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 Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]

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Hisaka Rika
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MessageSujet: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Dim 13 Aoû 2017 - 18:18

Comme si je n’avais pas assez de mes cours de rattrapage à la fac, il me fallait en plus travailler pour le club de cuisine. Le rituel est le même chaque année : aux vacances d’été, il nous est demandé de réfléchir à une recette dont le thème est choisi par les responsables du club. Pour l’été 2017, on nous a demandé de faire une revisite d’un plat salé pour en faire un dessert. A l’annonce du sujet, j’avais haussé un sourcil, en me demandant s’ils n’avaient pas vu ce genre d’exercice dans une émission de cuisine à la télévision. Toujours est-il que les épreuves créatives, ce n’est pas vraiment mon point fort. Heureusement que c’est de la pâtisserie – que je commence à bien maîtriser – parce que l’inverse aurait rendu la tâche beaucoup plus complexe.

Après plusieurs jours de réflexion sur le plat choisi, les saveurs que je vais mélanger, mais aussi les textures, j’avais opté pour une revisite des makis. Au début, je pensais faire quelque chose de fruité pour aller avec la saison, mais au final, utiliser du chocolat m’a paru plus simple et plus gourmand. Et pour le bouquet final, de la noisette et des amandes grillées pour le croquant de la garniture. Maintenant, pour ce qui est du substitut de la feuille d’algue, je pensais d’abord prendre du biscuit, mais le tout aurait manqué de délicatesse. Alors pour un peu plus de fondant, j’avais opté pour des rouleaux de crêpes. Enfin, tout ça c’est bien dans la théorie, il ne reste plus qu’à voir si ça fonctionnera dans la réalité. Pour être honnête, je n’ai pensé qu’à ça depuis hier où j’ai fait l’inventaire des ingrédients nécessaires à la réalisation de ma recette.

Le cours de complexité algorithmique s’achève dans le silence général : il faut croire que l’enseignant est assommant par sa simple présence. De plus, nous n’avons rien fait d’extraordinaire aujourd’hui, mais nous avons été contraint de rester jusqu’à la fin. Je range rapidement ma feuille de notes où trône un croquis de ce à quoi mon chef-d’œuvre culinaire devrait ressembler. Entouré de mes camarades de promotion, je quitte la salle en trombe pour rejoindre le bâtiment des clubs situé à l’autre bout du campus.

(…)

J’arrive essoufflé aux portes du club de cuisine. Il fait déjà chaud à l’extérieur alors je n’imagine pas ce que je vais ressentir quand je serai derrière les fourneaux. Après avoir passé une main dans mes cheveux et soufflé une dernière fois, j’ouvre la porte coulissante et marmonne de brèves salutations aux étudiants déjà présents sur place. Il n’y a que cinq ou six personnes en train de travailler donc je suppose que ça ira, du moment que personne ne me regarde cuisiner, je ne devrais pas trop me sentir intimidé. J’aurais préféré être seul, mais je sais que c’est rare d’avoir le local rien que pour soi ici. Parfois, j’éprouve quelques regrets vis-à-vis du club de littérature, quand même. Je finis par poser mon sac dans les casiers réservés aux membres du club avant d’en sortir l’ébauche de la recette que j’avais élaborée ces derniers jours.

Mains lavées, tablier de cuisine enfilé, plan de travail dégagé, je consulte la liste des ingrédients que je pense avoir besoin. Tout naturellement, c’est le chocolat qui constitue l’élément principal de mon dessert. Je me dirige vers le buffet et les réfrigérateurs où se trouvent les produits frais. Alors il me faut du sucre, du lait, des œufs, de la farine, des amandes, des noisettes et …du chocolat du coup. Je me sens assez chanceux parce qu’il n’en reste plus beaucoup. Par précaution, je prends un peu plus que nécessaire au cas où j’aurais mal estimé mes quantités. Dans l’idéal, j’aimerais réaliser six pièces, mais sait-on jamais : je pourrais me rater. Il ne me restera plus qu’à revenir un autre jour, mais je ne préférerais pas.

(…)

J’avais commencé par faire la pâte à crêpes pour me laisser le temps de réfléchir un peu plus à la garniture pendant qu’elle repose. Complètement absorbé par l’ambiance de travail avec la hâte de voir le résultat final, j’avais très peu fait attention à l’endroit où je laissais traîner les ingrédients. Ainsi, une fois ma pâte terminée, je me mets en quête du chocolat que j’avais pris tout à l’heure et posé à droite du plan de travail…ou pas ? Enfin ça me paraît étrange. Il y a bien du chocolat dans le saladier, mais j’ai l’impression que j’en avais pris plus que ça. Dans mes souvenirs, j’avais même du rab. Je passe mes doigts entre les morceaux de chocolat pâtissier pour soupeser le contenu du récipient en inox. Avec tout ça, je devrais à peine avoir assez pour faire quatre pièces. Je me mords la lèvre inférieure. Peut-être que je n’ai pas tout pris au final ?

Mes pas m’entraînent jusqu’à l’espace ingrédients du local du club. Il ne reste même pas un gramme de chocolat, pas même du blanc. Je soupire. Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Dépité, je reviens derrière la gazinière où je prépare une poêle pour faire les crêpes. Je ne peux quand même pas laisser la pâte comme ça maintenant que je l’ai préparée. Du coin de l’œil, j’observe les autres étudiants autour. Ils utilisent tous du chocolat dans leurs préparations alors je ne peux pas en accuser un en particulier de me l’avoir volé. Si au moins il m’avait demandé.

Je regarde tristement les morceaux de chocolat restant dans le saladier et…Hein ? Je rêve ou il y en a encore moins que la dernière fois où j’ai regardé ? Cette fois c’est sûr, je ne deviens pas fou. Je jette un œil au plan de travail voisin, occupé par une jeune fille aux cheveux clairs. Je m’avance timidement vers elle jusqu’à ce qu’elle remarque ma présence. Durant quelques secondes, je ne sais pas trop comment aborder le sujet de peur de la déranger alors qu’elle semble elle-même occupée à la réalisation de sa propre recette. Je finis par prendre mon courage à deux mains et lui poser LA question.

« E-excuse-moi. Tu n’aurais pas vu quelqu’un prendre le chocolat dans ce récipient ? »

Mon doigt pointe alors vers le saladier où reposent les derniers morceaux en train de se battre en duel. C’est la première fois que je m’apprête à faire un scandale pour du chocolat. D’ordinaire, j’aurais simplement abandonné et je serais revenu le lendemain, mais cette fois…cette histoire me tient beaucoup trop à cœur. En attendant sa réponse, je me gratte l’arrière de la tête et pousse un soupir ennuyé. Même si elle savait, dénoncerait-elle un camarade ? Ou se dénoncerait-elle toute seule ? Probablement pas. Il faut croire que c’est beaucoup demander aux gens d’être honnête.

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Dernière édition par Hisaka Rika le Sam 26 Aoû 2017 - 20:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Dim 13 Aoû 2017 - 23:05

Ça fait à peine quelques jours que je suis revenue à Keimoo. L'endroit a quelques peu changé, et puis les vieux repères que j'avais au collège ne risquent pas de m'être très utiles maintenant que je suis au lycée. Quoiqu'il en soit, même si je ne suis pas complètement ravie d'être ici, je m'estime heureuse de ne pas être coincée à la maison avec ma mère. Il faut dire que c'est très tendu, et qu'elle me parle à peine. Par ailleurs, elle a été très claire concernant la nouvelle année scolaire: si je commences à sécher les cours à nouveau, elle m'empêchera de retourner en Espagne, et me coupera les vivres. Du coup, je me retrouves coincée, en plein été, à devoir participer aux activités du club culinaire. À vrai dire, je crois que je ne savais même pas que j'étais inscrite dans un club pareil avant de recevoir mon bulletin (qui annonçait aussi à l'occasion un redoublement dont je me serais bien passée).

Enfin bon, puisqu'il en était ainsi, je me décidais à me rendre dans la salle du club. Après m'être trompée avec la salle du club de musique, j'optais pour manifester mon désenchantement en arrivant un peu en retard.

Dans la salle, plusieurs élèves étaient déjà en train de cuisiner. Je jetais un œil au tableau, où était inscrite la consigne suivante: " Revisite d'un plat salé en dessert".

Je restais quelques instants plantée devant le tableau, n'ayant aucune inspiration pour le sujet. Il m'arrivait souvent de regarder des émissions de cuisine à la télé, les vendredis soirs, affalée au bord de quelques croûtes de pizza que j'avais refoulées. Je me dirigeais donc vers les réfrigérateurs et les caisses d'aliments à disposition, dans l'espoir de trouver une quelconque inspiration. M'étonnant moi-même, je me pris vite au jeu, et me rua sur les tomates, la mozzarelle, la mangue et le sirop d'agave. Je voulais revisiter le fameux "Tomates Mozarrella" dont j'avais tant abusé en Espagne.

Ainsi, les bras chargés d'ingrédients, je commençais à découper avec soin mes tomates et ma mangue puis à les disposer sous forme de carpaccio... Mais tout à coup, ma concentration prit fin, et je me mit à jeter un coup d’œil sur les camarades aux alentours. Ils étaient tous très concentrés, et une odeur de sucré envahissait la salle, ce qui me donna tout à coup une folle envie de manger.

...Et il se trouvait à côté de moi. Il était sombre, luisant, sûrement épuisé par l'énergie folle que demande la vie dans une cuisine. Il était habillé de blanc, et je ne voyais que lui. Je pense qu'on pourrait appeler cela un coup de foudre. Et moi qui m'étais promis de ne plus jamais aimer! Mais le cœur a ses raisons... Que je compris dès la première bouchée:
Le chocolat que je venais de manger fondait dans ma bouche et ne semblait jamais disparaître. Il continuait de m’appeler à chaque bouchée terminée, et moi, tel un naufragé, je suivais le chant de cet aliment, si dangereux et pourtant si bon!

Après avoir dévorer près de la moitié du bol, je finis par me ressaisir, et regarder aux alentours, si je ne m'étais pas faite surprendre. Le propriétaire semblait trop occupé par sa pâte pour cela. De toute façon, je n'étais qu'à moitié coupable. Après tout, c'était sa faute: comment osait-il négligeait un tel bonheur pour se consacrer à une vulgaire pâte?

Je continuais donc sereine ma sauce au sirop d'agave et à la mangue, quand tout à coup, après un furtif coup d’œil, j'observais mon camarade, qui semblait totalement désemparé devant le bol de chocolat presque vide...
Je commençais à me sentir coupable, et le chocolat qui avait été source de plaisir commençait à provoquer certaines douleurs intestinales auxquelles je ne m'attendais pas. Mais cela s'intensifia quand le jeune homme s'approcha de moi. D'abord, je fis exprès de ne pas lui accorder d'attention, puis, le voyant persister, immobile, je lui adressais finalement un regard, avant qu'il ne s'exprime:

« E-excuse-moi. Tu n’aurais pas vu quelqu’un prendre le chocolat dans ce récipient ? »

J'hésitais à répondre. Après tout, non, je n'avais vu personne prendre ce chocolat, puisque c'était moi qui l'avais mangé, et qu'il m'est impossible de me voir moi-même. Cependant, aussi honnête que soit cette réponse, je trouvais mon camarade attendrissant de par sa timidité. Mais je pouvais aussi le jugeait inoffensif, et pouvais peut être me permettre de m'amuser un peu. Je finis donc par lui adresser un sourire, puis, après un léger soupir:

« C'est abominable! Comment as-tu osé laisser ce chocolat sans défense? La prochaine fois, tu ferais mieux de me le confier, avant que je ne prennes les devants. »

Puis, d'un geste brusque, je me retournais, afin que ce dernier ne s’aperçoive pas que j'étais en train de rougir. J'étais bien consciente que ce n'était pas en retournant la situation de sorte à ce que je puisse me dénoncer -et donc paraître honnête- que je le serais réellement, honnête.
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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Lun 14 Aoû 2017 - 17:55

Du haut de mon mètre quatre-vingt, j’ose à peine parler à une fille qui doit faire vingt centimètres de moins que moi pour lui demander si elle n’a pas vu quelqu’un s’approcher de mon saladier en inox. Sur l’échelle de la pitié, je pense que je dois me situer vers les valeurs plafond. Et dire que mon acte de courage ne m’aura servi à rien. Après m’être fait ignoré pendant trop longtemps à mon goût, l’étudiante daigne enfin à prendre les yeux. Ses joues sont légèrement roses, comme si elle prenait ma venue comme une tentative d’approche. Je déglutis difficilement. Non, je ne suis pas ce genre d’homme, quand même ! Pourtant, maintenant que ma conscience m’a suggéré cette hypothèse, je ne peux m’empêcher de la jauger du regard. C’est vrai qu’elle a des formes un peu étranges pour sa tail- Qu’est-ce que je suis en train de faire ? Bon sang, ce n’est pas le moment de passer pour un pervers. Pour ne plus être tenté de regarder, je finis par tourner la tête sur le côté.

C’est abominable, s’écrie-t-elle comme si elle était en colère envers le voleur…ou pas. Je rêve ou elle est en train de me rejeter la faute ? Elle ne s’arrête pas là et me conseille de lui confier le chocolat la prochaine fois, avant qu’elle ne prenne les devants. Je ne comprends pas très bien où elle veut en venir, mais je suppose qu’elle ne m’en dira pas plus. Désemparé, je baisse la tête et marmonne d’un ton plaintif :

« Mais ce n’est que du chocolat, je ne pensais pas qu’on me le volerait. »

Je marque une pause et m’incline, puis m’excuse, la mine dépitée.

« Désolé pour le dérangement. »

Quand je me redresse, elle me tourne le dos. Je ne sais pas trop pourquoi, mais on dirait que je l’ai irritée alors que ce n’était vraiment pas mon intention. Bilan de la journée : on m’a volé mes chocolats et j’ai agacé une fille que je ne connais pas dans mon club. Voyant qu’elle ne m’adresse plus la parole, je finis par tourner les talons pour me rendre aux réfrigérateurs. Je crois qu’il me reste à peine assez de chocolat pour faire de la garniture pour deux makis revisités, mais je ne peux pas non plus laisser la pâte à crêpes ici jusqu’à demain. Je suppose que je vais faire un test avec ce que j’ai, et je laisserai les autres crêpes sur mon plan de travail pour que les gens se servent. J’ai beau être vraiment démotivé et sentir la flemme me gagner, je n’aime pas assez le gaspillage pour ça.

De retour devant les fourneaux, j’allume la plaque chauffante et graisse la poêle avec parcimonie. Je n’ai plus le cœur à cuisiner, mais les réflexes se chargent de la réalisation des crêpes. Dans une casserole, je fais fondre les derniers morceaux de chocolat dans le lait pour préparer la garniture. Sur une autre plaque encore, je prépare mes amandes et noisettes grillées. Je remarque alors qu’il reste des bananes sur le présentoir : ça devrait un peu combler le vide de mes makis. La dernière crêpe posée sur l’assiette, je m’attèle à la découpe de banane en surveillant cette fois-ci les alentours pour que personne ne vienne voler mes produits. Est-ce que je commence à devenir parano ?

(…)

Bon, ce n’est pas ce que j’avais prévu initialement, mais ça ne m’a pas l’air trop mauvais. J’essuie une goutte de sueur perlant sur mon front tout en examinant consciencieusement ma création. Au final, le maki de crêpe est garni d’une couche de chocolat fondant enrobant un morceau de banane trouée au centre pour accueillir une crème chantilly préparée à la dernière minute. La pièce est ensuite nappée d’une sauce chocolat-amandes et noisettes grillées. La dégustation se passe plutôt bien. Finalement, je ne regrette pas trop de ne pas avoir pu réaliser ma recette initiale qui manquait de diversité dans la texture, mais je maudis quand même le voleur car je n’ai tout de même pas assez de chocolat pour préparer les six makis. Avant de vider mon plan de travail, je griffonne la nouvelle recette sur mon cahier de notes. Il faudra quand même que je revienne demain.

La vaisselle me prend environ dix minutes. Il ne reste maintenant plus que la fille que j’ai vexée, un autre type et moi. Je jette un regard triste en direction des cinq crêpes restantes. J’en attrape deux, les pose sur un papier essuie-tout et les emmène jusqu’au plan de travail la fille de la fille de tout à l’heure. Sans dire un mot, je les dépose quand elle ne me regarde pas, puis pars récupérer mes affaires laissées au casier.

En fermant la porte du local du club de cuisine derrière moi, je laisse l’étudiante seule dans la classe. C’est plutôt bizarre d’ailleurs. Il ne me semble pas l’avoir vu cuisiner. Bah, je suppose que je ne regardais pas, comme quand on m’a volé mes chocolats…


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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Mar 15 Aoû 2017 - 4:13

Après avoir adressé au jeune garçon ces quelques paroles insolentes, je m'attendais à une certaine rébellion, mais il n'en fut rien. D'abord furieuse de ne pas l'intéresser suffisamment pour qu'il ne daigne perdre son temps à me remettre à ma place, ma colère se dissipa très vite, et fit place, comme précédemment, à cette amertume, ce goût de...remord?

"Ce n'est que du chocolat, je ne pensais pas qu'on me volerais. Désolé pour le dérangement."

C'est visiblement tout ce qu'il m’accorderait. Je profitais qu'il ai l'air désemparé pour le scruter plus attentivement, alors qu'il évitait mon regard. Il avait l'air à la fois blasé et confus. Mais finalement, je ne pu qu'adresser un timide sourire narquois: après tout, j'étais quand même douée. J'avais retourner la situation de sorte à ce qu'il se sente confus alors que j'étais entièrement fautive. Cependant... tout cela m'amusa un peu moins quand je le vis retourner aux fourneaux, en sueur. Il avait l'air de se donner du mal. Et même si ce comportement était tout à fait à l'opposé du mien, je dois avouer que je ne pouvais qu'admirer sa persévérance. On aurait dit qu'il y avait un enjeu particulier, alors que nous n'étions que dans un vulgaire atelier de cuisine.

Par ailleurs, de mon côté, je m'étais démotivée toute seule, et avait abandonné mon idée initiale, à base de mozarella. Après tout, ma mère avait été claire: je dois être présente. Elle n'a pas stipulé qu'il fallait en plus que je me dévoue. Si on ne peut plus s'amuser...
Mais là, il semblait que je ne m'amusait pas. Je voyais les élèves défiler. La plupart satisfaits de leur recette, quittaient la salle le sourire jusqu'aux oreilles, tandis que d'autres, plus préoccupés, s'en allaient en oubliant de retirer leur tablier. Tout le monde avait l'air de se donner pour cette épreuve, et je commençais à me remettre en question.

Il ne restais plus que moi, et deux garçons dans la salle, mais le seul que je fixais était assez banal, cheveux noirs, pas de style particulier, si ce n'est que le soin qu'il mettait à s'appliquer dans sa recette. Tout en l'observant, sans même m'en rendre compte, je venais de manger l'assiette de mangue et de tomates que j'avais préparée plus tôt. J'étais bien partie pour rester encore un moment. C'est alors qu'avachie sur mon plan de travail, je parcourais le modeste éventail de recettes que je connaissais.

Une fois la tête relevée, je me retrouvais seule dans la salle de cuisine, avec deux petites crêpes à mes côtés.
Tout d'abord hésitante, je n'osais pas les manger. C'était peut être encore mon camarade qui avait laisser traîner les éléments de sa recette. Cependant, j'avais beau parcourir la salle du regard, il n'y avait plus personne, si ce n'est cette porte entrouverte. D'un pas déterminé, je m'aventurais donc dans les couloirs:

"Tu veux faire un marché?"

Je m'avançais tranquillement vers le jeune garçon, qui me tournait encore le dos, et lui tapotais l'épaule:

"Si tu m'aides à préparer des Dorayakis au caramel, je te rends ton chocolat."

À vrai dire, je ne pouvais pas lui rendre son chocolat, mais il se trouvait que je connaissais le code de la réserve... Du moins à l'époque !
Enfin, plutôt incertaine quand à la nature de ces mystérieuses crêpes (car après tout je n'en connaissais ni l'origine, ni le créateur), je finis par lui proposer, tout en feignant d'être blasée -car cet élan de bonté m'étais bien étranger-:

"En plus j'ai deux crêpes à partager."

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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Mer 16 Aoû 2017 - 20:17

La déception de m’être fait voler mon chocolat était partie dans les efforts que j’ai fais pour arriver à ma création. Je n’en étais pas peu fier, cependant je ne n’avais plus assez de matériel pour continuer sur ma lancée. Il a donc fallu s’arrêter là, avec un petit pincement au cœur. Puisqu’il me restait des crêpes, j’ai décidé de les donner à fille qui s’était braquée tout à l’heure, en guise d’excuses.

Je ne suis peut-être pas très doué avec les autres, mais je veux éviter de m’attirer les foudres de tous les étudiants du campus. Une bonne chose de faite, me dis-je en déposant deux crêpes sur son plan de travail avant de prendre la direction vers la sortie. Tablier plié et rangé dans mon casier, sac récupéré, je suis fin prêt pour rentrer au manoir. Je pense déjà à la bonne douche qui m’attend après quelques exercices à finir. Puis je pourrais achever la soirée en beauté en me posant devant la télévision avec des chips et du soda. Et qui sait, peut-être qu’il y aura un bon film.

La porte du local du club de cuisine coulisse derrière moi jusqu’à se fermer.

En me projetant vers l’avenir, j’ai totalement oublié le présent. Songeur - non seulement au sujet du programme qui m’attend, mais aussi à propos de l’étudiante que je n’avais pas vu travailler de tout le temps où j’étais à côté – je marche lentement dans les couloirs, si lentement que je finis par me faire rattraper. C’est une voix de demoiselle en détresse qui vient me ramener à la réalité : la chute est brutale, je ne suis pas prêt à sortir de ma bulle. Je l’entends me demander de faire un marché avec elle. Mais de quoi parle-t-elle ? Je finis par me retourner pour voir le visage de mon interlocutrice.

C’est la fille de tout à l’heure ! Je la fixe, l’air plus confus que jamais. Je pensais qu’elle était vexée au sujet de je-ne-sais quoi ? Je lui ai pourtant offert des crêpes en guise de consolation, alors je ne vois pas ce qu’elle pourrait me demander de plus. Mes iris suivent ses mouvements, elle se rapproche de plus en plus. De mon côté, je fais un pas, puis deux en arrière, jusqu’à me retrouver acculé au mur. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Sa paume vient effleurer mon épaule, je retiens mon souffle.

Je n’en crois pas mes oreilles, elle veut que je l’aide à préparer des dorayakis pour me rendre mon chocolat. Attends deux secondes. Je fais le lien entre ce qu’elle m’a dit tout à l’heure, comme quoi j’aurais dû lui confier le chocolat avant qu’elle ne prenne les devants et maintenant elle se propose de me le rendre. Elle prend un air confiant, comme si elle se montrait magnanime envers moi en me proposant les crêpes que je viens de cuisiner.

« Hé. »

D’un coup, je me redresse et l’interrompt. Je réalise que nous sommes seuls dans le couloir. Dommage, j’aurais bien aimé avoir quelques témoins.

« Tu veux dire que c’est toi qui a volé mon chocolat ? »

Je ne l’avais pas réalisé au moment où j’étais parti lui demander des renseignements, mais maintenant tout fait sens pour moi. Et dire que je me suis excusé et que j’ai même voulu me faire pardonner pour qu’elle ne se plaigne pas aux responsables que je sois un étudiant malpoli qui vient accoster ses kouhais. Le regard sombre, je reprends la parole.

« T’en as fait quoi au juste ? Je t’ai pas vu cuisiner. »

Son histoire de crêpe ne m’intéresse pas plus que ça, d’autant plus qu’il m’en reste encore, emballées dans mon sac.  Attends, ne me dis pas qu’elle a mangé du chocolat pâtissier comme ça ? Je pâlis. Ca ne devait pas être très bon sous cette forme. Les bras croisés sur le torse, j’attends une réponse et surtout de bonnes explications qui pourraient justifier son comportement. J’ai beau être gentil  – je pense – le vol fait partie des choses que je ne supporte pas, d’autant plus que cela ravive de vieux souvenirs du lycée où certains de mes camarades s’amusaient à planquer mes affaires. Je me souviens même du jour où ils étaient allés jusqu’au bâtiment abandonné pour cacher mon sac. Heureusement qu’une fille sortie de nulle part m’avait aidé ce jour, sinon je ne sais pas ce que j’aurais fait. Je me demande toujours où elle a bien pu passer d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Jeu 17 Aoû 2017 - 2:06

Après avoir accosté le jeune garçon que j'avais plus tôt importuné, je finis presque par regretter mon geste. Je pensais avoir été claire quand au sort qu'avaient subit les chocolats. Apparemment, le jeune-homme que j'avais en face de moi avait beau avoir l'air d'un intello, ce n'était pas vraiment une lumière sur ce coup là. Quoiqu'il en soit, la "rébellion" que j'attendais sembla arriver. Le garçon se braqua, puis m'interrompu, quelques peu après mon adorable proposition, sans que je ne comprennes trop pourquoi. À sa place, je me serais plutôt ruer sur les crêpes qu'on m'aurait proposé.

"Tu veux dire que c'est toi qui a volé mon chocolat?"

Le ton accusateur qu'il prit me déplaisait, quand bien même ce qu'il disait était vrai. Son visage, bien qu'il me paraissait crispé, semblait aussi s'éclaircir, comme s'il venait de comprendre ce que je lui avait suggérer auparavant. À ce moment là, je commençais déjà à m'en vouloir, et à moi même comprendre certaines choses: les crêpes étaient sans doutes une manière de s'excuser pour m'avoir "importunée". Tout à coup, mon envie de les manger se dissipa. Je commençais même à avoir mal au ventre. Je m'étais tout de même gavée de chocolat, de mangue et de tomates. Je n'étais finalement peut être pas aussi douée que je le pensais. Ce dernier poursuivit, sans que je ne décroche son regard, avec l'espoir qu'il se noie dans mes yeux clairs, avant de me blâmer.

"T'en as fait quoi au juste? Je t'ai pas vu cuisiner."

Tout d'abord flattée qu'il s'intéresse à ce que j'avais bien pu faire, je ne pu m'empêcher de détourner le regard, gênée. Après une légère pause prise à regarder mes pieds, je le scrutais à nouveau. Il ne semblait pas en avoir d'avantage à dire, il semblait même absent, comme s'il n'attendait pas de réponse. Pourtant, il persistait, immobile, en face de moi. Il avait l'air troublé, par je ne-sais-quoi. Peut être qu'il avait des problèmes, et que je le retenais depuis tout à l'heure pour des histoires inutiles. Je dois avouer que c'était plutôt immature de ma part. Et quand bien même je l'avais embêté, il se montrait toujours poli, alors que moi, j'étais plutôt insolente, d'aborder sans scrupules mon sempai.
Je me rendis compte qu'il était quand même grand, et j'avais l'impression de lui jeter un regard de chien battu de là où je me situais, car j'étais obligée de lever la tête. Je finis par reculer légèrement, puis, par lui répondre, en feignant d'être un peu blasée, en me massant l'arrière de la nuque -gênée-:

"Je l'ai mangé." Dis-je en murmurant. Puis, après avoir eu l'impression que cela n'était pas suffisant, je poursuivi :
"J'imagines que je t'ai mis en difficulté, désolée."

Je me sentis quelques peu soulagée, comme si je recevais des excuses, alors que c'était moi-même qui les présentais. Je m’apprêtais enfin à partir, car il n'y avait plus rien à dire, et que je comptais bien produire quelque chose. C'était aujourd'hui ou jamais. Je lui tournais donc le dos, et d'un pas déterminé, me dirigeait vers la salle de cuisine. N'ayant aucune idée de comment préparer des Dorayakis, et ayant abandonné l'espoir de recevoir une aide afin de les réaliser, je continuais de songer à ce que j'allais bien pouvoir produire. Ma pensée s'arrêta soudainement. Je n'étais pas correcte. Le pauvre étudiant ne m'avait rien fait, il avait même tenté de s'excuser. Je lui lançait donc, alors que j'étais au pieds de la porte:

"Je crois que je te suis redevable. Si jamais tu as besoin d'aide, fais moi signe, je suis pas très douée en cuisine, mais sait-on jamais, si ça peut me permettre de me rattraper..."

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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Ven 18 Aoû 2017 - 20:15

L’incompréhension laisse place à la colère. Non seulement, elle avait osé voler mes chocolats, mais en plus elle a fait comme si de rien était et maintenant elle se lance même à ma poursuite pour me demander de l’aide. Cette fille n’a vraiment aucune honte. J’ai presque hâte d’entendre quel genre d’excuses elle va me sortir. En a-t-elle au moins préparé une ? Son visage pris de soudaines rougeurs se détourne lentement de mon regard. C’est assez embarrassant de me dire que d’ordinaire, c’est moi qui suis dans cette posture. Toutefois, je ne faiblis pas insiste jusqu’à ce qu’elle me dise ce qu’elle a fait du chocolat. Elle finit par se ressaisir et prendre un air de chien battu. Comme si ce genre de choses fonctionnaient avec moi. Je ne laisse transparaître aucune émotion sur mon visage et me contente d’attendre, tout simplement.

Sa main rejoint l’arrière de sa nuque qu’elle commence à masser en prenant un air confus. Je hausse un sourcil : mais encore ? Je la vois inspirer une petite bouffée d’air avant de se livrer dans un murmure. Elle l’a mangé, m’avoue-t-elle d’un air coupable, avant de s’excuser. Je fais un pas en arrière. En vue de son attitude, je ne m’attendais pas à des excuses. Je pensais au contraire qu’elle allait se montrer fière de son geste comme d’autres l’auraient fait.

« Effectivement. »

Dis-je assez sèchement en tournant la tête à mon tour. Evidemment, je ne vais pas lui avouer que cela m’aura obligé à redoubler de créativité pour obtenir un résultat plus satisfaisant que je ne l’imaginais au début. Cela serait la conforter dans son geste. Torts avoués, elle tourne brutalement les talons pour rejoindre le local du club de cuisine. Je ne la retiens pas, même si j’aurais pu, par simple caprice. Ainsi, mes yeux suivent sa fine silhouette jusqu’à la porte, et à mon tour, je lui tourne le dos, prêt à partir maintenant que cette histoire est réglée. Mais une fois de plus, elle m’en empêche. Elle est vraiment gonflée de me retenir à chaque fois.

Enfin, cette fois c’est pour me proposer son aide. Apparemment, elle n’est pas douée en cuisine alors elle préfère se goinfrer au lieu de progresser. Soit, chacun ses objectifs dans la vie, je ne suis pas là pour juger. Là où je peux me montrer critique par contre, c’est le choix du club de cuisine alors qu’elle n’a, selon elle, strictement rien à faire derrière les fourneaux. Encore une qui a choisi ses options au hasard en ne pensant qu’à la belle vie lycéenne. Les films, les mangas, les animes, tout est prétexte pour romancer la vie au lycée. Tout ça alors que ce ne sont quelques années moroses, à s’ennuyer entouré de débiles qui profitent de la vie à 100% en jouant aux pseudos-rebelles avec l’autorité.

« Pourquoi t’as choisi ce club si t’es nulle en cuisine ? »

Oui parce qu’on sait tous que quand les gens disent « pas doués » ils veulent entendent « vraiment nuls », il faut être honnête à un moment. Et puis, sérieusement, des dorayakis. Il doit y en avoir des centaines, des recettes sur internet. Mais je suis quand même assez curieux.

« Et même si je t’aide à faire des dorayakis. Je suppose que ça ne sera pas pour le travail. »

Bon, je devrais peut-être arrêter de lancer des accusations à tort et à travers, ça ne me ressemble pas en plus. Je prends vraiment ce projet de création pâtissière trop à cœur. Il va falloir que je me calme avant de penser qu’il s’agit de ma vocation. Néanmoins, l’idée ne qu’elle ait pu manger tout le chocolat pâtissier ne me quitte pas la tête. Elle n’avait pas mangé de la journée ou quoi ? Je repense alors à sa proposition, de me rendre le chocolat contre mon aide. L’air grave, je reprends la parole, assez intrigué.

« D’ailleurs pour le chocolat. Comment tu aurais pu me le rendre si tu l’as mangé ?»

Je fais une pause. Non, à moins de le voler à quelqu’un d’autre – ce qui est impossible étant donné qu’il n’y a plus personne désormais – je ne vois pas par quelle magie elle aurait pu faire apparaître du chocolat sur mon plan de travail. Je suppose que c’était du vent ça aussi.


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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Ven 18 Aoû 2017 - 23:27

Alors que je m’apprêtais à regagner la salle de cuisine, pas très fière d’avoir mis en colère un garçon qui semblait calme et patient, sa voix m’interpella à nouveau. Cela m’étonna fortement, d’autant plus qu’il s’était montré froid avec moi, après que je me sois excusée. Mais j’aurais certainement fait pire si j’avais été à sa place. Mais… je n’étais pas à sa place, et je trouvais la mienne de moins en moins confortable : qu’est ce qui m’avait pris de lui proposer mon aide? Certes, le fait que je lui sois redevable. Mais quand même, je n’aimais pas beaucoup cette idée, quoiqu’elle m’eût été spontanée, tout comme la majorité de mes actes cet après-midi-là.

« Pourquoi t’as choisi ce club si t’es nulle en cuisine? »

J’étais plutôt étonnée par la question. S’il avait quelque chose à me demander, j’étais loin de m’imaginer que cela me concernerait personnellement. Je pensais plutôt qu’il allait répondre à ma proposition précédente. J’aurais pu être son commis, pour lui permettre de rattraper le travail que je l’avais empêché de réaliser.
Quoiqu’il en soit, je n’étais même pas certaine de la réponse. Il est vrai que j’aimais la cuisine. Non pas seulement le fait de la savourer, mais surtout l’aspect social et philosophique qui se renfermait dans un plat. Déjà, l’aspect technique est -je crois- une œuvre d’art en soit (du moins quand on maîtrise la cuisine, évidemment). Je me retournais donc afin de lui faire face, pour lui répondre, munie d’un léger sourire rêveur :

« Et bien, le fait d’être « nulle » n’exclut pas l’intérêt que je peux porter à ce domaine. Même s’il est vrai que mon comportement boulimique peut porter à penser le contraire, ou justement peut être aussi d’un côté, à confirmer le fait que… j’aime la cuisine. »

Sur ces paroles, je m’arrêtais. Puis, je commençais à réaliser que parler de tout ça ravivait en moi, une certaine étincelle, que je n’avais plus ressenti depuis un moment déjà. J’étais plus que déterminée à regagner les fourneaux et à offrir mon possible, même pour un vulgaire atelier de cuisine. Je commençais à comprendre cet engouement général dont j'avais été témoin plus tôt quant à la confection des plats, au soin que tous, y accordaient. Un peu tard sans doute, mais cela m’importait peu. Soudainement souriante, je n’écoutais qu’à moitié mon interlocuteur, qui poursuivait :

« Et même si je t’aide à faire des dorayakis… je suppose que ça ne sera pas pour le travail. »

Je rêves ou il est en train de me lancer une pique? Moi qui me suis comporter de façon adorable (outre le fait que je l’ai volé évidemment), il était quand même culotté. J’étais désolé après tout. Mais… Il a parlé de Dorayakis… cela me rappelait une idée… Ah ! C’est vrai, c’était mon plan B. Il insinuait donc qu’il acceptait de m’aider? Finalement je l’aimais bien ce garçon. Je lui adressais mon plus beau sourire, mettant entre parenthèse ce qu’il venait d’insinuer (et qui, si je n’avais pas déjà trop mangé, aurait honnêtement pu être possible).
Il poursuivait, après un instant :

« D’ailleurs pour le chocolat, comment tu aurais pu le rendre si tu l’as mangé? »

Cette question me rendit tout à coup nostalgique. Cela faisait quelques années que j’avais quitté Keimoo et le Japon, pour aller vivre en Espagne. Nous n’y sommes pas restées longtemps. 3 ans seulement, mais la dernière année fut terrible… Quoiqu’il en soit, me replonger à cette période où je n’avais encore jamais que connu le Japon me fit frissonner.
C’était une vieille connaissance, ma première amie ici, qui était un peu plus vieille que moi, une rebelle à l’état pur, qui connaissait un tas de cachettes, de secrets, dont elle faisait usage de temps à autre. Elle m’avait montré le code du garde-manger où elle s’amusait à se servir discrètement, de temps à autre. Elle a été renvoyée après mon départ, j’ignore si c’en était la cause, car je n’ai pas vraiment gardé contact. Quoiqu’il en soit, je n’ai jamais eu l’occasion d’y retourner, et pas vraiment l’intention non plus, je ne veux pas m’attirer trop d’ennuis (même si c’est -pour le moment- un peu mal parti).

« Une vieille connaissance m’avait partagé le code du garde mangé. Évidemment, cela fait un bon moment maintenant… Mais, ça n’aurait pas vraiment été du vol, puisqu’on aurait retrouvé le chocolat dont on se serait servi le lendemain. Ils mettent juste une certaine quantité à disposition au quotidien, mais c’est pas très important, c’est fait pour qu’on s’en serve dans tous les cas, tu vois… »

Je ressentais le besoin de justifier ma proposition précédente, car le jeune-homme n’avait pas l’air commode lorsqu’il s’agit de vol… Après tout, lorsque ça vous concerne particulièrement, il est certain que c’est différent.

Je changeais radicalement d’expression faciale, puis, en lui adressant un clin d’œil, je repris :

« Du coup, je m’occupe de la garniture et toi de la pâte. Ça marche ? »

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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Dim 20 Aoû 2017 - 22:42

J’avais été plutôt sévère et sûrement injuste en qualifiant ses compétences de cuisine de « nulles », mais j’avais agi sous l’impulsion de la colère après avoir appris qu’elle m’avait volée mes chocolats et osait encore se tenir devant moi pour me quémander de l’aide. Cependant, je me suis bien vite calmé sur les accusations et tente de lui laisser de l’espace pour qu’elle puisse essayer de se justifier. C’est avec surprise que je découvre que malgré ses faibles connaissances et ses probables galères, il s’agit d’un domaine qui suscite son intérêt. Je lui lance un regard étonné. Pour moi, cela paraît impossible d’apprécier quelque chose si on n’est pas très doué dans cette discipline. Mais c’est sans doute le système scolaire qui fait ça. Quand on n’est pas bon quelque part, on est très souvent forcé à abandonner, même si cela nous passionne. Je détourne légèrement le regard, me sentant un peu coupable. Toutefois, je ne pouvais toujours pas pardonner le fait qu’elle m’ait volé mes ingrédients. Et cela suffit à ce que je relance un second pic, suivi d’une question : comment aurait-elle pu me rendre mon chocolat si elle l’a mangé.

L’inconnue prend un air rêveur, presque nostalgique. Je ne sais pas à quoi elle pense et cela ne me regarde pas, mais je n’ai pas non plus toute ma soirée, donc j’espère qu’elle va répondre assez vite quand même. J’apprends alors qu’une vieille connaissance lui a partagé le code de la réserve de nourriture. Je hausse un sourcil, hésitant à la croire. Ce n’est pas du vol de se servir dedans puisqu’il s’agit de matériel qui aurait été distribué le lendemain. Je soupire. Aux yeux de la loi, ça reste du vol. Bon sang, mais qu’a-t-elle dans la tête ? Du coton ? Ou peut-être un singe qui joue du triangle ?

« C’est quand même du vol, de se servir sans l’autorisation du personnel. »

Je prends un air ennuyé. Avec toutes ces informations à ma disposition, je pourrais aisément la dénoncer au manager du club ou à Naoko tout simplement, puisqu’elle est devenue vice-présidente depuis le mois d’avril. Mais l’idée même d’entamer cette procédure me donne des nausées. Imaginer le temps et les efforts que cela me coûterait. Je n’ai décidément pas l’énergie nécessaire pour me battre et défendre mes arguments. Agacé, je pousse un soupir et pose mes mains sur mes hanches. Si la jeune femme en face de moi ne me donne pas l’impression qu’elle me poursuivra jusqu’en enfer si elle se retrouve exclue pour vol, je préfère éviter d’avoir une réputation de délétère auprès des autres étudiants. Et puis, je n’ai pas suffisamment de preuves contre elle. Les paroles ne suffisent pas à déterminer si le code fonctionne ou pas.

« Minute. »

Dis-je, les sourcils froncés, alors qu’elle semble croire que j’ai accepté sa proposition alors que je n’ai rien dit. Et son clin d’œil ne me convainc pas du tout pour couronner le tout. Je ne sais pas où est-ce qu’elle a cru comprendre que j’étais d’accord pour faire sa pâte à dorayaki, mais ce n’est pas vraiment le cas. Et malgré le fait que je ne dise pas « oui », je me rapproche d’elle. Arrivé à sa hauteur, je m’arrête et me mets à réfléchir. Si elle ne fait que me montrer la réserve et que je ne vole pas, je n’aurai rien à me reprocher et j’aurai juste à la balancer à Logan-sensei si jamais elle continue de m’ennuyer pendant les séances de club.

« Avant toute chose. J’aimerais que tu me montres ce fameux garde-manger. »

Je marque une pause. Voyant qu’elle ne semble pas emballée par la proposition, je continue.

« Je t’aiderai après ça. Promis. »

Bon sang, je deviens un vrai rapace avec le temps, mais un marché est un marché, et c’est elle qui a besoin de moi, pas l’inverse. Je n’ai pas prévu de continuer mon travail ce soir – après tout, je m’apprêtais à partir – alors je ne compte rien emprunter. Je ne suis pas très fier de moi. Mais les choses sont dites désormais. Hésitant, je lui tends la main. J’espère qu’elle ne remarque pas mes incertitudes, sinon je pense que la situation tournerait à mon désavantage. Le pire dans l’histoire, c’est que je n’ai aucune envie spéciale de lui venir en aide.




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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Lun 21 Aoû 2017 - 4:38

Après mon explication assez évasive concernant le code du garde-manger, j’observais mon interlocuteur hausser un sourcil, comme s’il ne me croyait pas. Dans ces moments-là, comme j’ai souvent tendance à être impulsive, je n’ai qu’une idée en tête : le lui prouver. Cependant, son soupir me rebuta. Il avait l’air exaspéré. Moi qui le trouvais plutôt sympathique de s’intéresser à moi, de prendre le temps comme ça, en fin de soirée, pour me laisser m’expliquer et pour m’aider en cuisine alors que j’ai des difficultés… Là, je me refroidi tout de suite, et me braqua. Je n’ai qu’une envie : le laisser tranquille et prier pour ne plus jamais le recroiser. Cela risquait d’être difficile, étant donné que nous sommes dans le même atelier.

« C’est quand même du vol, de se servir sans l’autorisation du personnel. »

Le voilà qui prenais ce petit air d’intello qui vous sermonne, celui que je ne supporte pas. Tout d’abord, je n'étais pas d’accord. Ce n’était pas du vol, mais de l’initiative. Cependant voilà que sa réponse me donnait la chair de poule : j'étais en colère. Après tout, j’en avais assez : depuis le début ce garçon me faisait passer par tous les états d’esprits. À la fois coupable, puis soulagée, heureuse et reconnaissante, pour finalement me mettre en colère… Le voilà qui trouvait à nouveau le moyen de m’irriter. Ce n’était plus possible, il me cherchait.

J’essayais de ne pas m’emporter en prenant une grande inspiration, afin de me calmer.
Il avait l’air ennuyé. Il repoussa un soupir, les mains sur les hanches. Son attitude me parut assez efféminée… Mais aussi très familière… Oui! Il me rappellais ma mère, quand elle est en colère et qu’elle cherche un châtiment digne d’avoir un impact assez conséquent sur ma pauvre vie d’adolescente. Je me demandais à quoi il pouvait bien penser.

« Minute ».

D’où est-ce qu’il me parlait aussi sèchement? Je ne suis pas un chien, mais j’ai du mordant. S’il ne comptait pas tout de suite abandonner son expression un peu trop coincée et supérieure, je n’hésiterais pas à le remettre à sa place. Après tout, les chocolats volés ne méritaient pas que j’endure cette conversation, avec une personne aussi peu aimable. Moi qui croyait qu’il allait m’aider… J'aurais préférée être punie pour mon crime. De toute manière, ça m’était égal. Ça ne servait à rien que je fasse des efforts, que je tente d’être aimable. J'étais loin de n’avoir que ça en tête, que ça à faire, pour le plaisir de mon entourage. J'étais un cancre, et je resterais éternellement en décalage; « inadaptée ». Je n'étais pas ici pour me faire des amis.

Je me retournais tout de même, et observais le garçon, en attendant la suite de sa phrase, moyennement intéressée. Puis, en y repensant, plutôt enthousiaste. Je lui adressais mon plus beau sourire, il allait sans doute revenir sur cette idée de dorayakis! Il allait même peut être me proposer une recette un peu mieux élaborée, il est vrai que la mienne restait tout de même simpliste. Je pouvais les farcir de bananes caramélisées dans du beurre par exemple. Je commençais moi-même à avoir tout un tas d’idées. Quoiqu’il en soit, je prenais soin de paraître agréable, avant qu’il ne change d’avis tout comme il avait pu me faire voguer entre plusieurs états d’esprits auparavant.

« Avant toute chose j’aimerais que tu me montres ce fameux garde-manger. »

Je fronçais tout à coup les sourcils. Je ne devrais pas ça. C’était un secret que je ne pouvais me permettre de partager avec des inconnus de la sorte. S’il avait besoin que je lui rende son chocolat pour qu’on soit quittes, je m’y rendrais seule. Après tout, qui pouvait m’assurer qu’il ne comptait pas aller se servir dedans à tout bout de champs? S’il le faisait, nous serions fichus: ils s’en rendraient compte et installeraient des caméras, mèneraient une enquête. Tiens… des caméras… Il n’y en avait pas à l’époque. Mais c’était peut-être pour ça que mon amie s’était faite virée ?? C’était une théorie que je ne pouvais pas négliger.

Et puis, il était assez étrange tout de même… Assez contradictoire. Lui qui m’accusait de vol s’apprêtait à en faire de même. C’était complètement incohérent.
Je continuais de le regarder, assez réticente.

« Je t’aiderais après ça, promis. »

Il s’approchait de moi, en me tendant la main. Je la regardais, sans la prendre. Je le regardais ensuite fixement dans les yeux, en espérant lui glacer le sang. Je ne fais pas de marché à la légère. Il me faut un contrat, un accord de confidentialité signé, et tout un tas de procédures, bien que j’ai tendance à négliger ce genre de choses. Je ne pouvais pas me fier à cet étudiant. Pas lui en particulier, mais de manière générale… Ce n’était pas parce qu’il me faisait pitié que je devais automatiquement le prendre en sympathie. Moi, je ne suis pas sympa. Je n’ai pas d’amis.

Je regardais à nouveau sa main, qui semblait trembler légèrement. Je lui adressais un sourire hypocrite, en tendant le bras, afin qu’il évite d’envahir mon espace personnel. Je fini par repousser sa main en murmurant :

« Impossible. »

Puis, après une légère évaluation faciale de mon camarade, je continuais :

« Si tu souhaites que je te rende ton chocolat, soit. Mais j’y vais seule. Je ne peux pas faire confiance à n’importe qui, tu comprends? Surtout quand la personne est aussi contradictoire. Serais-tu en train de te pervertir? Voudrais-tu réellement devenir un voleur de chocolat, alors que tu pourrais très bien attendre sagement demain? »

Je m’approchais à nouveau très près de lui, tout en prenant un ton ironique. Mais une certaine amertume retentissait dans ma voix. Je n’avais soudainement plus envie de rien. J’avais instantanément perdu la flamme qui m’était apparue quelques instants plus tôt concernant mon travail. J’étais tout simplement déçue.

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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Mer 23 Aoû 2017 - 0:13

« Impossible »

Murmure-t-elle en repoussant ma main. C’est assez humiliant de se faire ainsi rejeter, mais c’est loin d’être la première fois qu’on m’ignore ou que l’on me rejette. Je fais comme si de rien n’était et glisse mes doigts dans la poche de mon pantalon. Merde, est-ce que j’avais été trop arrogant ? A ses mots, je reste silencieux et recule. Une fois séparé de plus de deux bons mètres, elle se rapproche de moi, comme si nous étions en train de jouer à « Suis moi je te fuis, fuis moi je te suis. ». Arrivée à ma hauteur, elle reprend, amère. Apparemment, elle a mal compris ma demande et pense que je veux prendre le chocolat. Je secoue la tête. Ce n’est pas ce que je lui ai dit. Je voulais juste voir le garde-manger, pas y toucher.

« T-t-as pas compris. Je voulais juste voir où il est, le garde-manger, pas voler. »

Lui dis-je, hésitant. Tout à coup, je deviens un peu moins sûr de moi. Est-ce que ça vaut vraiment le coup que je me créé des embrouilles pour une histoire de chocolats volés ? Une partie de moi pense que non, parce que j’ai toujours détesté me prendre la tête pour rien, parce que je préfère faire le tapis et me dire que le futur me donnera raison. Mais une autre part de moi ne l’entend pas de cette oreille. Depuis l’école primaire, je déteste les voleurs, qu’ils volent mes chaussons, mon goûter ou du chocolat. Jusqu’à présent, je n’avais jamais rien dit, ni à ma sœur, ni à mes parents, ni à personne. J’ai toujours pris sur moi, travaillé pour racheter ce que l’on m’avait pris. Et aujourd’hui, j’avais juste tenté d’aller à l’encontre de mon moi habituel. Hélas, on dirait bien que je ne suis pas encore capable d’aller au bout de mes convictions.

« Oublie ça, je reviendrai demain. »

Moi, en train de me pervertir et prendre ce qui ne m’appartient pas ? Je suppose qu’il faudrait me rouler dessus. Enfin, la meilleure solution à cette malheureuse histoire est probablement de passer l’éponge sur ce qu’il vient de se passer. Comme d’habitude, on oublie jusqu’à ce qu’ils recommencent. L’histoire se répète. C’est comme ça depuis que je ne suis plus à l’école avec ma sœur de toute façon, est-ce que je m’attendais vraiment à un changement ? Finalement, elle aura gagné contre moi aujourd’hui, même si elle n’aura pas eu les dorayakis.

« Mais tu sais… »

Je prends une pause pour chercher mes mots. Je n’ai jamais été très doué pour exprimer ce que j’ai sur le cœur. C’est sans doute plus facile de lui en parler parce qu’elle ne connait ni mon nom, ni quoi que ce soit de moi, alors elle ne risque pas de me juger à l’avenir pour les propos que je vais tenir. Même si elle ne partage pas les mêmes valeurs que moi et ne voit pas le problème à l’idée de se servir chez les autres, j’aimerais lui faire prendre conscience de quelque chose. J’ai toujours détesté les moralisateurs, mais on dirait que le temps me transforme en l’un d’entre eux. Mon regard prend une teinte un peu plus sombre que d’habitude.

« Je les déteste vraiment, les voleurs. »

Une pointe de tristesse est décelable dans ma voix. Je ne voulais pas le dire de cette manière, mais en parlant de vol, je ne peux qu’exprimer toute ma rancœur envers ceux qui m’ont un jour causé du tort en prenant mes affaires.

« Mais je passe l’éponge pour cette fois. »

Même s’il est vrai qu’elle m’a ennuyé avec cette histoire, je ne peux pas non plus la tenir responsable de tout ce qui est arrivé auparavant. Je secoue la tête. Qu’étais-je en train de faire, juste à l’instant ? Les souvenirs de ma discussion avec Satoshi au mois de février me reviennent à l’esprit. Il faut que j’aille de l’avant. Mais j’ai encore beaucoup de choses à voir et apprendre dans la manière de le faire. Parler aussi sèchement à la jeune fille aux cheveux clairs et l’agresser sur ses compétences en cuisine, ce n’est pas ce que j’avais désiré en manifestant ma volonté de changement. Certes, je ne veux plus être une cible facile, mais il doit y avoir une autre manière de procéder. Je ne veux pas me retrouver sans arrêt sur la défensive, c’est plus épuisant qu’autre chose.

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Jun Aoki
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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Mer 23 Aoû 2017 - 2:46

Après mon refus, le visage du jeune homme se durcit. Il glissa ses mains dans ses poches, l’attitude typique du « je m’en foutiste ». Mais je suis bien placée pour savoir que ce n’est qu’une histoire d’apparence. Je ne pensais pas qu’il s’en fichait, je pensais même l’avoir vexé. D’ailleurs, il finit même par bégayer :

« T-t’as pas compris. Je voulais juste voir où il est, le garde-manger, pas voler. »

Je ne comprenais décidément pas ce garçon. Pourquoi voulait-il voir le garde-manger s’il ne comptait pas se servir? J’avais beau y réfléchir, je ne voyais pas. Mais, cela n’était finalement pas d’une grande importance après tout.

Il avait l’air nettement moins sûr de lui, et moi, je le regardais toujours, sans sourire. Le voilà qui recommençait. Il était insaisissable en fait. Je ne pouvais pas percevoir ce à quoi il pensait, mais il continuait de me toucher. Je soupirais. J’allais faire un AVC si ça continuait. Tous ces états d’esprits, ce n'était décidément pas pour moi.

« Oublies ça, je reviendrais demain. »

Je n’avais pas vraiment envie de le laisser partir, tout compte fait. Je crois que je ne voulais pas rester seule. Mais il était clair qu’il n’y avait plus rien à dire, et la situation était devenue bien étrange.
Tout de même, j’étais déçue que la seule personne qui daigne me parler ici ne le fasse que pour des chocolats, et que cela ne se passe pas très bien (évidemment, je les avais mangés).

Toutefois, j’étais consciente d’être contradictoire. Certes, je prétendais ne plus vouloir d’amis « les relations sociales, c’est pas pour moi ». Le fameux « je m’en fiche », quoi. Il en restait que je me sentais seule, et que la discussion que nous avions eu plus tôt avait creusé ce creux dans ma poitrine. Une solitude qui gerce, jusqu’à la paralysie.

Immobile en effet, je ne savais pas quoi répondre. Mais mes pensées furent coupées par le garçon :

« Mais tu sais » me dit-il, tout en marquant une pause, dans laquelle son regard prit une teinte sombre, qui me glaça le sang « je détestes vraiment les voleurs ».

Encore une fois, il me frappa en pleine poitrine. Je prenais ces paroles comme des accusations. Puis, comme une confession. Peut-être avait-il eu un passé difficile à cause d’un vol? Il s’était peut-être fait cambrioler, peut-être même qu’il venait de se faire cambrioler, et que depuis tout à l’heure, je le retenais alors qu’il devait aller au commissariat pour rapporter l’événement. Je me sentais tout à coup un peu moins coupable: moi, la seule chose que j’avais volé, c’était des chocolats, et puis, c’était plus instinctif que volontaire. Enfin, je comprenais bien que ça, il s’en fichait. C’était le geste qui comptait, et il était manifestement trop tard.

De plus, il avait l’air assez triste, un ton monotone était apparu dans sa voix, et son regard se vidait, comme lorsqu’on a la rage, mais qu’on est trop touché pour pouvoir se manifester. J’avais envie de l’enlacer. J’imagines que c’est ce que font des amis dans ces moments-là. Oui, mais je ne fis rien, j’en avais déjà trop fait. Et puis, je ne le connaissais pas. Et il devait me détestait, car après tout, pour lui, je n’étais rien d’autre qu’une voleuse.

Je le regardais donc s’éloigner de moi, après avoir « passer l’éponge » sans savoir ce que j’étais censée répondre, ou faire.

Je décidais donc de m’incliner -chose que je ne fais quasiment jamais, malgré le fait que je sois japonaise, car j’ai la terrible sensation de me soumettre lorsque j’effectue ce geste.

« Je m’appelle Jun Aoki. Mais appelles moi Valeska s’il-te-plait. Encore une fois, je tiens à m’excuser pour mon comportement puéril. À demain. »

J’espérais que mes excuses suffisent, même s’il avait déjà déclaré m’avoir pardonnée. Je ne voulais pas qu’il me voit comme une voleuse, après tout, j’ai un nom.

Je me retournais et regagnait la salle. J’avais à présent une toute autre motivation de cuisiner. J’allais lui offrir un de mes Dorayakis, et présenterais le reste aux responsables. Il reviendra demain. Je n’avais besoin de personnes pour les réaliser. Une recette, des ingrédients, et toute la soirée.

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MessageSujet: Re: Le meilleur pâtissier [PV Jun Aoki][Terminé]   Sam 26 Aoû 2017 - 20:32

Il règne dans mon cœur une bien étrange sensation : celle que quelque chose m’avait échappé aujourd’hui, que tout était parti d’un malentendu. Bien sûr, elle m’a volé mes chocolats et ne cherche même pas à le nier, mais je suis presque persuadé qu’il y a autre chose. Toutefois, je ne peux pas me résoudre à lui pardonner son acte qui ramène mon esprit vers des souvenirs que j’aurais souhaité oublier pour me convaincre que j’ai eu des années lycée tout à fait normales. D’autre part, j’ai bien conscience qu’il s’agit de mes sentiments et qu’ils ne sont, par définition, fondés sur rien. Rationnalise, Hisaka me dis-je en tournant les talons pour ne plus faire face à la jeune fille aux cheveux clairs. Il n’y a aucune raison pour laquelle elle m’aurait volé si ce n’est pour t’emmerder. J’expire alors une grande bouffée d’air. Etre humain, c’est vraiment chiant.

Je reviendrai demain lui ai-je dit pour marquer la fin de cette conversation sur le fameux garde-manger. Mais probablement que je ne reviendrai pas, ça lui ferait trop plaisir de me voler mes affaires, encore. C’est comme pour tout, pour les équipes sportives, pour la politique : on prend les mêmes et on recommence. Je les déteste vraiment, ces gens qui assument à moitié leurs actes, ceux qui essaient de vous faire croire que vous avez une part de responsabilité dans leurs mauvaises actions. Que m’avait-elle dit dans la salle, déjà ? J’aurais dû les surveiller. C’est ça.

Pourtant, je n’ai pas d’autre choix que de passer l’éponge étant donné que je n’aurais aucune preuve pour l’accuser de vol. Et puis, ce n’est pas comme si le rôle de justicier m’allait, de toute façon. Mes pas m’éloignent lentement de la l’étudiante pour rejoindre le bout du couloir. C’est alors que sa voix retentit, encore. Je me promets, cette fois, que ce sera la dernière fois que je me retourne pour la regarder. Jusqu’à présent, cela ne m’a jamais rien apporté de bon, hélas.

J’écarquille les yeux face au spectacle qui se cale sur ma ligne d’horizon. Inclinée, les bras le long du corps, la fille se présente et s’excuse. Jun Aoki, c’est son nom, mais elle préfère être appelée Valeska. C’est un drôle de surnom, mais je tâcherai de m’en souvenir quand elle me cherchera de nouveau des noises, même si son discours prétend qu’elle ne recommencera plus. Mais ce n’est pas ce qui me surprend le plus, dans l’histoire.

« A demain. »

A-t-elle déclaré solennellement avant de se redresser. Je n’ai pas pu voir son visage à cet instant. Cachée sous ses cheveux, elle ne me laisse pas le temps de répondre quoi que ce soit, elle se retourne comme si de rien n’était et regagne le local du club. On dirait qu’elle tient vraiment à ce que je revienne demain. Comme si elle avait prévu quelque chose pour racheter son comportement envers moi. A mon tour, je tourne la tête vers les escaliers : je n’irai pas la rattraper pour continuer la discussion. Plus question de rejouer à ce jeu avec elle. La vie n’est pas une comédie romantique. Ainsi, je quitte le bâtiment des clubs et me met en route pour rentrer chez moi.

Dans ma poche, mon téléphone se met à vibrer. Surpris, je déverrouille l’écran et regarde l’expéditeur : ma sœur, comme d’habitude quand ce n’est pas ma mère. On pourrait croire que c’est plutôt triste comme constat, d’avoir un entourage aussi restreint après vingt-et-un an de vie sur terre, mais je trouve que c’est déjà bien comme ça. Peu à peu, je me sens progresser, mais je ne cherche pas à dépasser le rythme naturel des choses. Etre pressé, c’est devenir vieux avant l’heure.

From : Yuuko
To : Hisa
Message : Coucou ! Tu as passé une bonne journée ?

Quelques années plus tôt, je n’aurais sans doute pas évoqué le vol du chocolat, jugeant inutile de l’inquiéter pour rien. Mais jouer au héros et faire cavalier seul face aux difficultés du quotidien n’est rien d’autre qu’un acte rempli d’égoïsme, tout comme me plaindre d’être seul en rejetant les mains qui m’étaient tendues. Soit, je glisse mon téléphone dans ma poche. Je lui raconterai tout ce soir. Après tout, se reposer sur quelqu’un, cela peut aussi être agréable. En attendant, je dois réfléchir et prendre une décision : est-ce que je reviendrai demain ?

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