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 Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]

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Yuuta Fukuro
♣ Université - 4ème année
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Genre : Masculin Poissons Singe Age : 26
Adresse : 01, allées Aki, Appartement D04
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KMO
                                   :

MessageSujet: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Mar 19 Déc 2017 - 20:13

« NON ! NANA ! GEV ! »

Yuuta s’était précipité depuis sa chambre jusqu’à sa cuisine tel une tornade emportant maisons, voitures et tout être vivant dans son sillage. Tel un ouragan, il avait sprinté à travers son petit salon, emportant dans son sillage les feuilles de partitions musicales éparpillées sur sa table basse, arrivant trop tard pour empêcher la catastrophe qu’il avait vue ce profiler en cherchant à savoir ce que faisait le félin.

« Nana… »

La chatte noire regarda alors son maître de ses yeux verts, un air presque questionneur marquant son visage comme demandant ce qui lui avait valu ce soudain pic d’adrénaline. Positionnée sur le comptoir proche de la cuisine, sa patte toujours dans la tasse rouge de son maître, elle s’était figée sur place suite à l’ordre du garçon et attendait la suite de la réaction, démesurée à son goût, de celui-ci.

« C’est de l’eau, tu connais… » Il ne put s’empêcher de laisser s’échapper un soupir d’entre ses lèvres, toujours observé par des yeux verts interrogateurs. Prenant délicatement la patte de Nana, il la sortie de la tasse rouge aux motifs de Noël. « …Et si mes souvenirs de dimanche dernier sont bons, tu déteste toujours ça en plus. »

Il ne comprenait pas la logique qui animait le félin : lui faire prendre un bain était un calvaire, l’écuelle d’eau n’était jamais vidée et impossible de la faire sortir quelques instants par temps pluvieux. Pourtant, placez le facteur Yuuta dans l’équation et soudainement ce liquide si détesté devenait le centre de sa curiosité : tous verres ou tasses qu’il buvait devaient être inspectés, toutes plantes qui étaient arrosées devaient être touchées voir retournées et chaque douche équivalait à un câlin où elle se couchait sur lui de tout son long, alors qu’il n’était pas totalement sec.

« Nana… On avait dit que tu pouvais sentir, regarder, mais pas toucher. » Croisant les bras d’un air fâché, Yuuta tentait désespérément de faire entrer cette règle dans la tête du chat depuis qu’il l’avait adoptée. « Compris ? Pas toucher avec tes papattes toutes dég’ »

Pour seule réponse, Nana regarda son maître d’un air alliant surprise et incompréhension, ses yeux verts dirigés droit vers le jeune garçon et comme attendant une suite à son élucubration. Ils restèrent tout deux immobile en silence, comme pétrifié dans le temps pendant quelques instants avant que Yuuta, faible comme il l’était, brisa sa stance et caressa affectueusement la tête du félin.

« Tu sais que j’t’aime, toi ? » Il se pencha alors, embrassant le haut de la tête de Nana qui répondit en essayant d’atteindre aussi son visage pour une léchouille. « Bon… Le mal est fait, maintenant reste plus qu’à le corriger. »

Sans demander son reste, il quitta la cuisine pour retourner dans sa chambre ; dans le cas où Nana touchait une tasse ou un verre, il possédait exactement ce qu’il fallait pour éviter de réutiliser cette tasse : un autocollant "Biohazard". C’est qu’elle avait cette sale manie de pousser ses crottes hors de la caisse à chat, quand elle arrivait à les y placer. Tout ce qu’elle touchait et qui était destiné à entrer en contact avec des lèvres humaines se voyait alors nettoyer puis étiqueter.

Mais, à peine Yuuta avait-il passé le palier de sa chambre qu’un bruit violent se fit entendre depuis la cuisine.

Il n’avait pas besoin de se retourner pour savoir ce qu’il c’était passé ; bien sûr que Nana, tout chat qu’elle était, n’avait pas pu résister à pousser la tasse jusqu’au bord du comptoir, envoyant celle-ci s’éclater au sol après un savant dernier coup de patte. Cependant, Yuuta ne s’énerva pas : son chat, Windows, qui était resté aux US jusqu’à ce que Nana soit correctement domptée était pareil, il avait l’habitude.

C’est donc avec un léger soupir qu’il changea son trajet initial vers son bureau pour celui vers l’armoire qui contenait la balayette. Cette chatte avait le don de le fatiguer et quoi de plus fatiguant pour un garçon d’un mètre quatre-vingt-sept que de se baisser pour ramasser les éclats de tasse à terre ?

« J’ose pas imaginer ce qu’il se passerait si Windows était ici. » L’image de son appartement totalement fracassé passa son esprit ; il vit les assiettes brisées, les rideaux déchirés et la caisse à chat constamment dispersée partout. Un frisson parcouru son échine à l’idée de la quantité de ménage que cela lui donnerait. « Le Mordor assuré. »

Après avoir ramassé les éclats de la tasse, il s’était alors trouvé face à un autre problème : cette tasse, cadeau d’un Noël passé, était la seule qu’il possédait. Il n’avait pas pris grand-chose avec lui lors de son départ pour le Japon ; que le nécessaire vestimentaire car il comptait acheter ce qui lui manquerait une fois sur place. Il avait donc maintenant besoin d’une nouvelle tasse.

Le temps semblait clément, un rapide passage à Keimoo était donc de mise.

Affublé d’un jean, de sa veste de snowboard noir et blanche et de son bonnet gris, Yuuta s’était alors empressé d’attraper le bus l’amenant d’Amani jusqu’au centre-ville. Son casque sur les oreilles, de la musique douce en émanant, il s’était laissé bercer par le ronronnement du moteur et avait laissé son esprit vagabonder dans les paysages qui défilaient devant ses yeux.

C’est sûrement pourquoi, lorsqu’il était arrivé et s’était dirigé vers le quartier marchand, il n’avait pas tout de suite remarqué le marché de Noël qui était apparu dans une des rues du centre ; la tête dans les étoiles, il n’était sorti de sa rêverie que lorsqu’une forte odeur de cannelle vint lui chatouiller les narines.

Ce marché de Noël jurait particulièrement avec la ville moderne de Keimoo : des cabanons en bois de part et d’autre le long d’une rue entière, des décorations de Noël dans chaque recoin et les panneaux publicitaires écrient à la main avec les symboles basiques de cette fête. L’intention était bonne, mais il était vraiment visible que ce n’était pas une coutume du pays mais une des nombreuses importées de l’étranger ; l’effet vieux village rupestre jurait avec l’état moderne des bâtiments environnant la rue.

Mais Yuuta appréciait quand même l’effort.

Ses plans pour acheter une nouvelle tasse furent mis de côté alors qu’il prit le temps de flâner dans cette rue, passant les premiers cabanons éclairés de mille guirlandes et regardant ce qu’il y avait à y acheter. Sucre d’orge, pain d’épice et douceurs sucrées en tout genre faisait l’étalage des premiers stands alors que l’odeur de vin chaud émanait des suivants, rappelant de bons souvenirs dans l’esprit de Yuuta.

Les marchés de Noël étaient la spécialité de sa mère, Cassandra Fukuro. Vrai fana de ce genre d’endroits, Yuuta ne comptait plus le nombre de fois où il avait été traîné, de force ou non, dans une de ces rues qui sentait bon la cannelle et le vin chaud. Il avait le souvenir des échantillons gratuits à goûter et des maux de ventre qui suivait souvent sa visite, fréquente, du stand des biscômes et chocolats. D’ailleurs, la première fois qu’il connut les joies de l’ivresse fut lorsqu’il eut le droit de goûter son premier vin chaud : encore très jeune, il n’avait pas eu besoin de boire sa tasse en entier pour avoir la tête qui tournait et dire plus de bêtises que d’habitude.

Ce genre d’endroit était pour lui synonyme de bonne humeur, de marchands agréables et…

« Hey, vous ! Jeune homme ! »

À nouveau arrêté dans sa rêverie, Yuuta s’arrêta net dans sa marche, se tournant vers le stand d’où l’avait appelé une personne âgée. D’abord ne pensant pas que c’était lui qu’elle interpellait de la sorte, il eut la confirmation de celle-ci lorsqu’il pointa un doigt contre lui et qu’elle hocha de la tête en agrément, l’invitant à s’approcher de son cabanon.

Prénommé "Bayaga", celui-ci était en fait une échoppe vendant divers mélanges pour thés et tisanes. La grand-mère qui était derrière l’étalage des divers produits était rayonnante, un large et chaleureux sourire s’étirant d’une oreille à l’autre. La petite femme avait le visage doux, ne dépassait certainement pas le mètre cinquante et ses cheveux blancs lui donnaient l’allure d’une grand-mère gâteaux prête à engrosser ses petits-enfants de mille et une douceur si elle en avait l’opportunité.

Ou alors était-ce ses joues rondes qui lui donnaient cette impression ?

« Quelle cadence de marche ! La force de la jeunesse moût votre corps, ça crève les yeux ! » Les yeux plissés ne laissant pas paraître une once de la couleur de ses iris, la vieille femme semblait tout de même observer Yuuta de bas en haut. « Oh que je suis nostalgique du temps où je pouvais aller là où je le voulais, sans craindre que mes vieux genoux ne se fatiguent subitement ! »

Visiblement gêné, Yuuta ne put s’empêcher de sourire légèrement, une main venant frotter l’arrière de son crâne.

« Merci, je... »

« Mais je vois aussi qu’il vous manque quelque-chose ! » Yuuta fut surpris de cette soudaine déclaration et cela devait être visible sur son visage car la marchande enchaîna immédiatement. « Votre esprit est visiblement ailleurs, perdu dans milles questionnements. »

Si ce n’était pas le cas, ça l’était maintenant ; marchait-il vraiment avec un air totalement désinvolte, comme s’il était à mille lieux d’ici ?

« Pas d’inquiétudes, j’ai ce qu’il vous faut ! » La vieille femme sortis alors de derrière son étalage une petite boîte en bois qui faisait la taille de sa main et l’ouvrit avec délicatesse, dévoilant un mix d’herbe. « Sentez-moi ça ! »

Pris dans l’action, Yuuta s’avança alors un peu plus, se penchant légèrement par-dessus l’étalage pour en sentir le contenu : l’odeur était assez forte d’après lui, masquant même l’odeur de cannelle et de vin chaud environnant.

« De la menthe poivrée ! Parfaite pour une boisson chaude alliant fraîcheur et stimulation ! » Elle referma alors la petite boîte. « Joie de vivre assurée ! »

« Euh… Oui je... »

« Ou encore celle-ci ! » Une autre boîte apparue comme par magie dans la main de la vieille femme qui l’ouvrit pour dévoiler un autre type de mélange. « Allez-y, sentez moi ça, que du naturel ! »

A nouveau, Yuuta obtempéra sans broncher et renifla la douce odeur que dégageait la boîte.

« Thym citron, Verveine et Mélisse. » La vieille femme hocha de la tête comme pour approuver une question que Yuuta n’avait pas posée. « Parfait pour un moment de calme ou de détente. »

Le jeune garçon ne put qu’approuver : l’odeur qui se dégageait de cette boîte était fort plaisante et il fut déçu que celle-ci disparaisse trop vite à son goût. Il aurait pu sentir cet arôme sucré encore un bon moment.

« Et maintenant, la spécialité de la maison ! » Pendant un moment, Yuuta se demanda si la vieille femme n’était pas aussi une prestidigitatrice : elle semblait sortir toutes ces boîtes de ses manches à une vitesse ahurissante. « Menthe à feuilles rondes, Thym citron, Menthe orange, Graines de fenouil, Mélisse, Achillée millefeuille et Mauve ! Allez, dites-moi ce que vous en pensez ! »

L’odeur qui se dégageait de la boîte était indescriptible pour Yuuta ; tellement d’arôme différent s’en dégageait qu’il ne pouvait même pas en cité un en particulier. Tout ce qu’il pouvait dire c’est que s’il fermait les yeux, il était sûr de se voir en train de vagabonder dans un pâturage d’haute-montagne.

« Parfait pour l’équilibre et l’harmonie, je vous le dis ! Une recette traditionnelle couplée à des herbes des Grisons. » À nouveau, la vieille femme hocha de la tête, approuvant une autre question que Yuuta n’exprima pas. « Une qualité de premier ordre, tout étant cueillis à la main et trié avec soin. »

S’ensuivit alors plusieurs autres explications sur les bienfaits d’autres mélanges et il y en avait vraiment pour tous : vitalité et bien-être, force et rétablissement ou encore saveur et plaisir des sens.
À croire qu’il existait une plante spécifique pour chaque état d’esprit de la condition humaine.

Mais là ne c’était pas arrêté les explications.

« 685 ¥ les 20 sachets, offre spéciale de Noël ! Mais pour un joli garçon comme vous, j’ai mieux à vous proposer ! » Mais Yuuta, à nouveau, n’eut pas le temps de refuser l’offre qui semblait généreux de la vieille dame que celle-ci sortis alors une grande boîte en bois qu’il dût porter à deux mains lorsqu’elle la lui passa. « Une Teebox de 12 fois 10 sachets de chacun de nos mélanges, idéal comme cadeau découverte pour ces jours de fête. »

La grosse boîte en mains, la vieille femme s’était légèrement reculée de son étalage, les yeux toujours fermé et son sourir encore plus large qu’auparavant, si c’était possible. Béa, Yuuta ne savait pas vraiment quoi dire ni quoi faire, cette vieille dame était tellement pleine d’entrain et de bonne volonté que refusé la boîte lui semblait malvenu.

« 9000 ¥ pour cette boîte si joliment ornementée. A ce prix-là, c’est presque du vol ! »

Venait-il de se faire avoir ? Est-ce que cette vieille femme à l’air tellement sympathique venait-elle de lui vendre son produit sans même que Yuuta ne puisse y faire quoi que ce soit ? Après tout, il avait déjà la boîte en main.

Il concéda alors que l’assurance qui enveloppait la voix de la vieille femme venait sûrement d’années d’expérience dans la vente. Elle était forte, très forte. C’est pourquoi Yuuta sortis l’argent nécessaire de son porte-monnaie afin de payer l’encombrante boîte dont il était maintenant "l’heureux" propriétaire.

Une fois la boîte encaissée, il reprit sa route dans la rue, toujours quelques peux ébranler par ce qu’il venait de se passer. Il ne savait pas vraiment ce qui était le plus étrange : qu’il ait acheté une boîte de mélange d’herbes pour tisanes sans s’en rendre compte ou que cette petite femme toute attendrissante cache en fait une femme d’affaire féroce. Elle avait presque les dents aussi longues que sa businesswoman de mère.

« Ah ! Je vois que vous êtes passé par le stand d’Oba Bayaga. »

Yuuta s’arrêta alors dans sa marche, à nouveau sortis de son moment de réflexion par une voix qui l’interpellait, une voix masculine cette fois-ci. Il se tourna alors vers la source de cet appel et se retrouva en face d’un cabanon vendant divers mélanges d’herbes pour thés et tisanes en tout genre.

« Ah oui… Elle possède une sacrée force de persuasion ! »

Le vieil homme rigola légèrement derrière son comptoir, son double-menton sursautant à chaque petit rire qui sortait d’entre ses lèvres.

« Et c’est qu’elle a raison ! J’espère que vous avez bien retenu les diverses caractéristiques de ses mélanges. » Il hocha alors la tête, lui aussi semblant répondre à une question que Yuuta n’avait pas posée. « Elle s’y connait pour ça ! Par contre, niveau qualité… »

Yuuta arqua un sourcil en signe de questionnement. Est-ce qu’en plus de s’être fait refourguer un assortiment de tisane dont il n’avait pas besoin, il s’était fait refourguer un assortiment de mauvaise qualité ?

« Prenez son thym citron par exemple ; elle dit qu’il vient des Grisons mais moi j’vous dis que vu la qualité de la feuilles, il doit venir du champ d’à côté. » Il sortis alors lui aussi une boîte de la taille de sa main, en carton cette fois. « Tenez, sentez et voyez moi ça et vous verrez la différence. »

Cette fois-ci, Yuuta n’allait pas se laisser avoir. Il avait déjà une boîte entière de ces diverses herbes, il n’allait pas en acheter d’autres afin de prouver que l’un ou l’autre mélange était de meilleure qualité.

« Excusez-moi, mais j’ai déjà une... »

« Ah ! Pas d’inquiétudes, jeune homme ! » Le vieil homme lui fit alors signe d’approcher, un sourire calme et chaleureux s’étant dessiné sur ses lèvres. « J’vous garantis que j’vous ferais rien acheter. Allez, approchez et sentez moi ça ! »

Yuuta s’approcha alors du stand et se pencha à nouveau pour sentir la boîte en carton d’où émanait une senteur très citronnée. Il fallait avouer que celle-ci était forte, presque à donner mal à la tête et qui masquait même "l’odeur" de l’air frais environnant. Cependant, le garçon hocha simplement de la tête face au regard questionneur du vieil homme.

« Ah ! Vous voyez ? Qu’est-c’que j’vous avais dit ? » Un air de fierté s’afficha alors sur le visage du vendeur aux cheveux poivre et sel. Il rayonnait que Yuuta lui avait donné raison. « Vous voyez ? Tout dans la qualité ! Et ça c’sent aussi une fois le tout sur le palet ! »

Yuuta ne put sourire que devant la vivacité du marchand, celui-ci faisant de grands gestes avec ses mains, appuyant chacun de ses mots d’une petite mimique comique.

« Allez ! D’la part de la maison ! »

Surpris, le jeune garçon ne peut arrêter les trois boîtes en cartons qui vinrent s’installer sur la boîte en bois qu’il portait déjà à deux mains.

« Non, je vous remercie mais… »

« Allez ! Z’allez pas r’fusez quequ’chose de gratuit, nan ? »

Yuuta avait le sifflet coupé ; était-ce bien réel ? Est-ce que tout ça n’était pas un rêve ? Il ne buvait pas de thé ou tisane ! À la base il venait juste acheter une tasse !

« Allez ! Zou ! Partez avant qu’j’vous fasse payer, haha ! »

Le vieil homme continua alors de rigoler allégrement, était-ce parce-que Yuuta avait les yeux écarquillés à l’extrême à cause de ce qu’il venait de se passer ? Il ne le saura jamais. Cependant, si c’était encore possible, ses yeux s’écarquillèrent encore plus quand il se tourna pour continuer son chemin dans la rue : plusieurs personnes âgées s’étaient penchées par-dessus leurs étalages à divers cabanons, leurs yeux et sourires rivés sur Yuuta.

Oh boy…

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Misuzu Watanabe
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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Mer 20 Déc 2017 - 14:45

Le mois de décembre était toujours une source de stress immense pour Misuzu.
En effet, il y avait les examens, les cadeaux à faire, le poids de l’année passée qui s’accumulait sur les épaules, la pression quant à l’année à venir et aux notes qui seraient reçues en janvier, avant qu’elle sache si elle était admise en deuxième année. Elle avait aussi beaucoup travaillé sur son baseball, et espérait ainsi être admise dans l’équipe. Si c’était le cas, elle serait la seule fille. Rien d’étonnant à cela, puisque les athlètes féminines étaient censées pratiquer le soft-ball. Mais, heureusement pour Misuzu, l’université de Keimoo avait une équipe mixte. Si elle était admise, elle ne manquerait pas d’en informer Kaneko-kun, qui jouait désormais professionnellement chez les Lions. Il avait toujours été là pour l’encourager, et elle ne pouvait que lui prouver sa reconnaissance. Si c’était le cas, elle devrait sûrement lui faire un cadeau en rentrant.

En effet, si Misuzu, en bonne shintoïste, ne célébrait pas particulièrement Noël, ni avec ses parents ni avec qui que ce soit, en revanche, elle appréciait l’idée de faire des cadeaux, et rentrait de toute façon à Saitama pour le nouvel an, qui, en revanche, comptait énormément pour ses parents comme pour elle. La première visite de l’année au temple était évidemment un moment important, et elle espérait tirer un oracle de bonne fortune, préférablement petite ou moyenne. Le prêtre lui avait bien expliqué qu’une bénédiction petite ou moyenne laissait la place à l’évolution et à une amélioration, et que c’était donc mieux qu’une grande bénédiction de bonne fortune. Et puis, elle devait rentrer à temps pour aider ses parents à nettoyer la maison de fond en comble, et à préparer l’osechi. Sans elle, ils n’arriveraient jamais à faire les tazukuri et, surperstisieuse comme était sa mère, elle était certaine d’en entendre parler toute l’année si quelque chose de mauvais se produisait.

Mais pour l’instant, elle profitait de l’ambiance assez agréable de Noël. Bon, bien sûr, elle n’avait pas d’amoureux avec qui le passer, mais ça n’était pas si grave. Elle regarderait peut être les émissions spéciales à la télé, dans la salle commune du dortoir, ou bien elle jouerai en ligne, le tout en mangeant du gâteau. Ca n’était pas plus mal. Et puis, après la douloureuse rupture avec Aki, ses parents n’auraient pas à cœur de l’interroger sur sa vie sentimentale et ce n’était sûrement pas plus mal comme ça. Mais elle avait fait quelques rencontres au cours de l’année, et il lui fallait donc trouver des cadeaux. Pour Naoko, dont elle ignorait majoritairement les goûts, elle avait décidé de faire elle même un katsumori d’y ajouter une simple écharpe. Pour Hisaka, bien sûr, un gakugyou-jouju et un gant de baseball. La question qui se posait, c’était quoi offrir à Satoshi, évidemment. Elle n’était pas sûre de devoir lui offrir quoi que ce soit. Après tout, il lui avait globalement ruiné son année de cérémonie du thé. Mais il lui était sympathique, et puis ils avaient mangé ensemble. Ça voulait sûrement dire quelque chose ? Et donc si c’était le cas ça voulait dire qu’elle devait lui offrir quelque chose. Au pire, s’il ne lui avait pas fait de cadeau, il se sentirait embarrassé et peut être se sentirait-il obligé de revenir au club de cérémonie du thé. Alors elle lui ferait sûrement un talisman aussi, comme aux autres. Et puis, pour le vrai cadeau, elle songeait à quelque chose en rapport au thé, mais elle ne savait pas quoi exactement.

Voilà les pensées qui traversaient son esprit alors qu’elle était enfouie sous son duvet, dans la chaleur douillette de son lit. C’était le weekend, et donc elle s’était autorisée à rester au lit jusqu’à cette heure aussi tardive à s’interroger sur son programme de la journée, de la semaine à venir, des mois à venir à vrai dire. Misuzu n’était pas particulièrement sujette au spleen, mais la crise existentielle ne semblait pas vouloir la quitter. Elle se balançait entre le yugen et le mono no aware sans savoir trop comment s’en sortir. A vrai dire, maintenant que les examens était terminés et la pression retombée, elle ne savait trop que faire d’elle même à part rester au lit à regarder des anime. Mais ce jour là, elle avait décidé de se sortir de sa léthargie et de faire quelque chose à l’extérieur non seulement du dortoir, mais aussi du campus.

Elle se leva donc avec un grognement, et jeta un œil dans la glace. Bon, son kigurumi panda roux n’était peut être pas le vêtement le plus élégant pour aller se promener en ville. Elle commença par se nettoyer le visage, puis sortit un anpan et mordit dedans en sélectionnant sa tenue. Un legging chaud, doublé de pilou, un long pull en laine rouge foncé aux motifs de flocons et de rennes avec en dessous une tunique à manche longues. Aux pieds, des bottes fourrées de fausse fourrure, à pompons, et par dessus le reste un gros dufflecoat lui arrivant à mi-cuisse et une écharpe qu’elle noua dans sa nuque après avoir fait deux tours. Elle se regarda de nouveau dans la glace après s’être habillée. Bon, certes elle ressemblait à madame bibendum mais au moins elle n’aurait pas froid. Elle jeta un œil par la fenêtre. Quelques flocons tombaient ça et là. Elle attrapa un autre anpan et saisit son sac. En l’espace d’un instant, elle était partie. Elle mordit à pleines dents dans le pain alors qu’elle passait le pas de la porte, et faillit se ramasser sur les marches du dortoir, qui étaient, de fait, verglacées. Elle dû ainsi faire très, très attention sur le chemin qui la menait hors du campus, car même si la plupart des allées avaient été salées, ce n’était pas le cas de toutes, or les semelles de ses bottes étaient probablement trop plates pour lui assurer une bonne stabilité sur un sol gelé.

Finalement, elle fut en dehors du campus et en chemin vers la ville. Elle savait qu’il y avait un marché de Noël, et même si elle n’était pas sûre d’y acheter quoi que ce soit, jeter un œil ne pouvait pas faire de mal. Elle savait qu’elle voulait offrir quelque chose en rapport avec le thé à Satoshi, mais ça ne devait pas nécessairement être du matcha. Un thé grillé, peut être, pourrait aussi faire l’affaire. En fait, ça dépendait ce qu’elle en ferait. Elle avait songé à faire des chocolats fourrés, mais c’était beaucoup trop similaire à un cadeau de saint-valentin et elle ne voulait surtout pas que ça soit tendancieux. Alors, peut être des gâteaux. Mais quel genre ? Et puis, il faisait du sport en compétition, et si elle avait bien tout compris, il faisait attention à son alimentation, donc il fallait quelque chose de peu gras et de peu sucré. Peut être des mochi ? Peut être. Elle allait y penser.

Enfin bref, elle se dirigeait donc d’un pas tranquille mais un peu raide, rapport au froid, vers le centre ville. Le marché de Noël n’était pas esthétiquement ce qu’il y avait de plus raccord avec le reste de la ville, mais l’ambiance y était plutôt sympathique. Les cabanes étaient remplies de personnes aux visages ridés et aux sourires avenants, mais Misuzu connaissait la ruse. Il s’agissait juste de se faire toute petite et, normalement, vu comment elle était transparente, elle devrait passer inaperçu. Ce fut donc ce qu’elle fit.

Elle rentra sa tête au maximum dans son écharpe, cacha ses mains dessous et bientôt elle ne ressemblait plus qu’à un petit tas de tissus sans grand intérêt. Exactement l’effet escompté. Aussi, alors que d’autres se faisaient alpaguer, elle passait entre les échoppes sans se faire remarquer. Elle finit par repérer une échoppe de thé (décidément, il y avait beaucoup trop d’échoppes de thé) où elle aperçut plusieurs boites de matcha sur une étagère et s’approcha, tendant légèrement son cou hors de son épais châle. La dame qui tenait l’échoppe portait un kimono d’hiver et un haori avec une écharpe. Bon. Peut être qu’elle s’y connaîtrait en matcha, alors. Elle se tourna vers Misuzu avec un grand sourire. « Irashaimasse jeune fille ! » Misuzu sourit, et fit un petit hochement de tête. « Konnichiwa » prononça-t-elle doucement. « Que vous faut il ma jolie ? » La jeune fille hésita pendant un instant. « je voudrais du matcha, mais pour faire des mochi et de l’anko parfumé. Mais mon budget n'est pas très haut...» Le regard de la vendeuse s’illumina et elle se retourna pour fourrager dans les boites. « Si vous voulez que vos mochi soient vraiment bons, il serait mieux d’utiliser du matcha artisanal ! Le goût sera plus subtil. Donc je vous conseille celui là ! »

Elle tendit à Misuzu une petite boite en cuivre, assez simple, à motifs traditionnels, et sur laquelle était calligraphié, peut être à la main, le nom de l’entreprise, Omacchaya. « Cet assemblage est un grand cru Okumidori, donc il est assez profond et fleuri. Vous n’en aurez besoin que de peu pour parfumer du mochi ou de l’anko. » Misuzu recula un peu pour observer la boite à la lumière blanche et ouvrit le couvercle. Le thé avait une magnifique couleur fraîche. Elle la referma, et sans y prêter attention, recula à nouveau légèrement, ce qui l’envoya percuter légèrement quelqu’un. Elle rougit et se retourna vers la personne. « Je suis désolée, je ne vous avais pas vu… »
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Yuuta Fukuro
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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Mer 20 Déc 2017 - 22:34

14.

Quatorze échoppes de thé ou tisane en tout genre et Yuuta n’avait pas encore atteint le bout de la rue. Qu’elle était cette sorcellerie ? Pourquoi y avait-il autant d’étalages pour ce breuvage ? Était-ce vraiment si particulier de boire du thé ? La Boston Tea Party avait-elle en fait été une erreur ?

Le jeune garçon n’en voyait littéralement pas le bout : débutant avec une boîte en bois de chez Oba Bayaga qui lui fut ingénieusement forcé dans les bras, il s’était vu offert plus d’échantillons qu’il ne pouvait en porter et tout cela sans jamais se voir proposer un sac. Le nombre de boîte qui s’étaient accumulées dans ses bras avaient fini par lui arriver jusqu’au menton, un petit vieux dur d’oreille enfonçant le dernier clou en lui rajoutant un petit carton de friandise sur le tas qui lui bloqua la vue.

Ses poches de veste étaient pleines, celles de son jean aussi et ses bras maintenaient tout le reste dans un équilibre qui laissait grandement à désirer. Le point positif était qu’avec les bras autant chargés, il n’était visiblement plus en capacité de s’arrêter pour tester ou renifler des échantillons et les accepter par la suite. Marchant de côté pour voir où ses pas le menaient, il avait pu remarquer le regard perçant de plusieurs de ces marchands, bizarrement tous des seniors, qui le regardaient passer et semblaient se demander comment ajouter quelque-chose à sa charge.

Cependant, cette expérience avait eue pour effet de dévoiler deux choses à Yuuta :

Premièrement, il y avait bel et bien un thé ou une tisane pour tout : il en avait pour les problèmes physiques, la concentration à l’école, chasser le mauvais œil ou encore à utiliser en infusion pour parfumer son appartement. Il avait même dû arrêter un gentil senior et sa femme dans leur explication des effets bénéfiques de leur thé : celui-ci leurs redonnait une seconde jeunesse autant dans la tête que sous la ceinture. Yuuta n’était pas sûre qu’il puisse empêcher la vision de ces deux-là au moment où il goûtera leur échantillon, si joliment emballé dans une petite boîte rose bonbon aux graphiques plus qu’évocateur.

Le garçon ne put empêcher un frisson ébranler le haut de son corps à cette idée.

Deuxièmement, s’il avait été un super-héros, sa kryptonite était assurément les petits vieux : de la petite mamie aux joues toutes rondes et au sourire large jusqu’au grand-père enthousiaste et dur de la feuille, il n’avait pas réussi une seule fois à refuser ce qu’ils lui offraient "généreusement". Pour ça, il blâmait son éducation basée sur le respect des seniors et la branche Fukuro de sa famille : il était de coutume que ceux-ci, atteignant l’âge de la retraite, reviennent finir leur vie au domaine Fukuro où Yuuta avait passé la plupart de ses visites au Japon. Suivant un système matriarcal, les grands-mères Fukuro faisaient la loi et leurs désirs étaient des ordres.

Autant dire qu’il avait vite appris à suivre le pas et ne pas douter des dires ou demandes de toutes personnes âgées de sexe féminin. Qu’importe ô combien ceux-ci pouvaient être saugrenus ou étranges.

Tout ça pour une tasse…

Car oui, malgré tous ces déboires du type troisième âge, il n’avait pas perdu de vu la raison pour laquelle il était venu en ville : une tasse. Son besoin de celle-ci venait de décupler par le nombre de paquets qui étaient maintenant en sa possession : bien qu’il avait eu une épiphanie et avait décidé d’amener avec lui une grande quantité de son pactole lors de sa prochaine visite au domaine, il allait tout de même garder et déguster certains de ces mélanges miracles. Sauf la boîte rose, évidemment : il ne désirait pas l’apporter à sa famille de peur des remarques amusées qu’il recevrait, et ne voulait pas non plus vérifier si les vertus qui étaient rattachées à son contenu étaient véritables ou non.

Ses pensées se perdirent alors dans un tri des différents mélanges qu’il possédait et qui dans la famille en bénéficierait le plus. Il faisait la liste des éventuels candidats tout en essayant de ne pas se concentrer sur la forte odeur qui émanait de tous ces paquets trônant juste sous son nez. C’est qu’à force d’avoir reçu plusieurs fois le même type de mélanges, plusieurs odeurs dominaient le tas en équilibre précaire qui lui masquait la vue : entre la menthe poivrée, le thé noir et une odeur qu’il n’arrivait maintenant plus identifier, il était sûr que ses vêtements feraient un détour par la case lessive une fois qu’il sera rentré à la maison.

D’ailleurs, il était impatient de se débarrasser de tous ces paquets ou, plus pratique dans l’immédiat, de trouver un ou plusieurs sacs pour se délester de sa charge encombrante et à l’équilibre incertain.

Comme répondant à sa prière intérieure, ce Jenga de boîtes aux arômes variés chancela suite à un choc avec quelque-chose qu’il n’avait pas vu pour finir par s’écrouler de ses bras. Tentant d’éviter dans un premier temps l’écroulement en se penchant de côté et d’autre pour ramener un équilibre, Yuuta n’avait pu que constater son échec lorsqu’il sentis le contenu de ses bras se déverser à terre dans un léger fracas de boîte en cartons. Seul celle d’Oba Bayaga qui faisait office de base à cette tour de Pise trônant encore fermement dans ses mains.

Son odorat enfin débarrassé de ce mélange d’odeur et son champ de vision enfin libéré de toute obstruction, Yuuta put enfin regrouper son esprit et se repérer dans l’espace autour de lui. Il ne lui fallut pas long pour remarquer qu’il n’avait pas heurté, comme il l’avait d’abord imaginé, quelque-chose mais quelqu’un. Une douce voix féminine venant confirmer ce que sa vue venait à peine d’enregistrer.

« Je suis désolée, je ne vous avais pas vu… »

Le jeune garçon se figea alors sur place tel une proie qui aurait cru voir un prédateur ou sa chatte Nana qui aurait été prise en flagrant délit. La jeune fille qui était devant lui avait tout de la petite grand-mère douce, souriante et avenante qu’il avait rencontré à plusieurs stand, mais en version beaucoup plus jeune : son visage rond lui adoucissait les traits, ses lèvres ourlées, qui selon lui allaient bientôt s’étirée en un large sourire, n’inviterait Yuuta qu’à boire ses paroles et ses grands yeux marrons, pour le peu qu’il les vit dans un premier temps, devait sûrement commencer à brûler de l’intensité digne d’une vendeuse hors-pair.

Elle portait un long pull rouge en laine avec des motifs typiques de Noël : flocons de neige et rennes. Se tenant vers un autre stand de thé, elle portait déjà dans ses mains une petite boîte en cuivre à motif et la femme qui tenait le cabanon regardait les deux jeunes gens avec ce qu’il pensait être de l’intérêt. L’addition de toutes ces observations, aussi fausse qu’elles pouvaient être, tira le signal d’alarme dans l’esprit de Yuuta qui vit ce qui venait de se passer en une fraction de seconde comme une tentative, au choix mesquine ou maladroite, de lui vider les bras pour les lui remplir à nouveau.

Il attendit alors une autre fraction de seconde l’argumentation de vente qui ne vint finalement pas ; clignant des yeux une première fois en silence, toujours figé sur place, surpris, il lui fallut le troisième battement de ses cils pour enfin sortir de sa torpeur, comprenant qu’il s’était trompé dans son jugement.

« Je suis sincèrement désolé ! Je ne vous avais pas vu non plus ! Milles excuses ! »

Se penchant légèrement en avant en signe d’excuses, il vit alors le bazar qu’il avait laissé à terre et s’empressa alors de ramasser tout ce foutoir. Manque de chance, la jeune fille en face de lui semblait avoir eue la même idée et s’était aussi penchée pour ramasser les boîtes éparpillées à terre*.

Ce fut le second choc.

Leurs deux têtes s’étaient rencontrées en cours de route dans un petit crack signalant cette soudaine collision. Yuuta vit instantanément blanc et s’attrapa la tête, frottant l’endroit d’où provenait la douleur.

« Aow ! »

Mais bien vite ses pensées se tournèrent en direction de la pauvre fille, bien plus petite que lui, qui avait dû recevoir un plus grand choc de par le fait qu’il s’était baissé de plus haut et plus rapidement. Il espérait que le coup de boule n’avait pas été aussi fort que son esprit encore vaseux l’imaginait.

« Mon dieu ! Je suis désolé ! Vous allez bien ? »

Il tenta d’atteindre la jeune femme avec ses mains, en déposant une délicatement sur son épaule, cherchant des yeux une réaction de celle-ci pour s’assurer qu’il y avait plus de peur que de mal. Son esprit maintenant tournait rapidement, cherchant mille façons de s’excuser mais ne trouvant rien de bien satisfaisant.

« Je suis confus, vraiment ! Excusez-moi, je n’avais pas vu que vous vous étiez penchée et j’ai fais de même et ça a été le choc et… »

Merci Cap’tain Obvious, comme si elle ne le savait pas !

« Désolé, encore. »

Il était gêné, mal à l’aise et savait pertinemment que s’excuser encore et encore n’aidait vraiment en rien. Il devait changer de tactique, vite, afin que cette inconnue ne lui en veuille pas de cette maladresse.

« Erm… On peut dire que les grands esprits se sont rencontrés. »

Bien qu’il arborait maintenant un large sourire amusé qu’il espérait quelques peux réconfortant, mentalement il venait de se facepalm à cause de sa bêtise. Ce n’était décidément pas sa journée. Il entreprit alors, en silence, de ramasser les boîtes à terre et de tenter de rebâtir la tour de Pise qui s’était écroulée.


*:
 

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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Lun 29 Jan 2018 - 14:11

Se retournant pour voir qui elle avait bousculé, Misuzu ne put qu’éviter les innombrables boites qui tombaient devant elle. Derrière ces boites, il y avait un jeune homme, de son âge environ, aux cheveux d’une couleur, ma foi, incongrue. Le premier réflexe de Misuzu fut de penser qu’étant donné ses cheveux ou son visage, il devait être artiste ou bien peut être membre d’un groupe de Kpop ou de Jpop ou quelque chose du genre. Puis l’image du marginal aux cheveux décolorés traversa à nouveau son esprit. Evidemment, tous ces clichés engrainés dans sa tête depuis l’enfance étaient ce qui venait en premier, mais ils quittèrent son esprit bien rapidement lorsque le garçon en question s’excusa platement de l’avoir bousculée. Et puis, son air effarouché lui faisait penser à un cerf pris dans les phares d’une voiture et ça l’attendrit un peu. Elle jeta un œil aux multiples paquets qui jonchaient le sol encore vaguement enneigé bien que surtout boueux, et se dit que vu qu’elle l’avait bousculé, il faudrait bien qu’elle l’aide à les ramasser.

Elle se pencha, et ce fut le choc. Leurs deux têtes se rencontrèrent et la jeune fille réalisa que le garçon avait sûrement eu la même idée qu’elle.

« Eh- Itai ! »

Il s’excusait de nouveau, mais ce n’était pas uniquement de sa faute. En se massant le haut du front, Misuzu lui fit un petit sourire, un œil à demi fermé à cause de la douleur qui se propageait dans sa boite crânienne, et s’excusa à son tour tout en essayant de le rassurer.

« Daijobu, daijobu desu. Sumimasen… »

Il lui posa la main sur l'épaule et la jeune femme eut un mouvement de recul. Peut être que c’était une nouvelle stratégie de drague, faire tomber ses affaires devant une fille et ensuite initier le contact physique. Elle se releva brusquement. Ils étaient mal à l’aise tous les deux maintenant et Misuzu se tenait là, toujours coite, à chercher quelque chose à dire qui ne soit pas ambigu mais qui reste poli et sympathique. C’est alors que le jeune homme fit un trait d’humour, et la jeune fille vit qu’il n’était probablement pas en train d’essayer de la kidnapper.

« Effectivement, c’est dommage que ça se soit fait de cette manière en revanche… »

Elle baissa le regard et réalisa que même à eux deux, ils n’arriveraient jamais à porter toutes les boites, c’était d’ailleurs surprenant qu’il ait réussi à les garder toutes entre ses bras. Elle se tourna vers la vieille dame qui tenait l’échoppe et lui sourit, malgré l’air un peu interloqué de celle ci, qui quitta néanmoins vite son visage, pour laisser la place de nouveau à une expression de cordialité joviale.

« Ano- Pourriez vous, s’il vous plaît, me donner un sac en papier ? »

La petite mamie hocha la tête et Misuzu reposa sa boite de matcha sur le comptoir, avant d’attraper le large sachet qu’on lui tendait, et de s’accroupir pour ramasser les innombrables boites et les enfourner dans le sac, avant que le jeune homme ne tente de porter de nouveau la tour instable de boites qu’il tentait maladroitement de reconstruire. Une fois la tâche finie, elle se releva et tendit le sac en question au jeune homme.

« ça sera plus facile comme ça vous ne croyez pas ? »

Elle lui sourit de nouveau. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait quelqu’un les bras aussi chargés et elle ne pouvait que deviner ce qui s’était passé. Parfois, tous ces petits vieux se choisissaient un victime, souvent son capital sympathie, ou selon à quel point il ou elle était visible, et cette personne ne pouvait repartir sans un échantillon de chaque produit existant dans cette allée. Dans des moments comme celui ci, sa discrétion naturelle et sa tendance à se fondre dans la foule étaient une bénédiction. Elle prit un air amusé.

« La prochaine fois mettez un bonnet, ce sont vos cheveux qui attirent le regard. »

Elle se tourna ensuite vers la charmante dame qui tenait l’échoppe, et fouilla dans son porte feuille pour en tirer un billet de deux mille yens.

« Ça, ça suffit pour la boite ? »

La vieille dame lui fit un large sourire et ses yeux disparurent dans son visage ridé, ne devenant que deux fentes brillantes entre les plis et les tâches de son.

« C’est très bien okyakuchan, laisse moi te rendre la monnaie… »

Deux pièces de cent yen firent leur retour dans la main emmitouflée de Misuzu et elle empocha la boite de matcha. Alors qu’elle s’apprêtait à partir, elle remarqua que le jeune homme aux cheveux étranges était toujours là.

« Tout va bien ? Je peux vous aider pour quelque chose ? »

Ses yeux étaient empreints de surprise. A sa place, elle aurait déguerpi sans demander son reste, et n’était pas sûre de la raison pour laquelle il serait resté là. Elle resta plantée là, le visage rougi par le froid et les pieds frigorifiés, dans la foule des passants qui se bousculaient, en quête des dernières emplettes qu’ils avaient à faire. Elle fit un nouveau sourire, et cette fois ce furent ses yeux à elle qui n’étaient plus que deux fentes brillantes sous sa frange au milieu de son visage rougi par le vent et la neige qui frappaient ses joues.

« Watanabe Misuzu desu. »


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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Mar 6 Fév 2018 - 0:03

Yuuta devait être encore un peu sonné car c’est au moment où la jeune fille répondit à sa tentative maladroite de faire de l’humour que son cerveau décida d’avoir un blanc. Un peu bouche-bée par tout ce qui venait de se passer, il ne put rien faire de plus que de rester sur place et regarder la jeune femme faire quelque-chose qui semblait lui être totalement sortis de la tête : demander un sac pour porter toutes ces boîtes.

Comment et surtout pourquoi je n’ai pas pensé à ça ?

Le pire étant que cela fonctionna tout de suite : ni une ni deux, la jeune fille avait reçu un sac de la part de la petite mamie tenant le stand adjacent et aida Yuuta à placer les boîtes dans celui-ci, le jeune garçon aidant machinalement, la tête remplie de questions.

Était-ce aussi simple que cela ? Est-ce que depuis le début il aurait pu se faciliter la vie de cette manière ? Après tout, on lui avait bien assez répété "demandez et vous recevrez", pourtant cela ne lui était pas passé par la tête durant ses précédentes péripéties avec les diverses personnes du troisième âge qui l’avait abordé.

Son esprit s’était mis à lui repasser les événements précédents : toutes ces personnes âgées à qui il aurait pu demander un sac ou encore tous les stands qu’il avait rapidement passés de peur de recevoir encore un échantillon gratuit. Combien d’occasions de demander un sac avait-il laissé passer ? Pire, il s’était même senti agacé par le fait que personne ne lui en avait proposé un.

« Ça sera plus facile comme ça vous ne croyez pas ? »

Le jeune garçon fut sorti de sa petite rêverie par la douce voix de la jeune fille. Machinalement, il hocha simplement la tête en guise d’approbation. Il se sentait plutôt honteux de ne pas y avoir pensé auparavant, après tout ça tombait sous le sens de demander un sac pour porter un si grand tas d’objets encombrant. Décidément, à quoi pensait-il ? Avait-il perdu tous ses neurones durant le trajet entre son appartement et ce marché de Noël ?

« Ah ! Euh… Je… Oui… Merci ? »

Pourtant, cela ne semblait guère déphaser la jeune fille en face de lui qui arbora un air amusé, son visage rond accentuant la douceur de ses traits et de son expression. Cependant, dans l’esprit de Yuuta, il se demandait si celle-ci ne se moquait pas un peu de lui.

« La prochaine fois mettez un bonnet, ce sont vos cheveux qui attirent le regard. »

Mes cheveux ?

Yuuta était surpris par ce qu’elle venait de dire : la raison de tout cela était ses cheveux ? Non, impossible, ça ne pouvait pas être ça, la jeune fille devait sûrement lui faire une blague sur son look. Après tout, sa première rencontre dans cette ville s’était faite avec un personnage aux cheveux blancs et sa "Princesse Masquée" les avait aussi d’une couleur blonde. N’avait-il croisé que des personnages hauts en couleur capillaire jusqu’à maintenant ?

Yuuta profita alors de regarder les passants qui se pressaient dans la ruelle, remplissant peu à peu celle-ci comme jamais auparavant. La plupart avaient les mêmes traits, les mêmes caractéristiques physiques ou capillaires. C’était assurément cliché de dire que tous les asiatiques se ressemblaient, et Yuuta savait que ce n’était pas vrai, mais emmitouflé dans leur veste, portant écharpe, bonnet et gant, ils se ressemblaient quand même tous. Formant une masse dans laquelle il était possible de facilement se cacher ou de se perdre.

Si on sort pas du lot avec des cheveux blancs comme la neige, par exemple…

La jeune fille avait donc raison, il s’agissait bien de ses cheveux ; il avait trop attiré l’attention de ces marchands et s’était fait épinglé à chaque stand devant lequel il avait eu le malheur de passer. Sa gentille prédisposition finissant d’enfoncer le clou dans le cercueil à l’odeur de thé dans lequel il s’était fait enfermé, petit à petit.

Il jeta alors un regard à son interlocutrice qui était en train de payer la marchande du stand adjacent, remarquant à nouveau la politesse que celle-ci montrait dans ses manières et sa façon d’être avec les gens. S’il ne lui était pas rentré dedans, Yuuta ne l’aurait sûrement jamais remarquée ; elle semblait si frêle, petite et ne désirant pas se faire remarquer. Un ninja n’aurait pas pu faire mieux.

« Tout va bien ? Je peux vous aider pour quelque chose ? »

Le jeune garçon fut tiré de sa petite rêverie faite de jeune fille au visage rond et de ninja en plein hiver pour retrouver la jeune fille en face de lui, semblant presque s’inquiéter de son inaction. Peut-être pensait-elle qu’il avait pris racine… Force était de constater, qu’en effet, il n’avait pas bougé depuis un moment, il devait bien avoir l’air bête à faire l’arbre au milieu de ce flow de passant.

« Watanabe Misuzu desu. »

Il fut à nouveau le spectateur d’un charmant sourire de la part de la jeune femme qui se présenta alors d’une petite voix, le visage rougi par le froid, lui donnant un air de fragilité qui surprit Yuuta au plus haut point. Cependant, il comprit aussi pourquoi elle avait su avoir un sac aussi rapidement ; une vraie chaleur se dégageait de celle-ci, autant dans son comportement que dans sa voix. Par ce temps froid qui glaçait quiconque jusqu’à l’échine, elle était comme un chocolat chaud dans un cosy petit café.

Répond !

« Euh… Chocolat chaud dess’… » Aussitôt Yuuta s’était penché en avant pour se présenter, aussitôt s’était-il relevé, se rendant compte de sa bêtise, ses pensées s’entremêlant plus vite que sa langue les démêlaient. « Non, je Yuuta Chaud pas… Chocolat ? »

Crétin.

Il leva alors un doigt, demandant silencieusement à son interlocutrice de bien vouloir lui laisser une seconde, histoire de regrouper toutes ses pensées dans une suite cohérente. Il prit alors une grande inspiration, légèrement et visiblement agacé par son impossibilité à faire les choses correctement aujourd’hui. Son esprit se réarrangea alors comme un Rubik’s cube, ses pensées reprenant leur juste place et des phrases cohérentes se reformant à nouveau dans son esprit.

Après un instant, il se pencha à nouveau légèrement en avant.

« Hajimemash’té, Fukuro Yuuta dess’. » Il se releva gentiment, arborant un petit sourire sur ses lèvres malgré la gêne qui grandissait dans son cœur ; il s’était même loupé dans sa présentation, le comble. « Excusez-moi, normalement je ne suis pas comme ça c’est juste que… »

Il regarda au loin derrière la jeune fille, regardant les stands où il était précédemment passé et s’était fait aborder à son plus grand malheur. Un petit frisson parcouru son échine alors qu’il se remémora rapidement chaque rencontre et chaque paquet, avec explication du contenu, qu’il avait reçu.

« A la base je voulais acheter une tasse et je suis venu ici pour ça mais… » Il jeta un coup d’œil à son sac remplis à ras-bord de boîtes diverses. Il s’était fait avoir et en beauté en plus de ça. « …Disons que les choses ont très vite mal tournée… »

Il fixa à nouveau la jeune femme, puis derrière elle, mille questions se bousculant à nouveau dans son esprit, l’une d’elle glissant hors de ses réflexions pour atterrir sur ses lèvres.

« C’est quelque-chose de normal ici ? Je veux dire, de se jeter sur les gens pour leur donner autant d’échantillon ? » Il souleva son sac qui n’était pas léger, qui aurait cru qu’autant de thé et tisanes pouvait faire ce poids ? « C’est que je ne m’y connais pas du tout en thé… » Il regarda à nouveau le contenu du sac, rougissant légèrement à la vue d’une certaine boîte rose. « …Tisane ? … Enfin, tout ça, quoi. »

Son regard se posa à nouveau sur la jeune fille, se rendant compte par la même occasion qu’il était en train de raconter sa vie et donc, sûrement, de faire perdre du temps précieux dans celle de son interlocutrice.

« Enfin, désolé de vous importunez alors que vous m’avez si charitablement aidé… » Il se gratta l’arrière de la tête avec sa main libre, visiblement gêné d’avoir étalé une partie de sa vie à une quasi-inconnue. « …et écouté bafouiller. »

Cependant, toute aide demandait à être récompensée, c’était sa façon de faire, la façon dont on l’avait éduqué.

« Excusez-moi encore, mais j’aimerai tout de même vous récompenser pour votre aide. C’est bête, mais sans vous je ne me serais sûrement pas tiré d’affaire. » Il fit un sourire chaleureux à la jeune femme malgré le froid environnant, allant même jusqu’à vouloir s’approcher d’elle mais se retint, se souvenant de sa réaction lorsqu’il lui avait touché l’épaule. « Je sais que c’est peut-être étrange, mais est-ce que vous seriez d’accords pour que je vous offre au moins de quoi vous réchauffer ? Un thé ? Un chocolat chaud ? »

« Vous pouvez choisir ce que vous voulez ou même l’endroit si vous désirez manger quelque-chose en plus. Laissez-moi juste la possibilité de vous remercier comme il faut. » Il tenta d’exprimer la sincérité de ses mots le mieux qu’il le pouvait et décida alors de jouer carte sur table : c’est qu’il allait sûrement être interrogé d’où venait tous ces échantillons lorsqu’il en amènera au domaine et pourquoi certains étaient en mauvais état. « Si ma grand-mère ou ma mère apprennent que je n’ai pas aidé quelqu’un qui m’a tendue la main, je suis assuré de passer le pire Noël de ma vie ! J’en entendrais parler jusqu’à l’année suivante… Ou jusqu’à mes funérailles ! »

« Promis, je ne vous embêterais pour plus rien d’autre. » Il fit tout de même un sourire amusé à la jeune fille, amenant ses deux mains en signe de prière. « Pretty please ? »

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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Mar 6 Fév 2018 - 2:21

Le garçon au nom encore inconnu met quelques secondes, semble-t-il, à sortir du mode veille. Déstabilisé peut être, il balbutie d’abord des mots qui n’ont pas vraiment de sens. Chocolat chaud desu ? Quoi ? Yuuta chaud ? Misuzu le fixe avec des yeux écarquillés de confusion et de surprise. Elle s’apprête à s’enfuir à toutes jambes, matcha en main, mais il lève un doigt comme pour lui demander d’attendre une seconde. Misuzu est sûrement dans un bon jour, car elle obtempère et remet sa fuite à plus tard, hochant la tête, posant son regard redevenu tranquille sur le jeune homme aux cheveux blancs. Quelque chose semble avoir lieu dans sa tête, et lorsqu’il se redresse, il est plus cohérent déjà. Il se présente, lui sourit. Fukuro-san, donc. Il s’excuse et elle lui sourit. Elle connaît l’effet des petits vieux commerçants, pour en avoir été victime pendant des années.

« Daijoobu desu. Ils peuvent parfois faire un peu peur. »

Son sourire se change en une expression d’intérêt lorsqu’il explique être venu pour une tasse. Pourquoi se rendre au marché de Noël alors qu’il aurait pu aller au Tokyu Hands le plus proche pour en récupérer une ? Ça aurait tout de même été beaucoup plus simple. Il interroge Misuzu sur la fréquence des attaques de petits vieux donneurs d’échantillons et elle ne peut s’empêcher d’avoir un petit rire, cachant sa bouche derrière une main emmitouflée dans une moufle douce. Il explique ne pas s’y connaître en thé ou tisane. Ça tombe bien parce que Micchan, elle, elle s’y connaît.

« Je ne dirais pas que c’est anormal. Vous n’êtes pas d’ici ? Au Japon, on aime bien donner des échantillons. Et ici, particulièrement on dirait. Ça arrive souvent sur ce genre de marchés, parce que les gens n’osent pas dire non aux aînés… Pour le thé, avec internet vous pouvez trouver toutes sortes de choses, mais je peux vous aider si vous voulez. »

Il s’excuse de lui faire perdre du temps, mais Misuzu possède une patiente infinie, et donc un petit rire s’échappe de nouveau derrière ses doigts, ses yeux à moitié fermés, tête sur le côté. Elle s’apprête à laisser l’étrange jeune homme et rentrer, lorsqu’il l’interpelle une nouvelle fois. Elle lève la tête qu’elle avait un peu baissé, commençant à réfléchir à l’itinéraire à emprunter pour être rentrée rapidement, et pose de nouveau les yeux sur Yuuta. Il lui propose une récompense et elle se méfie immédiatement. Quel genre de récompense ? Sa mère lui a toujours rappelé de ne pas accepter de cadeaux d’hommes inconnus… bon, certes, elle n’a plus douze ans, mais elle hausse un sourcil dubitatif. Non, monsieur, je ne monterai pas dans votre voiture pour manger des bonbons, inutile d’insister ! Néanmoins, dès que des noms de boissons sont prononcés, Misuzu s’adoucit. L’appât de la nourriture fonctionne très bien sur elle, trop bien en fait. Et puis, s’il propose quelque chose à boire, c’est forcément dans un lieu public, non ? Alors Misuzu lui fait un grand sourire, et lui donne un petit coup de coude, déjà plus à l’aise.

« Vous savez parler aux filles, vous…»

Elle hésite néanmoins. Il ajoute qu’en plus, il lui laisse la possibilité de choisir l’endroit. Elle ne sait pas encore, mais la perspective d’une boisson chaude et peut être d’un snack pour l’accompagner, quitte à le payer elle même, la met en joie. Sa mère et sa grand mère semblent être des femmes honorables, en tout cas. Misuzu reste interdite encore un instant, du moins en apparence, mais la décision est déjà prise. Alors qu’il insiste une dernière fois, les mains d’un suppliant, elle fait sembant d’hésiter encore un instant avant de s’écrier dans son anglais emprunt d’un accent assez lourd.

« Bon, c’est d’accord ! Retsu-go ! »

Elle jette son bras en l’air, poing fermé, puis le rabaisse, hésitante, ne sachant toujours pas vers où se diriger, puis se tourne vers le jeune homme.

« Ah, mais, Fukuro-san, nous devrions aller chercher une tasse pour vous d’abord. Chercher à Tokyu Hands, par exemple, ou Muji, serait sûrement plus judicieux qu’ici… Où nous n’allons trouver que du thé et des tisanes. »

Aussi, après une dernière courbette en direction de la vieille dame, elle se faufile entre deux cahutes, et la voilà sortie du marché de Noël. Etant donnés la couleur des cheveux de son compagnon, elle préfère ne pas finir l’allée, sous peine de n’y arriver qu’une fois les bras croulant de diverses boites, ce que Misuzu ne préfère pas tenter. Prenant garde à ne pas glisser dans la neige, elle se dirige à pas mesurés mais rapides vers les immeubles plus hauts et les avenues plus larges. Les voilà maintenant sur le point de traverser un passage piéton qui fait face aux deux enseignes, séparées par quelques magasins uniqlo, GU, et BicCamera.

« Vous préférez aller auquel, alors, Fukuro-san ? C’est une tasse pour vous, ou pour un cadeau ? »

Misuzu inspire l’air froid et chargé de flocons, bien à l’abri derrière son écharpe, ses engoncée dans les différences couches qui la protègent du froid. Ce n’était pas exactement ce qu’elle avait prévu de faire de sa journée, mais qu’à cela ne tienne, après tout, ça peut être amusant. Il s’agit donc de choisir maintenant entre l’esthétique épurée, presque basique mais d’excellente qualité de Muji, et l’abondance de produits de Tokyu Hands. Se tournant, légèrement, elle aperçoit aussi une ancienne DonQuijote, son pinguouin jovial la fixant de ses yeux ronds.

« Ah ! Sinon si vous voulez dépenser moins il y a DonQuijote aussi ! »

Elle pointe le bâtiment du doigt, laissant à son compagnon du moment la liberté de choisir ce qu’il voulait.


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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Mer 14 Fév 2018 - 19:35

Décidément, aujourd’hui n’étais pas un jour fait comme les autres : d’abord NaNa qui fais des siennes, puis le passage à travers le marché qui se termine en vrai fiasco d’échantillons gratuits, la rencontre avec cette fille, Misuzu Watanabe, la rencontre de leurs deux têtes puis l’impossibilité de Yuuta à lui parler convenablement… Mais ce n’était pas tout ; maintenant, quelque-chose d’autre le perturbait au plus haut point, quelque-chose qu’il ne lui était pas encore arriver depuis son arrivée sur sol nippon.

Fukuro… San ?

Ça lui donnait les frissons d’être appelés comme ça : comme un retour à l’école où chacun était appelé par son nom de famille plutôt que son prénom. Le ‘Mr’ ajouté au tout rendant la chose encore plus… Sérieuse ? Froide ? Il savait que c’était une marque de respect, mais ça ne collait pas du tout avec ce dont il avait l’habitude en Amérique et dans sa vie en générale ; c’était, pour lui, comme ériger un mur entre les deux personnes se parlant.

Bref, ça lui hérissait les poils sur les bras.

Le plus compliqué étant d’expliquer cela au petit soleil qui l’accompagnait ; déjà que cette jeune femme avait eu le respect de bien vouloir attendre que son cerveau se remette en place, elle lui avait même proposée de le guider dans cette partie de la ville avec laquelle il n’était pas des plus familier, le tout avec un sourire à faire fondre le pôle nord. Ainsi donc, comment faire passer le message sans la chiffonner ?

« Vous préférez allez auquel, alors, Fukuro-san ? C’est une tasse pour vous, ou pour un cadeau ? » Il ne put empêcher la grimace d’apparaître, son nom de famille dans la phrase ressortant dans son esprit comme un arbre au milieu du désert. Pas que c’était moche, mais… Perturbant. « Ah ! Sinon si vous voulez dépenser moins il y a DonQuijote aussi ! »

Il fallait que Yuuta mette fin au problème tout de suite avant que ça ne s’aggrave. Il leva donc les deux mains  et secoua un peu la tête, amusé. À force d’y penser durant la petite balade qu’elle lui avait faite faire, il avait fini par formuler dans sa tête la meilleure façon de lui demander d’arrêter d’utiliser les formes respectives avec lui, malgré le fait qu’ils s’étaient rencontrés que peu de temps auparavant.

« Ah, Watanabe-san, s’il vous plaît. Appelez-moi Yuuta… Ou Yuuyu… Ou comme vous voulez tant que vous m’appelez "un ami"*. » Il fit un sourire à la jeune fille, espérant lui faire comprendre par la pareille qu’il n’avait aucun problème avec tout ça si c’est ce qui l’inquiétait. « J’avoue que je ne suis pas d’ici, je viens de Seattle en Amérique et de ce fait, je n’ai pas vraiment l’habitude qu’on me parle avec tant de respect. Du moins en utilisant mon nom de famille, ça fais… vieux. »

Ses yeux s’écarquillèrent alors soudainement, une réalisation lui tombant dessus comme un piano dans les cartoons Tex Avery. Sa main tapant dans la paume de l’autre comme pour dire "Mais bien sûr !".

« C’est ça ! Je suis vieux ! » Il regarda alors la jeune fille au visage rond proche de lui. « J’ai les cheveux blancs ! Si donc les personnes âgées d’avant avaient des problèmes de vue, elles ont dû me prendre pour l’une d’elle ! » Logique imparable, il lui semblait. Cependant, il amena une main vers sa bouche pour réfléchir, ses yeux se perdant un moment sur le sol pendant que son esprit entrait en réflexion. « Mmh… Par contre je n’arrive pas me rappeler si on m’a appelé Jeune Homme ou non… »

Il essaya de se repasser les rencontres précédentes en revue, tentant de relever si oui ou non on l’avait pris pour une personne du troisième âge. C’était sans compter son regard qui retomba sur la jeune fille, lui faisant revenir à la réalité de la situation et immédiatement quitter sa position de réflexion.

« Ah… ah, désolé. D’habitude je suis pas comme ça… » Gêné, il se gratta la tête en tentant de paraître moins bizarre et ahuri qu’auparavant. La pauvre, elle devait se poser plein de questions et devait regretter d’avoir décidé d’accompagner pareil zouave. « Aujourd’hui ne dois pas être fais comme les autres. »

Revenant à leurs moutons, Yuuta regarda alors la rue parallèle et les deux échoppes que la jeune femme  lui avait si soigneusement indiquée.

« La tasse est pour moi, ma chatte s’est amusée à casser la seule que je possédais. » Le regard du jeune garçon passa entre les deux enseignes avant de retomber sur celui de son accompagnatrice. « Pour tout dire, j’aimerai bien faire imprimer une photo d’elle sur la prochaine, voir si elle sera moins enclin à faire des tests sur la gravité avec. »

Par contre, il n’allait pas attirer la pauvre fille avec lui dans une course à la tasse ; déjà qu’elle avait été plus que gentille de s’occuper de son problème de petits vieux et de thés, ça serait bien trop irrespectueux de sa part d’encore lui faire perdre de son temps avec ça.

« Écoutez, Watanabe-san, je ne veux pas prendre plus de votre précieux temps. Vous avez été déjà remplis de patience avec moi jusque-là, ça ne serait pas juste de ma part de continuer à vous squatter de la sorte. » Il amena ses mains devant lui, les joignant en signe de prière. « Mais choses promises, choses dues ; laissez-moi au moins vous offrir une collation sous forme de boisson chaude et, ou, un petit snack rapide. D’ailleurs, la seule enseigne que je connais pour ça n’est pas loin. »

D’un signe du bras, il l’invita donc à le suivre à une pâtisserie Colombin qui se trouvait à quelques rues de là. C’était un lieu où l’on pouvait s’asseoir dans de confortable fauteuil pour déguster des cakes ou chocolat de qualités. Yuuta avait découvert cet antre de la gourmandise lors d’un voyage à Tokyo pendant une visite à la famille Fukuro. Sa joie n’avait jamais été si grande lorsque sa cousine Hinata lui avait expliqué qu’un ouvrirai bientôt à Keimoo. Des années plus tard, quelques jours après son arrivée ici, il y était déjà passé trois fois.

« Je ne sais pas si vous connaissez, c’est l’enseigne Colombin. » Tout en marchant en direction de l’enseigne, bifurquant dans les rues parallèles, Yuuta tenta de déjà savoir ce que le petit soleil à ses côtés désirait manger. « Ils ont de super cakes ! Et je parle même pas des glaces aux fruits et des sorbets ! Oh mais… » Il s’arrêta alors soudainement en chemin, se tournant vers Misuzu. « Si vous n’aimez pas le sucré, ils ont aussi quelques plats salés. Vous verrez ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait ; ils arrivèrent à l’enseigne et entrèrent dans la pâtisserie pour y être accueillis par une charmante jeune femme au teint très pâle et à l’air européenne.

« Bienvenu au Colombin. Je suis votre hôte, Minami-san, que puis-je faire pour vous servir ? »

« Une table pour deux, s’il vous plaît, Minami-san. »

Suivant leur hôtesse, celle-ci les plaça à une charmante petite table avant de leur remettre les cartes des mets et boissons. Plongeant dans celle-ci, Yuuta en oublia un instant son invité pour se délecter visuellement de tout ce qu’il y avait à boire ou manger.

Ce n’est qu’après un instant qu’il releva la tête pour interroger Misuzu. Retenant un filet de salive qui voulait sortir de sa bouche lorsqu’il vit une tarte aux fruits des plus alléchantes.

« Vous trouvez quelque-chose qui vous plaît, Watanabe-san ? » Il reposa alors la carte, s’étirant un peu sur son fauteuil, les yeux fermés, les bras en l’air, faisant un peu d’humour. « Je crois que je vais prendre une part de chaque tarte aux fruits disponible. »

« Très bien. »

Rouvrant ses yeux, abaissant ses bras et se relevant sur sa chaise, Yuuta ne put que voir leur hôtesse repartir en écrivant sur son petit calepin. Son regard retournant sur Misuzu, le teint pâle et les yeux écarquillés car il venait de comprendre ce quoi venait de se passer.

Il se passa alors une main sur le visage, las de faire bêtise sur bêtise.

« Ouais… Pas un jour fais comme les autres… »


*:
 

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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Mer 7 Mar 2018 - 23:00

Pour une raison que Misuzu n’est pas sûre de saisir, le jeune homme à ses côtés a l’air décontenancé par ce qu’elle lui dit. Peut être n’a-t-il pas saisi tous les mots qu’elle a prononcé ? Après tout, il n’est pas d’ici. Mais pourtant, son Japonais lui a paru à peu de choses près parfait. Elle s’inquiète de l’avoir offensé. Il lève les mains et secoue la tête, et c’est au tour de la jeune femme d’être confuse. Il lui demande de ne pas l’appeler par son nom de famille. Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils ont, tous, à refuser qu’on les appelle de la manière correcte ? Et puis, elle ne pourrait pas se comporter familièrement avec lui, même s’ils ont environ le même âge. Elle ne connait même pas son âge, d’ailleurs. Et puis, non, c’est… Bon, certes, il explique venir d’Amérique. Mais ça n’est pas une raison. Ici, on est au Japon, alors- Mais elle ne veux pas froisser l’étrange jeune homme aux cheveux saugrenus, aussi elle se garde de dire quoi que ce soit et se contente de hocher la tête. Comment va-t-elle pouvoir l’appeler alors ? Il a proposé des choses mais elle ne se voit pas du tout employer ces noms là pour parler à quelqu’un qu’elle connaît à peine.

Elle sursaute au bruit d’un claquement de mains et son regard confus se pose de nouveau sur lui. Leurs yeux se croisent alors qu’il semble avoir compris quelque chose. Il échafaude une théorie selon laquelle il aurait été confondu par les personnes âgées avec l’un de leurs congénères, mais Misuzu secoue la tête.

« Je ne pense pas que ça soit lié. Ils ont simplement vu une personne qui se détachait du lot et vous avez donc été la cible idéale de leurs techniques de vente. Voilà tout. »

Elle a prononcé la phrase d’une voix douce, et lui sourit, en penchant la tête légèrement sur le côté, resserrant ses bras autour de son corps pour ne pas laisser le froid s’infiltrer. Yuuta reste pensif un instant avant de reprendre une attitude normale et de s’excuser. Elle secoue la tête et les mains devant elle, essayant de lui communiquer sans mot qu’il n’y a aucun problème. Il précise que la tasse est pour lui, afin de remplacer l’unique qu’il possédait. Misuzu prend un air surpris. Une seule tasse ? Cela paraît bien peu. Le minimum est toujours d’en avoir deux, au cas où l’on proposerait à une connaissance de se détendre un instant à l’aide d’un breuvage chaud. Par honnêteté intellectuelle, la jeune femme s’empresse de le lui dire.

« C’est juste une idée, mais vous devriez acheter deux tasses. Au cas où vous auriez de la visite, ou bien pour ne pas avoir à en racheter une tout de suite si votre chatte décidait de réitérer son expérience, malgré vos précautions. »

Avant qu’elle ne puisse ajouter quoi que ce soit, Yuuta réitère son signe de prière qu’il a déjà fait plus tôt, insistant pour lui offrir quelque chose à boire ou à manger. Misuzu ne compte pas se faire prier, mais elle se sent un peu mal à l’aise de ne pas aller au bout de la tâche qu’elle s’était fixée. Peut être pourra-t-elle lui proposer de l’accompagner malgré tout, après leur collation. Elle le suit ainsi docilement, ne connaissant pas vraiment l’enseigne dont il parle. Lorsqu’elle vivait encore à Tokyo, elle allait souvent à Délice de France, ou encore à Bac a Sable, à Kyoto. La jeune femme qui les accueillit est ravissante, et Misuzu ne peut s’empêcher de l’observer du coin de l’œil, en rougissant très légèrement. Elle songe un instant qu’elle aimerait bien être aussi jolie que ça, mais se ravise. Être ordinaire à bien des avantages. Bon, là, tout de suite, elle a du mal à en trouver, mais il y en a forcément. Et puis, à moins de se payer une virée chirurgie esthétique par la Corée du Sud, il n’y a pas franchement grand chose à faire. C’est drôle, comme elle ne pense que très peu à son apparence, si ce n’est lorsqu’il y a des jeunes femmes auxquelles elle peut se comparer, et de préférence de manière négative. Elle secoue la tête et s’installe dans le siège qui lui est désigné, recevant la carte qu’elle pose sur la table avant de se débarrasser de son duffle coat, gardé fermé jusque là. Elle est sur le point de remercier Yuuta, mais il est déjà plongé dans le menu, aussi elle se contente de faire de même. Si elle choisit rapidement la boisson, pour ce qui est de la nourriture, son regard survole le menu à plusieurs reprises, hagard, avant de tomber sur quelque chose de familier. Dans un épisode de Terrace House, l’une des hôtes avait dit qu’un plat impressionnant à faire pour se faire bien voire était la quiche. Misuzu n’a jamais mangé de quiche. Aussi, lorsqu’elle voit le mot imprimé en français et en romaji sur le menu, elle décide que c’est l’occasion d’essayer.

Lorsque Yuuta lui demande si elle trouve quelque chose, elle s’apprête à lui répondre, mais il se contente de commander sa propre nourriture, à savoir une part de chaque tarte disponible. Ehhhh ? Evidemment, la serveuse repart, croyant la commande terminée, et il faut un instant à Misuzu pour réaliser. Elle se lève donc aussitôt et s’empresse de rejoindre la serveuse, qui s’excuse platement avant de prendre sa commande. Elle retourne donc s’asseoir, un peu essoufflée.

« Simple quiproquo. »

Elle sourit de nouveau à son interlocuteur et reste silencieuse un instant.

« Yuuta-san. Vous m’avez demandé de ne pas vous appeler par votre nom de famille, pourtant vous continuez à le faire à mon égard. Vous pouvez m’appeler Misuzu, si vous le souhaitez. »

Ça serait plus logique, plus équilibré qu’il le fasse aussi. Sinon, aucune chance que la jeune femme continue à l’appeler comme il l’avait demandé. Néanmoins, Misuzu décide de continuer à faire un peu la conversation.

« Americajin desu, ne ? Pourtant, votre Japonais est parfait… Hafu desu ? »

Bon, y’a plus intéressant comme sujet de discussion, mais c’est tout ce qui vient à Misuzu pour l’instant, alors on fait avec ce qu’on a.

« Et… Qu’est-ce qui vous amène au Japon, enfin, ici à Keimoo plus précisément ?Vous êtes étudiant? »

Misuzu pose son menton sur son poing fermé, et a un petit hochement de la tête pour signifier à Yuuta qu’elle l’écoute.



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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Lun 12 Mar 2018 - 12:17

Est-ce que je suis en train de faire mon américain ?

Drôle d’idée que celle qui venait de passer dans sa tête alors que ses yeux suivaient la jeune Misuzu qui s’était levée pour aller parler à la serveuse.

En effet, il était réputé, et un peu cliché mais vrai, que les Américains avaient tendances à faire de n’importe quel lieu où ils étaient leur "salon" ; posant les pieds sur la table, faisant fi de toute règles et coutumes de l’endroit où ils étaient, la plupart avaient tendance à se comporter n’importe où comme si c’était chez eux.

Avait-il fait pareil depuis qu’il avait rencontré la jeune femme ? Ou même depuis qu’il était arrivé ici ?

Il avait fait plusieurs fois fi des règles de bases, des uses et coutumes du pays et même, maintenant il s’en rendait compte à travers ses interactions avec la jeune femme, des règles de politesses élémentaire qui résidaient depuis des générations sur le sol nippon.

Pourtant, ce n’est pas comme s’il n’avait pas déjà été accoutumé à ceux-ci : à force de venir rendre visite au côté japonais de la famille, il avait pu voir ô combien les interactions sociales étaient différentes ici, il pouvait même se souvenir qu’il trouvait ça, au début, des plus étranges voir même pas naturelle.

Pas naturelle pour un Américain, du moins.

Sûrement que ces rares voyage n’avaient pas vraiment inculqué assez d’habitude dans le jeune homme pour qu’il puisse vraiment passer inaperçu dans le voisinage. Il s’en rendait compte maintenant sous les traits ronds de la jeune fille qui venait de se rasseoir en face de lui, quelques peux essoufflée.

« Simple quiproquo. »

Le jeune garçon aux cheveux blancs se sentis immédiatement mal au moment même où un radieux sourire s’afficha sur les lèvres de la jeune fille ; il s’était donc vraiment comporté comme un goujat.

Il allait s’excuser lorsqu’elle reprit immédiatement la parole.

« Yuuta-san. Vous m’avez demandé de ne pas vous appelez par votre nom de famille, pourtant vous continuez à le faire à mon égard. Vous pouvez m’appeler Misuzu, si vous le souhaitez. »

Ouch.

C’était un nouveau coup de marteau sur un des clous de son cercueil social ; bien que ce ne fût sûrement pas son intention, la jeune Misuzu venait de relever un nouveau manquement de la part du garçon aux cheveux blancs envers les règles de bases de la société nipponne.

Enfonçant, par la même occasion, celui-ci dans une vague de réflexion sur ce qu’il devait faire dans l’immédiat pour corriger cela.

« Americajin desu, ne ? Pourtant, votre Japonais est parfait… Hafu desu ? »

Ses yeux regardèrent la jeune femme pendant un bon moment, ses réflexions prenant une trop grande place dans son esprit pour répondre tout de suite à celle-ci. En soit, qu’elle ait aussi relevée le côté américain ne faisait que lui affirmer qu’il avait bel et bien, en plus du look, une attitude hors du commun et faisant sûrement tâche avec les normes sociétaires actuelles.

Même pour un "jeune", de son âge.

« Et… Qu’est-ce qui vous amène au Japon, enfin, ici à Keimoo plus précisément ? Vous êtes étudiant ? »

Là, sur le coup et pendant quelques instants, Yuuta cru même qu’il avait affaire à un médium ; sur toutes ses propositions, elle avait vu juste jusqu’à présent. C’était… impressionnant. Soit elle était vraiment médium et Yuuta allait devoir revoir son point de vue sur le sujet, soit elle savait bien cerner les gens et là aussi c’était tout autant impressionnant.

Il retira alors la main qu’il n’avait pas remarqué avoir placé sur son menton pendant qu’il réfléchissait, s’asseyant mieux sur son siège, redressant son dos par la même occasion.

« Eh bien, Watanabe-san, il semble que des excuses et des remerciements soient de mises. » Il s’avança un peu sur son siège, voulant s’approcher de la table et en même temps de son interlocutrice. « Tout d’abord, merci à vous d’être vous. Cela vous semblera sûrement étrange, mais de par votre attitude, vous m’avez ouvert les yeux sur une vérité qui m’avait complètement échappée. » Il joignit ses mains devant lui, un air solennel filtrant hors de son être. « Vous m’avez fait remarquer que depuis mon arrivée ici, j’ai fait preuve d’une très grande méprise des uses et coutumes de ce pays, forçant ma manière d’être et de faire sur plusieurs personnes. »

Un petit sourire s’afficha alors sur son visage, non pas un amusé, non pas un émerveillé, mais un sourire de coin, celui qu’il faisait quand il n’était pas très fier de lui mais se devait d’afficher ce demi-cercle sur ses lèvres.

« En effet, je suis américain, né en Amérique et élevé là-bas selon des règles de société quelques peux… libertaires, du moins comparées au respect et la façon de se comporter ici. » Il joignit alors ses deux mains en un symbole de prière, ne pouvant pas se lever pour faire une courbette, se demandant par la même occasion si c’était bien la bonne façon de faire. « Je vous prie donc de me pardonner pour mes manières intrusives que j’ai forcées sur votre personne : vous m’avez aidée sans rien demander en retour, avez fait preuve de respect envers ma personne et avez gardé le sourire malgré mes manières maladroites. »

Il se gratta alors l’arrière du crâne, un sourire mélangeant gêne et amusement s’affichant timidement sur ses traits.

« Et moi, je vous suis rentré dedans, frappé la tête, vous ai fait attendre dans le froid puis vous ai emmenée dans un endroit pour manger à la place d’aller acheter une tasse, vous privant par la même occasion de la liberté de continuer votre journée comme vous l’entendiez. »

Il pencha alors la tête en avant, la main toujours sur l’arrière de son crâne mais le sourire disparaissant pour faire apparaître une moue gênée et réellement désolée.

« Hontōni gomen’nasai, Watanabe-san. And, please, appelé-moi Fukuro-san. »

Heureusement pour lui, au même moment où il terminait de s’excuser platement pour son comportement, Yuuta fut interrompu par la serveuse qui revint vers les deux jeunes gens, un plateau à roulette sur lequel se trouvaient plusieurs assiettes et leurs boissons respectives.

Elle plaça ce qui ressemblait à une quiche des plus savoureuse en face de la jeune femme avant de demander au jeune garçon par laquelle des cinq assiettes différentes il désirait commencer. Pour dire vrai, Yuuta n’était pas vraiment sûre s’il pouvait toutes les mangées à lui tout seul, après tout, il n’avait fait que s’étirer et rigoler en disant qu’il allait prendre une part de chaque tarte au fruit.

C’était la serveuse qui avait cru qu’il commandait réellement, sûrement que sa position sur la chaise lui avait signifiée qu’il levait la main pour l’appeler afin de commander. Mais bon, comme on le lui avait inculqué depuis qu’il était jeune : "Tu fais une bêtise, tu l’assumes jusqu’au bout.".

Il espérait juste, en voyant la taille des parts et le nombre d’assiette, que son estomac arriverait tout stocker ou alors qu’il pourrait prendre celles qu’il n’avait pas pu manger à l’emporter.

Une délicieuse part de tarte à la fraise fit alors son apparition devant lui, les fruits pris dans de la gélatine rouge qui trônait sur la part mettant l’eau à la bouche du jeune garçon, celui-ci prenant sa fourchette et voulant directement commencer à manger.

Si ce n’était pour la soudaine réalisation qu’il retombait dans ses mauvais penchants. Se reprenant immédiatement, il posa sa fourchette avant d’à nouveau joindre ses mains en un signe de prière.

« Itadakimasu~ »

Alors, enfin, ses papilles gustatives purent goûter aux délicates saveurs sucrées qui rencontrèrent son palais après qu’une petite part de tarte, surplombée d’une fraise, fut engouffrée dans sa bouche.

Un sourire d’aisance apparu sur ses lèvres, ses yeux souriant par la même occasion.

« C’est délicieux ! » Les yeux du jeune garçon se levèrent alors vers son interlocutrice, la questionnant à son tour. « Et vous, Watanabe-san, est-ce que vous êtes heureuse de votre choix ? Cette quiche à l’air succulente ! »

Il écouta alors la réponse, plaçant une deuxième fourchette dans sa bouche avant de s’en essuyer les rebords avec sa serviette, s’éclaircissant légèrement la voix en même temps.

« And, pour répondre à votre question précédente, je suis américain par ma mère et japonais par mon père. » Il fit un sourire à la jeune, se demandant à nouveau à quel point elle pouvait lire les gens en un coup d’œil. « Et vous êtes vraiment très perceptives, je suis en effet un étudiant ici. Je finis mon master en Composition et Théorie musicale à travers un… voyage sur sol nippon. »

Il ajouta, comme si ce n’était rien de bien étrange.

« J’étudie la perception auditive des animaux, des chats en particulier, recherchant les fréquences que ceux-ci captent le mieux afin de créer un langage humain-félin pour mieux communiquer. » Il eut un sourire en repensant à Nana puis à Windows, ses deux chats. « Je suis venu ici pour vérifier si la différence de continent ainsi que de langues parlées autour d’eux influence leur capacité à reconnaître les sons, ainsi, je pourrais déterminer s’il faut créer des mots différents d’après l’origine du félin ou si un langage universel est possible. »

Il haussa alors les épaules, un petit sourire sur ses lèvres en se remémorant ce qu’il s’était passé plus tôt dans la journée.

« Je ne sais pas si Nana, ma chatte sur sol nippon, est juste têtue ou ne comprends pas tous les mots que j’utilise. Mon chat, resté aux US pour le moment, se fige immédiatement sur place au son du mot ‘Gev’ qui signifie ‘Stop’, alors que Nana… Eh bien, elle continue quand même son action et finit par casser la seule tasse que je possède. »

Il avala alors une nouvelle part de sa tarte, souriant au contact de ce goût si délicat et sucré qui fit à nouveau irruption sur ses papilles gustatives, focalisant par la même occasion ses yeux sur la jolie femme en face de lui.

« Et vous, Watanabe-san, êtes-vous d’ici, née ici même à Keimoo, ou partagez-vous aussi une partie de votre ADN avec celle d’un autre pays ? » Il observa mieux la jeune fille, posant sa fourchette afin d’écouter ce qu’elle avait à dire sans que son esprit lui réclame constamment de continuer à manger. « Sans vouloir trop être intrusif, il me semble que nous devons avoir le même âge, êtes-vous aussi étudiante ? Ou alors un modèle ou quelqu’un de connue ? Il me semble avoir déjà vu votre visage quelque-part, mais je peux me tromper. Excusez-moi si c’est le cas. »

Il haussa à nouveau les épaules, un sourire amusé se dessinant sur ses lèvres avant que sa fourchette plonge à nouveau dans sa tarte.

« À moins que vous soyez vraiment un médium, vos questions étaient vraiment bien ciblée. Est-ce que vous avez ce don particulier de pouvoir lire dans les gens en un seul coup d’œil ? C’est quelque-chose de vraiment impressionnant que de pouvoir faire ça, non ? »

Il passa une main sur son menton, réfléchissant un instant qui était cette personne en face de lui, tentant d’être aussi perceptif qu’elle avant de laisser tomber.

« En tout cas, je suis heureux d’avoir croisé votre route tout à l’heure. Je ne m’en serais pas sortis sans vous… D’ailleurs, si j’ose demander, qu’avez-vous acheté à cette vieille dame ? La boîte qu’elle vous a donnée semblait bien remplie mais je n’ai pas osé regarder. »

Sa part de tarte disparue alors dans sa bouche, ses yeux toujours focalisé sur la jeune femme, sourire aux lèvres et son cœur plus léger ; il lui semblait que de se comporter convenablement était plus appréciable que de faire son américain lambda.

Ou était-ce cette si douce compagnie qui magnifiait l’échange ?

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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Ven 16 Mar 2018 - 19:49

 
Lorsque son étrange compagnon du moment décide de s’adresser de nouveau à elle, c’est pour lui présenter des excuses, ce qui surprend Misuzu, qui ne sait quoi répondre. Merci d’être elle ? C’est bien la première fois qu’on lui en sort une comme ça, tiens. Pas qu’elle n’apprécie pas, mais elle ne sait pas trop quoi en faire. Elle hoche néanmoins la tête avec circonspection quand il explique les raisons de ces remerciements. Effectivement, ce n’est pas rare que les étrangers qui viennent s’installer au Japon n’en fassent qu’à leur tête, en faisant fi des conventions sociales japonaises, certes parfois stupidement strictes.

« So desu ne… »

C’est tout ce qu’elle parvient à placer, d’une petite voix, avant que le jeune homme ne reprenne la parole. Elle ne comptait pas vraiment le mettre mal à l’aise. Mais bon, s’il a apprécié, alors tant mieux. Au moins, elle a pu être utile. Il lui fait un petit sourire et elle répond de même, en baissant rapidement les yeux sur ses mains, posées sur la table. Il enchaîne ensuite, expliquant qu’il est en effet américain. Il faut dire que pour Misuzu comme pour la plupart des japonais, toute personne occidentale est, par défaut, Américaine. Elle a bien conscience qu’il s’agit d’un préjugé stupide, mais bon, les habitudes ont la vie dure. Et puis, en l’occurrence, son préjugé s’avère exact. Il s’excuse de nouveau et elle lui sourit encore une fois.

« Ce n’est rien, daijoobu desu, c’est vraiment pas grave. »

Elle remue la main devant son visage, comme pour balayer d’un geste les éventuels doutes qui subsisteraient entre eux.

« Je n’avais rien de spécial de prévu, de toute façon, j’ai la journée devant moi. C’est assez rare pour que j’en profite. »

Il s’excuse une troisième fois, lui demandant également de l’appeler par son nom de famille, ce qui fait se muer le visage de la jeune femme en un sourire de soulagement presque par réflexe. C’est alors que la serveuse revient, chargée de nombreuses assiettes, tant et si bien que Misuzu commence à s’interroger sur la possibilité de toutes les agencer sur leur table. Minami-san dépose d’abord la petite théière pleine d’Earl Grey devant elle, puis sa quiche, avant de demander à Yuuta ce par quoi il aimerait commencer. Il choisit la tarte à la fraise et Misuzu baisse une nouvelle fois les yeux sur les quatre assiettes restantes, puis regarde de nouveau Yuuta. Comment va-t-il manger tout ça ? En est-il seulement capable ? Bon, à vrai dire, avec les Américains et la nourriture, tout est possible. Du moins, de ce que la jeune japonaise en sait. Elle se contente donc de saluer la serveuse, puis de souhaiter un bon appétit à son compagnon de repas.

« Itadakimasu ! Shoutain shitekurete arigatou… »

Forcément, de la nourriture gratuite, elle n’allait pas refuser. Elle attend que le jeune homme lui réponde avant d’attraper sa fourchette et de l’enfoncer dans la quiche. Lorsqu’elle prend la première bouchée, la texture la surprend un peu mais rapidement elle s’habitue et se prend à apprécier, et à rapidement rabaisser sa fourchette afin de prendre un nouveau morceau. Lorsque son compagnon la questionne sur si elle apprécie ou non le plat, elle ne peut que cacher sa bouche pleine du bout des doigts.

« Sugoi Oishii desu »

Elle parvient à articuler malgré la quiche, et finit sa bouchée avant de remplir sa tasse et de prendre une gorgée de thé. Alors qu’elle prend un nouveau morceau de quiche, il lui explique être à moitié japonais. Comme elle s’en doutait, donc. C’est logique, quelque part. Il a quand même l’air assez japonais. Mais ça explique aussi son allure rappelant un peu elle d’un idol. Il confirme également être étudiant, plus précisément en musique. La bouche toujours pleine, Misuzu écarquille les yeux et hoche la tête, incapable de placer son « so desu ne » habituel, avant qu’il précise faire un voyage au Japon. Elle finit donc sa bouchée et l’interroge.

« Un voyage ? Vous ne restez pas, alors ? »

Il explique étudier des moyens de communiquer, avec les félins. Cela semble ne rien avoir à faire avec la musique, mais Misuzu ne veut pas paraître impolie et hoche la tête, acquiescant à grand renfort de « hmm » approbateurs. Une question lui vient néanmoins à l’esprit, peut être sur la seule chose qu’elle arrive vaguement à comprendre et visualiser dans sa tête. »

« Dans quel langage est-ce que Gev signifie stop ? Celui que vous avez inventé pour parler aux chats ? »

À vrai dire, dans un domaine aussi éloigné du sien, Misuzu se trouve bien en peine pour avoir des questions intelligentes à poser. Et puis, même si c’était le cas, elle n’a jamais eu de chat, donc impossible de relier ce qu’il dit à des exemples concrets. Elle se contente donc de hocher la tête en alternant bouchées de quiche et gorgées de thé. Ainsi, lorsqu’il la questionne, elle commence par s’étouffer avec ce qu’elle a dans la bouche, étant ainsi forcée de se frapper le sternum pour respirer de nouveau normalement avant de répondre.

« Nihonjin desu. Mes deux parents sont de ce pays. Mais je suis née et j’ai grandi à Tokyo. À Saitama, pour être précise. La ville est assez connue grâce à son équipe de baseball, les Raionzu. »

Il l’interroge à nouveau, suggérant qu’elle serait peut être connue. Elle ne peut s’empêcher d’étouffer un petit rire derrière sa main.

« Moi ? Modèle ? Je suis bien trop banale pour ça, allons. Je suis juste étudiante à l’université. Peut être nous sommes nous déjà croisés sans le savoir. Ou alors vous me confondez, il faut dire que j’ai un physique assez commun. »

Elle hausse les épaules avec un sourire. Ça ne serait pas la première fois qu’on croit la reconnaître, loin de là. Puis, son sourire s’élargit de nouveau lorsqu’il lui demande si elle est médium, à cause de ses questions ciblées.

« Non, rien de tel. C’est juste de la logique, Keimoo est une ville très étudiante. Et vous avez des traits occidentaux. Il suffit juste d’être un peu observateur, ce que, par chance, je suis. Désolée si ça vous a mis mal à l’aise. »

Il l’observe un instant, comme cherchant à la sonder, et elle regarde d’un côté et de l’autre pour éviter que leurs yeux se croisent. Finalement, elle décide que l’option la plus simple est tout simplement d’enfourner un nouveau morceau de quiche. Il la remercie une nouvelle fois et elle se contente de hocher la tête une fois de plus, les yeux fixés sur son assiette pour éviter de rougir. Puis, il l’interroge sur ses achats. Elle commence par marmonner. Comment définir sa relation avec Satoshi ? Ils ne sont pas vraiment amis, mais elle a apprécié passer du temps en sa compagnie. Elle hésite un instant avant de répondre.

« C’était juste du matcha. Pour parfumer des mochis, pour faire un cadeau. J’aurai d’autres ingrédients à acheter bien sûr. »

Elle reste silencieuse un instant, avant de se décider à proposer une nouvelle fois son aide.

« Si vous le souhaitez, comme j’ai de toute façon d’autres achats à faire, je pourrai vous accompagner acheter votre tasse, une fois que vous aurez fini toutes vos tartes. »

Elle sourit chaleureusement, toujours incertaine de sa capacité à engloutir tous ces desserts. Mais bon, après tout, il ne faut jamais sous estimer les Américains. Elle se contente donc d’enfourner une nouvelle bouchée de quiche, avant de l’interroger à son tour.

« Comment trouvez vous le Japon, alors ? Cela faisait-il longtemps que vous n’étiez pas venu ? »

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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Jeu 29 Mar 2018 - 18:59

Décidément, Misuzu était trop chou, Yuuta ne pouvait s’empêcher de sourire niaisement durant tout le temps où elle lui parla.

Si c’est ça "banale", alors je choisis "banale" à chaque fois.

« Non, rien de tel. C’est juste de la logique, Keimoo est une ville très étudiante. Et vous avez des traits occidentaux. Il suffit juste d’être un peu observateur, ce que, par chance, je suis. Désolée si ça vous a mal à l’aise. »

Et maline en plus de ça, j’aime bien.

Du revers de la main, il signifia à la jeune femme qu’en aucun cas il avait été mal à l’aise. Après tout, il est vrai que ce n’était que de la logique et même s’il était déçu que sa petite fantaisie se soit révélée infondée, il était heureux de savoir qu’il ne faisait pas face à un médium ; c’est qu’il y avait des éléments de sa vie qu’il préférait garder secrets et donc, une personne pouvant les deviner aurait été quelqu’un qui l’aurait mis mal à l’aise.

C’est qu’il était curieux mais n’appréciait pas trop se retrouver en face d’une personne qui l’était aussi.

Pourtant, le petit silence qui s’ensuivit lorsqu’il lui avait demandé à propos du contenu de la boîte eu le don de titiller sa curiosité ; ses deux coudes s’appuyant sur la table, ses deux mains se joignant et sa tête reposant sur celle-ci, il ne put s’empêcher de faire un sourire à la jeune fille, regardant la scène se jouer.

« C’était juste du matcha. Pour parfumer les mochis, pour faire un cadeau. J’aurai d’autres ingrédients à acheter bien sûr. »

Ohoh, un cadeau ? Pour qui ?

« Si vous le souhaitez, comme j’ai de toute façon d’autres achats à faire, je pourrai vous accompagner acheter votre tasse, une fois que vous aurez fini toutes vos tartes. »

Hochant la tête en signe d’accord et continuant à sourire, il se rappela lui-même à l’ordre, reprenant sa lente consommation de tarte une fourchette à la fois. Bien qu’en premier lieu il ne s’était pas cru capable de pouvoir toutes les consommées, sa gourmandise, elle, lui annonçait le contraire. Finissant la première part qu’il avait choisi, il prit alors un crumble aux abricots et plaça celle-ci dans son assiette, se délectant dès la première bouchée.

« Comment trouvez-vous le Japon, alors ? Cela faisait-il longtemps que vous n’étiez pas venu ? »

Plaçant une deuxième fourchette copieusement remplie dans sa bouche, il prit le temps d’ingurgiter le délicieux crumble alliant un subtil goût sucré et l’acidité de l’abricot avant de s’essuyer la bouche et de répondre à son interlocutrice.

« Tout d’abord, pour répondre à vos questions précédentes. » Il se redressa quelques peux sur sa chaise, le thème de la musique lui faisant toujours prendre cet air solennel lorsqu’il faisait son "prof". « Gev est un mot inventé qui allie aux mieux des fréquences pour envoyer un message au félin. » Il eut un sourire pour la jeune femme, ce thème était un sujet compliqué à comprendre, même pour lui, mais il allait faire de son mieux pour l’expliquer. « Je m’explique : les sons peuvent influencer le comportement ou la perception d’un individu. Par exemple, certaines fréquences influencent directement le corps humains, c’est une des bases de la musicothérapie. »

Tout en continuant à parler, il coupa une nouvelle part de son crumble et allait l’amener à sa bouche lorsqu’il se souvint que manger et parler n’était pas des plus adéquat et reposa alors sa fourchette pour continuer son récit.

« Par exemple, des chercheurs au Moyen-Orient ont découvert que le son de la harpe à une fréquence telle qu’un patient en écoutant pendant une bonne vingtaine de minutes voit son corps emmagasiner plus d’oxygène que de normal. Comme si le son l’aide à respirer, si vous voulez. » Il jeta un regard à son interlocutrice, espérant qu’il ne l’avait pas déjà perdue. « Ils ont donc commencé à… administrer des séances d’harpes quotidienne à des patients atteint de cancer, remarquant rapidement des améliorations dans leur condition de santé ainsi que dans leur capacité à supporter la douleur. »

Il allait continuer à donner des exemples des effets des sons sur l’humain, mais il se rendit compte que cela allait encore plus compliquer le tout et surtout le faire dévier trop loin de la question initiale. Se grattant la tête, Yuuta s’excusa auprès de la jeune femme, expliquant qu’une fois qu’il était parti sur ce thème sa passion avait de la peine à être arrêté avant de conclure son mini-exposé.

« Pour en revenir à votre question : Gev utilise le même principe que Stop. Les deux mots sont courts, montent dans les aigus avant de s’arrêter complètement. » D’une main, il dessina le haut d’un triangle dans les airs tout en répétant Ge-v et Sto-p. « Pour un animal, même s’il ne comprend pas la langue, le langage sonore, lui, est interprété et un ordre transmis au corps. C’est pourquoi un chien s’arrêtera plus facilement dans son action si vous lui dites "Stop" plutôt que "Attention". Comme pour la musicothérapie, c’est plus l’effet d’un son donné qui m’intéresse plutôt que son origine ou sa signification. »

Il prit alors sa fourchette, haussant des épaules rapidement, terminant son explication avant d’enfourner celle-ci et d’afficher un air satisfait sur son visage pour le goût de ce crumble ainsi que son mini-exposé.

« En soit, si je tente de créer un nouveau vocabulaire, c’est pour éviter des problèmes de compréhension pour les humains ; imaginer que la meilleure façon de commander à un chat de rester sur place soit d’utiliser "fuis", on s’emmêlerait tout de suite les pinceaux, non ? »

Il fit un sourire à la jeune fille, tout de même gêné de prendre autant de son temps pour lui expliquer tout ça alors que seuls les afficionados de la musique et des sons s’intéressaient vraiment à ce genre de chose. Son professeur avait l’habitude d’appeler ce genre de recherche des "behind-the-scene", ou, d’après lui, "la découverte des règles régissant le monde".

C’était une suite d’atelier pratique avec ce professeur en question qui avait fait découvrir à Yuuta toutes les possibilités qui se cachaient derrière le monde de la musique et des sons qui la régissaient. C’est grâce à ce professeur-là qu’un jour le jeune garçon s’est posé la question qui allait alimenter ses recherches scolaires : "Pourquoi la musique fait ce qu’elle fait ?".

« Et oui, un voyage, car après tout, "Whenever there is a meeting, a parting shall follow". Pour tout dire je viens au Japon au minimum 6 fois par année, que ça soit pour visiter la famille, les anniversaires ou accompagner ma sœur qui doit suivre des… » Il chercha un instant le bon mot, ne sachant pas vraiment comment expliquer ces "séances" que devaient suivre chaque femme Fukuro. « …cours, sur le passé de ma famille, ses origines, les mythes de sa création et autres. Mon dernier voyage remonte à novembre dernier, si je ne m’abuse, pour l’anniversaire de ma petite cousine… Hinata Fukuro, peut-être que vous la connaissez ? »

Avalant une nouvelle fourchette, les yeux du jeune garçon se baissèrent sur l’assiette devant lui, regardant ce crumble aux abricots qui ne semblaient pas diminuer malgré les généreuses bouchées qu’il prenait. Jetant un regard sur les assiettes, il soupira légèrement à la vue des trois autres restantes.

Relevant son regard pour le poser sur le petit bout de chou qui lui faisait face, il afficha un large et chaleureux sourire sur son visage.

« Watanabe-san, seriez-vous tentée par une tarte ? À première vue, j’ai eu les yeux plus gros que le ventre et je ne pense pas pouvoir en manger trois de plus. Deux, sûrement, mais pas trois. » Son sourire se transforma en un gêné, sa main qui ne tenait pas la fourchette grattant l’arrière de sa tête. « Donc si vous voulez bien succomber à la gourmandise et aider un jeune imbécile en peine, sentez-vous libre d’en prendre ou une deux. Sinon je demanderai à les prendre à l’emporter. »

Souriant à nouveau, il regarda la jeune femme agir, espérant qu’elle veuille bien aider son ventre en peine.

« Sinon, le Japon est vraiment un pays à part. Du moins pour moi qui suis tout de même habitué aux extrêmes des US. Mais dites-moi, Watanabe-san, êtes-vous déjà sortis de l’archipel Nipponne ? Est-ce qu’il y a des pays que vous désireriez visiter ? Une préférence pour les pays froids du nord ou resteriez-vous dans la chaleur de ceux du sud ? »

Son regard ne quitta jamais la jeune femme, sa tête hochant de temps à autre pour lui signifier qu’il l’écoutait attentivement malgré le fait qu’il entamait maintenant sa troisième assiette. Sourire aux lèvres, il se permit d’ajouter une question aux réponses de cette femme aux yeux marrons.

« Et avez-vous quelqu’un pour vous accompagner dans tous ses voyages qui parsèmeront votre vie ? » A peine son cerveau enregistra-t-il les mots qui venaient de s’échapper d’entre ses lèvres qu’il écarquilla les yeux, se rendant compte de sa bêtise. « Je… je suis désolé, je ne voulais pas être aussi indiscret, c’est juste que… Voyager à deux, vivre à deux, est toujours mieux que seul, non ? »

Il se gratta alors la tête, une grimace s’affichant sur son visage alors qu’il baissait les yeux au sol.

« Ah, excusez-moi… Je suis un peu trop fleur bleue ; j’aime les belles histoires d’amour ou celle naissante. Elles font danser mon cœur de joie pour ceux qui les vivent et j’ai… J’ai cru que le petit silence que vous avez eue lorsque je vous ai posé la question pour le matcha signifiait que quelqu’un avait capturé votre cœur. »

Gêné comme jamais, les joues se rougissant au fur et à mesure qu’il se rendait compte des inepties qui sortaient de sa bouche, il enfourna une nouvelle fourchette généreuse en tarte au citron, son regard fuyant son interlocutrice et un petit silence tombant sur lui après qu’il ait ouvert une dernière fois sa grotte à bêtise qui lui servait de bouche.

« D... Désolé. »

S’il continuait comme ça, la recherche d’une tasse allait être des plus compliqués. Il fallait vraiment qu’il se reprenne et arrête d’être aussi curieux.

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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Sam 31 Mar 2018 - 23:47

 
Elle jette de nouveau un œil sur les nombreuses tartes. C’est vrai que les américains mangent des plus grosses portions, mais quand même là, ça semble vraiment beaucoup. Mon regard fait des allers retours entre les tartes, le jeune homme, les tartes de nouveau… Elle a un peu de mal à me concentrer, et se contente de manger sa propre quiche en alternant avec des gorgées de thé, tant et si bien qu’elle doit bientôt en verser de nouveau dans la tasse. En tout cas, elle ne semble pas l’avoir mis mal à l’aise. C’est toujours ça. Ça serait mieux de donner une bonne image de l’endroit et de la culture, se dit elle.

Il se met à expliquer la provenance du drôle de mot qu’il a prononcé. Elle est à peu près certaine d’être tout à fait incapable de le dire correctement. Guevu ? Jevu ? Elle se tromperait tout le temps. Mais c’est bien de voir qu’il y a des gens qui s’intéressent à ce genre de sujets. Elle ne savait même pas que la musicothérapie existait. Mais effectivement, cela paraît probable que les gens cherchent à se soigner avec tout ce qui est possible ? En même temps, au Japon, déjà rien que la psychothérapie est quelque chose qui est regardé comme du charlatanisme. La seule raison pour laquelle elle y connait quelque chose, c’est parce que ses parents sont plutôt ouverts. Alors bon. Elle suppose qu’aux Etats-Unis, ils sont plus ouverts qu’au Japon sur des sujets comme les médecines autres. Elle enfourne une nouvelle bouchée, et réalise que sa part de quiche commence à se faire vraiment mince. Néanmoins elle tente de rester concentrée sur ce qu’il dit, essayant d’éviter que son esprit ne parte papillonner. Après tout, il y a déjà beaucoup d’informations dans ce qu’il dit donc si elle veut tout comprendre autant bien écouter. Elle hoche la tête sans être sûre de comprendre comment le son d’un instrument peut aider à soigner. que Est-ce que c’est encore une histoire de pouvoir de l’esprit sur le corps ? Mais, à vrai dire, elle n’y connait pas grand chose en sciences, à part ce qu’elle a appris au lycée.

Il semble hésiter un instant sur ce qu’il veut dire, et Misuzu me contente de hocher la tête avant d’avaler une gorgée de thé, pour lui montrer qu’elle l’écoute. N’ayant jamais eu de chien ou de chat, le sujet est parfaitement abstrait pour elle mais elle fait de son mieux pour comprendre. À vrai dire, dans sa tête, c’était une question de dressage et d’habitude plus que de sonorités, mais ce qu’il dit semble tenir debout, du moins depuis son point de vue de néophyte. Néanmoins, quelque chose l’interpelle.

« Mais, si Gev veut dire quelque chose dans une autre langue, comme en Russe ou en Français par exemple, est-ce que ça ne risque pas d’être compliqué à utiliser alors ? »

Misuzu fait un sourire gêné. Peut être que sa question est stupide, sûrement même. Mais en tout cas c’est ce qui lui a traversé l’esprit, aussi profane qu’il soit. Il confirme que son séjour ici ne fait que partie d’un voyage, et elle hoche la tête, dubitative, pas sûre de comprendre tout ce qu’il lui dit. En tout cas, sa famille semble être en grande partie au Japon. Ça explique sûrement sa maîtrise quasi parfaite de la grammaire. En revanche, il semble penser qu’elle connaît quelqu’un de sa famille, et Misuzu se voit obligée de secouer la tête.

« Non, ça ne me dit rien. Désolée. »

Est-ce que cette personne est connue ? Misuzu n’a jamais ne serait-ce qu’entendu ce nom là. Peut être est-elle étudiante ici, à Keimoo ? Dans tous les cas, la jeune femme n’a jamais eu affaire à elle. Le jeune homme jette un œil aux tartes et soupire. Misuzu se retient de faire une remarque, mais elle commence à vraiment se demander pourquoi il a commandé autant à manger. Elle baisse les yeux vers sa propre assiette où sa part de quiche est finie, et sourit lorsqu’il lui propose de partager avec elle, mais secoue de nouveau la tête.

« Kekko desu. Mais merci, c’est gentil de me proposer. »

C’est bien l’une des rares fois où elle n’a plus si faim, mais Misuzu n’est pas tellement sucré. Il reprend, l’interrogeant sur de possibles voyages. La jeune femme hausse les épaules.

« A-Ah, il y a beaucoup d’endroits qui semblent très intéressants. Je suis déjà allée en Europe, mais j’aimerais y retourner plus longtemps. À vrai dire, je n’y ai jamais vraiment réfléchi… Le Japon est mon pays et je m’y sens bien, je ne voudrais pas le quitter pour trop longtemps d’un coup… »

Elle sourit timidement. C’est sûrement une réponse assez cliché, mais qui a le mérite d’être sincère. En revanche, son visage vire au rouge écarlate lorsqu’elle entend la question d’après, et elle s’enfonce les ongles dans la paume de la main involontairement. Il s’excuse mais insiste néanmoins.

« Eto- Ano- Non, il n’y a personne. »

Et puis ça ne vous regarde pas, pense-t-elle très fort. On ne demande pas ce genre de choses à quelqu’un qu’on ne connaît que depuis quelques minutes. Peut être que Kaede a raison à propos des Américains, alors. Qu’ils sont sans gêne. Elle secoue la tête.

« C’est juste pour le capitaine d’un des clubs auxquels j’appartiens, voilà tout. »

Il n’y a pas d’histoire d’amour. Enfin, pas qu'elle sache. Il s’excuse une nouvelle fois et elle reste silencieuse, se saisissant de sa tasse de thé, en buvant une nouvelle gorgée avant de se plonger dans l’observation du fond. Peut-être que ce jeune homme est plus gaijin qu’il n’en a l’air. En tout cas, ici, ce genre de sujet ne se discute qu’entre amis, voire amis proches. Elle rougit de nouveau. Il n’y a rien, de toute façon. Elle hausse les épaules, butée, hésitant à dire quelque chose. Et puis elle se rappelle qu’elle essaie d’être accueillante, et de faire bonne figure. Aussi, elle relève la tête et fait un petit sourire.

« Daijoobu desu. J’imagine que nos cultures sont vraiment très différentes. »

Elle fait une pause, se taisant l’espace d’un instant, et se décide à le questionner aussi.

« Est-ce que tous les Américains sont aussi curieux, ou seulement vous ? »

Etrange, pour quelqu’un qui semble avoir beaucoup de liens avec le Japon. Peut être que l’influence Américaine se propage vite. Pourtant, Kaede y a vécu un an, et il semble tout aussi japonais que n’importe qui d’autre, du moins autant que quelqu’un d’Osaka et qui parle le kansai-ben à toute vitesse puisse l’être.

« Combien de temps restez vous, alors ? »

S’il est étudiant ici, il doit bien rester au moins un an, non ? Mais peut-être que ça fait longtemps qu’il est ici… Remarque, ce n’est pas ce qu’il avait l’air de dire. Autant clarifier.

« Quand est-ce que vous êtes arrivés ici, au Japon? À Keimoo? »

Misuzu aurait tendance à dire depuis peu, étant donné sa difficulté à s’adapter aux conventions sociales locales, mais elle ne veut pas être impolie, au contraire, elle tente d’être bienveillante. Après tout, il n’a rien fait de mal, et ne s’est montré que très sympathique jusqu’à présent.
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MessageSujet: Re: Les Feuilles Mortes [PV Misuzu]   Sam 7 Juil 2018 - 11:14

Un sourire s’afficha sur mes lèvres, le genre de sourire taquin et amusé que j’avais lorsque je voyais quelque-chose qui me plaisait grandement.

Dans le cas présent, c’était l’expression que venait de faire Watanabe-san assise en vis-à-vis ; son visage virant dans un rouge écarlate qui aurait de quoi rendre jaloux les pires des coups de soleil.
Ajouté à ça que ce visage tout rond était juste totalement craquant quand elle était gênée et vous aviez le mélange parfait pour titiller une personne qui aime être taquin comme moi.

« Eto- Ano- Non, il n’y a personne. »

Oh mon dieu, c’était trop juste trop dur de ne pas vouloir tirer sur cette corde là encore un peu ; elle devait être tellement chou quand elle faisait la moue ! Mais non, c’était encore une inconnue et mon but n’était pas de me faire des ennemis, mais des amis. C’est pourquoi, je scellai mes lèvres et ravalai ces mille questions que j’avais en bouche juste pour la teaser un peu plus.

« C’est juste pour le capitaine d’un des clubs auxquels j’appartiens, voilà tout.  »

Capitaine d’un des clubs ? C’était intéressant, je pourrais demander s’il est beau garçon, s’il est capitaine d’un club de sport et si c’était ça qui… NON ! STOP ! NO TEASE !

Mais elle n’aidait pas non plus, avec son air tout mignon, son regard perdu dans le fond alors qu’elle buvait son thé à petite gorge d’une manière machinale, ses pensées prenant visiblement le dessus sur ses autres facultés jusqu’à ce qu’elle se mette à nouveau à rougir et finit par hausser ses épaules.

Autant dire, que de mon côté, je me tortillais sur ma chaise pour pas lui attraper ses joues et les tirées dans tous les sens en criant ô combien elle était chou ou même encore ô combien c’était visible sur son visage, même pour un étranger comme moi, qu’il y avait bien là plus qu’une simple amitié avec le capitaine d’un de ses clubs.

C’était juste trop tentant !




Soudainement, une douleur sans équivoque vint me caresser l’arrière du crâne, mes yeux se fermant sous le soudain choc et mes lèvres se contorsionnant en une grimace mi-amusée, mi-blessée.

« Yu-y-yu-y ! » La voix bégayante et totalement désemparée de ma sœur fut la première chose qui me tira de ma stupeur, mes yeux s’ouvrant et se posant sur le visage rouge d’Aya, un journal roulé dans la main en guise de matraque. « Tu-t-tu- ! »

Mon sourire amusé me revint rapidement aux lèvres, les souvenirs de la discussion d’il y a quelques instants refaisant surface instantanément, alors que mon regard glissa sur le visage baissé et rouge comme une tomate de la belle blonde assise en vis-à-vis et donc à côté de ma sœur.

« Quoi ? C’était une très bonne question de demander si Mel’- » WHACK !

Un nouveau coup avec la matraque de fortune d’Aya m’arriva en pleine tête, de face cette fois-ci, la violence du coup une sommation à ne pas continuer sur ce chemin-là.

« Y-YUUTA ! T-TU-T STOP ! TEASE PAS MELLY COMME CA !  CA T’REGARDE PAS C’QUI- »
« E-ESPAGNOLE ! »

Ce fut soudainement le grand blanc, le regard rouge de furie et de gêne de ma sœur se tournant lentement en direction de sa bien-aimée alors qu’un sourire à m’en décrocher la mâchoire étirait encore plus mon faciès. Mélanie, elle-même, avait répondue à ma question, ses mains tentant de cacher au mieux son visage rouge et toute la gêne qui se lisait dans ses yeux.

« Mel’, Sweetie, tu es pas forcée de répondre aux questions débiles de mon f- »
« Et Aya ? Anglais ou Japonais ? »

Oui, je n’allais pas laisser la chance à ma stupide petite sœur que j’aime de calmer le jeu et de laisser la pauvre Melly souffler, après tout, c’était notre première rencontre, il fallait marquer le coup et directement donné le ton pour la suite des événements vu que les choses étaient devenues plus que sérieuse entre elles.

Et pour ça, j’étais prêt à me prendre encore plusieurs coups de matraque en papier d’Aya. D’ailleurs, elle levait déjà le bras en l’air, des éclairs sortant de ses yeux et me fusillant sur place alors que je m’apprêtais à recevoir ma punition avec un sourire plus qu’amusé de cette situation.

« NON MAIS CA VA PAS DE DEMANDER CA SUR TA SŒUR ?! »

Les coups tombèrent comme la pluie un beau jour d’automne, chaque coup faisant un bruit sec avant de laisser la place au prochain, mes mains formant tant bien que mal une protection contre le déluge de papier qui s’abattait sur ma pauvre personne hilare.

Car oui, malgré que cela énerve encore plus mon bourreau, je ne pouvais pas m’arrêter de rigoler en m’imaginant la scène du point de vue de la pauvre Mélanie qui devait se demander dans quelle famille de fou elle était tombée.

« A-Anglais ! »

À nouveau, un blanc soudain tomba entre nous trois, mais cette fois-ci pas parce-que Melly avait répondue, mais plutôt qu’elle avait répondue avec une telle passion et candeur que cela n’avait pas surpris que ma personne, mais celle de ma sœur aussi. La belle blonde aux yeux couleurs sable était rouge comme le soleil, son regard n’osant même pas croiser celui de sa bien-aimée alors que les doigts de ses mains jouaient à s’entrelacer sans fin.

« D-définitivement Anglais. »

Un sourire amusé s’afficha alors sur les fine lèvres rosée de la femme, son regard croisant enfin celui de celle qui faisait battre son cœur, l’air totalement surpris et gêné d’Aya décrochant un petit rire à jolie blonde assise vis-à-vis de moi.

WHACK !

« MAIS QU’EST-CE QUI TE PRENDS DE LUI DIRE DES TRUCS PAREILS ?! » Malgré la gêne et son cœur qui devait fondre de toute part, ma sœur s’était quand même sentie obligée d’engueuler sa petite amie qui, après le coup de papier journal, ne pouvait se retenir de ricaner dans ses mains. « ET AVEC UN TON MIELLEUX ET CANDIDE ET REMPLIS D’AMOUR ET-ET-ET-ET »

C’était la fin, j’étais K.O., mes mains attrapant mon ventre alors que je rigolais à gorge déployée, Mélanie me suivant dans mon hilarité et ne faisant que nourrir la mienne par la même occasion.
Le tout au dépens de ma pauvre petite sœur qui ne savait pas encore si elle devait être furieuse ou laissé son cœur fondre face au… "compliment" que venait de lui faire son aimée.

Au final, ne sachant plus où vraiment donner de la tête, Aya déchaîna toute sa gêne accumulée sur le plus hilare des deux fanfarons, ça voulait dire moi.

« TOI !  » WHACK ! « ARRÊTE » WHACK !  « D’AUTANT » WHACK !  « AIMER » WHACK ! « EMBÊTER » WHACK ! « LES » WHACK !  « GENS !  » WHACK !


Ce petit moment de silence entre nous avait eu le don de me remettre les idées en place, du moins avait eu le don que je ne rajoute pas de commentaire vis-à-vis de ce que j’avais vu et compris à travers le comportement de Watanabe-san.

J’avais les lèvres pincées, tentant de caché le sourire qui s’étirait dessous, la tête baissée et les yeux rivés sur le reste de tarte qu’il me fallait encore manger. Il faut dire que dans cette position, ça allait prendre encore plus de temps que prévu.

Par contre, et je remercie le ciel pour ça, Watanabe-san mis rapidement fin au moment silencieux, me tirant de mes rêveries et me faisant reprendre un air plus ou moins sérieux… Du moins, maintenant, je pouvais continuer à manger mes tartes sans avoir l’air d’être un imbécile heureux de le faire.

« Daijoobu desu. J’imagine que nos cultures sont vraiment très différentes. »

Je ne pouvais qu’acquiescer sur ce point ; la culture japonaise et américaine était assurément très éloignées l’une de l’autre sur plusieurs points principaux. Cependant, dans mon monde, ça ne voulait pas dire que tout était bon ou mauvais à prendre ; la culture nipponne et américaine a chacune leurs bons et mauvais côtés.

Tout comme chaque être humain à des bons ou mauvais côtés.

« Est-ce que tous les Américains sont aussi curieux, ou seulement vous ?  »

Ouch… Un point pour Watanabe-san, là.

« Ah erm… euh… » Sur le coup, je me gratte l’arrière de la tête, mes joues commençant gentiment à me brûler et mon esprit bug légèrement. « On va dire que non… Enfin… J’ai que mon expérience personnelle pour témoin, mais il me semble que je dois être un… modèle… plus curieux que tous les autres. Erm… Désolé si je suis allé trop loin. »

J’ajoutais un sourire amical à mes mots, tentant de me rendre un peu plus sympathique pour la jeune femme, est-ce que ça marchait ? J’arrivais pas vraiment le dire, mais je ne perdais rien à me montrer sous un meilleur jour.

« Il faut comprendre que les Américains naissent et vivent souvent avec l’impression que le monde est leur salon… J’imagine qu’on doit pas mal avoir une tendance à arriver n’importe où et mettre les pieds sur la table comme si on était chez soi. » C’était plutôt gênant d’avouer la chose et d’en même temps se rendre compte qu’on faisait exactement ce qui venait d’être dévoilé, c’est pourquoi, par réflexe de gêne, je me grattais la tête en regardant ailleurs. « Enfin, voilà, désolé… Les vieilles habitudes sont celles qui ont le plus de peine à disparaître. »

Ah, doux thé et douce part de tarte, merci à vous de m’aider à cacher ce visage gêné en me donnant quelque-chose à faire de mes mains. C’est que la jeune femme en face de moi avait ce petit côté accusateur qui touchait là où il fallait à chaque fois. Le pire, c’est qu’elle ne semblait pas vraiment vouloir la chose ainsi, que toutes ces questions qui me mettaient mal à l’aise vis-à-vis de mon comportement semblaient toutes demandées de manière innocente.

Ou alors c’était moi qui avais le souci, qui me sentait jugé et prenait tout ce qu’elle me demandait comme une mini-attaque ? Possible, après tout, elle me demanda combien de temps je resterai ici et sur le moment, je me suis sentis attaqué comme si elle me demandait quand est-ce que j’allais enfin quitter ce pays.

Meh.

« Ah, je compte bien rester ici jusqu’à ce que mon papier soit terminé. Profiter de rencontrer de nouvelles personnes, créer des amitiés, me plonger dans la culture et me faire un petit nid ici. » Terminant une tarte, mes yeux tombèrent sur celles qui restaient à terminer et mon estomac ce noua ; je n’allais pas réussir à tout finir, c’était sûr. « Qui sait ? Peut-être que je ferai la connaissance d’une femme exceptionnelle et que je resterai pour toujours ici. La vie est faite de surprise, non ? Alors autant ne pas trop faire de plan pour le futur et voir où le présent nous amènera. »

J’allais lui demander si elle était du genre à tout planifier en avance ou à laisser une part d’aléatoire arriver dans sa vie, mais malheureusement, elle fut la première à reposer une question. Demandant quand est-ce que j’étais arrivé sur sol nippon et plus précisément à Keimoo.

« Le 4 décembre exactement. Il faisait noir, il neigeait beaucoup et j’ai dû marcher du centre-ville de Keimoo jusqu’à mon appartement à Amani. C’était pas une partie de plaisir, croyez-moi.» Regardant rapidement l’heure sur une des horloges du petit café, mon regard revint rapidement sur le charmant visage de la personne en vis-à-vis. « Si j’ose demander, Watanabe-san, habitez-vous loin du centre-ville ? C’est qu’à force de parler, le temps passe et je vous ai déjà interrompue dans vos courses, je n’aimerai pas en plus vous mettre en retard pour ce que vous auriez prévu d’autres dans votre journée. »

Par la même occasion, je levais une main pour appeler la serveuse, lui demandant s’il était possible d’emporter le reste de tarte avec moi et lui souriait lorsqu’elle me répondit par l’affirmative.

« Et vous, Watanabe-san, désirez-vous quelque-chose d’autre ou est-ce que nous pouvons commencer à nous en aller pour trouver cette fameuse tasse ? » Sourire aux lèvres, portemonnaie déjà sortis pour payer, j’étais tout autant prêt à rester qu’à partir si elle le désirait. « Enfin, la quête pour une nouvelle tasse se fera à deux si vous désirez toujours m’aider sur ce sujet. Si non, pointez-moi simplement vers une enseigne qui en vend et je trouverais mon chemin. »

Demandant l’addition et payant par la même occasion, je récupérais le doggy bag, très stylé, qui contenait le reste de mes tartes avant de saluer la jeune serveuse, de la remercier pour ses services et de sortir avec Misuzu de l’établissement.

Et à peine sortis, voilà que le vent froid de ce mois de décembre vint nous accueillir à bras grand ouvert. Ses bourrasques battant les cheveux qui n’étaient pas cachés sous un bonnet, ses caresses glacées mortifiant tous ceux qui n’étaient pas assez chaudement protégé contre elles.

« Oh ! J’avais oublié qu’il faisait autant froid ! » Dans un souci du bien-être de la fille que j’avais kidnappée lors de sa journée tranquille, je me tournais vers le petit paquet de vêtements chauds qui se tenait à côté de moi. « Ca va aller ? Vous n’avez pas trop froid Watanabe-san ? » Souriant tant bien que mal, j’invitais la jeune femme à avancer. « Allez, allons-y ! Plus vite on aura trouvé le magasin, plus vite on sera au chaud ! D’ailleurs, le magasin que vous m’avez conseillé, est-ce qu’il est possible de faire imprimer une image sur la tasse en question ? »


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