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 Who am I ? [PV Yuuta]

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Amalia Williams
♣ Université - 2ème année
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MessageSujet: Who am I ? [PV Yuuta]   Jeu 8 Fév 2018 - 10:44

Je lis les lettres les unes après les autres, qui sont semblables à des lames s'enfonçant dans mon coeur. Et je me déteste pour être touchée à ce point. Car ces mots ne font qu'enoncer une vérité évidente, que je savais très bien au fond de moi. Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'être submergée par mes émotions. Colère, tristesse ? Je n'en ai pas idée. J'ai juste tellement mal. Tremblante de tout mon être, je lâche les feuilles que je ne pouvais m'empêcher de continuer à lire. J'ai l'impression que je suis sur le point d'exploser.
J'ai juste envie de foutre en l'air chaque putain d'objet de cette putain de chambre.
Je me mords la lèvre. J'ai besoin de me calmer.. Non. J'ai besoin d'extérioriser, extérioriser tout. Il faut que je me débarrasse de ce sentiment atroce.
Je veux.. non, je dois chanter.
C'est la seule chose qui sera efficace, j'en suis persuadée, ça ou je détruit tout ce qui se trouve dans ma chambre. J'arrache une feuille de l'un de mes cahiers de cours et commence à griffonner furieusement dessus, couchant mes sentiments sur papier. Des larmes tristement rageuses se mêlent à l'encre.

Cela fait si longtemps que je n'ai pas fais ça. Musique, art, chant ; que de domaines auxquels je ne peux m'adonner entièrement, malgré l'euphorie et la libération que cela me procure. Ils sont trop liés à maman, me rappellent trop son absence.
Alors j'écris, je raye, je recommence. Je me perds dans la composition de cette chanson, j'oublie le temps, je crois que je chante certains passages, plus pour contenir cette émotion destructrice que pour m'entraîner. Ma voix me semble venir d'ailleurs, j'y prête à peine attention, mon esprit est focalisé sur cette chanson en devenir, que je dois vite terminer pour expulser cette souffrance hors de moi. Je veux chanter le plus vite possible, je mets un point final. Où chanter ? Où puis-je chanter ? Quelle heure est-il au juste ?
Ma main glisse sur mon téléphone pour allumer l'écran. Vingt-trois heures trente. Est-ce vraiment important ? Je ne pense même pas aux cours auxquels je suis sensée assister le lendemain, la seule pensée que mon cerveau me formule est de prendre une douche et de me couvrir correctement.

L'eau chaude m'apaise un peu. Je sors de la douche les cheveux secs, pour ne pas attraper froid en sortant, et enroule une serviette autour de moi. Je croise mon reflet dans la glace. Pendant une seconde je crois voir une illusion. Pendant une seconde, je crois la voir.

"Elle lui ressemble beaucoup trop. Je ne peux même pas la regarder sans la voir."

Est-ce.. pour ça, que lorsqu'elle est morte, il a été encore moins présent qu'avant ? Pourquoi je lui ressemble autant.. Cette apparence a toujours été un problème. Toujours.
J'en ai tellement marre putain.
Si seulement on avait été un peu plus différentes. Plus que l'ondulation de ses cheveux et la lisseur des miens.
Je veux qu'il nous différencie. Qu'il arrête de me fuir à cause de nos ressemblances.

Je n'arrive plus à réfléchir correctement, je veux juste moins lui ressembler, de toute façon, je n'ai jamais été très douée pour me coiffer, pourquoi je les ai gardé longs si longtemps ? Mon sang semble pulser plus fort dans mes veines alors que j'utilise mes ciseaux. Je coupe, encore et encore, jusqu'à ce qu'ils m'arrivent au-dessus des épaules, j'ai tout coupé avec rage, rendant la coupe imprécise, de nombreuses mèches sont inégales.
Je m'arrête à bout de souffle et lâche la paire de ciseaux.
"En quoi c'est mal de lui ressembler ?"
Cette pensée me vint brusquement et me ramène à la raison.
Qu'est-ce que.. je viens de faire ?
Vouloir être différencier d'elle à ce point.. Comme si c'était négatif de lui ressembler. Tout ça pour un presque inconnu, quelqu'un qui n'en avait jamais rien eu a faire de moi ?
Bon sang, mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?!

Comment j'ai pu penser une seule seconde que je lui ressemblai.. Je ne serais jamais une personne aussi merveilleuse qu'elle. J'ai arrêté de pratiquer tout ce qui nous donnaient des points communs, je ne lui ressemble en rien à présent..
Est-ce vraiment une bonne chose ? J'agis comme si je cherchais à oublier tout ce qui pourrait me lier à elle. Comme mon père. Je refuse d'agir de la même manière, je veux me souvenir d'elle, lui ressembler et en être fière. Je veux.. chanter à nouveau, jouer du violon à nouveau, m'intéresser à l'art à nouveau. Tout ce dont je me suis privée.
"Décidément, tu ressemble bien à ton père."
Non, dorénavant je n'agirai plus comme lui. Je veux ressembler à maman, pas à papa.
Alors pourquoi ce sentiment ne part pas ? Pourquoi je me sens toujours aussi mal ?

[...]

Les yeux rivés sur le sol pour éviter le verglas, je cours à travers le froid mordant de la ville, emmitouflée dans mon long manteau menthe à l'eau. Mon écharpe blanche couvre la moitié de mon visage mais je sens déjà mes lèvres commencer à gercer. Des flocons de neiges voltigent dans mes cheveux et sur mon visage, tandis que le vent souffle dans mes oreilles. Hier était un jour de neige semblable à celui-là. Au moins, le bruit du vent devrait empêcher de m'entendre chanter. Encore fallait-il trouver un endroit où le faire. Je ne me suis pas vraiment aventurée à l'extérieur des environs de l'académie jusqu'à maintenant et j'ignore où je me dirige ainsi mais tant pis. Même si ça prend des heures, je finirai bien par trouver l'endroit pour chanter. Il le faut.

Après une longue promenade infructueuse, je le trouve finalement. Debout sur le muret, j'observe un moment la ville calme et silencieuse, où le seul bruit audible est celui du vent. Ce paysage aurait peut-être pu m'apaiser dans un autre contexte. Malgré la beauté de la scène que j'observe, mon esprit est encore focalisé sur les lettres lues plus tôt. Elles avaient été envoyées de France. Par Rosalina elle-même ? C'était à elle que mon père s'adressait dans ses lettres. Ou quelqu'un qui a pu y accéder. On me les a clairement envoyées pour détériorer encore plus notre relation. J'ai très bien pu n'avoir reçu que certaines lettres en particulier, pour n'avoir qu'une partie de la vérité.
Mais même en sachant ça.. je n'arrive pas à lui pardonner ou à passer outre ce que j'ai lu.


"Please.. Please forgive me.."
Ma voix, rendue un peu rauque par le froid, s'élève timidement. Au fond de moi, je ne peux m'empêcher de me sentir désolée. D'accepter d'aller dans le sens de cette mascarade. Mais elle prend tellement sens pour moi. Je ne veux plus jamais rentrer. Ni le revoir.
Peu importe ce qu'il peut penser réellement, il n'a jamais essayé de me contacter après mon départ à Keimoo. Je ne représente rien pour lui, c'est tout. Les larmes brûlent mes yeux.
"Am I so insignificant.. ?"
Je pourrais ne jamais revenir qu'il ne s'en rendrait pas compte. Je ne manquerai à personne. Depuis qu'ils sont morts, j'ai été seule et je ne peux plus faire semblant de penser que malgré la distance entre nous, il y a quand même quelque chose. Il n'y a jamais rien eu en vérité. Pourquoi cette constatation me fait souffrir encore plus, pourquoi je sens le poids sur mon coeur s'alourdir davantage ?

Oubliant où je me trouve, je chante. Je ne suis pas au club, à chanter brièvement juste pour pouvoir être noté, je peux vraiment chanter là. Exprimer ce que je ressens, faire s'envoler la douleur, je peux tout faire à travers le chant. Qu'importe que le froid me transperce, que la neige éblouit ma rétine, que le vent fouette mes cheveux et mon visage, tant que je chante, tout ça n'a aucune importance.
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Yuuta Fukuro
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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Ven 9 Fév 2018 - 14:16

HRP:
 

« B5. Alors ? »

Alors quoi ? Il n’y avait toujours pas de changement à ma situation : ma tête me démangeait toujours autant et cette sensation de substance spongieuse n’aidait en rien à éloigner ma concentration de ce qu’il se passait sur mon crane. Sans parler de l’odeur qui semblait emplir tout ce qui m’entourait, y compris mes pensées. Irritant était bien le mot pour résumé la situation.

«Miss. » Qu’est-ce que je ne souffrirais pas pour Aya ? C’est quelque-chose que je me suis souvent demandé. « Rien, c’est toujours galère et j’ai toujours autant envie de gratter. » D’ailleurs, il m’a toujours semblé qu’elle le savait, poussant à chaque fois ses caprices un peu plus loin pour tester les limites. « C9. Il reste encore combien de temps ? »

Mais pouvait-on appeler ça des caprices ? Aya n’était pas du genre à taper du pied si on n’accédait pas à ses envies. Au contraire, il fallait souvent lui tirer les vers du nez pour savoir ce qu’elle désirait vraiment, un vrai combat de tous les jours même pour les choses les plus insignifiantes qui soient. Donc non, ce n’était pas vraiment des caprices à proprement parlé.

Après tout, demander à son grand-frère de pouvoir surveiller le bon déroulement de sa décoloration via appel vidéo n’en était pas un, non ? Juste une demande farfelue de la plus farfelue des sœurs. Peut-être que le fait de demander que je fasse ma déco’ a l’heure américaine était quand même pousser mémé dans les orties : l’odeur de produit chimique à 23h passée, c’est pas top.

« Raté. » Mais, autant farfelue que ça puisse être, je savais que ça cachait autre chose ; aussi étrange que la demande soit, ce n’était pas son style de vouloir ce genre de choses si précise. Je le savais, car je la connais assez pour voir ses manigances arrivées de loin. «D10. »

« Miss. » La partie durait maintenant depuis un bon moment, allait-elle encore tourner autour du pot longtemps ? La connaissant, elle comptait sûrement sur le fait que j’allais voir son malaise et faire le premier pas. « C10. » Décidément, elle me connaissait trop bien. S’en était presque apeurant. Mais j’avais aussi plus d’une carte dans ma manche. « Et tu ne m’as pas répondu, Minou. »

Ah, Minou, le surnom interdit, réflexe du suricate assuré chez ma sœur ; d’ailleurs, sa tête se relève immédiatement de sa fiche et me regarde genre "t’as pas osé ?!" via webcam interposée. Si c’était possible, elle aurait fait passer les éclairs qui étaient dans ses yeux via la connexion, histoire de me frire le peu de neurones qui me restent.

Un grand merci à la technologie pour me tenir si loin de la fureur de ma sœur et de me permettre de tourner le couteau dans la plaie avec un sourire bien large, l’air de rien.

S’ensuit alors une impasse mexicaine digne des grands films de western d’antan : Aya d’un côté, une envie de meurtre dans les yeux, moi de l’autre avec un large sourire qui commence à tirer et à me faire mal. Certes, il manque le virevoltant qui passe entre nous pour finir le tableau, mais le silence qui est tombé entre nous deux fera l’affaire niveau tension qui grimpe rapidement.

Fort heureusement pour les muscles de ma mâchoire, la libération ne vint pas sous forme d’une plante sèche ronde poussée par le vent, mais sous forme d’une boule de poil : John Drury avait Duke pour arrêter Le Rapace, Lucky Luke avait Jolly Jumper pour contrecarrer les Daltons, moi j’avais Windows pour faire barrière au regard assassin d’Aya. Sa manie de vouloir s’interposer entre le spectateur attentif et son écran d’ordinateur ne m’avait jamais semblé aussi appréciable que maintenant.

Point positif : Aya a dû stopper son regard furieux pour faire dégager Windows de son champ de vision, j’avais donc gagné le standoff par défaut, 1-0. Point négatif : je souriais encore plus et ma mâchoire me fit rapidement comprendre qu’elle n’aimait pas ça. Petit craquement audible en bonus, histoire de donner une petite victoire à ma sœur, 1-0 quand même.

« On recommence à se regarder comme avant ou tu vas finir par dire le fond de ta pensée ? » Cette fois-ci pas de sourire, malgré le fait que ma petite-cousine, Hinata, me répète que je ne le fais pas assez. Le craquement d’avant lui donnant raison. « Et j’ai dit C10. »

Je peux paraître horrible, mais au final je connais ma sœur ; faut un peu la secouer en mode "no bullshit" et elle finit par cracher le morceau. J’avoue quand même que d’utiliser le surnom interdit était peut-être allé un peu fort. Mea culpa.

« Touché. » Un regard à droite avec toujours une touche d’énervement, allait-elle faire sa têtue ? Pourquoi pas, c’est de famille après tout. « Encore un petit moment. » Puis hésitation, recherche des mots, le regard fuyant qui n’ose pas se diriger vers moi. Des signes qui font gentiment glisser mon cœur dans mon estomac, était-ce si grave que ça ? « C’est que… Yuuyu… Je… »

Je quoi ? Le cœur descendait trop vite dans les tréfonds de mon ventre, la sueur froide faisant son arrivée sur mon front, un frisson commençant son parcours sur le haut de mon échine. Je quoi ?! Ce regard, cette hésitation, ça me mettait en alarme ; avec Aya on se disait tout, on partageait tout, sans gêne, sans barrière. Elle n’a pas de secret pour moi et je n’en ai pas pour elle.

C’est notre deal en tant que frère et sœur. C’est comme ça qu’on a surmontés tous les obstacles, comme ça qu’elle survit avec ses secrets qu’elles n’osent pas avouer aux parents ou aux gens l’entourant. Je connaissais tous les éventuels scénarios catastrophe liés à ceux-ci, je partageais sa peur qu’ils se réalisent un jour.

Et là quelque-chose l’empêche de m’en dire plus, mais quoi ? Satané distance, pourquoi est-ce que je suis venu ici alors qu’elle a besoin de moi ? Est-ce que c’était déjà le cas avant que je parte ? Elle me semblait pourtant si bien à ce moment-là.

Et à nouveau ce silence qui me rend fou, qui me fait me rapprocher de l’écran, point serré, mon esprit imaginant tous ces scénarios catastrophe dont je connaissais les prémices par cœur. Je pouvais lire la détresse sur son visage, la tristesse dans ses yeux, la peur dans…

« … C’est le moment de te rincer les cheveux. » Un petit sourire narquois, marquant le 1-1, apparu sur ses lèvres pixellisées. Signe d’exultations d’avoir fait marcher, non, courir, son grand-frère droit dans le panneau. « Allez, P’tit cul ! Va passer ça sous l’eau ! »

Le pire, c’est que j’’ai envie d’y aller en courant mais je n’ose pas ; c’est que ça gratte là-haut, ça démange, mais je ne veux pas lui donner la satisfaction de lui obéir après m’être fait avoir en beauté comme ça. Non, ça serait trop parfait pour elle, un genre de 2-1 tacite. C’est qu’elle sourit en plus, fière d’elle, si je pars maintenant en vitesse, je suis sûre d’avoir droit à une petite fanfaronnade à mon retour.

Mais c’est que… Ca démange trop, bordel ! Autant, il y a quelques instants, dans la panique grandissante, j’avais oublié tout ça. Autant, maintenant que tout est OK, ça gratte de plus belle. C’est pourquoi je reste assis sur place, en silence, tapant de la jambe pour ne pas penser à la douce satisfaction que ça serait de passer mes mains dans mes cheveux et de gratter le cuir chevelu de toute part, énergiquement, sans ménagement, surtout cette partie sur le haut du crane qui démange le plus…

…Fuck it ! Ni une, ni deux, un rapide doigt d’honneur amusé à ma sœur et je me précipite dans la salle de bain, la tête en feu comme jamais, un râle d’aisance s’échappant d’entre mes lèvres au contact de l’eau froide sur mon crane. Durant un instant, je me demande si je n’ai pas meilleurs temps de rester là, sous le jet d’eau froide, encore quelques heures ou même de piquer un roupillon dans la baignoire.

C’était sans compter mon esprit qui, entre de savoureuses remarques sur cette eau si bienfaisante, avait commencé à s’inquiéter pour Aya. La raison ? Mes oreilles n’avaient pas entendue son rire si doux qui suivait souvent nos petites joutes de fausse animosité frère-sœur. C’est que j’aimais son rire plus que tous, il avait le don d’apaiser n’importe quel cœur enflammé par la colère, j’en avais eu la preuve plus d’une fois auparavant. J’ai toujours affirmé, et affirme encore aujourd’hui, que son rire était matériel à un prix Nobel de la paix.

Une fois la substance chimique hors de mes cheveux et après deux rinçages complets à l’eau froide, mes pas me ramènent rapidement derrière mon écran d’ordinateur portable, le visage de ma sœur m’y attendant, sans réelle émotion visible. Pour moi, il y avait encore des non-dits, mais était-ce vraiment ma place de la forcer à parler vu qu’elle n’en avait pas du tout l’envie ?

« Alors ? » Je prends la pose façon star de cinéma avec un petit coup de cheveux sur le côté, celui-ci ne faisant pas son effet dû fait de la longueur trop courte de ma tignasse. « Heureuse ? »

Là je retrouve mon Aya : regard inquisiteur, s’approchant de l’écran pour mieux me voir avant de se rappeler qu’on était via ordinateur interposés et que c’est à moi de m’approcher de la caméra.

« Plus près ». J’obéis. « Côté droite. » Oui, cheffe ! « L’autre côté. » Oui, cheffe. « Derrière. » Oui, cheffe… « Dessus. » Bon… On a fini, cheffe ? Elle semble contente du résultat, du moins c’est ce que j’en déduis de son silence et du fait qu’il n’y a pas de remarques ni grimaces suivant l’inspection. « Yuuyu, tu fais quoi après ? »

« Euh… » Rapide coup d’œil à l’heure de l’ordinateur. « Ici il est quasi minuit donc… Dormir ? » Visiblement, c’était pas la réponse attendue. « Puis demain soir, j’ai prévu d’aller enregistrer des bruits dehors : j’ai besoin de samples de pluie, crissements de pneu et spray de peinture. » En guise de preuve, j’attrape rapidement une des bonbonnes de peintures que j’ai acheté il y a quelques-jours et la secoue un peu devant l’écran. « Tiens, en parlant de peinture, tu feras un bisou et saluera bien Melly ! »

« … Yuuyu… »

Cette fois ça y était, la corde sensible avait été touchée. La voix de ma sœur l’avait confirmé.

Le cœur dans l’estomac poussant encore plus bas si c’était possible, la sensation de vertige, les yeux qui s’écarquillaient dans leurs orbites... Aya compris que j’avais compris et commença à déverser en silence des larmes qu’elle tenta rapidement de cacher en les essuyant. Mais c’était peine perdue ; le flot qui s’ensuivit ne pouvait être masqué si facilement.

Le cœur serré, je m’approchais de l’écran à défaut de pouvoir m’approcher d’elle. Maudite technologie de me tenir si loin de ma sœur en peine et de m’empêcher de la prendre dans mes bras ! Qu’est-ce que je donnerai pour être vers elle en ce moment. Dieu savait qu’elle ne pouvait partager cette peine qu’avec moi, son secret n’était pas connu des parents ou de ses amis.

« C’est toi qui… Ou c’est elle qui… ? » Elle secoua la tête que non puis hocha que oui. J’étais sans voix, Melly et elle c’était fini ? J’en revenais pas ; cette fille avait été comme une envoyée du ciel pour ma sœur et maintenant... « Hey… Princess Yaya. It’s ok… Everything is going to be alright. »

Je m’asseyais alors sur le sol de mon salon, entre la table basse et le canapé, rapprochant l’ordinateur vers moi, le cœur lourd et serré. Dormir était hors de question, ma sœur avait besoin de moi.
-X-

Adossé à un mur, je ne sais où dans Keimoo, avec les fesses contre le verglas du sol, j’étais perdu dans mes pensées une heure après la terrible nouvelle qui était arrivée. J’avais fini par sortir après l’appel vidéo de ma sœur, les échos de la discussion et de ses pleurs semblant encore rebondir indéfiniment entre les murs de mon appartement. Je devais sortir et mon esprit avait très vite fait d’avancer les plans que j’avais pour le lendemain soir en guise d’excuse.

Mon sac remplis des bonbonnes de peinture et de quelques snacks sur le dos, j’étais partis comme sans demander mon reste.

Dehors, j’espérais trouver un vent violent pour excuser mes yeux brillants, des flocons fouettant mon visage pour rafraichir mes idées, un froid prenant pour calmer le feu qui me consumait de l’intérieur. Mais rien n’y fit : le vent ne souffla pas plus que ça, les flocons semblaient être enclins à éviter ma figure abattue et je ne pouvais pas arrêter de m’en vouloir d’avoir utilisé le surnom interdit.

J’étais alors partis sans autre but que de mettre le plus de distance possible entre ma personne et mon appartement, marchant sans autre destination que "pas chez moi".

Je fis le chemin à pied, cherchant dans l’horizon un soleil levant qui annoncerait un avenir plus radieux, mais à cette heure-ci, je ne fus qu’accueillis par la nuit étoilée, le temps semblant resté en suspens. J’aime à croire que mes jambes ont suivies les directions données par mon cœur ; après coup, j’avais remarqué que j’avais évité tout endroit qui aurait pu me rappeler la situation de ma sœur. Pas de panneau de publicité pour du maquillage ne croisa mon chemin, aucun couple fuyant le froid n’entra dans mon champ de vision et aucun photomaton où des photos d’étudiantes aux grimaces et faciès heureux ne vinrent perturber ma marche silencieuse.

Et pourtant, est-ce que ça m’aurait fait autant de mal que je le pensais ? Dans cette marche digne d’un cortège funéraire, je n’arrêtais pas de penser à ce que j’avais dit pour la faire réagir : Minou. Ce surnom donné par Melly lors de leurs première fois, un surnom qui rappelait à ma sœur un moment gênant mais tout autant remplis de tendresse et générateur de souvenirs joyeux par la suite. Un surnom qui devait, maintenant, avoir un goût plus qu’amer.

Je m’en voulais furieusement d’avoir fait preuve d’autant peu de délicatesse ; après tout, les signes avaient été présent que quelque-chose n’allait pas, même si je n’en savais pas la cause, j’aurai dû faire plus attention. J’aurais dû tenir ma langue et demander plus délicatement ce qui n’allait pas, à la place, j’avais sauté dans le plat, les deux pieds en premier.

Sœurette, s’il te plaît, pardonne ton imbécile de frère.

Le casque sur les oreilles, mon enregistreur à la main affublé de son micro hyper-sensible en fourrure grise. Je tentais désespérément de trouver un son intéressant, tentant de divertir mon esprit et ma raison de leur focalisation sur ce que j’avais dit de faux. Mais à une heure si tardive, il n’y avait quasiment rien d’intéressant, aucun humain pour générer un son autre que le silence de la nuit.

Bien qu’après quelques instants je m’étais retrouvé au centre-ville, il semblait que celui-ci était tout autant vide que mon cœur à l’instant présent. À croire que s’en était fait exprès, que j’étais le héros d’une histoire qui n’allait pas dans mon sens, résultat d’un auteur mal inspiré. Cette idée m’en scia alors les jambes et l’envie d’avancer, me faisant m’arrêter contre un mur et m’effondrer au sol.

Mes pensées se tournant à nouveau vers ma sœur, mon cœur se serra au souvenir de notre séparation. Les parents allaient rentrer, elle devait donc se préparer. Non pas pour partir, mais pour revêtir l’Aya qu’elle avait construite, distante, hautaine et capricieuse. L’Aya qu’elle avait créé de toute pièce pour protéger ses secrets, celle qui n’avait pas besoin de tendresse, qui ne demandait jamais de câlin, celle qui semblait si parfaite, celle qui aimait les hommes.

Le plus dur était que je savais exactement ce qu’elle allait faire : les cuillères froides pour apaiser les yeux gonflés, le maquillage pour masquer toute trace de pleurs, son cœur se refermant pour ravaler sa tristesse. Elle n’avait pas besoin de ça, pas maintenant, mais c’était sa vie, ses peurs que le pot aux roses soit découvert la faisant constamment se retourner, désireuse de cacher ses traces, de garder l’historique de ses mensonges afin de ne pas faire d’écarts.

Et j’étais là, sans possibilité de l’aider, sans possibilité de l’apaiser. Mes pensées se remuant dans tous les sens, priant silencieusement qu’elle ait la force de ne pas craquer, qu’elle puisse tenir ferme jusqu’à la première visite de ma famille dans quelques mois. Je me sentais enfermé dans une cage dont il me semblait qu’il n’y avait pas de sortie, mais je savais que ce n’était rien à côté de ce qu’elle devait ressentir.

Il me semblait que c’était ainsi qu’aller débuter ma journée : mes pensées dans tous les sens, dans l’incapacité de pouvoir faire quoi que ce soit d’autre que de m’inquiéter.

Et pourtant, après un temps indéfinis assis sur le sol à ruminer tout ce que je pouvais, mon micro capta un faible écho, comme une mélodie, un chant qui venait de loin. Une voix de femme, légère, portée par le vent qui avait décidé de se lever, des notes fantômes comme portées par les flocons blancs tombant tout autour de moi.

Cette voix me donna la force de me relever, de tenter, à nouveau, de divertir mes cheminements de pensée. Merci à toi, inconnue, qui me tira de ma torpeur, me faisant me lever afin de trouver la source de cette chanson.

Le micro en main, le casque sur les oreilles, je commençai d’un pas lent cette recherche qui devait m’aider à aller mieux. Au fur et à mesure que j’avançais, la voix se faisait plus précise, mes pas se pressaient un peu plus. Au détour d’un carrefour je pu comprendre ce que disait les paroles.

Though i’d die to know you love me.
I’m all alone.
Isn’t someone missing me ?

Il semblait que c’était la soirée des cœurs brisés. Je me jurai sur-le-champ de ne pas laisser couler celui-ci et, redoublant soudainement d’énergie, au détour d’une autre ruelle je trouvai enfin la source. Une jeune femme, debout sur un muret, le corps s’offrant totalement au vent et au froid, comme rejetant tout ce qui pourrait l’empêcher d’être libre de s’exprimer. Chantant à qui voulait l’entendre la peine qui l’habitait.

Je m’approchais alors en silence, de peur de l’interrompre dans l’étalage de ses sentiments. Pour le moment, je serai son auditoire et elle en sera la star. J’écoutais sa voix, sa complainte, me disant que, malgré la qualité de la voix qui chantait, ce ne serait pas un concert qui se terminera sous une pluie d’applaudissement. Non, il y avait dans la musicalité de son cœur la même teinte de peine qui étreignait celle de ma sœur.

Qui était-elle ? D’où venait-elle ? Qu’était-il arrivé pour qu’elle veuille chanter son désarroi d’une telle manière ?

C’est qu’elle ne semblait pas être mal en point, elle était même plutôt jolie de ce que je pouvais discerner d’elle. Elle était grande, mince et de ce que ses vêtements montraient de ses courbes, elle devait faire souvent des envieuses. De plus, son style d’habillement montrait un goût et une recherche dans sa façon de paraître. J’étais assuré de ne pas être en présence d’une personne totalement paumée, ou d’une de ses pauvres âmes vivant dans les rues, perdant le peu de lucidité qu’il leur reste dans des échappatoires en tout genre.

Une petite partie de moi m’avertis même de faire attention : c’est que ce genre de fille, du moins en Amérique, sont aussi connues pour être sanguine, voir même agressive envers ceux qui oseraient envahir leur monde ou les attraper à leurs dépens dans un moment de faiblesse. J’avais déjà vécu ce genre de rencontre et je n’étais pas prêt à réitérer la chose.

Mais en même temps, une tristesse se dégageait tellement de celle-ci que je ne voulais pas, pouvais pas, la laisser sans même tenter de comprendre ce qu’il se passait, sans m’assurer que tout irait bien si la laissais en paix. Ce n’est pas que le muret était haut, mais un esprit abattu mélangé à un cœur brisé amenait bien des gens à des actions extrêmes.

Par chance, j’avais mon sac à dos : en douceur, je le fis descendre à mes pieds, en ouvrait la petite poche de devant, la poche des snacks, et en tirait une branche de chocolat. Replaçant le tout à sa place, je relevai les yeux pour remarquer que la chanson s’était arrêtée et que son auteur me regardait du haut de son muret.

Espérant lui couper l’herbe sous le pied afin que notre première interaction ne soit pas une engueulade en règle, je levais les bras en l’air, tel le bandit pris sur le fait.

« Désolé. Je passais par là et je vous ai entendu… » Les bras toujours en l’air, j’osais quelques pas en sa direction avant de m’arrêter à quelques mètres d’elle. De ma main libre, je pointais alors celle qui tenait la barre de chocolat, tentant un trait d’humour pour tâter le terrain. « Je viens en paix. »

Je fis alors quelques pas de plus en avant, m’approchant du muret. Je jaugeais la jeune fille, analysant un peu mieux sa posture et son visage, me rendant compte au fur et à mesure que d’autres parties de celui-ci se dévoilait, que cette belle jeune femme n’avait décidément rien à faire dans un endroit pareil. Qu’est-ce qui avait bien pu se passer ? La question redoubla lorsque je m’aperçus de sa coupe de cheveux irrégulière, grossière, comme si quelqu’un lui avait fait une mauvaise blague.

Je sortais alors un paquet de mouchoir de ma poche, le rajoutant à la barre de chocolat et tendait le tout à la personne sur le muret.

« Vu les circonstances, ça peut paraître une question bête, mais… Ca va allez ? Vous me semblez… Abattue… »


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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Dim 11 Fév 2018 - 19:06

Ai-je joué un rôle durant toutes ses années ? Je suis grandement consciente que sans la musique, sans le chant, je ne suis pas moi. Plutôt que de les fuir, j'aurais dû m'y raccrocher. Je n'aurais jamais dû agir de la même manière que mon père pour supporter le deuil. Je ne réalise que maintenant l'énorme erreur que j'ai commise.
Je n'ai fais que me cacher derrière un personnage qui n'était pas moi.

Exactement comme au collège où se faire détester pour des raisons fondées était plus supportable qu'être détestée injustement. Je m'étais persuadée que les provoquer et les faire souffrir m'offrirait au moins une once de satisfaction, que cela allégerait ma souffrance.. Mais je n'étais pas cette personne et tout ça n'a été qu'une perte de temps, dont je suis ressortie perdante.

Exactement comme maintenant. Combien de temps ai-je perdu ? De temps où j'aurais pu continuer de pratiquer. Peut-être qu'en ce moment, je serais capable de jouer ce morceau maudit sans difficultés. Peut-être que j'aurais été en mesure d'aller en musicologie. Les choses auraient été si différentes, si seulement j'avais été moi-même.
Je ne referai pas la même erreur une troisième fois. À partir de maintenant, je ne jouerai plus le moindre rôle. Même si j'ignore celle que je suis au fond, si ce rôle joué des années durant a laissé ses marques sur moi, je me raccrocherai à tout ce que j'avais rejeté pour être à nouveau moi-même. Je ferais simplement ce dont j'ai envie.
L'art m'aidera à me retrouver, j'en suis sûre. Et je ne le laisserai pas sortir de ma vie cette fois.

C'est dans cet état d'esprit que je chante les dernières syllabes au vent et au froid. Je me sens libérée d'un poids et animée d'une force nouvelle. Comme Satoshi l'avait dit, ce n'est pas mon genre de baisser la tête. Malgré le déchirement que j'avais ressenti plus tôt, je ne peux me laisser abattre.
Je suis prête à me relever à présent, dans l'euphorie de cette chanson. J'ignore si c'est le froid mordant ou le chant, mais je me sens incroyablement bien.
Debout sur ce muret, face à la ville blanche et silencieuse, j'ai l'impression que rien n'est impossible. Du moins, jusqu'à ce que j'aperçois une personne dans mon champ de vision.

L'euphorie descend brusquement.

Pendant une poignée de secondes, je ne réagi pas, ne réalisant pas la situation dans laquelle je me trouve. Il lève les bras en l'air, confirmant ce que je commençai à comprendre: il m'avait entendu chanter. Je sens mes jambes reculer elles-mêmes d'un pas, alors que je reste abasourdie.
Il me tend ce qui ressemble à une barre de chocolat. Il vient en paix me dit-il, un air bien trop sérieux par rapport à la situation.

Un rire que je n'avais pas entendu depuis longtemps s'échappe de ma gorge. Mes yeux ne tardèrent pas à se voiler. Je suis de retour dans la douloureuse réalité. Ça fait tellement mal que je ris sans réussir à m'arrêter. J'ai les nerfs qui lâchent.
"Aha.. C'est une putain de blague pas vrai ? je finis par souffler, un court moment où mon fou rire s'estompe un peu. Je peux jamais.. faire de la musique sans que quelqu'un n'envahisse mon monde décidément.. aha..ha.. C'est un signe ou quelque chose comme ça ?"
Je pose mes mains froides sur mes joues mouillées. Puis doucement mes jambes fléchissent jusqu'à ce que mes genoux touchent le sol enneigé.
Mon corps est encore secoué, par les rires, ou les larmes, ou peut-être les deux.
"Comment on appelle ce mélange déjà.."
Je me murmure à moi-même, oubliant la présence de l'homme aux cheveux épurés.
"Doux-amer c'est ça.. souvent ça en ce moment.."
Ce mélange indescriptible entre joie et tristesse, cette frontière fine entre euphorie et souffrance.. Je le ressens trop bien depuis cette nuit.

Et il a fallu qu'un inconnu s'ajoute à l'équation. Comme ce jour dans la salle de musique, où Edith m'a entendu jouer du violon. Dire que c'est justement pour ça que je ne suis pas allée chanter dans la salle du club, pour ne pas être à nouveau entendu dans un moment aussi intime. C'était à croire que dès lors que je mêle sentiment et musique, quelqu'un m'écoutera systématiquement.
Mais c'est bien trop tôt. Comment pourrai-je partager cela avec de parfaits inconnus quand je commençai à peine à m'y réhabituer ?

Je prends une profonde inspiration, cache mon visage dans le tissu de mon écharpe.
Une pause. J'ai juste.. besoin d'une petite pause. Là, tout de suite.
La température me semble bien moins basse que tout à l'heure, elle ne m'aide plus à m'éloigner de ma réalité.
Je l'entends reprendre la parole, et c'est étrange. Parce que le vent ne souffle plus si fort dans mes oreilles et que la ville est silencieuse, c'est la seule chose que j'entends.
Je baisse timidement le tissu pour le regarder. Il a ajouté un paquet de mouchoirs. Ça et sa question me font penser à ma rencontre avec Edith. C'est exactement ce que j'avais pensé de sa question.

Je souffle. Il y a à peine une minute, je me disais que je ne pouvais pas me laisser abattre, et là, je le suis. Comment tout a pu changer de manière si drastique ?
"Je l'étais. Puis j'ai eu la volonté nécessaire pour passer outre. Mais bizarrement, dès que je vous ai vu, je suis revenue au point de départ."
Je n'ai même pas la force de chercher à m'en prendre à lui. Cas plutôt rare, la colère semble m'avoir délaissé.
Je m'assois lentement sur le muret et attrape les mouchoirs et le chocolat qu'il me tend. Sans un mot, j'en sors un et entreprend d'essuyer mon visage. Je songe que j'ai bien fait de ne pas perdre de temps pour me maquiller, je serais vraiment en piteuse état sinon. Enfin, plus qu'actuellement. Je garde les fournitures sur mes genoux sans manger. La première lettre que j'ai lu plus tôt m'avait déjà coupé l'appétit pour un bon moment.
J'observe mon curieux interlocuteur, penchant légèrement la tête sur le côté pour mieux le regarder. C'est un espèce d'enregistreur qu'il tient à la main ? Il a l'air un peu particulier par rapport à ceux que j'ai déjà vu mais je n'y connais pas grand chose, pas assez pour savoir de quoi retourne sa machine.
Mais je ne me sens pas de parler. Le simple fait qu'une tierce personne soit présente m'est déjà étouffant, alors je détourne simplement les yeux en essayant de garder le peu de dignité que je puisse encore avoir après qu'il m'ait vu faire une crise d'hystérie.
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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Mer 14 Fév 2018 - 17:39

Cette fille me fait mal au cœur.

Outre le fait qu’elle était là, au froid et les yeux ruisselants de larmes, il y avait quelque-chose chez elle qui faisait vibrer une corde dans mon cœur ; c’était comme si celui-ci était devenu un diapason et s’était accordé sur la même fréquence que celle de sa tristesse. Autant dire qu’il me fallut des efforts pour ne pas grimacer lorsqu’elle se mit à rigoler, ce rire était tellement…

« Bittersweet »

C’était juste un murmure, une réponse au questionnement que la fille s’était faite à voix basse mais qui avait été comme crié à travers le micro dans ma main, celui-ci ayant tout capté et renvoyé au casque autour de mon cou. Je me sentis immédiatement mal d’avoir, involontairement, envahis son jardin privé ; ce n’était pas ma place de mettre mon nez dans ses affaires.

Et pourtant, cette maudite corde qui vibrait en moi me poussait à faire le contraire ; après Aya, il était hors de question que je laisse quelqu’un dans cet état. Pas quand j’avais la possibilité de faire quelque-chose pour elle, mais quoi ?

« Je suis désolé d’avoir perturbé votre moment solitaire. Ce n’était pas mon but premier, juré. » Je remarquais alors qu’elle ne mangeait pas, qu’elle ne parlait pas. Le malaise en moi commença à grandir. « Je… euh… »

Alors, je me tus aussi, restant un instant là à ne pas savoir quoi dire ni quoi faire. Ça aurait été plus facile avec ma sœur : je l’aurais prise dans mes bras, la cachant du monde, laissant au silence et ses mille façons de s’exprimer le temps de faire son travail avant qu’elle soit prête à me parler. Mais là, c’était une inconnue assise sur un mur, quelqu’un que je n’avais encore jamais rencontré. Est-ce que c’était ok de faire ça quand même ?

Je lève les yeux encore une fois sur le triste Humpty Dumpty en face de moi, voyant son regard m’analyser, se demandant sûrement qui était ce grand con debout au milieu de la rue, une tâche noire et blanche au milieu des flocons. Je grimace par la même occasion quand je me rends compte qu’elle analyse maintenant mon appareil, toujours en silence, comme si elle avait décidée de se taire car elle savait ce que c’était.

Combien de chance qu’elle sache vraiment ce que c’était ? Si c’était le cas, j’étais assuré que mon aide soit refusée immédiatement. C’est que rien que l’idée d’avoir un inconnu en face de soi qui aurait écouté sa plainte nocturne devait être dérangeant, savoir que le dis inconnu aurait pu tout enregistrer avec un appareil haute performance devait l’être encore plus.

« Je… C’est un appareil d’enregistrement. » Je lève l’appareil bien en vue, son micro entouré d’un duvet gris-blanc captant même le son du vent généré lors du déplacement. « Il n’est pas en train d’enregistrer, j’étais juste en train de chercher des sons intéressants dans le silence de la ville. »

J’avoue que je me sens un peu con après que mes oreilles captent ce que je venais de dire. Chercher des sons intéressants dans le silence de la ville ? C’était un genre de paradoxe, non ?

« J’étais juste assis plus loin et j’ai entendu un chant dans le vent. » Malgré tout, je continue à me justifier. Même si elle savait ce que c’était, même si elle me croyait quant à ce que je faisais avec mon matériel, je me sentais poussé à quand même lui expliquer pourquoi j’étais là. « J’en ai donc cherché la source, arrivant ici, interpellé par la tonalité… Triste, qui émanait de votre voix et je... »

Je m’arrête alors subitement dans mon explication, me facepalmant le visage : est-ce que je venais d’avouer que je l’avais stalker à la voix ?  Sans le vouloir, je laisse s’échapper un soupir d’entre mes lèves, levant les yeux au ciel, me demandant pourquoi j’avais autant de peine à m’exprimer.

À la maison, en Amérique, j’étais connu pour ne pas avoir la langue dans ma poche ; j’étais le genre à ne pas avoir de difficultés pour m’exprimer, qu’importe le sujet ou l’ambiance. J’étais le confident par défaut, celui qui arrivait trouver les mots juste à quasiment chaque instant, mais ici, au Japon, c’était comme si j’avais une partie de mon cerveau qui ne fonctionnait pas comme il fallait. Comme si je n’arrivais pas trouver mes mots et finissait par balbutier rien de bien intéressant.

C’est le changement de langue qui fait ça ?

Il était sûr que je devais me ressaisir, autant dans l’instant présent pour pouvoir aider cette jeune fille, autant dans la vie de tous les jours pour me dépatouiller durant n’importe quels évènements. Si je n’arrivais même pas à trouver les mots pour consoler quelqu’un, comment allais-je réussir à partager mes réflexions avec qui que ce soit d’autre ?

Il faut que je redevienne le Yuuta d’Amérique ; bon auditeur avec une bonne dose de confiance et une langue bien pendue.

Après quelques instants, mon regard redescend sur la jeune fille qui est assise sur le muret. Je ne sais pas combien de temps j’ai regardé au ciel, mais cela m’avait redonné un peu plus de confiance en moi, du moins un peu plus de confiance dans ce que je voulais faire et comment le faire.

« Ecoutez, d’où je viens et comment je suis arrivé ici, en soit, on s’en fout. » Je m’approche alors du muret, glissant mon sac au sol dans un petit bruit de cannette s’entrechoquant, posant mon micro et mon casque dessus avant de me hisser sur le muret et de m’y asseoir. « L’important en ce moment, c’est qu’on se connait pas. »

Je regarde alors mon interlocutrice avec un sourire que je veux rassurant et amicale. Pas sûre qu’avec le froid et mon cœur en peine, j’y arrive complètement. J’aurais bien proposé un petit passage dans un café pour parler au chaud autour d’un chocolat viennois, mais vu l’heure, c’était pour l’instant hors de question.

« Paraît qu’il n’y a pas meilleur remède que de parler de ses problèmes pour qu’ils paraissent moins… Lourds à supporter. » Je hoche alors les épaules nonchalamment, ouvrant mes bras comme pour dire "me voici". « Quoi de mieux qu’un illustre inconnu rencontré en pleine nuit je-ne-sais-où dans Keimoo ? »

Je garde le sourire aux lèvres, me penchant légèrement sur le côté comme pour lui raconter un secret, n’arrivant pas m’empêcher à un peu rigoler de moi-même et de ce que je lui racontais. Espérant que j’arriverai au moins lui redonné un peu le sourire malgré les propos qui me semblaient déplacés.

« En plus, s’il le faut, je fais les meilleurs câlins de tout Seattle. Certifié par ma mère et ma sœur ! » Le pire c’est que c’était vrai, ce simple fait me faisant à nouveau un peu rigoler. « C’est une aubaine à ne pas laisser passer ! »

Hey, peut-être que ce genre d’humour durant ce genre de moment n’était pas du goût de tout le monde, mais au moins on ne pourra pas dire que je n’avais pas essayé de créer un vrai sourire sur les lèvres de la jeune fille en peine.

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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Mer 28 Fév 2018 - 15:57

Perturbation.. était le mot parfait pour le décrire. Une perturbation qui m'a fait passé de l'euphorie la plus vive au vide le plus glacial. L'homme aux cheveux blancs s'était immiscé dans ma vie sans prévenir, brutalement, et mon monde éphémère s'est aussitôt effondré. Puis, après la perturbation, vint le calme. C'était même.. trop calme. Comme s'il n'y avait que nous et la neige.

Cela contrastait tant avec le décor auquel j'avais eu droit lors de mon chant. Le vent souffle à peine, la neige ne tombe plus, même la température a l'air d'avoir baissé.. Comme s'ils avaient suivi ma montée d'euphorie et sa chute brutale. Je ne peux rien faire d'autre que le regarder et l'écouter. Malgré mes questionnements sur son identité et son casque, je garde le silence.
Celui que je hais.
Celui qui prend place lorsque je me rends compte de ce qu'il se passe réellement.
Celui qui apparaît pour signer la fin d'un bon moment, et le début d'une chute transcendante.
C'est sûrement pour cela que ça me gêne tant. Ce changement de climat, la pause de mon interlocuteur dans ses paroles..
Tout ce qui couvre le silence.

Ce n'est pas.. une chose que je pourrais chercher dans cette ville endormie, contrairement à lui. Et pourtant, ses mots restent gravés dans mon esprit quelques secondes de plus qu'ils ne devraient.
"Le silence.. répétai-je dans un souffle."
Peut-être qu'il cherchait à le fuir aussi, cherchant des sons là où il n'était pas supposé en avoir.
Inconsciemment, j'attends qu'il parle à nouveau. Pour le faire disparaître. Ce poids sur mon coeur et mon estomac.
Il semble chercher ses mots et avoir du mal à exprimer ses pensées. Ça ne fait rien, ce n'est pas la première fois et sûrement pas la dernière que je rencontre ce type de personnes.

Je savais déjà qu'il était venu parce qu'il m'avait entendu chanter, mais que ce soit car il avait ressenti de la tristesse dans ma voix.. Ça me remonte un peu le moral en quelque sorte. Chanter de cette manière avait toujours été pour moi, le moyen d'extoriser mes sentiments, si j'avais réussi à les transmettre, je n'étais donc pas si rouillée que ça, malgré le fait que je n'avais plus pratiquer depuis longtemps. C'était aussi agréable que gênant, d'avoir établi une connexion avec quelqu'un.
"Ecoutez, d’où je viens et comment je suis arrivé ici, en soit, on s’en fout."
Le ton est tellement différent, que je pourrais presque me demander si un autre n'avait pas pris la place de celui aux cheveux blancs. Je me demande d'où vient ce brusque changement d'attitude, il est bien plus à l'aise pour parler tout à coup.

Il me rappelle un peu Len, qui a tendance à passer du froid au chaud sans prévenir, le rendant difficile à comprendre et prévoir. Si je me suis plus ou moins habituée à son comportement, le considérant comme partie intégrante de lui, et ce qui le différencie tellement des autres, je comprends mieux pourquoi certaines personnes pouvaient en être déroutés, maintenant que j'ai affaire à une attitude similaire venant d'un inconnu. Mais c'est quand même rassurant pour moi. L'extravagance de Len était parfois tout ce dont j'avais besoin pour me sentir mieux. Juste d'y penser suffit à diffuser une douce chaleur dans mon corps, luttant contre le vide qui s'y était installé. Je souris légèrement face à ses propositions farfelues, que Len aurait pu faire.
"Merci."
J'ignore quoi dire d'autre. Devrais-je me confier ? Je ne l'ai pratiquement jamais fais. Je chantais quand c'était trop lourd à supporter mais même là, c'était un soulagement éphémère. Est-ce que parler sera différent sur ce point ? Si cela revient à la même chose, à quoi cela peut bien servir que je lui parle de mes problèmes ?

Peut-être parce qu'il comprend que je réfléchis à une réponse, il reste silencieux.
Des sons dans la ville..
Avant même de le réaliser, je suis descendue du muret et j'ai attrapé le casque, précédemment posé sur le sac, pour l'enfiler. Le bruit jusqu'alors si léger du vent m'apparaît bien plus nettement, presque la même intensité que plus tôt.
Je ramasse le micro.
"Désolée, je n'aime pas le silence."
Je remonte à ses côtés, sur le muret. Ma tension diminue un peu grâce à son casque, j'ai l'impression qu'une brèche s'est ouverte en moi, libérant des paroles que je n'aurais jamais pensé prononcer à haute voix.
"Le silence.. m'effraie depuis la mort de ma mère."
Je sens une boule se former au creux de ma gorge. Je ne peux pas le regarder, pas lire dans ses yeux ce qu'il en pense. Je fixe le micro sur mes genoux et continue.
"Parce que c'est lorsque tout fût silencieux, que j'ai réalisé qu'elle était en train de mourir. Que je l'avais laissé mourir."
Je murmure ces derniers mots dans un souffle. Presque dix ans après, mon opinion n'avait pas changé, mon fardeau était toujours le même.

Ce n'était pas juste un problème trop lourd à supporter, c'était un poids que je devrais porter toute ma vie.
"Donc.. si tu pouvais me le prêter un petit peu, je t'en serais vr-vraiment reconnaissante !"
J'essaie d'empêcher ma voix de trembler autant que je peux, la gardant la plus ferme possible, mais je finis par déraper sur un mot. Je déglutis, les mains tremblantes sur le micro, et tourne finalement mes yeux vers les siens. Je n'y avais pas fais attention mais ils sont bleus clairs, plus clairs que les miens. Il a vraiment l'air de faire parti de ce décor enneigé. Je n'aurais jamais cru demander une chose pareille à un inconnu, ni même à le vouloir tout court, mais là, pour la première fois depuis longtemps, je..
"C'est toujours ok pour un câlin.. ?"


Actually I'm just a little scared girl, aren't I ?
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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Mer 28 Fév 2018 - 23:45




Un drôle de sentiment étreignit mon cœur alors que j’ouvrais ma veste, désireux d’accueillir la jeune femme dans ce cocon qui me tenait chaud, quitte à avoir un peu froid moi-même ; tout ce qu’elle venait de dire s’entrechoquant dans mon esprit, celui-ci tentant de comprendre tout ce qui avait été exprimé.

Elle n’aime pas le silence ?

J’ouvrais alors le pan de ma veste qui se trouvait de son côté, l’invitant à venir plus près et entrer dans ce petit cocon improvisé. Oui, c’était une inconnue, mais un câlin, pour moi, ça se devait d’être chaleureux. De plus, un point positif d’être grand, c’est que grâce à la taille de mes bras, j’avais de quoi la faire "disparaître" de ce monde pour un moment.

Il me semblait qu’elle en avait besoin.

« Hey, câlin "Seattle style". » Je lui souriais alors, heureux du fait qu’elle n’avait pas une stature large, profitant d’un autre point positif d’être grands : les habits l’étaient tout autant. « Ça permets de disparaître un moment de ce monde. »

Je fus agréablement surpris de voir qu’elle se rapprocha*, jouant le jeu et entrant dans le petit cocon improvisé. J’espérai quand même que la proximité ne la mettait pas mal à l’aise ; après tout, il s’agissait là d’un garçon et d’une fille se rapprochant, ne se connaissant ni d’Adam ni d’Eve en plus de tout.

« Erm… Juste pour être sur la même longueur d’onde : je n’essaie pas de vous draguer, hein. » Le retour du vieux Yuuta, celui qui avait de la peine à tout exprimer correctement, mais dans le cas présent, ça me semblait plutôt bienvenu. « C’est juste que je pense que vous en avez besoin. »

Trop d’hésitation à mon goût, de quoi tuer le mood de la jeune femme qui ne semblait déjà pas très haut.

« Pis bon, si je cherchais à vraiment le faire, il y aurait une parade défilant devant nous. » Soucieux du moral de la jeune fille, je me tentais encore à un peu d’humour, décrivant ce que mon imagination me dictait sur le moment. « Avec des chars, des chants, des gens qui défileraient affublés de déguisements grotesque, portant des panneaux remplis de phrases bateau de type fleur bleue et… » Bon, pas tout était bon à prendre, la dernière vision me faisant même lever un sourcil, me faisant m’interroger sur la santé mentale de mon propre imaginaire. « …des marchands de glaces ? »

Un peu gêné par cette tentative avortée de relever le moral de la jeune fille, j’haussais les épaules face à ma propre bêtise, mettant de côté ce qui me semblait être un écart maladroit. Je refermais alors mon pan de veste ouvert sur elle, l’enfermant gentiment dans ce cocon fais de textile et de chaleur humaine.

M’arrêtant dans mon action, tapotant sur ma jambe la plus proche d’elle et sur celle de la jeune inconnue étant la plus proche de la mienne, l’invitant à les placer l'une sur l'autre, la mienne en-dessous. Le but de la manœuvre étant de la faire se tourner un peu plus contre moi, afin de lui permettre de se caler plus confortablement dans le cocon.

«"Seattle style", désolé. » Je fis à nouveau un sourire à la jeune femme, puis, regardant mon casque qu’elle m’avait si "odieusement" volée, me senti comme forcé d’ajouter un avertissement, terminant celui-ci par un large sourire amusé. « Et il s’appel retour, déjà que vous avez droit à un super câlin, faudrait pas abuser. »


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Ainsi se ferma le cocon, faisant disparaître la jeune femme de ce monde qui semblait tant vouloir l’écorcher, créant un petit havre de paix où plus rien ne pouvais l’atteindre : un bouclier improvisé. La paix semblant se faire aussi une place à nos côtés sur ce mur, nous enveloppants de son manteau reposant, en silence.

Le silence…

Que faire ? Elle ne l’aimait pas et en même temps, je me voyais mal commencer à lui parler, non ? Elle venait de me parler brièvement de la mort de sa mère, du silence qui l’avait englobée et qui lui faisait tant de mal aujourd’hui. Je la sentais triste, comme ayant besoin de se retrouver seul un moment, c’est pourquoi j’avais proposé ce câlin rapproché. Est-ce que je devais briser le silence qui était tombé entre nous ?

Le moment s’y prêt-il ?

Fuck it, elle a dit qu’elle n’aimait pas ça, je n’allais pas la laisser couler là-dedans.

« Je suis désolé pour votre mère. » Je ne savais pas où elle avait mis le micro et, ne désirant pas lui percer les oreilles en parlant trop fort, j’avais descendu la force de ma voix, laissant mes mots glisser entre mes lèvres de la manière la plus douce qu’il m’était donné de faire. « Sincèrement. »

C’était comme marché sur des coquilles d’œufs ; parler revenait à aborder un sujet sensible et se taire revenais à la laisser dans un élément qu’elle n’appréciait pas. C’était bien loin de la façon de faire la chose avec Aya ; celle-ci avait toujours besoin d’un temps de silence, ma simple présence lui suffisant, jusqu’à ce qu’elle s’ouvre et décide de vider son cœur.

Des fois, ça n’avait pris que quelques minutes, d’autres fois, nous étions simplement restés dans la même pièce pendant des heures avant qu’un mot soit finalement exprimé.

J’avoue volontiers que là, je me sentais un peu perdu et stressé quant à la bonne chose à faire ; je ne voulais vraiment pas que la jeune femme s’enfonce encore plus dans sa tristesse, ce n’était pas le but de ma présence ici et de pourquoi je l’avais abordée.

« Je pense que… La mort n’est pas une fin, juste le commencement de quelque-chose d’autre pour la personne qui s’en va se reposer. » En effet, c’était vraiment comme marcher sur des coquilles d’œufs. « Je dis pas que c’est pas difficile pour ceux qui reste, mais souvent c’est aussi une amélioration pour ceux qui partes. » Je prenais alors une grande respiration, espérant que mes mots étaient utiles, d’une quelconque façon. « Peut-on vraiment en vouloir à une fleur qui a perdue toutes ses couleurs de vouloir définitivement se fermer ? »

Je passais ma main l’arrière de sa veste, tentant de caresser son dos avec douceur, la gardant dans mon cocon.

« Encore désolé pour votre mère, vraiment. La perte d’un proche est toujours une tragédie, qu’importe comment celle-ci se déroule. » Je n’avais pas connu ça, je ne pouvais pas vraiment comprendre la profondeur de la douleur que cela engendrait. Cependant, la peine que cela me faisait rien que d’imaginer la chose arriver me donnait déjà un bon avant-goût, ou plutôt arrière-goût. « J’espère juste que tous vos souvenirs ne se sont pas tous devenu amer avec le temps et que, quand vous pensez à elle, vous vous rappelez des couleurs qu’elle avait et en souriez. »

Je serrais mes lèvres en une ligne horizontale, repensant ce que je venais de dire sur le moment, me demandant à quel point j’étais à côté de la place ; je ne la connaissais pas et voilà que je tentais de la consoler sur un sujet si sensible. Autant je pouvais être en train de l’aider à remonter la pente, autant je venais de verser de la glace sur la pente et l’avait faite couler encore plus au fond.

Et à nouveau ce silence qui était revenu.

Mais, pourtant, j’avais vraiment cette envie de l’aider à aller mieux même si je ne la connaissais pas. Le fait qu’elle s’était ouverte un peu à moi, me dévoilant un peu des couleurs de ses pétales, créait ce "mouvement" en moi vers elle, désireux que cette fleur ne s’abîme pas plus et puisse à nouveau faire profiter le monde de ses couleurs qui, j’en étais sûre de ce que j’avais pu entrevoir, ne devaient pas rester cachées au monde.

« Et… Peut-être que vous le découvrez en ce moment, mais le silence n’existe pas. » D’ailleurs, qu’entendait-elle ? Le bruit du vent qui tentait de pénétrer le cocon ? Les bruits de la rue ? Sa propre respiration ou la mienne ? « Il y a toujours du bruit, constamment, même dans ces salles spécialement insonorisées, on peut y entendre son propre cœur battre et même son sang couler. » Je la serrais un peu contre moi, murmurant délicatement comme si je lui disais un secret qu’il ne fallait pas dévoiler. « Donc, en soit, tant que vous serez vous, le silence ne sera jamais complet. »

Je levais les yeux au ciel, est-ce que ça avait du sens pour quelqu’un qui n’était pas versée dans la musique et les sons en tout genre ? C’était mon métier, ma passion, mes connaissances dans le domaine me permettant de comprendre en une phrase plus que ce qui était exprimé. Parlais-je trop confusément ?

« Et peut-être que, quand le silence s’invite, c’est parce qu’il voudrait que vous vous exprimiez ? » Je regardais le haut de sa tête, tentant de jauger comment elle se sentait sur le moment. Mais rien n’y fis ; seul le haut de mon casque me narguait en retour. « J’espère que vous avez pu parler une dernière fois à votre mère, avant ou après que le silence se soit invité. » Je me replaçais un peu, tentant de sentir si elle était toujours vivante dans son cocon. « En soit, comme je l’ai dit, la mort n’est pas une fin ; si vous n’avez pas pu le faire, vous pouvez toujours le faire maintenant et à tout moment,  à voix haute ou dans votre cœur. Je suis sûre qu’elle écoutera voir même qu’elle attend ça. »

Venais-je de définitivement tuer le moral de la jeune fille ? Je me sentais vraiment désarmé face à la situation, ne sachant plus vraiment sur quel pied danser. Cette envie de l’aider continuant encore à me ronger de l’intérieur, me poussant vers elle afin de tenter de la consoler par n’importe qu’elle manière qui saurait la faire sourire à nouveau.

J’en soupirais encore une fois, en douceur, levant les yeux au ciel, me demandant ce que je pouvais faire en plus dans l’instant présent mise à part continuer de la serrer contre moi, espérant de trouver de quoi repousser le silence encore assez longtemps.

« Ou vous pouvez continuer à laisser ce grand dadais d’inconnu raconter des bêtises, ou lui dire de se taire pendant un moment car même le silence est moins horrible que ses divagations. »

Je souriais alors, mais à qui ?


*:
 

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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Sam 10 Mar 2018 - 18:15

Ses bras s'ouvrent et je m'y engouffre sans hésiter. J'ai besoin de disparaître, au moins pour un instant, et d'échapper à la réalité. C'est tout ce que je veux. Ce réconfort humain que j'avais si peu obtenu depuis la mort de maman. Les câlins sont loin d'avoir disparus de mon quotidien ; Len est tactile après tout, mais ceux-là, je n'y suis plus habituée. Et ils m'ont manqués. Je me fiche de ses intentions, elles peuvent être mauvaises ça m'est égal, je désire rester dans ce cocon.
"Même si c'était le cas, cela n'a aucune importance.. J'aurais juste à vous casser le bras si vous avez un geste déplacé, déclarai-je simplement, le visage faussement sérieux."
C'était peut-être un peu brutal comme manière de l'annoncer, mais autant être claire. Au moins, s'il avait des desseins secrets, il y réfléchira à deux fois. Cependant, il a raison: j'en ai besoin. Me cacher quelques minutes, avec rien d'autre que le bruissement du vent et le boum boum régulier qui..
"Boum boum ?"
Légèrement Intriguée, je me sens presque gênée en comprenant qu'il s'agit des battements de son coeur. Je bouge le micro, toujours serré dans ma main, que j'avais posé sur sa poitrine sans réfléchir. Je n'ai rien fais de mal mais je ne peux pas m'empêcher de me sentir gênée, ayant l'impression d'avoir envahi son intimité par inadvertance. Enfin, ce n'est pas comme si je n'avais pas remarqué qu'il était un peu mal à l'aise mais..

Mon attention se focalise à nouveau sur lui, pour entendre la fin de ce qu'il dit. Ai-je louper tant de paroles que ça pour qu'il en vienne à parler de marchands de glaces ? Je relève la tête vers lui quelques secondes, sceptique, avant de la baisser à nouveau  en sentant un pan de sa veste commencer à recouvrir mon dos. Mais cela ne vient pas. Il tapote sur sa jambe puis la mienne, tout en s'excusant de la proximité engendrée. Je pose alors ma jambe sur la sienne, et me voilà emmitouflée dans son manteau, sans un mot. Je n'arrive pas à dire quoi que ce soit, il y a toujours cette boule qui enserre ma gorge et me fait souffrir. Mes pensées reprennent doucement leur fil et le poids s'abat à nouveau sur mes épaules. J'ai toujours fuit cet événement. C'est probablement pour cela que je suis toujours incapable d'y faire face, de l'assumer, de l'accepter... Et malgré le concon, malgré la présence du blond, le vide revient s'insinuer dans ma poitrine, et je me sens plus seule que jamais.
Je n'ai jamais pu faire mon deuil correctement et n'ai jamais appris à vivre avec cette douleur ; je l'ai juste ignorée.
"Je suis désolé pour votre mère."
Je ne peux que serrer les dents face à ces paroles, qui m'ont été dites tant de fois le jour de son enterrement qu'elles me paraissaient creuses. Je ne doute pas de leur sincérité mais.. elles ne représentent plus rien pour moi, me rappelant simplement ce moment difficile.

Il essaie sûrement de me réconforter, de ne pas laisser le silence s'installer. Mais il pourrait tout aussi bien être en train de me planter une flèche en plein coeur que ça aurait le même effet. Parce que je m'en rappelle maintenant. J'en prends pleinement conscience. J'ai gâché sa vie. Si je n'avais pas été là, sa relation avec papa n'aurait pas été aussi venimeuse. Si elle n'avait jamais donné naissance à quelqu'un comme moi, elle aurait pu être heureuse avec lui. Mais à cause de moi elle a vécu un cauchemar. La mort de mamie et de papi était-elle vraiment la raison de son suicide ? Est-ce que je ne l'y aurais pas conduit quoiqu'il se serait passé ? Peu importe ce qu'il y a après la mort, évidemment que c'était une amélioration pour elle puisque je n'étais plus là.

Mes souvenirs n'ont pas eu le loisir de se teinter d'amertume, étant donné que j'ai tout fait pour les mettre de côté sans plus jamais y penser. Ils sont juste grisés. Je me sens si honteuse d'avoir autant nié cette partie de ma vie, et plus particulièrement ma mère. Sans pouvoir lutter, une larme finit par rouler sur ma joue. Il me fait prendre peu à peu conscience du fardeau que j'ai été pour elle, et de l'irrespect que je lui ai témoigné après son trépas.

Ai-je entendu mon coeur battre, mon sang couler dans mes veines, ce jour-là ? Je ne m'en souviens pas. Ce silence avait été si assourdissant qu'il avait emporté tout le reste, c'était peut-être psychologique, c'était peut-être moi qui avait créé ce silence. Je ne suis plus sûre de rien depuis que j'ai appris la vérité sur mes liens avec lui. Ou plutôt mon absence de liens. Je ne sais même pas qui je suis. Je suis complètement perdue.

Et plus il parle, plus je sens une sensation familière brûler au creux de mon ventre. Je ne crois pas à tous ces trucs après la mort. Ce genre de discours, faits pour se rassurer, ne m'aide en rien. Maman n'est plus là, c'est tout. Peu importe tout ce que je veux lui dire, c'est trop tard maintenant.
"Arrêtez ça."
Les mots finissent par sortir douloureusement de ma bouche. Je me mords la lèvre, les mains tremblantes, puis fini par relever la tête vers lui, m'écartant un peu du cocon.
"J'étais là d'accord ? Je l'ai vu mourir. Je n'étais qu'à quelques centimètres d'elle lorsqu'elle s'est suicidée."
Le calme est passé, et la tempête se lève, plus enragée que jamais. Un loup en cage qui avait fini par briser ses barreaux. La tristesse n'était plus suffisante pour me satisfaire, cette douce émotion vide de sens avait atteint ses limites. La colère avait fait son grand retour, m'englobant de tout son être.
Qu'il aille se faire foutre, il ne comprends rien du tout.
Ils sont tous pareils. Tous autant qu'ils sont.

"..C'était ma faute. Tout.
Tout.

Every single thing."

Je serre les poings sur mes genoux, baissant les yeux par frustration, en continuant de marteler ces mots.
"Je ne crois pas à la vie après la mort ou tous ces trucs, alors c'est pas la peine d'essayer de me rassurer comme ça. Même si je pouvais lui parler qu'est-ce que je lui dirais hein ?" Désolée d'avoir gâché ta vie et de t'avoir aidé à mourir, repartons à zéro" ?"
Mes paroles sonnent comme des reproches, mais ne sont pas vraiment dirigées vers lui. Elles sont dirigées vers moi. Je ne me suis jamais rendue compte à quel point..
"..je me déteste."
J'ote son casque en silence, le repose sur ses genoux, puis m'éloigne. Finalement, je me sens encore plus pathétique qu'avant. Je me demande vraiment si chanter a servis à quelque chose..
"Je suis désolée de m'être emportée mais.. si vous ne savez dire que ce genre de choses, vous devriez partir. Je n'ai vraiment pas les moyens d'écouter ça."
Je ne ressens ni tristesse, ni colère, juste.. Un grand vide.
J'ai du mal à comprendre comment mes émotions peuvent apparaître et disparaître aussi facilement et rapidement, j'ai l'impression de n'avoir plus aucun contrôle sur moi-même.
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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Lun 12 Mar 2018 - 13:49

 

Avez-vous déjà eu cette étrange sensation d’être comme en train d’escalader une montagne, arrivant à son point culminant, tout fier, avant de vous reprendre une grande claque en travers du visage, remarquant que vous n’y êtes pas du tout et qu’il reste encore bien la moitié de ce que vous avez escaladé à grimper ?

C’était à peu près comme je me sentais à ce moment précis où la jeune femme avait pris la parole, non pas pour ajouter à ce que j’avais dit, mais pour détruire le pilier de soutien que j’avais espéré créer en tentant de la consoler de sa peine.

Et pourtant, malgré un soudain rush de mon cœur à la réalisation que j’avais une si belle femme tout contre moi, l’escalade semblait avoir été parfaite et sans trop de soucis apparent jusqu’à présent.

« Arrêtez ça. »

Sa voix était teintée de douleur, comme si chaque mot était une lame qui lui irritait la gorge alors que celles-ci filtraient à travers ses lèvres. Je ressens aussitôt un léger tremblement dans le cocon, mon esprit imaginant le pire, comprenant que je venais de déclencher un orage à quelques centimètres de moi.

Confirmant mes pensées, elle releva la tête, se mordant la lèvre, quelques choses d’indescriptible naissant dans ses yeux. Elle s’écarta alors du cocon que j’avais tant voulu être un havre de paix pour elle et qui devait, maintenant, s’être transformé en une vierge de fer.

« J’étais là, d’accord ? Je l’ai vu mourir. Je n’étais qu’à quelques centimètres d’elle lorsqu’elle s’est suicidée. »

Mes yeux s’écarquillèrent immédiatement, mon esprit enregistrant ô combien je m’étais trompé dans mon discours, ô combien j’étais entièrement à côté de la plaque. L’histoire de cette fille était bien plus sombre que j’avais pu penser.

Je n’arrivais même pas imaginer la peine et la tristesse qu’elle devait ressentir, devant vivre avec ses horribles souvenirs qui devaient hanter son esprit.

« Je… »
« …C’était de ma faute. Tout. Tout. Every. Single. Thing. »

Elle serrait ses poings sur ses genoux, comme désireuse de ne pas faire sortir la tempête qui grondait en elle, baissant ses yeux, martelant encore ces mots qui faisaient se serrer mon cœur, retournant mon ventre à chaque martèlement de ce qui semblait être une vérité si douloureuse pour elle.

« Je ne crois pas à la vie après la mort ou tous ces trucs, alors c’est pas la peine d’essayer de me rassurer comme ça. » Que faire ? Mon corps tout entier m’hurlait de me rapprocher d’elle, de la reprendre dans mes bras et de m’excuser afin qu’elle retrouve cette paix, bien que maussade, dont elle jouissait avant mon arrivée. « Même si je pouvais lui parler qu’est-ce que je lui dirais, hein ? "Désolée d’avoir gâché ta vie et de t’avoir aidé à mourir, repartons à zéro ?" »

Les mots me manquaient devant ce soudain étalage de son cœur, ces reproches me touchant droit au cœur comme des tirs bien placés au centre d’un jeu de fléchette. Ma bêtise était-elle donc sans limite ? Pourquoi n’avais-je pas tenu ma langue ?

Ce silence qu’elle détestait tant semblait bien plus appréciable, en ce moment, que ce que j’avais fait ressortir chez elle.

« V... »
« Je me déteste. »

C’était le coup final, le signe que tous mes efforts avaient été anéantis en un revers de ma main, le fait qu’elle ôte mon casque et le dépose sur mes genoux pour ensuite s’éloigner de moi et de ma protection sonnant le glas de cet échange entre nous.

« Je suis désolée de m’être emportée mais… Si vous ne savez dire que ce genre de choses, vous devriez partir. » Mon estomac tomba dans mes talons, une sensation de vertige enveloppant tout mon être, une sueur froide parcourant mon dos et mes yeux tentant vainement de trouver son regard toujours abaissé. « Je n’ai pas vraiment les moyens d’écouter ça. »

Une sensation horrible empoigna mon cœur, mon souffle se coupant net et mon pouls s'arrêtant lors d'un court instant : j’avais échoué, totalement. Je n’avais pas réussi à venir en aide à cette personne, enfonçant même le clou, tournant le couteau dans la plaie qui semblait, avant que je n’arrive, n’être qu’une petite contusion.

Gorge serrée, lèvres scellées, je posais mon casque sur le muret avant de m’élancer en bas de celui-ci, atterrissant dans un petit bruit sec qui brisa durant un instant le silence qui s’était immiscé entre nous. Je récupérais alors mon sac à dos, le replaçais rapidement dans mon dos avant de récupérer mon matériel audio, regardant une dernière fois la jeune fille, cherchant encore son regard qui fuyait le mien.

«  »

Rien ne vint alors que ma bouche s’ouvrit puis se referma, seul le silence de plombs de la ville endormie faisant écho à mes paroles absentes. Plaçant le casque autour de mon cou, je me retournais alors pour reprendre le chemin d’où j’étais venu, mes pensées s’entrechoquant à chacun des pas qui m’éloignaient de la jeune femme.

J’ai échoué ! Échoué à lui rendre le sourire, échoué à lui faire oublier sa peine, échoué à être un refuge dans ce froid et ce silence. J’ai échoué.

Mes pas mélangeant les deux situations que j’avais vécues cette nuit-là, mes pensées se dirigèrent alors vers une autre fille qui avait été dans la même détresse et à qui j’avais, pendant plusieurs heures, tenté d’aussi faire oublier sa peine, sa tristesse et de lui redonner le sourire. Lui promettant que des jours heureux reviendraient après cette triste tempête qui la secouait.

Aya… Ai-je aussi échoué avec toi ? Est-ce que tu es encore en train de pleurer à la maison ? Est-ce que tu as sourie et m’a dit que ça allait mieux pour me rassurer ?

Mes poings se serrèrent à l’image de ma sœur pleurant encore et toujours avec son ordinateur fermé devant elle, les mots que j’avais utilisés pour la rassurer sonnant plus que creux pour elle, ne pansant aucunement la plaie qui c’était ouverte dans son cœur. Bien que je sais que ce genre de douleur ne pouvait passer immédiatement, mon esprit me fis imaginer le pire ; je pensais que mes mots étaient inutiles, mes efforts vains, que je ne pouvais et n’avait jamais réellement aidé qui que ce soit.

Je m’arrêtais alors dans ma marche, séparé à peine de quelques mètres de mon dernier échec, tournant ma tête pour regarder une nouvelle fois la belle jeune femme sur son muret.

J’ai échoué, une deuxième fois, ce soir, et combien de fois depuis que je vis n’ai-je pas réussis à rendre le sourire à quelqu’un ? Aya est-elle dans le même état ?

Mes yeux se fermèrent et ma tête revint se mettre dans sa position initiale lorsque la vue de ma sœur, assise sur ce muret, flasha devant mes yeux ; j’entendais ses pleurs, sa voix brisée par la tristesse et voyait tout son corps trembler, vibrant au même rythme de ses sanglots, ses mains couvrant son visage pourtant si radieux.

NON !

Mes poings se serrèrent à nouveau, plus fortement qu’auparavant, mes ongles pénétrant à même ma chair, mes dents mordant le bout de ma langue sous le coup de la soudaine colère qui recouvra mon amertume.

Je refuse de la laissez s’enfoncer comme ça, je refuse de ne rien faire alors que je suis à côté d’elle !

Je me retournais alors complètement, faisant face de loin à cette jeune fille qui était toujours sur son muret, la vision de ma sœur disparaissant pour laisser place à cette inconnue si proche de moi. Mes jambes commençant alors un rapide retour vers elle, avalant les mètres qui nous séparaient en un temps record.

Je déposais alors mon sac violemment à terre dans un bruit de cannette s’entrechoquant, le regard légèrement furieux et perçant allant droit vers la jeune femme.

« Je refuse de vous laisser comme ça ! » Ma voix avait brisé le silence, celle-ci portant au loin de par la force des convictions qui en sortaient. « Je refuse de vous laisser croire que vous êtes quelqu’un de mauvais, que tout ceci est votre faute ! Je sais que ce n’est pas vrai, un mensonge inventé par votre esprit ou quelqu’un pour vous accabler ! »

Je ne sentais plus le froid de cette heure tardive, ni la caresse gelée du vent qui fouetta pendant un instant mon visage.

« Je crois en ce que j’ai dit, je crois que si vous parlez avec elle, même sans recevoir de réponses, ça vous fera du bien. » J’écartais alors complètement les bras, comme l’invitant à venir à moi. « Et si ce que j’ai dit vous blesse, vous fais sortir les griffes, alors venez et utilisez-moi comme un arbre à chat, je n’ai pas peur d’être blessé à cause de mes convictions. Encore plus si ça vous fait du bien à vous. »

Je m’osais alors à faire un pas en avant, tel un rempart inébranlable, bras toujours grand ouvert.

« Je m’appelle Yuuta Fukuro, étudiant en Composition et Théorie Musicale, né à Seattle. » Je n’étais maintenant plus un inconnu, mais avait dorénavant un nom, une origine sur lesquels elle pourrait poser sa colère, sa haine, pouvant nommer le crétin qui l’embêtait tant. « Je ne suis pas médecin des cœurs et je n’ai pas connu le type de plaie que vous avez. »

Je faisais alors encore un pas en avant, ma voix se baissant car j’étais maintenant plus proche de la jeune femme.

« Mais soyez sûre que je ne vous quitterai pas avant d’être assuré que votre cœur va mieux, que votre esprit est relaxé. »

Je restais alors là, les bras ouverts, attendant de voir si elle allait sauter de son muret pour faire ses griffes sur moi. Qu’importe, comme je l’avais dit, je resterai à ses côtés et supporterait tout ce qu’il y aura à supporter jusqu’à ce qu’elle se sente mieux dans sa peau.

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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Ven 23 Mar 2018 - 21:21

Le feu brûlant en elle, Amalia gardait obstinément ses poings serrés, dans une vaine tentative de se contenir face à cet inconnu, sous peine qu'il ne reçoive toute sa fureur de plein fouet. Celle qu'elle masquait sous un semblant d'indifférence et de calme, mais qui était restée allumée depuis de nombreuses années. Elle avait disparue pendant un court instant, lui faisant presque oublier son existence si elle ne s'était pas vite manifestée à nouveau. Le corps tremblant sous l'effet de la colère, ses yeux fixaient ses genoux, pour ne pas avoir à le regarder, et elle gardait les lèvres scellée, pour ne pas lui parler. Outre l'étau qui lui enserrait toujours la gorge, elle savait très bien que si elle commençait, elle finirait par exploser. Alors, elle prit son mal en patience, se contenant, comme elle l'avait toujours fait, en attendant que le jeune homme parte. Elle l'entendit sauter du muret, rassembler ses affaires et enfin, ses chaussures s'enfoncèrent dans la neige tandis qu'il s'éloignait. Il marqua un arrêt qui ne passa pas inaperçu. Sentant son regard sur elle, Amalia garda les yeux baissés en serrant les dents.
Pourquoi était-il encore là ?
Qu'attendait-il pour partir ?
Qu'il arrête de la fixer.

Elle ne supporterait pas longtemps de sentir un regard empli de pitié posé sur elle. La musicienne n'en avait pas besoin; pire encore, elle détestait ça. Le bruit de ses pas revenant vers elle la fit planter ses ongles dans la chair de ses poings serrés, alors qu'elle retenait encore l'inéluctable.
La chute de son sac lui arracha un sursaut et leurs regards se croisèrent enfin.
L'éclat légèrement furieux qui brillait dans celui du blond la déconcerta un instant alors qu'elle gardait le sien ancré dans celui du jeune homme.
Pourquoi s'entêtait-il à rester ? Alors que comme elle l'avait prédit, il ne faisait que jeter de l'huile sur le feu ?
"Je sais que ce n'est pas vrai, un mensonge inventé par votre esprit ou quelqu'un pour vous accabler !"
De quel droit se permettait-il de remettre en cause ce qui avait poussé sa mère au suicide ? Il ne savait rien du tout, n'avait pas idée.
"Vou..
-..Si vous parlez avec elle, même sans recevoir de réponses, ça vous fera du bien."

Dardant sur lui un regard noir, la suite de ses paroles ne parvint nullement à la calmer.
La curieuse métaphore ne lui arracha aucun sourire, et ce n'est qu'en sentant le goût du sang dans sa bouche que son attention se détourna de lui. Portant ses mains à ses joues, sa langue en toucha légèrement l'intérieur, et elle constata qu'elle s'était mordu trop fort sous l'effet de la colère. Silencieuse, ses mots faisaient écho dans son esprit. Que ce dernier soit relaxé, que son cœur aille mieux ? C'était une vulgaire mascarade. Comme si un parfait inconnu était capable de ça, lui qui la connaît depuis à peine quelques minutes.

Elle atterrit sur le sol enneigé d'un petit saut et se positionna face à lui. La gifle partit sans qu'elle ne puisse se retenir.
"Je vous ai dit de partir si vous n'aviez rien d'autre à dire."
Sa voix tremblait, submergée par l'émotion. Il ne savait rien de sa situation, alors il n'avait aucun droit d'affirmer de telles inepties. Lui n'avait jamais perdu personne, cela se voyait. Sinon, il saurait qu'il était impossible de se sentir à nouveau bien. A chaque moment, elle se souvenait que sa mère n'était plus, et même le chant et le violon étaient incapables de lui procurer un apaisement suffisant pour qu'elle n'y pense plus.
"Vous.. Vous ne savez rien. Vous n'avez pas la moindre idée des séquelles que ça laisse sur une enfant. Je me fiche que vous me croyiez ou non, le fait est que je l'ai bien laissée mourir. Et que j'étais probablement  l'une des causes qui l'ont poussé à se suicider. Je me sentirai coupable toute ma vie, personne n'y peux rien et vous le dernier."
Elle ravala péniblement sa salive après sa tirade. Amalia avait beau penser qu'il ne comprenait rien, et être énervée, quelque chose chez lui la poussait à parler, à confier ce qui la rongeait depuis des années.

Elle se sentait imploser, par ses paroles innocentes et bienveillantes, qui ne lui inspirait que du mépris.
"Je ne veux pas parler à un mur.. Je veux parler à ma mère, comme je le faisais avant, qu'est-ce qu'il y a de dur à comprendre là-dedans ?! s'écria-t-elle en écrasant successivement ses poings sur son torse. Je veux qu'elle soit à nouveau là.. C'est la seule façon pour.."
Ses mots entrecoupés par les larmes, elle le fit brusquement basculer au sol.
"Je veux des réponses claires, siffla-t-elle rageusement, à califourchon sur son dos. Rester dans le flou ne m'aidera pas, c'est la vérité qu'il me faut. C'est une torture de tergiverser toute seule vous comprenez ça ?!"
Elle renforça sa prise sur son bras gauche. Dans cette position, le briser n'aurait pas été compliqué mais Amalia avait encore l'esprit assez clair pour ne pas dépasser la limite.
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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Mar 27 Mar 2018 - 15:48

Le chat avait sortis ses griffes et je m’étais positionné comme le parfait arbre à chat pour qu’elle puisse libérer toute sa colère. J’avoue que je ne m’attendais pas vraiment à ça ; cette fille cachait bien son jeu sous ses airs de jolie demoiselle.

La gifle claqua dans le silence de la rue, son écho rebondissant sur les immeubles en bétons nous entourant. Sa voix tremblante vint alors couvrir le silence qui s’était à nouveau abattu entre nous, l’émotion qui en découlait avait de quoi percer mon cœur de bouts en bouts ; je la sentais si furieuse et en même temps si triste.

« Je vous ai dit de partir si vous n’aviez rien d’autre à dire. »

Mes yeux ne quittèrent pas les siens, mon corps resta là, devant elle, ne bougeant pas d’un iota, bien décidé à faire face à ce qu’elle avait réservé pour moi. Non, je n’allais pas partir ni même me taire, j’étais sûr que cette femme était quelqu’un de bien et d’entendre le son de sa voix avec tant de souffrance m’assurait de ma décision : je resterai vers elle, qu’importe ce qu’il m’en coûtera.

« Vous… Vous ne savez rien. »

Alors, dites-moi tout.

« Vous n’avez pas la moindre idée des séquelles que ça laisse sur une enfant. »

Alors, montrez-les moi.

« Je me fiche que vous me croyiez ou non, le fait est que je l’ai bien laissée mourir. Et que j’étais probablement l’une des causes qui l’ont poussé à se suicider. »

Je refuse de croire ce mensonge.

« Je me sentirai coupable toute ma vie, personne n’y peux rien et vous le dernier. »

Tant de rancœur, tant de tristesse… Je pouvais sentir des années à se torturer l’esprit derrière ces paroles, des dires plus blessants les uns que les autres derrières cette logique malsaine. Oui, je ne savais peut-être rien de la souffrance de la perte d’un proche, je ne savais peut-être rien de sa vie, mais je savais que c’était une personne avec un bon cœur, je l’avais entendu.

Et pourtant, malgré tout ce que j’avais pu lui dire, malgré le cri de mon cœur au sien afin qu’ils fassent la paix et s’entraident, elle ne voulait pas lâcher prise, allant jusqu’à s’approcher plus près de moi, frappant le mur qu’elle avait devant elle de ses poings, tentant de briser cet obstacle qui s’était dressé devant elle.

« Je ne veux pas parler à un mur… Je veux parler à ma mère, comme je le faisais avant, qu’est-ce qu’il y a de dur à comprendre là-dedans ?! » Ma poitrine me faisait mal ; elle avait de la force dans ses bras, c’était indéniable, mais c’était ses mots qui me touchaient le plus, cris de son cœur attristé, apeuré, énervé. « Je veux qu’elle soit à nouveau là… C’est la seule façon pour… »

Les larmes avaient-elles emplies tout son être ? Avaient-elles inondées son cœur et fais taire les flammes de sa fureur ? Non, loin de là ; dans un mouvement brusque, précis et remplis de force, elle me retourna sur place, me faisant une clé de bras et me plaquant sur le sol, genou à terre et visage proche de celui-ci.

« Je veux des réponses claires. Rester dans le flou ne m’aidera pas, c’est la vérité qu’il me faut. C’est une torture de tergiverser toute seule vous comprenez ça ?! »

La prise sur mon bras se renforça, les muscles de celui-ci commençant à envoyer des signaux de détresse de par la douleur qui commençait à les envahir, un vieux sentiment que je pensais avoir enfoui à jamais en moi refaisant lentement surface dans mon cœur.

La douleur dans le bras, le corps replié, il ne me manquait plus que ma batterie pour me retrouver il y avait de cela des années, forçant mon corps dans ses derniers retranchements, ignorant les cris de douleurs de chacun de ses membres. Mais alors que ce sentiment remontait en moi, il amenait aussi avec lui ce calme que j’avais dans ces instants où je souffrais, ma voix adoptant ce calme et une certaine douceur par la même occasion.

« Et en vous mentant à vous-même, vous pensez que vous trouverez des réponses ? »

Je ne pouvais pas voir son visage, son expression, ni même ce que ses yeux transmettaient, je n’avais que le sol comme spectacle et son emprise sur mon bras gauche pour juger de l’impact qu’aurait mes mots sur elle.

« Votre mère n’est plus et quiconque aurait dû vous soutenir jusqu’à présent ne l’a pas fait, donc il ou elle ne vous donnera aucune véritable réponse. »

Je maudissais intérieurement la personne qui avait laissé un enfant grandir dans cet état. N’avait-il ou elle pas de cœur ? Si c’était son père qui était à la source de tout cela, pourquoi n’avait-il pas tendu sa main vers sa propre fille, sa propre chaire ? Ça me dépassait.

« Donc, si vous-même vous vous obstinez à écouter vos propres mensonges ou ceux de votre père ou ceux de votre entourage, alors comment pensez-vous trouver la vérité dans tout ça ? »

La poigne se resserra sur mon bras, mon esprit me disant de me taire afin de ne pas le perdre dans un craquement sec qui m’enverrait directement en direction de l’hôpital. Cependant, je n’allais pas laisser cette peur ridicule m’empêcher de parler à cette femme.

« Débarrassez-vous déjà de tous ces mensonges qui vous pourrissent la vie, puis chercher la vérité si c’est ce que vous désirez tant. » J’embrassais presque le sol, penché en avant, le bras tordu, mais mes mots continuaient à sortir de ma bouche, qu’importe ce qu’il se passerait. « Et acceptez déjà cette première vérité : vous êtes quelqu’un de bien. »

Une grimace passa rapidement sur mes traits, mon bras hurlant à la douleur sous l’emprise de la jeune femme qui faisait preuve, colère ou non, d’une grande force physique.

« Je le sais car je l’ai entendu, quand vous chantiez, sous la couche de tristesse, de fureur et d’amertume ; j’ai entendu de la musicalité dans votre voix, c’est la preuve que vous avez un bon cœur. » Oui, comme je l’avais dit, je n’étais pas docteur des cœurs, mais étudiant en musique et plus principalement en son. C’était ma façon à moi de savoir qui était vraiment les gens : les écouter parler. « Je n’ai entendu cette musicalité que trop rarement, mais je sais la reconnaître quand elle touche mes oreilles et, croyez-moi, à chaque fois cette personne s’est vue être quelqu’un avec un cœur qui ne demandait qu’à aimer et être aimé. »

Ma mâchoire craqua quelques peux, la force qui était exercée sur celle-ci endolorissant ses muscles pour ne pas faire paraître la douleur qui voyageait tout le long de mon corps en partance de mon bras.

« Alors, allez-y, brisez-moi le bras, brisez-moi tout le corps, repeignez ce sol blanc avec mon sang si c’est ce qu’il faut pour vous libérer de votre douleur ! Je n’ai pas peur. » Ma respiration était tout de même saccadée, mon esprit ne croyant qu’à moitié ce qui filtrait d’entre mes lèvres. « Mais je vous en conjure, ne laissez pas mourir cette musicalité, arrêtez de peiner votre cœur, vous êtes quelqu’un de bien, une bonne personne et ce qui est arrivé n’est pas de votre faute et ne l’a jamais été ! »

Mes dents se serrèrent subitement, mes yeux se fermant, mon corps tout entier attendant le verdict finale de ces mots qui, je l’espérais, avais au moins touchés, ne serait-ce qu’un peu, le cœur de cette femme.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Ven 4 Mai 2018 - 22:29

Je n'y arriverai pas toute seule.

Il y avait trop de flou, trop de questions auxquelles je ne pouvais trouver de réponses par moi-même. Au fond, j'aimerais croire à son histoire de mensonge. Que j'ai simplement mal interprété ce qu'il s'était passé. Mais c'est une douleur trop ancrée, trop vive, pour qu'il puisse m'en débarrasser aussi simplement. Plus qu'à cause de la souffrance causée par cette blessure, j'étais énervée qu'il ne puisse pas m'aider. Parce que je voulais qu'il me sauve, lui, ou n'importe qui d'autre. Qu'on me tende la main à laquelle je n'ai jamais eu droit.
Et je me sentais stupide de reposer mes espérances sur lui. Il était aussi ignorant que moi après tout, comment pourrait-il me donner les réponses que je souhaitais ? Il pouvait essayer de me rassurer autant qu'il le voulait, cela n'avait aucune valeur..

Les joues endolories par le froid, mes ongles s'enfoncent dans le tissu de sa veste, tandis que je resserre ma prise sur son bras. C'est si frustrant.
N'essaie pas de m'aider, tu ne le peux pas.
A part lui personne ne le peut..
Mais je n'aurais jamais le courage de le confronter, de lui demander ces réponses que je désirais tant. C'était plus facile de déduire moi-même, aussi dures que soient ces déductions, elles ne l'étaient sûrement pas autant que ce qu'il pouvait me dire si je le lui demandais.
De toute manière, c'est impossible que je n'ai pas joué un rôle dans le suicide de maman, même s'il y a eu d'autres causes plus importantes. Je sais tout ça, j'en ai prise conscience dès que j'ai appris que mes liens du sang avec lui étaient inexistants.. Alors.. Pourquoi je ne peux pas m'empêcher de tendre l'oreille à ses paroles ?

Il ne sait rien et pourtant il est proche de la vérité. Je ne veux pas chercher de réponses en réalité.. J'ai tellement peur de ce qu'elles contiennent, qu'il me les dise.. Peut-être qu'elles sont moins pires que celles que je me suis imaginée, ou au contraire, je n'ai ressenti qu'une infime partie de la réelle douleur que cela me causerait ?
"Donc, si vous-même vous vous obstinez à écouter vos propres mensonges ou ceux de votre père ou ceux de votre entourage, alors comment pensez-vous trouver la vérité dans tout ça ?"
Mes poings se serrent brusquement à l'entente du mot "père". J'aurais peut-être préféré entendre ces mensonges dont il parlait. Mais il n'y a eu que le silence de sa part, comme d'habitude. La vie avait continué exactement comme d'habitude dans le fond. Sauf que maman avait disparu. J'ai été obligée de bouger à cette époque, mais je n'étais pas prête, et je m'en prends les conséquences de plein fouet aujourd'hui.

Est-ce que je désire la vérité.. ? J'en ai besoin pour avancer, tirer un trait définitif sur cet évènement. Mais je ne suis pas sûre de le vouloir, au fond. La vérité me blessera, même si je n'ai rien à voir dans les causes, et je ne sais que trop bien qu'il est capable de me faire souffrir bien plus que moi. Il vaut mieux me tourmenter, que d'être tourmentée par lui. C'est peut-être ce que je pensais dans le fond...
J'écoute silencieusement ce qu'il affirme.
La musicalité dans ma voix... un cœur qui ne demande qu'à aimer et être aimé... ?
C'était si agréable avant, avec maman et la musique à la maison. On chantait toutes les deux. Avoir à nouveau quelque chose comme ça, ce serait aussi doux qu'un rêve. Mais j'ai tellement peur que cela se brise à nouveau, d'être détruite à nouveau. La tristesse, la fureur, l'amertume, c'est une couverture épaisse dont je me suis recouverte pour ne plus l'être, mais malgré ça, je continue de le désirer, d'avoir plus de personnes comme Len dans ma vie.

Ma main laisse échapper son bras et je me laisse tomber à ses côtés sur le sol, fixant le ciel enneigé. Même si je suis quelqu'un d'aussi bien qu'il le dit, je pourrais très bien avoir causé sa mort. Cela n'a pas tellement avoir avec ma personnalité ou mon coeur après tout.
"Ma mère m'aimait, je pense. Mais je suis sûre qu'au fond, même si ce n'était qu'un tout petit peu, elle m'en voulait d'être née."
Ma main se lève lentement dans sa direction pour lui intimer de ne pas protester. Mes lèvres tremblent alors que je reprends la parole, mettant pour la première fois des mots dessus, le disant à quelqu'un pour la première fois.
"Mon père a toujours été distant avec moi, sans que je ne sache pourquoi. D'aussi loin que je me souvienne, ma mère et lui se sont toujours déchirés l'un et l'autre. J'en suis même venue à me demander s'ils s'étaient aimés un jour. Et la réponse était sûrement positive.. mais c'était avant que je n'arrive."

J'expire doucement, produisant un halo blanc dans l'air. La partie la plus dure maintenant..
"Mon père.. ne l'a jamais été en réalité. Aussi bien en théorie qu'en pratique."
Les mots sont sortis. Je me demande si tu comprends maintenant. Ou si tu continueras à vouloir me rassurer, à penser que je n'y suis pour rien.
"Quand j'ai su ça.. tout a pris sens. Pourquoi mes parents se disputaient constamment. Si je n'avais pas été là, ils auraient été heureux ensemble. Ma mère ne se serait peut-être pas suicidée."
Une partie de moi avait profondément détesté mon père. Mais après avoir appris la vérité.. cette haine s'est retournée contre moi. Je m'en voulais déjà, d'avoir joué du violon pendant qu'elle mourrait, mais ça a empiré suite à cette découverte.

"Je n'ai rien remarqué tu sais.. Ça s'est passé d'une manière tellement calme et discrète. Je pensais qu'elle voulait dormir alors.. j'ai joué du violon pour la détendre. Si j'avais remarqué, peut-être qu'on aurait pu la sauver."
Je suis moi-même étonnée du sang-froid avec lequel je parle. J'ai l'impression d'être loin, déconnectée pendant que je me confie. Je me suis répétée cela tant de fois, c'est presque devenu un texte appris par coeur, que je pourrais ressortir n'importe quand.  
Je tourne doucement mon visage vers lui, une question me venant soudainement.
"Tu crois qu'elle est partie en paix ? Peut-être qu'elle aurait récidivé après tout.. Alors j'espère que je l'ai apaisé un peu, avant qu'elle ne meurt..."
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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Mer 20 Juin 2018 - 18:01



"I could’ve been anyone from anywhere, but i chose to be me from right here."
- '
68, Whether Terrified or Unafraid. 


Le doute, l’attente, le froid.

Un savant mélange qui avait de quoi me faire perdre la tête alors que mon visage était écrasé contre le bitume gelé, mon bras agrippé fermement par cette femme, ses ongles s’enfonçant dans ma chair à travers le tissu, l’attente d’un crack sonore et douloureux finissant de pousser mon cœur dans ses derniers retranchements, le rythme de son battement en devenant presque assourdissant.

Les flocons dansaient lentement jusqu’à venir me retrouver sur le sol, comme s’ils savaient ce qu’ils les attendaient une fois atterris, profitant une dernière fois de leur petite valse dans les airs avant de disparaître dans la masse de neige qui s’accumulait.

Mes mots allaient-ils aussi finir de la sorte ? Virevoltant dans les airs avant de s’écraser à même le sol et de ne devenir que de simples élucubration d’un inconnu croisé dans la rue ?

Mais je ne pouvais m’en vouloir qu’à moi et cette témérité dont j’avais fait preuve face à la détresse de cette femme. Mais j’étais bien décidé à aller jusqu’au bout, qu’importe la décision finale qu’elle prendrait, qu’importe l’importance qu’elle donnerait à mes mots.

C’est pourquoi toute mon attention était sur elle, sur sa poigne et sur le silence qui émanait d’elle. Chacun de ses troubles se transmettant de ses poings enserrant mon bras jusqu’à mon cœur attendant avec peur ce qu’elle allait décider.

Que préférera-t-elle ? Ses mensonges ou une autre vision de la situation ?

Au fond de moi je priais qu’elle désire en savoir plus sur ce que j’en avais à dire, qu’elle désire croire, pour une fois, à ce qu’un parfait inconnu avait à dire de cette situation et qu’elle ne retourne pas à ses vieilles habitudes, à ses vieux mensonges qui devaient lui pourrir la vie depuis un bon moment maintenant.

Le combat qui se déroulait dans son cœur et sa tête se répercutait le long de mon bras ; sa poigne se serrant et se desserrant suivant les mots qui avaient filtré d’entre mes lèvres, d’après la profondeur de la plaie que ceux-ci venait caresser.

"Père", "Amour",  "Musique" furent ceux qui me restèrent graver en mémoire, ses doigts des serpents constricteur serrant plus encore les veines de mon bras, des sueurs froides coulant le long de mon front alors que je sentais un mauvais présage s’avancer de plus en plus pendant que ces mots résonnaient dans l’air et son esprit.

Mais, alors que la poigne s’était encore plus resserrée, que j’étais sûr que ma circulation sanguine était en train d’être finalement coupée, toute la pression qui était dans mon membre et dans mon cœur s’évanouirent au même moment où mon bras tomba à terre.

Surpris, décontenancé, je me relevais de cette position humiliante dans laquelle j’étais, mon regard fixant la fille qui venait de s’asseoir à mes côtés, son propre regard cherchant dans le ciel, son propre esprit cherchant sûrement les mots juste.

Content de reprendre une position normale, je m’asseyais à même le sol à côté d’elle, l’humidité de la neige filtrant à travers mon pantalon, mais le froid ne perçant pas mon épiderme car mes yeux, rivés sur elle, faisait naître une chaleur inconnue à ce jour dans mon cœur, mes lèvres scellées attendant que les siennes s’ouvrent enfin.

« Ma mère m’aimait, je pense. Mais je suis sûre qu’au fond même si ce n’était qu’un tout petit peu, elle m’en voulait d’être née. » La chaleur prit le contrôle de l’entier de mon corps et esprit, mes lèvres se descellant immédiatement et un premier son en sortant avant qu’elle ne lève une mains pour me stopper dans mon élan. « Mon père a toujours été distant avec moi, sans que je ne sache pourquoi. » Lèvres tremblantes, voix enrobée de tristesse et d’amertume, ainsi étaient faites les flèches qui me transperçaient peu à peu le cœur au fur et à mesure que les mots sortaient de sa bouche. « D’aussi loin que je me souvienne, ma mère et lui se sont toujours déchirés l’un et l’autre. J’en suis même venue à me demander s’ils s’étaient aimés un jour. Et la réponse était sûrement positive… Mais c’était avant que j’arrive. »

Mes poings s’étaient serrés face à pareille élucubration ; comment osait-elle penser ça ? Oui, peut-être que ses parents avaient des problèmes, mais elle n’avait pas à porter le blâme ni les conséquences de ce qu’il se passait entre eux. Elle ne pouvait pas placer la faute sur sa naissance, elle ne pouvait pas relier ce qu’il s’était passé entre ses parents sur le fait qu’elle soit vivante.

Je n’allais pas laisser ça passer, non, c’était impossible vu le feu que cette déclaration avait démarré dans mon cœur. Mais ce n’était pas l’heure à la réprimande, ni même à la couper dans sa lancée ; son cœur avait besoin de se vider et j’allais écouter, jusqu’au bout, gardant chaque remarques pour moi et pour le moment opportun où elle pourra les entendre.

« Mon père… Ne l’a jamais été en réalité. Aussi bien en théorie qu’en pratique. » Je buvais ses paroles, mon imaginaire me dépeignant par la même occasion l’image d’un homme hautain, froids, sans réel amour pour sa fille à cause d’une rancœur profonde. « Quand j’ai su ça… Tout a pris sens. Pourquoi mes parents se disputaient constamment. Si je n’avais pas été là, ils auraient été heureux ensemble. Ma mère ne se serait peut-être pas suicidée. »

J’en détournais les yeux d’elle, regardant le sol blanc, le feu qui brûlait en moi ravageant même le cours de mes pensées, mon visage se renfrognant et une grimace déplaisante tirant mes traits vers le bas.

Je ne l’avais peut-être pas rencontré depuis longtemps, je n’ai jusqu’à présent partagé que quelques instants de sa vie, mais j’étais sûr qu’elle était quelqu’un de bien, son cœur le transmettait à travers sa voix et ses doutes en disaient long sur elle.

En soit, ce qui m’énervait le plus était le fait que cette belle jeune femme s’était vu priver une certaine joie de vivre à cause de ressentiments de la part d’adulte qui n’avaient pas pu pardonner, ni même effacé de leur cœur le mal qu’un autre leur aurait fait.

Je n’allais pas les blâmer, je suis pareil, mais de là à couper les ailes d’une enfant et lui faire enduré tout ça pendant des années… "L’erreur" de sa mère valait-elle vraiment toute cette haine et ce ressentiment ?! N’y avait-il pas un moment où cet homme s’était dit que tout ceci n’avait plus lieu d’être après tant d’année ?!

« Je n’ai rien remarqué tu sais… Ça s’est passé d’une manière tellement calme et discrète. Je pensais qu’elle voulait dormir alors… J’ai joué du violon pour la détendre. Si j’avais remarqué, peut-être qu’on aurait pu la sauver. » Mon regard quitta le sol pour retrouver les contours de son visage, ses deux iris bleues rejoignant les miennes un instant après. « Tu crois qu’elle est partie en paix ? Peut-être qu’elle aurait récidivé après tout… Alors j’espère que je l’ai apaisé un peu, avant qu’elle ne meure… »

Cette question, ce regard… Ils me percèrent comme une aiguille se faufile facilement entre les mailles d’un vêtement, mon esprit s’inquiétant tout seul car, mon cœur lui avait transmis que la réponse qui serait donnée allait peser lourd dans la balance.

Et je ne voulais en aucun cas mal répondre, ne pas trouver les bons mots pour son cœur et son esprit car, au plus profond de mon cœur, brûlait l’envie de l’aider même si je ne la connaissais que peu.

C’est pourquoi aucun mots ne sortirent d’entre mes lèvres, mais qu’à la place mon corps pivota sur place, un genou venant s’appuyer contre le sol et me permettant de me surélever par rapport à elle. Mes bras l’entourèrent, mon corps tout entier la serrant dans un nouveau câlin, ma tête se posant sur le haut de son crâne et mes lèvres laissant un instant le silence faire son travail entre nous.

« Elle est partie heureuse, oui. Car elle vous avait à ses côtés, jusqu’au bout. Par amour. » Les mots venaient comme mon cœur les dictaient, sans filtres, sans enjolivements de la part de ma tête. « Par amour elle vous a conçue alors qu’elle savait ce qui l’attendrai, par amour elle vous a gardée alors qu’elle aurait pu tout arrêter, par amour elle vous a entourée de sa présence alors qu’elle aurait pu vous rejeter, par amour elle vous à élever alors qu’elle s’enfonçait dans un enfer… »

Le silence tomba un instant, mes poumons se remplissant totalement une dernière fois.

« Son amour vous a suivi jusqu’au bout, ne laissez pas mourir ça. Vous êtes quelqu’un de bien, quelqu’un pour qui ça vaut le coup de se battre durant toute une vie, même jusqu’à ce qu’on en ait plus les forces. » Mes mots disparurent alors dans un dernier soupir, une dernière confidence qu’entre nous deux. « Vous n’y êtes pour rien, vraiment. Sortez-vous ça de la tête, tout de suite. Les actions de votre mère le prouvent. »

Mon étreinte se défit gentiment, mon corps en entier se relevant et une main invitant la jeune femme à se relever aussi.

« Alors levez-vous, ne restez pas terrée contre le sol à médire votre existence ou celle d’une personne qui n’a pas su reconnaître votre vraie valeur. » Bien qu’elle prit ma main, je ne la hissais en aucun point, la laissant se relever de ses propres forces. Une fois debout, je lui relevais la tête d’une main. « Relevez votre tête et marchez fièrement. » Puis je lui agrippai les épaules fermement. « Tenez-vous droite et soyez fière d’être vous. » Pour finir par lui faire un sourire amical, la regardant, elle, droite, tête relevée et comme prête à de nouveau affronter le monde. « Ainsi, vous ferez honneur à tout l’amour que votre mère vous a donnée. »

Je fis alors un pas en arrière, la regardant, espérant que mes mots lui avaient redonnés quelques peu courage et qu’elle se sentait à nouveau prête à affronter le monde, sachant qu’elle n’était pas un rebu de sa famille, ni même une personne qui n’avait jamais été aimée par sa parente.

« Ah, ça… » Utilisant le bras qu’elle m’avait presque cassé, je la frappais alors à l’épaule. « Ça c’est pour vous souvenir, un jour si vous venez à douter, que vous êtes une battante et que tous ce qu’on pourrait vous dire n’est que mensonge ! Et ça… » Je m’approchais alors, déposant un baiser sur son front. « C’est pour vous rappeler que vous êtes une superbe femme, qui mérite d’aimer et d’être aimée et qu’il y aura toujours quelqu’un pour vous…Même un étranger comme moi, croisé au carrefour de deux chemins de votre vie. Alors souriez et apprenez à vous aimer. »

Étais-je allé un peu loin ? Aucune idée, mais pour le moment mon cœur était aux commandes et j’avais jeté toute raison par la fenêtre.

« Plus jamais de mensonges, plus jamais de rabaissement de votre personne et si, une fois, ça vous arrive, alors allez vers ceux qui comprennent qui vous êtes et qui voient le joyau que vous êtes. » Je lui tendis alors mon poing fermé, l’invitant à faire pareil comme pour sceller un pacte entre nous deux, prenant effet dès l’instant présent. « Deal ? »

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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Dim 1 Juil 2018 - 20:38

What do you feel now, Yuuta ?


Tu es en plein dilemme n'est-ce pas ? Je vois dans tes yeux que tu hésites sur la réponse à me donner. Ils sont douloureux. Je t'ai atteint à ce point là ? Je ne me suis jamais confié à qui que ce soit sur ma famille avant, j'ai toujours gardé cette souffrance pour moi. Elle est encore encrée en moi mais.. avoir quelqu'un, un parfait inconnu, qui prend pourtant la peine de m'écouter et qui est touché par mes sentiments.. Ça m'apaise un peu.
Merci de m'avoir écouté.

Je ne pense pas qu'il y ait de réelle bonne réponse à la question que je viens de te poser, et même si c'est le cas, tu ne peux le savoir. Maman serait la seule en mesure de me répondre après tout. Il y a certaines choses qu'on ne peut pas espérer connaître, même si on en a besoin.
Pendant un instant, nous nous observons sans rien dire, ne décryptant nos intentions, nos attentes, qu'à travers nos yeux. Pendant quelques secondes, j'oublie ma peur du silence alors que tu m'entoure de tes bras, te voulant probablement réconfortant. 
Puis ta réponse me parvient finalement. Les mots que tu prononces me semblent presque irréels. Rassurants dans un sens, mais effrayants dans l'autre. Ils sont ceux que je veux entendre, mais au fond, je sais qu'il m'est impossible de l'affirmer avec certitude. Je ne pourrais jamais savoir ce à quoi ma mère pensait tout ce temps, ou pourquoi elle m'a gardé.

Mais c'est peut-être mieux comme ça.
Si j'avais su la vérité, et que celle-ci était encore plus cruelle que ce que je m'étais imaginée, je serai incapable d'avancer. Autant laisser ça dans le doute.
Je ne suis pas aussi convaincue que toi par le non-rôle que j'ai joué, mais elle m'a aimé, ça j'en suis sûre aussi.
Je ne peux pas rester enracinée dans le passé, alors qu'elle a tout fait pour me donner un avenir, pour me donner un foyer aimant malgré les difficultés engendrées.
"Alors levez-vous, ne restez pas terrée contre le sol à médire votre existence ou celle d’une personne qui n’a pas su reconnaître votre vraie valeur."
Je lève les yeux vers toi, qui affiche une étrange détermination en disant ces mots. C'est un peu bizarre de voir quelqu'un se démener autant pour aider une personne qu'il rencontre pour la première fois. Peut-être que si j'avais rencontré plus de personnes comme toi, je n'aurais pas eu à devenir si méfiante envers les autres...

Finalement, je saisis ta main et me relève, quittant l'amas de neige qui s'était formé sur le sol. Je n'oppose pas de résistance à tes gestes, méditant tes paroles quelques secondes. J'ai toujours fais ça en réalité, mais je n'avais pas de réelle motivation derrière. Ce n'était qu'une façade pour m'empêcher de m'écrouler. Mais.. lui donner cette raison, penser que je tiens debout pour elle et non pas parce qu'il s'agit de mon seul pillier.. Je pourrais peut-être vraiment avancer. Si c'est pour elle, je m'en sens capable. Je ne peux pas juste continuer à faire comme si elle n'avait jamais fait partie de ma vie.

Mon corps suit légèrement mon épaule suite à la frappe que tu me donnes tandis que je te lance un regard surpris. Une piqûre de rappel ?
J'hoche doucement la tête pour confirmer, mais n'ai pas l'occasion d'ajouter quoique ce soit puisque tu le fais à ma place. Je manque de sursauter en sentant tes lèvres se poser sur mon front, dans un geste affectueux auquel je ne suis plus habituée.
"Merci.."
Je l'ai simplement murmuré, ne pouvant te dire autre chose. Tu dois vraiment être d'une nature profondément gentille pour vouloir autant t'assurer que je me sens mieux. Mais, même si je ne te connais pas vraiment, c'est une qualité que j'apprécie déjà chez toi. Tu as tout l'air d'une personne attentionné, c'est peut-être pour ça que tu as réussis à dissiper mes nuages après tout.
Et tu n'as pourtant pas fini, exigeant même un pacte de ma part. Quelqu'un qui me comprend hein.. Il y a bien peu de personnes dans ce genre, mais une est tout ce dont on a besoin non ? Ce serait peut-être exagérer de dire que tu me comprends mais tu as su trouver les bons mots, c'est quelque chose d'important quand je me retrouve dans un état comme celui-là.
Je tends mon poings vers le tiens afin de sceller cette promesse. J'espère que je n'aurais pas à la tenir.
"Deal."
Puis je me rapproche pour déposer un baiser sur ta joue.
"Ça, c'est pour avoir pris la peine de remonter le morale d'une inconnue particulièrement bornée."
Sans y penser, je saisis ton bras et l'observe sans rien dire.
"Et désolée.. pour votre bras."
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MessageSujet: Re: Who am I ? [PV Yuuta]   Ven 13 Juil 2018 - 10:02

« Deal. »

Le contact était fait, la promesse était maintenant scellée et un poids que je ne pensais pas être en train de peser sur mon cœur s’envola. Ce fardeau en moins, une légèreté emporta tout mon être comme la marée emporte le sable des plages ; j’étais heureux au-delà de tout ce que j’avais connu auparavant !

Au diable Noël ! Aux oubliettes le jour où j’avais reçu ma première batterie ! Fuyez au loin souvenirs de toutes ces fois où j’avais pensé avoir été heureux ! Non, là, c’était différent, c’était quelque-chose que je n’arrivais même pas décrire tellement le sentiment emplissait l’entier de mon être, comme une drogue obnubilant tous mes sens.

Le large sourire qui s’étendait sur mes lèvres et éclairait mon visage devait en dire long sur la fête qui faisait rage dans mon cœur ! Rien ne pouvait parfaire ce moment où je la vis se relever et où elle annonça au monde entier qu’elle ne se laisserait plus avoir par les murmures des diablotins vivants sur ses épaules.

Et pourtant… La délicieuse inconnue me prouva que j’avais tort.

Pour tout avouer, la suite à juste été un énorme blanc qui me sembla durer une éternité malgré le fait que tout ne pris que quelques secondes pour arriver ; j’étais là, dans le froid, souriant à l’extrême et savourant la vue de cette jeune femme qui avait repris espoir et les armes pour combattre ce qui la tourmentait ici-bas lorsque, de manière inattendue, une chaleur vint jaillir subitement sur ma joue, mon cœur manquant immédiatement un, puis deux et enfin trois battements.

« Ça, c’est pour avoir pris la peine de remonter le morale d’une inconnue particulièrement bornée. »

Cette sensation de brûlure sur ma joue s’infiltra alors soudainement dans mon épiderme, sa chaleur semblant s’entrelacer avec tout mon être, descendant le long de mon cou et allant immédiatement réchauffer mon cœur et corps tout entier.

C’était comme si j’avais quitté la terre ; plus de sensation de froid, plus de contrôle sur le temps, plus de repères dans l’espace.

La bouche béante et les yeux écarquillés, un dernier frisson parcouru mon corps, dernier rappel que j’avais encore bel et bien les pieds sur terre avant que la réalisation de ce qu’il c’était passé ne vienne me mettre une claque et termine de m’envoyer dans les étoiles

Elle… Elle m’a… embrassée ?

Ok, oui, c’était sur la joue, mais pour ma défense, c’était la première fois que quelqu’un ne faisant pas partie de ma famille m’accordait ce… cette… marque de gentillesse, ce geste de tendresse. Comprenez donc que j’en étais totalement retourné à me demander si je rêvais et si tout ceci était bien normal.

Mais, plus important encore, quel était ce sentiment si doux qui m’avait épris, ce décollage en douceur du plancher des vaches, ce tempo infernal qui martelait en mon cœur ?

Comme pour confirmer que c’était bien la réalité, ma main allait venir caresser la zone où la douce brûlure continuait de faire pulser ma joue et de nourrir mon cœur de cette chaleur si forte et pourtant si douce. Mais, alors que le mouvement allait se faire sans même que ma tête ne l’enregistre, mon bras fut arrêté dans son élan, l’inconnue l’ayant saisi, celle-ci balbutiant des mots que mon esprit ne compris qu’à moitié.

Car oui, mon esprit était bien loin, plus loin encore que lorsque j’avais fumé ou gober quoi que ce soit pour me faire décrocher.

Mes yeux tombèrent sur la jeune femme, mon esprit n’enregistrant que son excuse alors que je capturais la scène de ce si joli visage qui fixait mon bras plutôt que ma tête d’ahuri heureux. Le tout semblant se passer dans un ralenti où mon cœur battait tout de même à tout rompre.

Elle était désolée ? De quoi ? De ça ? Ça quoi ? De m’avoir fait cette bise alors que je ne m’y attendais pas ? Pourquoi serait-elle désolée de ça ?

Le froid environnant mélanger à la chaleur de tout mon corps semblait avoir créé une tempête de questions dans ma tête, la tornade si créant emportant toute raison sur son passage, ma réflexion passant par des chemins des plus étranges et m’amenant, pour finir, à me dire qu’elle avait tout simplement regrettée son geste.

Et, aussi triste que ça pouvait l’être, je la comprenais ; après tout, pour que… ça… arrive si tard dans ma vie, c’est qu’il y avait bien une raison, non ? Si personne ne l’avait fait avant, c’est que je devais avoir un problème, non ? Alors, comment lui en vouloir d’avoir fait une bêtise sur le coup du moment ?

Pourtant, malgré la froideur des réflexions qui suivirent, celles-ci me rappelant que je ne valais pas la peine d’un pareil geste de tendresse, la fête qui se déroulait dans mon cœur avait de quoi ébranler tout mon être ; c’était comme si mon cœur dansait sur une musique assourdissante et que mon esprit jouait les voisins du dessus pas très heureux de tout ce tapage.

Pire encore, je sentais que là, sous mes joues qui brûlaient toutes les deux, mon sourire de benêt heureux ne s’était pas du tout évaporé.

« P-pas d’sou-cis. J-j’comp-rends ! J-j’ai mal agis. » Chaque battement de mon cœur qui menaçait de sortir de sa cage d’os et de chaire me faisaient buter sur mes mots, comme un hoquet qui m’interrompait fréquemment. « Dé-solé. »

Prenant une grande inspiration, j’osais enfin tourner mon regard sur la belle inconnue, mes joues arborant sûrement toujours un rouge à faire pâlir un coup de soleil et cette envie de me mettre à danser continuant d’étreindre mon cœur.

Mes yeux se calèrent dans ces iris turquoise à couper le souffle, sautant d’une à l’autre et déviant par moment jusqu’à ces lèvres qui avait l’effet d’un aimant redoutable sur ma personne. Plus le temps passait, plus c’était comme si les détails de son visage apparaissaient les uns après les autres, comme si je me rapprochais d’elle…

!!!

Ma tête recula soudainement, mon esprit enregistrant qu’en effet mon visage était en train de se rapprocher du sien. L’envie inavouée derrière ce mouvement terminant de faire grimper le mercure sur mes joues et faisant à nouveau fuir mes yeux loin du spectacle turquoise dans lesquels ils s’étaient perdus.

« D-désolé. Euh… Erm… Vous d-devriez récupérer v-vos affaires, non ? »

Autant le dire tout de suite : j’étais totalement désemparé par mon comportement, honteux et à deux doigts de me haïr pour m’être laissé aller de la sorte, surtout après tout ce qui s’était passé, tout ce qui avait été partagé. Et oui, le coup des affaires était une excuse minable, mais sur le coup mon esprit n’avait rien formulé de mieux pour me permettre de reprendre mon souffle et de replacer mes idées sur le droit chemin.

C’est que plus je la savais proche, plus je voulais me rapprocher d’elle. L’angoisse.

À tel point que j’en étouffais dans ma veste, malgré le fait qu’il y avait de la neige partout autour et qu’un nuage de vapeur apparaissait à chaque expiration. Donc, benêt heureux totalement à l’ouest que j’étais, ni une ni deux, ma veste se retrouva rapidement dans mes bras, mon sac à dos reprenant sa place habituelle et mon cœur manquant encore un battement lorsqu’elle me fit à nouveau face.

Et la réalisation du non-sens de ce que je venais de faire m’heurtant de plein fouet lorsqu’elle posa un regard interrogateur sur moi.

« E-euh… J-je… » Qu’est-ce que je pouvais dire ? J’ai trop chaud ? Débile. Je tendais alors ma veste à la belle inconnue aux iris turquoise. « C’-c’est… P-pour… F-faut vous cou-vrir… F-froid. » 

Je me sentais tellement honteux, rien de ce que je faisais ne semblait avoir de sens, du moins de mon point de vue et tout ça pour quoi ? Une simple bise sur la joue… C’était insensé ! Heureusement, alors que je lui couvrais les épaules avec ma veste, quelque-chose attira mon regard et me fis sortir gentiment de ma transe.

Mes yeux se plissèrent à la vue de la chevelure d’ébène de la jeune femme, l’irrégularité dans celle-ci revenant à mon bon souvenir alors que je pouvais les voir de plus près. Une nouvelle résolution naissant en mon cœur et terminant cet état déstabilisant dans lequel je me trouvais.

« Il semble q-qu’il reste encore une chose à-à faire. » Repassant en face d’elle et faisant bien attention de ne pas recroiser ses yeux magnifiques, je lui souriais malgré le rouge de mes joues encore présent et lui tendait mon bras. « S-si vous voulez bien me suivre. »

Bras dessus, bras dessous, nous partîmes alors dans une direction donnée, vers un endroit que je connaissais bien et qui était sûrement ouvert vue l’heure qu’il était. En chemin, sachant que le silence était quelque-chose qu’elle n’appréciait pas, je tentais tant bien que de mal de faire la discussion.

Et en même temps je bénissais le ciel que l’endroit où je voulais l’emmener n’était pas à des heures de marche d’ici.

« S’il y a bien un truc que j’ai appris, c’est que lorsqu’un grand changement arrive dans sa vie intérieure, il faut aussi faire un changement d’une façon externe. » Sourire aux lèvres, je gardais son bras bien calé dans le mien, comme si la peur qu’elle s’enfuit et disparaisse à jamais avait pris le dessus sur ma raison. « Donc, vu que vous avez déjà commencé ça dans votre précédent état, je pense qu’il est grand temps de… corrigé… la chose au vu des dernières prise de conscience, non ? »

Par contre, tout en parlant d’une manière qui semblait encore montrer le malaise qui s’endormait gentiment en moi et pour être sûr de ne pas sortir d’un orage noir pour entrer dans un autre, je prenais mon téléphone en main et cherchait un certain numéro dans ma liste de contact.

« Désolé, j’ai juste un rapide coup de téléphone à passer… »

En quelques secondes, je pressais sur la fiche de contact et attendais qu’on me réponde. Ce qui ne tarda pas à arriver et à peine la sonnerie s’était-elle arrêter que je dû éloigner le téléphone loin de mon oreille, un son de voix féminine très fort en sortant immédiatement.

« J’arrive avec un code rouge, désolé. »

Et hop, raccroché sans avoir donné le temps d’une réponse. Pas que je ne voulais pas, mais je savais ce qui allait m’être dit, donc autant couper court à la conversation et m’en prendre une une fois sur place.

« Désolé, elle crie beaucoup, mais elle est pas du genre méchante ! » Mes yeux regardèrent alors de côté pendant que mon esprit chercha un moment où je ne m’étais pas fait remonter les bretelles propre en ordre par celle que je venais d’appeler. « …Ou pas tout le temps, du moins. »

Sourire gêné, ce fut la première fois que le silence tomba entre nous pendant notre marche à une heure très tôt de la matinée. Cependant, ce fut de courte durée, car à l’embranchement d’un croisement, je l’emmenais dans une ruelle adjacente où se trouvait plusieurs petits shops dont un sur lequel on pouvait lire « Coiffure Zoey ».

« YUUTA FUKURO ! C’EST PAS PARCE-QU’T’ES UN CLIENT RÉGU QU’TU- »

Zoey, la gérante du salon de coiffure à son nom, tatouée de partout et avec des cheveux violets foncé en carré plongeant, était sortie en trombe de son salon pour accueillir ce qu’elle pensait être encore une facétie de ma part. Par contre, lorsqu’elle vit la jeune fille à mon bras, le volume de ses mots s’amenuisa immédiatement.

« Bordel, mais qu’est-ce qu’tu manigances encore, va pas me dire qu’tu- » Ses yeux tombèrent sur la jeune fille et vit alors ce que j’avais remarqué déjà auparavant, son faciès se tordant comme si elle venait d’être témoin d’une vision d’horreur. « Non ! Me dis pas qu’c’est toi qu’as coupé ces cheveux comme ça ?! COMBIEN DE FOIS FAUDRA QU’J’TE LE DISE ! T’FAIS RIEN SEUL SAUF TA COULEUR ! ET SURTOUT PAS À UNE FILLE, T’ES PAS BIEN OU QUOI ?! »

Bon, niveau paix sonore on pouvait à nouveau repasser.

« Du calme ! J’y suis pour rien, pour ça faut demander à… » Et là le blanc, avec tout ça, je ne connaissais même pas le prénom de la jeune fille… La honte ! « Euh… C’est quoi votre prénom, en fait ? »

Mais pas le temps de répondre que Zoey démêla nos bras pour prendre la jeune fille sous son aile et l’amener dans son salon. Quelques remarques bien cinglantes envers ma personne par la même occasion. Le pire ? Quand j’ai essayé de rentrer moi aussi, Zoey s’était retournée et m’avait fait bien comprendre qu’il fallait que je reste dehors.

Donc, comme un toutou abandonné dans le froid, je dû attendre quelques instants à l’extérieur, regardant à travers la vitrine avec des yeux de chiens battus, du temps que Zoey finisse ce qui ressemblait vraisemblablement à un mini-interrogatoire de la jeune fille.

Connaissant la coiffeuse, elle avait dû lui poser des questions sur ce qu’il c’était passé et surtout si j’étais pour quelque-chose pour son état. Zoey n’est pas méchante, juste très impulsive. En plus, vu qu’elle n’est pas du matin, ça ne m’étonnerait même pas qu’elle lui ait demandée si je n’avais pas abusé d’elle d’une manière ou d’une autre.

Mais bon, même si elle est pas du matin et à tendance à ne pas avoir toute sa tête dans ces moment-là, je trouvais plutôt blessant d’être traité de la sorte ! Après tout, vu que je suis un régulier ici, elle me connaissait, non ?

Heureusement, il semble que les réponses qu’elle reçut furent positives pour moi, car, après quelques minutes à attendre dehors au froid avec mes yeux de cocker, je fus enfin autorisé à entrer à mon tour au chaud, retrouvant les deux femmes vers un miroir du salon de coiffure, cherchant déjà comment rectifier le tir de cette coupe "à la va vite".

« Bien ! Maintenant qu’tout ça c’est au clair, qu’est-ce qu’elle veut comme coupe la p’tite demoiselle ? » Zoey se retourna alors et me regarda, me jetant un de ces regards dont elle avait le secret et qui me fis me sentir coupable de m’être assis. « Ah, parce-qu’tu crois qu’tu vas juste rester là assis ?! Nan nan, Yuuyu, on s’lève et on vient aider ! Prends le balai et nettoie au fur et à mesure ! »

Dans un soupir, je me relevais donc, attrapais le balai, m’approchait des deux femmes et attendait avec patience de recevoir mes ordres.

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