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 L'Artiste et la Muse [Tsu]

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Jun Masato

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MessageSujet: L'Artiste et la Muse [Tsu]   Sam 1 Fév 2014 - 21:01

Les cours étaient terminés depuis quelques temps maintenant et tout les élèves devaient vaquer à leurs occupations. Les athlètes de l'école avaient disparu dans les installations sportives, les artistes dans les salles qui leur étaient réservées pour leurs activités respectives. Jun traversa rapidement la cour et les couloirs pour saluer certains membres de ses propres clubs. Il avait rejoint celui de musique depuis longtemps, et celui de couture plus tardivement malgré son intérêt depuis longtemps présent pour ce domaine.

- Désolé aujourd'hui j'ai un truc à faire je peux pas rester !

C'est ce qu'il avait déclaré en pianotant rapidement sur un clavier. Au passage, il embrassa la joue de la présidente mais avec son petit tour du propriétaire, l'heure tournait et il devait récupérer ses affaires, courir jusqu'à chez lui, peut être, puis rejoindre son rendez vous secret. Car oui personne ne semblait savoir où il filait, pressé, mais avec le sourire aux lèvres malgré tout. Peut être que ça allait faire jaser certains petits groupes d'observateurs traînant encore dans les couloirs à cette heure, mais Jun n'en avait... pour ainsi dire, rien à cirer. Après tout le moindre geste anodin, dans une école, pouvait paraître suspect et couvrir toutes les pages de journaux et de blogs le lendemain.

D'ailleurs son rendez-vous aurait pu être matière à potins, il y songeait en fourrant ses affaires dans son sac, puis le casier claqua sèchement pour se refermer et il repartait déjà dans un rythme effréné. S'il était en retard, il n'avait pas pris le temps de s'en informer et Tsu serait patient. Bon d'accord Tsu Rozen n'était pas spécialement patient mais avec lui ça allait, et puis après tout c'était pour de la photo qu'il le retrouvait, aussi savait-il qu'une fois l'appareil entre eux, son retard, petit retard, serait oublié. Enfin il espérait. Et rien ne garantissait que le photographe soit à l'heure.
Le métisse se demandait même si pour une fois il ne serait pas en avance. Les artistes sont tellement lunatiques.
Les deux jeunes hommes s'étaient rencontrés au lycée, retrouvés dans la passion de Tsu et l'intérêt de Jun pour la photographie et de fil en aiguilles, ils en étaient venus à se retrouver pour des séances : l'un en modèle, l'autre en artiste. Il se souvenait encore des premiers essaies, de la demande de Tsu, et il ne regrettait pas une seule seconde ce partenariat qu'il appréciait énormément.  Plutôt attaché au jeune photographe, il ne disait quasiment jamais non à ses idées, et il avait d'ailleurs toujours hâte de voir ce que Tsu avait dans la tête cette fois ci. Le blondinet n'aurait pas sû dire exactement ce qui l'attirait dans leurs sorties : l'art, l'attention, les fous rires, voir un passionné à l'oeuvre, participer à sa passion ? Tout à la fois probablement. Il y avait pris goût c'était certain et entre ses habituelles taquineries envers son ami, il avait même commencé à sous entendre que leurs petites aventures artistiques lui manquaient. Chiante la muse ? Tout à fait.

Si au début ils s'étaient limités à la salle du club photo, les garçons s'étaient rapidement donnés rendez-vous dans des tas d'endroits différents, l'art n'avait pas de limites après tout.
Jun regarda l'heure, remonta les messages de l'artiste et se figea.

- La bouffe !

Décidément, quand on a pas de tête, on a des jambes. Par chance, il trouverait de quoi nourrir leurs estomacs sur la route, en se demandant si Tsu y penserait aussi. Non pas qu'il sous-entende que le jeune homme pouvait être parfois trop obnubilé par une idée de photos qu'il oublie quelques points vitaux du déroulement de l'existence humaine, mais sait on jamais.
Jun regarda enfin l'heure, en soupira de soulagement. Visiblement sa pointe de vitesse avait payé. Ils avaient rendez-vous dans un quartier tout particulier et pourtant bien connu du Japon, servant à cacher les histoires de mariages ratés, les amourettes de jeunes adolescents en fleurs et autres sujets tabou sur cette chère île. En effet, l'idée avait été de se retrouver près des Love Hotels pour exploiter ce cadre et cette ambiance.

L'idée avait beaucoup fait rire Jun, et il imaginait déjà les rumeurs si on les trouvait par hasard là bas. Mais ça ne l'avait visiblement pas arrêté car un sac sur le dos, et deux sachets plastiques dans la main, il marchait tranquillement vers le coin de rue où ils s'étaient donnés rendez-vous. D'ailleurs le concept de ces hôtels visiblement acceptés par la société japonaise, une partie du moins car ils étaient toujours là, lui avait toujours plu même s'il n'aurait su dire pourquoi.

Sur le chemin, il envoya un message à son camarade.
« Je suis là, par contre c'est toi qui a les idées, donc pour la chambre alors je t'attends. Ah et j'ai pris de quoi bouffer. ♥ ♥ J. »

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Dernière édition par Jun Masato le Mar 11 Mar 2014 - 11:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Artiste et la Muse [Tsu]   Mer 5 Mar 2014 - 18:32

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Coincer ma bulle dans ta bulle.


    J’ai, des fois, cette mauvaise habitude de détester tout ce qui dépasse de mon corps. Un épi mal dressé, un ongle plus long que les autres. C’est de là que vient peut-être le fait que j’ai l’impression de constamment, du moins ultra souvent, détruire la totalité. Dans la destruction, tout est égal, rien n’est différent, à modifier. Et c’est parce que je passe du temps à peaufiner des trucs comme un con, que j’arrive en retard. Pour ça et aussi parce qu’arriver à l’heure, ça ne donne aucun prétexte à l’autre de pouvoir râler. Laissez – moi me convaincre que je fais bien. Laissez – moi me justifier pour me sentir un peu moins merdeux. Je saute du pieu, je retourne le miroir face contre le mur pour ne pas avoir envie de décéder à cause des sacs de pommes de terre que doivent être mes cernes ou pour savoir comment me coiffer. J’enfile rapido un pantalon en prenant soin de passer la ceinture sous toutes les boucles prévues pour. Puis, j’avise vite fait un polo encore taché de bolognaise de la veille. Des fois, j’aime bien me prendre pour un porc. Je ferme le sac qui hurle de cliquetis métalliques lorsque je passe sa bandoulière sur mon épaule. Je tourne la clé, l’odeur de Kei flotte encore dans les airs. Mais ça fait longtemps qu’il n’est pas revenu. Peut-être m’oublie-t –il ? J’ai déjà un quart d’heure dans la vue. La vite de la fenêtre me renvoie un reflet que je préfère taire. J’ai l’air d’un navet avec une touffe. Je hausse les épaules avant de refermer la porte : Jun a l’habitude, lui. Jun est beau.

    Ce qui me plait chez toi.
    Ta façon démodée de jouer avec tes grands airs. Princesse, tu te tords dans toutes les positions, dans tous les secrets pour laisser l’objectif te transformer, évaporer ce que tu es en autre chose, en un tas d’autres particules qui ne sont pas toi et que la lumière seule sait métamorphoser. J’aime le grain de ta peau illuminé autrement, le rythme de tes battements de cils et ton sourire expressif, provocateur, qui laisse l’autre deviner s’il est victime ou coupable. A jamais, Jun, tu défies ceux qui te regardent, du haut de ton trône. J’aime aussi que tu viennes toujours, à nos rendez-vous, à nos espaces intimes où le temps et la vie sont ailleurs, dans la morosité publique. Tes caprices me séduisent et parfois, quand je cligne trop fort des yeux, je me souviens de Kuro, je me souviens de son torse d’enfant défait sous les draps. Tu es intemporel, Jun, tu es la liaison de tout ce que j’aime et tu n’imagines pas combien c’est précieux, de pouvoir compter sur l’assurance d’avoir encore quelqu’un qui sait nous inspirer, nous aspirer. Dans tes boucles blondes, je me perds. Je m’éprends. Je te prends.

    J’arrive avant toi.
    Egoïstement, je projette de choisir l’hôtel, le thème, et de payer. Je sais cet hôtel miteux, mais je sais aussi ce qu’aujourd’hui, je veux faire de toi. Jun ne m’a jamais dit non. J’ai deviné son corps sous trop d’ombres, sous trop de textiles déjà. Une princesse dans un trou à rat, voilà de quoi m’étouffer le crâne d’idée, de quoi me lobotomiser pour purger le trop plein de pensées qui dérangent. Viens, Jun, te faire maquiller à nouveau. Lorsque je sélectionne sur l’écran la pièce que je désire, j’ai l’impression de nous enfermer dans une boîte à bonbons. Avec un sourire en coin, je parviens à lire « Chambre 107 : Marie Antoinette » très furtivement avant que l’écran principal ne réapparaisse. Je déplie le matériel, je fais quelques mises au point. L’endroit est plutôt surprenant, je suis désormais un photographe jonché entre des coussins aux couleurs miel et framboise, d’un lit à baldaquins aux tournures baroques et fleuries, les tapis sont d’une autre époque et les fenêtres dorent la pièce d’un soleil trop réveillé. Il est temps, Jun, ici est ton royaume. J’enlève le manteau, je sors quelques fringues que j’accroche à la poignée de porte. Nous avons la même corpulence mais toi, tu as la grâce, veinard. Tu as la grâce et moi, dans ma poche, j’ai le téléphone qui vibre.

    Boucled’Ortoutenue a écrit:
    « Je suis là, par contre c'est toi qui a les idées, donc pour la chambre alors je t'attends. Ah et j'ai pris de quoi bouffer. ♥ ♥ J. »

    Je lance le téléphone sur un fauteuil capitonné et je fonce dans les escaliers où la moquette fait danser sur elle-même la poussière, à travers les rayons du jour. Toutes les chambres ont dû m’entendre faire l’éléphant en sautant trois par trois les marches. Si j’avais pu, j’aurais voulu faire le gosse et glisser directement sur la rampe pour arriver plus vite jusqu’à toi. Pas de bol, je deviens trop vieux et à chaque pallier, la boule de fin de cette fichue rampe pourrait royalement me briser les burnes. J’imagine la tronche de Kei s’il voyait mes testiboules amochées. L’odeur d’un riz tout chaud m’extirpe de mon rêve et par réflexe, j’humidifie mes lèvres quand mes yeux se posent sur toi. Ta silhouette se dessine à l’extérieur, tourné vers la route, à m’attendre. A l’évidence, la première photo de l’après midi aurait dû être celle-ci.

    Les portes automatiques ont failli se refermer sur mes lacets défaits.
    Je t’envoie une pichenette sur le haut du crâne pour que tu puisses te rendre compte que j’existe. En te retournant, tu fais peur aux oiseaux de l’autre côté de la rue. Je ne prends pas le temps de t’observer en détail tout de suite : je ne veux pas tomber amoureux trop vite. Je me contente de te tirer par la manche jusqu’à l’intérieur du hall. Inévitablement alors, je te vois. Et tu sais quoi ? Je préfèrerai me crever les yeux plutôt que de te voir aussi radieux. Mais ça fait rien, tu sais, ça fait rien si ça fait un peu mal, ça a toujours été comme ça. Modèle parfait.

    - Yo, Cendrillon ! Content d’te voir, vilaine chose.

    Je me précipite ensuite sur les paquets qui excitent mon estomac.
    Je les monte, en imaginant que Jun me suit. C’est peut-être la seule situation sur Terre où je suis devant lui. J’entends ses pas, c’est bon signe, sauf s’il envisage une cruelle grève de la faim. J’ouvre la chambre et le laisse observer le cadre. Une odeur de linge propre rencontre celle des onigiris chauds. Je sors de mon sac deux bières chinoises. Je pactise avec l’ennemi, que voulez-vous, j’ai toujours été comme ça, rebelle, cheveux au vent.

    - Tu fais chier à être mignon tout le temps.

    Je ferme les yeux.

    - Merci d’avoir pensé à notre repas de mariage.

    Je m’affale sur le lit,
    C’est à mon tour, de t’attendre.
    J’entends le parquet craquer
    Mon cœur se fendre
    Quand j’imagine un peu qu’avec moi
    Tu puisses être tendre.


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Spoiler:
 

Citation :

-Allez Kei, Si tu continues à faire cette gueule d'enfant sage, mes hormones vont prendre le contrôle. Et ce n'est pas ce que tu veux n'est - ce pas? Toi, le doux puceau, tu imagines le drame ?! Alors arrête de me tenter. Puisque tu es si impitoyable avec moi, je vais m'étaler sur ce banc de tout mon long, et tu ne pourras pas t'asseoir. . . A moins bien sûr que tu veuilles t'allonger sur moi?

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Jun Masato

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MessageSujet: Re: L'Artiste et la Muse [Tsu]   Mar 11 Mar 2014 - 1:30

Je pensais que cette réponse serait mieux ><.

Fidèle au rendez vous qui éveille en lui une éternelle impatience et une curiosité brûlante, le franco-japonais attends son camarade, immobile devant les portes de l'hôtel en glissant son téléphone dernier cri dans sa poche – oui celui ci rentre dans une poche - . Le jeune homme se tient droit sans pour autant paraître raide, dans un pull un peu large qui accentue la finesse de ses jambes serrées dans un jean, le vent agite ses mèches décolorées et il tapote le sol du bout de sa bottine en cuir dans un rythme très régulier. Son regard scrutant la rue trahit sa pensée alors qu'il ressert son écharpe, il est persuadé que Tsu arrivera en retard. Aussi quand il perçoit des pas derrière lui, une porte qui s'ouvre, tellement peu persuadé qu'il s'agit de son ami, qu'il se fait lamentablement surprendre par la petite attention de retrouvailles. Il a d'ailleurs sursauté, gonflé les joues, la flopée d'oiseaux s'envolent dans un battement d'ailes presque synchrone alors qu'il se retourne. Pas même le temps d'un sourire qu'il est happé dans le tourbillon qu'est le monde de Tsu, et il s'y jette sans protester.

Jun se met à rire à sa remarque, et il n'a pas été longtemps traîné, l'odeur des bons plats japonais semblent avoir attiré le photographe et il lui laisse les sacs sans rechigner, sans pour autant se laisser distancer. Il passe avec Tsu les portes de l'hôtel et ne le lâche pas des yeux en marchant dans ses pas. Si l'artiste à l'air pressé, sans s'être inquiété de l'état d'esprit de son modèle, ce dernier ne s'en soucis pas. Il aime le rapport que ce garçon à avec lui et ça n'avait rien à voir avec un égo flatté. Jun le suit parce qu'il est fasciné par ce qui fait cette intimité dans lequel il aime entrer lors de ces rendez vous qu'il ne raterait pour rien au monde. Il aime faire partie de cet univers, y participer et n'a d'ailleurs pas l'impression d'en être vraiment le centre.

- Moi aussi j'suis content de te retrouver honey, tu manquais à ta vilaine chose.

Leurs pas ont, de nouveau, envahit les couloirs de l'hôtel miteux, dans un désordre savoureux jusqu'à la porte de la chambre. Lumineux et souriant, Jun attend que Tsu ouvre la porte de leur nouveau jeu, semble attendre une fraction de seconde sur le pas de la porte avant de se glisser à l'intérieur et de la refermer derrière lui pour découvrir le décor. Il n'avait pas pris la peine de demander des explications à Tsu sur le chemin, il ne l'avait pas non plus appelé pour savoir. D'habitude le populaire est d'une curiosité maladive et capricieuse mais avec l'artiste, il savoure chaque minute de surprise aujourd'hui.
L'endroit le charme immédiatement par son ambiance. Il se sent prince et princesse à la fois, dans ces couleurs vives et ce décor rococo qui lui donne, à lui aussi, l'impression d'être enfermé dans une boite molletonnée, une maison de poupée. Il tourne un peu sur lui même, effleure les rideaux qui parent le lit, pose ses yeux sur le tapis, le sourire jusqu'aux oreilles. Comparé au couloir, la chambre a réellement l'air luxueuse, les odeurs de propre et de nourriture chaude donne au lieu un côté confortable, les couleurs et la lumière, ces coussins moelleux le rendent quant à eux, terriblement intime. Alors c'était ça la magie des LoveHotel. Décidément, Jun appréciait de plus en plus le contexte, sa bière chinoise à la main.

- C'est pour ça que je suis là non ? Parce que je suis mignon ! Et de rien, je savais que tu n'aurais pas mangé. Tu as vraiment trouvé une petite merveille.

Du coin de son œil valide, le jeune Masato voit son aîné s'étendre sur le lit à baldaquin et sirotant sa bière d'une main, et d'une bouche gourmande, l'autre retire son écharpe, libérant son cou blanc dans ce col trop large pour lui. Amusé, il jette l'écharpe sur le jeune homme affalé sur le lit, bouge doucement et s'approche, un peu félin. D'abord il s'appuie contre le rebord du lit pour fixer Tsu de son œil valide. Il a hâte. C'est la faute de Tsu, son regard sur lui avait toujours le don de rendre Jun impatient de commencer. Il brûlait de savoir... Et le photographe devait s'en douter. C'était bien un des pouvoirs qu'il avait sur sa muse joueuse et charmeuse, l'attente.

Le choix de Tsu était parfait. Tout ses choix étaient toujours parfait. Jun avait toute confiance lorsqu'il devait se retrouver devant son objectif, devant son œil aiguisé. De l'artiste il aimait tout. La passion qu'il lisait dans ses yeux et cette façon qu'il avait de le regarder ou de regarder les décors, inspiré. Il en éprouvait une très grande fierté et un immense intérêt. Son look débraillé souvent, lui plaisait aussi, lui faisant apprécier leur contraste et leur complicité, artiste absorbé et muse distinguée. Sa confiance se trahissait aisément quand il se pliait aux idées du photographe avec une excitation trop visible, ou un temps de réflexion trop peu long. Jun aimait aussi la détermination de son ami, sa façon de lui parler de ses idées, avant, pendant et après leurs séances photos. Sa façon de parler tout court, ce sweat taché et ces cheveux ébouriffés sans avoir besoin d'y passer la main. Il aimait les jeux qu'il savait instaurer et ce talent qu'il avait pour l'aider à se plonger dans ses personnages.
Il aimait le charmer, c'était indéniable. Jun aime sentir son artiste fébrile à son inspiration.

- Alors le programme Tsu ? Où est ce que tu veux te remplir le ventre avant de me dire quoi que ce soit ?

Il avait vu les vêtements et osait espérer que le jeune homme n'allait pas le faire languir le temps de tout un repas. Sinon Jun faisait grêve... ou viendrait le chatouiller. D'ailleurs, ce dernier s'approche, totalement chat maintenant, et grimpe à genoux sur le lit pour s'approcher de Tsu, et son anachronique apparence si séduisante et amusante dans ce décor du passé. Il se penche sur lui pour passer sa main dans les cheveux sauvage de son ami avec une certaine douceur. Muse tactile et enjouée qui s'est retenu de fouiner partout pour retrouver correctement son photographe maintenant qu'ils sont posés, dans leur nid à idées. Il ne cherche pas à cacher son impatience, Tsu sait.
Il sait aussi que Jun l'écoutera, mais avant toute chose, le jeune homme rapproche la nourriture et effleure la joue du garçon.

- Je suis toujours mignon mais toi, depuis combien de temps n'as tu pas dormis ? Hm ? Tu as plutôt intérêt à être en forme aujourd'hui, et pas uniquement pour le repas de mariage.

Son ton est plus inquiet que sévère. Il a un œil doux en passant de nouveau sa main dans ses cheveux pour les ébouriffer bien plus, inutilement avant de le relâcher.

- En fait... Je peux plus attendre Tsu... Parles moi de tes idées.

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MessageSujet: Re: L'Artiste et la Muse [Tsu]   Sam 28 Fév 2015 - 22:43

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    Mémoire temporaire.
    Il m’attendait, et j’aimais ça. Faire durer la surprise l’obligeait à me regarder, et cette petite tension égoïste me laissait jubiler intérieurement. Car concrètement, Jun, c’était ça. Il était l’allure majestueuse mais teintée d’un profond respect pour les choses qui avaient su gagner son estime. Il autorisait, par petites touches, qu’on touche à son impudeur, à ses petits secrets flattés, à ce genre petites pensées oisives que l’on ne se raconte que lorsqu’on est seul et que personne ne nous entend. J’avais beau être le metteur en scène, Jun, inconsciemment, manipulait tout. Autour de lui volaient des idées mêlées de charme d’une habileté presque candide. Jun jouait avec tout, laissait danser les images et les couleurs, jouait d’une facilité extrême avec n’importe laquelle de mes envies. Il aurait été mentir de ne pas avouer qu’il pouvait faire l’objet de précieux fantasmes. Il aurait été mentir de dire que je ne l’avais pas aimé, parfois. Léger détail, quand on n’est rien, rien qu’un putain d’épouvantail.


    « Alors le programme Tsu ? Où est ce que tu veux te remplir le ventre avant de me dire quoi que ce soit ? »

    Et puis, du bruit, des mots, son odeur.
    Il a décidé de briser le silence en une petite phrase simple et expressive, rien d’imprévisible. Il me laissait toujours le choix, je jouissais toujours avec le modèle qu’il était d’une singulière liberté. Il avait dû sentir la fébrilité de mon estomac, l’influence exquise de ce parfumfaim d’amour que contenait ces petits sachet plastiques. Mes yeux n’ont pas même eu le temps de s’ouvrir que la muse blonde essayait déjà de me tenter. Même si je m’efforçais de les fermer à nouveau, je sais que Jun jouerait à hanter mon sommeil artificiel. Finalement, la question serait plutôt de savoir avec quoi Jun ne joue pas. Avec son cœur ?
    Je sens ses ongles repousser en arrière ce qu’il reste de mes mèches. Une sensation de vent léger se perd sur mon front. Ma vision se précise et retrace les contours de douce réalité. Il me tend une petite chose que j’accepte volontiers.


    « Je suis toujours mignon mais toi, depuis combien de temps n'as-tu pas dormi ? Hm ? Tu as plutôt intérêt à être en forme aujourd'hui, et pas uniquement pour le repas de mariage. »

    D’un élan bref, je me suis redressé. En déballant les boîtes, j’ai réfléchi à comment le vêtir, le dévêtir, de quel point de vue, sous quel angle. Et plus je le regardais, plus je calculais la profondeur de mes photos, de son image, du souvenir. On n’est jamais vieux sur les photos. On est toujours un autre reflet, une autre partie. Un inconscient immobile, figé, qui nous fixe et nous demande ce qu’on est devenu, depuis, si on a des enfants ou un chien, en pointant du doigt des moments arrêtés qui nous reviennent en pleine face comme le plus perfide des boomerangs. Vous n’imaginez pas à quel point les images peuvent être des témoins dangereux ; combien elles vous trahissent. Vous n’imaginez pas que toute votre candeur s’y glisse. Rien de bien grave, rassurez – vous, c’est un mal pour un vice.

    - Depuis que je n’ai pas lâché l’animal?

    Grossier Personnage.
    Ou bien mauvaise plaisanterie. Je sortais de son étui rigide l’appareil tout clinquant que j’avais déniché dans un vide-studio -Vous faîtes des vides greniers, je fais les miens- en fin de vie. J’éloignais le bijou de pixels pour servir Jun qui illuminait la pièce d’énergie et bouillonnait d’impatience. Je savais pertinemment que la cruche était pleine, mais je voulais voir jusqu’à quand il tiendrait… Ou plutôt, comment il craquerait. Parce que c’était évident : il allait trépigner. Faîtes qu’il trépigne.


    « En fait... Je peux plus attendre Tsu... Parles moi de tes idées. »

    Vlan !
    La bouche pleine et les mains grasses, je le regarde, stoppé. Je m’amuse à mâcher au ralenti pour le faire enrager, puis je désigne du menton les différents tas de vêtements, posés ça et là. J’avale trop vite et la bouchée vient protester à chaque centimètre dans ma trachée. Je m’essuie les mains sur une des serviettes papiers, puis sors un carnet de croquis rapides.


    - J’aimerais avoir une lumière naturelle et prononcée, sans avoir besoin de la refléter, donc en fait, si on commence maintenant, ce serait idéal. Si on met trop de temps, tout va devenir fade. Même si ça a un côté rétro, ce n’est pas comme ça que je te veux. Nous avons une heure trente ici. Après, comme d’hab’, nous verrons.

    Je viens défaire les draps, je lui donne un cintre sur lequel est posée une veste aux allures de dandys d’autrefois. Je saisis un autre cintre vide et de l’objet, j’effleure son épaule, son front, puis son autre épaule. Un sourire étire ma bouche.

    - A partir de maintenant, je te fais Marie-Antoinette. Amen.

    Je lui explique ensuite rapidement qu’il me faudra une pose dans la baignoire, une autre face à la fenêtre, une avec la canne, une comme il le voudrait. Je voudrais qu’il fleurisse d’idées. Je voudrais qu’il me montre comme il est beau. Il n’existe rien d’autre que Jun ne sache mieux faire. Je laisserai mes mains retailler sa cambrure, modeler ses mains. Je positionnerai ses doigts et pour une heure au moins ; il serait à moi.

    - Alors, Jun. Tu joues ?


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-Allez Kei, Si tu continues à faire cette gueule d'enfant sage, mes hormones vont prendre le contrôle. Et ce n'est pas ce que tu veux n'est - ce pas? Toi, le doux puceau, tu imagines le drame ?! Alors arrête de me tenter. Puisque tu es si impitoyable avec moi, je vais m'étaler sur ce banc de tout mon long, et tu ne pourras pas t'asseoir. . . A moins bien sûr que tu veuilles t'allonger sur moi?

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