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 Photo compromettante [PV Misuzu]

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Hisaka Rika
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MessageSujet: Photo compromettante [PV Misuzu]   Sam 14 Oct 2017 - 11:13

Un mois s’est écoulé depuis le malheureux accident dans les centres commerciaux. Peu à peu, la vie reprend à Keimoo, la ville se reconstruit, les familles endeuillées également. On pourrait dire que j’ai eu de la chance pour une fois, ne pas me trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Pour une fois, le cours d’ingénierie logicielle m’avait en quelque sorte sauvé. Aucun de mes proches ne fut la victime de cet hélicoptère fou au final, quel soulagement, mais les minutes furent bien longues à supporter, dans l’amphithéâtre, dans l’attente de nouvelles de ceux qui étaient en ville. Naoko travaillait ce matin là. Jamais je ne me suis senti aussi reconnaissant qu’elle ait choisi un travail à Bougu, loin du centre-ville.

La vie sur le campus, elle, n’avait pas trop été chamboulée : les cours se sont succédés et malgré une rentrée mouvementée, la routine s’est lentement installée. Aujourd’hui ne fera pas exception, et à journée ordinaire, programme ordinaire. A l’annonce de la fin des cours, je laisse donc les autres étudiants partir devant moi, histoire d’apprécier le calme de la classe vide. Ce n’est que cinq bonnes minutes plus tard que je daigne à lever mon fessier de la chaise si confortable qui m’a soutenu toute la journée. Veste enfilée, sac passé par-dessus l’épaule, je suis fin prêt à partir. Direction le bâtiment des clubs pour faire un peu de cuisine.

(…)

Arrivé devant le local du club, je fais coulisser la porte et balaie la salle du regard. Un nuage de fumée s’échappe de l’espace clos, me faisant toussoter au passage. Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde en fin de semaine, on dirait presque qu’il n’y a plus de plan de travail disponible pour moi. Tant pis pour ma bonne volonté. Je finis par hausser les épaules pour moi-même, avant de tourner les talons. J’aurais pu rentrer chez moi si…

« Ah, Rika-san. »

…si on ne m’avait pas adressé la parole sans que je m’y attende. Je tressaute d’effroi, ai-je fait quelque chose de mal ? La mine crispée, je me retourne pour voir mon interlocuteur, un autre membre du club de cuisine – du moins, j’imagine que c’est le cas, sinon il ne porterait pas de tablier - que je...ne connais pas. Je plisse mes petits yeux noirs, tentant de faire émerger un quelconque souvenir à partir de son visage, mais rien n’y fait. Et pourtant, il connait mon nom. Je laisse alors échapper un petit « Hm ? » songeur pour lui signifier que je suis bien en train de l’écouter.  

« Vous êtes bien dans le club photographie ? »

Et il connait aussi les clubs dans lesquels je suis inscrit. Je hoche la tête en signe d’approbation, mais reste sur mes gardes. Le Hisaka Rika sauvage n’est pas un animal facile à apprivoiser, ne t’attends pas à ce que je ronronne parce que tu as un air pseudo-bienveillant.

« Vous tombez bien. On m’a fait savoir que le club de cérémonie du thé souhaitait faire quelques photos pour enrichir la galerie de leur site internet. Et comme il n’y a malheureusement plus de plan de travail disponible aujourd’hui, je me dis que vous pourriez leur rendre ce service. »

Alors déjà, laisse moi te dire Non, mais aussi mon excuse favorite Non, j’ai du travail à faire chez moi. D’autant plus que j’ai toujours détesté le club de cérémonie du thé durant toute l’année où l’on m’a obligé à m’inscrire dans un club traditionnel. Mais j’ai beau être capable de me rebeller dans mon imagination, aucun son concret ne franchit la barrière de mes lèvres, un peu comme si les mots restaient coincés au fond de ma gorge. Au final, c’est une version plus douce et acceptable socialement qui sera donnée.

« Cela aurait été avec plaisir, mais je n’ai pas mon appareil photo sur moi. »

Et voilà, emballé c’est pesé, vive l’hypocrisie appelée également politesse. Ce n’est même pas un mensonge en plus, étant donné que je ne comptais pas me rendre au club photo, j’ai évidemment laissé mon appareil dans ma chambre ce matin. Je peux partir maintenant ? Apparemment non.

« Ah ce n’est pas un problème, ils en ont déjà un à disposition. Du coup, je peux vous accompagner jusqu’à leur salle de club. Ils vont être tellement contents d’avoir quelqu’un qui maîtrise un minimum les techniques de la photo. »

Oh non.

(…)

Voilà comment je me suis fait avoir et que je me retrouve dans un coin du local du club de cérémonie du thé. Enfin, un job est un job. Avant d’arriver à destination, le mec – dont je ne connais toujours pas le nom – m’a fait savoir que cela sera pris en compte dans ma note du club photo, alors je fais ça avec un peu moins de mauvaise fois qu’on pourrait le penser. Mais tout de même, j’avais presque oublié à quel point l’ennui était palpable durant la cérémonie. Heureusement que moi, je suis autorisé à bâiller quand mon attention commence à décliner. Alors que le maître de cérémonie est occupé à préparer l’eau chaude, les étudiants – jouant le rôle des invités – restent immobiles. Je prends un rapide cliché d’ensemble, puis je regarde ma montre. Encore trente minutes : ça risque d’être plus long qu’il n’y paraît.

Pour ne vexer personne, je tente de prendre en photo tous les membres au moins une fois, en essayant de capter une scène intéressante. Tout se passe plutôt bien étant donné qu’il n’y a pas beaucoup de mouvements dans la cérémonie en elle-même, je n’ai donc pas besoin d’être très attentif.

J’en arrive assez vite au moment où tous les membres du club sont invités à boire – enfin – c’est le moment pour moi d’essayer de capter tout le monde en train de prendre le thé. Je connais assez bien le rite, il est donc plutôt facile pour moi de savoir quelle action est censée venir après une autre. Vers la fin de la rangée, je repère une jeune femme qui semble un peu en avance sur les autres. Je me décale rapidement en sa direction pour pouvoir la prendre de face. Son expression change alors que je me trouve à quelques décimètres du but, est-elle timide ? Ne veut-elle pas apparaître sur la photo ? C’est trop tard, je sens mon index effectuer une petite pression sur le bouton de capture. Au même moment, elle éternue, thé chaud encore en bouche, accaparant l’attention de toute la salle en une fraction de seconde. Et le cliché est enregistré.

(…)

La fin du créneau arrive enfin. Je me hâte de rejoindre le responsable du club pour lui rendre l’appareil photo et partir, loin de préférence. Mais le karma semble ne pas en avoir terminé avec moi. Arrivé à la sortie du bâtiment, je me rends compte que j’ai oublié ma veste et mon sac au club de cérémonie du thé. Quel jour sommes-nous déjà ? Ma montre indique vendredi 13.

C’est donc à contre-courant du groupe d’élève sortant que je retourne au local désormais vide…ou presque. Mes iris noirs balaient la salle et finissent par se poser sur mon tas d’affaire. Je les attrape et tente de repartir aussitôt, mais…





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Misuzu Watanabe
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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Dim 22 Oct 2017 - 19:46

Ce jour là était somme toute normal. J’avais passé la journée au travail, puisque je n’avais pas cours, et ça serait de l’argent de poche bienvenu. Mes parents m’aident, certes, mais si je veux retourner en Europe visiter à nouveau quelques musées pendant les vacances. Et peut être même retourner en Italie et en France. En tout cas, je reste occupée ces temps-ci, entre les études, les révisions, le travail et les clubs. En parlant de club, je m’étais dépêchée à la sortie du travail pour me changer et passer une tenue plus seyante pour me rendre au club de cérémonie du thé.

J’avais pris une douche rapide, séché et brossé mes cheveux, et enfilé un legging noir, avec par dessus un long pull à capuche à manches trois quart gris foncé qui m’arrivait presque aux genoux. Une casquette des Saitama Seibu Lions (ma préférée, toute simple, noire avec un L blanc en police gothique) jetée sur ma tête et j’étais partie, baskets aux pieds, emportant ma batte, balle et mon gant de baseball dans ma sacoche, dans l’optique d’aller m’entraîner toute seule plus tard au stade. Il faisait plutôt beau et assez doux et le campus bourdonnait d’activité. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu autant d’étudiant et de lycéens occupés à vagabonder ou à exercer différentes activités. Les petits groupes en pleine discussion étaient nombreux et je croisais même quelques joggeurs. Malgré la fatigue d’une longue journée à tenir la caisse, à remplir les rayons et à chauffer les corn-dogs, j’étais plutôt de bonne humeur. J’avais le ventre plein et une bouteille de calpis dans mon sac, qui serait parfaite pour me désaltérer durant mon entraînement solo.

Le capitaine de l’équipe me l’a bien dit. J’ai un bon niveau, mais étant une fille je dois travailler deux fois plus dur que n’importe qui pour rentrer dans l’équipe et donc m’entraîner encore beaucoup est plus que nécessaire. Surtout que mon lancer laisse encore à désirer en terme de précision pour ce qui est de la direction.

Enfin. Pour l’heure, je dois me concentrer sur la tâche la plus proche dans le temps. Et il s’agit du club de cérémonie du thé. Il faut se détendre, se calmer et peut être que cette fois je ne ferai pas n’importe quoi. Je me suis améliorée pendant les dernières semaines, et peu d’incidents aussi graves que celui du premier cours ont eu lieu. La sérénité est donc au rendez vous alors que je me dirige vers le dōjō, slalomant entre les bosquets d’arbres et savourant le temps encore chaud de ce début d’automne. J’arrive à l’heure et nous commençons tous à nous installer tranquillement, à faire chauffer l’eau, etc. C’est alors que je récupère ma théière que je remarque un visage non-familier dans un coin de la salle. Je l’ai déjà croisé mais rarement. Je me demande bien pourquoi il est là, mais il n’a pas l’air ravi. C’est alors que je l’observe de haut en bas que je réalise qu’il tient entre ses mains un appareil photo. Immédiatement, mon humeur tourne au vinaigre. J’avais oublié que le responsable du club voulait de nouvelles photographies pour le site. Si j’avais sû, j’aurai au moins fait un effort pour me maquiller et avoir un peu moins une tête de mochi. Je m’installe le plus loin possible de lui, au bout de la rangée, et machinalement je fais tout légèrement plus vite que je ne devrais normalement le faire, dans l’espoir d’avoir fini rapidement et de pouvoir m’en aller avant qu’on ait pris une photo de moi.

Dans l’ensemble, j’arrive assez bien à esquiver les clichés en tournant ou baissant la tête à chaque fois que le jeune homme aux cheveux ébouriffés lève son appareil, et la séance continue sans qu’il se passe quoi que ce soit de spécial. Vient le moment de boire. Je lève ma tasse en la tenant bien avec mes deux mains, l’une autour et l’autre en dessous. Elle n’est pas très chaude et donc je n’ai que peu de chance de me brûler et de la faire tomber. Je la porte à mes lèvres, un peu avant mes camarades, et c’est alors que je remarque du coin de l’œil le photographe qui s’avance vers moi. Je fais mine de l’ignorer et je bois, gorgée par gorgée, l’air de rien. Il s’approche et braque son objectif sur moi. C’est alors que mon corps choisit de m’envoyer, sans prévenir, un gigantesque éternuement. Alors que j’ai encore le thé dans la bouche. Evidemment, le liquide vert jade gicle de partout, tous mes camarades se tournent vers moi, et quant à moi, j’ai le visage dégoulinant de thé, la frange trempée et surtout je suis rouge tomate. Le maître du thé me dévisage, un sourcil levé. Je marmonne des excuses et, honteuse, je cherche des mouchoirs dans mon sac. Je n’en trouve pas et c’est finalement ma voisine qui me dépanne avec un petit sourire désolé. Ughhhh… Pourquoi ce genre de choses n’arrive toujours qu’à moi ? J’aimerais vraiment le savoir.

La séance se finit sans plus de trouble et tout le monde s’en va rapidement. Le photographe le premier, et c’est seulement alors que je réalise qu’il a peut être pris une photo de ce qui s’est passé. Si c’est le cas, il doit la détruire absolument au risque que je sois la risée de tout le campus. Je me lève d’un coup et rassemble rapidement mes affaires pendant que la salle se vide. Je m’apprête à lui courir après quand le maître du thé me fait signe de le rejoindre. Je sens déjà mes oreilles chauffer et mon visage s’empourprer alors qu’il s’adresse à moi d’une voix douce.

« Watanabe-san, je voulais simplement vous dire de ne pas vous en faire pour ce petit incident. Vous vous êtes grandement améliorée ces derniers temps, et je suis certain que cela va continuer. »

Encore une fois, je le remercie en balbutiant, le nez pointant vers le sol. Alors que je me retourne pour partir à la poursuite du photographe, je le vois en train de ramasser un sac et une veste. Peut être que la chance me sourit enfin. Je me dirige vers lui à grands pas, les sourcils froncés.

« Hey ! Toi ! Tu as pris des photos pendant la séance ! Montre les moi j’ai quelque chose à vérifier ! Tu m’as pris en photo dans une situation embarassante, non ? J’espère que tu as pensé à l’effacer juste après ! »

Il me regarde et je comprends qu’il n’a plus l’appareil photo. Je réalise que le responsable a dû l’embarquer pour tout mettre sur le site. Et connaissant son humour, je réalise que mon éternuement au matcha risque d’y passer aussi. Malheureusement, je n’ai pas le numéro de portable du responsable du club. La panique commence à monter.

« Il me faut les coordonnées du responsable !! Tu les as j’espère ? »

J’attrape mon portable, l’ouvre, et réalise que je n’ai plus de batterie. Comment est-ce que j’ai pu être aussi sotte ? Je me rapproche de lui, l’air aussi menaçant que je suis capable de le faire.

« Il faut trouver ce numéro. Et tu vas aussi me prêter ton portable, le mien est mort. Tu as pris une photo quand j’éternuais, non ? C’est de ta faute si je me couvre de ridicule, alors il va falloir que tu m’aides à réparer ce que tu as fait ! »

Je suis rouge, mais d’énervement cette fois. Je tape du pied et cela fait un bruit mou sur le sol couvert de tatamis. Je tends ma main vers lui, impatiente, en réfléchissant déjà à une solution pour trouver ce numéro s’il ne l’a pas. Sûrement figure-t-il dans le dossier du club ? Mais où se trouve-t-il ? Comment y avoir accès sans l’autorisation du responsable, justement ? Il faut absolument effacer cette photo ridicule.
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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Lun 6 Nov 2017 - 23:08

Vendredi 13 Octobre 2017, ou comment Hisaka Rika est devenu superstitieux.

« Hey ! Toi ! »

Je n’ai pas besoin d’en entendre plus pour savoir que l’on s’adresse à moi, de manière peu élégante, presque agressive. Je fais cependant mine de ne rien entendre, peut-être que ça peut passer sur un malentendu. Les yeux baissés, faussement focalisés sur un point fixe, je me hâte de ramasser mes affaires traînant dans le coin de la pièce. Jouant le tout pour le tout, je fais volte-face, cherchant une issue du regard, mais à la place…je me retrouve face à un mur.

La sueur se met à couler sur mon front, je comprends immédiatement qu’elle me bloque le passage et qu’elle sera plus difficile à bouger qu’un Ronflex sans la pokéflûte. Tous mes espoirs s’effondrent : la fuite n’est plus possible. J’adresse un regard désemparé à la fille que je reconnais immédiatement. C’est celle que j’ai pris en photo en train d’éternuer quand elle buvait son thé. J’aurais dû me douter qu’elle voudrait me voir après ce qu’il s’est passé. La jeune femme semble très remontée contre moi pour cette simple photo. D’ailleurs…Pourquoi n’ai-je pas pensé à effacer ce cliché de l’appareil ? Je me sens stupide tout à coup, d’avoir tant voulu passer à autre chose que je n’ai pas pensé à supprimer la photographie. Elle se montre insistante, je commence à marmonner des excuses dans ma barbe inexistante, la tête toujours face au tatami.

Elle comprend rapidement que je ne suis plus en possession de l’appareil et change aussitôt de stratégie, me demandant les coordonnées du responsable. Sans me laisser le temps de répondre, elle attrape son téléphone avant de le refermer brutalement, le regard assombri. Je réalise alors que ses joues sont roses, sans que je sache exactement s’il s’agit d’une marque d’embarras ou de colère. Elle a beau être plus petite que moi, ma mère m’a toujours appris à me méfier des femmes enragées.

« N-non je n’ai pas les coord-… »

J’ai à peine pris la parole qu’elle me recoupe dans mon élan, me demandant - ou plutôt m'ordonnant de lui prêter - mon téléphone et mon aide pour trouver le numéro de téléphone du responsable. Son visage rougit de plus belle, je déglutis difficilement. Elle est vraiment aussi fâchée que ça ? Mais le pire dans l’histoire, c’est que je ne sais absolument pas comment nous sortir de cette situation étant donné que je ne connais même pas le nom du manager/président/chef du club de cérémonie du thé. Il n’y a plus qu’à lui faire confiance, après tout…

« Je-euh..C’est pour un site internet non ? Je ne pense pas qu’ils utiliseront une photo comme ça pour leur galerie alors je pense que c’est euh…ok non ? »

D’un rapide coup d’œil, je tente de voir si mes mots ont su apaiser la jeune femme, mais son expression ne laisse paraître aucune sérénité. Dans quelle galère est-ce que je me suis encore embarqué ? Cherchant à mettre au plus vite un terme à cet échange désagréable, je décide de faire le tapis. Les gens aiment bien que l’on s’excuse et que l’on prenne toutes les responsabilités sur soi. Cela ne me dérange pas, si ça peut me permettre de m’enfuir le plus loin possible de cette salle de club maudite. Dire que je la détestais déjà quand j’en étais membre.

« D-désolé pour ça, c’est de ma faute. Et je ne connais même pas le nom du responsable, on m’a juste demandé de faire les photos. »

I had one job and I did it. Le reste n’est plus de mon ressort, on ne devrait pas me tenir responsable de la situation. Je pousse un long soupir, agrippant ma main gauche sur la lanière de mon sac, m’apprêtant à quitter les lieux d’une manière ou d’une autre. Essayons d’abord de la distraire, la pousser à canaliser sa rage sur une autre personne que moi.

« Si tu te dépêches, tu peux peut-être encore le rattraper… »

Après tout, il n’est pas parti depuis si longtemps. Peut-être cinq ou dix minutes, il devrait donc encore être sur le campus. Dans l’espoir d’avoir réglé mes définitivement mes comptes avec mon interlocutrice, je l’invite à se décaler pour me permettre de sortir. Culoté ? Certainement. Mais je ne vois rien de moins risqué dans l’immédiat.

« Enfin bon, moi je ne peux plus f-faire grand-chose pour toi alors euh…tu pourrais me laisser passer ? Si tu veux, je peux euh…te rendre un autre service ? »

Quelque chose me dit que je vais vite regretter d’avoir prononcé les derniers mots sortis de ma bouche. Mais ils étaient si naturels pour le japonais formaté et poli que je suis. Malheureusement, le mal était déjà fait. Je me gratte nerveusement la tête, espérant qu’elle ne me demande pas de réaliser des tâches trop ingrates pour une photo qui ne sera a priori jamais utilisée.

HRPG : Je ne fais pas trop avancer l'histoire pour ne pas empiéter sur les réactions de ton perso.

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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Ven 24 Nov 2017 - 21:27

Manifestement, le jeune homme aux cheveux en pagaille ne va pas m’être d’une très grande aide. Il bafouille, et il a l’air assez effrayé. C’est moi qui lui fait peur ? Si c’est le cas, tant mieux, j’ai vraiment besoin de son aide pour effacer le cliché. Je réfléchis le plus vite possible. Il m’indique qu’il n’a pas les coordonnées qui me sont nécessaires et je fronce les sourcils encore plus à son adresse. Il tente de m’amadouer en prétendant que la photo ne sera probablement pas utilisée sur le site. Je ne mange pas de ce pain là !

« non, non, il ne faut pas qu’il la voit du tout, il faut que personne ne la voie ! »

Ce n’est pas en balbutiant des excuses qu’il va m’aider à me calmer. Il admet néanmoins que c’est de ma faute, et je laisse passer un petit grognement d’approbation. Je serre ma main gauche sur le manche de ma batte. En revanche, ce qu’il dit juste après me fait dresser l’oreille. En effet, il n’est pas impossible que le responsable soit encore à portée. Je tente de réfléchir au chemin qu’il aurait pû emprunter mais j’avoue avoir du mal à visualiser, et encore plus à m’imaginer lui arracher l’appareil des mains pour effacer le cliché. La deuxième option serait de trouver une excuse, mais ça me paraîtrait… Compliqué. Toujours en bafouillant, le photographe me demande de le laisser passer. Je hausse un sourcil, et il ne réalise probablement pas qu’il vient de me donner une idée. Je pointe ma batte de baseball vers lui, et déclare d’une voix autoritaire qui ne laisse pas place à une quelconque contestation :

« Toi. Tu vas venir avec moi trouver le responsable. Et réparer ce que tu as fait. »

Je vérifie que mon sac est en bandoulière, ma casquette vissée sur ma tête et, de ma main libre, j’attrape celle du jeune homme qui m’est inconnu. Et voilà que je l’entraîne à ma suite dans une course endiablée pour sortir du dojo. Une fois à l’extérieur, je scrute les alentours, dans l’espoir d’apercevoir la silhouette du responsable du club. Malheureusement, rien ni personne en vue. Je tape du pied, exaspérée, et me tourne vers le jeune homme.

« Où est-ce qu’il a bien pu aller ? Je ne peux vraiment pas le laisser voir cette photo… »

Je fronce les sourcils et mon visage se colore de nouveau, dans un mélange d’exaspération, de panique et de colère. Il faut vraiment trouver une solution. J’aperçois les petits groupes d’étudiants au loin, dispersés un peu partout sur le campus. Et dire que je m’étais promis d’aller m’entraîner après ce cours. C’est pas comme ça que je vais pouvoir entrer au club de base-ball. Je me pince l’arête du nez en tentant de réfléchir à une solution. Malheureusement, j’ai bien peur qu’il n’y’ait plus rien à faire. Je pourrais fouiller dans les dossiers et trouver ses coordonnées, mais ça me paraît compliqué à expliquer ensuite, ou bien je pourrais demander le numéro à l’un des élèves plus proche de lui. Ou alors, et c’est la solution qui me semble la plus réaliste, prier et attendre la semaine prochaine pour lui en parler. Je pousse un long soupir désespéré.

« Oh, il n’y a rien à faire… C’est foutu… J’ai plus qu’à attendre et croiser les doigts… »

J’essaie de prendre de la distance. De toute façon, ça n’intéressera personne. Personne ne va sur le site du club de cérémonie du thé, n’est ce pas ? Et puis les membres présents savent déjà ce qui s’est passé. Alors bon. Hein. C’est pas si grave. Hein ? Mais il n’empêche que je suis toujours remontée contre le jeune homme donc ma main serre toujours la sienne. Je réalise ça et lâche immédiatemment ses doigts.

« Tout ça, c’est de ta faute. »

J’assène mon accusation en plantant le bout de mon index dans son torse sur chacun des trois derniers mots. Je sais qu’il n’a fait que prendre des photos et ne pouvait pas s’attendre à ce qui est arrivé, mais il aurait pu effacer cette maudite image avant de rendre l’appareil… Soudain me vient une idée qui va me permettre de me défouler tout en étant productive. Je fourrage dans mon sac, et en sors le gant de baseball que je lui lance.

« Attrape ça. T’as dit que tu voulais me rendre service, alors tu vas m’aider avec ça. »

Je lui balance la balle également, avant de poser ma batte sur mon épaule.

« Tu vas m’accompagner au terrain de baseball et on va se lancer la balle et tout ça. »

Sans lui laisser le choix, je le pousse doucement du coude avant de me mettre en marche vers le terrain d’un pas martial et dynamique. De toute façon, il n’y a plus rien à faire pour cette histoire de photo maintenant, alors autant prendre de la distance et faire quelque chose pour me changer les idées.


HRP: désolée pour ce retard de malade... Si y'a besoin de changer quoi que ce soit hésite pas à me le signaler!
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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Sam 6 Jan 2018 - 21:15

« Il faut que personne ne la voie ! » s’exclame la jeune femme, visiblement furax suite à ma déclaration, pas assez rassurante pour elle. Je ne comprends pas vraiment sa réaction. Enfin je veux dire, c’est sûr que ce n’est une photo très glorieuse, mais il n’y aura qu’une seule personne qui la verra, une personne qui était déjà là au moment des faits a priori. Quel est donc le problème ? Je comprends toutefois qu’elle ne se laissera pas amadouer avec des excuses et décide alors de changer de stratégie. Si je ne peux pas la convaincre d’abandonner complètement ce cliché à son sort, alors je devrais simplement l’éloigner de moi et fuir comme je l’ai toujours fait. Je reprends mon courage à deux mains et rouvre la bouche, pour lui dire qu’elle peut encore rattraper le responsable (même si j’en sais fichtrement rien en réalité) puis pour lui demander de me céder le passage. Elle hausse un sourcil. Merde, sa tension est-elle toujours au taquet ?

Woosh.

Par réflexe, je fais un pas en arrière quand je vois sa batte de baseball se redresser. Je déglutis difficilement. Elle est malade ?! Même si elle ne m’a pas touché, elle aurait très bien pu me blesser. Tout ça pour une stupide photo. Sa voix s’élève une fois de plus, mais le ton change. Elle n’est pas plus douce, au contraire, elle semble être passée de la colère et l’instabilité à l’autorité. Je n’aime pas ça.

Elle veut que je l’aide à trouver le responsable pour réparer mes erreurs. Je grimace. Ce n’est pas comme si j’avais la moindre idée de l’endroit où il se trouve. Mais elle ne me laisse pas le temps de répondre ou contester, sa main attrape la mienne et je me retrouve embarqué dans sa course. Je tente plusieurs fois de glisser mes doigts hors de sa main, mais elle me tient trop fermement pour me laisser partir. Nous finissons par sortir du dojo, mais aucune trace du responsable en vue. Voilà, c’est fini…mais je n’ose pas le lui dire, de peur qu’elle commence à me hurler dessus. Elle aura beau me demander où est-ce qu’il a bien pu aller, je n’en saurai toujours pas plus qu’elle.

Je profite du fait qu’elle soit distraite un instant pour soupirer discrètement en regardant nos mains, toujours liées. Mes joues rosissent légèrement, mais je me ressaisis rapidement. C’est triste, mais je crois bien que c’est la seule fille à qui j’ai tenu la main depuis la maternelle…et c’était ma sœur.

« C’est foutu… »

Content de te l’entendre dire. Il faut bien se résigner parfois dans la vie. Est-ce qu’on pourrait juste se dire au revoir, partir chacun dans notre direction et faire comme si on ne s’était jamais parlé maintenant ? Mais au lieu de lui dire le fond de ma pensée, je me contente de lui adresser un faible sourire compatissant…qui ne semble pas prendre effet sur elle. Sa main lâche alors la mienne, me libérant de son emprise. C’est de ma faute, me dit-elle en plantant son index sur mon torse à répétition, même si ça doit lui faire plus de mal à elle qu’à moi, qui n’ait que la peau sur les os. Elle s’arrête soudainement, prenant du cul et fouillant dans son sac pour en sortir…un gant de baseball qu’elle me lance, un gant de baseball qui m’échappe presque des mains.

« Attrape ça… »

Je relève la tête et constate qu’elle m’envoie encore une balle. Quel est le sens de toute cette histoire ? Je cligne plusieurs fois des yeux, l’air hébété.

« Tu vas m’accompagner au terrain de baseball… »

Quoi ? Mais…non ! Je ne veux pas lui lancer de balles. Je ne sais même pas lancer de balles. Et je m’étais juré que le club de basket serait le dernier truc sportif que je ferai de ma vie. Mais une fois de plus, pas le temps de broncher avec elle, puisqu’elle me donne déjà un coup de coude. Ayant toujours ses affaires sur les bras, je ne peux pas simplement m’en aller sans que cela ait des conséquences. Alors, malgré moi, je me surprends à la suivre.

« Euh…Mais je ne joue pas au baseball. »

Sérieusement, je crois que je ne connais même pas les règles. Combien est-ce qu’ils sont sur un terrain déjà ? Une douzaine peut-être ? Argh, je n’ai plus pratiqué ce sport depuis le lycée. Et encore, c’était quand je ne séchais pas pour une raison ou une autre. Mais qu’est-ce qui m’a pris de lui proposer mon aide tout à l’heure, est-ce que je suis vraiment aussi stupide ?

« Et je sais bien que j-je t’avais dit que je te rendrai un service en échange, mais je ne suis …terriblement pas sportif alors euh, ça risque d’être plus handicapant qu’autre chose. »

Je dis presque ça pour son bien. En dehors du fait que je n’ai jamais été particulièrement apprécié par mes camarades de classe à travers ma scolarité, il y a une raison pour laquelle je n’étais jamais choisi dans les équipes pendant les cours de sports. Il y a une raison pour laquelle je finissais soit sur le banc de touche. Au meilleur des cas, c’est moi que l’on envoyait ramasser les balles quand elles sortaient du terrain.

Mes protestations n’ont toutefois pas l’air de la convaincre, elle ne se doute sans doute pas à quel point je manque de talent et surtout de motivations. J’arrive presque à bout de souffle au terrain, peinant déjà à suivre son pas dynamique. Un vent frais souffle à l’extérieur, mais cela ne semble pas gêner la jeune femme…donc je ne connais même pas encore le nom.

« Il fait…peut-être un peu froid, non ? »

Dis-je, l’air hésitant, cherchant à la faire reculer une dernière fois avant qu’elle ne m’envoie sur le monticule de terre.
HRPG : En retard aussi...mais au moins c'est là ! N'hésite pas à me dire si j'ai trop anticipé sur la fin.

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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Jeu 1 Fév 2018 - 15:44

Malgré une résistance molle de la part du photographe, il se laisse entraîner à ma suite alors que je dévale la pente douce qui part du dojo. Lorsque je me résigne finalement et lui intime l’ordre de m’accompagner pour m’entraîner, il semble totalement perdu. Si je n’étais pas énervée, j’aurais presque envie de rire. Il attrape de justesse le gant et la balle qu’il manque de faire tomber. Je ne peux retenir un sourire qui paraît sûrement moqueur, même si c’est loin d’être mon intention. En tout cas, étant donnée son expression faciale, il semble qu’il ne soit pas un sportif de haut niveau. Pas grave. Pâle comme il est, ça lui fera sûrement du bien d’être un peu dehors à s’exercer.

Lorsque je me dirige vers le terrain, il m’emprunte le pas et après tout, c’est déjà une preuve de bonne volonté, mine de rien. Il aurait pu laisser tomber mon gant et ma balle, et s’enfuir à toutes jambes le plus loin possible. Je sais que l’envie de me laisser porter par mes instincts de survie se fait parfois fort chez moi aussi. Il commence néanmoins à se chercher des excuses. Il ne joue pas au baseball. Allons, allons. Ce n’est même pas une bonne excuse.

« Tu es Japonais n’est-ce pas ? Alors même sans avoir joué tu as sûrement des rudiments ! Et puis, on va juste se faire des passes. »

Je me tourne un peu vers lui tout en continuant à me diriger vers le terrain, la pente de l’allée se faisant de plus en plus dénivelée, et lui souris. Il explique ne pas être sportif, et tente de se débiner. Non, je ne vais pas laisser ça arriver. Je prends un air le plus innocent possible, comme si je n’avais pas entendu ce qu’il avait dit.

« Are? On va juste se faire des passes. Pas besoin d’être sportif. »

Je jette un œil à sa silhouette, hésitant à la qualifier de svelte ou de maigrichonne, et lui donne une tape sur l’épaule, accompagnée d’une plaisanterie pour le taquiner.

« Et puis toi, ça te fera pas de mal d’être un peu dehors. »

D’une certaine manière, il a déjà ma sympathie. Quand on n’y est pas habitué, je suppose que faire du sport ne peut qu’être une corvée. Mais je ne lui demande rien de difficile. Bientôt, nous voilà en vue du terrain que l’allée surplombe. Je descends la pente d’un pas dynamique, tout en me retournant de temps à autre pour vérifier s’il est toujours là. Il semble déjà avoir du mal à gérer. Je hausse les épaules, plus pour moi même que pour qui que ce soit, et continue ma marche jusqu’à pouvoir pousser le portail du grillage qui entoure le terrain. Une légère brise, chargée de feuilles de toutes les couleurs, balaie le campus.

Je ne peux que m’arrêter un instant pour savourer ce qui est très clairement la meilleure saison de l’année. C’est comme si je pouvais sentir les feuilles mortes, comme si elles avaient une odeur sucrée et légèrement aigre. Les couleurs dansent partout autour de moi et j’embrasse du regard le paysage qui s’offre à moi. Batte de baseball toujours sur l’épaule, j’avance de quelques pas au milieu des tâches rouges, jaunes et orangées. Les érables, les kakis et les cerisiers balancent leurs branches garnies de quelques feuilles restantes en rythme, comme si une musique inaudible par des oreilles humaines leur faisait battre la mesure. J’ai envie d’une patate douce grillée.

Une voix plaintive vient interrompre mon moment de grâce. C’est sûr qu’une sorte de fraîcheur est tombée, et qu’il fait beaucoup moins bon que plus tôt, mais il est certainement habillé en conséquence, tout comme moi. Une fois de plus, je lui mets un gentil coup de poing dans le bras, en essayant de mesurer ma force. On m’a déjà dit que je pouvais faire mal, en faisant ça.

« Ara ara… Allez ! Ne sois pas mauvaise tête ! On aura qu’à acheter des Yakiimo après, ça nous réchauffera ! »

Je le pousse légèrement du bout des doigts et lui indique où se placer. Puis, à la moitié du chemin environ, je réalise que je n’ai aucune idée du nom de ce jeune homme. Je me retourne et m’écrie, la main libre autour de la bouche comme un genre de mégaphone au rabais (voire plus qu’au rabais) :

« Oh, désolée, je ne me suis pas présentée ! Watanabe Misuzu desu ! Kimi no na wa ? »

Je tends l’oreille puis file rejoindre ma position. Rien de tel qu’un peu d’exercice pour s’ouvrir l’appétit. J’étire mes bras, mes jambes, mon dos qui craque légèrement, puis me mets en place. De toute façon il s’agit juste de se faire des passes, rien d’extraordinaire. Je hoche la tête, satisfaite, alors qu’il s’éloigne, et décide quand même de lui donner quelques indications au cas où. Après tout, il m’a bien dit qu’il ne savait pas jouer. Je mets de nouveau ma main en coupe autour de ma bouche pour que ma voix porte plus.

« Mets bien le gant sinon la balle va te faire mal quand tu voudras la rattraper ! Lance un peu vers le haut mais pas trop ! Et vers moi, bien sûr ! Lance le plus fort que tu peux et ne t’en fais pas pour moi, d’accord ? »

Sur ce, je balance ma batte de mon épaule et tapote le sol avec, avant de la placer derrière ma tête, mes deux bras pliés, prête à taper de toutes mes forces dans la balle.

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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Ven 9 Mar 2018 - 0:18

Une fois à l’extérieur du bâtiment, je comprends qu’il sera bien difficile de m’enfuir désormais. Je tente quelques excuses, des mots en l’air qui convainquent personne, mais elle ne semble pas y réagir. J’ai beau lui assurer que je suis une plaie en sport, rien n’y fait. Apparemment, le fait que je sois japonais est suffisant pour que je connaisse les rudiments. Je lève les yeux au ciel et repense à la dernière fois que j’ai joué au baseball, en dehors des cours où je finissais toujours sur le banc. Un sourire en demi-teinte éclaire mon visage. Je me revois, à sept ou huit ans, devant la maison familiale, un casque trop grand pour ma tête et un gant trop large pour ma main, forcé par ma sœur à lancer des balles pour qu’elle s’entraîne à son examen de sport. De ma fratrie, ça a toujours été elle qui commandait après tout.

Pas besoin d’être sportif pour faire des passes, me dit la jeune femme en me donnant une petite tape sur l’épaule. Par réflexe, je fais un pas en arrière…pour éviter qu’elle ne me retouche je suppose ? Le souvenir de ma main dans la sienne refait alors surface et je me surprends à rougir et étouffer alors même que les températures ne s’y prêtent pas. Ca ne me fera pas de mal d’être dehors, ajoute l’inconnue avant de commencer à marcher vers les grilles du terrain. Dans un ultime effort, je la suis et tente de la dissuader une dernière fois de jour en me plaignant de la température. Je me disais, qu’avec un peu de chance, ça finirait par l’agacer.

« On aura qu’à acheter des Yakiimo après, ça nous réchauffera ! »

Je reste silencieux durant les secondes qui suivent sa déclaration. Non seulement elle n’est pas énervée, mais elle me propose de manger quelque chose avec elle après ? J’ouvre la bouche, mais aucun son ne sort et je finis par baisser les yeux, culpabilisant légèrement de mes actions. Honteux, je recule, encore alors que ses doigts poussent mon dos avec allégresse, mais suffisamment de fermeté pour diriger mon mouvement. Mes jambes amorcent un mouvement mécanique et me guident lourdement vers le monticule de terre à quelques mètres de l’entrée du terrain. Je suis toujours de dos lorsque sa voir résonne une nouvelle fois, pour me dévoiler son nom et me demander le mien. Un bref laps de temps s’écoule avant que je décide de tourner la tête vers la jeune femme, un brin taquin.

« Je te le dirai si tu arrives à faire un home run avec mes balles pourries. »

Rien de sérieux là-dedans bien sûr. Quoi que…si je ne lui décline pas mon identité, elle ne pourra pas continuer à me solliciter pour faire du sport. Et je pourrai enfin retourner à ma vie d’homme solitaire au club de cuisine. De toute façon, ce n’est pas comme si j’allais réussir à lancer droit. Je ne me connais que trop bien.

Quand j’arrive sur le monticule, Watanabe-san est déjà en position, prête à recevoir mes balles. De mon côté, il me faut un peu de temps pour prendre mes marques et enfiler le gant en suivant ses ordres. Il y a longtemps que je n’avais plus ressenti cette texture si spéciale sur le bout de mes doigts. Je relève la tête en direction de la japonaise qui porte déjà la batte à l’arrière de sa nuque. Mes phalanges se replient sur la petite balle blanche alors que je prends une grande inspiration. C’est bizarre : même si je ne suis pas du tout motivé pour jouer au baseball, je ne peux pas juste me contenter de lancer mollement comme si ce n’était pas mon affaire. Ce ne serait pourtant pas la première fois que j’agirais lâchement pour fuir rapidement, mais c’est probablement la première fois qu’on me traite avec autant de sympathie en sport. De brefs souvenirs du club de basket me reviennent à l’esprit, mais ce n’est pas vraiment le moment pour penser à ça. Je secoue la tête, comme si cela allait m’aider à chasser mes songes.

« J-j’y vais. »

Ai-je crié juste avant de concentrer mon énergie dans mon bras, effectuer un léger mouvement de recul en soulevant ma jambe gauche. Une fraction de seconde plus tard, la balle est lancée, suivant un mouvement qui est tout sauf rectiligne et uniforme. Merde, me dis-je en voyant la sphère blanche foncer nettement trop à gauche. J’ai tout donné sur la puissance – même si le résultat n’est pas exceptionnel – sans penser à l’orientation de mon bras. Sans surprise, la balle finit par rebondir sur la grille. Aussitôt, je m’incline pour m’excuser auprès de Watanabe-san. Ce n’est pas faute de l’avoir prévenu de mes compétences.

« Dés-désolé. J’avais…l’esprit ailleurs. »

Mais ai-je un jour eu les pieds sur terre ?


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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Mer 14 Mar 2018 - 13:35

Pour toute réponse à ma question sur son nom, il me dit qu’il me le dévoilera seulement si je fais un home run. Avec ses balles pourries. J’ai un petit rire derrière ma main avant d’aller me mettre en place. Il est assez loin, et je dois donc lui répondre presque en criant.

« Ara ara… Je vais faire de mon mieux alors, Stranger-kun ! »

Je le taquine en lui donnant un surnom en anglais, un peu ridicule avec mon accent sûrement, comme sorti d’un drama. À vrai dire, j’aime bien regarder des dramas, ça peut être drôle parfois. Je me demande si ça serait mieux si les choses se passaient comme ça dans la vraie vie, mais probablement pas, parce que je serais sûrement la bonne copine de l’héroïne, celle qui est toujours en arrière plan, jamais le sujet de la focale. Je resserre mes mains sur le manche de ma batte, la friction de ma peau avec le cuir du manche provoquant un léger chuintement, et j’écarte un peu plus mes jambes pour avoir plus d’appui. En tout cas, à le voir, on ne dirait pas qu’il met autant de mauvaise volonté qu’on pouvait s’y attendre. Il lance la balle qui commence par venir vers moi. Je me prépare, fléchissant les genoux, avant qu’elle n’effectue une courbe vers la gauche, qui me prend par surprise. Je m’élance pour la rattraper, mais trop tard, et la sphère heurte la grille avec pas mal de violence, pour enfin rebondir et venir rouler jusqu’à mes pieds. Je me penche et la ramasse. Effectivement, il n’a pas menti, ça va être compliqué de faire un home run. Mais je ne baisse pas les bras. Au moins, ça me fait courir. J’ajuste une mèche qui s’est échappée de sous ma casquette avant de reprendre ma place alors qu’il s’excuse.

« Daijoobu ! T’as pas mal de force, c’est la trajectoire le problème ! »

Je laisse tomber ma batte sur le sol et lui renvoie la balle, avec une trajectoire presque parfaitement droite vers lui.

« Si tu veux, tu peux tendre ton bras opposé devant toi pour marquer l’endroit où tu veux atteindre ! Ça te donnera un repère et ça peut être plus facile, du coup ! »

J’attends l’espace d’un instant avant de replacer ma batte vers ma nuque, me plaçant de nouveau en position.

« On dirait pas comme ça, mais t’as pas mal de force ! Si tu règle le problème de trajectoire, tu pourrais faire quelque chose de correct ! »

Je lui souris, incapable de dire si de là où il est il peut distinguer les expressions de mon visage.

« Allez, si tu lances celle là correctement, je paie ton yakiimo ! »

À vrai dire, je n’ai aucune idée si cette motivation incongrue va marcher. Peut être que ça ne marche que sur moi, ce genre de récompense. Mais la nourriture, c’est bon, et puis, tout le monde aime la nourriture, non ? Je suis sûre que ça va fonctionner, même s’il est un peu maigrichon, ça ne veut pas dire qu’il n’aime pas manger. Je détourne mon attention un instant pour regarder rapidement autour de moi, et le lieu est presque désert si ce n’est quelques élèves et étudiants, je suppose, marchant tranquillement autour du terrain, ça et là. Il faut dire que même s’il fait frais, c’est un bon temps pour une promenade…

Alors que je suis perdue dans mes pensées, je reporte mon attention sur le jeune homme, juste à temps pour voir une sphère blanche se diriger tout droit vers moi à grande vitesse. Je n’ai pas le temps ni de la renvoyer avec ma batte, ni même de me pencher : je panique pendant un quart de seconde puis me prends la balle en plein visage, entre l’arête du nez et le front. Que ce soit la surprise ou la force avec laquelle la balle m’a frappée, je recule de quelques pas et tombe sur mes fesses, lâchant ma batte, un peu sonnée. Je reste assise là un moment à reprendre mes esprits, me massant le front. Je vais sûrement avoir une bosse ou bien peut être un bleu. Heureusement que je ne porte pas de lunettes, car elles auraient sûrement subit quelques dégâts. Et voilà, Misuzu, ce qu’on gagne à toujours être dans la lune.

« Aïe aïe aïe »

J’aurais bien voulu trouver une remarque spirituelle à faire, mais là c’est tout ce qui sort. Je jette un œil vers lui, toujours en me massant le front.

« Désolée, j’avais la tête ailleurs… Tu dois te dire que je suis une bien piètre joueuse, mais normalement je suis pas aussi mauvaise, c’est juste que j’ai pensé à autre chose… »

Je lui souris, un sourire un peu penaud, avant de frotter une dernière fois mon front et de ramasser la balle avant de me redresser.
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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Mar 27 Mar 2018 - 23:00


Stranger-kun m’appelle-t-elle en riant doucement à mon défi que je sais déjà irréalisable. Nous rejoignons tous les deux nos positions et nous nous préparons. A quelques mètres de moi, je peux la sentir contracter ses muscles, fléchir les genoux et effectuer quelques gestes pour probablement s’échauffer – quand je disais que je n’y connais rien au baseball. Avec hésitation, j’annonce que je suis prêt à lancer, et prépare la balle après avoir pris une grande inspiration. Je ne suis pas particulièrement stressé, mais je sens mon rythme cardiaque s’accélérer au moment où je lâche la balle. Sans surprise, la première est ratée : j’avais la tête ailleurs, dis-je en guise d’excuse, ce à quoi la jeune femme me répond que le problème est dans la trajectoire. Je hoche mollement la tête, c’est bien ce que j’avais cru comprendre.

Elle relance alors la petite balle blanche vers moi, celle-ci suivant un mouvement quasi-rectiligne et uniforme comme si elle ignorait la gravité. Cependant, au moment de la rattraper, je me laisse entraîner par la panique et la laisse rebondir deux ou trois fois avant de la stabiliser dans le gant que j’ai bien du mal à considérer comme une extension de mon corps. Je l’écoute me donner des conseils d’une oreille. La technique du bras pour marquer la cible, il me semble que tous les profs de sports la donnent, mais je ne me souviens pas que ça ait déjà fonctionné pour moi. Un rictus se dessine sur mes lèvres fines : ai-je au moins déjà essayé ? J’ai à peine le temps de relever les yeux vers elle que l’étudiante est déjà en position. Un soupir m’échappe : c’est possible d’être aussi motivé pour frapper une balle alors qu’il faudra courir pour aller la chercher après ?

Alors que je me bats avec mes pensées éparses, je l’entends me crier quelques mots, globalement la même chose qu’elle m’a dit tout à l’heure…avec des encouragements en plus. Faisant mine de ne pas les prendre en compte, je m’arrête sur la première partie de son énoncé.

« Oy. Tu m’insultes là ? On dirait que j’ai pas de force, moi ? »

Je lance la balle en l’air une fois, deux fois, trois fois, avant de la serrer au creux de ma paume. Quel culot de penser que je n’ai pas de force. Ne voit-elle pas mes muscles saillants sous ma chemise ? Après tout, je suis numéro 1 au golf…sur wii sport…dans ma famille. Au loin, je l’écoute vaguement me dire qu’elle m’achètera à manger si je réussis à faire un lancer correct. C’est mal me connaître : croire que je vais me laisser amadouer par de la nourriture. Mais soit, j’accepte le défi. Comme tout à l’heure, je concentre ma force dans mon bras droit, un peu comme si j’espérais éveiller mon One for All, ramène ma jambe contre moi et finit par propulser la balle sur mon interlocutrice. Cette fois, elle a l’air de partir bien droit, vraiment très droit…alors pourquoi est-ce que je ne la vois pas bouger. J’étouffe un cri, mais il est déjà trop tard au moment où j’ouvre la bouche.

La balle lui a bien percuté le visage et le choc a fait le reste. Je soupire et trottine en sa direction. Désormais sur les fesses, la jeune femme me paraît bien moins imposante que tout à l’heure, alors qu’elle me prenait la main pour m’emmener hors du couloir. Merde, est-ce qu’elle est blessée ?

« C-ça va ? C’est pas cassé ?  »

L’ai-je interrogé en arrivant à sa hauteur. Au moins ce n’était pas sur les yeux, me dis-je en observant le haut de son nez rougi par la collision. Elle avait la tête ailleurs s’excuse-t-elle en essayant de se justifier. Je secoue la tête. Ce n’est pas le moment de juger ses performances sportives, sinon que dire des miennes ?

« On est à égalité maintenant, pour avoir eu la tête dans les nuages. C-c’est ma faute, j’aurais dû prévenir que je lançais, comme tout à l’heure. »

Même si je suis assez curieux de savoir à quoi elle a pensé pour ne pas voir la balle arriver vers elle, je décide de ne pas insister et de lui tendre une main secourable afin de l’aider à se redresser. Après tout ça, voudra-t-elle continuer la séance de sport ou mettra-t-elle un terme à nos brefs échanges ?

« On dirait que ce ne sont pas des yakiimo qu’on va devoir chercher, mais des glaçons. Tu veux aller à l’infirmerie ? »

Les iris rivés sur son futur hématome, je me rapproche inconsciemment pour vérifier si la zone n’a pas déjà enflée…avant de revenir à la réalité et réaliser que je suis sans doute un peu trop proche (une trentaine de centimètres ?). Je fais aussitôt un bond en arrière et arque légèrement le haut du dos.

« A-ah, désolé ! Je voulais juste vérifier que ça n’avait pas enflé. »

Il fait soudainement très chaud malgré la température hivernale. Ne sachant pas où me mettre, je décide de me rendre utile et ramasser la batte qu’elle avait laissé tomber un peu plus tôt, lorsque le choc a opéré.

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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Ven 30 Mar 2018 - 19:36

Manifestement, il a tenu à me prouver qu’il avait effectivement de la force, parce que je suis un peu sonnée après m’être pris sa balle dans la tête. Je me content de frotter l’arête de mon nez en répétant « itai » jusqu’à ce qu’il me rejoigne, me demandant si mon nez n’est pas cassé. Je lève les yeux vers lui, sans cesser de frotter.

« Ah, je pense que ça va… Je suis plus résistante que j’en ai l’air. Si c’était cassé je pense que je le sentirais. »

En revanche, même si ça ne fait pas assez mal pour que je pense qu’il est cassé, je suis sûre que je vais avoir un gros bleu ou une bosse. Il déclare l’égalité et tente de s’accaparer la faute, mais alors qu’il a à peine fini sa phrase je tente de le réconforter.

« Non, non, c’est moi. J’aurai dû être concentrée. Après tout, c’est moi qui t’ai plus ou moins forcé à m’aider à m’entraîner. »

Je lui fais un sourire penaud. Si jamais j’arrive à intégrer l’équipe, il faudra que j’évite de faire des choses comme ça, sans quoi je n’y resterai pas longtemps. Il me tend la main, et je la saisis, m’en aidant pour me relever. Je lui suis reconnaissante, parce que rester assise comme ça les fesses par terre commençait à me donner froid.
J’étouffe un rire lorsqu’il propose d’aller chercher des glaçons. Ça va, je suis plus résistante que ça.

« Y’a rien qui réconforte mieux que la nourriture. »

Je réponds aussi par une plaisanterie avant de sourire légèrement, et de lâcher sa main, réalisant que je la tiens depuis quelques secondes. Je m’époussette de ma main désormais libre et lorsque je relève les yeux, il est assez proche de moi. Nos regards se croisent et il semble réaliser la proximité et fait un bon en arrière. J’essaie de ne pas rougir, mais c’est un échec, je me contente donc de baisser de nouveau la tête alors qu’il bredouille des excuses. Bon, il a l’air aussi confus que moi, et c’est de ma faute si nous sommes dans cette situation, donc c’est à moi d’arranger les choses. Je replace ma casquette, qui s’est un peu soulevée, sur ma tête, et lui sourit d’un air gêné.

« Daijoobu desu. Merci de t’inquiéter. »

Alors que je m’apprête à enchaîner sur un autre sujet, je sens comme une drôle de chaleur un peu au dessus de ma lèvre supérieure. Alors que Stranger-kun ramasse ma batte, je touche l’endroite en question du bout des doigts, et frémis lorsque je les regarde et qu’ils sont rouges. Oh non, je saigne du nez. Bon, ça ne veut rien dire de grave, mais là je ne suis pas sûre d’avoir quoi que ce soit pour arrêter l’hémorragie. Je bascule donc la tête en arrière, en appuyant sur la narine gauche afin de limiter les dégâts, et décide de prévenir mon plus ou moins volontaire compagnon d’entraînement.

« Euh, je vais avoir besoin d’un mouchoir ou quelque chose, je pense… »

Toujours en tenant ma narine et en essayant d’éviter que le sang ne goutte ou que ce soit, je m’accroupis, fouillant dans mon sac resté à mes pieds en quête de mouchoirs ou autre. Ça tombe bien, on dirait que j’ai de la chance : une demie douzaine de mouchoirs promotionnels que j’ai récupéré en allant au centre ville l’autre jours s’y battent. J’en saisit un, ouvrant l’emballage et l’appliquant à l’entrée de mon nez.

« Désolée, je pense pas que tu avais signé pour ça à la base… »

C’est un peu gênant, du coup. J’hésite à lui dire qu’il peut partir s’il veut. Je comprendrais s’il préférait ça, parce qu’après tout, il n’était déjà pas très enthousiaste pour cet entraînement. Hm. Mais en même temps, je ne peux pas juste le mettre en difficulté comme ça et lui dire de partir. En plus, il a l’air de dire que c’est de sa faute, alors que pas du tout. Je me redresse tout en remettant mon sac en bandoulière sur mon épaule. Peut être qu’il n’est pas très sage de continuer comme ça alors que mon nez dégouline de sang. Je lui souris, tendant ma main libre pour qu’il me rende ma batte.

« C’est pas très grave mais je ne vais pas pouvoir continuer l’entraînement. Au moins, comme ça, je peux pas t’obliger à continuer maintenant, ni à réitérer l’expérience. »

Je récupère ma batte et attends sa réponse, souriant toujours, avant de vérifier où en est mon nez. L’arête a un peu enflée, mais rien d’inquiétant. En revanche, ça saigne toujours. Bon, il n’y a pas grand chose à faire de toute façon. Je réapplique le mouchoir, haussant les épaules.

« C’est pas de ta faute hein. Et puis pour te le prouver, laisse moi t’acheter un yakiimo. Deal ? »

Je place ma batte sur mon épaule. Je sais qu’il y a un stand vraiment pas très loin de la sortie du campus, normalement. Et manger quelque chose de chaud ne peut que nous faire du bien de toute façon, à lui comme à moi.
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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Dim 1 Avr 2018 - 20:03


Plus de peur que de mal si je comprends bien le message qu’essaie de me faire passer Watanabe-san après s’être pris la balle de baseball en plein milieu du visage. Inquiet de lui avoir cassé quelque chose – d’autant plus que je ne suis pas très au clair avec mon assurance responsabilité civile – je me suis donc approché d’elle afin de prendre des nouvelles. Ce n’est pas cassé, soulève-t-elle après m’avoir confirmé qu’elle est plus résistante qu’elle n’en a l’air. Je soupire de soulagement, même si je ne suis pas totalement rassuré. Aussitôt, je lui présente des excuses pour ne pas avoir prévenu que je lançais, mais elle ne semble pas les accepter. Partageons donc la responsabilité. N’ayant pas envie de m’étendre plus longuement sur le sujet, je me contente d’un simple hochement de tête, histoire de clore cette histoire d’à qui la faute. Le plus important c’est de savoir ce qu’on peut faire pour son nez.

Inconsciemment, je me rapproche de plus en plus de la brune pour observée la zone frappée en plein fouet par la petite balle blanche. Qui aurait cru qu’une simple balle pouvait faire autant de dégâts lorsqu’elle est lancée par un amateur. Consciencieux, je lui demande si je dois l’accompagner à l’infirmerie – les souvenirs d’une balle perdue lors d’un certain entraînement de basket refaisant soudainement surface – et évoque les glaçons comme moyen de soulager la douleur, ce à quoi la jeune femme émet un petit rire à peine audible. Je lève les yeux au ciel. C’est bon, j’ai compris que c’était une sportive, résistante et endurante. Sans doute a-t-elle trop regardé de shônen quand elle était enfant.

« Y a rien qui réconforte mieux que la nourriture. »

Déclare-t-elle alors qu’elle se relève de sa chute en s’appuyant sur mon bras. Un sourire illumine alors son visage, juste avant que sa main ne lâche la mienne. Le contact physique est rompu, mais mon regard est toujours focalisé sur le haut de son visage rougi par le choc. Quand je réalise que nous sommes proches, je fais immédiatement un pas en arrière, laissant l’honorable distance d’un mètre cinquante entre nous. Décidant de faire quelque chose d’utile pour combler la gêne après avoir légèrement toussoté, je ramasse sa batte sur le sol, lançant quelques brefs coups d’œil en sa direction. Apparemment, elle semble aussi troublée que moi. Elles sont fortes les femmes quand même : un geste anodin et elles chamboulent tout votre rythme cardiaque. Je suis encore agenouillé au moment où elle reprend la parole pour me remercier de mon attention. Je reste encore accroupi un moment, serrant le bout de bois entre mes mains.

« C-c’est rien, c’est normal. J’allais quand même pas laisser quelqu’un mal en point. »

Ai-je soufflé, à moitié convaincu par ce que je viens de dire. Le temps a beau panser les blessures, les souvenirs de la nuit où j’ai dû me battre pour ma vie sous l’influence de Zakuro sont encore intacts. Lentement, je me redresse et observe plus attentivement la batte, remarquant désormais sa ressemblance avec les matraques que j’ai pu porter cette nuit là.

« …besoin d’un mouchoir ou quelque chose, je pense… »

Je fais volte-face, sortant de mes pensées sombres. Aussitôt, l’image de Zakuro me dominant du haut de ses 2m11 dans un entrepôt de Bougu se dissipe et je peux me refocaliser sur Watanabe qui a visiblement besoin…d’aide. La tête en arrière, l’index sur la narine, je l’observe se battre avec le sang dégoulinant le long de sa lèvre supérieure. Une grimace se dessine sur mon visage. Après avoir récupéré un mouchoir dans son sac, je l’entends à nouveau s’excuser, ce à quoi je souris faiblement en retour.

«  A la base, j’avais signé pour rien du tout, à part prendre des photos. »

Lui dis-je sur le ton de la plaisanterie juste avant de constater qu’elle me tend la main. Hein ? Elle veut que je lui redonne la main ? Elle a du mal à garder l’équilibre ? Ce n’est qu’en regardant le contenu de mes propres mains que je remarque ce qu’elle recherche. Oh, oui. J’avais presque oublié que je tenais sa batte. Je ne me fais pas prier plus longtemps et me soulage du poids de ce bout de poids plus lourd qu’il n’en a l’air. Toujours le sourire aux lèvres, elle m’annonce qu’elle met un terme à l’entraînement et qu’elle ne m’obligera pas à recommencer. Je hausse un sourcil et laisse échapper un petit « Hmpf » taquin avant de reprendre.

« Tu plaisantes ? Je me suis jamais autant amusé en faisant du sport. Du sang et du baseball, ça ferait un carton en manga. »

Même si je tente de dédramatiser et de faire de l’humour, il y a un fond de vérité dans mes propos. Il est vrai que c’est la première fois que je pratique une activité sportive sans la moindre pression. Peut-être parce que c’est la première fois que je joue en 1 vs 1 et que personne n’est là pour m’évaluer ? Qui sait.

« …laisse-moi t’acheter un yakiimo. Deal ? »

Me dit-elle en replaçant sa batte sur son épaule tout en tenant son mouchoir de l’autre main. Décidément, elle a l’air déterminée à manger. Mon père me l’avait bien dit : les femmes sont pires que des ogres lorsqu’elles ont faim.

« Je te suis du coup, t’as l’air de connaître une bonne adresse. »

Puisque l’entraînement est terminé, je décide de lui rendre le gant qu’elle m’a prêté tantôt. Elle en fera sûrement meilleur usage que moi. Une fois qu’elle l’a récupéré et rangé dans son sac, nous prenons la route vers la sortie du terrain de baseball. Je ramasse mon propre sac, laissé près de la grille, enroule mon écharpe autour de mon cou et la rattrape en quelques enjambées. Arrivé à sa hauteur, je sens vent frais vient alors caresser nos visages. Je ne dis rien pendant un moment, le temps d’arriver au portail du campus. L’adrénaline de l’entraînement et de la photo étant bien redescendue, le silence s’est désormais installé entre nous. Quoi de plus normal ? Nous sommes des étrangers l’un pour l’autre après tout.

Songeur, je plonge mes mains dans mes poches afin d’éviter qu’elles ne refroidissent. En tournant la tête, je remarque un distributeur de boissons à quelques mètres de nous. Je m’arrête aussitôt, la laissant prendre un peu d’avance sur notre trajet. Lorsqu’elle finit par remarquer que je ne l’ai pas suivie, je suis déjà à mi-chemin entre le distributeur automatique et elle.

«  Je reviens vite, ne m’attends pas. »

Lui dis-je en me hâtant de parcourir la vitrine du regard tout en insérant les pièces de monnaie dans la fente de la machine. Je finis par opter pour une canette de Dr.Pepper que je récupère rapidement avant de courir vers elle. Il ne me faut que quelques secondes pour la rattraper, même en évitant au maximum de secouer la boisson gazeuse dans son armure métallique. Fier de moi, j’attends qu’elle tourne la tête pour relever le bras et poser le métal glacé contre la zone désormais enflée de son visage.

«  Glaçons de fortune. »

Ai-je déclaré en souriant timidement en attendant sa réaction.

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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Ven 6 Avr 2018 - 0:27

Après le bref instant de flottement et la recherche frénétique d’un mouchoir, les choses rentrent doucement dans l’ordre. Je vois le jeune homme dont je ne connais toujours pas le nom sourire légèrement alors que je m’excuse de l’avoir entraîné là dedans. Il précise n’avoir voulu que prendre des photos à la base, et je hoche la tête avant de tendre ma main libre pour qu’il puisse me rendre ma batte. Il semble légèrement confus et cela lui prend quelques secondes pour effectuer l’échange, la batte passant de mains en mains. Alors que je précise que je ne compte pas l’obliger à redevenir mon partenaire d’entraînement, il me taquine, précisant qu’entre les mains d’un mangaka, ce qui vient de se passer pourrait marcher. C’est vrai que les mangas de sports font souvent dans le sensationnalisme, aussi j’ai un petit rire, les yeux à moitié fermés, avant de hocher la tête et de lui proposer de lui acheter de quoi se sustenter. Il accepte de m’accompagner et je balance ma batte sur mon épaule en lui souriant. Il me rend le gant et je lâche mon nez un instant pour le ranger, et pendant ce court intervalle ma narine se remet à saigner. Il part chercher ses affaires et je pose ma batte par terre pour entortiller le mouchoir et me le fourrer dans le nez, histoire de ne plus avoir à le tenir. Finalement, je récupère ma batte, il me rejoint et nous nous mettons en marche.

« J’appellerais pas ça une adresse, c’est une toute petite pièce tenue par un vieux monsieur juste à côté du campus. Des fois il est carrément devant le portail avec un genre de truc portatif. »

Alors que nous avançons, le silence s’installe entre nous. Je cherche un sujet de conversation tout en observant le paysage autour de nous et le ciel qui commence à se couvrir. C’est vrai qu’on est en automne après tout. Il faut s’attendre à de la pluie d’un moment à l’autre. Le vent secoue les feuilles et s’insinue jusque dans mon cou, me faisant frissonner légèrement. De quoi est-ce que je pourrais bien lui parler ? Je ne connais même pas son nom, encore moins la matière qu’il étudie. Tiens, bah je pourrais commencer par lui demander son nom, à vrai dire. Mais alors que je me tourne vers lui pour l’interroger, je réalise qu’il a disparu. Ehh ? Confuse, je m’arrête et regarde autour de moi. Il a profité du silence et de mon inattention pour me fausser compagnie ? Il aurait au moins pu dire au revoir ! Ah. Non. Je finis par le repérer, se dirigeant quelque part. Je fronce les sourcils alors qu’il me dit de ne pas l’attendre, puis les défronce lorsque je réalise qu’il arrive à un distributeur automatique. Je hausse donc les épaules et reprends mon chemin lentement pour qu’il n’ait pas trop d’efforts à faire pour me rattraper. Finalement, j’entends ses pas se rapprocher de moi, et je me retourne vers lui, surprise par la vision d’une canette à quelques centimètres de mon visage et qui vient se poser là où je me suis fait mal, sans que j’aie le temps de faire quoi que ce soit pour l’esquiver. Forcément, mon premier réflexe aurait été d’esquiver ou de mettre un grand coup dans la canette, la faisant voler au loin, mais je réalise que ça n’aurait pas été une bonne idée. Stranger-kun essaie simplement de m’aider. Glaçons de fortune, il explique, et je pose mes doigts à côté des siens sur la canette pour la garder à l’endroit opportun, lui permettant de lâcher. Je parviens à ne pas rougir quand nos mains s’entrechoquent, et je hoche la tête.

« A-ah, Merci beaucoup, c’est gentil. »

Je lui souris une fois de plus, tenant pensivement la canette de ma main libre, et coinçant ma batte dans le creux de mon coude pour lui montrer mon pouce en l’air. Nous continuons à avancer, arrivant sous peu en vue du portail, qui n’est plus si loin. Sans le regarder, les yeux dans le vague quelque part devant moi, je marmonne une proposition.

« Si tu veux t’entraîner avec moi de nouveau, je serai contente de t’avoir comme partenaire. Mais t’es pas obligé. C’est comme tu veux, vraiment. »

Alors que je finis à peine ma phrase, un bruit de tonnerre se fait entendre au loin, et quelque chose de froid tombe dans le col de mon sweat. Je lève la tête pour voir seulement que les nuages se sont concentrés, avant que la pluie ne se mette à tomber, d’abord quelques gouttes puis un véritable déluge, qui s’abat presque comme une chape de plomb. En l’espace de quelques instants, je suis totalement trempée. Je range la canette dans ma sacoche, et attrape la main de mon compagnon d’infortune avant de partir à toutes jambes vers le portail, le dépasser, et finalement arriver en vue de la minuscule échoppe, et y entrer en trempant au passage le noren et le sol. Le vieux monsieur derrière le comptoir s’apprête à nous réprimander mais je vois son regard s’illuminer lorsqu’il me reconnaît, ses pattes d'oies se creusant alors qu'il plisse les yeux et sourit.

« Micchan ! Irasshaimase ! Quel bon vent t’amène ? Et qui est ton ami ? »

Il dévisage le jeune homme qui m’accompagne avec intérêt et je lui souris.

« Ojiisan, ogenki desuka ? On avait juste faim. Et voilà mon ami, euh… »

Je me tourne vers le jeune homme l’air un peu confus. Je ne connais toujours pas son nom, à vrai dire. Je fais un mouvement de sourcils, écarquillant les yeux afin de l’inciter à se présenter. Sinon la situation risque d’être gênante.
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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Mar 19 Juin 2018 - 14:34


Deux mains se touchent, deux regards se croisent. Les joues de la jeune fille ne s’empourprent pas, mais j’ai l’ai presque senti les battements de son cœur en effleurant sa peau quelques secondes plus tard. Je l’entends articuler un remerciement avant de lever son pouce en l’air, le sourire aux lèvres. Une vague de soulagement m’envahit. Jusqu’au dernier moment, j’ai eu peur que mon geste soit mal reçu, mais tout va bien, finalement. Nous restons immobiles un moment, puis nous reprenons la route vers la sortie du campus afin de rejoindre une sorte de mini restaurant tenu par un vieillard si j’en crois les propos de la sportive. Je ne cache pas avoir été plutôt surpris quand je l’ai appris : cela fait six ans que j’étudie à Keimoo et il ne me semble pas avoir déjà vu une telle enseigne.

Plongé dans mes pensées, je marche silencieusement et très mécaniquement aux côtés de l’étudiante. Ce n’est que lorsque la voix de Watanabe-san parvient jusqu’à mes oreilles que je déraidis. Encore dans la brume, je ne capte que quelques bribes du message marmonné qu’elle tente de me transmettre. Entraîner. De nouveau. Partenaire. Mais t’es pas obligé. Comme tu veux. Il me faut une demi-seconde pour rassembler toutes les informations afin de former un tout cohérent. Je m’apprête à répondre, mais le tonnerre semble vouloir le faire à ma place. Watanabe et moi sommes alors pris du même réflexe : lever la tête vers le ciel comme si nous nous attendions à y voir autre chose que de gros nuages gris, presque noirs.

« Je veux… »

Ai-je commencé à répondre avant de me faire interrompre une nouvelle fois. Une, deux, trois. Un nouveau coup de tonnerre retentit, accompagné cette fois de grosses gouttes de pluie, comptables à l’unité dans un premier temps. Lentement, je tends une main vers le ciel pour en récupérer ses larmes. Elles sont froides, pas comme celles des humains, me dis-je en refermant le poing avant de l’abaisser. Sans que je m’en rende compte, le rythme des gouttes s’est fortement intensifié. Il faudra attendre le moment où la jeune femme se décide à attraper mon poignet pour que je reprenne mes esprits. Mes poumons se remplissent d’air, violemment, comme si je venais de renaître sous ce torrent de pluie. C’est à cet instant, probablement, que je devrais pousser mon premier cri, mais tout mon souffle est déjà pris par la course dans laquelle je suis entraîné contre mon gré. Courir, toujours plus loin vers une destination inconnue. Courir, à en perdre son souffle au point d’oublier pourquoi on est parti. Si c’était une métaphore, ce serait sans doute celle de ma vie.

Il ne nous faudra que quelques minutes pour rejoindre l’échoppe dont parlait Watanabe-san tout à l’heure. Mais notre performance n’aura pas suffi à sauver nos vêtements de la pluie. Nous sommes trempés jusqu’aux os au moment où nous franchissons le pas de la porte. Je laisse la jeune femme amorcer le contact avec le gérant qu’elle semble bien connaître, le temps de reprendre mon souffle. Je sens alors le regard du vieil homme se poser sur moi. Evidemment, il cherche à savoir qui je suis. J’esquivement soigneusement ses iris, mais ceux de l’étudiante finissent par me rattraper. C’est si dur de rester anonyme dans ce genre d’endroits ? Enfin, je suppose que je n’ai pas le choix. Les mains posées sur les hanches, je me redresse et me racle la gorge.

« Rika. Hisaka Rika. Enchanté euh… »

Ne pouvant me résoudre à l’appeler « Ojiisan » comme l’a fait Watanabe tout à l’heure, je préfère marquer une pause à mon tour, pour lui laisser le temps de se présenter.

Les salutations faites, le vieil homme nous invite à nous asseoir au comptoir, prétextant qu’il s’agit de la place réservée à ses meilleurs clients. J’esquisse un sourire poli et prends place sur un tabouret placé devant le bar.

« Je vais vous chercher des serviettes sinon vous allez attraper froid. Enfin, vous allez surtout me salir le sol, hein ! »

Je profite du fait que le gérant soit parti dans l’arrière-boutique pour établir une petite cartographie des lieux. Nous sommes apparemment les seuls clients aujourd’hui, mais ce n’est pas comme s’il pouvait y avoir plus de cinq personnes dans cet endroit. Pour combler le silence installé entre nous, je fais mine de m’intéresser à la carte posée sur le comptoir, tout sachant pertinemment que nous sommes venus pour des yakiimo et que ce n’est probablement pas la pluie qui aura fait changer l’étudiante d’avis.

« Tu-tu viens souvent ici ? »

Ai-je demandé soudainement. Après tout, elle m’a présenté comme un ami auprès du gérant, je suppose que nous devons prendre notre rôle sérieusement et agir comme tel. Le temps qu’elle me réponde, je prépare d’autres questions dans ma tête, établissant presque une conversation avec moi-même en imaginant les réponses qu’elle pourrait me fournir. Je soupire pour moi-même. Pas facile d’être naturel quand on n’est pas doué pour les conversations.

« Au fait, pour le baseball… »

Je commence à répondre, mais je me fais – encore – couper la parole, par le vieil homme cette fois…ou plutôt par la serviette chaude qu’il me balance au visage. Je ne vais tout de même pas me plaindre, c’est une sensation agréable. Mes doigts cherchent alors le tissu afin de le déformer en me frottant contre mes cheveux, puis mon visage. Je me tourne ensuite vers la jeune femme en pointant un doigt vers moi.

« Pas trop d’épis dans mes cheveux ? »





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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Sam 14 Juil 2018 - 1:33

Finalement, alors que je me tourne vers le jeune homme qui m’accompagne, il se présente. Rika, Hisaka. Bon, au moins maintenant je sais comment l’appeler. Hisaka-san, j’imagine. Kawamoto-san nous indique de nous asseoir au bar, et je hoche la tête avec un sourire avant de m’exécuter. Après tout, c’est la place à laquelle je m’installe quasiment à chaque fois que je viens ici. Il précise qu’il va nous chercher des serviettes, et je m’apprête à le remercier mais il est déjà dans l’arrière boutique. Je passe mes mains doucement sur le bois brut du comptoir, en me demandant en quel bois il peut bien être fait ? Ce n’est pas du bambou, en tout cas, c’est certain. On dirait que le comptoir a été fait dans les racines d’un arbre très vieux et très grand, tant le bois est veiné et de couleurs différentes selon les endroits. Je relève la tête, sortant en un instant de mon observation. Nous restons assis là quelques instants, silencieux, et je commence à me dire qu’on va garder ce silence gênant pendant trois heures si ça continue. C’est à ce moment qu’Hisaka décide de prendre la parole pour me demander si je viens souvent. Je m’accorde une seconde de réflexion.

« Hmm… Assez souvent, oui. Au moins deux fois par mois, parfois plus. Mais je discute pas mal avec Kawamoto-san, en général, surtout. »

À vrai dire, j’aime beaucoup la cuisine simple et rustique du petit restaurant, et les prix bon marché m’amènent à venir presque dès que je n’ai pas envie de cuisiner, ce qui, heureusement pour mon compte en banque, n’arrive pas trop souvent. Je lui souris légèrement et alors que je m’apprête à relancer la conversation, il débute une phrase qui éveille mon intérêt. Pour le baseball ? Oui ? Mais avant qu’il ne la finisse, je vois un objet blanc volant non identifié passer devant mon visage à toute vitesse pour aller atterrir sur le sien, après quoi un autre vient se poser sur ma tête. À vrai dire, étant donné le degré d’humidité de mes cheveux et de mes vêtements, c’est plutôt une bonne chose. Je retire ma casquette et entreprends d’éponger les endroits les plus trempés, ainsi que mes cheveux, sans grand espoir de réussir à réellement me sécher, mais en supposant au moins que je ne goutterai pas partout. Alors que j’émerge de la serviette, Hisaka fait à peu près de même et désigne ses cheveux ébouriffés en m’interrogeant sur leur état. Je ricane un peu.

« On ne peut pas vraiment appeler ça des épis, parce que c’est toute ta tête là. Mais c’est pas mal, ça te donne un genre. »

Oui, le genre mal réveillé. Mais bon, moi mes cheveux doivent être tout aplatis étant donné comment je les ai séchés en appuyant dessus, et d’autant plus ridicules qu’une partie, restée cachée sous ma casquette, est encore sèche, alors ça ne doit pas être beaucoup mieux, donc j’évite de trop le taquiner ou me moquer, d’autant qu’on ne se connaît pas tant que ça. Presque pas du tout, en fait. Je pose la serviette sur mes genoux, et m’adresse à Kawamoto-san.

« Yakiimo futatsu to ocha kudasai. »

Il hoche la tête avec un genre de petit grognement de gorge, désignant du doigt la boite de thé et la bouilloire-thermos à côté de moi. J’ouvre la boite, prends un peu de poudre de thé et le met dans ma tasse, avant de regarder Hisaka d’un air interrogateur.

« Ocha ? »

Je dépose un peu de thé dans sa tasse également et remplis les deux d’eau chaude, avant de remuer le contenu afin que la poudre se mélange suffisamment à l’eau. Une fois la boisson prête, j’en prends une petite gorgée pour essayer de me réchauffer, avant de reposer ma tasse. J’avoue que l’endroit n’est pas forcément très bien isolé et que je suis suffisamment trempée pour commencer à avoir vraiment froid, au point que quelques frissons parcourent mon dos, entre autres. D’une voix douce, je le questionne.

« Du coup, tu voulais dire quelque chose pour le baseball ? »

J’écoute attentivement sa réponse et pendant ce temps, Kawamoto-san a ramené deux yakiimo coupés en tranche, déjà pelés et se plante devant nous avec la sauce qu’il met habituellement dessus. Il en verse sur mon yakiimo, étant donné qu’il sait déjà que j’adore le mélange de ces deux goûts, puis se tourne vers Hisaka.

« Tu prendras de la sauce, jeune homme ? »

Je souris et me décide à expliquer, haussant un peu la voix pour couvrir le bruit de la pluie qui tambourine de toutes ses forces sur les carreaux de la porte vitrée, qui envahit la petite pièce tant et si bien qu’on aurait presque l’impression qu’il pleut directement sur le sol en pierre irrégulière de l’échoppe. Je tente de contrôler mes dents et de les empêcher de claquer, mais sans grand succès. Néanmoins, je sais déjà que le contenu de mon assiette va me réchauffer.

« C’est une sauce un peu comme la bulldog sauce qu’on met sur les korokke, mais un peu plus sucrée. C’est très bon ensemble, je te conseille d’en prendre. »

Quant à moi, j’attrape une paire de baguettes dans le pot placé sur le comptoir et attrape la première tranche nappée d’un filet de sauce, en enfourne la première bouchée. Le goût familier associé à la chaleur du plat me réconforte immédiatement, et mes dents, occupées à mâcher, cessent de claquer. Après la première bouchée, je récupère la serviette qui était sur mes genoux et la pose sur mes épaules. Ça serait dommage d’attraper froid comme ça.

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MessageSujet: Re: Photo compromettante [PV Misuzu]   Lun 30 Juil 2018 - 23:32

Les présentations faites, le vieil homme nous invite à prendre place au bar avant de s’éclipser dans l’arrière-boutique pour chercher de quoi nous sécher, me laissant seul avec la jeune femme. Ainsi, pour la première fois depuis notre rencontre, nous restons silencieux durant des secondes qui s’écoulent bien trop lentement à mon goût. Les mains posées sur mes cuisses, le dos raide, il me faudra un bout de temps pour oser reprendre la conversation et calmer mes angoisses de me faire délibérément ignorer, comme cela est déjà arrivé…beaucoup trop souvent quand j’y réfléchis. Watanabe-san finit par me répondre, me libérant de quelques palpitations survenues dans l’attente.

C’est un endroit qu’elle a l’habitude de fréquenter, comme je m’en doutais en vue de la relation qu’elle entretient avec le gérant. Je lâche un « Je vois » avant de replonger dans mes pensées, à la recherche d’un autre sujet qui pourrait alimenter une discussion. J’hésite une seconde, la seconde qui me manquera pour terminer ma phrase alors que je reçois une serviette chaude en plein visage. Je marmonne un remerciement et l’agite sur mes cheveux.

Une fois le séchage effectué, je retire le rectangle cotonneux désormais humide et demande à mon interlocutrice dans quel état se trouve mes cheveux, ce à quoi elle ricane. J’esquisse à mon tour un petit sourire en coin. « Ca te donne un genre » dit-elle. Etant donné qu’on ne m’avait jamais dit quelque chose comme ça, je ne sais pas trop si je dois le prendre pour une insulte ou un compliment, mais je décide de ne pas relever. De son côté, Watanabe-san semble avoir esquivé le désastre capillaire en aplatissant ses cheveux. Mais je n’ai pas le temps de l’examiner plus en profondeur que je la vois tourner son visage vers le cafetier pour commander les yakiimo tant attendus ainsi que du thé, me demandant au passage si j’en prendrais aussi.

« Ah hm…oui. Merci. »

Elle dépose alors le nécessaire dans ma tasse, jusqu’à obtenir ce subtil mélange parfumé et coloré. Je l’observe du coin de l’œil porter le récipient à ses lèvres avant de l’imiter. Je ne l’avais pas remarqué jusque là, mais je dois avouer que son visage m’est plutôt familier, cependant je n’y prête pas plus attention que ça et profite de la chaleur de la boisson pour réchauffer mes entrailles. Pendant ce temps, sa voix résonne à nouveau dans mes oreilles. Je hoche la tête alors que Kawamoto-san est en pleine préparation des yakiimos.

«  Ouais je-…enfin. Je voulais dire que si tu voulais hm…qu’on s’entraîne une autre fois, je…je ne m’y opposerai pas comme tout à l’heure. »

Dis-je en référence à mes supplications pour ne pas m’emmener sur le terrain de baseball alors que je venais de prendre un mauvais cliché d’elle, éternuant en pleine séance de cérémonie du thé.

« Après tout, on n’a pas eu l’occasion de beaucoup jouer aujourd’hui. Et même si tu connais mon nom maintenant…je veux quand même te voir faire un homerun avec mes balles supra nazes. »

Je lui adresse un sourire amusé tandis que le son des assiettes cognant le comptoir arrive jusqu’à mes oreilles. Mes iris se posent sur la patate douce encore fumante. Il y a longtemps que je n’avais plus mangé quelque chose comme ça. Avant que je ne commence la dégustation, Kawamoto-san m’interpelle pour me demander si je désire prendre de la sauce. Devant mon air confus du fait du manque d’explications sur le contenu de la sauce, Watanabe-san vole à mon secours pour me donner plus de détails. Je finis par hausser les épaules, légèrement indifférent.

« Je vais tenter le coup alors. »

Ravi, le gérant me verse quelques gouttes de sauce, me signalant que je ne dois pas hésiter à en redemander. Baguettes coincées entre les doigts, j’attrape une portion et place l’aliment chaud dans ma bouche, créant une deuxième vague de chaleur après le thé de tout à l’heure. Alors que je mâche et découvre de nouvelles saveurs, je sens une paire d’yeux particulièrement insistante qui attend un retour. Il me faudra quelques secondes supplémentaires pour avaler sans m’étouffer sous la pression.

« En effet, c’est très bon combiné ensemble. Ca apporte une touche gourmande à la patate douce, ça fait vraiment friandise. »

Devant l’absence de réaction des deux autres personnes présentes dans la pièce, je reprends la parole entre deux bouchées.

« Je suis dans le club de cuisine. C’est une mauvaise habitude d’analyser les plats, désolé. »

J’avoue l’avoir un peu rejoint pas dépit, mais je m’y plais bien tout compte fait, et je ne dis pas ça parce que j’ai découvert que j’étais bon en pâtisserie. Après m’avoir reversé un peu de sauce dans mon assiette, Kawamoto-san déclare avoir encore de la vaisselle à faire et retourne dans la cuisine.

« Désolé aussi pour cette journée au fait. D’abord la photo, puis ton nez et maintenant la pluie. On dirait que je ne te porte pas chance. »

Une main dans les cheveux, je tente de dompter ma crinière brune avant de soupirer. Maintenant que j’y pense, on a déjà vécu pas mal de trucs ensemble pour des gens qui ne se connaissaient pas il y a trois heures. Je suppose que maintenant que nous sommes au calme et au sec, c’est la bonne occasion pour faire connaissance ? En dehors de sa réaction excessive au début de notre rencontre, je ne peux pas dire qu’elle me soit particulièrement hostile.

« D’ailleurs, on n’a pas eu vraiment le temps d’en parler avec tout ça, mais du coup…Je suis étudiant à l’université, en ingé. Je suis à Keimoo depuis ma 2ème année de lycée. Et toi ? »

Dans l’attente d’une réponse, je reprends la dégustation des dernières bouchées du yakiimo entre deux gorgées de thé. Pour le moment, j’évite de mentionner ma réorientation entre ma 1ère et 2ème année de fac, ne sachant pas vraiment comment l’introduire et surtout, si les études sont un sujet qui l’intéresse. Par contre, il faudra peut-être que je songe à lui demander d’une manière ou d’une autre…si on s’est déjà croisés quelque part, car plus je la regarde, et plus cet air de famille occupe mon esprit.



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