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 Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]

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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Ven 24 Nov 2017 - 19:00

Notre rendez-vous est prit, donnant une tout autre allure a l’après-midi que je pensais passer en compagnie des jeunes élèves du dojo de l'académie. Rien de bien grave que de m’éclipser, moi qui passe trop de temps, selon Shindo-san, a faire des choses que je ne suis pas vraiment censé faire. « Tu dois apprendre a faire autre chose de ta vie », dit il alors qu'il est lui même le plus clair de son temps en train de faire les exercices que je dois corriger afin qu'il n'adopte pas de posture gênante. Apprendre de zéro est une chose difficile, mais corriger une mauvaise habitude approche de l'impossible.

Je la regardais un instant prendre ses chaussures, me souvenant qu'il fallait que j'aille récupérer mes propres affaires. Je n'avais pas encore enfilé mon Nan Quan, ce qui allait me faire gagner du temps. Je n'aurais pas vraiment pu sortir dans mon outil d’entraînement. Même si je trouvais que cela me donnait l'air plus mature, plus imposant. Le commun des mortels trouveraient sans doute ça étrange qu'un étudiant se balade en habit de combat dans les rues de la ville. J'attrape vite mon sac dans le vestiaire avant de retourner vers le centre du dojo. Les gens me saluaient dés que mon regard touchait l'un des leurs, et je me dépêchait pour ne pas faire attendre ma camarade. De retour a la sortie, je lui fis un sourire avant d'attraper mes baskets noires que j’enfilais rapidement.

Oubliant pratiquement mes responsabilités, je me retourna alors vers le dojo et vers mon propre groupe qui commençait a accueillir ses habitués, dont Shinji. L'approchant, je lui fis un signe de tête pour signifier mon départ et pour le fait que je ne tiendrais pas mon rang aujourd'hui. Son sourire me fit comprendre qu'il n'y avait aucun soucis. Je lui laissa mon trousseau de clés, lui disant de refermer derrière lui si jamais il n'y avait plus de responsables a son départ. Il y avait également le club de combat avec armes, mais j'étais souvent celui qui fermait la boutique. Je retournais auprès de Misuzu, ensuite.

- Je suis prêt, Watanabe-san, je te laisse me diriger.  

Nouveau sourire, avant de passer mon sac de sport en bandoulière dans mon dos et de la suivre rapidement. Elle avançait rapidement, d'une façon plus enjouée que je ne l'aurais cru. Après tout je venais de refuser sa requête, et j'avais utilisé ce prétexte de l'inviter pour m'excuser. Mais j'avais l'impression qu'elle avait tout oubliée et qu'elle n'avait plus que notre rendez-vous en tête. Un rendez-vous ? A quoi je pensais, ce n’était qu'un repas. Des pensées me traversant l'esprit, je n'écoutais qu'a moitié ce qu'elle me disait, l'observant du coin de l’œil. C’était agréable, dans un sens, d’être avec quelqu'un d'enjoué. Elle ressemblait a mon amie d'enfance, Mikaela, que j'avais rencontré au collège et avec qui j'entretenais encore une relation aujourd'hui. Ou plutôt c’était elle qui l'entretenait.....je n'étais jamais parvenu a m'en échapper de celle la. Cela ne me déplaisait pas, maintenant, mais je me souviens que je faisais tout pour lui échapper, plus jeune. Pourquoi je pensais a elle maintenant ? Hum, peut être parce que Watanabe-san avait une coupe de cheveux semblable.....peut être.

- Pardon, j'avais la tête ailleurs.

J'avais sursauté lorsqu'elle m'avait posé la question sur cette histoire de repas. J'avais bien entendu la question, mais mon cerveau avait réagit avec un train de retard. Une question sur la nourriture ? Ça commençait mal, moi qui ne mangeait pas beaucoup. Extrêmement équilibré, évitant le maximum de sources de gras en trop qui pourrait ruiner mon équilibre. Ce n’était même pas un effort que je faisais, juste une habitude. J'avais étais élevé dans la deuxième partie de ma vie dans des conditions assez modeste pour ne pas m'avoir rendu difficile. Je réfléchis encore a ce que je pourrais répondre, quand sa prise de parole me sort une nouvelle fois de mes songes.

Oh, c'est logique, je suppose que c'est la première question que la plupart des gens se posent quand ils me rencontrent. Je dois avoir l'air de je ne sais quel mauvais garçon qui se teint les cheveux pour se donner un look rebelle. Un espèce d'Eikichi Onizuka du pauvre. Peut être que Fujisawa-sensei s'est inspiré de moi ? Sauf que Eikichi se teint vraiment les cheveux lui. Et en plus de cela, il ne combat pas comme moi, ne se comporte pas comme moi, ne vit pas comme moi. Devenir prof ? Jamais de la vie, je n'ai pas le talent nécessaire pour enseigner. Pour enseigner, il faut avoir assez de connaissance soit même, après tout.

- En effet, je suis né ici cependant. Je n'ai d'étranger que les gènes. Je suis né a Tokyo est ma mère est un pur résultat de ce pays. Mais mon père est Français. Du coup je parle couramment Français. Enfin je ne pratique pas souvent, mais j'avais l'habitude de parler la langue tout les jours avant, donc je n'ai presque pas d'accent. Ça te gêne de marcher dans la rue avec un blond ? C'est sur que ça attire l'attention.

Je souris a cette petite pique, en pensant au fait que j'ai passé ma vie a essayer de dissimuler cet écart qui m'avait mit très souvent sous le regard intrigué des gens. Et pourtant je n'avais jamais voulu les teindre, ce qui aurait était plutôt simple. Je replonge dans mes pensées alors qu'il semble que nous soyons finalement arrivés. Je regarde la devanture du restaurant, alors qu'elle commence déjà a s’engouffrer a l’intérieur. Je jette un coup d’œil aux alentours pour reconnaître partiellement le quartier Hiryuu. Rien de bien intéressant a noté, a part son regard qu'elle me lance et qui me fait baisser la tête.

- Oh euh, pour ce que tu as dis tout a l'heure, c'est moi qui t'ai invité, donc c'est moi qui m'occupe de payer, et je ne te laisse pas le choix !

J'essayais de montrer un coté un peu plus sur de moi, alors qu'a l'instant ou nous avions quitté mon domaine préférentiel, le dojo, toute la confiance qu'il m'accordait avait fondu. Je rentrais a sa suite a l’intérieur, en regardant a droite et a gauche. Il n'y avait pas grand monde, ce qui m’arrangeait, et dans un sens m'ennuyait. Je me sentais un peu mal a l'idée d’être quasiment en tete a tete avec elle. Je n'aurais qu'a choisir une table proche d'une fenêtre. Il y aurait les gens qui passent dans la rue pour compenser.

- Et je te laisse choisir les plats. Je te fais confiance pour ça.

Je lui adresse un dernier sourire confiant, tout en songeant dans ma tête, que de toute façon je n'ai absolument pas l'habitude de manger dans ce genre d'endroit, et que je serais bien en peine de décider de quoi prendre.

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Dernière édition par Satoshi Sakutaro le Dim 28 Jan 2018 - 20:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Sam 25 Nov 2017 - 0:57

Une fois mes chaussures mises, je laisse le temps à mon compagnon du moment de récupérer ses affaires, ce qu’il fait rapidement, avant de laisser les clés du dojo à quelqu’un dont le visage m’est inconnu, mais qui est souriant et semble occuper une place d’autorité aussi, enfin je suppose. Une fois que Satoshi a récupéré ses affaires, nous partons vers la ville et il m’emboite le pas, précisant que c’est moi qui dirige, et utilisant mon nom de famille. Je pique un fard, avant de marmonner.

« Misuzu. Misuzu c’est bien. Pas la peine de m’appeler par mon nom de famille. »

Il porte un sac de sport d’une taille relativement importante mais ça n’a pas l’air de le gêner, et j’ai beaucoup trop faim pour lui proposer d’aller le poser dans sa chambre de toute façon. Et puis, de toute façon, je ne compte pas voir sa chambre, ça ne me regarde pas, on se connaît à peine. Et je n’ai pas envie d’attendre devant comme une idiote. On marche et pendant que je déblatère sur les plats automnaux tout en pensant à des choses et d’autres, j’ai l’impression que lui aussi se perd dans ses pensées. Impression qui se confirme lorsqu’il m’avoue qu’il avait l’esprit ailleurs et ne peut donc pas, incidemment, répondre à la question. Je lui fait un petit sourire en plissant les yeux et décide de me répéter, en me penchant un peu en avant.

« Les plats automnaux. Je disais juste qu’ils étaient bons et réconfortants. Non ? »

Il est vrai que je suis plus enjouée et que j’ai un peu envie de parler de tout et de rien. Après tout, ce qui est important, tout de suite, c’est le repas que nous allons faire. Les autres problèmes peuvent être traités plus tard. Pour l’instant, je salive en pensant à un bol de riz au myoga garni de maquereau grillé. J’ai un petit sourire taquin avant de lui lancer un petit coup de poing dans le bras. Rien qui puisse faire mal, juste un genre de geste amical, parce que manifestement c’est comme cela que je tente de désamorcer la tension.

« Chez moi, quand on propose à quelqu’un de sortir, on écoute généralement ce qu’il ou elle vous dit… »

Je hausse les épaules, toujours en souriant, les joues toujours un peu rougies, car malgré mon intention de détendre l’atmosphère, je ne peux nier que je suis sur le point d’aller manger avec un quasi inconnu, de la gente masculine qui plus est. Ça pourrait facilement passer pour un rendez vous. Oh. Oh non. Est-ce que c’est un rendez vous ? Est-ce qu’il considère ça comme un rendez vous ? Je commence à paniquer mais lorsqu’il prend la parole, je mets ces inquiétudes de côté pour écouter ce qu’il dit. Il explique être né ici, et être en fait très japonais. Sauf génétiquement, quoi. Je hoche la tête en émettant des petits « hn » pour lui signifier que je l’écoute. Quand il annonce être français par son père, je ne peux m’empêcher de sautiller d’excitement. Il y a tellement de peintres français, ou même simplement exposés en France, comme Léonard de Vinci ou Van Gogh. Je me rappelle chaque détail de mes quelques jours à Paris, de ma visite au Louvres. Lorsqu’il déclare parler français, dans l’excitation du moment, je sors presque une phrase dans la langue… Presque. Je m’arrête au dernier moment, alors que j’inspirais pour me lancer. Non. C’est inutile que je me ridiculise avec mon horrible accent devant quelqu’un que je connais à peine et qui parle couramment la langue. C’est vraiment inutile. A la limite, si j’avais le même niveau qu’en Anglais… Mais ce n’est pas le cas. Je me contente donc de sourire poliment jusqu’à ce qu’il termine de parler. Il m’interroge d’ailleurs sur la potentielle gêne d’être avec quelqu’un à la couleur de cheveux peu habituelle. Je hausse les épaules, prête à rétorquer que je viens de Tokyo et que je n’ai pas de problème par rapport à ça, lorsque je remarque qu’effectivement, les gens dans la rue nous dévisagent. Je sens, bien évidemment, mes oreilles chauffer et mon visage virer au rouge. Néanmoins, je tente de le rassurer sur mon opinion par rapport à ça.

« Ah, non, non, c’est pas du tout ça, j’étais juste curieuse… À vrai dire, à Tokyo les gens ne font pas autant attention à ça, et j’ai grandi là bas, alors… »

Je marque une pause, histoire de réfléchir à comment amener mon enthousiasme pour la France sans passer pour une idiote nourrie de clichés. Je tapote mon index sur ma lèvre un instant puis me penche de nouveau légèrement en avant, tout en continuant à marcher.

« C’est super que tu parles français… J’aimerais bien avoir un meilleur niveau, je ne peux pas vraiment avoir une conversation… Par contre, j’ai été à Paris plus jeune, et j’ai adoré les musées. Les impressionnistes, par exemple, sont vraiment impressionnants, surtout Degas et Monet. Enfin, pas qu’eux bien sûr. »

Alors que je regagnais une couleur à peu près normale, j’ai dû prononcer les noms des deux peintres et je les ai, très probablement, totalement écorchés. Alors évidemment, le rose qui était en train de s’évanouir est revenu de plus belle. Je pénètre néanmoins dans le restaurant, et l’ambiance chaleureuse m’aide immédiatement à me détendre. Le jour commençant à décliner, les lampes sont allumées et donnent une lumière dorée au lieu. Le bar, en bois massif, déborde de boites en céramiques et de bouteilles, et un léger nuage de fumée se dégage des quelques tables qui sont déjà installées. Une dame d’un certain âge se dirige vers nous, tout sourire, et je dresse mon index et mon majeur pour indiquer que nous sommes deux, tout en la saluant. Elle me demande si je préfère une table occidentale ou à la japonaise, et je choisis la table traditionnelle, parce que, mine de rien, c’est plus confortable. Je la suis jusqu’au fond et lorsqu’elle nous indique la table, je retire mes chaussures juste avec mes pieds, et sans tomber s’il vous plaît, puis m’installe dos au mur. Lorsqu’il insiste sur le fait qu’il va payer, je hoche silencieusement là tête.

« D’accord, mais je paie les boissons. Tu bois de l’alcool ? Enfin, peu importe, dans tous les cas je paie au moins ça. »

L’aubergiste revient et nous donne des menus, puis patiente un instant le temps que nous les regardions. Il y a peu de monde ce qui explique peut être qu’elle ait le loisir d’attendre que nous ayons choisi. Je retiens un cri de joie lorsque je réalise qu’ils ont en effet du maquereau grillé. Satoshi décide de s’en remettre à moi pour choisir la nourriture, et il a bien raison. C’est avec un sourire décidé que j’indique à la dame les différents plats, tous choisis évidemment à des prix raisonnables. Le fait que l’on m’invite ne veut pas dire que je vais faire n’importe quoi. Ainsi, je commande une assiette de maquereau grillé, du riz au myoga, et un assortiment de légumes d’automne grillés : kabocha, patate douce, maitake, enoji, eringi, j’en passe et des meilleurs. Finalement, je commande un kokūto shochu, m’autorisant un verre étant données les émotions de la journée. Je me tourne vers le jeune homme qui m’accompagne, l’air interrogateur.

« Qu’est-ce que tu veux boire ? »
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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Lun 27 Nov 2017 - 21:33

J'avais presque l'impression de m’être moi même entendu quand elle m'avait demandé de l'appeler par son prénom. Misuzu. Je crois que j'y avais déjà pensé plus tôt, mais c’était définitivement un prénom plutôt jolie, et que je n'avais quasiment jamais entendu, de surcroît. Une originalité qui contrastait avec le miens, que j'avais l'impression d'entendre souvent. Mais c’était peut être justement parce que c’était le miens et que mes oreilles avaient plus de facilités a capter ces quelques syllabes si familières. J'hochais la tête pour lui signifier que j'acceptais sa proposition. Puis j’enchaînais a mon tour.

- Alors tu dois m'appeler aussi par mon prénom, Misuzu-san. Satoshi, appelles moi Satoshi.

Je n'entendis rien du reste du voyage, jusqu'à cette histoire d'hafu auquel j'avais répondu rapidement. J'avais noté mentalement la petite pique qu'elle m'avait lancée, mais je n'avais pas eu l'impression qu'elle s’était vraiment trouvé vexé, donc je n'avais pas rebondis sur cette phrase. C'est d'ailleurs elle qui se retrouva a parler plus rapidement, et je parvins presque a notifier une rougeur sur ses joues. A Tokio ? Nous venions donc du même endroit. Pas très étonnant, quand on savait que c’était l'une des mégalopoles les plus peuplés de la planète. La probabilité que deux étudiants d'une grande académie soit nés au même endroit était plutôt grande.

- C'est amusant, parce que au contraire, j'ai souvenir d'avoir eu beaucoup de discussion a se propos, quand j'allais a l'école la bas. Mais j'étais encore jeune.

Je me souvenais parfaitement de ma rencontre avec Nao-chan, et de toute les péripéties qu'elle avait entraîné. Grâce a elle, mes toutes premières années d'écoles avaient étaient amusantes. « Pourquoi tes cheveux ils sont blonds », ce n’était finalement pas une généralité, quand je cherchais des arguments a ce que je venais de dire a Misuzu, c’était la seule phrase qui me venait a l'esprit. Cependant, elle faisait écho en moi et prenait le pas sur toute les autres situations potentielles. Quand j'y étais retourné pour mon tournoi en deuxième année de lycée, je n'avais pas vraiment eu ce genres de regards. Ils étaient plutôt a cause du fait que j'avais écrasé la compétition, alors que personne ne connaissait mon existence jusque la.

- Je ne sais pas en fait, maintenant que j'y réfléchis, tu as peut être raison. Mais la plupart du temps, on pense que je suis bizarre et que je me fais une couleur pour marquer le fait que je suis en marge de la société. C'est amusant finalement, d’être catalogué a cause de mes cheveux. Mais j'ai l'habitude maintenant.

La conversation dériva sur le Français, mais je la gardais pour la suite. Je pouvais lui répondre une fois que nous serions arrivés. Et d'ailleurs le restaurant apparut peu de temps après, et je la suivit a l’intérieur. Elle semblait réfléchir a ce qu'elle allait commander, et j'en profiter pour l'étudier un peu plus. J'avais l'impression que par moment elle était vraiment joyeuse, et d'un autre, elle était plus réservée. J'avais de la difficulté a établit un caractère de base sur lequel me baser quand je lui adresser la parole. C’était une chose que je faisais par habitude, afin de pouvoir gerer une conversation sans dire n'importe quoi. Mais j'avais des difficultés a établir un portrait correct. Je sursautais quand elle m'adressait de nouveau la parole :

- Hum ? Oh non, je ne bois pas d'alcool. Ce n'est pas très bon pour le.......bref peu importe, je vais prendre de l'eau aromatisé. A la pomme.


Le serveur avait entendu comme elle, et nota ça sur un petit carnet. Je me rendais compte uniquement a ce moment la que j'étais assis en face d'elle, une table traditionnelle ou j'avais même enlevé mes chaussures pour me mettre plus a l'aise, a genoux, dans une posture très traditionnelle, que j'avais eu l'habitude de prendre avec ma mère quand nous étions a table. J'étais tellement plongé dans mes pensées que je n'avais pas du tout réalisé tout ce que nous avions fais jusque la. Je devais absolument éviter qu'elle s’ennuie, alors que j'étais celui qui avait proposé le repas. Je devais l'animer. Alors que la serveur repartait, je fixais mon visage sur le sien, afin de me concentrer sur ce dernier. Je savais que j'avais tendance a me perdre dans des pensées pas forcément utile. Au moins, mon regard dans le sien, mes pensées ne seraient fixés sur rien d'autre qu'elle.

- Je ne te connais pas vraiment. Je suppose que la norme veux qu'on se pose d'abord des questions sur nos vies respectives ?

La norme ? Qu'est ce que je raconte, je vais avoir l'air bizarre, et mes paroles donnent l'impression que je ne participe jamais a ce genre de rendez......de repas, de repas. Restons concentré, même si c'est vrai, je ne fais jamais ça. Je reprend vite la parole pour ne pas laisser le trouble s'installer, gardant encore une fois le Français et ce qu'elle m'avait dit précédemment comme une arme secrète pour relancer la conversation en cas de problème.

- Du coup, mis a part le Taekwendo et la cérémonie du thé, tu as des passions ? Je veux dire, sans avoir l'air d’être du genre a renier ce qu'il n'aime pas, la cérémonie du thé ne peux pas etre une passion ? Enfin je crois.

Je souris, histoire de lui montrer que je plaisante, mais que je suis quand même plutôt sérieux dans ce que je pense. Je vérifie d'une palpation de ma poche que mon porte-feuille est bien la. Il n'y est pas, il est dans mon sac, je suis bête. J’évite bien de vérifier maintenant pour ne pas couper court a la conversation et j'écoute attentivement ce qu'elle pourrait me dire. Elle m'a fait la remarque que je dois l'écouter. Je compte bien mettre en pratique ce conseil.

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Lun 27 Nov 2017 - 23:45

Alors que j’insiste pour que Satoshi m’appelle par mon prénom, il hoche la tête mais me demande ensuite de faire pareil. Oui, sauf que nous ne sommes pas dans la même situation, tous les deux. Il est plus âgé que moi, est en deuxième année alors que je suis en première, et puis c’est le capitaine du club de combat à mains nues. Alors, même si ce n’est pas techniquement mon supérieur, je lui dois le respect. Ça rend beaucoup plus difficile de l’appeler simplement Satoshi, ou même Satoshi-kun. Et puis, on se connaît à peine. C’est la première fois qu’on parle vraiment ensemble. Néanmoins, je me mords légèrement la lèvre inférieure et hoche la tête.

« Entendu Satoshi-senp- euh- Satoshi-san. Désolée. »

Ma main va automatiquement se poser sur ma nuque, sous mes cheveux, un réflexe lorsque je suis dans une situation gênante, et je sens mon visage chauffer, une sensation à laquelle je suis habituée à présent. Néanmoins, ça ne m’aide jamais à être plus à l’aise. Lorsqu’il explique avoir déjà eu des remarques sur sa couleur de cheveux à Tokyo, je hausse un sourcil. Bizarre, pourtant je voyais souvent des occidentaux et des japonais avec les cheveux de couleurs étranges là bas, particulièrement lorsque, adolescente, j’allais à Harajuku. À vrai dire, je n’y allais pas tellement pour la mode, mais plutôt pour un certain restaurant de gyoza situé sur le chemin entre Shibuya et Harajuku, et donc les gyoza au shiso sont à se damner. Cependant, ayant un physique très typiquement japonais à part pour mon nez plutôt pointu, je n’ai aucune idée de ce que c’est qu’avoir un trait physique incongru ou peu commun. Je me contente donc d’acquiescer en marmonnant un vague « so desu ka » sur un ton mi surpris, mi résigné. Néanmoins, après une courte pause, il admet que j’ai peut être raison. Pourtant, semble-t-il, on le prend pour un marginal, et je me prends à penser à tous ces manga où les délinquants ont les cheveux teints ou décolorés, et j’acquiesce de nouveau silencieusement. J’imagine que les gens sont toujours prêts à laisser libre court à leurs préjugés, c’est juste dommage que des gens jeunent en fassent les frais. Je hausse les épaules, ce n’est pas comme si je pouvais y faire quelque chose. Néanmoins, je me dis qu’il serait bienvenu que j’ajoute une note positive. Aussi, je me tourne légèrement vers lui et avec un sourire, j’essaie de le rassurer.

« Les gens ont toujours des a priori. Moi, je trouve que ça te va très bien. C’est vrai que c’est original, mais tu as raison de rester comme tu es. »

Je serre les dents pour essayer de ne pas rougir mais c’est un échec. Je me contente de me détourner et de replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille pour vaguement me cacher derrière ma main.

Une fois au restaurant, il précise qu’il ne boit pas d’alcool et commande une boisson aromatisée à la pomme, sans décliner ma proposition de payer les boissons, ce que j’apprécie. Je souris légèrement. Boire est très imprégné dans la culture japonaise, mais quand on est un sportif de haut niveau, il vaut mieux faire attention. Personnellement, j’apprécie une boisson alcoolisée de temps en temps, surtout maintenant que j’ai l’âge d’en consommer. C’est seulement une fois la commande passée que mon cerveau intègre doucement le fait que je suis assise seule dans un restaurant à la même table qu’un garçon. Je respire calmement. La dernière fois que j’étais au restaurant avec un membre de la gent masculine, en tête à tête, c’était avec Aki. Je préfère généralement les repas où il y a un peu plus de monde, question de convivialité et aussi de pouvoir me fondre dans la masse et engouffrer un maximum de nourriture sans que personne ne me regarde. Sauf que là, je n’ai rien pour échapper au regard de mon compagnon du moment, à part peut être m’enfuir à toutes jambes, ce qui me semblerait assez malvenu. Une fois le serveur reparti, je me contente de fixer mes mains croisées sur la table, avant de lever un peu le regard. Immédiatement je vire à l’écarlate, lorsque je réalise que Satoshi a les yeux fixés sur moi. Je m’apprête à bredouiller quelque chose, n’importe quoi, une blague peut être ou juste un fait ennuyeux, lorsqu’il prend la parole. Il admet qu’on ne se connaît pas vraiment bien. Je hoche la tête avec vigueur, je ne pourrais pas être plus d’accord. Et puis, ce qu’il dire vire au, comment dire, bizarre. Comme quoi la norme voudrait qu’on se questionne mutuellement. La norme ? qu’est-ce qu’il veut dire par là ? Je hausse un sourcil et tente de trouver une façon polie de lui faire comprendre que s’il n’a pas envie de parler, on n’a pas à parler. Après m’être concertée avec moi même, je décide de juste ne rien dire. Inutile de se creuser le crâne, me connaissant, quoi que je dise ça sortirait de travers et risquerait de sonner méchamment. Il enchaîne sur une question que j’écoute attentivement. J’imagine qu’il y a des gens qui ont une passion pour la cérémonie du thé. Ceux qui choisissent de devenir maître de cérémonie par exemple. Enfin, néanmoins, il a raison, ce n’est pas ma passion. Je hausse les épaules. Même si je n’aime pas tellement parler de moi, il serait malpoli de détourner la conversation. Aussi, j’ai un sourire timide, un peu désolé.

« J’aime beaucoup l’art. C’est ce que j’étudie, enfin, l’histoire de l’art. Je n’ai pas le talent pour développer mon propre style mais ce n’est pas grave pour ce que je veux faire. Alors, comme passion, eh bien, l’art. Et le baseball. Pas le soft-ball, le baseball. »

Une ampoule s’allume dans un coin de ma tête. C’est un sportif. Il connaît sûrement un peu le baseball au moins.  Je fais un sourire un peu plus assuré cette fois. La dame, que je suppose être la patronne, revient avec nos boissons. Je lève mon verre et prononce le traditionnel « kampai » avant de prendre une gorgée. Le breuvage est doux, légèrement sucré, et me pique la gorge.

« Tu connais les Saitama Seibu Raionzu ? Ils sont de chez moi. Ils était un peu moins bon mais sont vraiment en train de remonter depuis deux ou trois ans. »

Je pose mon verre et soulève mon sac, sur lequel est fièrement cousu un patch du club, celui avec la balle de baseball tenue par la patte griffue du lion.

« J’aime beaucoup Kaneko-kun. »

Il y a un temps mort, et je réalise que je viens de me comporter comme la dernière des groupies. Il faut que je me rattrape.

« Enfin, c’est juste que, euh, il était dans la classe au dessus de moi au lycée, il faisait toujours beaucoup d’efforts mais il était très gentil. Il m’aidait toujours à m’entraîner. Bon, il était bien meilleur que moi, mais il prenait toujours le temps de venir me parler. Il est très passionné, c’est quelque chose que j’apprécie. »

C’est sûr, j’en ai beaucoup trop dit. Je me contente de piquer un fard dans mon verre et de prendre une nouvelle gorgée avec laquelle je manque de m’étouffer. J’aimerais bien que les plats arrivent, au moins ça me ferait un truc à faire pour éviter de me ridiculiser.
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Mer 20 Déc 2017 - 13:29

Je regarde mon verre en silence, remplit de ce liquide un peu vert que j'aime tant. Sa façon de bouger docilement aux rythmes des mouvements de ma main, qui se balance pour venir de la table a mon visage. Elle me tend son verre, en lâchant la petite phrase cérémoniale de toute dégustation de breuvage dans ce type d'endroit. D'une voix un peu plus faible que je l'aurais voulu, je lui répond de la même manière, a l'instant exact ou mon cœur rate un battement. Qu'est ce que je fais dans cette situation ? Tout ce que je voulais, c’était passer une après-midi tranquille, une soirée d’entraînement stricte, et enfin je comptais aller aux bains de la ville, histoire de me relaxer un peu après une longue semaine. Il n'y avait personne quand j'y allais tard. Mais de toute façon, ce n’était pas a l'ordre du jour.

Je bois une gorgée, et je sens avec une certaine douceur le liquide recouvrir l’intérieur de mon corps alors qu'il descend délicatement le long de ma gorge, de ma trachée, imprégnant de son goût parfumé la totalité de mes sens pendant un instant. Sans le vouloir, je lâche un sourire d'aise. Puis je me ressaisis en pensant qu'elle va me prendre pour quelqu'un de bizarre, qui n'écoute qu'a moitié ce qu'elle raconte. La dernière chose que j'ai entendue, c’était a propos du fait qu'elle aime l'art et tout ce qui entoure cette discipline qui ne m'avait jamais inspiré autre chose que de l'ennuie. L'art, ce n’était pas gribouiller sur une toile avec de la peinture. L'art, c’était d’être capable d’enchaîner deux Hao Teh, sans jamais perdre son pied d’appuis au sol. C’était ça, mon art.

Mais surtout, j'avais eu du mal a rester concentrer quand elle avait finit par me complimenter sur la couleur de mes cheveux. Je crois que personne ne m'avait encore jamais dis ça. Ça te va bien. Et elle s’était empressée de ramener une mèche de cheveux en arrière en se camouflant le visage. Elle ne pouvait pas m'avoir, car j’étais du genre a user de toute les fourberies pour ne pas montrer ma gêne. Cette façon qu'elle avait de me parler avait le don de m'étonner. Comme si elle cherchait a me mettre dans les cordes constamment. Et a chacune de ses phrases, elle devenait ensuite cramoisie. Comme si a chaque fois qu'elle parlait, elle ne pouvait s’empêcher de regretter ses paroles. Et cela lui donnait un air bien plus adorable que ce que j'aurais cru penser d'elle. En fait, c'etait penser qu'elle était adorable qui me surprenait, venant de ma part.

- Oh, tu veux parler de Kazuki Koneko. Je le connais de nom. Tu étais dans le même lycée que lui ? Tu sais qu'en révélant cette information, tu deviendrais une petite vedette ? Je n'y connais pas grand chose, mais je lis les informations sportives tout les jours pour......bref, je lis les info.

Je souriais en songeant que je n'y connaissais rien en base-ball. Je lisais juste jour après jour le journal du matin disponible a la cafétéria. Dans l'espoir de voir un jour apparaître l'incroyable victoire dans un tournoi quelconque de Shinji Hikari, la légende fantôme. Celui qui avait gagné tout les championnats juniors, mais qui avait disparut du jour au lendemain. Cela rappelait étrangement mon propre parcourt. Mais il serait vite temps de me faire connaître a nouveau. Pour que l'académie ne regrette pas les espoirs qu'il semblait avoir mit en moi. Bref, il me suffisait de lire le nom des équipes et des joueurs, et ma super mémoire faisais le reste. J'avais une bonne mémoire des noms et des visages. Par chance.

- Oh, et je ne sais même pas qui est Degas, en vérité.


Je souriais toujours, mais plus timidement. C’était venu comme ça, comme si la conversation précédente n'avait jamais prit de virage. Il m'était plutôt facile de parler avec elle en vérité. Plus qu'avec beaucoup de personne. J'avais presque l'impression de voir un alter-ego de moi, en supposant que j'arrivais a m'analyser moi mime correctement. Ce qui était probablement incorrect.

- Je ne connais Monet que de l'école. Je suis né a Tokyo, j'ai vécu a la campagne avec ma mère, puis tout seul a Sendai, et maintenant ici. Je n'ai jamais mis les pieds en France, et je ne connais absolument rien de ce pays. A part la langue, bien sur. Enfin, je suis peut etre un peu rouillé, ahah...

Je me dépêche d'enfoncer mon visage dans mon verre histoire de faire disparaître la gêne que mes paroles viennent de provoquer en moi même. Relancer ce genres de discussions me donnait l'impression que je cherchais a me mettre en valeur, surtout avec la façon que j'avais d'en parler, alors que c’était finalement tout le contraire. Je voulais minimiser cet aspect au maximum. Cherchant rapidement a enchaîner histoire de changer le sujet, je reprend rapidement la parole :

- Mais du coup, si tu adores tant que ça le base-ball, pourquoi tu as décidée de faire du taekwendo ? Enfin j'ai déjà vu tes entraînements, tu te débrouille bien. C'est surtout que ce doit être étrange de ne pas faire la chose que l'on préfère le plus. Et puis l'académie doit avoir une équipe de base-ball.


C’était même sur. C’était une des disciplines les plus pratiquées du pays. Il était parfaitement évident que quelque chose dans ce genre la etait pratiqué dans la prestigieuse académie Keimoo. Bien qu'étrangement, je n'en avais jamais entendu parler. Je regarderais plus tard sur les feuilles de clubs. J'avais retrouvé de la prestance, heureusement, et c’était plutôt heureux quand on pensait que son centre d’intérêt principal était quelque chose pour lequel je n'avais absolument aucun intérêt. Pas de chance. Je la regardais un peu plus fixement que ce que j'aurais voulu, avant de lui sourire, puis de reprendre une gorgée de mon verre.

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Dim 24 Déc 2017 - 20:33

Pour une raison que j’ignore, il y a un genre de tension dans l’air. Satoshi, comme moi, à l’air de peser ses mots et de réfléchir à ses phrases. Cette situation est juste trop bizarre. À nous voir, je suis sûre qu’on dirait un premier rendez vous un peu raté. Enfin, un- bref, pourquoi je pense à ça ? rien à voir avec un rendez vous, on est juste deux camarades de classe, enfin de sport… Enfin pas vraiment en fait. On est juste deux personnes qui dinons ensemble. Ça n’a rien de bizarre. Je ne suis juste pas habituée à fréquenter la gent masculine autrement qu’en étant ma version plus garçon manquée et moins timide. Mais le contexte ici est différent. Normalement, je serais en train d’enfourner de la nourriture en racontant des blagues, enchaînant les verres et en tapant sur la table à chaque éclat de rire. Sauf que c’est pas pareil. Et je  ne peux pas passer de l’un à l’autre comme ça, ça serait bien trop bizarre. Je garde les yeux baissés sur mon verre, sans dire quoi que ce soit, de peur de commencer à raconter des stupidités. Je prends une nouvelle gorgée de shochu, et ça me réchauffe l’intérieur du ventre. Je suis sur le point d’en prendre une autre quand il déclare connaître Kaneko-kun. Je manque de m’étouffer avec ma boisson quand il affirme que je pourrais me faire connaître. Je réprime une toux en plaquant ma main sur ma bouche alors que mon visage prend de nouveau une teinte cramoisie. Je suis vraiment un genre de lampion clignotant, c’est désolant.

« Ah, oui, c’est bien lui. Mais la dernière chose que je veux c’est être une vedette... »

Je lui souris mais je pense vraiment ce que je dis. Mon caractère ne s’accorderait pas bien avec la célébrité, et je me vois mal aller sur des plateaux télés et raconter tout et n’importe quoi. D’autant que je ne le connaissais pas si bien que ça de toute façon, et puis, je ne suis pas assez jolie ou talentueuse pour que mon visage devienne public. C’est alors qu’il explique ne pas connaître Degas et j’interromps de nouveau ma gorgée pour poser mon verre sur la table, ce que je fais beaucoup plus brutalement et bruyamment que je ne comptais le faire, me faisant moi même presque sursauter.

« Ehhh ? Mais, il faut connaître Degas c’est important…Je suis sûre que tu connais au moins un tableau… »

J’ouvre la poche avant de mon sac et y pêche mon téléphone, le grelot du maneki-neko qui y est accroché tinte légèrement alors que je l’amène à la bonne hauteur et que je fais une recherche, pour trouver une image de qualité correcte des danseuses bleues. Une fois que la page a chargé, je tourne mon téléphone vers Satoshi.

« Tu ne connais pas ce tableau ? Tout le monde n’aime pas, mais c’est important de connaître au moins un peu… Il a fait beaucoup de tableaux et de bronzes représentant des ballerines. »

Je me tais et lui laisse un instant avant de récupérer mon téléphone et de le poser, écran vers le bas, sur la table. Il explique ne connaître Monet que de l’école, puis qu’après Tokyo il a vécu à la campagne et ensuite à Sendai, tout seul, et qu’il n’est jamais allé en France. Je fais une moue désolée et m’apprête à lui répondre quand on nous amène la nourriture, ainsi que deux assiettes vides qu’elle place devant chacun de nous pour que nous puissions partager. Le riz, lui, est dans deux bols différents. Je fais un grand sourire à l’aubergiste qui nous souhaite un bon appétit avant de repartir à petits pas dans son houmongi orangé. L’odeur de la nourriture parvient à mes narines et je suis sur le point de sauter dessus quand je me rappelle qu’il serait plus poli de répondre à Satoshi d’abord. Je fais donc l’effort surhumain de me retenir, et lui fait un petit sourire.

« Je n’y suis allée qu’une fois, en France, mais ça m’avait beaucoup plû. C’est un bel endroit. Par contre, je ne suis jamais allée à Sendai, c’est dans la préfecture de Miyagi c’est bien ça ? La mer doit y être plus belle qu’à Tokyo. Les spécialités sont le Sendai Imoni, et, euh… L’harakomeshi, c’est ça ? »

Je laisse un instant se passer. Je ne sais pas pourquoi je lui demande ça alors qu’il m’a semblé ne pas y connaître grand-chose en nourriture. Aussi, en guise d’excuse, je décide de relancer sur autre chose.

« Ah, ton français ne peut pas être pire que le mien… D’autant que je ne pratique pas énormément. Pourtant, j’aimerais bien aller là bas pour une formation, alors il faudrait que je m’améliore… »

J’attrape mes baguettes et les sépare. J’adore ce bruit du bois qui les retient ensemble qui craque, parce qu’il annonce toujours qu’on va manger quelque chose de bon. Je ne peux m’empêcher de sourire et j’attrape l’un des filets de maquereau pour le déposer dans mon assiette, ainsi que le bol de riz au myoga qui m’est destiné. Mes baguettes s’enfoncent toutes seules dans la chair du poisson qui se sépare presque d’elle même et l’eau me monte à la bouche. J’enfourne la première bouchée et ferme les yeux de plaisir. Presque tout de suite après, alors que je n’ai pas fini de mâcher, j’ajoute du riz au myoga et les saveurs se complimentent parfaitement. Je reporte mon attention sur les champignons et les légumes grillés et je m’apprête à me servir, lorsqu’il me pose une question à laquelle je ne m’attendais pas à devoir répondre. Pourquoi je ne fais pas partie de l’équipe de baseball ?

« Ah… C’est juste que je n’ai pas encore le niveau. Et en étant une fille, je dois être deux fois meilleure que n’importe quel garçon pour pouvoir être admise… Je m’entraîne souvent, peut être que l’année qui vient je pourrai en faire partie… Pour l’instant, j’aime bien le taekwondo, et je ne crois pas être trop nulle… Alors voilà. »

Je détourne mon attention sur les légumes grillés et fait mine de ne pas remarquer que j’ai rougi à nouveau. Une fois mon assiette remplie de kabocha, enoki et autres aliments délicieux, je décide de me concentrer là dessus histoire d’éviter d’être gênée. Le plus important, là tout de suite, de toute façon, c’est la nourriture. Je relève un instant la tête, et réalise que je suis complètement impolie. Je m’adresse donc à lui la main devant la bouche, bien comme ma mère m’a appris à le faire pour être un peu plus élégante.

« Désolée, je ne t’ai même pas souhaité un bon appétit ! Et merci encore de m’inviter, c’est super bon… La prochaine fois, je te cuisinerai quelque chose si tu veux. »

Quelle idiote je fais. Je plonge mon nez dans mon bol de riz l’air de rien, histoire de faire comme si je n’avais pas dit ça par réflexe. Un jour, je me vengerai sur mes parents de m’avoir appris qu’il faut toujours remercier quelqu’un en lui faisant soi-même une faveur ou un cadeau d’une valeur similaire. Ça m’éviterait de m’enfoncer dans une sorte de spirale infinie de reconnaissance. Bon, allez, Misuzu, fais la conversation. Tu en es capable.

« Euh… Ta mère, elle fait quoi ? Enfin, comme métier je veux dire. Tu as mentionné que vous aviez vécu à la campagne… Ça doit être agréable, je suppose… J’ai vécu en banlieue, mais en face de chez moi il y avait des champs et on était pas loin d’une rivière, alors ça allait… »

Bravo. Au moins, ce sujet n’est pas gênant ou propice de provoquer de la gêne. Les parents, c’est un sujet safe ça, hein. Hein?
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Lun 25 Déc 2017 - 20:52

Je lève la tête quand je l'entends s'étrangler. Je n'ai rien de spécial il me semble ? Et pourtant elle est encore plus rouge qu'avant. Sato-Sato, bon sang, qu'est ce que tu as fais ? J'ai du faire une boulette. J'essaye de me remémorer rapidement mes dernières phrases, sans parvenir a trouver une quelconque explication, jusqu'à ce qu'elle explique qu'elle n'avait aucune envie d’être une vedette. Ce n’était pas vraiment ce que j'avais voulu dire par la, il n’était même pas titulaire de l'équipe une. C’était plutôt une genre de reconnaissance tacite ? Peut importe. J'essaye de trouver un moyen de me rattraper pour ne pas la gêner d'avantage, mais a ce moment la, la nourriture arrive et je ne peux faire autrement que de m'interrompre.

J'observe le bol de riz un instant en souriant, me disant que cela ne me change pas trop comme régime alimentaire. Et les légumes sont parfaits, peut être un peu trop griller a mon goût, mais je ne suis pas vraiment difficile en matière de nourritures. J'incline la tete en remerciant la serveuse comme a mon habitude, sans doute bien plus bas que la majorité des gens, avant de la regarder partir lentement, puis je me retourne vers le plat en commun. Je la laisse se servir en première, alors que je sépare mes baguettes pour pouvoir les utiliser. Pendant qu'elle se sert, je bois une gorgée de ma boisson, et je l'écoute me répondre, puis une fois qu'elle achève de remplir son bol, je fais de même avec délicatesse. J'incline ensuite la tete devant elle, un peu moins bas cependant :

- Itadakimasu.


Je l'observe un instant se délecter de son plat, en songeant qu'elle doit vraiment apprécier la nourriture. Une multitude d'émotions semblent traverser son esprit en même temps que son expression faciale, et je reste la a la regarder une bonne vingtaine de secondes, en oubliant presque mon assiette. Voila pourquoi je trouve ça intéressant d'observer les gens attentivement. Il est presque possible de savoir a quoi ils pensent, pour la majorité, lorsque leurs visages expriment des émotions. Je baisse finalement mon regard histoire qu'elle ne remarque pas ce genres d'habitudes que j'ai, et prend mon temps aussi bien pour commencer a manger que pour écouter le flot de paroles qui sortent de sa bouche. Si elle est timide, elle a au moins le sens de la conversation. J'essaye de reprendre tout étape par étape, tout en mangeant une bouchée de temps a autre. Beaucoup de riz, beaucoup de légumes, très peu du reste.

- Je dois t'avouer que.....je n'ai pas beaucoup vu la mer a Sendai. Je m’entraînais beaucoup, vu qu'en deuxième année je faisais de la compétition.

Je m’arrêtais la. Quel idiot, première boulette. Je ne parlais jamais de comment j'avais remporté facilement la seule compétition que j'avais fais dans ma scolarité. Parce que j'avais refusé d'aller aux nationaux, ou parce que j'avais voulu rester dans l'anonymat. Toujours est il que je ne voulais pas donner l'impression de me vanter pour ce genre d'histoires. Aussi, je passais vite a autre chose. Je n'étais pas très fan de saumon, et de toute façon je n'avais pas vraiment les moyens de me payer quoi que ce soit d'autre que du riz et quelques légumes. Ça avait était mon régime alimentaire durant mes quatre années a Sendai.

- Je....je ne m'y connais pas vraiment en spécialité culinaire. Désolée, tu dois avoir raison. Il me semble que c'est une spécialité plus largement rependue a Tohoku, mais je n'en sais pas beaucoup plus.

La deuxième boulette, ça avait était de dire que j'étais rouillée. Encore une fois, si après qu'elle dise que « ce ne peux pas être pire que moi », je répond que je parle couramment sans accent, elle va se dire que je cherche a me vanter. Je laissais une portion de riz courir dans ma bouche le temps d'essayer de trouver un échappatoire, que je ne parvenais pas a déceler. Dans un soupir, je faisais simplement en bredouillant légèrement :

- Euh, je ne sais pas ton niveau, je ne peux pas comparer. Mais je me débrouille un peu quand même.

Finalement, si la suite de la conversation avait tournée pour être a propos du baseball, c’était plus mon rayon. Je la sens un peu plus timide sur la question. Elle n'a pas le niveau ? Je ne connais pas le niveau de l'équipe de Keimoo, mais il ne me semble pas que ce soit si fort. Et de toute manière, le bon moyen pour progresser est d'en faire régulièrement non ? Enfin, pour ce qui est du taekwendo, je ne peux pas la contredire. De ce que je me souviens, physiquement, au niveau de l'agilité et de la souplesse, elle n'avait rien a envier au reste de son groupe. Je n'étais pas souvent la a l'heure des entraînements de Taekwendo ces derniers temps, mais je me doutais, au vu de sa morphologie, qu'elle était sans doute douée pour ça.

- L'important est de faire ce que tu aimes. Le talent de toute façon, ca n'existe pas sans effort. Regarde moi, je suis devenu chef de ce club....bon....par hasard. Disons que j'étais au mauvais endroit au mauvais moment ahah, mais sans aucun talent, je me retrouve la. Si tu donnes tout et que tu t'amuses, tu seras probablement dans l'équipe de base-ball très bientôt. Mais si tu aimes le Taekwendo, continue autant que tu le souhaite. Enfin euh....je veux dire......

Je me sentais rougir, m'embourbant dans mes explications :

- Tant que tu aimes....enfin, je l'ai déjà dis......mais je t'ai souvent regardé durant les entraînements. Enfin, pas que toi, je ne suis pas....bref....tu as du talent, c'est indéniable. Pardon.

J'enfonçais mon visage dans mon bol en soupirant. Je ne savais même plus ou j'avais voulu en venir au début de ma phrase, et c'est le bon moment pour me souvenir de sa question suivante. A propos de.....ah oui, qu'est ce que je vais bien pouvoir raconter sur ma mère ? Qui m'a tout donné, m'a élevé, m'a aimé, choyé. Qui a sacrifié sa vie entière pour moi. Mais qui est dans la partie de la population qui est considérée comme pariât. Mère a seize ans, pas de diplôme, pas de mari....je n'avais jamais compris pourquoi cette femme extraordinaire, courageuse comme personne, forte comme personne, n'avait pas plus de reconnaissance de la société.

- J'habite a Mûra, c'est entre Sendai et Tokyo, a la campagne vraiment vraiment profonde. Pour te dire, quand j'y étais il y avait encore un collège, ou nous étions une cinquantaine, et aujourd'hui il n'y a plus assez d’élèves pour ouvrir. Ma mère doit être l'adulte la plus jeune du village.


Je souriais a cette pensée, elle qui se trouvait toujours trop vieille. Elle qui n’arrêtait pas de dire qu'elle devait me faire honte. Alors que c’était tout le contraire. Je ne pouvais pas être plus fier d'elle que je ne l'étais déjà. C’était un peu la femme de ma vie en fait. Et au rythme de ma sociabilisation, cela risquait bien d’être la seule.

- Quand nous sommes arrivés la bas, nous étions plutôt pauvre et ma mère a accepter le gardiennage du temple. On nous a donnés la maison de gardien qui est collé au dit temple, et il est devenu privé ensuite. L'homme qui l'a racheté a voulu que ma mère continue a s'en occuper, et en échange, nous a laissés la maison. Elle est a notre nom a elle et moi maintenant. Elle n'est pas payée, elle s'occupe juste de l'entretiens, et je pense qu'un jour je me rapprocherais pour l'aider. Enfin, je pourrais dire « quand elle sera trop vieille pour le faire », mais je peux attendre facilement trente ou quarante ans avant que ce soit le cas. Ahah. Elle travaille dans une boutique du village, il y a pas mal de tourisme. Et les habitants s'entraident pas mal. Voila.

Je relevais la tête, j'avais beaucoup beaucoup parlé. Alors, pour ne pas l'ennuyer, je lâchais un vague « et toi ? », avec un peu plus d'entrain que ce que j'avais, non pas que je n’étais pas intéressé, mais je ne voulais pas paraître trop insistant. Je me concentrais autant sur ses paroles que sur mon riz qui n'avait, du coup, pas beaucoup diminué.

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Mer 3 Jan 2018 - 19:39

Satoshi explique n’avoir eu que peu de temps pour apprécier la mer. Pourtant, cela doit être agréable de pouvoir savourer le vent marin et d’acheter du poisson frais autant qu’on veut. Même si le poisson que nous achetions à Tokyo n’avait pas de défauts particuliers, je me suis toujours dit qu’en acheter directement auprès des pêcheurs, peut être même pêcher soi même, devait être une expérience plus gratifiante. Mais bon, encore une fois, j’imagine que lorsqu’on est passionné de quelque chose, on pense surtout à ça. Du coup, je me demande si je suis vraiment passionnée ? J’ai toujours eu l’impression que restaurer des vieux tableaux était ma destinée, mais il m’arrive souvent de penser à d’autres choses et de m’intéresser à d’autres loisirs… Peut être que je ne suis pas si passionnée que ça alors ? Il n’empêche que je fais toujours de mon mieux lorsqu’il s’agit de m’entraîner et d’améliorer ma technique. Peut être simplement que les différentes personnes ont des points de vues différents sur leur intérêt principal. Je m’ennuierais sûrement si je ne faisais que peindre tous les jours, toute la journée. Il me corrige ensuite sur la provenance du harakomeshi. Mais oui, il a raison, c’est dans la même préfecture mais c’est plus populaire à Tohoku. Je hoche la tête, les yeux écarquillés pour signifier mon accord avec ses propos. Puis, il se contente de préciser modestement qu’il se débrouille. Je suis sûre qu’il est parfaitement bilingue, donc de toute façon il est inutile de comparer nos niveaux. Je souris, la bouche tellement pleine de riz et de poisson que mes joues sont un peu arrondies, encore plus que d’habitude. Je mâche, et j’avale en essayant de ne pas m’étouffer, la main toujours devant la bouche, comme ma maman m’a appris à faire, histoire de garder un minimum de dignité même en se goinfrant et en parlant la bouche pleine.

Du côté plus épais de mes baguettes, j’attrape un enoki grillé dans le plat et le dépose dans mon assiette. J’y dépose un peu de shoyu, de karashi, et je mords dedans. Il a un goût légèrement fumé, et sa texture est juteuse et tendre. Un goût très automnal, juste comme j’aime. Vraiment, je pense qu’il s’agit de ma saison préférée. Je n’écoute Satoshi que d’une oreille, avant de réaliser qu’il est très malpoli de se laisser déconcentrer de la conversation par la nourriture. Voilà pourquoi je mange souvent toute seule au comptoir, au moins je n’ai qu’à faire un peu de parlotte avec le cuisinier ou le barman et pas à suivre les propos de quelqu’un. Je relève la tête de mon assiette, le front un peu en sueur à cause de la chaleur de la nourriture, et je tente de refaire le focus sur ce qu’il dit. Une histoire comme quoi il n’a pas de talent… Ce qui est bien évidemment faux. Mais bon, je ne peux pas critiquer, je suis comme ça aussi. En tout cas, ses paroles suivantes me remotivent étrangement. Il a raison, si je me donne à fond, j’ai toutes mes chances. Je souris timidement. Peut être que, sans le savoir, j’avais besoin d’entendre un discours de ce genre. Puis, il m’invite à continuer le Taekwondo… Enfin, je n’avais pas besoin de son approbation, mais je suis flattée qu’il ait envie que je continue. Et là, la phrase suivante me fait, évidemment, rougir tandis que lui aussi s’empourpre. Non, bien sûr, il ne me regarde pas particulièrement, il s’est juste mal exprimé. Je sais que je ne suis pas tellement le genre de fille qui attire les regards. Je suis en paix avec ce constat. Donc rapidement, j’occulte ce qui vient d’être dit, et me contente de me concentrer sur la partie qui dit que j’ai du talent. Je lui souris à nouveau, les yeux plissés, et termine ma bouchée avant de lui répondre.

« C’est très gentil ! Je ne sais pas si j’ai du talent, mais j’ai de l’énergie à revendre en tout cas. Etonnamment, je bas souvent des gens beaucoup plus forts et grands que moi, mais je pense que c’est surtout de la chance, parce que je suis assez maladroite, en fait… Mais tu as raison, pour l’équipe, je vais faire de mon mieux ! »

J’ai un petit rire, il est vrai que le mot « ochokochoi » a été souvent employé par mes parents et mes professeurs pour parler de moi. Ce n’est pas seulement de la maladresse, mais aussi une tendance à perdre facilement mes affaires, à oublier mon déjeuner ou de noter mon nom sur mes examens, je suis même quelquefois sortie du lycée portant encore mes chaussons d’intérieur. Cela m’a causé des problèmes quand j’ai commencé à pratiquer le dessin et la peinture, mais j’ai fini par réussir à être plus précise, en faisant très, très attention. Malheureusement, cela ne s’applique pas encore dans le reste de mes activités, mais peut être un jour. En attendant, ma mère tout comme d’autres personnes risquent encore de prononcer ochokochoida ne à mon égard. Mais bon, c’est comme ça, on y peut rien. En l’écoutant parler, je sens une sorte d’admiration grandir en moi. Sa mère a l’air d’être vraiment quelqu’un de courageux. Je me demande pourquoi elle a dû se débrouiller seule, et il semble également, du coup, que l’absence de son père se confirme. Je suppose qu’il doit être difficile pour une femme d’élever seule un enfant. Parfois, je regrette que la société japonaise soit si peu tolérante, alors qu’au contraire, chacun devrait aider les autres à avoir une vie meilleure. À entendre Satoshi, il semble que sa mère soit très jeune. Je ne sais pas trop quoi en penser. Ça voudrait dire qu’elle l’a eu très jeune aussi, peut être. Cette fois, je me retrouve entre admiration et un peu de tristesse. Ça ne doit vraiment, vraiment pas être facile. Je m’apprête à lui dire à quel point je suis désolée pour elle, et puis en l’observant un peu mieux, je me rend compte que ça serait probablement déplacé. Et puis, au moins, les habitants s’entraident. Je décide donc de taire mes excuses et de partir plutôt sur quelque chose de positif.

« Ta mère a l’air d’être quelqu’un de très courageux… J’espère que tout va bien se passer pour elle dans le futur. »

Voilà, c’est un peu plus sobre et bienveillant, au moins je ne risque pas d’avoir l’air condescendante. Moi, je n’ai jamais eu de problèmes d’argents. Bon, même si je suis là grâce à une bourse, mes parents auraient probablement pu me payer des études universitaires ailleurs qu’ici si je l’avais voulu. Bon, évidemment, on n’a pas autant de moyen que la branche de la famille à laquelle appartient Nao-chan, mais je n’ai jamais eu à me plaindre. J’ai même pu voyager. Du coup, je me sens un peu mal à l’aise quand il me demande de lui parler de mes parents. Je déglutis et décide de ne pas trop m’étaler sur les détails.

« Mon pap- enfin, mon père est professeur à Tōdai. Il enseigne la physique. Ma mère est ophtalmo. À vrai dire, ce n’est pas très intéressant, on n’a pas de problèmes particuliers, même s’ils m’ont eu assez tard. À vrai dire, c’est plutôt la sœur de maman la personne qui intéresse les gens en général. Mais, euh, enfin, voilà. Désolée, je n’ai pas grand chose à raconter… »

Je baisse les yeux sur mon bol de riz et enfourne une bouchée. Evidemment, il n’y a rien de très intéressant chez moi. Nao-chan, ou même n’importe quelle autre fille aurait sûrement beaucoup plus à raconter, mais pas moi, pas vraiment. Je cherche dans un coin de mon cerveau de quoi relancer la conversation. Je songe à lui demander s’il a une petite amie, avant de réaliser que c’est indiscret, et aussi que ça me mettrait dans une position gênante étant donné que nous sommes en train de dîner en tête à tête. C’est alors que je réalise que je ne suis probablement pas censée savoir ce qu’il étudie, étant donné que ce n’est pas à proprement parler autorisé de regarder dans les dossiers des clubs lorsqu’on y occupe pas un poste administratif. Alors, avec l’air le plus innocent possible, l’air de rien, je l’interroge.

« Au fait, quelles sont tes études ? Quelque chose dans le sport, aussi ? »

Pour cet oscar, je voudrais remercier mes parents, qui m’ont toujours soutenue, ainsi que mon manager… Non mais vraiment, il n’y a que moi pour me mettre dans des situations pareilles. Pour éviter de me trahir, je reprends une gorgée de ma boisson et j’enfourne une nouvelle bouchée de légumes et de poisson.
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Ven 5 Jan 2018 - 13:01

Je n'ai pas l'habitude de ce genre de repas. Je suis plutôt du type a toujours manger exactement la même chose, du moment que j’apprécie un minimum le goût et que cela m'apporte ce dont j'ai besoin. En même temps, vu le tarif que cela risque de me coûter, encore heureux que je ne mange pas souvent dans ce genres d'endroit. Les yens ne tombent pas du ciel, et je n'ai pas de bourse sportive......quoi que maintenant que je reprend la compétition, je devrais peut être voir pour en récupérer une ? Ça ne serait que justice non ? Enfin, le boulot au konbini me va très bien. Qui aurait cru d'ailleurs que Nakamura-san était le petit ami de Naoko ? Je me souviens d'avoir failli m'étrangler quand je l'avais apprit. Mais c’était quelqu'un que j’appréciais, et qui était vraiment bien, alors j'étais plutôt content pour mon amie, finalement.

Je l'écoutais me répondre, en soupirant de soulagement quand elle me semblait ne pas avoir fait attention a ce que j'avais dis. Volontairement, probablement, mais au moins elle avait un semblant de tact. Si elle avait rebondit dessus, je n'aurais probablement eu d'autre choix que de faire un rouler-boulet dans l'allée centrale avant de m'enfuir en courant, puis quitter Keimoo et ne plus jamais y mettre les pieds. Finir ma vie en ermite dans je ne sais quelle bourgade a l'écart du monde, jusqu'à ce que la mort vienne me chercher. Je dissimulais un petit rire a cette idée en reprenant une bouchée, avant de lui sourire, suite a sa remarque suivante :

- En effet, elle est très courageuse. C'est la personne la plus forte que je connaisse. S'occuper aussi longtemps d'un cas comme moi toute seule, rien que pour ça, il faut lui adresser des félicitations nationales.


Je souriais pour marquer mon amusement, en songeant que je n'avais pas était si problématique, en dehors de quelques événements que je préférais garder sous silence. Comme la fois ou j'avais voler au Konbini a manger car elle ne pouvait plus travailler, trop malade pour se lever, et qu'elle avait tout le chemin pour rendre la nourriture. Aie, c'est le genre de souvenir que j'aurais aimer oublier avec le temps, mais finalement, c'est cet événement, et tant d'autres, qui aident a faire grandir. Qui aident a montrer la valeur de la vie.

Sa vie semblait extrêmement simple. Enfin, pas dans le sens péjoratif du terme, et je me retenais bien de faire un commentaire qui aurait pu paraître déplacer. Un professeur a Todai ? Todai c’était la grande université de Tokyo non ? Ou alors je confondais. Amusant, nos deux pères étaient.....hum, non, il valait mieux que je ne commence pas a penser a lui, pour la sécurité de la paix qui régnait au dessus de la table. Sa mère semblait aussi avoir une position stable dans la société, et dans cette société Japonaise ou nous nous trouvions, c’était plus qu'important. J'avais la sensation d'entendre une pointe d'agacement a la fin de sa phrase, mais c’était peut être mon imagination.

- Au contraire, je trouve ça vraiment intéressant. Je veux dire, pour être ophtalmologiste, il faut faire pas mal d'étude. Et être professeur a Todai, c'est plutôt la classe. Il y a de quoi être fier d'eux. Et puis bon, si je suis ici, c'est pour parler de toi, non ? Pas de la sœur de ta mère. Pas qu'elle ne soit pas intéressant, mais....euh....je veux dire, je te trouve largement plus intéressante, voilà.

Pfiou, pas trop mal comme fin, pour une phrase aussi calamiteuse. Il faut vraiment que j’arrête de faire des phrases aussi longues, cela ne m'apporte que des soucis, et je passe a chaque fois pour quelqu'un de vraiment bizarre. Je plonge mon visage dans mon assiette pour achever le repas le plus vite possible. J'ai la sensation que si je le trouve trop agréable, je vais finir par dire des choses de plus en plus étranges. Je souffle un coup, alors que je manque de m'étrangler. Elle me pose encore une question. Je vais donc devoir reprendre la parole. Je vais donc avoir une nouvelle chance de dire n'importe quoi. Je le sens vraiment mal ce repas.

- Pas vraiment. Je ne trouve pas le sport en général, théoriquement parlant, très intéressant. Enfin, ce n'est pas ce que je veux dire. Disons que j'aime tellement ce que je fais comme sport, que si je faisais une filière théorique ou il faudrait s’intéresser a autre chose, je serais frustrer. Pour moi, le sport que je fais, ce n'est plus vraiment une activité annexe. C'est plutôt une.....hum....comment pourrais je dire ça.....une philosophie de vie ? Et c'est amusant quand j'y pense, parce que j'ai commencé au collège, et ça m'avait l'air vraiment fatiguant pour pas grand chose.

Je souris en continuant de manger un peu, songeant silencieusement au dojo de mon petit collège de Miura, et a cet après-midi pluvieuse ou je n'avais eu d'autre choix que de rester a l'abri et ou j'avais fini par commencer a poser des questions a Hikari, le seul membre du club de kung-fu. En même temps, dans un collège de cinquante élèves, il y avait peu de gros club. Il m'arrivait encore de me demander ce que je serais devenu si il n'y avait pas eu de pluie ce jour la, mais de toute façon, le passé était marqué, et je n'obtiendrais sans doute jamais cette information. A moins que le voyage dans le temps n'existe un jour, mais encore une fois, j'en doutais. Je m'apercevais alors que je n'avais pas du tout répondu a la question et je continuais :

- Et du coup, je fais du droit.....je suis au milieu de ma deuxieme année. Rien de bien intéressant. En fait, je m'ennuie, mais maintenant que je suis a plus de la moitié du cursus, je trouverais ça dommage d’arrêter, j'aurais eu l'impression que c'est une perte de temps.

Et d'argent. Moi je vois tout l'argent que cela coûte a ma génitrice, et a toute les privations qu'elle doit endurer. Contrairement a ce qu'elle disait, il était évident qu'elle ne pouvait pas faire tout ce qu'elle voulait, financièrement parlant. Keimoo etait un gouffre, que je ne pouvais pas remplir uniquement avec mon job d'étudiant. Mais ce n'etait pas le moment de penser a ça, j'avais fini mon assiette et j'étais repu. Je lui fis un nouveau sourire, inclinant ma tête pour la remercier du repas, et, comme la suite logique a la discussion :

- L'histoire de l'art, ça doit déjà être plus intéressant, non ? Je veux dire, tu en as déjà parlé, et tu as l'air d'aimer ça, mais les cours et les hobby, c'est différent. Les cours sont intéressants ?


Je posais mes baguettes. Je finissais mon verre. J'écoutais la fin de notre discussion.

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Dim 28 Jan 2018 - 1:08

Je souris lorsqu’il semble insinuer avoir été un enfant difficile. Cela me paraît invraisemblable, à vrai dire à part sa propension à sécher les heures de club, et encore seulement celles de cérémonie du thé, je ne l’imagine pas avoir d’autres vraiment mauvais travers. J’ai énormément de mal à le visualiser avec les cheveux en arrière, les sourcils froncés et une chemise à flammes… bon ok peut être que ma vision du délinquant est un peu passée de date, mais c’est du pareil au même. En tout cas, il est sûr qu’élever un enfant seule ne peut pas être quelque chose de facile. Je me retiens néanmoins de continuer sur le sujet, et puis de toute façon il a déjà embrayé sur les métiers des miens, de parents. Il m’assure que j’ai de quoi être fière d’eux… Je n’avais jamais envisagé ça sous cet angle. À vrai dire, je ne parle que peu de mes parents, bien que je sois très proche d’eux. Il me tarde le nouvel an pour rentrer à Saitama et faire le grand ménage avec eux, préparer l’osechi… Mais bref, là tout de suite ça n’est pas très important. Je fais de nouveau la focale sur ce qu’il me dit. Eh bien, il est vrai que la sœur de ma mère a souvent défrayé la chronique familiale, et bien qu’elles ne soient pas très proches je ne crois pas qu’il y ait de mauvais sang entre elles, à vrai dire si c’était le cas, je ne pense pas que Nao-chan m’aurait adressé la parole. Et- Eh ?

Mais il tient vraiment à me gêner celui là. Je sens mes joues rougir de nouveau et je fais mine de rien, me mordant l’intérieur de la lèvre et détournant le regard subrepticement comme si je n’avais rien entendu. Je hausse les épaules en évitant simplement de répondre quoi que ce soit, et pour me donner contenance j’enfourne une nouvelle bouchée du maquereau qui diminue rapidement. Je hoche la tête en mâchant ma nourriture, proférant des petits « hm » et « so desu ne » à intervalles réguliers pour lui signifier mon attention, et pour continuer à faire comme si je n’avais aucune idée des études qu’il fait. Une fois que j’ai dégluti, je me permets d’enchaîner sur ce qu’il a dit.

« Je te comprends, je n’ai commencé à dessiner vraiment qu’assez tard, avant je faisais juste des maisons banales comme n’importe quel enfant stupide… »

J’enchaîne sur un petit sourire, cachée derrière ma main de nouveau. Lorsqu’il m’explique qu’il fait du droit, évidemment, je feins la surprise en écarquillant les yeux et en ouvrant légèrement la bouche. Wow. Je devrais vraiment songer à embrasser une carrière d’actrice, j’aurais ma chance dans plus d’un drama… Bon je ne suis sûrement pas assez jolie, mais je pourrais être la copine qui donne des conseils en amour. Je hoche la tête lorsqu’il déclare continuer malgré le déclin de sa motivation. Je lève mon poing fermé dans l’air, légèrement, dans un petit mouvement qui essaie juste d’exprimer mon soutien.

« Ganbatte, ne ? »

J’essaie d’être un minimum positive, après tout, ne suis-je pas censée être une fille dynamique qui n’a peur de rien ? J’enfourne à nouveau de la nourriture et fait descendre le tout avec une nouvelle gorgée de shochu qui est d’ailleurs bientôt fini. Il m’interroge

« C’est intéressant pour moi, parce que c’est un sujet qui m’intéresse… » j’ai un petit rire « enfin je veux dire, je ne suis pas vraiment objective. Je trouve que c’est un sujet passionnant, et les professeurs sont évidemment excellents… Si je me débrouille bien, j’aimerais vraiment travailler là dedans. Ça dépend de beaucoup de choses… Sinon, je pourrai toujours être secrétaire quelque part ou femme au foyer, je suppose. »

Je repose mes baguettes, et ma main fait un bruit mou en se posant sur la table. C’est un peu déprimant de penser à ça, mais s’il le faut alors je suppose que je ferai ça. Bon évidemment, ça m’ennuierait d’avoir passer des années à faire de mon mieux pour rien, mais on n’y peut pas toujours quelque chose. Je verrai bien le moment venu.

Soudain saisie d’un doute, je jette un œil à l’heure sur mon portable. Oh, non. Il est presque huit heures et demie déjà ! Le temps a passé beaucoup plus vite que ce que je pensais ! Sans réfléchir, je me lève brusquement, portable à la main, et je manque de me cogner contre la table. Je sens de nouveau mes joues s’empourprer alors que je saute de la plateforme sur laquelle nous étions assis.

« Je suis vraiment désolée, je viens de me rendre compte de l’heure et je dois vraiment partir ! »

J’enfile mes chaussures le plus vite possible, un peu n’importe comment, et j’attrape mon sac, fouille dans mon porte monnaie et jette un billet de deux mille yens sur la table et griffonne mon numéro sur un bout de papier qui flottait aléatoirement dans le bordel que contient mon sac.

« Je dois y aller ! Ne compte pas sur moi pour laisser tomber cette histoire de club ! Attends toi à avoir de mes nouvelles ! »

Sur ce, j’enfile ma veste, salue l’aubergiste d’une rapide courbette, et cours d’une traite jusqu’à mon travail, où j’arrive en crachant mes poumons, mais pile à temps pour pouvoir pointer à l’heure. Je pousse la porte en tentant de reprendre de nouveau mon souffle et en essuyant la sueur qui perle sur mon front de ma main libre.  

« Otsukaresama desu !! »

Me voilà de nouveau dans ma version moins douce, moins élégante, mais clairement beaucoup plus bruyante et vivante.
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats [Suite] [ Misuzu ]   Dim 28 Jan 2018 - 20:43

Je prenais une serviette proche de ma main quand je pouvais sentir un élan d'énervement se propager dans mon interlocutrice. Ce genre de moment ou vous prenez soudainement conscience de quelque chose qui n’était absolument pas dans votre esprit juste avant. Elle regarde l'écran de son téléphone, sans doute pour s'assurer de l'heure ou pour voir si elle n'a pas un message, et je songe pendant un instant que je dois être vraiment ennuyant comme compagnon de table pour qu'elle ai besoin de voir si il n'y a pas plus intéressant. Pas très étonnant, vu que j'ai l'impression qu'elle fait la conversation toute seule depuis le début.

Elle se lève d'un bond, en me disant qu'elle doit partir., et je pousse, malgré moi, un soupir de soulagement intérieur. Ce n'est peut être pas que ma faute finalement. Tout en l'écoutant s'excuser de devoir, je me souviens qu'elle avait évoquée un travail, et je n'ai même pas songé a lui en demandé plus. Je commence a me lever pour la raccompagner, mais cela ne sert a rien, elle est déjà debout et s'habille, avant de chercher de l'argent dans ses poches.

Je n'ai même pas le temps de protester que je vois qu'elle est en train d'écrire quelque chose sur un bout de papier. Comme pour maintenir une certaine contenance devant cette soudaine accélération des événements, je lève légèrement la main pour prendre la parole. Raté, elle pose l'argent et le papier, en me disant que je n'avais pas fini de la voir. Elle évoque le club, qui est la raison pour laquelle je l'avais invitée, et que j'avais totalement oublié par la suite. Je regarde le papier, son numéro de téléphone. Je rougis un peu, avant de relever la tète pour....voir qu'elle est en train de sortir.

Légèrement hébété, je tourne la tête vers la fenêtre pour la voir partir en courant. Elle semble très en retard. Je songe, pour me rassurer sans doute, que si elle l'est autant, c'est parce que justement elle a appréciée le repas et n'a pas vu le temps passer. Ou alors c’était un prétexte pour s'échapper de ce calvaire. Peut importe, ce n'est pas comme si j'avais voulu obtenir son amitié ou quoi que ce soit dans le genre, et si je l'avais invité, a la base, c’était plutôt pour essayer d'obtenir une certaine tranquillité pour cette histoire de club.

Je prenais lentement son argent, que j'enfouissais dans mon porte-feuille, afin de pouvoir lui restituer plus tard, et je remplaçais le sien par le mien, bien que cela ne fasse aucune différence. Je lui avais dis que je l'invitais, ce n’était pas pour qu'elle paye a la fin. C’était bien la moindre des choses. Je me levais en m'étirant, alors que l'endroit commençait a se remplir de plus en plus. Je désignais la table a la serveuse en la remerciant pour l'hospitalité et la qualité du repas, en lui désignant que nous avions finis. Je m'inclinais devant elle, avant de sortir a l'air frais.

La nuit était tombée, et j'enfouissais mes mains dans mes poches. Misuzu Watanabe. Un jolie brin de fille, que je n'avais jamais remarquée, mais qu'une fois en train de discuter avec elle, j'avais eu cru avoir toujours vu. Je soupirais, c’était étrange. Je prenais la route tranquillement vers Keimoo. En pensant que de toute manière, je n'allais pas avoir trop de mal a lui rendre son argent. Et a revoir son sourire.

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