₪ Académie Keimoo ₪

If you want the rainbow, you gotta put up with the rain.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Un violon, un cœur meurtrit. [PV Edith]

Aller en bas 
AuteurMessage
Amalia Williams
♣ Université - 1ère année
avatar

Genre : Féminin Scorpion Chat Age : 18
Adresse : Chambre 102.
Compteur 69

KMO
                                   :

MessageSujet: Un violon, un cœur meurtrit. [PV Edith]   Mer 15 Nov 2017 - 21:34

Des milliers de tentatives, sans qu’une seule ne soit fructueuse. Jamais la mélodie n’avait pu être jouée entièrement, arrêtée par une force invisible, qui torturait son esprit dès lors que l’archet frottait les cordes du violon, provoquant une succession de déceptions et d’irritantes mélancolies. Pour cette époque révolue où la musicalité du violon faisait partie intégrante d’elle, avant de lui être brutalement arrachée. Avant qu’elle ne la rejette avec toute la force dont son petit être était capable. En quelques minutes, son bel instrument était devenu un violon maudit, ayant coûté la vie à sa tendre mère. En quelques secondes, sa force s’était transformée en son talon d’Achille. En quelques instants, son amour et sa passion s’étaient changés en colère. Et elle la reportait sur les autres, ceux qui ont soudainement commencés à lui tourner autour, hypnotisés par ce qu’ils appelaient beauté, là où elle ne voyait qu’une ressemblance bien trop flagrante avec celle qui lui avait donné la vie. Là où elle ne voyait que ses mains salies de sang, le même que le sien, et l’arme du crime, qu’elle n’avait plus touché après cela.

Un vide s’était formé en elle, un manque impossible à combler. Peu importe son niveau d’excellence dans un domaine, peu importe à quel point elle se surpassait, ce manque était toujours présent. Un creux ne pouvant être rempli qu’en embrassant les ténèbres criminelles. Un désir ne faisant que s’embraser avec plus d’ardeur plus le temps s’écoulait, bouillonnant dans sa cage thoracique dans un souhait de tout extérioriser à travers cet instrument. Plus que tout au monde, son âme entière voulait jouer à nouveau, ne faire qu’un avec le violon, qu’il soit à nouveau rien de plus que le prolongement de son propre corps. Malheureusement, aussi fort soit un désir, ce n’est pas suffisant pour le faire devenir réalité. Amalia voyait doucement la vérité se dévoiler à elle: l’impossibilité de surmonter son traumatisme et l’obligation de vivre avec ce vide pour le restant de ses jours.  
Et malgré ça, elle se tenait là. Dans la salle de musique, instrument en main, à nouveau. Au fond d’elle, un doux espoir continuait de battre et elle ne pouvait se résoudre à abandonner. C’est pour cela qu’elle s’était rendue dans la salle du club, hors des horaires d’ouverture, afin de pouvoir jouer seule, sans être dérangée.

Une fois encore, elle laissa son violon se reposer contre son épaule puis fit délicatement glisser l’archet sur les cordes, faisant naître les premières notes de cette mélodie qu’elle avait déjà tant joué et rejoué. Et pourtant, à chaque fois, ces quelques notes suffisaient à la faire frémir du plus profond de son être alors qu’elle se remémorait à nouveau le visage de sa mère. Malgré les années, elle se souvenait encore parfaitement de la pâleur de sa peau, exemptée de toute rosée, paisiblement endormie, la poitrine immobile. Elle jouait exactement la même mélodie qu’à ce moment, qui lierait à jamais ce funeste jour, les mêmes mouvements d’antan étaient répétés, inlassablement, dans une harmonie magnétique et parfaite. L’émotion était presque palpable dans la pièce, comme si elle parvenait à reléguer à son environnement une moindre partie de sa souffrance, alourdissant le cœur de quiconque présent. Sentiments fusionnés avec la mélodie, lui faisaient atteindre son paroxysme d’influence sentimentale si un regard innocent s’était posé sur elle, sa puissance rendant son cœur infiniment plus lourd, à son tour accablé d’une partie de sa mélancolie quotidienne. Amalia n’était plus présente dans la pièce dès lors qu’elle avait commencée à jouer. Sa magnétique aura, qui l’entourait toujours, était l’unique chose qui restait, presque visible par les yeux ordinaires, tant elle dégageait cette troublante impression, à la fois écrasante et absente, à la fois puissante et faible. Transportée dans un passé lointain, ce moment était à nouveau vécu, dans toute sa tranquillité horrifiante.
Un doux baiser sur une peau glacée brisa cet instant.
Les messages nerveux fonctionnaient à vive allure mais son cerveau ne parvenait pas à encaisser l’information. La sidération clouait son corps sur place. Avec la lenteur d’un fantôme, sa petite main s’était avancée vers son cou, cherchant le signe de vie qui aurait dû s’y trouvait. Il aurait dû s’y trouvait. Cette fois, l’illusion avait définitivement disparue, laissant la cruelle réalité apparaître. La mort avait vicieusement pris place dans la pièce, sans laisser la moindre goutte de sang, de traces physiques minimes.. Et pourtant, ce fût d’une violence extrême pour elle.

La musique raisonna encore quelques instants, plus saccadée, à cause de ses mouvements devenant rigides et incontrôlés. La connexion entre Amalia et son violon se brisait à vue d’œil tandis que ses souvenirs la poignardaient en plein cœur ; les joues ruisselantes de larmes, elle s’obligeait pourtant à continuer autant qu’elle pouvait le supporter.  Elle s’était déjà arrêtée des centaines de fois, mais aujourd’hui, elle voulait réussir à venir à bout de ce morceau qui la hantait depuis si longtemps. Mais son corps, lui, refusait de subir davantage. Ses mains tremblantes affaiblissait sa maîtrise sur l’instrument de bois, et ne faisait qu’augmenter sa frustration. Ses gestes devenaient trop brusques, animés par la colère, les larmes de tristesse se transformant en rage. Elle ne pouvait continuer à jouer de cette manière sans dérapages. Elle fit glisser son archet trop violemment, provoquant une fausse note qui fit trembler la pièce, brisant définitivement cette connexion saisissante. Et la musique cessa.

Ses doigts affermir leur prise sur l’archet, brûlants de colère face à ce nouvel échec. Sans pouvoir se contrôler, elle le jeta au sol, l’envoyant valser un peu plus loin.
« Rah, fuck ! That doesn’t works.. ! » s’écria la jeune femme dans sa langue natale, la voix tremblante à cause de l’émotion.
Serrant son violon contre sa poitrine, Amalia ferma les yeux, laissant les larmes les envahir à nouveau et sentit un nœud désagréable se former dans sa gorge. Elle mordit sa lèvre inférieure pour réprimer les sanglots qui menaçaient de s’échapper.
« ..sorry mom.. » murmura-t-elle, abattue, en constatant qu’elle était toujours incapable de jouer, comme elle le faisait autrefois avec sa mère.
Revenir en haut Aller en bas
http://keimoo.forumactif.com/t11067-amalia-aka-nebuleuse-d-ira-v-2#234117 http://keimoo.forum-actif.net/t10530-chronologie-d-amalia-williams http://keimoo.forum-actif.net/t10458-livret-scolaire-d-amalia-williams
Edith C. Thompson
♠ Lycée - Troisième année
avatar

Genre : Féminin Taureau Dragon Age : 17
Adresse : Chambre 02 - Rez-de-chaussée
Compteur 21
Multicompte(s) : /

KMO
                                   :

MessageSujet: Re: Un violon, un cœur meurtrit. [PV Edith]   Ven 29 Déc 2017 - 23:42

Edith avait bouclé son dernier exercice de japonais, qu'elle faisait en supplément. Elle s’était donnée comme objectif d’obtenir un vocabulaire beaucoup plus varié et pointu d’ici à la fin de l’année, et une meilleure maîtrise de la grammaire, sur laquelle elle doutait parfois. Elle avait comme ultime objectif de pouvoir continuer la musique dans le supérieur, et de l’envisager sous tous ses aspects. Bien qu’elle pratique plusieurs instruments, la culture musicale japonaise n’était pas vraiment ce qu’elle connaissait le mieux, puisque très différents des deux pays dans lesquels elle avait vécu jusqu'à maintenant. Elle savait qu’elle avait encore beaucoup à apprendre dans ce domaine, qui était complexe et passionnant. S’étant plongé dans quelques recherches à ce sujet, le temps passait sans qu’elle ne s’en rendit compte, à tel point que lorsqu’elle releva la tête, la bibliothèque était quasiment remplie. Edith se décida à partir, puisqu’elle avait besoin de se détendre un peu, et de penser à autre chose.

Ne se séparant jamais de son violon, la jeune blonde se dirigea directement vers la salle de musique qui devait être libre en vu de l’heure. Elle avait déniché un nouveau morceau la semaine précédente et devait encore perfectionner son exécution, que beaucoup auraient jugé excellent. Mais certains détails lui sautaient aux yeux : de légers tremblements, une petite hésitation, une note dissonante. Et en plus, elle voulait tenter de l’adapter au piano, qu’elle ne maîtrisait pas aussi bien, du fait qu’elle avait commencé son apprentissage beaucoup plus tard. Cependant, elle jouait quand même très bien, bien qu’elle prétende tout le contraire. Surtout que c’était cet instrument qui lui avait permis de vraiment renouer avec la musique, et surtout le violon, après le décès de sa mère.

Cet événement avait à l’époque bouleversé sa vie. Elle qui était chérie par sa mère et toujours près d’elle dès que la classe finissait, s’était retrouvée seule du jour au lendemain, sans son repère fondamental. Elle a appris à évoluer seule, et à s’en servir comme une force, jour après jour. Mais parfois, le passé refait surface, ébranlant tout sur son passage. Un petit rien suffisait à la mettre totalement à terre, comme lorsque l’orage grondait le soir, et que personne n’était là pour la rassurer. Au décès de sa mère, un pan de sa vie était parti avec elle.

Des sons provenant d'un violon parvinrent à ses oreilles. Doux au début, le jeu devînt saccadé puis une fausse note raisonna dans le couloir, plus forte que toutes les autres. Edith n'en doutait pas, la personne maîtrisait cet instrument pourtant ingrat à apprendre. La jeune blonde s'était arrêtée devant la porte close, la main sur la poignée quand elle entendit quelque chose battre le sol avec force. Aucun mouvement  n'avait été amorcé, cette main aux doigts peints en rose pâle  en suspension au dessus du bouton de la porte. Elle restait immobile ainsi, se demandant si réellement il fallait qu'elle entre dans la pièce ou plutôt partir. Puis des cris poussés, dans cette langue quelle connaissait si bien, qu'elle avait tant et tant usée. Des cris de désespoir, emplis de sentiments entremêlés, qui firent trembler Edith. Jamais entendre un son de voix pareil ne pourrait la laisser impassible et lui faire tourner les talons.

Elle ouvrit doucement la porte, et se glissa dans l’entrebâillement. Ses yeux se levèrent pour rencontrer le visage de la personne, qui était inondé de larmes. Elle avisa l'archet, l'objet qu'elle avait entendu se fracasser contre le mur, encore intact malgré le choc et se baissa dans un geste pour le ramasser. Voir ces larmes sur ce doux visage lui serrèrent le cœur, ces yeux bleus embués. Elle posa l'archet sur l'étui du violon, non loin. Fouillant dans les poches de son manteau rouge, elle en extirpa un petit paquet de mouchoirs jetables, qu'elle tendit à la jeune fille face à elle.

" Excuse-moi de m'insinuer comme ça, mais est-ce que ça va ?" Souffla-t-elle en japonais.

Jamais elle n'avait vu quiconque dans cet état là, autre qu'elle. Si elle pouvait l'aider, elle serait ravie. Bien-sûr, jamais ses agissements n'avaient un quelconque avantage pour elle, seulement, laisser quelqu'un ainsi, dans cet état, serait aller contre sa morale. Seulement, la brune ne se confierait sûrement pas comme ça, ce qui était évident bien entendu, puisqu'elles étaient deux parfaites inconnues l'une pour l'autre.
Revenir en haut Aller en bas
http://keimoo.forumactif.com/t10954-edith-charlie-thompson-mei http://keimoo.forumactif.com/t10988-edith-c-thompson#233642 http://keimoo.forumactif.com/t10955-livret-scolaire-d-edith-c-thompson#233331
Amalia Williams
♣ Université - 1ère année
avatar

Genre : Féminin Scorpion Chat Age : 18
Adresse : Chambre 102.
Compteur 69

KMO
                                   :

MessageSujet: Re: Un violon, un cœur meurtrit. [PV Edith]   Mar 6 Fév 2018 - 11:22

Les mains et la lèvre tremblantes, la colère laissant doucement place à la tristesse. Pourquoi était-elle toujours incapable de finir ce morceau ? C'était le favori de sa mère et elle ne pouvait même pas.. La honte noua bientôt son estomac. Elle regrettait d'avoir jeté son archet sous le coup de la frustration. C'était son instrument, celui qui lui avait été offert par elle. Elle ne pouvait pas l'abîmer. Elle n'en avait pas le droit.

Et pourtant, Amalia ne bougea pas d'un iota pour le ramasser, restant cramponnée à son violon comme si sa vie en dépendait. Ce qui était bien le cas en un sens.
Elle resta ainsi quelques secondes, dans cette pièce d'un silence apaisant. En entendant la porte s'ouvrir, elle redressa vivement la tête, pour voir une jeune femme blonde au manteau rouge rentrer. Si elle eût été le genre expressif, son visage aurait sûrement pris une teinte rosée, en étant ainsi découverte dans un moment d'intense faiblesse. Paralysée par cette arrivée inattendue, elle fixa la jeune femme silencieusement. La voyant ramasser son archet, une colère froide la saisit soudainement.
"N'y touche pas, songeait intérieurement la jeune femme en se découvrant une possessivité pour son instrument."
Le coeur battant, fixant l'archet être reposé sur son étui, son expression, qu'elle s'évertuait à garder figée malgré les larmes inondant ses joues, menaçait de se briser à tout moment.

"Va-t-en. Arrête de me regarder."

Elle inspira fortement pour se calmer, hors de question d'avoir l'air plus pathétique devant une tierce personne. Amalia n'avait qu'une envie: sortir de cette salle. Qu'une autre personne la voit dans un tel état de faiblesse était insupportable à ses yeux. Mais elle n'arrivait pas à esquisser le moindre geste pour partir, se contentant de fixer la blonde sans ciller. Puis, cette dernière lui tendit un paquet de mouchoir en lui demandant si elle allait bien. Sa voix était douce et son regard inquiet.
"Je n'ai pas besoin de ta pitié, martelait-elle dans son esprit."
Elle détestait ça. Les regards emplis de compassion face à sa misérable existence qui la prenait de haut. Encore plus que les regards méprisants. Cette fille, elle ne l'avait jamais vu. Elles n'étaient que deux inconnues l'une pour l'autre.

"..Alors arrête de me regarder comme si tu partageais ma douleur."

Amalia entre-ouvrit les lèvres, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Dès lors qu'ils sortiraient, elle ne parviendrait pas à retenir ses sanglots, elle le sentait. La jeune femme déglutit, sentant ses yeux flancher un court instant, avant de concentrer toute son attention sur les paroles qu'elle prononça.
"..Bien sûr, ça en a tout l'air. Tu as d'autres questions aussi stupides ?"
Jetant un coup d'oeil dédaigneux au paquet de mouchoirs, elle détourna vivement les yeux.
"Je pensais que personne ne viendrait à cette heure-ci, souffla-t-elle d'agacement, plus pour elle que pour la lycéenne."
Revenir en haut Aller en bas
http://keimoo.forumactif.com/t11067-amalia-aka-nebuleuse-d-ira-v-2#234117 http://keimoo.forum-actif.net/t10530-chronologie-d-amalia-williams http://keimoo.forum-actif.net/t10458-livret-scolaire-d-amalia-williams
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Un violon, un cœur meurtrit. [PV Edith]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Un violon, un cœur meurtrit. [PV Edith]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Edith Piaf
» Tolkien: Inspiration à partir de sa vie
» La Musique de la Légion étrangère rend hommage à Edith Piaf
» « Ma muse est telle une drogue tel que le sang pourrait ainsi l’être. » [ Edith.C Thompson & Joshua Hong ] (Terminé)
» Andreï Constant Ievseï - “Chaque heure nous meurtrit ; la dernière nous tue.”

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
₪ Académie Keimoo ₪ :: ₪ L'académie Keimoo ₪ :: ► Campus :: Complexe Académique :: Le Bâtiment des Clubs :: Les clubs "Création" :: Club de Musique-
Sauter vers: