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 Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]

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Yuuta Fukuro
♣ Université - 4ème année
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Genre : Masculin Poissons Singe Age : 26
Adresse : 01, allées Aki, Appartement D04
Compteur 75

KMO
                                   :

MessageSujet: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Ven 15 Déc 2017 - 23:20

La nuit enveloppait de son manteau noir la ville de Keimoo, vidant de ses rues les passants les moins téméraires, ceux qui ne désiraient pas se frotter au froid de ce mois de décembre. De ses longs bras obscures, le ciel cachait les quelques fêtards qui allaient se réfugier dans un établissement de nuit quelconque, alors que d’autres, plus rares, plus inconscients, bravaient ce temps hivernal et semblaient vouloir le défier en ne cherchant pas le confort d’un établissement chauffé.

Yuuta était de ceux-ci, marchant dans les rues du quartier Bougu, arpentant les chemins sombres et coupant rapidement chaque intersection. Il avançait comme une flèche, le visage emmitouflé dans son écharpe et ses oreilles bien au chaud sous son bonnet. Prenant les chemins sombres, coupant à travers les ruelles sales, il avançait à grande enjambée, sa fourre de guitare frappant son dos à chaque pas.

Il était perdu dans ses pensées, dans cette nouvelle de la veille qui l’avait tant perturbé ; sa tête était emplie de questionnement et de réflexions toutes plus farfelues les unes que les autres, obscurcissant la clarté de son esprit et de sa logique. Ces nuages gris dispensaient alors leurs lots de frustration sur l’esprit fertile du jeune garçon qui tentait de taire ces murmurent si mesquin.

Il n’aurait vraiment pas dû fumer.

Pourtant, la journée ne s’était pas présentée sous ces mauvais auspices et n’avait pas du tout mal débutée : il s’était réveillé avant que l’heure sur son téléphone n’affiche 14:00 et avait donc put arrêter son alarme avant qu’elle ne crache ses décibels aigus, Nana n’avais pas utilisée ses petites griffes si pointues lors du câlin de réveil et sa mère avait dû repousser leur rendez-vous sur Skype au lendemain soir.

C’était donc tout en douceur que Yuuta avait débuté sa journée, celle-ci déjà bien avancée dans l’après-midi, prenant le temps de flâner dans son appartement, enfilant un sweat pant qu’après 16:00. Le snack de 18:00 avait été frugal, mais adéquat : quelques pancakes, du sirop d’érable et du chocolat fondu sur le dernier de ces disques si moelleux et goutteux. Il avait même sût résister à l’envie de se rouler un joint pour digérer, amenant sa durée sans fumette à trois semaines et quatre jours.

Tout semblait aller pour le mieux ! Et pourtant…

A 20:00, il avait décidé de relever son courrier histoire d’être au moins sortis une fois dans la journée. Descendant les marches deux par deux, il était arrivé tout sourire à sa boîte à lettre et fredonnait une quelconque mélodie jusqu’à ce qu’il l’ouvre et en voit le contenu : là, trônant au milieu des publicités pour divers services de livraison à domicile, une enveloppe bleue au tampon fort officiel.

C’était une lettre de la police de Keimoo.

Il avait alors rapidement monté les trois étages qui le séparaient de son appartement, le cœur battant à cause de l’effort physique et des mille scénarios qui apparaissaient déjà dans son esprit. Qu’avait-il fait ? Était-ce à propos de lui ? Était-ce à propos d’un de ses proches ? Il n’avait pas encore croisé de monde depuis son arrivée à Kei…

Il s’était alors arrêté net dans son élan après avoir fermé la porte d’entrée. C’était faux, il avait bien croisé quelqu’un : un personnage haut en couleur, aux cheveux blancs et au sourire rappelant un chat malicieux d’une histoire pour enfant. Était-ce donc à propos de lui ? À propos de ces actions si déroutantes et de cette habitude à créer le chaos là où il allait ? Lors de sa rencontre avec ce jeune garçon, Yuuta avait pu se faire une petite idée sur le personnage… Était-il possible que celui-ci l’ait entraîné dans bien plus de problèmes que ce que Yuuta pouvait imaginer ?

Blasted Cat!

Mais non, ce n’était pas à propos de ce satané chat au sourire malicieux, mais après avoir lu le contenu de l’enveloppe, Yuuta l’avait désiré : il était convoqué au poste pour une plainte de tapage nocturne. Aux premiers abords, Yuuta n’avait pas réellement percuté le pourquoi du comment et ceci jusqu’à ce qu’il ait l’entier du rapport sur la plainte, ses doigts s’étant immédiatement crispés sur la lettre.

Quelqu’un avait jugé bon de se plaindre d’une de ses expérimentations musicales, tôt le matin, dans les rues de Keimoo.

Depuis peu, tous les samedis avant l’aube, il s’en allait de son domicile pour Keimoo, arpentant ses rues jusqu’à un lieu d’où il observait le calme de la ville avant que celle-ci ne s’activent à nouveau. Il y voyait une certaine beauté et surtout pensait qu’il y découvrirait une mélodie : celle de la ville.
Dès lors, il s’était attelé a découvrir celle-ci, voyant dans les rares mouvements qui peuplaient les rues des possibles rythmes à retranscrire sur des pages blanches de partitions.

A force de recherche, il avait compris qu’il ne devait pas simplement rester passif à regarder cet orchestre qui se déroulait sous ses yeux de manière silencieuse, il s’était alors mis en tête de prendre part à celui-ci : lors de ces recherches, il prenait des instruments avec lui et allait dans la rue, jouant des morceaux de musique et tentant de voir quels rythmes, quelles mélodies collaient au spectacle qui s’offrait à lui.

Et quelqu’un s’en était mêlé, plaçant un bâton dans les roues du jeune garçon, de ses recherches.

D’après la date et l’endroit, c’était bien lui. D’après la description physique et vestimentaire, c’était bien lui. D’après l’instrument et les morceaux joués, c’était bien lui. Mais qui avait osé pareille chose ? Qui avait osé se plaindre d’un petit concerto de violon privé à passer 05:00 du matin ? Pourquoi cette personne s’en était-elle plainte ? Yuuta ne se plaignait pas de la "Symphonie pour Perceuse en Si bémol" à 23:30 de son voisin du dessus.

Et là commença la douce et lente chute du garçon alors qu’il n’était pas encore 22:00.

La lecture de la lettre l’avait remué : lui qui pensait ne rien faire de mal et avoir tout mis en œuvre pour ne pas déranger, il s’était trompé. Il était déçu de lui, de son comportement, de ne pas avoir eu la jugeote de faire attention ; à quoi pensait-il à ce moment-là ?! Vint alors la colère contre sa personne : après tout, qui était assez débile pour aller jouer du violon à 05:00 dans les rues ? À quoi pensait-il quand il avait jugé que cette idée était bonne ?!

Frustration, colère, désarroi. Tout lui tomba sur les épaules, renforcés par son esprit qui n’arrêtait pas de lui ressasser des souvenirs de cette soirée : Yuuta souriant à jouer au milieu des flocons, Yuuta dansant avec son violon, Yuuta rigolant cheveux aux vents. Ridicule ! Débile ! Cringy ! Ces souvenirs qui étaient auparavant si doux et plaisant aux garçons n’étaient maintenant que honte et amertume pour lui.

Et sa honte, sa colère, sa frustration affaiblirent sa volonté, affaiblirent ses mains : sans vraiment s’en rendre compte et dans un faux élan de protection, il s’était alors dirigé vers la fameuse armoire de sa cuisine et en avait sortit son pot "d’épices spéciales". Sans vraiment s’en rendre compte, tous ses mouvements étant des habitudes dont il tentait de se débarrasser, il s’était retrouvé sur son balcon, joint à la main et ses pensées, ses réflexions, se dissipant à chaque inhalation.

Crétin !

Il avait failli à sa promesse qu’il s’était faite de ne pas fumer sur sol Nippon, il avait failli dans la promesse qu’il avait faite à son père de faire attention, il avait failli, encore, dans une de ses entreprises. Décidément, c’était une habitude dont il n’arrivait pas se séparer, quelque-chose qui le définissait ; il se voyait comme une sorte de looser aux mains faibles, un gamin qui tombait dans chaque piège qui étaient érigés devant lui.

Ainsi, ce qui devait être un plaisir, une évasion, devint une chute encore plus profonde dans son désarroi, plaçant un nouveau coup à son estime de lui-même, à sa confiance dans ce qu’il entreprenait. En silence et intérieurement, il se lamenta alors de sa situation, de sa vie, de ses hobbys ; à nouveau il pensait être un moins que rien, un imbécile qui ne faisait que bêtises sur bêtises sans la moindre once intelligence.

Cela dura jusqu’à ce que les effets se dissipent et que son esprit reprenne peu à peu le contrôle de ses réflexions. Il était 00:00 pile.

Une fois qu’il commença un peu à redescendre sur terre et bien que ses réflexions aient encore tendances à déraper sur des sujets différents du problème de base, il arrivait maintenant à mieux contrôler le fil de ses pensées. Il regagna courage dans son projet et dans sa personne ; le côté de son esprit qui tentait de lui parler et de le faire regagner confiance se faisait enfin entendre.

It’s ok to fail sometimes, but it’s not possible to loose everytime.

Son cœur retrouva la joie et son envie de faire de la musique revint. Mieux : il reprit envie dans sa recherche de la mélodie cachée derrière le spectacle qu’il aimait tant aller regarder. Cependant, se remémorant la lettre, il savait que dorénavant il se devrait d’être plus discret, plus intelligent dans sa manière de faire. Il espérait juste que cette plainte ne venait pas de quelqu’un voulant spécialement lui nuire.

C’est ainsi que, à passer 01:15, Yuuta entrepris de retourner voir le spectacle qu’il chérissait tant mais dans des circonstances différentes : cette fois-ci, il n’ira pas au centre-ville de Keimoo mais au quartier Bouga, il n’ira pas avec un instrument bruyant comme le violon mais avec une guitare et, pour être sûre de ne pas être reconnu, il y jouera masquer.

Malgré qu’une partie de son esprit lui conseillait de rester chez lui, au chaud et d’attendre d’être complètement descendu. Yuuta s’était alors préparé et était parti pour rejoindre le quartier Bougu et y trouver un endroit où débuter un nouveau chapitre dans ses recherches. C’est ainsi, qu’à 03:21, il arpentait les rues sombres et sales de ce quartier qu’il n’avait arpenté que quelques fois jusqu’alors.

Ses pas s’étaient dirigés selon les envies de son esprit et celui-ci avait emmené le garçon non loin des boîtes de nuit du quartier. La musique dans ces rues était si forte qu’il ne voyait pas comment il pourrait être  à nouvel appelé à comparaître pour un problème de tapage nocturne. Oui, Yuuta était redescendu, mais sa frustration de la veille ne l’avait pas quitté, s’étant fait un petit nid au fond de son cœur et esprit.

Ainsi, il désirait ne pas avoir de bruit parasite venir déranger son orchestration, que la source soit d’une boîte de nuit ou d’un fêtard, ivrogne, qui tentait tant bien que mal de retrouver son chemin. Il savait que le fait de fumer ne l’avait pas aidé à extérioriser sa frustration grandissante et qu’il allait devoir subir la conséquence de ses actes lorsqu’il jouera. Il désirait donc ne pas être dérangé de peur de faire passer cette frustration sur la pauvre personne qui oserait l’interrompre.

Gosh, i feel like a Dictator, a total douchebag having his period.

Aux alentours de 03:45, il trouva alors enfin ce qu’il cherchait : à plusieurs rues d’une boîte de nuit ce trouvait une vieille usine désaffectée. Encore entourée de la palissade en fer et avec des murs en brique, on aurait dit l’usine de Willy Wonka si celle-ci était utilisée dans un film post-apocalyptique : les fenêtres étaient brisées à plusieurs endroits, des tags ornaient ces si beaux murs, des planches de bois pourries faisaient office de porte ou de fenêtre et l’herbe avait déjà repris son droit dans plusieurs fentes et craquement de l’édifice.

Yuuta trouva l’endroit parfait : l’effet hanté de l’endroit en repoussera sûrement plus d’un et les plus téméraires désirant quand même y pénétrer devait passer par la grille d’entrée qui, bien sûr, grinçait d’une manière sinistre.

Heureux d’avoir trouvé pareil endroit, Yuuta passa alors la grille, prenant soin de bien la refermée derrière lui. Elle n’avait pas de loquet pour bloquer les deux battants, il bricola alors une sorte de verrou avec un des masques qu’il avait pris avec lui quand il était dans son état secondaire : il avait emporté le masque d’un renard et celui de la déesse Amaterasu qu’on lui avait offert, il utilisa alors les deux bandes de tissu à l’arrière de ce dernier pour créer une sorte de blocage pour la grille, le "visage" de la déesse faisant face à quiconque s’approcherait de la porte grillagée.

En espérant qu’on prenne ceci comme un mauvais présages et que ça dissuade même le plus téméraire des bourrés.

Était-ce des relents de ses "épices spéciales" qui parlaient ? Il ne savait pas, mais l’idée lui plaisait quand il imaginait un jeune japonais, plus que pompettes, prendre peur devant ce masque et partant en courant dans le sens opposé. Il pourrait même jouer quelques morceaux sombres et dissonants pour rajouter un effet malsain à cet endroit. Avec un petit rire, il s’en alla alors plus loin dans la cours de l’usine désaffectée, prenant le temps de profiter de l’endroit et de la beauté de la dégradation de cet édifice qui devait être remplis d’histoire.

Il passa une des portes de ce qui semblait être l’entrée principale de l’usine, une fois celle-ci passée, il ne plus s’empêcher de contempler la dégradation de l’endroit où il venait de pénétrer : quelques colonnes de briques soutenaient un toit troué fait de planche de bois et brique en terre, des flocons passant et tombant dans la cours intérieur de l’usine. Les murs avaient visiblement pris de coups, les briques étant effritées, tombées à terre ou encore détruites, laissant filtrer le vent froid de l’extérieur. Le sol était insalubre et l’herbe y poussait dans les craquements du béton, pluie et neige venant de la charpente trouée aidant à la croissance de la végétation située en dessous, grandissant et atteignant les rares box en bois qui parsemaient l’endroit.

Pénétrant plus encore dans la cours intérieur de l’usine, Yuuta trouva finalement un emplacement où s’asseoir et déposa son matériel au milieu de cet endroit à l’allure sinistre. Il sortit alors sa guitare de sa fourre, faisant bien attention à ne pas la poser dans une flaque de neige fondue proche de lui. L’accordant, il se mit alors en position sur un box en bois assez haute, plaça son masque sur son visage, en attacha les bandes à l’arrière et s’apprêta à jouer, regardant le spectacle des flocons dansant jusqu’au sol depuis le toit.

Mais quelque-chose n’allait pas.

Alors qu’il avait empoigné sa guitare et qu’il avait caressé les premières cordes, quelque-chose en fond de lui gâchait son bonheur d’avoir trouvé un endroit à lui : la frustration. Celle-ci était toujours terrée depuis tout ce temps au fond de son cœur et de son esprit, attendant le moment opportun pour ressortir et empoisonné son esprit. Au début, il ignora ce sentiment qui commençait à brûler au fond de lui, faisant se concentrer son esprit sur ses notes.


Gran Vals - Fancisco Tárrega:
 


Il entreprit alors de jouer Gran Vals de Fancisco Tárrega, mais alors qu’il avait bien débuté le morceau, la lettre lui revint à l’esprit, puis l’imbécilité de ses actions, ses souvenirs amères et le fait qu’il n’avait pas tenu sa promesse vis-à-vis de la fumette. Ses doigts se crispèrent, son esprit s’emmêla et sa frustration imprégna ses notes ; plus agressives, plus prononcées. Gran Vals en devint presque du flamenco et Yuuta s’arrêta subitement de jouer, regardant ses doigts posés sur les frettes de la guitare.

No. Fucking. Way.

Fronçant sous son masque, il tenta alors de reprendre le morceau une nouvelle fois, mais une nouvelle fois sa frustration vint teinté la douce mélodie et la transforma en quelque-chose ne collant pas au spectacle qu’il tentait d’instrumentaliser. Dans un râle, il lança sa tête en arrière, maudissant son ancien lui pour avoir fumé et stocker sa frustration pour plus tard plutôt que de l’exprimer.

Après une grande inspiration, il décida finalement d’aller dans le sens de sa frustration, commençant à jouer Capricho árabe de Francisco Tárrega qui souffrait alors moins de l’agressivité dont il faisait parfois preuve sur ses notes.


Capricho árabe - Fancisco Tárrega:
 

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Chrissy O'Connor
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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Sam 3 Fév 2018 - 18:15

Chrissy était sous le jet brûlant de la douche, ses cheveux relevés à l’aide d’une pince de sorte à ne pas les mouiller. Elle avait déjà fini de se laver mais laissa encore un moment l’eau chaude ruisseler  le long de ses muscles fins. Elle voulait que l’eau emporte avec elle tous les souvenirs de sa journée. Perdue dans ses pensées, elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle s’était mise à pleurer.


Pourtant la journée avait plutôt bien commencé. Chrissy s’était levée aux alentours de 8H, elle avait eu le temps de déjeuner correctement. Elle avait la mauvaise manie de sauter les repas quelques fois. Mais pas ce matin-là, elle avait prit le temps de manger un bol de céréales accompagné d’une tasse de thé au jasmin, celui qu’elle préférait et d’un verre de jus d’abricot. Elle avait ensuite fait un peu de rangement, faisant la vaisselle, ramassant les quelques vêtements de la veille qui traînaient sur le sol de sa chambre universitaire. Puis elle avait préparé ses affaires de danse et avait tressé sa chevelure d’or et d’ambre. Elle avait alors quitté sa chambre pour se rendre en cours.

Ses deux premières heures de la journée étaient des cours théoriques, sur l’analyse du mouvement et l’analyse chorégraphique. L’analyse du mouvement se basait sur l’origine d’un pas, comment le commencer, d’où il tenait sa source et comment l’amener à sa finalité. Chrissy s’y ennuyait un peu, elle partait du principe que c’était des choses qu’on ne pouvait comprendre qu’en les sentant dans son propre corps pas au travers de schémas uniformisés et presque robotisés même. L’analyse chorégraphique lui plaisait davantage, trouver les différentes phases de la création, deviner ce qui était passé par la tête du chorégraphe pour en arriver là, trouver les bribes infimes d’émotions qui se cachaient dans une représentation tout à fait académique. Cependant, bien qu’elle aimait ce second cours, Chrissy trouvait le temps long assise sur sa chaise.

L’heure du déjeuner était arrivée et Chrissy avait avalé rapidement une pomme et s’était changée avant de rejoindre la salle de danse pour s’échauffer. Série de relevés, en sixième, première, seconde, cinquième, quatrième. Pliés, ports de bras, assouplissements, petits battements sur le coup de pied. La jeune danseuse avait sa petite routine, elle échauffait principalement ce qui était le plus susceptible d’être sujet à diverses blessures. Elle avait ensuite chaussé ses pointes et répété les mêmes exercices. La professeur de ballet classique était entrée alors que Chrissy terminait ses exercices, suivie des autres filles de sa promotion. La jeune écossaise avait de suite entendu les messes basses à son égard accompagnées de regards méprisants, mais comme à son habitude elle avait fait de son mieux pour les ignorer, elle ne comprenait pas leur mépris. Puis le cours avait commencé, reprenant un échauffement plus conventionnel suivit d’étirements, avant de passer au traditionnel adage et aux exercices en tout genre, permettant de revoir certains pas, d’en apprendre d’autres. Enfin, la professeur avait annoncé le ballet à l’étude du jour qui n’était autre que le très connu Casse-Noisette, ce qui était prévisible à l’approche des fêtes de Noël. Il y aurait des auditions pour le rôle de la Fée Dragée, rôle rarement dansé par des premières années avait-elle ajouté en lançant un regard appuyé à Chrissy. Cette dernière savait déjà qu’elle passerait tout de même l’audition, elle ne pouvait pas laisser passer cette occasion sans avoir essayé. Pour l’heure, elle devrait travailler comme toutes les premières années, la valse des flocons de neige.



Le reste du cours était passé à une lenteur effarante, sous les commentaires de la professeur : «Mlle O’Connor faites donc ce qu’on vous dit de faire ! Restez académique ! », « Plus droite ! Plus canalisée ! Plus précise ! Concentrez-vous bon sang ! » et autres invectives que Chrissy détestait du plus profond de son être. Ils n’y comprenaient rien ! Toujours la même rengaine, rester académique et nianiania...Être un robot oui ! Chrissy en bonne élève avait pourtant fait ce qu’on lui demandait de faire, ayant l’impression d’être enfermée dans son propre corps. Lorsque le cours s’était terminé, la professeur de ballet avait dit à la jeune écossaise qu’elle était une excellente danseuse mais qu’elle n’obtiendrait jamais aucun rôle si elle s’évertuait à casser les codes. Chrissy avait baissé les yeux et marmonné un « Oui, madame ». Elle avait alors attendu que les autres danseuses partent, ainsi que la prof et lorsqu’elle était sûre d’être seule, elle avait branché son téléphone à la sono et lancé sa playlist. La playlist qu’elle mettait quand elle voulait être tout sauf académique, quand elle voulait lâcher tout son cœur et toute son âme dans son art.




Chrissy ne prend même pas la peine d’aller se placer au centre de la salle. Dés que la musique commence, elle monte sur ses pointes et fait une menée rapide le temps de l’introduction jusqu’au centre de la pièce.

I, follow my heart
Somehow it always seems to know
And when I dance, my feet are dreaming
I close my eyes and let it go


Lorsque les paroles commencent, d’un seul mouvement la jeune danseuse redescend pieds plats, plie la jambe gauche et dégage l’autre devant elle en tendant les bras, ceux-ci formant une diagonale  parallèle à sa jambe droite. Puis elle inverse, transposant le tout vers l’arrière. Elle enchaîne avec un pas de valse en quatrième, derrière et à la seconde. Elle remonte sur pointes d’un relevé, se grandissant et exécute une série de petits battements sur le cou-de-pied alternant rapidement d’un bas de jambe à l’autre. Puis elle ferme les yeux et effectue un enveloppé.

Elle n’est pas encore dedans, les remarques incessantes de la prof sur le fait de rester académique la travaillent et quelque part son corps se plie à cette règle. Mais elle ne veut pas, ce n’est pas ça qu’elle aime dans la danse.

The music flows through me
And then I know I’ll be fine


Elle réalise une série de piqués-tournés secs en diagonale avant gauche qu’elle termine dans une arabesque posée. Et pourtant cette arabesque semble suspendue dans le temps, elle paraît à la fois immobile et en déséquilibre. Chrissy a fermé les yeux, les bras déployés vers l’arrière comme si elle était prête à s’envoler. Et c’est le cas, elle est prête, elle n’attend que ça.

Listen to the beat of your heart
Keep on dancing, keep on dancing
Shining just as bright as a star
Keep on dancing, keep on dancing
‘Cause dance is who I am


D’un plié agile, elle prend une l’impulsion qui la fait décoller du parquet, comme si elle ne comptait pas y revenir. Cependant, son pied retrouve la terre dans un bruit de plume et son arabesque est aussi parfaite que si elle n’avait pas bougé. Puis elle se détourne, laisse redescendre sa jambe fuselée et enchaîne avec une glissade légèrement sautée suivie d’un assemblé. Chrissy reprend son premier pas en dégagé devant mais dans l’autre diagonale et détourne en cambrant  le haut du dos, les bras arrondis, paumes vers le ciel, suivant le mouvement. Elle se laisse emporter par deux tours attitude, qu’elle engage sans force, ce qui lui donne l’impression de flotter et de tourner au ralentit, ses mouvements commencent à se fluidifier, à être moins rigides. La jeune danseuse continue sans y réfléchir dans un tombé, pas de bourré, glissade et saut de chat, comme une ascension du sol au vol. Elle se réceptionne avec grâce et remonte directement sur ses pointes, pieds joints, se laisse déséquilibrer  pour repartir d’emblée sur ses tours attitude, qu’elle finit proprement, en grande quatrième, bras à la seconde, aussi solide qu’un roc et aussi fragile qu’une feuille sous le vent. Elle recule doucement alors que le refrain s’achève, ramenant un peu plus à chaque pas ses bras le long du corps. Comme si elle allait s’arrêter.

I, stretch for the sky
That’s where I wanna go
I close my eyes, to see more clearly
The less I think the more I know



Montant sur ses pointes en petite arabesque à la seconde, Chrissy étire le bras vers le haut, comme si elle attrapait quelque chose dans l’air. Elle redescend aussi simplement qu’elle s’est mise dans cette position et lâche son bras droit, ramenant d’abord le coude à la taille, y faire ensuite passer la main et relâcher le tout. Elle prend appui sur sa jambe droite et repousse le sol pour se retrouver déséquilibrée par un retiré qu’elle rattrape en réalisant un grand plié à la seconde en deux temps, ses bras en couronne voletant près de son corps. La jeune écossaise se recroqueville, genoux pliés, têtes sur ces derniers, et bras enroulés, puis elle laisse entrevoir un de ses flancs, gardant la tête sur les genoux et déployant un bras et aussi sec elle se recroqueville sur elle-même. Puis elle se redresse d’une traite et prolonge ce moment d’un cambré. Son cambré l’emporte vers l’arrière et ses jambes suivent le mouvement en sautillant, deux en diagonale pendant lesquels ses pieds pointés frôlent ses chevilles et ses genoux passent en dehors. Deux autres de la même manière mais en tournant.


La musique continue et comme elle se répète, Chrissy reprend ses mouvements d’avant, ne les exécutant plus, mais les vivant pleinement. Tout est plus grand, plus haut, plus déséquilibré, plus vrai, plus humain. Avec ce second couplet, la jeune danseuse a recommencé à casser les codes, mêlant danse classique et danse contemporaine. Elle vit sa danse, elle écoute la musique et son corps fait, dictée par son instinct.

I color outside the lines
I’m changing up all the rhymes
I trip and stumble again and again (and again)



Le refrain se termine à nouveau, et de sa réception finale, Chrissy s’engage dans un manège. Elle reprend son pas de valse en tournant qu’elle exécute sur le cercle imaginaire tracé au sol à grandes enjambées suivit d’une série de déboulés retirés. Arrivée à la moitié de son cercle, elle arrête d’avancer et embrasse la salle du regard en réalisant cinq pirouettes fouettées qu’elle accompagne de cinq coups de tête nets. La jeune danseuse ne vit plus, elle existe. Elle entre dans une sorte de transe où autour d’elle plus rien n’existe, ni le parquet, ni les barres, ni les miroirs. Il ne reste qu’elle, la musique et ses pas. Chrissy ne réfléchit pas, plus, ce sont ses émotions qui contrôlent son corps. Elle ne danse plus, elle laisse son cœur parler. Et paradoxalement, toute la perfection qu’elle s’évertue à incarner au quotidien et dans la danse, s’en trouve soudain amplifiée, embellie par toutes ses imperfections.

But at least these steps are mine
Even when I fall I shine
I know this feeling will lead me to a bright tomorrow


Lorsque Chrissy termine son cinquième tour fouetté, elle redescend sur pied plat et vient poser son genou au sol, comme si elle faisait la révérence. Elle tend son bras gauche vers le plafond, attrape son poignet avec sa main droite et ramène ses bras sous elle. Puis elle pose son bassin, le bas de son dos et ses avant-bras sur le parquet pour pouvoir rouler en passant en écart avant de se relever comme si elle n’avait jamais été au sol. Elle tourne le dos au miroir et recule en chassant des ronds de jambe en dehors. Elle se remet dans la diagonale, pieds joints et prend une grande inspiration.

Listen to the beat of your heart
Keep on dancing, keep on dancing


La musique se calme et sans bouger, elle tourne le haut de son buste et sa tête vers le fond comme si elle regrettait quelque chose et revient dans sa position initiale, effectuant un port de bras à gauche, puis un à droite.

Shining just as bright as a star
Keep on dancing, keep on dancing


La musique repart de plus belle et Chrissy enchaîne deux grands jetés arrière en tournant. Et repart vers l’avant avec ses deux tours attitude. Le refrain reprend à nouveau et la jeune danseuse reprend ses pas d’avant.

Dance is who I am


La chanson se termine sur cette phrase et Chrissy est au milieu de la salle, jambe droite pointée derrière, bras en arrière et dos cambré. Immobile. Oui la danse est qui elle est et elle est la danse.

Elle était restée un instant ainsi, yeux clos, reprenant son souffle et profitant de l’effet grisant que sa bulle d’émotions produisait sur elle. Elle avait dansé ainsi pendant deux ou trois chansons encore. Elle ne savait plus combien exactement, elle pouvait faire ça pendant des heures. Cependant, alors qu’elle dansait, Chrissy avait sursauté et failli tomber lorsqu’elle avait entendu la porte de la salle de danse claquer, alors qu’elle était censée être fermée. La jeune écossaise n’avait d’abord pas compris ce qu’il s’était passé jusqu’à ce qu’elle remarque que son sac n’était plus contre le mur sous la barre. Elle avait alors repris son téléphone et était sortie de la salle, trouvant son châle devant la porte, puis un chausson plus loin au dessus d’un casier. Elle avait vu les autres filles de sa promotion partir en courant à l’autre bout du couloir, ricanant et semant les affaires de Chrissy un peu partout.

La jeune écossaise n’avait pas été au reste de ses cours et avait passé l’après-midi à chercher ses affaires dans tout l’établissement. Rencontrant tantôt les regards remplis de pitié des gens qui ne comprenaient pas ce qui se passait, tantôt les regards mesquins et satisfaits des personnes impliquées. Elle avait fini par tout retrouver, bien que certains de ses effets avaient été déchirés ou souillés. Elle avait tout remis dans son sac et s’était réfugiée dans sa chambre. Elle s’était laissée glisser contre la porte et avait pleuré un moment. Elle ne comprenait pas. Pourquoi ? Que leur avait-elle fait ? Plus tard, elle avait constaté les dégâts, essayant de voir ce qu’elle pourrait laver ou recoudre et ce qu’elle devrait racheter.


Chrissy ferma un instant les yeux, oui décidément, elle voulait oublier cette journée. Elle coupa l’eau qui commençait à refroidir et s’enroula dans sa serviette de bain. Elle sortit de la douche et s’arrêta devant le miroir, ses yeux étaient rouge à cause de ses larmes et même le ruissellement de l’eau chaude n’avait pu atténuer ça. Elle soupira en baissant le regard. Elle avait besoin de danser, ou tout du moins de sortir, prendre l’air, s’éloigner de cet endroit où personne ne la comprenait. Elle enfila un jean blanc ainsi qu’un pull en laine de la même couleur. Le blanc était une couleur qu’elle appréciait beaucoup, comme le bleu ciel. La jeune écossaise se regarda à nouveau dans la glace. Elle retira la pince qui retenait ses cheveux, les laissant tomber sur ses épaules. Vêtue ainsi, les reflets roux qu’elle avait hérités de son père ressortaient nettement dans sa chevelure blonde. Elle y passa un coup de brosse et sortit de la salle de bain. Elle attrapa son sac en polochon et y fourra ses papiers, un peu d’argent, quelques vêtements et ses bottines. Si elle sortait, elle savait pertinemment qu’elle ne reviendrait que longtemps après que les portes de l’académie soient closes, elle pourrait ainsi se changer le lendemain matin avant la reprise des cours, elle passerait dans un café ou quelque chose de similaire. Elle chaussa ses bottes noires à talons, qu’elle mettait pour paraître plus grande, plus âgée, seulement quand elle côtoyait le monde nocturne, bien qu’elle ne les mette pas à chaque fois et mit son manteau blanc qui ressemblait à une sorte de cape qui lui arrivait mi-cuisse. Elle sortit discrètement de l’établissement et une fois dehors, elle rabattit sa capuche sur sa tête et se mit en route.


Chrissy ne connaissait pas bien la ville, et encore moins les quartiers de Keimoo. Elle était sortie sur un coup de tête et ne savait pas vraiment où aller en réalité. De plus il n’était même pas 20H quand elle s’était éclipsée de l’académie. Elle erra donc un moment dans les rues, un peu au hasard, de toute façon elle avait le temps non ? Elle ne pourrait pas regagner l’académie avant le lendemain. Trouvant un banc, Chrissy s’y assit un instant pour réfléchir à ce qu’elle allait faire de sa nuit. Il faisait froid, elle ne pouvait pas rester ici toute la nuit sans rien faire ! La demoiselle pensa que la première chose censée à faire pour le moment serait de trouver un restaurant pour pouvoir manger un peu, mais les événements de la journée lui pesait encore sur l’estomac, elle n’avait pas faim bien qu’elle n’ait mangé que son petit déjeuner et une pomme. Non elle n’avait pas faim, elle avait besoin de s’évader seulement après elle pourrait avaler quelque chose.

La jeune écossaise se remit en marche, son téléphone à la main, essayant de trouver les boîtes de nuit qui pourraient être ouvertes, sinon leurs horaires. Elle se doutait bien que ce ne serait pas ouvert à 20H, elle avait beau être un peu naïve, elle n’était pas idiote ! Ayant trouvé une adresse dans le quartier Bougu, elle entreprit de s’y rendre. Elle mit ses écouteurs, et marcha lentement jusqu’à sa destination, elle n’était pas pressée, personne ne l’attendait avant le lendemain pour les cours.

Une fois arrivée dans le fameux quartier, Chrissy resserra sa capuche, et hésita à continuer sa route. Tout était sombre ici,  un peu délabré et les gens qui y traînaient, avaient l’air de tout sauf d’être fiables. Dans cet environnement malsain et plongé dans l’obscurité, la demoiselle tranchait avec le reste du paysage ainsi toute vêtue de blanc et sa chevelure d’or et d’ambre. Elle frissonna. Que devait-elle faire ? Prenait-elle le risque de s’aventurer plus loin ? Si elle ne le faisait pas, ou irait-elle ? Elle regarda un instant autour d’elle, pas rassurée du tout, puis ne sachant que faire, elle ferma les yeux et inspira profondément puis elle prit son courage à deux mains et s’enfonça un peu plus dans les rues du quartier Bougu. Elle arriva finalement dans un parc désert où elle se balada un peu. Puis, voyant que personne ne passait par là, Chrissy augmenta le volume de sa musique et se mit à danser au milieu du parc. Elle dansa jusqu’à ce que son téléphone n’ait plus de batterie, c’est à dire un bon moment. Il était minuit lorsqu’elle quitta le parc, réchauffée par ses pas, et plus tranquille dans son esprit.

Elle rejoignit alors une des boîtes du coin, il y avait toujours cette appréhension de savoir si on la laisserait entrer ou non, vu son âge. Techniquement en Écosse elle était majeure, mais pas ici. Cependant, la demoiselle passa sans encombres, on ne lui demanda même pas ses papiers. En même temps, l’établissement semblait abriter plus d’une affaire douteuse, pas étonnant qu’ils se fichent de l’âge de ceux qui y entrent. Chrissy passa une bonne partie de la soirée dans cet endroit, évitant soigneusement l’alcool, la drogue et autres propositions illégales. Lorsqu’elle sentit l’atmosphère changer, elle déguerpit aussi vite qu’elle y était rentrée. Certains gars commençaient à s’échauffer et à vouloir se taper dessus et la jeune écossaise ne voulait pas être mêlée à ça. Prenant une grande bouffée d’air frais en sortant, Chrissy se remit en route, voulant trouver un autre endroit où elle pourrait aller. Il était presque 4H et il avait commencé à neiger. Depuis combien de temps exactement ? Elle n’en avait aucune idée.

Voulant sortir de ce quartier douteux, Chrissy essayait de retrouver son chemin. En vain. Elle avait un sens de l’orientation qui était aussi nul que son niveau de cuisine, et avec un téléphone déchargé elle pouvait difficilement utiliser un GPS. En somme, la demoiselle s’était perdue. Elle marcha alors au hasard dans les rues, se disant qu’elle réussirait bien à retrouver la bonne route. C’est ainsi qu’elle se retrouva devant une usine désaffectée. Elle se mit à paniquer, elle s’était vraiment perdue cette fois et au fin fond du quartier insalubre semblerait-il. Puis elle entendit de la musique, venir de l’usine. Quelqu’un passant par là aurait pu ne pas l’entendre, mais Chrissy côtoyait trop la musique pour ne pas l’entendre. Intriguée, elle avança vers la grille. Le bâtiment était imposant en soi. Imposant, délabré, presque en ruines, mais avec un certain charme. Il lui rappelait les ruines des Highlands, les photos qu’elle en avait vu. Elle était fascinée par ces constructions qui avaient succombé au passage du temps, aux personnes qu’elles avaient abritées un jour, à leur histoire. Elle n’était pas la fille d’un historien pour rien. Quelques notes retentirent à nouveau et Chrissy sortit de ses pensées, s’avançant un peu plus vers la grille. Elle vit alors qu’un masque la retenait. Elle hésita un instant puis dénoua les rubans du masque, le tenant fébrilement entre ses mains. La jeune écossaise poussa la grille qui grinça, se faufila de l’autre côté et la referma, emportant le masque avec elle. Elle le détailla du bout des doigts et s’enfonça un peu plus dans l’usine, elle faisait attention à l’endroit où elle mettait les pieds, évitant de si de là les briques qui jonchaient le sol. Elle n’avait pas forcément les bonnes chaussures pour s’aventurer ici, mais elle s’en fichait.

Quand la source musicale se fit plus forte, Chrissy s’arrêta non loin, ne voulant pas qu’on la remarque. De là où elle était, elle pouvait écouter et observer sans être vue. Elle vit alors le musicien, il jouait une sorte de balade mais les accents qu’il y mettait, sonnaient trop agressifs pour coller. La demoiselle se demanda pourquoi il jouait masqué. Pourquoi ne voulait-il pas être vu ? Le jeune guitariste s’arrêta plusieurs fois, entreprit de recommencer son morceau sans parvenir à se mettre dedans vraisemblablement. Il y eu un silence et Chrissy recula un peu. Puis la musique reprit, sur une autre mélodie et la jeune femme eut une envie irrépressible de le rejoindre et de l’accompagner sur sa musique. Jetant un œil timide au musicien puis au masque qu’elle tenait entre les mains, elle natta rapidement ses cheveux et mit le masque, attachant les deux rubans de soie à l’arrière de son crâne, sous sa tresse improvisée.


Protégée par l’anonymat, Chrissy avança dans le champ de vision du musicien, tout en restant à une distance raisonnable. Elle le salua d’une brève révérence et commença à danser. Légère comme une plume, elle l’accompagna comme si elle connaissait la musique depuis toujours alors que c’était la première fois qu’elle l’entendait. D’abord timide, autant dans ses mouvements de bras, que dans ses jeux de jambes, la demoiselle laissa ses émotions prendre le dessus et elle se fit plus présente, laissant la frustration de la journée qu’elle avait passé se libérer à chacun de ses pas. Elle tournait, glissait, sautait au rythme de la guitare, même avec ses bottes Chrissy semblait flotter dans l’air, comme si elle avait ses chaussons de danse. Quelqu’un de l’extérieur aurait pu trouver le tableau qu’elle formait avec le musicien complètement fou ou ridicule, ou encore trouver ce tableau magnifique. Car dans cette nuit noire, sous les cristaux de neige qui tombaient, la musique et la danse étaient en parfaite harmonie alors qu’elles étaient produites par deux inconnus.

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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Mer 7 Fév 2018 - 16:33

Les notes volaient dans l’air du petit matin, la nuit et les flocons les accueillants, silencieux auditeurs de l’ode que le cœur de Yuuta tentait d’exprimer en vain. La frustration enlisait ses notes, faisait buter ses doigts et martelait une tout autre mélodie dans son esprit. Il combattait de tout son être, une bagarre entre son cœur et sa tête, entre sa frustration et son envie de faire de la musique simplement.

Mais ce que son cœur désirait, sa tête le lui refusait ; son cœur voulait créer de nouvelles balades, de nouvelles musiques encore jamais entendue, il voulait s’exprimer au-delà des mots, faire danser les doigts de son corps de manière libre. Mais son esprit ne le laissait pas, il le forçait à jouer des partitions connues, arpenter des sentiers battus, il n’y avait pas là libre cours à ses envies. Non, son esprit voulait de la structure, de la rigidité, il voulait que le corps se plie à ses exigences tout comme la lettre reçue le lui demandait.

Le sentiment de frustration pris alors plus de place en son cœur, le fermant gentiment tel une fleur sentant la nuit arrivée ; comment osaient-ils le dénoncer de la sorte ? Lui mettre des bâtons dans les roues ? Il n’avait rien fait de mal, il n’avait que jouer là où il avait senti bon de le faire. Pourquoi lui ? Devait-il donc se taire ? Sa voie musicale devait-elle s’éteindre sous la force de ces gens sans compassion, sans talents ? Comment osaient-ils envahir sa vie, sans y être invité de quelques façons ?

Les notes devinrent plus agressives à nouveau, leurs sons perdant de leur propreté, de leur beauté. Le tempo perdait de son allure, accélérant et décélérant au gré de sa colère grandissante. Ses doigts se plaçaient mal, trop pressés d’être joués, faisant grésiller les notes déjà passablement écorchées. Le concerto devenait chaos, l’harmonie devenait désordre et fort heureusement, pensait-il, la salle s’était déjà vidée de ses auditeurs, car qui seraient assez fous pour écouter pareille dissonance ?

Et pourtant, alors qu’il était las de ses erreurs, Yuuta leva alors les yeux et sursauta de surprise lorsqu’il vit qu’il n’était pas seul en cet endroit, son cœur s’arrêtant le temps de deux battements.

Là, en ce lieu peu accueillant et délabré, se trouvait une personne vêtue de blanc aux cheveux blonds. De ses formes il reconnut une femme, celle-ci portant le masque dont il s’était servi pour empêcher tout spectateur de l’interrompre. Elle dansait, sur sa musique aigrie, passant des ombres de l’édifice aux endroits que la lune illuminait de sa douce clarté. Pendant un instant, le jeune garçon crut qu’il rêvait, pire, que ce qu’il avait consommé le faisait divaguer ; après tout, pourquoi un ange viendrait-il danser en ce lieu ?

Mais alors que ses doigts dansaient encore sur les frettes dans une mélodie plus douce, son esprit, lui, s’enflamma de mille feux, faisant couler son ressentiment sur son cœur, piégeant celui-ci dans un cocon d’amertume, empêchant ses battements d’ébranler son corps. Ses doigts s’arrêtèrent alors de danser, sa main de jouer. Le son s’arrêta, la danse aussi et la fête pris fin alors qu’il se leva, défiant celle-ci de s’approcher ou même de parler.

Il resta ainsi, debout, figé sur place à la regarder quelques instants, des questions se bousculant dans son esprit tumultueux : Qui était-elle ? Que voulait-elle ? Comment osait-elle envahir sa vie ?

Mais rien ne s’exprima à travers ses lèvres, seuls ses yeux lui lançaient des éclairs, cachés derrière les deux petits trous de son masque de renard. Seulement, pouvait-elle le voir ? Pouvait-elle ressentir ce qui bouillonnait en lui ?

Il ne le lui sembla pas. Le silence restant maître dans tout l’être de Yuuta. Mais alors qu’il ne cessait de s’enflammer de colère en lui-même, son cœur, dans un dernier battement, sembla lui envoyer un dernier message. "Elle ne désire que danser". S’il avait été renard, sa fourrure se serait dressée sur tout son corps, ses canines se seraient montrées et un grognement aurait filtré d’entre ses babines.

Mais il n’était pas renard, seulement humain. Un humain avec une guitare, perdu dans un entrepôt désaffecté au milieu d’un quartier mal famé.

Oh, elle veut danser ? Hé bien elle dansera !

Il se rassit alors, levant le manche de sa guitare, écarquillant ses doigts sur les frettes comme les pattes d’une araignée sur sa toile. Le feu toujours dans ses yeux, l’amertume finissant d’ensevelir son cœur, il ne put s’empêcher de lui adresser quelques paroles dans le silence de la nuit qui les accompagnaient, ses mots rebondissant sur les murs de cet endroit vide.

« Hime, ne savez-vous pas qu’il ne faut pas s’approcher d’un Kitsune ? » Il eut un petit sourire derrière son masque, ses yeux mélangeant sa colère à de la malice. « Ils sont viles et farceurs, jamais rien de bon n’est ressortis d’en côtoyer un de trop près. »

Sans attendre de réponse, ses doigts dansèrent à nouveau sur les frettes en une mélodie plus rapide, plus compliquée, rehaussée de moment ou sa main attaquait les cordes de manières plus agressives. Il était meneur, créateur de musique, il n’allait pas donc pas s’empêcher de faire comprendre à la jeune femme qu’elle n’était pas la bienvenue et qu’elle avait meilleurs temps de repartir de là où elle était venue. Son esprit pensait que ce que ses mots auraient de la peine à exprimer, sa musique le ferait pour lui.

Son esprit pensait qu’elle n’arriverait pas à danser et que, dégoûtée, elle rebrousserait son chemin.

Asturias d’Isaac Albéniz – Ana Vidovic:
 

Bien que son esprit ne le désirait pas, Yuuta mis son cœur à son œuvre ; il jouait la mélodie avec précision, déversant tout ce qu’il contenait dans son cœur dans ce morceau, son esprit forcé de suivre la mélodie qui se jouait.

Comment ose-t-elle ?!

Son introduction était douce, les notes flottant légèrement dans l’usine désaffectée, prenant gentiment de l’ampleur, emplissant le silence qui régnait en ce lieu pour ensuite s’atténuer. Disparaissant légèrement pour réapparaître accompagnée d’autres notes plus légère, plus rapide, ajoutant de la profondeur à la mélodie.

Comment ose-t-elle envahir cet endroit, mon endroit ?!

Vint alors une nouvelle note, plus basse, qui marquait un nouveau temps, un nouveau chemin qui se transforma en une partie plus agressive. Sa main grattait fortement les cordes tout comme son esprit faisait des soubresauts pour tenter de l’arrêter de jouer, l’amertume enveloppant son cœur se décollant comme du papier peint trop vieux contre un mur.

Comment ose-t-elle envahir cet endroit et danser devant moi ?!

Sa main faiblissait déjà alors que le cocon se fracturait, laissant filtrer autre chose que de la frustration en ce moment. Ses doigts dansaient, précis, son esprit ne s’accommodant plus de les gouverner. Son corps tout entier suivait ses doigts, son buste faisant un petit mouvement d’aller-retour alors qu’il jouait, les yeux fixé sur le manche de sa guitare. Le cœur encore en peine.

C’est alors que la mélodie devint plus douce, moins accélérée, que ses doigts purent arrêté de danser et ses yeux se lever vers le jeune femme, son esprit espérant qu’elle serait partie ou, mieux, n’aurait pas pu commencer à danser. L’amertume et la frustration de son esprit faisant une dernière tentative d’enrober son cœur.

Comment ose-t-elle…

Mais alors que la mélodie était bien plus douce et que le cocon partageait cette propriété, ses yeux ne purent croient le spectacle qu’ils voyaient ; son esprit se taisant momentanément, seul son cœur battant et perçant l’enveloppe qui avait menacée de totalement l’enfermé, chaque coup faisant tomber l’armure qui s’était si rapidement crée.

Car elle s’effritait, cette armure, à une vitesse telle que même son esprit ne pouvait la reconstruire à temps. Son cœur prenant le dessus sur sa raison, rappelant le jeune garçon médisant à l’ordre. La substance embrumant son esprit se dissipant, sa raison revenant gentiment, chaque battement faisant naître en lui un sentiment de tristesse, pour lui, pour elle, pour les événements passés.

Il ne méritait pas le spectacle qui lui était offert, pauvre renard qu’il était, qui avait été si pressé de s’enfermer dans sa frustration du moment. Sa colère finissant par lâcher prise, son esprit se noyant dans une étrange tristesse qui empoignait maintenant son cœur.

…Danser pour moi ?

Était-il devenu fou ? Pourquoi changeait-il si subitement de comportement ? Pourquoi avait-il autant vite perdu pieds dans ce qu’il ressentait ? Était-ce normal ?

Il ne le savait pas, ce qu’il savait, alors qu’il continuait à jouer, ses doigts et sa main continuant à jouer bien au-delà de la partition normale de cette chanson, c’est qu’il était heureux de porter un masque pour cacher les larmes qu’il sentait couler le long de ses joues.


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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Dim 4 Mar 2018 - 14:45

Dansant sous la neige, dans cette usine délabrée, sous la mélodie de ce musicien masqué, Chrissy suivait le rythme bien qu’il soit irrégulier et très controversé. Elle sentait que le jeune homme était en conflit avec lui même, il le transmettait dans sa musique, il lui semblait même qu’il n’avait même pas remarqué sa présence. Cependant, elle n’était pas décidée à s’en aller, elle comprenait la frustration de cet homme, peut-être pas de la même manière, mais elle la comprenait et elle ne la jugeait aucunement, qui était-elle pour juger les émotions d’un inconnu ? Ou même de quelqu’un en général ?

Il leva alors la tête et la demoiselle croisa son regard. Elle ne pouvait pas voir ses yeux sous son masque mais elle savait à présent qu’il l’avait vu. Il eut un sursaut et sa mélodie se fit soudain plus douce. Chrissy fut surprise de ce changement si soudain mais l’accueillit avec plaisir. Peut-être avait-il réussi à évacuer ce qui le tourmentait. Puis il arrêta purement et simplement de jouer et se leva. Chrissy s’arrêta elle aussi, elle lui faisait face sans bouger de là où elle s’était arrêtée. Son cœur battait plus fort à présent, pourquoi ne disait-il rien ? Pourquoi se contentait-il de la fixer ainsi ? Elle sentit une sorte de tension se mettre entre eux et elle le vit se crisper, une légère peur vint se loger dans le creux de l’estomac de la demoiselle. Elle n’aurait peut-être pas dû venir…

Cependant, il ne dit pas un mot et ne bougea pas d’un pouce, se rasseyant finalement. Et alors que la jeune danseuse se détendait malgré la tension ambiante toujours présente il prit la parole.

_ Hime, ne savez-vous pas qu’il ne faut pas s’approcher d’un Kitsune ?  Ils sont viles et farceurs, jamais rien de bon n’est ressortis d’en côtoyer un de trop près. 

Puis sans lui laisser le temps de répondre, il reprit sa musique, une mélodie plus rapide, plus complexe, plus agressive. Etait-il entrain de la défier ? Chrissy n’était pas du genre à abandonner, si il voulait qu’elle parte, il n’avait qu’à le lui dire clairement. Elle attrapa alors les notes au vol et comme réfléchir ne lui servirait pas à grand-chose, elle laissa son cœur prendre le contrôle. Alors qu’elle suivait le rythme endiablé du musicien, elle lui répondit sans même savoir s’il l’entendrait.

_Tout comme il ne faut pas s’approcher des fées ou de Nessie. Je ne suis pas écossaise pour rien. Les légendes et superstitions font parties de notre quotidien et de notre histoire. Et si ce soir vous êtes le Kitsune, il me semble alors être la déesse du Soleil, je ne risque donc rien.

La jeune écossaise n’avait certainement pas la prétention d’être une déesse ou quoi que ce soit de ce genre. Mais si il voulait se donner ce rôle de Kitsune maléfique, alors elle se donnerait ce rôle de Déesse du Soleil.

Il commença alors un nouveau morceau et la demoiselle reprit avec lui. Commençant par tournoyer sur elle-même sur une jambe alors que l’autre remontait jusqu’à son genou avant de développer vers l’arrière dans une attitude droite, à 90°, elle enchaîna ensuite avec une série de triplette et de pas de bourré en tournant, alternant l’un et l’autre puis lorsque les accents se firent plus prononcés, elle entama un pas de valse comme si elle dansait avec un partenaire, qui ici n’était autre que le vent froid apporté par les flocons, ponctué de cambrés brusques, de jeux de jambe agiles, de coup de tête, d’arrêts, de détournés, de relevés, secs, précis comme les accents de la musique.

Puis le rythme se fit plus doux, plus lent et elle se fit plus douce dans ses pas en même temps, jouant sur son équilibre, développant ses mouvements jusqu’au bout des doigts, à croire qu’elle s’arrêtait entre chaque alors que presque imperceptiblement, son corps continuait de fourmiller et le mouvement continuait jusqu’à la ligne invisible de l’air, comme si la brise glacée emportait avec elle l’essence même du geste pour la déposer plus loin.

Au fur et à mesure, elle sentit le musicien se détendre et sa musique avec lui, cette dernière devenant plus profonde, plus belle encore. Chrissy elle même commença à s’y perdre, oubliant l’endroit où elle était, ressentant une dernière fois les émotions négatives de sa journée avant de les laisser s’évanouir, ne finissant par ressentir que les notes et ses pas. Un court instant elle vit le monde tourner autour d’elle. Elle se rappela qu’elle n’avait quasiment rien mangé ce jour et qu’après une journée entière à danser, son corps commençait à s’épuiser. Mais elle relégua ces pensées au second plan, son corps pouvait encore tenir, elle pouvait encore tenir, ça ne tenait qu’à elle, qu’à sa volonté. Submergée par la nouvelle ambiance qui s’était créée entre le musicien et elle, Chrissy redoubla d’effort, n’écoutant plus que son cœur. Elle dansait pour elle, elle dansait pour lui, elle dansait dans l’espoir de faire oublier à ce jeune homme toutes ses frustrations quelle qu’elles soient. Elle ne savait pas si elle y était parvenue mais rien que dans sa façon de jouer, elle pouvait deviner qu’il s’était un peu apaisé.
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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Mer 7 Mar 2018 - 19:03

Alors que la mélodie continuait, douce et légère comme jamais, Yuuta ne pouvait cesser de regarder cette jeune femme danser à travers ses yeux troublés par les larmes coulante, son esprit s’imprégnant de chacun des mouvements qu’il voyait, son corps réagissant comme s’il voulait, lui aussi, danser.

Mais qui était-elle ? Cette femme qui jouait son jeu, le narguant en portant le masque qu’il avait laissé derrière lui afin de faire fuir les éventuels curieux. Comment faisait-elle ? Elle qui l’envoûtait par ses mouvements, sans dire mots ni même chantonner des paroles par-dessus ses notes. Que voulait-elle ? Déesse du Soleil venue sur terre pour danser devant un pauvre et misérable Kitsune, était-ce là tout ce qu’elle désirait ?

« Tout comme il ne faut pas s’approcher des fées ou de Nessie. Je ne suis pas écossaise pour rien. Les légendes et superstitions font parties de notre quotidien et de notre histoire. Et si ce soir vous êtes le Kitsune, il me semble alors être la déesse du Soleil, je ne risque donc rien. »

Ces paroles résonnèrent dans sa tête, n’accentuant que la curiosité du jeune garçon pour cette Déesse du Soleil.

Écosse ? Que fait une Déesse Écossaise au Japon ?

Il continua à faire danser ses doigts sur le manche de la guitare, abasourdis par les mouvements du corps de la jeune femme aux cheveux blonds, ceux-ci complimentant le titre qu’elle s’était auto-attribuée. Il remarqua qu’elle bougeait presque en même temps que ses propres doigts, son esprit lui faisant voir des films imaginaires partant de ses doigts jusqu’aux membres de la danseuse, comme s’il était marionnettiste et elle marionnette.

C’était… étrange et beau à la fois.

Comme si son esprit encore quelques peux embués tentait encore de donner une signification à ce qu’il se passait, ne laissant pas l’entière beauté du moment l’imprégné. Cependant, cette vision rajouta de l’huile sur le feu de sa curiosité qui consommait de plus en plus l’esprit du garçon aux cheveux blancs.

Mais qui est-elle ?!

Il s’en voulait, maintenant, de l’avoir abordée de cette manière si venimeuse, désireux de la faire partir alors qu’elle était venue sans l’agresser, ne l’avait pas dérangé, ni même interpellé. Il avait répondu à la douceur de cette Déesse du Soleil par la méchanceté bien connue d’un Kitsune. Il avait, comme un insensé, fermé la porte au nez de celle qui n’avait même pas quémandé, fermant, par la même occasion, toutes possibilités d’en apprendre maintenant plus sur elle sans qu’elle se braque.

Crétin.

Il ressentait en son être cette envie de l’approcher, d’aller vers elle et de l’aborder. Il avait trop de questions pour ne pas les poser et comme elle était masquée, qui savait quand il la rencontrerait à nouveau ? Peut-être même qu’il ne la reverra jamais, n’apprendra jamais son prénom, ni même son histoire. Cette idée était d’un désagréable pour Yuuta.

Heureusement, son imagination lui présenta alors une vision qui fit battre son cœur ; une façon de pouvoir se rapprocher de ce mystère qui ne cessait de brûler dans sa tête, tout en faisant preuve de tendresse et gentillesse.

L’image se forma d’abord en souvenirs de quelques pas de danse qu’il connaissait avant de prendre complètement forme, comme une pièce de théâtre mentale comprenant placement des acteurs, dialogues et musique de fond inexistante.

Ainsi, en toute douceur, il s’arrêta à nouveau de jouer, se levant de tout son long et laissant de côté sa guitare sans même sans inquiéter. Pendant un instant, il se figea sur place, se rendant compte de ce qu’il voulait vraiment faire, que l’idée qu’il avait en tête n’était peut-être pas si bonne que ça. Il hésita encore un instant avant d’avancer d’un pas normal vers elle, tentant de faire passer le message qu’il ne lui voulait aucun mal à travers son langage corporel.

Calme et détendu, il se tint droit, avançant vers la femme qui s’était arrêtée de danser, lui tendant une main alors qu’il était à quelques mètres d’elles.

«  Hime, puis-je… » Yuuta hésita à nouveau ; avec l’accueil qui lui avait faite, elle avait tout intérêt de lui refuser son idée, voir même de lui rire au nez. Pourtant, il désirait tant lui aussi prendre part au spectacle dont elle était la seule représentante jusqu’à présent. « Puis-je vous demander cette danse ? »

Il osa alors s’avancer encore un peu, espérant que tous ces changements de comportements ne l’apeuraient pas. Il ouvrit alors ses bras, voulant montrer qu’il l’invitait sans malice à le rejoindre.

« Dansons, Déesse du Soleil, dansons avec les flocons qui tombent du ciel, la lune et les étoiles pour seuls publics. » Il lui tendit la main une nouvelle fois, espérant qu’elle la prendrait. «  Hime, ferez-vous cet honneur au pauvre Kitsune qui vous le demande sans malice ? »

À sa plus grande surprise, elle le fit : elle prit sa main, s’approchant lentement de lui*. Il ne s’y attendait pas, écarquillant les yeux derrières son masque alors qu’il la voyait maintenant de plus près, un sourire heureux s’affichant sur ses lèvres masquées.

Elle semblait si menue, si fragile comparée à lui, il avait presque du mal à croire qu’il y avait quelques instants ce corps faisait ces pas si énergique devant lui. Ses cheveux qu’il voyait blond de loin révélèrent des teintes ambrées sous les rayons pâles de la lune maintenant qu’ils étaient plus près. Déesse était bien un titre qui lui collait à la peau, elle ne l’avait sûrement pas choisis au hasard.

Il se mit dans la seule position de danse qu’il connaissait, la valse, remarquant la fermeté de la jeune femme lorsqu’elle glissa sa main dans la sienne et posa son bras sur le sien.

Cependant, gêné, il n’osa pas plus se rapprocher, laissant un espace entre eux rendant la pose plutôt étrange. Il garda un moment le silence, ne sachant pas comment expliquer ce moment plutôt awkard. Pour finir, il fit tomber le masque, figurativement, parlant presque comme dans un murmure.

« Erm… Je suis désolé, je… Je ne connais que la valse comme danse. » Il s’avança alors d’un pas après s’être excusé, plaçant finalement son autre main dans le dos de la jeune femme. Gardant tout de même une distance respectable avec elle. « Erm… J-j’espère que ça ne vous dérange pas trop. »

Il regarda alors ailleurs, sentant ses joues se rougir à cause de la proximité de cette jeune femme avec lui. C’était comme si la buée dans sa tête était définitivement évaporée et qu’il se rendait compte de la bêtise qu’il avait faite. Qui était-il pour s’immiscer si proche d’elle ?

Cependant, il se mit alors à compter, démarrant leur petite valse dans un silence de plombs.

Au début, il ne savait pas quoi dire, gardant son regard loin du masque qui lui faisait face. Mais à force de temps, il finit par glisser son regard sur elle, remarquant des pupilles vertes l’observant tout autant.

« Je… Je suis désolé pour tout à l’heure, j’étais… Perdu. » Il pensa bon de s’excuser et de s’expliquer sur son comportement. Même s’ils étaient deux inconnus qui n’allaient peut-être jamais se revoir, il ne désirait pas que cette jeune femme ait un mauvais souvenir de cette soirée. Déjà qu’elle avait mal commencée entre eux. « Perdu dans mes pensées, dans ma déception, dans ma tristesse et vous, vous ne m’avez rien demandé, ni dérangé et pourtant je vous ai mal parlé. Désolé, vraiment. »

Il devait être ridicule, se sentant ridicule, à danser avec pareille professionnelle ; bien que plus grand en taille, en matière de souplesse et de grâce, il se sentait tout petit comparé à la femme dans ses bras.

« Quel spectacle, quelle grâce. Je n’avais jamais vu ça auparavant, j’en étais scotché, époustouflé, baffled» Il fit alors un sourire, oubliant que cette partie de son visage était aussi masquée. « Est-ce ainsi que tout le monde danse en écosse ou êtes-vous vraiment une Déesse, une femme à part ? Je me demande bien ce que cette partie du monde cache encore comme surprises. Seront-elles toutes comme vous ? »

Cependant, alors qu’ils tournaient de plus belle, lui revigorer par ces discussions, il sentis que quelque-chose n’allait pas, c’était comme si les forces de la jeune femme diminuait ; sa main dans celle de Yuuta semblait avoir peine à rester en place, celle posée sur son bras se délogeant de son emplacement et la posture de la jeune femme pourtant si droite et ferme semblait de plus en plus se décomposer, le dos de celle-ci utilisant de plus en plus comme soutien la main qu’avait le garçon dans le dos de la jeune femme.

Alerté par tous ces petits signes de plus en plus fréquents, il tenta de capter les yeux verts de la jeune fille à travers les orifices de son masque. Fustigeant par la même occasion le fait qu’ils en portaient un tous les deux.

« Hime, est-ce que… Je vous sens bizarre, faible. Vous allez bien ? »


*:
 

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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Dim 25 Mar 2018 - 15:21

Ils jouèrent et dansèrent respectivement encore de longues minutes, peut-être des heures, Chrissy n’en avait aucune idée, elle avait perdu toute notion du temps. Puis progressivement, le musicien s’arrêta et la danseuse en fit de même, guidée par ses notes qui finirent par mourir doucement dans la nuit. Elle le regarda intriguée, pourquoi s’arrêtait-il ? Le morceau ne semblait pourtant pas fini. La jeune femme le vit poser sa guitare sur le côté et se lever, que faisait-il ? Ils restèrent quelques secondes ainsi à dévisager le masque l’un de l’autre, silencieux, immobiles. Puis le musicien commença à avancer vers elle en lui tendant la main. Instinctivement, au vu de l’accueil qu’il lui avait réservé plus tôt, Chrissy eut un léger mouvement de recul.

_ Hime, puis-je…Puis-je vous demander cette danse ?

Il voulait danser ? La jeune danseuse ne pu s’empêcher de penser que sa requête était bien étrange, de plus il avait l’air très hésitant, alors que ce n’était pas l’impression qu’il donnait un peu avant. Il continua d’avancer et voyant que la demoiselle ne disait mot, réitéra sa demande en ouvrant les bras de façon pacifiste et en lui tendant à nouveau la main.

_ Dansons, Déesse du Soleil, dansons avec les flocons qui tombent du ciel, la lune et les étoiles pour seuls publics. Hime, ferez-vous cet honneur au pauvre Kitsune qui vous le demande sans malice ?

Chrissy hésita un instant encore, était-ce réellement une bonne idée ? Peut-être après tout qu’il regrettait son précédent comportement ? Et puis, elle s’était bien invitée dans son havre de paix, dans sa musique sans qu’elle y ait été invitée, elle lui devait bien ça. Elle glissa alors une main légèrement tremblante dans la sienne et s’approcha de lui. Il se mit un peu maladroitement dans une position de valse et la jeune danseuse qui le compris, posa sa main dans la sienne et son bras sur le sien. 

_Erm… Je suis désolé, je… Je ne connais que la valse comme danse. Erm… J-j’espère que ça ne vous dérange pas trop.

La jeune danseuse le regarda s’approcher timidement, elle ne pu retenir un léger sourire à la fois amusé et attendri sous son masque. C’était honorable de sa part de faire attention à la distance entre eux, étant donné qu’ils ne se connaissaient pas, mais Chrissy était danseuse et savait pertinemment que la danse était une discipline tactile et encore plus dans les danses de couple. Elle prit alors d’elle-même l’initiative de se rapprocher davantage afin qu’il ne reste que la distance réglementaire de la valse entre leur corps.

_ C’est très bien la valse, lui répondit-elle d’une voix douce. Vous savez, je suis danseuse, la proximité dans le cadre de la danse ne me dérange absolument pas, ne vous inquiétez pas.

Il y eut un moment de flottement, mais la demoiselle ne bougea pas, elle laissait à son partenaire le temps et le soin de commencer quand il se sentait prêt à le faire. Lorsqu’il engagea la valse, Chrissy se laissa guider comme elle était censée le faire. Le début était étrange, le jeune homme regardait tout sauf Chrissy, ce qui le rendait un peu maladroit dans ses mouvements. Mais la danseuse ne fit aucune remarque, elle se contentait de le suivre et de l’observer, de deviner ce qui se cachait sous ce masque de Kitsune, de capter son regard en vain. Cela prit du temps mais il finit par la regarder et leurs yeux se rencontrèrent. Le cœur de la jeune femme se serra et elle fut heureuse de porter son masque, se sentant rougir, plongée dans le regard bleu ciel du musicien, elle n’arrivait plus à s’en détacher. Pour quelle raison, elle n’en avait aucune idée, peut-être espérait-elle percer le mystère qui l’entourait ? Elle ne savait pas non plus ce que son propre regard reflétait mais elle se sentit soudain vulnérable, ses yeux étaient le reflet de son âme, elle était un livre ouvert, qui sait ce que cet inconnu pourrait-lire en elle ?

_Je… Je suis désolé pour tout à l’heure, j’étais… Perdu. Perdu dans mes pensées, dans ma déception, dans ma tristesse et vous, vous ne m’avez rien demandé, ni dérangé et pourtant je vous ai mal parlé. Désolé, vraiment.

_ Je ne vous en veux pas. Et je m’excuse également, comme vous l’avez dit, je ne vous ai rien demandé, je me suis imposée alors que vous souhaitiez peut-être être seul. C’était impoli de ma part. Je suis désolée.

Le jeune homme sembla alors se détendre et cela se ressentit dans ses pas.

Il se débrouille plutôt bien, songea Chrissy, même dans son guidage.

Bien sûr, elle l’accompagnait de temps en temps pour l’aider, imperceptiblement. Puis elle lui laissait reprendre les rennes. Avec un peu de pratique et de confiance en lui, il ferait sans doute un bon partenaire de danse.

_ Quel spectacle, quelle grâce. Je n’avais jamais vu ça auparavant, j’en étais scotché, époustouflé, baffled. Est-ce ainsi que tout le monde danse en écosse ou êtes-vous vraiment une Déesse, une femme à part ? Je me demande bien ce que cette partie du monde cache encore comme surprises. Seront-elles toutes comme vous ?

La jeune écossaise se sentit rougir, elle n’avait rien d’une déesse selon elle mais le compliment lui alla droit au cœur.

_ Je vous remercie. Je suis loin d’être une déesse, je suis juste une femme passionnée par son art et qui vit pour lui. Mais aye, c’est à peu près ainsi que les gens dansent en Écosse, nous avons bien sûr tout le standard de la danse, classique, de couple et cetera…Nous avons aussi nos danses traditionnelles, les danses de cour dites ceilidh qui sont plus ou moins inspirées de la valse et que l’on danse en couple et les danses des Highlands qui tient son inspiration de la danse classique que l’on danse en solo. N’avez-vous jamais vu l’Écosse ? C’est un pays fascinant, mais en tant que native, je ne suis sans doute pas très objective.

Parler semblait détendre et encourager son partenaire. Le jeune musicien les fit tournoyer de plus belle, ce qui fit rire la demoiselle. C’était un rire léger, un rire euphorique, elle riait parce qu’elle se sentait bien. Si leur premier tableau avait pu paraître étrange, celui qu’ils formaient à présent devait être simplement beau.

Ils dansèrent encore un moment ainsi, Chrissy vit à nouveau le monde tourner autour d’elle, elle sentait son corps faiblir. Plusieurs fois, armée de sa seule volonté, elle réussissait à passer au dessus de ça et continuait de valser comme si de rien était. Mais plus elle forçait, moins elle tenait, prenant de plus en plus appui sur le jeune homme. Lui-même le ressentit et s’inquiéta de son état.

_ Hime, est-ce que… Je vous sens bizarre, faible. Vous allez bien ?

Avant qu’elle n’ait eu le temps de lui dire qu’elle allait bien, ses jambes lâchèrent et elle tomba aux pieds du musicien n’amortissant sa chute qu’en serrant avec force sa main. Lorsqu’elle toucha le sol, le masque qu’elle portait, qui avait commencé à se détacher au fur et à mesure qu’elle dansait, tomba lui aussi. Chrissy avait peine à respirer convenablement, elle essaya de se relever mais retomba aussitôt. Elle avait poussé son corps à bout, entre les cours, ses heures de danse supplémentaires dans la salle, le parc, la boîte de nuit, l’usine où elle avait dansé sous la guitare du jeune homme avait qui elle était entrain de valser. Sans compter qu’elle n’avait pas avaler grand-chose. La danseuse essaya à nouveau de se lever en vain. La tête baissée, sa main serrant celle du musicien comme si elle était accrochait à une bouée de sauvetage, elle souffla, à la fois surprise et résignée.

_ Je ne peux plus...
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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Mer 28 Mar 2018 - 12:50

Oh qu’il aurait aimé être un flocon, pendu dans l’air, observant ces deux inconnus masqués dansant à cette heure si tardive, valsant comme si le monde ne comptait plus.

Il aurait aimé pouvoir observer les mouvements de ces deux corps, tournant en silence dans la nuit, iris bleus et vertes s’entremêlant. Il aurait aimé savoir ce qui se passait dans la tête de la jeune femme masquée, ce qu’elle pensait de son guidage et quel aurait été ses conseils lorsqu’elle le reprenait.

Tant de mystère…

Il aurait aimé amener une main jusqu’au visage masqué de cette Déesse du Ciel qui l’avait accepté près d’elle, découvrir d’un geste délicat le visage qui allait avec cette voix si douce, dévoiler les traits qui enjolivaient ces deux perles vertes, celles qui avaient coupé son souffle à l’instant où elles semblèrent chercher quelque-chose dans ses iris bleus.

Mais tout comme cette journée avait commencé comme il ne l’avait pas désiré, tout comme les événements qui avaient suivi c’étaient déroulés contre sa volonté, rien de ce que son cœur avait espéré n’arriva.

Sa Déesse du Ciel avait subitement chutée, son corps tout entier semblant perdre toute son énergie en une fois, le masque qui cachait au jeune homme ce si beau visage tombant par la même occasion. Il n’eut pas le temps d’apprécier ces traits si jeune, son cœur et son esprit s’alarmant de la disposition de sa camarade de danse, ses yeux cherchant à rassurer tout son être en tentant de comprendre ce qu’il se passait.

« Je ne peux plus… »

Elle avait tenté de se relever, en vain, une première fois, puis une deuxième fois avec le même résultat. Son teint était pâle, ses yeux n’arrivant pas se focaliser sur quelque-chose, sa respiration peinée. Elle semblait à bout de force ou pire encore : malade. Avait-elle de la fièvre ? Avait-elle mangé quelque-chose qui lui avait retourné l’estomac ou était-ce lui qui l’avait poussé à bout ?

« Hime ! »

Sans perdre de temps, sa main serrant toujours celle de la jeune femme, Yuuta s’était accroupi devant elle, une main venant soutenir le reste du corps de sa Déesse du Ciel, l’aidant à rester assise droite et ne pas se coucher à même le sol enneiger, l’autre continuant de serrer celle qui perdait de plus en plus de force dans son étreinte.

« Vous allez bien ? Vous semblez… »

Jetant la gêne qu’il avait auparavant d’être aussi près d’elle par la fenêtre, la main du jeune garçon quitta celle de sa Déesse et vint se poser sur le front de celle-ci, ses yeux se plissant d’inquiétude car il ne sentis rien d’anormale.

Pas de fièvre…

Quittant le front de la jeune femme, sa main glissa sur ces joues rougit, ses doigts sentant alors la froideur de cette peau pourtant si douce, ses iris bleus plongeant dans ces perles vertes, cherchant, scrutant d’éventuelles symptômes dans le regard de la jeune femme.

La regardant un instant, continuant de chercher des réponses dans les traits du visage de cette si jolie femme, sa main finit par quitter la joue de celle-ci, son esprit tentant de comprendre ce qu’il se passait, car bien qu’elle ait parlée de fatigue, Yuuta pensait qu’il y avait quelque-chose de plus grave là derrière.

Elle lui semblait encore plus menue et fragile que lorsqu’il l’avait pris dans ses bras pour valser. Maintenant qu’il pouvait voir son visage, celui-ci avec des traits tirés par la fatigue, il avait cette étrange impression que ce corps avait été poussé bien plus d’une fois dans ses retranchements.

« Hime, vous êtes congelée… »

Ni une, ni d’eux, il retira sa veste et la fit passer sur les épaules de la jeune femme, son regard inquiet ne quittant jamais celle-ci, son esprit alerte surveillant ces faits et gestes à la recherche d’un éventuel signe qu’il y avait bien là plus que de la simple fatigue.

Je peux pas la laisser comme ça, parterre, au froid.

Yuuta se tourna alors, dos faisant face à sa Déesse du Ciel, ses deux mains l’invitant à venir s’y reposer.

« Grimpez, je vous emmène à l’hôpital. » Il se recula un peu, aidant la jeune femme à prendre position sur son dos, ses deux mains venant la soutenir, s’entremêlant pour créer un petit siège sur lequel elle pourrait s’asseoir, ses joues rougissant par la même occasion. « Erm… désolé. »

Il resta penché légèrement en avant afin que sa Déesse à bout de force n’ait pas à devoir utiliser de force pour rester agrippée à lui, ainsi, elle n’avait qu’à laisser la gravité l’appuyée contre son dos. Une fois celle-ci bien en place, Yuuta se releva avec délicatesse, désireux de ne pas plus secouer le précieux paquet qu’il avait maintenant dans son dos.

Sans même avoir de seconde pensée pour sa guitare qui trônait encore au loin, il partit du côté de la porte, ouvrant celle-ci d’abord avec peine avant d’y mettre un coup de pied afin d’en ouvrir les battant, sortant immédiatement de l’usine et prenant la direction de l’hôpital d’un pas pressé.

Cependant, il s’arrêta bien vite dans sa précipitation, les chocs de son allure montant jusqu’à son esprit et son pas ralentissant pour permettre un voyage plus confortable au petit Koala qu’il avait dans son dos. C’était un sentiment étrange que celui de devoir se presser d’amener quelqu’un souffrant à l’hôpital et d’en même temps devoir y aller lentement pour ne pas aggraver la situation.

Le silence était tombé dans ces rues normalement si agitées, l’heure tardive et le froid de ce mois de décembre ayant fait fuir la plupart des fêtards pour un endroit plus chaud. Les flocons continuaient de tomber et le froid commençait gentiment à envelopper le corps du jeune garçon aux cheveux blancs.

Pourtant, il ne pouvait cesser de s’inquiéter pour celle qu’il portait sur le dos.

« Ça va ? Vous vous sentez mieux ? » Toujours masqué, il faisait attention à ses pas pour ne pas glisser dans la fine couche de neige traitresse qui était étalée sur le sol, rajustant son petit paquet avec douceur de temps en temps. « L’hôpital est encore loin, mais on y arrivera vite, promis. »

Il pinça ses lèvres en une fine ligne, les traits de son visage toujours masqué se déformant en une petite grimace.

« Je suis désolé si j’y suis pour quelque-chose dans ce qui vient d’arriver, je… » Les mots lui manquaient, lui qui s’était déjà platement excusé plusieurs fois, la honte faisant s’affaisser quelques peux ses épaules. Le faisant continuer sa marche en silence pendant encore un instant, cette situation lui pesant pour qu’il adresse à nouveau la parole à la jeune fille, se tentant à un peu d’humour.

« Vous faites quand même honneur au cliché des Écossais, le genre Highlander en kilt qui brave le froid et la fatigue. » Il eut un petit rire, tentant de s’imaginer la fille en kilt. « Mais, vous devriez faire attention à vous, une si jolie Déesse ne devrait pas s’épuiser autant que ça. Imaginez que vous vous soyez effondrée de fatigue seule dans un coin ou pire, dans un bar entouré de gens mal intentionnés… »

Ah, lui qui voulait faire de l’humour, il venait de casser le mood avec ses allusions plutôt sinistres.

« Enfin bref, désolé. Je voulais juste dire que… ouais… Faites attention à vous. Vous êtes une jolie jeune fille, une Déesse du Ciel, allez pas vous rendre malade en faisant n’importe quoi, ça serait bête. J’veux dire, comment ça se fait vous soyez dans cet état-là ? »

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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Sam 31 Mar 2018 - 1:29

_ Hime ! 

Lorsqu’il vit qu’elle ne parvenait pas à se remettre sur ses pieds, le musicien masqué s’accroupit devant la danseuse épuisée sans lâcher sa main ce dont elle lui fut reconnaissante. Elle avait besoin de ce contact qui était la seule chose qui la rassurait et qui l’empêchait de perdre pied avec la réalité. Son autre main la soutenait de sorte à ce qu’elle ne puisse s’effondrer davantage.

_ Vous allez bien ? Vous semblez… 

La main qui tenait celle de la demoiselle se détacha, ce qui déclencha chez elle un sentiment de panique, elle ne voulait pas qu’il parte. Cependant, cette main vint se poser sur son front un instant puis glissa sur ses joues. Chrissy accueillit avec soulagement la chaleur de la peau du jeune homme, comment pouvait-il avoir les mains aussi chaudes par ce temps? A moins que ce ne soit elle qui ait froid ?

_ Hime, vous êtes congelée…

Elle entendait cette voix inquiète mais elle n’avait pas la force de lui répondre. Elle sentit un tissu supplémentaire peser sur ses épaules, elle eu un peu moins froid. Elle voulais dormir, fermer les yeux. A travers sa vue troublée par la fatigue, Chrissy vit son partenaire de danse lui tourner le dos et la panique s’empara à nouveau d’elle. Elle ne voulait pas qu’il s’en aille...

_Grimpez, je vous emmène à l’hôpital.

La jeune femme n’émit aucune protestation, elle n’en avait pas la force. Elle laissa le musicien l’aider à se poser sur son dos, elle passa ses mains autour de son cou sans serrer, elle n’avait de toute façon plus l’énergie de s’accrocher. Elle le sentit passer ses mains sous ses cuisses, sous ses fesses pour la maintenir. Il s’en excusa, ce à quoi la jeune écossaise répondit juste par un « merci » qui parvint à franchir ses lèvres puisqu’elle savait qu’il ne cherchait pas à profiter de la situation. S’il avait voulu faire quoi que ce soit, il l’aurait sans doute déjà fait.

L’inconnu se releva doucement, comme si il avait peur de casser la danseuse perchée sur son dos. Chrissy se sentit d’abord plutôt secouée et puis au contraire bercée. La joue posée sur l’épaule de celui qui la portait, elle aurait pu s’endormir ainsi si la faim ne s’était pas fait ressentir. Comme quoi son corps pouvait parfois se faire entendre, jamais au bon moment selon la jeune fille, évidement. Emmitouflée dans la veste que le musicien avait posé sur ses épaules et grâce à la chaleur humaine que lui-même dégageait, la demoiselle s’était un peu réchauffée. Assez pour ne plus voir le monde tourner autour d’elle à chaque fois qu’elle avait le malheur de bouger la tête.

_ Ça va ? Vous vous sentez mieux ? L’hôpital est encore loin, mais on y arrivera vite, promis.

_ Non, pas... pas l’hôpital, s’il vous plaît. Ce n’est pas la peine vraiment…

Il ne semblait pas convaincue par sa demande et le silence retomba entre eux. Il avait l’air vraiment préoccupé. Néanmoins avant que Chrissy ne puisse dire autre chose, il reprit la paroles.

_ Vous faites quand même honneur au cliché des Écossais, le genre Highlander en kilt qui brave le froid et la fatigue.

La jeune écossaise, bien que trop faible pour réellement rire, ne pu retenir un petit sourire à la comparaison. Il n’avait pas tout à fait tord, il aurait même pu rajouter le fait d’être borné et têtu, qu’elle n’aurait pu être que d’accord avec lui. Comme elle lui avait dit plus tôt « elle n’était pas écossaise pour rien » et encore il n’avait pas rencontré son père ou « pire » encore dans le genre cliché Écossais, son grand-père, que plus personne ne pourrait malheureusement rencontrer puisqu’il n’était plus de ce monde.

_ Mais, vous devriez faire attention à vous, une si jolie Déesse ne devrait pas s’épuiser autant que ça. Imaginez que vous vous soyez effondrée de fatigue seule dans un coin ou pire, dans un bar entouré de gens mal intentionnés…Enfin bref, désolé. Je voulais juste dire que… ouais… Faites attention à vous. Vous êtes une jolie jeune fille, une Déesse du Ciel, allez pas vous rendre malade en faisant n’importe quoi, ça serait bête. J’veux dire, comment ça se fait vous soyez dans cet état-là ?

La plaisanterie retomba rapidement mais Chrissy devait reconnaître qu’il avait raison. Heureusement qu’elle était tombée sur lui. Qui sait ce qui aurait pu lui arriver si elle avait été avec quelqu’un d’autre…Elle rougit fortement au compliment qu’il lui faisait, se cachant derrière son épaule pour qu’il ne le remarque pas.

_ Non, ne vous excusez pas...Vous avez raison, j’ai eu beaucoup de chance d’être tombé sur vous. Merci, vraiment. Je pense avoir tiré un peu trop sur la corde...Je n’ai pas mangé grand-chose aujourd’hui, et je n’ai pas arrêté une seconde. J’ai dû dansé plus de dix heures en tout et pour tout en une seule journée. J’ai juste besoin de me reposer et de reprendre des forces…

Elle reposa sa joue contre l’épaule de son sauveur. Elle ne le connaissait pas, n’avait même pas encore vu son visage, mais elle n’avait pas peur. Au contraire, elle se sentait bien, malgré la fatigue immense contre laquelle elle luttait pour ne pas s’endormir de suite.
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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Jeu 7 Juin 2018 - 23:04

Ça devait être un drôle défilé que le nôtre : un homme masqué portant sur son dos une jolie jeune femme à l’air plus que fatiguée. Je mettrais ma main à couper que plusieurs ont dû lever un sourcil surpris en nous voyant passés. Pas qu’il y ait encore beaucoup de monde dans les rues à cette heure tardive, mais j’en avais vu quand même un ou deux depuis notre départ.

D’ailleurs, qu’avaient-il bien pus penser de cette drôle de vision ?

Meh, y’a pas photos ; à cette heure, la plupart doivent rentrer de soirée et donc doivent avoir picolé. Ça m’étonnerait pas que certains ont eu l’imagination qui s’est enflammée en voyant une si jolie fille se faire ramener par un mec, surtout dans son état : avachie sur le dos de quelqu’un comme si, elle aussi, avait un verre de trop dans le nez.

Mais qu’importe ! Là, le plus important, c’est pas vraiment les regards ni même les pensées fallacieuses des rares spectateurs dans la rue, mais plutôt le petit "paquet" fragile et fatigué qui cache de temps à autre son visage dans mon épaule et que je porte sur mon dos. Plus encore, le plus important était à quelle adresse livrer le dis paquet.

Car bon, au début je lui avais proposé un passage par la case "hôpital" histoire de vérifier si tout allais bien. Après tout, elle s’était effondrée devant moi et la température de son corps était bien en-dessous de ce qui pourrait être jugé normal.

Mais non, elle avait refusée… Et comme excuses ? Simplement qu’elle ne voulait pas. Sur le coup, ça m’a surpris et le "s’il vous plaît" a fini de planter la graine du doute dans mon esprit sur le pourquoi du comment de son refus.

Hey, c’est vrai ! Pourquoi ne pas vouloir être sûr de son état de santé ? C’est pas comme si on était en juin, qu’il faisait nuit que depuis quelques heures et qu’il faisait encore plus ou moins chaud ! Non, on était en décembre, il faisait froid, il neigeait et je jure que si elle a attrapé une grippe ou ne serait-ce qu’un rhume à cause de moi, je vais m’en vouloir pour les jours à venir.

Donc ouais, autant dire que je tirais une drôle de tête sous mon masque et que pendant un bon moment je n’arrêtais pas de me demander pourquoi elle ne voulait pas passer par la case "soin" et surtout où est-ce que je devais l’emmener vu qu’elle avait refusé ma première proposition.

Ah les femmes, compliquées même par -10°C !

Malheureusement, à force de retourner le problème dans tous les sens, j’en étais pas plus avancé qu’avant. Pire encore, le silence qui s’était installé entre nous avait de quoi plomber l’ambiance et alourdir les jambes ; autant dire qu’il y avait de quoi s’endormir rapido.

Mais, à nouveau, la Princesse sur mon dos fit preuve d’une gentillesse et avenance à toute épreuve ; malgré la fatigue qui s’entendait clairement dans sa voix, elle continuait à tenir le fil de la discussion et répondais même à mes élucubrations.

« Non, ne vous excusez pas… Vous avez raison, j’ai eu beaucoup de chance d’être tombé sur vous. Merci, vraiment. Je pense avoir tiré un peu trop sur la corde… Je n’ai pas mangé grand-chose aujourd’hui, et je n’ai pas arrêté une seconde. J’ai dû danser plus de dix heures en tout et pour tout en une seule journée. J’ai juste besoin de me reposer et de reprendre des forces… »

Dix heures ? Sérieusement ? Comment c’était possible ?! Sur le coup, pas moyen de ne pas lever un sourcil étonné et de lâcher un sifflotement impressionné d’entre mes lèvres.

« Dix heures sans arrêt et sans manger ? » J’imagine par pouvoir faire ça pendant plus d’une heure non-stop, alors dix... « Ça confirme ce que je pensais ; vous êtes réellement une genre de Déesse qui n’est pas de ce monde… Comment peut-on danser aussi longtemps ? C’est surhumain ! »

Hey, faut pas m’en vouloir non plus ; j’ai l’habitude d’être souvent assis derrière mon ordinateur ou à jouer d’un instrument quelconque, m’imaginer bouger en rythme pendant une si longue période de temps semble tout droit sortis d’un rêve ! … Ou d’un cauchemar !

Pis bon, au bout de dix heures, on n’a pas fait le tour de tous les pas de danses existants ? C’est pas trop barbant de répéter les mêmes pas tout le temps ?

Meh, je dois être trop nul dans ce domaine pour bien comprendre l’ampleur de la chose, après tout, c’est elle qui avait dit être passionnée, dix heures ça devait être un jeu d’enfant pour la Princesse.

« Bien, Hime, si vous ne voulez pas aller à l’hôpital, alors où voulez-vous allez ? On est pas trop loin du centre de Keimoo donc n’importe quelle adresse devrait être un voyage plutôt rapide. » À bien y réfléchir, vu l’âge apparent de la jeune fille, elle devait être écolière ici, non ? « Dites, Hime, où se trouve votre château ? »

Oui, Princesse, Château, normal non ? En plus elle est écossaise donc il y aurait de quoi laisser son imagination vagabonder : construit en pierre sombre, s’élevant au sommet d’une colline, donnant droit sur le Loch Ness et avec un air lugubre lors de la pleine lune. Rajoutez-y le majordome grisonnant et à l’air inquiétant et paf ! Un château digne d’un des meilleurs épisodes de Scooby-Doo !

J’avoue que lorsqu’elle me dit que non, pas de château, j’étais plutôt déçu ; j’aurai bien voulu voir ça en vrai, me demande si j’aurai été plutôt du genre Sammy ou du genre Fred face à un pareil spectacle. Mais bon, la vie d’Internat c’est pas mal non plus, non ?

Par contre, c’était plutôt embêtant pour autre chose.

« Internat ? C’est chaud… Il n’y a pas un couvre-feu sur l’heure de rentrée ou la fermeture des portes ? » D’ailleurs, je dis ça, mais il est quelle heure ? « Attendez, tenez-vous bien, Hime. »

Pour le coup, je remercie toutes ces fois où j’ai dû porter un ou une amie fin bourré(e) sur mon dos ; pas facile d’atteindre quelque-chose dans sa poche quand on à ses deux mains occupées à soutenir le corps d’un autre. Mais là, je savais comment faire : d’abord se pencher délicatement en avant, histoire que le corps de l’autre s’appuie plus fortement sur le dos, puis tenir celui-ci en équilibre avec une main pendant que l’autre va chercher l’objet désiré.

Hop ! Ni une, ni deux, mon téléphone sors de ma poche, mon écran s’allume et ma tête grimace dès que je vois l’heure qui s’y affiche : autant le dire tout de suite, il était tard, ou tôt suivant les points de vue, pour ramener mon petit paquet à l’Internat. Et ni une, ni deux, le téléphone retrouva le doux confort de ma poche, mon dos repris une position droite et mes mains…

Ouais… Bon… Je vais pas dire qu’elles ont retrouvées le doux confort du fessier de la damoiselle ; déjà ça serait super creepy à dire et même si je me suis à nouveau excuser de la chose, j’arrive pas passer au-dessus du fait que c’est super gênant.

Par contre, j’avoue que je suis plutôt heureux qu’elle soit pas du type "fesses pointues", parce que mes jambes souffraient déjà assez à cause de la fatigue qui s’y accumulait, pas besoin d’avoir les mains qui gigotent dans tous les sens car elles sont pas confortablement placées… Pis, ouais, comment t’expliques que t’as les doigts qui dansent sur les fesses d’une inconnue ? "Vous avez les fesses pointues" ?

Bravo le compliment, si j’avais pas mes mains déjà prise, je m’applaudirais tout seul.

« Erm… Vu l’heure, l’internat il ne faut plus compter dessus… À moins que vous voulez attendre l’ouverture des portes ? Je resterai à vos côtés si c’est ce que vous désirez. » La vraie question était plutôt : À quelle heure ouvrent les portes et allez-vous être punis si on vous chope à l’extérieur à cette heure-là ? « Ou vous auriez un deuxième château où dormir ? Un Lord qui pourrait vous héberger ? » Bon, il y avait aussi cette option là, mais… Était-ce vraiment convenable de la poser ? Allez, il fait froid et on est les deux fatigués, on sait jamais. « Ou alors, je peux vous emmener chez moi. Mais promis ! Pas de coups bas, ni d’essais de quoi que ce soit ! Je vous héberge, vous dormez, je vous fais le déjeunez et vous repartez sans problème ! »

Yes, je serais jamais à l’aise à l’idée de proposer ce genre de choses à une femme, qu’importe l’âge ou le type de relation que j’ai avec. Merci qui ? Merci les potes aux US et toutes les fois où ils se sont vantés d’avoir hébergé une fille contre… "paiement".

Même si c’est pas le genre de pensée qui traverse mon esprit, je sais que ça arrive donc… Ouais, j’préfère bien préciser et souligner que je suis pas de ce genre-là. En plus, vu la beauté captivante de la Princesse, elle a déjà dû faire face à ce genre de proposition plus que douteuse, donc autant mettre les points sur les i tout de suite, même si c’est maladroit car c’est juste LE sujet qui me perturbe le plus.

« J-je suis pas du genre à avoir ce genre de pensée, hein ! G-genre héberger contre… ben… Fille-garçon… Dans mon lit… Enfin, vous allez dormir dans mon lit bien sûr, enfin… Pas si vous êtes contre, bien sûr, mais m-moi je dormirai au salon, ok ? » Ah, quel don de vite s’emmêler les pinceaux une fois que je commence à me justifier. « Pis pensez pas que j’profite d-de tât… toucher avec mes mains, là, c’est juste pour vous soutenir. P-pas que vous soyez lourde, j’ai pas dis ça ! Vous êtes plutôt légère et bien formée… Argh… J-je, je… »

Yeap, ferme-là Yuuta, tu t’enfonces ! Avec ce genre de discours, il y a une grande probabilité qu’elle saute subitement de ton dos et prenne ses jambes à son cou dans une direction totalement opposée. Rien que de parler de ça veut dire que tu y as pensé d’une manière ou d’une autre, non ? GG mon grand, t’as p’t’être fait l’effet inverse de ce que tu voulais, non ?

Non… Non ?!

J’y croyais pas ; elle avait quand même acceptée la proposition malgré ma bêtise démesurée ?! Je… C’est… Sur le coup, ça m’en couple le sifflet et les jambes et je m’arrête dans ma marche, pas vraiment sûr de bien avoir compris.

« V-vraiment ? Vous êtes sûre ? »



Oui, elle a bien acceptée… C’est… What the actual fuck ?!... Ok, bien, bon… Direction la maison, alors ! J’espère juste que ça sera ok, qu’on croisera personne qu’elle connait et qu’il y aura pas de retombée sur sa personne et sa réputation demain.

Ouais parce que là si on lui pose des questions, elle va être forcée de répondre qu’elle est allée dormir chez un parfait inconnu après une soirée éreintante. Y’aura forcément des levées de sourcils interrogateur et des sourires en coin… La pauvre.

Peut-être qu’au fond elle divague, genre elle la fatigue qui la poussée à dire oui et elle s’est pas rendu compte de ce qu’elle a acceptée ? C’est qu’elle a dû boire, mélangé à la danse et tout peut-être qu’elle a pas toute sa tête… Ou alors de la fièvre ?

Mon dieu, j’espère pas ! J’espère que si elle allait pas bien physiquement, elle me l’aurait dit. J’la trimballe un peu partout depuis tout à l’heure et ait perdu un temps considérable à douter de mes propres choix et de ses réponses, elle a dû avoir le temps de mourir frigorifiée au moins 3-4 fois depuis notre départ.

C’est sûr que là il lui faut une bonne nuit de sommeil au chaud.

D’ailleurs, j’me demande la dernière fois que j’ai changé les draps du lit ? Ce matin ? Hier ? Avant-hier ? J’espère que ça la gênera pas de dormir dans le lit d’un autre, parce que pas question qu’elle dorme sur le canapé ! Nope, je tiens à ma peau !

D’ailleurs… C’est propre à la maison ? Parce que bon, j’lui dis de venir, mais j’ai fais les sols récemment ? Passé l’aspirateur ? Y’a rien qui traine, non ? Pis j’ai de quoi lui refiler des linges propres si elle veut prendre une douche ? D’ailleurs, elle serait du genre à vouloir manger ou prendre une douche avant d’aller dormir ?

Mince ! J’espère qu’elle a pas un petit rituel "d’avant-dodo" genre câliner une peluche spécifique ou faire quelques longueurs ? Damn’, c’est qu’il y a pas de piscine privée dans l’immeuble, j’fais comment si elle…

Mais à quoi je pense, moi ?! Zen, Yuuta, chill ! Pourquoi tu t’en veux presque de pas avoir de piscine privé ? Elle va juste se poser et dormir, rien de bien compliqué. Faut juste espérer que si elle prend une douche, elle ait pas d’allergie particulière au paraben ou au…

Shit ! Nana !

J’avais totalement oublié ! Et comble du malheur, on est déjà en bas de l’immeuble !! Pendant tout ce temps j’étais perdu dans mes pensées et j’ai même pas pensé à lui parler, j’suis trop débile !!

« Hime… Euh… Vous avez des problèmes avec les chats ? » Oui, c’était sûr que la boule de poil curieuse que j’ai à la maison allait l’approcher. « J’ai une chatte et disons que… Ben elle est assez curieuse dès qu’il y a une visite. Elle se tiendra bien si je lui dis de rester à distance, mais on ne sait jamais… Elle peut être capricieuse et n’en faire qu’à sa tête quand elle veut. »

En plus, si ma mémoire me fait pas défaut, la Princesse sera la première visiteuse qu’elle verra… C’est sûr qu’elle va vouloir la regarder de plus près… Shit ! Mais bon, on était déjà arrivé donc il n’y avait pas de marche arrière possible. Restait plus qu’a prié qu’elle n’ait pas d’allergie ou de peur des chats ou alors que Nana saura se tenir tranquille.

Là-haut, s’il vous plaît, faites que Nana n’en fasse pas qu’à sa tête, please !

Malgré tout, je fais à nouveau basculer le poids de la jeune fille sur l’entier de mon dos mais cette fois-ci pour attraper les clés de l’appartement. C’est que la concierge mets toujours un point d’honneur à fermer les portes d’en bas dès 22h et à reprendre tous ceux qui ne ferment pas derrière eux. Pas moyen que je ternisse la bonne réputation que j’ai ici avec une si insignifiante petite chose que ça !

À nouveau, je remercie toutes ses soirées car, sans aucuns problèmes, j’arrive sortir les clés de ma poche, ouvrir la porte, passer le seuil d’entrée et refermer derrière moi avant de reprendre la position usuelle.

Et mon dieu que c’est bon d’être au chaud ! Désolé pour la Princesse mais le léger râle d’aisance qui s’échappe d’entre mes lèvres est juste impossible à retenir : déjà que mon esprit se réjouit à l’idée qu’on est arrivé, l’accueil de la chaleur qui réside dans le couloir d’entrée à de quoi revigoré mon corps pour ce qui allait suivre.

Car ouais, malgré le bonheur d’être enfin au chaud, j’ai encore trois étages d’escalier à grimper… Pas que la damoiselle soit lourde, non, mais la fatigue se fait quand même pas mal sentir et j’ai les jambes lourdes tout du long de la longue et douloureuse montée. Sans parler de la fourre de guitare qui pends à l’avant.

D’ailleurs, je remercie le ciel d’avoir eu la bonne idée, ou simplement de ne pas avoir réfléchis plus que ça, de placer le cordon de la clé dans ma bouche ; sur le coup, ça empêche de râler sur le fait qu’il y a pas d’ascenseur dans cet immeuble. Mais bon, au final, on est arrivé !

Home Sweet Home !

Pour la première fois depuis notre départ de l’usine désaffectée, je dépose la Princesse en la faisant glisser gentiment de mon dos avant de mettre la clé dans la serrure et de faire une dernière prière que le fauve noir aux yeux verts ne soit pas déjà derrière la porte et prêt à bondir.

Ouvrant la porte et entrant en premier afin de faire bouclier avec mon corps au cas où, mes doigts viennent tout juste de finir de presser sur l’interrupteur à ma droite que la lumière du plafonnier du salon dévoile une boule de poils noirs qui s’avance avec empressement en ma direction.

« Gev ! »

Heureusement, la chatte curieuse aux iris vertes s’arrête immédiatement dans son élan et reste perchée sur le dossier du canapé qui nous fais face. Juste de quoi laisser entrer la jeune Princesse et de fermer la porte derrière moi.

Mais, tout comme dans le jeu "1-2-3, Soleil !", Nana avait bougée de son reposoir et s’était à nouveau figée du temps que je me retourne pour lui faire face. Prenant une grande inspiration, je fais un pas de côté et présente la jeune fille qui m’accompagne au félin curieux.

« Cuyi Hime, Arue. » Nana penche légèrement la tête de côté, visiblement curieuse mais restant sur place. Comme elle semble plutôt réceptive, je donne l’ordre au félin de la laisser tranquille, espérant qu’elle obéira. « Nana, Sheber be’chaa. »

Et là, je lâche un gros soupir d’aisance lorsque je me rends compte que mes prières ont été écoutées et que la chatte noir repars d’où elle venait. Celle-ci s’asseyant sur ses pattes arrières et épiant la visiteuse depuis la table de cuisine plus loin.

Elle faisait genre la pauvre petite mignonne déçue, mais je savais que dès que je me serais couché sur le canapé, elle viendra se coucher sur moi et je pourrais dire au revoir à toute envie nocturne de passer aux toilettes. Hey, elle y gagnait au final et n’étais pas à plaindre ! Loin de là !

Je pouvais enfin souffler, déposer la fourre de ma guitare et m’étirer avant de me rappeler que je n’étais pas seul et de faire un rapide tour du propriétaire à la Princesse qui devait, sans doute, être super crevée.

Mon appartement est dans le genre modeste : cuisine ouverte sur salon et séparée par un petit îlot, une salle de bain avec baignoire-douche et WC, ma chambre et… c’est tout. Niveau décoration, les murs blancs de cet endroit sont juste parsemés de quelques posters de films quelconques ou de jeux vidéo. Rien de bien excentrique, mais on sent tout de suite que c’est un petit cocon douillet dans lequel on vient de mettre les pieds.

« La salle de bain est au fond, si vous voulez prendre une douche je dois avoir des linges propres. » Puis, je l’invite à entrer plus encore dans l’appartement et la dirige du côté de ma chambre. « Ici la chambre, j’ai changé les draps et fours ce matin donc ça devrait aller et j’insiste pour que vous y dormiez, si ma mère ou ma grand-mère apprends que j’ai fait dormir une invitée sur le canapé… » C’était bien la fatigue qui secoua tout mon corps dans un frisson à ce moment-là, mais même sans ça, le frisson aurait quand même pointé le bout de son nez. « …J’ose pas imaginer ce qui m’arriverai. »

Yes, je sais même pas qui serait la pire ; Oba-san ou Maman… Dans tous les cas, pas question que je passe par la case réprimande d’une des deux, ou pire, des deux en même temps.

« J’ai des habits de rechange dans les armoires incrustée aux murs, sentez-vous libre de fouiller si vous voulez enfiler quelque-chose de plus confortable. Par contre, pas dis que vous trouviez à votre taille. Mais ne vous gênez pas de demander pour quoi que ce soit, allant de la douche à la nourriture, sentez-vous ici comme chez vous ! »

Dernier petit check qu’il n’y a pas de bordel apparent dans ma chambre et ensuite je peux aller dormir et… Ah shit ! Le masque !! J’ai totalement oublié que je le porte encore et… Wait… Elle a acceptée de venir ici et m’a fait confiance tout du long alors qu’elle avait pas vu mon visage ?!

Wow ! Elle doit être sacrément crevée…

C’était donc le moment de faire tomber les masques, comme on dit. Mais pas sans gêne, car j’étais pas mal en retard sur ce fait et c’était… ben, personnellement, je trouvais ça plutôt honteux. C’est donc avec une main un peu tremblotante, figé sur le palier de la porte séparant ma chambre du salon, que je me suis enfin démasqué.

Et c’était super gênant ! Je me sentais presque comme si je venais de me déshabiller devant elle et de voir ses yeux détailler rapidement mon visage m’a donné l’impression qu’elle me jugeait de la tête au pied alors que j’étais dans le plus simple appareil.

Malgré tout, je réussis quand même à manager un petit sourire très gêné et d’empêcher mes joues de trop s’enflammer avant de me présenter comme il faut.

« M-moi c’est Yuuta, enchanté e-et… Bienvenue chez moi… »

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Chrissy O'Connor
♣ Université - 2ème année
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MessageSujet: Re: Miroir aux Alouettes [PV Chrissy]   Lun 19 Nov 2018 - 16:27

Le doux balancement qui se produisait quand le jeune homme avançait berçait Chrissy, qui tétaniser par le froid, luttait encore pour ne pas s’endormir. C’est pourquoi elle continuait de lui tenir la conversation, cela la tenait éveillée. L’inconnu siffla lorsqu’elle lui avoua avoir dansé plus de dix heures dans la journée. Elle rougit lorsqu’il appuya encore le fait qu’elle devait être une déesse pour pouvoir faire cela. Elle n’avait prétendu être une déesse que parce qu’elle portait le masque d’une d’entre elle, autrement, il lui semblait être tout sauf une déesse.

«Si bien sûr avec des arrêts, mais pas assez lorsqu’on a le ventre vide visiblement… J’ai une sale tendance à ne pas écouter mon corps et à le pousser toujours plus à bout. Ça me perdra un jour. »

Chrissy fut soulagée lorsqu’il accepta et respecta sa volonté de ne pas aller à l’hôpital. Elle n’en avait pas besoin, tout ce qui lui fallait c’était du repos et surtout elle ne voulait pas de problèmes. Le problème de l’hôpital c’est qu’ils appelleraient sans doute immédiatement l’Académie et là ce ne serait pas bon pour elle, non il fallait éviter ça.

« Eh bien...malheureusement je n’ai pas de château, pas ici au Japon en tout cas. Mais château ou pas j’ai bien peur de ne pas pouvoir rentrer ce soir... Je suis..je suis à l’internat de l’Académie Keimoo... »

A nouveau, elle cacha son visage poupin dans l’épaule de l’inconnu. Elle ne pensait pas ne pas tenir la nuit. D’habitude quand elle s’éclipsait comme cela, elle tenait parfaitement la nuit et rentrait au petit matin comme si de rien n’était. Mais il semblait que ce soir, rien ne se passait comme d’habitude.

Après avoir regardé l’heure sur son téléphone, avec une déconcertante facilité pour quelqu’un qui tenait une autre personne à moitié endormie sur le dos, le jeune homme fit remarquer que pour l’internat, c’était un peu compromis, à moins d’attendre devant les portes jusqu’au levé du jour. Mais Chrissy n’y arriverait pas, tant la fatigue l’accablait. Elle ne savait même pas si elle serait capable d’aller en cours le lendemain. Enfin, chaque chose en son temps.

Il lui proposa alors de l’emmener chez lui. Chrissy ne su pas trop comment réagir au premier abord. Après tout elle ne le connaissait pas, elle n’avait toujours pas vu son visage. C’était de la folie...Mais dans l’état où elle était, s’il avait voulu faire quoi que ce soit, il aurait aisément pu le faire. Or il n’avait rien fait et était d’une douceur et d’une prévenance extrême avec elle alors que lui aussi ne la connaissait pas après tout. Il essaya de la rassurer sur le fait qu’elle ne lui devrait rien et qu’il prendrait soin d’elle de façon un peu maladroite, mais le cerveau de la demoiselle n’ayant pas encore déserté, elle comprit l’essence de ce qu’il essayait de lui dire et lui répondit de sa toute petite voix.

« Je...je ne voudrais pas vous déranger...Mais oui...je veux bien, je n’ai nulle part où aller. Et je suis... »

Un bâillement vint couper sa phrase, trahissant par la même occasion la fin de celle-ci. Il n’était pas difficile de deviner l’état de l’écossaise. Peu après, ils arrivèrent au bas d’un immeuble, celui du jeune homme sans doute. Ce dernier lui demanda si la demoiselle avait un problème avec les chats, en possédant lui-même un. Chrissy n'avait jamais eu de chat ou d'animal de compagnie à la maison mais il ne lui semblait pas être allergique ou avoir un quelconque problème avec eux. A la limite, elle ne saurait peut-être pas trop comment se comporter avec le félin, mais ça ne la dérangeait nullement. Et quand bien même cela la dérangerait, elle allait passer la nuit chez un inconnu parce qu'elle n'avait pas été assez vigilante avec elle-même et elle devait déjà bien l'embarrasser comme ça, elle n'aurait pas eu l'audace de lui demander de tenir sa chatte à l'écart.

« Je n'ai jamais eu de chat à la maison, mais je n'ai aucun problème avec eux, rassurez-vous. Et puis...je m'impose déjà assez comme ça... »

Le jeune homme sortit ses clefs et ouvrit la porte de l'immeuble avant de la refermer une fois rentré. Une vague de chaleur les atteignit, contrastant avec le froid glacé dont il venait. Chrissy se tendit un peu sur le dos du musicien, se sentant coupable alors qu'il montait les escaliers, elle devait terriblement l'encombrer...mais jamais elle n'aurait été capable de monter les trois étages d'elle-même dans son état. Une fois arrivés devant la porte de ce qui devait être l'appartement du jeune homme, il fit glisser doucement la danseuse le long de son dos pour la poser. Elle tremblait encore sur ses jambes mais réussit néanmoins à tenir debout. Ils entrèrent tous deux et l'inconnu referma la porte derrière eux.

Le regard de Chrissy accrocha immédiatement celui du félin noir qui semblait non pas hostile mais curieux quant à sa présence ici. L'une comme l'autre, ne savaient au fond pas trop comment réagir à la présence de l'autre, ni s'il fallait établir une proximité ou une distance. Le jeune homme mit fin à ce dilemme du côté de la chatte, lui présentant la demoiselle et lui sommant de la laisser tranquille, ce à quoi la minette réagit en retournant de l'endroit où elle venait, sans pour autant cesser d'examiner de loin celle qui s'était introduite chez elle.

Le musicien lui fit faire rapidement le tour de son appartement, lui indiquant chaque pièce. Il essaya de la mettre à l'aise au maximum, lui disant de ne pas hésiter si elle avait besoin de quoi que ce soit et il fut par ailleurs catégorique sur le fait qu'il était hors de question que la demoiselle dorme autre part que dans son lit et que lui prendrait le canapé et non pas l'inverse. Chrissy allait protester, se sentant mal à l'aise à l'idée d'envahir sa chambre, mais le ton qu'il employa en évoquant sa mère et sa grand-mère l'en dissuada, elle ne gagnerait pas cette bataille là.

Enfin, avant que la danseuse ne lui demande quoi que ce soit, debout dans l'encadrement de la porte qui menait à sa chambre, le jeune homme avait qui elle avait anonymement dansé et qui l'avait ramenée chez lui ôta son masque, un peu gêné et se présenta à elle. Chrissy ne put s’empêcher de détailler son visage du regard, son cœur se serra et ses joues rougirent légèrement comme lorsqu’elle avait croisé son regard azur la première fois, sauf que cette fois il n’y avait aucun masque pour la cacher. Elle secoua la tête pour reprendre ses esprits, se disant qu’il devait la trouver très impolie de le dévisager ainsi et elle s’inclina devant lui.

« Enchantée, moi c’est Chrissy. Merci de m’avoir ramenée...je...vous n’étiez vraiment pas obligé...mais...merci. »

Elle replaça une mèche rebelle qui s’était échappée de sa tresse derrière son oreille. Quelle tête devait-elle avoir ? Elle se rappela alors qu’elle avait le manteau de Yuuta sur elle et elle l’enleva et lui tendit, rougissant.

« Je...vous deviez avoir froid sans votre manteau...Allez peut-être prendre une douche pour vous réchauffer. Vous devez en avoir plus besoin que moi pour avoir bravé le froid comme vous l’avez fait, en me portant en plus...Je..je peux attendre ne vous en faites pas... »

Elle tritura la manche de son propre manteau qu’elle avait encore sur les épaules, n’osant pas vraiment faire comme si elle était chez elle, car c’était un fait, elle n’était pas chez elle. Gênée, la demoiselle reposa son regard sur le chat, elle n’osait pas regarder autre part et elle n’osait plus regarder le jeune homme en face d’elle.
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