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 La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.

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Nikolaï S. Evans
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MessageSujet: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Mar 28 Aoû 2018 - 0:30

Deux avril deux mille dix-huit.
Quatre heure vingt-sept.
Port de Saint- Pétersbourg.
Russie.


'Sur terre, il se trouve des situations plus dangereuses que d'autres, des métiers plus dangereux que d'autres, des personnes plus dangereuses que d'autres. Ces activités douteuses se passent souvent avant le point du jour, lorsque tout le monde rêve tranquillement au fond de son lit douillet chaud et rassurant durant ces fraîches nuits de printemps qui annoncent une météo clémente. Toute activité dangereuse ne se veut pas illégale, mais ce qui se passe ce matin en Russie se veut tout à fait douteux, irresponsable et discutable. En un mot ? Routinier.'

Brouillard.
Une dense nappe de brouillard enveloppe les quais mal éclairés du port de Saint-Pétersbourg qui baignent toujours dans la nuit noire. La lueur vacillante des lampadaires vieillissants laisse deviner quelques silhouettes qui s’activent de façon ordonnée, presque mécanique et en silence. L’une de ses silhouettes, elle, paraît être si immobile comparé aux masses noires que transportent ces hommes à l’allure fantomatique. L’eau vient doucement s’abattre sur les bords des quais de façon tout à fait régulière, mouvement causé par les aller-retours de ses hommes sur le rafiot de fortune qu’ils chargent de façon presque religieuse.  Aucun ne pose de question, ils savent ce qu’ils doivent faire, où ils doivent aller. Pas un seul regard se croise. Il y a seulement cette silhouette, haute et menaçante qui les regardent. Le son d’un moteur qui démarre, les hélices viennent fendre l’eau dans un bourdonnement hypnotique et rassurant. Le rafiot s’éloigne du quai.
Nikolaï ne bouge pas, observant de sous sa capuche les mouvements de ses gars qui s’en vont maintenant chacun de leur côté, disparaissant un à un aux coins des hangars délabrés.
On devine ses mèches blondes à la lueur de sa cigarette avant qu’il ne la jette sans prendre le temps de l’écraser. La fumée vient se mêler à la nappe de brouillard, il est près de cinq heure dix.

Il ne peut plus continuer comme ça,
Cette méthode est bien trop dangereuse.
***




Vingt huit août deux mille dix-huit.
Quinze heure trente et une.
Entrepôts portuaire proche de Keimoo.
Japon.



Sa fidèle clope à la main, Nikolaï est assis sur une caisse de bonne façon restée au soleil, comme abandonnée là, à son sort. Il observe, les gens qui s’activent à entreposer les marchandises qui arrivent des quatre coins du monde, apportant avec elles leur lot de mauvaises surprises comme la scène à laquelle il assiste, sans trop même s’y attarder.
Il attend. Se souvient. Ses méninges ne font qu’un tour. Il se souvient bien. C’est l’occasion. Cette opportunité lui force même un petit sourire. Peut-être le croiserait-il.
Deux hommes entrain de ramasser ce qui ressemble à des cadavres de bouteilles de vin provenant de la caisse qui vient de tomber du transpalette. Les vociférations qui en résultent attirent son oreille, si bien qu’il décide de se lever pour aller jeter un œil de plus près. Il ne serait pas contre une bouteille de vin ‘tombée du cargo’ une de plus ou une de moins pour le distributeur de ce vin, il ne le verra pas, après tout.
Nikolaï s’approche, de façon féline en direction des cadavres et de la flaque que cet accident mortel vient de créer. Il soupire. Du vin rouge. Gâché. Quel malheur.  
Dans un mouvement tout à fait naturel notre russe se défait de son mégot de cigarette avant de demander en anglais aux deux hommes sensiblement irrités s’il pouvait leur porter quelque assistance. Après une courte discussion, il s’avère que ledit transpalette serait défaillant.
S’il faut savoir quelque chose sur Nikolaï, c’est qu’il est quelqu’un plein de ressources. Par chance, en Russie, il a aussi eu affaire à quelques transpalettes et autres machines défaillantes sur lesquelles il est parvenu au fil des années à se faire la main. Expert, mais pas trop, il s’essaye à aller redémarrer le transpalette après s’être installé dans la cabine. Après quelques manipulations hasardeuses, la machine ne donnant toujours pas signe de vie, notre Russe s’essaye à aller à l’arrière du véhicule afin d’en ouvrir le capot, donnant sur le moteur. D’un anglais teinté de l’accent de son pays natal, il propose aux deux hommes de descendre les autres caisses afin de ne risquer aucun autre dégât éventuel, puis s’affaire ensuite à jeter un œil à la machinerie et à trouver le soigneur de tous les maux – le coupe circuit – . Faisant mine de fouiner, Nikolaï en profite pour poser quelques questions afin de retirer quelques informations quant à la personne qui distribue ces caisses de vin, l’air de rien. ‘Mr Keegan’.
Banco. Voilà. Le nom.
Après avoir obtenu cette précieuse information, la main toujours sur la manette qu’il réenclenche d’un geste assuré, en se brulant l’avant-bras au passage. L’un des gars remonte dans la cabine, la clef tourne. La machine démarre.
Des ‘ah’ satisfaits s’élève de la bouche des deux autres hommes qui le remercient chaudement tout en remettant les caisses sur la palette et s’en vont, laissant notre Russe là, comme un con.
Comme un con ? Pas tout à fait. Il a un nom. Autrement, loupé.
Il avait tout de même espéré un geste en retour, une petite bouteille de ce merveilleux vin français qu’il affectionne tant. Mais après tout, il avait eu confirmation du nom de la personne qu’il cherchait.
Celui qui pourrait probablement l’aider dans ses affaires.
Sourire en coin, il porte une cigarette à sa bouche. Il tâtonne une poche, puis l’autre à la recherche de son briquet qu’il perd toujours.
Il était maintenant temps de se mettre à la recherche de ce Mr Keegan.

Durant ce court laps de temps, Nikolaï n’avait pas remarqué qu’il avait été observé.

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Dernière édition par Nikolaï S. Evans le Mar 28 Aoû 2018 - 23:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Mar 28 Aoû 2018 - 22:08

Un coup d’œil à son poignet suffit à Jake pour qu'il se souvienne qu'il ne porte jamais de montre. Il lève les yeux, en coin, pour lire l'heure sur l'horloge digitale de l’entrepôt : 15h30 environ. Il soupire de satisfaction, se mettant de nouveau à observer le petit monde qui s'active en bas du bâtiment, à décharger les palettes de caisses de vin. Il saisit sa tablette, fronce le nez en la voyant décharger et se tourne vers Amiri. Cette femme est vraiment une perle : sans même qu'il ait besoin d'ouvrir la bouche, elle lui tend la tablette qu'elle tenait contre sa poitrine. J la gratifie d'un sourire, murmurant un merci distrait, alors qu'il commence déjà à naviguer sur l'écran. Quelques pressions de l'index sur les icônes et il tombe sur la liste de cette cargaison. Il vérifie que le nombre de caisses commandées coïncide avec le nombre reçu, avant de reporter son attention sur son employée.

- Amiri, le pointage physique n'a toujours pas été validé. Tu sais si... euh, le nom de notre stagiaire m'échappe...
- Akihiko.
- Oui, bien sûr, encore un qui porte parfaitement son nom.

Petit air songeur et sourire en coin.

- Si Akihiko a fini cette vérification ?
- Je vais aller lui demander et l'aider, s'il a besoin. Je crois que travailler pour vous le stresse un peu, Monsieur Keegan.
- Hum...

Amiri tourne les talons, les faisant déjà claquer sur les marches de l'entrepôt, que Jake retourne a son observation, son regard attiré par une tête blonde mêlée à la foule de chevelures brunes. Il fronce les sourcils : les blonds ne courent pas les rues, au Japon, encore moins dans ses employés, aussi occasionnels soit-il. Il se penche en avant et prend appui de ses avant-bras sur la barrière de sécurité, en profitant pour creuser les reins, détendant son dos. Les lèvres pincées, il observe une caisse de vin choir bruyamment de la palette posée sur le transporteur. Ces maudits Bobcat d'occasion ! Maintenant que l'entreprise génère plus de profits et que les fonds rentrent à flots, il faudrait qu'il ajoute l'achat d'engins neufs à sa liste. Alors que deux de ses employées sont déjà en train de constater les dégâts, Jake baisse le nez sur sa tablette, entrant cette tâche dans les choses à faire.

Il ne remarque pas tout de suite la tête blonde se diriger vers l'engin capricieux, l'ayant presque déjà oubliée. Quand il se redresse pour descendre, prendre compte de la perte et pouvoir la signifier à Akihiko, il se retrouve agréablement surpris de voir cet inconnu aider à la réparation du transporteur. Réparation qui porte ses fruits, puisque l'engin redémarre et que les gars retournent déjà à leur tâche. Il arque un sourcil et pose la tablette, descendant finalement en bas de l'entrepôt pour rejoindre cette personne. Juste un crochet pour décharger à Amiri la responsabilité d'aller constater la casse et le voilà à tendre un briquet à l'inconnu, actionnant rapidement la molette pour vérifier qu'il fonctionne.

- Et qui dois-je remercier pour ce service rendu ?

Il sourit, faisant pivoter le briquet entre ses doigts, pour inviter cet inconnu à le prendre. De loin, il entend Amiri s'adresser aux deux hommes, qui se confondent en excuse pour la perte que leur maladresse a entraînée. Jake tourne la tête vers elle, lui faisant un signe de la main, signifiant qu'il a bien vu ce qu'il s'était passé et qu'ils n'en étaient en rien responsables. C'était toujours fâcheux de perdre des produits de qualité, mais les circonstances n'en étaient pas moins atténuantes. Il se sentait responsable de la culpabilité qu'il avait fait naître chez de bons travailleurs.

- Encore désolé, Monsieur Keegan.

L'employé baisse les yeux et Amiri le rassure, presque avec empressement lorsqu'elle voit l'air peiné de son employeur. Cette femme a vraiment tout pour plaire et J ne regrette pas de l'avoir embauchée, s'en félicitant même un peu plus chaque jour. Belle, intelligente, rigoureuse et arrivée à un point de professionnalisme et d'investissement pour cette entreprise qu'il n'a même plus besoin de parler pour qu'elle le comprenne ! Il pourra bientôt lui confier comptes, clefs et prises de décisions sans vraiment se poser de questions, avec une confiance même aveugle. Il humecte ses lèvres et reporte son attention vers le blond.

- Vous savez que vous n'avez quand même aucune autorisation pour être dans cet entrepôt ? Mais, pour le coup de main que vous avez filé à mes employés, je vous propose de monter prendre un verre... Vous avez eu l'air de regretter de voir tout ce vin se répandre au sol.

Jake sourit, légèrement moqueur, et tourne déjà les talons, de toute façon persuadé qu'une personne ayant pris la peine de réparer un Bobcat le suivrait. Il gravit les marches, sans plus se soucier des petites fourmis qui s'activent dans son dos et pousse la porte d'un petit bureau. La pièce est sommaire, mais avec des meubles de standing et - surtout - un modeste bar. Il s'en approche, indiquant d'un geste de la main un des fauteuils, pour inviter l'homme à s'y installer.

- Couleur de robe ? Ou vous vous laissez surprendre ?

Jake passe de l'autre côté du bar, tournant le dos à la baie vitrée et à la foule qui travaille au-dehors. Il pose ses yeux sur le blond, se mettant à l'étudier pour la première fois, attendant sagement sa réponse.

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MessageSujet: Re: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Mer 29 Aoû 2018 - 13:34

Falling too fast to prepare for this
Tripping in the world could be dangerous
Everybody circling, it's vulturous
Negative, nepotist


Le hasard, le karma, la vie.. font parfois bien les choses. Très bien – même – .
L’espoir est un atroce sentiment, si bien que Nikolaï ne s’y prête jamais vraiment. Tout est blanc ou noir et tout ce mélange de négatif - positif le baigne dans un monde tout gris, aussi gris que ces vêtements aussi gris que le sol de cet entrepôt où s’étend gentiment la flaque de vin rouge à ses pieds chaussés de … havane. Jamais dans sa vie, Nikolaï n’avait espéré quoi que ce soit pour de vrai. Par ‘de vrai’ entendons qu’il n’a jamais eu l’espoir vin d’une jeune pucelle en amour d’un homme inaccessible, qui en pleurs tous les soirs au couché mais qui, au petit matin s’abandonne à une belle pensée pour lui, et qu’il se laisse à rêver tout éveillée d’un monde merveilleux où elle pourrait vivre son amour pour lui et lui pour elle, aux yeux de tous. Non. Nikolaï, ne croit pas en l’espoir. Il croit en ce petit grain de magie qui règne partout autour d’eux, en témoigne son œil Turc qu’il porte autour du poignet, supposé chasser le mauvais œil. Il croit qu’aucune rencontre n’est tout à fait fortuite, que toute action entamée aura une répercussion de même grandeur. Mais il croit aussi qu’un battement d’aile de papillon peut engendrer un ouragan.

Everybody waiting for the fall of man
Everybody praying for the end of times
Everybody hoping they could be the one
I was born to run, I was born for this.


Il laisse échapper un infime sursaut, alors qu’il se retourne doucement, de façon tout à fait contrôlée. A vrai dire, Nikolaï s’était laissé surprendre. Après tout, ses pensées étaient fixées sur le foutu briquet perdu quelque part dans les méandres de sa poche, qu’il ne trouvait pas – bien entendu -. Cette approche furtive n’était pas prévue au programme, aucun évènement n’aurait pu laisser place à quelque anticipation, aussi rikiki soit-elle. Il s’était fait avoir mais bientôt il allait savoir à quel point il serait agréablement surpris. 00‘Et qui dois-je remercier pour ce service rendu ?’ Est-il l’heure de proférer un premier mensonge ? Peut-être. Se saisissant nonchalamment du briquet que lui tendait cet hybride Nippon à l’accent américain, Nikolaï ne lui répond pas. Ayant quelque réticence à donner son nom complet ici sur les quais, entouré de dieu-seul-sait-qui. Mais ça, c’était avant d’entendre la voix du travailleur, prononcer une nouvelle fois le nom de la personne qu’il cherchait.
Mister Keegan. Maintenant, aucun mensonge n’était envisageable. Ce qui aurait habituellement été un coup de bluff allait se jouer à l’honnêteté. Là, on sort de la routine. Il allume sa cigarette afin d’y retourner. De son anglais teinté de russe, il laisse la fumée sortir par le nez avant de répondre avec un léger sourire «Vous remerciez Evans, pour ce petit service rendu Mr. Keegan.»

Whip, whip
Run me like a racehorse
Pull me like a ripcord
Break me down and build me up


Bon. C’est vrai, il n’a pas dit toute la vérité, mais au moins il a eu l’honnêteté de lui donner son nom de famille. En omettant seulement de spécifier qu’il n’était pas Evans mais Mr. Evans. C’était comme ça qu’il se présentait à Norilsk, l’une des villes les plus rudes du pays, Là où il était parti se planquer lorsque les choses se sont mises à chauffer pour lui. Il garde d’ailleurs toujours une cicatrice d’une de ses nombreuses gelures causées par des hivers à environs -60° en moyenne. Donner son nom complet aurait été une bêtise là bas pour ne pas être retrouvé, mais seulement, si ce fameux J. Keegan est aussi malin qu’il le pense après l’avoir toisé de haut en bas lorsqu’il lui tendit le briquet à nouveau, celui là s’en rendrait compte.. Et Nikolaï aurait effectivement, une raison de plus de faire affaire avec lui. Mais c’est alors que ce Mr.K renchérit de plus belle, d’un accent américain plutôt prononcé. "Vous savez que vous n'avez quand même aucune autorisation pour être dans cet entrepôt ? Mais, pour le coup de main que vous avez filé à mes employés, je vous propose de monter prendre un verre... Vous avez eu l'air de regretter de voir tout ce vin se répandre au sol." Nikolaï sourit, tire sur sa cigarette et réponds d’une voix suave sur une note d’humour ne relevant pas la remarque sur son droit être dans l’entrepôt. «Il n’est pas dans mes habitudes de suivre un américain de mon plein gré, mais l’offre ne peut être refusée.» Après quoi, il le suit, quelques pas derrière lui de façon tout à fait assurée. Continuant de fumer jusqu’à ce qu’ils aient montés les escaliers donnant une vie prenante sur l’espace où les travailleurs s’activent dans une espèce de chaos ordonné. Nikolaï jette sa cigarette – par politesse – avant d’entrer dans ce qui semble être un bureau de bonne taille. Ses yeux filent de ça et là de la pièce, en marquant une pause en son seuil, puis s’avance en direction du fauteuil où Jake vient de l’inviter. Notre Russe tourne autour et s’y installe tout en douceur. «Rouge s’il vous plait Mr Keegan, la surprise ne fait pas spécialement partie de mes habitudes.» FAUX. Et puis le rouge, c’est un peu la couleur de son pays.

I wanna be the slip, slip
Word upon your lip, lip
Letter that you rip, rip
Break me down and build me up

Attendant sagement que Jake vienne lui offrir ce verre, Nikolaï continue d’observer l’endroit avec plus ou moins d’attention. Sûr de lui, il ajoute dans son anglais toujours teinté de russe et sur un ton humoristique. « Prendre une autre couleur de robe serait antipatriotique. » En référence bien entendu à la couleur communiste du drapeau de l’URSS. Russie grande ennemie des Etats-Unis et inversement. Ils sont culturellement codés pour se haïr mais quelque chose laisse présager une éventuelle bonne entente. Vous savez, ce genre de première impression qui ne vous lâche pas, bien qu’elle ne soit pas toujours la bonne ?
C’est cette impression qui tient au ventre de Nikolaï alors qu’il tient maintenant son verre, en faisant tourner le vin de façon distraite. « J’ai cru saisir que vous étiez Américain ? Plutôt curieux de faire le choix de venir au Japon. Après Hiroshima.. Nagasaki.. j’espère que vous ne comptez pas faire sauter Keimoo aussi..» Non, ça, c’est son plan au sens figuré et Jake allait potentiellement pouvoir l'aider à le faire. Il lâche un léger ricanement derrière son verre alors qu’il s’apprête à le porter à ses lèvres.
La robe rouge vient toucher ses lèvres, envelopper sa langue puis séduire ses papilles. Il ferme les yeux pour une fraction de seconde puis les rouvres, fixant le liquide qu’il fait à nouveau tourner de façon distraite. «Un américain, au japon, important du vin Français ? Je suis de plus en plus curieux Monsieur Keegan.»
Ses yeux de glace viennent se poser sur Jake, posté au niveau de l’autre fauteuil tendis qu’il croise les jambes en s’orientant vers son interlocuteur. Il porte à nouveau le verre à ses lèvres, se retenant de poser une nouvelle question. Il devra attendre quelques petites minutes de discussion avant d’aborder le sujet qu’il aurait bien entendu à aborder un jour où l’autre. Nikolaï portait maintenant toute son attention sur l'Americain, qui, notre Russe devait bien avouer, avait une classe certaine et pour qui il pourrait développer un attrait certain.  

Whatever it takes
'Cause I love the adrenaline in my veins
I do whatever it takes
'Cause I love how it feels when I break the chains

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MessageSujet: Re: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Mer 29 Aoû 2018 - 16:10

La réponse de l'étranger fait sourire Jake. La surprise ne fait pas partie de ses habitudes ?

- Pourtant, je vous surprends quand même à flâner dans mon entrepôt.

Ce qui n'attend aucune réponse pourrait être pris comme une pique, lancée furtivement, comme posée là, sans but précis. Jake baisse le nez sur les bouteilles dans son bar, posant les yeux sur les rouges. Il en hisse une, la repose, avant d'en sortir une seconde et de la mettre de côté. Il se trouve légèrement embarrassé, gardant cette confusion bien au fond de lui. Il n'avait absolument pas prévu d'avoir cet inconnu dans son bureau et de lui offrir un verre. Ne sachant rien de lui, il ne sait quel vin lui offrir. Après tout, si c'est un petit con qui rôde, autant lui servir de la piquette. Sans relever le menton, il l'observe une nouvelle fois d'un coup d’œil rapide. Il n'a pas l'air d'être un petit con-qui-rôde, pas au sens où Jake l'entend du moins. Il repose la bouteille et débouche celle de Chinon, Coteau de Noiré. Il la verse entière dans le décanteur et sort deux verres, qu'il prend soin de ressuyer, bien qu'ils soient propres.

La magie de l'accélérateur à décanter plus tard, Jake tend un des deux verres à ce Evans, avant de s'asseoir dans le fauteuil qui fait face à ce dernier, ne laissant entre eux que la table basse de son bureau. Il mordille distraitement sa lèvre, essayant de rassembler le peu qu'il sait sur cet homme : pas nippon, pas anglais, ni américain, mais le parle très bien, ne donne que son nom de famille, en admettant que ce soit le vrai, traîne dans des entrepôts privés sans autorisation, ni invitation, visiblement amateur de vins, mais jusqu'à quel point ? L'accent derrière son anglais titille l'oreille de Jake et il ne fait le rapprochement avec la Russie qu'au souvenir de l’antipatriotisme.

Par imitation, Jake fait tourner son verre entre ses doigts, avant de boire une gorgée de vin.

- Ce n'est pas dans mes projets, non.

Toujours par imitation, il ne répond pas à la question voilée de l'autre, ne justifiant en rien ses choix géographiques, ni ses origines. Mais il lui répond au moins en anglais, à défaut de connaître le russe.

- Mais je reste quelqu'un d'ouvert aux bonnes propositions.

Jake sourit à son invitation, se redressant du fauteuil en avalant une nouvelle gorgée de son verre, avant de le poser sur la table. Il pose ses coudes sur ses genoux, les jambes écartées, bien loin maintenant de l'imitation de la posture de son voisin. Il tique avec sa langue, sans perdre son sourire.

- La curiosité se nourrit, Monsieur Evans.

Il tend distraitement la main vers lui, sans relever son coude, l'invitant à se dévoiler d'abord.

- Je doute que cette rencontre ne soit que le fruit du hasard, surtout venant de quelqu'un qui n'adhère pas réellement aux surprises.

Il arque un sourcil, laissant sa main retomber mollement entre ses jambes, poursuivant sans vraiment lui laisser le temps de répondre.

- Puisque vous me cherchiez ou cherchiez quelques informations dans mon entrepôt, je vous invite plutôt à me donner la raison de votre curiosité.

Il avait insisté sur le votre, accentuant son sourire au même instant.

La situation pouvait paraître cocasse, si quelqu'un entrait à ce moment dans la pièce. Dans ces positions, aucun des deux hommes n'étaient en position de force sur l'autre : Jake dans une posture avancée, plutôt à l'aise, et ce Evans reculé tranquillement dans le fauteuil, jambes croisées mais bras ouverts. Finalement, Jake n'avait peut-être aucune idée du pourquoi cet homme était là, mais ce dernier n'avait aucune idée de comment finirait cette entrevue. S'il voulait de la curiosité, il pourrait déjà se contenter de ça.

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MessageSujet: Re: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Ven 31 Aoû 2018 - 20:31

Whatever it takes
You take me to the top I'm ready for
Whatever it takes
'Cause I love the adrenaline in my veins
I do what it takes


Let the games, begin.
Le jeu était lancé, le ton également. Rien ne laissait entrevoir quelque tension entre les deux hommes qui cherchaient à en savoir un peu plus sur l’autre, à couvert d’un peu d’humour. Nikolaï n’avait pipé mot depuis la dernière phrase qu’il avait prononcée, cherchant à voir toutes les réactions de l’autre, que ce soit gestuel, les mots employés, sa façon de parler. Il écoute et observe tout en dégustant son verre. Sa posture n’avait pas changée, si bien qu’il commençait à se raidir un peu dans son fauteuil. Lorsque Jake eut fini de parler, l’invitant à se dévoiler, Nikolaï posa son verre vide sur la table basse de manufacture respectable et refixa son regard sur son interlocuteur. Il se tu un instant avant de s’éclaircir la gorge afin de préparer sa petite tirade.‘Si mes projets ne sont pas les tiens mon gars, on ne sera fait que pour s’entendre’ Se dit il à lui-même. Sur un ton calme et posé, Nikolaï s’adresse à lui, en toute honnêteté.


Always had a fear of being typical
Looking at my body feeling miserable
Always hanging on to the visual
I wanna be invisible


« Non Mr Keegan, je suis découvert. Je ne crois pas spécialement en cette notion de hasard, et ma présence ici n’en est pas le fruit. » ‘ Sa tête bascule sensiblement sur le coté, mais son regard reste posé sur l’américain en face de lui. « J’ai des projets pour Keimoo, ainsi que pour un petit port de province Russe tenu par un de mes bons amis. » Son second bras vient se poser sur le second accoudoir, sa tête se penche dans l’autre sens. « Les autres ports étant pour la plupart... corrompus" ‘Il lâche un semblant de sourire’ « j’ai cru voir sur l’une de vos caisses le tampon d’un refus d’entrée sur le territoire Russe et cela n'a rien d’étonnant. » ‘Son regard se détourne de Jake, allant se poser de ça et là de la pièce. Il ne pensait pas avoir vu, il avait vu ce tampon, savait pertinemment qu’il avait raison. « Je peux non seulement vous garantir des déchargements réguliers en Russie, mais aussi vous donner des numéros afin de les écouler... » Il marque une courte pause. « Tax Free » Son regard se repose sur Jake, alors qu’il redresse la tête. Son attitude calme et posée n’avait pas changé. Lorsque l’on propose des choses plus ou moins illégales, il est d’usage d’être sûr de soi et bien plus qu’à cent pour cent, afin de rassurer l’autre, de lui offrir un genre de sécurité dans l’inconnu, du cadre dans le chaos.
Looking at my years like a martyrdom
Everybody needs to be a part of 'em
Never be enough, I'm the prodigal son
I was born to run, I was born for this


Les bases étaient données. Nikolaï s’éclaircit à nouveau la gorge, se replace dans son fauteuil en regardant ses mains qui serraient le cuir lustré de son siège. « Cela étant dit, je n’ai besoins que de deux choses en retour.» ‘ Son regard se repose sur Jake, puis sur le vin qui tourne lentement dans le verre de son interlocuteur. « J’ai besoins de faire entrer deux caisses au Japon. Elles seront chargées par mes gars du port de Panala au moment du déchargement des vôtres avec elles aussi des tampons de refus pour atteinte du quota d’importation, au cas où quelqu’un déciderai de jeter un œil au cargo. »

Nikolaï se redresse, s’avançant dans son fauteuil à son tour. Décroisant les jambes il va à nouveau chercher une cigarette dans sa poche et y trouve également ce satané briquet. « Voilà, mon projet Mr. Keegan. Je peux devenir votre meilleur ami, si vous décidez vous aussi d’être le mien. » Sans poser de question il s’en allume une, tirant lentement dessus, attendant sagement une réponse de la part de Jake. Les volutes de fumées s’élève lentement dans la pièce, tendis que dans les yeux de Nikolaï s’allumait doucement mais surement un brasier.
Il avait volontairement omis de mentionner la deuxième chose.
Whip, whip
Run me like a racehorse
Pull me like a ripcord
Break me down and build me up

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MessageSujet: Re: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Ven 31 Aoû 2018 - 22:26


Jake suit le mouvement de son acolyte du coin de l'oeil, sans vraiment quitter son visage des yeux, trop absorbé par son étude. Il essaye de lui donner un âge, optant rapidement pour la trentaine. Il note l'élégance de tournure de phrase quand l'autre repend la parole, mais ne conserve par l'information au premier plan, logeant cette remarque dans un coin de sa tête pour laisser place au vif du sujet que cet homme se plaît visiblement à ménager. L'effet théâtrale qui accompagne chacune de ses phrases ennuie quelque peu le californien. La journée a été longue et tourner autour du pot a déjà été fait avant que le verre ne soit vide. L'histoire du tampon le raccroche à l'autre, qui fait naître en lui un premier intérêt. Il profite de l'échappée de son regard pour se redresser, buvant une nouvelle gorgée de son verre avant de le reposer à l'endroit exact où il était la minute auparavant. Il se laisse finalement aller dans le fond du fauteuil, plaçant sa cheville sur son genou opposé. Et au moment où ce Evans le regarde encore une fois, Jake passe ses doigts sur ses lèvres avant de finalement les y appuyer, phalanges repliées, attendant la suite avec une impatience qu'il montre maintenant. Histoire de faire accélérer les choses...

- Hum...

De son autre main, il fait distraitement un signe à l'autre de poursuivre, de plus en plus intrigué par le but de tout ce discours. A la question du retour, Jake reprend son verre et fait tourner le vin, avant d'en boire une autre gorgée, puis deux. Il pose sa main libre sur son genou plié et analyse la chose à mesure que son interlocuteur entre dans le vif du sujet. Il doit être bien sûr de lui, pour lui donner son plan de la sorte, mentionnant même les lieux. Même si un lieu ne donne ni l'heure, ni la date... Cela reste tout de même un risque, niveau réduction de la zone de recherches. Sur ce qui semble être la fin, Jake tend le bras vers la petite console derrière lui, attrapant un cendrier et le pose sur la table, avant de le pousser vers le blond.

Bien. Livrer son vin en Russie, sans avoir à se soucier de la douane et, en contre-partie, reprendre deux caisses sur son bateau pour le retour. C'était envisageable. La Russie n'était pas son plus gros client, surtout depuis que la viticulture avait repris ses droits au début des années 2000. Elle n'en restait, néanmoins, pas des moindres, puisqu'ils ne produisent que des vins de table. Il fallait donc combler le déficit, répondre à la demande. La question était de savoir ce que pouvait bien contenir ses caisses. Non pas que Jake déborde de moral, mais le trafic d'armes ou d'êtres humains ne le tentait pas vraiment. Il observe son verre de vin, continuant sa rapide réflexion. Face à l'assurance de ce type, ce ne pouvait être quelque chose d'aussi famélique. Il repose le verre, vide cette fois, sur la table et repose son pied au sol, s'enfonçant contre le dossier du fauteuil, posant à son tour ses bras sur les accoudoirs.

- Jake.

Il soutient le regard de Nikolaï, un sourire en coin.

- Monsieur Keegan, ce sont mes employés. Je ne pense pas que l'accord proposé fasse de l'un l'employé de l'autre.

Son sourire grandit. La déduction du contenu desdites caisses s'était faite naturellement. Et si elle s'avérait fausse, il continuerait de creuser, quitte à aller voir directement la marchandise.

- Mes bateaux ne font jamais le retour à vide. J'ai loue les cales pour diminuer le coût. Oublions l'histoire du tampon, cela ne ferait qu'éveiller les soupçons, finalement. La difficultés réside dans le fait d'aligner l'apparence de vos caisses avec celles qui seront chargées en Russie.

Il marque une pause, soulevant le problème, alors qu'il cherche une solution.

- Vos gars devront donc être un minimum en contact direct avec moi pour que je les renseigne au plus vite sur le loueur et qu'ils puissent s'équiper.

De nouveau, il passe ses doigts sur ses lèvres, pinçant rapidement l'inférieure. C'était également une façon de mettre du poids dans la balance. Puisqu'il n'avait toujours pas été mis au courant de la seconde demande. Il se lève, se dirigeant vers le bars pour prendre le décanteur. Lorsqu'il revient vers la table basse, il se penche au-dessus du meuble, pour resservir Nikolaï en premier, puis remplir son verre également. Il se rassoit en même temps qu'il pose l'objet sur le bois, reprenant sa première position, les coudes sur les genoux, mains jointes, doigts croisés. Il regagne son sourire et observe un instant son voisin, se vengeant du suspens dont il avait abusé précédemment.

- Etant donné que vos livraisons suivront le rythme de mes commandes, elles devront s'y aligner. Les demandes sont fluctuantes, je ne peux garantir un acheminement régulier.

Jake retrousse furtivement le nez, faussement navré.

- Et les junkies ne sont pas les clients les plus patients, si je ne m'abuse...

Il incline la tête sur le côté, son sourire s'élargissant.

- Associés.

Il se remet contre le dossier du fauteuil, narguant presque son interlocuteur.

- Ne mélangeons pas vie privée et vie professionnelle. Monsieur Evans.

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MessageSujet: Re: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Lun 10 Sep 2018 - 15:04

«  Jake »
Jake Keegan. Curieux, ce n’est absolument pas le prénom qu’il lui aurait donné. Niko pensait plus à.. John, voir James. Alors que l’américain se dévoile, Nikolaï ne sourit plus. Il est absolument hors de question que pour l’instant le russe lui donne son prénom. Effectivement, cette proposition relève plutôt de l’association que d’une relation amicale, mais ce que Jake ignore probablement, c’est que Nikolaï est capable de se débarrasser d’un ami de façon tout à fait définitive. Plus aucune émotion ne peut se lire sur le visage de Nikolaï, si ce n’est cette neutralité avec laquelle il a l’habitude de gérer ses affaires.  L’américain semblait -très- loin d’être stupide, si bien que le Russe continuait de le toiser. Il se doutait bien que celui-ci ait été capable de deviner le contenu des boites.
Le russe se tait, le feu dans ses yeux se calme, peu à peu. Il attend gentiment que Jake eut terminé de parler, ayant soulevé des points intéressants, certes, mais s’il y a bien quelque chose qui puisse irriter Nikolaï au point de sortir de ses gonds, c’est bien des changements de plans qui ne viennent pas de lui, ou de quelqu’un de moins expérimenté dans ce genre d’échange. Ayant écouté avec attention tout ce que Jake avait à dire, Nikolaï se permet d’objecter, sans aucun ton condescendant.
Il n’avait pas encore touché à son second verre.

« J’entends bien que la question des caisses puisse paraitre étrange. Seulement ces tampons de refus sont nécessaires pour les faire sortir de Russie sans que les autorités Russes puisse y mettre le nez. Tout ce qui n’est pas autorisé à entrer chez eux est intouchable, ils n’ont aucun droit de regard.» Sans rebondir sur la question des Junkies, Nikolaï continue de parler de façon claire et précise. «Ce n’est pas mon premier circuit d’acheminement. J’en ai tout le long des cotes Russes excepté ici pour livrer cette partie du Japon. Ce n’est pas sans risque, mais mon système fonctionne Mr Keegan. » Il reprend son souffle, fixant toujours Jake. Nikolaï en dévoile assez sans trop parler. « Je ne vous cache pas qu’il serait préférable que vous parliez Russe à la perfection et que mes gars ne sachent pas que je suis entrain de Dealer avec un Américain. Vous ne pourrez donc pas leur parler tout de suite. Ils ne traitent qu’avec moi. Il insiste fortement sur le ‘moi’[/i] mais vous saurez absolument tout ce qu’il y a à savoir, j’y veillerai personnellement. Après avoir insisté et bien articulé le dernier mot de la phrase, il hausse un bout de sourcil et reprend après une très courte pause. Il ne s’était pas rendu compte que sa main droite s’était mise à faire de petits mouvements de chef d’orchestre, suivant les variations de sa voix comme sur une partition. Concernant les livraisons, ce n’est pas un souci. Je m’adapte toujours et c’est bien pour ça que mes am..sociers font long feu. » enfin… Il prend à nouveau son verre, sirote lentement puis le repose.La seconde demande que j’aurai envers vous Mr Keegan, c’est de ne pas vous poser trop de questions. Mes clients sont ma préoccupation. Les acheteurs pour vos cargaisons seront les vôtres. Dès que je vous aurais transmis les coordonnées du port ainsi que les numéros de vos clients, toute votre partie commerciale ne me regarde plus et je ne m’y intéresserai absolument pas si vous faites de même avec mon business.

Il n’était pas question d’être désagréable ou prendre l’ascendant sur son interlocuteur. Non. Il était question de mettre en place un système qui fonctionne avec un américain dans la boucle. Il s’agissait d’implanter sa graine pourrie au Japon en partant de Keimoo. De là où l’on ne soupçonnerai pas qu’un professeur d’université puisse être à l’origine d’une activité aussi.. non-académique.  Il s’agissait de trouver un allier avec une société assez respectable et fleurissante pour passer inaperçu. Il s’agissait d’avoir Jake de son côté.

Somme toute, il ne s’agit que de deux caisses, mais je vous laisse réfléchir Mr Keegan. Je ne suis pas pressé. Il sourit, plissant légèrement les yeux. En revanche, je prendrai bien un autre verre, ainsi qu’une bouteille si vous me le permettez. Il sourit d’avantage, dévoilant un peu ses dents juste avant de terminer son verre d’une traite.[/color]

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MessageSujet: Re: La Loi Fondamentale de l'Echange Équivalant - JAKE KEEGAN - PV.   Dim 16 Sep 2018 - 20:01

Le ton avait changé. Soit Jake avait agacé son "associé", soit l'autre était du genre lunatique. Ce dernier était arrivé plutôt décontracté, sûr de lui et persuadé, sûrement, qu'il était tombé sur un gentil bonhomme qui lui dirait oui, sans trop poser de questions. Il semblait maintenant plus tendu, plus catégorique et moins enclin à la plaisanterie de courtoisie. C'est au tour du californien d'écouter l'inconnu avec attention. Quand l'autre lui parle du fait que la douane russe n'a pas le droit de fouiller les marchandises rejetées, Jake ouvre la bouche, près à renchérir, mais se ravise, se contentant d'écouter la suite. Toujours bien installé au fond de son fauteuil, il penche la tête sur le côté, posant son coude sur l'accoudoir et sa tempe sur son poing fermé. Ne pas se poser trop de questions ? Le blond sourit à cette demande, lâchant même un souffle plus bruyant.

Lui ? Ne pas se poser trop de questions ? Impossible. C'était bien toute la vie de Jake : se poser des questions et surtout en poser aux autres. Et quand bien même il accepterait, dans les faits, cette seconde condition, il serait tout aussi impossible pour cet étranger de s'en assurer. Rien que poser cette condition était un risque. Elle éveillait lesdites questions qu'il ne devait pas se poser. C'était trop en dire, sans en dire assez. Jake redresse la tête, tendant le bras vers la console où il avait pris le cendrier, ramenant à lui un paquet de cigarettes et un briquet. Sans reprendre la conversation, il sort une cigarette et la glisse entre ses lèvres. Il l'allume, détournant les yeux de son acolyte, reprenant le sourire qu'il avait abandonné le temps de sa manœuvre. Il entend les talons d'Amiri claquer dans le couloir. Elle a l'air pressée. Il lève la main, intimant l'ordre muet à l'autre de ne pas poursuivre son monologue. L'assistante toque à la porte et Jake l'invite à entrer, sans témoigner une seule seconde une sorte de malaise.

- Monsieur Keegan, pardonnez-moi de déranger votre entretien...

Politesse d'usage, que cette jeune femme manie à la perfection, puisqu'elle se contente d'un sourire poli et courtois envers l'Evans, là où d'autre l'aurait sûrement toiser avec un air interrogateur.

- Akihiko a validé le pointage physique. Il était navré du retard.

Elle marque une pause, demandant l'autorisation muette de quitter le seuil de la porte, pour s'avancer un peu, ce que Jake l'encourage à faire d'une inclinaison de la tête. Il en profite pour faire un signe de main vers l'étranger, le présentant à Amiri.

- Amiri, je vous présente Monsieur Evans.

Il tourne son regard vers l'autre et arque un sourcil.

- Monsieur Evans, Amiri, mon assistante. Très compétente et avec qui vous pourriez être amené à échanger également, si nous concluons notre affaire.

La jeune femme s'avance vers l'homme et se penche en avant, pour le saluer en suivant le protocole japonais : moyennement bas.

- Ravi de faire votre connaissance, Monsieur Evans. Je saurai me montrer professionnelle dans nos échanges, s'ils doivent avoir lieu.

Elle se tourne de nouveau vers Jake.

- Les ouvriers ont fini de décharger, tout est en ordre. Nous avons la quantité demandée en livraison. Aucune erreur, simplement la perte de la caisse d'où sont tombées les deux bouteilles. J'ai pris la liberté de retirer les quatre autres du quotat, pour qu'elles rejoignent votre bar.
- Très bien, Amiri. Je vais les récupérer. Vous pouvez prendre congé et rentrer chez vous, votre journée est terminée. Si vous pouvez vérifier que les issues sont bien verrouillées et enclencher l'alarme de l'entrepôt, je me chargerai de celle de l'étage quand nous aurons fini avec Monsieur Evans.
- Bien, Monsieur Keegan. Bonne soirée.

Elle se tourne de nouveau vers l'inconnu et s'incline une nouvelle fois.

- Monsieur Evans.

Sans attendre plus longtemps, elle tourne les talons et les fait de nouveau claquer, pour sortir du bureau, dans une démarche légèrement chaloupée, dont Jake ne perd pas une miette, sans pour autant se rincer l’œil. La porte refermée, il reporte toute son attention vers l'autre, posant sa cigarette dans le cendrier, pour se diriger à son tour vers la porte. Il l'ouvre et récupère le carton des bouteilles, refermant la porte du pied. Il pose le carton sur le bar et en saisit une qu'il apporte au russe, la tendant vers lui, côté étiquette.

- Que l'affaire se conclue ou non, elle est à vous.

Il se rassoit, reprenant la cigarette qu'il avait posée et la porte à ses lèvres.

- Donc... Reprenons.

Il laisse la fumée s'échapper de ses poumons et passe sa langue sur ses lèvres.

- Je vous fais confiance, concernant les douanes russes.

Il fait une moue avec sa bouche, témoignant simplement du fait que, si quelqu'un doit s'y connaître en lois russes, c'est bien lui.

- Pour ce qui est des douanes japonaises... Je crains qu'ils ne posent problème. Donc étiquette de refus pour l'autre continent, mais elles vont éveiller la curiosité des forces de l'ordre de celui-ci. Les deux options sont donc à associer. Je serai perdant à graisser la patte d'un corrompu, donc l'idée n'est pas envisageable.

Nouvelle taffe sur la clope et il l'écrase dans le cendrier, prenant soin de ne rien laisser de l'incandescence.

- Concernant Amiri, il est effectivement possible que vous traitiez parfois avec elle, puisque je peux être amené régulièrement à être en déplacements. Cependant, pour sa sécurité, elle ne doit rien savoir de votre commerce de drogues.

Il reprend son sourire, noyant son regard dans celui de son acolyte.

- Contrairement à moi, elle ne posera aucune question.

Implicitement, Jake décline la seconde demande.

- Comprenez que j'ai une curiosité insatiable. Je me poserai des questions, choses que vous ne pouvez contrôler. Et je vous poserai des questions, auxquelles vous gardez votre liberté de répondre ou non. Mais je me dois de vous avertir : ne pas étancher ma soif risquerait de me pousser à vous éjecter aussi facilement que vous semblez en capacité de le faire avec vos amis.

Il insiste sur le dernier mot, achevant cette tirade au cours de laquelle il n'a jamais perdu son sourire.

- Pour ce qui est de cette association, je résume vos conditions : faire entrer deux caisses, ou plus, au Japon, en utilisant mon commerce et que je ne me pose pas de questions. La première est acceptée, la seconde rejetée.

Nouveau temps de pause, durant lequel il finit son verre qu'il pose sur la console cette fois.

- Première question : à quelle entreprise dois-je associer la mienne ? J'ai des arrières à couvrir, je ne peux pas prendre n'importe quelle société écran dans mon circuit.

Il pose de nouveau son pied sur son genou, inclinant encore la tête pour poser sa tempe sur son poing. De loin, il entend les portes coulissantes des entrepôts se fermer et l'alarme s'enclencher, indiquant qu'ils sont maintenant seuls dans les locaux.

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