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In a decade, will you be there ?
 
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 The Way Back Home

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Ethel Dawkins
♦ Civil - Œnologue
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Genre : Féminin Verseau Coq Age : 24
Adresse : Quartier Hiryuu, Immeuble Sakura, Appt 33
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                                   :

MessageSujet: The Way Back Home   Dim 26 Nov 2017 - 0:12

THE WAY BACK HOME




     La foule. Gigantesque, qui avalait quiconque osait s’y aventurer. Descendant les escalators amenant au métro, Ethel souffla longuement, s’assurant que la main de son fils était serrée au creux de la sienne. Pourtant la foule, elle aurait du y être habituée. Un an dans le grondement parisien, un an de longs couloirs souterrains, de lumières blafardes et de visages fatigués. Un an, deux fois par jour. Mais la foule était la seule chose à laquelle elle n’avait pas réussit à se faire, et celle de Tokyo était bien plus terrifiante, si dense qu’elle avait l’impression que si elle fermait les yeux, elle se ferait absorber, et se perdrait en son sein, sans jamais en sortir.
Et pourtant, un clignement d’œil, et le métro, la gare, tout était passé. La jeune mère se trouvait maintenant dans un train à grande vitesse, prête pour un voyage qu’elle commençait à bien connaître, dans ce géant de ferraille qui la ramenait à Keimoo. Pour la deuxième fois, elle revenait avec une tête blonde dormant sur ses genoux, une tête blonde qui avait bien grandit depuis son dernier départ, il y a maintenant plus d’un an. Une tête blonde qui était la raison de ce retour.

Depuis sa naissance, Loïs avait vu du pays. En commençant par l’Angleterre, le pays où il était né et où Ethel avait fini par pouvoir l’en extirper Mais elle n’avait pas pu retourner au Japon avec lui, et avait atterrit en Argentine, où elle avait passé un an de sa vie, là où Loïs avait appris à marcher, où pour la première fois elle avait pu être mère, et observer son enfant s’épanouir. Mais malgré le cadre idyllique, la découverte d’un travail et d’un univers qui la passionna, quelque chose manquait à Ethel, et elle n’accepta de faire face à la réalité qu’à l’annonce de la mort de Seth, l’avocat qui lui avait permit de remettre sa vie en ordre. Le Japon, Keimoo, voilà ce qui manquait, sans aucun doute. Alors elle avait refait ses valises, prit son fils par la main, et était repartie…. Pour un mois. Alors qu’elle commençait à refaire sa vie à Keimoo, à recréer les liens perdus ou éloignés, un coup de téléphone. Son bienfaiteur, qui l’informait que l’opportunité de sa vie se présentait, et que si elle la laissait passer, elle n’était qu’une sombre idiote qui n’avait rien compris. Évidemment, des mots forts, pour faire réagir la jeune rousse. Peut être la seule chose qui n’ait jamais marché avec elle. Et cela marcha, puisqu’elle dit au revoir à tout le monde – pour une fois – et qu’elle partit encore une fois pour une destination inconnue, la France. Elle allait travailler pendant un an en tant que consultante au siège parisien de l’institut Français de la vigne et du vin. Et elle n’arrivait pas seule, puisque Loïs et la réputation de son bienfaiteur la précédait. Pendant un an ce fut un voyage permanent, dans tous les vignobles de France. Parfois elle pu emmener Loïs, parfois pas. Un an d’expérience où elle apprit énormément, mais un an où son fils avait du grandir sans elle.

Puis en Septembre, il entra à l’école. Et Ethel réalisa qu’elle avait manqué pratiquement tout le début de la vie de son fils. C’était inacceptable. Elle qui avait toujours recherché une stabilité, un environnement rassurant, elle se rendit compte qu’elle n’en fournissait pas un à son fils. Deux mois après, elle avait un visa, et un billet d’avion pour le Japon, et pour Keimoo. Quand on parlait de retourner à la maison, c’était le seul endroit qui lui venait en tête après tout.

Et enfin, elle débarquait à la gare, son fils épuisé par le trajet et le changement de fuseau horaire, dormant à poings fermé dans ses bras. Mais comment aurait-elle pu dormir ? Enfin, tout lui semblait familier, elle y voyait enfin un endroit ou élever son fils. Il avait toujours appris le japonais, peut-être parce qu’au fond d’elle Ethel savait qu’elle finirait par revenir. Et en Avril, il entrerait à l’école primaire. Quelques mois encore pour s’adapter, commencer enfin à construire une histoire, la leur. Pour l’instant il fallait rejoindre leur appartement. Elle reviendrait dans l’appartement de Seth, qu’elle avait gardé pendant un an sans trop savoir quoi en faire. Encore un indice témoignant du fait que dans sa tête, elle n’était jamais réellement partie. Tout était resté de même, si on oubliait la poussière envahissant chaque recoin.

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C’était il y a une semaine, et à présent l’endroit brillait, les placards étaient remplis, et Loïs était dans une garderie jusqu’au soir. Cette garderie, Ethel s’était battue pour y avoir accès, arriver en plein milieu d’une année scolaire, avec un enfant non japonais, et vouloir l’inscrire dans le meilleur établissement pré scolaire? Une broutille à présent pour Ethel. Trois jours de négociation et Loïs commençait son intégration, quelque chose qui tenait tout particulièrement à cœur à sa mère. Jamais il n’avait eu de véritable camarade, d’ami, de repère, et si la jeune rousse voulait que cela change, il fallait que son fils se sente chez lui, et créé des liens. Elle se servait de ce temps dans la journée pour effectuer le travail administratif, et la montagne de papier que son retour l’obligeait à remplir. Une légère adaptation avait été nécessaire, peut-être plus longue que prévue. Le Japonais était une langue qui s’oubliait vite, et elle avait profité de ce temps pour absorber le plus possible de cette culture qui lui avait tant manqué. Une semaine, et elle commençait à ne plus se réveiller le matin, se demandant où elle se trouvait. Une semaine, et pour la première fois ce matin, elle avait ouvert les yeux avec un sourire. Elle venait de déposer Loïs à la garderie, il était temps. Temps pour le retour fracassant d’Ethel Dawkins.

Appartement 11, 3 Rue de la chance, quartier Hiryuu. Elle n’avait pas à aller bien loin au final, quelques rues tout au plus. Depuis son retour, elle avait du passer une dizaine de fois devant. Cette fois il était temps d’y rentrer. Vivaient-ils encore à l’intérieur ? Elle n’avait que très peu de raisons d’en douter. Un étage à monter, et si sa mémoire était bonne, la porte d’entrée n’était jamais fermée. Pourquoi s’embarrasser avec une serrure quand une ménagerie aux aguets attendait de l’autre côté ? Mais elle ouvrit la porte, et aucun chien ne lui sauta dessus. La déception fut présente, mais elle fut tout de même accueillit par un chat et un singe, ce qui pouvait servir de compensation. Autre lot de consolation ? Revenir dans ce lieu, là où tout avait commencé. Elle pouvait presque voir Zakuro assis sur cette chaise qu’elle tenait dans ses mains, Capitaine, qui lui faisait remarquer un ventre arrondit, qu’elle ignorait depuis des semaines. Et elle avait du partir.

Mais à présent elle était de retour. Elle s’assit sur le canapé, écoutant les bruits environnant, observant les alentours. Son retour fracassant, la jeune fille l'aurait imaginé légèrement autrement, un peu plus... Fracassant peut-être. Mais en début de matinée, si elle y avait pensé à deux fois, elle aurait su que la probabilité de l'absence de Kaz était quand même assez haute. Elle n'avait qu'à attendre. Et bien évidemment, vu la semaine qu’elle venait de passer, et le fait qu’il était dix heures du matin, que Loïs l’avait réveillé en plein milieu de la nuit avec un cauchemar, Ethel s’endormit sur le canapé, le chat ayant grimpé sur ses genoux et ronronnant une douche mélodie.

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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: The Way Back Home   Dim 26 Nov 2017 - 4:34

Il s’agit de ne pas fermer les yeux, d’avancer sans reculer, de continuer, sans changer de voie. La porte s’ouvre, et l’odeur d’un souvenir mal distillé s’étend trop largement. Zakuro ne gronde même pas ; il n’a pas l’énergie pour ça. En traversant son salon, précédé par Kojiro, il se rend simplement jusqu’au milieu de la pièce et s’arrête devant l’humaine colorée. La tâche de ses cheveux ne barbouille plus avec autant de ferveur ses émotions, et Zakuro plisse simplement les yeux. Un « ah » se suspend sur ses lèvres, et Kojiro s’approche d’elle, sans que l’autre brun ne bouge vraiment. Un peu figé, un peu contemplatif, assurément rancunier, Zakuro n’a pas l’énergie pour sourire.

« Debout, Ethel. »

-


Il est difficile de considérer une réalité qui s’avère un peu trop irritante lorsqu’on a dans le sang moins de quatre heures de sommeil. Les sens embrumés par une insomnie trop lourde à assumer, Zakuro papillonne des yeux et Kojiro, sa main dans ses cheveux, tapote à intervalles réguliers contre son épaule, pour le maintenir éveillé. Le cours commun de développement social est un amas abrutissants de mots qui ne forment pas de sens, et le front venant claquer contre son bureau, Fea abandonne la partie.

-

Kojiro n’ayant jamais remplacé Senta dans son rôle agaçant d’humain gazouillant, c’est dans un calme environnant que Zakuro traverse le campus, soutenu par le poids du regard noir de Sasaki. Peu enclin à le laisser tranquille, l’hirondelle humaine s’est mis en tête de passer la journée à le surveiller, et Zakuro, sans volonté à s’embarrasser d’un caractère trop trempé pour lui, le laisse traîner à ses côtés. Il s’agit de continuer à survivre aux trois derniers cours de la journée.

-

Agitant mollement une feuille sur lequel s’inscrit en rouge une note trop insuffisante, Zakuro contemple les yeux de Kojiro, lesquels se sont teins d’une expression particulière. Sans être capable de déceler ce que signifie en soi le regard, Fea récupère ses affaires, tandis qu’autour de lui, les étudiants murmurent entre eux, échangeant leurs notes, échangeant leurs idées de hobby pour le week-end. Zakuro prévoie hiberner, peut-être même ne jamais se réveiller. Il s’agit seulement d’une option, il en a conscience, mais depuis que Joshua a changé, il lui faut savoir rester éveillé plus longtemps, pour continuer à toujours se tenir au courant. Swan s’effraie d’un rien, et Fea joue ce rôle trop instable d’une ancre qui ne sait même pas pourquoi on l’immerge. Il n’ a pas l’impression d’être le meilleur des tuteurs émotionnels, mais Swan ne semble pas de cet avis. Alors il se tient prêt. Au cas où quelque chose de grave arriverait.
Tant que ce ne sont que des trous et des passages répétitifs, Zakuro ne s’inquiète pas.

Kojiro n’y arrive pas. Zak ne se fait pas d’illusion, il a conscience que sa présence aussi imposée est en vue d’une recherche de contrôle sur la situation ; Kojiro aussi a besoin d’être rassuré.

-

En grimpant les marches, tandis que Kojiro maugréé des inepties sur les angles des escaliers, Zakuro finit par s’arrêter devant la porte de son appartement. Swan n’est pas rentré, mais la poignée n’est pas bloquée dans la même position que lorsqu’il a quitté les lieux le matin même. Une seconde d’immobilisme suffit à Kojiro pour qu’il se taise, et jetant un regard à Zakuro, se met à le suivre dans un passement d’attitude : de silencieux et vaguement tranquilles, ils deviennent tous les deux des ombres. En entrant dans l’appartement, le silence règne, et rien n’indique un cambriolage. Presqu’immédiatement, Zakuro réalise que flotte une odeur, un peu trop vieille, un peu trop lointaine pour qu’il reconnaisse William. La personne qui est entré n’a pas les yeux violets, n’a pas cherché à masquer sa présence, et en la découvrant, s’est même plaisantement installée sur le canapé. Tandis que Kojiro referme la porte derrière lui, Zakuro reste immobile devant le canapé, jusqu’à ce que Sasaki le dépasse et vienne s’agenouiller devant elle. Il ne l’a pas vu depuis trop de temps, et aujourd’hui est une mauvaise journée. Il la contemple, quelques instants, sans sourire.

« Debout, Ethel. »

Peut-être, éventuellement, finira t-elle par arrêter de disparaître.


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MessageSujet: Re: The Way Back Home   Dim 26 Nov 2017 - 12:45

Les yeux fermés, le monde change de saveur. Après des années à planer éveillée, les rêves d’Ethel sont devenu son dernier échappatoire surnaturel, les derniers vestiges d’un monde qu’elle a embrassé pendant des années. Éveillée, elle ne peut plus se permettre de survoler le monde d’une conscience à peine présente, la peinture étant reléguée à une activité du dimanche après-midi avec Loïs. Mais dans ses rêves, toutes ses envies se conjuguent. Peut-être qu’en revenant à Keimoo elle pourra enfin remplir de couleurs un canevas trop blanc. A l’instar de ses rêves, trop colorés et trop fou pour appartenir à son présent, sa réalité.

Elle se rêve pirate et conquistador, elle se rêve folle et légère, elle se rêve aventurière, exploratrice. Elle évolue dans un monde fantasmagorique, fait de couleurs vives et de traits floutés. La réalité n’a pas encore à réussit à atteindre ce monde, et pourtant, cette ombre terrifiante synonyme de responsabilité, d’âge adulte, cet être a déjà envahi sa vie entière. Le monstre noir des aiguilles tournantes, ce monstre qui l’a obligé à s’en aller, si souvent, trop souvent. Toujours dans un endroit dont elle ne parlait pas la langue, ou aucun coin de rue ne lui était familier. Alors elle grandissait, elle mettait les fantasmes et les idées folles dans un coin de sa tête, dans ses rêves. Et les yeux ouverts, le filtre impressionniste avait fait place à une inquiétude constante, une inquiétude de bien faire, de faire comme il faut, comme on lui disait de faire.

Mais dans ce canapé, dans les bras de Morphée, personne ne lui disait quoi faire, elle n’était jamais partie et n’avait donc pas eu à revenir. Plusieurs fois. La seule trahison de Morphée, c’est que chaque fois qu’elle tombait béatement dans ses bras, il finissait par s’en aller, par l’amener au bord du ravin et la jeter à nouveau dans la réalité tout en lui murmurant « à la prochaine fois ». Et elle reviendrait, pratiquement en courant, se jeter dans son étreinte, quelques heures plus tard. L’éternel cycle de la vie. La jeune fille espérait juste au plus profond d’elle-même que Morphée ne s’éprenne jamais de la réalité.

« Debout, Ethel. »

Elle tomba du ravin, et heurta le sol. La chute fut peut être un peu plus violente que d’habitude, et la rouquine redressa son corps avant même d’ouvrir les yeux. Au lieu d’une tête, son regard en croisa deux. Mais son attention se fixa sur la deuxième, celle dont les traits lui étaient familiers, celle qui dans chaque fibre de son être criait un temps trop lointain. Alors elle sourit, largement, grandement. Mais dans le fond de ses yeux on pouvait sentir une gêne, une tristesse. Encore une fois elle était partie, et encore une fois elle avait du revenir. Mais son sourire était sincère, il était là.

« Capitaine. »

La conscience la rattrapa. Elle s’était endormie. Fort bien. Et Zakuro n’avait pas l’air d’être des plus ravis de la voir débarquer ici. Peut-être parce qu’encore un fois, il y a un an, elle avait promit de revenir, et n’avait posé ses valises à Keimoo que pour un mois, avant de repartir encore à l’autre bout du monde. Et encore une fois elle était revenue sur un coup de tête. Mais la rouquine, elle, ne pourrait être plus heureuse de se savoir dans ce salon, dans ce quartier, et dans cette ville. La seule couleur des yeux de Zakuro lui avait manqué. Cet appartement, son odeur et sa couleur, la vue par la fenêtre quand elle s’inclinait pour fumer une cigarette en cachette, la douce chaleur des après-midi paresseux, à caresser le chien tout en peignant une aquarelle. Certaines fois, elle regrettait cette vie qu’elle avait quitté, sans trop avoir le choix. Un être humain s’était mit à grandir comme une mauvaise herbe dans son ventre, la poussant à s’en aller, à quitter cette tranquillité béate et à commencer doucement à s’enfoncer dans un univers qu’elle ne connaissait pas, qu’elle avait redouté toute sa vie.

A présent, sa vie n’était pas plus mauvaise, ou plus désastreuse, et chaque journée se pavait de nouvelles émotions, de nouvelles découvertes. Mais aucune n’avait le goût de l’excitation et de l’euphorie comme celles qu’elle avait passé à Keimoo, avant tout cela. Parfois, elle avait peur de ne jamais se sentir vivante à nouveau, de ne jamais parvenir à cette paix mentale, ou plus rien ne comptait que le fil de sa journée, décousu et surprenant, sans même qu’elle ne se rende compte que tout ce qu’elle avait à faire était de suivre un fil. A présent c’était à chaque instant qu’elle devait prendre des décisions, choisir entre les deux ou les cents fils qui se tendaient devant elle. Et la jeune fille ne pouvait se contenter de les suivre, il fallait s’assurer une bonne prise, pour pouvoir accompagner un autre être vivant, qui lui ne réalisait même pas qu’il avait les pieds sur un chemin.

Revenir ici, même le temps d’une heure, était comme s’échapper de ces choix, de cette responsabilité. Mais avait-elle encore sa place ici ? Avait-elle une place dans le cœur et la vie de son Capitaine ? Elle n’avait même plus de culottes à fleurs. Et ici, quelque chose manquait, comme une partie du paysage.

« Qu’est-ce que tu as fait de Poussin ? »

Elle aurait pu s’excuser, mais de quoi ? Zakuro n’accepterait pas les balbutiements d’un retour à l’adolescence, où elle ne savait que faire de ses regrets et ses erreurs. La jeune fille était partie, et peut-être qu’elle partirait encore, la question était : Quand ne pourrait-elle plus revenir ?

Puis comme une réalisation qui lui traverserait l’esprit, elle remarqua enfin l’autre être vivant dans la pièce. Ce n’était pas Lawrence, ce n’était pas Kohaku. Que faisait-il là ? Elle lui sourit tout de même, chaleureusement, un inconnu de plus dans une vie qu’elle tentait de reconstruire. Si il était là, c’est qu’il accompagnait Zakuro sans sa vie, si il était là, c’est que Zakuro parvenait à le supporter en tant que présence, et pour elle ça suffisait.

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MessageSujet: Re: The Way Back Home   Mar 5 Déc 2017 - 21:05

Elle se relève avant d’ouvrir les yeux, et Zakuro, immobile, la contemple avec la même considération qu’un enfant observerait un animal étrange et mouillé. Une sorte d’amusement incrédule, qui tâche un peu les émotions, et amollit les coeurs trop serrés. Zakuro n’était pas, et ne serait jamais une personne entièrement remplie de haine ou de colère. Jamais à cent pour cent. Jamais contre les humains. Mais pour cette humaine là en particulier, pour celle qui avait construit quelque chose de significatif avant de s’envoler, dispraître, revenir et répéter le schéma, il y avait quelque chose de particulier. Quelque chose qui ne pouvait pas simplement se justifier dans les nuances de ses yeux à elle. Hell articule un mot, et Zakuro soupire à l’entente du surnom.

Des choses ont changées, c’est irrémédiable. Zakuro n’a même pas l’énergie suffisante pour avoir envie d’essayer de se retourner sur des temporalités qui se sont archivées. Elle est là, tâche de couleur trop flou dans son éveil semi conscient, et Kojiro hésite sur l’attitude à adopter. Ethel questionne sur le chien, et Zakuro s’intrigue sur son fils. Ses pensées balbutient, il finit par choisir de répondre à ce qui a été demandé.

« Il est vieux, maintenant.  Il a bientôt quinze ans, donc il reste chez mes parents. »

Il s’assied, en pliant ses jambes trop longues. Les rotules endolories, il est concentré sur son mouvement, et assis maintenant sur le sofa face au canapé, il élève les yeux vers Kojiro, qui lui n’a pas bougé. Il s’agit probablement de faire les présentations. Zakuro tend vaguement la main vers l’hirondelle. L’autre le devance, et dans une brève inclinaison de sa nuque, il salue la jeune femme rousse.

« Je m’appelle Sekigahara Kojiro. Enchanté de vous rencontrer. »

Le glissement de ses cheveux noirs sur ses omoplates est un mouvement qui accroche l’oeil de Zakuro, lequel fixe pendant une demi seconde les mèches longues de Sasaki, avant de chercher des yeux l’éventuelle trace de William, quelque part dans l’ombre. Sans parvenir à le trouver, Zakuro se relève. La situation n’évoluera pas pas qualitativement s’ils restent à se fixer dans le blanc des yeux, et il est facile de considérer que dans une situation où trémoussent un amas de question, il vaut parfois mieux déplacer le terrain.

« Veux-tu du thé ? J’ai des taiyaki et un reste de forêt noire, si tu veux. »

Zakuro ricane.

« Hier, Lawrence, William et moi avions envie de sucrerie. J’ai dépensé trop d’argent dans du sucre. »

Il se lève, en ignorant le regard circonspect de Kojiro, et fais un geste de la main vers son invitée surprise.

« Ramène toi, Hell. »

Il se rend jusqu’à la cuisine, et traîne hors du frigo le trop large plat d’un banquet sucré, vestige abîmée d’une débâcle de la veille. La cuillère de Lawrence, encore plantée dans le corps déchiqueté d’un taiyaki, est un petit totem de violence à peine soupçonné, et Zakuro l’arrache pour la jeter dans l’évier. Kojiro arrive, attache ses cheveux, et balance un sourire à Zakuro, avant de s’adresser à Ethel.

« Qu’est-ce que tu voudrais comme thé ... »

Il hésite un instant, et Zakuro murmure le « Dawkins » trop longtemps inarticulé. Kojiro achève.

« Qu’est-ce que tu voudrais comme thé, Dawkins-chan ? »



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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M


Dernière édition par Zakuro Fea le Jeu 7 Juin 2018 - 19:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Way Back Home   Jeu 7 Juin 2018 - 13:56

Ethel jeta un regard panoramique à la pièce. L’absence de ce grand chien qu’elle avait toujours vu au sein de ces murs aurait surement dû être un indice, beaucoup de choses avaient changées. Un homme inconnu accompagnait Zakuro, mais ce détail était loin de déranger Ethel, s’il était apprécié de Zakuro, il ne pouvait être banal, il ne pouvait être mauvais.
En entrant il y a quelques dizaines de minutes, elle avait eu l’impression de sauter à pieds joints dans le passé, de revenir dans un appartement où le temps s’était arrêté. Sans être totalement sûre que c’était le sentiment qu’elle était venue ressentir. Après être tant partie, avoir fui sans savoir pourquoi à chaque fois, elle avait cru vouloir retrouver ce qu’elle avait toujours connu. Mais rien n’était figé, et le monde avait continué de tourner sans elle. Si elle voulait véritablement se recréer une empreinte dans le présent, il lui faudrait rester cette fois-ci.

L’homme inconnu se pencha vers elle, la saluant avec une politesse dont elle n’aurait pas douté. Elle mourrait d’envie de lui poser un million de question, toujours curieuse de qui étaient les gens qui accompagnaient Zakuro. L’ancienne Ethel serait en train de le bombarder de questions, sans filtre, avec l’unique but d’assouvir sa soif de connaître l’autre. Mais c’était sûrement des questions pour un autre temps maintenant, trouver une jeune fille inconnue sur le canapé de son ami contenait assez d’étrangeté pour ne pas se voir subir un interrogatoire de la part de cette personne a peine celle-ci éveillée. La rouquine se contenta donc de sourire et s’inclina face à lui.
« Ethel, enchantée de vous rencontrer également. »

En se relevant, elle jeta un nouveau coup d’œil à Zakuro. Avait-il été malvenu de sa part d’arriver ainsi ? Comme d’habitude on ne pouvait pas dire qu’elle avait véritablement réfléchi sa venue où la manière dont elle serait perçue. Mais Zakuro se leva et se dirigea vers la cuisine, lui proposant thé et taiyaki. Gâteau qu’elle n’avait pas mangé depuis maintenant des années et qui fit remonter nombre de souvenirs en elle. Souvenirs qu’elle chassa. S’articulant après la phrase de Zakuro qui ressemblait plus à un ordre, elle se dirigea vers la cuisine où Zakuro s’occupait à sortir les dîtes sucreries pendant que Kojiro, qui semblait accoutumés aux lieux, lui proposait un thé.
« Un thé vert serait parfait. Je crois me souvenir qu’il y a toujours eu du Yabukita ici. Ce sera très bien, merci. »

Soudain, la jeune fille s’anima précipitamment, et se dirigea à nouveau vers le salon, où elle avait laissé son sac. Elle prit à l’intérieur un paquet recouvert de papier bulle et de journal. L’emballage semblait avoir été fait pas un enfant de 4 ans, mais c’était à peu près le niveau qu’Ethel entretenait en matière d’emballages de cadeaux. Elle revint vers la cuisine et posa le tout sur le comptoir.
« J’ai vu ça en Argentine, je l’ai trouvé beau… C’est pour toi. »

Sous l’amas de vieux journaux qu’elle avait emprunté à François en Argentine et les dix centimètres de papier bulles qu’elle avait méthodiquement emballé couche après couche se trouvait un couteau, un couteau facón gaucho. Il était gravé de vagues et de motifs marins qui lui avaient rappelé le Capitaine lorsqu’elle l’avait vu lors de son marché du dimanche.
Elle l’avait pris avec elle en France, l’oubliant au fond d’une valise, pour le retrouver il y a quelques jours à peine en défaisant les derniers cartons. Depuis lors il avait bougé dans le sac de la jeune fille, un objet démesuré pour un sac de jeune femme mais qu’elle avait trimballé en espérant l’avoir au moment où elle trouverait le courage d’aller voir Zakuro.
« Je suis désolée de revenir comme ça, encore une fois. »

La jeune fille s’était promis qu’elle ne s’excuserait pas, mais les mots étaient sortis tous seuls, peut-être pour pallier la gêne qu’elle ressentait à l’instant présent. Pourtant elle pouvait s’excuser, mais pas promettre que cela n’arriverait plus. Elle ne pouvait promettre de ne plus jamais agir sur un coup de tête, et de prendre un avion le lendemain pour la Russie. Mais elle pouvait essayer d’apprécier à sa juste valeur cette sensation, cette sensation de réconfort qu’elle ne pouvait ressentir que dans cette ville qu’elle appelait la sienne.[/color]

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Zakuro Fea
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Genre : Non Binaire Lion Coq Age : 25
Adresse : 3, rue la Chance, app. 11, quartier Hiryuu, avec Lawrence E. Swanster.
Compteur 1568
Multicompte(s) : Kami Otagame & Emmanuel Kokei

KMO
                                   :

MessageSujet: Re: The Way Back Home   Ven 15 Juin 2018 - 22:28

Qu’est-ce que tu voudrais comme thé, Dawkins-san ?
La question est un écho auquel Zakuro se confronte, les yeux plissés, en considérant les ombres. William n’est pas là, la chambre est fermée, et peut-être s’est-il caché au milieu des ombres, trop peu enclin à considérer les activités sociales qui se sont imposées. A t-il vu Ethel entrer ? L’a t-il considéré avec son regard trop strict ? Peut-être, des peut-être en suspension, et Zakuro, assis sur une des chaises de la cuisine, essaie d’imaginer ce qui a été particulièrement modifié depuis qu’Ethel est partie.

« On vit avec le cousin de Lawrence, maintenant. William Mary. C’est le pdg d’une boite internationale. Je suis à peu près sûr qu’il touche à la pègre. »

Il ne parlera pas des menaces de mort, bien entendu. Il ne parlera pas, comme personne ici, des ombres qui se sont mises à flotter autour de Takihide, lorsqu’il a fallu, pour celui-ci, accepter le contrat de tous les protéger. Zakuro cille un instant, en croisant les yeux de Kojiro, tandis que celui-ci tend à Ethel le récipient dans lequel se trouvent les taiyukis. Les prunelles sombres de Kojiro soutiennent un rire, un peu nerveux, que Zakuro peut entendre, mentalement. Il sourit à Ethel.

« Et puis, je me suis mis à coucher avec ce gars-là. Mon meilleur ami, en soit, depuis le lycée. Mais je ne crois pas que vous vous soyez déjà rencontré. Sasaki est timide, vois-tu ? Joshua aime bien le prendre aussi. »

Androgyne, si parfait, si doux, mon Sasaki. Il cille, s’arrête dans son mouvement et les yeux de Zakuro viennent se heurter aux siens. Pendant un instant, une lumineuse seconde dans cette cuisine trop propre de Lawrence, ils se considèrent avec cette rivalité parfaite, irrégulière, et ont envie de se jeter à la gorge l’un de l’autre, pour s’embrasser, pour se tuer. Zakuro finit par murmurer.

« Ils habitent ensemble depuis que Yume s’est barrée. »

Il se retrouve avec des idées de petites filles lunaires qui ont disparues, et un paquet d’emballage que Hell vient subitement lui placer entre les mains. Il la considère, avec un peu de surprise, en appréhendant le poids métallique du cadeau. C’est lourd, c’est long, et il déplie, du bout des doigts, en froissant contre ses phalanges un emballage aléatoire. Un couteau se déploie, et le long de sa mâchoire, ses muscles crépitent sur un rire qu’il essaie de contenir. Kojiro hausse un sourcil, et lui ôte des mains. Zakuro courbe ses yeux, crache son sourire.

« Tu m’as offert un couteau ? »

Il y a une pointe d’exaspération dans sa voix. A peu près autant qu’il est amusé.

« Pour te poignarder la prochaine fois que tu te barres et que tu reviens en catimini ? »

Il ignore ses excuses, n’en a pas besoin. Il sourit simplement, appréciatif qu’elle soit là, pour le moment. Ses doigts se tendent, et il vient poser sa main sur le crâne roux de Dawkins Ethel. Ses yeux ont cette lourdeur trop doucereuse : Zakuro n’est pas un individu rancunier. Il n’a pas assez d’enthousiasme à la détester. Qu’elle disparaisse lui convient, tant qu’elle ne cesse de revenir.

« Parlons un peu. »

Du pied, il pousse une chaise, lui offre la possibilité de s’asseoir. Kojiro, prévenant, va ranger le couteau dans la chambre, et revient, tandis que Zakuro s’est penché au dessus d’une nouvelle tasse de café. Les ombres restent silencieuses, Ji-ong est enfermé dans la chambre de Swan, et Zakuro considère Ethel tout en ramenant ses mèches sombres en arrière. Kojiro vient achever son mouvement, et clot entre elles les boucles noires, dans un chignon strict qui dégage le visage trop amusé de Fea.

« Que devient ton bébé humain ? Tu veux faire quoi avec lui ? Que veux-tu savoir sur moi ? Sur Joshua ? Lawrence ne rentre pas, aujourd’hui, il est avec sa copine. Il a une copine. Notre nouveau colocataire est probablement absent, on ne se parle pas beaucoup. Je me suis fait des tonnes d’amis ces derniers temps, et je suis assurément la plus grande bitch qui soit. Je t’assure que j’essaie de m’améliorer. Je suis crevé. Je suis en astrophysique. J’ai un prof qui essaie d’embrigader Joshua. Tout le département de physique est persuadé qu’il est un génie. C’est assurément le cas. Euh. »

Il hésite. Ses idées tournoient.

« J'ai rencontré la petite soeur de Lawrence, et elle est géniale. Joshua est magnifique. Je l’aime. »


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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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