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 Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}

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Misuzu Watanabe
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MessageSujet: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Dim 8 Oct 2017 - 18:26


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C’est avec encore tout mon sang froid que je me dirige d’un pas tranquille vers le dojo. Il fait encore bon et je préfèrerais pouvoir profiter du soleil et de la légère brise au lieu de devoir me confronter à quelqu’un. Pourtant, je n’ai pas envie de reculer. Ma décision est prise. Il m’a fallu presque toute la nuit pour rassembler mon courage, il faut que j’aille au bout de ma décision, cette fois c’en est trop.

Je mâchouille l’intérieur de mes joues, agacée, repensant à ce qui m’a menée à prendre cette décision qui ne me ressemble pas. Si je me suis inscrite à des clubs au début de l’année, c’est à la fois pour tenter de sociabiliser, ce qui, soyons honnête, est un échec, mais surtout pour que ça fasse bien dans mon dossier. Les notes et commentaires pour ces activités sont importants. À la première session du club de cérémonie du thé, ne connaissant personne, j’avais été mis en binôme avec un quasi-inconnu, un garçon silencieux au cheveux blonds et à l’air morose. Si je l’avais déjà aperçu au club de sport, ayant vaguement compris qu’il était le capitaine interdiscipline, je ne lui avais jamais parlé, et pour cause. Dans un environnement totalement étranger, il était compliqué pour moi de nouer des liens avec des gens, surtout la gent masculine et surtout lorsqu’il s’agissait de personnes qui avaient déjà autorité et qui n’étaient pas nécessairement avenantes au premier abord. Déjà, ses cheveux le rendent un peu effrayant, pour une raison que je ne m’explique pas. Pourtant, je suis allée souvent à Tokyo étant plus jeune et ce n’est pas la première fois que je vois quelqu’un de blond. C’est peut être son expression ou autre chose, alors. Enfin, bref. Il avait l’air de s’ennuyer à mourir, ou en tout cas de ne pas vraiment apprécier l’activité, ce qui n’avait pas été amélioré par ma maladresse légendaire. Evidemment, j’avais renversé de l’eau bouillante sur la table et elle avait goutté, coulant jusqu’à mes genoux et me brûlant ainsi la peau. En me levant brusquement pour éviter la brûlure, j’avais renversé la table et tout ce qui était posé dessus avait valdingué autour de nous. La théière en fonte m’était retombé sur le pied. En bref, c’était absolument n’importe quoi.

Néanmoins, je n’aurais pas pensé que ça c’était mal passé au point qu’il ne revienne jamais au club. Je m’étais questionnée, m’étais demandée si je devrais aller m’excuser de nouveau. Et puis j’avais laissé tombé l’idée, me disant qu’il reviendrait sûrement au bout de quelques temps. Seulement voilà, nous étions à présent un nombre impair et je me retrouvais la plupart du temps sans partenaire. Evidemment, cela allait pénaliser mes propres performances, et puis je m’étais améliorée en m’entraînant toute seule. Bon, je ne vais pas dire que je suis devenue excellente mais je suis légèrement au dessus de la médiocrité.

Ainsi, c’est nerveuse et déjà au bord de l’énervement que je me dirige vers le dojô, après avoir fait un tour vers l’amphithéâtre ou les deuxièmes années en droit avaient cours. J’ai surmonté ma timidité pour me renseigner auprès d’une bande de garçons et ils m’ont indiqué que je trouverais probablement le dénommé Sakutaro au dojō. Parfait. Alors que j’en venais justement pour regarder son nom et son cursus dans le dossier du club.

Je porte simplement une chemise à manche courte blanche, une jupe plissée bleue sous laquelle j’ai un short noir, et des chaussettes hautes, bleues marines elles aussi. Oui, effectivement, on dirait complètement mon uniforme de lycée, si ce n’est que je porte un blouson en jean bleu clair un peu trop grand par dessus ma chemise. Cette tenue est rassurante pour moi, comme une seconde peau dans laquelle j’ai passé la majeure partie de ma vie. Elle m’évite de me prendre la tête à accorder ma tenue avec ma personnalité, mon humeur, les activités du jour. Au lycée, je faisais tout en uniforme et ça ne me posait aucun problème. Je ne suis que très peu maquillée, peu d’anticerne, de poudre et de mascara, et voilà tout. Ça suffit bien et de toute façon je ne sais pas faire plus.

Une fois devant le dojo, j’hésite. Puis ma détermination me reprend et j’ouvre la porte avant de pénétrer  l’intérieur. Dans le couloir, je retire mes chaussures que je mets dans mon casier habituel. Le sac toujours sur l’épaule, je m’avance vers la salle des sports de combat. Derrière la porte coulissante, je prends un instant pour me détendre et essayer de me rassurer. Je passe la main dans mes cheveux et entrouvre à peine la porte, juste pour glisser un coup d’œil dans le gymnase.

Il est bien là, manifestement très occupé. Je sens déjà le rouge me monter aux joues et toute ma détermination me quitter. Je me rétracte derrière la porte, le souffle déjà court et serrant mon sac dans mes bras. Je me laisse glisser au sol où je me retrouve assise et reste là encore un instant de plus. Puis je repense au beau temps dont j’aimerais profiter et je me convainc qu’il ne sert à rien de rester là à attendre et qu’il faut que j’agisse. Je lâche mon sac et me tapote les joues avant d’ouvrir la porte en grand et brusquement, ce qui produit un claquement sec, le bruit du bois sur le bois, le panneau en coulissant ayant heurté l’encadrement de la porte. Je réalise que mon entrée en scène n’a pas du tout été aussi délicate et normale que je l’aurais voulu, aussi je reprend une position droite, regardant mes pieds, le nez pointant vers le sol et les cheveux cachant mes yeux. J’avance de quelques pas à l’intérieur de la salle, et met de nouveau un moment avant que ma bouche veuille bien prononcer la phrase que mon cerveau a formée.

« A-Ano… Sakutaro-san- Sakutaro-senpai… Est-ce que je peux te parler ? »

Parfait. J’ai l’air d’une complète idiote. Je sens déjà le rouge me monter aux joues et je réalise que je ne me suis même pas présentée. Enfin, j’espère quand même qu’il se rappelle de moi. Sinon, j’aurai une bonne raison de lui hurler dessus. Ou s’il dit que j’ai des grands pieds. Bon, je ne vois pas pourquoi il dirait ça mais s’il le dit je ne lui adresserai jamais plus la parole.

« Euh, tu te rappelle de moi ? Watanabe Misuzu ? »

Bon, maintenant que je suis là je me sens vraiment stupide d’avoir fait tout ça. Après tout, s’il ne vient pas, c’est son problème. Ugh, sauf que non… C’est aussi le mien. Il faut qu’on soit un nombre pair en cours pour que tout le monde puisse progresser, et notamment moi… Je plante mes pieds dans le sol recouvert de tatamis et me prépare à argumenter si nécessaire.


Dernière édition par Misuzu Watanabe le Ven 24 Nov 2017 - 17:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Dim 8 Oct 2017 - 21:08

Il y avait plusieurs choses que j'avais un jour ou l'autre regretté dans ma vie. Il y avait le fait de ne pas avoir rendu ce devoir maison de mathématique, en deuxième année de lycée. D'avoir parlé a Mika quand j'étais arrivé dans mon petit village de campagne après notre départ de Tokyo a ma mère et moi, ce qui m'avait valut qu'elle m'avait collée durant tout le long de ma scolarité la bas. La fois ou j'avais volé dans un konbini parce que comme ma mere ne pouvait pas travailler a cause d'une mauvaise grippe, j'avais décidé d'agir pour lui faire manger des choses un peu meilleur que ce que nous avions sous la main, afin qu'elle se rétablisse plus vite.

Plus proche, cette fois, ce moment ou j'avais répondu a cette fille a la bibliothèque, Natsuki, et qu'elle m'avait frappé avec un livre en insultant ma mère. Ce passage un peu honteux également ou Aslinn m'avait plongé la tête dans un lavabo des vestiaires du dojo, parce que je me sentais un peu....je ne sais même plus pourquoi, en fait. Quand je m'étais perdu a Bougu, et que j'avais demandé a Hibari-san de me guider vers l'académie, en pleine nuit, n'était pas un bon souvenir non plus, sur certain aspect.

Mais dans toute cette vie, il y avait un point majeur que je n'avais pourtant pas changé quand j'en avais eu la possibilité, et qui continuait de me poursuivre, encore et encore. Le club de cérémonie du thé. Je l'avais choisis a la base parce qu'il fallait bien faire quelque chose. J'avais coché l'année précédente la première case qui était tombé sous la pointe de mon crayon, sans même lire une description des activités du dit club. Et quand j'y avais mis les pieds, je m'étais vite vraiment ennuyé. Plus d'un an plus tard, rien n'avait changé, a la différence que j'avais trouvé quelques astuces pour éviter d'y être trop souvent.

Au début de cette année, contrairement a celle d'avant, il avait était décidé de faire des binômes. Et suite a un accident dont je ne parvenais plus réellement a me souvenir, j'avais réussit a parler avec le professeur responsable, lui disant que j'avais ruiné la séance de ma partenaire et que j'étais tellement maladroit qu'il valait mieux ne pas trop forcer. Si de base, cette explication n’était pas vraiment convaincante, j'avais la nouvelle responsabilité du club de combat sans armes. J'étais le capitaine général du club, et je n'avais pas qu'une section a m'occuper, mais toute les différentes sections que composaient le club.

Ainsi, j'avais obtenu une nouvelle dérogation, afin de pouvoir éviter d'aller trop souvent a cette heure de club, devant me trouver au dojo en contrepartie. Ce n’était pas une contrepartie, puisque j'y passais déjà le plus clair de mon temps. Petit a petit, j'y étais allé de moins en moins. Puis j'avais purement et simplement arrêté d'y mettre les pieds. Je n'avais eu aucune réflexion, pas de rappel me disant de revenir. Ils s'en fichaient, et moi aussi, a quoi bon se forcer ? C'est exactement pour cette raison qu'en cet après-midi automnale, je me trouvais au centre du dojo. Pour une fois je n'avais pas revêtu mon Nan Quan traditionnel. Je n'étais pas la pour m’entraîner.

Je venais plutôt méditer. Vêtu d'un jean noir et d'un large pull foncé couvrant mon corps a la perfection, j'étais assis au milieu du tatami, en tailleur, les yeux clos. J'avais finalement rattrapé mon retard scolaire, ayant assez travaillé mes cours pour que je me pense capable de surmonter les examens. Bien sur je devais continuer a travailler régulièrement, mais le plus gros etait fait. En clair, j'avais largement le temps de m’entraîner. Le tournoi tant attendu qui marquait mon grand retour sur la scène compétitive avait lieu le onze octobre, a Tokyo. Plus que trois jours, et a cette idée, mon sang se raréfier au niveau de mon visage.

J'ouvrais soudainement les yeux. Mon nom venait d'éclater au milieu du silence. Deux fois, pas de la même façon. Je ne faisais probablement pas un bon senpai, mais j'avais pris l'habitude que l'on me donne cette terminaison, d'autant que maintenant j'étais considéré dans cet endroit, comme la figure administrative la plus importante avec celle du capitaine de combat avec armes. Si au départ j'avais eu du mal a m'y habituer, après pratiquement six mois a avoir cette fonction, j'avais le sentiment sans doute faux que je ne me débrouillait pas si mal. Je n'avais toutefois pas de référence de l'ancien pour me faire une idée précise.

Je me laisse tomber en arrière, alors que la porte s'ouvre cette fois entièrement avec fracas. Allongé sur le dos, la tete vers la porte, je vois une jeune femme d'environ mon age pénétré dans la salle principale du dojo, l'air assez nerveux pour manquer de faire sortir la porte de son rail. Elle fait quelques pas et s'approche de moi, sans que je ne me rende compte directement que je suis en train de la regarder dans une position étrange. Je l'ai rapidement reconnu, dans la mesure ou j'ai mémorisé la tete de la totalité des membres du club que je dirige. Son nom, je ne l'aurais pas sortit de tete, par contre. J'ai une mémoire visuelle, absolument pas de celle qui permet de se souvenir de nom de famille de personne a qui je n'ai jamais parlé.

Je rougis en me rendant compte de ma posture, et me redressa d'un petit bond agile. Je passais mes mains sur mes vêtements afin d'enlever les quelques particules de poussières qui recouvraient le tissu, puis je m'inclinais plutôt bas devant celle qui venait de m'adresser la parole. Je me redresse ensuite, et passa ma main dans mes cheveux d'un air désinvolte, alors que je fais ce geste surtout pour évacuer la pression qui s’était installé en moi lors du moment ou elle avait pu me voir dans cette position étrange :

- Pardonne moi pour cet accueil, Watanabe Misuzu-san, ce n’était pas vraiment ce que je peux appeler une façon chaleureuse de t'inviter a entrer ici......même si ce lieu n'est pas a moi.


Pourquoi faut il toujours que je dise n'importe quoi ? C'est quoi cette phrase d'accroche ? J'aurais mieux fais de ne rien dire en fait, ca aurait eu le même effet. Je regarde son visage en prenant soin de ne rien regarder d'autre que son regard. Si je l'avais détaillé de bas en haut, en plus d'avoir l'air bizarre, je serais passé pour un pervers. Mais elle ne semble pas plus a l'aise que moi, et c'est mon rôle de détendre l’atmosphère dans ce genre de situation. Je crois. Je lui souris rapidement du mieux que je peux, en reprenant lentement la parole :

- Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis toujours disponible pour discuter. Donc vas y, je t'écoute. Enfin, tu veux peut être t'asseoir pour parler ? Même si il n'y a pas vraiment de banc ici......pourquoi pas devant le dojo, sur le ponton en bois. Ah mais il fait peut etre un peu froid dehors.....dis moi juste ce que tu preferes, je ferais comme bon te semble.

Oui, comme bon te semble, du moment que je peux mettre un terme a cette phrase déjà beaucoup trop longue.

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Misuzu Watanabe
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Lun 9 Oct 2017 - 1:17

Si je suis habituée aux situations embarrassantes, ça ne veut pas dire que je suis mieux équipée pour y réagir correctement. Aussi, quand j’entre et que je me retrouve face à un grand dadais blond étalé sur le dos au milieu de la pièce, l’appréhension et l’énervement se muent immédiatement en surprise. Je suis beaucoup trop près de lui. De là où il est il peut probablement voir mes  jambes et plus. Aussi, mon premier réflexe est de lâcher mon sac qui tombe au sol et de plaquer mes deux mains sur le devant de ma jupe. Mon visage prend immédiatement une teinte cramoisie qui ne s’efface pas lorsque je réalise que je porte mon habituel short sous ma jupe. Alors qu’il se relève je m’apprête à aller à sa rencontre et lui mettre un coup de sac de toutes mes forces en lui hurlant dessus, mais je n’en ai pas le temps. Il se redresse d’un bond et s’incline. Je crois même le voir rougir un instant. Par réflexe je m’incline aussi et avant de me relever, je récupère mon sac d’un geste rapide. Mon visage est certainement figé dans une expression d’incompréhension.

« Pardonne moi pour cet accueil, Watanabe Misuzu-san, ce n’était pas vraiment ce que je peux appeler une façon chaleureuse de t'inviter à entrer ici......même si ce lieu n'est pas à moi »

Alors là, c’est de plus en plus bizarre. Il s’excuse, me sourit, et il a l’air presque… Sympathique ? Il-  Oh, non. Je sens ma détermination à me faire respecter fondre quasi-instantanément. Et puis, je remarque qu’il concentre son regard sur mon visage, et j’apprécie sa tentative de se rattraper. Il a presque l’air aussi mal à l’aise que moi, si je puis dire. Mais au moins, il n’est pas si effrayant. En tout cas pas autant que dans mon souvenir. Je m’apprête à dire quelque chose mais le temps que mon cerveau forme une phrase qui ait du sens, il enchaîne.

« Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis toujours disponible pour discuter. Donc vas y, je t'écoute. Enfin, tu veux peut être t'asseoir pour parler ? Même si il n'y a pas vraiment de banc ici......pourquoi pas devant le dojo, sur le ponton en bois. Ah mais il fait peut être un peu froid dehors.....dis moi juste ce que tu préfères, je ferais comme bon te semble. »

Encore une fois, je suis prise de court par sa bonne volonté et son côté avenant, et je me prends à rougir de nouveau. Je sens mes oreilles et mon cou qui chauffent et je me sens vraiment stupide. Je tortille les poignées de mon sac entre mes doigts pour tenter de me donner contenance. Je balbutie et j’hésite un moment tout en réfléchissant. Après tout, je voulais profiter un peu du temps, il serait logique de s’installer dehors, il me semble bien avoir vu que l’avancée en bois du bâtiment était baignée de soleil avec juste l’ombre légère de quelques arbres. Ça pourrait peut être rendre la conversation qui va suivre plus facile, en effet… Après tout pourquoi pas. Je respire profondément.

« Etooo… Le ponton ça me paraît bien… J’ai une veste. Il fait soleil. »

Je m’applaudis intérieurement. Wow. Bravo Misuzu, tu as réussi à faire une presque phrase. Plutôt, trois phrases qui auraient pu se résumer en une. Mais bon. C’est déjà ça. Je ne dois pas me laisser intimider. Je passe les poignées de mon sac sur mon épaule, et les breloques qui y sont attachées bruissent doucement. Il y a notamment un talisman pour repousser les mauvais esprits, acheté à Nara l’été dernier et ma mère a insisté pour que je l’aie toujours sur moi. J’ai aussi le pendentif émaillé en forme de fleur de cerisier offert avec nos diplômes à la cérémonie de graduation l’année dernière, et une petite peluche de chat bedonnant avec une feuille sur la tête. Lentement, en laissant mes pieds s’enfoncer dans le tatami, je me dirige vers la sortie. Je m’arrête dès que j’ai dépassé la porte, pour laisser le temps à Sakutaro-senpai de récupérer des affaires ou quoi que ce soit si nécessaire, puis m’engouffre dans le couloir entre la salle de sport et celle d’ikebana. Je passe devant les casiers sans récupérer mes chaussures, inutiles puisque l’avancée en bois fait partie du dojo et est abritée. Les feuilles rougissent déjà et l’endroit est baigné de lumière dorée presque rasante qui les transperce pour venir éclairer le bâtiment. L’automne est vraiment ma saison préférée. Il faudra que je prenne le temps d’aller observer les érables. Mais là, il faut que je me concentre sur ce que je veux dire. Je fais de nouveau quelques pas sur les planches et me tourne vers Sakutaro, sentant mes joues déjà rouges. Je peste contre moi-même et ma capacité à virer au pivoine dès qu’il se passe quelque chose.

« Je ne suis pas ici pour le sport… »

J’hésite. Comment tourner ça pour ne pas avoir l’air trop agressive ? Je devrais tout simplement rester ce moi qui semble être capable d’être mignonne et fragile. Ça pourrait marcher. Okay, Misuzu, sois kawaii, tu l’as en toi. Tu peux le faire.

« Senpai, je tenais à m’excuser d’avoir été maladroite au premier cours de cérémonie du thé… est-ce la raison pour laquelle tu n’es jamais plus venu ? »

Je profite du fait qu’il est plus grand que moi pour lever vers lui des yeux embués. Je n’arrive pas à savoir moi-même si je joue la comédie ou bien si ce comportement est une facette bien réelle de ma personnalité. C’est sûr que j’ai plus tendance à enchaîner les boutades et les coups de poings amicaux avec les garçons du sport. Mais peut être que c’est juste un autre côté de moi et pas seulement un masque que je m’efforce de porter… Après tout, la difficulté que j’ai à m’exprimer et le rouge qui me monte au visage sont bien réels, et je ne peux pas faire semblant qu’ils sont là. Je me mords la lèvre un instant, à la fois dans l’attente de sa réponse et tentant de comprendre ce qui se passe dans ma tête. Il y a un peu de vent et la température ne semble pas si haute, pourtant je n’ai pas froid. Au contraire, mon visage me paraît brûlant et j’ai presque les mains moites. Et puis, comme par réflexe, je m’incline de nouveau vers lui, bras contre le corps, yeux presque clos.

« Sakutaro senpai, honto ni gomen nasai ! Moushi wakenai ! »

C’est presque un cri qui est sorti. Moi qui était venue pour l’engueuler, me voilà bien partie. Je n'avais pas réalisé que je me sentais aussi mal par rapport à l'incident de la théière. Peut être que j'avais évité d'y penser, et que je m'étais concentrée sur le fait que je m'étais fait vraiment très mal. Pourtant, je me suis vraiment ridiculisée devant lui. Mais là, tout de suite, j’ai l’impression de faire absolument n’importe quoi. D’autant plus n’importe quoi que mon sac, entraîné dans le mouvement, glisse de mon épaule et je ne parviens qu’à peine à le rattraper avant qu’il tombe au sol.

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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Lun 9 Oct 2017 - 14:35

Sa façon d'accepter la proposition de déplacer notre conversation sur le ponton du dojo me soulage fortement. J'avais pendant un moment cru qu'elle allait me sauter dessus, afin de m'étrangler, et de faire disparaître le regard que j'avais osé poser sur elle. Ce n’était pas ma faute si elle était entrée de cette manière. Mais peut être ne le voyait elle pas de cette manière ? Juste un mec qui avait essayé de se rincer l’œil. J'avais tout fait pour remédier a cet instant de gêne, et j'avais l'impression, au vu de sa réaction, qu'elle l'avait comprit. Peut être allons nous pouvoir discuter sans que ce petit événement impromptue ne nous gènes plus que de raison.

Elle bredouille fortement, si bien que j'ai un peu de mal a comprendre exactement ce qu'elle veux dire, mais je comprend l'information en général. En effet il ne fait pas si froid dehors, nous pouvons y aller. J'avais eu une bonne idée, pour une fois. Le pendentif pendant au niveau de mon cou a la forme du Yin et du Yang étant sortit de sa protection de tissu que forme mon pull, je le remet a l’intérieur de son carcan, avant d'enfouir les mains dans mes poches, me dirigeant a sa suite vers la sortie.

Le ponton est du bon coté en cette heure de la journée, et la chaleur du soleil l’éclaire entièrement, donnant finalement un coté un peu féerique a la scène. Je reste pendant un petit moment a contempler ce qui me semble être un rêve, que la nature a pourtant donné vie devant mes yeux. De son coté, la jeune femme a fait quelques pas en avant, et ses cheveux courts frémissent un instant sous une bourrasque de vent, captant mon regard. De dos, je la regarde un peu plus que ce que je m'étais autorisé a faire lorsque je lui faisais face. Je la reconnais, a peu prêt. Encore une fois, une habitude de toute une vie d'observer les gens fait que, même sans les connaître, je sais qui est qui quand j'adresse la parole a un ou une inconnue.

D'une façon sans doute un peu trop appuyé, je détaille les courbes de son dos d'un second regard, allant de haut en bas pour partir de la chute de son cou, pour finir sur cette de ses reins. Elle dispose d'une posture légèrement martiale que je repère immédiatement, signe qui me confirme que c'est bien la jeune femme que je pensais, celle du groupe de Taekwondo. Si Nao-chan avait était la, je lui aurais demandé si elle la connaissait, histoire d'avoir un ou deux sujets de discussion sous le coude en cas de blanc, mais il n’était pas le moment d'avoir ce genre d'avantage. Elle se retournait d'ailleurs vers moi.

Mon regard remontant vers le sien, je faisais un nouveau pas en avant pour me rapprocher et entendre sa voix avec plus de facilité. Elle se mit a faire écho dans ma tète d'une façon plutôt agréable, et un dernier pas m'assura d'arriver devant elle, a environ un mètre de sa position. Sa façon de me regarder m'interroge. On dirait presque qu'elle réfléchit a une manière de m'annoncer le décès de quelqu'un. Mais bon, vu que je ne la connais pas, je doute que ce soit le cas. J'écoute ce qu'elle me dit, et surtout, quand elle m'annonce d'un coup que cela n'a rien a voir avec le sport.

Donc elle est n'est pas venu voir capitaine Sakutaro. Ça m'arrange, ce n'est pas ce que je préfère. J'aime d'avantage qu'elle soit venue voir Satoshi. Je n'aurais peut être pas a gérer un nouveau cataclysme immédiatement. J'avais assez a faire avec une bagarre qui avait eu lieu entre deux premières années du club de lutte, qui avaient décidés d'avoir un « duel », pour une fille qui n'etait meme pas sortit de sa quatrième année de lycée. L'affaire avait tourné en bain de sang, et il avait fallut que je les sépares a l'aide du chef du club en question. J'avais d'ailleurs encore un bleu au niveau de la rotule consécutif a ce combat incontrôlé. Mais passons, je me concentrer a nouveau sur la jeune femme qui semble avoir a cœur de m'annoncer ce qu'elle a a dire.

Il me faut une seconde pour assimiler sa phrase. Alors, le club de cérémonie du thé. Ah, oui, le fameux club ou j'étais censé allé une fois par semaine et que je n'avais plus visité depuis prêt de trois mois. Alors c'est elle le rappel ? Ils ont envoyés une fille de mon age pour me convaincre de revenir ? Qu'est ce qu'ils attendent d'elle ? Qu'elle me ramene de gré ou de force ? Qu'elle me séduise ? Peut etre qu'ils lui ont donnés de l'argent et qu'elle a carte blanche pour utiliser tout les moyens qu'elle juge bon de mettre en œuvre. Ou peut etre....que je me fais des films. Vu la suite de sa phrase, elle me parle comme si on se connaissait vraiment. Maladroite.....la théière. Oh. Ooooooh. Alors c’était avec elle que j'étais ? Ils ne lui ont pas fais passer le message ? J'avais pourtant dis au professeur le jour même du drame qu'il fallait qu'il m'excuse auprès d'elle pour l'avoir embêté. Dans mon souvenir, l’événement avait eu lieu par ma faute....même si j'en avais joué pour obtenir ma dérogation, bien sur.

- Watanabe-san.....je crois qu'il y a.....


Je n'ai pas le temps de finir ma phrase qu'elle s'incline a nouveau, en s'excusant d'une façon que, dans mes souvenirs, personne n'avait jamais eu envers moi. Je ne pensais pas la situation si grave a ses yeux, et si j'y avais songé auparavant, j'aurais mis les choses au clair plus tôt. Je m'en voulais un peu, dans un sens, peut être qu'elle ressassait cet événement depuis des mois. Je soupire intérieurement.

C'est sans doute pour ça que je n'ai pas de relations sociales extrêmement développés. Parce que je ne pense jamais a ce que je fais. Je la regarde inclinée, et mes yeux se posent sur le sac qui glisse lentement vers sa chute inéluctable. Elle s'en rend compte juste aprés moi, si bien qu'elle tente de le rattraper maladroitement. D'une main rapide, je l'attrape également, pour soutenir l'action, le bout de mes doigts frôlant son bras. Une fois rétablis, j'hésite a poser mes mains sur ses épaules pour la faire se redresser. Mais nous ne nous connaissons a peine, ce serait sans doute déplacer. Je m'écarte un peu d'elle et avance vers le bord du ponton pour m'y asseoir, et je lui fais signe de venir a coté de moi, en souriant :

- Pourquoi rester debout alors qu'il fait si beau ? Le soleil ne sera pas la longtemps, bientôt, seule sa sœur lunaire nous fera grâce de sa présence, jusqu'au printemps. Nous devrions en profiter en regardant le ciel d'avantage, je pense.

Je ne peux m’empêcher de marquer mon incertitude quand je parle. Je pense. J'en suis sur en fait, aussi sur que le soleil est mon ennemi de toujours. La chaleur et ses rayons qui viennent m'attaquer a tout moment. Mais ce n'est pas un ennemi de haine. C'est plutôt....un rival. Et il faut savoir apprécier les qualités de ses ennemis. Je m’arrête un moment avant de reprendre, sans faire attention de voir si elle vient s'asseoir a coté de moi ou non. Puis au bout d'une bonne minute, je reprend la parole d'une voix ferme, mais peu élevé, parfaitement audible dans le silence ambiant :

- C'est moi qui te dois des excuses, Watanabe-san. J'ai un peu profité de cet événement pour obtenir le droit de moins venir au club de cérémonie du thé. Ce n'est pas du tout ta faute. Tu n'as pas a t'en vouloir. Je n'aime juste pas vraiment les activités autres que le club de combat sans armes. Mais il fallait bien choisir quelque chose et je suis tombé dans celui ci. Je suis désolé, j'aurais du deviner que partir comme ça te ferais te poser des questions.

Je ne tournais pas ma tête dans sa direction, me demandant si elle n'allait pas penser que je retournais la situation pour ne pas avoir d'ennuis. Pour une fois, c’était faux, et je parlais plutôt sérieusement. Je n'avais pas envie de l'entourlouper ou quoi que ce soit de la sorte. Je voulais simplement essayer de lui faire comprendre que j’étais sincère. Dans un dernier élan de volonté, j'ajoute encore quelques mots :

- Je ne sais pas si cela te consolera, mais c'est la deuxième année ou je suis dans ce club. Et la séance avec toi a sans doute était la moins ennuyante. Enfin, dit comme ça, ça semble plutôt méchant. J’espère que tes brûlures n’étaient pas trop douloureuses.

Je tourne enfin la tete vers elle, dans un sourire timide. Je ne tiens ma posture qu'une seule seconde, quand je vois son visage, le miens deviens d'une rougeur presque révoltante, et je ne peux que reprendre ma contemplation du ciel encore légèrement azuré.

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Mar 10 Oct 2017 - 1:08

Mais qu'est-ce que- Alors que ma main se dirige vers mon sac pour le rattraper, je me rends compte que le jeune homme debout en face de moi a accompagné mon geste. L’espace d’un instant ses doigts frôlent mon bras avant qu’il ne les retire rapidement. Ça a évidemment l’effet presque instantané de me faire virer à l’écarlate. C’est insupportable, il faudrait peut être que j’aille voir un médecin pour stopper ces rougissements intempestifs… En attendant je commence vraiment à me demander si il n'est pas juste une espèce de pervers. Mais là n'est pas le sujet pour l'instant. Le petit souffle de vent qui balaie mon visage m’aide à me calmer, et je me redresse d’un coup, tenant mon sac serré contre ma poitrine, mon regard fuyant le sien autant que possible. Ce n’est pas bien compliqué, il fait au moins dix centimètres de plus que moi, il me suffit juste de baisser les yeux et de me concentrer sur un point légèrement sur le côté. Je marmonne quelques syllabes sans cohérence aucune puis il va s’asseoir sur le rebord du ponton. Cette fois je le suis du regard, les sourcils légèrement levés de surprise. Il se tourne vers moi.

« Pourquoi rester debout alors qu'il fait si beau ? Le soleil ne sera pas là longtemps, bientôt, seule sa sœur lunaire nous fera grâce de sa présence, jusqu'au printemps. Nous devrions en profiter en regardant le ciel d'avantage, je pense. »

Wow. Je n’avais aucune idée que j’avais affaire à un poète de pacotille. J’étouffe un petit rire avant de reprendre un air sérieux. Peut être qu'il fait juste référence à l'O-tsukimi. Je m’avance pas à pas, pour m’asseoir pas trop près de lui. Effectivement, c’était une bonne idée de venir ici pour parler, sauf que maintenant tout me distrait de ce que je voulais dire. Le soleil, le vent dans les feuilles, les couleurs, ce courant d’air qui passe dans ma nuque et me fait légèrement frissonner… Je remarque qu’un arbre à kakis a déjà des fruits qui semblent presque mûrs non loin. Mmmh, j’adore les kakis quand ils sont bien sucrés. Peut être que je pourrai venir ici en piquer pour en ramener dans ma chambre. Après tout, je suppose que personne ne viendra les cueillir, alors autant ne pas les laisser pourrir au sol. Mais bref. Je suis bien trop facilement distraite par la nourriture. Je dois me concentrer. C’est important. Il me présente ses excuses. Mais pourquoi ? Il n’avait rien fait de mal, c’est moi qui suis incapable de tenir quelque chose entre mes mains sans le laisser tomber. Je cherche dans mes souvenirs, sans parvenir à me rappeler ce qu’il aurait pu faire. Ah. Il s’explique. Oh. Je vois. Utiliser l’incident comme excuse… J’ai du mal à comprendre mais je sens l’agacement monter un peu en moi. Non, on ne m’a rien dit. Oui, je me suis posé des questions. C’est incroyable, quand j’ai demandé au professeur si je pouvais regarder son dossier, il a dit oui mais n’a manifestement pas jugé utile de me préciser qu’il avait eu un genre de dérogation… Je fronce les sourcils et mon visage blêmit légèrement tandis que je mords ma lèvre inférieure. Et ça ne s’arrange pas lorsqu’il m’explique qu’il n’apprécie pas les activités du club de cérémonie du thé. Ehhhh ? Pourquoi avoir pris ce club alors ? Pourquoi pas une activité où il n’est pas nécessaire d’être en binômes ? Vraiment, je ne comprends pas ce garçon. Le silence retombe un instant. J’hésite à lui crier après. Peut être que je devrais, mais quelque chose me retient.

Il a raison, on est mieux assis. Le soleil réchauffe la partie de mes jambes qui n’est pas protégée par mes chaussettes. Je réfléchis aux options qui se présentent à moi.

« Je ne sais pas si cela te consolera, mais c'est la deuxième année ou je suis dans ce club. Et la séance avec toi a sans doute été la moins ennuyante. Enfin, dit comme ça, ça semble plutôt méchant. J’espère que tes brûlures n’étaient pas trop douloureuses. »

Décidément, on arrête pas les surprises.

« Ehhhhh ?! C’est pas gentil de se moquer. »

Je me tais un instant, et j’ai un petit rire. Effectivement au moins il s’est passé des choses pendant cette séance. Puis mon visage reprend son expression normale, avec même une légère moue.

« Non, ce n’était pas grave. Que des brûlures superficielles. Je me suis améliorée depuis...Et pourquoi ne pas choisir un club d’activités individuelles si c’est pour sécher ? »

Je fronce les sourcils, toujours les yeux fixés sur le bout de mes pieds. Je vois du coin de l’œil qu’il se tourne vers moi. Je ne fais pas de même mais ça n’empêche pas mon visage de s’empourprer (encore une fois). Je lève le nez vers le ciel et l’observe un moment, regardant les nuages passer paresseusement, poussés par l’alizé. Vraiment, il faut que j’aille regarder les feuilles rouges, peut être ce weekend. Ou alors je pourrais faire ça le même jour que le tsukimi, et préparer les dango la veille ? La perspective me fait sourire mais je dois faire ce que je me suis promis de faire. Je commence donc par l’observer du coin de l’œil avant de me tourner vers lui et… Hein ? Il a les joues rouges. Qu’est-ce que- Il détourne la tête et se met lui aussi à regarder le ciel. Eh bien, on est moyennement partis si il est aussi doué que moi… C’est dommage que je n’aie rien à manger, ça aide toujours à détendre l’atmosphère. Mais je ne peux plus me défiler.

« Sakutaro-senpai, il faut que tu revienne au club. »

Je me tourne vraiment vers lui, pliant ma jambe droite sous moi, tout mon corps lui faisant face sauf ma jambe gauche qui balance toujours du ponton.

« On est un nombre impair, et comme je suis toute seule mes performances vont en pâtir… S’il te plaît. »

Je ne peux pas laisser mes notes baisser juste parce qu'il n'aime pas la cérémonie du thé. Ces notes sont importantes. Après tout, c’est lui qui a choisi un club pour ensuite se débiner. Il a intérêt à dire oui. Mais en même temps je ne peux pas le forcer. Je décide de garder le comportement que j’ai eu jusqu’à maintenant. J’ai souvent entendu que les filles mignonnes et en détresse donnaient aux garçons envie de les protéger et de leur rendre service. Il est temps de vérifier cette théorie. Je ne suis pas si mignonne mais je peux faire comme si. Et je suis en détresse. Quelque part, ça donne sûrement une meilleure image que si je décidais de lui mettre des coups de sacs en lui hurlant après. Je ne suis pas sûre que ça soit très efficace néanmoins, surtout parce que je ne maîtrise pas cette attitude aussi bien que celle qui m’est naturelle, bien que plus brutale. Tout en attendant sa réponse, je me rends compte que j’ai faim. Vraiment faim en fait. J’espère que mon ventre ne va pas grogner, il ne manquerait plus que ça. J’espère surtout que ça ne va pas prendre trop longtemps de le convaincre, et que je pourrai rapidement aller quelque part remplir mon estomac. Parce que mon humeur devient rapidement mauvaise quand j’ai faim. Il n’est que 18 heures mais déjà je commence à penser à ce que je pourrais prendre comme dîner avant d’aller au travail. Peut-être quelque chose d’occidental… Mais je n’ai pas tellement envie d’y passer tout mon salaire. Hm. Il va falloir trouver quelque chose parce que dans tous les cas, que ça se passe bien ou mal, que je doive crier et taper ou non, il faudra que j’aille me rassasier avant mon service de nuit.

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Mer 11 Oct 2017 - 20:56

Je reste silencieux un long moment, ayant l'impression qu'une charge supplémentaire vient d’apparaître sur mes épaules. Celle de la culpabilité. Elle n'a encore quasiment rien dit, ne m'a pas supplié, n'a utilisé aucun stratagème divers et variés que j'ai moi même déjà en tête comme si nos positions étaient inversés. Mon plan, a la base, deux ans plus tôt, quand j'avais accepté de venir dans cette université, sous la pression de ma mère et de la bourse sportive plutôt alléchante que j'avais obtenu dés ma deuxième année de lycée, c’était d’être dans un coin tranquille.

Mon petit appartement étudiant, qui était juste assez grand pour que je puisse y dormir, les cours qui ne me demandaient de sortir qu'un minimum de temps, juste assez pour prendre le soleil, accompagné de mes entraînements quotidiens qui ne demandaient la présence de personne a part de moi, de ma force, et de ma motivation. Et je n'avais besoin de rien de plus pour être heureux. Mais sans vraiment savoir comment cela était arrivé, j'avais eu toute ces mésaventures, j'avais prit un travail que je n'avais pourtant pas objectif d'avoir a la base, j'étais devenu capitaine d'un club très important niveau population. Bref, bien loin de mon plan de base.

Je l'écoute me dire de ne pas me moquer. Ce n’était pas vraiment une moquerie. J'étais si maladroit que pour être tout a fait honnête, j'aurais sans doute pu renverser la théière a sa place, et ce n’était d'ailleurs pas exclu que je l'ai déjà fais lors de mes premiers cours. Rien de penser a ces fameux premiers cours, j'ai l'impression que l'ennuie recommence a me gagner. Sa question est plutôt cohérente, mais cela ne change pas le fait que la réponse est toujours aussi simple. Avec moi, il n'y a que rarement des raisons compliquées.

- Je trouvais ça ennuyant a mourir. Je ne savais pas que c’était ça. Je veux dire, le thé, j'en bois depuis que je suis né, ma mère est plutôt douée pour ça. Mais la cérémonie en elle même. Qu'elle galère. Et si je n'ai pas changé pour cette année.....c'est juste que j'avais un peu la flemme de faire la démarche administrative et de devoir recommencer un autre club a zéro, en sachant que rien ne m’intéresserait vraiment, je n'ai qu'un ou deux hobby dans la vie, que je pratique déjà.

La situation semble ne plus vraiment avancer suite a cette tirade. Je la regarde, je détourne la tete, elle le fait a son tour, puis moi. A ce rythme, cela n'avancera jamais. Je n'aime pas dire non. C'est pour ça que je dirige un club, parce que je ne sais pas le dire, ce mot a trois lettres qui me semble extrêmement difficile a faire sortir de ma bouche quand j'en ai le plus besoin. Je commence a réfléchir a un moyen de détourner la façon de refuser, quand elle reprend la parole, pour me dire directement que j'aurais voulu qu'elle oublie simplement. Je soupire, mais vraiment. D'un air ennuyé. Sans doute plus fort que ce que je l'aurais voulu.

- Je ne sais pas trop.

Je le sais très bien en fait que je ne veux pas du tout continuer d'aller a cette mascarade de club qui n'apprend rien d'utile. Chaque heure que je passe la bas, est une heure ou je ne court pas, ou je ne répète pas les bases, ou je ne me muscle pas, ou je ne médite pas. Ou je ne progresse pas. Ça paraît réducteur de voir ma vie sous cet angle, mais c'est finalement une vérité plutôt correcte de ce que je fais de mes journées. Cette fille a l'air gentille. Elle est plutôt jolie. A l'air de prendre a cœur toute cette histoire, et je n'ai rien de vraiment cohérent comme argument a lui donner. Elle en remet une couche. Un nombre impair. C'est bien ma chance. Il aurait mieux valu qu'ils soient un nombre pair suite a mon départ.

- Je suis extrêmement maladroit et serait sans doute un poids pour toi si je revenais.

Ça par contre, c'est vrai. Je ne compte plus le nombre de fois ou j'ai cassé des choses que je tenais en mains, par inadvertance. Si je ne suis pas du genre a tomber, perdre l'équilibre, trébucher, c'est plutôt une habitude a lâcher des objets, qu'ils me glissent des mains par inadvertance. Si elle semble aussi maladroite qu'elle a pu me le montrer durant ces quelques minutes, il y a un risque de détruire le club en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf. Je tourne la tête a l'opposé d'elle cette fois, observant des lycéens venir pour l’entraînement. Étrangement, cela me rendait content. Ils étaient motivés, et ce club qui était un peu a moi maintenant, me donnait envie qu'il fonctionne. L'un d'eux m'aperçut et me fit un signe de la main, ce a quoi je répondis par un signe de la tete et un sourire. Je n'avais pas l'habitude de ce genres d’échanges, mais ce n’était pas désagréable.

- Pas besoin de t’embêter en m'appelant comme ça. Les senpai et compagnies. Satoshi, ce sera bien. Je n'aime pas trop tout ces signes de respect, je n'ai pas l'impression d'en mériter.


Cela n'avait rien a voir avec le sujet, mais j'avais toujours le besoin de préciser ça. Qu'est ce que je pouvais dire de plus ? Elle ne voudrait pas me lâcher, c’était évident. Mais il y avait le tournoi dans quelques jours et je ne pouvais pas me permettre de passer l’après-midi a discuter avec elle. Oh, c’était plutôt une bonne idée, finalement. C’était même un argument de poids.

- Écoutes, Watanabe-san, j'ai un tournoi dans trois jours. Si je le gagne, et j’espère le gagner, alors j'en aurais d'autre, de plus en plus. J’espère aller aux nationaux. J'aurais de moins en moins de temps. Si je reviens, et que je suis ton binôme, et que je dois arrêter a nouveau, tu seras bloqués, tu ferais mieux d'en trouver un définitif maintenant.


Je ne peux pas finir la conversation comme ça. Je croise les bras, et sans attendre la réponse, j’enchaîne :

- Mais si je peux faire autre chose pour toi, je serais ravis de le faire, dans la mesure de mes possibilité.


Une belle pirouette, Sato-Sato, ta mère serait fière de toi. Ou non ?

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Ven 13 Oct 2017 - 23:37

Je passe doucement la main sur la petite cicatrice qu’a laissé une éclaboussure d’eau brûlante sur ma jambe, discrètement. C’est un réflexe mais inutile qu’il le voit. Je sens bien qu’il tente de se défiler. Il dit ne pas avoir su d’abord ce qu’était la cérémonie du thé. Involontairement, je fais tout de suite le rapprochement avec ses cheveux blonds. On ne lui a peut être pas inculqué la culture japonaise depuis son enfance comme mes parents l’ont fait avec moi. Quelque part, être hafu comme je suppose qu’il l’est sans vraiment le savoir, ça doit être un cadeau empoisonné. Oui, on a l’avantage de connaître les deux cultures mais en même temps mais du coup on ne fait vraiment partie d’aucune des deux, et ça doit être particulièrement difficile comme le japon. Mais du coup je me pose d’autres questions.

« Eeehhh…? Tu ne connaissais pas le matcha ? Qu’est-ce que tu pensais que c’était la cérémonie du thé ? »

Ce garçon n’en finit pas de m’étonner. Je le regarde les sourcils froncés et un air interrogateur sur le visage.  Il soupire. Je ne suis pas quelqu’un de très persuasif et il n’a pas l’air du tout emballé. La partie ne semble pas gagnée d’avance. Mais je sais que je m’en voudrai si je n’essaie pas de mon mieux de le convaincre. Il réaffirme ses doutes quant à son envie de revenir au club. J’ai envie de l’attraper et de le secouer en lui criant dessus jusqu’à ce qu’il accepte. Mais la vérité, c’est que mon visage s’empourpre rien que d’y penser. On dirait que je suis incapable d’accéder à mon côté garçon manqué aujourd’hui, pour une raison ou une autre. Je l’observe du coin de l’œil tout en faisant mine d’observer les arbres avoisinants. Il n’est pas si effrayant que ça. Son visage ne m’est pas désagréable. Ni même son allure d’abord.  Je n’ai pas envie de me fâcher avec lui, je préfèrerais m’en faire un ami, mais il faut malgré tout que j’essaie de le convaincre. Je n’ai aucune envie de devoir chercher quelqu’un d’autre pour compléter le nombre. Il tente de me faire changer d’avis en prétendant qu’il est maladroit. Je ne mange pas de ce pain là!

« Tu ne peux pas être plus maladroit que moi. »

Je reprends la moue que j’avais plus tôt et me détourne assez brusquement. Je souffle dans un soupir, d’une voix un peu énervée mais surtout déçue. Lorsque je jette un œil à Satoshi, il salue des lycéens qui arrivent au dojo pour s’entraîner. Je les regarde moi aussi, et ça me rappelle que le temps où je leur ressemblait est tout proche. Pas que le lycée me manque mais c’était un temps où tout me semblait plus simple. Il n’y avait pas de décisions à prendre, pas de responsabilités…

« Ah, mou ira ira suru… »

J’ai beau me creuser les méninges, je ne trouve pas vraiment de solution. Il faudrait vraiment qu’il revienne ou alors je vais me retrouver à chercher quelqu’un d’autre pour intégrer le club et je ne suis pas très douée en recrutement… Et puis il reprend. Je ne suis pas sûre de voir le rapport entre comment je l’appelle et le reste de la conversation mais soit. Alors, il entreprend de m’expliquer qu’il est très occupé. Il a des tournois, des combats, les nationaux… Je comprends. Quand on a quelque chose d’important il faut faire de son mieux. Mais il faut aussi respecter ses engagements surtout quand ils impliquent d’autres personnes. En même temps, je ne veux pas être ce qui l’empêche de réussir ses tournois… Il faut que j’arrive à trouver un compromis.

« Ecoute Satoshi-kun… Inutile de trouver des excuses. C’est évident que t’as pas envie. Et je comprends que tu veuilles te concentrer sur ce qui t’es cher. Mais quand on prend des engagements, il faut les respecter. »

Je réfléchis pendant un moment en triturant une mèche de mes cheveux et en balançant mes pieds dans le vide. Là tout de suite j’ai surtout faim et ça m’empêche un peu de réfléchir. J’ai travaillé toute la journée sans relâche et je n’ai même pas pris le temps de prendre un déjeuner autre qu’un simple onigiri à la bonite. Ugh, Misuzu, concentre toi sur ce que tu es en train de faire. C’est avec hésitation que je m’adresse à nouveau à lui.

« Bon. Euh… J’ai peut être une idée. On peut attendre jusqu’à après ton tournoi, et aviser ? Si tu pense vraiment à ce moment là ne pas pouvoir revenir, je te laisserai tranquille. »

Encore une fois, je me retrouve à fixer le bout de mes pieds, un peu abattue. J’étais partie pleine d’énergie et voilà que je me retrouve à ne rien obtenir du tout. Je me sens un peu ridicule sur le moment. Il doit penser que je ne suis venue que pour l’embêter et finalement il aurait peut être raison. Tout ça pour rien. Ça valait bien le coup que je me stresse autant. Je soupire, plus fort que je ne l’aurai voulu. Il faudrait que je prenne du recul mais toute cette histoire me tient vraiment à cœur. Je dois avoir un dossier irréprochable si je veux atteindre mon but. Mais ça me permet d’autant plus de comprendre que Satoshi préfère se concentrer sur ce qui le passionne. Je reprends d’une voix un peu abattue :

« Misuzu. Juste Misuzu. Enfin, les gens du club m’appellent Micchan. »

Je tente un petit sourire et c’est ce moment précis que mon estomac choisit pour gargouiller fortement. Ma main s’y pose par réflexe alors que je me mords la lèvre. Super, maintenant les bruits disgracieux. Mais c’est vrai que j’ai vraiment très faim. Et justement il me propose un service. Il est un peu plus de dix huit heures et mon service ne commence qu’à neuf heures. Il faudrait vraiment que je mange quelque chose. C’est avec un rictus d’anticipation que je tourne mon regard vers lui. Je le fixe pendant un moment, et puis je lâche finalement ce qui me déconcentre depuis tout à l’heure.

« J’ai super faim. »

C’est une manière plus ou moins non dissimulée de lui donner un indice sur ce qu’il peut faire pour se faire – un peu– pardonner. Mon ventre grogne de nouveau, et je commence à me dire que quoi qu’il arrive il faut que je mange quelque chose, et ce très rapidement. Surtout qu’une longue nuit d’ennui et d’attente m’attend.
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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Mar 17 Oct 2017 - 19:24

Ma mère était née dans une famille traditionnelle Japonaise. Mais je n'avais jamais vu mes grands-parents. Lorsqu'elle était tombée enceinte de moi, a peine âgée de quinze ans, elle avait était mit a la porte. Sa famille était modeste. Elle n'avait aucune envie d'élevé un deuxième enfant, surtout pour le profit d'un sale étranger venu mettre ses pieds dans un pays qui n’était pas le sien. Bref. En effet je connaissais les différentes cérémonies du thé que ce pays avait comme tradition. Je ne m'y étais jamais vraiment intéressé, mais j'avais déjà vu ma mère le faire. Pour Sakutaro Asuka, ce n’était pas une passion, plutôt une habitude encrée en elle. Et c’était sans doute pour la même raison qu'elle que j'avais fini par l'apprendre a mon tour.

- Si bien sur, enfin, je connaissais les bases bien avant d'arriver a l'académie.


Je n'avais juste même pas regardé entièrement la liste, je n'avais même pas vraiment remarqué que c’était la case devant la cérémonie du thé que j'avais coché. J'avais juste mis un coup de crayon sans réfléchir afin d’être débarrassé de cette corvée. A quoi bon réfléchir pour un deuxième club, quand celui ci ne m’intéressait pas le moins du monde ? Si j'avais pu choisir un second club sportif, je l'aurais fais, mais c’était obligatoire d'avoir autre chose. Je soupirais intérieurement. Quelle plaie, sérieusement.

La conversation se détourne pour partir sur un point un peu plus controversable. Moins maladroit ? Hum......aucune idée, puisque je n'avais aucune idée de l'ampleur du problème pour elle. Je savais simplement qu'il m'arrivait souvent de me cogner le haut du corps. Jamais la partie inférieure, cependant, et je n’étais pas du genre a perdre l'équilibre. Après tout, avec l’entraînement quotidien que je m'imposait, la maîtrise de mon corps était un minimum. Je reste songeur un moment avant de répondre a sa phrase qui ne semblait même pas être une question, plutôt une affirmation :

- Je ne sais pas trop, je n'ai pas l'impression d’être forcément toujours très doué. Et je ne te connais pas encore assez pour pouvoir te livrer un verdict optimal. Je t'en ferais part quand je te connaîtrais d'avantage, ok ?

C'est la meilleure idée qui me vient a l'esprit. Le temps passe, et quand elle reprend la parole, je suis satisfait de voir qu'elle utilise finalement mon prénom. C'est plus simple pour donner un sentiment d'intimité et de confiance avec une personne, plutôt que d'user de son nom de famille, je suppose. Elle me dit d'attendre la fin de mon tournoi pour ensuite y réfléchir. Je manque de sourire. Désolé mais ma décision est prise depuis le premier jour de ma première année d'université, je n'ai jamais voulu rester dans ce club, et maintenant qu'ils me fichent la paix, pas envie de revenir. Elle semble cependant tenir a ce détail, et j'hoche rapidement la tête :

- Si tu veux, mais je doute que ma réponse change. Enfin, je n'aime pas mentir. Si tu allais voir un professeur pour lui parler de mon cas, il viendrait sans doute me rappeler a l'ordre et je n'aurais d'autres choix que de revenir. Je te dis ça parce que je t'apprécie, et j’espère juste que ce n'est pas ce que tu feras. Mais si c'est le cas, je ne t'en voudrais pas.

Bon, maintenant que je lui ai donné une idée lumineuse, il semble que cette partie de la discussion soit enfin terminé. J’espère dans un coin de ma tête qu'elle ne me prendra pas aux mots. Je devrais peut être faire en sorte de devenir plus ami avec elle. C'est un peu calculateur mais après tout elle ne me connaît pas, et elle pourrait vraiment le faire. Mais je n'aime pas cette attitude. Aussi, je ne le ferais pas, et je laisserais son libre arbitre prendre la décision. A son tour, elle me dit de l'appeler par son prénom. C'est plus difficile a faire qu'a dire.

- Misuzu-san, donc. Je dois avouer que j'ai du mal a tutoyer les gens, même quand je suis censé avoir le rôle sacralisé d’aîné. Mais si tu préfères que je t'appelle comme ça, après avoir moi même précisé que tu pouvais m'appeler par mon prénom, je le ferais alors. Misuzu-san.


Bon, la conversation arrive a son terme ? Je vais la laisser partir vaquer a ses occupations. J'entends clairement ses gargouillis, et je retiens un sourire. Je suppose que nous sommes tous humain, après tout. Elle précise même a voix haute qu'elle a faim. Cela semble être un signal que la conversation n'est au contraire pas fini. Une invitation ? Je ne vois pas pourquoi elle resterait encore la, après cette phrase, sinon. Mais est ce que c'est bien raisonnable ? Je me gratte la tête.

- Je t'invite a déjeuner, alors ? Après tout, même si je n’accède pas a ta requête, cela ne veux pas dire pour autant qu'il faut décider de ne plus jamais se voir. Et je commence aussi a avoir faim.

Je rougis en pensant que je n'avais quasiment plus rien dans mon frigo. Qu'est ce que je pouvais faire alors que mon compte en banque était déjà plus que dans le dur. Compter sur sa bienveillance, et accepter de ne pas manger quelque chose de très développé, sans doute. Je me lève d'un coup, et me retourne vers elle :

- Enfin, si ca ne te dérange pas de passer un moment un peu plus long avec le garçon qui t'a mise en difficulté avec le club.

Sourire timide, cette fois, je détourne les yeux. Et bien sur, je rougis. Encore plus.

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MessageSujet: Re: Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}   Ven 24 Nov 2017 - 13:11

Il conteste mon affirmation d’être la plus maladroite, enfin, plutôt il précise qu’il ne peut pas comparer parce qu’il ne me connaît pas assez. Il semble insinuer, à un moment, qu’on va être amené à se connaître mieux. Je fronce les sourcils, incertaine de ce qu’il entend par là. Normalement, je devrais me lever et partir et ne plus jamais lui adresser la parole. Après tout, cette conversation n’a pas du tout fait avancer le problème, et l’a même rendu plus compliqué. Il précise qu’il n’y a que peu de chances qu’il revienne sur sa décision. J’interprète ça comme un non définitif. Bon, je n’ai aucune raison de rester là alors. Je ferais mieux d’aller chercher quelque chose à manger avant le travail. Il précise que je pourrais faire appel à un enseignant. L’idée m’a en effet effleuré l’esprit, mais je n’aime pas passer par les autorités supérieures. Je préfère l’idée de parler d’abord avec les gens, d’essayer de régler les choses à la manière douce. Il ajoute d’ailleurs qu’il préfèrerait que je n’emploie pas cette méthode, et précise qu’il m’apprécie. Je sens mon épiderme violemment chauffer et j’en déduis que j’ai de nouveau rougi. J’essaie de me calmer et de réfléchir rationnellement. Il dit forcément ça pour m’amadouer. C’est sûr à quatre-vingt-dix-neuf pour cents. On ne se connaît pas assez pour qu’il puisse m’apprécier. Respire Misuzu. Tout va bien. Le fait que cette personne soit dotée de chromosomes XY ne signifie pas que tu dois avoir peur et être aussi anxieuse. Je soupir et marmonne plus ou moins intelligiblement, en regardant de nouveau mes pieds.

« C’est bon, je n’irai pas voir un prof… Je ne suis pas comme ça. Je comprends que tu aies tes priorités. »  

Sauf que du coup je suis dans une vraie galère. Il va falloir que je trouve une nouvelle personne pour le club et je n’ai aucune idée de comment le faire. Il répète mon nom à deux reprises, expliquant qu’il a du mal à tutoyer les gens. Comme ça, on est deux. Etant donné qu’on a dû se parler deux fois en tout, probablement pour des questions administratives et lors du fameux cours de cérémonie du thé, dire que nous sommes des étrangers ne serait pas exagéré. Et la proximité d’âge n’y change rien, tutoyer les gens, quand on est socialement inapte, et les traiter comme des amis est particulièrement difficile. Je hausse les épaules. Je ne lui ai pas demandé de m’appeler Micchan non plus, donc bon j’ai réduit la difficulté au maximum. Et mine de rien, c’est plus difficile pour moi, parce que techniquement il a autorité sur moi au moins dans le cadre du club de combat sans armes.

Ma technique d’insister sur mes gargouillements en précisant à voix haute que je meurs de faim semble avoir marché, puisque c’est avec hésitation qu’il me propose de m’inviter à manger. Yes ! Etant donné que je ne connais pas son budget, il vaut sûrement mieux que je décide de manger quelque chose de bon marché. Il continue à parler mais je ne l’entends plus vraiment, occupée que je suis à feuilleter dans ma tête les pages de la grande encyclopédie de la bouffe. Une patate douce grillée ? Ça me fait envie mais c’est probablement pas assez nourrissant pour tenir presque toute la nuit. Et pourquoi pas de la citrouille avec une sauce et du tofu avec du myoga. A vrai dire, j’ai vraiment très faim. Mais bon, si je paye une partie j’aurai pas vraiment de dette envers lui, et en même temps j’aurai mangé à ma faim. Là, tout de suite, je serais capable de manger une vache entière et quelques citrouilles en accompagnement. Je lève les yeux vers lui alors qu’il demande si ça ne me dérange pas de passer plus de temps avec lui. Je lui souris, mon humeur déjà largement améliorée par la promesse d’un bon repas avant d’aller au travail.

« Tant qu’il y a un repas à la clé, ça me va. J’ai une idée de là où on peut aller, et on pourra partager la note si tu veux ? »

Je rougis un peu mais garde mon sourire. Mon ventre gargouille de nouveau, et je me lève, prenant bien garde de ne pas faire tomber mon sac cette fois ci. Je retourne dans le couloir et récupère mes chaussures dans mon casier. Il s’agit d’oxfords toutes simples, noires, dont je défaits les lacets et que j’enfile assise sur le parquet du couloir. Une fois debout, je m’assure que Satoshi est prêt avant de m’élancer, tortillant le coin de mon blouson entre mes doigts. J’essaie de ne pas laisser le silence s’installer, et de trouver un sujet de conversation. Evidemment, le premier qui me vient est aussi le plus intéressant.

« J’aime beaucoup les plats d’automne. Il y a toujours des saveurs intéressantes même dans une simple patate douce grillée. Tu ne trouves pas ? Ce sont toujours des plats réconfortants. »

En effet, rien de tel qu’une patate douce grillée, quelques châtaignes et un ou deux kakis sous les feuilles rouges des érables, ou même sous la couette en écoutant tomber la pluie. Je pense un instant au voyage à Nara que j’avais fait avec mes parents lors de ma première année de lycée, et où nous avions mangé des patates et du mochi à l’armoise et à la farine de soja malaxé par le fabricant de mochi le plus rapide du japon. Je secoue la tête et me reconcentre sur la conversation en cours. Maintenant que je suis un peu plus calme, il y a plein de choses que j’aimerais demander à mon compagnon du moment, mais qui risquent d’être inappropriées ou indiscrètes. Par exemple, est-ce que ses cheveux sont comme ça naturellement ? D’où viennent ses parents ? De quel pays est la moitié qui n’est pas japonaise ? Est-ce qu’il parle une autre langue ? Est-ce que le cuisine de l’autre pays est aussi savoureuse que les plats d’automne japonais ? Evidemment, je ne peux pas demander tout ça. Alors je me contente de le sourire, en tentant de garder mes joues d’une couleur normale.

« Euh, excuse moi si c’est une question indiscrète, mais, tu es hafu c’est bien ça ? »

En écoutant sa réponse, je me dirige hors du campus, vers la ville, plus exactement vers Hiryuu. Je connais là bas un charmant restaurant traditionnel aux prix tout à fait corrects, qui n’est pas très loin ni du campus ni de l’endroit où je travaille. En à peine plus de dix minutes de marche nous sommes devant le restaurant. Avant de pousser la porte, je me tourne vers Satoshi, l’air légèrement anxieux.

« J’espère vraiment qu’ils auront du maquereau et du myoga. »

Certes, c’est moins dramatique que ce qu’on aurait pu imaginer, mais s’ils n’en ont pas, alors ça ne sera pas un vrai repas d’automne, et ça sera forcément décevant.
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Dealing with you is like herding cats {Satoshi Sakurato}
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