₪ Académie Keimoo ₪

If you want the rainbow, you gotta put up with the rain.
 
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 Kanon Kirova

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MessageSujet: Kanon Kirova   Dim 18 Fév 2018 - 14:20



I. IDENTITÉ


• NOM : Kirova
• PRÉNOM : Kanon
• GENRE :
• ÂGE, DATE ET LIEU DE NAISSANCE :  Le 15 Juillet 2001 à Keimoo.
• GROUPE : Indies

• ANNÉE D'ÉTUDES OU PROFESSION :  2ème  année
• CLUBS : Musique - Natation
• ÉTAT CIVIL :
• LANGUE MATERNELLE : Japonais
• AUTRES LANGUES :  Anglais (B1)


• PERSONNAGE DE VOTRE AVATAR : Les créations de l’artiste Aoi Ogata.


II. DESCRIPTIONS.


◊ PHYSIQUE

• Anatomie, marques, expressions, allure, gestuelle :

Au premier abord, Kanon semble adresser à son entourage un regard confondant mélancolie et nonchalance, qui inspire la tendresse. Ce dernier se muant, dès qu’elle sort de sa torpeur apparente, en une expression inamicale, qui sans jamais paraître hostile, donne alors souvent l’impression qu’elle est sur la défensive, rendant moins innocents les traits fins de son visage et lui octroyant un aspect plus mature.

La teinte assez claire de sa peau contraste avec ses yeux et cheveux naturellement plus sombres par hérédité. Un clair-obscur qu’elle s’amuse alors à poétiser à l’aide de divers artifices. Des vernis dans les tons de ses couleurs préférées pourront venir décorer les ongles de ses doigts affinés. Tandis qu’un maquillage « smokey eyes », accompagné d’un rouge à lèvres aux couleurs soutenues sur ses lèvres discrètes, insufflera plus de vie à ses expressions.

Autant de traits qui lui permettent de se démarquer un tant soit peu des autres malgré sa morphologie lambda. De taille moyenne pour une japonaise, et légèrement chétive, ses faux airs de petite fille font présumer à tort que le moindre geste déplacé pourrait être susceptible de la brusquer. C’est du moins la première impression qu’elle pourrait donner aux gens ne la connaissant pas personnellement. Sa voix douce et désarmante ne contribuant pas à crédibiliser les quelques frasques qui découlent de sa personnalité indocile.

Cette facette de son individu se retrouve beaucoup plus dans sa gestuelle, plus brusque et sans-gêne. Une démarche un peu « je-m’en-foutiste », un reniflement d’une discrétion relative, des bottes posées sur la table en toute sérénité… Sans chercher à défier ou mettre mal à l’aise qui que ce soit, cette désinvolture qui n’a jamais été corrigée pendant son éducation lui à laissée un certain mépris envers tout ce qui est un peu trop protocolaire à son goût.

• Tenue vestimentaire, accessoires, tatouages,  etc.

On retrouve les vêtements de Kanon éparpillés un peu partout dans son logement. Comme dispersés par une explosion dont l’épicentre serait situé dans sa chambre, avec une probabilité de retrouver ses habits s’amenuisant au fur et à mesure que l’on s’en éloigne.
Le vestibule de l’entrée accueille les visiteurs avec les chaussures plus ou moins détériorées de Kanon en travers du chemin. Allant des Rangers montantes et autres bottes à semelles compensées, aux baskets de skateurs plus sobres et confortables, customisées pour certaines de quelques spikes et studs à divers endroits.

Pour ce qui est de sa garde-robe, l’adolescente aime bien marier certains de ses habits avec des accessoires spécifiques, occasionnant des combinaisons de vêtements qui reviennent assez souvent. Comme ce corset rouge, prêté par une amie et jamais rendu, qui va très bien avec son blouson en cuir. Dans la même logique, elle possède quelques ceintures, jeans et tops, de style résolument Punk Rock/Metal, qu’elle peut associer pour créer un tout cohérent sans trop se prendre la tête quand elle est pressée. Pour traîner, de vieux t-shirts de groupes troués par des cendres de cigarettes ou une chemise à carreaux bordeaux et noir trop grande pour la jeune fille lui suffisent amplement.

D’aucuns penseraient qu’elle arborerait de nombreux piercings, il n’en est rien. Ceci est dû à un évènement survenu quand elle a commencé à fréquenter son groupe d’amis punks. Un jour où elle paressait dans un parc avec eux, Toru, qui était assis sur un banc, se leva rapidement. Ce qu’il n’avait pas vu, c’est qu’une des boucles de son pantalon très fourni en excentricités de tout type, avait encerclé un piercing de sa petite amie qui était restée assise par terre, s’appuyant sur lui. Le mouvement soudain eu pour conséquence de déchirer en partie l’oreille de la jeune fille. Kanon se souvient encore parfois de l’arrivée en catastrophe aux urgences de son amie, la voyant disparaître dans l’hôpital, se tenant l’oreille d’une main recouverte de sang, une quantité non négligeable du liquide vermeil s’étant déjà propagé sur à peu près tous ses vêtements. Cet accident eut pour elle l’effet d’un vaccin à vie contre les écarteurs et autres fantaisies du même acabit. Depuis ce jour, elle ne porte plus que des boucles d’oreilles très discrètes. Les bagues et autres colliers baroques de style gothique ou approchant (là aussi pour certains empruntés pour une durée indéterminée à des anciennes amies) ont tout de même échappés à cette règle.


◊ PSYCHOLOGIQUE

• Mentalité, attitude envers autrui, philosophie personnelle:

À sa manière, Kanon pourrait être définie comme une personne tranquillement dissidente. Assurément incomparable à l’archétype de l’adolescente ordinaire, sans pour autant se faire un défi puérile d’aller à contre-courant des normes établies.

Elle est devenue assez indépendante par la force des choses, puisque sa mère ne s’occupe peu voire pas d’elle. Il arrive quelquefois que cette dernière parte à l’improviste des semaines entières pour un contrat en laissant à Kanon de l’argent sur la table pour lui permettre de se débrouiller jusqu’à son retour. Les rapports globalement toxiques que Kanon entretient avec ses parents lui donnent envie de s’émanciper le plus tôt possible de sa famille. Elle a développé, en conséquence de cela, une certaine phobie à l’idée d’être redevable à qui que ce soit.

Sa situation générale et ce qu’elle implique est donc une source de stress assez importante pour elle. N’ayant aucune confidente auprès de qui elle pourrait vider son sac de temps en temps, elle a une forte propension à intérioriser tout ce qui lui arrive sans broncher, en bien ou en mal. Elle se venge en quelque sorte sur sa guitare (sur la cigarette et l’alcool aussi à un degré moindre), puisqu’il y aura toujours un morceau de son répertoire qui lui permettra de mettre en chanson ses sentiments et humeurs du moment.

L’endroit où elle vit et ses fréquentations avant de rejoindre l’académie Keimoo lui ont laissés quelques à priori vis-à-vis des gens d’origines plus aisées. Il arrive alors certains jours que l’on puisse l’entendre conspuer les gens riches qui tirent une grande satisfaction de l’exposition aux autres de leurs signes extérieurs de richesse. Elle a toutefois tendance à extrapoler cette haine à tous les gens aisés. Ce dernier point en particulier, bien qu’elle n’en ait pas conscience, est en fait l’aveu d’une profonde jalousie vis-à-vis de cette caste de la société qui possède tout ce qu’elle n’a jamais eu et qu’elle envie profondément.

Car la jeune fille n’est pas insensible aux petites attentions ou aux biens matériels, loin de là. Au contraire, il n’est pas rare chez elle d’emprunter des affaires qui l’intéressent à des amis, avec au fond d’elle l’espoir que ces derniers ne lui redemandent jamais. Quelques yens laissés sur la table lors d’une soirée ? Ce sera toujours une canette de café dans un distributeur ou un achat en Konbini ou dans un 100 yen shop.

Vénale ? Non. Intéressée ? C’est certain…


• Signes particuliers, manies, obsessions, phobies (etc.) :

Depuis toute petite, elle a pris l’habitude de dormir avec la tête sous son polochon. Pas parce que ça l’amuse, mais à cause du bruit dans son quartier et dans son immeuble. Entre les mobylettes, les gens ivres qui manifestent un peu trop leur présence, et le bruit de ses voisins, c’est encore le meilleur compromis qu’elle ait mis au point pour réduire un tant soit peu le bruit ambiant et trouver le sommeil.

Elle a pratiquement toujours les ongles vernis. Associant souvent des couleurs assez variées, elle affectionne de prendre le temps de rajouter des motifs plus ou moins complexes au dotting tool ou via d’autres astuces. Ses doigts étant ce qu’elle a de plus précieux étant donné sa passion, c’est une façon supplémentaire de les mettre en valeur.

Il n’est cependant pas rare de la voir avec un ou plusieurs pansements aux doigts. Quand elle n’a pas joué de guitare d’un moment et qu’elle reprend, ou si un nouveau morceau lui résiste, l’exercice lui laisse alors quelques séquelles.


III. MÉMOIRES.




• Histoire :

« J’adore ce que vous faites ! »

Ce furent les toutes premières paroles que le père de Kanon prononça à sa mère quand il l’a rencontra. C’était durant un showroom qui se tenait à Tokyo. Yuri était présente pour promouvoir les films dans lesquels elle tourne et Masa était simplement venu en fan. Ils eurent l’occasion d’échanger quelques mots, d’apprendre qu’ils étaient tous deux originaires de Keimoo, de se communiquer leurs numéros respectifs pour se revoir à l’occasion… Masa s’était fait beau pour l’évènement, et Yuri aussi. Enfin, autant qu’il était possible de se faire belle compte tenu du fait qu’elle était à moitié nue… Car Yuri est une actrice de film pour adultes.

Les deux se revirent rapidement, et finirent par sortir ensemble. Yuri concevait cette relation comme quelque chose de stable, qu’elle voyait évoluer sur le long terme, ce n’était pas le cas de son amant. En conséquence de leurs rapports non protégés, Yuri finit par tomber enceinte. Elle voulu garder l’enfant, ce qui fit instantanément fuir Masa, qui argumenta qu’il avait toujours voulu sortir avec Yuri simplement « pour le fantasme de le faire avec une actrice de films X ». Masa ne souhaitant pas reconnaître sa fille, Yuri eu recours à la justice pour le forcer à effectuer un test de paternité, puis à lui faire verser une pension pour l’enfant.

C’est dans ce contexte que naquit Kanon. Avec le temps, elle finit par se faire une raison quant à sa situation. Elle est maintenant résignée au fait que ses parents ne souhaitent se voir qu’en dernier recours quand il s’agit de prendre une décision la concernant et que toute réconciliation est impossible. Son père vit sa vie en changeant régulièrement de compagne, ne prenant pratiquement aucune nouvelle de sa fille, quand bien même il travaille en tant que garagiste dans un atelier de réparation situé à environ une heure de trajet seulement de Keimoo.

Car c’est à Keimoo que Kanon vit seule avec sa mère. Au 24 de l’immeuble Aoi dans le quartier de Bougu. 24 qui se dit « Nishi » «二死 » , en japonais, signifiant « deux morts », de quoi poser le contexte pour peu que l’on soit superstitieux…  Elle grandit dans ce quartier, qui, s’il pourrait sembler pittoresque pour des gaijins, n’est vraiment qu’un taudis peuplé de cas sociaux aux yeux de Kanon, qui n’a connu rien d’autre que cet endroit tout au long de sa vie.

Des voisins d’en face qui semblent ne s’adresser la parole qu’en hurlant pendant que leur enfant pleure pour les accompagner. Un voisin d’à côté qui fait souvent la fête et dont la chambre ayant une paroi commune avec celle de Kanon permet à cette dernière d’apprécier l’acoustique prodiguée par la mauvaise isolation de l’immeuble, d’autant plus chaque fois que le voisin est en couple. Et la fan de ganguro du dessus, adorant porter des talons, et dont le roquet jappe après tout et surtout n’importe quoi à la moindre occasion. C’est le quotidien de la jeune fille, car Yuri ne se force pas trop pour dénicher du travail, et préfère dilapider son argent en frivolités comme le pachinko, les fêtes ou autres jeux d’argent plutôt que d’économiser pour le bien-être de sa progéniture quand l’argent rentre. Un reproche qui lui sera fait souvent, comme quand par exemple, sur un ton moralisateur, sa fille la sermonne en la voyant rentrer d’une énième soirée, très alcoolisée, et en ayant au passage flambé une somme d’argent considérable.

***

C’est aux alentours de ses dix ans que ce qui deviendrait son échappatoire fit son apparition dans le quartier. Alors qu’elle ouvrait ses fenêtres, Kanon remarqua pour la première fois qu’un magasin de guitares avait ouvert dans sa rue. Elle décidait de s’y rendre, ça la changerait un peu de regarder les Gaki No Tsuki à la télé, de toute façon…  Elle salua poliment le vendeur, et commençait à zyeuter les articles de la boutique. Toutes les guitares étaient magnifiquement mises en valeur malgré l’espace assez restreint de la boutique, suspendues pour certaines au plafond par des fils transparents. La petite fille s’arrêtait toutefois plus sur les guitares qu’elle trouvait jolies que sur leurs caractéristiques. Chaque modèle coûtait cependant trop cher pour elle, se mettant à bouder en plein milieu du magasin, elle finit par attirer l’attention du vendeur :

« Quelque chose te tracasse ? Faut pas faire cette tête, c’est plutôt cool les guitares, non ? »

« Bin ça, j’en sais rien ! Vu qu’elles coûtent toutes super cher. Partout où je vais, quoi que je fasse, il faut de l’argent. Alors c’est sûrement  cool, mais moi j’en sais rien. »

Un peu amusé par la remarque de la petite boule de nerfs, le vendeur réfléchit un instant avant de répondre :

« Tu es bien la petite que je vois passer chaque jour devant mon commerce et qui habite dans les HLM à côté de mon magasin ? Si ça te dit et si tes parents sont d’accord, tu pourrais venir squatter un peu et jouer sur les modèles que je mets à disposition des clients. »

Kanon écarquilla les yeux comme si Dieu en personne venait de la bénir. Se jetant dans les bras de son bienfaiteur, elle exulta :

« Merci ! Merci ! Merci ! Je viendrai tous les jours ! »

« Euh… Oui enfin, on verra, quoi… »

***

C’est ainsi que se développa sa passion pour la guitare. De retour de l’école, elle ne rentrait plus chez elle mais au magasin d’Hideyoshi pour apprendre à jouer sur la guitare acoustique que lui prêtait ce dernier. « Hide » admettait que la présence de la gamine avait au moins le mérite d’animer un peu le magasin, les journées étaient moins longues en sa compagnie.  Les années passaient et avec les conseils et exercices prodigués par Hide, Kanon devenait plutôt douée, en jouant d’un peu tous les styles. À termes, elle donnait même un coup de main en boutique pour accorder les guitares et sur quelques réparations.

« Qu’est-ce qu’on entend, là ? C’est quoi cette musique que tu viens de passer dans la boutique ? »

« Ah ça, c’est un album de Metal progressif/technical Metal qui vient de sortir, si ça t’empêche de bosser, je peux- »

« Putain mais c’est génial ! C’est ça qu’j’veux faire ! C’est rapide, hyper technique, puissant, c’est le truc ultime ! »

« Ok, mais c’est pas la peine de HURLER !!! »

***

À quatorze ans, gagnant petit à petit en indépendance, elle commençait à s’affirmer. Elle se mit à traîner avec un groupe de punks qu’elle avait rencontré à plusieurs occasions, en concert ou dans la boutique. C’est eux qui l’initièrent au tabac et à l’alcool. Elle se trouva un faible pour les cigarettes Black Devil Special et Pink. Mais comme ces cigarettes lui revenaient un peu trop chères, elle se mit à fumer du tabac à rouler RAW Black la plupart du temps. On ne peut pas vraiment dire que sa mère lui fit la morale quand elle se rendit compte de cela :

« C’est pour me faire chier qu’tu t’es mise à fumer ? »

« Même pas. Vu le bled dans lequel on vit, ça relevait plus de la question de temps tu crois pas ? »

« Mouais… Bin te fais pas choper avec ça, t’es toujours mineure j’te signale. »

Elle tomba éperdument amoureuse de Toru, le « leader » de son groupe d’amis punks. Mais elle a toujours connu celui-ci en couple avec Aoi, une autre punkette. Aussi, pour ne pas semer la zizanie parmi ses fréquentations, elle ne confessa jamais ses sentiments pour Toru à qui que ce soit. Elle eut un sursaut d’espoir quand un jour, ce dernier lui offrit un collier à clous avec une chaînette. Elle apprit plus tard qu’il s’agissait en fait de l’ancienne laisse de son chien qui était mort il y a peu, et que ses amis et lui avaient décidé de se moquer de Kanon en lui offrant le collier. La désillusion fut aussi grande que l’espoir qu’elle avait juste avant cette révélation. Elle pleura pendant plusieurs jours, même n’être que la chienne de Toru aurait amplement suffit à faire son bonheur. Elle ne put d’ailleurs pas se résoudre à jeter la laisse et le collier, qui sont les seules choses que Toru aient jamais offertes à Kanon.

Ceci ne l’empêcha pas de continuer à fréquenter ces mêmes connaissances. Il faut dire qu’elle n’avait personne d’autre. Cela ne la dérangea pas de les suivre pour aller casser les emblèmes sur le capot des voitures de luxes dans les quartiers chics pour en faire des décorations. De fumer quelques joints avec eux en s’envoyant des bières à l’occasion. Elle refusera toutefois de jouer de la guitare dans le groupe que voulaient monter ses amis, car ils étaient de terriblement mauvais musiciens. Elle s’en tirera en prétextant que pour elle, la guitare est un passe-temps et qu’un groupe représenterait trop de concessions et de travail.

Un soir, en revenant de l’école, elle vit que le magasin de Hide était vide. Toutes les guitares avaient disparu, il n’y avait plus que des cartons dans la boutique. Tapant trop fort aux carreaux de la devanture à cause de l’inquiétude, Kanon vit Hide accourir jusqu’à la porte pour lui ouvrir. Il lui expliqua que malgré la bonne pub et le coup de main que lui prodiguait Kanon avec le magasin, il devait mettre la clé sous la porte, ne parvenant pas à faire suffisamment d’argent avec son business. Il repartait à Osaka, sa ville d’origine, comme employé dans un magasin de musique. La désormais adolescente eut le sentiment qu’une petite partie de son monde s’écroulait.

« Fais pas cette tête, t’as plus besoin de moi maintenant, tu joues de la gratte mieux que moi. Et puis c’est pas la fin de tout. Tiens d’ailleurs, tu tombes bien, regarde ce qu’il y a sur le comptoir. »

Reprenant un peu ses esprits, Kanon pivotait sa tête en direction du comptoir où elle avait elle-même encaissé quelques achats il n’y a pas si longtemps. Une guitare trônait fièrement dans son étui rembourré.

« Ouaaaah !!! T’avais rentré une RG 920 QMZ ?! En plus le modèle red desert c’est mon préféré ! C’est une guitare de rêve pour faire du shred ! »

« Ravi qu’elle te plaise ! C’est clair que tu ne pourras plus passer inaperçu avec un monstre pareil. Maintenant t’as plus le choix, va falloir assurer un max avec une guitare comme celle-là. »

Kanon marqua un temps d’arrêt.

« Quoi ? »

« T’as quand même pas cru que j’allais partir sans te donner une petite compensation ? T’as tellement bossé pour moi sans rien demander en échange que même cette guitare ne suffirait pas à te rendre tout ce que tu as fait pour mon biz’. Donc je te file cette gratte plus une pédale d’effet et un petit ampli pour que tu puisses continuer à t’améliorer malgré la fermeture du magasin. Oh, et puis garde la Cort Earth acoustique aussi, t’as tellement gratté dessus que je peux plus m’imaginer quelqu’un d’autre jouer sur cette guitare. »

Silencieusement, Kanon regarda Hide. Elle commença par redresser ses sourcils vers leur extrémité interne et afficher une petite moue attendrissante du bout des lèvres. Tout ceci afin d’essayer en vain de retenir le flot de larmes qui coulait déjà abondamment  sur ses joues. C’était le geste le plus affectueux, le plus important que personne n’avait jamais fait pour elle.

« Ah non, fais pas cette tête ! Maintenant je sais plus si je t’ai frappé ou si je t’ai fait plaisir ! »

Se jetant dans les bras de Hide comme le jour de leur rencontre, elle essayer d’articuler entre deux sanglots :

* sniffffffff * « Merci Hide ! »

La prenant dans ses bras, il la taquinait une dernière fois.

« Me remercie pas trop vite, je compte bien te faire payer le mediator tu sais… »

***

Les semaines suivantes, tout bougea très vite pour Kanon, animée d’une nouvelle volonté. Elle prit la résolution de se sortir de ses problèmes via la guitare. Elle était convaincue qu’il s’agissait de ce qu’elle voulait faire dans la vie. Et en bonus, elle avait maintenant de quoi prendre une revanche auditive sur tous ses voisins dans l’immeuble. Inutile de préciser qu’elle s’en donnait à cœur-joie pour jouer les morceaux les plus violents de son répertoire à des heures pas possibles. Elle créa, dans un anglais plus qu’approximatif, des comptes sur quelques plateformes dédiées aux artistes sur internet pour exposer ses compositions et se créer une petite communauté. Un baroud d’honneur arrivant un peu tard. À cause de ses mauvaises fréquentations, d’une année scolaire catastrophique, et de son comportement global, elle fut contrainte au redoublement dans son établissement.

Le jour de ses quinze ans, elle revit son père, qui lui avait amené un cadeau :

« C’est pas grand-chose, en fait c’est un truc que j’ai récupéré dans une casse et je l’ai un peu retapé avec des pièces qu’on avait sur les bras dans l’atelier. »

* Ah voilà, ça ne t’as rien coûté, il fallait commencer par ça… *

Invitant sa fille à le rejoindre en bas de l’immeuble, il lui présenta une moto :

« Une bécane ?! » * Enfin, c’est vrai que j’aime bien faire quelques tours sur les 50 de mes potes et que je n’étais pas contre l’idée d’en avoir une. Mais… *

« Ouais, une Reiju RS3. Parce que c’est bien ça ta passion ? La moto ? »

« Hahaha ! Mais pauvre abruti ! Même moi je sais que ta fille, c’est la guitare qu’elle aime ! En plus elle a quinze ans aujourd’hui espèce de débile ! Pas seize ans ! Elle pourra même pas la conduire ! »

Masa dû bien admettre qu’il avait tapé complètement à côté de la plaque, tant sur le cadeau que sur l’âge de sa fille. S’en suivit une dispute entre Yuri et lui dont tout le quartier put profiter. Toujours est-il que puisque le cadeau lui convenait, Kanon demanda à le garder. Elle finit par s’intéresser un peu à la moto, à regarder comment dépanner les pannes récurrentes et à faire des virées dans le quartier avec son nouveau moyen de locomotion, quand bien même elle n’en avait pas encore le droit légalement.

Elle valida toutefois son permis 50cc à seize ans. D’ailleurs, elle a maintenant l’espoir d’avoir un jour suffisamment d’argent pour pouvoir se payer la moto de ses rêves. Cette année-là,  elle tâchait de combler ses lacunes et autres retards scolaires accumulés précédemment, non sans grande peine. Elle traînait un peu moins souvent avec son groupe d’amis, et travaillait sa musique pour proposer plus régulièrement du contenu aux quelques gens qui la suivaient sur les réseaux sociaux, travaillant son anglais dans l’élan. Certains d’entre eux, très enthousiastes vis-à-vis de ses prestations, lui recommandaient chaudement d’intégrer l’Académie Keimoo, puisqu’elle vivait déjà dans la ville. Argumentant qu’être admise dans cet établissement de grande renommée lui permettrait à coup sûr de dévoiler le meilleur de son potentiel puisqu’elle voulait vivre de sa musique. Elle se pencha alors sur le sujet, mais déchanta rapidement. Les frais d’inscriptions étaient exorbitants. Kanon avait bien conscience que sa mère seule ne pourrait pas payer, aussi, dos au mur, elle décidait d’appeler son père. La discussion s’envenima rapidement, Masa l’accusant de ne se souvenir de son père que lorsque qu’elle avait des problèmes d’argent. Kanon répliquant en reprochant à son père qu’il ne cachait jamais que les appels téléphoniques de sa fille l’emmerdaient infiniment. Le ton monta graduellement jusqu’au point où ils ne s’envoyèrent plus que des insultes avant de se raccrocher au nez. L’opération fut un échec retentissant.

Entre temps, Yuri s’était amourachée d’un Yakuza, gérant du salon de Pachinko où elle a l’habitude d’aller. Il en profitait naturellement pour proposer à sa clientèle fidèle quelques jeux d’argents illégaux dans l’arrière-boutique, ce qui plut tout de suite à Yuri. Elle en parlait en des termes un peu trop élogieux pour que Kanon le prenne au sérieux. Toujours est-il que le bellâtre présentait quelques contrats à Yuri via ses relations, sans oublier de prendre sa petite commission au passage. En grande majorité des rôles dans des films pour adultes, mais parfois aussi des offres mineures pour figurer dans des sitcoms que personne ne regarde. Pour l’avoir croisé quelques fois, Kanon eu l’impression qu’il s’agissait plus d’une grande gueule qui avait ajouté sa mère à son harem histoire de joindre l’utile à l’agréable. Un jour qu’il venait chercher Yuri chez elle pour sortir, Akira finit par apprendre que Kanon voulait intégrer l’académie Keimoo :

« Keimoo ? Pour faire de la guitare ? Tu veux pas plutôt faire du X comme ta mère ? Tu ferais un malheur tu sais ? »

« Je suis mineure, Yamaguchi-san… »

« Haha, je sais, je te taquine ! Enfin on fait dans le mineur pour l’export illégal à l’international donc je te laisse quand même ma carte. Puisque tu ne roules pas sur l’or, on ne sait jamais. Et puis, de ce que j’ai pu en juger avec ta mère, si c’est de famille, ça reviendrait à te rendre service. » Dit-il avant de claquer la porte du logement, son bras autour de celui de Yuri, le couple s’en allant en gloussant.

* Fils de pute ! Et cet enfoiré se présente comme un descendant direct des personnes ayant fondées le premier Yamaguchi-Gumi, mon cul ! C’est plus une malencontreuse homonomie ! *

***

Les semaines passaient, et la fin de l’année scolaire approchait. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, Kanon ne voyait pas du tout par quel moyen elle pourrait réunir les fonds nécessaires pour son inscription à l’académie. En désespoir de cause, elle décidait de confesser sa situation à sa communauté sur le net. Une fois écartés les commentaires inutiles, les trolls et les gens qui lançaient des débats hors-sujet, la suggestion d’une fan retint son attention. Cette dernière lui conseilla de créer un compte sur Patreon, et de proposer comme projet à sa communauté son inscription à Keimoo. Après tout, elle avait déjà quelques cinq mille admirateurs, et cette académie prendrait en charge son éducation musicale, l’idée paraissait tout à fait légitime et cohérente. Elle s’employa sans plus attendre à mettre en place son entreprise. Soignant chaque détail et précisant bien les enjeux derrière son ambition de rejoindre l’académie, elle parvint à toucher son public. Après quelques semaines, un peu moins de mille personnes avaient participé, Hide en faisait naturellement parti. Il contribua à hauteur de cinquante mille Yens, et ce n’était même pas le plus gros don que reçu Kanon. Au final, il ne resta plus à Yuri qu’à rajouter une somme convenable de sa poche pour que l’académie Keimoo ouvre ses portes à Kanon. Ce qu’elle se résolue à faire sans trop pester en voyant la débrouillardise dont sa fille avait fait preuve pour rassembler une telle somme d’argent en un temps relativement court.

Kanon était folle de joie, et extrêmement anxieuse en même temps. Elle appréhendait énormément son arrivée à l’académie. N’y aurait-il que des gosses de riches pourris-gâtés avec qui elle ne s’entendrait jamais ? Aurait-elle le niveau pour ne pas être noyée par l’enseignement de haut niveau qui lui serait prodigué, elle qui avait à peine réussi à valider cette dernière année scolaire ? Cela impliquait aussi que la jeune fille devrait se racheter une conduite si elle voulait se donner les moyens de réaliser son rêve. Parviendrait-elle à se faire violence et à tirer un trait sur ses anciennes habitudes ?

Quoiqu’il en soit, plus euphorique que jamais, elle partit retrouver son groupe d’amis pour leur faire part de la grande nouvelle. Au fur et à mesure qu’elle leur racontait tous les détails quant à la façon qui lui avait permis de rejoindre la prestigieuse académie Keimoo, elle crut lire dans le regard de ses amis qu’ils ne partageaient pas du tout son enthousiasme :

« Alors ça y est, on voit vraiment qui t’es maintenant. Une putain de bourgeoise capitaliste comme tous les autres ! »

Kanon ne comprenait pas la réaction d’Aoi. Les autres renchérirent, galvanisés par l’assurance d’être tous contre la jeune fille.

« Tu cachais bien ton jeu ! T’es qu’une putain d’hypocrite qui traînait avec nous pour faire genre, et dès que t’as eu une opportunité de nous lâcher t’as pas hésité ! »

« Quoi… Non-non-non croyez pas ça, c’est pas- »

« T’es qu’une putain de mytho ! Maintenant au moins on sait pourquoi tu voulais pas rejoindre le groupe de musique. Tu nous supportais pour t’payer des bières, mais ça aurait été trop craignos pour sa majesté de s’afficher avec des chiens de la casse comme nous ! »

Elle ne comprenait plus comment la conversation en était arrivée là. C’est vrai qu’elle avait passé moins de temps avec eux cette année, mais c’était pour tenter de faire quelque chose de sa vie… Incapable de réfléchir faces aux assauts verbaux incessants du groupe, elle se contentait à présent d’encaisser leurs insultes en espérant que tout ceci se terminerait bientôt. C’est finalement Toru qui fit atteindre son apogée au lynchage :

« Va bien t’faire foutre dans ton école de bourges avec ta gratte à cent-mille Yens ! Et puis putain, dégage de là tu vois pas qu’tu casses les couilles à tout le monde ! »

Il lui jeta au visage sa canette de bière à moitié vide. Ce n’est pas la douleur mais bien le geste et ce qu’il impliquait qui arracha un cri de terreur à Kanon. N’osant désormais même plus regarder dans leur direction, elle partait en marchant rapidement, tremblant de tout son corps, son regard fixant le sol. Les larmes aux yeux, elle ne pensait plus qu’à regagner l’appartement au plus vite pour se sentir à l’abri. Elle eut l’impression d’avoir fait tout le trajet jusqu’à sa chambre en apnée. Là, elle se recroquevilla en position fœtale sous sa couverture. Pleurnichant nerveusement, elle haletait, assaillie par des émotions fortes et négatives qui  lui donnaient l’impression qu’on comprimait sa cage thoracique.  Ne parvenant pas à penser posément, elle se demandait si elle parviendrait à gérer tout ce qui se profilait à l’horizon. Alors que lui revenaient à l’esprit tous les enjeux de sa réussite ou de son échec à l’académie Keimoo, elle était terrifiée à l’idée d’admettre qu’elle devrait désormais affronter les évènements futurs toute seule.

• Relations proches et familiales :

Yuri Kirova : La mère de Kanon, avec qui elle vit seule. Yuri s’occupe de sa fille aussi peu que possible. Elle préfère faire la fête, fumer, boire et dépenser de l’argent aux jeux. Actrice de films pour adulte, elle s’est récemment éprise d’un yakuza qui lui sert en quelque sorte d’agent.

Masa Ito : Le père de Kanon, qui s’est empressé de fuir avant sa naissance, même s’il ne put échapper au versement d’une pension. Bien que travaillant dans un garage à environ une heure de Keimoo, il ne rend pas visite à sa fille et ne ressent pas le moindre besoin de prendre de ses nouvelles.

Akira Yamaguchi : Un yakuza qui gère des salons de pachinko. Il lui arrive de sortir avec Yuri avec qui il s’entend bien puisqu’ils ont sensiblement les mêmes goûts. Arrogant et sûr de lui, il aime bien persécuter Kanon pour son amusement. Comme par exemple en lui proposant de l’argent sale en guise d’argent de poche, puisqu’il sait que la petite aime l’argent et qu’elle accepte à chaque fois même si cela la dégoûte d’elle-même.

Hideyoshi Niikura : Ancien gérant du magasin de guitare qui se trouvait non loin du logement de Kanon. C'est lui qui permit à la jeune fille de s'essayer à cet instrument. Ayant dû mettre la clé sous la porte, il est retourné à Osaka. Avant de partir, Il laissera à Kanon les deux guitares qu'elle possède actuellement. Bien qu'ils se soient un peu perdu de vue depuis son départ, ils leur arrivent toujours de prendre des nouvelles l'un de l'autre de temps en temps.

IV. DERRIÈRE L'ECRAN.

TON PSEUDO ? Change tout le temps
QUEL ÂGE ? « Alors ? Le quart de siè-TA GUEULE ! »
COMMENT NOUS AS-TU DECOUVERT ? Topsite
TES IMPRESSIONS ?
SOUHAITES-TU ÊTRE ACCOMPAGNÉ ? Si mon profil retient l’attention d’un parrain, je veux bien.
QUELLE HEURE EST-IL CHEZ TOI ?



FICHE PAR FALLEN SWALLOW



Dernière édition par Kanon Kirova le Mer 4 Avr 2018 - 19:22, édité 3 fois
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Naoko Tanaka
▼ Université - 3ème année - Vice Présidente Cuisine
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Genre : Féminin Scorpion Buffle Age : 20
Adresse : 15 Rue du Tatami, Quartier Hebi
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KMO
                                   :

MessageSujet: Re: Kanon Kirova   Dim 18 Fév 2018 - 16:58

Et bien, ma foi, bienvenue et félicitations ! A part ce que je t'ai signalé sur la ChatBox, je n'ai absolument rien à redire.

Ton personnage est intéressant et l'univers que tu as su construire autour est complet et fourni ! J'ai hâte de voir l'évolution de Kanon au sein de l'Académie, dans un milieu qu'elle ne connait pas.

En tout cas, tu es validée !
Voici les liens vers les démarches administratives que tu devras penser à faire avant de rp :


• Demande de rang (afin d'afficher ta classe au dessus de ton avatar), de classe et de logement : Clic !
• Inscriptions aux clubs : Clic !
• Réservation d'avatar : Clic !
• Livret scolaire de l'année précédente, à mettre à jour à chaque rentrée : Clic !


• Demandes de RP (n'hésite pas à consulter celles toujours d'actualité avant de faire la tienne) : Clic !
• Après trois RPs entamés, il te faudra faire une chronologie ici : Clic !


Voilà !

__________________________________________________


La consécration:
 
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