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 Little talk shots [Hisaka]

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AuteurMessage
Misuzu Watanabe
♣ Université - 1ère année
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Genre : Féminin Scorpion Buffle Age : 20
Adresse : À l'internat.
Compteur 127

KMO
                                   :

MessageSujet: Little talk shots [Hisaka]   Ven 13 Juil 2018 - 19:45


Il était déjà tard lorsque Misuzu tourna finalement la clé dans la serrure pour fermer la porte principale du musée après avoir salué les vigiles de nuit et leur avoir donné ses instructions. Elle alluma une cigarette et se mit en route, alors que le ciel était déjà sombre et la nuit installée depuis un moment déjà. Elle leva le nez un instant : avec la pollution lumineuse de la ville pleine de néons et de lampadaires, il était impossible de voir les étoiles, et des nuages commençaient déjà à s'accumuler dans le ciel. Elle soupira. Elle aurait parfois voulu vivre à la campagne et avoir un petit jardin près d’une rivière fraîche où elle pourrait se baigner l’été quand le temps était lourd et humide comme il l’était à cet instant. Vivre dans une sorte de Satoyama, c’était ce à quoi elle aspirait parfois. Exister dans un endroit où elle pourrait se rapprocher de la nature, et oublier tous les troubles qui l’habitaient. Peut être que dans un lieu pareil, elle pourrait laisser s’écouler toute la colère, la haine et la souffrance qui l’emplissaient. Elle pourrait s’allonger et laisser ruisseler tout ça dans la terre. Elle soupira, revenant au moment présent. Elle avait vraiment besoin de vacances, de toute urgence. Cela faisait presque sept ou huit ans qu’elle n’en avait pas pris. Certes, elle faisait comme tout le monde au Japon et ignorait les congés payés qu’elle pouvait avoir pour continuer à travailler d’arrache pied, mais cela ne lui réussissait pas si bien que ça. Peut être devrait elle accepter le prochain voyage entre conservateurs organisé par le ministère. Ou peut être devrait elle prendre quelques jours pour aller se reposer à la campagne. Si elle arrivait à laisser le musée quelques jours, elle devrait sérieusement songer à faire quelque chose comme ça.

Elle arrivait dorénavant dans le voisinage du bar où elle avait donné rendez vous à Hisaka, et il se mit à pleuvoir. Elle sortit son parapluie qu'elle plaça rapidement au dessus de sa tête. Dans l’après midi, elle lui avait envoyé l’adresse sur Line et ils avaient échangé deux-trois messages avant qu’elle ne se remette au travail. Quelque part, même si le revoir lui ne la troublait pas autant que d’avoir revu Satoshi, elle ne savait pas trop sur quel pied danser. Ils ne s’étaient pas séparés en très bons termes. Lorsqu’elle avait tenté de s’expliquer après avoir réussi à sortir la phrase fatidique, il s’était fermé comme une huitre et s’était presque enfui à toutes jambes, laissant la jeune fille seule. Elle avait pleuré beaucoup plus que ce à quoi elle s’attendait, réalisant qu’elle tenait à lui plus qu’elle ne l’avait pensé. À force, elle s’était attachée, et ne s’en était même pas rendu compte, obsédée qu’elle était par ses notes, le départ de Satoshi, le baseball, le travail. Elle avait étouffé ses sentiments dans l’œuf, mais ils s’étaient malgré tout développés, comme une plante courageuse qui aurait poussé dans la fissure d’un route goudronnée. Elle finit sa cigarette et l’écrasa du bout du pied sur le trottoir, avant de la pousser jusqu’au caniveau. En dix ans, le Japon n’avait même pas interdit la consommation de tabac, pour le grand malheur de ses poumons. Elle s’arrêta un instant et resta plantée là à considérer le mégot qui la dégoûtait. Sûrement que ses poumons étaient noirs, que tout l’intérieur de son corps était noir. Si on l’ouvrait en deux, il y aurait un nuage de poussière couleur charbon et ses organes auraient l’air d’être couverts de pétrole. La souillure qui l’habitait depuis des années aurait fait lentement pourrir les tissus internes, le cartilage, les os, sans qu’elle ne puisse rien y faire.

Un sifflement venant de l’autre côté de la rue la fit sursauter et revenir à la réalité. Trois jeunes aux cheveux bizarrement coupés et colorés l’interpellaient en gesticulant. Elle se détourna rapidement alors que les « compliments » fusaient dans sa direction, et accéléra. Elle commençait à être habituée, mais ça ne lui faisait pas moins froid dans le dos. À trente ans, les adolescents lui disaient souvent qu’elle n’était « pas mal pour son âge », et elle serrait les dents sans rien dire, ravalant sa fureur, trop effrayée par ce qui pourrait lui arriver si elle décidait de rétorquer. Et elle fit donc cela une nouvelle fois, les phalanges blanchies par la force avec laquelle elle serrait la lanière de son sac à main. Finalement, après une centaine de mètres, le bar était en vue. En se rapprochant, elle aperçu le jeune homme qui l’attendait, portant toujours la veste de baseball qu’elle lui avait offerte. Avec un peu de chance il n’était pas là depuis longtemps. Elle pressa le pas une nouvelle fois pour le rejoindre, et se planta face à lui, en lui souriant. « Rika-san, konbanwa. » Elle n’était pas sûre du suffixe à utiliser. « Désolée, j’espère que tu n’attends pas depuis trop longtemps ? » Elle jeta un œil à la porte du bar, essayant de voir à travers les vitres. « On rentre ? » Dit elle avec un nouveau sourire, un peu faux comme le premier. Elle avait encore dans un coin de la tête les questionnements qui tourbillonnaient et la colère et la peur qui tapissaient l’intérieur de son ventre, l’empêchant d’apprécier n’importe quelle situation autant qu’elle l’aurait voulu.
How can i go forward, when i don't know which way i'm facing?

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Dernière édition par Misuzu Watanabe le Ven 13 Juil 2018 - 23:41, édité 1 fois
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Hisaka Rika
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KMO
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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Ven 13 Juil 2018 - 23:26

Démarche nonchalante, une main dans la poche de ma veste de baseball et l’autre tenant un petit sac en plastique blanc recyclable, j’avance à mon rythme dans les rues du centre-ville juste après avoir déposé mon matériel de tournage et avoir prévenu ma sœur que je mangeais avec une vieille connaissance. J’avais hésité à me changer, mais je me suis ravisé en me disant que nous allions juste dans un bar et qu’il n’y avait pas de raison que je m’enferme dans une chemise. Pensif, je me dis que je n’aurais jamais imaginé retomber par hasard sur Misuzu dès le lendemain de mon arrivée, et j’aurais sans doute encore moins parié que nous dînerions ensemble le soir-même. Mais c’était le moment ou jamais de remettre les choses au clair entre nous, non ?

Il est un peu moins de vingt heures lorsque j’arrive devant le bar-restaurant dans lequel nous nous étions donné rendez-vous un peu plus tôt dans la journée. « Le Pab », qu’il s’appelle. Camouflé dans une ruelle du centre-ville, on aurait du mal à croire qu’il arrive à tourner tant il ne me paraît pas accessible à de la nouvelle clientèle, ou alors il faut être un peu curieux. Je jette un œil à droite, puis à gauche : pas de trace de Misuzu. Elle avait sûrement encore du travail à terminer avant de quitter son poste, être directrice d’un musée demande beaucoup de responsabilités après tout. Je suppose que je vais devoir l’attendre un peu, mais je vais quand même lui dire que je suis arrivé. D’une main, je coince mon sac entre mes cuisses et attrape mon téléphone pour lui envoyer un message sur Line.

Quelques personnes entrent dans l’établissement, me dévisageant au passage. Je me décale pour ne pas gêner l’entrée et décide de m’adosser contre le mur d’en face, fermer les yeux un moment et prendre une grande inspiration. Je dois avouer que je suis un peu nerveux de passer la soirée avec la jeune femme, pas spécialement parce que les rendez-vous en tête à tête me mettent toujours la pression, mais j’ai surtout la crainte de ne pas réussir à m’exprimer correctement, comme ce soir là où j’ai fui alors qu’elle voulait m’expliquer pourquoi elle ne voulait plus continuer notre relation. Ce n’est pas comme si je ne l’avais pas senti, ce n’est pas comme si elle ne m’avait pas envoyé plusieurs signaux auparavant, mais j’avais tout simplement été incapable de lui parler. Au fond, moi aussi je ne voulais plus que l’on se cache, je voulais qu’on officialise notre relation mais je n’avais pas su lui dire et lui montrer. A la place, j’ai préféré fuir et souffrir seul, parce qu’encore une fois j’ai été incapable de revenir sur mes actes. Je soupire et passe une main sur mon visage pour essuyer les quelques gouttes de pluie ruisselant le long de mon nez. Le problème avec tout ça, c’est que je ne sais absolument pas si elle avait ressenti la même douleur en me quittant. Si seulement je l’avais écoutée un peu plus longtemps, ce soir là.

Des claquements de talon me tirent de mes songes, et j’entrevois la silhouette de Misuzu venir à ma rencontre dans la pénombre. Je me reprends, me redresse et m’avance vers elle alors qu’elle m’interpelle, le sourire aux lèvres, une vague odeur de cigarette mêlée à de la lessive émanant de ses vêtements. Rika-san me dit-elle, me faisant froncer légèrement les sourcils.

« C’est très formel tout ça. Hisaka suffira. Ou Hisa-kun, comme tu veux. »

Comment m’appelait-elle déjà, à l’époque ? Hicchan me dit la voix dans ma tête, ou plutôt sa voir dans ma tête. Je souris tandis qu’elle me demande si je n’ai pas eu à l’attendre trop longtemps. Je secoue la tête alors que nous nous rapprochons un peu plus de l’entrée du bar.

« Dire le contraire serait malpoli de toute façon. Mais non, ça doit faire cinq ou six minutes peut-être, je ne sais plus. »

J’acquiesce d’un hochement de tête à la demande de rentrer de mon interlocutrice et lui tient la porte en marmonnant un « Après toi. » presque entièrement recouvert par les bruits de vaisselle et les discussions animées du bar. Au moins nous serons au sec, et à l’abri de l’humidité à l’intérieur. Je balaie la salle d’un coup d’œil alors qu’un réceptionniste s’avance pour nous accueillir. On ne peut pas dire que le restaurant soit plein, mais l’affluence est plutôt correcte pour un endroit aussi isolé dans le centre-ville.

« Une table pour deux, s’il-vous-plaît. »

Nous suivons machinalement l’homme vers une table libre et prenons place, chacun sur notre chaise, face à face. Je lui souris, un peu par conditionnement social, et saisis la carte que nous tends le serveur. Tandis que je parcours les menus et boissons disponibles sur la plaquette en carton, je jette des coups d’œil hésitant en direction du sac en plastique que j’ai posé entre mon ventre et la table. Est-ce que je devrais lui donner maintenant ? Ou est-ce que c’est peut-être trop soudain ? Je m’éclaircis la gorge.

« Ca fait bizarre de se retrouver ici, tous les deux. Je veux dire…c’était plutôt rare qu’on sorte dans des endroits comme ça, un bar ou…quoi que ce soit. »

De manière générale, je n’étais pas très à l’aise dans les endroits publics et même si Misuzu ne souffrait pas d’agoraphobie comme sa cousine, j’ai toutes les raisons de penser qu’elle préférait aussi les endroits un peu plus calmes, plus studieux.

« Je passais énormément de temps chez toi, quand j’y pense. C’était presque du squat. »

Je me gratte l’arrière de la tête et me laisse un peu aller contre le dossier de ma chaise. Je ne sais pas si c’est parce que j’y pense plus moi-même, mais j’ai l’impression qu’elle commence elle aussi à regarder plus fréquemment le paquet reposé sur mes jambes. Il ne me faudra que quelques secondes de lutte intérieure supplémentaire pour finalement le prendre et le poser devant elle.

« Enfin, du coup…comme on travaillait beaucoup chez toi, il y a hm…des affaires qu’on échangeait et j’ai retrouvé un carnet à dessin à toi dans mon sac après être euh…parti. Je ne l’ai pas chez moi, du coup, il est chez mes parents, mais en me baladant en ville j’ai vu une boutique et ils en vendaient donc hm…voilà. »

Ma longue explication se termine et j’ai l’impression de revenir dix ans plus tôt. Je ne suis pas sûr d’avoir rougi, mais plus j’avançais dans mon monologue, plus je me suis senti ridicule. Bien sûr, je n’avais pas retrouvé que son carnet à dessins chez moi, mais c’est probablement ce qui m’a le plus marqué, car c’était probablement l’objet que je lui associais le plus. Du coin de l’œil, j’observe le carnet dont la couverture est ornée par des dessins de carpes baignant dans l’eau. Avant que la trentenaire ne puisse dire quoi que ce soit, le serveur revient vers nous et me délivre du silence pour nous demander si nous avons choisi. Ne connaissant aucun des plats de la carte, j’avais décidé d’en prendre un totalement au hasard.

« Je vais prendre des Varenyky et…du vin ? »

Je relève les yeux vers Misuzu et cherche son accord. Ne buvant pas vraiment d’alcool, je préfère laisser cette décision à la jeune femme.

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