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 D'une pierre deux coups (Loan)

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Jun Aoki
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MessageSujet: D'une pierre deux coups (Loan)   Sam 10 Fév 2018 - 20:24

J’étais sortie à la recherche des minces rayons de soleil susceptibles de m’aider à lutter contre ma fatigue grandissante, la fameuse fatigue de fin de journée. Néanmoins, l’hiver battant son plein, me voilà qui peinait à trouver le courage d’aller en cours de japonais. Je préférais donc faire l’école buissonnière, et prendre une marche, dans les alentours de l’académie. L’envie d’aller en ville m’avait évidemment traversé l’esprit, mais en une heure seulement, je n’aurais eu le temps de rien faire si ce n’est de le passer dans les transports en communs, et, mystérieusement, l’envie de m’attirer les quelques ennuies que j’avais le don de provoquer ne me disait rien cette fois-ci.

Je passais donc environs une heure à déambuler dans un parc vide et froid, un peu triste, mais beau à la fois. Je considérais cette action comme mon sport de la semaine. Et cette dernière suscitant en moi toutes sortes de réflexion auxquelles j’aurais, en temps normal, été moyennement sensible, je décidais de rentrer sans ne plus tarder à l’académie.

Les heures de cours s’accumulaient, ainsi que les travaux à remettre, en passant des petits exercices du type ceux que je n’ai jamais pris le temps de faire, aux devoirs sur table, auquel je préférais éviter de me rendre, dans la mesure du possible.

Cependant, j’étais bien déterminé à assister au club de cuisine ce jour-là. Certainement parce que j’en avais besoin pour me détendre un peu, bien que les fourneaux avaient le don de me stresser lorsque je me mettais à comprendre qu’il y avait un réel risque de ma part de tout faire exploser, mais aussi parce que je devais y retrouver quelqu’un.

En fait, je n’étais pas certaine de le lui avoir mentionné, mais j’avais rendez-vous avec un certain Arai. Du moins, c’était ainsi qu’il me semblait s’appeler. Une histoire de TP que je devais faire avec lui. Un truc bien ennuyeux, qui ne méritait certainement pas que je gaspille mon temps précieux en dehors des cours pour remettre ce genre de travaux complètement inutiles à mon sens. C’était certainement histoire de favoriser l’esprit d’équipe, une lubie dans le style de notre cher professeur.

Quoiqu’il en soit, je ne me souvenais à peine de sa tête. Il devait avoir un look banal, tout comme son physique, puisqu’il ne m’avait pas marqué. En même temps, j’y avais à peine posé un œil. Il faut dire que le cours se déroulant juste avant la pause déjeuner, j’étais bien plus préoccupée par le choix que j’allais faire une fois le moment venu, que par le travail en question, ainsi que le camarade imposé.

C’était néanmoins ce qui était bien dans l’histoire. Un camarade imposé par le professeur était certainement un camarade meilleur que moi, histoire de créer des groupes équilibrés. Du moins, je l’espérais… Quand bien même je risquais à nouveau de m’attirer les foudres d’un énième camarade parce que « je ne fais pas grand-chose ». `

Je me dirigeais donc vers la salle, devant laquelle quelques élèves s’étaient arrêtés pour discuter. Je toussotais de façon quelque peu impolie et froide, histoire de leur faire comprendre qu’il valait mieux me laisser passer, auquel cas je comptais moi-même me frayer un passage. Ces derniers s’exécutèrent assez rapidement, et je pénétrais enfin dans la grande salle, de laquelle s’émanaient un tas d’odeurs plutôt séduisantes. Un sourire se dessinait alors sur mes lèvres, sans même que je ne m’en aperçoive.

Je balayais la salle du regard, à la recherche d’un visage potentiellement familier, c’est-à-dire, de mon camarade. Je jetais un œil au tableau, où était indiqué le thème du jour. « Ça cocotte ! » était inscrit en rouge sur l’ardoise. Sans doute un mauvais jeu de mot pour signaler la présence d’œuf dans la recette. Je levais les yeux au ciel, avant de les poser sur une chevelure noir brillant, plutôt soignée en fait.

Instinctivement, je m’approchais du garçon, qui paraissait être légèrement plus grand que moi. Je ne voyais pas encore son visage, mais il me semblait plutôt familier. Je le pris par l’épaule, forçant un demi-sourire, histoire de paraître un peu plus sympathique au premier abord.

« Arai-san ? »

Je pris une grande inspiration, espérant ne pas m’être trompée. Ce n’était pas tellement que j’aurais été gênée si ça avait été le cas, mais en plus d’avoir ce genre de travaux scolaires, jouer à retrouver mon camarade n’était pas vraiment ma priorité. Je sortie de ma poche un vieux papier tout froissé, avant de le lui tendre, toujours sans croiser son regard. Dessus y était inscrit le thème du TP. Une histoire d’émulsion, je crois bien.

« Moi c’est Jun Aoki. Appelle moi Jun, c’est plus court. Viens, on va se mettre au fond. »

C’était la place que je ne quittais jamais. Le fond de la classe, idéalement, sur le coin. Il était hors de question que nous nous installions sur le premier plan de travail, juste en face du professeur, quand bien même en cuisine, il arrive souvent que ce dernier se déplace. Et quand bien même cela ne plaisait pas à mon camarade, je ne comptais pas vraiment lui laisser le choix.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Dim 11 Fév 2018 - 1:23


L'air était frais ce jour là, les nuages étaient menaçant et laissaient à peine les rayons du soleil pénétrer la surface de la terre en cette fin de journée. L'hiver était là et cela se ressentait. Le jeune rebelle était assis, au fond de la classe de Japonais à côté d'une fenêtre grande ouverte puisqu'il n'avait pas froid -il était loin d'être frileux-, l'adolescent ouvrait toujours les fenêtres à côté de lui peu importe la saison et la météo, si le chauffage était allumé et si ses camarades de classe étaient glacées jusqu'au sang. Il n'en avait strictement rien à faire, tout comme les cours et plus particulièrement ceux de Japonais. Son regard vide se dirigeait vers le tableau, simulant une pseudo-implication en ce que disait le professeur tandis que son esprit, libre, se baladait entre les nuages et les quelques rayons de soleil.

Il était fatigué. Comme d'habitude, il n'avait pas fermé l'oeil de la nuit ou presque et sa journée n'était pas prête de se terminer. Après cette séance de torture payante et légale, il allait devoir rester encore un peu au lycée pour le club de Découverte Culinaire. Habituellement, l'idée de cuisiner lui plaisait beaucoup car il était dans l'optique de devenir complètement indépendant à ses 20 ans cependant, cette session allait être quelque peu spéciale. Lui et l'une de ses camarades qu'il ne connaissait pas plus que ça lui avait donné rendez-vous pour faire un TP scientifique totalement inutile. Le rebelle n'avait aucune envie de travailler. Il avait bien d'autres choses à faire mais il savait très bien que s'il ne faisait rien sa compère allait très certainement dénoncer son manque d'implication à son professeur, comme à chaque fois. Loan était donc arrivé à la conclusion que plus vite le travail serait fait, moins de temps allait être gaché avec une quasi-inconnue, même si celle-ci avait visiblement fait l'école buissonnière pour cette heure-là.

Le sortant de ses pensées, le rebelle entendit la sonnerie du lycée annonçant la fin de sa torture. Soulagé, il rangea ses affaires avant de sortir de la classe, téléphone à la main. Une fois arrivé devant la salle où allait se dérouler ce fameux "rendez-vous" une odeur à la fois délicieuse et envoûtante lui parvint aux narines. Cette atmosphère lui plaisait beaucoup. Il faisait chaud, cela sentait bon et il allait pouvoir cuisiner ! Enfin presque. L'adolescent lâcha un léger soupire de soulagement et entra. Sur le tableau se trouvait en rouge "Ça cocotte !". Ignorant cette blague totalement raté, il se mit à regarder par la fenêtre toujours debout au centre de la pièce, totalement immobile, comme si le temps n'existait plus. Il se sentait si bien à ce moment, pourquoi ne pouvait-il pas tout simplement vivre comme cela pour toujours ? Pourquoi le monde entier venait l'emmerder lors des seuls moments où il pouvait vivre en harmonie avec lui même ? Personne ne connaissait la réponse.

Soudainement il sentit, sur son épaule droite, une main se poser. Loan se retourna instantanement, de moitié, effrayé par ce contact et se détendit en voyant que ce n'était que sa camarade de classe, Jun. Ses cheveux argentés étaient reconnaissables à des kilomètres et n'étaient pas du tout commun. C'était certainement quelque chose que le rebelle appréciait déjà chez sa camarade, elle n'avait pas l'air d'être comme les autres. Cependant, un faux sourire trahissait son manque d'envie à l'idée de travailler, ce qu'il comprenait parfaitement.

- «Arai-san ?»

L'adolescent hocha doucement la tête en guise de réponse, n'aillant pas vraiment quoique ce soit d'autre à dire.

- «Moi c'est Jun Aoki. Appelle moi Jun, c'est plus court. Viens on va se mettre au fond.»

Loan se retenu une demi-seconde de rire. Il connaissait son prénom et son nom, ils étaient dans la même classe depuis bientôt un an. Visiblement, sécher les cours la rendait amnésique. Étrangement, cette situation c'était déjà passée, avec des rôles inversés, lors de sa "rencontre" avec Ayame et il trouvait ça drôle, très drôle.

- «Jun, je sais qui t'es on est dans la même classe. Évite de trop sécher si ça te donne des trous de mémoire ! Et j'comptais pas vraiment rester planter au milieu de la pièce avec tout ces gens, t'inquiète.»

Il avait dit ses paroles sur un ton blagueur. Lui aussi avait fait la même chose pour Ayame, ce n'était qu'un juste retour des choses. Il ne voulait être en aucun cas méchant, préserver une bonne entente pour faciliter le TP était important. Il prit alors la feuille que lui tendait sa camarade depuis tout à l'heure et la regarda. Elle était froissée. Le thème du devoir portait sur l'émulsion et Loan haïssait ça. Après un long soupire il se dirigea alors vers le fond de la salle et prit place à une table à côté d'une fenêtre qu'il s'empressa d'ouvrir avant d'inspirer l'air extérieur, pur et frais avant de se retourner vers Jun.

- «Bon, pour commencer appelle moi Loan on va pas s'emmerder avec de la politesse qui sert à rien. Bon du coup le TP ... L'émulsion. C'est vraiment naze. Bon l'avantage c'est qu'on est dans une cuisine donc deux liquide non-miscible c'est pas galère à trouver ... J'ai pas envie de bosser putain.»

Disait-il avant de s'étirer longuement.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Dim 11 Fév 2018 - 5:38

Une fois mon camarade abordé, ce dernier attendit un moment avant de me répondre. Je soupirais, pensant qu’il devait être muet, ou trop coincé pour répondre et se dépêcher de me suivre là où j’avais décidé de m’installer. Néanmoins, il retrouvât la parole assez rapidement, ce qui ne m’enchantais pas pour autant.

Amnésique. Il était en train d’insinuer que j’avais des problèmes cérébraux. Il était même en train de faire pire : il se moquait de moi. J’étais triste de lui annoncer que l’amnésie et l’intérêt n’ont rien en commun. Je lui adressais alors un sourire sincère, mon fameux sourire en coin, qui annonce mon côté mesquin.

« Excuses moi, mais je doute que ce soit le fait de m’absenter quelques heures qui font la différence. Je dirais plutôt que mon intention ne se capte pas aussi aisément, pour résumé, je dirais que tu n’as pas trouver grand intérêt à mes yeux. Estime toi heureux que j’ai retenu ton nom. »

Je me retournais aussi sèchement que la phrase que je venais d’énoncer. Je rougissais alors, et reprenant mes esprits, je me rapprochais de mon camarade, franchissant le périmètre de sécurité qu’on retrouve dans la majorité des discussions quotidiennes. Je plantais mon regard dans le sien, comme si je le défiais.

« Mais tout peut encore changer, pas vrai ?  ♥ »

Je respirais un bon coup. Il fallait vraiment que je travaille sur cette satanée irritabilité. Dans le fond, j’imaginais bien qu’il n’avait pas souhaité me vexer, vu le ton plutôt amical qu’il avait employé. Malheureusement pour lui, nous n’étions pas amis. Et il n’était pas si aisé de m’approcher. Après tout ce temps passé dans la même classe, il ne l’avait mystérieusement toujours pas compris.

Quoiqu’il en soit, je ne dis rien, histoire de ne pas m’enfoncer d’avantage, de peur de blesser mon camarade. Après tout, même si j’avais la volonté d’imposer mon caractère, je ne voulais pas pour autant qu’il se sente opprimé, ou pire encore, fâché, et qu’il me laisse seule à faire ce TP. Quoiqu’il pourrait tout aussi bien le faire lui-même dans son coin. J’aurais aimé le laisser faire, mais, les commentaires sur mon bulletin pouvaient s’avérer décisifs concernant mon passage ou non en quatrième année. Je me devais donc d’être aimable, coopérante, pleine de bonne volonté…

Cependant, ce cher Arai n’avait pas les mêmes motivations, et ne semblait pas non plus enchanté par ce devoir. Ce dernier commença à se plaindre et gémir, tout en s’étirant à côté de moi. J’avais comme l’impression qu’il comptait sur moi, et qu’il n’allait pas faire grand-chose. Il était hors de question qu’il se mette à penser ça. Premièrement, parce que j’étais loin d’être un génie, notamment concernant les matières scientifiques où je me retrouvais toujours à côté de la plaque, mais surtout, parce qu’il me semblait que lui, au contraire, en était un. Je pris alors un gant de cuisine afin de lui frapper légèrement la tête, pour qu’il se redresse.

« Je sais pas pourquoi, il me semblait que t’étais bon dans à peu près pas mal de matières. J’ai peut être rêvé, j’étais peut être distraite, mais j’ai le souvenir que les profs répètent souvent ton nom quand ils posent des questions. »


Ainsi, deux hypothèses prenaient place : soit c’était un cancre toujours rappelé à l’ordre, soit, une tête de classe sur laquelle les profs remettaient tous leurs espoirs.

Puis, après un moment passé à me répéter ses plaintes, mon regard s’éclaircit, et un sourire vint s’instaurer sur mon visage.

« Attends, tu veux dire que les émulsions c’est des trucs non miscibles ? »

Effectivement, j’étais peut-être un peu en retard, mais nous n’avions pas encore eu de cours sur le sujet. En fait, le TP était censé nous y préparé. Du coup, je n’avais aucune idée de ce que ce mot qui paraissait scientifique voulait en fait signifier. Cela me parut tout à coup beaucoup plus simple, et je me mis à scruter les environs du regard, à la recherche d’inspiration.

Le thème du jour proposait de cuisiner des œufs. Rien n’était plus évident que ce miracle.

« La mayonnaise, c’est un genre d’émulsion, non ? »


Je regardais mon camarade, plutôt fière de moi-même, dans l’espoir qu’il trouve en moi une sorte de génie insoupçonné. Cependant, je ne savais pas si c’était dû à la fatigue, si c’était sa tête habituelle, mais il paraissait vraiment blasé, et très cerné.

« Peu importe, si tu veux pas travailler, saches que ça ne m’enchante pas non plus. Mais ce serait dommage de perdre davantage de temps en permanence pour travaux non rendu. »

J’essayais d’être raisonnable, et m’étonnais presque de ma réponse. Je m’assis finalement sur le petit tabouret face au plan de travail, à côté de mon acolyte, attendant qu’il réagisse.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Dim 11 Fév 2018 - 18:08


Le jeune rebelle observa sa camarade du coin de l'oeil, la tête tournée vers la fenêtre. Il avait envie de partir, il ne voulait pas être ici coincé avec une personne qu'il ne connaissait même pas mais il devait se forcer, pour une fois. Il se retourna alors vers Jun qui répondit à ses propos, avec un sourire en coin.

« Excuses moi, mais je doute que ce soit le fait de m’absenter quelques heures qui font la différence. Je dirais plutôt que mon intention ne se capte pas aussi aisément, pour résumé, je dirais que tu n’as pas trouver grand intérêt à mes yeux. Estime toi heureux que j’ai retenu ton nom. »

Loan haussa un sourcil. Lui aussi ne portait que trop peu d'intérêt aux cours et tout ce qui tournait autour notamment ses camarades, elle y comprit. Lui aussi aurait aimé faire l'école buissonnière mais n'avait pratiquement plus le droit à l'erreur entre les menaces d'expulsions de l'établissement et celles de son père. Se retrouver seul à la rue, sans logement ni école où passer la journée n'allait pas être une partie de plaisir. Il préférait donc souffrir ici. L'adolescent l'écouta d'une oreille distraite, se fichant légèrement de ce qu'elle disait et des piques qu'elle lui lançait même si l'envie de lui renvoyer ses mots le démangeait. Sa camarade se retourna vers lui et se rapprocha de lui, pour se mettre à quelques centimètres de son visage, comme si elle le défiait.

«Mais tout peut encore changer pas vrai ? ♥ »

Loan l'observa de haut en bas comme s'il la jugeait avant de soutenir son regard de ses yeux de jais, la défiant de la même façon qu'elle venait de faire. Il n'était pas du genre à se laisser intimider, il avait du répondant. Cependant, il était plus amusé qu'énervé, c'était la première fois qu'il "rencontrait" quelqu'un avec le même caractère que lui. Il devait donc lui répondre comme il se devait et ce sans la ménager.

« Si tu veux m'embrasser fait le. Sinon recule. Mais oui, tout peut changer ce n'est qu'un simple TP, Jun. »

Il afficha sur son visage un léger sourire avant de la pousser de l'index hors de son espace vital. Une fois cela fait, il se tourna complètement vers la fenêtre, dos à sa camarade. Il n'était peut-être pas libre, mais l'heure promettait d'être amusante, très amusante. Le rebelle sortit alors son téléphone et le posa sur le plan de travail à côté des ustensiles de cuisine pour pouvoir y acceder facilement si jamais il avait besoin de chercher quelque chose sur le net. Après plusieurs instants de silence, Jun prit un gant de cuisine et frappa doucement la tête du rebelle qui, surpris par l'action, se retourna rapidement pour l'écouter lorsqu'elle prit la parole.

« Je sais pas pourquoi, il me semblait que t’étais bon dans à peu près pas mal de matières. J’ai peut être rêvé, j’étais peut être distraite, mais j’ai le souvenir que les profs répètent souvent ton nom quand ils posent des questions. »

Loan leva les yeux au ciel. Oui, les professeurs ne cessaient de l'appeler en cours pour le rappeler à l'ordre et parfois lui demander comment se prononçait un certain mot en anglais. Oui il était intelligent cependant il se fichait totalement de l'école. Il ne faisait aucun effort, ne relisait jamais ses cours et se débrouillait pour avoir la moyenne partout. Sauf en anglais où il était naturellement excellent, grâce à sa famille, et l'histoire qu'il appréciait tant. Néanmoins il n'était pratiquement jamais appelé lors des cours de japonais et ceux scientifiques car il ne répondait jamais juste. Loan se demandait presque si lui et Jun étaient bien dans la même classe tant elle disait d'absurditées sur lui. L'adolescent choisit de ne pas répondre pour le moment et se contenta d'observer Jun qui lui souriait.

« Attends, tu veux dire que les émulsions c’est des trucs non miscibles ? »

Le rebelle haussa les épaules. Avant de venir en cours de japonais il avait vérifié sur internet la définition de émulsion. Il aurait pu -et aurait dû- connaitre cette définition mais il ne voulait pas encombrer son esprit avec des choses inutiles. De plus internet se chargeait de transmettre les informations, alors pourquoi ne pas l'utiliser ? Il fallait bien que la toile serve à quelque chose.

« La mayonnaise, c’est un genre d’émulsion, non ? »

Pour la seconde fois, l'adolescent haussa les épaules et resta silencieux. Comment pouvait-il savoir ? Il ne connaissait pas par-coeur la structure moléculaire de la mayonnaise ! Deja qu'il ne savait pas ce que voulait dire émulsion, alors pour le reste c'était fichu d'avance ! Face au silence prolongé de Loan, sa camarade continua une dernière fois, l'air fière.

« Peu importe, si tu veux pas travailler, saches que ça ne m’enchante pas non plus. Mais ce serait dommage de perdre davantage de temps en permanence pour travaux non rendu. »

Jun n'avait pas complètement tord. La permanence leur ferait perdre plus de temps que s'ils le faisaient. Loan leva les yeux au ciel et lui dit sur un ton fatigué alors qu'elle s'asseyait sur un tabouret.

« Okay, t'as gagné. Déjà pour répondre à ce que tu disais non, les profs ne me posent pas de questions sauf en anglais car ben j'suis d'origine anglaise. Bref. J'en ai aucune idée pour la mayo' mais certainement, au pire on demandera à docteur google.»

Après avoir dit ses mots, il s'assit sur le rebord de la fenêtre ouverte, au dessus du vide. Comme cela il pourrait être au frais sans pour autant avoir besoin d'ouvrir la totalité des fenêtres présentes dans la salle. Il observa alors sa camarade de travaux pratiques. Ils n'étaient pas si différent au fond, lorsqu'il y pensait.

« Ah oui aussi, crois moi j'en ai encore moins quelque chose à branler des cours de Japonais que toi, seulement c'est la torture ou l'expulsion et je pense pas que ce soit la meilleure perspective pour le moment. Estime-toi heureuse que je sois ici pour faire cette connerie de TP. »

Un sourire s'était dessiné sur son visage. Le fait de lui renvoyer l'ascenseur le démangeait depuis tout à l'heure et il avait enfin accompli sa mission, il pouvait mourir en paix. Reprenant sur un ton beaucoup plus amical, presque amusé il dit en se balançant d'avant en arrière, dans le vide.

« Bon allez, trêve ? Dis, tu me passes mon phone ? J'vais vérifier sur internet si la mayonnaise c'est bel-et-bien un truc d'émulsion. A moins que tu veuilles vérifier par toi même ? L'code c'est 0 7 0 3.»

Lui disait-il gentiment avec un léger sourire aux lèvres. Il était conscient qu'une sorte "d'amitié" pouvait naître de leur relation. Ils étaient semblables et justement c'est ce que Loan appréciait chez elle.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Ven 23 Fév 2018 - 4:42

Alors que nos visages n’étaient qu’à quelques centimètres, et que mes yeux étaient plongés dans ceux de mon camarade, j’eu un léger moment d’absence. Néanmoins, ce dernier me délivra de mes pensées, lorsqu’il me proposa de l’embrasser, tout en ironie bien sûr. Je me contentais alors de ricaner, posant mon regard sur ses lèvres, je reculais d’un pas, lui envoyant un « baiser ». Finalement, je risquais de m’amuser plus que ce que je n’aurais pu imaginer.

Je le relookais, alors qu’il se dirigeait vers le comptoir de travail. Il était vrai que je ne l’avais jamais vraiment remarqué. J’avais conscience qu’il était dans ma classe, c’est-à-dire que si je l’avais croisé à la cafétéria, son visage aurait pu me paraître familier. Cependant, je ne l’avais jamais vraiment scruté, comme j’avais pu le faire avec ceux d’autres camarades. Néanmoins, je ne me privais donc pas pour rattraper mon retard concernant cet individu. J’examinais ses traits, qui changeaient, au fur et à mesure que je parlais. Je sentais bien dans son regard qu’il paraissait me mépriser à certains moments, ce qui m’irritait, sans que je ne le fasse remarquer pour autant. Je serrais les dents, tentant de rester sympathique. J’ignorais si j’aurais préféré qu’il me lance d’autres regards dédaigneux, histoire de bien le remettre à sa place, ou si je préférais le voir agréable. En tout cas, son personnage et le mien n’étaient décidément pas forcément faits l’un pour l’autre, mais c’était justement ce qui m’attirais vers lui. Dans un sens, il semblait être aussi têtue que moi.

Je le rappelais alors à l’ordre, comme quoi je n’avais aucune envie de finir en permanence. Ce dernier semblait plutôt d’accord, et fini par répondre, à sa façon.

« Oh, je vois. D’origine anglaise… C’est pour ça que tes traits sont… moins japonais que les autres… Enfin, peu importe… Est-ce que tu as vécu en Angleterre ? »


Puis, rapidement, mes joues prirent feu. Qu’est ce qui me prenait de m’intéresser à lui ? Bien évidemment que je mourrais d’envie d’en apprendre plus sur mon camarade, ma curiosité était en pleine essor, même si je laissais paraître le contraire. Mais ce n’était vraiment pas le moment pour le faire. Nous venions à peine de nous rencontrer, et si je commençais à m’intéresser, il allait certainement se mettre à penser qu’il m’avait dans la poche, ce qui était loin d’être le cas.

Il finit par reprendre, justifiant sa présence en cours de japonais, ce qui me surpris quelques peu. Il semblait vouloir justifier le fait qu’il ne séchait pas. Je trouvais ça plutôt drôle, bien qu’un peu pathétique. En même temps, je comprenais son désir de sécher ce cours, puisque moi-même je l’avais fait, mais je n’étais pas si fière de ces absences accumulées… Je les considérais plus comme un besoin qu’une victoire…

« Je vois… Menacé d’expulsion, hein ? Et bien on dirait que je viens de rencontrer mon reflet. C’est toi qui aurait été triste de ne pas pouvoir me parler comme tu peux le faire maintenant si tu n’étais pas venu ici. Quoiqu’il en soit, le hasard ou le destin qu’importe, nous as réuni ici, estimons-nous donc chanceux que chacun soit présent, et collaborons au mieux. »

En effet, je me retrouvais étrangement en ce garçon que je n’avais pourtant jamais aperçue avant. J’avais presque peur d’être en train de rêver, mais, me pinçant légèrement, il se trouvait toujours à mes côtés. J’ai toujours eu du mal à distinguer mes rêves de la réalité. Si bien que certaines actions qui n’ont sans doute jamais eu lieu m’ont marqué si profondément que je suis toujours confuse lorsqu’on m’annonce que tout cela n’a jamais existé. Ça me fait mal.

Je regardais à nouveau mon camarade, qui souriait, semblant être fier de sa petite réplique. Soit, je lui laissais cette satisfaction, et lui renvoyait un sourire. Il proposait une trêve. Nous n’étions pas vraiment en guère, simplement en train de se taquiner. J’hochais tout de même la tête, signe que j’approuvais sa requête. Je composais alors son code, qu’il venait de me donner, dans une totale confiance. Un peu surprise d’abord, et de peur qu’il m’ai donné un mauvais code pour se moquer de moi, j’hésitais à le composer. Puis, finalement, m’exécutais.

J’observais son fond d’écran, qui était masqué par tous les icones des applications.

« C’est quoi ton fond d’écran au juste ? »

Puis, sans vraiment le regarder, je tapais sur google ce que ma minute euréka m’avait suggéré. Un sourire illumina alors mon visage.

« Bingo ! C’est bien une émulsion ! Reste plus qu’à chercher la recette ! »

Je lui tendais le téléphone, au cas où il voudrait vérifier par lui-même. Puis, relevais mes cheveux en queue de cheval, prête à commencer.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Lun 26 Fév 2018 - 1:18


Loan était toujours assis sur le rebord de la fenêtre en train d'observer Jun composer le code de son téléphone. Vu sa lenteur et son hésitation, elle semblait penser qu'il pouvait s'agir d'un faux code et elle avait raison de ne pas avoir totalement confiance. Cependant, étrangement, le rebelle n'était pas vraiment d'humeur à se moquer d'elle et la piéger, au contraire, il avait envie d'être à peu près sympathique avec elle. C'était un peu comme s'il se regardait dans un miroir pour reprendre ses mots. Ils étaient semblables. Le sortant de ses pensées, son acolyte de TP lui posa une question.

« C’est quoi ton fond d’écran au juste ? »

L'adolescent observa Jun d'un air interrogatif. Ne voyait-elle pas son fond d'écran derrière les applications ? Certes il en avait beaucoup mais à ce point ? Il se mit à rire brièvement avant de soupirer repensant au pourquoi du comment.

"Ben ... C'est un loup noir, sur un fond noir avec des yeux rouges. J'le trouve plutôt stylé et plutôt représentatif de l'esprit du propriétaire du téléphone ! Aussi fucked up que ça puisse être." Disait-il en haussant les épaules, la malice dans les yeux.

Fond d'écran:
 

Le jeune homme descendit alors de son perchoir et se rapprocha de sa camarade tout en réfléchissant sur ses questions précédentes. Non, il n'avait malheureusement jamais vécu en Angleterre et oui il s'estimait assez heureux de pouvoir discuter avec elle, après tout ils étaient si semblables. Après quelques instants de recherche sur le net, elle se mit à sourire à pleine dent certainement contente d'avoir trouvé la réponse d'elle même.

« Bingo ! C’est bien une émulsion ! Reste plus qu’à chercher la recette ! »

Son acolyte lui rendit son téléphone, toujours avec son sourire au visage, pour qu'il puisse lire à son tour ce qu'elle avait trouvé sur internet. Cependant il lui faisait étonnement confiance et ne prit pas la peine de vérifier, il se contenta de mettre en veille son téléphone et de le reposer sur la table comme si de rien n'était tout en l'observant attacher ses cheveux en queue de cheval. L'adolescent répondit alors à sa question précédente.

"Hmm … Pour répondre à ta question non, je n'ai jamais vécu en Angleterre même si ce n'est pas l'envie qui me manque. J'ai hâte de me casser de cet endroit merdique et juste … J'sais pas. Vivre libre ce genre de trucs. Pourquoi cette question ? Et toi d'ailleurs, tu sembles pas si japonaise que ça non plus avec tes yeux bleus clairs. Enfin j'peux me tromper de toutes façons, j'ai jamais été bon pour déterminer l'origine des gens."

Habituellement blasé à propos de tout, Loan se surprenait lui même à poser des questions et à montrer de l’intérêt envers sa collègue de lycée. Néanmoins, pour cette fois-ci, il allait faire une exception. Le rebelle se mit à observer les personnes autours de lui qui cuisinaient pour trouver des idées pour qu'à leurs tours, Jun et lui même puissent joindre l'utile à l'agréable. Si l'oeuf était l'ingrédient du jour ET que la mayonnaise était l'émulsion à tester, une salade à l'oeuf classique pouvait être envisagée. C'était plutôt simple, rapide, et permettait de faire ce qu'ils voulaient entre-temps.

"Bon, honey" Disait-il suivit d'un clin d'oeil pour répondre à son baiser précédent."Je te propose qu'on fasse une salade avec des œufs, et qu'on en profite pour faire des testes sur la mayo', t'en penses quoi ? C'est good ? Et entre temps on pourra … "Discuter" ? If you know what I mean. Mais après si tu as une autre idée de recette qu'on puisse faire je te laisse le choix, puisqu'après tout je suis un réel gentleman." Il lâcha un petit ricanement et haussa les épaules.

Plus les secondes passaient, plus la compagnie de Jun lui plaisait mais il ne savait pas vraiment si ce sentiment était réciproque. L'adolescent remonta ses manches et craqua ses doigts dans les paumes de ses mains, tour à tour, avant de se tourner vers sa camarade, un petit sourire au visage dans l'attente d'une décision.

"Your call Hon' " Finissait-il avec l'accent magnifique qu'il tenait de sa mère.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Ven 2 Mar 2018 - 5:01

Étrangement je n’étais pas vraiment branchée téléphone, contrairement à la majorité des adolescents de mon âge. Je l’avais bien évidemment été, accro à cet objet qui m’informait de tous les potins, des prochaines sorties et fêtes auxquelles je pouvais être conviée. Néanmoins, depuis sa mort, je n’avais plus vraiment touché cet objet, qui ne savait alors plus me procurer le même genre de sensations qu’auparavant.

En fait, à défaut de trouver refuge sur les réseaux sociaux, j’étais confrontée sans cesse à une réalité que je ne parvenais pas à accepter. Il y avait d’abord cette fameuse vidéo, qui avait tout gâché, ces commentaires affreusement déplacés, sans aucune pitié, sans tact, manquant clairement d’humanité. L’objectivation. Nous faisions office d’objet, suscitant moqueries, critiques, haine, sans aucune considération humaine, puisqu’à leurs yeux, nous n’étions plus rien que ces images, figées sur leurs écrans.

Très vite, cet objet vibrant s’associait donc au stress, et les tonnes de messages et notifications que je recevais ne manifestaient plus que des menaces, au mieux, des insultes. Je n’avais donc plus eu de téléphone intelligent depuis l’Espagne, et me portait mieux éloignée de ces derniers. Je me contentais de posséder un vieux téléphone, datant de mon année de naissance, qui se contentait de répondre aux appels et envoyer quelques messages. Ce que je ne faisais que rarement finalement, mon téléphone restant constamment éteint, à l’abandon au fond de mon sac.

Le rire de mon camarade me fit soudainement quitter ces pensées qui ne manquaient pas de m’attrister, pour finalement m’énerver légèrement. Il était en train de se moquer de moi ou quoi ? Après tout, ce n’était pas de ma faute si son téléphone était dans un tel désordre que je ne pouvais même pas discerner clairement son fond d’écran. Néanmoins, malgré le regard noir que je lui lançais à cet instant, il finit par me répondre, sans paraitre agressif ou taclant, ce que j’appréciais finalement. Mes traits s’adoucirent alors, pendant que j’écoutais ses explications.

Il trouvait qu’un loup noir parvenait à bien le représenter. Je le regardais, haussant un sourcil, un peu intriguée de sa réponse. Puis, je souriais. Le loup évoquait tellement de choses : la liberté, l’autonomie, comme la solidarité… Tout dépendait du style de vie.

« Monsieur est-il plutôt solitaire, ou préfère-t-il vivre en meute ? »

Lançais-je, en le regardant dans les yeux, avant de les reposer sur l’écran lumineux.

Après m’être exaltée sur ma découverte soudaine et lui avoir rendu son cellulaire, ce dernier se mit à me répondre un peu tardivement à ma question précédente. Il n’avait jamais vécu en Angleterre, mais souhaitait se « casser » prochainement. Vivre libre. Mes hypothèses concernant son fond d’écran se concrétisaient alors. Je me retrouvais un peu dans son discours, mais peut être étais-je un peu moins idéaliste que ce dernier. Moi, j’étais déjà partie. Et ça n’avait pas forcément arranger les choses... La vérité, c’est que tout ne cesse jamais de s’empirer, c’est constant. C’est un néant dans lequel on s’engouffre, sans ne jamais plus pouvoir en sortir. Je l’écoutais donc, un peu mélancolique, exprimer son désir de fuite.

Puis, je me mis soudainement à rire. Il ne me trouvait pas très japonaise. Pourtant, mes parents l’étaient, tout comme moi également. Mais sa question était compréhensible, vu les artifices dont je pouvais user. Je lui adressais un sourire plus doux que les précédents, avant de lui répondre tranquillement.

« Et pourtant, je suis 100% japonaise. Ma mère s’est remariée à un Espagnol, mais ils viennent de divorcer. À part ça, rien qui me lie à un autre pays. Je porte des lentilles. Navrée de te décevoir. Et tu te doutes bien que mes cheveux ne sont pas vraiment blancs, quoique c’est un peu ce qui m’a poussé à les teindre en fait… »

Je marquais une légère pause. Au fond, je n’avais jamais vraiment aimé mon physique. Pourtant, je n’étais pas grosse, ni maigre, j’étais même assez bien proportionné, mon visage était plutôt harmonieux, je n’avais pas les dents tordues, ni le nez trop écrasé. Néanmoins, je n’avais jamais été très à l’aise avec mon corps, mon apparence. J’avais toujours éprouvé un besoin particulier de changer ce corps, de me l’approprier, comme si je cherchais à connecter avec moi-même, à me reconnaître, car, sans tous ces artifices : mes colorations, mes lentilles, je n’avais même plus d’idée à quoi je pouvais bien ressembler. J’avais brulé ou du moins cachées toutes les photos témoignant des ingrates années de ma jeunesse, du commencement de mes mèches blanches, des moqueries, des disputes avec ma mère concernant mon look « trop extravagant », de mon corps qui s’est mit à se développer brusquement, de mes cheveux que j’avais coupés comme un garçon, avant de les laisser repoussés au lycée…

Je repris alors, après un léger soupir, adressant à nouveau un sourire narquois à mon acolyte.

« Mais il est clair que je suis plutôt unique. Je veux dire que j’ai plus de style que la majorité des gens de cette ville, puis je suis sûrement un peu plus jolie que toutes les autres filles que tu as pu rencontrer. »

Je ramenais d’un mouvement de tête ma queue de cheval en arrière, histoire de rajouter un effet stylistique aux propos que je venais d’énoncés. Au fond, j’espérais qu’il me trouve jolie. Je n’avais aucune idée de ce que pouvais penser les gens de mon style, de moi. Et malgré les airs de je m’en foutiste que j’avais pu forger, j’avais toujours ce désir de plaire, un désir profond, que je ne parvenais même pas à assouvir vis-à-vis de moi-même.

Quoiqu’il en soit, ce dernier semblait soudainement partant pour se mettre à travailler, et prit enfin les devants, en proposant de réaliser une salade d’œuf. Un sourire vint à nouveau illuminer mon visage. Cela me faisait plaisir qu’il se mette à collaborer, même si je me fichais éperdument de ce travail. Il insistait néanmoins sur le fait qu’il me laissait le choix. Il semblait enfin avoir compris qui décidait ici. Je redressais la tête, signe de fierté, d’accomplissement, afin de marquer cette petite victoire sur mon camarade. Je repris enfin, tentant d’imiter piteusement l’accent anglais, qu’il avait très bien reproduit, lui.

« Très bien Watson, j’aime les initiatives ! Je propose donc qu’on parte sur une salade d’œuf mimosa, c’est-à-dire à partir de blancs d’œufs durs, qu’on assaisonnera bien évidemment, une recette européenne excellente, cela va sans dire ! »


Je me mis alors à rire seule, je m’amusais plutôt bien. Je m’emparais donc de saladiers, avant d’indiquer à mon commis d’aller chercher les ingrédients dans le réfrigérateur, le temps de préparer le plan de travail. Déterminée à cuisiner.


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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Dim 4 Mar 2018 - 1:22


Le rebelle n'avait pas répondu à la question de sa camarade à propos de la signification du loup sur son fond d'écran, et pour cause. D'une part, il était pratiquement certain qu'elle avait comprit d'elle-même et d'une autre car lui même ne savait pas. Autrefois, avant tout ça, il aurait certainement choisi la meute. Il était entouré, aimé, il avait une véritable famille quoi que quelque fois fracturée par des disputes mais les morceaux pouvaient être recollés. Désormais il serait le loup solitaire, seul au monde sans personne sur qui compter, sans personne pour l'épauler, contraint de marcher seul jusqu'à ce que quelqu'un vienne annihiler ce qu'il restait de lui ou au contraire essayait de le sauver. Mais de toutes façons plus rien n'avait d'importance, pas vrai ?

Le sortant de ses pensées, Jun se mit à rire, certainement à cause de la question que Loan lui avait posé à propos de son origine.

« Et pourtant, je suis 100% japonaise. Ma mère s’est remariée à un Espagnol, mais ils viennent de divorcer. À part ça, rien qui me lie à un autre pays. Je porte des lentilles. Navrée de te décevoir. Et tu te doutes bien que mes cheveux ne sont pas vraiment blancs, quoique c’est un peu ce qui m’a poussé à les teindre en fait… »

L'adolescent lui lança un sourire sincère et gentil comme pour la soutenir sans parler, à propos de ses cheveux. Elle avait certainement dû recevoir des moqueries à propos de ça et avaient probablement convenu de se les teindre complètement pour s'assurer. L'idée était très bonne, sans parler du fait que l'adolescent la trouvait plutôt joli comme cela mais il ne pouvait se sentir autrement que déçu lorsqu'elle avoua mettre des lentilles pour ses yeux. Malgré tout il garda son sourire compatissant.

« Mais il est clair que je suis plutôt unique. Je veux dire que j’ai plus de style que la majorité des gens de cette ville, puis je suis sûrement un peu plus jolie que toutes les autres filles que tu as pu rencontrer. »

A la fin de ces paroles, l'adolescent ne pu s'empêcher de souffler du nez. Son moment narcissique collait étrangement bien au personnage mais elle n'avait pas complètement tord. Il était vrai qu'elle était jolie, malgré le fait que ses yeux bleus n'étaient que des artifices et elle avait un certain style, il était vrai. Le rebelle repensa alors à Chrissy et Ayame qu'il trouvait toutes les deux belles, au même titre que Jun. Malheureusement elle ne connaissait pas toutes ses fréquentations. Mais, il préférait prendre des pincettes à ce sujet, ne voulant ni la blesser ni lui mentir.

"J'vais pas le nier, t'es cute. Tes cheveux sont sacrément stylés, tes yeux aussi mais bon c'est des lentilles c'pas drôle. Après j'pense que ton côté narcissique a pris le dessus quelques instants, j'préférais la Jun qu'y me balançait des piques et avec qui j'pouvais discuter. Mais bon si tu t'inquiète tant que ça, t'es bien plus cute que je ne veuille l'admettre, ouais."

Après ce petit échange sur le physique, elle répondit à la question principale, ce qu'ils devaient cuisiner.

« Très bien Watson, j’aime les initiatives ! Je propose donc qu’on parte sur une salade d’œuf mimosa, c’est-à-dire à partir de blancs d’œufs durs, qu’on assaisonnera bien évidemment, une recette européenne excellente, cela va sans dire ! »

Loan rigola une nouvelle fois lorsqu'il l'entendit tenter d'imiter l'accent anglais. Elle l'avait totalement raté, c'était hilarant. Après avoir dit ceci elle lui indiqua d'aller chercher les ingrédients au réfrigérateur, ce qu'il fit en reculons, tourné vers Jun avec les deux majeurs pointés en sa direction, le sourire aux lèvres. Ce n'était en rien méchant, mais il haïssait qu'on lui donne des ordres. Son côté rebelle avait refait surface le temps d'un trajet jusqu'aux frigos. Une fois arrivé, l'adolescent s'empressa de prendre de la salade verte, des tomates cerises, des oeufs bien évidemment, de la mayonnaise et d'autres ingrédients au hasard qu'il mit avec soin dans une sorte de panier et revint à la table où était sa camarade avant de faire la révérence devant elle en commençant.

"Madame la reine d'Angleterre voudrait un peu de thé avec ceci ? Or maybe some pudding ? Ca serait parfait pour vous je pense, my lady. Et n'hésitez surtout pas si vous voulez un cocktail, voir un massage avec ceci."

Disait-il avec exagération, se forçant à prendre une voix douce et faussement galante. L'ironie était à son comble mais cela amusait le rebelle et c'était tout ce qu'il comptait. Il se lava alors les mains avant de sortir tous les ingrédients du panier pour les poser sur la table.

"Bon miss, je m'occupe de la salade et toi des oeufs ou l'inverse ? Enfin, tu sais quoi j'vais m'occuper de la salade, ce serait dommage que la reine se coupe avec un couteau."

Après avoir fini de dire cela, il sortit l'un des nombreux couteaux disponibles de son étui et commença à jouer avec, le faisant virevolter par-ci et par là sans vraiment faire attention en attendant la réaction de sa camarade de TP.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Ven 16 Mar 2018 - 19:08

Bien loin d’être charmée, j’étais un peu irritée par la réaction de mon camarade. De quel droit se mettait-il à juger ennuyeux le fait que je porte des lentilles ? De toute façon, je me fichais de son avis dans le fond. Qu’il me trouve belle c’était évident. Qu’il le mentionne, ça m’était égal. Je me contentais donc de lui répondre dans la gestuelle : mains sur la poitrine, la moue faussement boudeuse, je soulignais du bout des doigts des larmes invisibles, afin de bien lui faire comprendre que j’étais insensible à ses propos.

« Awww, que c’est triste ! Je crois bien que tu vas me faire pleurer si tu continues de regretter ma simplicité. »


Finalement, tout en le taquinant, je ne faisais que répondre à sa demande. Mais cela m’amusait tout de même. De toute façon, il fallait bien faire avec. Et puis, j’appréciais secrètement qu’il ai accepté d’admettre que mon style était soigné, et surtout, qu’il se soit passé de commentaires négatifs concernant ma crinière d’argent. Je lui adressais un timide sourire, avant de continuer le travail. Je n’étais pas si prétentieuse qu’il n’y paraissait. J’étais en vérité, pleine d’incertitudes. Mais ça, j’avais comme la sensation qu’il l’avait deviné, et cela m’agaçait, mais me soulageais à la fois. J’étais étonnement plutôt satisfaite de la compagnie imposée, il n’était pas aussi désagréable que ce que j’aurais pu penser, et, à ma grande surprise, il parvenait à me décrocher quelques sourires.

Après avoir donné mes ordres, ce dernier se mit à se diriger vers les ingrédients, à reculons, tout en m’adressant de façon très galante ses deux majeurs, un sourire aux lèvres. Je le regardais, l’air faussement outré, avant de lui rendre la pareille. Il avait beau feindre ne pas se soumettre, il faisait quand même ce que je voulais. Une expression de malice prit place sur mon visage, juste avant que je ne détourne le regard pour continuer de rassembler les ustensiles nécessaires.

Lorsqu’il revint -et ce fut plutôt rapide-, il déposa le panier sur le comptoir, tout en plaisantant sur mon autorité, en continuant d’user son accent british. Je riais avec mon camarade, tout en levant les yeux en l’air, afin de souligner son « idiotie ».

Puis, alors qu’il sortait les ingrédients du panier, je me mis à soupirer, sans vraiment savoir si j’étais censée rire ou me cogner la tête. Il venait de prendre de la mayonnaise déjà toute préparée, le but de TP étant que nous la faisions nous-même, afin de pouvoir sagement noter nos observations scientifiques, et en finir avec cette corvée.

« T’as rien compriiiis ! C’est nous qui sommes censés faire la mayonnaise ! »

Je le regardais dans les yeux, les mains sur les hanches, et les sourcils légèrement froncés, avant de me mettre à rire à nouveau. Décidément, mon camarade était soit tête en l’air, soit pas très futé. Mais qu’importait, du moins cela m’amusait.

Je répondis finalement à sa demande, ignorant son allusion selon laquelle j’étais susceptible de me trancher avec un vulgaire couteau de cuisine.

« Alors, mon mignon, je propose qu’on se mette d’abord à préparer la mayonnaise ensemble, afin de terminer ce TP au plus vite, puis, ensuite, nous préparerons la salade, et les œufs. »


Je m’approchais alors à nouveau de lui, qui s’était déjà emparé d’un couteau de cuisine, puis, lui pris la main, afin d’extraire l’objet de cette dernière, que je rangeais tout aussitôt à sa place.

« Common’, ce serait dommage qu’on t’envoyes à l’infirmerie. »

Puis je me reculais, tout en lui désignant la page d’un livre de cuisine, où était inscrite la recette de la fameuse mayonnaise.


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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Mar 17 Avr 2018 - 15:34



Loan regarda d'un air ahuri à la fois sa camarade de classe et la mayonnaise. Il n'avait pas du tout réfléchi à ce qu'ils devaient faire et avait assumé qu'il fallait uniquement faire des tests avec de l'eau. S'il y mettait du sien il ne ferait pas d'erreur aussi débiles et il aurait l'air moins stupide sur le coup, cependant il s'en fichait totalement. Il haussa les épaules avec un léger sourire aux lèvres avant de répondre à sa collègue de TP qui s'était mise à rire.

« Bah je le savais qu'est-ce que tu crois. C'était pour voir si tu suivais, Demoiselle. »

Le rebelle leva les yeux au ciel et soupira longuement avant de rire à son tour. Même si son action était bête, elle avait réussi à faire rire les deux adolescents et c'était le principale. Au moins, la bonne humeur était au rendez-vous malgré la corvée qui les attendait.

Loan écouta attentivement, du moins il faisait tout comme, les instructions de Jun tout en faisant joujou avec son ustensile de cuisine n'aillant pas du tout peur de se blesser. Il était assez conscient pour ne pas s'entailler une artère ou se le planter dans l'estomac. Malgré tout, sa camarade lui retira le couteau des mains et le rangea tout en le "sermonnant".

« Crois moi, la personne qui tient le manche a beaucoup moins de chance de se blesser que celle au bout de la lame ... »

Il la regarda avec un air de défi avant de ricaner doucement, c'était bien évidemment une blague et jamais il n'utiliserait d'arme pour blesser qui que ce soit mais il trouvait ça très amusant de taquiner sa camarade, après tout ils ne faisaient que ça depuis qu'ils travaillaient ensemble, leur TP n'avait même pas démarré. Loan se racla la gorge comme pour passer à autre chose et acquiesça, plusieurs minutes après, ce qu'avait dit sa camarade.

« Bon. Va pour faire la mayonnaise, celle que j'ai pris pourra être utilisée pour la salade au pire ... J'me doute que tu ne vas pas aller chercher les ingrédients hein ? »

Sans prendre le temps d'écouter la réponse, si réponse il y avait, l'adolescent s'approcha du livre de cuisine que sa camarade pointait et se mit à lire à haute voix la recette.

« Il nous faut donc : Un jaune d'oeuf, 25 centilitres d'huile, une cuillère à café de moutarde, un trait de vinaigre ou jus de citron, du sel et du poivre. » Il tourna la tête vers Jun avant de d'aller chercher ce dont ils avaient besoin sans même prendre le temps de lui faire un doigt "d'amitié". « J'ai compris j'y vais ... Encore. »

Le rebelle soupira et se jura que c'était la dernière fois qu'il faisait le trajet, la prochaine fois elle irait récupérer son vinaigre toute seule. Il revint en un temps record et lâcha tout sur plan de travail, à côté des ingrédients qu'il avait déjà récupéré dont l'oeuf. Son regard balaya ce qui était posé sur la table puis se recentra sur Jun.

« J'te l'dis, je vais pas fouetter pendant 20 ans pour mélanger les trucs. Tu vas t'en occuper. »

Cette fois-ci c'était un ordre, c'était drôle de faire le toutou deux minutes mais le rebelle trouvait ça très énervant à la longue. Il se lava alors les mains avant de délicatement briser en deux la coquille d'un des oeufs et transvaser le jaune d'un bout à l'autre pour retirer tout le blanc. Loan avait retenu les étapes pour faire la mayonnaise dans sa tête et se les récitait en boucle dans la tête pour ne pas avoir à se déplacer de nouveau. Après avoir terminé son opération de précision il mélangea le jaune, une cuillère de moutarde, le sel et le poivre dans un saladier avant de le tendre à sa camarade.

« Faut mettre de l'huile en même temps de fouetter. J'peux faire ça si tu veux mais tu te débrouilles avec le fouet ! Dommage qu'il n'y ait pas de batteurs automatiques hein ? »

L'adolescent ricana doucement mais n'avait aucune idée si il y avait un des engins automatiques à disposition, il préférait laisser sa collègue s'en charger, après tout il ne devait pas faire tout le boulot n'est-ce pas ? »

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux coups (Loan)   Aujourd'hui à 5:48

Je regardais mon camarade, un sourire en coin, essayer de justifier la mayonnaise qu’il était allé chercher. Je ne l’embêtais pas plus avec ça, mais ne manquait pas de lui lancer un léger regard de haut en bas, reprenant officiellement le dessus sur la situation.

« Crois  moi, la personne qui tient le manche a beaucoup moins de chance de se blesser que celle au bout de la lame ... »

Mon regard se posa un instant dans le sien, avant de répliquer fièrement :

« Une chance que c’est moi qui l’ai maintenant. »

Blague à part, je ne me sentais pas mal à l’aise concernant la sienne. Peut être étais-je naïve, sans aucune conscience réelle des dangers potentiels, mais, même si nous venions à peine de nous rencontrer, je savais mon camarade incapable de blesser qui que ce ne soit, du moins, pas moi. Je ramenais une mèche rebelle qui s’était échappée de ma queue derrière mes oreilles, et tout en évitant de croiser son regard, je poursuivais la conversation.

« Tu serais capable de blesser quelqu’un avec cet engin, toi ? »

Puis, je balayais le comptoir du regard, afin de vérifier que tous les ingrédients étaient bien présents. Et ce n’était évidemment pas le cas, puisqu’il manquait ceux pour la mayonnaise. Et c’était à croire qu’il parvenait à lire dans mes pensées à cet instant, mais mon camarade se proposa, d’une façon quelques peu nonchalante, pour aller chercher les ingrédients manquants. Je lui lançais un sourire approbateur. Il comprenait tout de même vite.

Je le regardais s’éloigner, avant de me repencher sur les indications du livre. La cuisine était quelques chose d’extrêmement méthodique et rigoureux, chose en quoi j’étais loin d’exceller. Néanmoins, j’aimais ça, cuisiner. Je n’étais pas à la hauteur de grands plats, mais je savais me contenter d’un minimum de variétés, dans le sens où je ne saurais pas juste me faire des pates -même si ce serait sans doutes vers quoi je pencherais en comprenant les ramens instantanés-. Néanmoins, je préférais de loin la cuisine à la pâtisserie, la première laissant un peu plus de place à la créativité et aux agréables surprises selon mon expérience.

Mon camarade revint encore une fois très rapidement, de sorte à ce que je n’avais rien pu faire le temps de son départ. Il étala tous les ingrédients de façon peu délicate, avant de me regarder, essayant de me faire comprendre que c’était à mon tour de participer. J’avais déjà eu l’idée du concept, je n’allais pas en plus me retrousser les manches pour me salir les mains… Je fronçais légèrement les sourcils, lui faisant face, tout simplement parce que je n’aimais pas le ton qu’il s’était mis à prendre.

« C’est sûr que vu ta douceur habituelle tes coups de fouets feraient office de simples caresses pour ces pauvres ingrédients. »

Je soupirais, avant de m’emparer du fouet qui se trouvait dans le petit panier d’ustensiles. Je n’avais jamais réussi à battre des blancs en neige sans batteur électrique, malgré mes vains efforts à deux ou trois reprises. La confection de cette mayonnaise s’annonçait bien longue et ennuyante. Néanmoins, je n’avais pas vraiment le choix, et cela pouvait s’annoncer plus marrant que prévu.

J’acquiesçais donc quant à la proposition de mon camarade, et le laissais verser l’huile afin de faire monter la mayonnaise. Je m’amusais à l’éclabousser légèrement, tout en me prenant deux ou trois goutes de vinaigre sur les joues au passage.

Après un moment, le mélange fit place à l’émulsion, et la mayonnaise était prête. C’était finalement, incroyablement simple à faire -même si éprouvant-, mais ça n’avait pas le même aspect que celle achetée dans le commerce. C’était sans doute plus sain, mais ça donnait un peu moins envie aussi.

« Goute pour voir si c’est bon »

Si c’était mauvais, au moins, j’avais trouvé un cobaye. Mais tout à coup, je ressortais l’énoncé du TP : « Observez la différence entre une émulsion et un mélange non miscible. »

« Bon, il nous reste plus que le mélange non miscible et puis cette affaire sera réglée. »

Je m’emparais donc d’un nouveau récipient, où je mélangeais de l’huile, et tendais le vinaigre à mon acolyte afin qu’il reproduise le schéma précédent, sans l’œuf.

« Ça m’arrive de suivre. Je crois qu’on avait vu que les deux se mélangent pas… »

Je n’attendais plus qu’à répéter l’opération, et nous en aurions terminé.

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