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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Warui ! & Montaro

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Mei Shiozaki
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MessageSujet: Warui ! & Montaro   Sam 16 Sep 2017 - 15:23

Ce bruit, encore et encore, toujours le même et ce depuis aussi longtemps que je pouvais l’entendre. Plus il faisait part de sa présence et plus ma tête se baissait pour bientôt toucher la pile de feuilles étalées sur le bureau. La voix de l’enseignant n’était qu’un lointain son parvenant avec difficulté jusqu’à mes oreilles. Mes mèches de côté formaient désormais un rideau autour de mon visage, se mêlant à mes stylos posés aux côtés du papier. Et cette horloge dont les aiguilles qui ne voulaient point avancer plus rapidement. De l’extérieur mon comportement pouvait assurément porter confusion et c’est avec un air embarrassé que je jetais furtivement un coup d’œil à l’heure. Très bien, plus que cinq minutes. Sans doute les cinq minutes les plus longues de ma journée. Mes mains exerçaient une pression sur mon ventre lui ordonnant de se taire une bonne fois pour toutes. Le phénomène dont je tenais ma gêne vous parait peut-être plus clair, j’avais faim. Non, dire que je voulais manger était un euphémisme. J’étais affamée. Cependant, pour assouvir mon désir d’engloutir le premier plat sur lequel mes yeux rêvaient de se poser, je devais attendre et espérer que mon estomac ne se décide plus à participer à sa manière au cours. Décomptant les secondes restantes, mon esprit s’efforçait de suivre les paroles du professeur qui, ma foi, n’aidait pas vraiment ma cause. Sa voix basse, son ton fatigué et peu intéressé par ses propres dires renforçaient le supplice d’étudiants qui se retenaient déjà bien de piquer du nez.

Et puis les deux flèches en plastique enfermées dans ce fameux rond se superposèrent parfaitement sur le douze pour signer la délivrance, la mienne. Je soupirai d’un soupire que je devais sûrement retenir depuis le début de ma galère. Ma tête toujours penchée, se releva non sans prêter attention aux camarades alentour, jaugeant leur degré d’intérêt envers ma personne. Bien, aucun ne m’observait. Tout le monde s’afférait plutôt à exprimer leur sentiment vis-à-vis de la leçon tout juste terminée et des devoirs à rendre pour la semaine. J’écoutais à moitié histoire de ne pas passer à côté d’un point que j’avais par malheur manqué tandis que mes diverses affaires reprenaient leur place initiale dans mon sac. Je quittai très rapidement la salle, mes longues jambes me guidant automatiquement vers la destination de mes rêves à cet instant-là. Le brouhaha scolaire suffisait à empêcher quiconque de réfléchir calmement, aussi je ne pris guère la peine de tenter de repérer un ou plusieurs visages familiers. Tant pis, j’allais être en mode solo ce midi, ce qui n’était pas forcément pour me déranger. Ce qui m’importait le plus fut la file de ventres insatisfaits amassés devant les portes du self pas encore ouvert. Bras croisés, mon index tapotait sur mon bras droit et je remarquais que mon gargouillement avait cessé tout naturellement. Comme par hasard, pour me mettre la honte il y avait constamment du monde.

Pas de menu affiché, nous devions nous contenter d’entrapercevoir l’étalage des plats et les employés de cuisine debout derrière prêts à servir la centaine d’élèves. Un membre du personnel nous fit signe d’avancer marquant le début officiel du repas. De ma part ma grande taille, je réussissais à me frayer aisément un chemin, quand bien même je ne cherchais pas à dépasser qui que ce soit. Je restai toujours polie, situation d’urgence ou pas. Mon corps se balança vers la gauche dans l’optique de voir ce que nous avions de bons proposés aujourd’hui. Il ne m’en fallut pas plus pour réveiller le gargouillis. S’il-vous-plait ne mettez pas trente ans à choisir, pensez à ceux derrière vous, pensai-je. Mon plateau à la main, je me dirigeai hâtivement vers la première dame, tout sourire. Je lui indiquai du doigt ma décision et à mesure qu’elle s’exécutait, je réprimais péniblement de me mordre la lèvre inférieure. Je devais manger tout de suite.

Un merci expéditif après, mes pupilles brunes faisaient déjà leur course à la recherche d’une table plus ou moins vide. Qui disait premiers arrivés, disaient premiers servis et à tous les niveaux. Ainsi, une belle place au soleil, près de la fenêtre se fit voir et je me hâtai de m’y asseoir avant qu’on me la prenne.

« Itadakimasu ! »

Mains jointes, ces mots banales résonnaient dans toute la pièce. Je pris une bouchée, et une seconde. Il n’y avait rien à redire de l’élaboration des plats à Keimoo, à la hauteur du prix que nous versons chaque mois. Or, l’idée de profiter de mon repas ne me traversa pas de suite l’esprit. L’important était de me nourrir. Ce fut accompli en partie après une énième répétition de ce même geste. Je posais mes baguettes dans mon bol, sans vraiment prêter attention où et comment je les déposais. Mon cerveau se focalisait d’ores et déjà sur mon sac posé à mes pieds et dans lequel je vis une petite lumière clignoter, le signalement de l’arrivé d’un nouveau message.

Sélectionnant avec soin les idéogrammes, j’alternais entre boire une gorgée et continuait l’écrire de ma réponse. Une fois cela fait, je reposais mon verre et trouvais qu’il était l’heure de détendre un peu par la musique. Il n’y avait plus d’impératif, ma journée de cours s’étaient achevées, allait débuter celle de mes clubs. Néanmoins, j’avais une marge de facilement trois heures et c’est rassuré que je démarrai la première chanson de ma liste.

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MessageSujet: Re: Warui ! & Montaro   Sam 16 Sep 2017 - 19:16

La longue matinée de cours, plus ou moins intéressants, que je venais d’avoir laissait place à la pause déjeuner. Je n’avais malheureusement pas encore eu le temps d’échanger assez avec mes camarades pour que ces derniers me proposent de manger avec eux. Ne voulant pas m’incruster, je n’avais pas osé leur demander si je pouvais partager mon repas en compagnie de ces derniers. Mais cela était peut-être mieux ainsi. Je préférais faire mes premiers pas seul, ainsi, si jamais il m’arrivait de me tromper -et me connaissant, c’était un fait assuré-; il n’y aurait pas de témoins pour me le faire remarquer.

Je me dirigeais donc vers le réfectoire. Après m’être fier à mon piteux sens de l’orientation, je décidais d’aller à son encontre, et atterris finalement dans ce lieu sacré. Étant donné que j’avais mis du temps à le retrouver, il semblait que la foule était déjà passée. En effet, les tables étaient remplis d’élèves, et le personnel du réfectoire venait presque à s’ennuyer. Je n’étais pas près de remédier à tout ça.

Indécis, comme toujours, je ne savais pas du tout quoi prendre, mais surtout, j’avais très peur de ne pas avoir les moyens de payer mon repas. Je n’avais pas bien compris comment cela fonctionnait, et mes parents ne m’avaient pas donné d’argent. Je m’étais contenté de les rassurer, en leur disant que j’avais fait assez d’économies au travail pour pouvoir vivre à Keimoo, et que, de toute façon, une fois sur place, je continuerais à travailler, ils n’avaient donc pas de quoi s’inquiéter. Cependant, j’avais omis de leur dire que ces chères économies étaient toute parties dans la boisson. Il ne me restait donc plus qu’un solde, très insuffisant, pour passer la semaine. Si Daiki avait été là, il se serait sans doute aperçu de mon embarras, m’aurait donné une petite tape sur la tête et payé le repas. Cependant, voilà que j’étais seul.

« C’est pour aujourd’hui ou pour demain mon garçon? »

Une des dames du réfectoire me lançait un regard impatient, et perturbé. Je me lançais alors, un peu gêné :

« Ce… c’est que… Les prix ne sont pas affichés? »

L’expression faciale de la dame s’apaisa soudainement. Elle finit par me sourire, puis par me dire que pour cette fois, elle me laisserait prendre le plat de mon choix. Je fus d'abord extrêmement gêné et me mit à rougir tout en la saluant, pour la remercier. Je lui avais sûrement fait pitié. Je serrais les dents, m'énerver serait trop injuste pour cette dame qui voulait bien faire. Je me mis donc à admirer les divers choix proposés, le nez collé aux vitres qui nous séparaient des mets. Beaucoup d’aliments contenaient de la viande. Étant végétarien, je les excluais immédiatement. Cependant, je m’autorisais quelques fois à manger du poisson, suite aux nombreuses carences que mon médecin avait pu percevoir chez moi. Je me dirigeais donc vers des sushis, que la dame me servit aussitôt.

Mon plateau dans les mains, il ne me restait plus qu’à trouver une place au milieu de tout ce petit monde. Une lumière attira mon regard. Il restait des places, près des fenêtres, au soleil. Je trouvais cela plutôt étonnant, avant de me rendre compte que c’était le lieu des solitaires : en effet, c’était de toutes petites tables, qui ne pouvaient par conséquent pas accueillir les bandes d’amis. Parfait pour moi, qui n’en avait pas encore.

Avant de manger, j’observais les alentours. Je ne me sentais pas très bien, de manger tout seul, dans un endroit que je ne connais pas, loin de toute ma famille, et ma vie en général. Je sentais un nœud prendre place dans ma gorge. À une table plus loin de moi se trouvait une jeune japonaise, plutôt jolie, aux longs cheveux bruns et aux multiples grains de beauté. Mais ce n’était pas son physique qui attira mon regard. En effet, elle venait de commettre un crime. Je restais bouche-bée devant son geste plein d’insouciance : Elle venait de planter ses baguettes dans le riz, avant de les ramener à sa bouche. Je commençais à stresser, à serrer les points, et à sentir un de mes sourcils se crisper.
Je pris alors mes sushis, que je n’avais pas encore touchés, et, poussé par une certaine pulsion, je m’assis face à la jeune fille, l’air mécontent.

« Maudite sois tu! Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?? »

La jeune fille avait l’air japonaise pourtant. Elle devrait être au courant que cela porte malheur, que cela ramène directement aux rites funéraires, où l’on utilise un bol d’encens, qui ressemble au bol de riz, quand les baguettes y sont plantées. Peut-être n’était-elle pas au courant… Je la scrutais alors plus attentivement. Ses yeux semblaient fatigués. Peut-être n’avait-elle pas dormi…

Quoiqu’il en soit, je m’aperçus alors du geste que je venais de faire. J’allais encore passer pour un fou. Il est vrai que cet acte fut assez spontané. Je me mis alors à rougir terriblement, avant de détourner le regard.

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MessageSujet: Re: Warui ! & Montaro   Dim 17 Sep 2017 - 20:52

Le principe était simple, lorsque j’écoutais ma musique, principalement avec des écouteurs, je me retrouvais alors plongée dans cet univers que tous avaient déjà côtoyé au moins une fois dans sa vie. Le monde pouvait tourner plus rapidement qu’à la normale, une dispute pouvait éclater à mes côtés que je n’allais guère en ressortir pour y prêter attention. Au fil de la chanson je m’imaginais mille et une aventures, scénarios impossibles à réaliser et mes pensées s’envolaient pour m’entraîner dans des réflexions plus saugrenues les unes que les autres. Tantôt mes lèvres suivaient avec plus ou moins de facilité les paroles, tantôt elles furent interrompues par une nouvelle portion de nourriture accueillie avec plaisir. Il y avait des midis comme ça où la tranquillité régnait en maîtresse et ne laissait place à aucune perturbation. Ma seconde chanson débuta à peine que je vis, à ma grande surprise, mon intérêt changer de cible en un instant. Une voix grave, certainement pas la mienne, ni celle de mon voisin à laquelle il m’avait d’ores et déjà habitué. Non, un ton étranger, jamais entendu auparavant et un ton peu enthousiaste. Le son mélodique en provenance de mes écouteurs ne suffisait pas à camoufler son intervention, aussi mon regard se porta sur l’arrivant. Je croisai immédiatement ses yeux pour très vite fixer ses cheveux d’une couleur qui me rappela quelqu’un d’autre. Mon corps tout entier eu un mouvement de recul à la vision de son expression négative. Je ne pipai mots, cherchant jusqu’au fond de mon esprit la raison de cette réprimande. A dire vrai, si j’ouvrais la bouche, j’allais simplement balbutier deux trois mots incompréhensibles.

Est-ce que cette place était réservée ? Est-ce que je venais de faire quelque chose qu’il ne fallait pas ? Perdue, sans le moindre indice je copiai son geste précédent et mes prunelles se posèrent sur mon plat et plus précisément sur mon bol de riz. Toujours confuse, j’arquai un sourcil et fut prête à lui demander où était le souci. Mais je me rabattis. Mon doigt pointa mes baguettes tandis que je scrutai le visage de mon camarade de table d’en face. Plutôt que d’être longue à la détente, je dirai que j’avais du mal à relier les points entre eux, le déclic se faisait attendre. Je sentis une pression autour de moi. Des soupirs parvenaient à mes oreilles. Puis, mes yeux s’arrondirent, ma main vint se coller à mes fins lèvres qui formaient un ‘o’. Je restai interdite le temps de bien percuter la bêtise que je venais de commettre et me remémorais automatiquement ses paroles à lui.

« Mince, mince miiince ! » fut les uniques termes que j’eusse réussis à articuler.

D’un geste brusque je retirai les couverts de métal plantés sans honte et les plaquai contre le plastique de mon plateau. Les élèves entourant s’alarmèrent suite à ce bruit survenu sans prévenir bien que certains d’entre eux eurent déjà leurs minois tourner vers nous depuis quelques minutes maintenant. Seule un air désolé, profondément désolé, me servit d’excuses. Quelle ignorance venais-je d’afficher, ce n’était pas possible d’être aussi idiote.

« Je- ce n’est pas que je ne savais pas, je suis aussi Japonaise...j’oublie juste, des fois. Souvent. » marmonnais-je.

J’oubliais que j’étais au Japon, j’oubliais qu’il y avait des Japonais autour de moi, j’oubliais que quand bien même j’avais un pied dans la culture chinoise, j’en avais un autre dans la culture nippone. Plus que ça, je fis face au problème qui peut survenir lorsqu’on était métisse. Ce mélange créait des confusions sans pour autant me fournir un motif valable. Le vent de panique tendait à se dissiper, les battements de mon cœur se calmaient et je pris une grande inspiration. Mes mains serraient le tissu de ma jupe et je m’inclinai.

« Désolée, vraiment. »

Un instrumental vint perturber le silence qui s’installa. Ma musique tournait encore en boucle, je l’arrêtai d’un mouvement net. Et je remarquai seulement maintenant les rougeurs qui teintaient ses joues. Ma culpabilité s’intensifia et je repris la parole, d’une voix plus basse pour faire fuir définitivement la curiosité mal placée d’autrui.

« Merci, heureusement que tu étais là. »

Ne sachant pas comment adoucir l’atmosphère, je me concentrai sur ma nourriture qui ne me donnait étrangement plus envie. Une chose positive là-dedans pouvait être relevée ; mes divers petits plats étaient quasi vides et je ne risquais donc pas de m’en vouloir de ne pas avoir tout fini. Néanmoins je ne me voyais pas partir tel une voleuse, surtout que je désirai conserver cet endroit au soleil. Ma poigne sur mon vêtement se relaxa, mes épaules se relâchèrent et je me raclai la gorge pour me faire entendre clairement.

« Tu peux manger à cette table, ça ne me dérange pas. »

J’accompagnais ma timide demande d’un discret mais sincère sourire. Je souhaitais lui ôter cet air embarrassé car la logique voudrait que cela soit moi qui suis gênée, pas du tout lui. Toutefois, je ne pouvais me détacher de son apparence. Les étrangers originaires de très loin avaient le don de m’intriguer et ce des années après mes divers voyages et ma première venue à Keimoo.

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Dernière édition par Mei Shiozaki le Mer 20 Sep 2017 - 22:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Warui ! & Montaro   Lun 18 Sep 2017 - 0:23

Après m’être brusquement dirigé vers la jeune japonaise qui me faisait face, ma gêne se partagea avec celle de la jeune fille. Elle avait l’air confuse, et presque perdue, comme si je venais de l’ôter d’une sorte de délicieux paradis d’insouciance. Apparemment, c’était bien ce que je venais de faire : elle ne « s’en était pas aperçue. » Cela me froissa quelques peu, mais je la trouvais touchante, elle ne devait pas avoir penser à mal. C’est une sorte de don me semble-t-il, que de capter les intentions des gens. Je finis donc par lui sourire, parce que je la voyais tout de même stressée. Pourtant, il semblait qu’elle était plus âgée que moi, maintenant que je me trouvais près, en mesure de l’examiner.

Cependant, le geste avait tout de même eu lieu, et je ne pouvais pas laisser passer ça. Je voulais sauver sa pauvre âme qui me semblait si frêle à ce moment-là. Mon regard parcouru les alentours, ce qui me fit remarquer que nous étions observés. Un peu gêné, je n’y prêtais pas attention, car un tout autre chose avait su la capter : le sel. Mes yeux s’illuminèrent, et je ramenais mon regard, posé sur l’objet en question, vers celui de la jeune fille, un sourire en coin, plein de détermination.

« C’est bon. C’est pas grave. Je vais te purifier. »

Je m’approchais lentement d’elle, tout en m’accaparant du produit. Je n’étais pas certain que cela puisse fonctionner, mais nombreuses sont les superstitions où le sel permet de purifier. Je me disais que cela pouvait peut-être réparer son geste. Je versais quelques grains de sel dans ma main, que je m’apprêtais à lui lancer dessus. Heureusement que ma conscience fit barrage à ce geste, qui aurait pu bouleversé ma vie dans l’Académie. Il est vrai qu’en y réfléchissant, ça ne se fait pas, de lancer du sel sur les inconnus. Surtout après les avoir blâmés. Ce geste, qui pour moi, était salvateur, serait certainement interprété comme une forme de violence pure et dure.  

Je relâchais donc le sel que contenait ma main, et m’assis à côté de la jeune fille, qui venait de me proposer de manger avec elle. J’étais finalement plutôt content de mon geste : j’avais trouvé une compagnie. Cependant, elle semblait aussi plutôt sereine, avant que je ne vienne la troublé. Peut-être était-ce une de ces âmes solitaires, si narcissiques qu’elles ressentent un besoin constant d’être avec elles-mêmes. Ou peut-être tout simplement qu’elle n’avait pas d’amis. Dans tous les cas, maintenant que je l’avais abordée, je ne comptais pas la laisser comme ça.

« Mh. Écoutes, en fait prends le sel et jettes-en sur toi. Comme ça! »

Je prie à nouveau une petite pincée, et m’en jetais dessus. Je devais paraître ridicule, mais au moins, si elle acceptait de le faire, je l’accompagnerais dans ce moment de solitude.

Je me rassis finalement à côté d’elle, et entamais mes sushis. Mes yeux s’illuminèrent devant le plat, que je dégustais aussitôt.

« Itadakimasu! »

Les sushis étaient délicieux. J’en profitais car je n’allais sûrement pas pouvoir remanger ici avant un moment. Puis, la présence de la jeune fille me retira de mes pensées. La bouche pleine, je lui proposais alors, tout en lui tendant un sushis avec mes baguettes, dans un japonais peu articulé :

« T’en veux? »

Puis, après avoir avalé ma bouchée :

« Moi c’est Adkins Montaro. »

Je lui souriais, dans le but de paraître le plus amicale possible. Après tout, elle avait l’air plutôt sympathique. J’espérais seulement que si elle acceptait de gouter mes sushis, elle ne ferait pas de transfert de baguettes en baguettes, au risque de traumatiser mon petit kokoro.

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MessageSujet: Re: Warui ! & Montaro   Mer 20 Sep 2017 - 22:05

L’atmosphère lourde ne l’était plus, la salle fut replongée à nouveau dans un calme olympien. L’apaisement actuel effaça par la même occasion l’épisode survenu entre nous deux. Chacun retourna à son occupation, notre brève interaction n’intéressait plus personne. Ouf. Je pris également part au silence, mais pas dans le but de passer à autre chose. J’attendais, j’attendais une réponse, j’attendais d’entendre encore une nouvelle fois cette voix masculine pour me dire que tout allait bien. Il ne m’en fallut plus, ce qui se miroitait tel un souhait fut exaucé la minute suivant la fin de ma dernière phrase. Et ce fut le soulagement le plus complet. Je ne pouvais me rassurer en proclamant ne pas avoir commis d’injure, c’était faux car justement en disant cela je tapais en plein dans le mille. Mais soit, tout ça semblait être du passé et une petite joie commença à naître au fond de moi accompagné d’un sentiment chaud suite à mon excuse. Néanmoins, un morceau de son intervention me laissa perplexe. Comment ça « me purifier » ? Une impression de déjà émergea et je n’aimais pas trop ça pour le coup.

Mes yeux analysèrent dès à présent tous ces gestes, à l’affut de ce qui pouvait bien arriver l’instant d’après. De ses doigts je le vis s’emparer du sel, ok très bien qu’est-ce qu’il va se passer au juste ? me répétai-je encore et encore. La distance établit jusque-là entre nous se réduisit, mais je ne laissai pas le temps à mon corps de reculer une seconde fois, je restais ainsi droite comme un i. Et pourtant, je n’aurais peut-être pas dû faire comme si rien ne bien étrange était sur le point d’arriver. Son regard au coin, son expression assurée, deux détails qui s’apparentaient à des indices pour me prévenir de me mettre en garde. Il poursuivit son numéro en déversant quelques grains de sel au creux de se main. Cela devenait de plus en plus bizarre, mais je n’intervenais point. Ma curiosité se réveilla doucement. Puis plus rien. Il semblait réfléchir sur les prochaines démarches. Ma tête se pencha légèrement envers sa direction, mon air interrogateur menaçait de me faire poser une nouvelle question. L’élève reprit d’un coup ses esprits et s’assit précipitamment à mes côtés ne me laissant pas l’occasion d’intervenir. Toute mon attention fut happée par la couleur de sa chevelure. Maintenant qu’il se trouvait proche de moi, ce fut comme si je pouvais apercevoir jusqu’à des reflets due à la lumière naturelle. Sa peau pale suffit à me réconforter dans mon manque, moi aussi, de couleur.
Notre faible écart de taille me permit de me tenir à hauteur de son visage sur lequel se dessinaient une ou l’autre marque de fatigue.

« Mh. Écoutes, en fait prends le sel et jettes-en sur toi. Comme ça ! » déclara-t-il.
« Quo- » trop tard.

La fin de mon mot resta coincée dans ma gorge tandis que mon front se rida reflétant ma surprise totale.

« Euh…très intéressant tout ça. Mais non, enfin je me vois pas faire ça ici. Disons que tu nous as purifié nous deux, d’accord ? »

Mon sourire de cette fois-ci balançait entre une fausse joie pour donner de la valeur à ma proposition et l’embarra de devoir quand même le faire pour le satisfaire alors que je n’en avais pas envie.
Comme pour éviter toute nouvelle tentative de sa part, je me retournai très rapidement vers mon plateau et bu une gorgée d’eau vidant mon verre. A l’entente de son bon appétit, je m’inclinai discrètement, décidée à ne pas le déranger dans son repas. Du coin de l’œil je continuais à l’observer, des sushis hm très bon choix. Quand on n’a pas le temps ou pas l’envie de rester trente ans devant les dames de la cantine on finit toujours par choisir ce plat. D’ailleurs c’était surement pour cette raison qu’il n’avait jamais quitté le haut du menu. La présence du sel sur la table me força à retenir une expression amusée, décidemment il n’avait pas hésité une fraction de seconde avant de s’en lance dessus. Je n’avais jamais assisté à une telle démonstration de « je ne me préoccupe pas du tout de ce que les gens penseront de moi ». Je compris que notre conversation ne s’arrêtait pas de sitôt à la minute où me demanda si j’en voulais un peu. Cette simple demande eut pour effet de me mettre face à un dilemme entre la raison et le cœur. Ecouter mon esprit et ne pas manger plus que je ne peux engloutir ou écouter son opposé qui m’encourageait vivement à accepter.

J’haussai mes épaules, cet acte désigna le cœur comme victorieux. Je vins récupérer de ma main droite mes baguettes pour piocher dans sa barquette. J’avais réellement fait le bon choix,

« Atkins ? Cela sonne très anglais tout ça. Hm, mais ton japonais est vraiment bon et je ne relève pas d’accent.  J’ai raison ou j’ai tort ? »

Je m’essuyai la bouche avant de reprendre la parole.

« Enchantée, je suis Shiozaki Mei, déposant la serviette près de mon bol vide j’enchainai, tu m’as l’air plutôt jeune, quel âge as-tu ? »

Pour être jeune il le paraissait bien oui, toutefois je posais mon véto car les étrangers avaient ce don de paraître être quelqu’un qu’ils n’étaient pas du tout en réalité. Leur morphologie, leur manière de pensée et leurs actions, tout me guidait à chaque fois sur une mauvaise piste.

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MessageSujet: Re: Warui ! & Montaro   Jeu 21 Sep 2017 - 19:57

Je pouvais ressentir la détresse envahir la jeune étudiante quant à l’idée de se jeter du sel dessus. Cette dernière semblait troublée par l’attention générale que j’avais capté, alors que je m’étais emporté. Je changeais donc de sujet, même si on fond de moi, mon esprit était torturé. Têtu, je comptais bien la purifier, mais dans un cadre un peu plus intime, pour ne pas la gênée. Elle me paraissait plutôt mignonne, car elle tentait, par politesse ou par gentillesse, de me (et se) persuadé que mon geste comptait pour deux. Malgré le fait que cela m’irritait quelques peu (car après tout, je ne suis pas dupe, et elle semblait ne pas vraiment s’intéresser à ce genre de chose), je lui adressais un sourire poli. Elle accepta de goûter un de mes sushis, et son visage semblait alors ravie. Je me nourris donc aussi de la gratitude que me témoignais cette expression faciale, et, finalement rassasié, partageais le reste de mon plat avec elle. Elle écorcha mon nom. Je la rectifiai alors, en exagérant mon articulation.

« Ah non, non, c’est pas Attttt-kins! C’Est Adddddd-kiiiins. »

Elle finit également par se présenter. Shiozaki Mei. Pour le coup, ça ne sonnait pas très exotique. Je percevais certaines difficultés de son côté concernant la compréhension de mon nom. Je repris alors.

« Enchanté, Shiozaki-chan. Écoutes, tu peux m’appeler Montaro au pire. Et en effet, Adkins c’est anglais! Mais je suis pas anglais moi, c’est mon père qui l’est! »

J’essayais d’éviter le sujet, car je n’ai jamais porter d’intérêt particulier à mes origines paternelles, celui-ci s’étant bien passer de nous les expliquer. Je trouvais ça dommage quelques fois, notamment lors des cours de langues, où je ne suis pas particulièrement bon. Mais j’ai toujours très bien vécu sans.

Mon interlocutrice me demanda alors mon âge, car j’avais « l’air jeune ». Il faut dire que je l’étais, du haut de mes 17 ans. Mais sa question aussitôt me réjouissait. Elle devait être bien plus âgée pour me poser cette question (quoiqu’elle fût loin d’avoir l’air vieille). Si nous nous rapprochions, elle pourrait peut-être m’aider à me procurer certains élixirs miraculeux, dont je ne saurais me passer. Je tentais alors de me donner un air un peu plus mûr, plus virile, moins enfantin. J’essayais de modifier ma voix, de sorte à ce qu’elle paraisse un peu plus grave, quand bien même elle n’était pas très virile.
J’adaptais également ma posture, en me redressant. J’avais presque envie de m’amuser avec la jeune fille, qui semblait être assez naïve. J’aurais peut-être pu lui faire croire que j’avais 40 ans passés, en mettant mes airs étrangers en avant pour justifier le fait qu’elle n’aurait jamais pu le deviner. Je devrais peut-être essayer cette technique dans la prochaine épicerie que je croiserais. Quoiqu’il en soit, je restais raisonnable: Une fois la vérité établie, elle m’aurait sans doute jugé trop immature, et n’aurait peut-être pas voulu être mon amie.

« En effet, je suis en 4ème année. Je vais donc sur mes 18 ans. Qu’en est-il de toi? »

Après tout, peut être que je m’étais trompée. Peut être qu’elle était encore plus jeune que moi. Mes espoirs se pouvaient être anéantis d’un instant à l’autre, et je m’accrochais à son regard, dans l’attente de sa réponse. Je relativisais également. Au pire, cela me fera une camarade de plus, je n’avais rien à perdre. Ce qui était certain néanmoins, c’est que je comptais bien la purifier, une fois le repas terminé.

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MessageSujet: Re: Warui ! & Montaro   Jeu 26 Oct 2017 - 20:29

HS : mille excuses pour le retard. ><

A, b, c, t. Encore une fois. A, b, c, t. Un soupir, un autre qui venait s’ajouter à la liste. « Mais je ne comprends pas » disait ma mère, d’un air interloqué. Non elle ne comprenait pas et ce qu’elle n’arrivait pas à élucider était ma faible capacité à réciter correctement cet alphabet anglais et, plus généralement, le fait de ne pas être aussi douée qu’espéré à la parler. En effet, la logique voudrait que lorsqu’on a la chance d’apprendre deux voire trois langues dès son plus jeune âgé, en apprendre une nouvelle quelques années plus tard devait être un jeu d’enfant. Et pourtant je réussis à louper le coche et à me retrouver quelque peu en galère face à ces mots en provenance tout droit de l’occident. Je me sentais triste et déçue de moi-même. Bientôt vint s’ajouter le manque cruel de motivation devant l’amas d’exercices plus longs les uns que les autres que nous donnait le professeur à l’école. Je voyais les autres parvenir à progresser et je me voyais moi stagner. Aussi, et ce n’était clairement pas la faute du jeune homme, j’eus un mouvement de recul et un goût amer en bouche quand il me corrigea sur la prononciation de son nom de famille. Je n’étais pas surprise et malgré cela je sentais cette même déception familière. Je m’excusai, tentant rapidement de chasser ses pensées négatives venues malicieusement s’installer au fond de mon esprit.

Puis, un de mes sourcils s’arqua d’un coup. « chan », il venait de dire « chan ». Il venait de m’appeler « Shiozaki-chan ». Mes lèvres s’entrouvrirent et le silence s’en suivit. Pas un seul mot, mais une légère vague d’incompréhension sur le moment. Je me raclai la gorge, brisant ce calme et surtout me bougeant à émettre un son.

« C’est -san, le suffixe -chan est utilisée pour les petites filles et rien que pour elles. » l’interrompais-je à mon tour.

Une fois nos deux leçons faites, je pris soin de me répéter son prénom, ma foi, peu répandu. Montaro, Mon-ta-ro. Etrangement, cela glissait tout naturellement sur la langue. Pas de z ou de sh comme le contenait mon nom. De plus, ajouté à son prénom cela offrait un air très classe, à la hauteur de ses origines.

« Montaro Adkins, insistant bien sur le d, très bien, je tâcherai de m’en souvenir. »

Ce jeune Montaro se chargea ensuite de répondre à ma fameuse interrogation qui avait coutume de me brûler à chaque fois que j’eusse l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Ma curiosité fut toujours piquée à vif quand je ne connaissais pas bien la personne. J’ai alors une envie pressante de savoir, dans un premier temps, les informations de bases ; nom, prénom, âge, origine. C’était presque à en faire peur. Néanmoins je savais doser les rythmes de mes interventions et donc de mes questions pour ne pas perturber mon interlocuteur ou pire lui couper toute envie de me continuer à me parler.

Et bingo, j’avais eu raison. C’était un jour à marquer d’une croix rouge sur n’importe quel calendrier car aujourd’hui ma prédiction fut confirmée. 17 ans, né en 2000, wow cela faisait vachement…tôt dans le temps. Dans ma tête il arrivait que j’oublies que les années continuaient à s’écouler, que le monde ne s’arrêtait pas de tourner et que vinrent au monde des tas et des tas d’autres individus.

« Tu es donc au lycée, ce n’est pas trop difficile pour le moment ? Tu te plais bien à Keimoo ? »

L’ambiance Keimosienne ne se trouvait pas toujours au goût de tous les arrivants, surtout pour ceux dont la situation financière et familiale ne leur donnait pas autant de confort que la plupart des élèves. En effet, tout le monde savait que des bourses en tout genre furent distribuées chaque année pour un quota de futurs nouveaux bien limité. Et en sachant cela, il m’arrivait de craindre qu’il y ait un fossé de créer entre ces méritants et ceux inscrits car ils en avaient les moyens tout simplement. Cette pensée pouvait paraître naïve ou que savais-je encore, mais au fond de moi elle semblait totalement légitime. Bien que je n’eus jamais le malheur de tomber sur une situation illustrant cette idée, j’avais conscience que tout ne se faisait pas à la lumière du jour et qu’il nous fallait rester attentif. Après m’être perdue dans ce qui ressemblait fortement à une de mes réflexions du soir avant de dormir, je repris le fil de la conversation.

« Je suis en 4ème année aussi mais d’université, j’ai 22 ans, lui répondis-je en marquant une pause avant de continuer, je suis ta senpai alors tu peux choisir entre m’appeler Shiozaki-san ou Shiozaki-senpai. En temps normal le dernier n’est autorisé que lorsqu’on se connait déjà assez, mais je ne vois aucun souci donc fais comme tu le sens surtout. »

Mon plateau vide, je fixais l’heure et remarquai qu’il ne s’était pas écoulé autant de minutes que je l’eus cru, tant mieux car sans vraiment comprendre pourquoi le lycéen m’intriguait ou du moins commencer à éveiller l’entièreté de ma -mauvaise ou bonne- curiosité.

« Tu es venu manger tout seul ou tu attends des amis ? Je sais que de nos jours, les lycéens traînent souvent en groupe. Il n’y a qu’à vous voir à la bibliothèque ou dans les jardins », déclarai-je avec un sourire pour lui éviter de penser que c’était un reproche.

Aussi j’en profitais pour éventuellement prévoir de leur laisser la table à lui et ses amis, après tout j’avais fini de manger et s’il le fallait je pouvais toujours en profiter pour entreprendre une petite balade histoire de prendre un peu l’air.

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MessageSujet: Re: Warui ! & Montaro   Dim 29 Oct 2017 - 16:47

La jeune demoiselle semblait quelque peu embarrassée par la remarque que je venais de lui faire, à savoir le fait que je l’eu reprise sur la prononciation de mon nom. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi une simple correction suscitait son embarra, mais je me retrouvais à mon tour, assez gêné, et me mit aussitôt à rougir. Me raclant la gorge, désolé de l’avoir mise mal à l’aise, j’instaurais un léger silence. J’avais, depuis que je l’avais abordée, l’impression de l’avoir mise souvent dans l’embarras. Il est vrai que j’ai tendance à oublier que tout le monde n’est pas forcément très extraverti, que certaines personnes sont plus sensibles et timides, et qu’elles n’apprécient pas d'attirer l’attention. Peut être même que le fait que je m’intéresse à elle la dérangeait ? Si elle mangeait seule, il devait bien y avoir une raison…

Quoiqu’il en soit, c’est à son tour de me reprendre. Je l’ai appelée « -chan ». Shiozaki-chan… au lieu de « -san ». Il est vrai qu’elle n’avait aucunement l’air d’une enfant même si elle dégageait une aura plutôt douce et candide, et je ne comprenais pas moi-même l’erreur que je venais de faire. J’étais étourdi certainement, car mine de rien, cette Shiozaki m’avait fait passer par pas mal d’émotions. Je me mis donc à rire, en me moquant de moi-même, sans me rendre compte que cela pourrait éventuellement la vexer.

« En effet, pardonnes moi, je suis un peu étourdi. Ce sera Shiozaki-san maintenant, promis. »

Puis elle se mit à faire des efforts concernant la prononciation de mon nom, qui semblait lui donner du fil à retordre. Elle le répétait, tout en insistant sur le d, ce que je trouvais plutôt mignon. Je lui souriais donc, afin de l’encourager, et en signe de reconnaissance.

Une fois mon âge énoncé, cette dernière me demanda comment je trouvais le lycée, et l’académie en général. Je me demandais si cela se voyait à ma tête que j’étais un nouvel élève, ou si elle me posait la question de façon plus générale. Quoiqu’il en soit, je ne la laissais pas sans réponse.

« J’aime beaucoup, c’est gigantesque et très luxueux ! Ça change fortement de mon ancien lycée. Et puis le fait d’être en internat aussi, c’est assez bizarre pour moi qui n’ai jamais quitté mon village. D’ailleurs j’ai beaucoup de mal à me repérer pour le moment, mais c’est normal j’imagine, d’être perdu la plupart du temps, je suis arrivé il y a quelques jours seulement. »

Je repartais alors dans le monde des pensées, m’isolant de mon interlocutrice, en repensant à mes amis qui me manquaient énormément, à mes parents qui devaient galérer car ils avaient tout de même un peu plus de moyens grâce à mes boulots après les cours, et maintenant que j’étais parti, que je repensais à tout ça, j’avais la gorge serrée et la sensation de les avoir abandonnés. Je disais à la jeune fille que tout allait bien, que l’académie était super, mais je n’avais pas vraiment eu le temps d’en juger moi-même en fait, car je ne m’étais même pas poser la question. C’est assez drôle comme on se rend compte qu’on ne pense pas à soi des fois. Je n’avais absolument aucune idée de comment je me sentais, et maintenant qu’elle évoquait le sujet, je sentais un flot d’émotions puissantes me submerger, presque à m’en faire déborder. Mais ma conscience fit barrage. Je n’allais pas me mettre à pleurnicher devant elle. Et je n’allais pas non plus lui raconter mes coups de blues, alors que nous venions de nous rencontrer.

Je fus finalement rappelé par sa voix, car elle m’annonçait son âge. Elle avait 5 ans de plus que moi (et été majeure également). Je ne lui aurais pas donné tant, bien qu’elle ne soit pas vieille pour autant…

« Oh je vois, le lycée doit te paraître un peu lointain du coup. Qu’est ce que tu étudies à l’université, Shiozaki-senpai ? »

Elle venait de m’autoriser cette appellation, de laquelle je ne me privais pas. La plupart des gens sont toujours surpris par ma familiarité, mais cela passe souvent sur le compte de mon métissage, qui pardonne quelques étrangetés. Cependant, moi, ça m’a toujours amusé, de les surprendre et les troubler, rien de bien méchant évidemment.

La jeune femme finit par me demander si j’attendais des amis, car d’après elle, les lycéens traînent plutôt en bande. C’était tout de même assez généraliser que de penser ainsi, mais cette opinion était compréhensible dans le sens où la masse passe moins inaperçue : entre un groupe d’étudiants qui vont à la bibliothèque et bavardent incessamment et une personne plus solitaire, qui lit dans son coin, il est vrai que le solitaire nous paraîtra transparent.

« Je n’ai pas encore d’amis ici. Et que ce soit seul ou accompagner, tant que je mange, moi, y’a pas de soucis ! »

Je marquais une pause.

« Mais… accompagné c’est quand même mieux, si tu veux bien rester… Enfin... sauf si tu attends quelqu'un!»

Puis, je regardais mon plateau, puis le sien, tout en suivant la direction de son regard. Ni elle ni moi n’avions plus rien à manger, alors je repensais à ce qu’Elle venait de me dire.

« Au fait tu parlais des jardins ? Je ne suis pas certain d’y m’être déjà rendu, si tu veux bien, on pourrait s’y promener ensemble ? »


Je rougissais car j’avais peur qu’Elle considère cela comme des avances, et le fait de rougir accentuait certainement cette hypothèse. Je me cramponnais à mon pantalon, auquel ma précieuse fiole était accrochée. Pas d’échappatoire, Montaro, arrêtes de vouloir fuir. Je la regardais donc à nouveau dans les yeux, prêt à affronter sa réaction, qui au mieux, n’effleurerait même pas l’idée qui venait de m’apparaître.

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