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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Sweet talk [Yui Valentine]

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Naoko Tanaka
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MessageSujet: Sweet talk [Yui Valentine]   Mar 11 Juin 2013 - 2:24


Let me fly then I need a release
From these troubles of mine
Fix my feet when they're snowing
And well, you know it hurts sometimes.

Le frottement des gravillons les uns contre les autres résonnait, lorsqu'à chaque pas, je m'enfonçais légèrement parmi les petits cailloux qui constituaient les allées de l'Académie. Des petits chemins blancs, propres, nets, se découpant parfaitement parmi les étendues de pelouse bien verte, bien taillée.
Je ne savais pas très bien pourquoi j'étais là, alors que maintenant, je ne résidais plus au pensionnat. Une question d'habitude, sûrement, et mes pieds m'avaient mené là alors que je errais sans y porter grande attention.
Je m'arrêtais une seconde, contemplant ce qui se dressait autour de moi. Ces jardins, ces bâtiments, ces arbres qui se postaient dans la lumière tamisée du soleil couchant prenaient leur teintes orangées du soir. Le paysage qui se découpait dans la lueur vespérale n'était en rien altéré ni par les affres du temps, ni par les aléas de la nature qui avaient pourtant frappé il y a peu. Au contraire, il semblait même encore plus resplendissant. Un décor parfait. Un cadre de carte postale. On aurait pu croire que tout avait été arrangé pour que rien ne dépasse, pour que rien ne cloche. Pour que tout rentre suprêmement dans la peinture de cette scène à l'aspect surréaliste.

Tout, sauf moi.

Avec un pull trop grand qui ne cessait de glisser sur mon épaule, ma jupe de travers, mes longues chaussettes même pas assorties et l'énorme paquet que je transportais dans mes petits bras frêles, autant dire que j'étais loin de coller à cette image. Ça avait toujours été le cas. Je savais pertinemment que je n'arriverais jamais à ressembler à ces gens à l'allure irréprochable et impeccable. Et je ne le voulais pas spécialement.

Mais ce soir, j'étais dérangée. Mal à l'aise. Ce décalage qui faisait parti de mon quotidien semblait d'un coup peser cent fois plus lourd qu'à l'accoutumée. Étais-je mélancolique ? Quelque chose de particulier avait-il déclencher cet état ? Je n'en savais rien. A cet instant, je me sentais juste oppressée. Comme si ce paysage venait de me crier au visage :
«Ce n'est pas ta place !».
Comme si un chuchotement muet venait de me susurrer à l'oreille :
«Contemple. Constate ce que tu devrais être. Et maintenant, regarde-toi. Vas-y, regarde-toi.».

Oui, je me sentais mal, à ce moment. Mal d'être moi. Mal de ne pas pouvoir poser auprès de ce tableau idéal.

J'ai baissé les yeux. Je ne voulais plus voir ce panorama qui pourtant ne m'avait jamais troublée jusqu'ici. Et là, les pieds enfoncés dans les graviers, immobile, je sentais peu à peu l'air devenir lourd. Chargé. Presque irrespirable. Il fallait que j'aille autre part. Il fallait que je m'écarte de là. Mais où ? Dans un endroit ou la perfection serait trop loin pour m'atteindre. Trop loin pour m'écraser. Trop loin pour me culpabiliser d'être ce que j'étais.

Je rebroussai alors chemin, m'aventurant dans des parties de l'Académie que je n'avais jamais vues. Loin de ces petits sentiers laiteux et immaculés. Loin de ces champs d'herbes bien tondues, bien dressées.
Au détour d'une petite dépendance qui devait servir de débarras aux concierges, je fini par tomber sur le lieu que je cherchais. Enfin, chercher, peut-être pas. Le lieu qui me convenait, du moins.
Au milieu de la végétation folle, des mauvaises herbes et des arbres défraichis par manque d'entretien, se dressait un bâtiment plutôt ancien. La nature semblait avoir repris ses droits. Le lierre avait investi la façade et s'était immiscé dans la moindre fissure que la pierre lui offrait. Cet endroit fut comme une bouffée d'air. Les mauvaises sensations qui m'avaient submergée il y a un instant avaient disparues. J'étais purgée.

La lueur du crépuscule semblait venir caresser félinement la façade, offrant un jeu d'ombre et de lumière à la fois lugubre et envoûtant. Il me paraissait en émaner une certaine beauté. Un charme différent. Une grâce accessible. Et c'est dans cette fascination que je m'approchais du dit bâtiment à pas de loup.
Poussant la porte d'entrée d'un coup de dos, je pu constater que l'intérieur était en aussi mauvais état que ce que suggérait l'extérieur. En effet, la bâtisse était délabrée. Surement abandonnée là depuis plusieurs années. Il flottait dans l'air un voile de poussière et une odeur de renfermé envahissait les lieux. Mais ça m'était égal. Je continuais donc mon exploration dans un silence cérémonieux.
A en croire la disposition des pièces et le mobilier qui moisissait ici, on pouvait facilement en déduire qu'il s'agissait d'un ancien bâtiment de cours. Des salles de classes vides, encore et encore.

C'était une sensation étrange pour moi. De déambuler dans les couloirs comme ça, de flâner dans un cadre comme celui-ci. Dans la vie de tous les jours, c'était une vraie torture. Il y avait toujours beaucoup de monde, peu de place, de la cohue, et souvent, aucune échappatoire. Alors je les évitais autant que possible. Je n'y trainais pas. Là, c'était différent. J'avais presque l'impression de me comporter "normalement". C'était peut-être stupide. Et c'était surement un moyen pour moi de me soulager du poids du quotidien. De fuir. Mais ça me faisait me sentir mieux.

Alors que je soupirais, un bruit à la provenance inconnue retenti. Un froissement de feuilles d'arbre. Comme si quelque chose y bougeait. Sur le coup, je sursautai, manquant de laisser tomber mon paquet. Je le rattrapai, mais, penchée en avant, en appuie sur ma jambe encore trop fragile pour me permettre des cabrioles, je perdis l'équilibre et fini par m'étaler sur le sol, ventre à terre, entraînant un bruit mât qui résonna dans tout l'établissement. Dans ma glissade, j'avais atterri à l'entrée d'une salle de classe, et mon précieux, lui, un peu plus loin. Un nuage de poussière s'était soulevé, et je couvris de si tôt ma bouche de mon mouchoir que j'avais tiré de ma poche. Je me relevai, affichant une petite grimace de douleur, et allai de suite ausculter la boite en carton.

M'asseyant sur le sol crasseux, je l'examinai sous tous ses angles. Pas de gros dégâts. Elle était juste un peu cabossée aux coins, rien de grave donc. Soupirant une seconde fois, je me penchai vers l'avant pour appuyer mes coudes sur le paquet. J'avais réagis au quart de tour à ce bruit alors que c'était surement un oiseau ou quelque chose du genre. Je devais bien avouer que j'en avais un peu honte.


Dernière édition par Naoko Tanaka le Mer 26 Aoû 2015 - 3:00, édité 4 fois
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Yui Valentine
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MessageSujet: Re: Sweet talk [Yui Valentine]   Mar 19 Aoû 2014 - 22:22

C’est comme ça que ça a commencé.
Ils étaient là, elle était là. Il n’était pas forcément là mais s’y était retrouvé parce que c’était la métaphysique des destinées. En bref, trêves de bavardage ; Valentine ne se souvient plus vraiment. Il se rappelle juste de s’être demandé si cette étudiante ne s’était pas tuée dans sa chute.


-
Dialogue de Cartons
Naoko - Yui


Un bruit.

Le bruit de quelque chose qui s’écroule. Plus léger qu’un mur, trop maladroit pour un simple animal de passage. Derniers ronds de fumée dans les airs et un ancien psychologue scolaire consume tranquillement la vie de sa cigarette. Un psychologue pour quelques dernières heures encore, distinctement reconnaissable par sa blouse habituel, sauf que celle-ci, il l’aura sciemment empruntée sans autorisation dans le bureau de Fatalys. Yui a attrapé le carton posé au sol, un carton pas vraiment lourd ni conséquent, mais rempli d’effets personnels cumulés à la force des années. Ce jour là, il vidait définitivement ses affaires de l’académie Keimoo.

Sans se presser, il a pénétré ces lieux austères, se demandant quoi trouver dans le coin -sans pour autant plus d’intention particulière à vouloir utiliser son temps dans l’exploration des bâtiments abandonnés. Ces bâtiments en ruine dont il ne raffolait pas particulièrement la fragrance. La fragrance amère d’une amertume que lui avait délaissée Lena, Eléna Aleksandrov. Elle l’avait obsédé, il le lui avait dit, elle lui avait répondu qu’elle voulait l’aider. Mais en ce temps là, ce n’était pas de l’aide que Yui Valentine aurait souhaité. Il y a deux ans.

Le temps, sablier inlassable, est passé depuis.
Mais il ne lui a pas effacé cette emprunte désagréable même si infime.

Yui n’aura pas eu à faire trop de pas pour retrouver quelqu’un assis, appuyé sur un paquet.

-A tout hasard...,
a-t-il lancé, plus pour annoncer sa présence qu’autre chose, … une envie de déménager?

Un amusement, un reproche, du cynisme dans de l'ironie? Il l’a formulé sous une question qui ne nécessite pas de réponse, comme il a l’habitude de faire. Balayant rapidement du regard cette salle de classe qui un jour bien avant son passage, avait elle aussi était remplie et vivante. A présent, il ne restait plus que lui, son carton, elle. Et son paquet. Secouant imperceptiblement la tête il s’est dirigé vers elle. Le Bruit.

Il a posé son ballotin au sol, près de la jeune fille et s’est assis dessus.  

-Jeune fille, vous avez oublié quelque chose il me semble.


Yui Valentine est un visage qui ne sourit pas forcément. Un regard froid, un air réservé, un calme serein derrière des pensées plongées dans une perpétuelle agitation, une voix posée. Tout ça, une simple habitude de routine, pour lui tendre un vulgaire mouchoir de papier. Un kleenex.

Elle s’est écorché les coudes, a dû se faire mal.

-La prudence, par exemple.

Un regard qui feint le reproche alors qu’il est le premier à se ficher du règlement. Qui toutefois se crédibilise à l'orée d'un tremblement de terre aussi récent que violent. Il y a quelques instants encore, il aurait se retrouver en position de responsabilité en tant que personnel de l'école. Des notions futiles, qui déjà s'estompent et s'effacent au grand dam du directeur. Et pendant ce temps, des yeux qui sondent, qui sondent.

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MessageSujet: Re: Sweet talk [Yui Valentine]   Mer 20 Aoû 2014 - 2:40


Des bruits de pas résonnaient dans la vieille bâtisse, mais je n’y prêtais pas vraiment attention. Là, accoudée à mon carton cabossé, j’étais partie dans mes pensées durant le court laps du temps qui me séparait de ma rencontre. Mon esprit avait vagabondé sans m’en demander mon avis, si bien que je n’accordais même plus d’importance à la poussière soulevée virevoltant dans les airs.

Mon regard avait glissé sur la boite couleur Camel, qui semblait, et avait effectivement, pas mal voyagé. Sur son dessus était scotché un mince rectangle de papier où l’on pouvait lire mon nom et l’adresse de l’Académie, dans une écriture que je ne connaissais que trop bien. A la fois appliquée et rapide, avec un trait délicat et mordant en même temps. Un mince et discret sourire s’étira sur mes lèvres tandis que je délimitais l’adresse du doigt.

Sourire qui s’effaça automatiquement lorsque j’entendis à mes côtés une voix qui m’était inconnue, mais à laquelle j’aurais dû m’attendre. Je savais pertinemment que quelqu’un allait venir, mais j’avais, involontairement, mis de côté ce détail –pourtant non négligeable- dans un coin de ma tête.
Je relevais les yeux et me redressais à la question de l’inconnu, me contentant de le dévisager de mes prunelles sombres, comme j’en avais l’habitude. De quoi venait-il se mêler ? Ne se doutait-il pas que si j’avais trouvé refuge dans un endroit aussi reculé, c’était parce que je ne voulais pas de compagnie ?

Et pourquoi diable me parlait-il de déménagement ? J’affichai une mine d’incompréhension, toujours sans décrocher un mot, toujours en gardant les sourcils froncés et le nez retroussé. Mon regard fit son chemin sur la silhouette de l’homme, pour remarquer un détail qui pouvait avoir de son importance. Une blouse ? Un étudiant en science ? Il n’avait pas l’air d’âge de faire encore des études. Infirmier scolaire ? Il me semblait pourtant que son poste était occupé par ce fêlé de Fatalys. Je ne l’avais d’ailleurs pas vraiment revu depuis le séisme. J’espérai pour lui qu’il se soit remis. Mais vu la teigne qu’il était, je ne m’en inquiétais pas trop.

Était-ce un fétiche alors ? Un accessoire de style ? J’avais croisé tellement d’énergumènes ici en seulement un an, que maintenant, plus rien ne m’étonnait. Je décidai donc d’ignorer ce point le temps d’y trouver la réponse. Ce n’est pas comme si je m’intéressais particulièrement à cet homme.
A vrai dire, il n’était pas plus qu’un trouble-fête, certes plus âgé que ceux que j’avais l’habitude de côtoyer au lycée, mais, ça me procurait à peu près le même sentiment.

Celui qui vous donne envie de vous lever, et de partir vous installer un peu plus loin pour faire comprendre à l’interlocuteur que sa présence n’est pas des plus souhaitée. Comportement que les conventions sociales empêchaient bien entendu. Mais à vrai dire, elles me passaient un peu au-dessus de la tête, les conventions, ce soir-là. Du coup, alors que je m’apprêtais à bouger de mon point de chute, je fus coupée par un mouvement de sa part, et mes yeux suivirent malgré eux le chemin d’une boite en carton venant servir de siège au fétichiste des blouses. Et ainsi, les deux cartons, le sien et le mien, se retrouvaient maintenant l’un à côté de l’autre, comme deux membres d’une famille qui venaient de se retrouver.

S’il s’attendait à ce que je m’écrie qu’on était frère et sœur de cartons avec un enthousiasme débordant comme les héroïnes magical girl en prenant une pose tout à fait ridicule… Il risquait de finir déçu, pour sûr…

Mais pour le coup, mon intérêt était piqué au vif, et j’étais maintenant curieuse, sans raison, de savoir ce que contenait la boite jumelle.

Puis, il m’adressa de nouveau la parole.

A sa remarque, je me retournai, pensant avoir laissé tomber quelque chose dans ma chute. Chose qui aurait donc dû giser là, mais qui n’y était pas. Il se fichait de moi ? Je revins face à l’homme, dans l’intention de l’interroger du regard, mais celui-ci ne m’en laissa pas le temps et me tendis un mouchoir en papier. Je ne compris pas. J’avais déjà le mien, de mouchoir.

« - Ce n’est pas à moi. »

J’avais déclaré, d’une voix claire et dénuée d’agressivité comme d’amabilité. Je ne savais pas vraiment où il avait ramassé ça, mais ça ne m’appartenait pas. Je ne le lui pris donc pas, le laissant dans les mains de l’homme. Et ce n’étais pas comme si j’en avais besoin, en plus.
Je fus surprise de la suite de ses mots, sans pour autant le montrer.
Même si ceux-là pouvaient signifier une sorte d’inquiétude, d’avertissement bienveillant concernant, je le présumais, ma chute d’un peu plus tôt, ils ne sonnaient pourtant pas du tout comme ça à mes oreilles. En fait, ils avaient plutôt déclenché une sorte d’amertume. Etait-il en train de se moquer de moi ?

« - Mon manque de prudence ne regarde que moi. »

Et comme toujours, j’avais répondu calmement, dénuée d’émotion particulière. Je n’étais pas le genre de personne à tout prendre mal, mais j’étais étonnée. Enfin, c’était plutôt que j’avais du mal à comprendre. Les motivations, la raison de la venue de cet homme. Espérait-il que je lui réponde à chaque fois ? Que nous nous lancions dans une conversation ? Il n’avait pas l’air du genre tout à fait amical qui essayait de bien s’entendre avec la moindre personne qu’il croisait.

Toujours était-il qu’il se trouvait là, à engager la discussion. Avec moi. Peut -être par dépit, parce que j’étais la seule dans les parages. Ou peut-être pas.

Faisant fi de sa présence, je me redressai sur mes deux jambes -plus sur l’une que sur l’autre, ne voulant pas trop forcer sur celle qui avait déjà subit le séisme-, essuyai mes coudes et mes genoux écorchés sans y prêter une plus grande attention, et me dirigeai vers un des bureaux encore en état de la salle de classe, accolé à une fenêtre à la vitre salie par le temps et cassée par des mauvais traitements. J’avais emmené mon paquet avec moi, que je posai avec soin sur l’ancienne table de torture d’un élève ayant déserté l’Académie depuis bien longtemps.

J’observai pendant quelques secondes l’ouverture du carton, obstruée par plusieurs passages de scotch de déménagement, et jugeai inutile de m’y attaqué avec les mains. Je relevai les yeux vers l’homme à la blouse.

« - Vous n'auriez pas un scalpel sur vous par hasard, Doc ? »

Quitte à venir m’importuner, autant qu’il me soit utile, non ?

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MessageSujet: Re: Sweet talk [Yui Valentine]   Ven 22 Aoû 2014 - 0:14

Un Kleenex à bout de bras, Valentine s'est figé, dans un moment d'incompréhension. C'est justement parce que ce n'est pas à elle qu'il se trouve planté là. Ce troll qu'elle vient de lui mettre prend un moment à s'en aller... le temps que Valentine réalise que la jeune fille est à peine fillette -et que par dessus tout ça, il pourrait être son père. De deux choses l'une, Yui s'est demandé quand est ce que le temps s'était permis de créer ce genre de passage à vide et dans ce même instant, il a docilement rangé son mouchoir qui sans doute aurait le mérite de ne pas être aussi couvert de poussière que celui de la fillette. Yui l'a tellement pensé fort que son regard n'a pu s'empêcher de fixer dubitativement l'élève en train de se relever puis essuyer -si ce n'est rajouter, les quelques deux trois bactéries parmi les quelques deux trois autres millions en train de se taper une pullulante fiesta sur les peaux déchirées. Une image qui ne s'estompe pas et que Valentine chasse en fermant les yeux brièvement, très brièvement... -assez fort pour tuer l'image à coup d'étincelles jaunes, méandre d'une lumière stockée dans sa mémoire.

Ça passe. Mais il a quand même une envie oppressante d'aller se laver les mains.


Grise la brume

Dans le flot de ses paroles discontinues, Valentine tisse un hypothétique lien de continuité... que la fillette finit par saisir. Qu'avait-il dit ? La prudence, hm.

-Elle ne regarde effectivement peut être que vous.


Mais ce sont les autres qui en payent les frais.

Il l'a tu. Yui Valentine n'a pas la foi d'aller argumenter avec une fillette. Une non-envie? Peut être. A cet âge là on se fout juste du monde, alors de toute façon, il perdrait. Résignation par avance se convertit en temps gagné.
Il n'a pas cherché a se rapprocher davantage, resté sur sa position initiale, assis sur son carton. Et parce que les gros détails n'arrivent qu'après les petits à son attention, il n'a pas fait fi du boitement de la fillette. Jetant un dernier coup d'œil à son environnement général il se décide de quitter ces lieux, désormais dépourvu d'intérêt et dieu bon dieu qu'il était bon ce seigneur, personne n'était mort.

- Un scalpel ?
, répète-t-il distrait en ramassant son carton et se dirigeant vers la sortie. Plait-elle.

Ses yeux se sont posés sur l'élève qui a élu ce lieu pour ouvrir son paquet. Il a esquissé un mouvement de tête visant des bris de verre à quelques pas d'elle.

-Tentez toujours avec ça.

Valentine a effectué quelques pas vers là d'où il s'est ramené et la suite, -il jure qu'il s'en rappelle encore, il s'est arrêté non pour observer mais bien pour fixer au dessus de sa tête, ce plafond. L'instinct d'un énième sens et il effectué un pas de côté. Pensif, sceptique. Un deuxième pas de côté pour contourner un obstacle inexistant et le reste fut soudain poussière.

Et ce reste-là, soudain envahissant, est un déluge de particules se propageant dans tous les recoins accessibles. Jamais un nuage n’aura été aussi matériel. Yui n'a eu le temps que de se retourner pour se couvrir un peu au hasard. Comme il peut. En se disant qu'il aurait assez vécu pour assister à un tremblement de ciel. Kofkof.

Ç’aurait pu être pire.
Pire comme on trouvera toujours quelque part ailleurs. A quelques mètres de là où se tenait Yui, un morceau de plafond, assez petit mais qui n’a fait qu’agrandir ce trou sombre qui les observait déjà depuis leur arrivée. Mais le plus marquant reste sans doute cette brume que vient de soulever cet essaim de poussières grises, réveillant celles, cumulées au sol comme des souvenirs enterrés. Grise est la brume, si dense et épaisse que Valentine est obligé de se couvrir les voies respiratoires avec son kleenex fraichement refusé, ironie du sort. Et seulement alors, il se surprend à se complaire de ces tons gris clairs presque blancs –si seulement elles ne l’empêchaient pas de respirer. Oui, gris c’est bien, songe-t-il en se redressant, à mi chemin entre le clair obscure, il peut se permettre tout une gamme de nuance que la transcendance -souvent clamé par Kohaku ne possède pas, et que le noir se contente simplement d'éclipser.

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MessageSujet: Re: Sweet talk [Yui Valentine]   Mer 8 Juil 2015 - 22:20

Je baissais les yeux sur les éclats de vitre gisant sur le sol, légèrement déçue. Après tout, ç’aurait pu être drôle qu’il ait sous sa blouse toute une panoplie d’objets contondants et scintillants.
Bon, certes, c’aurait aussi été assez effrayant, et pas très rassurant. Du coup, je devais me résigner à ouvrir mon paquet. Le risque que moi, légendaire poissarde, y laisse une main si je tentais ne serait-ce que de toucher un bout de verre était bien trop important pour que je m’y aventure.

Je soupirais doucement, me disant que l’ouverture tant attendue, et la surprise de constater ce que mon très cher correspondant m’avait envoyé, devait attendre encore un peu. You’re a party pooper, Doc.

Et puis, suivant du regard l’homme à la blouse, je l’observais se lever, sans doute comptait-il partir. Intérieurement, je m’en réjouissais. J’allais enfin pouvoir me prélasser seule dans ma mélancolie jusqu’à que j’en fasse une overdose. Super. Mais j’aurais quand même aimé savoir ce que lui trimbalait dans sa boite. Et qu’est-ce qu’il était venu faire là, aussi. Je le vis faire un espère ce manège bizarre, jetant des regard-ça et là, et semblant éviter quelque chose qui n’existait pas. Okayyyy, encore un weirdo, il semblerait. Mon espoir d’un jour croiser des personnes à peu près normales dans cette Académie était en train de s’étioler un peu plus. Enfin remarque, c’était bien la poêle qui se foutait du chaudron, vu que j’avais mon lot de bizarrerie, aussi.

Et puis, un grondement, et en une fraction de seconde, le ciel nous tomba sur la tête tandis que devant mes yeux, le temps semblait s’écouler au ralenti.

Les souvenirs d’un épisode semblable flashèrent dans ma mémoire. Les cris, les pleurs, le sang, la colère, le désespoir. La douleur. Entrant comme en vibration, ma jambe m’électrifia tout le corps, envoyant des synapses de souffrance dans tout mon corps.  
Les images défilaient sous mes paupières, comme si j’y étais encore. La désolation du centre commercial. La certitude de la sécurité qui vole en éclat. La prise de conscience de la valeur de la vie.

Il fallait que ça m’arrive encore. Et alors que l’impact du plafond qui s’écrase dur le sol résonnait dans la pièce, je me redressai de ma chaise dans un réflexe, l’envoyant se fracasser derrière. Ma jambe gauche, se cognant contre la tablette m’envoya un électrochoc qui me fit basculer en arrière. Ma tête heurta le bord du bureau postérieur, et mon corps, dénué de toute prise, s’abattait lourdement sur le vieux plancher.

Je mis mes mains sur ma tête pour me protéger, mais plus rien. Juste un nuage de poussière qui s’était soulevé dans l’air et qui ne semblait pas vouloir redescendre, et un trou dans le plafond.

Mon cœur tambourinait dans ma poitrine alors que je restais un instant allongée sur le sol, complètement choquée. C’était juste ça. Juste le plafond qui n’avait pas supporté les années.
Je soupirais de soulagement en réalisant que j’avais échappé à un deuxième séisme, avant de réaliser que je m’étais cognée et que je m’étais fait vraiment mal. J’attrapais l’arrière de ma tête et m’écriai bruyamment en roulant sur le côté :

« - AOUUUUTCH MAIS CA FAIT MAL ! »

J’étais tellement soulagée que pour le coup, mon imperturbable calme avait été… perturbé.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Sweet talk [Yui Valentine]   Dim 9 Aoû 2015 - 21:02

-Tu es une idiote Tanaka.

Il venait d'apprendre son prénom.

Naoko Tanaka était sans doute la dernière à penser qu'ouvrir la bouche dans une salle enfumée était relativement insensé mais c'est sans doute une des milles raisons pour laquelle Yui Valentine avait décidé de l'avoir dans son service. Car du temps était passé et elle lui en avait fait voir des vertes et des pas mûres. Sa capacité à concevoir un monde à côté de la normale (à côté de la plaque) avait finir par séduire Yui dans la perspective de casser l'ambiance trop calme et tamisée du salon. Quoiqu'il en soit, ce jour là, ils étaient retournés au bureau de Fatalys inspecter la tête de Tanaka et  après quelques paroles anodines, leur chemin avait repris leur cours puis s'étaient recroisés plusieurs fois de suite dans des lieux les plus absurdes qui puissent être pour accidentellement rencontrer quelqu'un. Qui d'eux deux était le plus étrange -ou weirdo comme dirait Naoko, Yui jurerait que c'est forcément la princesse mais au final ce n'était pas très important comparé à l'échelle de l'humanité : les cas particuliers étaient devenus le quotidien d'un ex-psychologue.

Ensuite, des semaines passent et le temps se résume en un mail.


    De: Yui Valentine
    A: Naoko Tanaka

    Tanaka,

    Tu m'accorderais une faveur ?
    La gente féminine manque dans mon salon de thé. Je recherche une personnalité et je me disais qu'une princesse maladroite comme toi -par exemple, serait l'idéal. Je te propose de passer lundi prochain après tes cours. Demande à Féa l'adresse.
    J'espère que tu sais fabriquer des cookies. Sinon Féa t'apprendra ...sans doute, il sait faire des bonhommes de neige avec des carottes. See you!
    PS: ...Si le toit de mon salon s'écroule par ta faute essaye au moins de ne pas respirer la bouche grande ouverte.
    Yui


Il se retient d'ajouter qu'elle ferait un excellent binôme avec Féa, les modalités seraient à découvrir sur le tas. En vérité elle lui semble être l'extrême opposé au rônin de tous les temps et la perspective de voir collaborer deux antithèses a quelque chose de curieux... Valentine en ressentirait presque cette sorte de fébrilité, celle du savant fou juste avant le résultat de deux mélanges aux composantes chimiques pas forcément compatibles.

Mail envoyé, Valentine en fait abstraction. Lundi passe, mardi puis mercredi. C'est ainsi qu'un jeudi soir, dans cette ambiance tamisée et reposée du salon, tintent les clochettes de la porte, laissant apparaître celle qui porterait le rang de Princesse du salon. Elle a les cheveux coupés courts telle qu'il a pu la croiser les autres fois, en tenue d'écolière sortie droit des cours, une mèche mal placée venue se caler devant ses yeux. Rien que de l'apercevoir ainsi au seuil de l'entrée, contraste avec le ton des affaires en cours, mais c'est avec un demi sourire que Valentine pose tranquillement une tasse aux fragrances sencha à sa cliente au regard étonnée par cette jeune entrée et décalée. 

-Ne vous en faites pas, elle est majeur et vaccinée..., glissera-t-il avant de rejoindre l'étudiante à qui il murmurera un tu es majeur et vaccinée Tanaka? avant de la saluer et de lui replacer la mèche rebelle tout en élevant la voix, -...Hm. Bienvenue princesse Tanaka. Vous me permettez?

Il la débarrasse poliment de son sac comme si elle était une cliente et la laisse visiter les salles de long en large et en travers, Éloquence le chat blanc à ses pieds. Et alors que Yui s'affaire auprès de la clientèle, il ne peut s'empêcher de s'amuser à l'idée d'avoir une telle nouvelle recrue.



Partie 1 - Fin






HRP: Je fais court pour avoir un saut dans le temps -et te faire princesse.

__________________________________________________
"Je suis l'Empereur, l'empereur de rien mais Empereur quand même."

Avatar: Yui vu par Shiki
Carte de visite du Salon par Naoko Tanaka

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