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 Little talk shots [Hisaka]

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Misuzu Watanabe
♣ Université - 1ère année
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MessageSujet: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyVen 13 Juil 2018 - 19:45


Il était déjà tard lorsque Misuzu tourna finalement la clé dans la serrure pour fermer la porte principale du musée après avoir salué les vigiles de nuit et leur avoir donné ses instructions. Elle alluma une cigarette et se mit en route, alors que le ciel était déjà sombre et la nuit installée depuis un moment déjà. Elle leva le nez un instant : avec la pollution lumineuse de la ville pleine de néons et de lampadaires, il était impossible de voir les étoiles, et des nuages commençaient déjà à s'accumuler dans le ciel. Elle soupira. Elle aurait parfois voulu vivre à la campagne et avoir un petit jardin près d’une rivière fraîche où elle pourrait se baigner l’été quand le temps était lourd et humide comme il l’était à cet instant. Vivre dans une sorte de Satoyama, c’était ce à quoi elle aspirait parfois. Exister dans un endroit où elle pourrait se rapprocher de la nature, et oublier tous les troubles qui l’habitaient. Peut être que dans un lieu pareil, elle pourrait laisser s’écouler toute la colère, la haine et la souffrance qui l’emplissaient. Elle pourrait s’allonger et laisser ruisseler tout ça dans la terre. Elle soupira, revenant au moment présent. Elle avait vraiment besoin de vacances, de toute urgence. Cela faisait presque sept ou huit ans qu’elle n’en avait pas pris. Certes, elle faisait comme tout le monde au Japon et ignorait les congés payés qu’elle pouvait avoir pour continuer à travailler d’arrache pied, mais cela ne lui réussissait pas si bien que ça. Peut être devrait elle accepter le prochain voyage entre conservateurs organisé par le ministère. Ou peut être devrait elle prendre quelques jours pour aller se reposer à la campagne. Si elle arrivait à laisser le musée quelques jours, elle devrait sérieusement songer à faire quelque chose comme ça.

Elle arrivait dorénavant dans le voisinage du bar où elle avait donné rendez vous à Hisaka, et il se mit à pleuvoir. Elle sortit son parapluie qu'elle plaça rapidement au dessus de sa tête. Dans l’après midi, elle lui avait envoyé l’adresse sur Line et ils avaient échangé deux-trois messages avant qu’elle ne se remette au travail. Quelque part, même si le revoir lui ne la troublait pas autant que d’avoir revu Satoshi, elle ne savait pas trop sur quel pied danser. Ils ne s’étaient pas séparés en très bons termes. Lorsqu’elle avait tenté de s’expliquer après avoir réussi à sortir la phrase fatidique, il s’était fermé comme une huitre et s’était presque enfui à toutes jambes, laissant la jeune fille seule. Elle avait pleuré beaucoup plus que ce à quoi elle s’attendait, réalisant qu’elle tenait à lui plus qu’elle ne l’avait pensé. À force, elle s’était attachée, et ne s’en était même pas rendu compte, obsédée qu’elle était par ses notes, le départ de Satoshi, le baseball, le travail. Elle avait étouffé ses sentiments dans l’œuf, mais ils s’étaient malgré tout développés, comme une plante courageuse qui aurait poussé dans la fissure d’un route goudronnée. Elle finit sa cigarette et l’écrasa du bout du pied sur le trottoir, avant de la pousser jusqu’au caniveau. En dix ans, le Japon n’avait même pas interdit la consommation de tabac, pour le grand malheur de ses poumons. Elle s’arrêta un instant et resta plantée là à considérer le mégot qui la dégoûtait. Sûrement que ses poumons étaient noirs, que tout l’intérieur de son corps était noir. Si on l’ouvrait en deux, il y aurait un nuage de poussière couleur charbon et ses organes auraient l’air d’être couverts de pétrole. La souillure qui l’habitait depuis des années aurait fait lentement pourrir les tissus internes, le cartilage, les os, sans qu’elle ne puisse rien y faire.

Un sifflement venant de l’autre côté de la rue la fit sursauter et revenir à la réalité. Trois jeunes aux cheveux bizarrement coupés et colorés l’interpellaient en gesticulant. Elle se détourna rapidement alors que les « compliments » fusaient dans sa direction, et accéléra. Elle commençait à être habituée, mais ça ne lui faisait pas moins froid dans le dos. À trente ans, les adolescents lui disaient souvent qu’elle n’était « pas mal pour son âge », et elle serrait les dents sans rien dire, ravalant sa fureur, trop effrayée par ce qui pourrait lui arriver si elle décidait de rétorquer. Et elle fit donc cela une nouvelle fois, les phalanges blanchies par la force avec laquelle elle serrait la lanière de son sac à main. Finalement, après une centaine de mètres, le bar était en vue. En se rapprochant, elle aperçu le jeune homme qui l’attendait, portant toujours la veste de baseball qu’elle lui avait offerte. Avec un peu de chance il n’était pas là depuis longtemps. Elle pressa le pas une nouvelle fois pour le rejoindre, et se planta face à lui, en lui souriant. « Rika-san, konbanwa. » Elle n’était pas sûre du suffixe à utiliser. « Désolée, j’espère que tu n’attends pas depuis trop longtemps ? » Elle jeta un œil à la porte du bar, essayant de voir à travers les vitres. « On rentre ? » Dit elle avec un nouveau sourire, un peu faux comme le premier. Elle avait encore dans un coin de la tête les questionnements qui tourbillonnaient et la colère et la peur qui tapissaient l’intérieur de son ventre, l’empêchant d’apprécier n’importe quelle situation autant qu’elle l’aurait voulu.
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Dernière édition par Misuzu Watanabe le Ven 13 Juil 2018 - 23:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyVen 13 Juil 2018 - 23:26

Démarche nonchalante, une main dans la poche de ma veste de baseball et l’autre tenant un petit sac en plastique blanc recyclable, j’avance à mon rythme dans les rues du centre-ville juste après avoir déposé mon matériel de tournage et avoir prévenu ma sœur que je mangeais avec une vieille connaissance. J’avais hésité à me changer, mais je me suis ravisé en me disant que nous allions juste dans un bar et qu’il n’y avait pas de raison que je m’enferme dans une chemise. Pensif, je me dis que je n’aurais jamais imaginé retomber par hasard sur Misuzu dès le lendemain de mon arrivée, et j’aurais sans doute encore moins parié que nous dînerions ensemble le soir-même. Mais c’était le moment ou jamais de remettre les choses au clair entre nous, non ?

Il est un peu moins de vingt heures lorsque j’arrive devant le bar-restaurant dans lequel nous nous étions donné rendez-vous un peu plus tôt dans la journée. « Le Pab », qu’il s’appelle. Camouflé dans une ruelle du centre-ville, on aurait du mal à croire qu’il arrive à tourner tant il ne me paraît pas accessible à de la nouvelle clientèle, ou alors il faut être un peu curieux. Je jette un œil à droite, puis à gauche : pas de trace de Misuzu. Elle avait sûrement encore du travail à terminer avant de quitter son poste, être directrice d’un musée demande beaucoup de responsabilités après tout. Je suppose que je vais devoir l’attendre un peu, mais je vais quand même lui dire que je suis arrivé. D’une main, je coince mon sac entre mes cuisses et attrape mon téléphone pour lui envoyer un message sur Line.

Quelques personnes entrent dans l’établissement, me dévisageant au passage. Je me décale pour ne pas gêner l’entrée et décide de m’adosser contre le mur d’en face, fermer les yeux un moment et prendre une grande inspiration. Je dois avouer que je suis un peu nerveux de passer la soirée avec la jeune femme, pas spécialement parce que les rendez-vous en tête à tête me mettent toujours la pression, mais j’ai surtout la crainte de ne pas réussir à m’exprimer correctement, comme ce soir là où j’ai fui alors qu’elle voulait m’expliquer pourquoi elle ne voulait plus continuer notre relation. Ce n’est pas comme si je ne l’avais pas senti, ce n’est pas comme si elle ne m’avait pas envoyé plusieurs signaux auparavant, mais j’avais tout simplement été incapable de lui parler. Au fond, moi aussi je ne voulais plus que l’on se cache, je voulais qu’on officialise notre relation mais je n’avais pas su lui dire et lui montrer. A la place, j’ai préféré fuir et souffrir seul, parce qu’encore une fois j’ai été incapable de revenir sur mes actes. Je soupire et passe une main sur mon visage pour essuyer les quelques gouttes de pluie ruisselant le long de mon nez. Le problème avec tout ça, c’est que je ne sais absolument pas si elle avait ressenti la même douleur en me quittant. Si seulement je l’avais écoutée un peu plus longtemps, ce soir là.

Des claquements de talon me tirent de mes songes, et j’entrevois la silhouette de Misuzu venir à ma rencontre dans la pénombre. Je me reprends, me redresse et m’avance vers elle alors qu’elle m’interpelle, le sourire aux lèvres, une vague odeur de cigarette mêlée à de la lessive émanant de ses vêtements. Rika-san me dit-elle, me faisant froncer légèrement les sourcils.

« C’est très formel tout ça. Hisaka suffira. Ou Hisa-kun, comme tu veux. »

Comment m’appelait-elle déjà, à l’époque ? Hicchan me dit la voix dans ma tête, ou plutôt sa voir dans ma tête. Je souris tandis qu’elle me demande si je n’ai pas eu à l’attendre trop longtemps. Je secoue la tête alors que nous nous rapprochons un peu plus de l’entrée du bar.

« Dire le contraire serait malpoli de toute façon. Mais non, ça doit faire cinq ou six minutes peut-être, je ne sais plus. »

J’acquiesce d’un hochement de tête à la demande de rentrer de mon interlocutrice et lui tient la porte en marmonnant un « Après toi. » presque entièrement recouvert par les bruits de vaisselle et les discussions animées du bar. Au moins nous serons au sec, et à l’abri de l’humidité à l’intérieur. Je balaie la salle d’un coup d’œil alors qu’un réceptionniste s’avance pour nous accueillir. On ne peut pas dire que le restaurant soit plein, mais l’affluence est plutôt correcte pour un endroit aussi isolé dans le centre-ville.

« Une table pour deux, s’il-vous-plaît. »

Nous suivons machinalement l’homme vers une table libre et prenons place, chacun sur notre chaise, face à face. Je lui souris, un peu par conditionnement social, et saisis la carte que nous tends le serveur. Tandis que je parcours les menus et boissons disponibles sur la plaquette en carton, je jette des coups d’œil hésitant en direction du sac en plastique que j’ai posé entre mon ventre et la table. Est-ce que je devrais lui donner maintenant ? Ou est-ce que c’est peut-être trop soudain ? Je m’éclaircis la gorge.

« Ca fait bizarre de se retrouver ici, tous les deux. Je veux dire…c’était plutôt rare qu’on sorte dans des endroits comme ça, un bar ou…quoi que ce soit. »

De manière générale, je n’étais pas très à l’aise dans les endroits publics et même si Misuzu ne souffrait pas d’agoraphobie comme sa cousine, j’ai toutes les raisons de penser qu’elle préférait aussi les endroits un peu plus calmes, plus studieux.

« Je passais énormément de temps chez toi, quand j’y pense. C’était presque du squat. »

Je me gratte l’arrière de la tête et me laisse un peu aller contre le dossier de ma chaise. Je ne sais pas si c’est parce que j’y pense plus moi-même, mais j’ai l’impression qu’elle commence elle aussi à regarder plus fréquemment le paquet reposé sur mes jambes. Il ne me faudra que quelques secondes de lutte intérieure supplémentaire pour finalement le prendre et le poser devant elle.

« Enfin, du coup…comme on travaillait beaucoup chez toi, il y a hm…des affaires qu’on échangeait et j’ai retrouvé un carnet à dessin à toi dans mon sac après être euh…parti. Je ne l’ai pas chez moi, du coup, il est chez mes parents, mais en me baladant en ville j’ai vu une boutique et ils en vendaient donc hm…voilà. »

Ma longue explication se termine et j’ai l’impression de revenir dix ans plus tôt. Je ne suis pas sûr d’avoir rougi, mais plus j’avançais dans mon monologue, plus je me suis senti ridicule. Bien sûr, je n’avais pas retrouvé que son carnet à dessins chez moi, mais c’est probablement ce qui m’a le plus marqué, car c’était probablement l’objet que je lui associais le plus. Du coin de l’œil, j’observe le carnet dont la couverture est ornée par des dessins de carpes baignant dans l’eau. Avant que la trentenaire ne puisse dire quoi que ce soit, le serveur revient vers nous et me délivre du silence pour nous demander si nous avons choisi. Ne connaissant aucun des plats de la carte, j’avais décidé d’en prendre un totalement au hasard.

« Je vais prendre des Varenyky et…du vin ? »

Je relève les yeux vers Misuzu et cherche son accord. Ne buvant pas vraiment d’alcool, je préfère laisser cette décision à la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyMar 23 Avr 2019 - 23:07


Hisa-kun. Ça allait être difficile de se remettre à l’appeler comme ça près de dix ans après. Mais après tout, elle pouvait toujours essayer. Fut une époque ou elle n’avait aucun mal à donner des surnoms affectueux aux gens. Les choses avaient bien changé depuis. Elle se contenta de hocher la tête et de sourire, un sourire fatigué mais néanmoins plus sincère que ceux qu’elle pouvait faire d’habitude. Après un simple « Hn. » pour signifier qu’elle l’avait entendu, elle entra dans le bar à l’invitation du jeune homme. A l’intérieur, il y avait du bruit, des conversations, des brouhaha, des verres qui s’entrechoquaient, etc. Après qu’Hisaka ait demandé une table, ils suivirent tous deux d’un pas un peu mécanique le serveur qui les amenait vers leur table, et s’assirent. Il avait une attitude un peu étrange, comme quelqu’un qui cherche à faire des cachoteries, mais avant qu’elle ne le questionne, il prit la parole. « Ça fait bizarre de se retrouver ici, tous les deux. Je veux dire… C’était plutôt rare qu’on sorte dans des endroits comme ça, un bar ou… quoi que ce soit. » Bizarre, certainement. Mais aussi, plutôt agréable, en fait. Les jambes repliées sous sa chaise, Misuzu avait une attitude un peu raide qui se détendit automatiquement alors qu’elle souriait à sa remarque. Leur fameuse histoire secrète. En y repensant avec la maturité qu’elle avait maintenant, c’était un peu ridicule. Ça ne faisait de mal à personne, qu’ils se voient… Mais bon. Le passé, c’était le passé.

Elle plissa légèrement les yeux, souriant sans montrer ses dents. « Je passais énormément de temps chez toi, quand j’y pense. C’était presque du squat, » continuait-il, et alors qu’il se laissait aller contre le dossier de sa chaise, elle pencha légèrement la tête vers l’avant, détendant un peu les muscles de son cou, et dit d’une voix aussi douce que l’ambiance sonore le permettait : « Ça me dérangeait pas. Tu sais bien. » Elle rit un peu lorsqu’il évoqua tout le travail qu’ils abattaient, mais se reconcentra ensuite, ouvrant un peu plus les yeux. Ah, oui. Un carnet. Ceux qui lui restaient avaient quasiment tous brûlé dans l’incendie de son appartement quelques mois plus tôt, et il ne devait lui en rester que quelques uns de l’époque du lycée chez ses parents, qu’elle n’avait pas encore enlevés. Finalement, ici à Keimoo il ne lui en restait qu’un. Elle ne put s’empêcher de se sentir un peu triste. Elle ne pensait pas, jusqu’alors, que dessiner lui manquait. Mais maintenant qu’elle y pensait… Elle passait sa vie enfermée dans la routine, sans aucun moyen créatif de faire travailler son cerveau. Elle baissa les yeux sur le carnet, et l’ouvrit sans rien dire, passant le bout du doigt sur le papier. Il semblait d’excellente qualité.  Hisaka semblait à peine l’observer du coin de l’œil, comme s’il était gêné, sans rien dire.

Avant qu’elle n’ait le temps de le remercier ou quoi que ce soit d’autre, le serveur revint. Hisaka commanda en premier. « Je vais prendre des Varenyky et… du vin ? » Elle leva les yeux vers lui et réalisa qu’il semblait chercher une sorte d’approbation. Elle fronça légèrement les sourcils. « Peut être plutôt de la vodka ? » Elle pointa du doigt un endroit sur la carte. « Celle-ci, aux baies de Sibérie, vous pourriez nous en amener une carafe ? Si ça te va ? » Il haussa les épaules. « Comme tu voudras. Je n’ai encore jamais bu de vodka, j’espère que ça me fera voyager. » Misuzu sourit. « T’inquiète pas pour ça. » Elle releva la tête vers le serveur. « Donc une carafe de vodka aux baies de sibérie, et des pierogi pour moi. » Il prit note, récapitula et disparut de leur vue. Hisaka ne semblait pas savoir par où commencer, aussi la jeune femme prit la parole en premier. « Merci. Pour le carnet. Il est super bien. » Il marmonna un « pas de quoi » à peine audible, manifestement très embarrassé, faisant mine de regarder la carte des boissons… alors qu’ils venaient de commander. Elle hésita un peu. « Je ne dessine plus beaucoup, mais c’est peut être l’occasion de m’y remettre. »

Elle eut un sourire légèrement triste. Ce cadeau la touchait énormément, parce qu’il lui faisait aussi réaliser tout ce qu’elle avait abandonné parmi les choses qu’elle aimait faire étant plus jeune. Il sembla d’abord surpris mais se resaissit rapidement. « J’imagine que la gestion du musé ne te laisse plus beaucoup de temps pour toi. Ça fait combien de temps que tu y travailles déjà ? » Il marqua une pause. « À l’époque, tu ne te séparais de ton carnet que pour aller jouer au baseball… Ou manger. Et encore. » Il sourit avec nostalgie et soupira pendant que Misuzu sentait son cœur se serrait. C’était vraiment une autre époque. « Le musée… Ça fait six ans que j’y travaille environ. J’aimerais dire que c’est la seule raison pour laquelle je ne dessine plus… Mais honnêtement, je n’ai plus l’énergie ni l’inspiration. Il s’est passé beaucoup de choses, vraiment beaucoup de choses après que tu sois parti. » Elle se ressaisit l’espace d’un instant. Pourquoi lui racontait-elle tout ça ? Peut être parce qu’elle se sentait à l’aise avec lui. C’était l’une des rares personnes avec qui elle avait été totalement elle même, à un moment de sa vie. Le serveur revint, déposant la carafe de vodka rougeâtre dans un seau rempli de glace avec deux petits verres ainsi que de quoi grignoter. Misuzu se saisit de la carafe, et remplit le verre d’Hisaka et le sien, avant de la reposer et de lever ce fameux verre. « Kampai. » Déclara-t-elle d’une voix qui se voulait enjouée.
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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyMer 24 Avr 2019 - 20:48

Je me laisse guider par Misuzu dans le choix de la boisson, ne sachant de toute façon pas à quoi m’attendre en terme de boisson alcoolisée. Il faut dire que je ne suis pas un grand buveur. Notre commande prise, le serveur retourne au comptoir, nous laissant de nouveau seuls, dans notre océan de questions que nous n’osons pas encore nous poser. Une fois de plus, la jeune femme prend les devants et me remercie pour le carnet. Je marmonne quelques mots en retour, embarrassé comme le dernier des adolescents offrant du chocolat à une fille pendant le white day. J’ai beau faire semblant de m’intéresser à la carte des boissons, et ce alors que nous venons de commander, je sais que Misuzu a grillé mon comportement, alors je cesse. Lorsque je relève les yeux vers elle, elle semble hésiter à me parler de quelque chose, j’attends poliment qu’elle prenne la parole, ne voulant pas la couper dans son élan.

Elle m’avoue qu’elle ne dessine plus beaucoup. Je suis d’abord un peu surpris. Misuzu qui avait une pile de carnets à dessins sur le bureau de sa chambre universitaire, sur sa table basse et même par terre…elle ne dessine plus ? Je finis par rationnaliser, en me disant que ce sont les nouvelles responsabilités de la vie d’adulte qui ont engendré ce changement, un peu comme moi qui ai délaissé le gaming sur ma chaîne de live, au profit des voyages. Cependant, je ne peux qu’avoir un sourire nostalgique quand je repense à toute l’énergie que Misuzu mettait dans tout ce qu’elle entreprenait. Que ce soit le dessin, le baseball, ou même notre relation.

« Le musée…Ca fait 6 ans que j’y travaille environ. J’aimerais dire que c’est la seule raison pour laquelle je ne dessine plus. »

Mon sourire s’efface lentement alors que je comprends que la discussion prend un tournant beaucoup plus sérieux. Il s’est passé beaucoup de choses depuis mon départ me dit-elle doucement. Je sens mon cœur se resserrer dans ma poitrine : j’aimerais lui demander ce qu’il s’est passé, mais il me semble également que ce n’est ni le moment, ni l’endroit opportun pour faire émerger des souvenirs douloureux de sa vie. Soucieux, mais maladroit, je ne peux lui apporter tout le réconfort qu’elle mérite sans doute.

« Je vois. J’imagine oui, qu’il s’en est passé des choses. »

Sur la fin, je sens une boule dans ma gorge, comme si elle m’empêchait de continuer de parler. Un moment de silence prend place entre nous, je joins mes deux mains et entrelace mes doigts. Avant que mes oreilles ne commencent à siffler à cause du brouhaha ambiant, je réussis à me reprendre.

« Mais…si ça va mieux maintenant, tu as peut-être juste besoin d’une muse pour te remettre dans le bain. »

A vrai dire, je ne peux avoir la certitude que les choses se soient arrangées pour Misuzu, mais je préfère tenter d'apporter une note positive à la conversation plutôt que de commencer à la faire pleurer. Je lui souris, avec l’espoir d’avoir un peu détendu l’atmosphère, mais elle ne ri qu’après avoir baissé la tête. Avant que je ne puisse ajouter quoi que ce soit, je vois le serveur revenir vers nous dans mon champ de vision périphérique, une carafe rougeâtre trônant dans un seau de glace dans une main, apéritifs dans l’autre. Il ne faudra que quelques secondes à Misuzu pour nous servir tous les deux. « Kampai ! » dit-elle, l’air enjoué. Nous trinquons, à ses futurs dessins, à mes futurs voyages.
Je bois une première gorgée et l’effet est immédiat. Je suis au départ soulagé par la fraîcheur, mais bientôt c’est la force de l’alcool qui m’irrite la gorge. Je laisse échapper un rire nerveux alors que Misuzu sirote tranquillement sa boisson.

« Wow, ça arrache. Il y a vraiment des gens qui boivent ça tous les jours ? »

Je me ventile la bouche d’un geste de main agréablement inefficace alors que la jeune femme se met à rire à son tour. « C’est sûr que c’est assez fort…Mais c’est des endroits où il fait très froid ! Il faut se réchauffer ! ». Je lève la tête, l’air pensif, en essayant de m’imaginer boire cette chose alors que les températures sont basses.

« Il faut donner ça aux gars des FJD quand ils dorment dehors en plein hiver ! Ou peut-être pas, ça semble une mauvaise idée. »

Parler des forces d’autodéfense me rappelle soudainement la discussion que nous avons eu dans le bureau de la responsable du musée de Keimoo, quelques heures auparavant. Un point en particulier : le cas de leur ancien ami commun. N’ayant pas eu l’occasion de prendre des nouvelles tout à l’heure, je me lance sans trop réfléchir.

« D’ailleurs en parlant de ça. Tu m’as dit que tu avais revu Satoshi, enfin vu qu’il s’est réinstallé à Keimoo, tout ça… »

Je reprends au passage une (plus petite cette fois) gorgée de vodka, le temps de formuler la suite de la phrase, ne sachant pas exactement par où commencer tant j’avais de choses à lui demander.

« Il va bien ? »

Misuzu hausse les épaules, je penche la tête sur le côté, en attendant les explications qui ne tardent pas à arriver. «  Je suppose. Je l’ai juste croisé. Il était …». Je fronce les sourcils. Elle n’avait pas dit qu’il était revenu depuis des années ? Le fait qu’ils se soient simplement croisés me paraît plutôt étrange. Est-ce qu’il s’est passé quelque chose entre eux dont je n’ai pas connaissance ?

«  …Bizarre. Il était gentil, tout ça. C’est juste … les circonstances étaient bizarres. »

Je dois avouer ne pas comprendre du tout ce qu’elle essaie de me communiquer. La question que je lui avais posée semblait pourtant simple, mais la réponse de la trentenaire, ainsi que le silence qui la suit, ne laisse-t-elle pas sous-entendre qu’ils ont entretenu une relation plus qu’amicale et qu’elle n’ose pas me le révéler ? Confus et désireux d’en savoir plus, je décide de l’interroger.

« Tu lui as dit, c’est ça ? »

Comprenant que je ne suis moi non plus pas très clair sur l’information que je souhaite obtenir, je m’empresse de rajouter.

« Tu lui as dit que tu l’aimes ? »

Machinalement, je porte le verre à mes lèvres pour en vider le contenu, comme si j’espérais quelque part que l’alcool me protégerait de la vérité. C’est drôle, ces mots, j’ai l’impression de les avoir déjà prononcés…dans une autre vie, ou il y a dix ans, peut-être, alors que nous courions tous les deux après une vision idéalisée de l’amour.



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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyMer 24 Avr 2019 - 23:32


Misuzu réfléchissait à comment raconter l’entrevue qu’elle avait eue avec Satoshi, et porta son verre à sa bouche pour siroter un peu plus de Vodka. Hisaka semblait curieux. « Tu lui as dit, c’est ça ? » La jeune femme n’était pas sûre de comprendre. Elle fronça légèrement les sourcils tout en prenant une gorgée d’alcool, alors qu’il précisait. « Tu lui as dit que tu l’aimes ? » Elle s’étouffa presque avec sa boisson, reposa maladroitement son verre et fut prise d’une quinte de toux, se cachant derrière sa main pour essayer de reprendre contenance, mais elle mit une bonne minute à s’en remettre. « Eh ?? » S’exclama-t-elle. C’était vraiment une question à laquelle elle ne s’était pas attendue. « Non, non, je lui ai pas dit ça, je… Ça faisait dix ans qu’on s’était pas vus. » Sous entendu, ça n’aurait aucun sens de lui dire une telle chose comme ça venue de nulle part une décennie après. Et puis, avec tout ce qui s’était passé, tout ce qui lui était arrivé… Le jeune homme semblait un peu perdu devant sa réaction. « Ah ? Je sais pas. La manière dont tu en parlais m’a fait croire qu’il y avait quelque chose entre vous. » Il prit l’un des concombres marinés placés dans l’assiette qui reposait entre eux et le grignota, ses yeux descendant sur sa main comme pour constater l’absence d’alliance.

La japonaise secoua la tête, un peu penaude. « Non, non… Je ne lui ai rien dit de tout ça. C’était il y a longtemps. » Est-ce qu'elle l'aimait encore? C'était difficile à dire. Impossible, même. Peut être que le revoir pourrait l'aider à y voir plus clair dans tout cela. Elle hésita un peu avant de continuer avec un léger soupir. « Non… Il n’y a personne. » Il détourna le regard, comme gêné d’avoir été aussi frontal. « Je vois. Désolé d’avoir demandé, » souffla-t-il, avant de s’éclaircir la gorge.  « C'est rien » marmonna-t-elle de manière à peine audible. Il y eut un silence de quelques secondes alors que Misuzu réalisait qu’il avait, effectivement, été plutôt indiscret. Même si elle comprenait sa curiosité, et qu’elle hésitait à lui demander si lui avait quelqu’un dans sa vie. Il n’avait pas d’alliance, mais ça ne voulait rien dire. « Et Naoko, tu la vois encore ? » demanda-t-il, une expression nostalgique sur son visage. Cette fois ci, Misuzu hocha la tête avec un léger sourire. Elle avait parfaitement conscience des sentiments qu’il avait nourri pour sa cousine pendant un bon bout de temps. « Oui. Nous nous sommes beaucoup rapprochées, en fait. J’ai même vécu avec elle un temps. Le malheur a au moins ça de bon, je suppose. » Elle s’interrompit, regrettant immédiatement ce qu’elle venait de dire. Elle ne tenait surtout pas à avoir l’air de mendier de la pitié ou du réconfort. Elle était adulte. Elle gérait les problèmes seule. Gênée, elle massa un peu l’un de ses poignets maigres. Il aurait fallu qu’elle se nourrisse mieux, qu’elle dorme plus, qu’elle se remplume un peu. Mais elle n’avait pas le temps.

Il ouvrit la bouche, puis la referma comme s’il avait compris quelque chose. Peut être qu’il ignorait énormément de choses sur ce qui s’était passé, plus qu’il ne le pensait. « On dirait que les temps ont été durs à Keimoo. » Misuzu ne répondit pas, et se rembrunit légèrement. Elle n'était pas sûre de vouloir en parler. Il jeta un coup d’œil à son smartphone, scrolla quelques instants avant de s’arrêter. « Sur Instagram, j’ai vu… Le mec avec qui elle sortait à l’époque. Il est connu maintenant. » Ah, oui, Haruhiko. Là aussi les choses avaient été… compliquées, pour le moins. Hisaka sourit, la tirant de ses pensées. « Pas autant que moi, ceci dit. » Elle eut un sourire un peu narquois. « Ça va, prends pas la grosse tête. » Elle réfléchit un instant, reprenant une expression plus sérieuse. « Tu as songé à la revoir ? Réessayer ? Parfois il faut se laisser une deuxième chance, tu ne crois pas ? » Malgré la fin de leur relation plutôt douloureuse, elle gardait un bon souvenir d’Hisaka. Et il semblait, en plus, avoir plutôt évolué dans le bon sens. Elle reprit une gorgée de vodka, finissant son verre. Vraiment, elle ne pourrait que souhaiter à sa cousine de trouver quelqu’un comme ça. Pour elle, c’était foutu, de toute façon.

Il haussa les épaules. « Non. Je pense que c’est trop tard pour ça. » Elle hocha la tête. Elle avait un peu les mêmes doutes concernant Satoshi. « Enfin, je ne serais pas contre lui rendre visite, mais pour le reste… » Il ne finit pas sa phrase, et elle hocha une fois de plus la tête avec un « Hn. » compréhensif. « Regarde nous déjà. Quelque part, c’est comme si on réapprenait à se connaître. » Effectivement, elle ne pouvait qu'être d'accord avec lui. Mais ça lui faisait moins peur que ça aurait pu. Peut être parce que, mine de rien, ils avaient été particulièrement proches. Il prit un nouveau concombre et semblait parti pour boire, mais son verre était vide. Il saisit la bouteille, se resservit, et jeta un œil au verre de Misuzu. « Je te ressers aussi ? » Elle le tendit pour toute réponse, et une fois la vodka dans le verre elle but une plus grande gorgée cette fois. Ce n’était certainement pas sain, mais ça faisait du bien. Ça changeait les idées. Elle n’avait pas vraiment peur de ce qui pouvait arriver lorsqu’elle buvait. Elle avala sa gorgée et reporta son regard sur le jeune homme. « Tu as l’avantage de partir avec  un a priori positif. La plupart des souvenirs que j’ai avec toi sont de bons souvenirs. De très bons souvenirs, en fait. » Possiblement, il lui était arrivé de repenser à certaines des choses qu’ils avaient fait ensemble, plus tard, lorsqu’elle était triste. Avoir des bons souvenirs auxquels se raccrocher, c’était important, mine de rien.
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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyJeu 25 Avr 2019 - 22:10

Il semblerait finalement que nous soyons tous les deux toujours au point mort sentimentalement. Dix ans plus tôt, nos conversations tournaient déjà autour de Satoshi et Naoko. Et ce soir ne fera pas exception à la règle, bien qu’il semble que nous ayons tous les deux bien fait le deuil d’un hypothétique futur avec eux.
De la main droite, je saisis la carafe fraîche afin de remplir mon verre. Je propose de faire de même avec le sien, ce qu’elle accepte volontiers. Elle prend une longue gorgée, le temps que je repose le contenant et suive le mouvement. D’une oreille attentive, je l’écoute me parler des souvenirs que nous avons eu ensemble. Il y a eu du très bon dans notre relation, me dit-elle. Je souris et hoche la tête, me replongeant dans des mémoires que je pensais avoir enfouies.

« Mh. Des bons souvenirs comme mes gamelles au baseball, quand j’essayais de rattraper tes balles ? »

Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis jeter à terre, tendant désespérément le bras sans jamais réussir à toucher la sphère blanche fusant dans un mouvement rectiligne. Dans ces moments là, j’aurais pu douter de la gravité, tant elle semblait ignorer les forces physiques qui s’appliquaient sur elle. Misuzu semble être plutôt réceptive à ce souvenir, du moins cela aura eu le mérite de la faire rire. Du coin de l’œil, je l’observe remettre en place une mèche de cheveux derrière son visage. « Par exemple, oui.  » dit-elle finalement.
Mes iris se posent sur mon verre, désormais plein au trois quart, l’air pensif.

« Je dois t’avouer que plus aucune femme ne m’aura fait faire de sport après. »

J’attrape ma boisson et fait tourner mon verre dans ma paume. Après avoir réalisé un tour complet de cette manière, je porte le récipient à mes lèvres et sirote, avec moins d’empressement que je n’en avais lors de ma première gorgée. Finalement, la sensation de grattoir dans ma gorge a presque disparue, et je peux pleinement apprécier l’arôme de l’alcool. « Peut-être parce qu’elles ne t’ont pas forcé en te criant dessus j’imagine.  »
Misuzu se désaltère à son tour. J’ai au fond de moi une mauvaise intuition par rapport à cette déclaration, mais je tente de ne rien laisser paraître et me contente de hausser les épaules.

« J’étais presque toujours consentant.  »

Une douce odeur envahit mes narines alors que ce pan de notre conversation touche à sa fin. Je tourne légèrement la tête et aperçoit le serveur, de retour avec nos plats, qui ressemblent tous les deux à des assiettes de gros raviolis. Réflexe pavlovien : je salive. Heureusement pour mon impatience, il ne faudra attendre que quelques secondes supplémentaires pour que nous soyons servis. J’attends que l’employé ait tourné les talons pour officialiser le début du repas, en français.

« Bon appétit.  »

Elle me répond à son tour, dans la même langue, mais avec un accent assez fort : l’accent d’une personne qui n’avait pas pratiqué depuis longtemps. Je ne peux pas la blâmer, mes derniers cours de français datant du lycée.
Je l’observe vider son verre, le deuxième de cette soirée. En attendant que la vapeur se dissipe un peu au dessus de mon assiette, je relance la conversation en évoquant mon hypothétique future destination.

« Tu penses que je pourrais aller en France pour mon prochain vlog ? Je connais déjà deux mots ! »

Je laisse échapper un rire moqueur envers moi-même, avant de prendre la fourchette mise à ma disposition. N’ayant pas vraiment l’habitude de manger avec cet ustensile, je l’examine d’un œil attentif, cherchant à comprendre en quoi elle peut se montrer plus ergonomique que des baguettes. Après un instant d’hésitation, je décide de couper court à cette réflexion, et d’entamer le plat que j’ai commandé.

« Tu me ramèneras un souvenir ! La dernière fois que j’ai quitté le Japon, c’était il y a six ans, juste avant de commencer à travailler au musée.  »

La jeune femme se ressert un nouveau verre de vodka. Du coin de l’œil, je remarque que la carafe commence à bien se vider. Tandis que Misuzu commence à manger à son tour, je lui réponds entre deux bouchées.

« Je t’enverrai une photo dédicacée de moi devant Notre Dame.  »

Le ton que j’emploie est léger, presque taquin, rappelant la brève conversation que nous avons eu tout à l’heure sur ma célébrité. De son côté, la gérante du musée hoche la tête, et me répond que je devrais prendre la photo depuis le toit. Je souris, et reprend une bouchée de ma nourriture. Le premier Varenyky englouti, je souffle et pose ma main sur mon ventre, imitant le geste du massage. L’heure du debriefing a sonné.

« C’est super bon, mais un peu bourratif. »

A son tour, Misuzu se laisse aller contre son dossier et attrape son verre. Elle aussi trouve ça un peu lourd. C’est un euphémisme, me dis-je avant de réattaquer mon plat. Il me faudra cependant tasser tout ça avec de la boisson. Maintenant que j’ai le ventre plein, j’éprouve moins de réticences à vider mon verre.

«  On fait un échange ? Un varenyky contre un…pioregi ? Enfin, un de tes trucs.  »

En attendant sa réponse, je reprends un verre, grimaçant intérieurement en pensant à mon foie demain matin, ainsi qu’aux rumeurs sur la gueule de bois des trentenaires. Cela ne suffit cependant pas à m’arrêter, laissant la cruche quasi-vide après m’être servi.

« Il va peut-être falloir recommander… Tu avais raison, c’était un bon accompagnement. Je te fais confiance pour la suite.  »

Mais malgré tout, il commence un peu à faire chaud dans ce restaurant. Je laisse tomber ma veste sur le dossier de ma chaise, alors que je l’avais gardée sur les épaules depuis que nous sommes entrés. Désormais en t-shirt, j’ai l’air un peu ridicule à côté d’elle.

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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyDim 28 Avr 2019 - 15:52


C’était là qu’elle remarquait qu’elle ne mangeait plus autant qu’à une époque, loin de là. Après deux pierogi et un tranche de concombre, elle n’en pouvait déjà presque plus, et se rabattit sur son verre de vodka une nouvelle fois. Hisaka proposa de faire du troc, un varenyky contre un pierogi, et elle hocha la tête, saisissant sa fourchette pour déposer l’un de ses pierogi dans son assiette alors qu’il proposait de commander une nouvelle carafe. À eux deux, mine de rien, ils avaient bu plutôt vite. Elle hocha la tête. « On peut reprendre une autre carafe si tu veux. » C’était certainement tout sauf raisonnable. Ce qu’elle avait déjà bu commençait à lui monter à la tête. Il procéda également à l’échange de son côté avant de parler. « On pourrait en essayer une autre peut être. » Il attrapa la carte des boissons et plissa les yeux pour lire. « Il y en a à la pomme. Tu aimes bien ? » Elle piqua dans le varenyky avec sa fourchette, et joua un peu avec. « La pomme ? Bof. Y’a quoi d’autre ? » Demanda-t-elle. Il se gratta la tête et sourit. « C’est vrai que c’est plutôt Satoshi qui buvait tout le temps son eau à la pomme. » Elle hocha pensivement la tête. « Je me demande s’il en boit toujours. » Effectivement, elle l’avait souvent vu avec la fameuse boisson aromatisée entre les mains.

Hisaka posa son index sur la carte pour parcourir la liste des vodkas. « Apparemment la plus populaire du restau c’est celle au miel. »  « Va pour miel alors, » répondit-elle. « Ça ira bien avec le dessert, si on a la place d’en prendre un. » Ce qui, dans son cas, était loin d’être sûr. Il posa la carte. « La Misuzu que je connais n’aurait jamais dit non à un dessert. » Il reprit sa fourchette et goûta le pierogi, puis un serveur passa par là et Hisaka l’apercevant, il l’interpella d’un signe de main. « On va vous prendre une carafe de vodka au miel, » déclara-t-il et le jeune homme disparut à nouveau entre les tables. La trentenaire secoua la tête, avec un sourire un peu embué par l’alcool. « La Misuzu que tu connais mangeait des vrais repas, » dit elle d’une voix neutre. « Ha ? Ne me dis pas que tu manges les repas en poudre, là, » s’inquiéta-t-il. Des repas en poudre ? Si, ça lui arrivait d’en manger. Ça, des nouilles, un peu tout ce qui mettait moins de trois minutes à se préparer, en fait. Il vida son verre et poussa un sourire satisfait. D’une main, il attrapa le pichet au contenu rougeâtre et le plaça entre eux. Puis, il se mit à rire. « T’es aussi rouge que la vodka. » Misuzu songea d’abord à s’offusquer, mais le rire vint d’abord. Elle se retint d’abord, puis se mit à rigoler franchement, lui retournant le compliment. « Tu peux parler ! T’as le bronzage du soir ! »

Il se mit à rire avec elle et quelques regards s’égarèrent sur eux, sans que ni l’un ni l’autre n’y fassent vraiment attention. Hisaka répartit la vodka restante entre leurs deux verres, arrivant environ à la moitié. Il eut un air pensif l’espace d’un instant. « Ah, j’espère que j’arriverai à rentrer après ce qu’on a bu. » Il se tut un instant, pour manger une bouchée, et reprit. « Je sais plus si je te l’ai dit. J’ai loué un appart avec ma sœur et ma nièce. Pas loin du konbini où Satoshi travaillait à l’époque. » Il ne lui avait pas dit. Misuzu qui avait continué à rire distraitement, fut interpellée. Elle se demanda un instant si le konbini était encore là où il était à l’époque. C’était étrange. Les choses avaient tellement changé en dix ans. Le serveur apparut, interrompant sa réflexion, et remplaça la cruche vide par l’autre. Elle réalisa aussi que Hisaka aurait peut être voulu passer plus de temps avec sa famille. « Oh ! Tu es là avec ta sœur et ta nièce ? Je suis désolée de t’avoir empêché de passer la soirée avec elles… Elles auraient pu venir, si tu voulais… » D’un autre côté, elle préférait passer du temps juste avec lui, comme à l’époque. Il hocha la tête. « T’inquiètes. Ça ne les dérange pas. » Il eut très léger hoquet qui donna à la jeune femme envie de sourire. Elle finit son verre pendant qu’il lui reposait une question. « Et toi, tu habites où maintenant ? À part au musée ? » La jeune conservatrice rit un peu, mais fit aussi un son légèrement désapprobateur comme un genre de « ara-ara » en agitant sa main devant son visage. « J’ai un appartement, figure toi. Enfin plus ou moins une maison. À Hiryuu. » Il se laissa aller contre le dossier de sa chaise, son assiette à présent vide. « Ah ! Quand tu te sortiras la tête du travail, on devrait prendre le thé avec… » Il eut un nouveau hoquet. « Non avec personne en fait. » Il se massa les tempes en riant, et elle s’autorisa à rire également. L’alcool lui montait à la tête et elle sentait sa vision se troubler légèrement, elle avait envie de rire pour rien. Elle avait également un peu chaud. Néanmoins, son regard glissa sur la carafe et elle s’en saisit un peu maladroitement pour re-remplir son verre. Ce n’était peut être pas la meilleure idée, mais bon, après tout, elle pouvait bien s’amuser un peu. « On peut très bien prendre un thé juste tous les deux, » proposa-t-elle. « Et puis faudrait que je te montre mon appartement aussi. » Elle n’était pas exactement sûre de pourquoi elle disait ça. À part la plante que lui avait offerte Naoko, il n’y avait pas grand chose d’intéressant dans cet appartement, malgré la beauté du bâtiment. Elle tendit la carafe vers lui pour lui proposer de remplir son verre.  
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MessageSujet: Re: Little talk shots [Hisaka]   Little talk shots [Hisaka] EmptyLun 6 Mai 2019 - 21:02

La tête appuyée contre la paume de la main, je regarde la jeune femme se servir un premier verre de vodka au miel, puis tendre la carafe en ma direction pour me proposer de me servir. Je me demande si le sucre prend le dessus sur le goût d’alcool. Afin de vérifier au plus vite par moi-même, je m’empresse de vider mon propre verre, contenant encore la boisson aux baies de Sibérie. Je retiens le hoquet dans la gorge afin de ne pas recracher le liquide par les narines. Ce sera un succès pour cette fois. Quand je relève les yeux sur mon verre, je constate qu’il s’est rempli, comme par magie.
Je l’écoute alors répondre à mon auto-invitation à prendre le thé chez elle, rien que tous les deux. Un sourire nostalgique se trace sur mes lèvres. Entre deux bouchées, je lance un « Comme un bon vieux temps. » en faisant allusion à nos années à la fac. Je réalise alors que je suis presque arrivé au bout de mon plat. Finalement, il n’y aura peut-être pas besoin de doggy bag. « Tu me diras quand tu es dispo. »
Et je ne résisterai pas plus longtemps au hoquet, bien que je le sente s’affaiblir. Je profite de reprendre un peu d’air pour continuer la discussion à propos de son appartement. « Il y a des choses intéressantes à voir dans ton appartement ? ». Elle hausse les épaules, puis répond que le bâtiment est intéressant. Je laisse échapper un petit rire avant de me replonger dans la boisson. La vodka a beau être rafraîchissante sur le coup, je n’en suis pas moins affecté par la sensation de chaud. Ayant déjà enlevé ma veste, il ne me reste rien d’autre à faire que de souffler, la chaleur commençant à me monter à la tête sans que cela soit encore trop douloureux. On verra bien demain matin.

«  Il commence à faire chaud ici. Tu me tiendrais compagnie pour une balade ? »

Je plante ma fourchette dans le dernier varenyky et prends un air victorieux. Je réalise également que je lui ai proposé une balade nocturne sans savoir si elle avait envie de poursuivre le repas. Je me reprends aussitôt.

«  Sauf si tu veux un dessert avant.  »

Mes iris se posent sur son visage rougi par la chaleur, puis vers ses lèvres qui se courbent légèrement pour la faire sourire. Je le connais bien, ce sourire. « Honnêtement j’ai déjà bien trop mangé. Alors ce sera avec plaisir. »
Je me laisse aller un instant sur ma chaise, puis me redresse machinalement, me rappelant que nous sommes dans un lieu public. Mon regard se tourne ensuite en direction de la carafe, encore bien trop pleine pour l’abandonner. Il serait pourtant plus raisonnable de le faire, pourtant mes gestes prouveront le contraire. De l’index, je pointe le contenant, affichant un sourire mi-amusé, mi fatigué.

«  On doit finir ça avant. Tu es prête ? »

Mes doigts attrapent la carafe et fait glisser le liquide jusqu’à ce que mon verre soit plein. Entre temps, je l’ai vue hocher la tête à ma question, signe qu’elle approuve ma requête irresponsable. Arrivera-t-on encore à marcher après tout ça ? Elle me tend son verre, je la sers, et nous continuons de la sorte encore bien trop de fois. Les verres s’enchaînent et je ne parviens plus à tenir le compte, mais nous vidons le récipient, difficilement. Nous voyant dans un état pré-lamentable, le serveur décide de venir à notre rescousse et nous propose un dessert, sans doute pour nous permettre d’éponger l’alcool avec un gâteau. Je refuse d’un signe de tête, le ventre déjà trop rempli par ce que nous avons ingurgité ici. Avec l’énergie qu’il me reste, je trouve la force de lui demander l’addition qu’il nous apporte quelques minutes plus tard.

Au moment de payer nous échangeons un regard, ne sachant pas trop dans quel type de relation nous sommes pour régler la question. «  Séparément ? » ai-je demandé dans un élan de lucidité. Elle secoue la tête, clamant m’inviter. Un peu embarrassé, je me gratte l’arrière du crâne et tente une autre approche, même si je sais que Misuzu a toujours été assez obstinée pour ne pas changer d’avis sur les histoires de paiement. « Mais tu m’invites déjà pour le thé… » ai-je déclaré en fuyant le regard du serveur qui nous fixe, silencieusement, en attendant qu’une décision soit prise.
Comme je l’avais prévu, elle fait mine de ne pas m’entendre et tend sa carte, réitérant son invitation. Sous la pression sociale, soit le regard du serveur, je finis par abandonner et la laisser payer. Le temps qu’elle s’attèle au règlement de la note, je décide de me lever en me massant le ventre. Une fois debout, je réalise que j’ai le tournis. Ma vision est encore claire, mais c’est sans doute une question de temps. J’éprouve quelques difficultés à mettre ma veste, mais personne ne remarque quoi que ce soit. Enfin, je crois.
Une bouffée de chaleur m’envahit alors que je fais mes premiers pas. Les voix autour de moi deviennent confuses, mais je parviens à garder ma démarche droite. Vite, de l’air, me dis-je en attrapant la poignée de porte comme si je saisissais une bouée en pleine noyade.
La fraîcheur et l’odeur de la pluie calment presque instantanément mes maux, mais je préfère encore m’adosser contre la porte pour l’attendre, conservant mon sens de l’équilibre pour tout à l’heure. Je souffle, m’étire le dos et inspire l’air froid. Il ne lui faudra que quelques secondes de plus pour me rejoindre. Une fois dehors, c’est l’imprévu qui nous tend les bras. N’ayant plus été à Keimoo depuis plusieurs années, j’ai du mal à savoir quels coins sont encore fréquentables à cette heure. Jugeant qu’elle connaît mieux les environs que moi, je m’en remets à sa décision.

« On va où ? Tout mais pas Bougu.  »

Dis-je, amer, en me rappelant vaguement des mauvais souvenirs qui ont pu y avoir lieu.

« J’ai pas spécialement envie de me faire poignarder de toute façon. »

J’éclate de rire à cette remarque, bien que ce ne soit objectivement pas drôle du tout.

« Si tu veux on a qu’à aller en direction de chez moi. J’habite à Hiryuu. Et comme ça, si t’as l’énergie, t’auras qu’à venir prendre le thé directement. »

Elle semble à deux doigts de rire alors que je n’ai encore rien dit. Ses joues sont rouges, ses yeux brillants et ses cheveux légèrement ébouriffés, ce qui n’est pas sans me rappeler la Misuzu d’autre fois, après que nos après-midis studieuses aient soudainement pris un autre tournant.

« C’est pas une mauvaise idée. »

Nous commençons à marcher sous la pluie fine, à peine perceptible à la lumière des lampadaires éclairant la rue, ou peut-être est-ce parce que je m’attarde trop longtemps à l’observer défaire sa queue de cheval, puis tenter de la refaire, avant d’abandonner. Je laisse échapper un petit « Hn. » moqueur alors que nous avançons côte à côte, silencieusement au début. Il y a tant de choses que je souhaitais lui dire en début d’après-midi, lorsque nous chemins se sont recroisés, et pourtant maintenant qu’elle est là, c’est comme si je n’arrivais pas à lui dire tout ce que j’avais sur le cœur.  
Plusieurs secondes ou minutes s’écoulent sans que je ne parvienne à retrouver le fil de notre conversation. Les mots m’échappent, mais les actions que j’ai à faire me paraissent limpides. Doucement, mais plutôt naturellement, nous finissons par nous rapprocher, au point que finalement, sa main finisse dans la mienne.

« Je sais bien qu’il pleut, mais tu vas me perdre si on continue d’aller aussi vite. »

Une excuse parmi tant d’autres, pour tenter de justifier un acte en état d’ébriété.

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