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 BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]

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Zakuro Fea
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MessageSujet: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Mar 12 Sep 2017 - 22:38


BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat.



RP LIBRE.

Lundi matin. 8:16. Centre commercial de Keimoo.

La foule abondante se déverse en des flux irréguliers au travers de ce microcosme consomateur. Les néons électriques fatiguent les yeux de ceux qui viennent de se réveiller, excitent les sens et propulsent une ambiance artificielle sur les reliefs de chaque détails des lieux. Il est 8h14, et la catastrophe approche, sans que personne ne soit en mesure de deviner l’ampleur de celle-ci. C’est un monstre d’acier, aux hélices qui frappent le silence d’un matin calme et qui à la manière d’un gigantesque bourdon, fonce en vrombissant.


Toi, tu es là. Tranquille petit être, qui par hasard, a décidé ce matin là de venir faire ton shopping. Acheter une brosse à dent. Du savon. Des crevettes, peu importe. Toujours est-il que tu es là, au mauvais endroit à ce moment mauvais. Tu es probablement japonais, et tu connais le danger des séismes, des inondations. Mais ce qui va arriver, problème humain, ou machine défectueuse, c’est vraiment quelque chose auquel personne ne s’attend, et qui ne s’esquive pas facilement.

Dans quelques jours, une enquête s’ouvrira, bien naturellement. On va découvrir que le pilote a fait un AVC, en plein vol, et que tout naturellement, il a perdu contrôle de son engin. Le problème, le gigantesque problème, c’est que dans sa trajectoire, ce mouvement qu’il engage sans même le percevoir, au moment où sa conscience se dissipe, il y a un gigantesque immeuble, rassemblement de béton et d’humain, de lumière et de vie.

Tu es là, tu es quelque part dans ce centre commercial, quand l’hélicoptère vient s’écraser, ridicule insecte métallisé, et tu vois les murs s’effondrer. Le bruit est impensable, littéralement décalé de la réalité, et si tu n’as pas saisi sur le coup, la masse a compris. Le mouvement se déclenche, la panique naît de la copulation entre majorité et  instinct de survie, puis les lumières s’éteignent. Des cris, en rafale, comme des coups de mitrailleuses, et tout commence à se bousculer. Les gens, les émotions, les étagères qui tombent, et les planchers qui s’ouvrent. C’est à toi de voir, où tu es, ce que tu fais, ce que tu veux. Il est 8h16.

--
Postez à la suite de ce post. Votre personnage peut être à l'intérieur du centre commercial. Peut être blessé. Peut rentrer dans le centre commercial pour aider. Les secours ne sont pas encore arrivés, l'hélicoptère qui vient de heurter avec fracas le magasin a détruit deux étages consécutifs. Des gens ont probablement été écrasés, c'est tout naturellement la panique. Ceci est un rp libre, donc sentez vous libre de répondre ou non. -Même si ce serait chouette qu'il y ait des participants, naturellement.-

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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M


Dernière édition par Zakuro Fea le Mer 13 Sep 2017 - 5:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Mer 13 Sep 2017 - 5:47

J’avais besoin d’une nouvelle chemise, car ma chemise fétiche venait de rendre l’âme. Je m’étais donc réveillé expressément tôt, contrairement à mes habitudes, pour me rendre au centre commercial. Nous étions Lundi. Je n’étais pas censée être en ville, mais en cours de math. Mais je n’avais absolument aucun intérêt pour ce cours en particulier. Je m’étais donc éclipsée de l’internat. Après un court trajet pour me rendre au centre-ville, et après avoir essayé toutes les chemises du premier magasin que j’avais aperçu, je commençais à désespérer. C’est toujours le drame, avec moi, le shopping. Je commençais à être agacée, alors que ça devait faire à peine un quart d’heure que j’étais arrivée. Je regardais ma montre. Il était huit heures passées. J’avais encore toute la matinée, avant de devoir rentrer au lycée. L’après-midi, les cours étaient légèrement plus intéressants, même si j’étais encore loin d’être emballée.

Je me promenais dans les allées, entre les magasins, quand tout à coup, le paysage autour de moi se flouta étrangement. Un bruit trop intense pour être entendu me perça les tympans, si bien que je cru perdre l’ouïe un instant. Je sentais le sol tremblé, mes pieds me lâcher, mon corps se propulser, attiré par une énergie si puissante qu’elle me rendit inerte. Je ne comprenais rien à ce qui était en train de se passer. Je ne pouvais que me fixer vainement sur des images, qui ne cessaient de défiler devant moi. Des visages hurlaient sans voix, un enfant baignait dans son sang. Je pâlissais, je sentais mon âme me quitter à la vue de ce désespoir général.

C’était certainement un tremblement de terre. J’essayais de me raisonner, mais je dois avouer que je n’en étais pas capable. Je ne pouvais même pas établir d’hypothèses, je ne faisais que constater, rapporter les faits que les images trop horribles que je pouvais percevoir, me dépeignaient.

Parce que je ne pouvais pas parler, et que je sentais que la situation était bien trop intense pour que je ne puisse m’exprimer, je ramenais mes mains tremblantes à mon visage. Je les dégageais alors, quand je me surpris moi-même, à la vue de mes paumes ensanglantées. Je paniquais alors d’avantage encore. Cela me semblait impossible. Je venais d’être blessée? Pourtant, je ne ressentais rien. J’essayais de me lever, après un long moment prise de vertiges. Je ne parvenais pas à bouger, je demeurais paralysée. Alors, un tas de films parcoururent mon esprit. Et si j’étais devenue tétraplégique?

Par chance, j’étais au rez-de-chaussée quand la chose s’est produite. Je n’ai pas eu le malheur de certaines personnes, qui ont sans doute été tuée sur le coup de leur chute. Mais dans certains cas, je commençais à me demander si ça n’aurait pas été mieux. Je fronçais les sourcils, en secouant la tête. C’était horrible d’être amenée à penser ça.

Après ce bref geste, la douleur m’accapara enfin. J’entendais une sorte de tintillement incessant, qui bourdonnait dans mon cerveau, une sorte d’alarme qui tentait de me préparer à une éventuelle explosion. Comme un naufragé qu’on aurait secouru, je pris une grande inspiration, qui me fit terriblement souffrir. Je m’étais certainement brisé une côte. Je regardais alors un peu au-dessus de moi, alors que je me traînais sur un bras, afin d’éviter de me recevoir les quelques débris du bâtiment qui s’effondrait.

Je me prenais quelques coups de pieds. Les personnes autour de moi, celles qui n’étaient pas trop affaiblis, couraient dans tous les sens, prises de panique. Je m’étonnais à ne pas crier. Je me contentais de pleurer, en silence, et de serrer les dents. Je ne savais toujours pas ce qui venait de se passer. Je cru voir apparaître une hélice, qui tombait. C’était impossible, ce devait être une sorte d’hallucination. Je ne pouvais pas me fier à ce que je voyais ou entendais, mes perceptions devaient certainement être affectées.

Au moins, vu le remue-ménage qui m’environnais, je tentais de me rassurer avec l’idée que les secours seraient là d’un instant à l’autre. Mais, plus j’observais les alentours, et moins j’avais d’espoir. Les gens allaient finir par se tuer s’ils ne se calmaient pas très vite.

Prise dans une sorte de folie générale, je me mis alors à crier, de toute mes forces, afin d'extériorisé ce qui ne pouvait, et ne pourrait peut être jamais l'être. Je cherchais, de mon regard perdu et paniqué, si je ne pouvais pas trouver un visage familier.

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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Sam 16 Sep 2017 - 15:39

6h00. La semaine commençait bien, enfin, pas tout à fait. Maya aurait pu dormir une heure de plus si elle avait pensé à changer l’alarme de son téléphone la veille. C’est sur une musique d’un des films d’animation de Miyazaki que la belle ouvrit les yeux en serrant ses draps un peu plus contre elle. Pendant près de 4 douces minutes à écouter Spirited Away – Inochi no Namae, Maya resta là. Les yeux à fixer le vide, sa main caressant machinalement Hoshi, sa petite chienne. On ne saurait dire pourquoi la jeune femme se sentait aussi fade ce matin là. Peu à peu, son nid douillé laissa entrer les premiers rayons du soleil et la poupée s’anima, se prépara et consulta son agenda. C’est avec une pointe d’amertume qu’elle comprit alors qu’en ce lundi, elle était dispensée des cours de théâtre qui devaient commencer à 8h00. Professeur absent. Quel damne ! Assise sur un pouf à même le sol, ses pieds, vêtus de bas fins et sombres, appuyaient contre la baie vitrée. Elle avait revêtue sa tenue d’écolière, nouée ses cheveux en une haute queue de cheval, pour rien finalement…

7h15. Hoshi vint se glisser sous le bras de sa maîtresse pour coller affectueusement son chemisier blanc. Un soupire d’aise souleva la poitrine de l’étudiante, un doux sourire se dessina sur ses lèvres et tous les malheurs du monde semblaient avoir disparu.

« Toi … Heureusement que tu es là. Tu es le seul qui me connait, hein ? Tu me laisseras pas tomber toi … Mmh. Mon chou. Bon. Je vais aller te chercher des croquettes. Je comptai y aller ce soir, mais autant y aller maintenant. Allez ! J’y vais ! »

Joignant le geste à la parole, la jeune femme se leva et chaussa ses souliers et prit son sac. C’est sans trop de mal qu’à et demi elle passa les portes du centre commercial le plus proche pour se rendre au rayon des animaux de compagnie pour prendre les croquettes au poulet et un petit jouer pour son meilleur ami. Elle en profita également pour acheter quelques produits et se laissa séduire par la nouvelle collection de chemisiers situés au rez-de-chaussée.

8h13. La populaire jeune adulte passe dans la cabine d’essayage pour essayer quatre hauts aux tissus délicats. La belle ne se doute pas encore du drame qui va bousculer sa journée. Pimpante devant le long miroir, amusée par quelques clichés photos mignonnes qu’elle prend d’elle dans sa nouvelle tenue, la belle poupée se retrouve brusquement secouée dans sa boite. Son doigt glisse et commence à filmer la scène. Le rideau bouge et dans le reflet du miroir on peut alors apercevoir la scène qui se joue en arrière plan. Les lumières se coupent un instant, grésilles et s’éteignent définitivement. Maya, dans sa cabine tordue est victime de quelques mauvais coups, mais rien de grave. Recroquevillée sur elle-même sous le banc de la cabine elle attend que le silence revienne autour d’elle. À cet instant, paralysée par la peur dans la pénombre, la jeune femme essaye de garder la tête froide. Un tremblement de terre ? Ce n’était pas son premier, probablement pas son dernier non plus… Elle tend l’oreille. Rien. Plus de bruit. Elle commence alors à sortir de dessous le banc et se stop net lorsqu’elle entend des bruits de pas, puis des cris. Son instinct lui dit qu’il faut partir et c’est avec prudence, tel un animal menacé, qu’elle haute son haut, reprend le sien, l’enfile, ramasse ses affaires et sort de sa cabine.

8h17. L’enfer sur terre. Le choc. Maya se fax de la cabine et se laisse glisser le long de la paroi la plus proche. Une fois assise par terre, ses grands yeux bleus détail les lieux. À côté, un film décor de film d’horreur serait plus rassurant. Le sol ne ressemble plus à rien, les débris se mêlent à la chaire, au sang et aux divers accessoires de la boutique chic qui se tenait ici quelques minutes plus tôt. Dans se lot morbide, Maya découvre une silhouette qui s’anime et dont le hurlement déchire son cœur. La jeune femme sent les larmes lui monter. Un frisson d’horreur la fait trembler. Une grimace mêlant dégout, peur et désespoir déforme son visage terrifié. Pour ne pas hurler à son tour, elle bloque sa bouche en joignant ses mains sur sa bouche glosée. Horrifiée par cette fille qui se traine et hurle, Maya n’ose pas bouger et reste là, à trembler et à la regarder les larmes coulant le long de ses joues. Dans d’autres circonstances, si Mlle Masuda était ici avec ses amies, elles auraient probablement fuient ou seraient collées les unes aux autres. Mais là, à cet instant, Maya était seule face à l’horreur du moment et son cœur, bien trop serré, ne pouvait pas laisser passer ça. Après un nouvel hurlement, elle sursauta et marcha à quatre pattes vers cette jeune fille aux cheveux blancs. Elle respira profondément et tenta de mettre ses sentiments de côté pour l’aider. D’une voix étranglée, elle lui parla tout bas, en la suppliant presque.

« Arrête de crier. Il faut… Il faut que tu gardes des forces. Sinon… Je ne vais pas pouvoir t’aider à marcher. Arrête de crier. Allez. Ça va aller… »

Doucement et de façon peu rassurée, la jeune femme lui pose la main sur son épaule et composa le numéro des urgences. Après quatre tonalités, une jeune femme décrocha le téléphone et commença à lui parler.

« All’ Allo ? … Je … Il y a plusieurs victimes au centre commercial au centre ville de Tsukuyomi. Non… Non je sais pas.. Je suis à côté d’une fille… Elle a mal, elle pleure, elle saigne… Ooooh… »

Les larmes remontent, la tristesse revient. L’inquiétude et l’angoisse de ne pas savoir comment faire troublent l’esprit de la jeune étudiante en art. De l’autre côté, l’interlocutrice tente de la rassurer.

« D’accord… On est au rez-de-chaussée, sur la droite, dans la boutique « Le petit Prince ». C’est une boutique de vêtements. Oui. Mon numéro ? C’est le … »

Après un moment terrible. Le moment où on ne sait plus vraiment des choses que d’ordinaire on connait par cœur. Petit à petit les chiffres lui reviennes, elle souffle évite de croiser les yeux de la jeune fille à côté d’elle pour ne pas craquer de nouveau.

« D’accord. On ne bouge pas. Oui… Oui je vais la garder éveillée. Merci… »

Maya ferme les yeux et grimace. La douleur lui laboure le cœur. Elle essaye d’être forte et décolle son oreille du téléphone avant de reporter son attention, difficilement, sur la jeune fille.

« Allez. Tiens bon. Ils vont arriver. Ils étaient déjà en route. On va être évacué. Il ne faut pas que tu bouges ou que tu forces sur tes… Tu t’appelle comment ? »
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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Dim 17 Sep 2017 - 4:34

Je m’étais laissée envahir par la panique, qui était devenue à cet instant, le seul moyen de prouver mon existence, en plus de la souffrance que j’étais en train de subir. Je vis alors une jeune femme, qui semblait tout à fait intacte par rapport au reste de la population présente, s’approcher de moi. Elle était très élégante, ses yeux étaient d’un bleu que je rêverais de posséder, dans lequel je me plongeais, l’espace d’un instant seulement, et qui parvenait presque à m’apaiser. Sa longue chevelure brune me frôla alors qu’elle se pencha vers moi, pour me rassurer. En fait, je dois dire qu’elle n’était pas très convaincante. Sa voix étranglée faisait bien ressentir la panique qui devait l’envahir à cet instant, à la vue de ce bain de sang. Je ne parle évidemment pas du mien, à cet instant. Je devais simplement m’être ouvert la tête, et brisé les côtes, si cela avait été plus grave, il me semble que je l’aurais ressentie davantage encore, bien que je fusse déjà étourdie.

La jeune femme semblait tellement touchée par ma situation, que je me mis à paniquer de nouveau. Je devais être dans un piteux état, pour qu’elle se décide à m’aider moi, parmi tout le monde souffrant qui nous entourait. Elle me demandait d’arrêter de crier. Je remplaçais donc mon agonie sonore par une respiration intense, et accélérée. Elle appela ensuite les urgences, qui semblaient être déjà prévenue. J’étais rassurée, même si j’allais sûrement être une des dernières personnes à être traitée, vu l’état général.

Je souriais enfin à la jeune femme, histoire de la rassurer.

« Merci. Je… vais bien. »

Je ne savais pas trop quoi lui dire. J’avais cette sorte de pression, qui voulait briser le silence (ou plutôt le macabre du fond sonore), mais j’étais un peu trop bouleversée pour converser. Mon interlocutrice semblait d’ailleurs l’être également. Je lui dis alors, tout naturellement :

« J’étais venue acheter une chemise blanche. »

J’essayais de rendre la chose anodine, en tentant d’entamer le genre de discussion probable au quotidien. Mais, soudainement prise de remords, je me mis à penser que je n’aurais jamais dû sécher mes cours. Je n’étais pas censée être là. Et si ma première pensée ai été tout naturellement de me soigner, la deuxième s’adressa à mon professeur. J’espérais qu’il avait fait l’appel. Sinon, il allait avoir des problèmes quand l’école apprendrait qu’une élève ai été victime du… En fait je ne savais toujours pas ce qui s’était passé.

« Était-ce un tremblement de terre? J’ai cru voir une hélice, peut-être ai-je halluciné… »

Je ne pouvais finalement pas me résoudre à discuter normalement dans tout ce brouhaha. Par ailleurs, non loin de nous, une personne semblait s’être disloqué l’épaule. Je ne parvenais pas à voir si c’était un garçon où une fille, et au fur et à mesure que je balayais les environs du regard, je culpabilisais. Cette jeune femme avait un bon cœur, elle avait décidé de me porter secours, mais j’en avais bien moins besoin que d’autres personnes. Elle aurait mieux fait d’aller s’occuper d’eux, si elle voulait vraiment se rendre utile. Certes, sa présence me rassurait tout de même : je me sentais terriblement seule dans cette tragédie, et il me semblait qu’elle aussi.

Je scrutais finalement silencieuse la jeune femme. Elle était vraiment très belle, mais surtout, j’avais l’étrange sensation de l’avoir déjà aperçue. Je jaugeais les courbes de son corps, dignes d’appartenir à un mannequin. Un mannequin… Oui! Il me semblait bien l’avoir aperçue en photo, pour une publicité ou un magazine, lors d’un après-midi d’ennuie quelconque. Mon regard s’illumina alors. J’étais secourue par une star!

Je pris une inspiration profonde. Il ne fallait pas que je m’emballe, comme elle me l’avait dit, il fallait économiser mon énergie. J’hésitais longuement à lui faire une remarque au sujet de ma nouvelle découverte, mais me désistais : je ne voulais pas prendre le risque de l’irriter. Égoïstement, je lançais un regard gênée et coupable à la personne qui s’était disloquée l’épaule. Je ne voulais pas que la jeune femme s’en aille, mais, finalement, je lui lançais :

« Pourquoi moi? »

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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Dim 17 Sep 2017 - 23:45

6:02.
Les mains fourrées dans les poches de mon manteau de mi-saison, je traverse paisiblement les rues de la ville à l'aube. Le soleil n'est levé que depuis peu, les rues sont désertes et muettes, et le fond de l'air est frais. L'été se termine, doucement mais sûrement, et ce n'est avec aucun regret que je le laisse partir.
Les fortes chaleurs n'avaient jamais été mon fort, je préférais de loin la froideur de l'hiver, et le confort d'une grosse écharpe tricotée dans laquelle on engouffre son visage jusqu'au ras des yeux. Non, je ne regrette pas l'été, avec ses touristes, ses plages bondées, et ses cheveux collés au front par la sueur.

Après avoir été accablée par la température, je savoure le calme des matinées de septembre, chaque jour, sur le chemin du salon de thé. Aujourd'hui ne fait pas exception à la règle. La vitrine aux rideaux tirés m'accueille, et je déverrouille la porte avec mon jeu de clé personnel, avant de pénétrer dans la salle accompagné du tintement de la clochette. J'ai pris depuis un certain temps l'habitude de faire l'ouverture. Pour la simple et bonne raison que mes responsabilités dans l'équipe avaient peu à peu changée. De simple serveuse, je suis au fur et à mesure passée au statut de pâtissière officielle du salon. Alors, tous les matins, avant le début des cours, je viens commencer les préparations principales, remplir le stock, afin que Yui ou Zakuro ne se retrouve pas en rupture de gâteaux pour accompagner le thé quand je ne suis pas là.

Alors, dans un rituel serein et silencieux, je fais le tour du bâtiment. Je vérifie que tout est à sa place, qu'Éloquence le chat a bien à boire et à manger, que la pompe de l'aquarium fonctionne, puis je fais un rapide inventaire en notant ce qu'il faudra réapprovisionner. Ce n'est qu'une fois tout ça en ordre que je commence le véritable travail de confection. Alors, j'enfile mon tablier, et allume la vieux poste radio perché sur une étagère de la cuisine. Il n'était originalement pas là, mais avec le temps que je passais dans le laboratoire, j'avais réussi à convaincre Yui de m'autoriser à en ramener un. C'est tout de même plus divertissant de pâtisser en musique.

8:21.
Un air de samba grésille tandis que j'essuie le plan de travail de la farine qui le parsème. La radio locale n'est pas mauvaise, en général. Il y passe un peu de tout, et ce n'est pas trop entrecoupé d'émissions ennuyeuses aux présentateurs à la voix irritante. Les airs latinos ne font pas vraiment partis de mes préférences, mais je supporte la diversité, en espérant qu'ils passent quelque chose de différent après. Je souffle, et rabat ma franche vers l'arrière à l'aide de mon poignet. J'ai bien avancé, mais il me reste pas mal de chose à faire. J'entame la préparation de muffins, tout en réfléchissant aux garnitures. Pépites de chocolat. Cœur coulant caramel. Fruits rouges, peut-être ? La samba se tarie, c'est au tour d'une chanson populaire d'un groupe d'idols dont je ne connais pas le nom. Je ne m'en plains pas, l'énergie du titre m'en donne afin de battre la grande quantité de pâte avec mon fouet, à l'ancienne. Soudain, la musique s'arrête.

« Flash spécial. Nous interrompons la programmation pour vous faire part d'une information importante. Hum... »

La voix du présentateur est hésitante, et les grésillements du poste ne cachent pas les coupures d'émotion perceptible.

« Un... objet volant s'est écrasé dans le centre ville. Il semble que... que ça ait eu lieu au niveau du centre commercial. Merde je... Désolé, nous venons de recevoir la nouvelle et nous n'en savons pas plus. »

Je me stoppe nette, pendue au son interféré, et le regard rivé sur la vieille radio grise, comme dans l'attente d'une annonce d'un miracle inespéré. J'ai mal au cœur.

« Nous devons vous faire passer le message d'éviter d'engorger les lignes téléphoniques et de ne pas céder à la panique. Les secours prennent la situation en charge, veillez à ne pas gêner leur travail. Oh, et, évitez autant que possible la zone sinistrée. »

La nouvelle semble irréelle. Le centre ville n'est pas loin, et pourtant, je n'ai rien entendu, comme coupée de ce monde, ici, en sécurité dans la cuisine de mon deuxième chez moi. J'ai presque peur de regarder dehors.

« Je... Je crois que c'est tout. La programmation va reprendre, et nous vous tiendrons au courant lorsque la situation sera plus claire. Prenez soin de vous, avec radio Keimoo. »

Les idols se remettent à chanter, comme si rien ne s'était passé. Et je reste figée. La peur de savoir mes proches blessés commence à monter. Et moi, je commence à gamberger. Où est Haru, en ce moment ? Est-ce qu'Hisaka avait prévu quelque chose dans le centre ville ce matin ? Et Zakuro ne devait-il pas passer dans la matinée ?
Mon téléphone portable, posé sur le comptoir, prend des airs de diable tentateur. Les secours ont expressément demander à ne pas l'utiliser, pour que les lignes restent disponibles. Mais je ne peux pas rester à attendre dans l'espoir d'une nouvelle. Le souvenir du tremblement de terre de 2013 remonte à la surface, et avec, d'anciennes douleurs depuis longtemps cicatrisées. Je ne serais pas tranquille avant de savoir s'ils vont bien.

Alors, emplie de culpabilité, mais surtout d'une angoisse débordante, j'envoie un message groupé à mes contacts keimoosiens. Rares, mais précieux.

Et l'attente.

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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Lun 18 Sep 2017 - 15:25

Maya sentait ses joues tirées par les larmes qu’elle n’avait su retenir. Bien que la jeune fille ne lui ait pas communiqué son nom, elle semblait suffisamment éveillée pour engager un semblant de discutions et cela suffisait largement à la jeune japonaise. Doucement, Maya se redressa un peu pour observer les grandes baies vitrées des magasins. Dehors, un attroupement s’était fait et quelques pans de mur, en plus des débris de verre, semblaient avoir fait une chute violente à l’entrée du centre commercial. Un tremblement de terre aurait tout secoué sans ménagement. Dans cette situation, la zone de dégât semblait tout de même plutôt précise. Serait-il possible que cela soit un … attentat ? Un frison parcouru la jeune femme qui courba de nouveau le dos, comme-ci elle souhaitait se cacher.

« Je ne sais pas. Je ne crois pas que ce soit un tremblement de terre… »

La suite de la tirade de la jeune blessée parlant d’une hélice, inquiéta Maya qui se mit à regarder en l’air. Un trou énorme semblait s’être fait au milieu du plafond du magasin. Au travers de celui-ci, mademoiselle Masuda pouvait clairement voir le troisième étage du centre commercial… Une inquiétude terrifiante vint aussitôt lui serrer le cœur. N’y avait il pas des risques d’incendies ? Une fumée noire brouillait la visibilité du troisième étage, mais est-ce que cela voulait dire que c’était en train de prendre feu ? Maya n’avait jamais été très délicate pour reconnaitre les odeurs et en ce moment, elle avait la tête bien trop occupée pour se concentrer sur celles-ci.

« C’est surement une hélice de ventilation que tu as vu. J’espère que tu étais au moins venue pour t’acheter un chemisier de chez Jun Ashida ou de chez Yohji Yamamoto, car manquer de perdre la vie pour moins que ça, c’est franchement une journée gâchée. »

Triste réalité ou humour étrange ? On ne saura dire lequel des deux trottait dans la tête de notre belle populaire à cet instant. Après un petit temps à regarder dans le vide, écoutant presque religieusement le silence ambiant, malgré quelques pleures et grincements, la nouvelle amie improvisée de Maya posa une question peu pertinente mais qui capta tout de même l’attention de la diva peste qu’elle était au premier abord dans d’autres circonstances. Après un soupir lourd, elle haussa les épaules et plongea ses yeux d’azur dans ceux de la jeune fille à ses côtés.

« Je ne sais pas. Je voulais sortir d’ici en fait. Mais quand j’ai quitté ma cabine d’essayage, la première chose « vivante » que j’ai vu c’était toi. Tu criais si fort… »

Les larmes se mettaient de nouveau à monter et sa gorge se serra de nouveau. Elle de luter contre ses émotions pour poursuivre.

« Tu criais si fort que je ne pouvais pas partir comme une voleuse. Partir et te laisser là, alors que mes yeux se sont posés sur toi en premier, c’était comme renoncer à une vie. Comme fuir lâchement en sachant pertinemment que derrière moi tu serais là à continuer à crier pour vivre. C’est peut être idiot, mais j’ai une sainte horreur de la mort. Imagine… si j’étais vraiment partie, peut être que tu serais venue me hanter ! Je n’aurai jamais pu me pardonner. Fermer les yeux sur quelqu’un qu’on voit si mal, c’est inhumain. »

Un silence gênant s’installa un court instant. Une rafale de notification vint faire vibrer le téléphone de Maya qui le saisit aussitôt pour voir ce qu’il se passait. Par erreur, dans sa précipitation, elle envoya la courte vidéo de son passage en cabine tout droit dans le ventre sans fond d’internet. Elle pesta, soupira de nouveau comme pour éteindre le feu d’angoisse qui enflammait son ventre et voulu lire ses notifications lorsque, par malheur, la batterie de l’appareil cédât. L’écran devint d’un noir profond et Maya pu observer son visage sale, déformé par la peur et la tristesse sans même avoir pu prévenir ses proches. C’est avec une petite moue qu’elle montra l’objet diabolique à la jeune fille.

« Et voilà… Plus de batterie. J’espère qu’ils ne vont plus tarder … »
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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Lun 18 Sep 2017 - 19:55

C’était le genre de matinée parfaite, ou je m'étais levé du bon pied, avec une irrésistible envie de faire ce que pourtant je faisais encore et encore tous les jours. L'idée d'aller courir pour me permettre de m'oxygéner le corps et l'esprit était la raison qui me faisait me lever le plus facilement le matin. Si la perspective d'une journée de cours, suivi d'une soirée ou je devais gérer de la paperasse au niveau du club ne me donnait pas véritablement une raison de sortir le nez de mon futon, la perspective d'une possible amélioration, d'une simple progression dans mon art, était tout ce dont j'avais besoin pour me convaincre de passer ma journée a faire toute ces choses qui me donnent envie de me rendormir.

Le temps de s'habiller, et de grignoter quelque chose pour ne pas tomber dans les pommes par manque de sucre, et j'étais partis a la conquête de cette fabuleuse journée qui s'annonçait plus ensoleillée que prévue. Je referme la porte derrière moi, me demandant si c’était vraiment nécessaire de fermer la porte d'une pièce ou il n'y avait rien a voler. Ah si, mon ordinateur portable. Je n'avais pas l'habitude d'avoir ce genre d'outil, et j'avais la fâcheuse tendance a oublier son existence quand je ne m'en servait pas. On ne rattrape pas une vie sans technologie en deux mois, après tout.

Tout était tranquille. J'avais décidé ce matin la de faire un peu plus que mes six kilomètres habituels. Rallonger par le centre-ville de Keimoo qui a cette heure matinale n’était pas bien peuplé, me permettant de courir de tout mon saoul dans les rues sans pour autant être gêne par les passants. C’était quelque chose que j'avais aussi appris a apprécier. Il y a souvent des gens faisant des footing, si bien que les passants ne font plus trop attention, et c'est alors un moment ou personne ne vous regarde et ou vous pouvez être un peu plus libre que d'habitude.

Ça aurait sans doute pu être cette si belle journée que j'avais imaginé en me levant ce matin la. Mais ne dit on pas que c'est en forçant la chance, et en cessant d’être sur ses gardes que les problèmes nous tombes dessus ? D'ailleurs, je crois que je n'aurais pas pu utiliser meilleure métaphore. Les problèmes étaient tombés littéralement du ciel. C’était comme si l'air était devenu étouffant, qu'une force inconnue m'avait frappé en plein cœur. C’était avant la catastrophe. Je n’étais pas a coté, pas très loin non plus. A quelques centaines de mètres. Pas de chance.

L'objet avait jaillit de nul part, a une vitesse de chute effarante. Et le temps s’était arrêté une seconde, moi, les bras tombant, observant l'objet arrêté en plein milieu du ciel, pendant une seconde qui me laissa une éternité de réflexion. Tout d'abord, pourquoi un hélicoptère pouvait tomber du ciel comme cela, en pleine zone civile. Ensuite, a quelle distance du sol était il lors du début de la chute, car au vu de sa vitesse, cela devait être plutôt haut. La seconde d’après, l'explosion, le souffle me fouettant le visage.

Rien de visible pendant un instant, mis a part une énorme couche de fumé, de poussière, de gravas tombant non loin de moi. J'hésite a faire un pas dans la direction, une curiosité morbide me prenant la poitrine. Je ne pourrais rien faire a part regarder, je suppose. Je fais cependant un pas de coté pour avoir un meilleur angle de vu, et je constate que le bâtiment est visiblement écroulé. Une partie en tout cas. Le centre-commercial. Il n’était pas tard, alors les victimes seraient moins importante, mais je me demande pendant une seconde combien de gens viennent de perdre la vie il y a moins d'une minute. Assez pour faire les gros titres sans doute.

Je ne les connais sans doute pas, et je ne dois rien a personne ici. Mes rares amis ne sont probablement pas dans le centre commercial du centre ville de Keimoo a huit heure vingt du matin. Donc je n'ai rien a faire. En vérité je devrais reprendre ma course et faire comme si je n'avais rien vu. Mais d'un autre coté, il y a bien cette loi, comme quoi il est impératif d'aider les gens dans le besoin. Mais également, il est conseillé de ne pas se mettre en danger et d'attendre les professionnels. Mais ou sont ils ? Dans un etat d'urgence pareil, ils devraient etre la en moins de dix minutes. Surtout en plein centre ville.

Mais il n'y a personne, cinq minutes après la catastrophe. J'entends maintenant des cris de panique, je vois des gens filmer la scène avec des téléphones. C'est une belle mentalité. Pourquoi je regarde ça, j'ai de plus en plus envie de.....non, ne fais pas ça, tu va t’attirer des ennuis.....c'est dans l'ordre de ton art martial d'aider les faibles, les bléssés. Tu connais les premiers soins, Sato, et même d'avantage, de la médecine asiatique, tu sais aussi faire en sorte de caler les os brisés en attendant d'avantage de soin. Tu pourrais vraiment être utile la bas.

Mais quelqu'un le ferait pour toi ? Quand je me retourne vers ces paparazzi improvisés, je me dis que eux ne viendraient jamais me sauver. Et combien de gens comme ça sont bloqués la bas ? C'est cruel, mais c'est comme ça que la vie fonctionne et.....je représente l'académie, je suis en plus un chef de club ! Si quelqu'un me voit ne rien faire, ca donnera une mauvaise image....de....mais idiot, tout le monde s'en fou ici. Mais moi aussi, je m'en fou en fait. Tant pis......c'est sans doute la pire décision de ma vie.

Je me précipite en courant. Entrer dans le nuage de poussière qui s'est légèrement éclaircit. Je ne vois rien, je n'entends que des pleures et des gens parler sans que je comprenne tout ce qui se dit. Toujours pas de secours. J'approche d'autres volontaires comme moi, et m'éclaircit la gorge pour paraître sur de moi :

- Je viens aider, par ou on commence ?

La ou on peux.

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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Mar 19 Sep 2017 - 19:39

Pas de montre, pas d’horaire, et Zakuro poursuit sa recherche joyeuse, insouciante, de farine, que Lawrence lui a demandé d’aller chercher en entrant dans le centre commercial. Des citrons dans les mains, un cabas sous le coude, il explore les allées commerçantes de la grande surface, en se perdant au travers des étalages de couleurs et de reliefs.  

L’hélicoptère vient s’éclater contre le centre commercial à l’instant où, remplit d’une satisfaction guillerette, Zakuro attrape le sachet de farine sur l’étagère du milieu d’un étal dans le rayon cuisine. Ravi, absolument ravi de n’avoir pas passé les habituelles quarante cinq minutes à chercher ce dont il a besoin, Zakuro tombe avec un sourire sur les lèvres, tombe avec son sachet de farine entre les mains. Dieu sait qu’il ne le lâchera pas.

Son poignet craque, la farine explose dans sa face, dans ses vêtements, dans ses cheveux, et bientôt, c’est un Zakuro qui se tortille sur le sol, dans un nuage blanc, dans un chapelets de jurons saucés. Les citrons ont roulés un peu plus loin, et des gens, dans la même position que Fea, contemplent le plafond, crient un peu, se demandent ce qui se passe. Des étals se sont effondrés, et en se relevant, en grognant, les doigts pressés autour de son poignet cassé, Zakuro observe les alentours, avant de récupérer son portable. La situation s’annonce calme, ce n’est de toutes évidences, pas un séisme. Il attend, pendant deux minutes, un écho au premier impact, histoire de vérifier que le monde ne va pas se bousculer de nouveau. Comme rien ne se passe, mais que des gens se mettent à hurler, Zakuro en déduit que c’est un événement isolé. Il abandonne ses citrons, sa farine explosée, et se met en direction des lieux où il a abandonné ses deux compagnons.

From : Litchi (me)
To :  Lawrence / Chess
8h20

« Wth ? »

De manière simultanée à son message envoyé, son portable vibre, inondé par trois ou quatre textos de personnes différentes.  Naoko, Senta, Kenji et Imade élèvent en des voix pixellisées une inquiétude à la situation. Sur Reddit, des posts sont en train de se partager, et Zakuro apprend qu’un hélicoptère vient de s’encastrer. Accrochée à ses cils, la farine prend le poids de tout un cas de conscience.


From : Litchi (me)
To :  Lawrence / Chess / Sasaki
8h22

« Est-ce que vous allez bien ? »

Gigantesque, couvert de farine et le poignet cassé, Zakuro franchit la foule en fendant le mouvement humain, pour rattraper la distance, et retrouver les deux autres.

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MessageSujet: Re: BREAKING NEWS. Ta tête qui vole en éclat. [RP libre, ouvert à tous]   Mar 19 Sep 2017 - 23:38

La jeune inconnue qui m’avait secourue parvint à me faire oublier la situation quelques instants. En la regardant bien, elle avait l’air d’être une jeune fille plutôt riche, assez bourgeoise en fait. Si c’était bien le mannequin que je pensais, cela paraîtrait plutôt anodin. Elle me cita même le nom de grands créateurs, en me faisant une plaisanterie -qui paraissait aussi ne pas vraiment en être une étant donné qu’elle paraissait bien être du genre à porter des vêtements de luxe qui coûtent une fortune. Airi se serait certainement bien entendue avec elle. Pour ma part, je n’étais pas assez fortunée pour me payer de tels vêtements, mais cela ne m’empêchait pas d’admirer le travail de ces créateurs. J’esquissais donc un sourire, avant de lui répondre.

« Jun c’est mon prénom. Il y a mieux comme circonstances de rencontre, mais, enchantée! »

Je me permettais d’omettre de lui communiquer mon nom, et d’être par conséquent un peu plus familière. Après tout, elle avait bien eu l’intention de m’aider, voir de me sauver la vie. Tiraillée par la pitié apparemment, son surmoi lui aurait crié de me secourir, car sa première pensée, tout comme celle des quelques japonais sur place, eut évidemment de se sauver.

Son téléphone la lâcha. Il n’y avait plus qu’à attendre, et espérer, comme elle l’avait bien formulé. Me concernant, je n’avais pas pris mon téléphone. Non pas que je l’avais oublié, mais simplement était-ce une « stratégie », si je peux me permettre de l’appeler ainsi, afin d’éviter d’être tenté de répondre au cas où l’école (ou mes camarades) voudraient savoir où je me trouve. La technologie nous environnant de partout, je préférais me tenir à l’écart de tout cela, afin de me sentir plus libre, de ne pas ressentir cette angoisse permanente du message que vous ne recevrez jamais, de la localisation que vous avez oubliée de désactivée… Ce genre de chose. Par ailleurs, j’étais certaine qu’à cause de ce phénomène d’hyper-connexion, des tas de gens, à ce moment même, étaient en train de se faire un sang d’encre, voir de risquer leur vie en venant vers le centre commercial pour voir si leur proches étaient en vie, alors que peut être, tout comme moi, ils ne s’étaient simplement que briser quelques os. Quoiqu’il en soit, c’était aussi grâce à ces technologies que les secours avaient été prévenus plus tôt, et que les blessés pourraient être traités.

Je regardais à nouveau la jeune femme. Elle semblait être perturbée. Moi aussi je l’étais, mais à vrai dire, je me calmais. Comme si le chaos environnant m’était déjà devenu habituel. C’est étrange à quel point l’esprit est vif quelques fois, quand il s'agit de se protéger. Je commençais néanmoins à douter de ma première hypothèse, soit, celle du tremblement de terre. J’en avais déjà vécu, et cela n’avait pas l’air d’en être un. Et, malgré les tentatives de mon interlocutrice pour me rassurer, j’étais obnubilée par l’hélice. Elle n’avait rien à voir avec celles qu’on pourrait trouver dans les conduits d’aération. Elle était plutôt du genre à vous décapité illico. Elle ressemblait… à celle d’un avion.

« Tu crois que c’est un attentat? »

Cette idée traînait depuis longtemps dans mon cerveau, sans parvenir à faire surface. La chair de poule envahie mon corps tout entier. Cette hypothèse me faisait frissonner, peut-être parce qu’elle paraissait plus réaliste. Je ne pouvais pas me raisonner en me disant qu’au moins, il n’y avait certainement pas eu beaucoup de morts, car le centre commercial était tout de même peu peuplé à cette heure-ci, et que nombreux étaient les simples blessés. Je ne pouvais pas, parce que je faisais partie de ces « simples blessés », et que j’aurais très bien pu être une de ces « quelques morts ».

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