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In a decade, will you be there ?
 
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 Take a break

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Montaro Adkins
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MessageSujet: Take a break   Mar 28 Nov 2017 - 5:21

J’avais passé ma matinée à faire des abdominaux seul dans ma chambre, et à traîner, épris d’un ennui mortel, chose qui ne m’était pas très habituelle. Je n’avais toujours pas d’amis, du moins, aucun qui ne pourrait égaler les relations que j’avais pu tisser dans mon petit village. Celui-ci me manquait toujours énormément, mais je commençais à m’y faire doucement. Cependant je ne pus résister à l’idée d’écrire une lettre à Daiki, j’espérais pouvoir lui rendre visite bientôt, pour les vacances, enfin… si ma situation financière me le permettrait. J’avais aussi de moins en moins de ressources au niveau de mes liqueurs, ce qui m’inquiétait fortement, et me donnait de plus en plus envie de boire, pour me calmer. C’était un fichu cercle vicieux, qui me rendait complètement malade, au point que je ne me sentais pas capable de rester seul dans ma chambre sans me ruer sur le placard où j’avais soigneusement caché mon secret. Je décidais donc de partir au plus vite, direction le campus de l’académie.  

Nous étions à quelques mois du test Senta. Bon, il est vrai que j’avais largement le temps d’étudier, et que vu mon niveau scolaire général, je n’avais pas à m’inquiéter. Néanmoins, je n’avais pas grand-chose à faire ce samedi-là, alors je m’étais dirigé vers la bibliothèque du campus, afin de réviser. Cependant, mon envie de plonger dans un manga ou dans des ouvrages destinés à transcrire des témoignages de paranormal m’empêchait de me concentrer. De plus, je me sentais stupide, car j’aurais mieux fait de sortir m’entraîner faire du basket et revenir plus tard dans la soirée pour étudier. Après tout, il faisait plutôt beau pour un après midi d’automne. Quoiqu’il en soit, je restais distrait face à mes nombreux cours que j’avais éparpillés sur mon pupitre, quand j’entendais une sorte de « Kinki Kinki » se répéter en fond sonore. Je n’avais absolument aucune idée de ce qui pouvait bien faire ce bruit, mais la bibliothécaire ne risquait pas d’apprécier. Je jetais un œil aux alentours, afin d’observer son expression, cependant cette dernière semblait s’être absentée. J’en profitais alors pour m’agiter sur ma chaise -chose que je n’osais pas faire auparavant de peur de froisser cette dernière, qui m’avait-on raconté, n’était pas franchement commode- afin de découvrir d’où provenait le bruit.

Il n’y avait pas grand monde dans la salle, juste quelques élèves qui paraissaient fortement stressés, qui tremblaient presque derrière leurs lunettes et les piles vertigineuses de livres derrière lesquelles ils se cachaient. Ce serait certainement aussi mon cas, à la veille de mes examens, mais pour l’instant, Dieu merci, je n’en étais pas encore là.
Après avoir parcouru les rangés de livre de l’étage au-dessus, je finis par poser le regard sur les étages qui m’environnaient le plus près. Elle se trouvait là, à quelques mètres de moi, dans une allée rempli de livres, à s’appuyer sur ses béquilles en essayant de sautiller pour attraper un bouquin. De prime abord, elle n’avait pas l’air très commode, mais je comprenais que cela puisse l’énerver de ne point pouvoir atteindre l’objet convoité. Je m’avançais alors doucement, sans même apercevoir son visage, caché par ses longs cheveux noirs, plutôt soignés.

Voilà que je m’étais bien rapproché, et que d’un geste tout simple, j’attrapais le livre qu’elle me semblait viser. C’aurait pu être frustrant pour elle, de me voir réaliser ce geste avec tant de facilité, alors que cela devait faire un quart d’heure qu’elle s’efforçait en vain. Quoiqu’il en soit, je lui tendais en souriant, afin de me montrer le plus accueillant et amical possible, en espérant qu’elle ne pense pas que je souhaite la narguer. Je ne l’avais jamais aperçue, mais elle avait l’air plutôt jeune. Elle devait être au lycée, si on se fiait à ses traits enfantins. Peut être était-elle elle aussi en dernière année ? J’aurais peut-être enfin quelqu’un avec qui manger. Mais, malgré le temps que je passais à scrutais le visage de la jeune femme, je restais très intrigué concernant ses béquilles. J’avais déjà rencontré des gens blessés, mais leurs béquilles ne ressemblaient pas du tout aux siennes, les siennes étaient même jolies, mais faisaient un sacré bruit. Je murmurais alors, en me penchant vers elle, afin qu’on ne se fasse pas réprimander.

« Tiens, c’est celui-là que tu voulais ? »

Puis, je poursuivais, en regardant mes pieds.

« Euhh… J’ai été interpellé par le kouinkiwinki. Elles sont bizarres tes béquilles. Mais… elles sont chouettes !»

Je ne voulais pas non plus la vexer. Quoiqu’il en soit, mon visage se fit à nouveau tout écarlate. C’était quand même fou à quelle vitesse il pouvait se mettre à rougir chaque fois que j’abordais une nouvelle personne, et qui plus est une jolie fille. J’attendais sa réponse, en espérant ne pas la froisser, tout en m’adossant contre l’étagère sur laquelle la demoiselle s’agaçait.  

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MessageSujet: Re: Take a break   Jeu 30 Nov 2017 - 9:05

Airi réprima un soupire. La bibliothèque était relativement calme et pourtant, la demoiselle peinait à rester concentrée aujourd’hui. La journée n'avait pas particulièrement mal commencé. Matinale comme à son habitude, elle s'était levé peu après le soleil. Elle avait ensuite rangé sa chambre, et son bureau - même si elle savait que dans deux jours, il n'en paraitrait rien. Elle avait lu un peu, et après le déjeuner avait décidé d'étudier. Ainsi se retrouva-t-elle dans la médiathèque. Quoi de plus banal ? Mais son humeur n'y était pas...
Il faut dire qu'en général, Airi ne restait pas sur le campus le week-end. Elle rentrait chez elle, retrouver sa famille. Mais cette fois-ci, sa mère était occupée pour une association toute la journée, et son beau-père... devait surement travailler. Étrangement, Airi n'avait pas envie de se retrouver seule chez elle, et ne devait les rejoindre que plus tard dans la soirée. En attendant, elle restait donc sur le campus, et comme il fallait bien s'occuper, elle travaillait ses cours... malheureusement, les principaux fleuves ou montagnes de France ne parvenaient guère à maintenir son attention.

Assise près d'une fenêtre, elle tapotait nerveusement son crayon sur sa table, au rythme de sa lecture. Un nuage se dissipant, un rayon de soleil caressa sa feuille de cours. Airi releva finalement la tête et retira le pic qui maintenait son chignon. Ses cheveux se libérèrent avec souplesse dans son dos, tandis qu’elle se tournait vers la fenêtre. Un momiji attira son regard et peignit lentement un sourire sur ses lèvres. La couleur encore flamboyante de l’érable lui réchauffait le cœur.

*C’est vrai, c’est encore le Kôyô, le changement de couleur de l’automne…*

Si beaucoup de gens aimaient le Hanami, pour son annonce du printemps, la demoiselle elle, n’en appréciait pas moins cette marque de l’automne. Face au vent frais, ces teintes rougissantes lui semblaient bien chaleureuses. Légèrement rassérénée par ce tableau naturel, elle regroupa calmement ses affaires dans un coin de sa table. Inutile de s’acharner, il était temps de faire une pause ! et avec le spectacle qu’elle avait sous les yeux, une seule chose lui venait en tête : La lecture d’un bon livre !
Elle récupéra ses cannes, et repartit dans les rayons du bâtiment, section littérature. D’abord tentée par la littérature étrangère, elle se ravisa, et changea d'allée. Non, à cet instant, elle n’avait qu'une envie : un vieux classique de poésie japonaise. Arrivée au bon étalage, elle parcourut la rangée de livres des yeux...

*Le Dit du Genji ? non, trop compliqué à lire au hasard ! Les contes d'Ise non... Le journal de Tosa ? non, c'est pas ce que je cherche... Le Manyôshû ? Ah... oui, mais quel tome ?*

Elle les examina et finalement se décida sur le volume central, et tendit de bras pour l'attraper. Trop court. Elle tendit et tendit encore, poussant sur sa canne de son autre main mais... mais non ! Elle ne parvenait qu'à effleurer la tranche de l'ouvrage.

*Zut alors ! Pourquoi fallait-il qu'ils mettent des livres si haut ! *

Penchant la tête hors du rayon, elle ne trouva pas la bibliothécaire, et souffla pour elle-même. Elle revint vers son ouvrage et aperçut un escabeau non loin. Elle le fixa un moment puis fronça les sourcils de dédain. Rien qu'à le regarder, une fâcheuse scène s'était imposée à son esprit. Elle, grimpant tant bien que mal dessus, ayant tout juste d'équilibre pour attraper, du bout des doigts, son petit trésor poétique, perdre l'équilibre, tomber à la renverse, se cogner aux étagères derrières, se prendre des livres sur la tête ! Ou pire ! Faire un boucan pas possible et... non ! Très mauvaise idée.
Alors elle dévora des yeux son livre serrant la poignée de sa canne, et subitement eut une idée ! Elle pourrait s'en servir comme d'une perche ! De sa canne ! Ce n'était pas la solution idéale, elle risquait de faire tomber le livre avec cette technique, mais bon faute de mieux... Elle attrapa sa canne par le pied, et tendit le bras...
Au même moment, une main se saisit de son précieux et le descendit à sa place. Elle se tourna aussitôt vers son voleur entre incrédulité et colère. Elle ouvrit la bouche, quand il se pencha vers elle en lui tendant le livre. La jeune fille sursauta à sa voix, fit un pas en arrière et se rattrapa de justesse. Face à son sourire aimable, elle reprit néanmoins ses esprits et bredouilla :


"Oui... Merci beaucoup !"

La demoiselle posa une canne contre la rangée, récupéra doucement son ouvrage - enfin - et inclina la tête en remerciement. Elle se sentit rougir. Ce garçon avait-il vu tout son stratagème pour attraper l'objet ? Avait-il lu la palette d'émotions qui était passé sur son visage ? Il reprit la parole, elle l'écouta jusqu'à ce qu'il parle de "béquilles" et commença à rétorquer par réflexe :

"Ce ne sont pas des..."
« … elles sont chouettes !»
*Chouettes ?*

Doutant d'avoir réellement compris ce qu'elle venait d'entendre, Airi examina ses bâtons de marche, et scruta le ruban fleuri qu'elle caressait du pouce. Elle sourit en souvenir de ses amies du collège qui lui avaient offert. Elle répondit finalement au garçon, presque sans réfléchir :

" Merci. En fait, ce sont des cannes, et la poignée là, j'ai appris récemment que ça s'appelait des "poignées anatomiques". C'est moins courant, mais c'est plus pratique ! Ça fait moins mal à la main."

Pourquoi lui parler de ça ? Aucune idée, c'était ce qui lui était venu en tête. Elle n'avait pu laisser passer cet écart de langage et en plus, elle en avait rajouté une couche ! Quelle idiotie. En plus, ce n'était pas très poli envers celui qui venait de l'aider, mais trop tard. Comment allait-il le prendre ? Elle le scruta du coin de l’œil et aperçut sa chevelure aux reflets de feu.


Automne arrivé,
Devant moi se fit homme,
Je t'ai rencontré~
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MessageSujet: Re: Take a break   Dim 3 Déc 2017 - 4:50

Alors que je venais de porter secours à la demoiselle quant à l’obtention du livre qu’elle souhaitait, celle-ci me dévoila finalement son visage en m’accordant un regard… plus ou moins effrayant, du moins, sans ses traits enfantins, il aurait eu le mérite de me faire fuir. Cependant, la demoiselle fit un pas en arrière et bredouilla un remerciement. J’ignorais pourquoi elle m’avait adressé ce regard plus tôt, mais je me doutais que ce n’était pas intentionnel. Quoiqu’il en soit, nous nous retrouvions tout les deux à un niveau de rougeur extrême.

Elle finit par rétorquer que ses béquilles n’en étaient pas, c’était des « cannes ». Elle me désigna ensuite la poignée de ces dernières en m’informant qu’il s’agissait de « poignées anatomiques », et que c’était bien plus confortable que des poignées ordinaires. Elle semblait si passionnée par le sujet lorsqu’elle parlait que je ne me rendis pas compte moi-même à quel point la discussion pouvait paraître anodine, voir sans intérêt. Néanmoins, je me pris très vite au jeu, et poursuivais donc.  

« Waouuuh… Des c-cannes. Moi, je connais beaucoup de personnes qui en ont, mais c’est un peu étrange que tu en ai déjà… »

Il y avait effectivement énormément de personnes à la maison de retraite dans laquelle j’étais bénévole -du moins par rapport à la population générale de la maison-, qui nécessitaient ce genre d’instrument. Pour le reste, ils étaient soit bien chanceux d’avoir encore des jambes fonctionnelles, soit bien trop vieux, et ne pouvaient plus quitter leur fauteuil roulant.

Cependant, les cannes de la jeune fille étaient bien plus élégantes que celles de mes aïeux. Il me vint alors l’hypothèse qu’elle ne les utilisait pas à des fins « utiles », qu’elle les possédait peut être simplement pour se donner un « style ». Les gens de mon âge dépensent tellement d’argent dans leurs vêtements aujourd’hui, ce que je trouve absurde car ce genre de consommations ne vont que dans un but : éviter ou faire fuser les moqueries envers autrui. Je ne suis peut être pas très objectif en parlant de tout ça, moi-même n’ayant jamais eu les moyens d’investir sur mon look, ai subit de nombreuses remarques. Mais ça m’a également moins donner envie de rentrer dans ce cercle vicieux d’achats compulsifs où le seul moyen de survie sociale c’est de continuer de l’alimenter, duquel j’ai toujours été -et souhaité par la même occasion-, m’exclure. Ainsi, malgré les nombreuses moqueries concernant mes vêtements, j’ai tout de même su m’immunisé à ce genre de futilités. Mais la simple idée que le monde dans lequel je vis ne tourne pas comme mon monde le souhaiterait me file la nausée, c’est sans doutes les conséquences de ces observations trop fréquentes de la détresse financière permanente dont souffrent mes parents. Des fois, je me dis qu’on est pas né dans la bonne sphère, et même si j’ai souvent rêvé à une vie financière aisée, j’ai également souvent désiré quitter ce monde où on accorde aux désirs un statut de besoins, si bien qu’on s’obstine et se persuade que l’achat, la possession et l’oxygène ont un peu la même fonction, que notre survie en dépend. Alors que la vérité, c’est que ça ne fait que nous asphyxier.

Je reprenais mes esprits, après un bon moment d’absence. J’ignorais si ma camarade m’avait adressée la parole entre temps, mais je poursuivais néanmoins la discussion.

« Je veux dire que les cannes, c’est plutôt quand on a des problèmes comme lorsqu’on est âgés non ? Enfin… tu es très mignonne, elles te vont bien, et je te traite surtout pas de vieille… D’ailleurs tu es en quelle année ? »


Oui, changes de sujet Montaro. Je commençais clairement à balbutier, il faut dire que je n’avais pas l’art du discours, et encore moins celui du filtre. Je ne pensais pourtant vraiment pas à la vexer. J’esquivais simplement le sujet, même si je restais très intrigué.


« Et quel est donc ce livre que tu souhaitais tant atteindre ? »

J’ignorais si la question était pertinente, mais nous étions dans un cadre où ce genre de question restait assez facile, et pas trop intrusive à mon sens. Mais j’étais conscient que mes limites n’étaient pas très claire lorsqu’il s’agissait « d’intrusion », de même pour tout ce qui concerne les relations interpersonnelles en générale en fait. Et, comme je venais de le mentionner, nous étions dans une bibliothèque. La demoiselle ne souhaitait certainement pas être dérangée, elle ne devait pas venir ici pour rien après tout. Et quand bien même je m’ennuyais, je n’avais aucune envie de passer pour le lourdeau de service. Par chance, si jamais je la recroisais, je n’avais pas encore mentionné mon nom. J’aurais vraiment dû aller m’entrainer.

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MessageSujet: Re: Take a break   Mer 27 Déc 2017 - 19:55

Plutôt que d’être offensé, le jeune homme renchérit la conversation. De toute évidence, lui, les cannes ne lui faisaient pas peur. Voilà qui était surprenant ! Intrigant même. Peut-être que lui au n’allait pas la fuir chaque fois qu’ils se croiseraient ? S’il connaissait du monde, aurait-il côtoyé les hôpitaux ? Ou peut-être un de ces établissements pour handicapés ? Voilà qui serait assez ironique. Airi elle-même n’avait beaucoup été dans ces maisons spéciales. Elle pouvait remercier sa mère pour ça… Mais dans ce cas, pourquoi le garçon s’étonnait qu’elle ait des cannes alors ? Elle rétorqua gentiment :

" « déjà » ? Parce qu’il y a un moment pour en avoir ? Si c’était possible, je crois que je préférerais m’en séparer."

Elle lui sourit timidement, comme dans une boutade, mais il ne répondit pas de suite. Se serait-il perdu dans ses pensées ? Avait-il parlé sans réfléchir et ne savait que répondre ? Elle attendit un instant, mais le silence lui répondit. Zut, elle devrait trouvé un moyen de relancer la conversation. Voyons... Voyons... Il reprit de lui-même la parole. Ouf !

Elle réprima alors un petit rire. Entre compliment et excuses, elle ne savait comment prendre ses paroles. En fait, peu habituée à être flattée sur sa beauté, elle en était embarrassée. Aussi elle décida d'ignorer sciemment le compliment. Mais la question demeurait. Airi haussa discrètement un sourcil. C'était un peu cavalier de la part du jeune homme. Interroger son année relevait à lui demander son âge. Toutefois la demoiselle ne s'en vexa pas. Cette curiosité était faite avec franchise. Une qualité rare par ici, selon elle.
Et surtout, vu sa gêne, il devait être assez conscient de son attitude. Cela adoucissait ses propos.
Elle songea alors a une jolie réponse à lui faire mais il rajouta encore quelque chose. En plus de son année, voilà qu'il voulait connaitre son livre.

*Que je souhaitais tant atteindre ? Alors il m'a vu finalement ! Tant qu'il ne s'en moque pas davantage...*
" C'est un tome du Manyôshû, une anthologie de poèmes. Tu as déjà dû en entendre parler, non ? "

Elle agrippa son ouvrage d'une main, entre le pouce et l’index, et sa canne avec le reste de ses doigts. Le tome n’était pas léger, mais elle avait l’habitude. Elle se redressa sur ses pieds avant de lui répondre :

" Ça t'ennuierait que nous retournions nous asseoir, pour que je puisse te montrer ? "

Sans trop attendre de réponse, elle se remit en appui ses pieds et quitta l'allée. Portée dans son élan, elle faillit heurter quelqu’un et s'arrêta brusquement.

Tiens ! La bibliothécaire. C’est maintenant qu’elle remontre le bout de son nez ?

Elle s'excusa néanmoins poliment, avant que son Kin'ki ne reprenne de plus belle, jusqu'à rejoindre sa table de quatre. Elle y déposa son recueil avec un certain soulagement et se glissa sur sa chaise. Les cannes déposées à ses pieds, elle feuilleta frénétiquement les pages.

" Ce tome-là regroupe des poèmes en fonction des saisons et... à partir de là... ce sont les poèmes d'automne !
On se retrouve en pleine nature rien qu'à les lire... Tiens ! Par exemple... "


Elle plaça le livre entre eux deux, parcourut encore quelques pages et s'arrêta soudain avec un sourire victorieux. Elle murmure alors en suivant la ligne verticale :

" ... comme celui du seigneur Kasa no Asomi Kanamura, qui écrit :

Que le voyageur
qui va son chemin et d'herbe
fait son appui-tête
le frôle et les couleurs déteindront
du Lespédèze fleuri


Ou encore...

elle tourne encore quelques feuilles avant de reprendre
Celui du Prince Aki !

Quelques jours à peine
depuis le début de l'automne
voilà qu'étendu
au point du jour je sens déjà
le vent froid sur mes poignets



HRP:
 
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MessageSujet: Re: Take a break   Jeu 28 Déc 2017 - 8:52

La jeune fille avec qui j’avais pu échangé un peu et devant laquelle je venais de me trouver embarrassé finit par me répondre qu’elle aurait préféré ne pas en avoir du tout, de cannes. Ce n’était pas forcément malin de ma part de lancer le sujet sur ce genre de choses. La santé c’est fragile et ça semblait être un sujet un peu sensible pour elle. Néanmoins, elle me sourit, ce qui me rassura, et poursuivis la discussion. Elle voulait un un tome du Manyôshû, ce qui expliquait la taille colossale du livre. Je n’étais pas un grand fan de poésie, disons que ce n’était pas le genre de lectures auxquelles je m’adonnais personnellement, mais je savais apprécier des poèmes quand j’en lisais.

Par ailleurs, ma camarade finit par se diriger vers une table, où nous nous installions aussitôt afin qu’elle m’en lise quelques-uns.

Elle ouvrit le livre, tout en inclinant la tête pour le regarder, ce qui fit tomber quelques mèches de ses cheveux noirs et soyeux sur son visage. Son visage était tout aussi expressif et plein de vie que lorsqu’elle parlait de ses cannes, ce qui le rendait plutôt agréable à contempler. Elle commença finalement à ouvrir une page, qu’elle me lu d’une voix douce et fluide. Je l’écoutais attentivement, en souriant, de sorte à me montrer réceptif. J’étais plutôt content car cela ne semblait pas la déranger de prendre le temps de me montrer ce qu’elle s’apprêtait à faire. Les poèmes me berçaient, et l’espace d’un instant, nous avions quitté cette bibliothèque, quitté Keimoo, absentés dans une sphère paisible, qu’un murmure vint soudainement briser.

Malgré le fait que ma camarade chuchotait pour me lire ces poèmes, ces brefs échos de paroles n’échappèrent pas à la bibliothécaire, la terreur des étudiants, qui postillonnât sur ses les pages de livres anciens qu’elle triait en se prolongeant sur un « chuuuuuut » qui sembla duré une éternité. Ses yeux étaient effrayants derrière ses lunettes XXL, ils nous fixaient et nous brûlaient la peau. Je gloussais alors, en tentant de détourner le regard en direction du livre, puis en jetant un coup d’œil à ma nouvelle connaissance, afin d’analyser sa réaction.

Après un moment de silence partagé, j’observais à nouveau la bibliothécaire, qui semblait être retournée voguer à ses occupations. J’en profitais pour continuer de faire connaissance avec la jeune fille.

« Wouah c’est joli ! J’ai l’impression d’être ailleurs quand tu lis. Par contre ça n’a pas l’air de plaire à tout le monde ».

Je désignais la bibliothécaire du regard. Puis, après lui avoir adressé un sourire, je poursuivais.


« Au fait, comment tu t’appelles ? Moi c’est Adkins Montaro, je suis en 4ème année de lycée. »

Je jetais enfin un coup d’œil à la table sur laquelle nous nous étions installés. Il semblait que ce soit celle qu’occupait la jeune fille avant de chercher son recueil, étant donné les quelques affaires qui y était disposées. Finalement, elle devait être bien trop polie pour me dire qu’elle était en fait occupée, ou alors pas assez motivée pour réviser, mais il semblait bien qu’elle soit venue à la bibliothèque dans cet objectif : les stylos, cahiers de textes et livres scolaires pouvaient le confirmer. Néanmoins, nous n’étions peut-être pas non plus sur son bureau. Mais je ne voulais pas retenir plus longtemps la jeune fille, quand bien même elle me paraissait très sympathique. Ainsi je m’apprêtais à la laisser tranquille à nouveau, mais un élan de passion me parcouru alors. Un peu du même genre que ceux qu’elle avait eu jusque là lorsqu’elle m’avait parlé de ce qui l’animait, les yeux pétillants.

« Moi ce que j’aime surtout lire c’est plutôt la science-fiction, je lis des romans étrangers du coup, j’aime aussi les témoignages et ce qui touche au paranormal. »

J’ignorais par quel élan de spontanéité je m’étais retrouvée à lui raconter cela, mais j’imagine que c’était dû au fait que j’aimais discuter avec elle et que je ne voulais pas la quitter de sitôt. Après tout, depuis notre rencontre, la matinée était moins ennuyante.
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MessageSujet: Re: Take a break   Ven 29 Déc 2017 - 17:38

Airi était réputée pour être bavarde, éternellement bavarde. C'était là le principal reproche que lui faisaient ses professeurs. Et ce jeune garçon venait de la lancer sur ses sujets préférés ! Il ne savait pas dans quoi il s'était embarqué le pauvre...
Sans lui demander son avis, elle l'avait entrainé dans sa lecture. Ça lui plaisait ? Oui ? Non ? Les yeux rivés sur le papier elle ne voyait plus rien d'autre. De ce recueil, elle en connaissait certains poèmes par cœur. Mais par peur d'écorcher la moindre syllabe, elle préférait toujours les lire, livre à l'appui.
Sous les mots des poètes, le vent d'automne les avaient transportés à des siècles de là. En quelques lignes, Airi se voyait déjà affublée de longs et anciens kimonos. Elle habitait dès lors les somptueux palais antiques, et en sentait les embruns... jusqu'à ce qu'une sorte de crissement bourdonne dans ses oreilles et la ramène brutalement à l'année actuelle.

Ah ! Cette bibliothécaire ! Elle était plus aimable d'habitude, quand elle allait la voir pour emprunter des livres ! Ce qu'elle avait l'air mal luné aujourd'hui ! Encore une raison pour laquelle Airi préférait lire tranquillement chez elle, ou dans un parc, plutôt qu'à la bibliothèque. Impossible ici d'apprécier pleinement un poème de cette envergure ! Un comble non ?
A la remarque du rouquin la demoiselle opina simplement de la tête, plutôt que de révéler tout haut ce qu'elle pensait tout bas. Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, scrutant le garçon. Était-il toujours aussi bon public ?

Malgré la menace de la vieille femme, dès qu'elle ce fut éloignée, il reprit la conversation. Airi ouvrit alors grand les yeux et dit précipitamment :


" Oh oui ! C'est vrai ! pardon ! Je manque à tous mes devoirs, je ne me suis même pas présentée !"
Elle se tourna sur sa chaise et posa docilement les mains sur ses genoux avant de reprendre d'une voix plus calme :  
" Je m'appelle Airi, Shiota Airi. Je suis en première année à l'université. Enchanté de te rencontrer Adkins-san. "
Elle inclina la tête en signe de "révérence".
Ses salutation enfin échangées, le lycéen reprit leur conversation. Science-Fiction, autobiographie et... quoi ? Paranormal ? Airi était piquée dans sa curiosité ! Elle sourit, les yeux brillants, et ouvrit la bouche...


" Tu..."
puis la referma. Elle avait affreusement envie d'en savoir plus, mais elle réfléchit une seconde, en silence...
" Que dirais-tu de continuer cette discussion ailleurs ? Après tout, les bibliothèques ne sont pas des salons de thé, n'est-ce pas ? "

Sur ces mots, elle referma le recueil de poésie, attrapa ses affaires et les glissa dans son sac. Son regard retomba sur l'intitulé de son cours, et elle fut prise d'un élan de conscience. N'était-elle pas là pour réviser ? Pouvait-elle vraiment aller papoter avec ce nouveau venu ? Finalement, elle haussa les épaules pour elle-même. La géographie française pouvait bien attendre une heure ou deux de plus !

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MessageSujet: Re: Take a break   Sam 30 Déc 2017 - 7:03

La jeune fille avec qui j’avais commencé à discuter s’était elle-même évadée à travers sa lecture. Elle fut bien entendu, tout comme moi, rappelée à la réalité par la bibliothécaire, dont elle semblait se faire le même avis que moi, vu son expression faciale à ma remarque indirecte.

La jeune fille, suite à ma présentation, fit la sienne. Airi Shiota. Je connaissais déjà une Airi dans mon ancienne école. J’aimais beaucoup ce prénom. Je lui souriais, en guise de politesse, pour montrer que j’étais enchanté, puis reprit la conversation. Cette dernière amorça une suite, qu’elle interrompu aussitôt. Elle devait sans doute se dire qu’il était plus sage de poursuivre son travail, ce que je pouvais comprendre. Je m’apprêtais alors à me lever avant même qu’elle ne s’exprime, histoire de lui faciliter la tâche. Cependant qu’elle ne fut pas ma surprise lorsqu’elle me proposa de nous retirer plus loin, histoire de parler sans contraintes.

Je lui adressais un grand sourire, mêlé de mon air surpris, avant de me lever pour porter ses livres et la laisser passer. Après tout, elle avait des cannes, il fallait se montrer gentleman. Et puis, cela ne me dérangeait pas, je n’avais pas vraiment d’affaires moi. Du moins, pas autant qu’elle.

Je pressais ensuite la porte de la bibliothèque, histoire de la laisser passer, jetais un regard noir et inconscient à la bibliothécaire, puis marchais de mon pas léger et habituel, vers une destination qui m’étais encore inconnue.

« C’est vrai que c’est une bien meilleure idée que de s’échapper de là. Où est ce que tu veux te poser ? On peut aller dehors, il fait soleil, c’est sans doute un des derniers jours ensoleillés comme ça ; mais si tu préfères rester à l’ombre, on peut toujours s’abriter dans un couloir. »

Personnellement, j’avais tendance à trop aimer le soleil. Tellement que je me brulais la plupart du temps. Il faut dire que je n’avais pas trop la notion des heures, une fois que je faisais la sieste dans l’herbe. Et même à Keimoo, mes vieilles habitudes perpétuaient, de sorte qu’à la pause déjeuner, je passais la majorité de cette dernière à faire la sieste sur le gazon de l’entrée. Cependant, ces habitudes m’avaient values un ou deux retards, qui étaient néanmoins passés presque inaperçus, étant donné mon bon dossier, et le fait que je sois un élève plutôt calme en général. Mais il en restait que ces petits moments de détente n’étaient pas sans séquelles puisque je me retrouvais encore avec quelques coups de soleil sur mes bras, qui sensibles, étaient aussi pâle que tout le reste de mon corps.

Je regardais ma camarade pendant que nous marchions, tout en commençant à m’habituer à ce perpétuel « Kinki kinki » que produisaient ses cannes. Ses livres, que je portais, étaient tout de même assez lourds. Je me demandais si tous ses livres étaient des recueils, ou si au contraire, elle était venue à la bibliothéque pour travailler, mais que je l’avais dérangée. Après tout, cette seconde hypothèse paraissait tout de même plus probable : on ne vient pas à la bibliothèque pour bronzer. Quoiqu’elle paraissait tellement passionnée par la poésie, qu’elle aurait très bien pu être du genre à se rendre à la bibliothéque pour passer le temps. Moi-même il m’arrivait de le faire, et c’était à peu près le cas ce jour-là, par ailleurs. Je finis donc par le lui demander, un peu tracassé par ces questionnements.

« Au fait, Shiota-san, qu’est ce que tu venais faire à la bibliothèque ? C’était pour le livre de recueil ? »

Puis, en pensant au livre, je me rendais compte que nous ne l’avions pas emprunté. Nous allions avoir des problèmes, enfin, elle plus que moi, si nous n’y retournions pas directement pour que la bibliothécaire le note.

« Oh ! Je crois qu’on a oublié de signaler que nous sommes en possession du recueil d’ailleurs ! Il vaudrait mieux y retourner maintenant ou on risque de se faire chicaner une seconde fois, et certainement plus sévèrement ! »

Je faisais donc demi-tour, sans même regarder si ma camarade me suivait, pour rejoindre la bibliothéque que nous venions de quitter.
HRP:
 

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