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 Un diner presque pas fait (Satoshi)

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Jun Aoki
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MessageSujet: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Lun 27 Nov 2017 - 5:21

Mon camarade semblait s’être dissipé dans ses pensées, alors que je m’étais mise à courir sous la pluie, afin d’arriver le plus vite possible dans le fast-food désiré, toute excitée de m’être fait un nouvel ami, et surtout à l’idée de manger le mets que je venais de lui désigner. « Du poulpe ». Voilà une façon bien nonchalante d’appeler cela. Je ne pensais pas que Satoshi était snob, du moins le dédain qu’il faisait ressentir en parlant de ce que nous allions manger me fit penser qu’il n’appréciait peut-être pas ce genre de nourriture.

Alors que nous nous dirigions vers le fastfood qu’il venait de me désigner, je me mis à réfléchir. S’il n’aimait pas ce genre de chose, malgré l’envie irrésistible que j’avais d’en manger, je pourrais peut-être le laisser choisir le repas. Cependant voilà que nous étions déjà rendus à faire notre commande. Sur le chemin, mon camarade me demanda si je mangeais beaucoup. Il était sûr que je mangeais plus que ce que je ne devrais, il n’était pas prêt de découvrir la quantité incroyable de nourriture que j’étais capable d’ingérer. Cependant, la nuit étant tombé, et surtout parce que ce n’était que notre premier repas ensemble et qu’il avait décidé de m’inviter, je tentais de rester raisonnable. Je pris finalement deux fois le Bakudan Yaki original, plein de mayonnaise. Mes yeux pétillaient tels ceux d’une enfant à qui ont offrirait des sucreries. Je n’avais qu’une hâte : que mes dents franchissent cette barrière croquante que composait la coque de mon mets pour me laisser accéder à ce cœur crémeux et généreux. Bon, j’en faisais peut-être un peu trop, mais j’étais affamée.

« Waouuuuh ! Ça sent bon ! »

Je me mis aussitôt à rougir lorsque le regard de mon camarade vint se poser sur mon visage un peu trop expressif. Je n’avais pas envie de passer pour ce genre de fille toute kawaii, ce n’était pas vraiment dans mes habitudes, moi qui suis plutôt sur la défensive en général. Quoiqu’il en soit, après la commande de mon camarade, nous repartions direction sa maison. C’était moi qui avait insister pour porter le repas, que je tenais très soigneusement entre mes bras. Il pleuvait toujours, mais nous marchions d’un pas calme, pendant que je réfléchissais au film que nous pourrions voir. Je n’avais vraiment aucune idée de ce que nous pourrions visionné, et à part un film d’animation, rien ne m’effleurait l’esprit. Je ne voulais cependant pas agacer mon camarade, ne pas paraître trop infantile, je m’étais déjà assez emportée sur le repas.

« Dis, Satoshi, tu veux pas choisir le film toi ? Moi j’ai choisi le repas, alors le film c’est à toi de le faire. »
Voilà, il me semblait que je ne m’en étais pas trop mal sortie. Quoiqu’il en soit, le voilà qui m’accueillait enfin chez lui. Je n’avais pas d’amis universitaire, alors je n’avais encore jamais eu l’occasion de rentrer dans un appartement étudiant. Mais, je pouvais tout aussitôt conclure que ces derniers étaient tout de même bien mieux que les chambre de l’internat au lycée. Il était vrai que ce n’était pas pareil, après tout, mon camarade vivait seul… Du moins c’est ce que j’en concluais vu qu’il n’y avait visiblement personne d’autre que nous dans l’appartement. N’empêche que la question me démangeait.

« Tu vis seul ? »

Après un temps, alors que nous venions d’allumer les lumières afin que l’appartement paraisse moins lugubre, je reprenais d’un air distrait.

« En fait je crois que j’aimerais pas vivre seule. Je me plains tout le temps de mes camarades à l’internat, mais ça doit être tout vide… »

J'observais la décoration. En me baladant dans son appartement, je constatais qu’il y avait disposé un tatamis. Il devait dormir sur un futon, car je n’avais pas vu de lit. Personnellement, j’avais pris l’habitude de dormir sur un lit en Espagne, et à l’Internat c’était aussi ce dont nous disposions.

Alors que je scrutais les environs du regard, mon camarade me suggérât d’aller me doucher, car nous étions trempés, ce que je ne refusais pas. Je m’arrêtais net dans mon petit repérage, de peur de paraître un peu trop intrusive, et patientais afin que mon ami me désigne la salle de bain, et me prête ses vêtements. Je commençais déjà à enlever mes chaussettes, ainsi que mon pantalon, car je n’avais à présent qu’une envie : me débarrasser de ces vêtements mouillés. J’en oubliais même le repas, qui devait être déjà froid. Puis, je pensais soudainement que je n’étais pas la seule dans ce cas. Lui aussi devrait se doucher. J’abusais peut-être un peu de son hospitalité : après tout il avait déjà payé le repas ainsi que les boissons dans le bar un peu plus tôt, m’invitait chez lui, me laissait choisir le film alors que tout cela n’était aucunement prévu.

« En fait, tu peux y aller en premier. Je peux réchauffer le repas en attendant. »

Je n’étais pas certaine que ce soit une bonne idée de me laisser seule face à la nourriture que je rêvais de dévorer, mais c’était certainement plus raisonnable d’un point de vue social... Enfin, il ne risquait pas d'y avoir de danger puisque la nourriture n'était manifestement plus de la soirée. Le sac que je tenais avec tant de soin s'était complétement déchiré sur le chemin, et je ne m'étais aperçue de rien!
Je rougis alors, les yeux grands écarquillés face à mon camarade, lorsque je me rendis compte de mon étourderie. Décidément, j'étais la pire des calamités. J'espérais juste qu'il ne s'en rendrait pas compte, et que je puisse aller acheter quelque chose pendant qu'il irait se doucher.

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Dernière édition par Jun Aoki le Ven 2 Fév 2018 - 21:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Ven 8 Déc 2017 - 16:25

J'avançais tranquillement vers la petite armoire qui était accrochés au mur a coté de la cuisinière, sans vraiment la regarder. J'ouvrais la porte, en pensant qu'elle allait se dépêcher de rejoindre la salle de bain, et sortit des assiettes, des baguettes et des verres. J'attrapais mon pichet en terre cuite que je remplis d'eau, avant de me retourner et de rester comme bloquer. Je me demandais pendant une seconde si regarder une adolescente de dix-sept ans se déshabiller dans ma chambre aprés que je l'ai moi même ramenée, pouvait être considéré comme illégale. Par chance, je n'étais pas encore majeur, je pouvais plaider le fait que ce n’était donc pas du détournement de mineur.

J'ouvris la bouche et la referma en songeant que ce n’était pas exactement a ça que j'avais songé en lui proposant de prendre une douche. Mes yeux s’attardèrent sur ses jambes désormais nues, et je détournais le regard rapidement, avec une certaine culpabilité, tout en essayant de la pousser a se dépêcher de faire disparaître sa semi nudités dans la pièce d’à coté. Elle semblait vouloir s'occuper du repas, me disant que c’était a moi de faire la première douche, et sa façon d'insister me parut étrange.

- Si, vas y, en plus tu es déjà......on peux dire que tu es déjà prête a rentrer dans la douche quasiment.

Faire une petite blague, qui n’était vraiment pas si amusante que cela, me détendit. Après tout, ce n’était que des jambes. Je voyais pas mal de filles dans ce genre d'accoutrement au dojo, les deux vestiaires étant assez proche, il m'arrivait d'attendre certaine de ces utilisatrices pour leurs demander un papier, une inscription pour un tournoi quelconque, pour poser des questions sur les cours de combat qu'elles avaient suivit. Bref. Ce n’était pas du tout une première. En revanche, qu'elle soit dans mon appartement, ça n’était jamais arrivée. Sauf avec Mika, mais ce n’était pas la même chose, ce n’était pas vraiment une fille.......je crois. J'approchais de Jun avant de la prendre par les épaules et de la tourner dans la direction de la salle de bain, avant de l'y pousser.

- Aller, ne fait pas de manière, tu vas tomber malade. J'ai l'habitude d’être mouillé.

Je faisais en sorte qu'elle finisse par y entrer, et referma la porte sur elle. Je soupirais de soulagement avant de me retourner vers le sac.....et je compris finalement ce qui l'avait tracassé. Je soupirais en songeant a mon porte-monnaie, et regarda la porte un moment. Elle en avait sans doute pour au moins une dizaine de minutes. En courant a fond, j'avais le temps de faire l'aller-retour sans même qu'elle ne se rende compte de mon absence. Ça ne serait pas ce qu'elle avait voulut manger a la base, mais au moins nous aurions le ventre plein. J'enfilais a nouveau mes chaussures et sortais discrètement.

Dehors, c’était une véritable tempête. On se serait cru au bord de la vallée du Nil en pleine saison des crues dans l'antiquité. Je sortais a l’extérieur, et me mit a courir sans perdre de temps. Je savais ou je devais aller, droit vers le Konbini ou je travailler depuis bientôt une année. Cela devait etre l'équipe de nuit maintenant, et comme je ne les connaissais pas énormément, je n'avais pas besoin de faire la discussion poliment. J'y arrivait en quatre bonnes minutes, le souffle court, m'y mettant a l'abri.

L'endroit était désert, et je me dépêchait d'aller récupérer ce dont j'avais besoin. Un petit sac de riz, de la viande et des légumes. Je pouvais bien lui faire ma spécialité, le repas que j'avais le plus de plaisir a faire quand j'étais avec ma mère. Je payais rapidement avant de retourner en courant a l’extérieur. Je fis le tracé inverse un peu plus lentement a cause du poids que je devais transporter. De retour devant l'entrée, j'ouvrais les différentes portes pour me retrouver enfin au chaud dans mon appartement. Par chance, elle n’était pas encore sortie. Je sortais le rice-cooker, après avoir enlevé mes chaussures, sans prendre la peine de me sécher un minimum. J'ouvrais le sac de riz, en mettant une bonne quantité dans l'appareil, que je nettoyais une première fois avec de l'eau avant de baigner le tout et de le mettre a cuir.

Je ne prêtais plus attention sur la porte si bien que je ne savais pas du tout si elle sortait ou non, et je me dépêchais plutôt de découper la viande. Deux bonnes minutes, et ce fut fait, avec l'habitude de plusieurs années de cuisine. Je sortais une casserole avant d'y mettre la viande découper, et je passais aux légumes. Je sortais ceux que j'avais acheté, en assez bonne quantité. Même si je ne mangeais pas beaucoup, j'en aurais pour plusieurs jours. J’arrêtais alors, restant un peu rêveur pendant un moment.

Je me passais la main sur les yeux en silence, un peu fatigué par les événements de la journée.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Sam 23 Déc 2017 - 3:40

Il devait être vingt trois heures, j’étais au bord de la fenêtre, légèrement ivre, je me noyais dans la fumée de toutes les clopes que nous fumions, une à une, sans ne plus les compter. Nous n’avions rien mangé de la soirée, trop occupées à danser pour s’en occuper. Elle était belle, son visage voilé de ses cheveux noirs étincelants, elle s’approchait de moi, et reculait doucement, tout en suivant le rythme de la musique. J’étais à moitié dénudée, j’avais tout comme à mon habitude lorsque j’allais chez elle, enlevé mon pantalon. C’était le genre de geste que je faisais automatiquement chez moi, pour me mettre à l’aise. C’était ma façon d’être à l’aise, de me dénuder. Ça peut paraître bizarre ou anodin, mais c’est signe que je me sens bien, comme à la maison.

Je ne m’étais pas rendue compte que j’avais reproduit ce genre de comportement dans l’appartement de Satoshi. J’avais complètement oublié, l’espace d’un instant, qu’il était Satoshi, que nous étions au Japon à nouveau, que j’étais Jun, qu’elle était morte, que je commençais une nouvelle vie, ou du moins que je devais poursuivre malgré moi, celle que j’avais déjà entamée.

C’est alors que la honte m’envahie à nouveau. J’étais bel et bien Jun en effet, tête en l’air comme pas possible, le boulet casse-pied, un peu attachant, mais dont on se passerait bien, et je le savais.
Je regardais silencieuse et agitée mon nouvel ami, qui ne le resterait certainement pas longtemps. J’étais terriblement désolée d’être ce que j’étais, d’être étourdie et maladroite, mais j’imagines que je n’y pouvais pas grand-chose à cet instant, que je ne pouvais que l’accepter. Ce que j’avais finalement peut être trop tendance à faire. Pourquoi est ce que je suis censée accepter toutes ces choses qui vont à l’encontre de mes envies, que je provoque sans même y songer… Tout ce que je touche, je le détruis, comme toutes les cigarettes que nous avions partagées, je suis bonne qu’à faire de la fumée. Qu’à intoxiquer.  

Le jeune garçon insista pour me faire rentrer dans la douche, ce que je fis, impuissante, tout comme j’en avais l’habitude. Je me fichais du repas, je me sentais juste coupable à l’égard de mon ami, qui se donnait du mal pour moi, en vain. Le repas, c’était qu’une question d’argent, je comptais le lui rembourser de toute manière. Et puis, il ne m’avait pas semblé être un grand fan de ce genre de mets lorsque je lui en avais fait la demande… mais alors pourquoi je m’en voulais autant ?

Je fis couler l’eau chaude au maximum, de sorte à rendre ma peau pâle toute écarlate, à me bruler un moment. C’était le genre de douleur à la fois satisfaisante et dérangeante. Je n’avais aucune envie de sortir de là. Je n’avais pas envie d’affronter le regard de mon camarade, qui me gracierait certainement, en disant que c’est pas grave, parce qu’il est bien trop gentil pour accepter le fait que je suis une empotée et que ça le fasse chier d’avoir perdu son temps et son argent. C’était certainement égoïste comme façon de penser. Une fois encore, je ne pensais qu’à ce qu’il allait penser de moi, même si d’autre part, j’aurais bien voulu le laisser penser ce qu’il veut. Les opinions me concernant me fatiguent depuis déjà un bon moment pour que je continue à m’en soucier réellement.

Au bout d’une quinzaine de minutes que je m’étais accordées, je me décidais à m’enrouler dans la première serviette que je vis, puis à entrouvrir la porte de la salle de bain, pour scruter la réaction de mon camarade concernant la disparition du repas. Je soupirais. Il était en train de dégouliner sur les mets qu’il cuisinait. J’en arrivais à la conclusion qu’il était certainement ressorti. Bravo Jun. Comme si me pardonner n’aurait pas été suffisant, en plus il s’occupe quand même de préparer un repas. Je me dirigeais alors discrètement vers le meuble où étaient déposés des vêtements, et enfilait un de ses teeshirt rapidement tout en attachant mes cheveux encore mouillés. Je m’avançais vers mon camarade, qui me tournais le dos, et posait la serviette sur sa tête, le teint tout écarlate à nouveau.

« À toi… »

J’étais pathétique, même pas foutue de m’excuser. Je détournais le regard dans un silence, sans savoir s’il m’observait. J’étais exténuée par la journée tumultueuse que nous venions d’expérimenter, et, alors que dans un élan d’égoïsme, je m’apprêtais à me laisser aller à nouveau, à pleurnicher des excuses qui susciteraient une sorte de pitié voir d’instinct protecteur chez mon camarade qui me pardonnerait tout, je me taisais, coinçait la boule brûlante dans ma gorge que je tentais de ravaler, inspirais un bon coup.

« Je vais continuer pendant que tu te douches puis je rentrerais. »

À ce moment-là, les excuses n’avaient aucun sens pour moi. Je voulais réparer mes erreurs, sortir de ce mode où tout est question de moi. « JE » m’excuse. J’en avais assez de me gracier constamment. Je m’en voulais peut-être plus que mon ami ne le faisait à cet instant, mais je n’avais aucune envie de renouer avec moi-même. J’étais bien trop fatigante, et fatiguée.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Dim 24 Déc 2017 - 3:09

Je sentais quasiment l'eau couler le long de ma peau, comme une descente allant droit vers les ténèbres de la terre. Alors que le tout commençait a cuire devant moi, je soupirais de soulagement. Cette fois, la journée était vraiment fini. Et ce n’était pas peu dire que j'en avait vu un sacré nombre, tout au long de cette journée de « détente ». Mais ce n’était même pas d'avoir risquer une bagarre a Bougu qui m'avait fatigué. Ou encore d'avoir du courir sous la pluie deux fois afin de pouvoir enfin mettre la main sur un repas qui pourrait me sustenter.

L’être humain est familier de la routine, des habitudes prises petit a petit, y voyant a l’intérieur une sorte de confort qu'il cherche a préserver. Une sécurité permanente. Et le moment ou il se sent sans doute le plus faible, c'est quand ces habitudes, cette routine, est brisée. Aujourd'hui, toute la journée durant, je n'avais fais que des choses dont je n'avais pas du tout l'habitude. Ce n’était pas difficile en soi, mais cela m'avait procuré une fatigue que je n'avais que rarement expérimenté. Ce n’était pas la fatigue physique qui me laissait choir sur le sol du dojo jusqu'à trois heures du matin, c’était juste mon cerveau qui me disait que « tu ne dois plus faire ce genres de choses, c'est pas bon pour toi ».

J'étais tellement plongé dans mes pensées que je ne l'avais pas entendue sortir de la salle de bain, si bien que la serviette sur ma tête, me cachant la figure une seconde la faible lumière de mon appartement. Je jetais mon cou en arrière afin de la faire légèrement glissé sur l’arrière, au niveau de ma nuque, retrouvant une luminosité acceptable. Je baissais le gaz légèrement, avant de me retourner pour la voir habillée des vêtements que je lui avais donné. Humhum, c’était un peu......prétentieux de ma part de me dire qu'ils soulignaient plutôt bien sa silhouette, mais j'évitais bien sur de faire ce genre de commentaires a l'oral.

- Oh, tu as fini, l'eau était assez chaude j’espère. ?J'ai du changer plusieurs fois de chambres car il y avait des problèmes d'eau. Je crois qu'il y a eu des dégradations l'année dernière, je me demande bien qui a pu avoir envie de faire un truc pareil, mais passons.....

Je retournais mon vers la zone du repas en souriant, sans vraiment me préoccuper de sa phrase qui m'indiquait que c’était a mon tour d'y aller. Je devais finir le repas, et elle ne savait pas du tout ou j'en étais. Le temps de lui expliquer, s'en serait déjà terminé. J'étais plutôt bon cuisinier puisque j'avais l'habitude d'aider ma mère, voir de lui faire ses repas quand elle travaillait tard, a l'époque ou je vivais encore avec elle, ou encore les week-end ou je rentre. Un signal sonore m'indiqua que le riz était finalement cuit, et je débranchais l'appareil, tandis que j'éteignais le gaz que je recouvrais avec un couvercle adéquat.

- J’espère que tu aimes le curry, il paraît que je le fais plutôt bien. Je vais juste me doucher rapidement et...oh ! Je sais.

J'allais jusqu'à mon armoire, et je récupérais en dessous mon futon plutot épais que j'étirais sur le tatami du « salon », ainsi que mon ordinateur qui semblait également rangé sous l'armoire. J'ouvrais l'appareil, l'allumant. J'entrais un code rapidement, pour arriver sur la page principale :

- Ne t'en fais pas, je ne vais pas sur des sites bizarres. Je te laisse la charge de choisir le film. Je te fais confiance.

Je lui souris avant d'enlever mon manteau trempée et de l'étendre directement sur le radiateur. Puis j'allais vers la salle de bain et j'y entrais avant de fermer derrière moi. L’atmosphère était encore imprégné de vapeur, et il régnait une chaleur agréable, alors que j'enlevais mon t-shirt, mon pantalon et mes sous-vêtements. Le parfum de mon savon qu'elle avait du utiliser flottait dans les airs, et j'ouvrais le robinet d'eau chaude avec un soupire de soulagement. Levant la tête vers la douche, je fermais les yeux pour protéger mes pupilles du liquide brûlant, soupirant une seconde fois.

Je restais sous l'eau pendant un petit moment, laissant les paroles de l'opening 1 de « Ballroom », l'anime que je regardais en ce moment sortir d'entre mes lèvres, avant de rougir en me regardant dans le miroir. Je coupais l'eau et enfilais le short propre qui m'attendait dans un coin de la petite pièce. Je passais la serviette humide autour de mon bras, et sortait dans cette maigre tenue. J'allais tranquillement poser la serviette a coté de mon manteau sur le radiateur, puis cherchais dans l’armoire de quoi habiller mon torse encore nu. Un t-shirt noir uni ferait l'affaire, et je l'enfilais rapidement. Je me tournais ensuite vers la cuisine, et sortais des assiettes tout en reprenant la parole :

- Alors Jun, ce sera quoi comme film ?

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Mar 26 Déc 2017 - 3:47

Il semblait vraiment concentré sur le repas qu’il préparait, si bien qu’il ne semblait pas m’écouter lorsque je lui disais que j’allais continuer, ou même que j’allais partir. Je me sentais complétement invisible. Il continuait de faire la cuisine, sans se soucier de ce que je pouvais bien dire. Finalement, il commençait peut-être à comprendre qu’il valait mieux arrêter de se soucier de moi, que m’ignorer contribuerait à me faire disparaitre, ainsi il pourrait enfin être tranquille. C’était plus fort que moi, je détestais le silence, du moins, ce genre de silence qu’on comble de paroles vides. C’était ce qu’il était en train de faire. La situation n’était pas grave en soit, c’était juste des petites accumulations du genre à provoquer une certaine contrariété j’imagines. Mais il semblait être plongé dans une sorte de déni qui m’insupportait, comme ma mère en avait prit l’habitude. C’est une des raisons qui font que je la déteste.

Un petit discours sur l’eau chaude, puis sur le curry qu’il préparait. Je n’avais pas vraiment envie de jouer à ça, je me sentais trop mal et coupable pour agir de la sorte. Surtout que j’avais la mauvaise impression qu’il m’en voulait dans le fond, que son discours faussement gentil était imbibé d’amertume.

Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il ressentait dans le fond, et les émotions négatives que j’avais éprouvé quelques instants auparavant ne faisaient que filtrer la réalité de sorte à ce que tout m’apparaisse moins enthousiasmant que je n’avais pu l’être lors de la proposition de mon camarade.
J’essayais néanmoins de prendre sur moi et de conscientiser le fait que tout ce que je pouvais penser dès lors n’avait rien à voir avec la réalité, mais était simplement influencé par mon égo qui tentait de se blanchir, en remettant la faute sur des situations, sur mon ami, alors que c’était de ma faute à moi seule, si je m’attirais toujours ce genre de situations et si à cause de tout ça, mon ami se pouvait être bouleversé.
Néanmoins, ces pensées se dissipèrent lorsqu’il s’approcha de moi à nouveau, afin d’atteindre son armoire de sous laquelle il sorti son futon, sur lequel il laissa son ordinateur.

Je n’avais pas répondu à tout ce qu’il avait pu dire, tout en continuant de cuisiner, je m’étais laissé effacée, échappée dans mon monde, fuyante, comme à mon habitude. Cependant je ne pu m’empêcher de lui sourire, et d’oublier tous les états émotionnels dans lesquels j’avais pu me trouver auparavant, lorsqu’il m’annonça que je pouvais choisir le film. Il comptait donc tout de même passer sa soirée avec moi, encore. Il essayait de passer outre le fait que je sois une calamité ambulante, et tentait de positiver en nous préparant un curry. Il n’avait pas de temps à perdre comme je pouvais le faire à s’apitoyer sur son sort, il prenait les choses en main, il relativisait, alors que moi j’en étais juste incapable. Alors que je subissais, il avançait.

Je rougissais sans un mot, sans le lâcher du regard. J’avais à la fois honte de moi, mais Satoshi m’inspirait, et je lui étais reconnaissante pour la patience et le calme dont il faisait preuve avec moi, alors qu’à sa place, je n’aurais pas pu en faire autant. Pour une fois, je tombais sur quelqu’un qui paraissait être bien, malheureusement, moi, je ne l’étais pas forcément.

Il partit finalement se doucher en me laissant sur ces mots : je te fais confiance. De quoi me mettre mal à l’aise à nouveau, vu que moi-même je sais que je ne peux pas compter sur moi. Cependant, je reprenais le contexte, et ces mots avaient soudainement bien moins d’ampleur qu’ils n’avaient pu le faire paraître. Un film… Il fallait que je choisisse.
J’optais finalement, sans trop savoir pourquoi, pour « Kimi no Na wa », de Makoto Shinkai. Je ne l’avais encore jamais visionné, malgré le succès qu’il avait apparemment eu. Je cliquais donc sur le lien menant directement au film, et m’installais sur le futon dans l’attente de mon ami.

« C’est une surprise. »

J’ignorais si il considérait ça comme un film, car il s’agissait avant tout d’une animation, mais si cela ne lui plaisait pas, il pourrait toujours changer. Après tout, nous étions partis pour deux heures à partager.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Mar 26 Déc 2017 - 19:49

A douche avait était vivifiante a un point que j'aurais cru impossible. Je me sentais étonnamment bien. Trop bien même. J'avais envie de me dégourdir les jambes. Comme je faisais tout les jours, je basculait en avant sur le tatami dans un poirier parfait, en soupirant sous le poids que supportait soudainement mes bras. Un sourire s'étira sur mon visage alors que je faisais une seule pompe en fléchissant mes coudes, remontant mon corps jusqu'à ce que mes pieds touchent le plafond. Puis je me laissais retomber en arrière pour que mes pieds reviennent sur le sol. Je souriais en m'étirant :

- C'est vraiment une invention incroyable la douche, ca donne l'impression que tout ses muscles sont soudainement déliés. C'est admirable. Je vais préparer le repas, qu'est ce que tu as choisis alors ?


Je fronce les sourcils quand elle me parle d'une surprise. Allons bon, j’espère que ça va me plaire. Je ne suis pas vraiment amateur de cinéma. Je n'y connais rien et n'ai du voir qu'une poignée de films durant ma vie entière. Par envie, par moyen, a cause du fait qu'il n'y avait plus la télé chez moi depuis une bonne dizaine d'années. Dix ans exactement, en fait. Je ne connaissais pas les acteurs, pas les sujets des films, pas les noms, je savais juste que ca existait et que c’était populaire. Et aprés je m'étonnais que j'étais en marge de la société. En revenant pour poser un plateau sur le futon ou je posais des verres, j'apercevais le film en question.

- Oh, le dernier Makoto Shinkai ! Je ne l'ai pas vu je crois, tu aimes les manga ? Les animes ?


Mon ton avait totalement changé, passant du ton neutre habituel a celui du fan que j'étais depuis ma plus tendre enfance. Kimi no Na wa, le blockbuster Japonais qui était devenu un des premiers succès d'animation mondial, si on excluait les films de maître Miyazaki, bien évidemment. C’était un peu un porte étendard, qui avait finalement trouvé un allié de poids. J'avais vu beaucoup de critique sur le sujet. Un film moyen-bon. A des kilomètres de «5 centimeters per second », qui était jusque la son succès le plus important.

- Même au Etats-Unis, et surtout en Europe, ou le film a trusté la tête du box-office tout le mois d'Aout. Ce n'est pas étonnant, tu savais que la France était le deuxième pays consommateur de manga dans le monde juste derrière nous, les Japonais ? C'est sans doute pour ça que j'aime ça.

J'éclatais de rire en sortant les assiettes et en commençant a les remplir de rire. Si les Japonais d'un coté, et les Français de l'autre, étaient aussi fan, alors un mix comme moi devait gagner la compétition toute catégorie. Une fois le riz dans les assiettes, je levais le couvercle de la casserole pour regarder le résultat, et une douce odeur de curry emplit l'appartement. Il était parfait, c’était vraiment la recette que je savais faire le mieux.

- Mais bon, je pense qu'il est un peu surestimé. C'est sans doute parce que c'est l'un des premiers sortis mondialement en dehors des Ghibli qu'il a était aussi apprécié. L'effet de nouveauté, tu vois le genre. Je lis le jump toute les semaines depuis que j'ai 6 ans, et je peux te dire qu'il y'en a des perles autres que ce genre de film. J'ai vu son plus grand succès critique cependant, et j'avais bien aimé, même si ce n'est pas toujours le genre de films que je préfère.

Je ramenais les assiettes pleines que je posais sur le plateau, avant d'aller trouver des serviettes et des grandes cuillères. Une soirée parfaite. Un bon repas, un bon film, que pouvais-je demander de plus ? Je remplissais ma carafe d'eau avant de la ramener jusqu'à l'endroit ou nous mangions. Le futon était étendue prêt du mur, je pouvais m'y appuyer confortablement en me calant le dos avec un oreiller. Je me plaçais ainsi avec agilité, juste a coté d'elle, le plateau entre nous avec nos victuailles.

- Par exemple, dans byosoku go senchimetoru, toute la symbolique autour des départs, des retrouvailles, avec les trains, étaient extrêmement intéressantes, et je suis sur que beaucoup de gens s'y sont identifiés, après tout, le train est un des moyens de transport les plus utilisés au Japon. Je le prenais beaucoup a une époque, moins maintenant que je vis aussi a l'internat le week-end, mais c’était cependant un choc quand j'ai vu le film, tu ne crois pas ?


Je m’arrêtais finalement. Elle n’était pas venu pour m'entendre disserter sur ce film, mais pour passer la soirée au calme. C’était une période de repos, je n'avais pas besoin de la gâcher en parlant sans arrêt. Je baissais la tête en dissimulant mon sourire enthousiaste, et poussa plutôt le plateau un peu plus vers elle, tout en tournant ma tête vers l'écran. Je prenais le relais en lançant le film, et je diminuais un peu le son que j'avais l'habitude de mettre plus fort dans mes écouteurs. Je mettais finalement sur pause avant de tourner la tête :

- Sers toi pendant que c'est chaud, Jun-chan, j'espere que tu aimeras. Oh, si c'est pas bon, ou trop épicé, ou que tu n'aimes tout simplement pas, ne te force pas, j'ai probablement autre chose dans mon frigo que je peux te préparer. De l'eau ca t'ira ? Sinon j'ai de l'eau aromatisé a la pomme au frais. Enfin, n'hésite pas a me demander quoi que ce soit, ce sera avec plaisir. On lance ?

Je désignais l'ordinateur pour accompagner ma dernière question, avant de prendre ma propre assiette et de la caler dans mes genoux en tailleur avec une grande souplesse, dans un angle qui pouvait paraître douloureux au regard, que je maîtrisais sans y penser grace a plus de dix années d'exercices de souplesse.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Jeu 28 Déc 2017 - 21:52

La douche de mon camarade semblait avoir noyé tous les problèmes que nous avions accumulés plus tôt dans la journée. Il paraissait être en pleine forme, si bien qu’il fit même quelques exercices physiques, dans le but de s’étirer je crois bien, même si si j’avais été à sa place, ça n’aurait certainement pas été aussi bénéfique qu’il le prétendait. J’applaudissais admirative et enthousiaste à l’idée de passer cette soirée en compagnie de mon nouvel ami, comme c’était prévu. Lorsqu’il s’installa à côté de moi tout en amenant le plateau de curry qu’il avait lui-même préparé, une délicieuse odeur envahie mes narines, et fit pétiller mes yeux, pleins d’admiration. Décidément, il en fallait peu pour me rendre heureuse.

Et il paraissait que c’était un peu la même pour mon ami, qui changea tout à coup d’expression, et eut l’air plutôt enthousiaste quant à mon choix de film. Voilà qui me rassurait et me rendait bien plus heureuse tout à coup : la soirée s’annonçait plutôt bien.

Il avait l’air d’être passionné de manga, je pouvais le lire dans les vibrations de sa voix, dans ses yeux qui s’animèrent comme la première fois où nous nous étions rencontrés, et qu’il parlait d’arts martiaux. C’est cette petite flamme qui dansait dans ses yeux qui me réchauffait le cœur, et me faisait oublier tous les malheurs de la journée.

« Oui j’aime plutôt ça, après je ne suis certainement pas la plus calée dans le domaine ! »

Il faut dire que je n’avais visionné pratiquement aucun anime et lu que très peu de manga lorsque je vivais en Espagne. Pourtant, c’était une des premières choses dont les gens me parlaient lorsque je leur annonçais que j’étais japonaise. J’étais par ailleurs étonnée de l’intérêt grandissant pour la culture nippone par là-bas. Après tout, au Japon, je ne connais personne qui soit un fan inconditionnel de l’Espagne comme ça avait pu être le cas inverse. Du moins, là-bas, je regardais plutôt des séries, des télé-réalités locales un peu idiotes mais prenantes, ce qui m’aidait aussi à améliorer un peu mon espagnol, disons que ça m’éloignait du langage scolaire auquel j’avais été habituée.

Quoiqu’il en soit, une fois lancé, Satoshi ne s’arrêtait plus. Il confirmait bien l’idée que je me faisais : il avait l’air d’être un grand fan de manga, il lisait même le Jump toutes les semaines depuis ses 6 ans. Je l’écoutais parler, tout en louchant sur le repas. Il commença ensuite à dire que le succès du film n’était certainement pas dû au film lui-même, mais surtout à la nouveauté, puis j’imaginais également que le monde de la communication y avait joué aussi. J’acquiesçais, signe que j’étais plutôt d’accord avec lui, même si je ne comptais pas arrêter mon avis sur cette hypothèse, et que je comptais bien me faire le mien ce soir, après l’avoir visionné.

Nous étions plutôt confortablement installés, l’ordinateur entre nous deux, ainsi que le plateau repas, et des coussins pour nous appuyer sur le mur. La situation changeait bien de celle que nous avions pu vivre plus tôt, si bien que j’avais l’impression que nous n’étions pas la même journée. Je pensais alors à voix haute, méditant sur les propos de mon camarade.

« J’ai trouvé ça un peu étrange d’ailleurs. En fait ce film m’a un peu frustrée, je ne saurais pas trop dire pourquoi, mais il est pas vraiment terminé, un peu comme le voyage en train en fait, c’est vrai… »

Après un léger moment d’absence je poursuivais.

« Tu pense quoi des relations à distance ? »

Puis, tout en suivant ses recommandations, je me servais enfin du plat qu’il avait préparé. Je lançais un « Itadakimasu » avant de l’attaquer, pleine d’entrain et affamée.

« C’est délicieux !! »

Un grand sourire s’installa sur mon visage, j’étais plutôt étonnée des talents culinaires de mon ami. Ça n’aurait certainement pas été la même si j’avais été à sa place, quand bien même je fasse partie de club de cuisine.

« Tu devrais t’inscrire au club de cuisine ! Et pourquoi pas faire les plats à ma place »

Après tout, la seule fois où j’avais tenté de m’en sortir de cette manière, ça n’avait pas vraiment plu au jeune homme, qui m’avait complètement recalée. Mais là c’était différent, parce que je plaisantais à moitié, et que j’étais avec un ami.

Il me proposa de l’eau fraiche aromatisée à la pomme. C’était cette boisson qu’il avait prise lorsque nous avions parlé dans le dojo la nuit de notre rencontre. Je présumais qu’il devait être fan de ces rafraichissements également. Je souriais, et en prit volontiers. Je n’étais pas une grande fan de ces boissons, en fait, je n’en buvais jamais. Mais je me rendais compte qu’elles n’étaient point mauvaises, et me resservit. La pomme et le curry se mariaient parfaitement. Cette soirée était bien meilleure que si nous avions mangé un Bakudan Yaki.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Mer 3 Jan 2018 - 15:34

Je la regardais se servir une seconde, avant de me tourner vers l'écran, et après un rapide réglage du volume sonore, j'envoyais le film. Elle avait finit pendant ce temps, et je pouvais facilement décider de comment j'allais doser mon assiette. Il etait important de ne pas étouffer le riz avec le curry, au risque de perdre des saveurs aromatiques de la préparation. Mais l'inverse était également compliqué a dosé, dans la mesure ou trop de riz allait absorber la sauce et diminuer l'impact qu'elle pouvait avoir. Aussi je faisais une cuillère de chaque, puis encore une, et une troisième, pour obtenir une assiette plutôt équilibré. Je souriais en sentant les effluves se disperser dans la pièce. J'aurais peut être besoin d'aérer un peu ensuite. Tout en recentrant mon attention sur l'écran, dont l'opening jouait ses premières notes dans la pièce, je répondais a sa question :

- Je ne sais pas trop. Je ne m'y connais pas vraiment. Je sais que j'ai une très bonne amie, la ou j'habite. Elle fait ses études a Tokyo, et moi ici. Durant longtemps, elle m'a vraiment ennuyée. Comment expliqué.....

Je m’arrêtais, me demandant si cela allait vraiment l’intéresser. Je pris une cuillère du mélange, et alors que tout mon être sentait la puissance des épices, et a chaleur m'attaqua les joues, me faisant rougir. Je songeais une seconde a Mika qui devait encore être en train de courir quelque part, comme elle faisait toujours depuis que je la connaissais. Toujours a me pousser a faire des choses totalement stupides, mais qui au fond, étaient amusantes. Je reposais lentement ma cuillère en reprenant la parole.

- J'habitais a Tokyo quand j'étais plus jeune. J'ai déménagé a la campagne. Et j'avais l'habitude de ne parler a personne. J'étais un peu un solitaire. Bref, et il y a eu une fille qui s'est mise a me suivre partout, sans que je sache pourquoi. Je pouvais essayer de me cacher autant que je voulais, et c’était la campagne, c’était grand, elle finissait toujours pas me retrouver. Et alors que j'étais vraiment méchant avec elle pour qu'elle me laisse tranquille, elle rigolait toujours en me prenant le bras, comme si elle s'en fichait. Je suppose qu'aujourd'hui c'est l'une de mes meilleures amies. Voila. C'est la seule relation a distance que je connais. C'est pas vraiment en lien avec ta question, je ne suis pas vraiment amoureux de qui que ce soit. Enfin....je crois.

C’était le genre d'émotions que je n'avais sans doute jamais connu. Et quand bien même j'en aurais la sensation, je n'aurais aucune idée du pourquoi du comment. C’était compliqué, ce genre de choses. J'étais sans doute trop taciturne pour intéresser qui que ce soit. Me faire quelques amis étaient déjà assez compliqués comme ça. Je reportais mon attention sur le film, qui en était déjà a dix bonnes minutes. Et je n'allais rien comprendre si je continuais a naviguer dans mes pensées les plus ridicules.

L'animation était vraiment réussit. Bien sur, un studio comme Kadokawa Shoten, qui ne faisait rien d'autre que des films, avait largement les moyens de faire une heure quarante-cinq d'exception au niveau de l'animation. Mais bon nombre de films n'avaient pas la même carrure. Bon, il y avait quand même ufotable juste au dessus, avec un Heaven's feel dont l'animation avait était au delà des nuages, mais encore une fois rien d'étonnant. C’était a se demander comment la Toei pouvait être considéré comme l'un des plus gros studio d'animation du Japon, avec ce qu'ils faisaient de licence phare comme One piece ou Dragon ball. A pleurer.

Je prenais quelques gorgées, l'esprit un peu brumeux. Il n’était pas si tard, mais le rythme du film, associé a la chaleur du repas, de la douche, et les événements de la journée faisait que si je ne faisais pas attention, j'allais m'endormir avant d'avoir pu dire ouf. Je regardais Jun un moment, du coin de l'oeil, pour etre sur qu'elle ne s'en rende pas compte. Je n'avais pas envie qu'elle pense que je m'ennuyais. Ce n’était pas du tout le cas. Bon, je n’étais pas un grand fan de shojo, pour tout dire, et si je voulais voir ce film suite au succès qu'il avait eu, c’était loin d’être un coup de cœur. Je me devais cependant d'attendre la fin du film pour donner un avis cohérent, au risque de passer pour quelqu'un qui critique sans connaître, ce que je détestais le plus, finalement.

Une heure de film avait passé. J'avais rangé mon assiette sur le coté, et observait le film d'un air dubitatif. C’était ça, le plus grand succès de la japanimation de 2017 ? Une histoire d'échange de corps, de météorite, une critique de la société Japonaise moderne, comme il y en avait tellement d'autre ? Higashi no Eden allait tellement plus loin dans la critique de la société, et l'histoire d'amour entre Takizawa et Saki n'avait rien a envié aux personnages de Kimi no Na wa. J’étais peut être devenu trop critique. Après tout, le monde du manga était ce qui m'avait permis de ne pas trop m'ennuyer a la campagne, et cela me tenait vraiment a cœur.

Alors que je commençais a somnoler, le film sembla atteindre la fin. Les deux personnages principaux qui se retrouvent finalement dans une gare, comme par hasard, merci les références, et qui se reconnaissent, en pleurant. Tellement classique. Sacré déception. Le générique de fin se lança, et je soupirais sans savoir quoi dire. Je me levais d'un air engourdis, avant de prendre mon assiette et de me diriger vers l’évier.

- Bon......c’était pas fou....c'est une histoire mignonne......mais c'est vraiment ce truc qui a explosé le box office de la japanimation ? Je peux citer dix anime en 2017 qui lui est supérieur.....m'enfin. Tu as aimé toi ?

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Dim 14 Jan 2018 - 3:03

Le film allait commencer alors que j’avais déjà terminé mon plat. Je ne m’étais même pas rendue compte que mon camarade ne s’était même pas encore servie, et me senti à la fois mal polie et coupable. Je rougissais légèrement, prétendant ne pas avoir remarqué la chose, en espérant que mon nouvel ami ne l’eusse toujours pas fait.

Il reprit néanmoins, en répondant à ma question, tout en se servant du mets délicieux qu’il avait préparé. Il commença à me parler d’une amie à lui, qui vivait à Tokyo pour ses études. Je me mis à sourire, tout en l’écoutant parler. Je me demandais qui pourrait penser à moi en premier pour répondre à ce genre de question.
Ça devait forcément être une personne importante pour lui pour que ce soit à elle qu’il se mette à penser. Et, sa voix s’adoucissait aussi, sous le rythme de la nostalgie qui paraissait l’envahir. Ses joues se mirent à rougir, ce qui me fit timidement rire. Le cœur de Satoshi était-il déjà pris ?

Je me laissais tomber sur le coussin qui se trouvait juste derrière mon dos pour l’écouter, j’étais bien plus intéressée par la vie sentimentale de mon camarade que par le film. Quand on y pense, c’est drôle à quel point ce genre d’histoires peuvent fasciner, surtout lorsqu’il s’agit de celles concernant notre entourage. Le problème, c’est que souvent, en écoutant, le cerveau fait de drôles d’assemblages, qui vous ramènent régulièrement à vous.

Mais là, le temps qu’il passait à décrire leur histoire, j’avais l’impression de m’éloigner. En fait, j’essayer de créer mentalement une sorte de mise en situation, essayant tant bien que mal de visualiser la jeune fille dont il parlait, sans obtenir presque aucun détail.

Apparemment, il vivait à la campagne avant. Je n’avais jamais été vivre en campagne, et ne m’y étais rendue que rarement. Quand bien même je ne connaissais pas cet univers, j’étais persuadée de préférer les villes, avec leurs tas de lumières aveuglantes la nuit, les trottoirs étroits bondés, les bruits de klaxons quotidiens. C’était mon univers, en quelques sortes.

Je compris finalement que la relation qu’il m’annonçait n’était que purement amicale, du moins, de son côté. Après tout, la demoiselle semblait être un peu étrange tout de même, à le suivre partout. C’est bien le genre de chose que je n’avais jamais fait, et que je ne comptais certainement jamais faire. J’avais trop peur d’être rejetée, et une fierté trop importante pour cela. Je préférais la jouer indifférente, ne pas avoir le temps, ou du moins, ne pas le prendre.

« C’est une relation pareil. Elle te manque ? Et comment ça, pas vraiment amoureux ? »

J’insistais sur le vraiment. L’amour était certainement un sentiment difficile à saisir, mais, j’imaginais bien qu’une fois sous son emprise, on devait bien s’en rendre compte. Je pensais alors à elle. Finalement, en y réfléchissant, je comprenais peut être mieux ce que mon ami voulait dire. Je n’ai jamais su si ce que j’éprouvais pour elle s’apparentait à de l’amour, si c’était une forme d’admiration, d’attachement indescriptible. J’imaginais que j’étais amoureuse, peut être parce que j’avais besoin de mettre des mots sur ce que je ne parvenais pas à comprendre. Mais peut être que c’était ce que tout le monde entendait, depuis des siècles, par ces cinq pauvres lettres.

« L’amour... » Je soupirais, tout en regardant le film que j’avais sélectionné.

Il était effectivement question d’amour dedans, et l’histoire n’était pas trop mal. Les personnages n’étaient pas plus attachants que ça, mais j’aimais bien l’idée de l’histoire, quand bien même elle n’était pas révolutionnaire. J’aimais surtout la vie à la campagne de Mitsua, ancrée dans la tradition, qui contrastait complétement avec celle de Taki. Et le dessin était vraiment bien réalisé. Je jetais quelques coups d’œil à mon camarade alors que nous visionnions le film d’animation. Il semblait fatigué, ou ennuyé. Cette dernière hypothèse se confirma lorsqu’il reprit, à la fin du film. Il n’avait pas l’air d’avoir aimé.

« J’ai bien aimé. Ce n’est pas non plus mon film préféré, mais il était très bien réalisé, et l’histoire fonctionne… Peut être que la prochaine fois on visionnera un film encore plus sympa ! »
Je lui souriais, en espérant qu’il oublie un instant ce film, qui avait l’air de l’avoir frustré. Puis, au bout d’un moment, alors que j’étais toujours assise, et que mon camarade s’était dirigé vers l’évier, je m’adressais à nouveau à lui, tombant mon sourire petit à petit.

« Moi aussi je connais une histoire à distance actuellement. Enfin, bien sur, j’en ai déjà connu plusieurs, des situations de distances. Je veux dire que j’ai tout de même déménagé deux fois. Mais je suis pas du genre à m’accrocher aux liens. Du coup, on se perds de vue, tu comprends. Mais j’ai rencontré une fille en Espagne. Elle était vraiment jolie, et super cool aussi. Elle avait de longs cheveux noirs, comme son regard ténébreux. Bref. On s’est tout de suite… bien entendu. On passait notre vie ensemble. On était juste amie bien entendue, mais tu sais, on faisait beaucoup la fête, et souvent, ça dérapait. Mais elle avait un copain, et je fréquentais d’autres gens, tu vois. »

J’avais complétement détourné le regard de Satoshi. Je sentais mes jambes trembler pendant que je parlais, et m’interrompu instantanément. J’avais besoin d’en parler. Depuis l’incident, je n’avais jamais pu m’exprimer sur le sujet, j’avais juste essayé de l’oublier, et plus je le faisais, plus elle me hantait.
Je regardais alors mon camarade, dans l’espoir d’y trouvé un refuge, de franchir la barrière de jugement à laquelle je m’attendais. Je pris une inspiration, puis repris.

« Elle s’appelait Valeska. Mais elle est loin maintenant. »

J’avais confiance en Satoshi. Il avait assez eu l’occasion de me prouver qu’il était responsable et qu’on pouvait compter sur lui, notamment au cours de cette journée mouvementée. Et puis, c’était mon ami.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Mer 17 Jan 2018 - 21:03

J'écoutais lentement son récit. Debout en train de faire la vaisselle, alors que le film était finit depuis une bonne quinzaine de minutes maintenant. Dire qu'il n’était pas inoubliable était un euphémisme. Avec une certaine dextérité, la force de l'habitude probablement, je passais le torchon habituel que j'utilisais contre mon assiette que j'avais tranquillement passé a l'eau et au savon. Puis je passais a la sienne, toujours silencieux, écoutant son histoire.

J'avais un peu de mal a y croire. J'étais vraiment si loin de la réalité ? Elle devait avoir quoi, Jun ? 17 ans ? Je crois que c'est ce qu'elle m'avait dit. J'avais passé la journée a Bougu parce qu'elle avait décidée d'aller boire dans un bar. Elle avait sans doute envie d’être bourrée, ou se donner un genre ? Ou essayer. Pas essayer, puisqu'elle me disait avoir fait beaucoup la fête. Mais quand elle la faisait, elle ne devait pas avoir plus de quinze ans. J'étais un peu interloqué. Elle était allée boire en tout illégalité cette après-midi la. C’était interdit de boire avant vingt et un ans.

C’était peut être différent en Europe, je ne m'y étais jamais intéressé de toute manière, et probablement que ce ne serait jamais le cas, mais je trouvais ça un peu choquant de voire qu'il était aussi facile d’accéder a la dépravation. A mes yeux, l'imaginer aussi jeune dans une boite de nuit, alors qu'elle n’était encore qu'une enfant, était vraiment dérangeant. J'étais peut être bête de penser ça. C’était peut être la norme, mais j'avais du mal a imaginer l'un de mes amis faire la fête de la sorte au même age. Surtout quand je pensais a Hisaka ou a Nao-chan. Mais ce n’était probablement pas les meilleurs exemples non plus.

Elle me parlait de son amie, qu'elle semblait beaucoup aimer. Beaucoup beaucoup. Elle était amoureuse, c’était une évidence. Je pensais a Hisaka, qui finalement me donnait l'impression d'avoir une histoire similaire. Un peu comme avec Naoko, ce genre d'amour triangulaire que l'on ne voit pas que dans les films. Je soupirais. J'avais eu cette discussion plusieurs mois avant, mais j'avais l'impression qu'elle était encore fraîche dans ma mémoire. Et si en plus celle de l'adolescente concernait un tabou, au Japon, qui n'avait rien d'autre qu'une convention non officielle comme porte-parole, la situation devait être difficile a vivre. Sans me retourner, m'occupant toujours la vaisselle, je reprenais la parole.

- Je te présenterais mon amie, Mikaela Aomé. Elle vient souvent me voir ici. On passe des week-end ensemble. Je suis plus vieux que toi, je dois avoir trois ou quatre ans de plus. Je vais être majeur bientôt. J'ai jamais fais tout ces trucs que tu trouves tellement cool. Boire, faire la fête, ce genre de trucs. Ça m’intéresse pas vraiment, mais c'est pas la ou je veux en venir.

Je finissais d'essuyer l'assiette avant de la remettre sur la petite pile de couverts et d'assiettes que je possédais. Je me retournais vers elle en m'étirant, avant d'approcher tranquillement et de m'accroupir juste devant elle, appuyé de tout mon poids sur la pointe de mes pieds, la regardant. Je la dévisageait pendant une bonne dizaine de secondes avant de finalement ouvrir la bouche a nouveau :

- Tu n'as pas besoin d'afficher cet air triste a en mourir. Ton amie n'est pas morte, elle est juste loin. Si tu veux lui parler, tu peux le faire. Il y a des jours ou on est plutôt triste, ou on se sent seul. Et tu ne me croira peut être pas, mais la solitude je connais parfaitement. J'ai eu mon lot, comme tu as eu l'air d'avoir toi aussi. Mais mon amie, je la vois souvent maintenant. Et quand tu seras plus vieille, plus libre que tu ne l'est a présent, tu pourra aussi revoir ton amie autant que tu le veux. Alors souris un peu, tu es plus belle qu'avec cet air désespéré sur ton visage. Oh, et aussi, tu devrais éviter de te faire appeler par son nom, le tiens est bien plus mignon, tu ne crois pas ?

Je lui faisais un léger sourire, avant de me redresser. Je n'avais aucune idée d’où je sortais ce monologue, et de toute façon, j'avais l'impression que la fatigue me faisait dire n'importe quoi. L'air de parler comme un adulte, ce que je n'étais pas, avec cette façon condescendante de m'adresser. Je venais sans doute de dire le contraire de ce que j'aurais du lui dire. Après tout je venais un peu de lui dire que ses problèmes n’étaient pas important. J'avais voulu sous-entendre le contraire, que ca allait s'arranger, mais je n'avais de toute façon jamais était doué pour les mots. Je soupirais a nouveau, en m'approchant du futon :

- Je ne veux pas te gêner ou te déranger, alors je te laisse le futon, je vais dormir plus loin par terre, ca te va ?

En gage de bonne foi.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Ven 26 Jan 2018 - 16:53

Je ne m’étais jamais posé de questions sur nos façons de nous amuser. En y réfléchissant, quand je repense à tout ces souvenirs, j’ai l’impression de nous voir de l’extérieur, de loin. Comme si sur le moment même, je n’était pas vraiment là moi même. Je crois que c’était ça que j’aimais. Nous voulions tous nous échappés, et ne pensions pas aux conséquences que cela impliquait. Tout ce qui importait c’était le moment présent, où, tous réunis, nous nous dispersions dans l’ampleur enivrante et perturbante à la fois, que constituait l’univers.
Nous nous enfoncions dans ces abîmes, trop abîmés de l’intérieur pour prendre conscience du ridicule et de la folie que ces plaies nous infligeaient, nous préférions perdre conscience, plonger dans une mare d’alcool. Parce que s’empoisonner était tellement réconfortant.

Les mots de mon camarade me transpercèrent le cœur. Il n’avait pourtant rien dit de méchant. Il insinuait simplement que ce n’était pas son truc, et me faisait bien comprendre que son avis sur ce genre de chose était déjà bien tranché. J’avais presque l’impression de le décevoir, de me faire sermonner par mon père en quelque sorte, même si je n’en avais plus depuis de nombreuses années. Par ailleurs, je me demande si ce n’était pas aussi ce qui me faisait défaut. Je me demandais souvent si je pouvais considérer que mon père était. Cela peut paraître assez extrême comme pensée, mais, au fil du temps, la tristesse s’évapore, et creuse une haine profonde, qui ne se dirige vers personne, qui se transplante donc en moi de sorte à ce qu’il ne me reste plus qu’une personne à détester: moi.
Dans le fond, je savais bien que je ne détestais pas ma mère. Je détestais juste ma vie.
Je ne trouvais rien à répondre à mon camarade, mais il ne semblait pas avoir fini. Je continuais donc de l’écouter.

Il finit par poursuivre comme quoi je dramatisais trop, que de toute façon, un déménagement, ce n’est pas comme un enterrement. Je ne savais pas si j’étais censé pleurer ou m’énerver à cet instant, je serrais donc les dents, le laissant parler.

J’avais tellement envie de me confier, mais il venait de me prouver que je n’en valait pas la peine, que tout ce que je méritais, c’était de subir cette souffrance silencieuse, que tout mes efforts resteraient vains, et tel un sisyphe en détresse, je me taisais.

Je le regardais s’éloigner, me proposant de me coucher.
Voilà. Dormir. C’était la solution miracle par excellence, celle que tout le monde me suggérait dans ce genre de moment. J’ignorais si c’était parce qu’il ne savait pas comment s’y prendre ou s’il voulait juste se débarrasser de moi, mais cette fois, c’était trop pour moi. Je me sentais rejetée, et incomprise.

« En fait si. »

J’esquissais un sourire amère, sans lui adresser un regard.

« Elle est morte. »

Je l’avais tué.

« Écoutes c’est gentil, mais je vais pas te déranger plus longtemps, je crois comprendre que je l’ai assez fait comme ça. Je vais rentrer à l’internat. Il est quelle heure ? » 

Il devait être tard, assez pour me faire bien sermonnée d’avoir dépassé le couvre feu. Mais je n’étais plus à ça près. Je me levais donc, me dirigeant vers les vêtements, afin de rendre à mon camarade ceux qu’ils m’avaient prêté. J’essayais de contrôler mon corps, qui ne cessait de trembler sous le rythme de mon cœur qui ne cessait d’accélérer. Damnant mon émotivité.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Jeu 1 Fév 2018 - 17:49

Je passe lentement mes doigts au niveau de l’arête de mon nez, en soupirant lentement. Je ne suis pas exactement certain d'avoir compris ce qu'elle voulait dire a l'instant. C’était assez grave ce qu'elle était en train de dire. Je n'aurais pas du m'en mêler. J'avais toujours fais bien attention a ne pas me mêler des affaires des autres, et voilà le résultat quand j'avais désobéis a ma propre règle. Je n'avais rien a dire de plus. Je regardais le mur opposé d'un air fatigué, alors qu'elle se levait pour remettre ses propres vêtements :

- Je suis désolé.

Je n'allais de toute façon pas l’empêcher de mettre ses vêtements maintenant assez sec grâce aux trois heures de séchages auquel ils avaient profités. Je n'allais pas l’empêcher de retourner chez elle, vu qu'a la base, je ne l'avais pas vraiment invité. J'avais simplement voulu faire en sorte qu'elle passe une journée meilleure que celle que je lui avais empêché d'avoir. Même si, selon moi, c’était une idiotie de vouloir s'amuser a Bougu, quand on était une adolescente de dix-sept ans, il semblait qu'il valait mieux que je garde ça pour moi.

Je sortais mon téléphone lentement en tapotant pour envoyer un message a Misuzu, lui disant que son pull etait lavé, comme je lui avais promis, et qu'elle pouvait venir le chercher. Il se trouvait parfaitement plier sur un coin du tatami. Je relevais les yeux vers Jun en enfonçant ma tete contre le mur. A travers le mur, si j'avais pu, pour disparaître. Je voulais simplement etre seul. Ne plus devoir m'occuper des affaires des autres. C'est ce que j'avais toujours fais, et ce que je ferais toujours. Je pouvais bien laisser l’espèce humaine se débrouiller. Ashura ne se complaisait que dans la solitude. C’était ce que je semblais avoir oublié.

Je me levais lentement, en étirant mes membres engourdis, avant d'aller jusqu'à l'un de mes sacs, dans un coin de la piece. De la je sortais un bout de papier qui semblait être un formulaire. Je le remplissais rapidement. Satoshi Sakutaro, capitaine du club de combat sans arme, déclare que Jun Aoki est en retard a cause d'un entraînement tardif suite a une découverte du club. Signature. Il n’était pas plus de vingt-trois heures, ça devrait bien suffire. Je me retournais en lui mettant la feuille dans la main :

- Avec ça tu devrais être tranquille pour rentrer. Pardon pour la soirée, c'est ma faute.

Sans un regard de plus, je me retournais, allant jusqu'à la porte pour la raccompagner. Alors que j'arrivais devant la sortie, plusieurs coups plutôt appuyés semblèrent me tirer de mes pensées. Je levais la tête, avant de regarder la porte, puis Jun, puis de nouveau la porte. C’était sans doute Misuzu qui venait chercher son haut. J'ouvrais alors lentement, en m'écartant un peu, découvrant effectivement mon amie.

- Watanabe-san je suis content de te voir, fis-je en inclinant légèrement la tête.

Elle me salua en souriant, sourire qu'elle perdit rapidement au fil de sa phrase. Je tournais la tête pour voir ce qu'elle avait remarqué, en songeant que Jun était juste derrière moi. Je tournais la tete vers Misuzu, lui souriant lentement, sans prendre la peine d'expliquer quoi que ce soit. Elle inclina la tete comme je l'avais fais, avant que je ne m'écarte pour aller récupérer ce qui lui appartenait.
Une fois le pull entre ses mains, que je déposais délicatement dans ses bras. Elle reculait prête a partir. Alors que je savais que j'allais rentrer dans ma famille incessamment sous peu, je m'inclinais a nouveau :

- Bonnes fetes de fin d'années, Misuzu.

Je la regardais partir, plus précipitamment que je ne l'avais espéré. Je soupirais.J'avais encore dis quelque chose qu'il ne fallait pas, sans doute. Le prénom, c’était le prénom, idiot. Je soupirais en retournant vers ma deuxième invitée qui allait également partir sous peu. Il devait pleuvoir, aussi je lui tendait un parapluie, avant de m'écarter une nouvelle fois de la porte :

- Ne traine pas en route, ou tu vas attraper froid. Dors bien.

J'inclinais la tete, avant de la laisser partir, m'appuyant contre le mur.

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MessageSujet: Re: Un diner presque pas fait (Satoshi)   Ven 2 Fév 2018 - 4:11

Je regardais ce « nouvel ami », dépassé par ce que je venais de lui avouer. Je regardais, pleine de déception, le spectacle de la passivité que ce dernier m’offrait pour l’occasion. Il ne semblait même pas être touché par ce que je venais de dire, il ne donnait pas l’impression d’être affecté par mon propre chagrin. Je ressentais seulement cette amertume, une sorte de dédain de la part de mon camarade peut être, qui s’était mit à juger mon mode de vie plus tôt énoncé. À juger le seul moyen que j’avais trouvé pour m’en sortir, pour faire surface, quand bien même tout autour de moi, les eaux marécageuses dans lesquelles je flottais étaient peut-être pires que la mort-même.

J’avoue y penser assez souvent, à la mort. A la mienne, plus particulièrement. Mais je ne suis certainement pas prête à ça, et j’ignore si c’est le genre de choses auxquelles on peut l’être. Néanmoins, y penser parvient à me soulager suffisamment pour continuer, la plupart du temps, certainement parce que ce genre d’idées font office d’une bouée lointaine, sur laquelle le simple fait d’y garder un œil permettrait de se reposer.
Quand elle l’a fait, elle, j’ignore si elle s’est sentie soulagée de s’ouvrir les veines. Je me demande toujours ce qu’elle a pu ressentir, si ça faisait du bien de s’écouler, de partir. C’est assez commun comme fin tout de même, ça parait si complexe, mais c’est pourtant tellement facile… Je secouais la tête, et mon visage s’inondait de larmes silencieusement, sans que je ne m’en aperçoive d’abord. Inerte, l’espace d’un instant.

Je jetais à nouveau un regard à mon camarade, qui avait les yeux rivés sur l’écran de son téléphone. Je soupirais. C’était bien le genre de sensation que je connaissais, et haïssais par la même occasion. J’étais bien moins importante qu’un vulgaire cellulaire, et ce garçon, qui prétendait être mon ami, n’en valait pas plus la peine que les autres finalement. Pour eux, je ne comptais pas, mais il semblait que malgré tout ces semblants de haines que je déclarais éprouvé envers moi-même, je comptais tout de même assez pour m’empêcher de fréquenter à nouveau ce genre de personne. C’était la raison pour laquelle ma seule solution, c’était l’isolement.

Je dépliais mes vêtements, ôtais ceux de mon camarade, qui semblait être figé au mur, puis me rhabillais. Je déposais ses affaires sur le coin de son lit, les pliants si rapidement qu’elles ne semblaient pas vraiment l’être. Je n’avais qu’une seule envie : partir d’ici et ne plus jamais le recroiser.

Il m’écrivit alors un mot, pour justifier mon retard, qu’il me tendit froidement. Je tentais d’accrocher son regard, vainement.

« C’est ma faute »

Il ne savait certainement pas dire autre chose. Je lançais tout aussitôt, assez fermement :

« Arrêtes de tout ramener à toi. »

Et c’était moi qui parlait pourtant. Je lui arrachais le papier des mains, sans ne rien déclarer davantage. Je me serais trouvée trop pitoyable de le remercier alors qu’intimement, je lui en voulais profondément, et que ce mot me faisait l’effet d’un dernier coup de couteau.

Je n’arrivais pas à exprimer comment je pouvais bien me sentir, qu’il me décevait, peut être parce que je venais de prendre conscience qu’il n’en avait rien à faire, tout simplement. Ces frustrations stoppèrent quand quelqu’un sonna à la porte. J’ignorais qui ce pouvait bien être, mais je n’étais pas chez moi, et n’étais donc certainement pas concernée. C’est alors que mon camarade ouvrir la porte, pour enfin dévoiler une jeune femme, plutôt mignonne, dont je n’avais aucune connaissance. Je restais derrière mon ainé, immobile, à la dévisager, sans dire un mot.

J’ignorais si je devais me sentir en colère, ou si au contraire, je devais plutôt être triste. Quoiqu’il en soit, si Satoshi n’avait pas su me réconforter, il avait trouvé le moyen d’inviter son amie, qui paraissait même être un peu plus que cela, si l’on se fiait à leurs regards.
Pathétique. Ça me donnait envie de vomir, et c’était bien la dernière chose que j’avais envie, et besoin de voir. Deux étudiants, dont l’un étant censé me réconforter, s’échanger des regards amoureux, ou du moins très intéressés, alors que je fondais en larmes. On aura vu mieux comme rendez-vous nocturne.

Je reculais lentement, cherchant à me cacher.

« Bonnes fêtes de fins d’années Misuzu »

Elle partait. C’était alors mon tour.

Le ton de Sakurato changeait aussi vite que la visite de la jeune femme. J’ignorais ce qu’il avait en tête, mais le ton qu’il prenait était loin de me plaire, on aurait dit qu’il se prenait pour mon père. Ce n’était franchement pas du tout ce à quoi je m’attendais venant de lui, et je l’avais certainement trop idéalisé.

Je finis par laisser tomber le papier qu’il m’avait rédigé, et que j’avais froissé lors de la visite de cette chère Watanabe, puis murmurais :

« Non, c’est la mienne. »

Je partais enfin, laissant la porte ouverte, m’aventurant sous la pluie. Je ne comptais pas rentrer ce soir. Laissant brûler derrière moi cet « havre », l’esprit tout fragmenté.

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