et c'était un soulagement de ne plus retrouver Lun là, tout de suite, de ne plus le chercher dans un geste qui aurait été semblable à celui de tout à l'heure.
Et ça devait venir des zombies.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mar 4 Mar 2014 - 19:30


Lorsqu’il était plus jeune, encore jeune étudiant, Eden Indentshi avait connu un garçon très gentil. Trop gentil. Un petit blond, avec des yeux bleus, qui avait toujours eu envie d’aider les filles et les garçons. Un jour, il s’était attiré l’antipathie d’un mec de sa classe. Ce dernier, en cours de science, lui avait envoyé de l’acide dans les et lui avait fait perdre 75% de ces facultés visuelles. Eden qui avait de la sympathique pour l’étudiant aux yeux bleus avait été le voir à l’hôpital, il avait été tellement furieux, qu’il avait foutu l’autre dans le coma. Sans le moindre remord, la moindre culpabilité. Toutefois, il s’était dit après ça qu’il n’aurait plus de sympathie pour personne. Car lorsqu’il aimait bien quelqu’un, il était prêt à tuer pour cette personne. Vraiment tuer. Pas uniquement par des paroles, mais bel et bien en plantant ses poings dans le thorax de l’autre et en le voyant se rouler au sol dans l’agonie la plus totale avant de l’achever à l’aide du plat de ses chaussures au point de rendre le visage de l’autre méconnaissable et de lui broyer le nez.

Il accepta pour le verre. Après tout, ce n’était pas lui qui payait : alors à quoi bon se priver ? Puis, il se rendit calmement au comptoir et commanda à nouveau un whisky. Il en profita pour scruter l’autre garçon du coin de l’œil.

Jun Masato. Le genre de type totalement paumé qui se cherchait dans les murs de l’académie depuis de nombreuses années. Que resterait-il de sa popularité, une fois le temps passé, les amis éloignés et les uns et les autres mariés. Regretterait-il d’avoir négligé certains pour perdre son temps avec d’autres ? Comment accepterait-il de se voir vieillir, flétrir et de se voir oublier par une nouvelle jeunesse, une nouvelle race de populaire qui l’évincerait totalement de ses fonctions de bon petit prince de l’académie ? Lun Marv l’avait bien vécu, comme un soulagement. Est-ce que ce serait pareil pour son ami ?

Eden se souvenait parfaitement de la première fois où Lun s’était rendu compte qu’il n’était absolument plus populaire et que le nombre de ses amis avaient réduit. Il avait juste dit : « Mon prochain anniversaire sera le dernier où je pourrais me permettre d’avoir l’impression d’être le prince d’un jeu de cartes. Après, il ne me restera que mes atouts. C’est le plus important, non ? Et ça suffit pour remporter la partie. »

Cela aurait dû largement suffire. Lun n’aimerait pas que Jun sache. Il n’aimerait pas que quelqu’un sache ce qu’il s’était passé. S’il doit un jour ouvrir les yeux, trop de choix seront à faire et il n’avait sans doute pas envie qu’entre deux, on le prenne en grippe ou en pitié à cause de son acte. Le prince, en haut de sa tour, était sauvagement protégé et gardé par le Dragon Eden. Qui de ses flammes brûlantes et rougissantes ne laisseraient plus personnes y venir.

Dans le fond, Eden n’avait que du mépris pour les amis de Lun Marv à l’exception de Shiki Katsuragi et Ethan Matthews. Le premier parce que Lun en parlait toujours en bien et comme un grand frère, le second parce qu’il avait toujours été maladroitement là. Les autres, ils n’avaient été que des déchirures. Ils n’avaient été que blessé ou n’avaient fait que le blesser. Si pour Lun s’était bâtir une relation, pour Eden s’était se brûler les ailes. Lui n’aurait jamais perdu son temps à être l’amant de Jun alors que ce dernier était en couple avec un autre. Il n’aurait jamais cherché à retrouver Kodaa Lewi’s alors qu’ils ne s’étaient plus adressé la parole depuis de nombreuses années, il aurait ignoré les demandes d’Iris ou de Ritsuko sans la moindre peine de cœur, il n’aurait jamais été l’ami de Sora en l’acceptant comme il l’était, il n’aurait jamais tenté d’aider des personnes qu’il ne connaissait pas ou accepter qu’on le dessine s’il n’aimait pas ça. A dire vrai, Eden n’aurait jamais rien accepté venant des autres si ça avait été difficile, compliqué ou qu’il n’en avait pas eu envie.

Il pensait à lui, avant de penser aux autres. C’était sans doute égoïste : mais si chacun pensait à soi, il y aurait toujours une personne qui s’occuperait de nous : nous-même. C’était déjà bien assez quand on voyait le temps que ça prenait.

Seulement, parfois, Eden était un peu jaloux. De cette faculté que Lun avait de voir le bon coté de chaque chose. Sa faculté à attendre les SMS de Jun comme-ci c’était son cadeau de noël, à être excité à la simple idée de voir Kodaa, à être heureux de rendre Iris ou Ritsuko heureuse, d’avoir eu une discussion avec Sora, ou d’avoir croisé Zakuro ou Yun-Jin Han. Oui, Lun Marv avait cette faculté naturelle à se sentir bien « là où sont ses amis. » et à pouvoir demeurer dans le silence, en les fixant, et en étant heureux d’être avec eux. Qu’est-ce qui se passerait à son retour ?

Eden avait appris que souvent quand le coma durait plus de quelques mois, une amnésie était à prévoir. Il espérait que Lun oublierait tout et tout le monde. Il espérait qu’il reprendrait à un point blanc.

« Ah. »

Réalisant qu’il n’avait pas répondu à la question du borgne aux deux yeux, Eden hocha de la tête pensivement. Sans doute à la recherche d’une réponse pertinente à lui apporter.

« Je gère des affaires et je travaille pour la mairie. »

Trouva-t-il très sérieusement d’expliquer, avant de rajouter dans sa précision :

« Et je suis universitaire. Je termine mon cursus cette année et j’hésite encore sur le choix de l’année prochaine. »

Eden n’était pas du genre à hésiter. Il y a un mois, il était certain même qu’il continuerait ses études sans la moindre difficulté. Entre deux, il avait eu deux enfants et un comateux à gérer, et il s’était rendu compte que financièrement parlant : bosser lui rapportait bien plus que travailler ses thèses. A demeure, il préférait toutefois la dernière activité. Il devait donc peser le pour et le contre.

Eden se disait que si Lun était dans le coma à la rentrée, il ne poursuivrait pas ses études et les reprendrait plus tard.

L’homme bu d’une traite son whisky et se fit servir un autre verre.

« T’es pas très observateur, hein ? On est dans le même bahut depuis ton arrivée, car j’y étais bien avant et tu m’as jamais repéré ? Il faut dire en même temps que j’ai pas un minois de petit jeune premier. » Constata ironiquement Eden en souriant amusé, avant de pincer le nez de Jun de ses doigts, pour lui faire dire non de la tête.

Il les relâcha aussitôt …, rien de séduisant ou de glamour dans ce qu’il venait de faire, mais c’était plus ou moins amical. Enfin, dans les yeux d’Eden, cela l’était.

« Gamin, sans vouloir jouer les curieux, tu ne crois pas que t’es un peu inexpérimenté pour boire autant ? »




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MessageSujet: Re: Killing in the name   Ven 7 Mar 2014 - 18:05

Il s'était posé à côté de son camarade, fermant un bref instant les yeux pour écouter la musique, juste la musique, ayant cette grande capacité, celle du musicien, à isoler les plans sonores pour ne se concentrer que sur ce qu'il lui plaisait. Il faisait souvent ça pour écouter l'instrumental d'une chanson dont les paroles lui faisaient saigner les oreilles. D'apparence frivole, qui aurait pu croire que le jeune métisse avait une grande capacité de concentration quand il le voulait. Quand le sujet l'intéressait. Pour simple exemple, rester concentrer pour mener jusqu'au bout une dispute n'était absolument pas un problème pour lui si le dénouement lui semblait important. Oui ça il savait faire...

Jun ouvrit son œil valide en entendant la réponse d'Eden, toujours persuadé qu'il s'appelait bel et bien Kyoshi, et le détailla longuement. Non vraiment, il aurait parié sur tout un tas de choses mais jamais qu'il était universitaire, bientôt diplomé, et travaillant pour la mairie. Avec son whisky, il l'aurait plutôt vu à traîner dans un garage ou sur la scène d'un bar quelconque, un micro ou une guitare dans ses pattes d'ours, plutôt que dans une bibliothèque derrière des livres. Mais Jun était aussi réputé pour ne pas avoir d'idées arrêtées trop rapidement sur les gens, des préjugés réversibles.

Appuyant son dos contre le bar pour regarder autour d'eux, il avala plutôt rapidement son nouveau verre et en commanda un second presque au même moment que le jeune homme à ses côtés. Mais il ouvrit des yeux plus ronds quand Eden pinça son nez pour lui secouer gentiment la tête. Là tout de suite il avait la désagréable impression d'être un petit garçon dont on se moquait un peu. Il recula un peu la tête, pas parce que, malgré cette impression, le geste le déranger, mais pour éviter de lui répondre avec une voix de nez, une voix... de canard.

- Désolé sempai mais ton académie elle est plutôt grande et j'ai dû rater un paquet de monde. Aussi intéressant et sympa soient ils. C'est la vie. Et puis si tu savais qui j'étais, rien ne t'empêcher de venir faire connaissance.

Le franco-japonais, avec son visage angélique lui rendit un sourire amusé avec un petit clin d'oeil. Évidement ce n'était que pour ironiser un peu car, s'il ne jugeait pas habituellement avec autant de certitude, il pensait ne pas trop se tromper en estimant que ce cher nippon n'était pas du genre à traîner avec des gens comme Jun.

- Eh le vieux, sans vouloir être grossier, tu crois pas qu'on vient tout juste de se rencontrer, temps insuffisant pour évaluer ma capacité à tenir l'alcool ? Au pire tu n'auras qu'à m'appeler un taxi... ou me laisser dans un coupe gorge après tout.

Il sourit, d'un sourire inconscient et innocent, alors qu'il porta l'autre verre à ses lèvres. Ce don de parler de choses inquiétantes avec le sourire. Pour l'instant, il se sentait bien. L'alcool commençait à le détendre et à le faire penser à autre chose qu'à son avenir ici et ses ambitions, qu'à son petit cœur et ses sentiments épuisants. Il se sentait aussi plus réchauffé bien que, d'un naturel enjoué, on voyait difficilement au départ, le passage où les boissons faisaient leur effet.

Il était venu pour ça, pour ne plus penser et pour ne plus se sentir perdu. Dans sa vie, même s'il ne savait pas concrètement où aller, il n'était pas dénué de centres d'intérêt, d'opportunités, de passions, d'envies. Sa place, il n'avait jamais eu vraiment de mal à la faire où qu'il aille, et s'il la perdait, un jour venait où il la regagnait sans trop d'effort. Son avenir l'effrayait un peu, comme pour tout les jeunes de son âge c'était vrai. Il y avait trop d'incertain, trop de conflits, trop de pièges mais pour l'instant il n'avait pas peur de tout ça, parce qu'il s'inquiétait trop pour d'autres, certaines personnes peuplant sa vie, et son cœur rendu trop fragile. Trop passionné pour être imperméable, trop facile à perdre dans une tempête d'émotions malgré qu'il soit capable de n'en faire qu'à sa tête ou de briller quoi qu'il arrive.

- T'as pas vraiment une tête à être accro aux études. Je te verrais bien avec un blouson en cuir, pendant un road trip. Ou à chasser le zombi tiens... Pourquoi pas. Comme dans la série là... du mec à cheval.

Lui il ne se voyait nul part. Il avait seulement, des choses à régler, des choses à dire, à faire, à avouer. Plus tard il espérait faire quelque chose qui lui plaît mais il ne savait pas, il n'arrivait pas à se projeter. Comme si les prochains chapitres étaient collés entre eux et qu'il fallait du temps pour pouvoir les décoller, doucement pour ne pas les abîmer. Une manière de lui dire de prendre son temps, mais avait il vraiment la possibilité de le faire ?

- Dans les séries du genre tu vois, je crois que je serais le personnage qui passe pas le deuxième épisode. Et toi ? Je te vois un peu comme le survivant... Je sais pas, j'ai cette impression. Dans les films d'horreur, le dernier à mourir, voir celui qui tabasse le méchant à coup de pelle, au mieux.

Posant ses yeux sur lui, il se met à sourire et fait signe qu'il désire un autre verre, d'un petit geste un peu princier.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Dim 23 Mar 2014 - 12:35



Le gamin avait une sacrée descente. A ce rythme-là, il aurait bientôt le contenu d’une bouteille d’alcool dans l’estomac. Sans doute du sang de pirate dans les veines. Quoique à bien le regarder, il n’avait rien d’un vieux filou. Il ressemblait plus à des mannequins qu’on peut voir sur des pages froides de magazines de mode. Le genre de personnes porte-manteau, très jolies en photographie, mais qu’il ne valait mieux ne pas rencontrer en vrai. En réalité, la beauté n’attirait pas du tout le scientifique. Il voyait dans les êtres répondant à nos normes sociales d’idéals de beauté que la pathétique évolution de l’être humain où hier l’esprit était le plus important et aujourd’hui le physique prenait le dessus. A voir tous ses idiots se pavanant pour être les plus beaux, achetant les dernière fringue, regardant leurs coiffures dans les vitrines des boulangeries et cherchant le dernier accessoire à la mode, il n’avait que le sentiment d’être un vieux ours préférant la solitude de sa grotte à la pathétique existence de toutes ses fourmis.
 
A chercher l’Amour, la Gloire, le Bonheur, l’Argent, ou l’idéal Culturel. A vouloir prouver qu’il battait l’autre sur un plan ou sur un autre. A vouloir montrer qu’on était supérieur à quelqu’un. Eden n’était pas vraiment le genre de personne qui voulait être supérieur à quelqu’un. Il n’avait pas choisi d’aimer apprendre, d’aimer les mathématiques ou d’aimer lire. Il était né ainsi et il ne cherchait pas à être quelqu’un d’autre. Rien au monde ne l’agaçait plus que ses gens qui avaient autrefois pu être ses amis et qui étaient heureux de le montrer comme une bête de foire. Une bête curieuse qui se devait de bien représenter, de montrer qu’il savait compter, de montrer qu’il avait de la culture et qu’il pouvait occupait le temps misérable de l’autre comme-ci c’était à sa charge de chasser l’ennui.
 
Qu’on soit bien d’accord, l’amitié n’était pas portée dans le cœur d’Éden Indentshi qui considérait ce besoin de l’être humain de se rassembler comme la preuve de leurs faiblesses, de leurs fragilités et de leurs manques de confiance en eux. Son regard n’avait aucune indulgence envers les êtres comme Jun Masato ou Lun Marv prêt à se faire du mal pour des êtres qui n’en valait pas la peine. Eden en avait plus ou moins conscience, il y avait peu de chances qu’il se batte un jour pour quelqu’un.  Il avait une certaine amitié envers Ethan, éprouvait beaucoup de sentiments amicaux envers Lun et aimait les enfants de ce dernier. Il considérait les trois derniers comme des membres d’une famille, dont seuls l’ADN pouvaient prouver le contraire.
Toutefois, le vieil ours ne considérait pas que ce soit de sentiments propres à l’Amitié ou à l’Amour. Il pouvait vivre sans Lun et ses enfants, tout comme il pouvait vivre sans Ethan. Il n’avait pas besoin d’eux. La mort de Lun serait triste, certainement. Le départ de ses enfants, aussi. Toutefois, ce ne serait pas assez pour le rendre malheureux sur le long terme ou pour l’empêcher de vivre.
 
Alors ce gamin-là qui sortait tout droit de la page Populaire du Keimood, Eden n’avait pas spécialement envie de le connaître. D’ailleurs, dans un autre temps, il aurait sans doute eu envie de le frapper et de le dépouiller à la sortie du bar pour lui apprendre qu’on ne devait pas faire confiance en un inconnu.
Sauf qu’il y avait un point sur lequel Eden avait cédé. Un point idiot, mais curieux. Un point qui le travaillait : Pourquoi ce type et les autres avaient une telle importance de Lun Marv ? Et surtout, pourquoi fallait-il qu’il se retrouve toujours à récupérer les miettes de pain laissées par ce dernier.
 
Eden ne comptait plus le nombre de personnes qui était venu sonner à sa recherche, le nombre de filles ou de garçons qui avaient pleuré dans ses bras malgré ses yeux noirs à cet instant-là, le nombre de coups qui s’étaient prit d’amant ou d’ami jaloux. Le nombre d’histoires qui avaient fini par sa case, comme on termine à la case prison. Avant le coma de Lun, Eden considérait avec mépris ces gens appartenant à la vie de l’autre et venant dans la sienne sans lui laisser son mot à dire. Aujourd’hui, il y cherchait sans doute une réponse, voir plusieurs.
 
Quand une personne se suicide, meurt ou termine seul dans un appartement avec une aiguille dans le bras, on cherche des coupables. Eden avait longtemps cherché et n’avait pas encore trouvé. Le seul sentiment qui lui restait, c’était qu’il ne voulait pas que ça lui arrive. Qu’il ne voulait pas un jour être faible à cause de quelqu’un, pour quelqu’un, par la présence de quelqu’un. Qu’il se refusait de souffrir, qu’il se refusait à la souffrance, qu’il se refusait d’avoir mal.
 
A dire vrai, Eden avait une certitude, alors qu’il commandait son autre verre : Jamais de sa vie, il ne dépendrait de quelqu’un, il n’attendrait quoique ce soit de quelqu’un. Jamais de sa vie, il n’aurait des gens assez importants autour de lui pour le rendre amoureux. C’était son choix : il refusait la souffrance du cœur. Il n’acceptait que la douleur du corps, lors d’un combat. Une douleur compréhensible, acceptable et dont le temps de guérison pouvait être  acceptable.
Aimer, c’est pour les faibles.
 
Un ricanement envahi la gorge du garçon, lorsqu’il entendit Jun Masato lui dire qu’il le voyait héro d’une série de zombies. A cet instant-là précis, Eden s’imagina chevauchant un cheval à la robe chocolat, un chapeau de cow-boy sur la tête, une cigarette roulée à la bouche, un vieux tee-shirt avec un motif rock dessus et une paire de baskets. Il aurait aussi un ordinateur portable dans la sacoche arrière de son cheval, et divers armes autour de la taille.
 
Il se voyait bien, pointer son arme à feu sur la tête d’un zombie qui aurait l’image de ses Ex, de Lun Marv ou même d’Ethan, pour l’ami qu’on aime transformer en zombie. Et sans la moindre douleur, la moindre hésitation, il exploserait leurs crânes dans un craquement sonore d’os et de sang dégoulinant.
 
Puis, plus tard, des épisodes après. Alors qu’il tenterait de sauver la vie d’une belle rousse, aux courbes folles et aux yeux sans doute vert, il se ferait mordre et mourrait en apprenant que la belle porte l’enfant de Lun Marv et maudirait le monde d’avoir un jour aimer.
 
Ouais, c’était cool. Ce serait un super jeux vidéos, un super film, voir un super livre fantastique. Un mélange de divers d’entre eux, avec le truc bien larmoyant à la fin.
 
Eden ricana un peu plus à l’idée, avant de passer sa main dans la chevelure blonde de Jun pour le décoiffer. Cela ne prit que quelques secondes, sans doute au grand dam de Jun et le brun commanda un autre verre avant de répliquer joyeusement :
 
« Tu plaisantes ? Tu crèverais pas. Tu serais le méli-mélo-dramatique que les gens aiment. L’genre mystérieux, beau gosse, ressemblant plus à une donzelle qu’à un mec. Le genre qui finit placarder dans la chambre d’adolescente mouillant leurs petites culottes à sa vue. T’aurais ce truc indéniable. Alors que moi, j’attirais toutes les pseudos rebelles qui aiment la gueule cabossée et goguenarde des antihéros. Sans doute que tu tomberais amoureux de mon meilleur ami … » Voir de mes meilleurs amis. « qui se sacrifierait comme Ian Solo pour ta petite gueule d’ange. Ouais, ce serait assez cool. »
 
Eden rit, amusé, avant de prendre son paquet de tabac dans sa poche, et une feuille. Puisqu’il n’avait plus de filtre, il se mit simplement à rouler à la cow-boy, en même temps qu’il grognait.
 
« Tu n’as pas vu beaucoup de films d’horreur, toi, hein ? C’est souvent la donzelle faible comme un bout de bois et le gars qui sort de la revue lingerie adolescent qui s’en sortent à la fin. Les méchants garçons et les filles malignes, on n’en veut pas dans le cinéma américain. Soit beau, con, et tais-toi. Intelligence rime avec désobéissance et finit par l’anarchie. »
 
Le brun se pencha sur le coté, avant de commander une vingtaine de petit shots qui plaça au milieu d’eux.
 
« Voyons voir si tu tiens tant que ça. Et, promis, je serais sympa : si tu es trop bourré, je te paye le taxi pour te conduire où tu veux … ou je fais dormir avec mon chien sur le canapé. »
 
Reste à savoir si Eden était le genre de type qui tenait ses promesses. Et ça, ce n’était pas certain. Toutefois … Il tiendrait celle-ci. Car le dernier type bourré qu’il avait laissé partir seul était actuellement dans un coma profond d’un hôpital de Keimoo.

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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mer 26 Mar 2014 - 13:50

Jun rentra un peu sa tête entre ses épaules quand la main de la racaille passa dans ses cheveux d'ange pour les lui ébouriffer n'importe comment. Il émit un petit grognement de chaton mécontent en levant les yeux au ciel alors que quelques mèches retombaient avec désespoir sur le reste de sa chevelure décoiffée. Le jeune homme passa sa propre main dans sa tignasse décolorée pour les ébouriffer mais avec savoir faire, les rabattant vers l'arrière pour qu'ils viennent retomber comme il le souhaitent, donnant un petit air sauvage calculé. Surprit par l'air joyeux de « Kyoshi », n'ayant pas imaginé que sa remarque sur le tueur de zombie lui ferait autant plaisir, il laissa échapper un petit sourire amusé. Non il ne s'était pas attendu à ce que son vis à vis rebondisse avec entrain sur son délire.

Le blondinet ne pu s'empêcher de rire un peu alors qu'il écoutait avec intérêt la théorie de son aîné en fronçant légèrement les sourcils. D'accord il était populaire dans la vie de tout les jours et il n'avait pas de mal à imaginer que des petites jeunes puissent fantasmer sur lui, comme ça avait été le cas au lycée, comme c'était sûrement toujours un peu le cas aujourd'hui. Mais dans ce genre d'histoire, il n'était pas celui qui pourrait tirer sur ses amis infecter par un virus « zombifiant » dévastateur, ni celui qui pourrait sauver l'héroïne d'un danger certain, encore moins le leader menant tout une populace de survivants dans la « safe-zone » de l'histoire. Du moins c'était de cette manière qu'il se voyait. En fait, Papa Ours avait plutôt raison sur le dernier point. Il n'était bon qu'à mettre son petit cœur sur la corde raide. Et ça lui déplaisait.

- Assez cool ? Moi je le trouve pas très fun le rôle que tu m'as refilé. D'abord... Moi aussi j'aimerais buter tes zombies de temps en temps plutôt que de voir des gens se sacrifier pour moi. Me débrouiller un peu par moi même. Là j'ai presque l'impression d'avoir passé le casting de ta demoiselle en détresse. J'veux un chapeau cool, et des punch-lines classes. Pas des « oooh non Machin est mort pour moi ! » .

Affichant une moue boudeuse, il secoua d'ailleurs la tête, faisant voler ses mèches blondes légères autour de son visage. Bon d'accord il avait peut être pas la gueule de l'emploi pour les rôles d'anti-héro solitaire et courageux. Mais au moins dans un délire entre deux types qui boivent dans un bar, il avait envie de s'imaginer à cette place.

- C'est vrai, les films d'horreur en fait c'est pas mon truc.

Regardant la racaille commander leurs verres, leurs nombreux petits verres brillants comme des éclats de lumière attirants, tentateurs, Jun le scruta attentivement. Tout ça n'allait surement rimer avec rien d'autre, du moins c'est ce qu'il croyait sans savoir ce que l'avenir et ses relations lui réservaient et lui cachait, même actuellement. Il avait cette impression qu'en temps normal ce type ne se serait arrêté que pour lui péter les deux genoux, ou le bousculer contre des casiers juste parce qu'il n'aimait pas les minets. Pourtant ils étaient là, à s'imaginer participer à des films qu'il ne regardait pas en temps normal, et à se jauger mutuellement par rapport à ça, en étant sur le point de se mettre une mine avec de l'alcool fort.
Le populaire n'aurait pas pu rêver mieux pour oublier absolument tout et tout le monde. « Kyoshi » ne lui rappelait heureusement plus personne.

- Ha ! Tu te sens d'attaque pour un défi. Tu vas voir tu rouleras sous la table avant que j'ai perdu mon éclat et mon panache. Bon d'accord, je me la raconte peut être un peu là, le jeune homme se mit à rire en positionnant les shots en pyramide juste comme ça. Attends je dois me taper les 20 ? Tu pas bois avec moi ?

Un rire s'échappa de sa gorge et il s'étira en faisant craquer ses épaules, un sourire joyeux sur les lèvres, un sourire artificiel mais de l'amusement dans son œil valide. Vite, vite qu'il boit et qu'il oublie.

- D'autant plus que je pourrais risquer que t'en profite ! T'as parler de tomber amoureux de « ton » meilleur ami, c'est le genre de sous entendu qui peu faire se poser des questions. Ouais tu vois je suis. Mais ça va détend toi je plaisante. Par contre t'as sous entendu que les beaux et cons survivaient dans le film... et que je survivrais aussi, j'pourrais me vexer. D'ailleurs je suis pas d'accord... C'est les cons qui meurent dans ces films. Ceux qui vont voir tout seul d'où vient le bruit, remettre le courant, qui partent en éclaireur.

Attrapant un verre du bout des doigts, il secoua la tête en plissant les yeux. Un petit sourire sur les lèvres et il avala d'un trait le premier petit verre, le faisant claquer sur la table quand il le repose alors qu'il sent l'alcool couler dans sa gorge avec un certain plaisir.

- J'aime bien les chiens, et ça serait vraiment pas raisonnable de me laisser rentrer tout seul. Cf, le coup de ceux qui partent tout seuls dans les films d'horreur.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mer 23 Avr 2014 - 20:22


Une bataille de boissons, cela pouvait sans doute sembler totalement stupide et irréfléchi ! C’était toutefois une des activités qu’Eden aimait le plus pratiquer. Il ne se considérait pas alcoolique, et même s’il l’avait été : cela ne l’aurait sans doute pas dérangé. Il faut bien être quelque chose. Et dans ce monde bourrait de vices, l’alcool ne lui semblait pas des pires. Même si parfois, en croisant la route d’un sans domicile fixe ou d’un pauvre ivrogne rentrant par le train, cette idée lui semblait aussi stupide que le reste. L’alcool ne rend pas les gens heureux : mais elle ne les rend pas malheureux. Tout dépend de l’usage qu’ils en ont. C’est un peu comme tout. Pour les alcooliques, l’alcool est un danger. Pour les drogués, ce sont les stupéfiants. Les boulimiques se droguent à la boisson, et les jeunes à l’informatique. On est tous dépendant à quelque chose. Certains le sont à presque tous.
Eden Indentshi avait souvent eu un regard critique à l’égard de Lun Marv, en le voyant se noyer dans l’alcool, se piquer dans la drogue ou se perdre dans l’Amour. A bien y penser, aujourd’hui, le blond lui semblait n’avoir été qu’un pauvre paumé tout au long de leurs relations. Avait-il encore envie d’être son ami ?

La question pouvait semblait ridicule et égoïste, désormais que Lun Marv était dans le coma, mais Eden Indentshi se la posait sincèrement. Comment pourraient-ils à nouveau être amis après la trahison que le blond venait de lui faire ? La réalité, Eden la savait. Rien ne pourrait jamais plus être comme avant. Les bons souvenirs, c’était sympathique, mais c’était du passé. Depuis les amusements de leurs débuts, les soirées à boire, à fumer et à rire, il y avait eu les viols de Lun, les tentatives de suicides, les drogues, les coups de blues, et ses coups de colère. Il y avait eu cette impression que leur amitié n’allait nulle part et qu’elle ne rimait à rien. Eden Indentshi avait souffert comme jamais auparavant il n’avait souffert. Et parfois, il se disait qu’il devait penser à lui. Et que s’il pensait à lui : l’amitié avec Lun n’avait rien de constructif. Elle détruisait, puis qu’elle n’apportait. Alors à quoi bon la continuer ?

Parce qu’il avait promis, comme on promet entre deux instants, des paroles qu’on ne tiendra jamais ? Parce que le blond l’aimait ou lui faisait confiance, mais pas assez pour se confier à lui ou éviter de sombrer ? Pas assez pour leurs éviter les crises et les colères. A dire vrai, Eden Indentshi n’était pas un psychologue. Ce n’était pas à lui de régler les problèmes de son ami. Si son ami ouvrait les yeux, ce dont il aurait besoin, ce serait d’oreille pour l’écouter et d’une bouche pour l’orienter. Un rôle dont il ne se sentait pas capable.

Il ne l’abandonnerait pas. Eden ne l’abandonnerait pas. Alors qu’il était là, dans ce bar, à boire des verres tranquillement, en souriant, la tête ailleurs : là étaient ses pensées.

S’il devait penser à lui, sur le court terme, il cesserait sa relation avec Lun Marv. S’il devait penser à lui-même sur le long terme, il ne pouvait pas la clore ainsi. Tout simplement parce que oui, Eden le savait : Lun lui avait apporté beaucoup de préoccupations d’adultes, mais il lui avait surtout appris à avoir confiance en quelqu’un d’autre que lui-même. Lun Marv et ses problèmes, il s’en serait passé à l’époque : mais il ne s’en passerait pas maintenant. Lun était son ami. Son choix d’ami. Eden Indentshi n’était pas le genre de personne à abandonner quelqu’un quand ce dernier était à bas terre, même si cette peine durait depuis des mois, et qu’elle conduisait à un drame. Sans doute que les choses ne pourraient plus être comme avant. C’était mieux ainsi. C’était mieux, puisqu’elles n’avaient jamais été correctes auparavant. Puisqu’elle avait été disproportionné auparavant. Puisque Lun se prenait pour sa mère et qu’il se comportait en égoïste, le plus souvent, avec lui. Parce que Lun faisait des crises sans raison, et qu’il ne savait pas les gérer.

Il aura fallu qu’il apprenne à grandir. Qu’il apprenne à être l’ami qu’il devait être. S’il y avait eu de l’Amour entre eux, sans doute qu’Eden aurait alors réalisé à quel point, malgré toutes les crises, les colères et les larmes, Lun avait été constructif dans sa vie. Et le japonais n’était pas prêt à le rallier à son passé.

Certes, c’était égoïste. D’ailleurs, c’était sans doute ce que les Dieux devaient penser. Que c’était égoïste d’avoir voulu la mort de Lun, pour finalement le maintenir vivant. Que s’il avait fallu partir, il aurait fallu partir. Que c’était vraiment un comportement d’enfant gâté, de prévenir de la mort de quelqu’un, pour finalement le maintenir en vie. Seulement, même les Dieux ne savent pas tout. Savaient-ils, eux, combien il était parfois difficile de faire les bons choix quand rien ne semblaient aller dans la direction qu’on prenait ? Savaient-ils ce que l’on ressent quand on se sent plus pauvre, plus moche, plus stupide, plus sale que tout les autres et qu’on a le sentiment que tout le monde nous lâche, nous abandonne ? Eden l’avait vu. Il avait vu ce que Lun avait ressenti, ce que Lun avait senti. Et il ne blâmait personne, sauf qu’il ne le lâcherait pas …

Il se souvenait une fois, d’une discussion qu’ils avaient eu, à propos de Tadashii Tsumi. Lun était alors installé sur le canapé. Il avait relevé la tête pour dire : « Tadashii dit que je resterais un bon souvenir pour lui. » Une manière de faire entendre que leurs amitiés étaient terminées. Eden avait alors murmuré : « C’est bien, non ? » En pensant que lorsque la douleur de la séparation serait passée, Lun aurait de bons moments à se rappeler. Lun avait alors balancé sa tête de gauche à droite, avant d’expliquer :
« J’ai de bons souvenirs avec Maeki. J’ai de bons souvenirs avec William. Avec Cassandra. J’ai de bons souvenirs avec les morts … »

Eden n’avait rien dit. Il l’avait laissé se taire puis regarder en direction d’un mur de la pièce, comme-ci Lun se parlait à lui-même, plutôt qu’à son ami, installé à ses cotés. « Je n’ai pas de bons souvenirs avec les vivants qui m’abandonnent. Eux, je ne veux que les oublier. S’ils ne me veulent plus .. S’ils m’abandonnent … Je préfère encore les rayer de ma mémoire. »

Là encore, Eden n’avait rien trouvé à dire. Il savait aussi que Lun parlait pour Jun Masato. Qu’il parlait pour cette amitié dont il n’avait plus de nouvelles depuis de nombreux mois. Entre autres toutes les autres. Toutes les autres que Lun n’abordaient plus. « Si, pour eux, je ne vaux pas plus qu’un souvenir. Si je ne vaux pas la peine qu’on se batte. Si je ne vaux rien de plus qu’un hier, plutôt qu’un aujourd’hui et un demain, alors je ne veux plus jamais … plus jamais … me souvenir d’eux, de ce qu’on a vécu et du reste. Je ne veux rien de ceux-là. »

Le japonais n’avait rien trouvé à dire, alors que le blond s’était relevé, s’étirant un peu pour se rapprocher d’Eden. « Tu vois, ils pourront dire ce qu’ils veulent. Mais s’ils tenaient à moi, ils essayeraient de réparer, ils seraient là. Simplement, car ils ne penseraient pas qu’à eux. Ils penseraient à nous. Ils se diraient que je suis important. Que nous a plus de valeur qu’un simple moi, qu’un simple je, qu’un simple tu ou toi. Et que si aujourd’hui, c’est dur, les souvenirs d’hier valent les bons souvenirs demain. Mais s’ils ne croient plus en tout ça … S’ils ne croient plus en moi. Je veux qu’ils m’oublient. Je ne veux plus qu’ils se souviennent de moi, de mon nom, de mes souvenirs. Je ne veux plus être dans leurs pensées, dans leurs vies. Je veux cesser de vivre pour eux … Je veux être mort à leurs yeux. … Non pas mort, juste inexistant. Oui …

Je ne veux pas donner de souvenirs aux lâches. Qu’ils m’oublient car pour moi, ils n’ont jamais existé. »

Alors qu’Eden avalait son autre verre, en face de ce Jun Masato dont on lui avait tant parlé, mais qu’il rencontrait pour la première fois, il réalisait ceci : Il refusait de ne plus existé pour Lun. Il refusait de ne plus être personne. De n’être rien. Hors il le savait : Ce ne serait pas facile. Ce ne serait pas facile d’arriver à sortir la princesse endormie dans sa tour, à trop s’être blessé.

… Lun … reveille-toi, maintenant. Ne m’oublie pas.

Comme-ci ce souvenir l’avait piqué plus durement qu’un nid d’abeilles qui venait de lui tomber sur la gueule, Eden se releva de son tabouret, tout en fixant Jun Masato dans les yeux.

« Tu as raison, blondinet. Ce serait mal de t’abandonner ici. »


Constata le garçon en claquant de la langue, avant de sourire à juste titre.

« Et l’alcool est trop cher ici. »

Second constat. Allons, à ce rythme-là, Eden allait bientôt dire une tonne de phrases inutiles, mais logiques.

« Alors, je te propose de venir chez moi. On boira directement là, et tu pourras vomir, sans entacher tes responsabilités. »

Et sans attendre la réponse du blond, Eden se dirigea vers la sortie du bar. A peine dehors, il se mit à rouler une cigarette, ses yeux traversant la rue, où des étudiants noctambules divaguaient en parlant bruyamment.


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MessageSujet: Re: Killing in the name   Jeu 8 Mai 2014 - 19:50

Scrutant le visage de « Kyoshi », le jeune homme était resté silencieux. Ce n'est que lorsque que ce dernier bougea que le blond sembla lui aussi se remettre en route alors qu'il avait été déconnecté du lieu pendant quelques secondes. Quelque par rassuré que le japonais ne le plante pas là, ça ne faisait jamais plaisir. Un sourire éclaira son visage en entendant ces phrases semblables à des justifications bateau, d'ailleurs son camarade avait déjà commandé leur « jeu à boire ». Et pourtant il semblait avoir envie de quitter les lieux sans s'en soucier. Quand la proposition tomba, Jun sembla d'abord surprit et haussa un sourcil, puis clignant une foi des yeux en guise d'acceptation, il hocha un peu la tête aussi. Il n'aurait pas imaginé en réalité, que son aîné soit du genre avenant au point de l'inviter de cette façon. Mais dans son fort intérieur, Jun appréciait l'idée. Boire chez lui ? Pourquoi pas. Ce n'était pas la première fois qu'il accepterait une telle proposition, de boire un verre chez quelqu'un, un inconnu, Jun en avait l'habitude.

- J'accepte l'invitation... mais ça je pense que t'avais deviné... eh !

L'inconnu et la découverte, un moyen parfait d'oublier les connus que l'ont attends et qui nous laisse en arrière sans un regard, qui nous oublient, qui ne nous cherchent pas. L'inconnu qui vous découvre et ne vous reproche rien, mais qui ne vous doit rien non plus, l'inconnu qui ne vous blesse pas parce qu'il n'y a rien, que cette légère proximité de la rencontre et de quelques instants passés ensemble. L'inconnu qui pourtant vous rappelle à quel point les connus vous manquent et que vous auriez peut être préféré qu'ils soient là devant vous à la place de l'inconnu. Jun n'avait pas peur de cet inconnu parce que c'était une nouvelle page qui s'écrivait, un moyen de recommencer à zéro alors qu'il raturait avec panique, énervement, tristesse, les pages de son passé. Suivre « Kyoshi », c'était rencontrer quelqu'un de nouveau, et le jeune métisse adorait rencontrer des gens nouveaux. Parfois c'était des gens qu'il ne reverrait jamais et au sujet du japonais qui sortait du bar, le blond sur les talons, il ne savait pas encore dire quelle page il serait. Si l'histoire allait continuer ou non. Il se liait difficilement depuis des années, lui qui était pourtant si extraverti, si populaire. Il évitait.

Parce que ses liens, les vrais, le tiraillait et qu'il n'arrivait pas à savoir où donner de la tête sans la perdre totalement. Il s'en voulait, autant qu'il en voulait à ceux qui l'avaient blessé. Quand il finissait par leur trouver des excuses, ce qui arrivait souvent quand il était confronté aux inconnus lui rappelant la nature humaine brute et modulable, il était heureux pour eux d'être loin de lui, et ses flagellations mentales le couvraient de tout les tords. Et puis il creusait et là, le drame, il se mettait à en vouloir de nouveau à ceux qu'il avait excusé quelques minutes plus tôt. C'était ce qui se passait avec Lun, dès qu'il y pensait, et malheureusement pour lui, c'était quelque chose de récurant. C'est vrai qu'il fuyait leur relation instable et la souffrance qu'elle provoquait mais où donc était Lun... Lui qui était si habile pour fouiner, retrouver des gens auxquels il n'est pas lié, juste comme ça. Il avait un don pour ça alors pourquoi ne l'avait il jamais cherché ? De nouveau la balance s'inversait et la colère s'emparait de Jun. Puis il repensait, à la vie difficile de Lun, au fait qu'il aurait dû être présent pour lui et l'aider plus que ça.... Soudain, des images lui revenaient. Où était Lun quand Jun était là, et l'attendait à bras ouverts, brûlant d'une flamme impatiente et envieuse. Il était ailleurs, chez les autres, tout les autres. La tendresse fut une nouvelle fois remplacée par la colère.

- Attends moi !

Il fallait qu'il arrête de réfléchir. D'un bon il sauta du tabouret, et salua le barman d'un signe pour suivre Eden qui sortait déjà du bar. L'inconnu lui tendait les bras pour oublier les pages douloureusement déchirées du connu. Et il avait l'intention de s'y perdre en boisson et en discussions sur tout et sur rien, les zombis, les chiens, les canapés, peu importe, il s'en foutait. Slalomant entre les jeunes gens envahissant le bar, Jun fini par rattraper Eden, à la manche duquel il s'accrocha un instant pour ne pas le perdre et lança en souriant.

- Promis j'éviterais de salir le canapé, c'est bien ma seule responsabilité pour le coup. Mais je suis presque sûr que tu seras mal avant moi !

En fait il n'en avait aucune idée, on pourrait même dire qu'il était à peu près sûr du contraire. Mais il préférait taquiner son futur hôte plutôt que de revenir sur ses pages chaotiques. Tentant un sourire, il le regarda avec sa cigarette. En fait il en avait, le fourbe. Sortant son propre paquet, il lui tendit le briquet, proposition silencieuse d'allumer sa cigarette avant de faire de même avec la sienne, coincée entre ses jolies lèvres.

- T'as quoi comme chien ? C'est loin chez toi ? On se gêle un peu là... J'te suis.

Avançant dans la rue, scrutant à son tour les groupes d'étudiants plus ou moins alcoolisés qu'ils croisaient, Jun tira lentement sur sa cigarette en remettant une main dans sa poche. Il n'avait aucune idée de la direction à prendre, aussi attendit il sagement « Kyoshi » en le fixant de son regard abîmé. Un entrain nouveau était né chez le jeune homme, il fallait qu'il bouge et qu'il continu de découvrir. En plus, ce type commençait à lui faire ressentir une certaine sympathie en cette soirée bousculée par la nostalgie. Et même s'il ne se doutait de rien concernant son aîné, il appréciait l'avoir rencontré au détour d'un verre. Tant pis si ce n'était pas vraiment réciproque, Jun était d'une sensibilité qui lui faisait s'attarder sur les êtres humains. Trop, peut être, à ses risques et périls, beaucoup de péril d'ailleurs.

Jun emboîta le pas de son camarade.

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MessageSujet: Re: Killing in the name   Ven 27 Juin 2014 - 10:10

ps : désolé c'est nul. T_T Mais c'est dur de reprendre le RP. Et si je m'y mets pas, maintenant, je ne m'y mettrais jamais.


Si on avait demandé à Eden Indentshi, ce qu'il comptait faire de cette soirée. Il aurait sans doute répondu qu'il irait au bar, boirait plus que de raison, rentrerait, revisserait et dormirait. Avait-il fait le bon choix en changeant ce programme passionnant par la rencontre fortuite de ce garçon à la peau blanche et aux cheveux blonds. Un étranger, dont les yeux brillants sentaient l'alcool et la fatigue. Un étranger, qui semblait à son aise dans les rues de la ville, en suivant un parfait inconnu au travers des chemins. Un imprudent, surtout. Si Eden Indentshi avait été un tueur en série, un violeur, un sadique, un pervers, le résultat aurait été le même. Et Jun Masato serait le prochain fait divers des rubriques d'un journal dont on oublierait les pages, quelques jours plus tard. L'actualité, c'est le meilleur moyen de rendre insensible les gens. Ils regardent les médias en bouffant leurs repas et se contentent de remarques acerbes et moqueuses sur le sort de l'humanité. Les viols, la guerre, la violence, le chômage, les crises, la faim dans le monde, tous le condensés des malheurs de l'humanité et ; la même indifférence. Le même manque de chaleur de l'autre coté de la barrière. Parce que ce qu'on voit à la télévision finit par ne plus rien nous faire ressentir.

Au final, Jun Masato était un inconscient, mais un inconscient chanceux. Il était tombé sur une personne qui se fichait bien royalement de savoir qui il ramenait chez lui. Car, Eden Indentshi était tout aussi imprudent. Le garçon blond aurait pu être un tueur, un psychopathe, un cambrioleur, qu'il l'aurait ramené tout autant chez lui sans vraiment s'en soucier d'avantage.

Tout en marchant, le japonais eu un sourire goguenard et heureux, lorsqu'on parla de son chien. Voilà, un sujet qu'Eden Indentshi aimait tout particulièrement. Il fallait dire que l'espèce de truc à quatre pattes qui passait son temps à le mener en bourrique était tout autant son doudou, son animal de compagnie, son meilleur ami et son confident. C'était également une sale bestiole qui passait plus de temps à se sauver et revenir, quand bon lui semblait, qu'à l'attendre sagement. C'était sans doute mieux ainsi : Eden Indentshi n'aurait pas apprécié d'avoir un petit caniche, tout sage, lui ramenant le journal et étant parfaitement parfait … et tellement chiant.
Krakken n'était pas un chien sage. C'était un chien fou-fou qui aimait se sauver pour aller nager dans la mer, ou aller dans un des étangs de la ville. Eden l'avait récupéré à quelques reprises à la fourrière de la ville et avait passé de nombreuses soirées à le chercher. Le chien passait son temps à courir d'un endroit à un autre, et adorait jouer. Son caractère fou-fou contrastait avec le tempérament plutôt calme d'Eden Indentshi. Mais lorsqu'ils étaient ensemble, une vraie complicité existaient. Krakken était un croisé, sans doute entre le collet et le labrador.

Le second chien se trouvant au garage1, Boulou, était le chien de Lun. En réalité, Eden avait toujours pensé que c'était Lun qui était au chien. C'était un grand chien noir, mince, à l'aspect de loup, d'où surement son surnom. « Bout de loup. » en français. Ce chien, au caractère calme, protecteur, mais parfois ravageur avait l'instinct du danger. Il avait sans doute permis à Lun de garder aux mieux ses deux enfants. Et ; il fallait dire que personne ne pouvait s'approcher de Judith ou Philip, sans voir l'animal redressé la tête et le fixer jusqu'à s'assurer qu'aucun danger menaçait les enfants.
Boulou était sans doute le croisement entre un chien-loup et un berger-allemand, peut-être même un peu de Husky. Ce n'était pas évidemment à deviner.

Le troisième et dernier chien se trouvant au garage, Rose, était un mélange entre un Boder-Coli et un Bouvier. Bien qu'encore une fois, d'autres races aient pu être mélangé dans le sang de l'animal. Cette chienne, douce et sage, n'était ni à Lun, ni à Eden. Elle était venue au garage, en suivant Krakken et Boulou et elle n'en était jamais repartie. Elle rentrait peu dans la maison, d'ailleurs, et demeurait souvent dans le jardin. Douce, timide, elle fuyait la présence des étrangers et craintivement, fixait autour d'elle avant d'oser venir faire un câlin. Affectueuse et caline, c'était une belle chienne d'un blanc cassé, aux poils doux, qui avait du beaucoup souffrir avant de trouver repos au garage.

Des trois chiens, Eden Indentshi s'occupait avec soin. Ce fut donc avec un certain plaisir, qu'il se contenta de répondre : « Trois gros chiens. C'est des bâtards. Tu verras, ils sont sympa. Le doré, Krakken, est le plus foufou. Fais gaffe à ce qu'il ne te saute pas dessus quand j'ouvrirais la porte …, le noir, Boulou, que tu verras au loin, du garage, ne viendra sans doute pas te voir. Il est grognon en ce moment car son propriétaire n'est pas là. Et tu ne verras pas Rose, car elle est dans le jardin et qu'on ira pas la déranger … Quoique ... »

Quoique Eden Indentshi avait l'habitude de promener ses chiens en rentrant le soir et qu'il comptait bien le faire. Sinon les trois animaux ne comprendraient pas bien le changement de comportement.

« Et arrête de te plaindre. On est en hiver, c'est normal qu'il fasse froid. »

Constata bourru le garçon.

Après un petit quart d'heure de marche, où Eden parla poliment mais sincèrement avec le garçon, ils arrivèrent enfin dans la rue des Brumes. La rue malfamée comportaient des tags et gratifis de part et d'autres. Des poubelles avaient été renversés, sans doute par des étudiants trop alcoolisés, et des bruits de musiques se faisaient entendre par les fenêtres des immeubles.

Eden croisa quelques groupes de personnes, des jeunes entre quinze et trente ans, en train de fumer du canabis et regarder des vidéos sur leurs téléphones portables. Naturellement, le garçon vint leur serrer la main, et plaisanter un peu avec eux, avant de se diriger vers la porte du garage.

D'aspect exterieur, le garage n'avait rien de reluisant. Tout au plus, il donnait l'impression d'être à l'abandon. La porte d'entrée avait besoin d'être repeinte. Eden Indentshi pensait le faire pendant l'été ; il n'avait pas la motivation de s'y mettre pendant ces repos.

Ouvrant la porte, le garçon alluma la lumière du garage.

La porte d'entrée menait effectivement à une grande pièce, servant d'atelier et de garage. Trois voitures et sept motos étaient en réparation et encombraient la pièce. Un escalier, se trouvant au fond de la pièce, à droite, menait à l'étage.

Une porte sur la droite, qu'Eden prit, en invitant Jun Masato à le suivre, menait à la pièce à vivre.

A peine eut-il ouvert la porte, qu'un chien, gros, d'environ quatre-vingt-dix centimètres, descendit d'un canapé bleu et sauta en direction d'Eden Indentshi qui grogna immédiatement : « Krakken, fous-moi la paix ... »

Visiblement indifférent au grognement de son maître, le chien sauta en direction de Jun Masato, pendant qu'Eden Indentshi déposait sur le canapé son manteau et son sac.

La pièce à vivre était constitué d'un bar, d'une télévision, d'un canapé, d'une fauteuil et d'une table base. Quelques meubles de rangements, et des décorations terminaient le tableau. La pièce, à l'aspect un peu des années soixantes – si on retirait la télévison à écran plat – aurait eu besoin d'un bon nettoyage et d'un peu de rangement.
En effet, une bouteille de whisky entamé, et le cadavre de son frère, se trouvait sur la table avec trois verres sales. Le sol n'était pas spécialement très propre, et il n'était sans doute pas conseillé de manger dessus.

Eden Indentshi ne s'en ému pas. Il alla derrière le bar chercher deux verres, les posa sur le comptoir, et fixa Jun.

« Tu bois quelque chose ? »

Sans attendre la réponse du garçon, il se servit à lui-même un whisky. Puis, il pointa du doigt, une porte au fond de la pièce. « La cuisine, et les toilettes. » A comprendre que la cuisine se trouvait derrière et qu'elle menait au toilette. Pas que la cuisine faisait office de chiottes.

« Bon, on va t'entraîner à combattre les zombies. » Continua le jeune homme, en s'appuyant sur le comptoir du bar. « Comme ça, tu mourras pas en demoiselle en detresse ... »






1Chiens et Garage => Voir Carnet
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mar 15 Juil 2014 - 8:37

Si Jun paraissait forcément égocentrique au premier abord, on s'apercevait vite, quand on prenait le temps de discuter avec lui, qu'il aimait écouter, bien plus que parler de lui en réalité. Se montrer oui, briller aussi, mais raconter sa vie, ce qui se passait chez lui c'était plutôt compliqué. En revanche, il regretta que « Kyoshi » ne développe pas plus sur ses animaux car le sujet avait l'air de fortement l'intéresser. Écoutant avec un sourire rêveur, il essaya d'imaginer à quoi pouvaient bien ressembler les trois chiens sans race spécifiques, avec les quelques bribes de caractères auxquelles il eu droit. Il nourrissait l'espoir de pouvoir faire un câlin à chacun d'eux, comme un enfant. Il n'avait jamais eu le droit d'avoir un chien, plus jeune, et enviait encore maintenant ceux qui en avaient. Il aimait cependant de tout son cœur Jumanji, son chat, recueillit dans la rue et adoré à présent, dans l'appartement qu'il possédait dans le quartier Hebi.

Secouant simplement ses cheveux blonds à la réponse de la racaille, il imagina sa boule de poil bien au chaud, logée sur un oreiller qu'il s'était approprié en cette période hivernale. Il l'enviait et la rue des Brumes, qu'ils empruntèrent après quelques minutes de marche ne sembla pas l'inquiéter malgré sa réputation. Il faut dire qu'il avait traîné sa gueule d'ange paumé dans des recoins peu fréquentables et que son inconscience ne lui permettait pas de s'inquiéter d'un quelconque danger, surtout avec l'alcool déjà ingurgité. Il parlait joyeusement, surtout des chiens, mais assez peu finalement, contrairement à son habitude, et à ce qu'on aurait pu penser. Plutôt à l'aise en croisant du monde, il salua simplement les connaissances de son camarade avec une chaleur et une aisance naturelle.
Le jeune homme ne pu retenir son soupire de soulagement quand leur marche pris fin pour atteindre leur destination. L'endroit ne payait pas de mine, il avait l'air assez désolé de l'extérieur d'ailleurs mais rien n'arrête un Masato qui a froid, pas même la possibilité que le propriétaire des lieux soit un dangereux criminel... Non, il entra dans le garage en se frottant les mains sans juger l'extérieur, bien trop ailleurs.

Sa curiosité avait pris le pas sur tout le reste et il prit quelques instants pour observer les véhicules, avant d'accélérer le pas pour monter à l'étage avec Eden sans se faire prier. Il eu assez peu de temps pour regarder autour de lui et prendre ses marques dans le nouvel espace. La masse qui bondissait sur eux sembla faire la sourde oreille à ce que grogna le maître, si bien que Jun fut obliger de danser d'un pied sur l'autre pour éviter que les grosses pattes du chien ne prennent appui sur lui, tout en lui frottant affectueusement le haut du crâne en riant un peu. Il l'aimait bien, ce gros chien à nom de pieuvre géante.

- Sert moi la même chose, à moins que tu ais la vodka qu'on a pas eu le temps de boire au bar.

Le chien remuant un peu moins, Jun eu le temps d'observer la pièce en caressant l'animal qui lui écrasait le pied par moment. Il hocha la tête simplement et se dégagea pour s'approcher de la table. Le lieu n'était pas des plus propres mais à des années lumières de questions d'hygiène.

- Ton chien est cool !

Le japonais l'avait intrigué en lui parlant des deux autres. Il chercha le boudeur, le grognon des yeux, sans le repérer et en fut un peu déçu. Mais avant qu'il ne réclame à le voir, « Kyoshi » attira son attention et le blondinet, surprit mais enjoué, éclata de rire.

- Tu as des compétences dans ce domaine ? Parce que je veux être entraîné par un pro, moi.

Félin, il le rejoignit et s'appuya en face de lui avec un large sourire un peu alcoolisé, mais encore assez lucide pour ne pas avoir l'air totalement déconnecté. Son œil valide observa le visage du jeune homme avec attention, l'autre œil semblait vivre aussi et suivre et pourtant il n'y voyait rien. S'il avait tendance à oublier ce handicap, certains détails le lui rappelait comme le fait d'entendre le chien à sa gauche et devoir tourner la tête pour l'apercevoir.

- Je suis prêt !

Levant les points devant son visage en pouffant de rire et alors qu'il attendait son verre, on voyait bien qu'il n'avait aucune notion de sport de combat, ou du moins seulement de ce qu'il avait vu dans les films.Et puis au fond ce n'était pas contre les zombies qu'il avait besoin de se défendre. Ce n'était pas de défenses physiques dont il avait besoin mais contre les souvenirs qu'il avait tout autour du cœur, et que l'alcool peinait à chasser même maintenant, avec ce garçon aussi inconscient que lui qui ne le regardait pas avec des yeux lubriques. Il inspirait à fond, dans cette pièce, fronçait les sourcils, avant de reporter son attention sur son vis à vis. Des souvenirs qui lui enserraient le cœur, des paroles dont il avait besoin de se défaire pour être serein... Des mises au point qui le bouffait de l'intérieur et qu'il n'avait jamais eu l'occasion de dire... Ou bien tout simplement … Juste voir... cette personne qui le hantait et dont les émotions, les sentiments étaient peut être déformés. Il avait peur de tout, il avait peur de l'avenir.

Parfois, sa tête était trop pleine, pleine de tempêtes. C'était pour ça qu'il buvait, buvait encore ce soir.

___________
T'inquiète mobylette ! J'espère que le mien t'ira :o même si c'est court éè.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Lun 4 Aoû 2014 - 0:08


S'il aurait du être sincère avec lui-même, Eden Indentshi aurait reconnu que la situation l'amusait fortement. Ce gamin aux mèches dorées qui le regardait dans l'attente de l'apprentissage de la lutte contre le zombie avait un aspect très enfantin qui devait plaire à la plupart des hommes et attendrir la plupart des femmes. Bien heureusement, à force de côtoyé des gens comme Lun Marv et Akio Kimura, Eden Indentshi était totalement imperméable à ce genre d'émotions. A la plupart des émotions trop vives, d'ailleurs. Beaucoup de personnes dans son entourage pensaient qu'il n'avait jamais eu de relations sexuelles et qu'il n'avait jamais été amoureux. On voyait d'ailleurs très mal Eden compter fleurette à quelqu'un. Il suffisait de voir avec quel mépris et quel dédain, il regardait les couples se former et se déformer. Pour lui, les relations n'étaient que perte de temps et conduisait à une diminution de la concentration et donc des résultats scolaires. Avait-il envie de perdre une année d'étude pour simplement pouvoir dire qu'il avait tenu la main d'une crétine qu'il oublierait aussitôt le prochain printemps passé ? Non. D'ailleurs, Éden Indentshi ne le savait sans doute pas, mais le jour où il tomberait amoureux : il n'aimerait que cette personne-là et n'abandonnerait jamais ce sentiment. Car là était la différence entre tous ses jolis cœurs et ce garçon. Eux se prenaient pour des princes, mais lui ne voyait clairement pas qu'il se rapprochait de la Bête. Immonde créature manquant de culture, dégradant les gens plus bêtes ou plus laids, sans savoir qu'un jour : il apprendrait qu'il pourrait être de ceux-là dans le regard d'autres.

Voyant les garçons remuer dans la pièce, Krakken commença à bouger dans tous les sens, jusqu'à ce que Eden d'un regard noir le fixe et d'une main tendue en direction de la sortie, ne laisse l'animal quitter les lieux. Enfin,seulement pour deux minutes. Car à peine, Eden eu-t-il tourner la tête, que l'animal loin d'être bête, rentra et grimpa sur le canapé pour s'y installer confortablement. Ce qui expliquait sans doute que ce vieux canapé miteux soit autant couverts de poils et de tâches. Eden pensait de plus en plus à en acheter un, d'occasion évidemment, vu les animaux qu'il avait chez lui. Mais comme tout ce qui était projet chez lui, il le remettait souvent au lendemain.

L'homme prit le temps de déposer les deux verres sur la table et d'y laisser également ce qu'il avait dans les poches. Son permis de conduire, sa pochette noire, ses clés de voitures et de motos et son tabac à rouler. Il se demanda un instant où il avait bien pu mettre les clés de la maison et se souvint les avoir remit, à l'emplacement habituel, au cas où Lun rentrerait. Pensée tellement idiote, qu'elle créa en lui un léger trouble.

Quoiqu'il en soit, Eden se rapprocha de Jun et posa la main droite sur son poing gauche et la main gauche sur son poing droit. Doucement, il fit légèrement monter ces dernières devant son menton, avant de se saisir des pouces. « Ne les laisse pas à l'intérieur. Tu fous un coup de poing à quelqu'un et tu te casses le pouces. Ce serait crétin, non ? »

Puis, il bascula sur le coté, posant ses mains sur les hanches de Jun pour le faire légèrement pivoter sur le coté. Bien ! Là, c'était pas mal. Entre le krav maga et la boxe. Avec un sourire moqueur, Eden se positionna ensuite devant.

« Bon cette position face à un zombie, ça marche moyen. Mais face à un loubard, tu auras au moins le mérite de lui faire peur. Ensuite ! »

Eden sourit … « Le mieux c'est de surtout pas faire ça. Ouais. Face à un zombie – ou un loubard. Tu cours dans l'autre sens. Tu t'en fiches de ta fierté, ce qui compte c'est ta belle gueule. »

Le japonais claqua de la langue.

« Et si tu ne peux pas, tu frappes à des endroits où soit il est déséquilibré, soit il tombe. Donc, soit tu frappes fort là … » Eden donna un petit coup en bas du cou d'Eden, « Soit là ... » Il visa le sexe … Sans y toucher évidemment.  « Soit les yeux, ou bien encore tu te jettes à ses pieds pour le faire tomber et si tu y arrives, tu te lèves et tu casses ! Et là, ça marche autant pour les zombies que les autres. Allez viens ... »

Eden prit son verre et les bouteilles, et se rendit à nouveau à coté de la table basse. Il posa ce qu'il tenait entre les mains, alluma la télévision et s'assit sur le canapé. Il y déposa une manette de Xbox 360. A l'écran, il sélectionna un jeu, enregistré sur le nuage et fit signe à Jun de venir.

« On va voir ce que ça donne en action. Toi, tu as l'écran du bas, et moi l'écran du haut. Pour tirer, tu appuies sur X, pour changer d'armes tu utilises la gâchette sur le coté et, bah le reste je te l'expliquerais en jeu. »

Et sans attendre Jun, Eden – se mit à choisir son personnage. Il prit un gars, forcément. (Il n'était pas une tapette !) Avec des gros muscles, un casque sur la tête, et une tenue militaire. Il nomma son avatar : Den, sans prendre garde d'ailleurs à son erreur, mais elle était si minime qu'il ne la remarquerait sans doute pas, et choisit pack d'armes. Puis, il entra dans un laboratoire, où des scientifiques fous étaient en train de tenter des expériences sur des animaux.

« Bien vous voilà. » Remarqua l'un des PNJ à l'attention du personnage d'Eden, et de celui non visible pas encore créé de Jun Masato.

« Ne posez pas de question. Allez au second sous-sol et regardez vers le couloir 3. Un de nos chercheur a été mordu par une de nos expériences et est devenu fou. Il est parvenu à cassé la cellule, la B23, où nous l'avions enfermé et nous avons du condamné le couloir 3 après qu'il se soit mit à … attaqué ses confrères. Attrapez-le, mort ou vif. »

« Bien reçu. » Marmonna Eden. L'écran clignota, et les paroles qu'Eden venait de prononcer se mirent à l'écran.
« Bien, bien. » Répondit l'ordinateur, qui savait répondre à une série de phrase, dont les plus louffoque. La technologie et ses merveilles.


« Tu as déjà joué à la console, joli cœur, quand même ? Ou pour ça aussi, tu demandes à tes groupies de le faire ? » Questionna ironiquement, mais avec plus de gentillesse – pour une fois – le japonais, visiblement plus décontracté avec un verre de whisky devant lui et une console pas loin. Toutefois, il reposa sa manette et se releva.

« Prends le temps de faire ton personnage ... »

Eden retourna au bar prendre son tabac à rouler et revint s'asseoir à coté de Jun. Il commença à sortir une petite feuille pour préparer son mégot, concentré en même temps sur les agissements du blond. Une lueur mi-curieuse, mi-sérieuse entre ses yeux sombres.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Lun 4 Aoû 2014 - 19:52

Quand le chien entra dans la pièce après que le regard sévère de son maître se fut détourné de lui, Jun échappa un petit rire joyeux en suivant l'animal de son œil valide. Un jour il aurait un chien lui aussi... Depuis toujours, dès qu'une boutique animalière se mettait en travers de son chemin, il ne pouvait s'empêcher d'aller regarder à l'intérieur pour voir les chiots jouer alors qu'il savait pertinemment que ça ne serait pas raisonnable du tout. Mais c'était plus fort que lui. D'ailleurs, il avait toujours le même pincement au cœur quand il voyait qu'ils n'étaient plus que deux, l'un ou l'autre finirait par être préféré au chiot qui resterait, seul jusqu'à ce qu'une âme craque pour ses yeux doux, son air, sa couleur, mais en attendant... En attendant Jun préférait ne pas y penser, l'alcool le rendait inutilement sensible sur le sort de ces petits chiens en attente de famille et d'amour.
Bon sang, plutôt que de donner son amour à des êtres humains abrutis, on devrait tous aimer un petit chiot chacun. Oui à l'instant T, Jun était persuadé que c'était bien plus louable, et agréable. Et ça n'était pas une question de loyauté, voir de fidélité qui lui faisait penser ce genre de chose... Simplement l'amour rendu par ces animaux aux grands cœurs, non pollué par l'erreur humaine, l'erreur constante de la nature humaine, ses vices, ses travers, sa mauvaise fois, ses excuses, ses mensonges.

Jun voulait un chiot, un grand Krakken, oui ce chien lui plaisait bien. Il comprenait un peu mieux aujourd'hui, après avoir l'esprit légèrement embrumé, pourquoi Makk préférait la compagnie des animaux aux êtres humains... Bon ce qu'il ne comprenait pas c'était son amour des serpents qui pour le coup, aux yeux du jeune Masato, n'étaient pas exemple d'animaux aimant. Mais ça c'était une autre histoire, Makkuro était une histoire à lui tout seul.

La vision d'un bébé chien sautillant joyeusement dans son propre salon s'effaça rapidement quand le jeune homme sentit une première main sur son poing brandit en position d'attaque maladroite. De nouveau connecté à la réalité, du mieux qu'il le pouvait, son regard fixa avec attention la hauteur à laquelle « Kyoshi » plaçait ses poings, visiblement trop bas. C'était facile à comprendre, il fallait protéger le visage mais Jun ne pu s'empêcher de se faire la remarque dans sa tête, si en face un zombie lambda avait plus de force que lui, bon du coup un loubard..., les chances pour que son propre point lui arrive dans la figure étaient quand même nombreuses. Il devrait peut être songer à retaper quelques balles de temps en temps pour se remuscler.

- Alors quoi ? Je dois faire peur ou je dois partir en courant ? Un zombie c'est lent d'abord, je peux marcher pour fuir ! Bon et puis... de toute façon, je suis pas sûr d'avoir un gros instinct guerrier de toute façon...

Il écoutait attentivement en repérant les endroits stratégiques, encore fallait il, à son goût, ne pas être tétanisé par la peur. Jun aspirait beaucoup à pouvoir se défendre seul comme un héro de film, mais ce n'était franchement pas son destin, du moins c'est ce qu'il se désespérait à ressentir.Son optimisme alcoolisé ne l'empêcha pas d'ajouter cependant.

- Je me sens déjà imbattable ! Regarde... Direct du droit !

Il avait frappé le vide, en fixant le chien avant de rire un peu. Il était sûrement nul mais ça ne semblait pas l'inquiéter plus que de raison. Sa conscience du danger était de toute façon assez minimaliste.

- J'arrive !

Venant se poser à côté de son hôte, Jun s'étira et fronça les sourcils pour faire la mise au point sur la télévision. Jouer à un jeu vidéo tout en étant alcoolisé, il l'avait déjà fait... Certaines vidéos conservées par des amis devaient encore exister pour le prouver. Et d'ailleurs s'il perdait, il avait déjà une excuse toute prête à servir à son partenaire de jeu. Oui c'était un peu nul comme technique mais Jun n'avait jamais été un type vraiment doué pour les jeux vidéos. Ce qu'il aimait c'était les histoires qu'il y trouvait, et bien se marrer devant sa propre incompétence à faire un saut vers l'arrière sur Assassin's Creed, ou ses sursauts quand un tyrannosaure apparaissait dans Tomb Rider. Non mais quelle idée de le mettre là aussi celui là.

Absorbé par la cinématique, certains jeux faisaient office de films pour Jun quand il regardait les autres jouer, et il la laissa passer en écoutant attentivement. Il avait bien compris cette histoire d'écran mais ne voulant pas en perdre une miette, posant ses fesses à même le sol, il resta silencieux tout le long. Il manqua de rire en entendant Eden répondre à la machine parce que l'avancée technologique du genre lui, ça a beau le fasciner, ça le fait rire. Un peu comme ceux qui demande l'heure ou la météo à voix haute sur leur téléphone... mais enfin il fallait admettre que papa ours répondant à son jeu vidéo c'était plutôt mignon.

- Évidemment que j'ai déjà joué à la console, pour qui tu me prend ! Et j'attends la next gen' avec impatience tu vois, papa Ours. Par contre, je suis pas vachement doué hein... Tant que je m'amuse c'est ce qui compte, le truc c'est que je suis pas assez concentré je crois.

Oubliant un peu l'homme à côté de lui, voguant vers le bar, Jun se réintéressa à l'écran pour choisir son personnage. Son œil allait de son menu de choix, à l'armoire à glace qu'avait choisi « Kyoshi ». Il fallait bien avouer une chose, Jun avait rarement un personnage préféré dans une histoire, un jeu, et souvent il aimait bien tout essayer sans vraiment beaucoup de logique. Là, il aurait bien pris un gros baraqué comme le premier joueur, contraste total avec sa gueule d'ange, gueule d'amour, peu importe... Il en sélectionna plusieurs, les observa avec attention et demanda de temps en temps « est ce que les compétences changent beaucoup de l'un à l'autre ? » , « Les zombies sont vraiment balèze ? ». Finalement il élimina bien vite la catégorie « homme viril des cavernes » de sa liste de choix :

- Parce qu'on a toujours besoin d'un plus petit que soit.

Et puis les muscles avaient besoin d'un cerveau. Bon c'était peut être pas le meilleur argument du monde, c'est pour ça que le jeune homme se garda bien de le balancer comme ça, même en riant. Mais il se faisait la promesse de ne pas être le petit ange blond en détresse ce soir, dans le jeu vidéo, non certainement pas.

- Eh ! Tu m'en roule une aussi s't'euplait ?

Lui adressant un sourire ravi, comme un enfant devant un nouveau jouet, le franco-japonais sélectionna un personnage plus fin, pas si petit que ça, et qui s'éloignait totalement de la demosielle en détresse. Bon avec ça et la chance du débutant, il devrait arriver à jouer correctement. Quand son personnage, tout de noir vétu, apparut à l'écran, le blondinet eu un sourire satisfait.

- Regarde, on dirait moi !

Son rire raisonna dans la pièce et il attrapa son verre pour en boire une gorgée avant de se tourner vers Eden.

- Moi aussi faut que je dise que j'ai bien reçu ? Parce que là j'ai vraiment envie de bastonner des zombies !

Plus de pensées entravées par l'amour, les souvenirs, les passages difficiles. Il savourait son verre de whisky et le canapé plein de poils de chien contre lequel il avait appuyé son dos, qui lui faisait abandonner ses soucis pour quelques heures seulement, mais c'était un soulagement. Une vague de fatigue le prit mais en attrapant sa manette il secoua la tête pour qu'on y voit que du feu.

- Bon... X pour tirer... et là pour changer d'armes... Tu me montre le reste ? Et on peu vraiment pas changer de coupe de cheveux... ?
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Jeu 7 Aoû 2014 - 14:48


Une table basse contenant des verres et des boisons alcoolisées, une télévision allumée avec une console de branchée, et un jeu-vidéo qui tournait. Ce genre de jeu où on ne cherche pas forcément à avancer dans l'histoire, mais où on cherchait surtout à tuer le plus grands nombre d'adversaires. Éden Indentshi était assez simple dans ces jeux et ces habitudes. Ce genre de soirée lui convenait tout à fait. Entouré d'habitude de quelques potes, il ne cherchait pas plus loin ses relations. Ils ne parlaient alors que de banalité et ne savaient pas grand chose des vies des uns et des autres. Encore aujourd'hui, avec la rencontre de cet inconnu qui ne l'était pas tant, Éden Indentshi démontrait cette capacité qu'il avait. Si certains pouvaient lui reprocher de ne pas être sociable, il démontrait encore aujourd'hui que c'était faux. Éden était sociable, en particulier lorsqu'il buvait. Il n'était tout simplement pas plus attiré par les rencontres que par le dernier épisode de game of thrones. Pas qu'il n'aimait pas la série, juste qu'il s'en fichait. Les rencontres, c'était pareil. Il se fichait bien de savoir s'il allait passer une journée tout seul à taper à l'informatique, à bosser ou s'il allait voir des potes ou des amis. Sa nature était plutôt solitaire, mais il avait tout comme chaque individu, besoin de voir des personnes de temps en temps. Par contre, il n'avait pas besoin de voir un seul épisode de la série citée. Déjà parce qu'elle lui avait été raconté par tout le monde. Ensuite, parce qu'il était un de ces connards qui – parce que tout le monde adorait – se mettait à coeur de ne pas aimé. Histoire de ne pas se sentir contraint dans un sentiment où on l'aurait obligé.

Actuellement la série qu'il suivait était celle d'un père de famille devenant dealer. Déjà, parce qu'il avait été attiré par le casting, le papa de la série Malcom, et ensuite parce que l'histoire lui semblait plus bien intéressante que celle que l'autre série proposait.

Installé sur le canapé, le garçon fit la remarque à Jun que : « Depuis longtemps maintenant les zombies savent courir. » comme-ci c'était une évidence à ces yeux. Effectivement, cela faisait de nombreuses années que les vrais zombies n'existaient plus dans les films et que les contaminés gardaient aujourd'hui l'élastique de leurs muscles, voir même avait leurs capacités multiplier. De quoi faire bondir de rage les premiers écrivains sur le sujet : mais le changement, la modernité et l'évolution ne choquaient pas bien Éden. Et s'il pouvait débattre des heures avec Lun sur le sujet : « Contaminé, zombie, et morts-vivants, ce n'est pas la même chose. », ce n'était vraiment que pour débattre et non pas pour avoir raison.

Même si actuellement débattre avec le blond deviendrait un peu compliqué.

Eden aimait les jeux vidéos en général simple. Si voir Lun se prendre la tête pour augmenter ses niveaux à Final Fantasy était toujours jouissif et s'extasier à chaque cinématique était marrant, il préférait tout de même n'avoir qu'à se battre sans se prendre la tête. Il aimait les jeux de bastons, à deux ou à quatre, il aimait les jeux de guerres, et parfois les jeux de motos et de voitures. Il aimait aussi Mario-Kart, mais c'était son enfance, et ça restait chez lui de bons souvenirs. C'était d'ailleurs amusant, car le plus souvent : il aimait les jeux jouant à plusieurs, alors qu'il était sensé être peu sociable. Alors que son ami Lun, qui était sensé être très sociable, aimait particulièrement les jeux solitaire, les aventures, ceux qui duraient assez longtemps et était un fan incontestable de Zelda. D'ailleurs, dans les profils qu'on pouvait choisir, Lun avait choisit un avatar où, la petite fée du premier Zelda volait autour de lui.

Eden avait choisit un avatar lui ressemblant, mais plutôt lui en version nain. Petit, trapus, gros, et avec une barbe de plusieurs jours. De toute façon, les deux modifiaient assez régulièrement leurs bonhommes, et actuellement la question n'était pas là.

La question était à la baston. Quant à la cinématique auquel il fallait répondre : Et bien Eden Indentshi s'amusait beaucoup – mais trouvait çà parfois très contresignant. Là, le jeu auquel il jouait, venait d'abord d'un jeu indépendant fait par des amateurs de jeux vidéos qui souhaient voir développer la technologie. Le problème, c'était que parfois l'appareil ne comprenait pas du tout ce qu'il disait et enregistrait des réponses totalement erronées.

- Je suis pas plus doué que ça,

Fit simplement remarque le jeune homme, sans grosse modestie. Il était bon, oui, mais de là à devenir à roxor, c'était plus compliqué. Il aurait fallut qu'il y passe beaucoup trop de temps : et ses études étaient tout de même plus important que le niveau qu'il avait actuellement dans une distraction qu'il aimait, mais qu'il ne considérait justement que comme un loisir.

« Ouais, si tu veux … » Dit-il simplement quand Jun lui demanda de lui rouler également une clope.

Le jeune homme fronça des sourcils à la demande de la coupe de cheveux.

« Ouais, si ça doit être possible. Appuie sur start, puis va dans caractéristique personnage, et dans apparence, il doit y avoir cheveux. »

Il cessa de parler pour mouiller le papier, terminant la première clope. Il la déposa près du verre de Jun, et fixa l'écran à nouveau avant de faire bouger son personnage.

« Bah … Avec LT tu vises un adversaire, LB sert à changer ton type d'arme, ce sont les deux gâchettes sur la gauche. Quand tu vises un adversaire, tu peux utiliser les flèches, si c'était un autre que tu voulais viser, ou le joystick droit pour être plus précis, genre la tête … ou les couilles quoi. ; Avec RT, le joystick droit bas, tu peux ouvrir ton sac et choisir des objets, en utilisant les flèches. Puis RB, à voir, genre au loin ou à travers une fenêtre, une fente ….
Y te sert à utiliser un objet que tu as sélectionné, genre : à poser une bombe ou à utiliser un bandage, t'vois le genre ? Bon, avec X tu tires.
Le joystick gauche sert à te déplacer, et si tu cliques dessus une fois, tu t'agenouilles. Deux fois, tu t'allonges. Et tu appuies à nouveau pour quitter ta position. En restant appuyer sur A tu cours. Et B te sert à utiliser ton couteau, ou ton arme à porté hyper courte. Je crois que c'est tout ... »

Tout en parlant, Eden avait appuyé sur les boutons, autant pour montrer que pour se souvenir. Car, s'il savait parfaitement utilisé les boutons du jeu, c'était surtout par habitude et mécanisme, et l'expliquer était moins évident.

Dans tous les cas,

Eden et Jun avaient quitté le scientifique étrange pour se diriger au-travers d'un couloir. Eden activa la porte d'entrée qui se referma sur eux, il était impossible de sortir. Coincé dans un couloir, ressemblant à ceux d'un hôpital, ils pouvaient distinguer des traces de sangs sur le sol. Il était possible de visiter des espèces de chambre et de pièces de laboratoire, ainsi qu'une espèce de bureau.

Il était également possible de continuer tout droit, à la recherche de la pièce. Eden et Jun pouvaient rester ensemble, ou non, leurs écrans étaient indépendant l'un de l'autre.

Eden se dirigea rapidement vers un petit laboratoire, s'amusant à chercher des éléments. La musique du jeu, sombre, mais sans grand effet pour l'instant, laissait entendre que n'importe quoi pouvait surgir à tout moment. Et le n'importe quoi, Eden le cherchait, avec un coup d'œil interrogatif. Il n'avait encore jamais joué la partie duo de ce jeu, venant de l'avoir depuis moins d'un mois, et son partenaire habituel étant en rade.

« Ouais bah … je sais pas où aller. » Se contenta de faire remarquer le garçon, avant de voir un groupe de scientifiques hommes et femmes derrière une vitre.






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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mar 26 Aoû 2014 - 20:18

Jun s'offusqua de ces zombies qui pouvaient courir. C'est vrai c'était totalement déloyal que ces choses répugnantes puissent, en plus de ne rien sentir au niveau de la douleur physique et pouvoir vous manger la cervelle sans état d'âme, gambader à leur aise à vos trousses c'était tout bonnement inadmissible. C'était injuste, et c'était de la triche. Voilà ce qu'un blondinet un peu alcoolisé et ravi de pouvoir passer une soirée presque normale, déclarait avec beaucoup de sérieux à son hôte.

Et si l'on parlait de soirée presque normale, c'était pour plusieurs raisons... D'abord, parce qu'il était rare de voir le jeune populaire à une réunion jeux vidéos dans un grenier avec des pizzas et des sodas, ou des bières pour les plus téméraires. Pas qu'il n'appréciait pas les jeux vidéos, bien au contraire. Ce genre d'univers le fascinait et il découvrait avec plaisir les avancées faramineuses de la technologie dans ce domaine, en plus d'être de plus en plus époustouflé par le réalisme de plus en plus poussé des nouvelles sorties des plus gros développeurs. Il aimait aussi redécouvrir les vieux jeux de son enfance qui avaient plus ou moins bien vieillis, juste pour le plaisir de revivre quelques souvenirs agréables, et aussi parce qu'il estimait que sans ces jeux là, les nouveautés n'auraient pas pu voir le jour.
Ensuite, parce qu'il jouait souvent seul quand il n'arrivait pas à dormir et qu'il mettait sa vie de populaire en mode « off » quelques heures, quelques jours. Son entourage n'était pas de ceux qui aimaient le milieu des jeux, hormis peut être les jeux sur téléphones portables et tablettes, mais ça, à part pour attendre le bus, Jun n'y touchait pas. Son univers habituel était bien trop éloigné de ce genre de loisirs et il fallait croire que le temps venait à lui manquer pour se plonger dans ce genre de domaine.

En fait les soirées du blond se résumait au credo cliché du « sex, drogue, rock'n'roll », et croyez en son expérience, ce « rock » n'était pas forcément une façon d'appeler un type de musique dans le cadre de soirées de la jeunesse dorée. Depuis plusieurs années maintenant, c'était son lot quotidien, d'ailleurs, c'était peut être pour ça qu'il avait disparu de la circulation un moment... Ce genre de vie n'était pas franchement la meilleure marche à suivre pour rester en état, même quand on est encore jeune. Ce genre de vie ne s'était toujours pas stoppée pour lui, pas encore du moins mais il ne le savait pas encore, c'est pour ça qu'il s'étonnait de boire moins, simplement, et de fumer en compagnie d'un presque inconnu devant une console de jeu.
Mais c'était plaisant, et assez stabilisant de savoir qu'on saurait comment on avait passé la nuit.

- Je suis sûr que tu mens... Tu dois être plutôt bon à ce genre de jeux... J'espère qu'il faut pas se tirer dessus sinon j'vais crever vite !

Observant les crans, Jun ne bougea que lorsque la cigarette fut posé à côté de son verre encore plein par « Kyoshi ». Une de ses mains fines avait abandonné la manette pour chercher son briquet bon marché qu'il avait sûrement dû piquer sur un bar, sans volonté de ne pas le rendre à son propriétaire mais bien parce que dans le feu de l'action, dans la soirée, on oublie un peu à qui on emprunte tel ou telle chose.
Finalement il lâche totalement la manette pour allumer sa cigarette qu'il glisse entre ses lèvres. Il aurait peut être dû essayer les touches et les boutons que lui indiquait Eden dans sa tentative de jouer au professeur ( pas Layton hein ! ) de jeux de combat, mais il préféra tirer quelques lattes sur la roulée en le regardant faire, et en zieutant l'écran pour voir à quels mouvements, quelles images pouvaient bien se rapporter cet enchaînement un peu trop complexe peut être pour son cerveau alcoolisé.

- D'ac... C'est noté !

Pourtant il hôche la tête et essaie de se concentrer pour obtenir les informations les plus importantes. Rapidement il fait le tri pour savoir comment soigner son personnage, comment tirer et comment se cacher, le changement d'armes lui paraît d'abord assez insignifiant, tout comme les bombes ou la visée précise. En plus, à force de voir la racaille enchaîner les explications et les gestes sur la manette, le jeune Masato finissait par se dire qu'il tâtonnerait comme il le pourrait.

Quand la musique lui parvint , il coinça sa cigarette contre le cendrier pour regarder l'écran. L'ambiance était un peu trop bien faite, et il y avait de quoi flipper, du moins, le populaire tendait à se dire qu'il n'aurait pas aimé être dans la peau de son personnage à ce moment là. Les hôpitaux le rendaient malades, et il avait déjà oublié comment avancer.
Après avoir testé les deux joysticks, le voilà qui rejoint rapidement le personnage d'Eden en déclarant à voix haute d'abord.

- Attends je couvre tes arrières ! Même si y a rien à couvrir pour l'instant, on sait jamais ! Aah mais arrête d'ouvrir les tiroirs ça fait un bruit stressant !

On pouvait dire qu'il était déjà dans l'ambiance. Son personnage toujours collé aux basques de celui de son camarade de jeu, il semblait plutôt occupé à revoir les boutons de sa manette et à surveiller avec la caméra quand des bruits se faisaient entendre. Les scientifiques de l'inspiraient pas trop, en premier lieu. Et puis finalement son personnage se mit à quitter fouiller lui aussi, et Jun regardait l'écran avec une certaine concentration. Il récupéra des munitions avec un petit sourire fier et retourna dans le couloir pour inspecter ailleurs avec curiosité. De temps en temps il s'exclamait : « Mais y a pas de carte ?! » « Ah ! Ton ombre m'a fait peur. ». Cette fois, il était un peu plus lancé, et plus curieux. L'alcool lui faisait sûrement oublié que ce jeu devait être stressant, à la base, où alors parlait il beaucoup pour échapper à l'ambiance du jeu.

- Moi je dis... Qu'il faut avancer le long du couloir une fois qu'on a tout fouillé. Pour les faire sortir de là. Des fois les jeux nous font arriver exprès en retard dans les missions et les gens se font bouffer avant... Erf...

Il hoche la tête.

- On y va ensemble ?

D'habitude il ne jouait pas en coopération... Il jouait en solo. Il aimait s'infiltrer et gérer sa mission lui même. Mais là c'était différent.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mar 9 Sep 2014 - 19:06

Music ~
Le principe de ce jeu créé par des fans indépendants consistaient à une ambiances sinistres et effrayantes, où le sentiments des monstres étaient créés par des bruissements de portes, de claquements de fenêtres, des cris soudains et stridents. La bande son avait été totalement travaillé afin de satisfaire totalement les amateurs d'épouvantes. Quant aux zombies, capable de courir, ils étaient installés aléatoirement lors de l'entrée dans un niveau de sortes qu'il était impossible – même en refaisant le jeu – de savoir où se trouvait l'objectif à atteindre et les zones à éviter. A de nombreuses reprises Éden était mort et à chaque fois, il avait eu le même sursaut lorsque totalement concentré sur un objectif, un monstre avait surgit, sans même que l'effet sonore ne chance.
C'était aussi le problème du jeu, la musique jouait avec les nerfs. Parfois, alors que tout était calme, l'action avait lieu. D'autre fois, elle s'amusait de bruits divers et rien ne se produisait. De quoi mettre tous les sens sans dessus dessous.

« Hm, hm … »

La racaille savait pertinemment que les survivants n'existaient absolument pas dans cette partie du jeu. Seule une personne l'était, l'objectif. Et elle était mordue. Sauf, qu'ils ne le seraient qu'au prochain niveau. Si les personnages changeaient, la trame restait souvent la même. L'objectif actuel était de récupérer la jeune fille, témoin de tout ce qui s'était passé, et de surtout tuer l'intégralité des zombies présents avant qu'ils na la trouvent avant eux. Ce qui n'arriverait par ailleurs pas : Enfin Éden le présumait. Il n'avait jamais perdu faute de temps dans le premier niveau.

Le personnage du jeune homme passa dans le couloir et désactiva le code d'entrée d'un laboratoire. La porte s'ouvrit, rapidement, dans un bruit strident. Puis, sept personnes redressèrent la tête dans leurs directions. En même temps, d'autres se mirent à arriver dans le couloir.

Éden grogna malgré lui, concentré sur le jeu, son arme se redressant pour fixer la tête d'un zombie avant de sourire en coin. « Si tu te fais mordre, tête d'ange, je te bute pour notre salut. Promis. »

Le problème de la coopération, était le problème d'être mordu. En effet, le jeu – prévoyant jusqu'à quatre manettes et un aspect en ligne – permettaient que le personnage mordu devienne un zombie. Selon le mode, il était alors contrôlé par le joueur ou par l'ordinateur.

Dans le mode actuel, il était contrôlé par l'ordinateur et se mettait à attaquer ses autres camarades et les personnages non joués humains. Il n'y avait alors que trois solutions :
- Soit les autres joueurs parvenaient à trouver un vaccin. Le seul vaccin existant étant de tuer un autre humain et d'utiliser son cœur pour faire un sérum. (Oui, le jeu était assez crade.) Certains vaccins de ce type étaient trouvables – mais très rares. Ils devaient en général être fabriqué en tuant un humain. (En attendant de trouver le vaccin, éviter leur camarade, l'attacher ou l'enfermer étaient la seule solution.)
- Soit les autres joueurs tuaient leur ami. Il avait la possibilité alors de chercher un cadavre de survivant dans un état viable de 70% et sans contamination et de prendre son corps – il était aussi possible de prendre le corps d'un vivant en le tuant. Le problème étant que le corps et l'âme n'étant pas adapté, le joueur avait un décompte de survie au-dessus de lui et devait absolument trouver le moyen de synchronisé à 100% l'âme et le corps. Et cela n'était possible qu'en remplissant la dernière volonté du défunt. Les dernières volontés étaient aléatoires et souvent étranges : je veux voir ma femme morte, je veux retrouver mon premier amour, je veux faire l'amour dans les sous-sols, je veux retrouver mon magazine, je veux toucher les seins d'une fille, etc.
Dans ce cas-là, le joueur obtenait les compétences du corps possédé. (immunité, âge, sexe, fonction, etc. mais gardait ses souvenirs.)
- Plus on avait côtoyé de zombies par contact physique sans être contaminé et plus une immunité se créait, de sorte, qu'après 50% d'immunité, les morsures seules ne suffisaient plus et qu'un contact prolongé devait s'exercer pour la contamination.
- Si à la fin de la mission, le contaminé était mort, pas synchronisé ou toujours contaminé, alors le joueur pouvait choisir un nouveau personnage mais perdait toute son experience.

Les règles évidemment pouvaient sembler compliquées pour les personnes ne jouant pas aux jeux, mais elles étaient acquises depuis longtemps par Éden.

D'ailleurs son personnage se mit à tirer assez facilement sur les têtes des zombies, il était fait pour ça, et ça se voyait. Éden en profita d'ailleurs pour boire un peu, le premier niveau étant assez facile. Il le savait, une personne seule pouvait s'en sortir, puisqu'il s'agissait avant tout d'avancer dans le jeu.

D'ailleurs, Éden ne tarda pas à faire asseoir son personnage dans coin de la pièce.

« Je te regarde jouer et je te couvre. Je veux voir comment tu te débrouilles ! »

Tout en disant cela, Éden se remit à rouler une clope pour la fumer. Quand il était en train de boire de l'alcool, le jeune homme avait toujours eu envie de jouer.

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MessageSujet: Re: Killing in the name   Sam 1 Nov 2014 - 18:46

Concentré, autant qu'il pouvait l'être malgré l'alcool ingurgité déjà, Jun n'eu aucun mal à se mettre dans l'ambiance du jeu. Ou peut être était ce parce qu'il était bien moins courageux qu'Eden, et que chaque grincement de porte, chaque bruit de pas le maintenant en alerte constante. Honnêtement, il jouait peu à ce genre de jeux en étant seul. C'était moins drôle et plus stressant. Et son expérience des jeux d'horreur et d'épouvante était assez limité. D'ailleurs, il ouvrit de grands yeux ronds quand on commença à les attaquer. La réactivité d'Eden « Kyoshi » l'avait laissé sur les fesses, quand à lui, il prenait un temps fou pour viser et éviter les balles perdues. Quand l'une d'elles touchait sa cible, il était particulièrement fier même s'il se doutait de la facilité du niveau. Mais à sa décharge, prendre en main les commandes d'un jeu inconnu, tard dans la nuit, après avoir bu et en continuant à boire... Ce n'était pas la chose la plus facile à faire, aussi, même si Eden tua la quasi totalité des monstres à lui seul durant la première vague, Jun ne pu s'empêcher d'être content de lui. Il pouvait d'ailleurs s'estimer heureux, la musique et son ambiance semblaient beaucoup moins l'atteindre que s'il avait été totalement sobre. Observant le carnage à l'écran, il leva son verre pour trinquer à la victoire.

- …. Eh mais attends tu fais quoi là.... C'est pas l'heure de la sieste là oh. En plus t'es assis sur des morceaux de zombies c'est dégueulasse !

Incrédule, à l'image de son personnage qui restait immobile dans la pièce, le jeune métisse regarda la racaille rouler sa cigarette comme si aucun zombi ne risquait de sortir à tout moment pour les attaquer. Comme s'ils étaient en sécurité. Bon certes, ils l'étaient dans la vraie vie mais ce n'était pas le cas à l'intérieur de la télé. En plus, avoir eu le personnage de son camarade de jeu, devant pour ouvrir les salles et faire bouclier humain, c'était plus rassurant pour jouer. Là, partir en éclaireur, il fallait pas pousser. La musique était inquiétante et on entendait des bruits indiquant que les monstres attendaient qu'il soit seul pour lui faire la peau. Quel lâcheur ce type ! Jun secoua la tête et mit en marche son personnage, tournant autour d'Eden un moment. Il lui aurait bien tiré dessus pour lui faire lever ses fesses de là, mais fini par revenir au centre de la pièce en zieutant le joueur bien installé sur son canapé. Profitant du calme de la pièce, pour l'instant, le blondinet attrapa son verre et bu quelques gorgées pour se donner du courage avant de reprendre la manette en main et d'avancer, râlant à haute voix contre sa solitude nouvelle dans le jeu.

- Tu couvres rien du tout là, t'es à la plage mon gars. Tout compte fait j'aimerais pas me retrouver avec toi en cas d'invasion de zombies si c'est pour que tu me plantes pour rouler ta clope.

Et pestant toujours contre son partenaire, Jun et son petit personnage plein de courage se mirent en route le long du couloir, avançant millimètre par millimètre pour éviter de se faire surprendre. Ce ne fut pas une réussite quand un zombi apparut derrière une porte et après un « Aaah ! » de surprise, les coups de feu raisonnèrent avec acharnement pour éliminer l'ennemi. Plus prudent encore, le jeune franco-japonais commença à établir une stratégie dans sa petite tête embrumée par l'alcool. S'approcher lentement, prendre le temps de viser la tête, se déplacer toujours lentement, et BOOM ! Quand un headshot se déroulait sans le moindre soucis, le populaire se tournait fièrement vers le lâcheur avant de repartir à l'assaut. Étrangement, tirer sur des monstres, seul ou à deux, ça lui faisait un bien fou. Il avait presque oublié sa mélancolie de début de soirée, en ne se doutant pas qu'il baignait dedans, assis sur ce fauteuil, dans cet appartement.  Sil n'aurait jamais pu imaginer une telle fin de soirée aujourd'hui, il dû admettre, en prenant une gorgée de whisky avant de repartir à l'aventure, que c'était une des meilleures idées qu'il aurait pu avoir à cette heure ci, durant toute sa vie. Même les sursauts des portes se refermant seules, ou des ennemis apparaissant au dernier moment avec une musique inquiétante et surprenante lui faisait du bien.

- Rassure moi..., demanda le jeune homme au sourire angélique alors qu'il prenait le temps de massacrer une nouvelle vague de niveau un à coup de balles dans la tête. On a des munitions en illimitées hein ? ….

Il commençait à douter, n'ayant pas pensé à fouiller toute la zone, il rebroussait chemin pour aller se cacher derrière le personnage d'Eden - comme il avait été tenté de faire plusieurs fois, voir comme il avait déjà tenté tout court - quand le dernier ennemi tomba devant lui grâce à un tire fort chanceux.

- C'est qui le boss hein ! Aller file moi une taffe et bouge tes fesses de cette salle, le monde va pas se sauver tout seul en tirant sur une cigarette !

La motivation était revenue.  


_____
Pardon du retard Lodinette ><.
J'ai raccourcis histoire de pas mettre 3 plombes à te répondre encore .o. .
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Lun 3 Nov 2014 - 22:00


Les réactions de son partenaire de jeu le faisaient rire, et rire c’était bien ce qu’Eden avait besoin actuellement. Alors, il s’empêcha de le faire, ricanant, et riant, alors qu’il roulait sa clope. Se contentant de dire que l’autre se débrouillait très bien et qu’il n’avait aucune raison de s’inquiéter. Pour les balles, oui, elles étaient en illimitées. Après tout, ils jouaient en mode facile. Heureusement, d’ailleurs, à en juger par les tirs de son camarade. Sinon, ils auraient vraiment eu des difficultés et seraient sans doute morts tous les deux après le premier assaut. Dans le fond, Eden n’avait aucune idée de comment il réagirait s’il y avait une crise apocalyptique avec des zombies. Il aimerait penser qu’il arriverait au moins à sauver Judith, Philip et Lun. Enfin, si ce dernier continuait de dormir, il y aurait peu de chance qu’il y arrive.
Jun était marrant et ça Eden en avait conscience. Il ne comprenait pas bien pourquoi le jeu le mettait dans tous ses états. Lui, l’alcool aidant, dodelinait joyeusement entre une certaine euphorie, qui pourrait sans doute être rejoint par de la fatigue plus tard, et une certaine nonchalance qui l’avait – par ailleurs – toujours caractérisé.
Sous alcool, Eden avait beaucoup d’envie. Il avait envie d’envoyer un message à Logan pour faire chier la rouquine, en pleine nuit. Il avait envie de reprendre contact avec Ethan, pour le faire chier, aussi, en pleine nuit. D’aller rendre visite à Lun, histoire de voir si la nuit, le blond ne s’amusait pas à se lever dans son sommeil. Il avait envie d’aller courir avec son chien, et tuer des zombies aussi.

Souvent Eden se disait, aussi, qu’en cas d’invasion, il n’aurait sans doute aucune pitié à tuer d’autres êtres humains transformés pour sa propre survie. Ni des humains non transformés. Il était certain que pour survivre, il pourrait passer de l’autre côté.

Quelque chose lui disait que Lun en était capable également. Une fois, alors qu’ils parlaient tous les deux, le japonais avait eu le sentiment que la plaisanterie de Lun ce jour-là : bien sûr que j’ai déjà tué, n’en était pas une. Qu’il avait vraiment, face à lui, un assassin. C’était une erreur, comment un garçon aussi tendre aurait pu franchir le seuil de l’acceptable ? Et pourtant, Eden se posait la question. Il n’aurait sans doute jamais la réponse.

Il pouvait toutefois donner des réponses à Jun concernant le jeu :

« Ok, ok. » Répondit-il tout simplement, tendant sa cigarette roulée et allumée au blond, pour reprendre sa manette et se diriger vers une autre salle.

Son avatar pivota et franchit le couloir, continuant à avancer, sans s’inquiéter. Mais brusquement, le jeu se mit en pause. C’était Eden qui avait appuyé sur le bouton. Il se redressa, brusquement, sur ses deux pieds.

« Allez viens, blondinet. On va faire un tour dans le jardin. Krakken, Boulou et Rose ont besoin de sortir et moi aussi. »

Le japonais attrapa son verre d’alcool, et sans vaciller, siffla son chien avant de se diriger vers la porte du jardin. Il s’était toujours trouvé chanceux d’en avoir un, dans un tel quartier. Aujourd’hui, ce soir, il se sentait encore plus chanceux.

Etrangement, le froid ne l’attrapa pas. L’ivresse devant l’aider, il ne senti pas ses piques sur son corps. Il se contenta de poser son verre, sur le rebord de la fenêtre, et de regarder Krakken s’enfuir en direction des deux autres chiens. Il resta là, le visage attendri.

Il était surpris que Jun ne sache pas que Lun vive ici. Mais pas plus que ça. Lun avait toujours dit qu’il considérait sa maison comme une forteresse, et si Eden avait toujours pensé qu’il devait y conduire ses conquêtes lors de ses absences, il n’avait jamais surpris personne dans ces lieux à part Ethan. Mais Ethan venait pour lui.

Ou pour Lun ?

Eden n’avait jamais vraiment trop su. Sans doute avait-il préféré ne pas se poser la question. Etre sans cesse considéré comme la doublure de Lun lui était parfois assez cruel dans le cœur. Eden ne se leurrait pas. On aimait Lun, on le supportait pour cette raison. Et ça n’avait pas la moindre importance. Eden se fichait royalement de tout. Depuis toujours. Il aurait bien aimé se convaincre que c’était une carapace, qu’en réalité, il se souciait de l’avis des autres.

C’était faux.

Il n’en avait jamais rien eu à faire. Seules ses recherches et ces rares amis avaient de l’influence sur son comportement. Peut-être également cette rouquine travaillant dans un musée, avec sa voix fluette, sa jambe traînante, et son air maladif. Elle lui donnait toujours l’impression qu’elle pouvait le calmer facilement. Etrange, cette minette, tout de même.

Sur qu’elle n’apprécierait pas le terme.

« Eh, Jun Masato … Le roi de Keimoo, ou le prince, ou ce que tu veux. Je peux te poser une question ? »

Eden s’était retourné vers lui, attrapant son verre pour en boire encore un peu. Il avait oublié son tabac, dommage, car il ne s’était pas fait de clope. Quel crétin. Il avait la flemme d’aller le chercher. Tant pis, ça attendrait. Ca préservait sa santé.

Cette pensée le fit rire, lui faisant oublier, quelques secondes sa question.

Puis Eden la retrouva, en chemin, comme coincé dans un filet à papillons de sa pensée.

« Pourquoi tu t’affiches avec des gars ? Je veux dire, tu pourrais faire comme la plupart des japonais, t’afficher avec une jolie fille et vivre ton homosexualité en cachette. Pourquoi t’as besoin de montrer ta sexualité, en sachant le mépris que les gens auront pour elles et les portes que ça te fermera ? Je présume que dans le monde des mannequins, et autres artistes, l’homosexualité c’est l’originalité acceptée, mais tes parents … Je ne sais pas comment réagirait les miens. Pourtant, ils sont ouverts. Je pense que moi-même, … Il y a une question de fierté et d’honneur dans tout ça, tu vois ?
Quelqu’un comme Lun Marv, c’est un européen. C’est normal. Ils sont tous un peu gays là-bas. Mais toi, t’es déjà un métis – pas déjà gagné au Japon – mais un métis pédé, ce n’est pas un peu beaucoup pour tes vieux ? Ils le prennent bien ?

Je présume que ce n’est pas mes histoires. Je me pose la question. Je me la suis posé, il y a quelques années, quand un de mes potes – gays – a commencé à m’attirer – un peu. Et j’ai réalisé, que passer l’horreur de l’acte sexuel en lui-même, c’était tout ce que ça comportait comme contrainte sociale qui m’ennuierait. Pourtant, on te confirmera que je me tape royalement de l’avis des gens : mais il y a cette conception d’honneur, de famille, et de sang que mes parents m’inculquent depuis petit. Je me dis que sérieusement, si je leurs fait un coup comme ça, ils sont capables de me déshériter. Mais, c’est la déception qui les touchera, qui risquerait me blesser, je crois. »

Eden avait tort. En réalité, les parents d’Eden n’en auraient rien à faire de la sexualité de leurs fils. Probablement, qu’ils auraient du mal à accepter de ne pas avoir de petit-fils, puis ils se consoleraient en disant que l’adoption existe et les mères porteuses aussi. Ils riraient aux nez des gens jugeant leurs fils, se contentant de dire, qu’Eden avait toujours été en avance sur son temps – ce qui était totalement faux.
Peut-être que la grand-mère d’Eden serait plus touchée, mais elle n’irait pas le déshérité. Il était sans aucun doute son petit fils préféré.

A bien y penser, même ses grands-parents accepteraient bien ce genre de nouvelle.

Dans le fond, Eden le savait. C’était juste un moyen de parler, plus qu’autre chose. Bien qu’il se posait vraiment la question vis-à-vis de Jun. Pourquoi s’affichait-il aussi ouvertement ?

Eden ne se posait pas tellement la question pour lui. Il ne pensait pas être homosexuel. Certes, Lun l’avait déjà attiré  - mais l’incube émettait de phéromones pour la moitié de la planète – et cette attirance, remontant à quatre ou cinq ans, lui était vite passé. Eden n’imaginait pas couché avec Lun. Aucun autre homme ne l’avait jamais attiré. Par contre, bon nombre de jeunes filles l’avaient attiré, généralement, le temps d’une après-midi. Parfois plus longtemps. Sans doute parce qu’elle dégageait cette fragilité et cette candeur qu’il aimait tant. Elles étaient des roses.

Alors Eden se jugeait hétérosexuel. Il avait déjà eu des relations homosexuelles – pour que Lun cesse de lui dire « tant qu’on n’a pas essayé, on ne sait pas. » Et Eden n’avait pas trouvé ça dégoutant. Ni plus attirant qu’avec une fille. Juste différent. Un peu plus brutal, sans doute parce qu’il n’avait connu que des filles plutôt rêveuses et fragiles, alors forcément : un mec croisé pour de la baise, ça changeait.

Il n’avait pas eu envie de renouer l’expérience. Eden en avait conclu qu’il n'était pas gay, et Lun avait soupiré un triste : « c’est dommage. » avant de se mettre à rire et de dire : « et un travesti ? »

Là, n’était pas la question. La sexualité est une chose, l’afficher est une autre. Eden avait beau avoir eu quelques rares compagnes, il ne s’était jamais affiché avec comme Jun avait pu être vu dans la presse avec Kaede, ou Lun. Aux yeux d’Eden, c’était un peu scandaleux pour un Japonais. Les futurs employeurs, la famille, le monde, pouvaient voir ce genre d’information. C’était perdre une partie du contrôle de sa vie que d’accepter le voyeurisme des autres.
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Mer 5 Nov 2014 - 18:41


Jun tira longuement sur la cigarette gracieusement prêtée par son camarade de jeu et en le voyant reprendre enfin sa manette, le jeune homme s'apprêtait alors à reprendre une partie intensive, aidé de quelqu'un qui gérait mieux que lui, visait bien et semblait avoir l'habitude de se faire attaquer de toutes parts, par ces monstres hideux. Bon il ne s'en était pas trop mal tiré. Quand il ne fallait pas faire attention au nombre de munitions restantes, ça allait plutôt pas mal et il y avait beaucoup moins de pression dans l'air. Et puis, si Jun étai relativement concentré dans le jeu et son ambiance pour sursauter quand il fallait, il ne prenait pas tout ça au sérieux. Non en fait, contrairement à beaucoup de personnes de son âge, plus jeunes, ou plus âgés, il ne prenait aucun jeu vidéo au sérieux et s'il l'un d'eux avait le malheur de le mettre en rogne, il l'abandonnait sans aucune culpabilité, voir le revendait pour en acheter un autre. C'est vrai quoi, c'était fait pour se détendre, pas pour faire bouillir de frustration le joueur. Enfin du moins c'était la façon de penser du petit prince vis à vis de n'importe quel jeu vidéo du monde.

Le populaire fronça les sourcils soudainement, quand le menu du jeu apparu sur l'écran et un sursaut le prit quand « Kyoshi » Eden sauta sur ses pieds à côté de lui. Mais qu'est ce qui lui prenait tout à coup ? Il s'était assis sur une punaise ? Il avait oublié de prendre sa pillule ? Jun ricanna tout seul de sa blague nulle et restée intériorisée dans son esprit, mais sa curiosité lui fit poser la manette alors qu'il jaugeait le jeune homme du regard. Une sortie des chiens ? Maintenant ? Dans le froid ? Le blondinet jeta un coup d'oeil à l'écran, l'arrêt sur l'image était assez inquiétant d'ailleurs, en regardant bien. Alors il avala son verre d'une traite et se leva aussi pour accompagner la fine équipe dehors, puisqu'il en était ainsi. En fait, peu lui importait réellement de finir cette partie. Il avait simplement besoin de compagnie.

Le froid lui mordit les joues, mais il l'oublia bien vite, réchauffé lui aussi par l'alcool. Le jeune Masato alla se poser tout près d'Eden, et fourra une main dans sapoches pour regarder les chiens se retrouver avec une joie sincère qu'ils manifestèrent en chœur. L'autre portait la cigarette roulée par son hôte quelques minutes plus tôt. Mais ce qui l'intéressa le plus, ce fut l'expression tendre sur le visage de la racaille, qui le surprit et l'impressionna beaucoup. Pourquoi les gros durs préféraient toujours les animaux ? Quand il voyait Makkuro avec son énorme serpent, si doux, si calme, si tendre... Il en venait à trouver ça beau bien qu'assez amusant.

Haussant un sourcil, il se tourna vers son aîné à sa demande, hochant la tête comme seule réponse, curieux de connaître sa question. Et il resta sur le cul. Tout simplement.
D'abord il eu un moment de recul, puis il éclata de rire en secouant la tête.

- Tu t'entends... ? Tu es clairement entrain de me demander pourquoi j'assume d'être moi ? De me demander pourquoi je ne m'écrase pas, pourquoi je lèche pas les pieds de ces gens trop fermés, trop arriérés... devant une société pleines de tabous qui estime encore qu'on devrait tuer un enfant qui a un handicap. Tu me demande pourquoi je ne me cache pas aux yeux d'une société qui ferme les yeux sur le suicide des jeunes de leur nation.

Jun savait au fond de lui, que la question d'Eden n'était pas une provocation, mais il ne pu empêcher cette moue dégoutée qui déforma ses traits alors qu'il reprenait.

- Pour toi on est beaucoup plus digne en se cachant plutôt qu'en assumant ce qu'on est ? Je suis désolé, papa Ours mais je crois, non je suis sûr même, que tu as tord... La dignité, la fierté c'est d'affirmer ce qu'on est sans se faire écraser par une vision trop étroite de la vie. Les évolutions de notre civilisation ne se sont pas faites grâce à ceux qui se cachaient mais bien par ceux qui étaient dignes et fiers de ce qu'ils pensaient, et de ce qu'ils faisaient.

Le jeune homme se met à soupirer alors qu'il repense à ses amants, et à la manière dont il a aimé taquiner la morale japonaise dans les rues de Keimoo, et celle qui l'avait laissé tranquille dans les rues de Paris. Il repensa à son père qui l'avait surprit entrain de grimper avidement sur Kaede dans son propre salon. Il revoyait sa tête, sa fureur... Et là, devant Eden, il se mit à rire de nouveau avec bonne humeur, le visage rayonnant en se tournant de nouveau vers ce drôle de personnages aux questions qu'il trouvait un peu idiote cette fois si, ou du moins c'est son raisonnement qu'il trouvait idiot.

- Tu veux savoir pourquoi je m'affiche sans honte papa Ours ? Parce que j'ai beau préféré dire ouvertement que je suce pas que des glaces, au moins je baisse pas mon pantalon devant la société en craignant son regard. Je suis fier de ce que je suis, de qui je suis. Je suis un individu et je ne vie pas qu'à travers ma famille, qu'à travers les gens qui me jugent et qui me regarde. C'est ma vie, pas celle de mon père, ni celle de mon président. Si je m'affiche qui sait, c'est peut être que j'en ai dans le pantalon même si j'aime me faire sauter.

Sa voix est douce malgré tout, il sourit et s'approche de son aîné, en soufflant doucement.

- Tu penses que nous, les gays, nous n'avons pas d'honneur ? Pas de considération pour notre famille parce qu'on refuse de leur faire des petits enfants ?

Il rit de nouveau.

- Je sais pas si je dois trouver ça adorable ou déprimant. J'ai un honneur, et je le trouve dans la force qui me fait me lever tout les jours en me disant que je suis quelqu'un d'exceptionnel au même rang que tout les autres. J'ai le droit d'exister pour moi. Ma vie , elle est maintenant et ce n'est pas à l'âge de mes parents que j'ai envie de me réveiller, frustré et aigri parce que j'aurais voulu vivre pour leur faire plaisir, simplement, ou du moins pour ne pas trop les secouer.

Il enlace Eden, terriblement proche, une proximité presque sensuelle et sourit plus largement.

- Je m'affiche parce que je refuse de vivre caché. Je mérite mieux qu'une vie de rat apeuré. Et j'ai la chance de pouvoir le faire, parce que je suis riche, que les gens qui m'entourent, hormis mon père sont pas trop cons, quand d'autres mecs comme moi, pour éviter de se faire maltraiter par tout leurs quartiers, sont contraint de faire semblant. A la limite, je préférerais même m'afficher pour eux.

Puis il le lâche en soufflant la fumée avec un air de nouveau neutre.

- Pourquoi ça t'intéresse ?
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MessageSujet: Re: Killing in the name   Jeu 2 Juil 2015 - 4:34


Avec le temps, Éden s’était habitué aux comportements saugrenues des orientaux et à leurs proximités parfois dérangeantes. Il n’aimait pas justifier ses paroles et autorisait le garçon à penser ce qu’il voulait d’elles. Éden n’avait pas une apparence très douce et ne semblait pas vouloir construire une image tendre de lui. Ce fut pourtant avec une tendresse, un peu rude, qu’il déposa sa main rêche sur la joue de Jun Masato. Puis, il la retira et donna une petite pichenette sur le front de son homologue. « Je suis un homme curieux. »

Au fait, les homosexuels avaient toujours exigé et existeraient toujours. Ils étaient en droit de demander un respect, là où on pouvait leurs accorder. Difficile toutefois de vivre dans un monde où dans certains endroits, on nous tuerait ou nous rejetterait pour nos penchants sexuels. Pour Éden, c’était comme ces deuxièmes enfants de certains pays chinois. Ceux qui n’avaient pas le droit d’exister et vivaient cachés en prenant une autre apparence. Certains avaient voulu être reconnu, avaient manifesté devant la justice et s’étaient fait fusillés. Aucun survivant. N’auraient-ils pas mieux de rester caché ? Éden n’en savait rien. Sans doute car la psychologie et la littérature l’avaient toujours moins attiré que les sciences et les mathématiques. Face au brouillard des mots, la solidité de la réalité est un moyen d’échapper aux créatures imaginaires des hommes.

« Je pense que t'as le droit d'être qui tu veux bonhomme, et que j'ai rien à dire sur le sujet. »

Pour l’homosexualité, il pensait exactement la même chose. A quoi bon vouloir se le placarder sur le front, quand nu on peut le cacher ? Pourquoi ne pas simplement jouer le jeu qu’on avait devant soi. Au lieu de dire « Je ne cherche pas à provoquer, je cherche à être respecté. »

Parfois, Éden avait également le raisonnement inverse. A quoi bon jouer le jeu que les autres veulent quand on est mal à l’être ? C’était entre ses deux questions qu’il naviguait lui-même. Pas pour une question de sexualité – il ne se la posait pas et s’en fichait totalement – mais simplement pour une question de famille. En tant qu’aîné était-il vraiment obligé d’assumer la charge des ses petits neveux et petites nièces, de montrer un bon exemple, de répondre aux exigences des grands-parents, arrières-grands-parents, oncles et tante ? Devait-il forcément toujours laissé passer ses propres ambitions pour répondre à celles qu’on attendait de lui ?
Certes, il se rebellait à sa manière. En frappant, en volant, en traînant tard la nuit, mais il suivait la carrière qu’on voulait de lui, ne loupait jamais une réunion de famille et s’assurait tout de même de pas « trop » entaché la réputation. De sorte, que sans doute, en continuant sur cette voie-là, on dirait plus tard de lui : « Il a fait quelques bêtises de jeunes, mais il s’est calmé. »

Est-ce vraiment ainsi qu’il voulait terminer ? Il n’en savait rien. Évidemment, il y avait actuellement une ligne droite qu’il suivait. Dans quelques mois, elle changerait. Que pouvait-il en savoir actuellement ? Eden n’aimait pas se prendre la tête, il ne pensait pas souvent à l’avenir proche, et visait un avenir lointain sans s’en préoccuper. Il restait un étudiant ordinaire, comme tout à chacun. Il lui arrivait de stresser pour un examen, de se prendre la tête pour un béguin passager ou pour des relations amicales. En règle générale, il tranchait rapidement dans le vif.
Un examen raté le motivait pour réussir tous les autres. Un béguin ? L’amour c’était de la merde, alors à quoi bon s’en inquiéter ? Quant aux amitiés. A part son meilleur ami, il ne se prenait jamais la tête trop longtemps. Il n’avait besoin d’aucun ami et aucun ami n’avait besoin de lui. Jamais il ne deviendrait dépendant des autres comme ce pathétique blond qui lui servait de colocataire. C’était ainsi qu’il pensait, aussi, aujourd’hui. Cela changerait. Tout changerait. Et il n’en avait pas encore idée.

Le froid mordant lui giflant les joues, Eden appela les chiens qui rentrèrent à l’intérieur de la maison. Il se saisit brutalement de Jun et l’entraîna dans la maison.

« Tu veux dormir ici ? J’ai une chambre de libre … Navré, hein, j’ai du boulot demain, je suis claqué, et je veux me reposer. »

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