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If you want the rainbow, you gotta put up with the rain.
 
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 Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]

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Viggo Nyström

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MessageSujet: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Mar 24 Avr 2018 - 18:05

L’odeur du thé à la bergamote embaumait l’immense salon de la demeure, chauffé naturellement par les rayons du soleil printanier à travers les grandes baies vitrées qui offraient une vue sur la piscine en terrasse, mais surtout sur le Pacifique qui s’étalait à perte de vue jusqu’à l’horizon. Janina Nyström n’était pas mécontente de cette vue. Son mari avait toujours su trouver les meilleurs emplacements pour leurs domiciles à travers le monde. Elle soupira avant d’approcher la petite tasse fumante à ses lèvres et de souffler sur le liquide chaud et translucide. Le thé de 16h, un de ses nombreux plaisirs personnels. Qu’importe qu’elle soit en train de lire, d’écrire, travailler un rôle ou se prélasser sur le canapé, ce rituel quotidien était sa pause qui lui permettait de recharger les batteries et de rester éveillée jusqu’à tard, le soir, surtout au cas où ils recevraient des invités ou qu’elle devrait se rendre à un dîner mondain. Mais il n’y aurait rien de tout cela ce soir : Mikael était à Osaka pour négocier une affaire, sa fille toujours derrière le fil de l’horizon, probablement en train de dormir à cette heure de l’autre côté de l’océan. Ce soir, elle dînerait seule avec son fils. Un fils invisible à cet instant, enfermé dans sa chambre à enchaîner les tours de circuit virtuels devant son écran. Même quand il n’était pas en train de courir ou de travailler, Viggo trouvait toujours un moyen de s’adonner à sa passion. Il lui rappelait elle, lorsqu’elle avait son âge, en train d’apprendre et de répéter des tirades entières alors qu’elle n’allait même pas les jouer sur scène, juste pour le plaisir, parce qu’elle aimait ça, parce que cela la passionnait.

Cette époque lui manquait, parfois, mais l’instant présent et la vie qu’elle menait et qu’il lui restait avait encore de nombreuses surprises à lui offrir. Le verre de sa vie n’était même pas encore à moitié vide, selon la suédoise malgré la cinquantaine qui pointait le bout de son nez à l’horizon. La femme se retourna et se dirigea vers la salle de bain où elle recoiffa brillamment sa chevelure toujours aussi enflammée et remit convenablement les bretelles de sa combinaison ample, vert émeraude –comme ses yeux- sur laquelle on avait imprimé des motifs de fleurs blanches. Pour le maquillage, elle n’avait appliqué discrètement qu’un peu de fond de teint, afin de ne pas paraître trop sophistiquée.

Elle posa le regard sur sa montre, inspirée des peintures de Salvador Dali : la petite ne devrait pas tarder à arriver. Elle l’avait repérée en l’écoutant chanter dans un bar le soir, la semaine dernière alors que le clan Nyström était réuni au complet pour une soirée en famille. En entendant la petite chanter, Janina sut qu’elle tenait probablement un des rôles de la pièce qu’elle souhaitait écrire puis mettre en scène. C’est donc via son agent qu’elle l’avait contactée le lendemain du spectacle afin de lui donner rendez-vous pour qu’elles puissent discuter de son éventuelle participation à la pièce. Un petit rôle, mais qui lui permettrait d’utiliser son talent.

Ces derniers temps, Janina avait surtout rééditée la pièce, réécrit et corrigé certains passages qui ne lui paraissaient plus aussi bons avec le regard qu’elle y portait maintenant. Elle retourna dans le salon et but une autre gorgée de thé avant de se rasseoir sur la table du salon où elle s’affaira sur le clavier pour terminer de corriger les derniers éléments de la pièce. Il ne lui restait plus que quelques scènes à revoir et le script serait prêt pour la semaine prochaine. C’est donc avec air à la fois tranquille et déterminé que la femme de théâtre se remit au travail.


Dernière édition par Viggo Nyström le Mer 25 Avr 2018 - 0:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Mar 24 Avr 2018 - 18:52

- Mais pourquoi on se déplace, a la base ? Je veux dire, elle avait qu'a t'envoyer un mail non ? Parce que...hum....comment je pourrais expliquer mon point de vu....

L'homme se passa la main sur la nuque, en sachant très bien que si il commençait a argumenter avec elle, il en aurait pour des heures. Peut être même jusqu'à ce qu'il arrive a s'en décoller. Il n'avait lui même pas prévu d'aller a cette rencontre. Il s’était juste dis qu'il enverrait Ayame discuter un peu, que la connaissant, elle refuserait puisque cela ne l’intéressait pas vraiment de chanter pour un spectacle avec d'autres gens sur scène, et comme ça, il aurait était débarrassé de cette histoire. Il avait assez a faire sans devoir se coltiner les histoires de représentation d'il ne savait qu'elle famille riche de la ville.

- Oui, je sais. Elle a dit je crois, que je devais avoir un rôle ou quoi. Mais de un, j'espere que c'est que de la chanson hein, parce que moi, j'ai toujours étais ultra nulle pour apprendre un texte par cœur. Sauf si c'est chanté.


Pour ça, le manager ne pouvait pas dire le contraire. Ayame était tête en l'air. C’était évident, n'importe qui aurait pu le dire juste en la regardant faire. Juste en la regardant vivre. Si elle devait apprendre des placements sur scène, un texte a réciter, des mouvements précis, c’était dors et déjà peine perdue. A la seconde ou elle penserait a autre chose, elle oublierait la totalité de ce qu'elle devait faire. Voila pourquoi quand elle dansait durant ses concerts, c’était totalement improvisé. Juste parce qu'elle en avait envie sur le moment. Parce que pour le reste, elle avait une oreille incroyable. Il lui suffisait d'entendre une chanson une fois pour en connaître les paroles par cœur. Son oreille retenait le rythme, son cerveau les paroles, et en les superposant, elle pouvait la répéter comme si elle l'avait apprise durant des heures.

- Mais c'est peut être pas du théâtre. Enfin je sais pas. Dans tout les cas, il n'y avait aucune chance que je te laisse t'en tirer. C’était ton idée, alors tu viens avec moi.

Elle était clairvoyante, se dit il en passant la main dans sa tignasse noire. Il avait enfilé a la va vite son sempiternel smoking noir, attaché sa cravate tout en marchant dans la rue, alors qu'elle le tirait afin de ne pas être en retard, chose qu'elle de testait le plus au monde. L'heure, c’était comme le tempo d'une chanson, il ne devait jamais y avoir d'accro. Elle même portait une tenue que quelqu'un qui la côtoyait souvent pouvait qualifier de « habituel ». Sa veste blanche habituelle, une jupe classique qui descendait juste au dessus des genoux, ses collants qui semblaient déjà etre usés, alors qu'elle venait juste de les acheter, et ses tennis blanches. Sur son dos, elle transporter son énorme house de guitare, dans laquelle se trouvait la nouvelle qu'elle avait acheté deux mois plus tot avec Haneko. « Tenshi ».

- En fait c'est plutot amusant tu trouves pas ? C'est comme si on rentrait chez mes parents, sauf qu'on y va pas. Ou que j'allais chez Hane-chan. Ou que j'allais a l'école. En fait je passe tout le temps la.

- Mais s'il te plaît, ne parle pas autant chez cette femme. A défaut d’être très intéressant pour toi, sois polis.

Elle tourna la tête vers lui alors qu'ils arrivaient dans la rue ou se trouvait l'immense demeure ou elle habitait, la plus grande de la ville. Elle se demanda si sa plus grande sœur s'y trouvait, mais éviterait bien d'y entrer. Dans le risque de tomber sur sa mère, et de l'entendre encore....non, plutôt, de ne rien entendre. Un bonjour, si elle n’était pas trop dans la lune ou occupé a sa prochaine partition. Du moment qu'elle ne lui proposait pas un nouveau duo dans les Émirats....

- C'est bon ca va, on dirait pas comme ça mais je sais me tenir. Parle pas comme mon père, Jonathan-san.

Ils avancèrent dans la rue suivante, et n'etaient désormais plus très loin de la ou ils avaient rendez-vous. Il vérifia l'adresse sur son smartphone et hocha la tete, alors que sa protégée s’arrêtait devant la porte en question. Elle avait vraiment de la mémoire, quand elle était intéressée un minimum.

- Je vais parler en premier, en Anglais. Je crois que ces gens en seront soulagé. Je te ferais la traduction. Surtout ne dis pas n'importe quoi. Tu as un accent parfait, on croirait que tu est née la bas. Dommage que tu ne comprenne rien a ce que tu dis.

Elle gloussa, en lui faisant un clin d’œil, et fit un pas en arrière pour lui laisser la priorité. Elle se mit a chantonner doucement, et le jeune adulte su très bien que lui dire de cesser ne rimerait a rien. Elle faisait toujours ça, sans y penser. A voix basse, de sa douce voix qu'elle avait quand elle ne chantait pas sérieusement. Quand elle n'utilisait pas sa poitrine. Quand la porte s'ouvrit, il s'inclina, et appuya sur la tete de la brune pour qu'elle en fasse de meme.

- Bonjour, je suis Jonathan Hikebi, et voici mademoiselle Masuda. Pardon, j'espere que nous ne sommes pas en retard.
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Mar 24 Avr 2018 - 23:02

Lorsque la sonnette retentit, Janina sursauta malgré le fait qu’elle s’attendait à la visite. Elle se leva de sa chaise, ferma son PC dernier cri et se dirigea vers la porte d’entrée qu’elle ouvrit, découvrant un homme en costume d’un noir classique. A en juger la qualité du nœud de la cravate et la droiture du col, la femme aux cheveux roux ne put s’empêcher d’identifier l’homme à un personnage de Vaudeville, un mari ayant rapidement quitté le domicile de sa maîtresse afin d’échapper à son mari et qui devait maintenant se dépêcher de rentrer pour ne pas être en retard pour le dîner chez lui.
Elle s’inclina poliment avant de le gratifier d’un sourire qui était l’une des nombreuses raisons de son succès, en Europe :

« -Bonjour, vous devez être Mr. Hikebi, c’est bien ça ? Merci beaucoup d’être venu, je suis Janina Nyström. Ne vous en faites vous êtes pile à l’heure. Et puis de toute façon, je n’avais rien de prévu avant le dîner, alors. »

Elle gloussa légèrement afin d’appuyer ses promos et soulager Jonathan d’un éventuel stress qu’il aurait pu ressentir en arrivant ici. Sa prise de parole directement en anglais l’avait un peu surprise, étant donné qu’elle s’était préparée à échanger en japonais avec lui, du moins au début.  Son regard se dirigea ensuite sur l’adolescente à ses côtés qu’il avait fait incliner en posant la main sur sa tête :

-… et toi, tu dois être Ayame Masuda. Je suis contente que tu sois venue, sois la bienvenue. »

Avec sa veste blanche, sa peau de porcelaine, sa jupe et ses collants, l’adolescente lui rappelait les poupées que lui offrait sa mère à Noël. Elle s’habillait presque de la même façon, lorsqu’elle avait environ l’âge de la jeune chanteuse. C’est surtout son profond regard qui attira son attention, l’espace d’une demi-seconde. Janina, à peine plus grande qu’elle, lui sourit comme le ferait Marraine la Bonne Fée dans Cendrillon.
Elle s’écarta et les fit entrer avant de refermer promptement derrière eux. Elle indiqua alors l’espace du salon, sur la gauche, composé de deux larges canapés modernes, d’un immense écran plat fixé au mur et d’une grande table de salon. A droite, à l’autre bout de la pièce, on remarquait une cuisine ultramoderne dotée de plusieurs tabourets ainsi que d’un bar. Comme toute suédoise qui se respecte, Janina leur fit preuve de l’hospitalité typique de son pays natal avec un ton qui n’était pas sans rappeler celui d’une hôtesse dans un hôtel tant ses mots sonnaient doux dans sa bouche :

« -Avant que nous commencions, je viens de faire chauffer un peu de thé et j’ai sorti une boite de madeleines, si vous en voulez. Je peux également vous préparer un café, un chocolat ou n’importe quoi d’autre. J’ai aussi d’autres gâteaux en réserves pour la collation, si cela vous intéresse. »
***

« Direction l’épingle du Grand Hotel en 2. Virer serré. Enchainer avec Mirabeau bas. Toujours en vitesse 2, léger freinage, atteindre la bonne sortie. Plein gaz dans le tunnel, légèrement vers la droite, troisième, quatrième, cinquième… »

Le circuit de Monaco avait toujours été l’un des plus originaux mais aussi l’un des plus difficiles pour les pilotes de course. Pour Viggo, cela avait été longtemps le circuit sur lequel il avait rêvé de courir : l’idée de foncer à plus de deux cents à l’heure dans les rues d’une ville puis de longer le bord de mer dans une voiture de course lui avait paru totalement irréaliste la première fois qu’il en avait entendu parler. Lors de la seule fois où il avait couru sur place, en GP2, le circuit s’était révélé plus complexe à maîtriser que prévu, notamment à cause de l’étroitesse de la piste, prévue habituellement pour deux voies de circulations, ce qui ne laissait que très peu de place pour dépasser et donc encore moins à l’erreur.
Assis sur le siège de son kit de jeu, un casque audio sur les oreilles, Viggo parcourait le tracé de ce circuit mythique sur son jeu vidéo dans une partie en ligne où les aides à la conduite avaient été réduites au minimum afin de s’approcher au plus près de la réalité. Pour jouer, il avait installé sa console dans un meuble sur lequel il avait posé une télévision et s’asseyait dans un siège baquet, similaire à celui qu’on pouvait trouver dans des voitures de sports. Le siège était relié via des tiges en métal au sol à une commande de pédales pour la console ainsi qu’un volant placé en surélévation. Ainsi, il retrouvait presque les sensations de la conduite, les secousses, les vibrations et l’encaissement des G en moins. Les joueurs contre qui il courait étaient bons, pour des joueurs, mais cela n’empêcha pas Viggo de filer rapidement vers la victoire avec un tour d’avance sur le deuxième.  Après une après midi à faire de l’exercice intensif pour se maintenir en forme dans la salle prévue à cet effet à l’étage, le jeune suédois avait prit une bonne douche afin de chasser l’odeur de la transpiration. Revenu dans sa chambre, il avait enfilé un t-shirt blanc –un vêtement qu’il avait en presque dix exemplaires– ainsi qu’un pantalon de jogging gris. Il s’agissait de sa tenue pour la maison quand il n’y avait rien à faire. Le jeune homme avait eu l’envie de descendre boire un jus de fruit et de manger un morceau, comme il le faisait certains après midi, mais c’est en voyant son kit de jeu trôner fièrement dans le coin de sa chambre qu’il entendit son appel, et ne résista pas à l’envie de faire une course.
Après avoir éteint son jeu, il se leva puis s’étira avant de se demander quand est-ce qu’il finirait par ranger le bazar qui régnait dans sa chambre, un bazar qui incluait des vêtements et des notes de leçons de japonais par correspondance éparpillées au pied de son bureau. Finalement, il sortit de sa chambre et descendit les escaliers menant au salon en pensant à…

« -… j’ai aussi d’autres gâteaux, si cela vous intéresse. »

Le rendez-vous... Merde. Viggo avait complètement oublié que sa mère recevait cet après-midi la fameuse chanteuse qu’ils avaient vus se produire, la semaine dernière. Il la vit d’ailleurs entrer avec celui qui devait être son agent, en costume deux pièces. Alors qu’il s’apprêtait à remonter, probablement pour se rhabiller ou hiberner jusqu’à leur départ, Janina le repéra et s’adressa à lui en suédois avec un sourire qui mélangeait affectuosité et moquerie :

« -Ah, Viggo ! Tu viens enfin de sortir de ton perchoir, viens dire bonjour aux invités. »

Viggo resta un instant figé, la sensation d’être un lapin pris dans les phares d’une voiture, puis cilla rapidement des yeux. C’est dans sa démarche habituelle –quoiqu’un peu plus rigide-, légèrement courbé vers l’avant, en jogging, pieds nus et les cheveux encore humides qu’il s’approcha des invités, ses yeux pâles brillants d’un éclat sanglant à la lumière du salon. Il s’apprêtait à tendre la main mais se corrigea bien vite en s’inclinant comme le faisaient les nippons, mais d’une manière un peu plus gauche, sans trop savoir s’il s’inclinait trop ou pas assez face aux invités de la maison :

« -Konichiwa, articula-t-il avec un peu d’hésitation et un accent qui essayait toujours de se faire remarquer, Je m'appelle Viggo. »
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Jeu 26 Avr 2018 - 18:08

Alors que les présentations se faisaient, Ayame pensait déjà a autre chose. Elle avait réussit a convaincre Haneko de venir l'écouter chanter dans sa petite zone de confort du parc qui se trouvait vers Hiryuu, entre les arbres, un peu a l'abri des regards. Un endroit ou elle allait plus souvent ces derniers temps, car puisqu'il ne fallait pas que sa relation avec Haneko soit connue, le mieux etait d'aller dans des endroits ou elles ne seraient pas trop vu. Et ce parc en etait un. Elle gloussa toute seule, pendant une seconde, avant que Jonathan lui tapote la tete pour la ramener au présent. Elle cligna des yeux un instant, et releva la tete, toute sourire comme a son habitude.

Elle fit grincer ses épaules, pour ajuster sa guitare qui se trouvait derriere son dos, bien attaché. Elle n'allait nul part sans elle. La house renfermait en vérité un grand nombre d'objets, donnant au tout le résultat que pouvait avoir un sac a main pour une femme classique. Sa guitare, sa flute, son énorme carnet qu'elle utilisait depuis ses tout début, renfermant la totalité de ses créations, bien trop nombreuse pour que le carnet puisse tout contenir sans qu'elle ai du y rajouter un bon nombre de feuille scotché et ou collés. Son enceinte Bose hors de prix, de la taille de sa main, et une multitude d'autre chose qui rendait le tout étrangement lourd pour une fille de sa taille. Mais elle ne s'en plaignait jamais.

Elle observa les alentours, avant de retirer le contenant de ses épaules et de le poser délicatement appuyé contre le canapé ou elle se laissa tomber dans un soupir de plaisir. Elle se mit tranquillement a chantonner en regardant tout autour d'elle, sans véritable gène, absolument aucune marque d'appréhension ou de stresse. Elle semblait être la sans vraiment y être. Pour certain, cela aurait pu paraître mal élevé. Mais elle était simplement un peu toujours dans son monde, la concentration aussi évasive qu'une plume, allant ici et la au gré du vent.

♪ Everything i wanna be
Caught up between them
Think they can kill my dream ?
No No No No ♪

♪ Hidai na mousou isso soko ni sutete oki na
jidai wa moutou ni warera no saki e ♪

♪ Chuucho wa oroka yousha mo nain darou ka
YES or No ka sonna koto wa kikuna hora
aite ga nan darou ga suki ni shitain da
uso wa tsukenai no de ♪

Elle sursauta, quand Jonathan lui tapota la joue. Elle regarda a droite et a gauche. Il était quelle heure ? Ou était elle ? Ah oui, elle s'en souvenait maintenant. Dans la maison de cette dame, Suédoise. Son prénom déjà ? Aucune idée maintenant qu'elle essayait d'y penser. Elle la regarda, et lui fit un grand sourire. Elle n'avait aucune idée d’où était la conversation, si on lui demandait une réponse quelconque ou quoi que ce soit.

- Pardon, j'ai tendance a m'éparpiller.

Elle ricana en reprenant son évaluation des alentours, sans remarquer le moins du monde qu'une personne supplémentaire ni qu'elle avait déjà parlé. Jonathan inclina la tête devant lui poliment, en se présentant, lui ainsi qu'Ayame, en forçant cette dernière a incliner la tête. Elle sourit, alors que ses yeux étaient très visiblement concentré sur le mur, comme si elle l'étudiait très sérieusement. Jonathan en profita pour refuser poliment les propositions de boissons et de nourritures. Il ne comptait pas passer sa fin de journée ici. Il sentit son téléphone sonner et s'excusa poliment, en se levant et s'éloignant. Ce fut son départ qui ramena légèrement Ayame a la réalité, et surtout, a l'endroit ou elle se trouvait. Elle sourit a la femme en face d'elle.

- Pardon, je ne sais plus si je vous ai donné mon nom. Je suis Ayame.

Pas de marque de politesse extraordinaire, si bien que n'importe qui a cheval sur le protocole aura probablement tiqué. Elle tourna les yeux vers le garçon, le détaillant sans aucune gène, et lui sourit également. Pas besoin de se présenter a nouveau. Viggo. Elle l'avait entendue dire son nom. A chaque fois qu'elle se concentrait, tout ce qu'elle avait manqué lui revenait en mémoire, comme si il lui suffisait d'un temps d'adaptation. Elle regarda surtout le haut de son corps :

- Cool tes cheveux, Viggo.

Encore une fois, aucune marque du respect qu'il était quasiment obligatoire d'avoir pour un ainé. Mais quand elle rigolait derrière, comme elle venait de le faire, tout lui était généralement pardonné. Jonathan revint a ce moment la et vint lui glisser quelques mots dans l'oreille en parlant assez vite.

- Le musée a adoré ta présentation. Ils veulent que tu en fasse un autre le mois prochain. Enfin, on est pas encore en Mai, mais ils veulent pour début Juin. Donc tu as intérêt a le faire.


Elle le regarda en soupirant. Elle n'avait pas particulièrement adorée jouer du piano sans aucune chansons, avec des partitions d'un classicisme que sa mère adorait. Mais si c’était incroyable pour la meilleure pianiste du Japon, Adelaide Stein-Masuda, alors Ayame n'avait probablement rien a dire a ces vieux réac. Elle fit une moue agacée, sans répondre, se retournant plutôt vers leurs hôtes :

- Alors, pourquoi avez vous besoin de moi ?

Aucun tact, pas le moindre détournement de phrase. Droit au but. Du pur Ayame dans le texte. Elle croisa les bras, alors que Jonathan soupirait de lassitude sans rien ajouter.
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Ven 27 Avr 2018 - 1:11

Viggo n’avait pas quitté des yeux Ayame en la voyant entrer dans la pièce. L’homme, avec son costume ressemblait à l’un de ces hommes d’affaires qu’il croisait parfois dans le paddock, un collier au bout duquel pendait un badge sur lequel était inscrit en grosses lettres « V.I.P. ». La fille, quant à elle, avec son énorme étui à guitare sur le dos et la façon dont elle s’était laissé tomber sur le canapé, lui parut différente de l’autre soir. Peut être était-ce parce qu’elle n’était pas sur la scène en train de chanter, sa guitare à la main, sous le feu pâle des projecteurs du bar dans lequel ils avaient diné, l’autre soir.

Il nota qu’elle ne sembla vraiment revenir à la conversation que lorsque son agent l’eut quitté pour aller passer un coup de fil. Elle s’excusa par deux fois, l’une pour s’être perdue dans ses pensées, ce qui ne sembla pas déranger sa mère, bien au contraire : elle aimait les gens qui rêvaient, même en plein jour. Après tout, les œuvres qu’elle jouait sur scène étaient liées à l’imaginaire. Pour sûr, sa mère était une artiste.
La jeune fille s’excusa une autre fois pour ne pas avoir donné son prénom, excuse à laquelle Janina répondit avec un sourire et dans un japonais simple que Jonathan le lui avait déjà donné.

« -On peut se tutoyer, si tu veux, avait-elle ajouté. Tu peux m’appeler Janina. »

Elle l’avait d’ailleurs repéré à cet instant et lui demanda de venir se présenter, ce qu’il fit auprès d’Ayame. Cette dernière se mit à l’observer attentivement de la tête au pied. Viggo avait toujours su qu’il était différent. Il l’avait compris en arrivant à l’école, en remarquant la façon dont les autres enfants le regardaient, surtout lorsqu’il arrivait dans une nouvelle école.
Que ça soit à Stockholm, New-York, Paris, Singapour, Rome, Sydney ou Le Cap, on l’avait toujours dévisageait avec de grands yeux. Parfois il n’y avait que des regards, parfois les chuchotements s’y ajoutaient. Pourquoi il est tout pâle ? T’as vu ses cheveux blancs ? On dirait un vampire, un fantôme. Tu crois que c’est un mort vivant ?

Et puis parfois, c’était plus physique, dans un coin de la cour quand un surveillant était déjà occupé, dans les vestiaires avant ou après le cours de sport… Il avait appris à supprimer ses émotions, dans ses moments là. Malgré les tentatives, les mots et même parfois des coups, tout ce qu’on arrivait à obtenir de lui, c’était un mutisme pesant et ses yeux pâles qui cillaient en fixant les détracteurs comme s’ils ne s’agissaient que de simples statues qui l’encerclaient. Après deux ou trois essais, les brutes laissaient tomber, comprenant qu’ils n’obtiendraient aucune larme, aucun cri, aucune injure ou même coup en retour de la part du garçon.
Avec l’âge, les esprits semblaient s’ouvrir un peu plus. Bien sûr, il y avait toujours des idiots qui n’avaient pas grandis et qui cherchaient toujours à l’atteindre, mais c’était toujours sans succès. Bien sûr il y avait toujours des regards. Les choses changeaient. On l’avait même déjà invité à une fête, lorsqu’il avait 16 ans, mais il s’était terriblement senti mal à l’aise, malgré toutes les bonnes intentions de l’hôte.

La façon dont Ayame l’observait l’avait un peu gêné, car il lui semblait presque qu’elle le faisait avec un microscope, comme s’il n’était qu’un item que l’on trouvait au milieu d’un cabinet de curiosité. Il remarqua qu’elle s’attarda beaucoup sur sa tignasse blanche.

« -Cool tes cheveux, Viggo. »


Elle accompagna sa remarque par un petit rire, qui arracha l’ombre d’un sourire à l’albinos. Elle n’avait sans pas dit cela par pitié pour sa condition ou pour se moquer de lui. Non, cela lui sembla honnête et direct de sa part. Alors que Jonathan revenait pour expliquer quelque chose qui sembla faire perdre son sourire à Ayame, Janina interpella Viggo dans sa langue :

« -Pourquoi ne pas te servir un verre et rester un peu avec nous, avec moi ? Je t’ai à peine vu, aujourd’hui. »

Il hésita, puis lui adressa un léger sourire, pour lui faire plaisir :

« -D’accord, maman. Je vais juste m’habiller, je reviens tout de suite. »


Il repartit dans les escaliers et remonta dans sa chambre. Il avait entendu la question d’Ayame et le début de réponse de sa mère. Il avait déjà discuté de la pièce avec sa mère, lors d’un dîner en famille et devina le résumé qu’elle ferait à ses invitées : la pièce s’intitulait Un Dernier Verre.
Il s’agirait d’un huit clos, dans un bar, en fin de soirée. Un meurtre serait commis et la propriétaire en serait la victime. Les trois derniers clients sur place, tous ayant de bonnes raisons de vouloir l’assassiner, seraient interrogés par des policiers qui attendaient en planque devant le bar et donc arrivés immédiatement après la découverte du corps.
La spécificité de la pièce serait qu’à partir de là, elle serait improvisée et jouée en interaction avec le publique, qui essaierait de trouver le ou la coupable en fonction des indices, des motifs et de leur intuition. Étant donné que la pièce se jouerait plus d’une fois, le public et donc le coupable à la fin de la pièce changeraient à chaque représentation.
L’argent récolté par la vente des places serait alors reversé à une association locale dont la mission serait de favoriser la mise en place de plusieurs projets communautaires dans la ville de Keimoo.

Si Janina avait besoin d’Ayame dans la pièce, c’était surtout pour l’ouverture de la pièce, puisque la première scène serait la fin d’un concert donnée par une chanteuse dans le bar où se déroulerait l’intrigue. Pas un rôle important, il lui suffirait de dire « merci beaucoup » et de saluer deux ou trois des clients du bar fictif avant de quitter la scène avec sa guitare. Pour sa mère, il s’agirait d’instaurer une ambiance dans la salle, de permettre à une jeune chanteuse de déployer son talent et peut être même de la faire connaître auprès d’un plus large public, si elle n’était pas très connue.
Sa mère lui avait expliqué tout ça, avec son père avec fierté autour d’un repas, chose normale, quand on sait que le théâtre représentait toute sa vie, pour elle. Elle lui avait même fait lire certains passages, pour qu’il lui donne un avis. Le sien avait été favorable, mais il n’était pas du tout un amateur de théâtre, donc il ne sut pas vraiment si son jugement avait de l’importance.

Dans sa chambre, Viggo retira son pantalon de jogging et enfila un jean noir puis s’assit sur le rebord de son grand lit pour passer à ses pieds une paire de Chuck Taylor à ses pieds et noua promptement les lacets. Une fois prêt, il redescendit dans le salon et fila droit à la cuisine. Là, il se servit un verre de jus d’orange frais, pressé le matin même par sa mère puis s’empara d’un cure-dent rangé avec tous les autres dans un tiroir. Puis il revint s’asseoir alors que sa mère terminait les explications de la pièce. Il se tenait légèrement recroquevillé sur le canapé, son verre dans une main, le cure-dent glissant mécaniquement entre ses doigts dans l’autre, un geste qu'on le remarquait souvent faire avec des stylos, des clés ou parfois même avec des couverts, lorsqu'un repas s'éternisait un peu trop.

« -Alors qu’en dîtes vous ? demandait Janina avec un sourire franc. »
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Dim 29 Avr 2018 - 14:19

Elle avait écouté sans jamais broncher, les yeux braqués sur la maîtresse de maison qui semblait vraiment passionné par son explication, alors qu'Ayame avait probablement a peine comprit la moitié, son attention continuellement détourné par le départ puis le retour de Viggo, et surtout, la façon qu'il avait de faire bouger cet objet entre ses doigts. Elle soupira intérieurement en songeant que c’était criminel de faire ça alors qu'elle essayait de comprendre ce qu'on lui racontait. Tout ce qu'il fallait savoir, après tout, c'est qu'elle était la pour du théâtre. Et qu'elle n’était vraiment pas douée pour.

- Huuuuuum.


C’était plutôt pour se donner de la contenance qu'une réponse, quand on lui demanda ce qu'elle en pensait. Elle se leva et commença a marcher lentement derrière le canapé, en chantonnant, les yeux fermés, se maintenant de la main au meuble sur lequel elle était assise une seconde plus tôt. Jonathan décida de faire la conversation lui même plutôt qu'attendre que la brune se décide. Il savait déjà ce qu'elle allait dire, il savait déjà ce qu'allait être sa réaction. Aussi, il décida de gagner du temps.

- C'est une idée intéressante, le concept est original. Et surtout, donner la recette a une œuvre de charité vous honore. Je reconnais bien la votre pays. N'allez vous pas avoir de difficultés a faire la traduction en Japonais ?


Cela l’intéressait, pour le coup. Ils n’étaient pas la depuis longtemps, et l'accent était exécrable. Au niveau du vocabulaire, et vu la façon qu'ils avaient de parler, il était sur que l'écriture de la pièce, au moins pour la partie non improvisé, devait être agréable. Ayame s’arrêta soudainement et revint s'asseoir, ouvrit la house de sa guitare et souleva son énorme carnet pour venir le mettre sur ses genoux. Neuf ans d'écriture musicale, de dessins en tout genre, d'idées, étaient répertoriés dans ces pages. Elle sortit un stylo et commença a écrire tout en chantonnant.

- Pardonnez la, ça lui prend souvent. Je suppose que les artistes sont toujours un peu bizarre.


Elle écrivit rapidement une ligne de texte, puis une ligne de notes de musique. Elle se mit a sourire, rigola lentement toute seule, puis referma son carnet en coinçant son crayon entre ses lèvres. Elle agita les pieds, comme si ce qu'elle venait de penser l'excitait au plus haut point, et finalement, se souvint de pourquoi elle réfléchissait a la base. Elle regarda Jonathan qui avait trop l'habitude pour être gêné ou mal a l'aise, puis Viggo, le garçon qui semblait terriblement ennuyé d’être la. Et enfin, la mère, qui attendait une réponse.

- Alors déjà, c'est un super projet. J'aime bien regarder du théâtre. C'est marrant des fois. Bon, j'en regarde pas souvent. Quasiment jamais en fait, mais a chaque fois que j'en ai vu j'ai bien aimé.


Mais ce n’était pas le sujet. La femme n'en avait sans doute rien a faire de savoir si la Masuda aimait le théâtre ou non. Elle n'avait rien contre l'idée de participer. Mais de une, cela lui prendrait sans doute beaucoup de temps, et du temps, elle n'en avait pas. Et ensuite, a part gâcher la pince par ses habituelles maladresses, personne n'y gagnerait rien.

- Je veux pas avoir l'air de la fille ultra occupée.....mais je suis vraiment tout le temps occupée. J'ai un concert dans un mois, le musée veux que je joue a nouveau pour eux, parce que la dernière fois ils ont trouvés que ca c’était bien passé. Bon, c'est vrai que j'ai mieux joué que je pensais.....mais je suis pas trop trop classique. Je dois avoir récupéré ça de ma mère.


- Ayame est la fille d'Adelaide Stein Masuda, la célèbre pianiste. Vous devez connaître.

- Hum hum, on s'en fiche. Bref. En fait le problème c'est surtout que je suis vraiment nulle pour faire semblant d’être quelqu'un d'autre. Quand j'étais au collège, j'ai ruiné une pièce et j'ai fini par chanter au lieu de jouer mon rôle. C’était marrant. Mais pas vraiment le but recherché.

Elle eu un sourire en se souvenant de son professeur de l'époque, vexé de voir que sa pièce avait moins de succès que cette petite gamine qui chantait, certes très bien, mais totalement en improvisation, loin de ce que lui avait prévu. Elle resta silencieuse, un instant et reprit la parole.

- Et j'ai beaucoup de mal a me souvenir de texte et tout. Enfin, sauf les chansons. Mais c'est différent, je....je parle beaucoup désolée. Tout ça pour dire que je ne pense pas etre la personne que vous recherchez. Vous feriez mieux d'essayer de dénicher un nouveau talent. Je ne pense pas que votre public et le mien soit compatible.


Elle se gratta la tête, refuser était un art plus difficile qu'il n'y paraissait.
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Sam 5 Mai 2018 - 15:56

Viggo se demanda s’il était clair pour les invités qu’il souhaitait être ailleurs. Bien sûr qu’il aimait sa mère et il avait trouvé cela intéressant de l’entendre parler de sa pièce avec passion, surtout à en juger le temps qu’elle avait passé à l’écrire. En tant que lecteur, il avait trouvé cela très admirable de sa mère de se lancer dans un tel projet, surtout qu’il ne doutait pas de la quantité de travail que cela impliquait pour écrire une œuvre. Mais à cet instant, il aurait préféré rester dans sa chambre avec un livre ou aller faire un tour en voiture.
Il avait remarqué le regard d’Ayame lorsqu’il était revenu s’asseoir, ce même regard qui observait le cure-dent naviguer entre ses doigts pâles. Il se demanda si elle aussi souhaitait être ailleurs, elle aussi…
A peine sa mère eut-elle fini ses explications qu’Ayame se leva et entama une marche qui lui parut très étrange, une main sur le canapé, les yeux fermés en chantonnant un air qu’il ne connaissait pas. Il devina du coin de l’œil le regard étonné de sa mère qui semblait elle aussi surprise par la jeune fille. Seul Jonathan resta tranquille, semblant habitué à ce genre de comportements. Ce dernier aborda justement la question de la traduction auprès de sa mère, qui revint à lui avec un sourire :

« -Je vous remercie. Pour la traduction, j’ai sollicité l’aide d’un très bon ami à moi, Tenshiro Watanabe. Peut être le connaissez vous, il a joué dans plusieurs films produits ici et s’est proposé de m’aider pour la traduction de la pièce. »

Ce fameux Tenshiro était déjà venu dîner à plusieurs reprises ici, avec sa femme. Un homme simple et modeste malgré les critiques élogieuses auxquelles il avait souvent droit, selon Janina. Pour Viggo, qui ne regardait jamais la télévision en dehors des grands prix, il n’était qu’un autre invité.
Ayame revint soudainement s’asseoir et se mit à noter ce qu’il devina être des notes de musiques et peut être des paroles. Il repensa à ses notes qu’il se faisait, lorsqu’il découvrait un nouveau circuit et qu’il mémorisait par cœur avant de se lancer sur la piste. Janina répondit avec bonhomie aux excuses de Jonathan à propos de l’attitude d’Ayame qu’elle observait avec curiosité. Son « processus de création », comme elle le disait devait être amusant à voir.
A en juger le début de réponse que fit Ayame, Viggo sut qu’elle n’allait sûrement pas être positive. Janina dû le deviner, elle aussi, puisqu’elle haussa furtivement les sourcils, comme elle le faisait souvent quand quelque chose lui déplaisait. La remarque de Jonathan à propos de la parenté de l’adolescente sembla cependant la surprendre, puisqu’elle avait commencé à ouvrir la bouche, sans doute pour lâcher « Oh » d’étonnement en raison de tout ce que cela devait impliquer.  Mais la jeune fille fut prompte à couper court à toute manière d’aborder ce sujet.
Viggo la comprenait, à cet instant : être « fils de » ou « fille de » n’était pas toujours très simple à assumer. Le fait qu’on devait tenir une certaine réputation, prendre la relève… Sa sœur s’était toujours plus montrée plus douée que lui à cela, mais de son côté, il avait toujours prit soin d’éviter tout scandale.
Janina poussa un long soupir quand Ayame eut terminé ses explications. Il ne s’agissait pas d’un soupir d’agacement, mais plus celui de quelqu’un qui réfléchissait. Elle comprenait que la jeune chanteuse, bien qu’un peu mal à l’aise dans son refus, ne le faisait avec dédain. Janina devait surtout se rendre compte qu’elle n’avait sans doute mal évalué la notoriété dont devait déjà jouir cette petite. Cela ne sembla pas la surprendre, avec un talent pareil, on ne passe jamais inaperçu très longtemps… Elle resta silencieuse quelque secondes, puis elle leva les yeux vers l’adolescente et joignit les mains sur ses genoux :

« -La pièce ne se jouera pas avant au moins plusieurs mois, puisqu’il y a encore de nombreuses étapes à franchir dans le processus de création, ce qui te laisserais encore du temps pour réserver quelques soirs, le temps de jouer la pièce. On ne la jouerait qu’une semaine, 5 ou 6 représentations en tout. Si tu acceptes, tu n’auras aucun souci à te faire au niveau du texte à apprendre, puisque je te demanderais juste de chanter une chanson en ouverture, rien de plus. »

Elle leva en suite les mains et fit un geste en les croisant à l’horizontal, comme pour supprimer toute éventuelle menace que ses mots auraient pu laisser transparaitre :

« -Mais si tu n’es pas intéressée, c’est toi qui décide. »


Alors qu’elle reprenait une gorgée de thé, Viggo terminait son verre et faisait maintenant passer son cure-dent entre ses deux mains, toujours avec les mêmes mouvements rapides et mécaniques.
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Sam 5 Mai 2018 - 18:30

Elle écouta la réponse, en penchant la tête sur le coté, tout en triturant une de ses mèches de cheveux par réflexe, du bout du doigt. Aucun texte a apprendre ? C’était déjà plus intéressant de son point de vu. Elle se leva lentement, comme pour s'étirer les jambes, sans détourner le regard, comme si elle faisait ça sans y penser. Une petite minute, et elle retomba assise, en lâchant des « hm hm, so desu ne » compréhensif. Elle analysait la proposition sous l'angle nouveau que l'on venait de lui dire.

Elle ne comprenait pas l'utilité de lui demander ça plusieurs mois en avance. Si elle n'avait pas le choix que de prévoir ses concerts un moment avant qu'elle se produise, ce n’était pas pour elle, c'etait juste pour permettre aux gens de savoir, bien sur. Et encore, elle décidait toujours de le faire a la limite la plus proche possible. Elle n'ouvrait jamais une idée de concert plus d'un mois avant la date qu'elle voulait fixer le spectacle. Elle le faisait quand elle avait envie. Quand elle etait dans l'optique d'en faire un. Dans l'envie. C’était une pulsion qu'elle avait, et comme pour tout le reste de sa vie, c’était ainsi, son fonctionnement.

- Le truc déjà, au niveau des dates, c'est que j'aime pas trop réserver des soirées a l'avance. Si ça tombe sur un soir ou j'ai envie de chanter dans un bar, bah je serais coincée. Et j'aime bien suivre mes envies plutot qu'un planning. Bon j'ai pas le choix des fois. Mais voilà.


Elle trouvait cela logique, alors que Jonathan a coté de lui retint un soupire ennuyé. C’était un calvaire de prévoir des événements a l'avance, et il se souvenait encore amèrement de cette fameuse soirée de réunion avec la plupart des tenanciers de Bar avec qui ils faisaient affaires, vouloir l'écharper car elle ratait une soirée sur deux ou qu'elle n'allait jamais se représenter dans le bon. Un soir ou elle devait aller dans un bar dans le centre de Keimoo, elle se retrouvait a Hyriuu, alors qu'un autre jour encore, elle décidait au contraire d'aller a Keimoo centre ou elle n'avait pas de programme. En effet, comme tout les bars la voulaient, ils avaient fait un planning pour que tous soit équitablement répartit. Mais elle faisait comme si il n’existait pas.

- Ensuite, chanter une seule chanson c'est dommage. Autant que ça commence plus tôt et que je chante plus longtemps. Mais le problème c'est le public.

Elle avait en tête une population de quinquagénaire qui viendrait voir la pièce et n'apprécierait pas d'écouter une adolescente. Elle aurait bien plus changer son répertoire en fonction de la population. Elle savait improvisé dans quasiment tout les domaines. Et quand on était la fille d'Adelaide Stein Masuda, il n’était pas étonnant d’être extrêmement douée en musique classique. Par exemple elle avait quelque mois plus tôt accompagnée sa mère, sans vraiment avoir le choix, a une fête d'anniversaire du fils d'un Emir d'Arabie-Saoudite, ou elles avaient jouées en duo toute la soirée. Ça avait était une bonne expérience, et elle s’était même rapprochée d'Hayden durant ce séjour. Tout bénéfique pour elle.

- Ça change tout un peu.....mais je veux mettre des conditions pour ma participation.

Elle se demanda si la femme allait croire qu'elle souhaitait être payée, ou avoir des avantages quelconques vis a vis des autres. Jonathan lui, songea qu'elle ne devait pas se rendre compte qu'elle avait devant elle la chanteuse la plus populaire de la ville, et que rien que par sa présence, elle allait probablement faire doubler ou tripler le nombre de spectateurs potentiels. Si elle le savait, alors elle accepterait sans doute la totalité des conditions de la brune. Aussi farfelue qu'elle pouvait l’être. Cette dernière leva un premier doigt :

- Première condition, je veux que la pièce ai lieu en Août, cet été donc. Ça vous laisse quatre mois. Ainsi, on pourra faire la représentation en extérieur. Pourquoi pas sur la plage. Comme ça, il pourra y avoir plein plein de monde !

L'objectif ici était de pouvoir avoir un public varié. Elle n'avait absolument pas envie de se retrouver devant un public de théâtre tous tirés a quatre épingles, qui n'avaient absolument aucuns gouts de la musique qu'elle pouvait faire. Elle n'avait surtout pas envie que des gens du style de ses parents gâchent une idée aussi intéressante. Elle leva un deuxième doigt :

- La seconde, c'est que je veux littéralement faire une première partie. Je ne veux pas juste chanter une chanson. Je veux chanter pendant au moins une heure. Et a la fin de mon concert, vous pouvez enchaîner sur votre pièce.


Il y aurait peut être un départ de gens, mais l'argent serait déjà la, les gains seraient toujours présent. C’était la condition la plus dure a faire accepter, car il y avait un risque de voler la vedette de la pièce. Mais c’était important pour elle.

- Bon, au moins trois chansons. Pas forcément une heure. Mais je veux avoir le temps de....comment dire... « rentrer dedans. »


Elle sourit. Le temps de rentrer dans sa bulle, dans la fameuse « Aya-stase », ou plus rien n’était audible pour elle, plus rien au delà de sa chanson, rien au dela de la musique. Elle leva finalement son troisième doigt, sa dernière condition :

- Je veux que voir le spectacle soit totalement gratuit. Que tout le monde puisse voir. Et chacun donnera ensuite la somme qu'il désire. C'est ce que je fais pour tout mes concerts.

Elle n'avait pas besoin d'argents, elle s'en fichait. Tout ce qu'elle gagnait elle le donner a ceux qui travaillait pour elle, ou alors elle le reversait aussi a des associations ou finançait des projets pour la ville. C'etait ce qu'elle avait fait jusque la, et elle avait toujours récolté d'avantage que si elle avait donné un prix fixe a ses billets. Les gens etaient bien plus généreux quand il n'y avait aucune obligation a payer.

- Alors? Voila, en échange, je participerais a toute vos représentations, même si c'est que pour les 5 premières minutes, pour la pièce je veux dire.

Elle sourit, se releva en s'étirant, puis retomba encore assise. Jonathan lui, avait le nez dans son téléphone et n'écoutait plus vraiment.
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Dim 6 Mai 2018 - 16:47

En observant la réaction d’Ayame après l’explication de Janina, Viggo sut qu’elle avait vu juste puisqu’Ayame sembla de nouveau plongée dans la réflexion. La rousse la laissa réfléchir en toute tranquillité. Elle avait tout son temps devant elle pour essayer de la convaincre et Ayame n’était pas une invitée désagréable, au contraire. Néanmoins, cela ne l’empêcha pas de froncer les sourcils quand Ayame commença à aborder les plannings et surtout les conditions. Janina craignit que la fille d’Adelaide Stein Masuda décide de monter sur ses grands chevaux afin de faire un caprice d’enfant de star. Viggo en avait l’habitude, lui, dans les écoles où il allait. Il ne montra aucune réaction particulière à cela et l’écouta distraitement.
Mais les conditions étonnèrent la suédoise aux cheveux roux, qui eut un peu de mal à le cacher : elle s’attendait à ce qu’elle exige une loge avec un certain type de nourriture, une assistante qui lui ferait tout ce qu’on voudrait ou même un repas quatre étoiles pour son animal de compagnie. Mais Ayame les propositions de l’adolescente furent toutes autres et Janina les écouta attentivement. Après tout, de bonnes idées pourraient peut être en émerger…
Alors qu’Ayame terminait ses explications, la femme sembla pensive, analysant les conditions de l’adolescente pour voir si elles étaient compatibles avec ce qu’elle avait prévu jusqu’à présent. Elle réfléchit pendant quelques instants avant de répondre :

« -Tout d’abord, j’apprécie ton idée par rapport à une représentation en extérieur, cela pourrait effectivement ramener plus de monde. Peut être serait-ce un peu plus compliqué sur la plage, mais le faire dans l’un des parcs de la ville serait aussi efficace. »

Elle avait en tête les représentations auxquelles elle avait participé à l’Open Air Theatre, à Regent’s Park, il y a quelques années, quand ils étaient encore en Europe. Jouer du Shakespeare en plein air offrait toujours quelque chose de magique, aussi bien aux acteurs qu’aux spectateurs.

« -Pour une éventuelle première partie, je ne peux pas me permettre de faire une heure, puisque le tout durerait beaucoup trop longtemps. Je pourrais cependant avancer l’heure du rendez vous de disons… une demi heure ? Cela te permettrait de faire plusieurs chansons, si tu le souhaites, je comprends tout à fait ce que tu veux dire par « rentrer dedans ».

Il s’agissait d’une vraie artiste, songea-t-elle. Une personne qui vivait pour son art. Pas l’une de ces chanteuses qui recherchaient avant tout à se faire remarquer en s’affichant avec les vêtements de grands couturiers ou en exposant leur plastique probablement refaite à coups de scalpels et d’injections, le tout avec des paroles simplettes qu’elles n’avaient probablement jamais écrites. Ayame et elle avaient toutes deux une passion pour ce qu’elles faisaient et rien que pour ça, la japonaise pouvait être sûre d’avoir le respect de la femme de théâtre. Il fallait cependant encore accorder la dernière condition :

« -Pour être tout à fait honnête, Ayame, j’admire beaucoup ta générosité et si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais sans doute adopté la même méthode pour récolter de l’argent. Mais il faut que tu saches que je me suis mis au service d’une association qui exige quelques garanties afin de financer leur projet et je ne suis pas sûre qu’ils accepteraient de rendre leur spectacle gratuit de base. »


Elle leva le doigt en signe d’apaisement afin de souligner le fait qu’elle n’avait pas terminé ses explications :

« -Cependant, je pourrais essayer d’aborder ta manière avec eux et voir s’ils seraient d’accord. Je tiens à dire que tu m’avais bluffé l’autre soir, comme tout le reste du public dans la salle où nous étions et c’est pour ça que j’aimerais vraiment t’avoir sur scène. Si tu me laisses quelques jours et que j’arrive à les convaincre, est-ce que tu serais toujours partante ? »

Janina joignit les mains sur ses genoux et se pencha en avant, afin de s’asseoir de manière plus décontractée :

« -Sinon, en dehors de notre escapade en famille, à ce bar où tu donnais un concert, je ne suis pas beaucoup sortie et j’ai passé beaucoup de temps à travailler sur cette pièce. Du coup, je n’ai pas vu si tu avais donné d’autres représentations. Combien de concerts fais-tu par mois ? Tu as l’air d’avoir plus d’expérience que je ne l’avais imaginé, sans vouloir t’offenser. »

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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Dim 6 Mai 2018 - 20:23

Elle s'étira, l'air agacé. Pas une seule de ses conditions n'avaient étaient acceptés totalement, et elle avait la désagréable impression que c’était une façon de dire « c'est moi qui décide ». La totalité des demandes avaient étaient expérimentés par elle même par le passé, mis a part sans doute cette histoire de faire la première partie. La façon que la femme avait eu de renvoyé l'adolescente dans les cordes était clairement pour montrer le dominant dans un rapport de force qu'elle avait du mal a visualiser. Elle se leva une énième fois, se tournant finalement dos a son interlocutrice, observant le mur opposé d'un air rêveur. Jonathan qui sentait bien que la façon dont elle allait s'exprimer n'allait sans doute pas plaire a une femme de ce standing, prit la parole :

- Sachez que toute les conditions évoqués ont déjà étaient mises en place par le passé. Ayame a une vraie expérience de la scène et de l'organisation. A vrai dire, elle s'en occupe presque autant que moi maintenant. Si bien que....


La petite brune se retourna et coupa la parole a son manager, qui tiqua et retomba assis au fond du canapé sans rien dire. Si dans une relation il devait y avoir un dominant et un dominé, il était évident qu'elle devait sans doute gagner la plupart des débats dans lesquels ils étaient tout les deux confrontés. C’était surtout parce qu'il avait la rationalité de savoir qu'elle n'abdiquerait jamais, alors plutôt que de parler encore et encore, il préférait la laisser faire.

- Il suffit de décaler le début de la présentation. Mettons que vous disiez que la pièce commence a dix neuf heure, et que ma représentation a lieu a dix-huit heure. Ceux qui veulent voir l'un ou l'autre peuvent choisir, ce n'est pas difficile a mettre en place, et je pense de toute façon, sans vouloir vous offensez, que je ramènerai sans doute beaucoup plus de gens que si vous faisiez juste de la pub pour ça.

En fait, elle disait ça, mais elle ne connaissait pas la notoriété de cette femme. Ce qu'elle savait, c’était la place qu'elle avait désormais a Keimoo. Elle n’était plus dans l'ombre de sa mère et avait sa propre notoriété. Elle savait qu'a l'instant ou elle lançait l'annonce d'un concert sur twitter, elle avait salle comble dans les deux jours. Cette femme ne devait pas se douter de la foule qu'elle ferait venir. Elle s'accroupit, pour faire marcher ses articulations, et sembla vouloir monter debout sur le canapé, mais finit par s'abstenir.

- Pour le paiement, par contre, c'est non négociable. Vous en faite pas pour les associations et tout ces trucs la. Si ils vous font chier, je peux financer ce qu'il y a besoin de financer a la place, c'est pas un soucis. Il faudra juste me rembourser a la hauteur de ce que j'ai dépensé en matériel. Le reste ira a une association qui vous va. Je refuse de faire payer quelqu'un pour écouter de la musique. Chacun est libre de donner, et il y aura des donneurs, beaucoup, comme d'habitude. Mais je ne suis pas un produit commercial.

Elle se passa la main dans les cheveux, en songeant au prix exorbitant d'une place de concert pour assister a une représentation de sa mère, notamment dans les grandes salles de classique de Tokyo, la ou elle représentait le plus souvent. Elle prit une grande inspiration avant de lui faire un grand sourire. Elle parlait sans arriérés pensés, mais il était évident qu'elle n'était pas énervé pour un sou. Elle établissait simplement les faits qu'elle avait en tete, ni plus ni moins. Elle s'éloigna un peu dans le salon une fois qu'elle avait terminé de parler, en chantonnant.

Spoiler:
 

♪ Shinjiteru mono wa aru kai ?
Kage mo katachi mo nakute kamawanai
Omoidashita yo bokura no hibi wo
Ikari wo hanatsu kimi no mune no naka de ♪

♪ Yume kibou yubi wo kuwaete
Tada nagamete owaru tsumori wa naku
Kitto itsuka kanau hazu datte
Sonna hitogoto mitai na hanashi kai ♪

Elle fit un petit couinement amusé, alors que Jonathan se redressait, comme pour combler le blanc qui venait de ce créer par les deux couplets qu'elle venait de chanter.

- Nous connaissons bien les différents groupes et associations de la ville. Les Masuda sont une famille vraiment influente au Japon et surtout a Keimoo. Par exemple, la fete des investisseurs pour la nouvelle année a eu lieu au manoir Masuda, pour vous donner une idée. Avec le maire et ses adjoints, ainsi qu'un grand nombre de vip. Loin de moi l'idée de vouloir donner de l'importance a tout ça, après tout cela n'a rien a voir avec moi et avec Ayame, mais vous pouvez imaginer que si vous dite que c'est la volonté de la petite Masuda, vous ne devriez pas avoir beaucoup de chance d'essuyer un refus.

Même a l'international, la famille Masuda, le père, était vraiment connu au niveau business, et la mère musicalement parlant, qui était Allemande d'origine et avait jouée dans les plus grandes salles de concert partout sur la planète. Ayame revint a cet instant, pour entendre la question suivante.

- Oh, vous ne m’offensez pas, j'en ai pas l'air comme ça, mais je pense que je suis assez sérieuse. Je fais une représentation par jour. Minimum. Sans parler des concerts, des festivals....des fois je fais des live sur youtube aussi.

C’était une performance colossale que d'avoir ce taux de représentation. Les artistes n’étaient pas aussi actif normalement. Mais c’était sans doute ce qui l'avait rendue populaire. Sa proximité avec les gens, sa régularité dans les performances. Elle sourit a nouveau :

- Si vous voulez, je peux vous faire une démo ou un truc, pour vous rassurez si vous hésitez encore de mes compétences. J'ai ma guitare et ma flûte traversière sur moi. Sinon si vous avez un piano ou une batterie, je peux aussi. Enfin j'oblige pas, si vous vous en foutez, moi aussi au fond.

Jonathan ricana intérieurement. Si sa mère ou son père l'avait entendu parler comme ça, ils auraient fait une attaque.


Dernière édition par Ayame Masuda le Sam 12 Mai 2018 - 0:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Mar 8 Mai 2018 - 22:37

Jonathan s’exprimait étrangement vite et Viggo crut qu’il cherchait presque à masquer quelque chose avant qu’il ne soit trop tard. Ce n’est que lorsqu’Ayame prit soudainement la parole en l’interrompant au passage qu’il comprit pourquoi est-ce qu’il avait essayé de passer un peu de pommade au préalable.
Viggo ne sut pas si cela eut un grand effet sur sa mère, car sans même se tourner vers elle, il sentit son regard changer, en particulier lorsqu’elle déclara qu’elle pourrait faire bien plus d’entrée que sa mère. Il en conclut qu’elles devaient ignorer beaucoup de choses l’une de le l’autre, même si selon lui, Ayame aurait bien plus de succès ici, sur sa terre natale. Il se demanda cependant si la tendance serait la même si elle se produisait à Stockholm… La suédoise dévisagea longuement la chanteuse, l’air de dire « tu as un sacré culot, mais j’aime ça ».
C’est avec ce même regard qu’elle l’écoute entonner deux couplets d’une chanson dont Viggo ne comprit que la moitié et sa mère peut être encore moins. Ce n’était pas dans son style musical, mais il devait admettre qu’elle chantait vraiment bien et qu’une vie pleine de succès devait l’attendre. Il trouva tout de même très étrange qu’elle se mette à chanter comme ça, au milieu du salon, sans prévenir. Enfin, qui était-il pour juger quelqu’un s’il était « bizarre » ou non ?
Janina sembla elle aussi étonnée, mais ne sembla pas vouloir la réprimander pour ça. Ce n’était pas comme si elle s’était mise à gribouiller les murs ou fumer dans le salon sans en demander la permission. Des peintres dessinaient sur des serviettes en papier au restaurant et des écrivains prenaient parfois un instant pour noter une phrase dans un carnet au milieu d’une conversation. Si pour Ayame c’était le chant, l’en empêcher serait cruel et elle la prendrait sûrement pour une fermée d’esprit qui ne respecte pas son talent.
Jonathan prit alors la parole, sans doute pour distraire l’attention après ce moment qu’il devait qualifier de « gênant » et l’hôte de la maison l’écouta avec attention, hochant la tête par même alors qu’elle imprimait les informations qu’elle recevait. Elle répondit à Jonathan temps :

« -J’ai donc bien fait de faire appel à elle et à vous par extension. J’expliquerai son point de vue, alors et je vous fais confiance pour qu’ils acceptent sans trop tergiverser, à en juger ce dont vous et Ayame venez de me dire à propos de l’organisation de ses concerts. »

En parlant d’Ayame, celle-ci revint pour répondre à sa question à propos de sa fréquence de concerts. Une réponse qui fit ciller l’actrice qui s’enfonça un peu dans le dossier du canapé, estomaquée :

« -Une représentation par jour… minimum ? »

Ajouter à cela les festivals et des lives sur YouTube… C’est ce que l’on appelait de la dévotion envers son art. Cette fille devait vraiment déborder d’énergie. Elle haussa les épaules en soufflant du nez après sa dernière remarque. Bien évidemment qu’elle n’avait aucun doute, sinon elle ne lui aurait pas fait une telle proposition :

« -Je ne doute pas de toi ni de ton talent, Ayame et les quelques couplets que tu viens de chanter renforcent mon opinion à ce propos. Est-ce que c’est une chanson de toi, d’ailleurs ? »

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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Sam 12 Mai 2018 - 0:48

- Hum hum hum....

Elle avait répondue a la dernière question qui concernait le nombre de représentations sans vraiment semblait y réfléchir, signe que ce n’était pas des paroles en l'air. Quand quelqu'un répondait du tac au tac, il n'y avait quasiment aucun doute sur le fait qu'il disait la vérité. De toute façon, ce n’était pas très difficile de vérifier. Il suffisait de faire un tour tout les soirs vers dix huit heure, de chercher l'endroit du centre-ville ou une foule était rassemblée. Il y avait de grandes chances de tomber sur la petite brune.

- C'est pas extraordinaire. Je chante tout le temps de toute façon, alors que ce soit devant un public ou non, ça ne change strictement rien pour moi.

Elle éclata de rire, après avoir tenté de corriger cette phrase qu'elle avait fait. Histoire de ne pas paraître trop vantarde sans doute. Elle se souvenait encore de la tete d'Hisaka quand elle lui avait dit qu'elle voulait chanter tout les soirs. Il avait bredouillé quelque chose comme «c'est impossible, j'ai des choses a faire aussi », et du coup, elle l'avait embêté pendant plusieurs jours pour essayer de le faire changer d'avis, a priori sans succès. Elle écouta la partie suivante. La conversation a propos de la pièce était terminée, mais pas le rendez-vous. Elle s'en fichait, elle n'avait rien d'important a faire. Rien en fait, a part chanter. Ce qui était quand même la chose la plus importante de sa vie, étrangement.

- Hum ? Ce que je viens de chanter ? Mais c'est « Symbol » de « Luck life ». C'est super connu, et plutôt récent.

En fait, c’était sortie quelque chose comme deux ou trois jours plus tôt. Difficile que ce soit super connue, autant qu'elle le chante avec autant d'exactitude en ne l'ayant entendue que quelque fois. Mais on pouvait dire que c’était son talent principal. Son oreille musicale. Elle ne retenait pas vraiment les paroles en tant que telle. Elle superposait la musique sur le texte, et son cerveau imprimait les paroles de façon absolument naturelle au bout d'une ou deux écoutes. Des fois trois, en fonction de la complexité du texte. Et parfois encore un peu plus, notamment quand ce n’était pas en Japonais. Mais il ne lui fallait rarement plus d'une heure pour connaître une chanson par cœur.

- Du coup non, c'est pas du tout de moi. J'ai pour principe de ne jamais chanter une chanson de ma composition en dehors de mes concerts. C'est un cadeau que je fais pour ceux qui viennent me voir. Qui donnent du temps pour une petite écervelée qui chante sur une scène de bois pour s'amuser et passer le temps.

Elle s'étira en se relevant a nouveau. Il semblait que l'entrevue approchait de sa fin. Elle regarda Jonathan, qui hocha légèrement de la tête, comme pour aller dans ce sens. Comme il semblait toujours vouloir parler en premier, elle se détourna un peu de la conversation, pour chanter une nouvelle fois pendant une petite minute a voix plus basse. C'etait assez fort pour que si quelqu'un l'écoutait, il pouvait l'entendre. Mais en parlant avec Jonathan, il y avait des chances pour qu'elle ne soit pas concentrée sur elle.

- Je vais prendre congé. Voila mon numéro, appelez moi quand vous aurez plus d'informations. J'ai un rendez-vous, alors je vais laisser Ayame ici. Ne vous inquiétez pas pour elle, elle connaît bien la ville.

Elle était née ici après tout.

♪ Have you ever loved someone so much, you'd give an arm for?
Not the expression, no, literally give an arm for?
When they know they're your heart
And you know you were their armour
And you will destroy anyone who would try to harm her
But what happens when karma turns right around and bites you?
And everything you stand for turns on you to spite you?
What happens when you become the main source of her pain?
"Daddy, look what I made", Dad's gotta go catch a plane
"Daddy, where's Mommy? I can't find Mommy where is she?"
I don't know go play, Hailie, baby, your Daddy's busy
Daddy's writing a song, this song ain't gon' write itself
I'll give you one underdog and you gotta swing by yourself
Then turn right around in that song and tell her you love her
And put hands on her mother, who's a spitting image of her
That's Slim Shady, yeah, baby, Slim Shady's crazy
Shady made me, but tonight Shady's rocka-by-baby... ♪


C’était déroutant. Elle râpait purement et simplement, d'une façon encore une fois totalement naturelle. Elle avait travaillée bien entendue. Elle travaillait tout les jours pour parvenir a être toujours meilleure, mais si on avait dit a quelqu'un qu'elle etait née en chantant de la sorte, des styles totalement différents les uns des autres, avec un accent parfait qui aurait pu la faire disparaître dans une foule de natif, alors ces personnes auraient sans doute cru totalement que c’était possible. Elle s’éclaircit la gorge en amenant sa main devant sa bouche poliment, et se retourna en faisant un signe de la main a son manager.

- Ta cravate.

Elle éclata de rire, alors qu'il remettait son vêtement toujours de travers avec une petite rougeur aux joues. Il s'inclina et disparut vers la sortie. On entendit la porte se refermer, signe qu'il était finalement partit. Elle sourit a ses deux hôtes :

- Vous avez encore des questions ?
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MessageSujet: Re: Pour une noble cause [PV Ayame Masuda]   Sam 12 Mai 2018 - 23:52

« -Je vois, je vois, fit Janina en hochant la tête. »

Si cette petite avait autant de talent et déployait autant d’efforts à l’exploiter, un avenir radieux l’attendait, il n’y avait aucun doute ça cela. Encore une fois, elle fit le parallèle avec elle, au même âge. Toujours en train de travailler un rôle, un texte, parfois même une simple réplique alors qu’elle ne la jouait pas. Cela devenait un peu narcissique, à force, songea la suédoise en faisant la moue quand Ayame lui donna le titre du morceau ainsi que le nom de l’artiste. Elle secoua la tête :

« -Je ne connaissais pas du tout. »

Elle nota dans un coin de la tête d’essayer de l’écouter, un de ces quatre, mais n’était pas sûre de s’en souvenir. Viggo n’avait aucune idée de ce dont elle parlait, lui non plus. A vrai dire, hormis les musiques très connues que l’on considérait presque comme des classiques, il n’avait pas une immense culture musicale. Après, il lui arrivait d’écouter les stations locales et cela lui permettait de se tenir au courant de quelles étaient les musiques à la mode ou, mais il préférait vraiment faire ses propres playlists, que ça soit pour lire, conduire, jouer ou faire du sport.
Janina acquiesça en entendant l’explication de la jeune femme en se disant qu’elle avait choisi la bonne personne pour ce spectacle. Une fille simple, honnête, généreuse mais passionnée. Le genre de personnes qu’il faudrait plus dans le monde… Elle se tourna vers Jonathan :

« -C’est d’accord. Merci à vous d’être venu, en tout cas. Je vous recontacterais dès que j’aurais des nouvelles. »

Viggo s’était concentré de son côté sur ce qu’Ayame semblait réciter à voix basse. Il ne comprit pas tout de suite, étant donné le volume de sa voix, mais il reconnut rapidement le couplet de ce rap d’Eminem. Ce n’était pas un grand fan de rap, mais il connaissait au moins le fameux rappeur originaire de Détroit et quelques uns de ses morceaux. C’était assez étrange de voir une adolescente comme elle râper aussi bien sur un morceau de ce chanteur. Elle avait un excellent accent, en plus, ce qui rendait vraiment le rap crédible et les paroles pour le moins mélancoliques s’accordait à sa voix douce, sans pour autant perdre de leur impact. Il essaya de l’imaginer chanter sur un de ses morceaux favoris, mais se rappela que les chansons qu’il écoutait n’étaient pas très connues aux oreilles du grand public et préféra se focaliser sur l’écoute de la jeune fille assise sur le canapé en face de lui. Ce n’est que lorsqu’elle s’arrêta qu’il remarqua qu’il avait hoché doucement la tête au rythme du rap qu’il avait deviné. Visiblement gêné, il cligna trois fois des yeux de manière compulsive et détourna finalement le regard vers l’autre côté de la pièce, l’air un peu honteux.

Sa mère sourit lorsqu’Ayame fit remarquer à Jonathan sa cravate, apparemment attendrie par la complicité entre les deux. Elle raccompagna Jonathan jusqu’à la porte de son élégante démarche que sa combinaison mettait en valeur, puis revint dans le salon avec un air satisfait sur le visage pour retrouver Ayame souriante. Elle répondit :

« -Je crois que je sais tout ce que je voulais savoir et je te tiendrais au courant dès que possible via Jonathan pour te dire si ta partie se fera ou non. Ah si, vu que tu m’as dis que tu fais un concert par jour, je suppose que tu en as un ce soir ? Est-ce que tu souhaiterais manger ici avant de partir ou quelque chose à grignoter pour le chemin ?

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