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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Raconter en silence ~ feat Narcisse.

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Zakuro Fea
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MessageSujet: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Ven 1 Juil 2011 - 10:17

« Vivez si m'en croyez, n'attendez à demain! Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie. »
« Sora (à propos de Narcisse) : Il t'a offert quoi, en échange? Zack: Bah... rien. Sora: Parfait! Je t'en offre le double! »




Il est des oiseaux qui prennent leur envol pour ne jamais revenir. Il est des pensées qui s'envolent pour ne jamais aboutir. Il est des espoirs qui fol, insensés, plongent l'individu dans une torpeur sans astres, dans une nuit sans étoiles.
Un monde sans rêve.
Mes yeux s'ouvrent. Il fait sombre. Matin, nuit? Je ne saurais le dire. Un mince filet de transpiration couvre mon corps, et dès l'instant où j'arrache la couverture, un frisson violent me prend. Brrrr! Mais c'est qu'il ferait presque froid, au Japon!
Je sors de mon lit, en silence. Quelle heure est-il? Je jette un bref regard aux lits de mes colocs. Une fois de plus, ils n'ont pas dormis à l'internat. J'ai un mince sourire en imaginant le petit Gabriel dormir comme un loir dans sa chambre, chez lui. Et Lindsey? Je ne sais pas... son lit doit être en bois sculpté. Rires. Gosse de riche, va! Mes lèvres s'étirent en un mince sourire, et je pose mon regard sur mon réveil. Trois heures du matin. Etrange... pourquoi me suis-je réveillé ainsi? Ce n'est pas mon style, en tous cas.
Je dépose mes mains sur mon torse nu, brûlant sous la fièvre endormie. Aïe... j'ai certainement besoin d'une douche. Je me dirige à pas lents vers la fenêtre et actionne lentement le mécanisme d'ouverture metallique. Les deux battants des vitres s'ouvrent, et les rideaux claquent: le vent est là. Je ferme les yeux et inhale l'élément de toute la puissance de mes poumons. JE sens le mouvement de mes cheveux qui se placent vers l'arrière, sous le souffle du zéphir. J'aime le vent. Autant que j'aime la vie. Un monde sans vent serait pour moi un monde sans ami. Il est mon conseiller, mon confident, mon protecteur.
Je ferme les yeux et laisse voguer ma pensée. Depuis que je suis ici, j'ai fais des rencontres intéressantes. Et douloureuses. Sora, Lun... deux garçons qui vont compter pour moi, finalement. Sora, parce qu'il est le premier Shinigami que je rencontre. Il m'a aidé à remettre un peu d'ordre dans ma tête, au cimetière.
Et Lun, parce que c'est Lun. Il n'a pas vraiment d'adjectif. Bizarre, déstabilisant, troublant, effrayant, angoissant, lunatique, rêveur, fantasmant... je ne sais pas, je ne parviens pas à le classer. Il est juste lui et c'est incroyable. J'aime tout chez lui... et c'est étrange! Comment peut t'on tout aimer chez quelqu'un? En plus je ne le connais pas plus que ça. Mais, rien que pour cette première rencontre, il m'a transmis une partie de lui assez profonde que je garde près de mon coeur comme un baume. Un sourire. JE rouvre les yeux, plonge mon bleu à moi, celui qui m'appartient, sur le bleu de la nuit.

Je sors lentement de la douche. Mes cheveux humides collent à ma nuque, et font s'échapper des sillons aqueux tout le long de mon visage: tempe, mâchoire, joue, nez, lèvres, carotides... J'essuie distraitement une lourde trace d'eau encore chaude qui roule près de mon oeil, comme une larme abusée. JE suis joyeux. Même pas fatigué, il est bientôt quatre heure du mat', et je bouillonne d'énergie. Je rentre dans ma chambre, glisse la serviette que je prends vivement, à mes reins, et retourne à mon lit. J'y ai déposé un pantalon noir, de style nylon, très souple, très solide. Je m'assieds, enfile sous vêtement, pantalon, bas, chaussures, et me tourne vers un miroir. Torse nu, je peux admirer ma peau. C'est étrange... du bout des doigts je caresse la surface polie, un peu au dessus du coeur de mon reflet. Avant, j'avais des hématomes partout, des coupures, des cicatrices... ma peau est blanche, reformée, neuve. Sans aucune malformation. Mes combats d'autrefois, où sont passés les traces de leurs existences? Evolution de la puberté? J'ai un serrement au coeur. Puis, lentement, je vois dans le miroir les lèvres s'étirer. Je souris.


« All right. C'est parce que je deviens plus fort. J'ai de moins en moins de coups. »

Ma voix est rieuse, légère. Je détourne le regard du miroir, et enfile un haut de laine violacé. Mes doigts glissent dans mes cheveux, je leur donne un semblant de tenue, puis je me baisse jusqu'au sol. D'une main, je retire de dessous mon sommier un large sac de sport. JE l'ai caché là pour éviter qu'on vienne me le confisquer ou bien me le voler. De deux doigts, je récupère la fermeture éclair du sac, et la tire lentement, comme un médecin légiste découvrirait le cadavre. C'est une épée. Pas un sabre; une épée, droite, avec une lame plus épaisse que la moyenne, aux dimensions rectangulaires, et possédant une garde, délimitant la fusée de la lame elle même. Mes doigts courent sur le fil acéré de l'arme. Cette nuit, je veux m'entrainer avec. Depuis-combien de temps l'ais-je, maintenant? J'avais dix ans, je crois... 7 ans... un soupir amusé glisse entre mes lèvres, mélancolique, puis d'un coup, soudain, je referme le sac. JE me lève, prends la sangle, et le soulève, jettant la besace en travers de mon épaule et de ma poitrine. Outch, elle fait son poids, quand même! JE souris, arrange la taille de la sangle, pour pouvoir me déplacer confortablement, et me dirige vers la porte de ma chambre. Direction le parc! Il n'y a personne, et j'ai passé la journée hier à chercher un endroit qui me cacherait des yeux du monde, pour que je puisse m'entrainer en paix. La porte, absolument pas coopérative, s'ouvre dans un grincement de fin du monde. Je marmonne contre elle, une seconde, puis me glisse dans l'interstice, plonge dans l'ombre du couloir. Comme un spectre, je franchis en silence, et rapidement, les étages des dortoirs, courant avec légèreté pour gagner en vitesse. Le fer de la lame, bien protégé par le sac, tapote contre mon flanc comme un ami un peu moqueur, qui chercherait à me déconcentrer. JE jette un regard par dessus mon épaule. Bien, aucune présence à l'horizon. Je pousse la porte du hall, et me précipite dehors.
A l'air libre, dans le vent, je me sens léger, vivant, libéré de toute tension. Ça y est, je suis dehors! C'est le message que hurle mon corps, et je m'avance dans le Parc, à pas lent, heureux d'être sous la lune. Les nuages, dans le ciel d'encre, galopent entre les étoiles, camouflant l'oeil attentif de Susanoo à qui j'adresse une prière de remerciement pour ma discrétion. Je me dirige en silence vers le fond du Parc, m'éloignant du batiment de l'école.

Le sac tombe au sol. Les arbres autour de moi forment une espèce de mini foret en plein milieu du Parc. Impossible de me voir à partir de Keimoo. Je me baisse au sol, étirant mes muscles dorsaux. Ma montre m'indique 4:30. Je récupère le sac, l'ouvre, et prends l'épée. Il faut trouver l'équilibre de l'arme. JE m'entraine avec depuis à peu près 2 ans... depuis que j'ai 15 ans. Elle prend rapidement la position adéquate dans mes mains, et mes bras s'arquent, pour accompagner ses mouvements. Je l'adore... elle est comme une amie, pour moi. Ou comme un cheval. Un cheval que je dois apprendre à maitriser, jour après jour. Je le place verticalement, sa pointe mortelle plongée vers le ciel, défiant les étoiles, et la garde à la hauteur de mes yeux. Je baisse légèrement le visage, et ma prière à la déesse du soleil, Amaterasu, s'élève dans un murmure. Puis, mouvement vif de l'épaule, et je débute avec véhémence ce combat contre des soldats imaginaires.

Le vent se lève. Je tombe sur le sol, à genoux, le souffle court. Je suis épuisé... waw... Zack, l'increvable, est vaincu. J'imagine, presque inconsciemment, des soldats ennemis devant moi bondir sur moi pour m'achever. Peur. Ma main se lève, et le vent, comme dompté par ma volonté, gronde à la seconde précise. L'ennemi explose dans un tourbillon de poussière et disparaît, loin de la réalité. J'enfonce la lame de l'épée dans le sol, et me relève douloureusement. Bientôt 7 heures... Mes genoux sont douloureux. J'arrache la lame de l'épée du sol, et tressaille.


« Tu es encore là, toi? Ça fait un moment que tu aurais du décliner ton identité. Ce n'est pas très... »

JE relève mon visage. Un inconnu, camouflé par les ombres des arbres est là. Je ne le connais pas... mais la torpeur du ciel, hésitante entre le jour et la nuit, m'exhibe des cheveux d'un blond lumineux. Une seconde, je pense à Lun. Non, ce n'est pas lui.

« Poli. »

Nonobstant, je souris, tandis qu'avec une démarche féline, légère, l'inconnu avance au centre de la clairière.


Dernière édition par Zakuro Fea le Mer 3 Juil 2013 - 23:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Sam 23 Juil 2011 - 1:57

Spoiler:
 









Il y a la chaleur des corps, et la chaleur de l’alcool. Le son de nos voix, et celui de la musique tapageuse qui s’élève de l’ordinateur portable de Rei. Le parfum des filles, et celui, musqué, plus discret, de la transpiration.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été aussi serein. L’ambiance est légère, festive ; Noa et Sunako ont amené assez d’alcool pour tenir toute la nuit, s’il le faut, et l’appartement de Rei est décidément idéal pour ce genre de soirée.

- Aaaw. Dix. Encore. Je suis maudite, nan ? lâche Riza en contemplant d’un air dépité les dés qu’elle vient de lancer.

Noa laisse échapper un rire pas franchement sobre, avant de désigner d’un geste le verre déjà presque vide de Riza pour lui intimer de boire.

- T’en es à combien, là ? demande Haru, attentionnée comme à son habitude.

- Six, grimace Riza.

Je lui tapote l’épaule d’un air compatissant, avant d’enchaîner avec un sourire dévastateur.

- Seulement ? Mais alors, heureusement que tu viens de te planter de main, comme ça on va pouvoir t’en remplir un autre pour le cul-sec !

Et je jure que je regrette de ne pas avoir d’appareil photo sous la main pour immortaliser la tête qu’elle fait en se rendant compte qu’effectivement, elle vient de boire de la main droite. Le jeu d’alcool auquel nous jouons depuis le début de la soirée et un concentré de règles à propos d’une paire de dés, de la main avec laquelle on boit, d’un peu de réflexe et de tout un tas de règles additionnelles que l’on rajoute à chaque fois que quelqu’un fait un double six*. Et je dois dire que c’est proprement épique.

- J’dois distribuer quatre gorgées... constate Rei à son tour.

Son regard se pose tour à tour sur chacun d’entre nous, et j’entendrais presque Riza supplier de ne rien lui donner à boire de plus – selon elle, sa résistance à l’alcool est proprement merdique.

- Deux pour Noa. (L’intéressée lève son verre avec grand sourire, avant d’en boire une grande gorgée.) Une pour Sû, et une pour Haru !

- Hey, c’est pas juste ! constate Sunako. Narcisse ne s’en est presque pas pris, depuis l’début.

- C’parce qu’il nous a trop manqué, l’idiot ! lance Noa.

J’adresse un sourire à toute la bande, réellement touché. Il faut dire que ça faisait plusieurs mois que je ne venais plus aux shootings.
Mais c’est terminé. Ma période de catatonie est terminée.

Sora est réveillé, maintenant.




- Reeei, je lâche d’une voix incertaine en m’accrochant à son cou. On sort, dis ?

Ledit Rei me regarde en haussant un sourcil dubitatif – d’ailleurs, je me suis toujours demandé comment il faisait. C’est vrai, moi, j’ai beau essayer, rien n’y fait : mes sourcils restent toujours symétriques. Comme quoi, la perfection peut faire du tort. Mais bref.

- Si par « sortir » tu entends « faire la tournée des afters », n’y compte même pas. T’es déjà complètement torché, mon grand.

Je prends une moue boudeuse qui se veut sexy, avec un succès relatif.

- T’es pas drôle.

Il laisse échapper un soupir.

- Okay, on sort. Mais juste pour prendre l’air ! Hors de question que j’me retrouve à te porter jusqu’à ton appart. En plus, il craint, ton quartier, j’ai pas envie d’me faire violer en t’ramenant chez toi.

- Et moi, j’risque pas d’me faire violer, si j’rentre tout seul ?

- Nan. Toi, c’est toi qui viole les gens, pas l’inverse.

Je prends un air scandalisé.

- Quoi ! J’ai jamais rien fait à qui que ce soir contre son gré, j’te ferais remarquer.

- C’est ça, c’est ça, lâche-t-il dans un soupir en levant les yeux au ciel.

Quoi ? C’était pas crédible ?
Je tente de me concentrer à travers les limbes de l’alcool pour lui opposer quelque argument convaincant, mais abandonne rapidement dans un soupir d’une théâtralité déchirante.

Une heure, deux chutes, trois fou-rires et un débat obsolète plus tard, nous nous retrouvons à déambuler dans les rues, déjà un peu plus lucides qu’au moment de quitter l’appart.

- Putain, lâche Rei. Je m’demande quelle heure il est.

- Tard. Noa dormait quand on est parti, donc très tard, même.

Il rit. C’est vrai que Noa est une grande fêtarde, et donc généralement une des dernières à déposer les armes.

Par acquis de conscience, je jette un coup d’œil à ma montre, pour constater non sans surprise que, plutôt que tard, il serait plutôt… Très tôt.

- Aaw. Six heures du mat' passées. On devrait p’t-être se rentrer, nan ?

- Ah ouais, déjà ? T’as pas tort. Tu retourne chez moi ?

- Nan, j’pense pas. J’habite tout près d’ici, alors autant rentrer directement.

Il hausse les épaules.

- Comment tu veux ! Tant que t’es là demain – enfin, aujourd’hui – pour le p’tit dej, tu fais comme tu l'sens !

Je ris doucement, avant de répondre :

- Pas de soucis. Je ne veux pas manquer le réveil des filles, de toute façon.

Rei me serre brièvement dans ses bras, avant de faire quelques pas en arrière.

- À tout à l’heure !

Je lui adresse un geste de la main en retour, avant de reprendre mon chemin vers le parc par lequel j’ai l’habitude de couper pour rentrer chez moi.

Pour une fois, tout le quartier semble endormi, et je ralentis l’allure pour profiter de ce silence providentiel. Une fois de plus, le soleil se lève avant que je ne soit couché. Il va peut-être falloir que je me décide un jour à avoir un rythme de vie moins chaotique, d’ailleurs. Un jour. Mais bref.

Peut-être est-ce parce que je suis encore ivre, ou bien simplement parce que j’étais perdu dans mes pensées, mais je sursaute en me rendant compte que, contrairement à ce que je pensais, je ne suis pas seul. Intrigué, je m’approche, pour observer à la dérober cet autre insomniaque.

C’est un gamin, à première vue. La scène est par ailleurs pour le moins improbable. Il est seul au milieu d’une clairière, et je le vois planter dans le sol ce qui semble être une épée. Curieux. J’ai déjà vu un certain nombre de choses improbables, inattendues, ou surprenantes au cour de ma vie, mais ça, je dois dire que ça n’est pas le genre de choses que l’on s’attend à croiser à tous les coins de rue.

- Tu es encore là, toi ?

Je sursaute en entendant sa voix, pensant avoir été suffisamment discret pour qu'il ne me remarque pas.

- Ça fait un moment que tu aurais dû décliner ton identité. Ce n'est pas très...

Il relève la tête, révélant un visage au teint pâle et aux traits harmonieux.

- Poli.

Je souris. Ce gamin me donne envie de jouer un peu. Exactement comme je l’avais fait avec Sora lorsque je l’ai rencontré. Même si le cas de Sora a toujours été… Particulier, évidemment.

- Un enfant qui tente de m’apprendre la politesse ? je lâche d’une voix basse, presque un murmure, en m’avançant dans la lumière froide de l’aube.

Machinalement, je cherche son regard, juste pour prendre mes marques, et m’assurer que je ne risque rien à le provoquer ainsi.

- T-tt. Au risque de te décevoir, je suis probablement un cas désespéré. Regarde…

Je m’approche de quelques pas, pour qu’il puisse voir mon visage.

- Je suis ivre, à cette heure avancée de la nuit. Ou du jour, selon les points de vue, évidemment. Quelque chose me dit que je suis irrécupérable, tu vois ?



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Dernière édition par Narcisse De Lioncourt le Lun 11 Juin 2012 - 2:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Sam 23 Juil 2011 - 11:11

Blond, grâcieux.
Et carrément androgyne.
Je reste une seconde fasciné par ce corps étrange, ce corps totalement à l’opposé de ce que je connais et vois tous les jours. Soit on est un homme, soit on est une femme. Je ne connaissais personne qui sache être ces deux sexes rassemblés, mais selon toutes évidences, je me suis trompé, et bien trompé, car l’individu a une voix douce, certes, mais masculine.


- Un enfant qui tente de m’apprendre la politesse ?

Il /elle est plus vieux que moi. Optons pour le il. Cette étrange et superbe rencontre, haha, me fait songer que, quelques semaines plus tôt, presque de la même façon, une racaille et moi avions fait connaissance. Apprendre la politesse. Tout à fait, j’étais Japonais, je suis dans le devoir de respecter code de bienséance et bonne conduite, non ? En même temps, se retrouver à faire du kendo à sabre nu dehors, vers deux heures du matin ne doit pas forcément relever de ce que les Japonais considèrent comme « poli ». Passons.
Ses prunelles accrochent les miennes, et je ne peux m’empêcher de sourire de nouveau. Il n’attaquera pas, me disent ses yeux. Une pincé d’orgueil me fait songer que de toutes façon, désarmé comme il est, ce ne serait pas prendre un grand risque que de l’affronter. Mes doigts caressèrent distraitement la fusée de l’épée, du bout des doigts, comme si brûlante.


- T-t-t, au risque de te décevoir, je suis probablement un cas désespéré aussi. Regarde…

Il avança de quelques pas. Regarde ? Cet unique mot le différenciait de l’autre racaille aux cheveux fluo. L’autre n’avait pas dit « regarde », il avait imposé une exhibition, que j’avais dut admirer pour lui. T-t-t, sale comportement digne d’une racaille. Mais finalement, hyper intéressant comme mec. Qu’en était-il de l’androgyne ? Question discrète qui s’étirait sur mes lèvres à la manière d’un sourire moqueur.

- Je suis ivre à cette heure avancée de la nuit. Ou du jour, selon les points de vue, évidemment. Quelque chose me dit que je suis irrécupérable, tu vois ?
- Selon toutes évidences. Tu pues l’alcool.

Je retins un éclat de rire en croisant son regard. C’était rare de voir des jeunes expliquer qu’ils étaient ivres, avec calme, et continuer en disant qu’ils étaient des cas désespérés, sans aucune volonté de paraître malheureux. J’aimais bien.
Silence. Puis je me détournais, et prenant l’épée doucement, l’arrachais du sol.


- Après, la plupart des gens sont des cas désespérés ; à toi de voir si tu veux être comme tout le monde.

J’essuyais la pointe de la lame sur l’herbe fraiche, ôtant avec douceur et tendresse l’herbe collée à l’acier, la terre et la rosée humidifiant son tranchant. Je la soulevais, et du revers du poignet, astiquais le fil. Puis je rabattis mon bras, et posais l’épée dans le sac. Je ne regardais pas l’androgyne, et m’occupais de mon épée. Tout ça pour lui cacher l’étrange fascination qu’il exercait sur moi. S’il voyait mes yeux, il devinerait facilement mes pensées. Aussi, adoptais-je une attitude calme et aimable ; sans trop lui faire face, avec toute la discrétion dont j’étais capable.

- Tu bois beaucoup ? Parce que tu as l’air de bien tenir l’alcool, marmonnais-je après une vague minute de silence, tandis que je rangeais mon sac, en refermant les sangles.

Je me tournais, et m’assis sur le sol, ramenant mes genoux contre moi, étudiant d’un air candide sa face de mannequin. Waaaaaaaw, l’est beau le monsieur. Une envie violente de glousser me prit, mais je me forçais à rester absolument neutre, sinon il n’aurait certainement pas compris d’où venait mon hilarité. Je levais la main, et la passa sur mon visage, histoire de me calmer un peu, tandis que le vent, complice, vint rafraîchir mon corps.

- Comment tu t’appelles ?

Tu ? Il était plus vieux que moi, j’aurais dût dire « vous », nan ? Ooooh, basta, on s’en fout, j’étais anglais aussi, le « you » comptait à deux cent pour cent. Certes, nous étions au Japon. Mais mes yeux bleus et son physique angélique nous dispensait certainement la référence asiatique et sa politesse jointe. Au pire, je m’excuserais. Mieux vaut demander pardon que permission.

Il m’avait fait penser, une seconde, à Sora.



Dernière édition par Zakuro Fea le Mar 20 Sep 2011 - 1:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Jeu 15 Sep 2011 - 12:27








« Je suis ivre à cette heure avancée de la nuit. Ou du jour, selon les points de vue, évidemment. Quelque chose me dit que je suis irrécupérable, tu vois ?

- Selon toutes évidences. Tu pues l’alcool. »

Je me permis un haussement de sourcils. Je pensais bien avoir à faire à quelqu’un d’inhabituel, mais cette simple répartie me le confirmait : il n’avait visiblement pas peur de dire les choses telles qu’elles étaient, sans avoir aucunement l’intention de blesser. Ça me plaisait bien.

« Après, la plupart des gens sont des cas désespérés ; à toi de voir si tu veux être comme tout le monde. »

À ses mots, je laissai échapper un éclat de rire, avant de m’approcher de lui.

« Là, tu me vexes. Je suis loin d’être comme tout le monde, je peux te l’assurer, » glissai-je d’une voix suave.

Le silence revint, tandis que je le regardais manipuler son épée, la nettoyer, la ranger, le tout avec une aisance déconcertante. Décidément, il me plaisait. J’aimais le naturel avec lequel il prenait notre rencontre impromptue, sa façon d’entamer la conversation de façon tout à fait instinctive, sans aucune gêne.
Il semblait éviter mon regard – peut-être par politesse ? – mais cela ne me gênait pas. L’aube donnait l’impression surréaliste que j’avais tout le temps qu’il me fallait pour tenter d’en savoir plus sur ce drôle de garçon découvert au milieu d’un parc.

Et j’avais décidément envie d’en savoir plus. Peut-être était-ce dû à l’alcool, – et c’était fort probable – mais j’éprouvais une forte sympathie envers lui, et déjà, mille questions me brûlaient les lèvres.

« Tu bois beaucoup ? Parce que tu as l’air de bien tenir l’alcool, » avança-t-il du bout des lèvres.

Oh-ooh. Mon petit combattant était-il embarrassé ? Amusant. Là où il m’avait semblé parfaitement à l’aise, il me sembla un instant qu’il se contentait de masquer un léger malaise, presque comme si je l’intimidais. En d’autres circonstances, cette découverte m’aurait probablement fait rire, mais à cet instant, j’aspirais simplement à le mettre en confiance.

Je haussais les épaules.

« Je me défends, c’est vrai, » commençais-je. « Mais je bois… Beaucoup moins qu’avant, disons. »

Je me rembrunis soudainement, tandis que me revenaient en mémoire mes longs mois de perdition et de débauche, alors que Sora était dans le coma. Toutes ces soirées passées à boire à n’en plus pouvoir, au bras de quelque inconnu rencontré à peine quelques heures plus tôt, et que je jetterai sans remords le lendemain matin. Quelque part, j’avais probablement touché le fond, à cette période – juste avant de rencontrer Cammy.
Sora était-il si important à mes yeux pour que je puisse à ce point me foutre en l’air en son absence ?
Je poussai un imperceptible soupir.
Oui, évidemment. Il n’y avait de toute façon plus lieu de se poser la question depuis le jour où une infirmière m’avait trouvé, les veines tailladées, sur le lit d’hôpital où j’étais supposé récupérer du choc d’avoir assisté à ce que je pensais être la mort de Sora.

Je fermai les yeux un bref instant, comme pour chasser de mon esprit ces pensées morbides. Par chance, c’est à cet instant précis que le garçon repris la parole.

« Comment tu t’appelles ? » demanda-t-il simplement.

Je souris. Il s’était assis dans l’herbe, en position fœtale, et me regardait avec intérêt.
Je le rejoignis aussitôt, faisant fi de l’humidité de sol à cette heure matinale, et m’assis à côté de lui avant de capturer son regard du mien.

« Narcisse. Et toi ? »

Je tus volontairement mon nom de famille ; avec un peu de chance, il ne m’avait pas reconnu en temps que « mannequin célèbre dans tout Keimoo » et je ne tenais pas à lui mettre la puce à l’oreille avec un nom aussi inhabituel que le mien.

D’un geste, je sortis de ma poche un paquet de cigarettes et un zippo, que je fis jouer entre mes doigts un instant. La cigarette une fois allumée et portée à mes lèvres, j’entrepris de détailler les traits de son visage, sans le moindre complexe, comme pour m’en imprégner. Après tout, il était 6 heures du matin passées, j’étais ivre, et je ne tenais pas à l’oublier en me réveillant demain matin.

« T’es pas entièrement japonais, je me trompe ? » demandai-je de but en blanc.

Ses yeux bleus m’avaient interpellé. Nombreux étaient les Japonais qui portaient des lentilles de couleur – tout particulièrement à Keimoo – mais il apparaissait clairement que les siens étaient d’origine.

« Tu m’intrigues, » enchaînai-je. « Je ne t’avais jamais vu dans le quartier, et voilà que je te trouve en train de te battre contre le vent dans un parc. »

D’un geste presque machinal, j’écartai une mèche de cheveux venue se perdre devant son visage, sans la moindre gêne.
Sa probable double origine avait piqué ma curiosité. Ce lycéen au corps délicatement musclé, au charisme presque enfantin et aux yeux francs avait éveillé mon intérêt.

Il m’avait fait penser, une seconde, à Sora.




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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mar 20 Sep 2011 - 1:18

(Hey. Suite à une espèce de défi lancé par... moi, à ...personne, mais avec Gabriel et Haru comme témoins, je dois essayer de faire ce post complet à la troisième personne. Sachant que je n'ai pas rp à la troisième personne depuis... très longtemps. Donc, voilà, je commence la rédaction du post. x) )

« Je me défends, c’est vrai, » commença t-il « Mais je bois… Beaucoup moins qu’avant, disons. »

Le ton sombre et grave de l'androgyne fit tiquer le jeune Ronin qui leva un regard désabusé sur le visage presque parfait du blond. Silence et mensonges... pourquoi ces deux mots résonnaient ils dans les yeux de l'androgyne comme une promesse de sincérité? Tellement de contraste dans ce corps mi homme mi femme, dans les courbes de cet être, et dans ses yeux, aux prunelles ravagées, quelques secondes à peine par une mélancolie qui en coupa le souffle à Zack. Mal à l'aise, le jeune homme ne releva pas le trouble évident de quelques bref instants du blond, et se retrouva fortement soulagé quand l'étincelle joyeuse et pétillante apparue à nouveaux dans les yeux. Zack eut pendant une seconde la gorge serrée. Peut être ne pas engager une discussion sur la terreur que l'autre avait cherché à noyer dans la boisson. Le jeune homme soupira mentalement. Il se trompait peut être. Il n'était pas dans la capacité absolue de définir si la mélancolie des yeux de l'androgyne avait eu pour naissance le chagrin ou la joie. Et pourtant, tout japonais qui se respectait savait qu'il n'y avait pas que les choses d'apparences malheureuses qui faisaient pleurer les hommes. PRéférant abandonner là le malaise, Zack releva son visage vers l'androgyne. Il était peut être temps d'être fixé sur le sexe initial de l'ange nocturne. Demander un nom... c'est si étrange... dans quelques rares cas, Zack avait l'impression de demander, sans forcément de politesse, en plus, l'identité intime de l'être. Son homologue lui sourit d'un sourire (absolument) adorable, avant de ne s'asseoir face à lui. Le Japonais sourit, ses lèvres étirées dans une expression contradictoire; de joie badine et de sauvagerie cruelle, mais étouffée sous son besoin d'être enfant. Être enfant, à dix sept ans, était-ce encore possible? Non. Zack savait pertinnement qu'il avait grandi. Peut être un risque de sauvagerie; une once d'infantilité jamais enterrée? Il posa son menton sur ses bras.

« Narcisse. Et toi ? »

Superbe. Le vent souffla, complice des rires mentaux de Zack, accompagnant ses pensées amusées. Narcisse, narcisse... jolie fleur au sexe indéterminé. Tellement de légendes, reprenant sans cesses ce conte occidental, mythologique, sur cette beauté immortelle et juvénile de l'homme éphèbe s'aimant lui plus qu'une femme n'aurait sut conquérir son coeur. Tellement de fabulations. Zack n'ouvrit pourtant pas la bouche, retenant en ses prunelles bleues le moindre détail du visage androgyne, androgyne portant désormais un nom. Narcisse. Narcisse portait bien son nom. Et toi? Zack détendit soudainement ses jambes, se laissant aller au plaisir nocturne et grisant du vent dans ses cheveux, contre sa peau.

« Zack.»

C'était chacun son tour, de dévoiler son identité, songea-Zack avec un sourire mi-tendre, mi appréhensif. Avec le nom d'une personne, on était parfaitement capable de maitriser son être, son subconscient tout comme son mécanisme interne. Imaginer une seconde, totalement, maitriser quelqu'un. En l'occurence, maitriser la moindre fibre de l'être de Narcisse, par exemple. Qu'en ferait il? Petit homonculus jouant lui même d'une marionnette trop grande pour ses mains, Zack plissa ses yeux en un éclat malicieux. Après-tout, pourquoi jouer à être quelqu'un qu'on n'est pas? Zack était un ado, brun, aux yeux bleus. Ronin. Rêveur. Un peu trop, peut être.

Le silence s'était instauré. Les yeux bleus du brun dévoraient avec un appetit vorace mais poli le visage de son homologue, quand celui-ci brisa la barrière de sans-parole imposée.


« T’es pas entièrement japonais, je me trompe ? »

Question directe, appréciée. Pour sa forme. PAs pour son sens. Malheureusement non. Non, il n'était pas totalement japonais. Non. Il n'étais rien d'autre qu'un petit bâtard, un métissé de deux races, l'une blanche et froide, l'autre rouge et fleurie. Non, effectivement, il n'était qu'une pâle copie d'une descendance bénie par une Terre magnifique, honorant de son existence même tout ceux portant en leur sang les gènes vraiment nippons.

« J'aurais vraiment aimé, Narcisse. Tu ne peux pas savoir à quel point je l'aurais aimé. Echanger mes yeux et la moitié de mon sang contre quelque chose qui n'existe pas; un moi japonais. »

Le sourire de Zack était calculé, à la perfection. PAs qu'il n'était pas sincère, bien au contraire. Seulement, il ne dévoilait à ce bel inconnu que ce qu'il ne désirait faire découvrir. Y'avait il supérieur à cela, de toutes façons? Le fait de ne pas être ce que l'on a longtemps fantasmé acquérir? Être japonais...

« Petit garçon, j'ai toujours cru que j'étais japonais, et que mes yeux étaient un don de divinités pour me récompenser d'efforts que j'aurais à accomplir. Mais en fait, ce ne sont que des histoires d'allèles. C'est un peu... , hum..., perturbant que tu me dise ça, en fait. »

Le vent parlerait pour lui. Comment, depuis Lun, cette envie profonde, meurtrière, l'envie de s'arracher les yeux, de se déchirer cette peau à la mélanine trop pâle. Lun, garçon bâtard, comme lui, qui était tellement décalé de la réalité du jeune Ronin. Comment les cheveux blonds et les yeux verts lui avaient ils dévoilés une vérité pire que vicieuse et cruelle. Méchanceté dans la vérité... peut être les rêves ne se réalisaient ils pas? Comment devenir japonais, se sentir japonais, quand on se découvrait imparfait? Métis? Zack releva la main jusqu'à son front, et ramena ses cheveux en arrière, décidant de les attacher en arrière. Gestes lents, ses yeux ne détachèrent pas le regard de NArcisse, comme par crainte qu'il ne s'envole soudainement et ne disparaisse vers les étoiles, plus innaccessible que tout. Zack soupira.

« Tu m’intrigues, » enchaîna Narcisse « Je ne t’avais jamais vu dans le quartier, et voilà que je te trouve en train de te battre contre le vent dans un parc. »

L'adolescent se permit un sourire, bien qu'une vive rougeur ait pris la pâleur de ses joues. Il plongea ses yeux dans ceux de Narcisse, se retenant de rire, par peur de froisser l'autre. De toute façon, s'il riait, ce serait de manière nerveuse et gênée, avant moqueuse. De quoi se moquer? De la beauté même d'une alchimie parfaitement réussie? L'homme et la femme, le soleil et la Lune. L'angleterre et le Japon, songea Zack, rêveur.


« Me battre contre le vent? Nooon, je crois que tu as mal regardé! »

Un sourire de loup aviva la flamme des yeux bleus, et quittant sa sage position, le garçon s'approcha de l'androgyne,et approchant son visage du sien, posant sa main sur l'épaule, libéra ses mots, près de l'oreille blanche de Narcisse, ces derniers ondulants contre la joue fraîche de l'androgyne.

« Je me bats AVEC le vent! »

8D!
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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mar 20 Déc 2011 - 18:13








« J'aurais vraiment aimé, Narcisse. Tu ne peux pas savoir à quel point je l'aurais aimé. Échanger mes yeux et la moitié de mon sang contre quelque chose qui n'existe pas : un moi japonais. »

Je tiquai face à cette petite révélation. Ainsi, ce garçon avait honte d’être métis ? Voilà qui était proprement surprenant ! Nombre d’ados japonais se teignaient les cheveux, ou portaient des lentilles de couleur pour paraître un tant soit peu européen, et lui espérait exactement l’inverse.

Penchant légèrement la tête sur le côté en signe d’intérêt, je le laissai parler.

« Petit garçon, j'ai toujours cru que j'étais japonais, et que mes yeux étaient un don de divinités pour me récompenser d'efforts que j'aurais à accomplir. Mais en fait, ce ne sont que des histoires d'allèles. C'est un peu, hum... Perturbant que tu me dises ça, en fait. »

Il lâcha un léger soupir, et je n’osai insister, de peur de le vexer.

« Tu m’intrigues, » enchaînai-je « Je ne t’avais jamais vu dans le quartier, et voilà que je te trouve en train de te battre contre le vent dans un parc. »

Il eut un sourire, comme embarrassé.

« Me battre contre le vent ? Nooon, je crois que tu as mal regardé ! »

En un battement de cil, son visage changea d’expression, et son sourire devint soudainement plus assuré, et bien plus joueur. Je retins mon souffle en l’attente de ce qu’il avait à dire, tandis qu’il se penchait vers moi, une main sur mon épaule.

« Je me bats avec le vent ! »

Je laissai un silence planer un court instant, pour savourer cette jolie réplique digne d’un film d’action. Dans la bouche de n’importe qui d’autre, elle eut paru ridicule, surjouée, mais étonnamment, elle semblait lui convenir parfaitement. Un peu comme si ce gamin n’appartenait pas vraiment à notre époque. J’aimais ça, chez lui.

D’un geste vif, je me saisis de son col, avant de le faire basculer dans l’herbe avec moi. Laissant échapper un éclat de rire, je penchais au-dessus de lui, et m’amusai à défaire ses cheveux qu’il venait à peine de nouer.

« Tu as raison. Je ne regarde jamais assez, » lâchai-je sans me départir de mon sourire. « Je préfère qu’on me regarde. »

Je me laissai tomber dans l’herbe à côté de lui, avant de saisir une mèche de mes longs cheveux blonds, la faisant jouer entre les doigts.

« Moi, je n’aime pas me battre. C’est vraiment pas mon domaine, tu vois. » Je lâchai un petit rire emprunt d’ironie en pensant à mes confrontations avec Sora. « Ça aurait pu me servir, pourtant. »

Quoique. Aurais-je vraiment résisté, si j’en avais été capable ? Aurait-je vraiment empêché Sora de me faire de mal ? J’en doutais fort.
J’avais toujours un doigt immobilisé, résultant d’une de nos premières altercations, et j’abordais ce handicap comme un trophée, preuve irréfutable que j’avais su attirer l’attention de Sora Kumori.

Laissant mes pensées de côté, je portai à nouveau mon attention sur le garçon, me tournant vers lui.

« Dis, Zack. » J’insistai sur son nom, sachant l’importance qu’ils avaient dans la culture nippone. « Toi… Pourquoi tu te bats ? »



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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mer 29 Fév 2012 - 17:26

♂+♀ = lol




« Tu as raison. Je ne remarque jamais assez. » Dit-il, un sourire accroché à ses lèvres. « Je préfère que l'on me regarde. »

Je ne répondis rien, ne sachant que dire. Je ne voulais pas le vexer ; en même temps rien de ce que je ne trouvais à prononcer ne me paraissait intelligent. Nonobstant, il était évident que sa remarque se retrouve logique, dans sa bouche. Après tout, il eut fallu qu'il soit un sombre crétin pour ne pas remarquer à quel point il était beau. Je laissais une seconde mes yeux se perdre sur l'éclat lumineux de ses longs cheveux, et je reculais, dans une distraite recherche d'une meilleure contemplation de son être. Vraiment, ce qu'il était incroyable de savoir que le même concept ait pu me donner des yeux bleus, et offrir à Narcisse une sublimité de son corps. C'était assez fabuleux, la génétique, songeais-je. Certes, d'autres facteurs rentraient en compte, peut être le sport, la cosmétique et le reste, mais j'étais quand même en admiration devant lui. Je m'assis dans l'herbe, ayant la vague sensation d'être comme Sémélé, cette femme qui avait désiré admirer Jupiter dans toute sa splendeur. Et qui en était morte. Un violent frisson me prit, et pendant une très petite seconde, j'eus le visage de Sora-sama, le proclamé shinigami, venant m'emmener en Meifumado, ricanant, avec sa cigarette au coin des lèvres. Vision morbide, qui m'angoissa, et je laissais Narcisse s'asseoir à côté de moi sans mot dire.

« Moi je n'aime pas me battre. C'est vraiment pas mon domaine, tu vois. Ça aurait put me servir, pourtant. »

Son rire, enduit d'une moquerie sardonique, me laissa certain sur mes idées. Il laissait pleinement entendre qu'il avait connu une épreuve difficile. Une épreuve où, peut-être, il avait été incapable de surmonter les obstacles. Je tournais mes yeux vers ses doigts, frictionnant entre eux une mèche blonde, dans un crissement presque imperceptible.

« Dis, Zack ? » Je relevais aussitôt mes yeux sur lui, dardant un regard farouche sur son visage. « Toi... pourquoi tu te bats? »

Il y avait tellement de réponses à cette question. Il y avait mes rêves, il y avait mon honneur, mes vengeances et mes colères. Il y avait aussi mon refus de l'échec et mon besoin d'être le meilleur, mon orgueil et mes parjures. Il y avait mon Maître, il y avait mes rivaux. Un tout plein de choses qui m'avait poussé à décidé d'être ce que j'étais pour ne jamais devenir ce que je n'étais pas. Que ce soit mentalement, physiquement, pour moi ou aux yeux des autres. Mais que répondre à Narcisse ? Si je décidais d'être totalement sincère, il me faudrait deux jours pour étaler ma vie, pour étaler devant lui cet éventail de facteurs qui faisait ce pourquoi je me battais. J'optais pour la plus concise, mettant de côté mes complexes idéaux nébuleux, et nippons.

« Pour la réalisation de mes rêves. »

Attrapant mon sac de sport, je le tirais sur mes genoux, dédaignant le matériel à l'intérieur, quand je l'ouvrit une nouvelle fois. Mes yeux fouillèrent les sombres replis, et j'en tirais une baguette entière, camisolée dans du papier aluminium. Une seconde, je le tenais entre mes mains, étudiant sa longueur, cherchant simplement à comprendre dans quel état d'esprit j'étais lorsqu'il m'était venu l'idée de me préparer ce sandwich. Peut-être avais-je eu faim sur le moment. Je ne m'en souvenais plus. Ôtant sans manière le papier, je tournais mes yeux vers Narcisse, étudiais son ventre. Relevais mes yeux, et lui souriais, un tantinet moqueur, camouflant du mieux que je pus l'éclat de rire dans mes mots.

« Tu as faim ? Je crois que c'est un peu trop pour moi. »

Découpant en deux le pain, je lui offrais la moitié de la baguette, et reposais mes yeux sur mon morceau personnel, l'esprit vaguement troublé par les alvéoles de la mie. Songeur, mon esprit s'égarait, scindé en de multiples branches qui allaient revenaient, se jouxtant dans des courses aux objectifs impréçis. Narcisse, Sémélé, Sora, Jupiter, le pain, le sabre, vaguement Jésus.

« Tu es croyant ? Est-ce qu'il n'y a pas des gens qui t'insultent, pour ton corps ? » Demandais-je en secouant légèrement mon sandwich, avant de mordre sauvagement dans une tranche de jambon en dépassant. Je savais que les mentalités étaient totalement différentes partout. Quand j'étais en Angleterre, n'importe qui se considéraient comme supérieur mentalement aux ouvriers des usines japonaises. Je me souvenais par exemple d'un de mes camarades, étudiant Stupeur et Tremblements, d'Amélie Nothomb. Il avait particulièrement aimé le livre, mais lors du visionnage du film, il avait été stupéfait par le point de vue du réalisateur, et avait eu une opinion très négative des Japonais ensuite. Un autre exemple ; des garçons de ma classe, eux, n'avaient pas pris la peine de lire le bouquin, et lors du visionnage, avaient explosés de rire à certains commentaire de l'interprète d'Amélie, Julie Tuscot, en riant de sa tête, de ses manières, de son comportement européen face une mentalité japonaise. Qu'est-ce qui faisait deux individus différents entre eux ? La manière dont ils se voyaient, certainement ? La manière dont ils se jugeaient, peut-être. Je glissais mon regard sur Narcisse. Je n'avais pas l'impression de le juger.

« Pour certaines personnes, être androgyne est un pêché. Ils sont déstabilisés... j'avais un ami qui s'est fait tabassé et qui s'est vu confronté à une violente homophobie, parce qu'il avait les cheveux longs, et prenait soin de ses ongles. »

Faible rancœur, murmurée simplement, je terminais mon sandwich, presque surpris qu'il ne m'ait pas duré plus que cela. Étirant ma jambe gauche, sujette à un fourmillement intempestif, je relevais une seconde les yeux vers le ciel sombre, étoilé. Puis une idée me traversa l'esprit, comme un éclair venant foudre le brouillard.

« Ah ! Tu sais écrire ton prénom en katana ? Ça me fait rire ! … attends, regarde. »

Je saisissais mon sac pour une énième fois. Ce sac était la caverne d'Ali Baba à lui tout seul. J'en ressortais une baguette de bois, à moitié fêlée en son milieu, qui m'avait servi un jour pour mes ramens, et que je n'avais pas jeté à la poubelle, préférant la conserver. L'enfonçant dans le sol encore humide à cause de la rosée.

« Regarde, j'écris « Na ». »



« Ensuite « Cisse »ça donne ces trois pictogrammes, ok " シセ" ? Et bien un Japonais écrirait normalement ton prénom comme cela, : "ナシセ" vu que ton prénom n'est pas originaire du Nippon. Seulement, si tu te retrouves face à un Japonais qui connait l'origine grecque de ton prénom, qui sait comment il s'écrit en alphabet latin et, bref. Voilà comment il va l'écrire. »

スイセン

« Tu vois, tu obtiens quatre pictogrammes. Et plus trois. Maintenant regarde comment est composé ton prénom. »

Je désignais le premier pictogramme : « ス »

« La. »

Du revers de la main, je l'effaçais.

« Il reste 3 pictogrammes.イセン Si tu les lis tous ensemble, ça veut dire « parallèle ». »

J'effaçais le deuxième pictogramme イ , le « lee ».

« Il reste « sen » セン ; c'est la lecture des deux derniers katakana. Ces deux dessins là sont des mots en eux même. Regarde. Le troisième "セ" veut dire « sécurité ». Et le tout dernier veut dire « application » "ン". Si tu offre une carte à un Japonais qui ne connaît pas ton pas ton prénom, il peut penser que tes parents travaillaient dans la surveillance, ou sont riches et arrogants, pour nommer faire de leur fils de cette manière. Pardon, je ne devrais pas rire, m'exclamais-je, hilare, mais je trouve ça désopilant. Surtout si tu n'aimes pas te battre. Pardon ! »







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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Lun 11 Juin 2012 - 2:24








« Pour la réalisation de mes rêves. »

Un instant, j’eus l’impression que ça n’était que la version condensée de sa réponse, mais je n’insistai pas. J’aimais bien sa façon de résumer les choses, de couper court à tout ce qui pouvait s’avérer superflu. Et puis, il fallait bien l’admettre, je trouvais adorable cette façon qu’il avait de réfléchir aussi intensément à chaque question, comme si chaque réponse était d’une importance capitale.

Je demeurai silencieux tandis qu’il s’emparait de son sac, d’où il extirpa un sandwich aux proportions colossales.

« Tu as faim ? Je crois que c'est un peu trop pour moi. »

Je laissai échapper un rire.

« Oh, vraiment ? » lâchai-je avec malice en m’emparant de la moitié de sandwich qu’il me tendait.

Pour être tout à fait franc, j’étais affamé. Comme toujours après une soirée arrosée, cela dit. Je mordis un coup dans cette nourriture providentielle, en poussant un soupir de contentement qui, il fallait bien l’admettre, manquait un tantinet de classe.

« Tu es croyant ? Est-ce qu'il n'y a pas des gens qui t'insultent, pour ton corps ? »

Dubitatif, je levai à nouveau les yeux vers lui. Étonnant comme ce garçon me paraissait… Insaisissable. Comme le vent, en fait. Ce qui lui allait comme un gant, pour tout dire. Il passait du coq à l’âne avec une facilité déconcertante, comme s’il choisissait d’aller toujours à l’essentiel, sans prendre la peine d’expliquer son train de pensées.

« Pour mon corps ? » interrogeai-je prudemment. « C’est-à-dire ?

- Pour certaines personnes, être androgyne est un pêché. » répondit-il. « Ils sont déstabilisés... j'avais un ami qui s'est fait tabasser et qui s'est vu confronté à une violente homophobie, parce qu'il avait les cheveux longs, et prenait soin de ses ongles. »

Je hochai la tête.

« Je vois ce que tu veux dire, oui. »

Je tirai sur ma cigarette, constatant au passage que je l’avais en grande partie laissée se consumer seule. Un minuscule tas de cendres s’était formé dans l’herbe, et je le dispersai d’un geste nonchalant.

« Je n’ai jamais eu de problème avec ça, en fait. Mais je suppose que j’ai eu de la chance. Quand j’étais gosse, les autres s’en moquaient un peu que je sois efféminé. Et après, au collège, et au lycée, j’avais de toute façon un caractère trop marqué pour qu’on s’en prenne à moi. »

Je laissai échapper un rire.

« Je suis ce qu’on appelle une grande gueule, probablement. »

Je le regardai s’étirer un instant, tandis qu’il semblait perdu à nouveau dans ses pensées. Je crus tout d’abord qu’il réfléchissait à mes paroles, mais il m’apparut bien vite qu’il était déjà passé à autre chose.

« Ah ! Tu sais écrire ton prénom en katana ? Ça me fait rire ! … attends, regarde. »

« Regarde, j'écris « Na ». »



« Ensuite « Cisse »ça donne ces trois pictogrammes, ok " シセ" ? Et bien un Japonais écrirait normalement ton prénom comme cela, : "ナシセ" vu que ton prénom n'est pas originaire du Nippon. Seulement, si tu te retrouves face à un Japonais qui connait l'origine grecque de ton prénom, qui sait comment il s'écrit en alphabet latin et, bref. Voilà comment il va l'écrire. »

スイセン

« Tu vois, tu obtiens quatre pictogrammes. Et plus trois. Maintenant regarde comment est composé ton prénom. »

« ス »

« Là. »

Il effaça le premier pictogramme, et je m’approchai pour mieux suivre son raisonnement.

« Il reste 3 pictogrammes.イセン Si tu les lis tous ensemble, ça veut dire « parallèle ». »

Il effaça ensuite le second pictogramme.

« Il reste « sen » セン ; c'est la lecture des deux derniers katakana. Ces deux dessins là sont des mots en eux même. Regarde. Le troisième "セ" veut dire « sécurité ». Et le tout dernier veut dire « application » "ン". »

Il semblait éminemment amusé par sa découverte, et son enthousiasme me fit sourire.

« Si tu offre une carte à un Japonais qui ne connaît pas ton prénom, il peut penser que tes parents travaillaient dans la surveillance, ou sont riches et arrogants, pour nommer faire de leur fils de cette manière. Pardon, je ne devrais pas rire, mais je trouve ça désopilant. Surtout si tu n'aimes pas te battre. Pardon ! »

Je ris à nouveau.

« Et le pire, tu vois, c’est qu’il a du vrai là-dedans. » Je marquai une pause. « Mes parents sont effectivement riches et arrogants. »

J’eus un sourire narquois en pensant à eux. De toute façon, pour appeler leur fils « Narcisse », il fallait déjà en tenir une couche, niveau orgueil.

« En réalité, c’est juste que ma mère s’appelle Médée. Elle a simplement tenu à ce que ses enfants aient des prénoms issus de la mythologie. Du coup, j’ai hérité de Narcisse, et mon petit frère s’appelle Orphée. »

Je réfléchis un instant sur les paroles de Zack, avant de continuer.

« Quant à toi… Zack, c’est pour Zachary ? » demandai-je, curieux de savoir ce que son prénom à lui pouvait bien signifier.

M’emparant du cendrier de poche qui ne me quittait jamais, j’y écrasai mon mégot avant de reporter mon attention sur lui. Il dégageait décidément quelque chose d’étonnant. Un ado resté petit garçon, mais qui paraissait pourtant bien plus mature que je ne le serai jamais.

Par réflexe, et aidé par le côté désinhibant de l’alcool, je m’emparai de sa main, faisant jouer mes doigts sur sa paume sans penser à l’aspect réservé de la nature japonaise, et à l’embarras que pourrait susciter ce geste.

« Dis. » commençai-je de but en blanc, en désignant d’un geste du menton son sac de sport. « Tu me ferais une démo ? Je suis arrivé après la bataille, tout à l’heure, tu avais déjà fini. Mais je suis curieux… »



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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mar 12 Juin 2012 - 10:40

« Et pire, tu vois, c’est qu’il a du vrai là-dedans. » Je le l'observais se taire une seconde, attendant qu'il achève sa phrase. « Mes parents sont effectivement riches et arrogants. »

L'image du couple cruel assis sur un trône aux pieds scuptés d'or et d'argent, embrassant du regard une montagne d'argent, sur lequel un petit Narcisse serait en train de jouer fusa dans ma pensée, m'arrachant un sourire. Je savais que cette image était bien trop exagérée pour que cela soit representatif de la réalité, mais je ne pouvais m'empêcher d'essayer d'imaginer l'endroit dans lequel Narcisse avait vécu lorsqu'il était petit. L'idée d'un château s'imposa presque naturellement à moi, et je pouffais.

« En réalité, c’est juste que ma mère s’appelle Médée. Elle a simplement tenu à ce que ses enfants aient des prénoms issus de la mythologie. Du coup, j’ai hérité de Narcisse, et mon petit frère s’appelle Orphée. »

« Je ne m'y connais pas assez en mythologie grecque ; j'avais étudié cela lorsque j'étais au collège, en Angleterre, mais depuis que je suis au Japon, j'ai l'impression d'avoir tout oublié. Médée... Ce n'était pas une magicienne ? Enfin, je trouve ton prénom vraiment joli. Celui de ton petit frère aussi. Mais, est-ce que toi, tu attaches de l'importance aux mythes qui vont être entichés à tout ça? »

Je me questionnais une seconde sur les avantages et les désintérêts de porter des prénoms de la figure mythologique grecque. Cela me paraissait compliqué, et personnellement, je n'aurais peut-être pas aimé. Cependant, je trouvais que le Narcisse convenait bien à mon homologue, et mon regard se darda sur les yeux de l'androgyne quand ce dernier éleva de nouveau la voix. Je me surprenais à appréçier celle-ci, d'ailleurs.

« Quant à toi… Zack, c’est pour Zachary ? »

Mes yeux s'étrécirent, et aussitôt, je secouais négativement la tête, franchement amusé à l'idée que mes parents aient pu me doter d'un tel prénom. Quoique s'il avait été le mien, je l'aurais peut-être aimé, à la longue. Mais en cet instant même, je le trouvais particulièrement drôle, et considérais qu'il ne m'allait pas du tout. Je me souvenais du jour où mes parents, exaspéré par la chute lamentable de mes notes, s'étaient entretenus sur mon futur, en songeant amèrement qu'il faudrait peut-être envisager à me rediriger vers une voie professionnelle, peut-être en tant que jardinier. Lorsque j'avais vu le sourire de mon père, j'avais compris qu'ils disaient cela plus amusés que vraiment énervés, quoi que le sujet de ma scolarité restât délicat. J'avais alors demandé pourquoi jardinier.

« Non, c'est Zakuro. Cela signifie « grenade », le fruit. » Répondis-je à Narcisse, en plissant les yeux et le nez, toujours amusé par le ton si sérieux qu'avait pris mon père ce jour là.

Je m'imaginais, armé d'un râteau et d'insecticide, en train de batailler contre des plants de grenade. Ouh, non, ça ne m'aurait pas plu du tout. Je préférais encore Keimoo. Et puis, j'étais bien, là. Étendant une jambe, je me concentrais sur les arbres qui frémissaient autour de nous, dans le bruissement de leurs feuillages, et les branches qui se mouvaient lentement, bougées par le souffle du vent, dans leurs altitudes. En observant le ciel, bien que ce dernier soit encore barbouillé des dernières traces nocturnes, j'eus l'impression qu'il allait bientôt se mettre à pleuvoir, et j'allais en avertir Narcisse, quand le contact de ses doigts sur ma paume me stoppa net, et cillant, je bifurquais mon attention sur lui. Incapable de cueillir son regard, je n'osais pas enlever ma main, sentant mes joues me picoter par un empourprement presque évident. Le fait qu'il parle aussitôt me rassura, et je détendais lentement mes muscles crispés.

« Dis. »

Je le vis désigner le sac du menton, et par automatisme, suivais son regard, pour regarder ce dernier, d'un air neutre, essayant de deviner ce que voulait Narcisse.

« Tu me ferais une démo ? Je suis arrivé après la bataille, tout à l'heure, tu avais déjà fini. Mais je suis curieux. »

Ôtant le plus prudemment du monde ma main d'en dessous ses doigts, je récupérais pour une énième fois mon sac, et en effleurais la surface en tissus synthétique. J'acceptais facilement, mais étrangement, je répugnais à m'exhiber plus que cela. Enfin, cela paraissait totalement hypocrite en vue de comment cette rencontre avait eut lieu, mais pour ma défense je pouvais dire que je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un me surprenne avec mes armes, en dehors de l'enceinte de l'Académie Keimoo. Quoique ce que demandait Narcisse était flatteur, et il était facile de se laisser caresser dans le sens du poil. Un minuscule sourire courut sur mes lèvres, et je penchais légèrement la tête, en regardant Narcisse.

« Ce serait égoïste, je pense, de ne pas te faire participer. Et … je suis un peu gêné à l'idée de faire des grands mouvements devant toi, tout seul. Si tu es d'accord, je pense pouvoir t'apprendre quelques mouvements de bases. »

Je me levais aussitôt, claquant du revers de la main sur mon pantalon, époussetant, puis récupérais mon sac de sport, en soulevant une des sangles de ce dernier. Fouillant à l'intérieur, j'en sortais un wakisashi de bois que je tendais à Narcisse.

« Cela, c'est un sabre court. Ça s'appelle un wakisashi. Les samuraïs utilisaient toujours deux sabres ; le sabre long et le sabre court. Disons que pendant très longtemps, ils ont favorisés l'utilisation du sabre long, le katana, car il permettait d'atteindre plus facilement l'adversaire, en vue de son allonge, et puis c'était un peu le symbole même du samuraï, ce sabre là. Seulement, beaucoup de ces samuraï mourraient par orgueil de ne, justement, pas utiliser le wakisashi, qu'ils avaient au côté. C'est à partir du moment où Miyamoto Musashi fonde l'école du Niten Ichi Ryu que le fait de se battre à deux sabres va fortement influencer les combats entre les bushins. Cet homme, Miyamoto Musashi... »

Je laissais une seconde mon esprit se hérisser de tous les souvenirs que j'avais à l'égard de cette légende vivante. Bien que morte aujourd'hui, n'importe quel Japonais connaissait son nom. Pour moi, il résonnait dans mon être, avec violence. Comme s'il était hurlé à travers un mégaphone. Comme si même de la Javel, ou un marteau piqueur ne pouvait l'y déloger. Il y était, il y resterait. Que l'on mette toutes ses forces à tenter de me faire oublier cet homme, cela relevait du suicide. Je l'avais placardé dans mon cœur à grand coups de sabre.

« Miyamoto Musashi, repris-je, légèrement pensif, considérait qu'un homme qui mourrait sans avoir tiré son deuxième sabre hors du fourreau était mort comme un imbécile. Peu importe la valeur de son combat. S'il avait laissé la vie lui échapper, alors il ne méritait pas de louanges, à l'égard de sa pugnacité. Lui même a utilisé ses deux sabres pour la première fois, lorsqu'il s'est retrouvé en plein combat, face à une armée entière, et c'est certainement cela qui lui a permit de triompher à ce moment là. S'il n'avait jamais eu cette réflexion d'envisager la voie du sabre différemment, alors peut-être que jamais personne n'aurait entendu parler de lui. »

Mes yeux se posèrent sur le visage de Narcisse, et je levais la main, cette dernière vide.

« Un de tes sabres doit te servir à bloquer, l'autre à attaquer. Pour beaucoup, c'est le wakisashi qui bloque, et le katana qui attaque. Quelque part, c'est ce qui est le plus logique, mais je pense que Musashi-sama voulait que cela devienne un automatisme pour chacun que de trouver son propre tempo en fonction de l'adversaire. Si le sabre court convient mieux à l'attaque, il ne sert à rien de bloquer avec ce dernier, au risque de se faire blesser. Enfin, tout cela, c'est un peu le problème des conventions du sabre que Miyamoto Musashi s'est chargé de revisiter. Il ne les dénature pas, mais parfois il les critique. »

J'allais me placer près de Narcisse, corrigeant la position de ses doigts sur la garde du sabre court.

« Ce wakisashi là n'a pas de tsuba en plastique. D'habitude, beaucoup de ces armes en ont un. Tu sais d'où vient l'appellation « tsuba » ? Du mot « tsubaki », qui veut dire camélia. Et tu remarques que ça a bien la forme d'une fleur, avec quatre pétales. La garde est importante, sur le sabre, donc même s'il n'y en a pas, considère qu'elle est là ; au risque de t'abimer les doigts sur la lame. Et puis, en combat, si tu laisses tes doigts trop haut, c'est un avantage pour ton adversaire, qui peut te les frapper, voir te les casser, pour te désavantager. Tiens le en marteau, comme une raquette de badminton. Mais sans trop serrer. « Comme un oeuf », disait Musashi. Avec fermeté, mais sans trop, au risque de le faire exploser entre tes doigts. Si tu le serres trop, tu casses ton poignet, comme cela, disais-je en appuyant sur l'articulation pâle de Narcisse, et tu as une grande réduction des mouvements. Ton poignet doit-être souple. »

Un sourire s'empara de mes lèvres, et je glissais entre mes doigts un katana, et un wakisashi.

« Ce qui est certainement le plus compliqué avec les deux sabres, toutefois, c'est de savoir les utiliser exactement en même temps. C'est dur, pour la plupart des gens qui sont soit gaucher soit droitier, et Musashi, qui était droitier, à mis une dizaine d'année avant de savoir totalement mouver ses bras dans ce qu'il appelait « le même souffle ». »

Je remuais légèrement les deux sabres, ces derniers pointés vers le sol, l'un dans l'opposé de l'autre.

« Je suppose qu'aux yeux de Miyamoto Musashi, tu étais un « bon » combattant dès lors ta technique des deux sabres parfaitement maitrisée. »

Pointant les deux lames vers Narcisse, j'attaquais doucement vers la tête, lui indiquant de parer vers le haut. Vers le bas, ou le milieu, il fallait balayer. Sur le côté, il fallait bloquer, et longer la lame. Mes yeux se firent rieurs, doucement.

« Tout à l'heure, tu m'as dit que cela t'aurais servi de savoir te battre. »

Je rompais l'assaut calme, et ramenant chacune de mes lames à mes côtés, les bloquaient contre mes reins, en observant pensivement Narcisse.

« Je pense que se battre, c'est accordé à tout le monde. N'importe qui peut se battre. Lun..., je prononçais le prénom en ignorant si Narcisse connaissait ce dernier, m'avait fait comprendre une fois que lui se battait non pas avec des armes mais avec ses poings et de la ruse. Ce qui est contraire à mes idéaux. Mais c'est une tactique comme une autre. Donc peut importe la méthode, l'humain peut se battre. Donc... quand on est pas sûr de son coup, on plante des navets, on ne pratique pas le putsh.. Je pense donc que ce qui compte, c'est de gagner. »

Pliant les genoux, je déposais les sabres au sol, et me relevais lentement, en tendant mes mains, les poings refermés, concentré sur l'énumération à venir.

« Un ; éviter toutes les pensées perverses. Deux, se forger dans la Voie en pratiquant soi-même et non par le jeu des idées. Trois, embrasser tous les arts, et non se borner à un seul. Quatre, connaître la Voie de chaque métier, et non se borner à celui que l'on exerce soi-même. Cinq, savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose. Six, en toutes choses, s'habituer au jugement intuitif. Sept, connaître d'instinct ce que l'on ne voit pas. Huit, prêter attention aux moindres détails, et neuf, je levais mon avant-dernier doigt, ne rien faire d'inutile. »

Neuf doigts levés ; mon regard passa de mes phalanges au visage de Narcisse, et je baissais les mains.

« Ceci, ce sont les règles à suivre pour se battre « correctement ». Mais ce n'est pas assez. Pour gagner, je pense qu'il faut plus encore que de la Tactique, ou bien que qu'une maitrise d'arme. »

Les premières gouttes d'eau vinrent s'écraser sur mes cheveux bruns, et je relevais légèrement le visage, sans quitter mon homologue du regard.

« Est-ce que tu crois que tu aurais pu gagner à ces trucs auxquels tu pensais, tout à l'heure, si tu avais su comprendre l'Autre ? Si tu avais été dans sa tête, peut-être que tu aurais pu y lire ce qu'il te fallait faire afin de remporter la victoire, et peut-être que tu aurais agi en considération de cela. Je pense que connaître, ou plutôt comprendre l'autre est ce qui offre la victoire. »

Je soupirais, étrangement las. Si intégrer des techniques de sabre, et retenir la Tactique ne présentaient aucune difficultés insupportable, il me semblait impossible de pouvoir comprendre tout le monde. Peut-être, cependant étais-je capable de comprendre certaines personnes, et peut-être même que ces personnes là pouvaient se présenter comme étant des adversaires. Mais je ne savais pas quoi faire lorsqu'il me faudrait affronter des gens que je serais obligé de comprendre, sans forcément les connaître telle qu'elles m'apparaissaient.

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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mer 3 Juil 2013 - 17:57

Spoiler:
 












« Ce serait égoïste, je pense, de ne pas te faire participer. » commença-t-il. « Et … je suis un peu gêné à l'idée de faire des grands mouvements devant toi, tout seul. Si tu es d'accord, je pense pouvoir t'apprendre quelques mouvements de bases. »

En temps normal, jamais je n’aurais accepté une telle proposition. N’ayant jamais eu à manier une arme de ma vie, je risquais fort de me ridiculiser, voire même de me faire mal ; mais, à cet instant précis, j’avais juste assez décuvé pour m’en sentir capable, sans pour autant craindre le fiasco. Autrement dit, je débordais de motivation.

Je m’emparai de l’arme que me tendait Zakuro, relativement confiant, tandis qu’il m’expliquait brièvement l’utilité du sabre court - le wakizashi - et son avis sur la façon de l’utiliser. Je tiquai en entendant le nom de Miyamoto Musashi, et profitai d’un instant de réflexion de sa part pour noter :

« Miyamoto Musashi... J’en ai déjà entendu parler ! » fis-je remarquer avec un sourire, ravi de voir que je ne passais pas pour un parfait inculte. « J’ai lu sa biographie romancée, la Pierre et le Sabre - même si je ne sais pas quelle est la part de vérité dans tout ça. »

Il enchaîna en étoffant le point de vue de Musashi sur le wakizashi, et je l’écoutai avec attention, espérant fortement que tout ce que j’apprenais avec lui n’aurait pas disparu à mon réveil, remplacé par une bonne gueule de bois.

Je le laissai corriger la position de mes doigts, m’appliquant à suivre ses conseils. C’est vrai que, d’instinct, j’avais resserré la main, tenant fermement le sabre pour ne pas le lâcher, mais alors que je donnai un bref coup dans l’air, il me sembla en effet beaucoup plus naturel à manier avec la souplesse que m’avait conseillée Zack.

Il s’empara d’un sabre long, et d’un autre court, avant de se mettre en position, sans cesser de développer les méthodes de Musashi, et je m’amusais de le voir aussi passionné.

Bientôt, il entreprit de me montrer quelques mouvements, de parade en grande partie, que j’appliquais maladroitement. Un coup vers le haut, d’abord. Puis, vers le bas, et le milieu, où je me révélais fort peu doué (pour être franc, mes mouvements manquaient cruellement de vivacité), et enfin sur le côté (je bloquai la lame plus efficacement, cette fois, et fis un pas en avant pour longer la lame et me dégager).

« Tout à l'heure, tu m'as dit que cela t'aurait servi de savoir te battre. » dit Zakuro en ramenant ses sabres vers lui.

Je baissai à mon tour les bras, intrigué.

« Je pense que se battre, c'est accordé à tout le monde. N'importe qui peut se battre. Lun m'avait fait comprendre une fois que lui se battait non pas avec des armes mais avec ses poings et de la ruse. Ce qui est contraire à mes idéaux. Mais c'est une tactique comme une autre. »

J'eus peine à cacher ma surprise en entendant ce nom. Un instant, je supposais qu’il pouvait s’agir d’une simple coïncidence, mais Lun était un prénom que je n’avais entendu qu’une fois dans ma vie, et je me doutais qu’il devait effectivement parler de Lun Marv. Je ne l’avais jamais rencontré personnellement, mais je n’avais jamais pu m’empêcher de le jalouser en raison de sa relation avec Sora - quand bien même j’en ignorais la teneur exacte.

« Donc peut importe la méthode, l'humain peut se battre. Donc... quand on est pas sûr de son coup, on plante des navets, on ne pratique pas le putsh.. Je pense donc que ce qui compte, c'est de gagner. »

Je haussai les épaules.

« J’ai quelques doutes à ce sujet crois-moi. » lançai-je avec une pointe d’auto-dérision. « C’n’est d’ailleurs pas pour rien que j’évite les confrontations ; disons que je suis celui qui plante des navets, justement. »

Il reprit patiemment, en faisant le décompte sur ses doigts :

« Un ; éviter toutes les pensées perverses. »

J’eus un rire discret. Pour ça, c’était raté.

« Deux, se forger dans la Voie en pratiquant soi-même et non par le jeu des idées.

- Assez logique, oui. » je notai distraitement.

Il enchaîna, sans prêter attention à mon intervention :

« Trois, embrasser tous les arts, et non se borner à un seul. Quatre, connaître la Voie de chaque métier, et non se borner à celui que l'on exerce soi-même. »

Pour ça, c’était plus surprenant. Toucher à tout, d’accord, mais n’y avait-il pas un risque d’être, du coup, moyen en tout ? Je ne fis cependant aucune remarque, et le laissai continuer, ponctuant son énumération de hochements de tête pour lui signifier que je suivais toujours.

« Cinq, savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose. Six, en toutes choses, s'habituer au jugement intuitif. Sept, connaître d'instinct ce que l'on ne voit pas. Huit, prêter attention aux moindres détails, et neuf, ne rien faire d'inutile. »

Je restai pensif un bref instant.

« Pour ce dernier point, » notai-je. « Je risque d’avoir du mal. Mon boulot est l’incarnation même de l’inutile, quelque part. Pas que je m’en plaigne, d’ailleurs, mais c’est l’art du paraître, au final, et c’est loin d’être nécessaire. »

Je l’intimai à continuer d’un geste de la tête.

« Ceci, ce sont les règles à suivre pour se battre “correctement”. » dit-il. « Mais ce n'est pas assez. Pour gagner, je pense qu'il faut plus encore que de la Tactique, ou bien que qu'une maîtrise d'arme. Est-ce que tu crois que tu aurais pu gagner à ces trucs auxquels tu pensais, tout à l'heure, si tu avais su comprendre l'Autre ? Si tu avais été dans sa tête, peut-être que tu aurais pu y lire ce qu'il te fallait faire afin de remporter la victoire, et peut-être que tu aurais agi en considération de cela. Je pense que connaître, ou plutôt comprendre l'autre est ce qui offre la victoire. »

Je restai interdit un instant.

« Je ne sais pas... Disons que ce cas en particulier est un peu à part. Sora... » je me rattrapai aussi tôt : « La personne à qui je faisais allusion, je la connais par coeur. Enfin, c’est sûrement un peu exagéré, mais j’ai passé tellement de temps à chercher à l’atteindre que maintenant, je commence à vraiment le connaître. »

Je réfléchis un instant, tâchant de faire le tri dans mes pensées, et notant distraitement qu’il avait commencé à pleuvoir.

« En fait, » continuai-je. « Je crois que c’est un peu comme si je n’avais pas envie de gagner. Parce que ce n’est pas ce qu’il voulait, lui. Si je lui avais résisté autrement que verbalement, si je m’étais réellement défendu... Je crois que je l’aurais perdu. » J’eus un petit rire sarcastique. « Quoique pour ça, il faudrait que je l’ai eu à un moment où un autre. »

J’esquissai un geste de la main, comme pour écarter mes soucis.

« Désolé, je dois t’ennuyer avec mes histoires. » Je ris doucement. « Je suis une vrai Drama Queen, quand je m’y mets ! »

Je levai les yeux vers le ciel, laissant les gouttes de pluie s’écraser sur mon visage puis, soudainement, réalisai que ce n’était plus les quelques gouttes de quelques instants plus tôt, mais une véritable averse qui s’abattait sur nous.

« Merde ! » lançai-je en français.

Je me précipitai vers le sac de Zakuro pour l’aider à remballer ses affaires, et m’emparai de son bras pour l’entraîner à ma suite.

« Je connais un endroit où on sera à l’abri ! »

En quelques enjambées, nous atteignîmes le sentier, et je guidai Zack vers un vieux kiosque parfaitement obsolète (il servait habituellement de repère pour les jeunes du quartier, mais à cette heure tardive, l’endroit était désert).
Une fois à l’abri, je calai mes mains sur mes genoux, me courbant en avant pour reprendre mon souffle, et m'asseyais sur un des bancs qui faisaient le tour du kiosque.

« Et toi ? demandai-je finalement. « ça ne t’est jamais arrivé ? D’avoir peur de perdre davantage en gagnant un combat, je veux dire. » Je désignai son sac du menton. « Pas forcément un vrai combat, d’ailleurs. Disons... Une confrontation. »

Ma question me sembla bien floue, et bien trop philosophique, mais je n’eus pas le courage de la reformuler, l’alcool m’empêchant d’y voir plus clair moi-même (quoique à présent, j’étais presque tout à fait lucide). Ainsi, je le laissai simplement réfléchir à sa réponse, tendant vainement de démêler mes cheveux emmêlés par la pluie.



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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mer 3 Juil 2013 - 20:55



    La pluie, dans son tambourinement de la terre, et sur ses résonances métalliques au dessus de nous nous avait piégé sous le kiosque. Quoique la situation était plutôt intéressante. Posant mon sac sur le sol, j'imitais Narcisse en m'asseyant sur le banc, et contemplais un discret tag sur la largeur d'un des pans du rebord du kiosque. Restant silencieux, feignant de m'intéresser à la calligraphie pointue du graffiti, je me remémorais les échos des dires de l'androgyne, laissant ses phrases couler dans ma tête comme la pluie pouvait résonner autour de nous. Qu'il connaisse la Pierre et le Sabre pouvait me donner envie d'hystériser, de groupiser, et de passer des heures à lui parler de Musashi, mais j'avais conscience qu'il fallait savoir respecter les degrès de tolérance des gens, et je ne pensais pas pouvoir dépasser un temps record de discussion de samouraï sans lasser rapidement mon homologue. Quoiqu'imaginer le contraire avait quelque chose de réjouissant, et d'amusant. Mais l'intérêt, aussi, de rencontrer des gens, était certainement le fait de considérer nos différences, nos écarts, et ce qui nous éloignaient les uns des autres. L'homme était un être d'échange, de conversation, et j'appréciais la rencontre avec Narcisse, parce qu'il était diamétralement opposé à ce que je pouvais être.

    « Miyamoto Musashi... J’en ai déjà entendu parler ! J’ai lu sa biographie romancée, la Pierre et le Sabre - même si je ne sais pas quelle est la part de vérité dans tout ça. »

    Un sourire avait barré mon visage, et les yeux pétillants sous le souvenir, je contemplais la pluie qui s'écoulait du ciel, le vent venant secouer nos mèches, balayant nos visages sous la fraîcheur humide du temps. Les cheveux blonds de Narcisse, dans la luminosité grise de l'heure, effleuraient la pluie et le vent, secoué par la normalité, mais contemplé par ma fascination. Dans mes a priori, je n'aurais jamais imaginé qu'un homme qui devait travailler comme modèle, mannequin, ou autre poseur, puisse connaître Miyamoto Musashi. Cela remettait en doute ma perception des choses. Lui-même avait parlé d'inutilité, et de paraître. Mais il y avait, que ce soit sur du papier imprimé, ou sous ce kiosque à l'abri de la pluie, un plaisir certain à regarder Narcisse. Parce qu'évidemment, il était beau. Il y avait énormément de critère à la beauté, mais à mes yeux, et certainement à ceux d'autres, Narcisse était beau. Il y avait du plaisir à contempler les gens beaux, et qu'il soit mannequin ne relevait certainement pas de l'inutilité. Le paraître était un fait. Que ce soit de porter des robes, des vêtements ou des chaussures au nom d'une grande firme : cela pouvait être nécessaire à faire certaines personnes ; tout comme d'autres rêvaient en lisant un livre, ou d'autres, encore, en maniant le sabre. Un sourire ourla mes lèvres, et je glissais mes mains dans mes poches, en remontant mon col avec mes dents, me protégeant les lèvres du froid.

    Il y avait eu une nostalgie empirique dans ses mots, aussi.

    « Je ne sais pas... Disons que ce cas en particulier est un peu à part. Sora... La personne à qui je faisais allusion, je la connais par coeur. Enfin, c’est sûrement un peu exagéré, mais j’ai passé tellement de temps à chercher à l’atteindre que maintenant, je commence à vraiment le connaître. »

    « En fait, »

    Et ses mots résonnaient comme des échos à l'enchevêtrement de pluie et de vent

    « Je crois que c’est un peu comme si je n’avais pas envie de gagner. Parce que ce n’est pas ce qu’il voulait, lui. Si je lui avais résisté autrement que verbalement, si je m’étais réellement défendu... Je crois que je l’aurais perdu. » J’eus un petit rire sarcastique. « Quoique pour ça, il faudrait que je l’ai eu à un moment où un autre. »
    Qu'y avait t-il de drama queen, là dedans ? Dardant mes prunelles jusqu'au ciel assombri, je contemplais les ténèbres de nuages n'ayant pas décidé d'illuminer mon moral. Silencieux, pensif, je restais immobile dans ma position, à laisser le vent et la pluie venir frapper par à coup mon visage, sans chercher à m'abriter plus de l'intempérie. Et j'attendais. J'attendais simplement d'avoir les bons mots.

    « Et toi ? ça ne t’est jamais arrivé ? D’avoir peur de perdre davantage en gagnant un combat, je veux dire. Pas forcément un vrai combat, d’ailleurs. Disons... Une confrontation. »

    Je posais les yeux sur mon sac.
    Si, il y avait eu Marv. Il y avait eu Marv et ses légères provocations aux goûts de sourires. Lun et ses manières étranges de parler de la poésie, des fleurs, et des garçons. Lun et sa colère au fond de ses yeux verts. Lun qui m'avait appris. Quoi ? Je ne le saurais dire exactement. À être, peut-être. À exister un peu plus. Il y avait eu Yui, et la douceur enfantine que j'avais essayé de lui imposer à la tête. Yui et mon besoin de le voir sourire, même si j'avais du m'enfuir en courant en dehors de son bureau. Il y avait eu Chess. Il y avait eu Chess, oui.

    « J'ai rencontré quelqu'un. »

    Mon sourire, sur mes lèvres, s'était étiré, dans la palpitation de l'expérience, du souvenir, de la trace à vif sur mon cœur.

    « Lorsque je suis allé vers lui, j'étais dans la dynamique de montrer que j'étais plus fort, et que je pouvais gagner n'importe quoi. J'ai passé la journée avec lui, et quand le « yame »* a résonné, j'étais par terre. Mon moi « grosbill » a perdu, certainement. A plate couture. Mais ce qui s'est relevé, ce que je suis là … Je ne peux pas considérer être un perdant dans ce que je suis. Pas par rapport à lui, parce que c'est justement ce qu'il a fait, tout ce qu'il m'a fait, qui m'a fait gagné contre moi-même. C'était peut-être ça, le truc. J'avais toujours perdu contre moi-même, et en essayant de le vaincre, j'ai perdu contre lui, mais j'ai gagné contre moi. Il a fait ce que je veux être. Si c'était une confrontation, c'est certainement la plus belle et la plus enrichissante de ma vie. »

    Je détachais doucement mes yeux de la pluie, pour regarder ses doigts et leur ballet désorganisé dans ses cheveux emmêlés par le vent. Cette fois-ci, avec un sourire tendre, je laissais un éclat de malice, de moquerie, rutiler dans mes yeux. Puis, soudain, un éclair. Un éclair dans ma tête, qui illumina une tombe, et une cigarette.

    « Han ! Narcisse ! »

    Je redressais mon buste, me tournant vers lui, les pupilles fendues sous le sentiment qui serrait ma poitrine. Un mélange de surprise, et d'excitation.

    « Ton « Sora », le type dont tu parles … Il ne s'agirait pas d'un mec ... »

    L'instant lors du cimetière et ma route perdue semblait tellement loin. Mais tellement et si brusquement vivante dans ma tête.

    « … d'un mec assez pâle, vulgaire, qui fume … hm ... »

    Je laissais les souvenirs de la rencontre emplirent ma tête, et couler sur ma langue.

    « Assez colérique, et très certainement capable d'aller jusqu'à la violence. Il a les yeux bruns, il me semble … , mais surtout, il a les cheveux oranges ! Et il a l'air de sortir de l'hôpital, ou d'un truc comme ça. Ça te dit quelque chose ? »

*yame = Dans les arts martiaux, c'est l'arbitre qui gueule ça à la fin des combats, pour séparer les adversaires qui s'affrontent. Donc à "Yame" tu n'as plus le droit de toucher l'autre, et tu dois revenir à ta position de départ.

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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mar 5 Nov 2013 - 23:58

Spoiler:
 











“ Et toi ? ”


Le bruit de la pluie devenait assourdissant. En temps normal, j’aurais probablement été mort de froid dans une telle situation - nous avions eu beau nous mettre à l'abri assez rapidement, cela n’avait pas suffit à épargner à mes cheveux d’être complètement trempés - mais les restes de ma soirée, et cette impression persistante d’être perdu dans un rêve m’empêchais de m’en inquiéter.


“ Ça ne t’est jamais arrivé ? D’avoir peur de perdre davantage en gagnant un combat, je veux dire. Pas forcément un vrai combat, d’ailleurs. Disons... Une confrontation. ”


Il resta silencieux un long moment, et je m’amusai à essayer de suivre son train de pensée sur son visage incroyablement mobile. Ses yeux bleus se perdirent dans le vague, et je me demandai qui pouvait bien habiter son esprit à cet instant. Puis, son visage s’éclaira soudain et, se fendant d’un sourire radieux, il se releva la tête vers moi.


“ J’ai rencontré quelqu’un. ” dit-il enfin.


Je restai silencieux, comme pendu à ses lèvres.
C’était un enfant. Juste un gamin et pourtant, j’eus le sentiment que ce qu’il allait dire n’avait rien d’enfantin.


“ Lorsque je suis allé vers lui, j'étais dans la dynamique de montrer que j'étais plus fort, et que je pouvais gagner n'importe quoi, ” commença-t-il - et je devinai qu’il allait certainement s’agir de remise en question de soi (chose que j’avais toujours eu un mal fou à faire moi-même, au demeurant).  
“ J'ai passé la journée avec lui, et quand le yame a résonné, j'étais par terre. Mon moi « grosbill » a perdu, certainement. A plate couture. Mais ce qui s'est relevé, ce que je suis là … Je ne peux pas considérer être un perdant dans ce que je suis. Pas par rapport à lui, parce que c'est justement ce qu'il a fait, tout ce qu'il m'a fait, qui m'a fait gagné contre moi-même. C'était peut-être ça, le truc. J'avais toujours perdu contre moi-même, et en essayant de le vaincre, j'ai perdu contre lui, mais j'ai gagné contre moi. Il a fait ce que je veux être. Si c'était une confrontation, c'est certainement la plus belle et la plus enrichissante de ma vie. ”


J’avais envie de répondre quelque chose, de lui dire que se rendre compte de ça à son âge n’avait rien d’évident, et qu’il était aussi méritant que son ami, mais rien ne vint. Je restai coi, devant ce gamin qui réfléchissait probablement trop pour son âge, et hochai simplement la tête, sans le quitter des yeux.


“ Han ! Narcisse ! fit-il soudain, me faisant sursauter, peu habitué que j’étais à entendre un japonais m’appeler par mon prénom de cette manière.


- Hum ? ”


Il enchaîna, soudain surexité.


“  Ton « Sora », le type dont tu parles… Il ne s'agirait pas d'un mec… vulgaire, qui fume… hm… ”


Il sembla chercher ses mots, et mon coeur fit un bond dans ma poitrine quand je compris qu’il connaissait très probablement Sora Kumori.


“ Assez colérique, et très certainement capable d'aller jusqu'à la violence.” continua-t-il. “ Il a les yeux bruns, il me semble … , mais surtout, il a les cheveux oranges ! Et il a l'air de sortir de l'hôpital, ou d'un truc comme ça. Ça te dit quelque chose ? ”


Un silence.


“ Il a les yeux plutôt ambrés, en fait. Et il sort effectivement de six mois dans le coma. ” dis-je doucement.


En temps normal, je n’aurais probablement jamais révélé une telle information, surtout s’il était manifeste - comme dans le cas présent - que la personne en face de moi ne savait rien du coma de Sora. Mais là, tout de suite, j’avais l’impression qu’il fallait que je lui en parle. Peut-être parce que je m’étais tu pendant six mois ?


Je me rendis soudain compte que, machinalement, j’avais porté une mèche de cheveux à ma bouche, et commencé à la mâchonner, et l’en retirai prestement, honteux.


“ Désolé, ” fis-je, sans trop savoir pourquoi je m’excusais. “ J’ai encore du mal à savoir ce que je dois ressentir à ce sujet, là, tout de suite. ”


Je me mordillai la lèvre, bien conscient que ce que je disais n’avait guère de sens.


“ Je veux dire… Lui et moi, ça n’a jamais été qu’une interminable confrontation - et pas nécessairement dans le bon sens du terme. Et puis j’ai cru le perdre, et ça m’a… Disons que ça ne m’a pas fait du bien. Et là… Maintenant, il est réveillé, en vie, et il m’a fait comprendre - à sa manière - qu’il tenait à moi, je crois. Alors disons que j’ai encore du mal à assimiler. ”


Je secouai la tête, et détournai mon regard.


“ Désolé, ” dis-je à nouveau. “ Je sais pas pourquoi je te raconte ça. Tu le connais d’où, Sora ? ”


Je marquai un temps d’arrêt, avant de reprendre :


“ C’est curieux, tu sais. J’ai pensé à lui en te voyant, tout à l’heure. Je ne sais pas trop pourquoi. ”


Je me tournai à nouveau vers lui, avant d’aller m’asseoir sur le banc, à ses côtés.


“ Le vent et le ciel… Je suppose que ça se tient, en fait. ”


Et, comme pour me répondre, les nuages clairsemés de l’averse qui tirait sur sa fin dévoilèrent un coin de ciel pâle, encore frissonnant de la nuit, et je pris soudain conscience du silence quasi-total qui s’était installé sur le parc.

Je regrettais presque d’avoir promis à Rei de le rejoindre chez lui.




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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Mer 6 Nov 2013 - 18:40

    « Il a les yeux plutôt ambrés, en fait. Et il sort effectivement de six mois dans le coma. »

    Ce détail minuscule que l'attachement à la précision, je le remarquais sur Narcisse, et ce fut un sentiment amusé qui se défoula dans ma tête et dans ma poitrine. Pendant quelques instants, puisque je ne répondais pas à la suite de cette phrase, je me questionnais sur quelle sorte de relation entretenaient Sora et Narcisse. Car oui, je ne doutais pas, je ne doutais plus que nous puissions parler de la même personne ; et si je ne croyais pas particulièrement au hasard, cette rencontre avait de jolies conséquences à mes yeux, puisqu'elle me permettait de lier deux liens entre eux. Deux fils rouges, accrochés sur le bout de mes phalanges, que je rejoignais entre eux, pour les accrocher l'un à l'autre.


    « Désolé. J’ai encore du mal à savoir ce que je dois ressentir à ce sujet, là, tout de suite. »

    Je le regardais, sans rien dire, mes yeux accrochant la mèche de cheveux blonds mâchonnés.

    « “ Je veux dire… Lui et moi, ça n’a jamais été qu’une interminable confrontation - et pas nécessairement dans le bon sens du terme. Et puis j’ai cru le perdre, et ça m’a… Disons que ça ne m’a pas fait du bien. Et là… Maintenant, il est réveillé, en vie, et il m’a fait comprendre - à sa manière - qu’il tenait à moi, je crois. Alors disons que j’ai encore du mal à assimiler.  »
    « Mais c'est super, non ? M'exclamais-je en souriant. Si tu es important à tes yeux, c'est que tu vous avez fait un pas qui n'engage que vous, et qu'il faut que vous continuiez à marcher dans la direction de vos choix, non ? Il est en vie ! Ce n'est pas pour rien. Tu ne penses pas ? »

    S'il détourna les yeux, moi je me tournais un peu vers lui, un large sourire étalé sur la face.

    “ Désolé, ” dis-je à nouveau. “ Je sais pas pourquoi je te raconte ça. Tu le connais d’où, Sora ? ”

    Oh. Euh … Embêté, je fronçais les sourcils.

    « D'un cimetière ... »

    Vague, comme réponse. Je souriais néanmoins.

    “ Le vent et le ciel… Je suppose que ça se tient, en fait. ”

    Sora. Le ciel. Le vent. Mon sourire se dissipa quelques secondes, emporté par la caresse d'une brise qui me détacha de cette concentration dans laquelle j'aurais aimé me perdre pour la journée. Mais il fallait croire que la rencontre avec Narcisse était importante. Il revint s'asseoir près de moi, et je restais silencieux, à contempler le ciel.

    Au loin, une grue salua le lever du soleil, et son cri résonna au dessus des toits. Je me relevais lentement.

    « Eyh, Narcisse. »

    Je fouillais dans mon sac, et en sortais un de mes callepins barbouillés en tous genre. Je déchirais un morceau de page sur lequel je griffonnais rapidement mes coordonnées, que je lui tendis ensuite.

    « Je vais y aller. Mais si jamais on a l'opportunité de manger de nouveau un sandwich ensemble, ce serait bien qu'on reste en contact, d'accord ? Ne m'oublie pas, et envoie moi un texto, que je puisse enregistrer ton numéro ? Okay ? »

    Je glissais la sangle de mon sac sur mon épaule, et lui répliquait un dernier sourire amusé, pour m'avancer ensuite en dehors de l'abri, et m'éloigner.

    « Fais attention à toi, Narcisse ! Rentre te reposer. »

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MessageSujet: Re: Raconter en silence ~ feat Narcisse.   Jeu 3 Avr 2014 - 1:02

Spoiler:
 











“ Mais c'est super, non ? ” s’exclama-t-il, un grand sourire accroché aux lèvres.

Je relevai les yeux, surpris.

“ Si tu es important à ses yeux, ” continua-t-il, “ c'est que vous avez fait un pas qui n'engage que vous, et qu'il faut que vous continuiez à marcher dans la direction de vos choix, non ? Il est en vie ! Ce n'est pas pour rien. Tu ne penses pas ? »

Je restai silencieux un bref instant, me repassant en boucle cette phrase incroyable : “Il est en vie.” En vie. Sans trop que je sache pourquoi, entendre cette phrase dans la bouche de quelqu’un d’autre donnait encore plus de réalité à cet état de fait. Comme si Zakuro me confirmait ce que j’avais pourtant vu de mes propres yeux. Embarrassé, je détournai le regard.

“ Désolé. Je sais pas pourquoi je te raconte ça. Tu le connais d’où, Sora ? ”

“ D'un cimetière ... ” assena-t-il de but en blanc.

Je ne relevai même pas la bizarrerie de sa réponse, à présent habitué à son train de pensée pour le moins chaotique.

“ C’est curieux, tu sais.” lui fis-je remarquer. “ J’ai pensé à lui en te voyant, tout à l’heure. Je ne sais pas trop pourquoi. ”

Comme il ne répondait pas, je continuai :

“ Le vent et le ciel… Je suppose que ça se tient, en fait. ”

Je l’observai un instant, appréciant cette façon qu’il avait de ne répondre que quand cela lui semblait nécessaire. Il était sans nul doute la seule personne parmi mes connaissances à faire ça et, quelque part, je me demandais s’il n’avait pas raison. Dans mon milieu en particulier, les gens que je côtoyais étaient tous, sans exception, des experts quand il s’agissait de tenir une conversation, aussi creuse soit-elle. C’était un art dans lequel j’excellais moi-même, mais je n’en ressentais aucune fierté - plutôt une certaine lassitude.

“ Hey, Narcisse ” lança-t-il après un moment.

Je m’emparai du papier qu’il me tendait, ravi qu’il me donne ses coordonnées de lui-même (notre rencontre avait été plutôt brève, en réalité, et je n’aurais probablement pas osé les lui demander moi-même).

“ Je vais y aller. ” continua-t-il. “ Mais si jamais on a l'opportunité de manger de nouveau un sandwich ensemble, ce serait bien qu'on reste en contact, d'accord ? Ne m'oublie pas, et envoie moi un texto, que je puisse enregistrer ton numéro ? Okay ?

- Je n’y manquerai pas ! ” répondis-je et, pour une fois, je le pensais.

Je le regardai remettre son sac sur son épaule, incertain de la conduite à adopter.

“ Fais attention à toi, Narcisse ! ” dit-il en descendant les quelques marches du kiosque. “ Rentre te reposer. »

Sur une impulsion, je descendis à sa suite et, le retenant d’abord par le bras, je le serrai brièvement contre moi. Je savais cette pratique inhabituelle, voire déplacée au Japon, mais il m’avait semblé qu’un simple au revoir aurait été vide de sens après ces quelques instants hors du temps que nous venions de vivre.

“ Merci. ” lâchai-je simplement.

Et je fis volte-face, prenant spontanément la direction de la sortie opposée à celle que Zack avait prise (je me rendis compte au passage qu’en fait, je retournais en direction de l’appartement de Rei - mais peu importe, vu l’heure qu’il était, à présent).

Il faisait presque totalement jour.

Pianotant sur mon portable un message rapide pour que Zakuro ait également mon numéro de téléphone, je me rendis compte que, depuis qu’il m’avait dit au revoir, j’avais gardé un sourire accroché au visage, et il ne semblait visiblement pas près de s’en déloger.


“ N’hésite pas à m’appeler, d’accord ? ”


Sans m’en rendre compte, j’avais recommencé à mâchonner une mèche de cheveux.




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