₪ Académie Keimoo ₪

In a decade, will you be there ?
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez
 

 Le choc des neurones. [Aya Kobayashi]

Aller en bas 
AuteurMessage
Guest
Invité
Anonymous


Le choc des neurones. [Aya Kobayashi] Empty
MessageSujet: Le choc des neurones. [Aya Kobayashi]   Le choc des neurones. [Aya Kobayashi] EmptyVen 19 Fév 2010 - 16:50

    Concentration. Précision. La perfection. Toujours. Même si cela devait lui bouffer les trois quarts de son temps, même s’il devait dire adieu à ses amis, même s’il devait se renfermer dans son ermitage temporaire au point d’en devenir neuneu –si ce n’était pas déjà fait-, il n’abandonnerait pas. Jamais. Donner le meilleur de soi-même, se dépasser. Il ne vivait que pour cela, et personne ne pourrait le détourner de son but, son objectif, le rôle de sa vie. Exercer sa douce domination sur le monde, peu à peu, petit à petit. Lentement mais sûrement. Il y parviendrait. Bientôt, il y était presque. Encore un dernier effort, il y allait y arriver. Ha ! Oui ! Tremblez pauvres mortels ! Il n’en était décidément pas loin. Concentration. Précision. Etre à la recherche de la perfection. Enfin, ce n’était qu’un drap. Pourquoi son cœur battait-il la chamade alors que la paire de ciseau glissait sur l’étoffe ? Avait-il donc l’impression de commettre un meurtre ? Le cri de désespoir du drap. Ses sourcils se froncèrent. Criminel. Despote. N’avait-il donc pas de sentiments ? Pour ce pauvre bout de chiffon, blanc et sale. Yasu, il nous décevait. Si seulement on avait su qu’il finirait ainsi… Peut-être aurait-on pu l’empêcher de commettre l’irréparable. Peut-être…

    Et il souriait dans ses méfaits comme l’abominable créature qu’il était. Un être froid et cruel, sans la moindre compassion. Un cœur de pierre. Sus au drap. Mais ce sourire, angélique. Quel étrange contraste avec l’horrible découpage. Ha ! Et dire que ce n’était qu’un drap. Le malheureux ! A quoi bon venir sur cette terre si c’est pour crever avec deux trous dans la tête ? Une question assurément existentielle, mais Yasu n’en avait que faire. Certes, cela ne faisait pas du bien au drap. Voilà qui était irrévocablement vrai. Mais pour lui, c’était d’une nécessité absolue afin d’atteindre l’objet de son désir -ou quelque chose dans ce genre-là.
    Il mettait tout de même son âme à l’ouvrage. Après tout, c’était d’une importance capitale. Et aussi la seule chose qui lui restait à faire. Non pas qu’il ne faisait rien de sa vie hormis découper un drap mais presque. Bah, on s’occupe comme on peut, et du moment qu’il s’amusait… S’amuser ? Etait-il vraiment en train de s’amuser dans l’élaboration d’un crime ? Impensable. Tout à fait scandaleux. Méchant garçon ! Méchant ! Ou pas, après tout, ce n’était qu’un drap. Ha ! Belle mentalité ! Déchiqueter un drap sans même une once de culpabilité, elle est belle la jeunesse ! De nos jours, les gosses ne sont plus attachés aux biens matériels. Ces biens durement gagnés par la seule vraie force de travail des parents. Quel gâchis, quel gaspillage. Yasu ne valait pas mieux que les autres, pourri jusqu’à la moelle.

    Mais déjà le supplice du drap s’arrêtait. C’était terminé. Yasu releva enfin la tête de son travail, les yeux pétillants comme empreins d’une énergie nouvelle. Désireux de contempler le résultat de son assidu travail, il jeta d’une main experte le bout de chiffon dans les airs. Dentelé en bas, orné de deux trous en haut. Trois heures pour aboutir à un tel résultat. Un mince filet de bave coula le long de sa bouche. Certes, ce n’était pas très beau, et ça n’avait rien d’extraordinaire, mais il ne fallait pas le lui dire : il y avait passé tellement de temps. Comprenez bien qu’il avait comme l’impression d’avoir accompli quelque chose de remarquablement difficile. Imaginez donc cette frêle petite chose se comportait comme un vrai mec. Ca parait surnaturel, n’est-ce pas ? Et bien, ce drap gisant par terre avec ses bordures irrégulières et ses deux trous l’était aussi. Une sorte de miracle comme on en voyait peu dans le monde. Yasu et sa conception du travail… Ou comment surestimer la valeur d’une action ? M’enfin, n’était-ce pas mignon de le voir s’extasier seul de l’effort fourni ? Un peu oui. Quelle vie, de plus en plus dure à n’en pas douter.

    Non pas sans cacher sa satisfaction, Yasu se leva du banc sur lequel il était assis depuis… Hum, une certaine éternité. Ha ! Voilà même qu’il avait de désagréables fourmillements dans la jambe droite. Il n’y avait qu’un seul et unique moyen pour remédier aux inlassables picotements qui le saisissaient : la danse. Activité curieuse. Un coup sautillant sur un pied, un coup sur l’autre. Et il riait, le gentil imbécile qui approchait d’une drôle de façon son chef d’œuvre, encore laissé pour mort, inerte. Yasu s’était toujours révélé être cruel, ça ne datait pas d’aujourd’hui. Il n’y avait qu’à voir comment il traitait son poisson pour s’en rendre compte. Pauv’ Poilu, mort une bonne vingtaine de fois. Combien de fois la mère de notre Yasu avait-elle tiré la chasse des toilettes, disant adieu au fameux poisson ? Bah, ces choses-là ne se comptent pas. Mais enfin, cela ne nous renseignait pas sur l’utilité de notre drap. En effet, quel intérêt pouvait-il y avoir à découper un drap, et ce pendant de longues heures ? Voilà qui cachait assurément une idée machiavélique. Ou pas. Quoi que…
    Attrapant enfin la chose, Yasu le passa, non pas sans un certain dynamisme, sur sa tête. Il voyait noir. Qui avait éteins la lumière ? Et les trous alors, à quoi servaient-ils ? Tss. C’était bien beau de découper ici et là, encore fallait-il jeter ça sur ses épaules sans se tromper de sens. Remontant ses bras jusqu’à sa tête, il tourna d’un coup le tissu, s’arrachant les cheveux au passage. Gauche. Il était ainsi, Yasu. Un peu maladroit, mais Dieu merci, il voyait. Les trous bien en face des yeux. La perfection. Rieur, il partit en courant. D’abord dans un sens, puis dans l’autre. Par où était-ce ? Par ici. Ou peut-être par là. Ha ! Ca devait être bon.

    Il évita une malheureuse chute, en marchant à moitié sur le drap qui traînait par terre. Suivant les ballerines qui chaussaient ses pieds, telle une danseuse, il commença à battre des ailes. Un peu plus et il sautillait. Les bras battant toujours plus vite, toujours plus haut. Il décollerait presque. Vole petit poussin, vole. Oui, ne regarde pas derrière mais va de l’avant. Non, ne te retourne pas sur le passé, il faut voir l’avenir pour le salut de l’humanité. Et peut-être aussi pour le tien. Car déjà, une foune rose se présentait sous ses yeux, mais il ne la vit pas. Trop occupé à s’émerveiller devant le drap qui s’envolait. Et le crash fut inévitable. Yasu n’était pas un oiseau, mais bel et bien un avion qui ne tourne pas rond. C’est ainsi que le Concorde fonça dans un moineau. De plein fouet. Hélas ! La chose percutée n’était pas bien haute, et front contre front, les deux individus se dirigèrent brusquement vers le sol. Concentration. Précision. Un bon coup de boule. Le premier que donnait Yasu, et devinez quoi : ça faisait mal. Très mal.

    - Le choc des neurones, aïe.

    Bien heureux ceux qui ne sont pas intelligents. Ha ! Mais quel pauv’ type…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous


Le choc des neurones. [Aya Kobayashi] Empty
MessageSujet: Re: Le choc des neurones. [Aya Kobayashi]   Le choc des neurones. [Aya Kobayashi] EmptySam 20 Fév 2010 - 14:27

Plus que quelques secondes... Les derniers instants étaient insoutenables. Bon sang! Avait-il bientôt fini son discours qui s'étendait à l'infini? On n'en voyait plus le bout. S'enfonçant dans un profond délire de soixante-dix kilomètres à la minute, la jeune lycéenne ne supportait plus cette atroce philosophie. Comme il venait de le dire, Monsieur le génie nous fit remarquer que chaque être-humain a un temps qui lui est propre, nous ne vivons pas dans le même monde dirait-on... Le temps de la distraction passe bien plus rapidement à celui de l'ennuie. Nous en avons d'ailleurs l'expérience : Il ne restait plus que trente secondes avant la dernière sonnerie de la matinée. Ces quelques petites secondes semblaient durer plus d'une journée, c'était comme si on rallongeait le temps dans une dimension parallèle à celle de la réalité, sans que les humains ne s'en aperçoivent, ils ne sentent qu'un léger empressement dans la poitrine, ce sentiment que l'on appelle "impatience".

En effet, Aya était impatiente de sortir de ce cour de philosophie. Bien qu'elle était en plein dedans, cela ne l'empêchait pas de se mordre la lèvre, priant pour que la cloche tinte de suite. Ne pouvant s'empêcher de regarder sa montre, attendant les cinq dernières secondes qui semblaient valoir cinq minutes, la furie commençait à monter en elle, serrant les poings, les sourcils froncés, notre Punky Girl était prête à bondir de sa chaise, son sac en main, s'élançant vers la sortie qui se trouvait à quatre tables d'elle...

~ Ding Dong ~

Se levant d'un trait de sa chaise, le regard en direction de la sortie, le tintement de cette douce sonnerie soulagea l'esprit enragé de la jeune fille. Aya reprit le calme et sortit de cette salle qui empestait la sueur, sereinement. Portant son sac bandoulière sur une épaule, sa main tenant sa veste du même côté, son autre main se trouvait dans la poche de sa jupe à bretelle (comme une salopette), La jeune fille avança dans les couloirs, le regard ne fixant qu'un seul objectif, les escaliers. Elle avait l'habitude d'ignorer tout ce qui l'entourait. S'isolant dans son propre monde, le reste ne l'intéressait point. De temps en temps, elle écoutait les conversations de quelques élèves qui se trouvaient autour d'elle, une conversation entre camarades, entre amis, entre amoureux... Elle était en quelques sortes jalouse de ces gens qui avaient une telle facilité à se créer des liens avec les autres. La Punky Girl se blâmait intérieurement, elle en regrettait presque sa naissance.

Toutes ces voix qui parlaient autour d'elle étaient comme des ondes qui lui créent un choc mental. Vibrant et résonnant dans sa tête, il fallait qu'elle se bouche les oreilles, cela la rendait malade d'entendre ces rires et ces conversations amicales. Plus elle écoutait, et plus elle se sentait seule, son cœur allait bondir hors de sa poitrine. L'angoisse? La solitude? La tristesse? N'y aurait-il pas une personne dans ce monde qui pourrait la comprendre?

Accélérant ses pas d'une expression nerveuse, le regard rivé sur le sol, elle devait arrêter ses sombres pensées qui envahissaient son esprit et même son âme. Mais comment y parvenir? Lui fallait-il une sorte de choc neuronales pour que cela puisse lui chasser ses pensées obscures? Cela ne tardait pas à se réaliser...

Proche de l'escalier qui menait au rez-de-chaussé, quelque chose d'étrange réveilla son instinct. Se retournant d'un air ahuri, voilà qu'un fantôme se dirige vers elle. Il faisait un drôle de cri et battait des ailes comme un oisillon. Aya qui n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être, voulut fuir. Mais cette chose qui s'approchait d'elle à grand pas ne lui laissa pas le temps de faire quoi que ce soit. Elle ne pouvait que marcher à reculons. Au final, elle s'emmêla les pieds dans ce tissu blanc qu'elle crut être la peau de cette chose non-identifié, puis elle glissa sur une marche de l'escalier. La pression que lui mettait cette chose la fit pencher vers le bas. Déséquilibrées, elles tombèrent toute deux dans l'escalier, glissant sur ce tissu blanc qui fit découvrir le jolie visage d'une jeune fille. La descente se fit comme sur une planche utilisée sur les montagnes enneigées. Ainsi donc, l'inconnue qui se trouvait au-dessus d'Aya, plongea sa tête vers l'avant qui se cogna violemment sur celle de la Punky Girl. Voici le choc des neurones! Un choc aussi violent qu'une foudre qui s'abattit sur elles. Les deux étudiantes déboulèrent jusqu'en bas de l'escalier du première étage, inconsciente pour quelques instants.

- Le choc des neurones, aïe.

Après quelques minutes de coma, Aya reprit conscience, la tête dans les vapes, elle voyait des étoiles un peu partout. Se frottant l'arrière de son crâne avec une migraine atroce, elle vit cette fille à côté d'elle. C'est alors que la rage monta en elle.

- Hé mais t'es malade?! Qu'est-ce qui t'as pris de me sauter dessus comme ça? J'ai faillit me casser la nuque dans cette chute! Tu veux ma mort c'est ça?!

Se relevant avec difficulté, la Punky Girl tapota sur ses vêtements afin d'enlever la saleté qui s'est collée sur elle pendant cette descente aux enfers.
Revenir en haut Aller en bas
 
Le choc des neurones. [Aya Kobayashi]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le choc des neurones. [Aya Kobayashi]
» Event (Rempart est) : Le choc des titans
» LE CHOC DES TITANS 2010
» Les Valkyries, l'équipage de choc et de charme de Cyanure la Shichibukai
» Information journalistique ou propagande éléctorale?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
₪ Académie Keimoo ₪ :: Archives Rp's :: Rp's 2012 et antérieurs-
Sauter vers: