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 Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]

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Viggo Nyström

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Genre : Masculin Capricorne Tigre Age : 19
Adresse : 22 Rue Akaiberry, Quartier d'Hebi
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MessageSujet: Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]   Dim 3 Juin 2018 - 17:05

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La lumière blafarde des lampadaires passait à un rythme régulier dans l’habitacle de la Mazda, éclairant par intervalles les gants de cuir posés sur le volant alors que les basses diffusaient la douce mélodie de James Kent, alias Pertubator. Il avait plu lourdement toute la journée et ce n’est qu’en fin de soirée que la pluie avait cessé. Sur le pare-brise, des centaines de petites étoiles liquides brillaient, prenant momentanément les couleurs des néons qui les traversaient. Rouges, jaunes, bleus, verts, blancs, violets… La variété et la prolifération des enseignes lumineuses au Pays du Soleil Levant faisaient que les gouttes ne restaient jamais un seul instant de la même couleur. A l’arrêt à un feu rouge, Viggo observait la constellation humide scintiller sur la vitre avec ses yeux violacés. Ce genre de spectacle, c’était l’une des choses pour lesquelles il aimait conduire de nuit, comme ce soir, alors qu’il était presque trois heures et quart.

Il avait travaillé toute l’après midi avec Takeshi au garage sur plusieurs voitures du coin à faire réparer ou réviser. La plupart du temps, il servait d’assistant à son boss durant le travail, car il n’était pas encore un expert. Cependant, il lui arrivait de travailler seul, comme cet après midi quand une cliente dans un coupé Alfa Romeo décapotable était entrée dans le garage. Visiblement bien conservée pour son âge, Takeshi, en séducteur invétéré, lui avait fait la conversation pendant presque deux heures pendant que Viggo s’affairait sous la voiture pour régler le problème. Bien sûr, Takeshi aurait réglé cela en deux fois moins de temps, car il s’agissait que d’une simple réparation, mais cela permettait d’un côté au Suédois de s’améliorer en travaillant seul avec sa musique et de l’autre, son patron pouvait draguer pendant plus longtemps la belle cliente qui était venue s’échouer au garage. Dommage pour lui, il n’avait pas eu son numéro.
D’humeur à travailler et en pleine forme après s’être levé tard, Viggo avait demandé à faire des heures supplémentaires, ce qui l’avait fait terminé un peu avant minuit. Après cela, il avait prit une douche au garage, s’était changé et était monté dans sa Mazda pour se diriger vers les routes qui longeait le bord de mer en serpentant les pans de montagne. Pour lui, c’était une sorte d’exorcisme, un moyen de relâcher la pression après une journée de travail et de garder la main puisqu’il n’avait pas couru depuis longtemps. Il avait besoin d’entendre le moteur, de jouer du volant, de lâcher les chevaux sur ce parking qu’il avait repéré il y a plusieurs semaines en faisant crisser les pneus et rugir le moteur. A ses yeux, ça n’avait pas de prix et cela lui procurait un bien fou.

N’aillant grignoté que quelques barres chocolatées pendant sa pause, la faim lui tenaillait l’estomac et les trois heures de conduite lui avait asséché la gorge. Il repéra au bout de la rue l’enseigne lumineuse d’un konbini, dont les néons illuminaient la rue comme un phare guidant l’animal nocturne et errant qu’il était. C’était parfait, étant donné que ce genre de magasins était ouvert vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours sur sept. Une fois le feu passé au vert, il donna un dernier coup d’accélérateur avant de se garer en souplesse devant l’épicerie. Le contact coupé, il mit pied à terre et se dirigea vers l’entrée du magasin. Il franchit la porte et se dirigea vers le rayon frais dans lequel étaient alignés des produits en tout genre, éclairés par la lumière blafarde des néons. Il porta son choix sur un sandwich poulet mayonnaise. Puis il passa dans le rayon des snacks où il prit un paquet d’une célèbre marque de chips mexicaines épicées avant de prendre une petite bouteille de soda citronné. Alors qu’il se dirigeait vers la caisse qui était maintenant en vue, Viggo remarqua qu’on pouvait acheter des pellicules de 35mm. Il s’arrêta et les inspecta un peu : c’était bon à savoir qu’il était également possible d’en acheter ici, surtout quand cela coûtait moins cher que là où il s’était rendu les deux autres fois pour en acheter. Enfin, au rythme auquel il prenait des photos, il ne risquait moins de se ruiner… encore plus, quand on prenait en compte le fait qu’il ne manquait certainement pas d’argent.

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Kaede Himura
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MessageSujet: Re: Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]   Lun 4 Juin 2018 - 20:04

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Konbini à Hiryuu
Kaede se demandait comment il avait pu à un moment apprécier les horaires de nuit. Depuis que Misuzu avait fini son service et était rentrée chez elle, il n’avait plus personne avec qui parler, Haruka n’arrivant pas avant au moins une heure encore. D’abord, il avait fait du rangement. Enfin, il avait tenté. Mais tout était en ordre, organisé selon le plan habituel. Il avait observé les nouvelles pellicules que le manager avait juste commandé pour voir si ça pourrait intéresser des gens, alors même que les autres konbini de la même franchise ne vendaient pas du tout ça. Ensuite, il avait passé le balais et la serpillère, juste pour passer le temps, reclassé les magazines etc. Mais là, tout de suite, il était derrière le comptoir et cela faisait déjà un moment qu’il n’avait plus quoi que ce soit à faire. En tout cas, rien de mieux que se plaindre. En plus, le smooth jazz qui passait en fond musical dans la supérette n’arrangeait rien, et même si quand il était particulièrement fatigué et prêt à faire n’importe quoi pour passer le temps il se prenait à danser dessus, là à vrai dire c’était limite agaçant.

« Eeeehhh… Taikutsu… »

Il avait marmonné d’une voix geignarde, posant son front ses bras qui étaient croisés sur le comptoir, se pliant ainsi en deux. Il n’avait même pas de siège sur lequel s’asseoir. Eeehhh… En plus, il commençait à avoir faim. Peut être qu’il devrait prendre une courte pause devant le magasin histoire de voir si qui que ce soit entrait, et manger quelque chose ? Mais au moment où il s’interrogeait, une voiture se gara devant le konbini. Kaede n’y connaissait pas grand chose en voitures mais celle là c’était une Mazda, probablement de la troisième génération, du moins supposait-il. Pas mal. Il ne retint pas un court sifflement admiratif. Peu après, la clochette de la porte d’entrée tinta.

« Irasshaimasse ! »

C’était devenu un réflexe pavlovien. La cloche retentissait, il souhaitait la bienvenue. C’était limite s’il ne le faisait pas dans les autres magasins maintenant. Néanmoins, le nouvel arrivant l’intrigua immédiatement. Ses cheveux, déjà, furent la première chose que Kaede remarqua. Il avait les cheveux totalement blancs.

« Woah, suge- ! »

C’était sortit tout seul, heureusement pas trop fort, plutôt comme un souffle, mais c’était rare de voir quelqu’un avec une telle capillarité. Alors que l’inconnu faisait son chemin dans le konbini, récupérant çà et là divers produits, Kaede pût le détailler un peu plus. Il était très pâle aussi, et ressemblait pas mal à un étranger. C’était sûrement un gaijin, en fait, Kaede en fût certain dès que le client se retourna un peu plus vers lui. Mais même pour un gaijin, il avait les cheveux et la peau particulièrement clairs. Bon, le japonais n’arrivait pas à distinguer ses yeux et ça aurait été bizarre de toute façon. Mais c’était fascinant. Puis, son intérêt augmenta d’autant plus quand le jeune homme récupéra des pellicules. Bon, eh bien au moins le manager serait content de savoir que quelqu’un d’autre que Kaede et lui même allaient en acheter. Maintenant, il avait vraiment envie d’engager la conversation, par contre. Comme la timidité n’avait jamais été un problème pour lui, il s’appuya au comptoir et lança d’une voix joyeuse.

« Ee yan, ne ! Tes cheveux c’est vraiment cool ! Ariehen, ne ! »

Il fit un grand sourire qui l’obligea à plisser les yeux, ceux-ci ne devenant que deux fentes brillantes dans son visage, et pencha la tête légèrement sur le côté comme un chien curieux.

« Et tu t’intéresses à la photographie à ce que je vois ! Mon manager n’était pas sûr que qui que ce soit veuille acheter ces pellicules. »

Kaede haussa les épaules comme pour signifier qu’il se passait toujours des choses surprenantes, et contourna le comptoir pour s’y appuyer tout en continuant une conversation sans avoir à crier.

« Moi aussi, je fais de la photo. Enfin, un peu. À vrai dire je suis un peu plus passé sur numérique maintenant. Mais c’est bien de voir qu’il y encore des gens qui travaillent sur pellicule, ee yan !»

Il fourra ses mains dans ses poches. C’était possible que l’inconnu n’ait pas spécialement envie de parler, mais à vrai dire Kaede s’ennuyait trop pour se soucier de ça. Son sourire s’agrandit un peu comme s’il invitait l’étranger à lui répondre et à continuer la conversation.


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Taikustu, ennuyeux, je m'ennuie, etc.
Irashaimasse, bienvenue, entrez (dans un magasin)
Suge, déformation de Sugoi, super, génial.
Ee Yan, Osaka-ben pour dire "trop cool" ou exprimer un sentiment positif
Ariehen, Osaka-ben pour dire "incroyable"

nocturnal animals pv. Viggo

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Viggo Nyström

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MessageSujet: Re: Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]   Mar 5 Juin 2018 - 0:27

Plongé dans ses pensées, Viggo n’avait pas entendu le vendeur qui s’était adressé à lui lorsqu’il était entré dans le magasin. A vrai dire, il était immergé dans ses pensées et ne souhaitait que manger et se désaltérer après sa balade. Il songeait à avaler son repas du soir dehors, assis sur le capot de sa voiture.  Il parcourut tout le magasin en silence, comme il avait l’habitude de le faire. Inutile de sortir ses écouteurs, il n’en aurait pas pour très longtemps. Alors qu’il se penchait sur les pellicules, la voix du vendeur parvint à ses oreilles. Il tourna légèrement la tête afin de lui montrer qu’il avait entendu et opina en plissant brièvement les lèvres :

« -Merci. »

Ce commentaire le fit cependant tiquer car il se mit à cligner des yeux. Il se souvint qu’Ayame lui avait dit exactement la même chose, la première fois qu’ils se sont rencontrés. Cette réaction de la part du vendeur, qui n’avait pas l’air de dépasser les vingt cinq ans d’ailleurs le surpris un peu. Peut être que les japonais ne jugeaient pas tant que ça ceux qui sortaient du lot à cause de leurs origines ou leur apparence, comme ils en avaient la réputation. Peut être était-ce tout simplement à cause du fait qu’il était maintenant un adulte et que tous les adultes qui l’entouraient ne percevaient plus son albinisme comme une anomalie, mais comme source une curiosité voire même d’émerveillement, comme c’était le cas d’Ayame et maintenant de ce jeune homme à la silhouette élancée qui le dévisageait avec son large sourire et ses yeux à peines visibles, écrasés par les muscles de ses joues.

Enfant, les réactions à propos de sa condition avaient été bien différentes. Pour preuve, il connaissait les mots tels que « monstre », « vampire », « fantôme » ou encore « cadavre » en au moins cinq langues. Jusqu’à l’âge d’onze ans, les élèves l’isolaient rapidement du reste de la classe  et il n’était pas rare que les moqueries pleuvent lorsque la maîtresse, qui insistait sur le fait que Viggo était « normal » avait le dos tourné. Au collège, il préférait s’isoler de lui-même afin d’éviter les autres. Après, cela n’empêchait pas quelques hyènes de se donner d’aller la peine pour aller le voir, que ça soit pour lui lancer une insulte et lui rappeler qu’il était différent ou vérifier s’il n’était pas un fantôme intangible en lui envoyant son poing dans le ventre. Mais frapper Viggo n’était pas amusant : il n’y avait pas moyen de lui faire verser une larme ou de lui arracher un cri de douleur. Même après l’avoir envoyé au sol, c’était ce regard violacé presque dénué de vie qui les dévisageait, comme un corps auquel on aurait vidé de toute âme. C’était une méthode passive, mais elle était efficace, car une proie passive et muette n’apportait aucune satisfaction.

Les choses évoluaient lorsqu’il était arrivé au lycée, où les gens se montraient plus amicaux avec lui ou du moins ne cherchaient plus à le repousser. C’est ainsi qu’il s’était retrouvé invité à une fête d’une fille populaire qui souhaiter l’aider à s’intégrer. Mais les fêtes, le monde hypnotisé par la musique diffusée à fond dans les basses… ce n’était pas son truc. Il préférait rester dans son coin, dans ses pensées le plus souvent possible. Il avait rapidement quitté la fête, mais appréciait au moins la tentative de la fille en question. Il fallait croire que les gens devenaient moins cons avec l’âge… Enfin, la plupart du temps, en tout cas.

Viggo inspecta rapidement la pellicule, puis la reposa dans le rayon. Il ne s’intéressait pas vraiment à la photographie d’un point de vue artistique, comme beaucoup de gens le faisaient. C’était sa mère qui l’avait en quelque sorte initié en lui offrant à l’âge de dix ans un appareil photo jetable. C’était la première fois qu’il allait parcourir un championnat d’Europe sans que son père l’accompagne et elle avait insisté pour qu’elle lui ramène des photos en souvenir. Il était revenu quelques semaines plus tard avec la pellicule terminée et n’avait depuis jamais cessé de prendre de photos avec une de ces petites boites jaunes en plastique. Il n’en prenait presque seulement pendant les week-ends de courses, que ça soit dans les paddocks ou quand les pistes des circuits étaient ouvertes aux piétons, entre les courses et les séances d’essais.

Viggo n’avait jamais eu vocation de devenir photographe. Ce n’était pas une passion pour lui, plus une sorte d’habitude qu’il avait gardé après toutes ces années et dont il n’avait jamais pensé à se défaire. Il ne prenait des photos que pour lui et ne possédait ni Instagram, ni un blog. Il ne lisait aucune revue en rapport à la photographie et ne connaissait aucun grand photographe. Il se voyait juste comme un type qui appuyait sur le bouton de prise de vue une fois de temps en temps, avec pour seule intention que de classer la photo dans un album qu’il rangerait dans une étagère. A vrai dire, ses photos n’avaient rien de spécial, puisqu’il ignorait des notions comme la règle des quatre tiers, par exemple. Mais cela ne l’empêchait pas d’être satisfait avec ce qu’il produisait.

« -Ah… tu es photographe ? »

Le vendeur avait souligné le fait qu’il utilisait encore la pellicule. A vrai dire, c’était surtout qu’il avait été habitué à prendre ce genre de photos avec ce support, puisqu’il avait commencé avec des appareils jetables. Il voulait juste conserver l’habitude qu’il avait de prendre des photos, se rendre chez un photographe ou dans un magasin pour faire développer la pellicule et ranger le résultat dans ses carnets. Peut être qu’il passerait au numérique un jour, mais il n’y voyait aucune raison, pour l’instant.

« -Excuse-moi, j’ai encore un peu de mal avec le japonais, qu’est-ce que tu as dis après « pellicule » ? »

A force de voyager, il avait prit l’habitude d’apprendre un peu la langue des pays dans lesquels il se trouvait. Bien sûr, il était loin d’être bilingue et son accent ressortait toujours un peu, même au bout de plusieurs mois, puisqu'il apprenait le nécessaire pour demander son chemin ou commander un plat dans un restaurant, par exemple. Le japonais avait été très difficile à comprendre au début, mais il avait progressé depuis l’été dernier, à une vitesse plus lente qu'à l'habitude, cependant. Pourtant, ce jeune homme semblait employer une sorte de patois qui lui échappait totalement et qu’il n’avait jusqu’à présent jamais entendu. A vrai dire, d’autres mots lui avaient échappé, mais il n’osa pas faire de remarque. En attendant sa réponse, il posa ses articles sur le comptoir.

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Dernière édition par Viggo Nyström le Mer 6 Juin 2018 - 20:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]   Mer 6 Juin 2018 - 19:23

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Konbini à Hiryuu
Bon, au moins le compliment de Kaede avait eu l’air de faire un peu plaisir à l’inconnu, qui le remercia. Le danseur hocha la tête, enchaînant rapidement sur autre chose. Bon, apparemment il ne s’intéressait pas tant que ça à la photo, mais après tout s’il achetait des pellicules c’est bien qu’il s’y connaissait un peu. Un simple novice aurait simplement pris des photos avec son smartphone et voilà. Le jeune homme à l’étonnante capillarité se tourna vers lui, et Kaede put remarquer qu’il était en plus vraiment très pâle et que ses yeux étaient d’une couleur tout aussi inhabituelle, mais il se garda bien de faire un commentaire. On lui avait déjà dit que ça pouvait rapidement devenir malpoli voire embarrassant pour l’autre personne. N’empêche, on aurait dit un personnage de jeu vidéo un peu. La main de Kaede alla se poser machinalement à l’arrière de sa tête quand le client lui demanda s’il était photographe. Il secoua rapidement la main devant lui et rigolant un peu.

« Non, non, pas du tout… Je fais juste partie d’un club mais je suis loin d’être le meilleur, ou même d’être doué. »

C’était la stricte vérité. Certes, il ne se débrouillait pas trop mal, mais de toute façon, ce n’était pas du tout son activité principale. Il avait d’abord la dance, ensuite le basket, et la photographie arrivait bon troisième, et encore. Il y avait d’abord le boulot et plein d’autres trucs. C’était vraiment beaucoup plus un passe-temps que quoi que ce soit d’autre. Et ce n’était pas plus mal comme ça, à vrai dire. Il évita également de préciser qu’il était passé sur numérique principalement parce que ça lui évitait de jongler d’un appareil à l’autre entre ses vidéos Youtube et les photos qu’il prenait; sans parler du fait que la pellicule, ça coûtait une blinde à développer. Et clairement, si Kaede pouvait éviter de dépenser plus d’argent que nécessaire, c’était une bonne chose étant données ses finances fragiles. Kaede s’apprêtait à relancer la conversation quand le jeune homme lui posa une question qui le surprit d’abord. Et après environ un quart de seconde de réflexion, sa surprise s’était évaporée. Evidemment, c’était un gaijin, il ne connaissait pas l’osaka-ben. Kaede lui fit un grand sourire, et s’appliqua à parler un peu plus lentement.

« Ah, désolé… C’est du Kansai-ben, juste pour dire, euh… Que c’est cool, quoi. »

Il n’avait jamais réalisé à quel point c’était compliqué de réussir à expliquer un mot d’argot ou de patois sans utiliser ce même mot. Maintenant qu’il y pensait, en effet, il n’y avait pas moyen que cet étranger sache ce que ee yan voulait dire. Ni probablement aucun autre mot de Kansai ben, en fait. Mais du coup, ça avait piqué sa curiosité.

« Et, euh… Tu es là en voyage ? Pour faire du tourisme ? »

Peut être qu'il était trop curieux. Mais bon, ça ne faisait de mal à personne. À sa connaissance, Keimoo n’était pas une ville particulièrement touristique, mais si il était là en voyage ça expliquerait qu’il soit debout à cette heure là. Le jet-lag. Du coup, il se dit que s’il parlait en anglais ça serait sûrement plus simple pour tout le monde, mais il préférait demander d’abord.

« Tu préfères parler en anglais ? Ça me dérange pas. »

Il sourit à nouveau, soucieux de paraître sympathique. Si le gaijin était là en voyage, autant lui laisser un bon souvenir du pays. Le jeune homme déposa ses articles sur le comptoir et Kaede refit le tour afin de l’encaisser. En même temps qu’il s’occupait de ça, il se dit que ça serait pas mal de se présenter, du coup, et c’est ce qu’il fit aussitôt.

« Himura Kaede desu. Et toi, tu t’appelles comment ? »

Il était resté au japonais, plus par habitude qu’autre chose. Ce n’était pas qu’il avait honte de son accent, qui n’était d’ailleurs pas aussi audible que celui d’autres personnes comme Micchan par exemple. Après tout, aux Etats Unis, il n’avait jamais eu à en rougir, au contraire on l’avait même plutôt complimenté. Bon, il avait rapidement compris que même si les gens étaient moins complaisants qu’au Japon, ce genre de compliments n’étaient pas forcément très fiables, mais quand même. Et puis, les Américaines avaient l’air de bien aimer son accent. Hm… Non, il n’avait aucune raison de ne pas parler anglais autre que la flemme ou le fait qu’il était incroyablement distrait. Il sourit une nouvelle fois à l’inconnu, l’envie de demander pourquoi ses cheveux étaient comme ça lui brûlant les lèvres, mais il se retint. Misuzu l’aurait tapé si elle était là, et ce n’était pas bon signe, donc il valait mieux éviter de demander. Il rendit la monnaie, la déposant dans le petit récipient prévu à cet effet.

« Ça te plaît alors, ici ? »

Il était curieux de savoir ce qu’un étranger pourrait penser du Japon. À vrai dire, il avait toujours vécu ici et ne connaissait que peu de personnes étrangères, à part Chrissy. Et il avait eu beaucoup d’autre choses à lui demander que ça, à vrai dire. Il savait seulement qu’aux Etats-Unis, des tonnes de choses lui avaient manqué et qu’il avait hâte de rentrer, même s’il adorait New York. Il ne serait jamais vu vivre ailleurs que dans le pays qui l’avait vu naître, même s’il en reconnaissait les défauts.

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MessageSujet: Re: Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]   Ven 8 Juin 2018 - 4:18

A en juger la manière dont le vendeur le dévisageait de la tête aux pieds, Viggo eut la confirmation qu’entre sont statut de gaijin et son anomalie génétique, il était aussi discret qu’un sapin de Noël en plein mois d’Aout, ici. Enfin, le jeune homme préférait lui répondre sur la photographie, en attendant. Il semblait d’ailleurs assez embarrassé, à en juger sa posture et modeste ou peu assuré à en juger sa réponse. Le suédois pinça ses lèvres :

« -Je vois… Il faut être satisfait de ce qu’on fait, je suppose. »


Il fallait être satisfait, mais ne jamais s’arrêter pour autant. C’était comme ça que l’on s’améliorait : être heureux de ce que l’on avait achevé, mais toujours poursuivre sur sa lancée. En attendant, s’il faisait partie d’un club,  c’est qu’il ne devait pas être aussi mauvais qu’il ne le pensait… Enfin, ce n’était qu’une supposition. L’idée de rejoindre un club lui avait effleuré l’esprit, mais la perspective de se retrouver dans un groupe ne lui plaisait guère. Et puis, faire des albums avec de simples appareils jetables sans « recherche artistique », comme ils devaient appeler ça ne devait certainement pas lui permettre d’intégrer un club.

Bien sûr, il lui arrivait de prendre des paysages, lorsqu’il était en voyage, mais les trois quarts de ses photos lorsqu’il utilisait l’un de ces boitiers jaunes était réservé en week-end de courses, lorsqu’il capturait voitures, pilotes, mécaniciens, spectateurs, paddocks… Tout un univers dans lequel il était immergé depuis qu’il avait sept ans. Un univers qu’il avait tenté de conserver le plus possible dans des albums rangés dans les étagères de sa chambre.

Le jeune homme avait paru très surpris par sa question et pendant un instant, Viggo ne se demanda pas s’il aurait mieux fait de ne rien dire, fait semblant de comprendre et de partir dès qu’il en aurait eu l’occasion. Fort heureusement, son interlocuteur du soir ne sembla pas offensé et s’en excusa à sa grande surprise.

« -Ah, d’accord… »

Du Kansai-ben ? Il n’en avait entendu parler. Cela devait être une sorte de patois local, s’il avait bien compris. Il rangea cette information dans un coin de sa tête, au cas où il croiserait quelqu’un d’autre qui parlait cette langue, même s’il ne pensait pas vraiment s’en souvenir. Le japonais lui avait déjà paru difficile à apprendre, notamment à cause de sa grammaire et son écriture aux antipodes des langues qu’il avait appris jusqu’à présent, mais il avait noté qu’il avait de plus de plus de mal à apprendre de nouvelles langues, ces derniers temps.

De toute façon son japonais n’était pas trop mauvais, ce qui lui permettrait de vivre sans trop de problèmes ici, d’autant plus que cela s’améliorerait sûrement avec le temps et il maitrisait suffisamment bien l’anglais pour vivre dans n’importe quel pays anglophone. Au niveau des langues, on pouvait dire qu’il était tranquille.

« -Non, je ne suis pas vraiment en voyage ou pour faire du tourisme. J’habitude ici depuis quelques mois. »

Il avait hésité à répondre, l’espace d’une seconde, qu’il n’était qu’un touriste de passage. Mais un touriste avec sa propre voiture, un vieux modèle comme celui-ci, cela passerait difficilement et il n’avait certainement pas envie de mentir à ce jeune homme qui jusqu’à présent ne s’était pas montré agressif ou malpoli.

Son hésitation provenait de ce qu’un ami de son père lui avait raconté, quelques jours après l’arrivée  des Nyströms au Pays du Soleil Levant. Le type était une de ces grosses pointes de la finance, un univers que Viggo trouvait d’un ennui profond, et qui était de passage au Japon pour une affaire. Il se souvint qu’il avait déclaré : « De toutes façon, je ne compte pas trop m’éterniser ici et je vous plaint un peu. Les Japs, ils sont tous gentils, tous mielleux et hyper accueillants quand vous êtes un touriste. Mais quand vos vacances sont finies, vous dégagez ! Parce qu’à partir du moment où vous essayez de vous incruster, vous êtes un envahisseur. » Ils avaient tous rit à table, ne sachant vraiment s’il fallait le prendre au sérieux, étant donné qu’il avait déjà avalé plusieurs verres de vin.

Depuis son arrivée il y a quelques mois, Viggo n’avait jamais trouvé les Japonais très désagréables. Il y avait de tout, comme dans toutes les populations : des gens accueillants et des gens… stupides. Il avait même appris qu’il y avait certains bars dont l’accès était interdit aux étrangers. Mais jusqu’à présent, il n’avait jamais vu de cas comme celui-ci. Le jeune homme n’avait pas vraiment eu énormément d’interactions sociales à Keimoo, hormis avec Takeshi au garage, Ayame qu’il avait raccompagné jusque dans le centre-ville ainsi que les quelques commerçants auxquels il s’était adressé. Mais de ce qu’il avait pu retenir, les Japonais devaient être les gens les plus polis qu’il avait pu côtoyer. Après, il arrivait qu’on se retournait dans la rue ou que des enfants le pointe du doigt, mais ça, c’était déjà le cas partout ailleurs en raison de son albinisme.

Autre preuve de la gentillesse dont pouvait faire preuve les Nippons, l’épicier se proposa de lui parler en anglais et avec le sourire, en plus :

« -Non, refusa-t-il en plissant les lèvres, c’est gentil mais je préfère pratiquer un peu mon japonais. »

Cela partait d’un bon sentiment, mais il préféra ne pas le forcer à parler la langue de Shakespeare. Après tout, n’étant plus un touriste, c’était à lui de faire l’effort. C’est ce que ses parents lui avaient enseigné, à lui et à sa sœur Sara. Alors il ferait l’effort pour ce jeune vendeur. Ce jeune vendeur qui lui annonça son nom : Himura Kaede. Il leva la tête alors qu’il lui demandait le sien. Par réflexe, Viggo faillit tendre la main, mais se retint :

« -Je m’appelle Viggo… Viggo Nyström, dit-il avec son accent nordique. »

Il prit le change qu’il rangea dans un petit portefeuille qu’il conservait dans la poche intérieure de sa veste. Il hésita à partir, mais pour une fois qu’il avait une conversation avec quelqu’un, autant rester, se dit-il. Quand Kaede lui demanda s’il se plaisait au Japon, Viggo haussa les épaules :

« -Plutôt, oui. Les gens sont plutôt aimables, la cuisine est vraiment bonne, on y vit bien et… »

Il jeta un coup d’œil à travers la vitre pour regarder sa voiture qui l’attendait devant l’entrée du konbini avec un léger sourire :

« -… les routes sont très sympas, ici. »

Les villes avaient leur charme, avec leurs enseignes lumineuses qui redonnaient de la couleur à la nuit. Mais c’était surtout les routes de montagnes, faites de longues courbes sinueuses dans lesquelles il pouvait laisser glisser le volant entre ses mains, qu’il affectionnait tout particulièrement. Pas étonnant avec de telles routes que l’on appelait « Tougue » que la culture du « drift » était née ici. Viggo conduisait toujours prudemment, mais si l’occasion de s’essayer à cette pratique de manière légale venait à se présenter, il était sûr qu’il le ferait.

En retournant vers le visage de Kaede, Viggo ne put s’empêcher de jeter un œil aux rougeurs qui se trouvaient autour des yeux du vendeur jovial qui lui faisait la conversation. Etait-ce dû à la fatigue ? D’une certaine manière, cela ne le surprenait pas car les japonais étaient en général très connus pour leurs longues heures de travail, menant souvent les gens à la limite du burn-out ou pire, au suicide.

« -Sinon… tu travailles tard, ici ? »

Malgré la conversation qu’il avait, son estomac le rappela à l’ordre à la vue du sandwich et de la boisson qui étaient posés sur le comptoir devant lui. Il demanda alors avec une certaine hésitation :

« -Est-ce que ça dérange si… si je mange ça ici ? »

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Kaede Himura
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KMO
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MessageSujet: Re: Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]   Ven 15 Juin 2018 - 2:33

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Konbini à Hiryuu
Le jeune homme en face de lui était assez différent de Kaede en terme de caractère. Plus calme, plus posé… Il fallait probablement l’être quand on différait autant physiquement de n’importe qui d’autre. Et encore, aujourd’hui, avec les teintures et ce genre de choses, Kaede supposait que ce genre de look était plus répandu. Il en avait vu quelquefois à Osaka, mais surtout en occident lorsqu’il avait vécu aux Etats-Unis. Il avait surtout trouvé ça classe, sans réfléchir si c’était naturel d’abord, mais à en voir la carnation et les yeux du jeune homme, ça lui paraissait assez peu probable qu’il s’agisse d’une simple teinture. Au Japon, les gens n’étaient pas des plus tolérants, surtout dans le monde du travail. Déjà, être un gaijin ne devait pas être simple, mais en plus avec une apparence comme celle là… Kaede haussa les épaules avec un sourire, gardant la tête légèrement penchée sur le côté.

« J’imagine que oui… »

À vrai dire, il était satisfait de ce qu’il faisait dans plusieurs domaines. En danse, même s’il avait encore des progrès à faire, après trois ans d’université, commençant une quatrième année, il connaissait à peu près son sujet maintenant. Et en basket, ben… Il était très bon, y’avait rien d’autre à dire. Il était déjà avantagé par sa grande taille et son agilité, et en plus il aimait beaucoup jouer. Donc forcément, ça l’aidait à être bon.

Le jeune homme aux cheveux blancs semblait assez confus lorsque Kaede évoqua le Kansai-ben. Logique, en fait. Kaede se désolait lui même. Evidemment qu’il ne connaissait pas, Keimoo n’était pas dans le Sud et s’il était étranger, alors il n’avait pas tellement moyen de connaître. Aussi, il fit un grand sourire et entrepris d’expliquer, en parlant lentement et utilisant le moins de kansai-ben possible.

« En fait, c’est parce que je suis du sud. Dans la région du Kansai, à Kyoto, ou Osaka par exemple, on utilise certaines expressions qui ne sont pas utilisées par les gens plus au nord, comme à Tokyo. C’est juste une manière de parler, quoi. »

Nouveau sourire, nouveau haussement d’épaule. Kaede ne savait pas trop comment expliquer autrement, alors il décida de se taire juste l’espace d’un instant. Le jeune occidental lui expliqua qu’il n’était pas là pour faire du tourisme. Ah, donc vraiment un gaijin à proprement parler, alors. Eh bien, Kaede espérait qu’il était à peu près bien accueilli. Il croisa les bras, toujours souriant.

« J’espère que tout se passe bien, parfois les gens d’ici sont un peu hostiles aux gens qui immigrent ici. Ils ont peur que si des gens viennent, le Japon ne soit plus vraiment… japonais. Il ne faut pas leur en vouloir. Nous avons une culture très particulière, à laquelle tout le monde ne peut pas s’adapter. »

Et inversement. Kaede avait eu beaucoup de mal lors de ses premières semaines, voire mois, aux Etats-Unis. Tout était tellement différent… Les gens, surtout. Mais même le reste, la nourriture, le style de vie… Il n’avait pas pris un seul bain en six mois, se contentant de prendre de tristes douches, à cause de l’absence de baignoire dans le logement fourni par l’université. De tristes douches avec des claquettes aux pieds dans des douches communes. Ce n’était pas le manque d’intimité qui lui avait posé problème, étant un habitué des vestiaires et des bains publics, mais plutôt le manque d’entretien des lieux. Rien qu’il repensait lui aurait fait faire une moue dégoûtée.

Le client, qui avait déjà empoché ses courses, refusa l’anglais comme langue principale de la conversation, expliquant qu’il avait besoin de pratiquer son japonais. Kaede haussa une nouvelle fois les épaules, et lui sourit.

« Pas de souci. Le japonais me va très bien aussi. »

Il eut un petit rire, qui s’arrêta immédiatement lorsque le jeune homme se présenta. Oulah. Kaede plissa les yeux qui disparurent donc presque entièrement, essayant de comprendre comment prononcer le nom en question. Le prénom, ça irait. Mais le nom de famille…

« Viggo… Nistram ? Nistrem ? Oh, désolé, j’ai du mal là… »

Un nouveau petit rire. Bon, déjà que son accent en anglais n’était pas formidable, si on commençait à vouloir lui faire dire du norvégien ou du suédois… Au moins, l’étranger semblait apprécier le pays du soleil levant. Puis, il dit quelque chose sur les routes et jeta un œil à la voiture dans laquelle il était arrivé. Kaede ne possédant ni voiture ni permis de conduire, il n’avait aucune idée de ce que pouvait être une route « sympa » sinon une route sans nids de poules. Il faudrait sûrement qu’il bosse sur ce permis de conduire en sortant de l’université.

« Tu conduis beaucoup ? J’avoue que j’y connais rien en voitures mais celle là m’a l’air plutôt impressionnante, vue de loin. »

Kaede frotta ses yeux. Stupides allergies, encore. Ça, accumulé à la fatigue, lui donnait un genre de double aegyo sal et surtout des rougeurs assez visibles autour des yeux et parfois sous les narines aussi. Le jeune homme demanda s’il travaillait tard et Kaede réprima un rire. Tard ?

« Je fais souvent les horaires de nuit, parce que dans la journée j’ai cours ou entraînement. Mais ça va, c’est surtout assez ennuyeux. »

À vrai dire, à force, il avait fini par se convaincre qu’il n’avait pas besoin de beaucoup de sommeil. Maintenant qu’il n’avait plus court tous les jours, il pouvait parfois se reposer et c’était seulement après une véritable nuit qu’il réalisait à quel point il manquait de sommeil. Depuis qu’il était rentré au japon, entre le travail, les cours, les examens et les répétitions, sans parler du basket, il n’avait pas du tout eu le temps de récupérer. Mais bon, pour l’instant il tenait, alors il continuait bille en tête. Ce n’était pas comme s’il avait vraiment le choix, en même temps. S’il s’effondrait, là il envisagerait autre chose. Mais il n’avait plus qu’un an à faire comme cela. Lorsque Viggo demanda s’il pouvait rester manger ici, Kaede lui fit un grand sourire, et désigna la table/bar haute qui faisait face à la vitrine avec quelques hauts tabourets.

« Pas de souci. Un peu de thé chaud ? »

Avant d’avoir une réponse, il avait sorti une tasse en céramique et l’avait remplie d’eau chaude au distributeur, y versant un peu de matcha avant. Ce n’était pas tous les jours qu’il avait quelqu’un pour faire la conversation. Il se versa également une tasse et les amena toutes deux pour les poser sur la table haute avant de s’y accouder.

« Alors, euh, Viggo, c’est ça ? Dis moi, qu’est-ce que tu es venu faire ici au Japon que tu ne pouvais pas faire ailleurs ? »

Il le dévisagea rapidement. Il avait l’air assez jeune pour sortir à peine du lycée. Peut être était-il étudiant ? Ou bien peut-être faisait-il totalement autre chose.

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Viggo Nyström

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MessageSujet: Re: Nocturnal Animals [PV Kaede Himura]   Mer 20 Juin 2018 - 15:15

Ils avaient donc une façon différente de parler dans le sud ? Cela n’était pas vraiment surprenant, au final. En Suède, il n’y avait pas moins de six dialectes différents et encore, c’était les groupes principaux : il y avait le norrlandais, le svealandais (celui qu’il parlait, provenant de la région de Stockholm), le gotlandais, le götalandais, le suédois méridional et enfin le suédois oriental, qui se rapprochait du Finlandais.

Il nota également que Kaede avait ralenti son rythme de parole et adoptait un japonais bien plus proche de celui qu’il connaissait. Parler un japonais plus commun ne le dérangeait pas, aucun contraire, il comprenait beaucoup plus, mais le fait qu’il lui parle plus lentement lui donna la sensation d’être stupide. Il décida de ne pas faire de remarque à ce propos afin de ne pas vexer le vendeur qui semblait prêt à se plier en quatre juste pour rendre service à son client.

« -Je vois… Je devrais m’y habituer. »

Surtout s’il allait devoir habiter ici pendant quelques années. Après lui avoir expliqué qu’il habitait désormais à Keimoo depuis quelque mois, Kaede croisa les bras et lui demanda si tout se passait bien ici, notamment avec les japonais. Bien sûr, des gens s’étaient déjà retournés, dans la rue en le voyant, mais il était difficile pour lui de déterminer s’il s’agissait à cause de son statut d’étranger, de sa condition ou les deux. Mais son albinisme avait attiré l’attention à différents degrés dans tous les pays où il s’était rendu. Et puis, il s’estimait heureux ici, avec les quelques regards ou remarques qu’on faisait dans son dos lorsqu’il se promenait. Il avait appris une fois en surfant sur le web qu’en Afrique, les albinos étaient parfois enlevés puis tués afin d’utiliser leurs membres et leurs organes à des fins chamaniques. En apprenant ça, il s’était dit qu’il n’était pas à plaindre.

« -Ce n’est pas pire qu’ailleurs. On va dire que j’ai l’habitude. »

Après avoir expliqué qu’il souhaitait continuer la conversation en japonais, la remarque de Kaede sur le fait que cette langue lui convenait le fit discrètement sourire : évidemment, que cela lui allait, il s’agissait de sa langue natale, après tout. Il grimaça en revanche lorsque le japonais tenta de prononcer son nom de famille. En même temps, un japonais qui essayait de prononcer un nom de famille suédois… Viggo pinça les lèvres en haussant, l’air de dire que ce n’était pas grave et qu’il ne lui en voudrait pas, ce qui sembla lui redonner le sourire.

Le regard du suédois sembla s’allumer à la question « Tu conduis beaucoup ? », puis il se mit à ciller quand le vendeur aborda sa voiture. Quand il s’agissait de ses passions, quelque chose semblait réellement émaner de Viggo. Il jeta un coup d’œil à sa machine à l’extérieur avec un sourire avant de répondre :

« -C’est une Mazda RX-3 de 1973. Je l’ai réparée moi-même et je la conduis très souvent depuis que j’ai le permis. Elle et vraiment pas mal… »


Il s’agissait bien évidemment d’une litote, quand on savait ce qu’il pouvait faire avec et le prix auquel il l’avait achetée avant de la réparer. En remarquant que Kaede se frottait les yeux, Viggo se demanda s’il n’était pas déjà en train d’ennuyer son interlocuteur. Après lui avoir demandé s’il travaillait tard, le japonais émit un rire et lui expliquait qu’il faisait surtout des horaires de nuits. En plus des cours ?

« -Ce n’est pas trop dur ? »

Alors qu’il déballait sa nourriture, Kaede lui proposa une tasse de thé et avant même qu’il ait pu dire quoi que ça soit, le vendeur revenait avec deux thés qu’il posa sur la table. Le thé n’était pas vraiment sa tasse, pour être honnête. A vrai dire, c’était surtout Janina, sa mère qui en buvait et il lui arrivait d’en boire, même s’il n’en était certainement pas fan. Il souffla doucement à la surface du liquide aux reflets verts afin de le refroidir puis le porta à ses lèvres.

« -Merci. »

Kaede l’interpella une nouvelle fois. Viggo leva la tête avant de poser sa tasse sur la table avant de déclarer, avec une pointe de fierté dans la voix :

« -Je travaillais comme pilote d’essai, pour une écurie de Formule 1, basée ici et j’aurais une place en tant que second pilote pour la compétition, l’an prochain. C'est Honda, tu connais ? En attendant, je travaille dans un garage, dans le centre-ville. »

Il reprit une gorgée de thé et laissant un instant de silence. A vrai dire, il cherchait quelque chose à dire afin de ne pas ennuyer ce vendeur qui se montrait le plus amical possible. Viggo cilla avant de demander :

« -Et du coup… tu fais quoi toi ? »

Il tapotait avec ses doigts sur la table en attendant d’avoir une réponse de sa part.

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