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 good things take time. [satoshi]

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Misuzu Watanabe
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MessageSujet: good things take time. [satoshi]   Lun 26 Fév 2018 - 18:24




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good things take time.

   
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Avec sa modestie à laquelle je commence à m’habituer, Satoshi précise qu’il n’a probablement pas un si bon niveau que ça. Je hausse les épaules, à la limite de l’agacement. Il n’a pas lieu de se dénigrer comme ça. C’est bien d’être humble, mais dans son cas c’est presque un défaut. Je tourne légèrement mon visage vers lui, et m’efforce à sourire, tout en lui touchant doucement le bras du bout des doigts pour essayer de le réconforter sans avoir l’air de l’engueuler.

« Ne dis pas ça, au contraire, il doit y avoir de très bons combattants, et je suis sûre que tu as un bon niveau, sinon tu ne serais pas arrivé jusque là. Et puis, le plus important, c’est que tu fasses de ton mieux. »

Woh. Réconforter et encourager sans montrer ma facette bruyante et gesticulante est beaucoup plus difficile, d’autant que j’ai perdu l’habitude. Après tout, je fais sûrement des efforts pour rien, il finira bien par voir qui je suis, il le voit sûrement déjà au club. Enfin, pas qu’il s’intéresse spécifiquement à moi, il l’a précisé de toute manière. Il faut dire que là j’ai juste envie de lui mettre un grand coup de poing dans le bras, une claque dans le dos et de lui crier des encouragements, mais ça serait sûrement assez malvenu. Je me retiens donc et continue mon chemin comme si de rien n’était, tout en l’écoutant.

Il parle des plats qu’il fait normalement, et à vrai dire, cette énumération me donne encore plus faim. Néanmoins, je hoche la tête avec approbation. C’est bien, un garçon qui cuisine, au moins un peu. C’est déjà pas mal. C’est un atout, en tout cas, et ce de plus en plus au fur et à mesure que les femmes travaillent davantage que les dernières décennies. C’est marrant, en revanche, je pensais que le plat fétiche des garçons était presque toujours le nikujaga, mais on dirait que je suis tombée sur une exception. Ou peut être qu’il faut juste que j’arrête d’accorder du crédit à de stupides clichés. C’est comme dire que toutes les filles aiment les sucreries. Bon, j’aime bien les sucreries, mais pas plus que ça. Je suis plutôt salé. En fait, à part les mochis qui ne sont pas trop sucrés, je préfère manger des snacks comme des chips de renko, ou du calamar séché. J’ai bien essayé d’arrêter de manger ça, parce que franchement il y a plus glamour comme goûter et que plein de gens, fille et garçons, m’ont taquinée à ce sujet, mais j’aime vraiment beaucoup ça. Le calamar en général, quelque soit la manière dont il est préparé, est l’un de mes aliments préférés. Grillé, en takoyaki, en sashimi… Miam. Rien qu’y penser me fait saliver, et du coup j’ai arrêté d’écouter ce qu’il disait pour laisser mon regard dériver au loin et se perdre dans des images de nourriture… J’ai presque un sursaut lorsque je reviens à la réalité. J’ai juste entendu qu’il fallait faire comme moi je voulais. Mais il a dit qu’il aimait le curry, et puis après tout dans un izakaya plus moderne ils serviront sûrement ça et d’autres choses aussi.

« On n’aura qu’à marcher un peu et s’arrêter dans un restaurant qui nous fera envie, si ça te va ? »

Je lui souris, les joues un peu rouges d’avoir été prise au dépourvue. Mais c’est bon, c’est réparé, et je ne suis (probablement) pas passée pour une idiote. Nous voilà maintenant en bas de l’escalier qui mène au temple, et bientôt nous avons quitté l’allée des bonsaïs pour nous retrouver dans la rue. Il y a un peu de vent et il reste une fine couche de neige sur les toits de certains bâtiments, Mais il fait tout de même moins froid qu’en haut. Peut être que mon kimono suffirait à me tenir chaud, mais il vaut sûrement mieux que j’attende un peu avant de lui rendre sa veste. Il pourrait penser que je n’en veux pas, ou quelque chose du genre. Alors je la garde sur moi, pour l’instant. Elle est douce et sent plutôt bon, donc je n’ai pas de raison de l’enlever pour l’instant, même si je continue à me demander comment il fait pour ne pas avoir froid. Je pointe le doigt vers la droite pour indiquer une possible direction à suivre, et nous nous engageons dans la rue, qui a le bon goût d’être piétonne ce qui évite d’avoir à esquiver les voitures, motos et autres véhicules motorisés du même genre.

Je rougis, comme par réflexe, lorsqu’il déclare que le fait d’être avec moi améliore sa journée, et agite ma main devant mon visage frénétiquement avec un sourire gêné et un petit rire.

« Ahah- merci, c’est gentil, enfin, je n’ai pas fait grand chose… Mais, euh, tant mieux. »

Ma contenance me quitte au fur et à mesure que j’avance dans ma phrase et je finis par bafouiller quelques paroles inintelligibles avant que ma voix ne meure toute seule au fond de ma gorge. Je presse légèrement le pas, le dépassant, avant de ralentir de nouveau. C’est quand même incroyable que j’arrive à transformer une situation parfaitement banale et agréable en un moment gênant juste parce que je n’arrive pas à recevoir un simple compliment. Je m’apprête à rompre le silence pour me redonner contenance, mais il me prend de vitesse, et parle de nouveau du tournoi. J’ai un sourire qui s’affiche presque automatiquement sur mon visage, après tout, c’est beau quelqu’un de passionné. Et mon sourire s’éteint d’un coup lorsqu’il me propose de venir. Pas que je n’en n’aie pas envie, vraiment pas, au contraire, mais sa proposition me prend de court. Ainsi, mon visage reste bloqué dans une expression dubitative, avec un genre de demi sourire. Il faut remplir les bus pour que ce soit rentable. Ah. Oh. Il ne propose pas de venir le voir. Hm. La déception pointe son nez au fond de ma poitrine. Mais après tout, il me propose quand même. C’est déjà ça. Je n’ai qu’à tourner ça à mon avantage pour montrer que je peux être une bonne… amie. Amie, oui. Exactement. En lui répondant, j’essaie tant bien que mal de réfréner mon enthousiasme.

« Bien sûr, ça me ferait très plaisir ! Et j’adorerais venir te voir, au contraire ! Je sauterai dans les gradins en criant ‘Satoshi-kuuuun ! Ganbatte neee !’ »

Mon imitation de moi même en cheerleader accomplie s’accompagne d’un grand mouvement de main vers le ciel, et je réalise que je suis probablement en train de me ridiculiser. Satoshi-kun. Je l’ai appelé Satoshi-kun. Je baisse donc tout de suite mon bras en fermant les doigts sur la couture de sa veste. Je déglutis et soupire imperceptiblement. Puis, beaucoup plus calmement, essayant de retrouver un semblant de crédibilité, je l’interroge.

« Qui d’autre du club sera là ? »

J’espère que Nao-chan sera là. Au moins je ne serai pas la seule fille. Et en même temps, j’aimerais bien qu’elle ne vienne pas. Ça pourrait être drôle, un weekend avec Satoshi. On pourrait parler et apprendre à se connaître mieux, même si il sera probablement concentré sur le tournoi. Je serais contente d’être là pour l’encourager.
La rue pavée n’est pas forcément très pratique pour se déplacer avec des getas. En fait, même si les pavés sont plats, ils n’ont sûrement pas été entretenus depuis longtemps, et il en manque certains, ce qui fait que je suis obligée de regarder où je marche, et donc de garder les yeux sur le sol. Ce n’est pas particulièrement pratique lorsqu’on doit repérer des restaurants, d’autant que j’ai de plus en plus faim. Ainsi, j’alterne entre regarder mes pieds, regarder les vitrines des restaurants, parfois jeter un œil au menu, regarder à nouveau mes pieds, et ainsi de suite.

Finalement, nous arrivons de nouveau à une intersection. Il s’agit de continuer tout droit, où la rue contient principalement des boutiques et seulement quelques restaurants où l’on peut réellement s’asseoir, mais de nombreux stands de street food, ou bien prendre la rue sur la droite, plus petite, mais bordées de nombreuses échoppes et izakayas traditionnels, ainsi que de quelques restaurants plus modernes, du moins c’est ce qu’il semble au vu des enseignes lumineuses et des néons. Je me tourne vers Satoshi, qui semble plus au clair sur ce qui lui fait envie que moi.

« Par où on va ? »

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Dernière édition par Misuzu Watanabe le Lun 16 Avr 2018 - 1:55, édité 1 fois
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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Mar 27 Fév 2018 - 0:50

Je me demande si elle se rend compte a quel point « pas grand chose » a changer la vision que j'avais de ma journée. Elle est passée de normale a vraiment intéressante. Passé du moment ou je suivais simplement ma petite routine, a un moment avec cette fille qui me semble être si proche et si éloignée a la fois. A un moment il semblait que je pouvais a peine m'approcher, et la fois suivante, elle était la a venir me toucher le bout du bras d'un air complice. Et alors que nous laissons le temple dans notre dos, je n'ai plus aucune partis de mes pensées qui y sont dirigés. Mon esprit se retrouve totalement dans les mains de Misuzu.

Je réfléchis a sa dernière question. Je n'ai plus vraiment en tête ceux qui sont la. Il y a une quinzaine de garçons, si je ne m'abuse, et un peu moins de filles. C'est un tournoi assez dur a atteindre, si bien qu'il n'y a plus beaucoup de participants, seuls les meilleurs sont parvenues a atteindre ce stade des qualifications. Dans ma discipline, je suis le seul représentant. Shinji-san avait en effet déclaré forfait au dernier tournoi, a cause d'une blessure a la cuisse. De toute façon, le niveau était sans doute un peu trop haut pour lui, malgré ses progrès en continu.

- Je pense qu'on est une vingtaine. Tu dois sans doute connaître des gens qui y participent. Après je ne pourrais pas te donner des noms exactement la tout de suite de tête. Momoe-san je crois, elle participe au tournoi de penshak. Akai-san, en judo, c'est sur, il a fait les nationaux.....euh....Ce sont les principales têtes d'affiches, tu dois en connaître certain.


Je n'avais aucune idée de qui pouvaient jouer les premières places, qui avaient obtenus assez de points sur des coups de chances, sur des désistements, qui était moyen....bref, beaucoup de questions sans réponse. Et c’était aussi le cas pour moi. Je n'arrivais absolument pas a évaluer mes adversaires. La dernière fois j'avais étais largement plus fort, mais c’était six ans plus tôt, tout une vie en somme, surtout a ce niveau. Je passais la main derrière ma tête en soupirant une seconde fois.

- Enfin, vu que je vais sans doute perdre tout mes combats le samedi, si tu veux, on pourra aller se promener le dimanche. Je ne suis jamais allé dans cette ville. Bon, en fait, en dehors de Tokyo, Sendai et Keimoo, je suis allé nul part.....

Nous n'avions pas vraiment les moyens, et même si nous les avions eu, je n'avais aucune envie de voyager. Pour faire quoi? Pour voir qui ? J'étais très bien au fond de ma campagne. Je n'ajoute pas ça a haute voix cependant, histoire de ne pas passer pour quelqu'un d'étrange. Je pense que c'est plutôt la mode de vouloir se déplacer, voyager. Pouvoir raconter a ses amis que j'avais étais a la plage de je ne sais quelle ville, avec mes tonnes d'amis populaires. Que j'avais dragué, que j'avais rigolé, que j'étais dans le moule. Très peu pour moi, la rivière en bas de chez moi, bien que dépassant rarement les dix degrés était déjà bien assez huppé pour moi. Comme dirait Mika, « le froid, c'est dans la tête ».

Je regardais les deux rues. Puis je regardais ma petite brune qui tremblait a cause du froid, dans son KIMONO D'HIVER trop serrés pour permettre de grandes enjambées. Impossible de prendre a emporter, il fallait un endroit ou s’asseoir. Il était évident que la rue a droite était la plus logique a prendre pour nous. Je lui souriais en la désignant, avant de m'y embarquer a mon tour. Il n'y avait pas beaucoup de monde, sans doute a cause de la reprise des cours. La population était redevenue majoritairement étudiante. Les familles étaient toute repartit et les rues avaient retrouvés les matinées tranquille, surtout en cet hiver qui devenait glacial.

- Dépêchons nous, j'ai l'impression de voir un stalactite sortir de ton nez.

Je souriais légèrement tout en observant a droite et a gauche afin de pouvoir trouver le restaurant parfait. Il n'y avait pas besoin de quelque chose de vraiment classe, pas besoin de grande gastronomie, même si il était évident que la jeune femme en ma compagnie était amatrice de bonne nourriture. Je pouvais faire un effort, et trouver un entre-deux. J'aimais bien les bonnes choses, du moment qu'elles n’étaient pas trop cher.

- Bon et sinon, tu as pu passer un peu de temps avec ton joueur de base-ball comme tu voulais ? J'ai oublié son nom....euh...Hiroki....euh....non.

Sans doute pas le meilleur sujet de conversation Sato, mais bon, on fait comme on peux. Et en plus de ça, nous arrivions devant un restaurant qui serait parfait. Pas trop gastronomique, pas trop classique. Il semblait proposer une bonne diversité de plats, dont le fameux curry que dont j'avais parlé plus tot. J'allais bientôt avoir ma paye, je pouvais me le permettre et...oh et puis merde. Je n'invitais pas une fille tout les jours, et encore moins une fille qui me plai....euh, qui m’intéresse. Et puis je dois bien ça a Naoko, bien traiter sa cousine. Ça n'a rien a voir en fait. Pourquoi j'essaye de trouver une excuse.....

- Pourquoi pas ici ? Il y a de tout. Entrons ?

Je lui ouvre la porte par habitude de faire ce genres de choses quand je suis avec des femmes. C'est a dire avec ma mère. Ou Mika. Rien de bien transcendant quoi. Bien loin du fameux Franco-Japonais séducteur. J'avais vu un drama comme ça. Mika avait beaucoup rit. Moi un peu moins. Je la suis a l’intérieur, et malgré que je dise que je n'ai pas froid, la chaleur me soulage. Nous étions donc au fameux restaurant nommé « La lune inversé », bien connu dans le monde de......de cette rue, sans doute. Je n'avais jamais remarqué cette échoppe de toute manière.

- Faisons l'inverse cette fois. Je commande a boire, et tu choisis la ou l'on se pose.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Mar 13 Mar 2018 - 1:47




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Une fois passées les émotions suivant notre discussion au temple, je me surprends à apprécier réellement le temps que je passe avec Satoshi. Je réfléchis un peu plus en détail à cette histoire de tournoi. Je devrais sûrement y aller, ne serait-ce qu’au cas où je déciderais de faire de la compétition l’an prochain. Au moins, ça peut me servir d’excuse. C’est déjà pas mal. Mais je serais contente d’accompagner Satoshi. Et puis ça me sortirait un peu de ma routine études/travail/clubs. Ça pourrait être bien. Il explique qui sera là, et je connais effectivement les deux noms qu’il m’a cité. Momoe-san me fait un peu peur, principalement parce qu’elle est très, très sérieuse, et que dans son sport les mouvements sont très rapides. J’ai du lui adresser la parole une fois, pour lui donner une veste de kimono propre, et ça doit être tout. Quand à Akai-san, lui, c’est un gros nounours. Il m’est arrivé d’aller à des repas du club et en général je m’assieds pas trop loin de lui, parce qu’il est drôle et parce qu’à nous deux on mange la moitié de la nourriture en un rien de temps. Et puis, son teint hâlé, sa mâchoire carrée et son accent d’Osaka ont quelque chose de rassurant, même si je ne saurais pas dire quoi exactement. Bon, au moins, avec lui dans les parages, je serai à peu près à l’aise.  Je souris à Satoshi, sur le point de le rassurer et de confirmer mon envie de l’accompagner. Mais avant ça, il commence de nouveau à dire des choses négatives. Cette fois, je m’arrête d’un coup au milieu de la rue, les sourcils froncés.

« Satoshi-kun. Arrête de te dénigrer. Si tu es arrivé là c’est que tu as un bon niveau. Alors ne dis pas que tu vas perdre tous tes combats, il faut partir vainqueur ! Faire de son mieux ! Avoir l’esprit combatif ! Il n’y a que comme ça que l’on améliore ses chances de gagner ! »

Je tape de mon poing dans la paume de ma main d’un air déterminé avant de me radoucir. Je rougis en réalisant que je l’ai de nouveau appelé Satoshi-kun, presque par réflexe. Il faut vraiment que je fasse attention. Mais s’il n’a pas relevé la première fois, il ne va peut être pas le faire cette fois ci non plus. Je décide donc de faire comme si de rien n’était. Je connais Fukuoka de réputation, mais n’y suis jamais allée non plus. Maintenant que l’idée a germé dans ma tête, je me prends à espérer être dans un ryokan traditionnel. J’adore l’ambiance des chambres avec des tatamis, l’odeur de la paille de riz est tellement apaisante que j’en ai installé plusieurs dans ma chambre étudiante.

« Si tu gagnes tes combats, on ira faire la fête, et je paierai. Eau à la pomme à volonté. Marché conclu ? »

Ma voix s’est aussi radoucie, loin du quasi-cri que je lui ai adressé plus tôt. Je lui souris, pour signifier que je ne suis pas en colère. C’est vrai, pas le moins du monde. Simplement, ça me rend triste de voir qu’il a aussi peu confiance en lui, alors que le peu que j’ai vu de lui sur le tatami était plutôt impressionnant, même si je n’y connais pas grand-chose dans sa discipline. Je reprends ma marche à ses côtés et voyant qu’il regarde pour repérer un restaurant, je me mets à faire de même. Puis, l’air de rien, il m’interroge sur quelqu’un que je suppose être Kazuki. Je ne peux pas m’empêcher de rougir en repensant à ce qu’il s’est passé lorsque je l’ai vu pendant les vacances. Je passe distraitement le bout de mes doigts sur ma lèvre inférieure. Je n’aurai pas du boire. Ça ne lui aurait pas donné de fausses idées. Enfin, bon, il n’a pas pris trop mal mon refus. Il m’a semblé compréhensif. À vrai dire, je ne sais pas vraiment pourquoi je l’ai rejeté. Il y a quelques années, j’aurai été transportée de joie. Les gens changent, c’est la vie, je suppose. Quant à moi, je lui ai promis que je ne lui en voulais pas de m’avoir embrassée. C’était juste… bizarre. A force, ma vision de lui a changé et je ne l’ai plus envisagé comme une possibilité amoureuse. Peut être parce qu’il n’avait jamais montré d’intérêt, à ce que je sache. Ce n’est sûrement pas plus mal. Lui à Tokyo, moi à Keimoo, ça n’aurait pas pu marcher de toute façon.

Je réalise que je monologue intérieurement depuis sûrement plusieurs secondes, la main sur la bouche, et qu’il faut que je dise quelque chose.

« Ah- Eh ? Ah- Kazuki-kun ? Etooo… Oui, je l’ai vu. »

Je me tais l’espace d’un instant avant de marmonner dans ma barbe.

« Pas mon joueur de baseball. »

J’appuie avec insistance sur le mot « mon ». Je ne voudrais pas que Satoshi se fasse des idées comme j’ai pu m’en faire à son égard. Et puis, je réalise que c’est ridicule. Pourquoi est-ce que c’est aussi important qu’il ne se fasse pas d’idées ? Mais Kazuki-kun l’a dit lui même, « Micchan, il y a quelqu’un d’autre, bien sûr ». Je secoue la tête. Non, mais, n’importe quoi. Je connais à peine Satoshi, et même si j’aime bien passer du temps avec lui, c’est pas non plus à ce point, et-

Satoshi interrompt mes pensées en désignant un restaurant, et nous nous rapprochons du bâtiment. Je vais pour ouvrir la porte mais il l’atteint avant moi, et je retire donc ma main rapidement avant d’entrer sans rien dire. Il y a quelques clients, mais c’est loin d’être bondé, la faute à la rentrée sûrement. L’endroit est plus moderne que l’izakaya ou nous avions dîné la dernière fois, mais reste cozy, dans un style un peu plus occidental. J’avance un peu plus vers le comptoir pour laisser Satoshi entrer et lorsque je tourne mon regard vers lui, il a quand même l’air soulagé de ne plus être dehors. Pourquoi est-ce qu’il m’a prêté sa veste, alors qu’il aurait pu la garder et ne pas avoir froid, alors ? Parfois les agissements des garçons sont cryptiques. Il me propose de choisir notre table et de commander les boissons. J’acquiesce, non sans lui préciser ce dont j’ai envie à voix basse avant de m’éloigner.

« umeshu hitotsu, onegaishimasu, c’est pour me réchauffer. »

Puis je m’élance à petits pas vers une table. Il semble que les clients puissent s’installer eux mêmes. Comme j’aurai pu m’y attendre, il n’y a pas de partie traditionnelle, à moins que… Oh. En regardant un peu plus loin dans le couloir, je vois des boxes vers lesquels je m’avance en faisant signe à Satoshi. J’entre dans le premier en prenant soin de retirer mes geta, et me retiens à grand-peine de pousser un cri de joie lorsque je réalise qu’au centre des tatamis se trouve un kotatsu. Je m’agenouille et me glisse dessous avec délice, laissant la chaleur se répandre dans mes jambes. J’en profite pour retirer la veste de mes épaules, zipper la fermeture éclair et la plier avant de la mettre sur mes genoux pour la lui donner dès qu’il arrive. La poser sur le sol serait assez impoli, à vrai dire. D’ailleurs, le voilà qui arrive. Il ne semble pas avoir eu trop de mal à me retrouver, mais il faut bien dire que le lieu n’est pas non plus immense, il doit y avoir quatre pièces traditionnelles à tout casser. Je me redresse un peu et lui tends son hoodie avec les deux mains.

« Merci beaucoup de me l’avoir prêté, il m’a été très utile… Mais j’espère que toi, tu n’as pas eu trop froid, je ne voudrais pas que tu tombes malade à cause de moi, surtout avec le tournoi bientôt ! »

Je lui souris et regarde un peu autour de moi. La pièce est simple, sans décoration à part un ikebana dans le renfoncement du mur de gauche. Il s’agit d’une branche de prunier en boutons et de quelques feuilles que je ne reconnais pas. Quant au prunier, il est peu être un peu tôt pour la floraison, j’en déduis donc que la branche a été importée d’une préfecture plus au sud, probablement. Je reporte néanmoins mon attention sur Satoshi.

« Tu as dit n’être allé nulle part à part Sendai, Tokyo et Mûra… Mais, tu n’as jamais fait de voyage de classe ? Je me souviens être allée dans les montagnes ou sur le littoral avec mon lycée presque chaque année à part la dernière… Et je n’étais pas dans une école privée, pourtant. »

Je souris, repensant aux moments drôles ou agréables passés dans les auberges. Quelque part, ça a quelque chose de plus détendu, d’être tous en Yukata, de prendre des bains en groupe, ce genre de chose.

« Est-ce que ça veut dire que tu n’as jamais joué au go, au mah-jong ou au shôgi avec des amis ? Tu y as déjà joué avec ta mère, quand même, non ? »

Oups, peut être que j’ai révélé trop tôt mon obsession pour les jeux traditionnels japonais, mais aussi étrange que ça puisse paraître j’ai des souvenirs de parties de mah-jong se terminant sur des fous rires généraux.

« Il faut absolument qu’on y joue ensemble, j’y ai déjà joué avec Akai-san et c’était très divertissant ! »

Pour être exacte, le grand gaillard était nul et très mauvais perdant avec ça. Je lui fais un grand sourire et c’est à ce moment là que nos boissons arrivent ainsi que les menus.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Mer 14 Mar 2018 - 10:48

Alors que j'ai a peine mis les pieds dans le box ou elle m'attendait, la voilà qui se jette sur moi pour me rendre ma veste, comme si elle lui brûlait les doigts, en me demandant si je n'avais pas eu froid. Je tourne la tête vers l’extérieur, comme pour récupérer le souvenir de la fraîcheur sur ma peau qui avait disparut quand j'étais entré a l’intérieur du restaurant. Je secoue lentement la tete, l'esprit ailleurs, avant de finalement reporter mon attention sur elle, en m'étirant, laissant tomber ma veste a coté de ma place, sans penser qu'elle venait de prendre quelques instants pour la plier :

- Ne t'en fais pas, je n'ai pas eu froid. Bon c’était un peu stupide de se découvrir après un effort, mais c’était surtout les petits qui ont travaillés, je n'ai rien fais moi.


Je souris en pensant a mes élèves, que j'apprécie beaucoup alors mêmes que je ne les connais que depuis quelque jours. Et j’espère continuer ce travail par la suite. Ça partait dans la bonne direction en tout cas, étant donné que le responsable du dojo ne m'avait fait que des compliments. C’était lui qui était venu me chercher après tout. Le tournoi s'imposa de nouveau a mon esprit alors que j'avais encore en tête sa proposition précédente. Si je gagnais des combats, elle m'invitait pour fêter ça ? Je pourrais bien me laisser tenter alors. Je pouvais sentir mon visage rougir un peu. Puis dans mon esprit, le dojo ou j'officiais désormais apparaissait lentement, et je me disais qu'une victoire dans une compétition nationale pourrait améliorer mon cv. Mieux encore, ouvrir un dojo par moi même serait beaucoup plus simple si j'avais cette réputation. Je baissais un peu la tête.

- Je ne peux pas faire de la figuration. Je dois juste gagner.

J'avais murmuré ces paroles sans y penser, sans songer qu'elle m'écoutait sans doute. Je redressais alors la tête, en lui souriant, faisant abstraction de ce qu'elle m'avait racontée suite a ma question sur le joueur de base-ball dont elle m'avait parlé. A voir la couleur de son visage, elle semblait bel et bien l'avoir vu, et n'avait en plus pas l'air d'avoir vraiment envie d'en parler. Une certaine curiosité c’était emparé de moi pendant un moment, mais je préférais ne rien lui demander de plus. Ce n’était pas mes affaires après tout, et nous ne nous ne nous connaissions pas assez pour que je me permette ce genre de questions. Je n'avais donc rien ajouté a ce sujet, faisant semblant de n'avoir rien entendu.

Je m'installais tranquillement, avec souplesse, a genoux, sans montrer le moindre signe de gène, j'avais l'habitude de me tenir de la sorte. Je l'écoutais me parler en lui souriant, tout en jetant un œil vers les boissons qui arrivaient. Je me remémorais, au fil de ses paroles, les fameux voyages de classe que j'avais réussis a esquiver une fois au lycée. Au collège, c’était plus facile, nous n'avions pas les moyens. Il n'y avait pas assez d’élèves pour que ce soit rentable, c’était une petite institution de campagne après tout.

- Hum, quand j'étais petit, a Tokyo, a l'époque ou j'étais a la même école que Nao-chan, je veux dire....j'avais pas trop le droit d'y aller.

Mon père ne supportait pas ça, ce genre de loisir. L'école, c’était fait pour étudier, pas pour aller « je ne sais ou s'amuser quand tu as mieux a faire ». Du coup, pendant les périodes ou il y avait ce genre de sortie, j'avais a la place des cours d'orthographes renforcés en Français. Aujourd'hui ils m’étaient plutôt utile, j'avais des bonnes connaissances de l'alphabet occidental grâce a ça, mais a l'époque, je trouvais cela un peu injuste. Et ce n’était pas ma mère, a peine sortie elle même de l'adolescence, qui aurait pu s'opposer a lui.

- Au collège je suis arrivé a Mûra, et la bas, il y avait pas énormément de sortie. Jamais en fait, ils avaient déjà du mal a garder les locaux en bon état. Pour te donner une idée, c’était il y a sept ans que j'ai fini ma scolarité la bas, et aujourd'hui, c'est fermé. Les jeunes sont partis en ville, et dans le village, la moyenne d'age dépasse largement les soixante ans. Et c'est parce que ma mère fait largement chuter cette moyenne.

J'évitais souvent de parler de l'age de ma mère, étant donné qu'elle était souvent confondue et prise pour ma grande sœur. Avec seize ans d'écart, certes, mais c’était plus habituel que pour une mère et son fils. Je n'aimais pas vraiment le regard que portait les gens sur nous quand ils apprenaient ça, aussi je préférais garder cela sous silence. Mais avec Misuzu, je n'avais pas vraiment a me cacher. De toute façon, il suffisait qu'elle demande a Nao-chan pour l'apprendre. Et je n'avais pas définis clairement de combien elle la faisait chuter, cette moyenne.

- Et puis au lycée....j'étais sans doute un peu sauvage. Encore maintenant d'ailleurs. J'apprécie ma solitude, je n'ai jamais étais vraiment....voyage. Du coup je n'y allais pas.


De deux choses l'une. Un, nous n'avions pas les moyens, ou plutôt, ma mère n'avait pas les moyens de me payer ce genre de voyage qui demandaient une participation financière. Et deux, je n'avais aucune envie de passer du temps avec tout ces gens que je ne pouvais pas voir en peinture, qui me rappelait simplement les enfants avec qui j'étais amis a Tokyo, et donc de cet événement qui....bref.

- Je joue un peu avec ma mère au shogi. Elle aime bien tout ce qui est traditionnel, le thé, les jeux, tout ces trucs la....mais a part avec elle jamais. Ma spécialité, c'est les échecs.


Mon père avait tenu a ce que j'apprenne, et a une époque je n'étais pas mauvais du tout. J'y jouais encore aujourd'hui, tout seul a une époque, et sur internet maintenant que j'avais récupéré un pc portable, depuis quelques mois. Je trouvais cela...étrangement apaisant. Et en sachant qui m'avait apprit, cela m'agaçait un peu. Je la regardais une seconde, avant de prendre mon verre a la main :

- Merci d'etre venue en tout cas, c'est cool, c'est agréable de manger avec une bonne amie de temps en temps.

Une bonne amie. Sato, qu'est ce que tu racontes encore ? Il suffit de lire n'importe quel shojo pour savoir que dire ça c'est la fin de la relation, la friendzone. Mais en même temps, pourquoi j'avais ne serait ce que pensé a ça a l'instant ? Ce n'est pas comme si il y avait quoi que ce soit avec Misuzu....
Je levais de nouveau la tete vers elle, détaillant son visage, ses yeux, son nez, ses levres. Je baissais immédiatement les yeux, comme foudroyé. Quel idiot, ne refait jamais ça, ou le piege va se refermer :

- En tout cas...euh....si tu cherches un partenaire....enfin...un joueur, pour faire une partie....c'est quand tu veux.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Ven 16 Mar 2018 - 22:22




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Alors que je lui rends sa veste, Satoshi me rassure sur l’éventualité qu’il ait eu froid. Je ne sais pas comment il a fait, comme ça, les bras nus. Je jette par réflexe un œil à ses bras et épaules avant de détourner le regard. On n’observe pas les gens comme ça, Micchan. J’espère juste qu’il ne sera pas malade à cause de moi. Il a un sourire dont j’essaie, sans succès, de déterminer la cause. Histoire de m’occuper l’esprit, je me plonge de nouveau dans l’observation de l’ikebana à ma gauche, surtout pour éviter que mon regard vagabonde. Satoshi a l’air d’apprécier ses élèves, quelque part c’est touchant. C’est quelqu’un de calme, de très pédagogue, j’en suis sûre. Il doit être un excellent prof. C’est quelque chose d’admirable, parce que je ne pense pas que j’en serais capable, d’enseigner quelque chose. Non pas que je ne voudrais pas, mais je ne maîtrise assez bien à peu près aucun sujet. Même en art, j’ai encore tellement à apprendre… Une pointe de découragement vient s’inviter dans mon esprit l’espace d’un instant et je baisse le nez, penaude, pour regarder mes mains croisées sur mes genoux. Je commence à me laisser déprimer mais j’entends Satoshi marmonner. Sa détermination déteint quelque peu sur moi, et je me prends à m’encourager moi-même mentalement. Je lui fais un grand sourire.

« Je n’ai pas de compétences en cheerleading, mais je serai là pour t’encourager, tu peux compter sur moi ! »

Je remarque qu’il a été assez délicat pour ne pas m’interroger davantage sur Kazuki-kun et le remercie intérieurement. Je me demande bien ce que j’aurai pu raconter. Je n’ai aucune envie de lui mentir, mais je ne veux pas non plus qu’il pense qu’il y a quelque chose… Mais pourquoi je pense ça ? Après tout, ce n’est pas important, ce qu’il sait ou non sur moi. Mais en même temps, ça l’est. Il s’assied en face de moi alors que les boissons arrivent, et je remercie le serveur d’un signe de tête avant de me saisir de mon verre. Il n’a pas encore attrapé le sien, donc je ne peux pas boire, mais au moins ça tiendra mes mains occupées. Je fais également mine de regarder le menu avant de tendre l’oreille pour écouter ce qu’il me dit. Il n’avait pas le droit d’y aller ? Je fronce les sourcils.

« Comment- enfin, pardon, c’est peut être indiscret, mais tu n’avais pas le droit ? »

J’espère ne pas avoir fait de bourde. Je reprends rapidement, pour me rattraper.

« Enfin, non, tu n’es pas obligé de m’en parler. Désolée. Ça ne me regarde pas. »

Il enchaîne, expliquant qu’à Mûra, les moyens étaient réduits. Malheureusement, ça ne m’étonne pas. C’est souvent le cas à la campagne. Manque d’élèves, manque de budget… Mais il n’y a pas grand chose que je puisse y faire, à ma propre échelle. Les collèges et lycées ruraux finissent toujours par fermer, par manque de fréquentation et de responsabilité. Il suggère de nouveau que sa mère est vraiment très jeune, mais j’évite de relever. Nous en avons déjà parlé, et je ne veux pas insister sur le statut de mère fille qui me semble être le sien, aussi je hoche simplement la tête, avec l’un de mes « hmm so desu ne » habituels. S’il veut m’en parler plus clairement, il le fera probablement, mais je préfère éviter de me montrer trop curieuse. Il explique ensuite avoir endossé le rôle du loup solitaire au lycée. C’est quelque chose que je connais aussi, dans une certaine mesure. Je soupire légèrement en hochant la tête.

« À part en voyage scolaire, je ne suis jamais partie en vacance avec des amis non plus. Une fille seule au milieu d’un groupe de garçons, c’est toujours un peu bizarre. Je ne pense pas que mes parents m’auraient laissé faire, de toute façon. »

Mon côté amical avec les garçons m’a déjà posé des problèmes dans le passé. C’est la principale raison pour laquelle je n’ai eu que très peu d’amies filles, mais aussi pourquoi j’ai appris à me comporter d’une certaine manière même avec la gent masculine. Trop rapidement, un comportement sympathique peut être confondu avec une tentative de séduction, et malheureusement je m’en étais souvent rendu compte trop tard. Sans faire exprès, j’ai un soupir un peu plus fort que le précédent, et un sourire penaud. Je finis toujours par me retrouver assise entre deux chaises. Mais bon, c’est la vie. Il faudrait simplement que je fasse plus attention à ce que je dis et à comment je me comporte, je suppose. Quelque part, ça me rend un peu triste de ne jamais pouvoir être vraiment naturelle avec qui que ce soit. Je reporte néanmoins mon attention sur Satoshi. Il m’explique s’y connaître un peu en shôgi, sa mère appréciant la culture traditionnelle. Je hoche la tête avec un sourire. J’ai beau ne pas la connaître, je l’apprécie déjà. Il précise s’y connaître mieux en échecs, un jeu auquel je n’ai jamais joué.

« Je suis plutôt Mah-jong, on pourrait même dire que je me débrouille pas mal. En fait, il faudrait demander à Akai-san, s’il ne t’en a pas déjà parlé. Je l’ai ridiculisé quelquefois et il n’est pas très bon perdant. Et un peu go et shôgi, mais moins.»

Je laisse échapper un petit rire. J’apprécie énormément le côté bourru d’Akai-san, qui me ressemble un peu, quelque part. Je me prends à m’interroger. Akai-san me connaît comme un garçon manqué un peu bourrin, et il risque de me décrire de cette manière à Satoshi. Mais bon, de toute façon, si nous sommes amenés à devenir amis, il le découvrira tôt ou tard. Il n’y a pas vraiment de raison de le cacher. Et puis, il m’a bien vu discuter avec Kaede. Ce n’est pas non plus comme si je menais une double vie. Il attrape son verre et je m’empresse de lever le mien.

« Kampai ! »

Je prononce rapidement la formule consacrée avant de prendre une gorgée d’umeshu, qui me brûle légèrement la gorge. Hm. J’aurai mieux fait de prendre du thé. En plus, il va finir par penser que je bois tout le temps. Lorsqu’il me remercie d’être venue et semble me considérer comme son amie, je m’étrangle légèrement avec la deuxième gorgée de ma boisson, étouffant une toux de la paume de la main. Des sentiments contradictoires se mêlent dans mon esprit. En même temps, j’apprécie qu’il considère que ce qu’il y a entre nous est de l’amitié, et en même temps… Hm. Il y a autre chose. Comme une légère pointe de déception. Déception ? Enfin, Misuzu, ne sois pas ridicule. Tu le connais à peine. Je lui souris donc en rougissant un peu, involontairement, essayant de calmer les vents contraires qui soufflent dans mon cerveau.

« Non, merci à toi. Je suis contente de passer du temps à discuter avec toi. »

Les mots ont du mal à passer mes lèvres, finalement ce qui sort est à peine à un volume plus élevé qu’un chuchotement, mais c’est déjà pas mal. J’essaie de ne pas laisser paraître le bordel qui se trame dans ma tête à l’instant présent. Il lève les yeux vers moi, nos regards se croisent et je baisse immédiatement la tête. Inutile de rendre ce moment plus gênant que ça ne l’est déjà. Il propose de faire une partie ensemble, et je hoche la tête.

« Pourquoi pas à Fukuoka ? On aura l’occasion. J’amènerai mes tuiles de Mah-Jong, si tu ne sais pas jouer je t’apprendrai, c’est assez simple. »

Enfin, ce n’est pas vraiment simple. Mais c’est compliqué de donner envie à quelqu’un en lui disant que quelque chose est compliqué. Je me tais donc, et fais mine d’inspecter le menu en détail. En fait, je sais déjà ce que je veux, et je le trouve sans mal. Tempura Udon. Voilà, ça me paraît très bien. Et si je trouve un stand de mochi en partant, ça fera très bien office de dessert. Je jette un œil à Satoshi.

« Tu as choisi ? »

Une fois qu’il me répond par la positive, je jette un œil dans le couloir, et lorsque le serveur repasse je lève mon bras et l’interpelle.

« Sumimaseeen »

Il me fait signe qu’il arrive et après quelques instants, il revient. Je laisse Satoshi commander, puis passe également commande.

« Tempura Udon hitotsu to ocha hitotsu, onegaishimasu. »

Si j’ai bien lu, une fois la première tasse de thé commandée, je peux me resservir autant que je veux. Un bon thé me réchauffera sûrement mieux. Une fois le serveur parti, je regarde le fond de mon verre un instant avant de lever les yeux vers Satoshi, incertaine de ce que je dois dire pour relancer la conversation.

« Et sinon, euh, tu as vu de bons anime récemment ? Le dernier que j’ai vu c’est Meari to majo no hana, mais c’est sorti cet été, donc il y a un moment déjà. Je n’ai pas vraiment eu le temps de regarder autre chose, entre les cours, les clubs, le travail et les entraînements de baseball.»

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Sam 17 Mar 2018 - 15:37

Le silence qui suit sa demande est sans doute un peu trop long pour paraître naturel. La question méritait une réponse de plusieurs tomes. Et en même temps, dans un sens, je ne savais pas trop quoi lui répondre. Pourquoi mon père qui était venu de son propre chef au Japon, lui, un scientifique plutôt reconnu, avait finit par détester cet endroit, et a en rejeter tout ce qu'elle proposait. Sa culture, son peuple. Puis petit a petit sa propre femme. Puis si il était resté encore un peu, sans doute son fils. Enfin, une partie de moi simplement. Celle qui n’était pas la copie de lui même qu'il avait essayé de créer.

- Hum, c'est pas que je veux pas te répondre, bien sur. C'est juste que....je sais pas trop pourquoi. Mon père n'est pas....enfin, n’était pas vraiment friand de ce genre de loisir, c'est tout.  Mais tu sais, n'hésite pas a demander quelque chose si tu veux. Tu n'as pas besoin de t'en excuser après coup.

Je lui souris simplement, et après avoir trinqué j'écoute ce qu'elle me raconte a propos des membres du club. Elle évoque souvent ce garçon, Akai. Je répondais a l'affirmatif sur ce qu'elle me disait a son propos, mais en réalité je n'avais du lui parler que deux ou trois fois. Je n'étais pas ce genre de capitaine a être ami avec toute les personnes membres du club. Sans compter Shinji, qui était un peu devenu ami avec moi de son propre chef quand j'étais arrivé a Keimoo l'année précédente, je ne considérais aucun membre du club comme un ami, vraiment. Sans compter Nao-chan, mais ce n’était pas du tout la même chose. Et puis Misuzu maintenant....mais...ce n’était pas vraiment une amie, je crois. Compliqué.

- C'est amusant, parce que quand je te regarde, j'ai vraiment l'impression que tu es du type sociale, amie avec un peu tout le monde, facile a discuter. Je suppose que l'habit ne fait pas le moine. Quand a Akai, il ne m'a pas trop parlé de toi pour la simple et bonne réponse que je ne le connais pas vraiment. J'ai du lui parler une fois en fait. Mais si tu dis qu'il est sympa, je te fais confiance.

Elle me propose de faire une partie, quand on sera a Fukuoka. Donc, c'est une erreur qu'elle a fait, ou cela sous-entends qu'elle accepte de venir ? Couplé au fait qu'elle me dit qu'elle est contente de passer du temps avec moi, je ne peux m’empêcher de lui sourire. Et je dois avoir un visage étrange quand la serveuse me demande ma commande et que je la regarde avec un grand sourire. La pauvre, elle a du croire que je me moquais d'elle. En attendant, elle repart vite après que Misuzu ai passé sa commande a son tour.

- Enfin, tu sais, si il y a plein de tes amis la bas, tu n'as pas besoin de te forcer a passer du temps avec moi au lieu de t'amuser avec tout le monde, même si c'est moi qui t'ai proposé. Parce que bon, je doute passer du temps avec des g....enfin, j'aime bien être dans mon coin quoi.

Un peu plus et voilà que j'étais a deux doigts d'évoquer les membres du club comme « des gens », comme si je parlais de personne totalement inconnus. Ce n’était pas totalement faux au final, de mon point de vu, je ne les connaissais presque que administrativement. Et si j'avais l'impression que plus de gens venaient me voir qu'avant, c’était toujours a propos du club. Cela ne changeait pas grand chose, et on peux dire que ça me convenait totalement.

J'ai a peine le temps de prendre une gorgée qu'elle parle a nouveau. Et bah, elle a envie de parler aujourd'hui, je n'ai même pas besoin de réfléchir. Enfin, je n'avais pas eu besoin jusque la, j'avais l'agréable sensation qu'avec elle, je n'avais jamais besoin de me forcer a faire la conversation. Tout venait naturellement. Et encore plus pour la suite apparemment.

Je lève la tête, en écoutant ce qu'elle dit. C'est un piège, obligé. Quelqu'un a du lui dire, et finalement elle n'a pas pu s’empêcher d'en parler pour se moquer de moi. Lui dire que je passais le reste de ma vie, en dehors du dojo, a lire et regarder des manga et anime. Je scrute son regard d'un air méfiant, approchant même un peu plus mon visage au dessus du kotatsu, de quelques centimètres, certes, mais l'approche est faite.

- Je...je n'avais aucune idée que tu appréciais ça.


Je me passais la main sur le visage. Elle était aussi détendue avec tout le monde ? Parce que bon, regarder des anime, bien que cela venait de ce pays, ce n’était pas spécialement bien vu par tous. Et sortir ça comme ça, a quelqu'un qu'elle connaît a peine, je me demanda pendant un court instant si c’était écrit sur mon front. Il aurait suffit que je sois au chômage et que je ne fasse pas de sport pour être un NEET. Je m'étais plusieurs fois dis d'ailleurs que c’était mon seul futur. Ma pauvre mère, si elle m'entendait penser ainsi....bon, en fait elle devait même m'avoir fait la réflexion une fois ou deux. Comme Mika d'ailleurs. Elles étaient infâmes.

- Pour tout avouer, je lis beaucoup de manga. Ma mère a travaillée dans un magasin de presse a un moment, et elle est devenue amie avec le patron. Du coup, depuis que j'ai douze ans, il m'offre les différents jump chaque semaine. J'en fais la collection.


Je ne pouvais m’empêcher de ressentir une petite pointe de fierté en évoquant l'une de mes réussites. Bon, ce n’était pas vraiment de mon fait vu que c’était un cadeau, mais neuf ans de jump, ça commençait a faire une sacrée collection. Il allait bientôt falloir que je fasse construire une énorme maison uniquement pour entreposer mes précieux jump. Ils étaient tous en parfait état. N'importe quel fan deviendrait sans doute fou en mettant un pied dans ma chambre ou dans le grenier.

- Après, je ne suis pas trop un expert en film d'animation. Je ne l'ai pas vu, Meari to majo no hana. Je ne regarde vraiment des animes que depuis un an. Je....je n'avais pas d'ordinateur avant. Difficile sans, de nos jours, vu le prix que ça coûte.

Super réflexion ça, Sato. Un pauvre doublé d'un amateur de streaming. Tu vas gagner des points a ce rythme. Je retenais un soupir, sans baisser le regard du sien. Je me remémorais ce que j'avais vu dernièrement. Comme je n'aimais pas attendre, je faisais en sorte de regarder les séries en décalé. Le temps que les nouvelles sortent, je regardais celle qui venaient de se terminer, et ainsi de suite, ayant le programme en décalé d'une période de sortie.

- Il y a eu la deuxième saison de Kekkai Sensen, je ne sais pas si tu connais ? L'adaptation d'Inuyashiki aussi, cet hiver. J'avais adoré la lecture, et j'étais curieux de voir ce que ca donnait. Je dois avouer que j'étais un peu déçu parce que c'est aller vite et....


Je stoppais ma phrase. Ça y est. Le voile était levé, j'allais me faire cataloguer comme otaku a ses yeux. J'en avais trop dit. Mon enthousiasme avait prit le dessus trop rapidement. Je passais la main dans mes cheveux, en reprenant :

- Désolé, je m'emballe. C'est quoi ton style d'anime, ou de manga, a toi ? Tu joues peut être a des visual novel, sinon ?


Voila, je continuais la conversation, en lui laissant la parole pour ne pas avoir l'air d’être renfermer. Pour ne pas qu'elle sache d'a quel point j'étais complètement accro. Enfin, je préférais le terme passionné. Mais pas besoin de rentrer dans les détails avec elle, histoire de ne pas perdre toute crédibilités.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Mar 20 Mar 2018 - 15:07




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Comme je m’y attendais, ma question de pourquoi il n’allait pas aux voyages de classe le met mal à l’aise. Le silence s’installe l’espace d’un instant avant qu’il ne me réponde, et je commence à comprendre un peu mieux l’histoire de Satoshi et de ses parents. Sa mère se retrouvant toute seule avec lui, et son père… Il ne m’en jamais parlé jusqu’à maintenant et je commence à avoir une vague idée de pourquoi. Même s’il m’assure que je ne dois pas hésiter à poser des questions, je préfère simplement hocher la tête, un peu penaude. Après tout, tout ça ne me regarde pas. Il explique que j’ai l’air de quelqu’un de social, avec qui il est facile d’avoir une conversation. Je hausse les épaules, une expression mélancolique peinte sur le visage. Il enchaîne, expliquant qu’il ne parle pas trop à Akai-san, ce qui me fait lever un sourcil. Akai est pourtant chef de section non ? J’aurai pensé qu’ils se parleraient au moins en terme d’organisation. Mais je n’y connaît pas grand chose à la manière dont les clubs fonctionnent, à vrai dire. Nous commandons et la serveuse repart assez rapidement, et je crois distinguer un sourire de la part de Satoshi. Une fois que nous sommes seuls, je me décide à lui répondre.

« Je ne dirais pas qu’Akai-san est mon ami, juste quelqu’un avec qui j’ai passé un peu de temps. »

De toute façon, il n’y a pas grand chose à y faire. Ce n’est que la première année d’université, peut être que j’aurai l’occasion de me faire des amis proches, qui sait. Ça doit être bien d’avoir un groupe d’amis avec qui faire des choses, au lieu d’être simplement une pièce rapportée qui n’est vraiment proche de personne. Car même si j’apprécie Akai, ou Naoko, ou Hisaka, je ne peux pas décemment dire que je me considère comme étant proche d’eux, ni les uns ni les autres. À vrai dire, j’aimerais bien faire comme dans les mangas, partir à la mer ou dans les montagnes avec des gens dont je serai proche. Mais bon, ce n’est pas près d’arriver pour l’instant. Satoshi reprend, m’encourageant à passer du temps avec mes « amis ». Je lui fait un petit sourire.

« Je n’ai pas vraiment d’amis, pour être honnête. J’ai appris à me méfier avec les garçons, et les filles ne m’aiment pas trop, justement parce que je m’entends bien avec les garçons, je pense. Ce n’est pas que je ne veux pas d’amis, c’est juste que… C’est comme ça que les choses se sont faites. C’est comme ça depuis le collège, on y peut rien. »

Parler de ça me rend un peu triste, parce que chez lui ça semble être un choix, mais moi c’est juste que j’ai des difficultés à être proche des gens, parce que, quelque part, je m’en empêche toujours pour une raison ou une autre. Forcément, lorsqu’on est « l’un de mecs de la bande », on ne peut pas être vraiment proche et intime avec quelqu’un. Et maintenant que j’ai rejeté Kazuki-kun, j’ai peut être perdu la seule personne avec qui j’avais un semblant d’intimité, même s’il m’a assuré du contraire. Et puis bon, ce n’est pas comme si nous étions vraiment amis, nous avons juste gardé contact, un peu, et maintenant je me demande si, de son côté, ce n’était pas uniquement parce qu’il pensait que c’était plus que de l’amitié. J’aimerais avoir l’avis de quelqu’un, et j’hésite à parler avec Satoshi, mais je me retiens. C’est vrai qu’il est facile de parler avec lui, mais je préfèrerais ne lui pas raconter mes déboires avec un autre garçon. Donc je décide de changer de sujet, sans réfléchir au fait que parler d’anime va sûrement me faire passer pour une otaku de bas étage. Néanmoins, il n’a pas l’air de le prendre mal ou de manière méprisante, au contraire. Il a l’air confus, surpris, et finit par avouer qu’il ne pensait pas que j’appréciais ça. Ben, je ne vais pas le crier sur tous les toits, même si ce n’est pas forcément complètement honteux non plus.

« Tu vas me prendre pour une Otaku, mais… J’ai passé les vacances à regarder les nouveaux épisodes de Sailor Moon et à jouer aux jeux vidéos… Donc on peut dire que j’apprécie ça, effectivement… »

Je fais un rictus gêné en repensant à mes figurines de Sailor Jupiter et Sailor Mars sagement posées sur une étagère dans ma chambre à Saitama. Clairement, Sailor Jupiter est celle à qui je m’identifie le plus, grande, un peu garçon manqué… Je suis probablement un cliché de bokkuko, mais ce n’est pas comme si je le faisais exprès. Je secoue la tête pour me sortir de ces pensées et reporte mon attention sur Satoshi, qui m’explique être grand lecteur de manga. J’écarquille les yeux. On ne dirait pas comme ça, lui qui est sportif et sérieux à tout instant.

« Tu dois en avoir beaucoup, c’est super… Je n’en ai que quelques uns, à vrai dire j’ai plutôt tendance à acheter les tomes des séries que j’aime particulièrement, comme HunterxHunter, et pour ce qui est des jump, c’est un peu comme le reste, je fais surtout beaucoup de tachiyomi… »

Je lui souris, un peu honteuse. Effectivement, le tachiyomi est une pratique répandue, mais pour une raison quelconque ça me gêne un peu d’en parler devant lui. Le nombre de fois où j’avais lu des jumps ou des magazines entiers en attendant le bus, le train, ou juste en restant debout sur mes guibolles après le travail au lieu de rentrer me reposer est assez élevé, à vrai dire. Il explique ne pas s’y connaître en film d’animations, et je lui souris gentiment. Effectivement, sans ordinateur, c’est tout de suite plus compliqué. Chacun ses problèmes, moi c’est surtout le temps. Il m’interroge sur une série dont je n’ai jamais entendue parler, et d’une autre dont je ne connais pas grand chose si ce n’est que c’est l’histoire d’un vieil homme cyborg. Je fais un sourire gêné, incertaine de ce que je peux répondre à ça, vu qu’il a l’air de vraiment bien connaître. Ma main vient d’elle même se poser sur ma nuque, et je rougis un peu, alors qu’il s’arrête brusquement dans sa phrase pour me demander quel est mon style d’anime ou de manga. J’ai un nouveau sourire un peu gêné.

« Je ne connais pas très bien ces deux séries, à vrai dire, je… Je manque de temps pour suivre les choses récentes, la preuve, je viens juste de rattraper Sailor Moon. Je n’ai pas vraiment de style, j’aime un peu tout. HunterxHunter, Bungou Stray Dogs, Sayonara Zetsubo sensei, Shokugeki no Sōma, et j’aime beaucoup les manga de Sakura Fujisue, aussi, et les Clamp. »

Je lui souris de nouveau avant de baisser les yeux vers la table de nouveau. Je suis amatrice mais je n’irais pas jusqu’à dire que je m’y connais, en tout cas.

« Et toi, alors ? Qu’est-ce que tu lis ou regarde ? »

Je l’écoute attentivement et la serveuse revient, un plateau contenant nos assiettes, et les installe sur la table. Je la remercie et elle s’en va aussi vite qu’elle est venue. Je prends une gorgée de thé, et me brûle immédiatement le palais et la langue. J’ouvre la bouche et l’évente avec ma main, avant de prendre une gorgée d’umeshu froid, sans réfléchir au fait que ça va empirer les choses. Et effectivement, ça empire les choses, mais je tente de ne rien laisser paraître alors que je suis sur le point de m’étouffer avec ma propre salive. Je me contente de mettre mes mains devant ma bouche, couvrant aussi une partie de mon visage, et de tousser aussi discrètement que possible. Une fois que j’ai finalement retrouvé un souffle normal, je reporte mon attention sur mon bol d’udon, non sans jeter un regard gêné vers Satoshi. Je sépare mes baguettes et me prépare à les plonger dans mon bol.

« Itadakimasu ! »

Je croque la première bouchée de crevette en tempura, et ne peux m’empêcher de sourire la bouche pleine.

« Hmmm-oishiii »

Je marmonne tout en mâchant. J’avais vraiment faim. Je reprends une gorgée de thé, sans me brûler cette fois, j’ai appris ma leçon. Une fois quelques bouchées dans le ventre, je fais une courte pause.

« Je n’aurais jamais dit que tu aimais les manga et les anime non plus, à vrai dire. C’est drôle, tu es plein de surprises, en fait. »

Euh, okay, Misuzu. Si tous mes organes faisaient la course, mon cerveau arriverait bon dernier, largement après ma bouche. J’espère qu’il ne va pas le prendre mal ou se dire que je suis bizarre. Enfin, je suis bizarre, mais le but n’est pas de me ridiculiser ou de vexer tous les gens avec qui j’ai des conversations. Je me contente donc de sourire avant d’essayer de me rattraper.

« Je veux dire, tu es toujours si sérieux et intimidant, ça me fait plaisir de savoir qu’on a des choses en commun. »

Sinon je peux aussi prendre une pelle et continuer à creuser, mais avec les bons outils cette fois. Il va vraiment finir par se dire que je suis tarée. Je devrais arrêter de dire aux gens qu’ils sont intimidants, même si c’est vrai. Je me contente d’enfourner une nouvelle bouchée de nouilles et de tempura pour cacher le fait que mon visage a viré au rouge cerise.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Jeu 22 Mar 2018 - 18:51

J'ai a certain moment du mal a savoir si la conversation va dans une bonne ou une mauvaise direction. J'ai l'impression, tantôt, qu'elle est contente, tantôt, qu'elle est triste. Je ne suis pas le convive le plus amusant de la terre, je ne peux pas dire le contraire. Je ne souriais quasiment pas, j'avais du mal a relancer la conversation, pas de blague, pas vraiment d'histoire a raconter. Bref, la plupart des repas étaient bien mieux quand ils étaient en silence, dans mon cas. Et je venais a priori de comprendre une chose de plus. Je n'avais vraiment aucune facilité a comprendre ce que me racontait les autres. Surtout les sous entendus.

J'étais persuadé après l'avoir écouté que ce garçon du club, Akai, était vraiment son ami. Je veux dire, on ne fait pas des partis de Shogi avec quelqu'un que l'on connais a peine non ? Ou alors je ne comprend absolument rien. Je n'étais pas du genre a faire preuve de familiarité sans vraiment connaître quelqu'un. J'avais plus de facilités a discuter qu'avant, et c’était déjà une réussite, toujours est il que maintenant qu'elle venait de me dire qu'elle n’était pas vraiment amie avec lui, je ne pouvais m’empêcher de me refaire mentalement la totalité de notre discussion depuis notre rencontre pour essayer tant bien que mal de voir si j'avais manqué autre chose.

Elle semblait vraiment peinée, et malgré moi, elle me donna envie de dire quelque chose. Mais je ne savais juste pas quoi. La solitude je connaissais. Mais elle ne m'avait jamais donné l'impression d’être problématique. Finalement c’était plutôt les gens qui forçaient pour être avec moi qui m'ennuyait souvent. Mais elle semblait être dans le cas contraire. Je pouvais lui faire un sourire. Lui tapoter le bras, une caresse sur la joue peut être ? C’était dans les manga ça, et ça ne changerais absolument rien. Pour l'instant, je baissais le visage, continuant mon assiette.

Le curry était excellent. Pas aussi bon que celui de ma mère, mais je n'étais pas objectif, sans doute. J'appréciais autant le repas que l'écouter me parler de manga. En fait, j'aimais beaucoup le sujet, mais entendre sa douce voix utiliser ce genre de terme que j'avais l'habitude d'entendre de loin, ou de lire simplement, ça la rendait hypnotisante. Si j'avais trop plongé mes yeux dans son regard, dieu sait si je ne me serais pas noyée. C’était ça en fait. Elle semblait en train d'essayer de me plonger dans l'illusion de ses paroles. Et elle était affreusement douée.

- Ce que j'aime....ce que j'aime......hum....un peu de tout je présume. Vu que je reçois et lis tout les jump, même si la shueisha n'est pas vraiment une référence du shojo, je pense quand même pouvoir dire que je lis une bonne variétés d’œuvre. En ce moment, Yakusoku no Neverland me fascine vraiment. Ce n'est pas beaucoup de manga qui dés le premier arc, d'entrée de jeu, se passe en huit clos. C’était incroyablement prenant. Et puis j'ai pu me mettre a jour pendant les vacances.....quand je n'avais mon amie sur le dos, ce qui n’était pas si simple.

Elle me suivait tellement partout, même encore aujourd'hui. En même temps, elle avait passé la moitié des vacances a dormir dans ma chambre. Pour la tranquillité, il fallait repasser. Je la revoyais essayer de m'étouffer avec un oreiller, en murmurant des « alors, c'est qui la plus forte maintenant »....ah non, c’était dans ma tête ça. Sans doute un cauchemar. Pas si éloigné de la réalité. Il fallait que j’oublie ces vacances, vraiment.

- Je lis beaucoup de shonen et de seinen. Pour te dire, je crois que je n'ai rien lu depuis Nisekoi en shojo, et je lis toujours ReLife, pour être tout a fait honnête. Ce n'est pas ce que je préfère, mais j'aime bien.

Je retournais a mon repas, pour l'écouter me dire qu'elle non plus n'aurais jamais imaginé que je puisse avoir ce genre de hobby. Moi, sérieux et intimidant ? Je penchais un peu la tete sur le coté, masquant aussi bien que je le pouvais mon sourire. Sérieusement ? C’était donc comme ça que les gens me voyaient ? Comme quelqu'un d'intimidant ? Mince alors, ce n’était vraiment pas le genre de chose que j'avais imaginé. Je m'étais dis que je donnais l'impression de quelqu'un de bizarre. Peut être un peu bête. Qui ne pensait a absolument rien d'autre que son sport. J'aurais pu comprendre le fait que je n'étais pas vraiment abordable. Parce que j'étais toujours silencieux. Mais si c'etait vraiment la raison, c'etait vraiment une surprise. Un peu curieux, je me risquais a rester sur ce terrain :

- Dis moi....entre nous....tout le monde pense ça ? Que je suis intimidant ? Je dois t'avouer que c'est bien la première fois que j’entends ça a mon sujet. J'étais plus habitué au fait qu'on me trouve bizarre. Et je peux difficilement aller dire le contraire. Vu que je ne parle pas vraiment aux gens. C'est sans doute moi le problème.


Je replongeais une énième fois, quand une idée me passa par la tête. J'aimais bien passer du temps avec elle après tout. J'aimais l'entendre me parler. Le son de sa voix, en fait, agissait étrangement sur ma poitrine. Elle avait l'air de regretter son manque de relation avec les gens, bien que de mon point de vu, elle était largement au dessus de la moyenne. Bon, d'accord, de ma moyenne. Nous commencions a nous connaître. Et puis, j'étais vraiment motivé, a ma plus grande surprise, a la revoir plus souvent. J'évitais de penser que plus souvent, dans ma tête, c’était plutôt « tout le temps ». J'allais vraiment finir par être bizarre.

- Du coup euh....


Comment lancer cette phrase sans que ca paraisse vraiment bizarre ? Enfin, au moins, je savais que niveau goût, je taperais dans le mille maintenant. Mais ce n'etait clairement pas le plus difficile.

- J'ai....j'ai beaucoup aimé Bungoo Stray dogs. Je n'avais pas lu le manga, pour une fois, et l'anime m'a intéressé. Début Mars, il y a le film qui va sortir.....« Dead Apple » si je ne dis pas de bêtises.

Aller Sato....ne fias pas l'idiot maintenant......mais au fait....ne pas faire l'idiot, c'est le dire comme un homme, ou au contraire ne rien dire pour ne pas paraître vraiment bizarre.

- Bon c'est dans longtemps, dans deux mois. Mais si ca te dis, on pourra aller le voir ensemble. Je dois t'avouer que je ne suis pas aller au cinéma depuis.....longtemps.

Jamais en fait. Maintenant que j'y pensais. Non, en fait, je n'y pensais pas. Je pensais plutot au fait que j'avais l'impression d’être en train de me noyer.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Jeu 22 Mar 2018 - 22:07




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Décidément, cette conversation amène mon moral à jouer au yoyo. Ça ne serait pas autant un problème si je savais contrôler les expressions de son visage, mais ce n’est pas le cas et je ne veux pas mettre Satoshi mal à l’aise. Heureusement pour moi, il a l’air à peu près serein, ce qui, en un sens, m’aide moi aussi à me calmer. Il ne dit rien quant à ma difficulté à me faire des amis, et je l’en remercie silencieusement. De toute façon, je ne vois pas ce qu’il aurait pu répondre. Je baisse la tête sur mon bol d’udon, croquant de nouveau dans une crevette avant d’aspirer une partie des nouilles, ma main libre sous mes baguettes histoire de ne pas m’éclabousser toute seule avec du bouillon. Je jette de temps en temps un œil à Satoshi. Il m’explique que ses goûts en terme de mangas sont hétérogènes, et je suppose que c’est logique. Est-ce qu’il y a des gens qui ne lisent qu’un seul type de manga, et particulièrement arrivés à notre âge ? Probablement pas. Il me parle de nouveau d’un manga dont je n’ai jamais ne serait-ce qu’entendu le titre. Je lui souris, hochant la tête sans demander de précisions. J’aurai toujours l’occasion d’en reparler avec lui plus tard. Il évoque de nouveau son amie, dont il m’avait déjà parlé auparavant, ou plutôt à qui il avait fait allusion. Il semble ennuyé d’avoir ce type de relation, ce qui me fait ressentir des choses contraires. Une fois ma bouchée de udon finie, je prends une gorgée de thé et m’accoude sur la table, avant de poser le côté de ma tête sur ma main.

« Tu sais, c’est une bonne chose d’avoir des gens qui sont proches de nous, même s’ils peuvent parfois être un peu trop à gérer… Il faut être reconnaissant d’avoir des gens à qui on importe, je pense… Enfin, c'est juste mon avis. »

Je fais de mon mieux pour ne pas donner de ton moralisateur à ma voix, la nonchalance de ma pose devant aussi jouer dans ce sens, normalement. Je lui souris, alors qu’il continuer d’exposer ses goûts. Encore une fois, il parle de trucs que je ne connais pas, et j’hésite à de nouveau hocher la tête ou bien à l’interroger, au risque de passer pour une idiote. Mais après tout, il a bien dit qu’il ne fallait pas que j’hésite à poser des questions.

« Honnêtement, je vais passer pour une fausse amatrice, mais je ne connais aucun des deux manga que tu m’as cité… En tout cas pas plus que de nom. Mais j’aimerais bien que tu m’en parles, si tu aimes, c’est que ça doit être intéressant. »

Il semble intrigué, voire confus lorsque j’admets ma surprise de savoir qu’il s’intéresse à ce genre de choses. J’espère vraiment que je ne l’ai pas vexé en lui disant qu’il était intimidant. Il m’interroge sur la popularité de cette opinion, et ça me donne l’impression qu’il prend ça plus à cœur que je ne l’aurai pensé. Hein ? Les gens le trouvent bizarre ? Je hausse les sourcils, surprise. Je mets ma main devant la bouche pour finir de manger tout en lui répondant, mais sans avoir l’air complètement impolie en parlant la bouche pleine. C’est accepté au Japon, mais il est à moitié français, donc peut être qu’il suit leurs règles de politesse aussi. Je rougis un peu en essayant de trouver un moyen de réparer mon erreur.

« Eh? Ah, non, je ne voulais pas dire ça dans un sens négatif… et je ne te trouve pas bizarre non plus… Je voulais dire, eh bien, que tu as l’air d’être quelqu’un de déterminé, qui travaille dur pour atteindre ses objectifs, et, euh, enfin c’est inspirant, ça me donne envie de faire de mon mieux aussi et de travailler dur… »

Je rougis encore un peu plus. C’était quoi cette tirade inspirée sortie tout droit d’un drama ? Je lui jette un regard rapide avant de piquer du nez dans mes nouilles avec un petit rire gêné. Un silence assez long s’ensuit pendant lequel j’en profite pour enfourner plusieurs bouchées de nouille et de crevette histoire de me distraire de la légère tension dans l’air. Tension, ou embarras ? Je ne saurai trop dire, honnêtement, mais il y a bien quelque chose, on dirait. Satoshi semble hésiter à dire quelque chose pendant quelques secondes avant qu’il ne commence une phrase. Je lève les yeux vers lui, tentant de finir mes nouilles avant de devoir répondre, hochant la tête. Effectivement, le film sort d’ici peu, il me tarde d’aller au cinéma, parce que la dernière fois c’était…

« Eh ? »

Je m’étouffe presque de nouveau quand il me propose d’aller le voir avec lui. Ce n’est pas la demande en soit, mais je ne m’y attendais pas du tout. Je hoche la tête avec un nouveau rire gêné, basculant un peu en arrière, incertaine du comportement à adopter.

« Boku ? »

Je pointe mon index vers mon nez, juste histoire de confirmer, avant de réaliser que la question est complètement stupide vu que nous ne sommes que tous les deux. Aussi, je lui fais un sourire avant de cacher une partie de mon visage derrière mes mains.

« Bien sûr, ça me ferait très plaisir ! Je ne suis pas allée au cinéma non plus depuis que j’ai quitté Tokyo je crois… »

Je dois avouer que la perspective de passer encore du temps avec lui me réjouit. Mais, forcément, une question me trotte dans la tête. Une fille et un garçon qui vont voir un film seulement tous les deux, c’est ambigu, non ? Enfin, ça pourrait tout à fait être un rendez vous. Il faudrait que j’arrive à éclaircir ça avant qu’on y aille, mais sans être trop directe, plutôt l’air de rien. Mais si je demande plus tard, ça risque d’être bizarre, non ? Bon, peut être qu’il vaut mieux que je pose la question maintenant. Je bois une gorgée d’umeshu pour me donner du courage et je me lance.

« Et, euh… tu comptais proposer à d’autres gens aussi ? »

Bon, c’est moins subtil que j’aurai souhaité, mais à la guerre comme à la guerre. Au moins, je saurai à quoi m’attendre, ça me permettra de me préparer psychologiquement… Enfin, si on y va vraiment que tous les deux. En mon for intérieur, j’espère que c’est le cas, mais il ne faut pas non plus que je parte bille en tête, après tout, on ne se connaît pas si bien que ça, et je ne vois pas vraiment pourquoi il voudrait qu’on y aille juste tous les deux… Avec ce qui s’est passé, le fait que je l’aie évité, tout ça, il doit penser que je me prends la tête pour rien, et ça n’est pas forcément une bonne chose. Enfin, c’est clair que ce n’est pas une bonne chose en fait. Je me prends à avoir un nouveau rire un peu gêné alors que je baisse de nouveau les yeux vers la table. Et puis, c’est dans un moment. Il aura peut être oublié d’ici là. Et puis, les choses auront peut être changé après Fukuoka… Bref, inutile de me bloquer sur une idée. Et puis, on a déjà été plusieurs fois tous seuls tous les deux, même maintenant en fait. Oh. Est-ce que ça veut dire que là, tout de suite, c’est un rendez vous ? Non, je ne pense pas. On n’organise pas un rendez vous comme ça à la dernière minute. Oui, je suppose que c’est l’organisation qui compte le plus. Enfin, j’imagine ? Ça serait logique. Sinon, c’est juste un moment entre amis. Sauf qu’on est pas vraiment amis, que je sache.

Je réalise que ça fait sûrement un moment que je n’ai rien dit. Vite, il faut que je trouve un sujet de conversation pour relancer le dialogue, sans quoi ma question va avoir l’air beaucoup plus sérieuse que ce que je voudrais. Je l’interroge donc sur la première chose qui me passe par la tête.

« Ton amie… Tu l’avais déjà évoquée, mais tu n’as rien dit de plus… Parle moi d’elle, ça m’intéresse ! Vous vous connaissez depuis longtemps ? »

Je lui souris de nouveau. Ça pourrait presque passer pour une conversation normale et détendue, si on n'est pas trop regardant.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Ven 23 Mar 2018 - 1:48

Je me passais la main dans les cheveux en souriant un peu plus timidement. Elle avouait elle même qu'elle ne connaissait rien de ce que j'étais en train de lui raconter. Il valait mieux limiter les dégâts. Même si....elle venait de dire que, je cite «si j'aime, c'est que ce doit être intéressant ». Ok, il va me falloir une bonne seconde pour analyser cette phrase. Cela veux dire qu'elle me trouve intéressant alors ? Ou alors c'est une manière d’être polie, de ne pas me vexer. Si il y avait matière a vexation bien sur. Je parlais juste d'un anime, la. Il fallait pas que je me monte la tête. Surtout qu'encore une fois, c’était juste pour être sympa qu'elle avait dit ça. Histoire de clore la conversation sans passer pour une....une quoi en fait ? Je soupirais. J'allais trop loin la.

- Euh, je suppose que si tu veux qu'on discute de manga, on aura qu'a se trouver un moment. Je vais pas t’embêter a te prendre la tête tout le repas.


Je rigolais poliment comme pour essayer de mettre définitivement un terme a cette histoire. Par chance, j'ai réussi a embrayer sur un autre sujet. Pas forcément plus a l'aise cependant, au vu de la teneur de celle qui commence, j'en suis néanmoins plutôt intéressé. Même si je m'étais souvent persuadé de n'en avoir rien a faire, je suppose que tout le monde aime bien savoir si il est un minimum populaire ou au contraire passe pour quelqu'un d’extrêmement étrange. J'avais toujours songé que je devais être dans la seconde catégorie, et je n'en étais plus vraiment vexé.

Pour le coup, je ne m'attendais pas véritablement a ça. Je n'avais pas le sentiment d'avoir du travailler pour atteindre mon niveau. J'avais juste répété encore et encore des mouvements de bases, que j'avais appris de mon sempai, puis ensuite dans des livres divers, et en recopiant ce que je voyais. C’était une habitude. Je n'avais jamais voulu autre chose que de m'occuper l’esprit, de fuir le quotidien. Si je n'avais pas fais de compétition depuis si longtemps, c’était bien parce que je n'avais absolument aucune détermination. Et penser que les membres du club se trompaient autant sur mon compte, je trouvais ça presque ridicule.

- Je.....je suis désolé, mais tu ne devrais pas avoir cette image de moi. Je fais ça juste pour passer le temps, il y a des dizaines de sportifs qui sont sans doute bien plus inspirants que moi. Je suis un peu un impo....euh....enfin bref, merci pour ta réponse franche, je suppose.

Cela n'avait fait qu'augmenté mon embarra. En face de qui croyait elle être ? Elle ne devait pas se rendre compte qu'elle discutait avec un asocial, doublé d'un lâche. De quelqu'un qui n'en avait rien a faire des gens et.....je ne savais même plus si c’était vrai. Peut être que je n'avais même pas envie d’être avec elle, et que je voulais simplement me prouver quelque chose a moi même. Mais si c’était le cas, j'irais vraiment jusqu'à lui proposer d'aller au cinéma ?

Il est a noté que sa réaction a ce propos est plus qu'étrange. Je m'attendais a un refus. Ou a la limite un accord un peu forcé qui découlerait sur plusieurs empêchements de suite, puis enfin sur une annulation pure et simple. Mais elle semblait surprise que je le lui demande a elle. Mais elle semble....contente. Lui faire très plaisir ? A ce point la ? Je suppose que soit c'est une très bonne comédienne, soit j'avais raison de proposer, et elle en est vraiment contente. Puisque nous ne sommes ni l'un ni l'autre grands amateurs de cinéma en salle, je suppose que ça peux faire une chouette sortie. Mais ce n'est pas pour....hein ? Comment ça quelqu'un d'autre. Oh, je viens de comprendre. C’était une erreur de ma part.

- Je pensais pas le faire, mais je comprend, tu peux inviter des gens si tu veux, ça ne me pose aucun soucis. C'est vrai que c'est un peu présomptueux de t'inviter comme ça, pardonne moi.

J'incline un peu la tête, et m'étouffe a moitié en voulant prendre une gorgée de ma boisson a la pomme. Je la revois me dire que si je gagne le tournoi, elle me paye sa tournée de cette boisson que j'aime tant. Elle semble apprendre a me connaître beaucoup plus vite que ce que je croyais. Alors que j'ai l'impression de ne rien savoir d'elle. Alors qu'il y a encore une seconde, je me disais qu'elle se fichait un peu de moi, voilà que je pense vouloir la connaître d'avantage. Je vais commencer a croire que je suis bipolaire. Elle enchaîne en parlant de Mika a nouveau. Elle avait déjà fait un commentaire un peu plus tôt. Et il était réaliste. Je râlais après elle, mais je ne voyais pas comment ma vie aurait pu être si elle n'avait pas était la. Difficilement plus morne, et pourtant elle l'avait ensoleillée toute les journées que je pouvais avoir en mémoire.

- Mika tu veux dire ? Mikaela, c'est son prénom. Ça fait pas trop Japonais, alors elle aime pas qu'on le dise en entier. Euh, je sais pas trop ce que je peux te dire.


Un roman sans doute, mais je ne voulais encore une fois trop m'étendre sur un sujet qui allait vite l'ennuyer....même si c’était elle qui en avait fait la demande. Je pouvais bien exhausser ce souhait.

- Quand j'ai déménagé de Tokyo, je suis arrivé a Mûra, et je connaissais personne....


Ou plutôt, je ne voulais parler a personne.

- Elle était sacrément populaire. Elle fait de la gymnastique, maintenant elle est trop vieille bien sur, mais elle a quasiment remporté les nationaux, dans notre école de Sendai. Oui, on est allés au lycée a Sendai ensemble. En fait j'étais dans mon coin. Je devais avoir onze ans, et je sais pas vraiment pourquoi, elle a commencé a venir me parler comme ça, sans raison. Alors que tout le monde m'évitait. J'étais bizarre. Et blond. Deux choses que je suis toujours.

Je souriais un peu, me déridant de nouveau.

- Bref, elle était tellement hyperactive, que j'en pouvais plus. Moi j'aimais bien le calme a l'époque. Encore maintenant, mais j'étais vieux avant l'age, quand j'avais onze-douze ans. Elle passait son temps a me chercher. Un jour pas longtemps après qu'elle ai commencé a me coller, elle est venue chez moi. Ma mère l'a trouvé adorable, et c’était terminé. Le loup était entré dans la bergerie. Maman est sacrément naïve pour tout te dire....

Mais je pouvais pas vraiment lui en vouloir pour ça, Mika était effectivement très facile a vivre, en dehors de ses courses perpetuelles, et avait le cœur sur la main.

- J'ai quelque anecdotes sur des fois ou j'ai essayé de me cacher. Mais ca serait un peu long, je crois. Enfin comme nous n'étions pas nombreux, et qu'elle était aussi fille unique, je suppose que c'est devenu un peu comme ma petite sœur. Meme si j'ai qu'un mois de plus qu'elle. Voila, tu sais tout. Elle fait ses études a Tokyo maintenant, mais on se parle souvent. On se voit souvent même. Elle est venue a Keimoo y'a pas longtemps d'ailleurs.


Je repose mes baguettes. Mon assiette est quasiment vide, et je compte faire une pause. Tout en lui passant la parole. J'étais aussi intéressé par ce qu'elle pouvait me raconter. Autant pour découvrir un peu plus de cette jeune femme, que d'avoir une idée de qui pouvait être la cousine de Nao-chan. Même si, je devais bien l'avouer, la première raison l'emportait largement sur la seconde.

- Et du coup, tu m'as dis que tu vivais pas tout prêt d'ici....Saitama je crois ?

Je ne savais plus si je l'avais lu sur sa feuille, ou si elle me l'avait dit. J'allais faire comme si c’était la seconde hypothèse.

-  Parle moi un peu de toi aussi. J'aime bien quand tu....entendre ta voix. Enfin, euh, qu'est ce que je raconte....


J'avais presque murmuré la fin de la phrase, avant d'enchainer avant que le malaise s'installe :

- Enfin, je serais content d'en apprendre plus sur toi aussi, c'est ce que je voulais dire.


Merde, mon verre est vide. Voila, remplit le d'eau, comme ceci, et bois. Lentement, très lentement. Histoire de garder un peu de contenance.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Ven 23 Mar 2018 - 3:13




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Il semble avoir eu la même idée que moi : si on veut parler de manga, on pourra faire ça une autre fois. C’est vrai que ça pourrait être un moment sympa à passer ensemble, et- woh. On se calme, Misuzu, inutile de faire des plans sur la comète alors que tu ne sais même pas quand est-ce que vous allez vous revoir. Bon, en fait si, je sais. Au moins à Fukuoka. Mais là n’est pas la question. En revanche, je remarque qu’il précise ne pas vouloir m’embêter. Je m’apprête à lui dire qu’il ne m’embête pas, bien au contraire, mais il part sur un petit rire alors je fais de même, je rigole doucement, les yeux fixés sur le bouillon de mes nouilles ou je distingue une partie de mon visage, que je dissipe rapidement en y plongeant mes baguettes. Il semble confus quand je le complimente, et même si je comprends plus ou moins pourquoi, puisque moi non plus je ne sais pas du tout réagir aux compliments, je trouve sa réaction un peu disproportionnée. Peut être que j’ai touché une corde sensible.

« Enfin, ça ne change rien, te voir progresser me donne envie de faire de mon mieux, voilà tout. »

Je lui souris de nouveau, essayant de le réconforter. J’ai un peu envie de lui tapoter l’épaule ou la tête, mais ça serait probablement assez déplacé, et puis nous sommes trop loin l’un de l’autre pour que je puisse le faire de manière spontanée et fluide. Alors je me retiens de le faire. Inutile de lui faire peur, il découvrira mon côté garçon manqué bien assez tôt et s’il ne part pas en courant à ce moment là… Enfin, il n’y a aucune raison que ça lui importe plus que ça, de toute façon. Mais bon. On ne sait jamais. Et puis, il a l’air déstabilisé quand je demande s’il y’aura d’autres gens, presque… déçu ? Il ne comptait pas le faire. Je sens mes oreilles chauffer et mon visage s’empourprer. Et du coup, ma question lui donne l’impression que moi, je veux inviter des gens. Okay, il faut que je rattrape ça.

« Ah- Non non, c’est pas ça, moi non plus je ne comptais pas inviter… d’autres personnes… Enfin, c’est juste que, enfin, que tu m’invites, hontoni bikkuri shita. Mais non, juste tous les deux c’est très bien. »

Je tourne et je retourne les mots dans ma tête. Juste tous les deux. Juste tous les deux. Mon cœur tambourine un peu plus vite dans ma poitrine. Bon, on se calme. Ça ne veut quand même rien dire. Et puis c’est dans longtemps. Et puis il a peut être juste proposé pour être poli. Mais n’empêche que dans ma tête, je me demande de plus en plus si c’est effectivement un date ? En tout cas, il répond à ma question et me parle de son amie. Je hoche la tête en sirotant mon thé et en prenant une bouchée d’udon de temps en temps, laissant échapper des « hmm » et « so desu ne » à intervalles irréguliers. Il sourit et je fais de même, mais j’aimerais quand même le rassurer sur un point.

« Tu es peut être blond, effectivement, là dessus il n'y a pas grand chose à faire. Mais moi, je ne te trouve pas bizarre. »

J’aimerais bien qu’il se sorte cette idée qu’il est bizarre de la tête. Ce n’est pas vrai du tout, en tout cas pas selon moi. Je jette un œil à son visage, il n’a pas l’air spécialement contrit ou quoi que ce soit. Il sourit simplement, alors je fais de même, avant de l’écouter continuer. A vrai dire, imaginer le Satoshi que je connais essayant de se cacher d’une fille est une image assez cocasse, aussi je lâche un petit rire derrière mes doigts avant de reprendre une gorgée de thé. Elle fait ses études à Tokyo. Si elle a le même âge que Satotshi, elle doit donc avoir un an de plus que moi. Qui sait, si ça se trouve je l’ai déjà croisée sans même le savoir. Je me demande à quoi elle ressemble…

« Malgré tout, tu as de la chance d’avoir une amie proche, aussi proche qu’une sœur. Ta mère a sûrement raison de l’apprécier. »

Je souris, mais mon sourire s’évanouit assez vite. Les enfants uniques ne sont pas rares, mais quand on est peu doué avec les relations sociales comme moi, être enfant unique ne facilite pas les choses. J’aurai bien aimé avoir une amie ou un ami proche en grandissant, et encore aujourd’hui, mais ça n’est pas le cas. Je suis toute seule. Je me débrouille toute seule, mais faire sa route est toujours plus agréable avec un compagnon de voyage. Si ça se trouve je passerai toute ma vie comme ça si je n’arrive pas à me faire des amis ici à l’université. Le métier de peintre n’est pas franchement un travail collectif. Une ombre passe dans mon esprit avant que je ne me reprenne et retrouve mon sourire. Ce n’est pas le moment d’avoir ce genre de pensées sombres. Satoshi repose ses baguettes et j’ai soudainement envie de lui prendre la main. Evidemment, je n’en fais rien. Inutile de m’embarrasser toute seule comme ça. Il relance la conversation, l’orientant vers moi cette fois.

« Oui, Saitama. Les Raionzu. »

C’est tout ce que j’arrive à articuler là tout de suite, et je me contente de sourire légèrement et de hocher la tête. Pour l’instant c’est déjà pas mal. Il m’invite à parler de moi, mais pour dire quoi ? Il marmonne quelque chose d’autre et je cligne des yeux plusieurs fois, sans arriver à être sûre que j’ai entendu ce que j’ai entendu. J’ai un genre de sourire, bouche entrouverte, dubitative, puis décide de faire comme si de rien n’était avec un nouveau rire.

« Are ? »

L’air de rien, je fais comme si je n’avais pas entendu mais tout en lui donnant l’occasion de se répéter. Décidément, rire et faire comme si je n’avais pas compris, c’est en train de devenir mon échappatoire de prédilection. Ça ne m’empêche pas de rougir, cependant, lorsqu’il confirme qu’il aimerait en savoir plus sur moi. Je me retiens de pointer de nouveau mon index vers mon nez pour confirmer, et me contente de hocher la tête.

« Il n’y a pas grand chose à savoir sur moi, je ne suis pas quelqu’un de très intéressant… Euh… je suis enfant unique, aussi, et j’ai toujours vécu à Saitama avant cette année… Il n’y a pas grand chose à y faire, à part pique niquer à côté de la rivière et aller au temple… Heureusement Tokyo n’est pas loin en train, seulement une vingtaine de minutes… »

Je me tais, inutile de faire de la pub pour ma ville, ce n’est pas comme s’il risquait d’y aller, de toute façon. J’imite Satoshi et boit également une gorgée de thé.

« Et, euh voilà tout… »

J’ai un rire gêné derrière ma main.

« Enfin, c’est pas facile de juste parler de soi comme ça, qu’est-ce que tu voudrais savoir ? »

Je lui souris, mais derrière ma main il ne risque pas de le voir.

« Demande moi ce que tu veux, j’essaierai de répondre ! »

Après tout, ça peut être drôle, un genre de jeu de questions-réponses. Et puis, pourquoi pas ? Comme ça, ça m’évitera de dire des trucs qui ne l’intéressent pas et qui pourraient mener à une situation gênante. En attendant, je puise de nouveau dans mon bol qui commence à sérieusement se vider.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Ven 23 Mar 2018 - 23:49

Le temps passe vite, et semble s’accélérer encore depuis une bonne vingtaine de minutes. Les discussion s’enchaînent. Et je me surprend a trouver le tout agréable. Même si elle semble continuer a me vouer une certaine admiration que je ne comprend pas. Admiration n'est pas vraiment le mot, et je ne saurais mettre le doigt sur celui que j'ai en tête, et de toute façon, il ne changerait pas grand chose. Je suis quand même satisfais de voir que je la pousse a progresser. Même si elle ne se rend pas compte que c'est plutôt elle qui est motivante pour les plus jeunes. Moi je ne m’entraîne que rarement en public. Jamais en fait. C'est sa motivation, sa joie de vivre, qui donne de la vie au dojo.

- Tant mieux alors. J’espère te voir le plus haut possible. Puisque tu veux m'encourager, laisse moi faire de même. Enfin de toute façon, même si tu ne voulais pas, quand je vois ta motivation, peu importe le sport que tu souhaites faire plus généralement, je ne pourrai m’empêcher de vouloir te supporter.

C’était affreusement gênant de dire ça, mais c’était trop tard. J’espérais que cela allait clore la discussion une bonne fois pour toute, histoire de ne pas avoir a trop la regarder rougir. Parce que je l'avais compris, a chaque fois, elle devenait cramoisie. Et a chaque fois, cela rendait son visage vraiment mignon, et je ne pouvais m’empêcher de rougir a mon tour. Fichu boucle sans fin. Et en fait maintenant que je repensais a ce repas, enchaîner sur le cinéma n’était pas la meilleure idée de ma vie. Cela n'avait fait que rendre la situation encore plus gênante. Il semblait que je m'étais trompé, et nous allions probablement avoir une autre sortie tout les deux. Je dissimulais mon sourire enjoué avec une portion de riz, sans rien vraiment rajouté a part un « cool alors », pas terrible.

Mieux, elle avait parlé de Mika. Finalement, le top du top du malaise, c’était quand j'étais celui qui prenait la peine de parler en premier. Dés qu'elle faisait en sorte de prendre la conversation en main, tout de suite, je sentais que l’atmosphère devenait légèrement plus pesante. Aussi je faisais en sorte que cela dure le plus longtemps possible. Et par chance, elle faisait en sorte de prolonger cette partie du repas. J'avais de la chance sans doute. J'aurais simplement voulu que ce soit moi qui l'ai provoqué.

- Vas dire ça au pauvre SatoSato de douze ans, qui s’était caché dans le tronc de l'arbre qui domine le village, et qui s'est retrouvé coincé sans pouvoir sortir. Et au final, qui c'est qui l'a trouvé, facilement en plus ? Mika. Double humiliation, j'en fais encore des cauchemars.

Je souriais cette fois vraiment amusé de ce petit souvenir. J'avais dis que je ne ferais pas trop d'anecdotes, mais cela ne pouvais pas faire de mal. Et puis elle avait étrangement l'air plus silencieuse, alors j’espérais avoir radoucit l’atmosphère pour elle. Le comble aurait était de gâcher ce petit tête a tête.....qu'est ce que je raconte. Saitama, oui, les Raionzu, logique. C'est pour ça que je m'en souvenais.

- Comme un échange tu veux dire ? Genre, une question chacun notre tour ? Ca me va. Par contre je m'autorise le fait d'en poser deux, puisque je parle de Mika depuis tout a l'heure. C’était ta question.


Je pose mes baguettes, alors que mon assiette est enfin terminé. Je reste silencieux une seconde, histoire de réfléchir a la bonne question. D’après ce qu'elle m'a dit, je présume que peu importe ce que je demande, elle me sortira la sempiternellement réponse « bah ce n'est pas important, ma vie n'est pas intéressante blablabla ». Ce que moi je ferais, en fait. Aussi, il est important de frapper directement dans un point faible, pour la pousser dans les cordes directement.

- Alors première question. Attention, il faut être absolument honnête d'accord ? Durant ces fameux pique-nique, qu'est ce que tu préférais manger ?

Coup d'épaule, droit dans la carotide. Tu crois que je n'avais pas remarqué ? Puisque tu adores parler de nourriture, te voilà sur ton terrain de prédilection. Alors s'il te plaît, si tu pouvais me faire un sourire comme tout a l'heure, ne te prive pas. Hum. Pas que j'en avais vraiment envie hein. C’était juste que tu es plus belle avec ce sourire, qu'avec cet air sombre que tu avais affiché sur ton visage il y a une minute.

Bon, ce n'est pas le moment de baisser sa garde. Elle semble plus fourbe qu'elle n'en a l'air. Il me reste une question, pour la déstabiliser, avant que ce soit a son tour de parler. Je ne sais pas sur quel terrain elle peux m'emmener, mais dans le doute, il vaux mieux essayer de tuer la bete avant qu'elle ne devienne enrager. C'est comme ça que parlait Hikari, quand il évoquait les tournois auquel il participait. A la différence que cette fois la bête est plutôt séduisante et.....pourquoi je pense a ça ? Je vais perdre ma concentration.

- Ok, une deuxième question. Tu t'y connais en joueur de base-ball non ? Alors imaginons que tu ai participé au Koshien. Tu aurais voulu etre a quel poste. Et surtout....attend. Ca va faire une troisième question....pas grave, tu auras qu'a poser deux questions. Ce sera de bonne guerre. Avec quel lanceur....ou receveur, en fonction de ton poste, aurais tu voulu jouer absolument au lycée.


Je suis très satisfais de moi. Je crois que c'est la première fois que je discute de cette façon avec quelqu'un. Rien de pesant, sur le passé ou quoi, juste des questions pour apprendre un peu plus de chose sur la jeune femme avec qui je passe un nouveau repas. Un tête a tête. Soyons franc Sato Sato, c'est un rendez-vous. Amical, certes. Mais quand même.

- A ton tour. Ne prend pas de gants, je sais encaisser.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Sam 24 Mar 2018 - 13:44




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Il n’admet toujours pas qu’il a un bon niveau ou qu’il puisse être une inspiration, mais au moins il a l’air d’entendre ce que je lui dis. En revanche, ce qui vient après me fait, évidemment, rougir de nouveau, et je tente de cacher mon embarras en replaçant une mèche inexistante dans la barrette qui orne mes cheveux, et en regardant le bois de la table, concentrant mon regard dessus au point que je pourrais brûler des symboles dans le bois. Il enchaîne ensuite sur ce qui semble être une anecdote. Caché dans le tronc d’un arbre ? J’ai du mal à imaginer ça. L’absurdité de l’image me fait échapper un petit rire derrière mes mains. Cette idée est très drôle, encore plus quand il ajoute que son amie, à qui il cherchait à échapper à la base, est celle qui l’a trouvé. Là c’est un rire plus franc qui sort de ma gorge et je hoche la tête alors qu’il sourit lui aussi.

« Désolée, je ne me moque pas, c’est juste que… Enfin c’est très drôle comme image mentale. »

En revanche, je déchante immédiatement lorsqu’il me prend au mot pour ce qui est de poser des questions et propose d’en poser une chacun à notre tour. Ce n’est pas du tout ce que j’avais prévu… Je reste donc silencieuse alors qu’il pose ses baguettes, jetant un œil à mon propre bol qui est presque fini. Sauf que forcément, avec sa question, je redresse immédiatement la tête. Me poser une question sur la nourriture… Il ne sait pas à quoi il s’engage, là. Presque par automatisme, un large sourire se forme sur mon visage. Evidemment, si toutes les questions sont comme ça, ça va être facile.

« Parfois on faisait griller des choses directement là bas, souvent du poisson… Comme tu sais déjà, j’aime particulièrement le maquereau. Mais pas seulement, enfin on faisait griller plein de choses différentes, et des légumes aussi. »

Je fais une pause, prenant une bouchée de nouille que j’aspire derrière ma main, et je continue, tout en cachant toujours ma bouche avec la même main.

« En fait, dans le quartier où j’habite, près de la rivière, il y a aussi beaucoup de champs, de maïs par exemple mais pas seulement. Alors on prenait souvent des légumes frais en été, comme des concombres ou des tomates, ou, comme je disais, du maïs. »

J’ai un petit rire gêné. Ce n’est pas dans mon habitude de parler longtemps comme ça, alors je prends une gorgée d’umeshu, le verre est presque fini.

« On faisait souvent de la tempura aussi, ou des karaage avec du riz et de la salade de pomme de terre. En fait, ma mère adore faire des bentos et j’ai un peu pris ça d’elle à vrai dire. Et parfois, il y avait un marchant de dango et de mochi, alors on prenait ça en dessert. »

Une nouvelle pause. Il doit me trouver ennuyante comme jamais, et il vaudrait mieux que j’abrège, sans doute. Mais je n’ai que trop peu l’occasion de parler de ça. Ça fait remonter des bons souvenirs, et mon regard se perd un peu dans le vague pendant que je me remémore tout ça.

« En fait, avec mes parents, on allait souvent rendre visite à mes grands parents dans la préfecture de Chiba. Et là bas, il y a des fermes où on peut cueillir les fruits soi même : des pêches, des fraises, des raisins, des cerises, des nashi… Enfin, tout ça quoi. Donc on en ramenait souvent et soit je partageais avec mes camarades de classe, soit quand on y allait le dimanche avec mes parents, on partageait avec les gens autour de nous. Le dimanche, il y a souvent beaucoup de familles ou de groupes d’amis qui viennent pique niquer, surtout autour du Hanami. »

Je m’arrête de parler, presque essoufflée d’avoir sorti une si longue tirade. Il ne faut pas me lancer sur ce genre de choses. En plus, les souvenirs continuent à remonter et j’ai un petit sourire derrière ma main, jetant un œil à Satoshi. J’espère que je ne l’ai pas ennuyé. Mais à vrai dire, c’est de sa faute. Il devait se douter que ça aboutirait à quelque chose comme ça. Mais quand même, ça m’embêterait de l’endormir avec mes anecdotes de cueillettes de fraises.

Néanmoins, il enchaîne sur une deuxième question, un autre de mes sujets de prédilection. Ok, cette fois c’est sûr, il le fait exprès. Je réponds du tac au tac.

« Pitcher, bien sûr. Et avec Ōtani Shōhei. Ah, mais c’est un lanceur aussi… Bon, je suppose que pour jouer avec lui j’aurai pu être receveur. Même un des autres joueurs aussi, en fait. Ça m’aurait été égal. C’est le lanceur le plus rapide du monde, alors je pense que juste pour voir ça de près, j’aurai bien voulu être à n’importe quel poste. »

J’ai un nouveau sourire involontaire. Je n’ai vu des matches avec lui qu’à la télévision, surtout depuis qu’il joue avec l’équipe de Los Angeles, mais il n’empêche que c’est impressionnant. J’enfourne ce qui reste de nouilles et de tempura en quelques bouchées, et boit le fond d’umeshu encore dans mon verre pendant qu’il m’invite à le questionner à mon tour, avec une métaphore qui me rend un peu confuse. Des gants ? Encaisser ? C’est juste une discussion normale entre amis là non ? Cependant, là, c’est déjà plus compliqué. Il faudrait sûrement que je pose des questions qui ne le mettent pas mal à l’aise. Mais il faudrait aussi que je puisse satisfaire ma curiosité. Bon, peut être que je peux couper la poire en deux. Commençons par le plus potentiellement gênant.

« D’accord, alors… Pourquoi tu ne t’entraînes jamais en même temps que tout le monde, pendant les entraînements ? »

Là, il a intérêt à être honnête. Pas de fausse modestie ou quoi. S’il est le capitaine du club, c’est bien qu’il y a une raison. Il ne peut pas être mauvais. Et puis, il bien évoqué les nationaux, cette nuit là. Quant à l’autre question, je ne sais pas trop quoi demander. Si je connais quelques choses sur lui, elles ne sont pas vraiment propices à poser des questions. Alors je dis un peu ce qui me passe par la tête.

« Je sais que tu as dit que tu n’aimais pas forcément voyager… Mais si tu étais obligé de quitter le Japon, où est-ce que tu irais, tu penses ? »

Ça fait toujours une question intéressante à poser, après tout, c’est déjà ça. Bon, ce n’est pas hyper pointu, mais ça fera l’affaire. Je bois une nouvelle gorgée de thé dans ma tasse presque vide, lui faisant un léger sourire.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Sam 24 Mar 2018 - 20:23

Je ne pouvais m’empêcher de lâcher un sourire. J'avais taper dans le mille. Elle avait retrouvé une vigueur qui faisait plaisir a voir. J'avais trouvé ça dommage qu'elle gâche la jolie expression de son visage avec un air mélancolique quand elle m'avait parlé de ses relations sociales. Enfin, parlé. Évoqué serait plutôt le terme exact. Et vu que juste avant elle a eu l'air de rigoler de bon cœur a mon histoire, je lui faisais juste un signe de la main pour lui dire qu'elle pouvait rire, que cela n'allait pas me vexer.

C'est vrai que ce type de poisson a l'air de lui plaire. Enfin, il me semble que c’était ce qu'elle avait mangé la fois précédente. Elle commence alors a me faire la liste complète de ce qu'elle aimait mangé, et je retenais principalement qu'elle avait sous-entendu qu'elle aimait bien faire des bento. Ma mere adorait ça. Elle faisait toujours des présentations un peu créative. Il fallait absolument que j'évite de les faire se rencontrer. Cela pouvait signifier la fin de ma vie très rapidement.

Je me surprenais a écouter avec intérêt la dernière partie de son explication, sur les sorties qu'elle aimait faire avec ses parents plus jeune. Ça devait être cool. J'aurais bien voulu avoir l'occasion de faire ce genre d'activités. Bien sur, je ne reprochais rien a ma maman. Elle avait toujours fait au mieux. Mais elle n'avait pas pu être autant disponible que ce qu'elle aurait voulu, travaillant a faire des ménages et en tant que vendeuse. Et maintenant qu'elle avait atteint un rythme stable, c'est moi qui partait. Je suppose que c’était le cas de beaucoup de familles néanmoins. Je me laisse tomber au fond de mon siège en lui souriant :

- Ça a l'air d’être de bons souvenirs. Tu es tellement captivante quand tu en parle que ça donne envie d'aller y faire un tour.


Enfin, ce n'est pas comme si j'avais qui que ce soit avec qui y aller. Mika n'aimait pas les pique-nique. Ou plutôt, pas qu'elle n'aimait pas, mais elle passait toujours son temps a se lever pour faire je ne sais quoi, et au final, ce n’était pas du tout reposant. Pour moi, je veux dire. Sans doute que ca l'était pour elle. Pourquoi je pensais a elle maintenant ? Parce qu'elle ressemblait a Misuzu. Je devais avoir un lien dans une ancienne vie qui faisait que toute les femmes avec qui j'avais ou j'essayais d'avoir des liens avaient ce genre de caractère. Enfin, Misuzu me semblait quand même un peu moins.....hyperactive.

La partie suivante ne fut pas plus simple. Je ne connaissais absolument pas les joueurs de baseball, et celui dont elle me parla ne m'évoqua absolument rien. Je m'en fichais en fait, c’était plutôt de voir ce qu'elle aimait comme poste qui m’intéressait. C’était bien elle qui me donnait envie de l'écouter, pas ce qu'elle me racontait sur ce lanceur dont je ne verrais sans doute jamais la photo par manque d'envie.

- Quand je te vois, je me dis que tu dois être forte en course. Tu es plutôt svelte et athlétique. Tu as le corps d'une sprinteuse. Mais il me semble que le pitcher n'est pas souvent dans les premiers tours de batte, plutot vers la fin, pour ne pas trop le fatiguer. Je te verrais bien receveuse. Et quatrième batteur. Ou comme Kuramochi dans Daiya no Ace. Il est premier batteur et son rôle est de, comme il court super vite, d'absolument aller en première base sur le premier lancer....bref. L'important est de faire ce qui te plaît après tout.

Je me levais alors après avoir jeté un coup d’œil a l'horloge. Je n'avais absolument pas remarqué qu'il etait déjà treize heure passé. Le temps passait effroyablement vite a ses cotés. Elle m'avait a son tour posé des questions. Je ne pouvais pas laisser comme ça, même si la première me fit lâcher une petite grimace. On peux dire qu'elle ne m'avait pas raté. D'ailleurs, si elle l'avait remarqué, c'est qu'elle me regardait un peu dans le dojo, non ? Et cette pensée me fit oublier la précédente.

- J'ai un cours dans une heure, au dojo. Le groupe des filles cette fois. Ca te dérange si on commence a se diriger vers la sortie ?


Je lui souriais, avant de déposer la somme nécessaire sur la table, en faisant signe a une serveuse que j'avais laissé l'argent a l'endroit que je lui indiqua du doigt. Elle me fit un sourire et je m'inclinais devant elle avant de m'éclipser vers l’extérieur. Une fois a l’extérieur, je m'étirais. J'avais eu chaud, et pas forcément a cause de la température du restaurant.

- Je....disons que je n'aime pas trop me donner en spectacle.

Je regardais de chaque coté de la rue, comme si quelqu'un pouvait m'entendre. J'avais promis de ne rien dire. Mais depuis, le vice-directeur avait démissionné, alors je supposais que je pouvais lui faire confiance, au moins a elle.

- Dans le bâtiment abandonné, ou personne ne va. J'ai eu l'autorisation d'aménager une salle juste pour moi. C'est interdit normalement, et même le directeur n'est pas au courant. Il n'y a que Yui Valentine, le vice-directeur qui a démissionné, et Thornberg-san. Donc evite d'en parler. En échange, si tu veux t’entraîner tranquillement, hésite pas a demander, je t'y emmènerais.

Maintenant que j'y pense, ça pourrait être agréable. D'y avoir une si bonne compagnie. Une si bonne compagnie que sa seconde question me fait me dire qu'avec elle, peut importe l'endroit, ce serait forcément agréable. Mais le pays en lui même est compliqué. Plutôt mourir que d'aller en France, ça c'est une certitude. Avec ma chance, j'aurais le malheur de tomber sur Ashura, c’était sur.

- Je t'aurais bien dis le pays du manga....mais par chance, j'y suis déjà. Sans rire, je n'y ai jamais réfléchis. Promis, j'y réfléchis pour la prochaine fois.


Je viens de sous-entendre qu'il y aura une prochaine fois non ? Je suis content de l'avoir fait, mais en même temps, j'aurais préféré en etre conscient, pour ne pas faire cette tete d'idiot en comprenant ma propre phrase. Il est temps d'y aller, et je suppose que ce n'est pas plus mal. Je m'incline, en lui souriant :

- Merci beaucoup pour le repas, c'etait le meilleur de l'année, le plus agréable. De loin. Bon, on est que le six janvier, mais je doute qu'un autre le dépasse avant un bon moment. Et j'espere que ce sera un autre que je passerais en ta compagnie.

Mon bras se lève, je lui met un petit coup du bout du majeur sur le front, amicalement. Un geste d'affection qui me fait rougir, me paralyse un instant. Un geste que j'ai du voir dans un manga, probablement, et que mon cerveau a eu la brillante idée d'imiter. Si elle le reconnaît je suis bon pour devenir plus que ridicule. Aussi, je m'incline a nouveau, rougit atrocement, et me retourne, en bredouillant un au revoir ridicule, m'éloignant rapidement, ma veste entre les bras. Il était temps. Un peu plus, et je n'aurais pas pu m'éloigner, un peu plus, et je n'aurais pas pu la quitter.

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MessageSujet: Re: good things take time. [satoshi]   Dim 25 Mar 2018 - 21:45




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Pendant que je déblatère, Satoshi semble esquisser un sourire. Bon, au moins, il faut croire que je ne l’aurai pas trop ennuyé. Il s’adosse dans son siège et me sourit plus franchement, sourit que je lui rends timidement. Il commente gentiment, et surtout fait de nouveau un compliment qui me fait détourner le regard histoire qu’il ne voie pas que je rougis à nouveau. J’hésite à lui proposer de faire ça ensemble, mais je me retiens. À vrai dire, je ne veux pas non plus avoir l’air d’être toujours après lui. Déjà, le cinéma, c’est pas rien. Si mon cœur ne lâche pas déjà avec ça, on verra pour aller faire une balade et pique niquer. Oh, pourquoi pas dans les montagnes… Mais bref. Inutile de commencer à rêvasser. Après tout, il me complimente souvent, il doit faire ça avec tout le monde. Mais j’ai du mal à m’y habituer. Je suis plus habituée à ce qu’on me taquine, comme Kaede le fait par exemple, qu’à ce qu’on me complimente, et du coup, forcément, ça me déstabilise.

Je ne relève pas le nouveau compliment et me contente de hocher la tête énergiquement tout en regardant la table. Oui, ce manga là, je le connais, et l’anime aussi.

« À vrai dire, si j’arrive à intégrer l’équipe, n’importe quel rôle m’ira parfaitement bien. Même si je pouvais être manager, ça m’irait très bien. En plus, comme je suis une fille… C’est sûrement ce que je finirai par être, si j’arrive à être admise, de toute façon. Shouganai. »

Je hausse les épaules. Ça serait déjà pas mal, et puis, une fois que j’aurai fini l’université, je pourrai sûrement trouver une équipe féminine où le fait d’être une fille ne m’handicape pas. Car même si l’équipe de Keimoo est mixte, c’est souvent les garçons qui ont les postes, et c’est assez logique. Même si je suis très rapide, ils sont souvent plus forts et plus adroits. Enfin bon, j’ai encore plusieurs années avant de renoncer, donc il suffit que je m’entraîne et que je fasse de mon mieux, et au moins je n’aurai pas de regrets.

Satoshi se lève d’un coup et je le suis du regard, paniquée. J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Je me lève également d’un bon, manquant de peu de mettre un grand coup de genou dans la table. J’ai presque un flashback de notre premier (et dernier) cours de cérémonie du thé ensemble. Mais, non, je n’ai rien fait de mal, pas cette fois ci. Il explique simplement qu’il a un nouveau cours. Je hoche la tête rapidement, récupérant mon sac toujours posé par terre, et réajustant mon haori sur mes épaules. J’imite Satoshi, faisant un petit salut à la serveuse avant de le suivre dehors. Bizarrement, j’ai un peu moins froid.

Je commence à me dire qu’il ne va pas répondre à mes questions. Est-ce qu’il fait ça exprès pour éviter de répondre ? Non, ça m’étonnerait. Je ne pense pas qu’il soit comme ça. Et finalement il décide de répondre alors que nous nous mettons en chemin. Il n’aime pas se donner en spectacle ? Mais pourtant, les entraînements sont des moments où on peut justement se reposer sur les autres, s’améliorer grâce à leurs conseils… En même temps, il est capitaine du club. Peut être qu’il n’a pas une marge d’amélioration aussi important que la notre. Et puis il regarde autour de nous, comme s’il s’apprêtait à me faire une confidence. Je serre mes poings contre ma poitrine. Le bâtiment abandonné ? Cet endroit me fait froid dans le dos, jamais je n’oserais y aller toute seule. Et puis, si c’est interdit, il vaut sûrement mieux que j’évite de me faire prendre là bas, ça risquerait d’être sur mon dossier après ça. Mais bon, en même temps, si c’est avec Satoshi… Je suppose que ça pourrait aller.

« O-Okay, pourquoi pas alors… »

Je me prends à acquiescer sans même le contrôler. Ceci dit, ça serait une bonne occasion de voir Satoshi s’entraîner aussi. Même si j’aurai l’occasion de le voir pendant le tournoi. Oui, c’est décidé, je vais aller à ce tournoi. Au moins, ça me changera la tête.  Et puis, ça me permettra de passer du temps avec lui. Et avec les autres, bien sûr. Je souris lorsqu’il évoque le pays du manga. Donc c’est plus qu’un simple intérêt, alors. Je hoche la tête quand il promet d’y réfléchir. Après tout, il n’a pas à me répondre.

« Ah, t’inquiète pas… C’est pas très important. Enfin, pas que ton avis ne soit pas important, c’est juste que- enfin, bref. »

Je détourne le regard. Communiquer, c’est très compliqué, surtout avec d’autres humains. Je rougis de nouveau lorsqu’il me remercie pour le repas. Il n’a pas à me remercier, ça devrait plutôt être l’inverse en fait. Je lui jette aussi un regard surpris. C’est flatteur, forcément, ça veut sûrement dire qu’il a envie de passer du temps avec moi. Enfin, je suppose ? Dire que l’inverse n’est pas vrai serait mentir, aussi. Je m’apprête à lui répondre quand il pose sa main sur mon front. On dirait un geste sorti d’un manga, mais n’empêche, je reste bouche bée, sans savoir quoi dire. Il rougit et du coup moi aussi, forcément. Je manque totalement de volonté. Il bredouille un au revoir et je reste sans répondre un moment, à la regarder s’éloigner, avant de revenir à la réalité. Je  lève un bras et secoue la main.

« Satoshi-kun ! Mata ne ! »

Satoshi-kun. Je l'ai encore appelé comme ça. Je vais finir par prendre l’habitude.

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