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In a decade, will you be there ?
 
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 Je ne me tape pas ma mère.

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Œdipe L. Jefferson

Œdipe L. Jefferson

Bélier Buffle Age : 34
Compteur 15

KMO
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MessageSujet: Je ne me tape pas ma mère.   Je ne me tape pas ma mère. EmptyJeu 7 Nov 2013 - 23:07


Je ne me tape pas ma mère. 1383862010-lll

    Le frisson Ardent.
    Brûle d’abord ma joue. Il se dirige ensuite comme une brise légère, et  parcourt mon corps quand je lève les yeux vers la pendule. C’est ton heure, Leah. C’est ton heure, lève-toi. Dans la salle carrelée, le miroir me renvoie l’image que je lui donne. Un reflet de jeune vieux grimaçant, qui s’astique les dents jusqu’à se faire saigner les gencives. Le silence de la pièce me surprend à observer comme un enfant le liquide écarlate se mêler  à ma bile dans d’étranges spirales. Je ne travaille pas encore. Mais je me mets en condition, car il faut que ce soit parfait ; il le faut.
    Je serre le nœud de mon écharpe sans avoir pris le temps de m’apercevoir que les boutons de mon manteau sont mal fermés. Tout se défait et moi, comme un con, je ne vois rien.
    En passant la porte comme un amant envolé, je glisse dans la vaste poche de mon trench un bloc de post – it. Je dois noter des choses. Je note toujours des choses, que je recopie trois fois avant d’oublier. C’est une habitude stupide. C’est aussi un toc. Mais la deuxième formulation vous connotera une personne vulnérable, ou ayant des incapacités. Un toc n’est pas juste un toc, pour le reste du monde. Je crois que c’est une des choses assez triste de notre planète. Un peu comme quand on espère avoir du pain chaud en se rendant à la boulangerie, et que l’on se retrouve avec la baguette trop cuite, trop dure, trop froide. Vous êtes autorisés à trouver cette dernière phrase sale et sexuelle, c’est cadeau.
    Les réverbères de la rue sont toujours allumés. Il est Cinq heures.

    Dans le bus, on reconnait toujours les mêmes personnes.
    Je décide de suivre le trajet jusqu'au terminus. Ça prendra bien une heure ou deux. Et si celles – ci changent, c’est qu’il y a d’autres volontaires pour jouer les mêmes rôles. En doublures accomplies, elles se chargent de faire durer, le temps d’un voyage, la divine comédie vivante du transport en commun. Vous trouverez l’impoli qui parle fort au téléphone et qui exhibe sa musique et sa gueule longue comme ça, la jeune timide discrète qui sourit au premier message reçu, la personne âgée silencieuse qui respire fort et regarde par la fenêtre. Elle agonise à l’idée simple de devoir se redresser et faire craquer son dos pour descendre à l’arrêt prochain. J’aime observer les autres sans battre des cils. C’est une sorte de besoin viscéral. Ce sont mes rats. Mes rats d’amour. J’expérimente, je note, je griffonne, puis je passe à quelqu’un d’autre en roulant en boule le petit carré jaune au fond de ma poche. Ne grimacez pas. Ce sont finalement les autres, qui m’utilisent. Ce sont eux, qui communiquent. Je me charge du constat. Je me charge de tout, alors c’est marché conclus, je suppose ?

    Pour me rassurer quand le bus freine trop fort, je serre contre moi la mallette en mauvais état posée sur mes genoux. La poignée usée me hurle de ne plus lever la main sur elle. Je la regarde et je m’excuse télépathiquement. Pathétiquement. J’appuie sur le bouton, j’attends que les portes de la sésame me frayent une issue de secours. Bingo.

    - Au revoir, Merci.

    Je hoche la tête en direction du chauffeur.
    C’est un gros tas qui mâche un chewing-gum blanchi par l’absence de saveur ou par les coups carnassiers qu’il subit. Il ne m’adresse même pas un haussement de sourcil. Je regrette aussitôt d’avoir ouvert le bec. Il est des moments où je voudrais m’auto-lapider. Mais je n’ai pas le temps aujourd’hui ; je veux boire quelque chose. Lire dans le marre. Lire tout court. A chaque fois que j’aime un passage dans un livre, je corne le haut de la page. Pour pouvoir le relire avant d’aller dormir. Pour pouvoir avoir soixante ans avant l’heure et sourire niaisement d’un ensemble de mots qui me mettent des chenilles-papillons dans le ventre. Qui me mettent un peu de joie, un peu de quelque chose.

    La clochette sonne quand je passe l’entrée.
    Il y fait bon, l’ambiance est quasi conviviale. Je choisis rigoureusement une table. Loin des toilettes, loin des courants d’air, des autres ; près du mur. L’ordinateur sort tout seul de la mallette, et j’explique au serveur que j’aimerais un thé au Jasmin. Les livres sur internet me font de l’œil. Leurs prix me dissuadent. J’observe ceux qui jouent aux cartes. Le serveur qui essuie les verres avec un torchon mouillé derrière le comptoir. Je me sens bien.

    En prenant le temps de lire les règlementations de Keimoo, je porte à mes lèvres la tasse juste chaude. Café noir, serré. J’avale avec rancune.

    - Monsieur ? Il y a erreur.

    Le garçon me toise, sûr de lui, et se rend compte.

    «  Ah. Ouais. C’est la commande de la personne là bas.»

    D’une incorrection à toute épreuve. Je souris. D’une violente pulsion intérieure, je le poignarde dans mon imaginaire et l’étrangle avec un fil dentaire.

    « Arrangez – vous avec elle. »
    Me dit –il. Comme une fleur.
    « Troisième table, m’voyez ? »
    Comme une fleur que je piétine en l’arrosant allègrement d’acide Chlorhydrique.

    Songez.
    J’ai bu dans son café.
    Je réalise mon crime seulement lorsque je songe au fait que l’autre puisse avoir eu le même comportement. Impossible d’avaler le liquide amer qui entretient un balai sensuel entre ma langue et mon palais. Mon compagnon d’infortune se lève, vient s’asseoir à ma table.

    - Je peux recracher ?

    Non, je n’ai pas honte.
    Je m’en persuade, d’abord.
    Je m’en dissuade, ensuite.
    Dîtes voir, vous. Auriez-vous bu de mon thé ?



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Dernière édition par Œdipe L. Jefferson le Dim 17 Nov 2013 - 18:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Je crache sur le monde, les gens, toi !   Je ne me tape pas ma mère. EmptySam 9 Nov 2013 - 4:28




Je ne me tape pas ma mère. Sans-t12
Je crache sur le monde, les gens, toi !
 
Un verre de … ouais, ouais, s’il vous plait. Ca vous va ? Là ?
 

Douze putains de longues heures à taper sur un foutu de bordel de merde d’ordinateur pour programmer un abruti de connard de putain de logiciel refusant de fonctionner selon mes principes : Je suis le Chef donc tu exécutes sans broncher ! Ma journée peut se résumer en UN SEUL et unique mot : merdique. J’ai passé la nuit à bosser comme un dingue. Je me suis levé du pied gauche. J’ai gueulé sur mon connard de chien qui s’est enfuit car c’est qu’un bâtard de cleps qui s’enfuie dès que j’oubli de fermer cette maudite porte. Sauf que ce n’était pas moi qui avait oublié de fermer la porte. C’était ce demeuré de Lun Marv qui non content de m’avoir importuné à cinq heures du matin en rentrant bourré d’une coucherie sentant une odeur de crack et tabac des vieux de quarante ans avait oublié d’utiliser ses deux uniques neurones à fermés cette salope de porte.
Je suis montée l’engueuler le sortant d’un sommeil bien protecteur et surtout de MON LIT qu’il avait décidé d’occuper autant de la largeur  la longueur ; et il a commencé à gueuler dessus avec le même bruit aigue qu’une sirène anti-intrusion d’un bâtiment public. Je l’ai frappé. Il m’a frappé. Yui Mizushiro est arrivé et cet fils de … m’a donné tord. Je dois être compréhensif : Lun a des problèmes en ce moment. Con près en slip, c’est bien ça ?

Car j’y étais encore en slip. Après une douche froide car l’autre bâtard de blond avait pris sa douche en rentrant et usé tout le ballon ; et au passage mouillé tout mon lit, je suis allé chercher mes sous-vêtements. EVIDEMMENT. Lun Marv était encore passé par là. Visiblement son tee-shirt rouge qu’il met quasiment chaque jour que dieu fait depuis ce maudit tremblement de terre devait être sale PUISQU’IL l’a rajouté à ma lessive de linge blanc. Pas le temps de chercher d’autres sous-vêtements que ceux roses pralines. Je vous jure que je vais le détruire. Je vais sérieusement lui détruire sa tête de camé avant qu’il puisse avoir eu le temps d’ouvrir les yeux. – J’en ai rien à branler de ce qui le fait chier depuis le tremblement de terre. A parier, il a un souci avec un ami, un amant, sa chérie ou un autre truc dans le genre. Et monsieur l’Egocentrique centré sur lui-même au lieu de dire Adieu à ce qui le gène doit se lamenter sur son sort et oublier dans la boisson avant d’harceler la moitié de son répertoire. DONT MOI. Qu’il aille au Diable, lui et toute sa progéniture.

Mec, je peux en avoir un autre ?

Enfin habillé, je vais à l’université. Cours passionnant de sociologie. Le passionnant, c’est de l’ironie. Je m’endors à moitié sur ma chaise. Le Muqaddima est aussi barbant à étudier qu’à écouter. Je comprends pourquoi les plafonds des amphithéâtres sont hauts : c’est pour éviter un suicide pendant les cours où on se demande POURQUOI on a bougé son cul le matin même pour affronter une pluie en oubliant un éventuel parapluie qu’on aurait oublié ailleurs.
Trois heures plus tard, il est dix heures Je fume dans la cour, je suis posé, tranquille quand un connard de première année vient me voir. « T’as une clope ?
- Non.
- Et t’as quoi dans les mains ? »
Autant dire que j’aurais pu lui répondre sa seule gueule vu qu’il s’est retrouvé projeté contre le mur, balancé sur le sol et légèrement piétiné. Avant qu’un de mes potes décide d’intervenir avec deux des siens pour me faire stopper.

Autre cours, je balance mon programme au responsable qui ne m’adresse pas même un regard trop occupé à mater les seins de la fille juste après moi. Putain de merde d’obsédé d’Otaku.

Après une pause déjeuner avec Clémentine et Lun sur les toits où elle a passé son temps à râler à propos de sa mère qui lui en fait voir des vertes et des pas mures en ce moment et où il a passé son temps à dormir avec un regard si fatigué qu’un instant j’ai songé que Lun Marv était devenu un fantôme : SUPER AMBIANCE. Merci les gars !

Après-midi au boulot. J’ai bossé comme un taré. Le Maire est toujours blessé. A dix-huit heures, je me dirige vers la sortie quand un connard de branleur vient s’en prendre ouvertement à la petite secrétaire car il veut son rendez-vous. Je l’ai gentiment ramené dehors. Sauf que trente minutes plus tard, je recevais un appel qui me disait que ce singe portait plainte car il prétendait que je lui avais cassé le bras.
Quinze minutes plus tard, mon père me téléphonait en pensant me rassurer. « J’ai arrangé la situation. »

Ferme-la. Je t’ai rien demandé. Mais non, je cause pas à vous … connard.

Je suis rentré au Garage. Lun Marv était là avec ses jumeaux qui jouaient avec Yui Mizushiro à faire rouler des roues de vélos avec un bâton. AU MOINS ils savent s’amuser de peu. Lun était sur le canapé, en train de jouer à un jeu dont j’ignore le nom. Avec une meuf aux cheveux courts qui visiblement bute des gens. Il adore ce jeu, je pense puisqu’il y joue toutes les dix secondes. Je me suis installé à coté de lui.
Je lui ai dit : « Il y a un truc qui ne va pas ? »
Il m’a dit : « Casse-toi. »
Je lui ai foutu mon poing dans la figure. Les mômes de Lun se sont mis à chialer. Yui m’a dit de dégager pour la nuit.

Et je me retrouve dans ce putain de bar, installé sur un tabouret du comptoir, à râler intérieurement après le monde entier.

Bon, mec, je dois dire quoi pour être servi ? MERCI.

Je hais les gens ! Je hais ce que les gens nomment l’amitié, l’amour, la vie et le baratin qui veut nous fait croire en des foutaises non palpables. Je hais entendre dire que quand on est gentil, il nous arrive de bonnes choses. Que le Karma existe. On résume, d’accord ?
Je veux bien être un connard qui a mérité que le sol s’effondre sous mes pieds mais Miya et Lawrence, eux, ils avaient fait quoi au bon Dieu pour mériter ce châtiment ?
Je veux bien dire que Lun Marv considère son corps comme un mouchoir servant à l’ensemble de la population perverse de l’académie mais si on considère son passé au mieux et sa gentillesse à la mienne : On peut dire que plus il est souriant, aimable et heureux et plus sa vie est une grosse merde.

J’ai cette chance-là. Je suis jamais malheureux. Jamais ! Je suis de mauvaise humeur, en colère, grognon, vindicatif, fatigué, heureux, joyeux, drôle, violent, mais je connais pas la tristesse. Si je devais en donner une définition, je dirais Lun Marv, car à mes yeux il y a pas plus triste qu’une personne qui se meurt pour les autres.

On a qu’une vie, c’est la notre. Si on perd notre temps à s’occuper de celles des autres, on perd aussi notre propre vie. Et au bout du compte, le autres auront vécu et nous on aura utilisé tous nos points d’expériences à n’être qu’un soutien. Les soutiens, c’est trop de la merde.

Je demande un nouveau verre d’un signe du doigt.

Je tiens heureusement bien le whisky.

Pour compléter ma journée, alors que je me rendais tranquillement dans ce bar, ma mère m’a téléphoné pour me demander de passer noël avec eux. Avec elle et son nouveau mari. SUPER BON PLAN MAMAN. Je vais adorer passer un repas en famille devant le mec qui te baise à la place de mon père, je présume qu’il le faisait plus depuis longtemps, en me parlant de banalité et en me foutant en rogne jusqu’à se ce que je casse l’ambiance en me montrant aussi acerbe que détestable.
Le pire, c’est qu’elle est adorable. Et plus elle est adorable, plus j’ai qu’une envie, c’est de retourner la table, de battre son futur nouveau mari et de défoncer ses enfants au passage.

Un autre verre, MERCI.

C’est comme ça pour tout. Je peux pas m’en empêcher. Quand l’autre connard qui me sert d’ami a un comportement qui me parait stupide, j’ai envie de le cogner jusqu’à ce qu’il comprenne. Quand il va pour baiser ou se prépare pour, j’ai qu’une envie le cogner contre le mur, le prendre et lui demander si comme ça : il va enfin se tenir tranquille.
Il y a que Clémentine qui m’agace souvent mais que je ne veux jamais frapper. Elle est petite, fragile, elle se casserait comme du verre.

Je briserais bien quelques vitrines … Comme dans les films, ce serait marrant ! Avec des battes de base-ball. Il FAUT qu je propose ça au gars.

Je ne sais pas comment j’ai fait pour me retrouvé endormi dans une chambre d’hôtel. J’ai eu boire un peu trop, prendre le peu de génie qui me restait et me payer la chambre. Je me réveille vers sept heures et quelques. Je prends une douche et je quitte la chambre.

Putain, j’ai mal au crâne. J’ai besoin d’un café. Un café noir. N’importe quel café noir. Je me dirige vers le premier café que je trouve ouvert. Cela tombe bien, j’ai pas spécialement envie de causer. Je vais m’asseoir dans un coin du café, retombant lourdement sur la banquette et en grognant je demande un café.

Quelques minutes plus tard, on me sert. Je grogne un merci, le genre de merci qui veut dire : dégage, et je me mets à boire le breuvage. Je ne peux retenir une grimace. Bordel, c’est quoi cette merde ?

Mes yeux fixent la tasse devant moi. Le liquide translucide me retourne l’estomac.

Ok. Ce n’est pas un café.

Patience, patience. Ne t’énerves pas Eden, ne vas pas casser la gueule au serveur. Dents serré, je le vois revenir et je lui grogne d’une voix cassée :
- Mon café.
- C’est ce monsieur qui l’a. Arrangez-vous avec lui.

JE VAIS LE TUER. JE VAIS LE TUER.

Mes doigts se serrent sur la table. Je vais pas encore chercher la bagarre, j’ai fait que ça toute la nuit. Je me redresse, d’un bond, sans un mot. Je me dirige rapidement en direction de l’autre type,  celui qui boit visiblement mon café, sans en être choqué.

Je m’installe devant lui. Mes iris noirs colérique posées la table. Pardon ?

Recracher ?

Je N’Y CROIS PAS.

Non, Eden. Ne casse pas la gueule de ce mec, même si pour le coup il me mérite largement. Ne lui balance pas son thé bouillant dans la gueule.

… 
« Non. »

Je pose brutalement la tasse de thé à coté de mon café volé, un liquide chaud en sortant pour retomber sur la table, ma main la quittant pour attraper le règlement scolaire.

Mes yeux parcourent les mots que j’ai plus ou moins étudiés pour pouvoir mieux enfreindre tous les points. Ok. Ok. Je résume : ce blaireau est de l’académie Keimoo ? J’ai beau y avoir fait toutes ma scolarité, soit plus de douze ans, je me souviens pas de cette tête.
Je crache sur le monde, les gens, toi !
 

« Qu’est-ce que tu fous ? Tu cherches le meilleur moyen de contourner les règles ? »
 
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Zakuro Fea
▼ Université - 4ème Année - Comité des Elèves
▼ Université - 4ème Année - Comité des Elèves
Zakuro Fea

Genre : Non Binaire Lion Coq Age : 25
Adresse : 3, rue la Chance, app. 11, quartier Hiryuu, avec Lawrence E. Swanster.
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MessageSujet: Re: Je ne me tape pas ma mère.   Je ne me tape pas ma mère. EmptyJeu 14 Nov 2013 - 17:25


    Du thé.

    Mon royaume et cette popularité pour du thé.

    (…)

    Dans le glissement vers la droite des couleurs indicatives, le feu passa au rouge, et venant déposer la semelle contre la route, je penchais la moto sur le côté, abaissant les yeux sur l'état de la route devant moi. A côté de moi, les voitures se stoppèrent elles aussi, et j'observais vaguement mon voisin de la file de droite poser son coude sur le rebord interne de sa portière, ses doigts tapotant contre le cuir de son volant. Une jolie petite BMW coupée, d'un gris qui lui apportait à la fois l'air élégant et passe partout. Son conducteur portait une chemise bleue, et une cravate qu'il était en train de relâcher autour de son cou, d'un air distrait. Un PDG, peut-être. J'étudiais les reflets de sa vitre, avant de ne reporter mon attention sur le feu encore rouge, puis de nouveau sur la route. Au sol, les kanji du mot « tomare » se peignaient sur un bitume sali par la circulation. Les lignes de signalisation serpentaient au milieu des axes routiers, et j'évaluais des yeux le parcours à suivre jusqu'au milieu du boulevard pour m'engager dans les périphéries. Je devais obligatoirement passer par le centre-ville en utilisant les axes à trois voies. Comme celui-ci, par exemple. Un soupir, pendant que je pensais à la circulation de Tokyo. Je ne m'en sortirai pas.

    Le feu revint au vert, et repoussant le sol du pied, la moto repartit en avant, les moteurs ronronnant entre mes cuisses. La suite du trajet ne fut pas très long puisqu'une déviation m'apprit qu'il était impossible pour les véhicules de s'engager dans les périphériques sans avoir besoin de retourner dans le centre-ville. Des travaux bloquaient le passage, et étudiant le paysage, je décidais d'aller m'arrêter le long des immeubles qui bordaient la route, pour continuer à pied. Conduisant doucement la moto jusqu'à près du trottoir, je reconnu le quartier Bougu, et je vins glisser les pneus jusqu'au rebord du trottoir. Abaissant les gaz jusqu'au point minimum, dans la supination douce du poignet, puis coupant le moteur et retirant les clés, je descendais de la moto et allais ouvrir le top case pour en sortir le U que j'allais accrocher au pneu.

    Agenouillé au sol, installant la sécurité anti-vol sur le pneu de mon véhicule, le casque posé à côté de moi, je sentis la pluie qui menaçait depuis ce matin venir s'écouler sur la ville, et me concentrant sur l'averse et sur le jeu de mes doigts, je ne remarquais pas immédiatement la fille. Elle devait avoir seize ans, et habillée comme n'importe quelle lycéenne discrète, elle resta suffisamment proche de moins et sans bouger pour que je commence à me douter de sa présence. Relevant les yeux, je croisais son regard, et elle m'envoya un sourire si charmant que sur le coup, j'eus un sentiment intense de panique qui vint exploser dans ma panique. Elle ouvrit la bouche, me salua. Presque timidement.

    Et merde …

    « Tu es Fea Zakuro, hein ? Je t'ai reconnu. Je ne savais pas que tu avais une moto. C'est une Honda Transalp, non ? En noir, c'est joli. Elle te va bien. »

    Ah merde, merde, merde. Bloquant finalement la sécurité contre l’empennage métallique du pneu, je récupérais mon casque, et me relevais, en la fixant, les prunelles fendues. Merde. Ok, elle était douée, gentille, douce, et en plus elle s'y connaissait en moto. Ok. Mais sérieusement. Elle était au moins la cent-six-ième  à venir me parler depuis le séisme et ça, ça, ça … nan. Nan, nan, vraiment pas. Je n'en pouvais plus. Vraiment plus.

    Tentant un sourire douloureux, en la contournant, je la saluais simplement, en ayant dans l'idée que si je ne lui parlais pas, elle ne chercherait pas à insister. La théorie se révéla balayée par le fait que la fille décida tout simplement d'ouvrir de nouveau la bouche, calquant ses foulées aux miennes.

    « Dis, Zakuro ? Je suis en 2B, et … j'ai entendu dire que tu étais assez doué en Histoire. »

    Sans même réellement l'anticiper, j'accentuais légèrement mes foulées. Elle m'imita.

    « Est-ce que tu serais d'accord de m'aider dans cette matière ? Je ne suis pas très forte, et puis il y a bientôt les examens. »

    Les doigts refermés sur mon casque qui se balançait au gré de nos foulées, je réfléchissais au meilleur moyen de lui répondre. Je n'appréciais pas l'idée qu'on en sache trop sur moi, je n'appréciais pas l'idée qu'on vienne me voir et qu'on me demande de participer à la vie d'une personne que je ne connaissais pas alors qu'elle s'assurait de connaître de moi ce qu'elle voulait croire sur moi, sans même être totalement sûre que ce qu'elle pensait pouvait être certain, et pouvait correspondre à ma manière d'envisager les choses. Je n'appréciais pas l'idée qu'elle me parlait comme si nous étions amis, je n'appréciais pas l'idée qu'elle soit une fille plus jeune que moi, je n'appréciais pas qu'elle porte une jupe qui dénude à moitié ses cuisses à chacune de ses foulées, je n'aimais pas l'idée qu'elle ait l'air bien trop jeune, je n'aimais pas qu'elle ne me laisse pas tranquille, je n'aimais pas qu'elle ignore mon silence et qu'elle taise sa timidité pour commencer à bavarder sur tout et sur rien, je n'aimais pas qu'elle ne soit pas impressionnée par mon indifférence, je n'aimais pas qu'elle soit là, je n'aimais pas, je n'aimais pas, je n'aimais indubitablement pas.

    « S'il te plaît. »

    Je m'arrêtais, je la fixais. Elle se stoppa elle aussi, ses yeux écarquillés dans une expression d'interrogation qui m'irrita au plus haut point.

    « Est-ce que tu peux me laisser tranquille ? »

    J'espérais qu'elle entende le message, qu'elle me laisse m'éloigner d'elle, et qu'elle parte de son côté pour partir réviser son histoire. Je n'espérais pas d'autres réactions, je n'espérais pas un autre comportement. Et pourtant.

    « Je n'en ai pas très envie. »

    Elle souriait. Elle souriait, et avait prononcé la phrase sans sourciller. Entre ses doigts, son portable rose me fit l'effet d'une bombe atomique. Et dans ses yeux, cette petite lueur amusée qui transcendait totalement à l'identité qu'elle avait l'air d'avoir eu lorsque je l'avais rencontré sur le trottoir. Elle ne ressemblait plus à cette petite fille timide venue m'aborder, mais avait l'air d'un monstre au visage humain, dont la face cousue se déchirait petit à petit sur une gueule remplie de crocs. J'inspirais lentement, ma respiration devenue sifflante sur une colère qui crispait ma mâchoire.

    « Écoute. Casse toi. »

    « Oh. Tu crois que ça peut plaire aux gens s'ils t'entendent parler comme ça ? Surtout qu'avec de bons logiciels et un minimum de connaissance, maintenant, on peut modifier les fréquences de la voix pour moduler la prononciation de nouveaux mots, de manière à transformer ce que la personne a dit, et intensifier ou non les propos tenus. Ça te plairait de t'entendre passer à la radio en t'écoutant prononcer des trucs pas forcément très nets ? »

    J'en restais bouché bée.  Dans un éclat de rire terriblement amusée, elle conclut cependant, en se penchant vers moi, avec un sourire d'enfant ravi.

    «  Mais en fait, je voulais surtout te poser une question importante. Est-ce que tu veux sortir avec moi ? »

    Le rire explosa de lui même en dehors de ma bouche, et sans chercher à me montrer particulièrement intelligent, sur le coup, je m'enfuis en courant. Elle cria quelque chose que je n'écoutais pas, me ruant dans une ruelle, tournant à gauche, dérapant sur la droite, sautant au dessus d'un muret et m'engageait dans une embouchure alternative. Mettre le plus de distance entre cette folle et moi me paraissait l'acte le plus sérieux qui soit, et sans réellement savoir comment, je me retrouvais dans un bar, un café ; un de ces endroits dans lesquels les regards divergent sur vous lorsque vous poussez la porte. Trempé, le souffle court, mon casque à la main, et ma veste de moto sur les épaules, j'écarquillais des yeux en étudiant l'endroit, et puis me retournais pour voir si elle m'avait suivi. Un homme s'approcha de moi, et me demanda d'une voix douce si je comptais sortir ou m'installer dans les lieux. Inclinant la nuque brièvement devant lui, m'excusant devant mon entrée assez peu discrète, je cherchais du regard une place libre, lorsque mes yeux tombèrent sur un profil connu. Eden Indentshi, l'adjoint au maire.

    Oh, Seigneur, galère de galère. Je me dirigeais pourtant vers lui, ouvrant la bouche pour lui demander quelque chose, et puis me ravisais au dernier instant. Je le saluais simplement, en silence, en posant mes yeux sur son homologue. J'avais la sensation de l'avoir déjà vu quelque part. Peut-être une fois, une seule, dans les couloirs du secrétariat de Keimoo. Une seule fois.

    Un jeune homme, le serveur, s'approcha et me demanda si je voulais commander quelque chose. Arrachant mes yeux des visages des deux hommes, je le regardais, épouvanté, perdu, avant de tilter.

    « Oh, oui. Un thé, s'il vous plaît. »

    Contournant la table, les prunelles fendues sous un choc que je commençais à encaisser, j'allais m'installer à une table voisine, déposant le casque au sol, et ôtant la veste que j'installais sur ma chaise. Je m'asseyais, les yeux grands ouverts sur l'image de la gamine me demandant de sortir avec elle, la gorge nouée. On déposa une tasse devant moi, et je la récupérais entre mes doigts, l'apportant à mes lèvres. Le goût âcre entre mes lèvres me raidit brutalement. Avec une douceur lente, je reposais la tasse, peinant à ne pas laisser un feulement filtrer en dehors de ma gorge.
    Café.

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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Je ne me tape pas ma mère.   Je ne me tape pas ma mère. EmptyDim 17 Nov 2013 - 18:52



Combien comme ça, dans ce labyrinthe ?
Ma main passe entre mes courtes mèches et rencontre plusieurs nœuds. Je force la chose, jusqu’à ce  mon front me tire et j’abandonne. Il y a des nœuds partout. Surtout dans ce règlement, où chaque tiret sonne comme une espèce d’indication médicale à suivre si l’on ne veut pas dépasser du groupe. Les mots se répondent comme des lois inquisitrices, dans ma tête, j’en gribouille un, en rature un autre. Je crois qu’il y a un effort à faire au niveau communicatif. Je crois qu’il ne manque plus à Keimoo que des barreaux aux fenêtres, et des séances de fessées pour se rendre compte du progrès non accompli. Mort-né. Je crois des choses qui se mélangent et qui n’ont de sens que pour mes beaux yeux. Voilà à quoi je pense pour ne pas sentir davantage ce fâcheux gout âpre qui ronge chaque parcelle de salive qu’il me reste. J’exsude cette merde. Je la vomis sur le tablier blanc de ce garçon sans talent qui dessert  cet endroit sans se douter de la clientèle pour laquelle il travaille. J’occupe aussi mes pensées avec ce genre de remarques pour ne pas avoir à songer à mon interlocuteur. Ce que j’entends en premier, ce sont ses pas. Trainés, lourds, incisifs car sûrs d’eux. Mes yeux ne bougent pas d’un cil, restent ancrés sur le papier blanc dactylographié. Je poursuis ma lecture et décide d’ignorer l’individu. Et sans le regarder, j’entends crier au massacre de la St-Identshi, j’entends sa rage dans le souffle à demi contrôlé qu’il évacue. Tu penses trop fort, Eden.

La porcelaine me demande des comptes.
En s’éclatant sur la table, elle pleure le Jasmin pour manifester son état de petite victime ébouillantée. Elle crache à tout va ce qu’elle peut de liquide ocre, à gauche, à droite, sur mon papier, sur mes lunettes ; sur son t-shirt. Et finalement c’est ainsi que nos regards se sont furtivement croisés. La buée sur mes verres m’empêche de distinguer l’individu. Je me dis que ce n’est pas réellement important. Il transpire la frustration et quelque part, ce comportement ne me parait que trop familier. Ça ne me dérange pas. Je lève un sourcil, calmement. Droit comme un « i », il ne répond pas tout de suite. J’imagine qu’il doit serrer les fesses très fort pour ne pas décocher une droite à celui qui a lâché de la bile sur le contour de son précieux bien. Je balaye tout ça d’un revers de la main involontaire quand ses doigts aux articulations anguleuses viennent  vers les miens. Leur étau se serre finalement sur les lois Keimoosiennes. Je pense à la tronche que tirerait ce directeur pour lequel il n’existe plus beau papier. Les convictions de l’établissement finissent donc froissées entre ses mains.
Et elles ne sont pas les seules. Sourcils froncés, il laisse échapper le plus merveilleux mot au monde.

« Non. »

J’avale. Je déglutis. Je le fixe, sans rien dire. Sans dévier mes yeux non plus. Je me rends compte d’abord des cernes, de la botte de paille que sont ses cheveux, de son air fatigué mais bien présent.  « Non. » a-t-il dit. Je ne sais pas qui tu es, ou plutôt, vaguement, mais je te crois quand tu me réponds que je n’ai pas le droit à une erreur de plus avec toi. Et pourtant, vois –tu, j’avise plutôt la provocation que la simple excuse timide. Psychologie inversée. Il n’y a qu’intérieurement que je te donne ma compassion. Car je ne sais pas ce que c’est, de me mettre à ta place. Mon index entoure l’anse de sa tasse à nouveau. Je lui chuchote, sur un ton joueur.

- Vous avez raison. J’en prendrais bien une deuxième fois.

Au bord de mes lèvres, au bord de ton gouffre.
Je ne me sens en danger que lorsque la gorgée vénéneuse vient me rappeler à quel point je déteste ça.

« Qu’est-ce que tu fous ? Tu cherches le meilleur moyen de contourner les règles ? »

Je soupire et me laisse choir sur le dossier de ma chaise qui grince. Contestation légère.
Ma main vient fermer le laptop, je ne veux pas le laisser consulter davantage de ce qui m’appartient. Mes pieds se croisent sous la table et je commande brièvement un café à un autre serveur pour à l’attention ce mystérieux inconnu. J’éviterai peut être un mort, de cette manière. Au pire des cas, nous règlerons l’addition dans d’atroces souffrances. Voyons voir. Je croise les bras. Je ne sais pas d’où il vient, mais je le trouve poignant.

- Je sais que pour une jeune fille de votre âge, les menstruations sont parfois douloureuses.

Pendant que je parle, une autre porcelaine vient danser sur la surface boisée de la table. Je ne crois que personne, de lui ou moi-même ne s’est rendu compte du renouvellement de la supercherie. Dans la discussion, je ne vérifie pas. Il peut s’énerver encore, ou il peut décider de réagir autrement. Je crois que c’est lui, le bras droit du député. Je voudrais que les circonstances soient différentes. Je voudrais sentir davantage la couleur de ce caractère bouillonnant qu’il laisse s’évaporer de chacune de ses oreilles. Difficile d’espérer qu’il se calme.

- Mr Identshi ? Je crois qu’on vous en veut.

Il y a quelqu’un, ici.
Qui doit grimacer à son tour. Mais personne ne l’entend. Personne ne le sait. Je sors un bout de papier, le tourne vers lui. Je ne peux pas le laisser éclater de rage ou casser la figure de quelqu’un dans un lieu où je suis. Je ne peux pas faire partie d’un  scandale avant mon premier jour. Alors, sans lui laisser le temps de réagir, je rédige quelque chose rapidement, et pousse la feuille à carreaux vers son côté de la table.

"Il faut que l’on sorte d’ici sans payer.  Voulez-vous ? Je vous expliquerai une fois dehors. Je vous ferai un vrai café, vous verrez."

Il ne me restait plus qu’à croiser les doigts.
Je ne suis pas fou. Je ne suis pas ce que les autres pensent. Et toi non plus. Tu devrais me l’accorder, au moins cette fois.
Mes yeux cherchent ensuite le troisième joueur de la partie. J’étudie rapidement les alentours mais à chaque fois, mon attention se porte sur monsieur Café.

Tes veines vont exploser.
Je le sens, je le sais.

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MessageSujet: Re: Je ne me tape pas ma mère.   Je ne me tape pas ma mère. EmptyDim 24 Nov 2013 - 4:40




Dans ma tête, 
Parfois, ça donne juste ça : 
 
... 
 
Bordel de dieu de merde de Dieu ! Je pense comme je veux ! T’as qu’à être plus sourd et tu m’entendras moins. Sérieux ! C’est qui ce type. Il est de Keimoo, c’est certain. Si c’est un professeur, il a du glander un certain temps, vu que je l’ai jamais croisé. Peut-être un élève mais il n’en a pas l’allure. On ne doit jamais se fier aux apparences, je sais. Alors quoi ? Un nouveau ? Il faut être un intello, un parent d’élève ou un nouveau pour lire le règlement à cette heure-ci. Genre : avant la rentrée des classes, je révise bien ma leçon.
C’est gagné, mec, tu me débectes. J’espère pour toi que t’es pas un nouveau professeur du lycée, car j’ai déjà fait ma B.A.BA pour le restant de ma vie dans ce domaine. Bière à Tapas m’a déjà bien assez tapé sur le système. En plus, j’étais de bonne humeur ce jour-là. Aujourd’hui ce n’est pas le cas.
J’ai quand même été viré de l’endroit où je dors par un connard pathétique. J’ai terminé à l’hôtel, je ne sais pas comment. J’ai du me battre toute la nuit. J’ai faim, j’ai soif et je veux mon café ! Bordel ! Si je voulais une agence de rencontre, j’irais dans une agence de rencontre. Sérieusement c’est quoi ce bar ?

D’autant qu’à le voir boire mon café, il ne fait qu’augmenter mon agacement. Ok ! Je suis pas quelqu’un de forcément très malin. Je comprends jamais la provocation et je rentre directement dedans. Tu bois mon café devant moi, c’est synonyme de : TU BOIS MON CAFE DEVANT MOI ESPECE DE CONNARD, JE VAIS TE DEFIGURER LA TETE, LA METTRE DANS LE TROU DE WC, TIRER TROIS FOIS LA CHASSE ET PRIE POUR QUE PERSONNE N'EST EU LA CHIASSE AVANT.

Est-ce que c’est normal dans un commerce qu’on parle de manière aussi odieuse et qu’on ne sache pas faire la différence entre un café et un thé ? Ou c’est simplement que le connard qui nous sert est à son dernier jour de boulot et qu’il a décidé de pourrir la vie des clients comme ils lui pourrissent la vie ?

Respire Eden, respire. Qu’est-ce qu’il a en plus à me regarder comme ça, ce bouffon devant moi : nommons-le Croquemitaine ! Il a jamais vu un étudiant décoiffé de sa vie, ou quoi ? C’est sur qu’au milieu de toutes ses gravures de mode qu’il y a l’académie, je fais un peu le quasimodo des lieux avec ma peau pas tout à fait lisse, mes cicatrices, les quelques cernes d’émotions, ma barbe négligée, mes cheveux trop secs et qu’il faudrait songer à couper et les nombreuses cernes de fatigue, pas seulement dues à la nuit d’hier mais aussi à toutes celles d’avant où j’ai bossé. Sans parler des quelques bleus ou cicatrices que je dois bien avoir de visible de-ci de-là.
Ok, je suis pas très beau. De là à me fixer comme-ci il était face à son miroir, il y a un pas. T’essayes quoi ? De lire mon âme dans mes yeux ? Cherche pas trop, je suis pas certain d’en avoir une.

Un sourire railleur apparaît sur mes lèvres quand je le vois fermer son dossier et ranger ses affaires. Ah oui, mec ? On veut faire son mystérieux. Visiblement, l’idée que j’en sache plus sur lui doit être désagréable. Que peut bien avoir à cacher ce genre de mec ?
A mon tour de le regarder ! Et bien. Tu peux toujours te foutre de mes cheveux, tu n’as pas vu les tiens. Tu m’excuseras mais les nœuds dans les cheveux, les sourcils près des yeux et l’allure légèrement croquemort, c’est pas ce que j’ai connu de mieux. C’est bien simple, à quelque chose près, je suis persuadé que tu serais le parfait méchant des 5 légendes. Un connard qui fait peur aux enfants.

Ah ! Le croquemitaine vient de lever l’index pour commander un autre café. Parfait ! Je vais pouvoir lui piquer, s’il n’était pas pour moi et le récupérer dans le cas inverse.
Hm. Je retire ce que j’ai dit. C’est un mec bien. Généreux, altruisme, et tout ce que vous voudrez.  

Ce simple geste me détend. Je vais avoir mon café, je vais avoir mon café et je vais passer une bonne journée. Il y aura pas une tonne de choses incompréhensibles à apprendre dans chacun des cours me contraignant à user de mon cerveau de manière désarticulée pour essayer d’en disséquer ce qui me reste de faculté. Il n’y aura pas un débile qui viendra me saouler. Je vais me caler au fond, pioncer jusqu’à midi et ensuite, j’irais piquer un des repas d’un connard dans la cour. S’il est malin, il ne bronchera pas, sinon : je m’entraînerais un peu pour le sport. Le programme me semble bon.

Je ricane à sa phrase. Hors contexte, on me dirait le mot menstruation, je mettrais bien quelques minutes à comprendre. Là, ça me fait marrer. J’ai pas vraiment de problème avec le sexe dit faible. Au contraire, si elles ne sont pas acceptées au garage : les femmes ça provoquent des catastrophes dans un milieu d’hommes, j’ai bien aussi conscience qu’elles sont souvent sur la même échelle d’égalité que les hommes,.

- Si ça me permet d’avoir un café, ça vaut le coup d’avoir Waterloo dans le slip.

Raffinée, élégante et très classe : Ma réponse n’a aucune sens. Par contre, je vois Zakuro Fea rentrer dans le café et me saluer. Ma bonne humeur recommence à s’évaporer alors que je réponds à son salut. Ce mec me saoule ! Déjà car je suis d’un naturel jaloux, même avec mes potes, et que Lun se lamente toutes les dix secondes en parlant du garçon du jour de l’hôpital. Ensuite parce que le même blond a laissé ce type le dessiner. Dans la tête de Lun Marv, cela signifie qu’il lui fait confiance alors qu’il ne me laisse pas le prendre en photographie, même pour ses maudits gosses.
Ensuite, Zakuro traîne avec les gens que je supporte peu dans l’académie. Il est chiant. Il est populaire et ça, c’est lourd à supporter : entendre les gens raconter mille fois son histoire, c’est comme entendre dix mille fois l’histoire de la rencontre de vos parents. Soit, vous êtes du genre fleur bleue et vous trouvez ça mignon, soit au bout de la deuxième, vous n’avez qu’une envie : leurs dire de fermez leurs gueules.

… Je passer sur le reste. Tout en Zakuro me saoule. Il est sportif, bien élevé, bien habillé, poli, serviable, agréable. Un peu rebelle, pour émoustiller les meufs, mais pas assez pour qu’on veuille le virer. Il s’entend avec les populaires, les sportifs, les creepies, les racailles et tous les autres élèves de l’académie. Il se prend au sérieux, croit encore que le Japon a des valeurs de samouraïs, et je suis certain qu’il irait se faire harakiri s’il salissait l’honneur de son nom.

C’est juste imbuvable, quoi. Ce mec, c’est un thé ! Voilà. C’est de l’eau. L’eau ça n’a pas de goût, où s’infusent quelques maudites idées.

D’où …

D’où il connaît mon nom, l’autre là ? Ah, merde. C’est peut-être Fea qu’il l’a dit. J’en sais rien. Après tout, je dois être un peu connu. Je pense. J’en sais rien. Je m’en contre-fiche. Quand j’étais gosse, je me souviens, que mon père m’emmenait souvent un peu partout avec lui. Du coup, je connaissais quasiment tous les commerçants du centre ville. J’adorais la ville de Keimoo.

Je ne sais pas ce qui est arrivé dans ma tête pour que cet endroit devienne un trou à rat. Keimoo, ça me semble une prison. Je suis né ici, je crèverais ici. Tout cette ville me semble pathétiquement minable, comme toutes les villes au final.

Une tasse est posée sur la table et mes yeux ronds se fixent sur le liquide.

….

ON SE FOUT UN PEU DE MA GUEULE, LA ?

PUTAIN. Quand la tasse a-t-elle été posé ? A quel moment ? Pendant que je pensais à ce connard de FEA ? FORCEMENT. Quand je dis que ce mec est une plaie. Il est où mon café ? Elle est où la blague !?

Il y a une caméra cachée, c’est ça ?

Je me suis redressé brusquement. Je vais aller défoncer la gueule de ce connard et …

Un morceau de papier est poussé en direction de ma table. Je fixe le morceau avec des yeux si colériques qu’on pourrait penser que j’essaye d’y foutre le feu.  Je chope le mot et, les quelques mots me font durcir le visage.

(… )

Ce mec est sérieux ?

TU CROYAIS VRAIMENT QUE J’AVAIS L’INTENTION DE PAYER ? Je vais aller voir ce putain de serveur, ok. Je vais lui défoncer le crâne à coup de bouteilles de vin. Et ensuite, je lui ferrais avaler un litre … NON ! DIX LITRES de thés noirs bouillants ! Et, là …

Il a dit qu’il allait me faire un café ?

Ma curiosité me fait hésiter et dans un grommelant, je chope mon sac et ma veste. J’espère que tu as eu le temps de prendre tes affaires aussi.

« Ttt …  ! »

J’enfoui le mot dans la poche de mon pantalon. Ma main attrape le paquet de clopes dans la poche de mon pantalon, je tire l’une d’elles pour la mettre à mes lèvres.

« Bouge. »

Je m’en contrefiche que le serveur pense que je vais fumer ou non. TOTALEMENT. Quoi ? C’est une technique comme une autre pour partir sans payer et si ça rate, je pourrais lui exploser le crâne.
Ma main a choppé le croquemitaine par le haut du bras, au passage. Ma poigne est peut-être légèrement trop forte. Ok, bien trop forte. Ca ressemblerait presque à un kidnapping. Osef ! Tu me suis, tu m’a promis un café. Sans difficulté je le tire vers l’extérieur …,  Ce mec doit pas bouffer à sa faim.
J’ai beaucoup de mal à cacher ma colère, les traits de mon visage signifiant clairement la haine tenace que j’ai envers ce serveur. Si ce dernier m’adresse la parole, je lui arrache la mâchoire et je déconne pas. Pas la peine d’en douter, si l’un d’entre vous, fait parler ce putain de serveur, vous pouvez DIRECTEMENT inclure que je l’ai défoncé !
VRAIMENT. Qu’il nous arrête dedans ou qu’il nous attrape dehors, et il attirera KO par terre.

Donc, si vous avez un peu de sympathie pour lui, laissez-le derrière le comptoir. Sinon, tant pis pour sa gueule. De toute façon, que je lui ai foutu mon poing dans la gueule ou pas, ça ne m’empêchera pas de quitter le café.

Tiens, c’est marrant. Ca me fait penser un peu à Pulp Fiction, quand ils sont dans le restaurant minable de la station service au début. Oui, deux personnes qui parlent, une autre dans son coin. Allez, Zakuro, tu rentres dans la partie où tu continues de me mater dans ton coin ? Tu n’es pas en train de fantasmer sur moi, j’ose espérer ?  

Je suis à peine dehors, la clope aux lèvres, les yeux noirs, que je tire l’autre à quelques mètres du café avant de le pousser contre un mur.

Oui, je suis AUSSI un peu parano. ET CE MEC me semble totalement louche. Je te l’accorde, tu n’es sans doute pas ce que tu sembles être. Mais contrairement à tous les cérébraux d’ici, les gens qui réfléchissent. Les psychologues, les génies de l’académie, et tous les autres : Bah moi, je suis qu’un demeuré.

Le majeur et l’index de ma main droite attrapent ma clope et se pointent en direction du visage du Croquemitaine. Mon bras libre venant se placer sur le haut de sa poitrine pour le maintenir.

Tu aurais du t’en douter, non ? Que ma violence se retournerait contre toi ? Je ne sais pas garder mon calme. J’y peux rien. Et si je ne peux pas démolir le bar, c’est toi que je pourrais démolir.



Ouais, mais tu m’as promis un café.

« Je sais pas qui t’es, Croquemitaine. Mais si tu veux pas mes menstruations sortent par ton nez, ….  »

Le problème avec les menaces, c’est qu’on est pas toujours bon pour les trouver. Et j’ai aucune idée de ce que je veux à ce type. Je veux mon café. Ouais. Mais j’avais pas besoin de le plaquer contre le mur pour l’avoir, vu qu’il a dit qu’il m’expliquerait et m’en ferrait un. Donc : ce que je fais ne sert absolument à rien.
PUTAIN. L’image est crade quand même.

(… ) OUAIS BON. OK. JE SUIS UN GROS DEBILE ! Mais si on vous promet d’aller en Chine, que vous êtes dans l’avion et que vous attiriez au Burkina Faso, vous faîtes quelle gueule ? BAH.VOILA. C’est pareil pour le thé, on ne MENT pas sur la marchandise.

C’est pas correct. Ca ne se fait pas.

Vu que je sais pas la fin de ma menace, je me contente de balancer froidement :  
Je crache sur le monde, les gens, toi !
 

« … c’est loin, ton café, là ? »
 
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Zakuro Fea
▼ Université - 4ème Année - Comité des Elèves
▼ Université - 4ème Année - Comité des Elèves
Zakuro Fea

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Adresse : 3, rue la Chance, app. 11, quartier Hiryuu, avec Lawrence E. Swanster.
Compteur 1577
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MessageSujet: Re: Je ne me tape pas ma mère.   Je ne me tape pas ma mère. EmptyJeu 28 Nov 2013 - 16:26

    Mouvement brusque sur ma droite.

    Mes yeux délaissèrent la tasse, abandonnant la morsure trop âcre d'un café qui m'avait surpris de par sa simple existence, et mes prunelles glissèrent sur le déplacement du corps et de la pensée d'Indentshi. Pensée devenue trop violente, trop perceptible, pour que cela ne se percoive pas, et que, comme le contact d'un essaim au milieu d'une atmosphère de silence, il n'y ait pas cette sur-stimulation des sens qui se brouillent. Ultraviolence de l'esprit, qui se chauffe, qui réchauffe. Qui n'a rien de naturel, et qui titille mon Mei. Mes yeux se portèrent sur ses poings, sur son échine, et je me retournais complètement pour prévenir d'un passage à l'acte, d'un geste qui ne saurait se tolérer.

    Il est comme un grand taureau fumant, qui s'irrite tout seul dans son enclos, rageux et plein de hargne. Mon attention vole sur la tasse déposée devant lui, y dénichant les réponses aux questions que je me posais. Et l'homme assis devant lui, qui ne bronche pas, qui ne bouge pas encore, qui reste et qui contemple, et qui de par son attitude, me rappelle quelqu'un.

    Comme une arme que l'on dégaine, Eden s'empare de son paquet de cigarettes, et mes doigts se referment avec plus d'intensité sur la tasse de café. Une pensée pour l'autre, une pensée pour lui, et ses cheveux blonds et ses yeux verts, et cette odeur de tabac froid, et cette caresse du carbone sur le papier quand j'avais demandé à le dessiner. Eden dégaine ce qui tue, comme pour blesser l'autre, sans se rendre compte que c'est lui qu'il atteint, et qu'il viole, et qu'il fait mourir un peu plus à chaque seconde. Dans ma paume, le café a pris la température de mes mains, et je serre la tasse avec soin, avec une sorte de crainte ; de l'imaginer cassée, de l'imaginer détruite. Les mots d'Eden se font les précurseurs de cette violence qui pourrait répandre le café sur le sol. Je le regarde tuer par l'esprit le serveur, je le regarde s'emparer du jeune homme assis face à lui, je le regarde plonger vers l'extérieur, comme l'on plonge à la mer, quand on a les membres cloués dans le béton. Je le regarde, et c'est un constat froid, désabusé, qui me fait doucement relâcher mon café.

    Je ne le boirais pas, désolé.

    Je me lève et dans le contrario d'une violence qui s'est exalté par le bruit et par la bouche de l'autre, j'attrape en silence l'esquisse d'une attention. Le serveur s'approche, désœuvré, je lui souris, lui présente mon café, lui offre son salaire. On n'a pas tout ce qu'on veut, dans la vie, Eden. Se comporter en gosse, se comporter en enfant colérique qui pense qu' hurler et tout bousculer, ça ne fera jamais changer les choses. L'argent cliquette entre les doigts du serveur. J'incline le regard.

    « Merci. »

    Il y a une sorte d'excuse au fond de son regard, et j'estime qu'au final, ça n'est pas grave. C'est à oublier. Je récupère en silence mes affaires, et j'embrasse du regard le reste de la salle. Quelques clients, de ça, de là, qui se sont noyés dans la consternation de ce spectacle qu'à offert Indentshi. Sincèrement désolé. Je sors.

    L'ambiance électrique, renfermée se dissipe immédiatement lorsque je retrouve le vent. Mais plus que l'alliance caresse, plus que la complicité douce de l'élément contre ma peau, contre mon corps, c'est une recherche qui s'effectue, et qui se tue aussitôt. Eden est là, le type avec lui, et dans un froissement de zanshin, Eden a violé le Mei de l'autre en le bousculant et en le poussant contre un mur. Mes mâchoires se crispent, et j'avance.

    « Je sais pas qui t’es, Croquemitaine. Mais si tu veux pas mes menstruations sortent par ton nez... »

    Mes affaires se disposent en petit tas sur le sol, je viens me placer à sa droite. Il y a une chance qui fait qu'Eden est un jour né grand. Assez grand pour avoir son regard à la hauteur du mien. Ces quelques centimètres qu'il jette sur les autres, les plus petits, je les lui tronque. Et pour le silence de mon regard, pour le silence de ma colère, je viens déposer mes yeux sur ses poings, puis sur sa face. Une histoire de café, qui vire. Pour du thé.

    « Menacer. Crier. Hurler. C'est tout ce que tu sais faire ? Ce n'est pas comme ça que communiquent les humains, Eden. Ça, ce sont les animaux. »

    Dis moi ? Est-ce que tu vas rester stagnant toute ta vie ? Evoluer ? Changer ? Tu sais, ce qui est fondamental à l'être humain. Te considère-tu comme différent ? Comme animal, peut-être ? Il faut savoir changer. Rester linéaire à ce que tu es, tout le temps, constamment … que ta vie est triste. Que tu es un être à plaindre.

    « Et se faire inviter comme une princesse alors que tu viens de te répandre comme le ferait un gosse, c'est sans espoir. Est-ce que tu y crois vraiment ? Tu veux tout résoudre par les poings ? Tu ne vas casser que des murs, et les murs, ils en ont rien à foutre de toi. Elles sont où tes relations, elle est où, ton humanité ? »

    Il est où, ton espoir ?
    Je tais le fait, je détourne les yeux, en glissant mes prunelles sur le type. Un éclair de lucidité, qui disparaît aussitôt, je ne sais pas qui il est, mais indubitablement, il est familier. Je lui sourit.

    « Désolé. »

    Si il saigne, et si les phalanges d'Eden se rougissent de son pourpre, je répliquerais. Je répliquerais, et c'est moi qui répondrait de la violence d'Indentshi en lui renvoyant à la tête sa risible insanité. Si il ressemble trop longtemps à cet animal enfermé, à ce jeu cassé, je ferai en sorte de briser l'affairement de sa hargne, pour retourner la violence contre la violence. Ne touche pas à ce type, Indentshi, le sol est trop bas pour toi. La douleur à opposer à la férocité, c'est le jeu auquel je joue, c'est le jeu sur lequel j'ai été construit, en vu de mon attachement à l'identité, à l'humanité. Pas de temporalité, pas de matérialité, et si tu t'opposes, si tu t'imposes, en cherchant à me détruire, à lui faire mal, simplement parce que c'est comme ça que tu es, je te casserais. Mes yeux sourient.

    « On peut y aller, Indentshi ? »

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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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Œdipe L. Jefferson

Œdipe L. Jefferson

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MessageSujet: Re: Je ne me tape pas ma mère.   Je ne me tape pas ma mère. EmptyMer 18 Déc 2013 - 19:22



Les griffes se referment sur les draps. T’es-tu endormi, Eden, Avant que le marchand de sable ne passe ?
Tes yeux fermés tremblent. Tu fais semblant. Tu fais comme si. Ce n’est pas grave. Son regard se refroidit et je le sens perplexe. Jusqu’alors, il se tenait tranquille. Et puis, il en a eu marre, l’enfant. Il a gesticulé et personne ne lui a rien dit. Il s’est réveillé, réveillé trop tôt, il est en colère, il vous en veut. C’est ça, son vœu ; votre tête sur un plat chaud. Votre tête, oui, et de petits oignons. Je me sens soudainement étreint par son regard. Mon mot marche. Il décide d’y croire un peu, de croire qu’un truc bien, enfin, finit par lui arriver. Il aimerait, oui, il aimerait ça. Je me sens à l’heure qu’il est comme avec un animal qui ronge sa laisse. Comme avec un gars énervé qui ferait tout pour que la planète s’écrase et n’épargne personne. Il est quand, ton vol vers nulle part ? T’as une place en trop ?
Ses billes noisettes menacent de quitter leurs orbites quand, à son tour, il se perd dans l’eau ambrée que referme la porcelaine. J’entends presque ses ongles égratigner la table. J’ai envie de rire, mais j’essaie de compatir, et je ne me sens pas l’âme à énerver mon buffle.
Sa poigne se referme sur mon bras de crapaud endormi.

« Bouge. »

Sa voix rugueuse creuse mes tympans. Je n’ai donc plus de place sous ton lit ? Rends – moi mon ombre, retourne à ton cauchemar de mec seul dont personne ne veut, et laisse-moi donc  terroriser ceux qui en ont besoin. Je n’ai rien d’autre dans ma vie,  et cela me satisfait. Les secondes me paraissent éternité lorsqu’il projette de me trainer dehors. Calme et obligé, je suis mon prédateur dont la main acérée me sermonne d’être prudent. Je n’ai rien à perdre, et j’aime plutôt jouer. Ne passez pas par la case départ, ne gagnez pas dix mille francs. Eden, c’est idiot de réagir comme ça. Tu le sais.
Dos au mur, le crépi me griffe. Son futur mégot fait danser la fumée et encadre mon visage en un étrange rituel. Je ne la quitte des yeux que lorsqu’elle disparait et me rappelle qu’il me met à l’ordre. Je m’amuse à respirer plus fort pour repousser son autre main bien placée sur son torse. Vas – tu me disséquer ? Veux – tu des épingles ? Mes doigts félins viennent s’ancrer sur son sweat. Je retrousse sa manche jusqu’à son coude, pour voir sa réaction. Je veux comprendre pourquoi il se persuade qu’il peut contrôler sa vie pour qu’elle soit moins pire, pour qu’il s’en sorte mieux. Et comment.

- De quoi t’as peur ?

De toute évidence, il ne me connait pas.
Il ne m’a jamais remarqué, comme les autres d’ici, parce que j’ai été ce rat de bibliothèque dont on ignore l’existence jusqu’à ce qu’un jour on l’ait vu se faire lyncher par les petits morveux. L’ombre à côté de laquelle les autres ont peur de venir s’asseoir à la cantine. Le monstre de trente-deux kilos que les autres n’aiment pas.

- Ta cigarette se consume, et tu vas te brûler les doigts. Un café. Un café chaud. C’est comme tu veux.

Je prononce cette phrase par-dessus  –même si un ton en dessous–- de sa petite provocation qui se voulait imposante, qui sans doute, devait être gage de représailles. Je ne sais pas si son propos m’a fait devenir la victime d’une petite indifférence ou de la répulsion. Entre les deux. Incertain, imprécis. Imprudent, impoli. Oui, mais je t’ai promis un café.

« Je sais pas qui t’es, Croquemitaine [...] »
Je pense « moi non plus. ».
« C’est loin ton café ? »
Je me dis « Trou du cul. »

La cloche de la sortie du bar retinte. Quelqu’un s’en va. Quelqu’un va passer et se méprendre sur ton attitude. Mais il doit t’avoir vu. Ca se trouve, il te connait même. Avec un peu de chance, tu l’aimes bien, il te calmera.
Sauf que le sac de l’autre vient s’écraser sur le sol, que sur les pavés s’étalent monts-et-merveilles et qu’il se précipite sur nous. Mon dos imprime toujours l’enduit du mur, je ne suis rien, rien qu’une écorchure. Les deux semblent se reluquer comme deux lions dans une arène. Avec, sensiblement, un tempérament un peu plus neutre. Il veut m’aider, je crois. J’observe au loin, un crayon échappé qui roule encore, là-bas, sur le pavé humide.

« Menacer. Crier. Hurler. C'est tout ce que tu sais faire ? Ce n'est pas comme ça que communiquent les humains, Eden. Ça, ce sont les animaux. »

L’un des lions devient alors gladiateur.
Je vois ses cheveux presque trop noirs, presque tressés d’encre. Il y était. Il y était et il avait mon thé. Monté les marches du café à la rue, pour nous rejoindre et être raisonnable. Assez noble.


« Et se faire inviter comme une princesse alors que tu viens de te répandre comme le ferait un gosse, c'est sans espoir. Est-ce que tu y crois vraiment ? Tu veux tout résoudre par les poings ? Tu ne vas casser que des murs, et les murs, ils en ont rien à foutre de toi. Elles sont où tes relations, elle est où, ton humanité ? »

Lui, y croire, je ne sais plus.
Mais moi, je tente. Et toi, d’où elle est ton humanité ? Tu  trop sage comme ça, dans la vraie vie ? J’ignore les excuses qui suivent, elles m’ont pas lieu d’être ;  je suis entier, eux aussi. J’apprécie le geste.

- Bien cachée, là au fond, entre un bouquet de nerf et trois tonnes de maladresse.

Je me fais tinter mes clés dans ma poche. Je reporte mon attention sur cette emprise un peu moins ferme, mais toujours présente.

- Pas trop loin. Tu pourras fouiner un appartement à moitié vide et des murs blancs comme tes tampons. Convaincu, alors ?

Je me souviens.
Zakuro Fea, membre du comité et page trois du trombinoscope général, lycée ; quatrième année. Propre sur lui, aux dernières nouvelles.
Il a bu sans rien dire, il a payé, il est sorti. Il aime le thé ; c’est un ami. Une tasse s’il vous plait, une tasse pour lui.

- J’ai même deux chaises. Suffit qu’Identshi suive son altesse .

Faites donc qu’il s’invitent, ces lions, dans mon royaume de princesse.
après tout, moi aussi, je voudrais une promesse.

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MessageSujet: Re: Je ne me tape pas ma mère.   Je ne me tape pas ma mère. EmptyDim 5 Jan 2014 - 8:51


L’Eden s’en contrefiche de toutes ces conneries et sa furie n’est pas arrêtée par Zakuro, elle n’est pas stoppée par son geste ou par ses mots. Il ne voit pas le premier et n’entend pas le second. Il est trop sot pour avoir peur, trop brusque, trop con pour tout ça. Lui, il boue à l’intérieur. Un volcan d’incompréhension face à une réaction en chaîne partant d’un détail. Les gens sérieux diraient qu’il passe trop de temps à étudier, qu’il cherche trop à atteindre une barre haute et que face à l’incompréhension de son potentiel, il finit par exploser. D’autres gens sérieux, qui ne seraient pas en accord avec les premiers, diraient qu’il est simplement trop gâté par la vie. Que les gens trop heureux ne savent pas se contrôler. Et un autre groupe un peu plus loin se contenterait de dire que c’est l’âge qui veut ça et qu’il se calmera. Il arrive bientôt sur vingt-six ans et il est loin de s’être calmé.
Des foutaises aux oreilles de l’Eden. Il se fout de savoir d’où vient sa rage et se il fout bien de chercher un moyen de la contrôler. Là, tout de suite, il pourrait abattre son poing sur Zakuro. Il pourrait lui démolir la tronche assez pour y laisser sa marque et que le petit coq du poulailler sache qu’il y a une différence entre les samouraïs d’antan et les gangs de maintenant. Juste pour qu’il sente la pression de ses phalanges contre la dureté de ses tempes et qu’il entende le craquement d’un nez qu’on broie. Qu’il sache qu’il ne suffit pas de dire qu’on ira jusqu’au bout pour gagner, qu’il faut encore le faire.
Lâche ! Lâche ! Voilà ce que Zakuro était et ne serait jamais pour le buffle qui était du signe du chat. Lâche, parce que se cachant derrière ses convictions, derrière des idéaux. Cachant sa violence derrière de belles raisons. La guerre, c’est la guerre, qu’on cherche à sauver le monde ou à le détruire, il y a forcément des conséquences. Il y a toujours des conséquences. Et le héro que l’histoire choisi, n’est que le celui qui remporte la partie. Les vainqueurs écrivent l’histoire, les perdants meurent avec.

Et lui, il ne voulait que boire son café loin de tout ça avant de retourner à ses chiffres, à ses expériences, à ses animaux, dans ce garage lui servant de grotte. Loin de la foule, loin des piaillements, excepté peut-être le bavardage incessant de ce blondinet lui servant de colocataire ou la visite d’Ethan Matthews pour des réparations sur sa moto ou sur sa voiture.

C’est le café qui l’empêcha de frapper. Carnassier, amusé, Eden enfoui ses mains dans sa poche. Il fixa Zakuro, moqueur, compatissant, semblant dire : c’est bien de protéger le gentil monsieur. Il n’aurait sans doute pas pu le faire tout seul. Ce mépris dans les yeux, une condescendance mesquine. Comme un adulte fixant un enfant et ironisant pour le blesser. Eden ne cherche pas à blesser. Il est juste ainsi. Il n’est ni en colère, ni furieux de l’intervention de l’autre. Il en est juste amusé.
L’image d’un corniaud venant attacher un chien de la rue acculant un renard, lui vient en tête. Un renard noire, un chien plein de puces et un corniaud à l’esprit noble. Quelle belle brochette de carnassier.

« … »

Les mains dans les poches, la clope au sol, pas même éteinte avec le pied. Eden sourit, mais ne bouge pas. Il ne bougera pas. Il ne suivra pas. Il analyse l’expérience.  Il a rapidement fait le tour de question. A trois, ils ne parviendront pas à s’entendre. Pas avec l’aboyeur en fond de terrain, le petit rebelle pour la défense de la veuve et de l’orphelin d’un coté et l’abruti de racaille pour la défonce de la veuve et de l’or vilain.

« … Deux chaises, trois culs. Je me dois de laisser ma place. Non, non, n’insistez pas. Je suis un con, mais jamais un con vaincu. »

L’étudiant a les yeux dirigés en direction de Zakuro. Une lueur dansante, amusé, comme seuls les jeunes savent le faire. Avec cette provocation et cette rage folle qu’ils ont à trouver facilement leurs mots pour attaquer, pour mettre un peu de venin humoristique dans une soupe à la grimace.

« Oh, mon dieu. Fea, tu as … tellement raison. Changer, évoluer, c’était quoi le reste déjà ? »

Un ricanement. Finalement, il l’avait bien entendu tantôt, il avait juste méprisé d’y accorder de l’attention.

« Pourquoi je n’y ai pas pensé avant ? J’étais horrible. Je vais aller de ce pas m’excuser auprès de tous les murs que j’ai frappé et essayer de me fâcher face à leurs indifférences à mon égard. Merci, Fea ! Sans ton intervention d’aujourd’hui, j’aurais jamais compris qu’il fallait frapper des êtres humains, moins douloureux pour mes poings et plus réceptif qu’un mur. Merci, vraiment, d’avoir sauver mon humanité. »

Eden a tourné son regard en direction de l’inconnu au thé. Il préfère se méfier, s’éloigner de Zakuro. Ces petites bêtes peuvent être susceptibles. Mieux vaux se préparer à se défendre que se prendre un coup qu’on n’attendrait pas.

« Je suis certain que vous prendrez soin de ce cher petit, Mister T … » Signala simplement Eden, en sortant une main de sa poche pour tapoter l’épaule de Zakuro avec un sourire en disant plus long qu’il ne souhaiterait sans doute.

« Vous semblez avoir des tas de choses en commun. A commencé par ne pas savoir prononcer mon nom de famille. Indentshi ! Il y a n, comme dans Kintaro, comme dans Kendo, ou Kin … tout simplement. Je ne suis pas un gène, je ne suis pas une pile indienne, un champs de riz indien, ni son altesse, ni … Indentshi.  
Ce n’est pas non plus Eden, je suis pas ton pote ou ta groupie, Fea ! Notre seul point commun c’est d’être dans le répertoire de Lun Marv. On remet notre petit séance thés, cafés et gâteaux quand vous aurez trois chaises ? Surtout n’hésitez pas à m’appeler, je viendrais, je vous le promets ! »

Eden ricana un peu, avant se diriger en direction du café qu’il venait de quitter. Après tout, il allait discuter un peu avec ce jeune serveur et voir pourquoi il avait eu une dent contre lui aujourd’hui et faute d’explication qui lui plairait, il lui arracherait ses dents. Justement. Pour en faire un collier de perles. Un collier de perle pour ce type qui doit se taper à sa mère à être aussi barge pour l’inviter chez lui dans un asile avec deux chaises et des murs blancs. (…) Un évadé de l’asile de la forêt ? On disait qu’un taré justement bouffait des gens depuis des années … C’était peut-être pas qu’une histoire de veiller au feu de bois. Le croquemitaine existait bien, et avait un goût de thé, et un corps en papier mâché.

LittlePrince:
Tougen:







LittlePrince:
Tougen:
Alors, ta journée ?
Un connard m'a volé mon café ... deux fois ... 
Je discutais tranquillement avec un type
Fea s'est pointé et m'a fait une leçon de moral
sur la maltraitance des murs qu'on frappe
et qu'on néglige.
(Ce mec est taré)
et le type l'a embarqué pour l'asile.
Ah, et j'ai tué deux ou trois personnes.
Bonne journée donc ^^ 
(???) Pardon ?
23:10
23:12







23:17
23:21



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