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 Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]

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Viggo Nyström

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MessageSujet: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Ven 22 Juin 2018 - 0:41

« Agence Sakutaro. » C’est ce qui était inscrit avec une adresse ainsi qu’un numéro de téléphone sur le petit papier cartonné que lui avait laissé Naoko Tanaka, la propriétaire du café où il s’était restauré la veille, après l’enterrement de Takeshi. Il se pinça l’arrête du nez avec son pouce et son index, même encore aujourd’hui, il avait du mal à imaginer que le bonhomme était parti… Non, il n’était pas parti : il avait été pris et il ne reviendrait plus jamais.

La police avait gardé son cadavre pendant cinq jours, le temps de l’inspecter, puis on lui avait rendu pour l’incinération. Il y avait ensuite eu cette période de quarante neuf jours durant laquelle les cendres devaient reposer chez un proche. Viggo dormait encore chez lui, le jour où il s’était fait descendre. Il avait donc loué l’appartement pour la durée du rituel tout en cherchant un autre pour quand il serait enterré. Le suédois n’avait jamais été trop porté sur la religion, mais il avait insisté pour que Takeshi puisse être enterré proprement. Et puis il s’était dit qu’il aurait aimé profiter d’une certaine manière de son appartement avant d’être enterré six pieds sous terre pour de bon.

Il s’était dit qu’il attendrait au moins l’enterrement avant de faire quelque chose, afin de laisser du temps à la police, au cas où il y aurait du nouveau. Mais nous étions le lendemain de la dernière cérémonie. Il était dix huit heures passé et il n’avait aucune nouvelle, pas de suspect, pas d’empreintes, rien et à en juger la manière dont l’officier de police qui avait reçu son témoignage avait l’air désintéressé, il en conclut qu’il n’aurait jamais de réponses sur ce qui s’était passé il y a maintenant deux mois. C’était donc à lui de prendre les choses en main.

Seul problème, il n’avait aucune connaissance en termes d’enquête et avait donc cherché quelqu’un qui pourrait l’aider. Lorsque Naoko lui avait donné le carton, la veille, il n’avait pas tilté. C’est seulement en arrivant dans sa chambre d’hôtel qu’il se souvint : Satoshi Sakutaro. C’était lui qui l’avait initié aux arts martiaux, dix ans plus tôt après son arrivée à Keimoo. Il se souvint de leur discussion sur le tatami, le goût de l’eau sucrée à la pomme ainsi que de l’averse, le jour où ils s’étaient rencontrés. Après, ils s’étaient rarement croisé en deux ans à cause de leurs horaires différents au dojo et ne se parlaient jamais très longtemps, quand ils se voyaient. Ils avaient fini par se perdre de vue, après que Viggo ait quitté Keimoo pour l’Allemagne. Néanmoins, il n’avait pas gardé de mauvais souvenir de ce japonais au tempérament calme et aux cheveux blonds, expert en arts martiaux. Peut être serait-il content qu’il avait poursuivi ce sport, entre temps…

Il était donc devenu avocat, à la suite de ses études de droit ? Viggo avait d’abord été sceptique à l’idée de se tourner vers l’avocat, mais Naoko lui avait comprendre qu’il ne se limitait pas qu’à cette activité, alors autant aller le voir, non ? Au mieux, il pourrait peut être faire en sorte que justice soit rendue et au pire, cela lui permettrait de revoir une vieille connaissance qu’il avait pratiquement oublié.

Le suédois rangea la carte dans la poche intérieure de sa veste puis sorti de sa Saab qu’il avait garé juste au pied de l’immeuble et s’approcha de l’entrée. C’est en voyant la plaque « Agence Sakutaro – Avocat », qu’il comprit qu’il était au bon endroit. Alors qu’il arrivait devant la porte en verre devant l’entrée, Viggo aperçut son reflet sur la vitre et s’arrêta dans son élan : il portait un costume bleu marine avec une cravate bordeaux maintenue par une pince sombre. A ses pieds, ses chaussures marrons foncées qu’il venait de cirer s’accordaient avec la couleur de sa ceinture. Il pouvait encore entendre la voix de sa mère lui annoncer « Tu es tout beau, mon chéri ! », son père lui dire « Tu as vraiment l’air d’un professionnel » et sa sœur ricaner « Ah là, elles vont toutes tomber comme des mouches ! ». C’était son père qui lui avait appris à faire ses nœuds de cravate, lorsqu’il avait encore du mal à les faire tout seul. Il lui avait appris à toujours faire propre sur soi afin de faire bonne figure, par politesse pour les rendez-vous d’ordre professionnel.

Viggo avait gardé cette habitude de s’habiller de la sorte pour les rendez-vous, comme avec ses anciens patrons d’écurie, en Formule 1 ou lors de ses examens oraux, à l’université. A vrai dire, s’il portait surtout de temps en temps des costumes, c’était parce que c’était l’un des seuls moyens de se rapprocher de son père. Il avait parfois la sensation de le voir, lorsqu’il croisait son reflet dans une vitre, lui qui était toujours impeccablement habillé.

L’albinos laissa échapper un long soupir : il n’y avait plus que lui maintenant. Lui et ses cicatrices encore visibles après deux mois, sur sa lèvre supérieure et sous son œil gauche, les traces d’une blessure extérieure profonde qui l’était encore plus à l’intérieur. Viggo entra dans l’immeuble et remonta la cage d’escalier avant de s’arrêter devant la porte du bureau. Il se demanda si Satoshi le reconnaitrait : après tout, il avait probablement changé en dix ans, à commencer par sa coiffure, qu’il gardait désormais plus court et coiffée proprement, notamment lors de ses rendez-vous. Les cicatrices étaient loin de l’avoir défiguré et c’était probablement sa démarche qui contrastait le plus avant son lui d’avant qui se tenait souvent penché en avant, les mains dans les poches. Aujourd’hui, il se tenait droit, ce qui mettait beaucoup plus en avant sa silhouette élancée et avançait avec la même démarche que lorsqu’il se dirigeait vers sa voiture, sur les circuits, avec calme et détermination mêlée à une forme d’élégance presque féline.

L’homme réajusta le nœud de sa cravate et posa sa respiration. Puis il toqua doucement à la porte du bureau. Après un instant, il posa la main sur la poignée avant de pousser la porte et de pénétrer dans le bureau à pas feutrés.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Ven 22 Juin 2018 - 17:10

J'étais assis au milieu de la pièce, au milieu d'une grande couverture bleue sur laquelle était étalé mes deux armes que j'avais ramené de mes années militaires. Mon glock 17 était séparés en quatre parties, de sorte de pouvoir le nettoyer efficacement. J’étais justement en train de passer un coup de chiffon sur le ressort, afin de ne pas avoir de mauvaise surprise si j'avais besoin de m'en servir. Je n'avais pas tiré une balle depuis que j'étais revenu en ville, mais il valait mieux faire attention. Et puis j'avais ma licence, mon port d'arme, et mon grade. Si jamais ca tournait mal, je n'avais aucun doute sur le fait que je pouvais rendre un malheureux incidents invisible avec l'aide de deux ou trois relations a Tokyo.

A coté de mon arme de poing, un FN 2000 attendait son tour pour être passé au nettoyage. Je l'avais récupéré après une action commune avec une unité Belges sur le territoire. Un entraînement. C’était un cadeau et je l'avais gardé discrètement. Seul quelqu'un de mes supérieurs étaient au courant que j'avais gardé ça, et c’était tant mieux. C’était facile a transporté, quand c’était démonté, pas très lourd, compact. Bref, une arme parfaite pour moi. Mais je n'étais encore jamais sortis en ville avec ça. J'avais faillis, une fois, a la bibliothèque, mais il y avait bien trop de civil la bas ce jour la.

J'entendais le crissement de la poignée que l'on baissait, et levait la tête dans cette direction. Je sautais sur mes jambes, rabattant la couverture par dessus le matériel. Vêtu uniquement d'un sort pour traîner chez moi, torse et pied nu, je devais avoir l'air de sortir du lit. Mais j'aimais bien cette tenue pour traîner chez moi. Je m'étirais un peu, en poussant le tout dans un coin de la pièce du pied, juste a temps pour voir la porte s'ouvrir.

- Hi hi Domo.

L'homme qui fit son apparition était tiré a quatre épingles. Je le connaissais de nom, et de visage, mais j'avais surtout entendu parlé de lui, ou plutôt, du garage ou il travaillait, ces dernières semaines. Il y avait souvent de sales histoires, mais la sienne semblait sur le haut du tas. Je n'avais pas vraiment lu tout ce qu'il était arrivé, mais il était évident qu'il ne venait pas me voir pour dire bonjour. Le parallèle avec Hibari-san me vint en tête. Trois jours plus tôt, le PDG était également venu me voir. J'allais avoir du boulot. Je m'appuyais contre le bureau en souriant :

- Nyström-san, quel bon vent vous amene ?

Je lui souriais légèrement, en inclinant la tête, puis avouais avec un air un peu désolé :

- En vérité je m'attendais a votre visite. Mais il y a de cela plus d'un mois. Je m'étais dis que vous aviez laché l'affaire, alors c'est vrai que vote visite n’était pas vraiment sur mon planning. Entrez donc, faite comme chez vous. Laissez moi une seconde, nous serons mieux en haut pour discuter.


Je lui désignais l'escalier, avant de prendre la couverture remplit des composants de mes armes, montant a l'étage derrière lui. La porte etait ouverte sur le salon, et je lui désignais le canapé.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Ven 22 Juin 2018 - 20:35

Lorsqu’il entra dans la pièce, Viggo se demanda s’il ne s’était pas trompé d’étage pendant un instant car le seul homme présent dans la pièce n’était vêtu que d’un short qui dévoilait la musculature ne pouvait appartenir qu’à quelqu’un qui avait pratiqué de l’activité intensive. Mais ce sont ses cheveux blonds sur son visage d’asiatiques qui dissipèrent les doutes : il s’agissait bien de Sakutaro Satoshi, le jeune homme qu’il avait connu il y a dix ans. Il avait vieilli, comme tout le monde et gardait désormais ses cheveux courts… Tout comme lui, en fait. Chose étonnante, il le reconnut immédiatement en l’appelant « Nyström-san ». Ce n’était pas mauvais signe, il ne vieillissait pas plus que tout le monde, c’était déjà ça. Il commença en s’exprimant dans un japonais qui sonnait naturel lorsqu’il parlait :

« -Sakutaro-san, commença-t-il en lui rendant le sourire avec un peu de gêne. Je… J’arrive au moment ? fit-il en penchant la tête sur le côté »

Il s’avança un peu en fronçant les sourcils. Peut être aurait-il mieux fait de prendre rendez-vous. Mais à vrai dire, il avait il préférait venir directement afin de voir s’il pouvait faire confiance au freelancer et prendre rendez-vous avec lui pour une autre fois s’il n’avait pas le temps tout de suite. Néanmoins, les explications de Satoshi le surprirent et cela se ressentit dans sa voix, visiblement assez troublée par la nouvelle :

« -Vous m’attendiez ? »

Et il n’avait pas pris rendez-vous… La propriétaire du café l’avait-elle prévenu ? C’était possible, après tout puisqu’elle le connaissait personnellement. En revanche, Viggo se sentit beaucoup moins à l’aise quand l’homme en short déclara qu’il l’attendait il y a plus d’un mois de cela et cela monta encore un peu lorsqu’il lui avoua qu’il pensé qu’il avait « lâché l’affaire ». Comment pouvait-il être au courant ? Avait-il des contacts à la police ? Cela ne serait pas étonnant, il tenait un cabinet d’avocat, après tout. Avec sa célébrité, lorsqu’il était encore sur les circuits, il s’était habitué à ce que les gens sachent des choses sur lui alors qu’il ne les avaient jamais rencontrés. Mais lorsqu’il s’agissait d’une affaire de cette importance, celui lui procurait la désagréable sensation d’avoir été espionné, peut être même depuis qu’il avait posé les pieds dans Keimoo.

« -D’accord…»

Il monta l’escalier, comme lui avait indiqué le japonais pour rejoindre le salon. Satoshi était juste derrière lui, une couverture bleue dans laquelle il semblait y transporter quelque chose. Du matériel d’entrainement, comme dans le temps, lorsqu’il était au dojo, peut être ? Il n’en savait rien et pour être honnête avec lui-même, il ne préférait pas savoir, pour l’instant. Cela lui faisait bizarre de se vouvoyer de nouveau avec Satoshi, quand ils se tutoyaient, à l’époque. Enfin, ils n’avaient jamais été les meilleurs amis du monde et cela faisait des années qu’ils avaient perdu tout contact. Ce n’était pas vraiment étonnant qu’il ait décidé de réadopter le vouvoiement. Après tout, il était devenu un professionnel qui tenait son propre bureau, alors il devait sûrement se comporter de la sorte. Cela ne lui posait pas de problème, en soi. Au moins ils s’étaient reconnus, c’était déjà ça. Enfin reconnu, Satoshi semblait connaître plus de chose sur lui que l’inverse…

Viggo inspecta le salon du regard, essayant de se figurer le mode de vie qu’avait adopté Satoshi après toutes ses années. Il défit le bouton de son blazer avant de s’asseoir sur le canapé dans une posture droite :

« -Alors… vous avez réussi à devenir avocat, on dirait, déclara Viggo alors que ses yeux scannaient encore le moindre recoin de la pièce. »

Il ne voulait pas vraiment démarrer tout de suite avec « l’affaire du garage », ne serait-ce par courtoisie pour Satoshi afin de ne pas le brusquer. Après tout, cela faisait presque une décennie qu’ils ne s’étaient pas vus…

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Sam 23 Juin 2018 - 17:07

Je le regardais un moment. Je n'avais pas pensé qu'il allait être aussi surprit que ça. Je veux dire, c’était un peu mon boulot de connaître tout ce qu'il se passait dans cette ville. Tout le monde voulait des informations. C’était une forme de guerre a part entière. Aussi bien le principal de l'académie, que les différents gangs de Yakuza, que le pdg d'une entreprise en banqueroute. Qu'un ancien garagiste qui cherchait a avoir des informations sur la mort d'un proche.

- J'avais pensé que vous chercheriez des informations. Et souvent, quand on cherche des informations par ici, on termine chez moi. Enfin, j'ai pas le monopole du secteur. Mais je vous voyais pas trop aller voir la famille Habarashi, vous voyez ?


Je souriais doucement, avant de le suivre dans l'escalier. Une fois en haut, il le laissa entrer. C'etait un quatre pièces aussi spacieux que l'étage du dessous, avec un salon, une cuisine, une chambre avec une petite salle de bain, et un débarras que j'avais modifié pour que cela fasse office de salle de sport. Il ne fallait pas perdre la forme après tout, mais avec mon rythme de vie, il n'y avait aucune chance pour que cela m'arrive.

- Faites donc comme chez vous. Je vais chercher du thé.

Je laissais tomber la couverture sur le sol, a coté du fauteuil ou j'avais l'habitude de me mettre pour observer la télé qui se trouvait dans le coin de la pièce, visible du sofa comme du une place. Du thé. J'avais l'impression d'avoir souvent ce genre de phrases, depuis avant hier. J'avais exactement dis la même chose a Takuya. Décidément, je n'étais pas très original. Je mettais l'eau a chauffer en revenant dans la pièce principale, juste a temps pour l'entendre me parler.

- Je suppose oui. Mais bon, je ne pratique plus beaucoup. J'ai d'autres...hum....centre d’intérêt.

Je tombais dans le fauteuil, étirant la couverture pour révéler son contenu. Je récupérais les pièces de mon arme de poing et commença a le remonter tranquillement, sans le regarder, en soufflant sur les pièces de temps a autre. Il voulait la jouer a la discussion amicale, alors que son regard était tellement triste que j'avais l'impression de pouvoir lire l'histoire de sa vie a l’intérieur.

- Et vous alors, c'est l'ancien champion, ou le diplomé de commerce qui vient me voir ? Ou alors c'est l'homme ? Vous m'avez l'air bien seul aujourd'hui, monsieur Nyström.

C'etait sans doute manquer de tact, mais je n'avais pas envie de l'obliger a jouer la comédie aussi longtemps. J'avais la sensation qu'il etait sur le point de pleurer. Je terminais de remonter mon arme et la posait sur la table basse se trouvant entre nous, en tombant au fond du fauteuil, le regardant fixement en silence. Comme pour l'analyser. Finalement, le bruit de l'eau bouillante me rappela a l'ordre, et je retournais a la cuisine, avant de revenir une derniere fois. Deux tasses, quelques parfum d'infusions et de thé, l'eau bouillante, et des madeleines. Je servais les tasses et le laissait choisir ce qu'il désirait, avant de croiser les bras sur le t-shirt gris uniforme que j'avais enfilé en montant :

- Qu'est ce que vous me voulez, mon ami. Je ferais au mieux pour vous aider.


J'avais bien sur ma petite idée.....

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Mar 26 Juin 2018 - 0:18

« -C’est une de vos amies, qui m’a conduit à vous. La propriétaire d’un café, non loin d’ici qui m’à dirigé vers vous… et puis de toute façon, je ne connais pas la famille Habarashi. »

Même si cela ne l’empêchait pas de se faire une idée de quel genre d’individus il s’agissait. Il inspecta la pièce du regard, notant au passage que Satoshi vivait confortablement. C’était même la première fois qu’il venait chez lui, d’ailleurs. Etrange que la vie les ai fait se retrouver pour une occasion aussi triste… Peut être était-ce une manière de lui dire qu’il avait encore des choses à régler dans son passé ? Non, sûrement pas : le destin, ce genre de choses, il n’y croyait pas.

Son regard se promena dans la pièce alors qu’il allait chercher du thé. Un appartement classique, en somme. Cela lui rappelait un peu celui qu’il avait à Stockholm, il y a quelques mois, d’ailleurs. C’était une belle ville, un peu plus fraiche que Keimoo et elle lui avait permis de se changer un peu les idées, les premiers mois après son retour, lorsqu’il y était revenu il y a quatre ans. Il faisait de longues marches solitaires, tard le soir le long du Stockholm Ström ou dans la vieille ville. Il y courait, aussi afin de garder la forme. C’était avec une certaine appréhension qu’il était repassé devant l’immeuble dans lequel il avait passé les trois premières années de sa vie. Il n’avait gardé que quelques souvenirs de l’appartement familial. Des odeurs, quelques sons, quelques images… Mais il n’avait jamais oublié la ruelle qu’ils avaient habités, il y a presque trente ans. C’était gravé dans sa mémoire. Parfois il en rêvait, la nuit et parfois… c’est ce qui l’empêchait de dormir.

D’autres centres d’intérêts ? En même temps, si on l’avait aiguillé vers lui en tant qu’enquêteur, il ne devait plus seulement faire l’avocat dans un tribunal. Qu’avait-il bien pu faire en attendant ? La réponse lui vint sous la forme d’un pistolet, que commença à remonter Satoshi avec la nonchalance la plus totale. Viggo ne connaissait rien aux droits concernant les armes à feu, au Japon. Mais s’il y a une chose dont il était sûr, c’est que ce n’était pas du tout comme aux Etats-Unis où l’on pouvait en acheter dans une boutique spécialisée avec un permis. Avait-il des liens étroits avec la pègre locale ? Cela pourrait expliquer pourquoi on l’avait dirigé vers lui, il avait peut être de l’influence. En attendant, il ne savait pas vraiment comment prendre le fait que Satoshi se montrait devant lui avec une arme et c’est sans doute avec un regard déconcerté qu’il l’observait faire.

Quant à lui répondre s’il était un ancien champion ou un diplômé de commerce, c’était difficile. Il avait toujours eu la sensation d’avoir été coincé entre ses deux statuts. Il n’était pas surpris que le japonais sache pour ses titres, puisque cela avait fait la une, au moins dans les rubriques « sport » des chaines infos et des journaux, à l’époque. En revanche, il fut un peu plus surpris à l’idée qu’il sache à propos de son diplôme… Peut être n’avait-il pas repéré de paparazzis qui l’avaient espionnés à Stockholm ou un élève de sa promotion avait livré l’info pour un magazine people. A vrai dire, il ne lisait jamais ce genre de magazines, alors il ne savait jamais s’il apparaissait dedans. Cependant, il n’excluait pas la piste que Satoshi ait pu…

« -… »

Il ressentit le dernier commentaire de Satoshi comme un crochet en plein dans l’estomac. Ses traits se durcirent tandis que ses doigts se contractaient sur ses jambes, réminiscences des tics qui agitaient ses mains et l’encourageaient à prendre le moindre objet afin de le manipuler promptement. Il cilla quatre fois avant de commencer à baisser le regard pour poser les yeux sur le pistolet que venait de poser le japonais sur la table. Ses traits s’affaissèrent : le masque se lézardait lentement.

Seul. Voilà ce qu’il était désormais. Il ne s’était jamais considéré comme « seul », à proprement parlé. Même s’il ne brillait pas à l’école pour ses résultats ou sa popularité, Sara, Janina et Mikael avaient toujours été là pour lui, à la maison. Ils n’étaient pas du même sang, mais ça n’avait rien changé au fait qu’il faisait partie de la famille. Mais depuis qu’ils étaient partis… Jamais le mot « solitude » n’avait pris autant de sens. Le fait de faire partie de quelque chose d’important, quelque chose qui vous réchauffe le cœur… et l’Atlantique avait englouti tout ça. Il lui restait la tombe de sa sœur, mais ce n’était guère une grande consolation. Puis il y avait eu Takeshi. A peine retrouvés, il était déjà reparti et pour de bon. Tout ce qu’il lui restait, c’était de l’argent qu’il avait hérité et amassé lors de ses heures de gloires. Mais contrairement à la croyance commune, l’argent n’apportait pas le bonheur et les passions que lui permettait d’assouvir sa fortune ne pourraient jamais remplacé cette part de lui-même, peu importe ce qu’il essaierait.

Il parvint à se contenir, mais c’était comme essayer d’empêcher une armoire pleine à craquer de s’ouvrir brutalement. Il fallait forcer, appuyer de toutes ses forces sur les portes afin de les maintenir fermées. Alors que Sakutaro revenait et lui servait du thé et des gâteaux en tout genre, Viggo déclara en levant la tête vers son hôte d’une voix caverneuse :

« -Il n’y a plus que moi, maintenant. »

Il porta une tasse à ses lèvres et sembla réfléchir longuement à sa réponse en dévisageant Satoshi. Le plus difficile, lorsqu’il avait perdu sa famille, c’était qu’il n’y avait personne à blâmer, après les analyses des boites noires de l’avion. Sa colère s’était perdue dans le vide et il n’y avait rien à y faire. Mais pour Takeshi, les choses étaient très différentes, au point qu’il arrivait à Viggo d’envisager une possibilité à laquelle il n’avait jusqu’à présent jamais pensé, si les choses se présentaient mal… Si Satoshi savait pour l’affaire du garage, sa question n’avait que pour seul but que de simuler un échange normal entre un avocat particulier et son client :

« -Je pense que vous savez ce que je veux, mais je préfère vous le dire : je veux que soit rendue pour Takeshi. »

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Mar 26 Juin 2018 - 12:38

Alors c’était donc Nao-chan qui l'avait conduit jusqu'à moi. Hum, pas étonnant, j'avais l'impression qu'elle me faisait de la pub plus souvent que je ne le croyais. Enfin, pas que ça me dérangeais. Si il y avait du travail a faire, je le faisais avec joie.

C’était un peu mon objectif de vie maintenant, d'aider comme je pouvais. Je n'avais de toute manière pas grand chose d'autres a faire de mes journées. Pas comme si j'avais une petite amie ou une femme. Pas d'enfants. J'avais une vie d'adolescent, a me balader et faire des conneries a longueur de journée. Sauf que moi, ces conneries la, ça sauvait souvent des vies.

- Je suppose que si c'est Nao-chan qui vous envoie....je n'ai pas beaucoup de raison de vous mettre a la porte.

Alors qu'il semblait songeur, il me sembla vraiment triste. Mais il n'avait pas le monopole. Des gens comme lui, j'en voyais souvent, au cœur d'un combat quotidien a travers la ville. Au moins lui il avait de l'argent. Pas sur que ca le console vraiment cependant. Mais il n'etait pas confronté aux rackets quotidiens. Je n'allais pas vraiment dire cela cependant. Ca manquait clairement de tact.

Plus que lui hein. Je n'avais pas fais de recherche sur lui ou sa famille. Mais il disait ça comme si tout le monde était mort. C’était peut être le cas. Mais je m'abstenais de poser trop de questions pour le moment. Ce n’était pas mon rôle. Tout ce que je savais, c’était la mort de ce garagiste avec qui il travaillait. Takeshi quelque chose. Je l'avais un peu connu après être arrivé. Il connaissait assez les alentours du quartier ou il travaillait pour avoir des informations souvent intéressantes. Enfin, il ne m’était plus d'une très grand utilité, maintenant.

Je devenais vraiment indifférent. S'en était presque inquiétant, il faudrait que je consulte peut être. Au final, je n'avais pas fais la guerre a proprement parler, et je donnais pourtant l'impression de revenir du vietnam. Enfin, une grenade, ou un obus, c’était moins pire qu'un tremblement de terre non ? Il n'y avait rien de pire que ça, de mon point de vu. J'écoutais ce qu'il disait et ne pu m’empêcher de sourire :

- Justice ? Il n'y a pas de justice dans cette ville. Si il est mort, ce n'est sans doute pas par hasard. Il a tr
empé de prêt ou de loin a une famille et il s'est brulé les ailes. Ou alors il n'a pas eu de chance et s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

C’était presque une habitude dans cette ville. Un mauvais regard, et un coup partait par réflexe. C’était la loi du plus fort, la loi de la jungle. Et dans cette jungle, les gens n’étaient que rarement aussi blancs que l'ont pouvait le croire. Je prenais une gorgée. Thé pèche mangue, un classique, deux sucres. Puis je le regardais a nouveau.

- Vous ne voulez peut être pas savoir ? Vous avez une belle image de lui. Alors pourquoi vouloir soulever le sac poubelle ? Parce que sous ce sac, il y en a souvent des plus petits et qui sentent plus mauvais.

Je devenais vraiment nul en métaphore, mais celle la etait assez imagé pour qu'il comprenne ou je voulais en venir.

- Je veux bien vous aider. Mais ce sera long, compliqué, et sans doute éprouvant. Je ne veux pas vous perdre en court de route.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Jeu 5 Juil 2018 - 23:04

Il ne sut pas vraiment pas vraiment comment interpréter le fait qu’il n’ait pas été mit à la porte car cette Nao l’avait envoyée à lui. Il se contenta d’hocher la tête dans un mouvement quasiment imperceptible.

« -J’ai du mal à croire qu’il se soit tourné vers ce genre d’individus. Il n’aurait jamais pu leur emprunter par exemple, je lui ai dit que je pourrais l’aider de ce côté-là… »

Après, Takeshi lui avait souvent rit au nez lorsqu’il lui avait dit qu’il pourrait l’aider au cas où les affaires au garage deviendraient difficiles, financièrement. Il n’aurait pas été stupide au point de demander de l’aide à la mafia locale, non ? Surtout que le vieux ne l’aurait pas fait revenir ici en sachant pertinemment qu’il l’exposerait au danger à la même occasion. Non, ça ne ressemblait pas au Takeshi qu’il avait connu. Mais après presque quoi… dix ans ? Rien n’était impossible. Viggo prit une profonde inspiration :

« -Je dois savoir. Je l’ai vu mourir juste devant moi et je n’ai absolument rien pu faire. Je n’ai rien vu venir et… c’est probablement en essayant de me sauver la vie qu’il est mort. »

Il marqua une pause, le regard posé sur l’arme de Satoshi et sembla ailleurs, comme durant beaucoup de nuits, depuis le braquage. Il revoyait le canon du fusil pointé vers la tête de Takeshi. Le regard menaçant sous la cagoule, l’air quasiment impassible de son patron qui semblait à peine impressionné par l’arme. Puis il voyait l’arme pivoter, les mains du japonais qui cherchaient à s’en emparer. Et puis le premier coup de feu. Une détonation fulgurante, puis le coup en pleine tête qui l’envoyait au sol, l’aveuglement temporaire, le bourdonnement des oreilles, la tiédeur du sang qui coulait sur son visage… Puis venait le deuxième coup de feu, un éclat de lumière, un puissant chuintement, dernier vacarme avant le silence assourdissant. La tête de Takeshi explosait, des petits morceaux de chairs virevoltaient un peu partout dans un nuage liquide pourpre et enfin, le corps tombait lourdement, presque au ralenti, sans visage, sans tête… plus rien.

Le suédois se réveillait souvent dans ses draps en pleine nuit et en sueur, depuis ce jour. Il savait comment tout allait se jouer, peu importe l’approche qu’il tentait, le résultat était le même : Takeshi mourrait. C’était quelque chose qu’il n’arrivait pas à se sortir de la tête : quand on lui avait annoncé la mort de sa sœur et de ses deux parents, il n’était pas là avec eux. Il se les avaient imaginés terrifiés à l’idée de mourir, terrorisés, pleurant pendant d’interminables instants avant le crash, envoyant leurs dernières pensées à lui, leur Viggo chéri… ou bien le maudissant, l’insultant de s’être sentis obligés par sa faute d’aller le voir pour brandir un stupide trophée après avoir tourné en rond sur un circuit pendant presque deux heures. Sa seule consolation venait du fait qu’au final, ils n’avaient peut être rien senti, qu’ils n’avaient jamais eu le temps de comprendre ce qui allait se passer. Pas de cris, pas de douleur… Tout s’éteignait d’un coup.

Mais là, c’était une mort en directe. Un spectacle d’une horreur et d’une violence inouï. Une mort d’une extrême violence et impitoyable. On ne lui avait donné aucune chance, pas une once de pitié. Et tout ça pourquoi ? Quelques fichus billets dans une caisse enregistreuse. Viggo sortit de ses rêveries macabres et leva la tête :

« -Peut être qu’il ne sera plus aussi innocent que je ne le voyais, mais ça sera toujours meilleur que la dernière image que j’ai de lui. »


L’albinos prit une gorgée de thé avant de reposer sa tasse :

« -Probablement… Mais j’y tiens beaucoup trop pour laisser tomber. »

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Sam 7 Juil 2018 - 16:51

Puisqu'il était déterminé, il n'y avait aucune raison de le repousser plus longtemps. Je soupirais. Il n'avait pas l'air de se rendre compte dans quoi il s'embarquait. Il pouvait être aussi triste, et avoir le regard aussi froid qu'il le voulait, il restait un gosse de riche, qui avait tout eu, puis qui avait tout perdu. Il n'avait absolument aucune idée de ce qu’était la rue. A trop mettre son nez dans les affaires des autres, cela finissait par devenir notre propre affaire. Et contrairement a ce qu'il semblait croire, on pouvait toujours perdre plus. Il n'y avait pas de fond dans le puit. Sauf la mort.

- Bon, j'accepte. Mais je prend très cher je vous préviens. Je prend 3000 Yens de l'heure.

Je souriais légèrement. Il allait être facile a plumer. J'aurais probablement pu devenir riche avec lui. Il avait l'air prêt a tout. Si je lui demandais 10 000 yens de l'heure, j'étais quasiment persuadé qu'il n'aurait rien vu comme problème. Après tout, le meilleur de la ville en la matière avait le privilège de demander le prix qu'il voulait non ? J'étais sans doute trop gentil. Je sortais une cigarette que j'allumais distraitement, avant d'envoyer le paquet a coté de lui, pour qu'il puisse se servir si il en voulait une.

- C’était une blague. Je n'ai pas besoin d'argent. Je vous aiderais gratuitement, en faisant ce que je peux. Ou au pire si je vous fait pitié, vous pouvez toujours me donner ce que vous voulez. Je vais pas non plus me battre avec vous.


J'éclatais de rire, de façon un peu nerveuse, en songeant a la suite. J'allais devoir être méthodique. Il me fallait d'abords des informations, connaître l'emplacement du garage et aller l'inspecter. Savoir dans quelle zone de la ville il se trouvait me donnerait des indices sur qui pouvait bien le contrôler. La ville était divisé en zone a présent. Et ce n’était pas du tout les mêmes qui dirigeait d'un coté l'académie, et de l'autre le port, par exemple.

- On va commencer par aller voir sur place. Enfin je dis on, mais c'est moi. Vous devriez rentrer chez vous, c'est assez dangereux ce genre d'univers. Moi ça ira. J'ai l'habitude, et j'ai le respect des gens. Je ne me ferais pas attaquer sans raison. Mais un homme bourré au as comme vous, vous êtes la poule aux œufs d'or dans une ville pareille.

Je pourrais sans doute aller voir Ryu, il aurait probablement de quoi m'aiguiller, même si il faudrait que j'y mette le prix. Enfin j'avais entendu parler de deux ou trois trucs dans ma surveillance du port, ces derniers jours, alors ca irait, probablement. Je me levais pour aller jusqu'à mon bureau, et y prenait un carnet vierge. Je revenais m’asseoir, et l'ouvrait avant d'écrire des broutilles, puis de remonter mon attention vers le garçon en face de moi :

- L'adresse du garage. Nom et prénom de la victime, ce qu'il a comme famille, comme amis, les gens qu'il fréquente le plus souvent. Hum.....Je suppose qu'il doit y avoir un carnet avec ses clients majeurs. Un petit garage comme ça, c'est souvent la même clientèle qui revient. Et dans cette ville, on évite de prendre des risques en s'adressant a des inconnus sans assurance qu'il est clean. J'écoute, si vous avez une idée de quelqu'un qui pourrait être utile. Il habite au garage, enfin, a coté ? Sinon je veux bien l'adresse de son domicile aussi. Ça peux être intéressant d'aller voir.

Il etait temps de s'y mettre.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Lun 23 Juil 2018 - 19:15

Viggo fronça imperceptiblement les sourcils lorsque Satoshi lui énonça le prix de ses prestations. Il se doutait que ça ne serait pas gratuit, à en juger ses compétences, mais aussi cher… Peut être pas. De toute façon, même si l’argent n’était pas ce qu’il lui manquait, il pouvait toujours refuser. Après tout, il préférait éviter de jeter l’argent par des fenêtres, surtout si le rapport qualité/prix n’en valait pas la peine. Son regard suivit le paquet de cigarette qu’il attrapa au vol. Il inspecta la marque sur l’emballage, puis le rendit à son interlocuteur. Il avait cédé à l’alcool avec l’âge et en consommait aussi peu souvent possible, mais la cigarette ne lui faisait pas envie, surtout quand Takeshi lui déconseillait souvent de commencer, lorsqu’une quinte de toux le prenait.

Le prix proposé par Satoshi s’avéra finalement être une plaisanterie de sa part et malgré sa bonne volonté, il ne trouva cela guère amusant. En revanche, il ne put s’empêcher de noter une ressemblance avec une autre personne qu’il avait connu ici, il y a longtemps. Quelqu’un qui offrait ses services gratuitement et qu’on pouvait payer si on le souhaitait à n’importe quel prix à la fin… Il haussa les épaules :

« -Je verrais. Je n’aime pas quand les gens n’obtiennent rien en retour après avoir rendu service. »

Ce que racontait Sato était en partie vrai, mais difficile à avouer pour lui. Il avait vécu plusieurs années ici, s’était habitué et aujourd’hui, il était obligé de se cacher. De toute façon, il devait aller finir de déballer des cartons dans la maison qu’il avait achetée, en dehors de la ville.  Satoshi revint un instant plus tard avec un carnet et lui demanda des précisions sur la vie de son ancien mentor, ce à quoi Viggo répondit, après avoir donné l’adresse du garage :

« -Il s’appellait Takeshi Takamori. Il ne m’a jamais beaucoup parlé de sa famille, mais je sais qu’il n’avait ni femme, ni enfants. C’était quelqu’un de très solitaire, visiblement. Je sais qu’il allait de temps en temps fréquenter un bar, non loin du garage, où il avait quelques camarades… Mais je ne crois pas qu’ils étaient réellement proches, là-bas. »

La preuve, Viggo avait été le seul à se rendre à son enterrement, la veille.

« -Je sais qu’il a un carnet d’adresse et je pourrais vous le fournir au plus vite. Quant à son domicile, il m’y hébergeait, juste avant de mourir. J’ai encore les clés et je pourrais vous y déposer, si vous voulez. »

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Mar 24 Juil 2018 - 12:05

Bien habillé, la tête sur les épaules, et en plus bon samaritain. J'avais touché le jackpot avec lui. Il y avait de moins en moins de non fumeur dans cette ville, et les lieux publiques étaient depuis longtemps imperméables aux lois Japonaises sur le tabac. Enfin, il faisait ce qu'il voulait après tout. J'écoutais ce qu'il disait a propos de la victime. Pas d'attache, un garage au cœur d'un quartier qui finalement n’était pas différent de tout les autres. Difficile de trouver une première piste. Oh, il avait donc un domicile différent ? Ce serait intéressant d'y aller aussi.

- C'est vrai qu'il n'y avait pas grand monde a son enterrement hier....


J'avais parlé distraitement, mais c’était bien dans l'optique d'avoir la réaction du garçon en face moi. Il était évident qu'il n’était qu'une victime dans l'histoire, mais on étais jamais trop prudent. J'allais souvent voir les enterrements des gens. Pas de fétichisme malsain, juste un intérêt étrange pour la mort. Ce moment ou des gens venaient assister a la mise en terre d'un corps, ou a sa crémation. Et puis, quel meilleur endroit qu'un enterrement pour déterminer qui etait les amis et les ennemis d'un mort ? Je n’étais pas resté a celui de ce Takeshi, j'étais venu pour la mise en terre d'un adolescent tué dans une rixe non loin de l'agence. J'avais commencé a y enfoncer mon nez, mais j'allais devoir remettre ça a plus tard.

- Très bien ça, le carnet d'adresse. Commençons par chez lui. Puis ensuite, j'irais au garage voir ce que je peux trouver. Aller hop, c'est partis.


Je sautais sur mes pieds, allant droit jusqu'à ma chambre pour enfiler un pantalon de costume, ainsi qu'une veste par dessus une chemisette noire. J'oubliais volontairement la cravate, pas besoin d’être trop formel, mais j'avais un standing a tenir après tout. Une fois habillé, je revenais dans le salon tout en enfonçant un téléphone dans ma poche droit, puis j'allais jusqu'au bureau sur le coté du sofa. A l’intérieur, je récupérais deux téléphones supplémentaires que j'enfouissais dans mes poches comme je pouvais. Un chargeur de rechange a garder dans la voiture, et mon arme dans l’élastique de mon pantalon, dans mon dos. Je fermais les portes de l'endroit avant de revenir vers l'homme :

- On y va ? Descendez en bas, passez devant.

Je le laisser faire le chemin, puis je le suivais, refermant encore et toujours les portes une par une avant de le rejoindre dans le bureau en dessous, la pièce principale de mon agence. La, je prenais un quatrième et dernier téléphone. Un seul message, Mika. Elle voulait vraiment venir la semaine suivante ? Hum. Je verrais plus tard. Je le reposais en sécurité, avant de me retourner vers mon camarade.

- On va prendre ma voiture, mais c'est vous qui conduisez. Question de sécurité.

Je lui envoyait le trousseau de clé, puis le laissait prendre place, alors que je passais du coté passager. Je croisais les bras, en observant la rue un moment, le temps qu'il s'installe. Puis nous étions partis, vers le domicile du garagiste.

- J’espère juste que, malgré ce que vous m'avez dit, vous ne serez pas déçu quand meme.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Ven 27 Juil 2018 - 0:05

Les poils de Viggo s’hérissèrent sur ses bras alors qu’il penchait la tête sur le côté : pas grand monde à l’enterrement ? Il n’y avait que le prêtre, hier après midi, pourtant. Un autre se terminait, lorsqu’il était arrivé sur les lieux. Peut être avait-il été présent à celui là. A moins que le prêtre soit une sorte d’informateur, il ne voyait pas d’autres hypothèses. Mais il préférait rester sur la première :

« -Je ne me souviens pas vous avoir vu, hier. »

Alors que Satoshi bondissait pour disparaitre dans sa chambre, Viggo se levait à son tour en se passant les doigts sur le nez d’un air pensif. La machine était en route. Le deuil était terminé. Maintenant, il fallait rendre justice à Takeshi.

« -C’est parti, se dit Viggo alors que Sato revenait dans la pièce. »

Il portait un costume sombre dont même la chemise était noire. Cela lui rappela sa sœur, qui essayait de « mieux le saper », comme elle le disait. Elle lui rappelait souvent que le noir était l’une des pires couleurs pour une chemise. « Ça brille, ça fait ressortir la transpiration et les pellicules, ça ne s’accorde avec rien et ça devient gris après deux lavage », lui avait-elle lancé alors qu’il en avait tiré une d’un rayon, dans un magasin de vêtements. C’était l’un des innombrables bons souvenirs qu’il gardait d’elle. Les souvenirs d’une époque révolue.

Cela lui fit presque oublier les deux autres téléphones que fourrait le japonais dans son pantalon. Viggo se demandait à quoi cela pouvait servir d’en avoir autant. En avoir deux ne lui paraissait pas anormal, mais trois ? Etrange… Dans tous les cas, il fit le chemin inverse, comme le lui indiqua Sato. Ils arrivèrent alors dans la rue où le suédois pu découvrir la voiture du détective : une berline allemande d’il y a presque vingt ans. Un bon choix, pas cher, fiable, discret et toujours performant, même après toutes les années.

Sato lui envoya les clés qu’il saisit au vol de sa main gauche en lui proposant de conduire, par sécurité, selon lui :

« -Comme vous voulez. »

A vrai dire, cela l’arrangeait. Il ne se sentait pas à l’aise quand il n’était pas celui derrière le volant. Et puis cette BMW serait sans doute agréable à conduire. Il s’installa à bord et sortit ses gants de cuir qu’il enfila soigneusement avant de régler son siège ainsi que les rétroviseurs. Une fois cela fait, il passa délicatement ses mains gantées le long de la courbe du volant, puis il démarra le moteur et entama la route qui menait à l’appartement de Takeshi.

« -On verra, répondit-il simplement à la remarque de Satoshi. »

L’idée que son ami ait pu être impliqué dans des sales affaires ne lui paraissait pas impossible, mais à ce stade, il gardait encore de lui l’image d’un type honnête qui restait loin de tout ça… A moins que la décrépitude de cette ville ne l’ait atteint, lui aussi ? Tôt ou tard, il en aurait la réponse.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Jeu 2 Aoû 2018 - 14:29

Je m'installais confortablement sur le siège passager en prenant bien soin d'observer sa façon de se mettre devant le volant. Une paire de gants, hein ? Intéressant. C’était quelque chose qui n’était pas habituelle. Les gens ne faisaient pas attention de cette façon, alors soit c’était un tic, soit un maniaque de la propreté, soit il n'aimait pas disperser ses empruntes partout. La troisième solution semblait peux probable, étant donné qu'il ne les avait pas porté dans la maison. C’était sans doute une habitude. Il était pilote après tout, avant.

olor=#006600]- Il est de quel coté de la ville ?[/color]

Je gardais le regard sur le bord de la route, observant par la fenêtre en tapotant du doigt nerveusement contre la sécurité de la portière. Nerveusement ce n’était pas vraiment le mot. Disons que ca me détendais. Je ne roulais quasiment jamais, et c'etait autre chose que les véhicules blindés que j'avais eu l'habitude d'occuper. Sans y penser j'allumais la radio, laissant la voix d'une jeune femme que je connaissais parfaitement éclater dans la voiture.

♪ Guess Who Is Back 
Meikai dakishime 
Guess Who Is Back 
Utsushidasu Flame 
Guess Who Is Back 
Hikari tomoshite 
Guess Who Is Back 
Makkura no meiro de  ♪

Je souriais un peu plus en songeant a la petite Masuda qui avait déjà vingt sept ans. Je me souvenais de notre rencontre dans ce karaoké avec Hisaka, une vie auparavant. Je l'avais beaucoup côtoyé durant les dix dernières années, d'abord parce qu'elle etait devenue une star nationale qui avait parfois eu besoin de protection, accordé par les villes ou elle se produisait, puis ensuite depuis mon retour, suite a une sombre affaire de prostitution ou elle m'avait aiguillé, j'avais l'habitude de manger au moins deux fois par semaine avec elle.

- C'est fatigant d'avoir autant de talents.....

Je sortais tranquillement mon arme de la poche. D'une part pour faire remarquer a Viggo que je l'avais bien sur moi. C’était important de garder un outil de la sorte, même devant son client. On ne savait jamais a quoi s'attendre, et il devait soit se méfier de moi, soit savoir qu'il pouvait compter sur moi. Dans les deux cas, c’était une bonne chose. Je le chargeais et tirais sur le dessus de l'arme pour faire glisser une balle dans la chambre a air. Puis je faisais mine de ne pas remettre la sécurité, que j'activais bien sur discrètement avant de ranger le tout.

- J'assiste a environ tout les enterrements que je peux voir. C'est une zone d'informations sans fin. Qui est vraiment triste, qui fait semblant, qui se déplace, qui ne se déplace pas. C'est une mine d'or. Les gens ne s'en rendent pas compte. C'est l'endroit ou il faut paraître le plus soi même, mais sans trop en montrer pour autant. Si vous voyez ce que je veux dire.

Je sortais mon téléphone et pianotais rapidement sur le clavier pour signifier a Ryu-san que je voulais le voir dans la soirée. Il pourrait m'aiguiller aussi, sans doute. Nous roulions déjà depuis un moment et il ne faudrait sans doute plus très longtemps avant d'arriver, aussi je me redressais, alors que j'étais avachis jusque la.

- Vous pouvez garder la voiture, je viendrais la chercher plus tard, déposez moi juste.


Étonnant qu'il n'ai pas encore protester sur ce point d'ailleurs. Les clients voulaient toujours être dans l'action. Certain ne le faisais meme que pour ça. Un peu de sensation forte. Ils étaient souvent déçus.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Lun 20 Aoû 2018 - 4:06

« -Dans le centre, pas très loin du garage, avait répondu Viggo en engageant la BMW dans une avenue. »

Du coin de l’œil, il vit Satoshi allumer la radio. Il reconnu immédiatement la voix qui émanait des enceintes du véhicule. Cela faisait six ans qu’ils ne s’étaient pas parlé. Il se souvint l’avoir rencontré lorsque sa mère voulait organiser une pièce de théâtre dans laquelle elle jouerait un petit rôle au début de la pièce. Il se souvint être resté silencieux pendant une grande partie de leur rencontre avant de la raccompagner sur le chemin. Ayame avait dix-sept ans, il en avait dix neuf.

C’était la belle époque, quand il venait d’emménager au Japon, qu’il passait des journées tranquilles entre le sport, le boulot au garage, les cours d’arts martiaux ainsi que les escapades nocturnes. Ils se voyaient de temps en temps : elle se comportait un peu comme une enfant, mais elle pouvait parfois faire preuve d’une grande sagesse et surtout, elle n’arrêtait pas de chanter. Lorsqu’il avait quitté le Japon, la distance physique et leurs carrières respectives qui décollaient contribuèrent à les séparer un peu plus et les messages et les appels, bien que toujours présents se firent de plus en plus courts et de plus en plus rares.

Viggo était tout de même allé la voir en concert une fois, caché au milieu de la foule dans laquelle il ne se sentait pas à l’aise. Puis quelques mois plus tard, ils s’étaient recroisés à l’occasion du grand prix du Japon de la saison de 2023. Elle avait chanté sur la grille de départ, quand les moteurs étaient encore silencieux et Viggo ne l’avait pas quitté des yeux, derrière ses lunettes de soleil. Ils s’étaient reparlé lors d’un gala organisé le soir où ils étaient tous les deux invités, lui en tant que prétendant au titre de champion du monde de F1, elle en tant que star nationale de la chanson au Japon. Ils avaient évoqué de bons souvenirs et s’étaient mutuellement félicités pour leurs carrières respectives.

La mort de ses parents à la fin de la saison contribua à faire perdre le contact entre le suédois et la japonaise. Il ne souhaitait pas l’appeler ou la revoir alors qu’il était au fond du trou. Ayame avait une vie heureuse et pleine de succès, elle n’avait pas besoin de négativité, d’une personne avec qui elle ne parlait presque plus revenir à elle pour lui raconter à quel point sa vie avait quasiment perdue tout son sens. C’était une sorte d’excuse qu’il s’était trouvé pour ne pas l’avoir rappelé quand son numéro apparaissait au milieu de ses contacts. Cette excuse se grava définitivement dans ses habitudes, lorsque l’affaire de la course truquée l’année suivante le dégoûta pour de bon de la formule 1.

Le seul contact qu’il avait avec Ayame, c’était via ses chansons, qu’il écoutait toujours. Elle chantait toujours aussi bien et s’était même grandement améliorée avec l’âge. C’était pour lui un moyen de lui témoigner sa sympathie et son soutien, de conserver ce lien quasiment inexistant entre eux deux sans avoir à la déranger.

Pour toute réponse au commentaire de Satoshi, il soupira amèrement et monta un peu plus le volume de la musique afin d’approuver silencieusement son passager. Satoshi ressortit alors son pistolet de son pantalon. Du coin de l’œil, Viggo l’observa manipuler l’engin. Pourquoi ressortir son arme alors qu’il venait de la nettoyer il y a quelques minutes ? Peut être qu’il voulait toujours s’assurer de son bon fonctionnement, ou bien peut être parce qu’il s’agissait de savourer son privilège de pouvoir porter une arme sur lui au Japon, un pays aux antipodes des Etats-Unis, en matière de port d’arme.

Viggo n’avait jamais eu une grande expérience avec les armes à feu. La seule fois où il en avait utilisé une, c’était lors de sa première année chez Mercedes, la semaine du Grand Prix des USA, à Indianapolis. Il était alors coéquipier avec Daniel Ricciardo, un pilote australien. Les deux étaient aussi similaires que le feu et la glace : Daniel était un beau gosse au sourire éclatant, toujours avec le mot pour rire et qui utilisait souvent des manœuvres quasi-kamikazes pour obtenir l’avantage en course. Viggo, avec son calme, sa relative froideur et sa précision sur le circuit se différenciait totalement de lui. Mais au final, ils avaient de la sympathie et un profond respect l’un pour l’autre. Ricciardo apprenait à se contenir auprès de Viggo et à l’inverse, ce dernier s’était un peu plus « décoincé » en étant à son contact pendant deux ans. Dans tous les cas, après la séance d’essais libres du jeudi, Daniel avait proposé au suédois d’aller s’essayer aux armes à feu dans un stand de tir « juste pour déconner », comme lui avait dit son coéquipier. Après tout, ils étaient sur les terres du Deuxième Amendement, alors ça serait l’occasion de tester. Viggo n’était pas passionné d’armes à feu, mais il avait préféré sortir avec quelqu’un plutôt que de s’enfermer dans son mobil home comme un hibou solitaire. C’était ainsi qu’il s’était retrouvé en fin d’après midi à essayer d’atteindre le centre du cible dans un champ de tir avec un pistolet, un fusil à pompe et une kalachnikov. L’expérience avait été plus amusante pour Ricciardo, puisque Viggo, bien qu’il se soit un peu amusé sur le moment, n’avait spécialement envie de remettre ça au plus vite. Dans tous les cas, cela lui avait permis de voir comment manier une arme à feu, bien qu’il n’en n’ait pas gardé un souvenir impérissable.

La façon dont Satoshi maniait son arme lui rappela un peu l’instructeur américain. Il ne l’avait regardé que du coin de l’œil, seulement afin de s’assurer que son passager ne lui fasse pas de mauvaise surprise, comme en essayant de lui poser soudainement le canon sur la tempe, par exemple. Mais l’arme retourna dans sa poche et Viggo décida de lui faire confiance pour ne pas qu’un coup parte tout seul au premier dos d’âne.

Bien qu’il n’avait pas la possibilité d’avoir une arme à feu. Viggo gardait désormais sur lui un couteau balisong, acheté à un coutelier à Maranello, lors des années chez Ferrari. Il s’en était essentiellement servi pour l’entraînement au corps à corps ou de temps en temps pour garder de la dextérité, au niveau de ses doigts et le reste du temps, l’arme restait dans son étui en bois, à la maison. Mais depuis le braquage, ce couteau était une sécurité de plus, quand il sortait. Il n’avait pas d’arme à feu, mais il savait qu’à courte distance, il préférait avoir un couteau. Son unique expérience avec un pistolet ne lui permettrait pas de se défendre efficacement avec une arme de poing. Le seul ennui avec un pistolet, c’est que même de près, il était possible que la balle manque sa cible. Avec un couteau, il était facile de combler la distance et d’atteindre directement son adversaire. Jusqu’à présent, il n’avait jamais eu à s’en servir, mais il préférait se tenir prêt, au cas où cela se produise.

Ils arrivaient maintenant dans le centre ville alors que Satoshi expliquait les raisons qui le poussaient à se rendre à chaque enterrement, ce à quoi Viggo lui répondit :

« -Et qu’est-ce que vous concluez de ce que vous avez vu hier ? »

Il gara la BMW à l’ange d’une ruelle, au pied d’un bâtiment haut de quatre étages à l’allure assez ancien, probablement construit au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Tandis que Satoshi se relevait et s’apprêtait à descendre, Viggo enclencha le frein à main et coupa le moteur. Les cartons chez lui seraient vidés en quelques heures et après quoi ? Il ne lui resterait plus qu’à tourner en rond et ça, il en était hors de question alors que les assassins couraient toujours libre, quelque part. Ce n’était pas une histoire d’adrénaline ou d’être un gosse de riches en manque de sensations fortes qui souhaitait faire l’expérience ultime du danger : il s’agissait de rendre justice à son ami qui lui avait été enlevé. C’était tout ce qui lui importait.

« -Je viens avec vous. Je vais vous montrer l’appartement. »

Il ouvrit la portière et descendit de la voiture avant d’entrer dans l’immeuble. Le hall n’était pas dans un très bon état, pas plus que la cage d’escalier dont le papier peint s’était décollé à plusieurs endroits. L’appartement de Takeshi était situé au troisième étage. Il était composé de trois pièces : un salon cuisine, une chambre ainsi qu’une salle de bain. Le salon offrait une vue sur le carrefour en contrebas via la grande fenêtre qui servait de source de lumière le jour. L’odeur de l’intérieur n’était pas spécialement fraiche et la peinture des murs n’était pas des meilleurs goûts. A vrai dire, on remarquait au premier coup d’œil que l’appartement n’avait pas vraiment été refait depuis que Takeshi avait emménagé, il y a plus de quinze ans. Viggo avait pris soin de laisser l’appartement dans l’état dans lequel son ami l’avait quitté la dernière fois : le cendrier était plein sur la table basse, les chaises de la petite table à manger n’étaient pas bien rangées en dessous et le lit de Takeshi était encore défait, comme à son habitude, quelques journaux et magazines automobiles trainaient par terre dans sa chambre. Ses affaires étaient également toujours là. Seul le clic-clac déplié sur lequel des draps avaient été proprement disposés, contrastaient avec le désordre de l’appartement. Il était évident qu’il s’agissait de là où Viggo dormait habituellement.

Le suédois balaya la pièce du regard, non sans une certaine tristesse, avant de se tourner vers Satoshi :

« -Dites moi ce que vous cherchez en particulier quelque chose en particulier et je vous aiderais à le trouver. »

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Lun 20 Aoû 2018 - 14:44

J'avais sentis pendant une seconde une émotion étrange émaner de lui. Alors comme ça il connaissait mademoiselle Masuda ? Deux riches qui avaient vécu dans la même ville, ce n’était pas vraiment étonnant. Au vu de sa réaction, je ne prenais même pas la peine de lui demander une confirmation. Il la connaissait, c’était évident. Mais elle ne m'avait jamais parlé de lui. Nous ne parlions pas beaucoup de toute façon, c’était le genre d'amitié silencieuse qui me convenait bien. Depuis qu'elle était célibataire, elle avait perdue le goût de parler a tord et a travers. Elle avait 27 ans maintenant, et ce n’était plus l'adolescente du karaoké que j'avais rencontré avec Hisaka et Akio.

- Ce que j'ai appris.... ? Hum, c'est plutôt une question intéressante. J'ai appris que vous deviez suffisamment l’apprécier pour vous rendre a un enterrement ou personne d'autre n'avait prit la peine de se déplacer. Je suppose que vous êtes soit très intéressé par la succession, soit vraiment attristé. Dans les deux cas, c'est quelque chose que je note dans un coin de ma tête.

Alors qu'il prenait place sur une zone ou il pouvait se garer, j'ouvrais la porte avant même que le moteur soit éteint, en le regardant descendre du coin de l’œil. Il m'annonça vouloir monter lui aussi. Je soupirais. Il en aura mit du temps. Je le laissais passer devant sans rien ajouter. J'étais plutôt surprit qu'il ne se soit pas manifesté plus tôt. La voiture était bien dissimulé dans la ruelle adjacente, ce qui était parfait. Je récupérais les clés, avant de prendre sa suite dans l'escalier.

- Et l'autre chose que j'ai appris, c'est que vous aviez mauvais goût en costard.

C’était plus une blague que la réalité, histoire de détendre un peu l’atmosphère. Ce n’était sans doute pas facile pour lui. Perdre la totalité de sa famille, et en plus voir son ami disparaître sous ses yeux, il était sans doute en proie a un violent traumatisme. Il était solide pour sortir de chez lui de la sorte. Je me demandais un moment ce que ca me ferait de perdre ma maman. Enfin, vu ou elle habitait, il n'y avait pas trop de risque. J'entrais dans la pièce principale derrière lui.

- Ça sent le tabac.

Je disais ça sans trop y penser, faisant le tour du propriétaire du regard. Il n'y avait de toute manière pas grand chose a fouiller. J'avais songé dés le début que les choses intéressantes ne seraient pas ici. C’était un mécano non ? Le genre de boulot qui était envahissant, qu'on faisait par passion et auquel on consacré sa vie. Il devait passer tout son temps la bas. J'avançais vers la table.

- Un carnet d'adresse peut être ? Des numéro de téléphone, des papiers....je sais pas moi, des trucs intéressants.

Je me retourne vers le meuble, et m'avance tranquillement, observant par la fenêtre. Pour un vendredi après-midi, jour de week-end, c’était étonnamment calme. Trop même. C’était bizarre. J’ouvrais les tiroirs. Totalement vide. Plus un seul objet. Je fronçais les sourcils. Pourtant tout le reste était la, et si quelqu'un était venu chercher quelque chose, Viggo me l'aurait probablement dit. Je secouais un peu le meuble, et entendit un petit bruit. Il n’était pas vide. Mais l'odeur me portait au nez. Je fumais légèrement moi même. Une cigarette par jour tout au plus. Et pourtant je n'aimais pas l'odeur. C’était plutôt une habitude.

- Vous....vous avez bien dis que vous ne fumiez pas, n'est ce pas... ?

Je retournais vers la table, le cendrier et me penchais un peu. Il sentait fort. Mais pas le tabac froid. Quelqu'un avait utilisé l'objet. Récemment. Moins d'une heure. Merde. Je me dépêchais d'aller jusqu'à la porte et de la refermer, refermant le verrou.

- Salle de bain, vite.

Je lui faisais signe de s'y engouffrer, avant de coller mon oreille contre la porte, puis de bondir a sa suite quand j'entendis des bruits de pas dans le couloir. Par chance la voiture était dans la ruelle annexe. Je refermais la porte de la salle de bain et la verrouillait, juste a temps pour entendre quelqu'un forcer l'ouverture.

- C'est chiant de devoir ouvrir a chaque fois en force pour pas que ce soit visible. On a qu'a la défoncer une fois pour toute.


Je sortais mon arme, et faisait signe a Viggo de se mettre du coté de l'ouverture de la porte. Comme ça, si la porte s'ouvrait, il serait toujours dissimulé par le battant. Je me mettais accroupis dans la douche, arme au poing. Et j’eus soudainement une pensée, qui me fit me mordre la levre. Je n'avais pas refermé le tiroir. Quelle erreur de débutant...

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Lun 20 Aoû 2018 - 21:28

En soi, Satoshi avait raison sur un des deux points : il s’intéressait de près à la succession. 1,8 millions de Yens, soit environ 150 000 couronnes, il s’agissait d’une goutte d’eau dans l’océan de la fortune familiale. D’autant plus que le suédois avait encore des parts dans l’une des compagnies les plus riches au monde, celle qu’avait fondée son père. A vrai dire, il voulait s’assurer que l’argent et l’appartement ne reviennent pas à l’une des personnes qui dirigeait secrètement Keimoo.

Là où il se trompait, c’était sur le plan émotionnel. Profondément attristé n’était qu’un euphémisme sur ce que ressentait Viggo, à chaque fois qu’il repensait à tout cela. Mais il préféra ne pas s’apitoyer sur son sort et écouta l’autre remarque que lui fit Satoshi. Venant de la part de quelqu’un qui portait une chemise noire, ce qui comme sa sœur lui avait appris était l’une des pires fautes de goût possible, il devait sans doute plaisanter, ou du moins il essayait.

« -Au moins, nous sommes logés à la même enseigne, avait-il répondu lascivement en montant les marches jusqu’à l’appartement. »

Ils étaient ensuite rentrés dans l’appartement où le japonais commença son inspection. Lui aussi avait remarqué l’odeur de tabac et elle était probablement imbibée dans les murs, comme si la Takeshi était encore là et venait d’éteindre l’une de ses cigarettes dans le cendrier.

« -Je vais vous chercher ça. »

Il commença à se diriger vers la chambre. C’était là où son ami rangeait ses affaires liées à son business, dans le dernier tiroir sous la penderie. Alors qu’il venait de se mettre à genoux pour ouvrir le dit tiroir, la voix de l’inspecteur se fit entendre depuis le salon, ce à quoi Viggo répondit :

« -Non, pourquoi ? »

A peine Viggo avait-il répondu qu’il entendit les pas précipités de Satoshi dans la pièce d’à côté. Il referma le tiroir et revint dans le salon en se demandant ce qui semblait soudainement agiter le japonais. Lorsque ce dernier lui intima de filer dans la salle de bain, le suédois comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas. Il s’y dirigea rapidement à pas feutrés avant de d’être rejoint par son partenaire qui ferma la porte de la salle de bain à double tours. Une voix se fit alors entendre dans le salon après que la porte d’entrée se soit ouverte :

« - C'est chiant de devoir ouvrir a chaque fois en force pour pas que ce soit visible. On a qu'a la défoncer une fois pour toute. »


Pas de doutes, il ne s’agissait pas de boy-scouts qui venaient faire du porte à porte pour vendre des pins et ils devaient être au moins deux, puisque l’interlocuteur parlait à quelqu’un d’autre. Viggo remarqua que Satoshi avait sorti son arme et il lui faisait signe de se placer derrière la porte. Il obéit à son ancien entraîneur d’arts martiaux et se plaqua silencieusement contre le mur alors que l’autre se glissait accroupis dans la douche. Le suédois déboutonna un sa veste de costume et sortit de sa poche le couteau balisong qu’il avait toujours sur lui. D’un geste rapide, il déploya la lame hors du manche sans un bruit et serra l’arme entre ses mains encore gantées de cuir. Il plaça ensuite son bras en position d’attaque, prêt à frapper. Positionné derrière le battant de la porte, il avait l’avantage de la surprise et dans ce cas, neutraliser un éventuel intrus se révèlerait plutôt simple.

Il retint son souffle, son regard alternant part des coups d’œil entre la porte et Sato. Ce dernier se mordit la lèvre et Viggo ne préféra pas savoir pourquoi. Moins d’une heure que l’enquête avait commencée et les ennuis arrivaient déjà. Ca ne serait pas de la tarte… Encore fallait-il qu’ils se sortent de ce mauvais pas.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Mar 21 Aoû 2018 - 15:35

Je fermais les yeux pour reprendre mon souffle. Le mal était fait, ils savaient forcément que nous étions la, ou au moins venu. Mais si ils étaient sortit quelques minutes, ils devaient se douter qu'ils n’étaient pas seuls. Avec un peu de chance, nous étions tombés sur des débiles. Impossible de reconnaître les voix. Ce n’était pas des hommes que je connaissais personnellement, et j'en connaissais un paquet. Ils ne venaient pas de la part de Ryu, c’était une certitude. Mais de qui alors... ?

- Le boss avait dit la dernière fois, si je ne m'abuse, que c’était un carnet rouge.

- « Si je ne m'abuse » ? Tu peux pas arrêter de parler comme un philosophe.

Un bruit semblable a un ricanement, alors que les meubles commençaient a bouger dans la pièce suivante. Ils fouillaient. Ou refouiller, au vu de la vitesse avec laquelle ils procédaient. Ils n'avaient rien trouvé la première fois, alors ils avaient eu pour ordre de revenir jeter un deuxième coup d’œil. Ils devaient donc avoir quelqu'un a l’extérieur. En espérant qu'il ne tombe pas sur la voiture, histoire d'éviter de descendre et de la trouver exploser, révélant son propriétaire par la même occasion.  

- C'est quand même pas de chance pour ce pauvre Takeshi. Ça devait pas finir comme ça.....Même le nouveau boss a était marqué par sa mort.

- Les murs ont des oreilles, ta gueule et.....euh, c'est toi qui a ouvert le tiroir ?


Ah, si ils ne trouvaient pas ce qu'ils voulaient, ils allaient venir par ici maintenant. L'avantage c’était que nous pouvions le trouver aussi. L’inconvénient c'est que j'allais devoir au minimum les faire disparaître. Peut être même les supprimer. Pas une bonne idée de laisser savoir aussi tot que j'étais sur l'affaire. Mon adresse était trouvable en deux clics et tout le monde me connaissait après tout. Il n'y avait plus un bruit dans la pièce suivante. Vraiment aucun. Bizarre. Je sortais de la douche. Vraiment plus de bruit. Ils étaient partis.

- Ils ont du trouver, sortons de la.


J'ouvrais la porte, arme au poing. Mais il n'y avait plus personne, la porte grande ouverte. J'allais droit vers la fenêtre en lui désignant la porte pour qu'il la referme. Rien, personne. Étrange. Soit ils avaient étaient très rapide, soit je ne comprenais plus rien. Je me retournais vers le tiroir, pour découvrir le fond retiré, donnant sur un petit espace dans le creux du bois, assez profond pour y dissimuler un carnet.

- Viggo, tu crois....je te tutoie, j'en ai marre d'avoir l'impression d'avoir cinquante ans, tu crois que ce Takeshi était du genre a avoir des papiers importants cachés dans des doubles fonds de tiroir ?

Je le laissais approcher pour qu'il puisse voir de lui même, et lâcha un coup d’œil dans la chambre, sans rien y trouver d'étrange. Rien de retournés, tout ce qui avait était bougé était de retour a sa place, avec le plus grand respect. Si les deux hommes étaient des hommes de mains, ils étaient bien disciplinés, tout le contraire des petites frappes faisant les coups de bas étage dans les rues.

- Ils le connaissaient en tout cas. Tu n'as pas reconnu de voix ? Ou une façon de parler ?

Probablement que non, après tout, sinon il aurait réagit. Cette histoire etait de plus en plus étrange. Je sortais mes deux téléphones, et lui en envoyait un dans les mains, avant d'allumer l'autre.

- Envois un message au troisième numéro. C'est Jonathan, l'agent d'Ayame. Dis lui qu'on va passer. Je vais appeler Ryu.

Je lui envoyais un message au lieu d'appeler directement. Puis j'attendais une réponse, en regardant la façon d'agir de mon comparse, histoire d'analyser son etat d'esprit du moment.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Sam 25 Aoû 2018 - 14:41

Deux types. Viggo se demanda s’il ne s’agissait pas des deux braqueurs qui lui avaient tiré dessus, il y a deux mois de cela, mais il s’avéra que non lorsqu’ils prirent tous les deux la parole. Un carnet rouge ? Cela ne lui disait absolument rien.

« -Dans quoi tu t’es embarqué, Tak’ ? songea le suédois, toujours plaqué contre le mur, son couteau à la main. »

Ils fouillaient rapidement. Apparemment, ils savaient où chercher, à moins qu’ils ne l’aient déjà fait, difficile à dire. Mais à en juger la rapidité avec laquelle ils procédaient, cela devait être extrêmement important. Suffisamment pour qu’ils reviennent ici pour s’assurer du travail. L’évocation d’un « nouveau boss » fit dresser les poils sur les bras de l’albinos, qui jeta un œil à Satoshi, afin de voir à sa réaction si cela lui disait quelque chose.

Mais lorsque l’homme à travers la porte évoqua le tiroir ouvert, Viggo se figea. Satoshi avait dû en laisser un ouvert. S’ils se doutaient de quelque chose, c’était très mauvais pour eux. Instinctivement, il serra la lame dans sa main et amorça un geste, au cas où l’un d’entre eux tenterait une entrée dans la salle de bain. Il attendit, encore, encore et encore puis… le silence. Rien d’autre que du silence. Ils étaient partis ? Satoshi déclara qu’il fallait sortir, ce qu’il fit, après lui bien entendu, étant donné qu’il avait le pistolet. Le salon avait été déserté en instant. Soient ils avaient trouvé ce qu’ils voulaient, soit ils cherchaient à éviter une confrontation. Dans les deux cas, il n’en avait pas la réponse.

Satoshi le tutoya soudainement. Marre d’avoir l’impression d’avoir cinquante ans ? C’était cocasse, en soit, puisqu’ils se tutoyaient, à l’époque où il vivait encore à Keimoo et que comme leur de leur première rencontre, Satoshi avait trouvé cela idiot de se vouvoyer alors qu’ils avaient quasiment le même âge.

« -J’en sais rien, je commence à croire que j’ignorais un paquet de trucs sur lui. »

Deux gangsters qui rentraient dans son appartement afin de le fouiller à la recherche de quelque chose de précis, il n’y avait plus aucun doute, Takeshi était impliqué dans des affaires louches. La question était maintenant de savoir, jusqu’à quel point ? Il secoua la tête :

« -Leurs voix ne me disent rien. »

Pourtant, il aurait aimé les reconnaître, se dit-il. Il attrapa le téléphone au vol. Jonathan, l’agent d’Ayame ? Bien sûr qu’il le connaissait. Enfin, il l’avait rencontré une fois, lui aussi, en même temps qu’elle. Il avait bien du mal à la canaliser, d’ailleurs, si ses souvenirs étaient bons. Ayame serait sûrement avec lui. Cela ne l’enchantait guère, en vérité. Il se voyait mal débarquer avec Satoshi comme si de rien n’était alors qu’ils ne s’étaient pas parlé depuis des années. « Bonsoir Ayame, cela fait des années que j’ai arrêté de te parler, mais je reviens te voir à l’improviste avec Sato car on enquête sur le fait que mon ami s’est fait exploser la cervelle et qu’on m’a tiré dessus. D’ailleurs, ça m’à laissé des cicatrices, tu les trouves comment ? Sinon, ça va toi, la musique, la célébrité et tout le reste ? J’adore ton dernier album, au fait, je l’écoute de temps en temps quand je ne suis pas en train de déprimer seul, dans mon appartement. » Et puis honnêtement, pourquoi devaient-ils passer les voir ? Satoshi devait bien avoir une idée derrière la tête pour organiser une visite de la sorte, non ?

Il regarda le téléphone encore un instant avant de lever la tête vers Satoshi, qui avait préféré opter pour le sms, plutôt que l’appel. Il fronça les sourcils avant de demander à son acolyte :

« -Pourquoi devrait-on contacter Jonathan et Ayame ? Vous pensez qu’ils peuvent nous aider ? Et qui étaient ces hommes, ou ce Ryu à qui tu as envoyé un message ? »

Il se rendit compte qu’il n’avait toujours pas rangé son couteau et d’un geste habile, le replia avant de le remettre rapidement dans sa poche en attendant d’obtenir une réponse de la part de Satoshi.

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MessageSujet: Re: Quelque part entre les ombres [pv Sakutaro Satoshi]   Sam 25 Aoû 2018 - 21:13

Je le regardais un instant, presque surprit. Il n’était donc pas au courant ? J'avais pensé qu'ils entretenaient une espèce de relation, lui et elle. Mais d’après ce qu'il disait, il n’était pas beaucoup mieux qu'un inconnu pour elle, et inversement. Bien sur qu'elle serait utile. C’était la personne qui en savait le plus sur la ville après tout, peut importe l'heure, ou la personne, elle pouvait aiguiller. Elle représentait presque une famille a elle toute seule après tout, maintenant.

- Pour Jonathan, fais juste ce que je te dis, pour l'instant. Tu n'aura qu'a lui demander directement.

Je retournais le visage vers mon téléphone qui vibrait. Ryu en personne. Je décrochais, et lâchais quelque mots pour convenir d'un lieu de rendez-vous. Vers le port, dans la nuit. Parfait. Il avait des choses a régler avant, et moi aussi, de toute façon. J'avais faim, pour une fois, et un verre ne me déplairait pas. Masuda avait toujours les meilleurs alcools de la ville après tout. C’était utile d'avoir autant de relations, sans doute.

- C'est bon, tu as envoyé le message ? Si oui, rassemble tes affaires. Tu ne reviendra plus ici.

Je m'écartais pour lui laisser un peu d'espace, en allant vers la fenêtre. Quelque chose clochait, sans que je parvienne a mettre exactement le doigt dessus. J'observais les rares passants. Il n'y avait vraiment pas grand monde, c’était une foule extrêmement clairsemé qui passer par ici. Je n'avais pourtant jamais entendu ce quartier comme étant un coin a éviter. C'est presque comme ça.....non, je me faisais des idées, sans doute. Après lui avoir laissé le temps de préparer ses affaires, je passais devant dans le couloir, après m’être assuré qu'il n'y avait vraiment personne. Pas un bruit dans l'immeuble. Comme si il n'y avait plus aucun autre occupant.

- Ryu est le deuxième fils de la famille Habarashi. La famille qui tient toute la partie autour de l'académie, a présent. Dire que c'est un ami est sans doute un poil prétentieux, mais je suis en bon terme avec lui.


Nous descendions l'escalier vers le hall, puis sortions a l’extérieur. J'attendais de savoir si il avait reçu une réponse de l'Americain, et quand ce fut certifié, je repris mon téléphone, et montais cette fois au volant de la voiture. Je n'avais plus besoin de me faire conduire après tout. J'ajustais distraitement les rétro, avant de démarrer le moteur. Je n'avais absolument pas la façon très mécanique du garçon pour conduire, mais nous avions pris des cours de conduite en situation extrême, quand j'étais dans l'armée. Et j'étais sur de pouvoir mieux gérer ce genre de moment en conduite que lui. Il avait les compétences techniques, bien sur. Mais probablement pas le sang froid adéquat.

- Tu sais que te battre au couteau, c'est la pire idée possible ?

Je sortais de la rue, et prenais le chemin vers la baie de la ville. Le port n’était pas très loin de l'une des maisons d'Ayame, nous pourrions donc aller voir Ryu rapidement, et aurions une bonne solution de repli en cas de soucis. C’était étrange de penser que la chanteuse n'avait jamais quitté la ville, quand bien même elle avait les moyens de vivre dans les plus belles maisons de la capitale. Mais ce n’était pas ses affaires.

- Dans un combat ou l'on est pas sur d’être plus fort que l'adversaire, sortir une arme est la meilleure façon de se la faire retourner contre soi. N’oublie pas ce détail, la prochaine fois, Viggo.


Ce n’était pas tout a fait un reproche, plutôt un conseil. Il en ferait ce qu'il en voulait, je n’étais pas son père après tout. La route défila rapidement et je finissais rapidement par me garer devant un portail, donnant sur une rue pourtant public, mais qui n’était accessible qu'en composant un code sur un digicode numérique.

- Pendant que j'ouvre le portail, tu n'as qu'a aller lui acheter des fleurs. C'est pas mal pour une première approche.

Je lui lançais un regard lourd de sens, avant de descendre du véhicule pour accomplir ma tache d'ouvreur de portail.

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