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 Once again [& Takuya]

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Mei Shiozaki
► Université - 4ème année - Vice Capitaine Natation
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Mei Shiozaki

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MessageSujet: Once again [& Takuya]   Sam 12 Aoû 2017 - 0:06

Encore une fois, les gens qui se bousculaient pour se dépêcher de sortir, la chaleur étouffante d’un été japonais typique en contraste parfait avec la fraicheur du bâtiment dont je venais tout juste de franchir les portes. Aucune brise à l’horizon et seule ma main agitée faiblement dans l’air me permit de récolter un vent ma foi ridicule. A peine un pied sous le soleil que ma peau en ressentait déjà les conséquences, plus qu’avoir chaud, c’était à peine si on ne brûlait pas. Se trouver une place à l’ombre relevait à cet instant du miracle, les Japonais accompagnés de touristes avaient eu l’idée bien plus vite que moi. Mon chapeau de paille, mon unique allié ne ressemblait à rien, les quelques péripéties dans lesquelles je l’avais entrainé avaient suffi à le déformer partiellement. Mon retour des vacances ne se déroulait pas exactement tel qu’imaginé quelques heures auparavant et je n’avais qu’une hâte, rentrer à la maison. De ma main libre je tentais avec peine d’atteindre mon portable situé, sans surprise, au fond de mon sac. L’écran déverrouillé, divers nombres s’affichèrent dont l’heure, mon visage se crispa à la vue du 19 h 42. Pour l’heure du repas, je pouvais repasser. La liste de mes contacts défila sous mes yeux anxieux, à dire vrai j’avais de quoi l’être, ayant déjà un programme assez chargé le soir-même. Mon regard s’arrêta net sur le numéro voulu et tandis que le bip retentissait dans mon oreille gauche, une voiture noire familière s’avança pour s’arrêter pile à ma hauteur.

« Désolée, vraiment. Il n’était pas prévu que je rentre aussi tard, mais j’ai eu un souci. »

Devant moi se tenait celui qui pardonnait nos trajets beaucoup trop longs à travers la ville, celui qui prenait les choses bien, même lorsqu’il surprenait mon frère et moi en plein goûté à l’arrière de la voiture, alors que nos parents nous l’interdisaient. Yamato-san fut le premier de ma liste à qui j’eusse envoyer un message dès lors que mon pied avait tout juste frôler le sol bouillant du tarmac. Il avait sûrement dû rire en lisant ce qui s’avoisinait à un appel à l’aide suivit, surtout le passage « Ne le dis pas à ma mère ». Il s’inclina comme pour me rassurer et m’enlever toute inquiétude de l’esprit. L’horloge tournait et la voix d’une amie proche que j’essayais de joindre se fit entendre. Elle se disait très occupée sur le moment, me donna rapidement quelques instructions basiques, voire un peu trop. J’entendis le nom d’un bar qui m’était totalement inconnu, cependant je lui faisais confiance sur ce point-là. Quel genre de lieu était-ce ? « c’un endroit sympa et animé » fut sa réponse puis plus rien, son activité avait coupé court à notre discussion. J’haussai les réponses, pourquoi pas allez j’allais sûrement faire une belle découverte.

Le trajet se passa dans le calme, comme à l’accoutumé, calme qui n’allait pas perdurer. Plus on s’approchait de mon quartier résidentiel et plus je redoutais les retrouvailles avec ma génitrice. La voir sur le palier de la porte verte de rage ne surprendrait personne, moi la première. Alors je guettais les numéros des maisons, puis leur cour et enfin leur entrée. Yamato remarqua mon attitude et m’informa, bien à la fin, que ma mère donnait encore cours à ses dernières années à l’université et que de ce fait, elle ne se trouvait définitivement pas présente. Mon dieu merci. Soulagée donc, je sortis de la voiture et me permis d’ouvrir le coffre pour récupérer de ce pas mes affaires se résumant à une valise.

« J’imagine que mon père n’est non plus pas là ? »
« En effet, il est en réunion. »

Je hochais vaguement la tête connaissant parfaitement la musique. Mon frère n’habitant plus avec nous, un silence quasi-froid m’accueillit. Le bruit de la porte se refermant derrière moi résonna dans le hall où j’y déposai ce qui n’avait pas sa place dans ma chambre. Mon amie d’avant, qu’on appelé tous Sou, m’indiqua par miracle la localisation exacte tant attendue. Le nom ne me plaisait pas du tout et de très mauvais souvenirs remontèrent très vite à la surface. Je passai anxieusement mes doigts dans quelques mèches de cheveux mélangés à ceux collés à ma peau à cause de la température. Une voix claire appela d’un coup mon prénom, elle avait fait vite dis-donc.

« Tu n’as rien à me dire ? Tu étais quand même censé rentrer il y a de cela neuf heures. C’est pas sérieux tout ça Mei. » je baissai légèrement la tête, attendant la suite de la réprimande. Dans ce genre de situation on avait la nette impression d’entendre une professeure reprendre son élève plutôt qu’une mère et sa fille, mais l’habitude me le faisait oublier. Elle avait encore la tête dans sa dernière leçon et moi je me demandai comment aborder le sujet de ma très prochaine sortie.

« Maman, justeOui quoi, je te parle d’un sujet importantOui oui très important même, mais euh on peut en parler demain ? J’ai une copine qui m’attend… » la carte du sourire innocent allait-elle fonctionner ?
« Ah bon ? Et donc tu arrives à vingt heure, sans avoir manger et tu projettes de sortir ? » la fameuse question piège, mon sourire disparu.
« S’il-te-plait ? Pour aujourd’hui et après promis je sors plus ! » j’acquiesçai comme pour donner de la conviction à mes propres propos. Elle savait bien que j’allais tenir parole. Son soupir annonça ma victoire et elle demanda des informations supplémentaires.

« Un bar, et il se trouve où exactement ce bar ? »
« Pas très loin et puis t’en fais surtout pas d’autres amis vont venir on risque pas d’être toutes seules. »

Notre interaction cessa après deux-trois autres échanges.
21 h 05  – un rouge à lèvre qui n’allait pas faire long feu, une robe blanche qui allait vite me coller un peu trop à la peau en plus de perde de sa couleur, je ne faisais pas les meilleurs choix dans la précipitation.
21 h 10 – on sonnait. Je me faisais toute petite pour quitter le foyer sans attirer l’attention.

« Avec ses chaussures tu vas dépasser encore plus de monde. » fut les premières paroles de celle qui m’embarquera dans Bougu, cette zone sordide dont je rayerai bien l’existence de la carte. En s’approchant un peu trop près de là-bas, peu réussissait à garder un semblant de conscience. On devait être aux aguets, n’adresser la parole qu’à ceux dont on connaissait l’identité quitte à être mal vu dès le départ. Le visage de Joshua apparaissait furtivement dans ma tête, si on se rencontrait à nouvea-non c’était impossible, je priais pour qu’il m’ait déjà oublié comme moi j’essayais tant bien que mal de l’effacer.

Destination atteinte, déception plutôt confirmée, les gens bizarres avaient répondu à l’appel, la musique se confondant presque en bruit installée un climat parfaitement inconfortable. Intérieurement persuadée que cette soirée allait être une réussite, je pénétrai la première dans le lieu-dit.

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Takuya Hibari
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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Sam 12 Aoû 2017 - 18:10

"Je t'avais pas dit de te reposer ? Bordel, on dirait que tu sors du métro désaffecté."

L'occidental aux cheveux poivre et sel continua à le dévisager un moment, le doute étreignant son cerveau obtus un moment. Qui lui disait, après tout, que ce jeune qu'il venait d'embaucher n'était pas un de ces camés ? Ça expliquerait de nombreuses choses après tout, notamment sa mine de déterré chaque soir, cela faisait plus de deux semaines qu'il avait commencé et il ne s'était toujours pas fait au rythme ? Il y avait de l'eau dans le gaz à coup sûr.

"Dis, tu... tu ne touches pas à ça ?" Il tapota le creux de son coude, mimant par là le geste de dépendance bien connu. Il avait déjà eu affaire à de tels énergumènes et croyait désormais devoir relever chaque signe de déviance potentielle, n'hésitant pas à faire le tri parmi son personnel sur simple présomption de culpabilité.

Takuya regarda du coin de l’œil le quinquagénaire. Celui-ci avait passé ses deux pouces dans les poches de son jean trop serré, sa chemise bouffait au niveau de la ceinture et ses santiags rutilantes finissaient de lui donner un air de méchant dans un mauvais polar.
"Blaireau" songea Takuya accoudé au comptoir du bar encore désert. Il luttait pour ne pas répondre à l'individu qui attendait sans doute le moindre mot pour s'en servir contre lui.

Après quelques secondes d'un silence gênant entre les deux hommes qui se regardaient dans le blanc des yeux, parade viriliste un brin ridicule, le gérant des lieux reprit.

"Bon...bon, va te passer un coup d'eau sur le visage, prend un café et garde ces lunettes de soleil tant que tu peux servir avec, t'as un regard à faire fuir la clientèle."

Takuya opina. Il ne se fit pas prier, cela lui permettait d'éviter une partie de la mise en place du bar qui se répétait chaque jour. Disposer les tables, réglages de la sono, test des lumières, diverses réparations et milles et autres petites choses, tâches rébarbatives qui, tous les soirs avant l'ouverture, mobilisaient la dizaine d'employés, des serveurs aux videurs, du Disc Jockey au patron lui même, tous réunis en sorte de ballet obscur aux non initiés.

L'eau coula un moment sur la nuque dégagée de Takuya. Les cheveux attachés en un chignon serré, l'étudiant releva la tête pour faire face au miroir couvert de dizaines de tags et d'autocollants. Un peu plus pâle que d'habitude, ses traits étaient tirés, témoignant des péripéties de la veille. Il avait beau avoir du mal à récupérer, il se promit de ressortir avec cet Hisaka, drôle de type mais il l'appréciait. Souvenirs embrouillés d'une soirée un peu trop arrosé pour leur propre bien, mais néanmoins plaisante.

La porte des toilettes s'entrouvrit, l'intrus ne daignant pas passer complétement le pas pour faire suivre son message. "Hibari ramène toi, on ouvre."

Grognements pour toute réponse, expression fourre-tout qui pouvait tout aussi bien dire "j'arrive" que "tu m'emm-", mais le messager sembla s'en contenter, compréhensif de l'état de son collègue. Ils étaient nombreux à ne pas réellement dormir les jours de repos.

Dernier coup d’œil à son reflet, ces petites lunettes rondes lui donnaient un aspect un brin moqueur d'autant qu'il ne verrait plus grand chose une fois les lumières baissées, mais il se figura ne pas avoir le choix, ce job était sa seule source de revenus alors autant faire plaisir à monsieur. Tant pis pour sa fierté.

21:32

Ils étaient nombreux, au grand damne d'un Takuya déjà éreinté, à vouloir sortir ce vendredi. Ils semblaient s'être donner le mot pour venir, tous différents, tous là. Les employés des bureaux étaient là et restaient en petit groupes bruyants dans l'espace des tables, les vendeurs à la sauvette tentaient de refourguer leur came aux étudiants rendus peu méfiants par l'alcool déjà ingéré, les touristes perdus teintaient de trouver place parmi les habitués qui semblaient vouloir se déhancher sur chaque surface du lieu, les amoureux d'un soir se pressaient près du fumoir – simple espace délimité par un cadre de porte – où les personnes saoulées par le bruit et la chaleur pensaient y trouver un peu de quiétude.
L'appellation "bar ambiance" était pratique, elle permettait d'attirer à la fois les férus de clubs et amateurs de lieux plus calmes, les rassemblant en des lieux à la frontière entre un bar et une boite pour un résultat souvent approximatif, parfois explosif. Ce soir semblait appartenir à la deuxième catégorie, il était encore tôt, et si l'endroit n'était pas encore saturé Takuya savait bien que ce n'était que l'affaire d'une demi heure, une heure maximum, avant que les lieux ne deviennent proprement invivables.

Au milieu de ce chaos, les serveurs étaient constamment sollicités par la "horde", terme en court parmi les employés pour désigner la clientèle, mais se savaient rois en ces lieux. Seuls détenteurs des produits alcoolisés, ils ne se pressaient que relativement pour servir chaque soiffard. Le monopole permettait une économie des nerfs salvateur car nécessaire pour encaisser une nuit de course contre la montre. La tête d'un client ne vous revenait pas ? Il passait alors en dernier. Vous aviez repéré un gros poisson qui semblait pouvoir vous laisser un pourboire grassouillet ? Par ici mon bon monsieur. L'un a eu le malheur de critiquer votre manque d’enthousiasme ? Vous lui avez bien entendu servi le fond des cuves. C'était ainsi, et Takuya le savait bien, sa mine arborait une expression neutre, les lunettes offrant une distance supplémentaire entre lui et les clients. Inutile d'offrir une contraction musculaire couteuse en énergie à chaque gus en manque d'alcool, mais n'hésitait pas à laisser un mot ou un vague rictus charmeur à une personne plus sympathique que les autres où dont l'apparence physique lui plaisait.

Takuya continuait inlassablement, distribuant pintes, cocktails et autres shooters à tous sans jamais s'arrêter. Dans sa bulle.

"Bordel il fout quoi le videur à laisser rentrer tout le monde ?" Son collègue ronchonnait comme à son habitude, il y avait toujours trop de monde selon lui et Takuya avait appris à ne pas lui rétorquer autre chose que des signes d'écoute compréhensives, pourtant, il était d'accord avec lui pour une fois.

"Hé vise un peu moi ça, elles se sont perdues ou quoi ?" Le ton était suffisamment sérieux pour que l'étudiant jugea digne d'intérêt l'effort consenti pour relever la tête en direction de l'entrée tandis qu'il secouait énergiquement un shaker.

Les deux lentilles de verre teintés ne lui permettaient pas de voir distinctement, tout juste vit-il un duo de deux formes au loin, l'une grande et blanche, l'autre plus petite qui semblait à peine plus à l'aise. Il était vrai qu'à les contempler, on les aurait plutôt imaginés sortir à Hebi que dans ce trou mais après tout, elles n'étaient pas les seules. Ils étaient beaucoup, des classes supérieures, à descendre à Bougu un peu honteusement pour sortir, il ne comprenait pas bien le genre de frisson que les gens pouvaient avoir à danser dans un lieu aussi sordide mais décida de ne pas s'appesantir sur le sujet.

"Hé quoi ? Tu comptes faire une réflexion sur chaque personne ici dont les revenus dépassent le tien ? T'as du courage."
Rire pour seule réponse. Par chance il était disposé à rigoler ce soir songea-t'il alors qu'il revenait à son mélange dont l'aspect sirupeux trahissait un trop plein de sucres. Takuya jura, ça allait être une longue soirée.

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Dim 13 Aoû 2017 - 18:08

A peine entrée, une partie de moi ne songeait déjà plus à une quelconque réussite. Il est vrai que l’endroit avait meilleure allure que la plupart des autres avoisinants et pour le coup je félicitais Sou de ce choix. Je ne m’avançai cependant pas d’avantage, comme figée le temps que je prenne réellement conscience de la situation dans laquelle je me trouvais. N’importe qui pouvait clairement lire sur mon front que je n’étais pas une habituée de ce genre de soirée et le malaise s’installait déjà alors que deux petites minutes s’écoulaient à peine. Il va falloir prendre sur soi aujourd’hui. Mon regard balaya la pièce tout entière, ne restant que quelques secondes sur ce groupe d’étudiants bien trop bruyant, sur ces trois employés fraîchement sortis du travail ou encore des serveurs d’ores et déjà en souffrance après seulement une commande. Mon amie me dépassa l’instant d’après, s’engouffrant sans grande gêne dans cette foule ingérable. J’aurais voulu lui demander si nous n’étions pas censés attendre les autres, mais rapidement comme elle était, ce serait parler dans le vide. Mon esprit cessa de rêvasser et se réveilla assez vite pour m’éviter d’entrer en collision avec les nouveaux clients arrivant par dizaine. L’ambiance de Bougu ne m’avait franchement pas manquée. Le chemin jusqu’à la table réservée par ma consoeur fut laborieux, je ne comptais plus le nombre de fois où un « désolée » était sorti de ma bouche après avoir manqué de bousculer quelqu’un. C’est presque essoufflé que Sou me vit m’asseoir à ses côtés. Le nombre croissant de personnes que le videur laissait passer m’inquiétait et elle le remarqua. « Faut pas t’inquiéter » disait-elle, « ils gèrent le truc » ah bon, j’espérais bien surtout pour nous que pour eux. Puis, elle se rapprocha de mon oreille, il commençait à être dur de s’entendre au-delà d’une certaine distance.

« On appelle un serveur ou on va au bar ? »

Je haussai les épaules, seule la manière de commander la plus facile et rapide m’intéressait. On mit un moment à se décider ce qui n’arrangeait pas grandement mon humeur. Un, deux et trois membres de personnel dont l’attention était impossible à attirer. Il ne m’en fallu pas davantage pour pousser mon premier soupir de la soirée. Hors de question de continuer à regarder défiler les trois-quart de la salle, il était temps de se bouger. Je me levai de ma chaise, et j’allais regretter ma décision rapidement, elle releva automatiquement la tête comprenant de suite où est-ce que je comptais aller. Je posai une main sur son avant-bras pour qu’elle puisse se concentrer sur mes mots m’abstenant ainsi de me répéter.

« Tu veux quoi ? »
« Je sais pas, tu prends quoi toi ? »

Je n’en savais que trop rien, les uniques fois où j’eus l’occasion de boire s’alignaient sur les doigts d’une main et encore « boire » était un bien grand mot. Par ailleurs, des repas de famille, des dîners de gala n’étaient pas comparable à notre contexte actuel. J’allais certainement opter pour la facilité. Mes iris vagabondaient d’une table voisine à une autre et je voyais ces étudiantes sûrement de notre âge, toutes jolies avec des cocktails plus colorés les uns que les autres. Sou pouvait toujours partir à la chasse aux infos auprès d’elles, je ne me voyais pas le faire, les situations imprévues se présentaient tel un cauchemar vivant pour moi. Ils avaient quand même l’air chouette ces cocktails.

« Je peux toujours demander ce qu’ils nous proposent. »
« Tu parles des gars là-bas ? » cria-t-elle, la musique s’invitait désormais entre nous, rendant toute conversation impossible. Ma tête se tourna dans la même direction que le coin pointé par son index, il désignait les barmen et j’acquiesçai. De qui d’autre aurais-je pu donc bien parler…J’entendis son rire la seconde d’après, il était perceptible malgré la sono super forte et apportait la confusion sur mon visage. Sur ses lèvres je pouvais lire que j’étais « marrante », ce faux-compliment me plongea dans l’incompréhension. Ça ne se faisait pas en fait ? Cependant, sa réaction suivante semblait démontrer le contraire. En effet, d’un geste de la main, elle m’encouragea à tenter ma chance tout en me lâchant un « non non rien, vas-y ! Je suis sûre qu’on sera pas déçues du résultat et j’payerai la prochaine tournée ! »
Je levai les yeux au ciel, ne réussissant toujours pas à déchiffre complètement son comportement.

Ne m’attardant plus sur sa personne, mon corps tout entier se tournait vers le nouveau parcours s’établissant devant moi. Le simple élément m’apportant un minimum de confiance se résumait à mes chaussures me faisant gagner de sept précieux centimètres. Tandis que l’écart jusqu’au comptoir se réduisait, la différence de taille entre moi et certains donna naissance à des coups d’œil inquisiteurs dont j’eus du mal à me détourner. Qu’ils s’excusaient d’être trop petits, je n’allais pas me sentir désolée d’être trop grande. Un second soupir et bientôt un troisième si ça continuait ainsi. Mes pupilles fixaient la rangée de bouteilles dont la moitié des noms ne me venaient pas en tête. Avant même de le réaliser, je heurtai le bois collant. Je tentais de dissimuler mon expression de douleur et cela marqua le moment où je me mordis les doigts d’avoir pris les devants. La carte des boissons circulait sans atteindre mon côté, des voix graves à proximité dérangeaient ma réflexion et l’expression amusée du type situé à ma droite n’arrangeait rien. Dégoûtant. Qu’il n’espérait donc pas une quelconque réponse positive ou un quelconque sourire naïf de ma part auquel cas il risquait d’être frustré.

Une place débout juste devant un barman se libéra et je me dépêchai pour la prendre. Etre proche d’un employé suffit à me rassurer un peu. Aucun sain d’esprit n’irait embêter quiconque se tenant près d’un possible ‘aller simple vers la sortie imminent’. En plus ce dernier avait ma foi un style assez particulier, il ressemblait à ces membres des gangs de yakuza surveillant la communauté japonaise en se faisant passer pour monsieur-tout-le-monde. Je me confortais ainsi dans cette idée taisant le fait que tout le monde ne s’évertuait pas à respecter gentiment les règles du bon savoir vivre en société, notamment ici.

Une autre voix, cette fois-ci féminine et plus au-dessus les autres se plaignait de la chaleur aussi étouffante que celle à l’extérieur, mes jouent rouges ne pouvaient qu’être d’accord. Je devais me dépêcher.

« E-Excusez-moi ! » aucune réaction « Vous avec vos lunettes ! ah si, enfin « Oui vous c’est ça. Je voudrais la même chose que la fille en rouge là-bas, deux s’il-vous-plait… merci. »

Hésitante, sûrement peu convaincante, le profil parfait d'une novice en la matière. Néanmoin, c'était fait. Je n'avais finalement pas suivi mon instinct premier, merci Sou pour ton rire qui m'avait poussé à changer d'avis. Soulagée, je me permis de mieux analyser ce que je venais tout juste de commander. En vérité, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, l’ayant tout simplement choisit car il était de ma couleur préférée.

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Lun 14 Aoû 2017 - 23:25

Pour une tequila sunrise pour une personne. Remplissez un shaker avec quelques glaçons, pas trop où le client vous soupçonnera d'être pingre. Versez le jus d'oranges pressées, prenez votre meilleure tequila et ajoutez. Frappez le tout avec vos mains expertes en un mouvement de va-et-vient rapide et sec puis transvasez le tout dans un verre. Rajoutez un filet de grenadine, le plus rouge possible, afin d'éviter d'en mettre trop et d'ainsi rendre la boisson trop sucrée. Servez avec une paille, le tout devrait donner un dégradé de rouge-orange rappelant le coucher de soleil.

Takuya, face au mur opposé du comptoir rajouta une petite ombrelle pour agrémenter le cocktail. "Pas mal" pensa-t-il en posant le cocktail à côté du premier du nom. Lorsque la demoiselle en blanc lui avait demandé de lui servir "la même chose que la fille en rouge là-bas" il avait d'abord prit sa tête des mauvais jours. Elle se foutait de lui ? Comment pouvait-il voir quelqu'un en particulier à cette distance et avec pour seules indications la couleur d'un vêtement et un geste de main évasif en direction du fond ? Il s'était rapidement radouci en repérant la fameuse "fille en rouge là-bas", assise  aux tables par chance surélevées, entourée de ce qui semblait être ses amies. Sa robe écarlate sautait aux yeux, et puis il n'y avait pas trente six cocktails aux reflets oranges, enfin si, mais la plupart étaient des Tequila Sunrise, il reconnaissait d'ailleurs la petite ombrelle caractéristique. Il n'y avait que lui qui mettait des ombrelles, et il en était fier.

Il n'avait, en-tout-et-pour-tout, effectué qu'un signe de tête dans la direction de la fêtarde pour lui faire comprendre qu'il avait compris, il l'avait à peine regardé, trop habitué à oublier les visages l'instant d'après pour y faire attention. Son ton l'avait néanmoins marqué, démontrant un certain manque d'assurance, sans doute n'était-elle pas habituée à de tels lieux, autant ne pas la faire patienter. Il avait effectué le mélange en un rien de temps, la Tequila Sunrise n'était pas compliquée à préparer et si il ne pouvait pas dire qu'il appréciait particulièrement son job, faire des cocktails lui procurait une certaine satisfaction, ce d'autant plus lorsqu'ils étaient réussis.

Il se retourna vers la cliente, les verres en mains et les posa en face de celle-ci. Il annonça d'une voix suffisamment forte pour se faire entendre le nom et le prix qu'il attendait et en profita pour détailler un peu le visage de son interlocutrice. Elle semblait réellement perdue, tombée d'un endroit bien trop pur avec sa robe blanche, ses talons et son maquillage léger, pour un tel lieu. En décalage, elle attirait les regards de celles et ceux qui l'entouraient, ses talons lui faisaient certes honneur mais n'arrangeaient rien à cela. Takuya balaya du regard les clients autour d'elle, faisant fie de leurs demandes. L'ambiance devenait électrique, du monde continuait à rentrer, à se serrer, il faisait chaud. Le barman retira ses lunettes pour se passer la main sur son front, d'où commençait à perler quelques goutes de sueur. Il allait les remettre lorsque ses yeux passèrent sur le visage de sa cliente. Son sourcil gauche se redressa en un signe d'étonnement mêlé d’appréhension, il l'avait reconnu.

Surprise:
 

Son visage fin, les joues marquées par leurs absences, une petite bouche figée en une moue rêveuse, le tout d'une blancheur qu'on aurait cru factice. Pas de toute c'était elle, celle qui l'avait littéralement vu se jeter à l'eau il y avait un an, seule différence, ses cheveux bruns. Cachés par le bonnet à ce moment, ceux-ci cascadaient librement ici.

"Qu'est-ce qu'elle fout ici ?" fut sa première pensée, maintenant son expression interrogative, il savait que c'était idiot, il travaillait dans un endroit où sortaient de nombreux étudiants, en croiser un ne devrait pas l'étonner. "Elle est plus jolie que dans mes souvenirs" fut sa seconde impression. Il fronça les sourcils, rejetant ce genre de pensées bien loin, là-bas dans son inconscience. Pas de rouge aux joues, pas de cœur qui bat, très bien. Il sourit en remettant ses lunettes tandis qu'il regardait ailleurs, attendant qu'elle eut finit de payer. Peut-être n'allait pas le reconnaître ? Il n'avait pas été très correct avec elle la dernière fois... Il s’assit à moitié sur le plan de travail, à l'opposé du comptoir et croisa les bras. Non, elle avait été insupportable, il n'avait fait que répondre et il ne supportait pas ce genre d'intransigeances, néanmoins... elle l'avait aidé...

Il resta là à attendre un geste de sa part, ne sachant pas comment aborder une telle situation. Dans sa tête, deux tendances s'affrontaient.

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Mer 16 Aoû 2017 - 19:39

Les secondes défilaient au rythme de mon index qui venait taper la surface dure.  Loin d’être un signe d’agacement, là était une tentative d’agir comme « les autres », de s’occuper tels qu’eux le feraient pendant que de l’autre côté on s’affairait à la tâche avec plus ou moins d’enthousiasme. Or, on ne pouvait jamais réellement se comporter différemment très longtemps et mon air inquiet revint tandis que je scrutais le barman devant moi. Qu’est-ce que je venais de demander, qu’est-ce qu’il mettait là ? Je ne voyais strictement rien, mais j’essayais tant bien que mal de le deviner. Au final, j’avais beau suivre chaque étape, il ne fallait pas espérer de moi des détails. Je me tournai naturellement vers celle que j’avais pris pour modèle et l’observais. Cette dernière, plus à l’aise que moi, en tenait un second à la main. Son premier verre était posé devant elle, ne restait alors qu’une ombrelle dont elle ne prêtait aucunement attention. Je me sentais bête car j’étais typiquement de ces personnes qui gardaient des fantaisies de la sorte pour en faire un souvenir.

Puis du coin de l’œil je vérifiais où en était la préparation. Mon doigt toujours en mouvement rencontra le froid de l’alliage et il s’arrêta. Tout allait bien trop rapidement. Je me devais de m’acclimater vite à l’endroit pour éviter toutes maladresses, me connaissant cela devenait une urgence. Sa voix grave dénuée d’intérêt accompagné de son ton professionnel suffit à m’intimider et je m’exécutais à l’entente du prix. Les billets refusaient de sortir de mon porte-monnaie, décidément j’avais eu la pire idée du monde. Après quelques secondes durant lesquelles je sentais l’embarras s’afficher sur mes joues en même temps qu’un sourire désolé, je pus sortir le compte exact. Mon visage relevé, mes yeux croisèrent ceux de l’employer et toute forme d’un quelconque regret disparu. Et certains prétendaient que le hasard faisait parfois bien les choses, foutaises. Mes lèvres plissées, j’inspirai fort en avançant les billets vers lui jusqu’à les faire presque glisser au risque qu’ils tombent par terre. Je le fixai, ma gêne d’avant s’était presque totalement envolée.  

« Est-ce que tu t’attends à un pourboire, Hibari-san ? »

Plus aucune ligne droite visible, à la place un étirement victorieux des lèvres qui en disait long sur le fond de ma pensée. Pensait-il que j’avais lâché l’affaire ? Même si je m’étais effectivement avouée vaincue il y a déjà près d’un an, c’était pour cesser ces chamailleries qui ne menaient à rien. Cependant, les choses ne pouvaient réellement se tasser et les jours suivants furent compliqués. La page incroyablement vide du carnet manquait de me hanter à chaque fois que je posais mon regard dessus. Partagée entre une décision raisonnable, celle de passer définitivement l’éponge dessus et une décision qui tendait à moins me ressembler, celle de faire le tour des clubs pour réussir peut-être à retrouver son identité. Néanmoins, je n’avais pas eu à me torturer l’esprit bien longtemps. Quatre kanji écrits sur une lettre officielle comme on en recevait peu, et ce n’était pas plus mal l’envoie de ce genre de courrier annonçant rarement une bonne nouvelle. Je lu trois fois le message du directeur. Enfin, il me suffisait de poser une et même question aux autres vice-capitaines des clubs sportifs ; A quoi ressemble-t-il au fait ce Hibari Takuya ? Grand, cheveux à hauteur d'épaules, noirs et plus bronzé que la moyenne. Cette description générale et facile à visualiser ne lui avait pas rendu faveur lui qui s’était efforcé à garder l’anonymat. Pour ne pas faciliter son cas, ma mémoire ne faillait jamais et son nom m’était revenu en tête la seconde où je l’avais reconnue. Toutefois, de notre échange il restait de mon côté un sentiment d’inachevé sans pour autant s’apparenter à de la rancœur ou de la colère. A cela s’ajoutait toujours cette même incompréhension, ne pas cerner une personne représentait un réel souci.

Attendant une quelconque réponse à une question qui n’en voulait pas forcément une, loin d’être une personne fière, je voulais tout de même lui montrer que ça ne servait plus à rien de me faire le coup du gars mystérieux. Mes prunelles se posaient par la suite sur ce pour quoi j’avais payé. Je rajustais l’ombrelle et bougeai la paille comme pour voir si les couleurs allaient se mélanger et perturber cet équilibre parfait. Il n’en était rien. Je lui tendis un autre billet, rien que pour lui.

« C’est joli, dis-je, mon visage passant de la surprise de cette seconde rencontre à une expression plus douce, tu as trouvé un domaine dans lequel tu es au moins doué. »

Cette piqure de rappel plus amical que méchante ou encore moqueuse faisait évidemment référence à l’incident de l’été dernier. Cependant, le voir plus ou moins en forme, sa mine fatiguée en effrayerait plus d’un, rassurait. Il avait retenu la leçon en se limitant désormais à une petite baignade matinale que je remarquais quand je venais plus tôt préparer les ateliers de l’heure suivante. Fini les plongeons et les noyades pensais-je, mon regard centré sur les glaçons qui flottaient à la surface. Accoudée, je n’étais plus aussi pressée qu’auparavant et je me penchai pour boire, ne sachant pas à quoi m’attendre. La première gorgée avait du mal à passer. Je portai une main à ma bouche comme pour m’aider à supporter le goût amer et la chaleur intérieure devenait insupportable. Respirant profondément et patientant avant de continuer à boire, je repris la parole.

« C’est donc ça ta nouvelle activité ? » évoquant son travail de barman qui paraissait tout aussi épuisant qu’un club de l’académie. Puis, ma curiosité s’éveilla et je ne savais pas comment aborder le sujet sachant que ce Takuya n’était pas de ceux qui coopéraient avec facilité. « Le mot qu’on a tous reçu te concernant n’expliquait pas clairement la raison de cette interdiction…qu’est-ce qu’il est passé ? »

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Jeu 17 Aoû 2017 - 13:28

L'ignorer. Après tout il y avait plus d'un an qu'ils ne s'étaient pas croisés, cette Mei Shiozaki était sans doute passée à autre chose. Elle l'avait soit oublié - ce qui paraissait peu probable vu leur altercation et la sinistre réputation qu'il se trainait depuis son exclusion du club de combat avec armes - soit celle-ci adoptait la même approche que lui. Ainsi affairée à sortir sa monnaie, elle ne semblait pas inquiétée par sa présence. En fait, la pression venait a priori d'avantage dudit porte-monnaie. Takuya ne pouvait voir précisément les raisons de cet embarras. Avait-elle trop d'argent ? Auquel cas celle-ci ferait mieux de le cacher si elle ne voulait pas qu'on l'aide à s'en débarrasser. Embarras qui ne tarda pas empourprer ses joues et à la confondre en un sourire d'excuse.

Ou était donc passé la harpie qu'il avait pu contempler ce matin de début septembre dernier ? Celle qui se tenait devant lui paraissait prête à tourner le dos à ce lieu putride et les individus qui la dévisageaient tout-à-tour pour en sortir en courant. A se pencher ainsi sur son porte-monnaie, Takuya eut juré qu'elle aurait pu y disparaître.

Un client s'impatientait à quelques mètres, un de ceux ayant visiblement assez d'argent pour avoir le privilège de passer devant. Le jeune homme attira l'attention de son collègue en déviant brièvement le rayon d'un des spots accrochés au bar et lui fit quelques signes, mélangeant gestes des mains et mots sortis du bout des lèvres, code mis en place tacitement entre eux pour pouvoir s'échanger de brèves informations. Hochement de tête, il avait compris, bien. Takuya se retourna vers sa "camarade" qui avait finalement réussi à extirper quelques billets froissés par la pression qu'elle leur avait fait subir. Le regard de la jeune fille croisa le sien en un instant d'inattention où l'inclinaison de son visage lui permettait de voir ses yeux. Il n'y eut pas de clairons en or, d'angelots à demi-nues ou de chérubins tirant des flèches, non. Sourire vindicatif et provocateur du côté de celle qui l'avait reconnu, soupir et yeux au ciel pour le démasqué.

"Est-ce que tu t'attends à un pourboire, Hibari-san ?"

Toute trace de gêne chez celle qu'il avait cru assagi en ces lieux avait disparu. A sa place se tenait la furie qui l'avait retenu près d'une demi-heure pour une histoire de nom, comme si le fait de le voir  lui insufflait du courage. Hargneuse, sa seule présence lui suffisait pour savoir où diriger ses piques. Il aurait sans doute du être heureux d'être un point de repère, mais pas dans ces circonstances.

Il ne répondit pas à sa provocation, du moins pas à celle-ci, se contentant d'encaisser les billets dans la machine à quelques pas de là accompagné d'un petit sourire mi-figue mi-raisin. Il s'attarda pour la voir contempler son cocktail, peu disposée, semblait-il, à quitter le comptoir. Il revint vers elle en notant quelques commandes au passage, principalement des bières qu'il s'empressa de commencer à servir en saisissant verres et tireuse qui trônaient à côté de madame la "vice-présidente du club de natation Shiozaki Mei". Regard amusé en sa direction, le nom lui était sans doute resté à cause de la manière dont elle lui avait déployé ses titres comme le ferait une princesse.

"Tu avais rendez-vous dans une sorte de gala et tu t'es perdue Shiozaki-san ?"

" C’est joli, tu as trouvé un domaine dans lequel tu es au moins doué."

Provocation pour provocation, le jeune homme sourit un instant en tendant les pintes pleines à craquer à ses clients. Contraction des zygomatiques qui s'effaça lorsqu'il vit le billet qu'elle lui tendait. Il acceptait les piques un peu moqueuses, lui même appréciait cet exercice, mais pas le dédain. Il prit le billet entre deux doigts comme pour lui faire comprendre qu'il n'appréciait pas beaucoup la charité, et le déposa dans le bocal situé près de la caisse, le gros "tips" marqué au feutre ne laissant que peu de doutes quand à sa fonction. La mine renfrognée, il l'a regarda prendre ses aises sur le comptoir, accoudée. Sans doute ceci était lié à un manque de tact, ou d'habitude, mais sortir de l'argent au compte goutte comme si il n'attendait que cela, il exécrait cette habitude des personnes qui pouvaient se le permettre. Il se détendit néanmoins en la voyant plisser les yeux au gout de la boisson. Palais délicat peu habitué aux alcools forts, comme il l'avait supposé. Heureusement qu'elle ne lui avait rien demandé de plus épais, les conséquences auraient pu être malheureuses.

Il encaissa finalement les pintes qu'il venait de servir, le payeur avait pris milles précautions pour venir saisir les boissons couleurs ambres sans effleurer une Mei devenue intouchable. L'homme assise à ses côtés avaient disparu, sans doute dépité de s'être retrouvé en face d'une personne plutôt que d'une proie, "immonde créature" souffla Takuya entre ses dents tandis qu'il contemplait le reste de l'assistance. Tous avait naturellement pris une distance d'un ou deux pieds avec cette grande inconnue qui s'était redressée et discutait maintenant avec le barman. Elle qui paraissait prête à se faire manger en ces lieux était maintenant au centre d'une sorte de bulle, inabordable.

" C’est donc ça ta nouvelle activité ? "

Il revint vers elle, lui répondant par l'affirmative en lui précisant qu'ils n'avaient malheureusement pas voulu de lui en tant que manager du club de natation mais qu'il retenterait bientôt. Puis, plus sérieusement.

"La vie à Keimoo est chère, et je n'ai pas de bourse."

Il se remit à sa place fétiche, à moitié sur le plan de travail opposé, n'escomptant plus de commandes pendant un certain temps, la plupart des clients préférant se rabattre sur ses collègues tant qu'elle était là.

" Le mot qu’on a tous reçu te concernant n’expliquait pas clairement la raison de cette interdiction…qu’est-ce qu’il est passé ? "

Soupir, naturellement, elle n'avait pas changé en un an. La curiosité semblait l'étouffer, la presser de lui poser des questions comme ça, de but en blanc, alors qu'ils se connaissaient à peine. Néanmoins, le sujet était sérieux cette fois-ci, mais il parut étonné qu'elle ne fut pas au courant.

"Le mot n'était pas assez précis ? Je pensais qu'ils mettraient plus de détails." Il se gratta l'arrière du crâne, récalcitrant à l'idée d'aborder un sujet qui aujourd'hui encore l'obsédait. Lui qui avait voulu rester anonyme, il était devenu connu dès la rentrée d'octobre dernier. Tous ne le connaissaient pas, mais trop nombreux étaient ceux qui s'écartaient sur son passage ou refusaient désormais de s'asseoir à ses côtés. L'affaire n'avait sans doute pas dépassé les murs de l'université, et celle-ci s'était tassée au fil des mois, mais le mal était fait, beaucoup se basaient sur des "on dit". Il s'imagina milles galipettes pour éluder la question ou minorer les faits. Ils n'avaient pas été assez rapide, ils se tenaient mal... mais il savait que, dans tous les cas, la faute lui appartenait, et il n'avait pas besoin qu'elle s'imagine autres choses que ce qui s'était réellement passé. Les rumeurs allaient de bon train, aussi, ne pas répondre n'était pas une option viable non plus.

Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'il se décida à parler. Dans le pire des cas, elle lui tournerait le dos et ne se parleraient plus jamais comme ils l'avaient fait jusque là. Ce qu'elle pouvait bien penser lui était égal après tout ? "Je me suis cru tout permis, comme l'autre fois à la piscine, et j'ai-"

"HIBARI TA PAUSE C'EST DANS QUINZE MINUTES PAS QUAND TU LE SOUHAITES."

L'occidental-propriétaire des lieux se tenaient au bout du comptoir, accompagné de son videur de compagnie, une lueur mauvaise dans les yeux. Quelques clients, amusés, s'étaient tournés vers le tir-au-flanc. Takuya le foudroya du regard mais ne dit rien, se contentant de hocher la tête, puis se retourna vers son interlocutrice.

"Sauvé par le gong on dirait. Si tu es toujours là dans quinze minutes et que tu souhaites respirer un coup, tu peux me rejoindre derrière, il y a une porte de service sur le côté, si on ne veut pas te laisser passer, dis que c'est pour moi."

Il n'appréciait pas certaines de ses manières mais après tout, cela vaudrait sans doute mieux que de discuter avec son collègue qui s'empresserait de lui poser des questions sur l'identité de cette inconnue.

"Ton ami-e doit s'impatienter non ?"

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Ven 18 Aoû 2017 - 23:03

L’expression énervée de Sou m’avait ramené à la réalité, une réalité que j’avais me semble-t-il bien mise de côté l’espace d’un instant, mais je ne pouvais dire combien de temps. M’étais-je levé de notre table depuis dix voire quinze minutes ou peut-être même plus ? J’eus comme unique réponse un soupir de sa part, là n’était pas question selon elle qui m’avoua rapidement s’être inquiétée au point de vouloir se lever pour venir me chercher. Je n’avais pas besoin qu’elle me fasse un dessin pour comprendre que la foule commençait à la faire paniquer.

L’idée de partir lui traversa l’esprit, or la soirée avait d’ores et déjà débutée et les amis que nous attendions, deux garçons et une fille, pointèrent le bout de leur nez, enfin il n’était pas trop. C’était avec difficulté, encore plus que pour nous à notre arrivée, qu’ils nous rejoignirent. Leur retard s’expliqua par ce qu’ils appelaient en rigolant « un avant-goût », en bref ils s’étaient arrêtés à un autre bar avant de venir. Assise à ma place initiale, je ne pouvais que lever les yeux au ciel, agacée par leur comportement que j’allais devoir supporter un moment. Puis, comme s’ils ne s’étaient pas fait assez bien remarqués, tous trois se mirent à nous raconter leurs péripéties inintéressantes. Ne prêtant aucunement attention à leur récit, je continuai à siroter mon cocktail me remémorant la discussion que j’eus avec Hibari.

Si physiquement il paraissait être sur le point de tomber de fatigue, je ne pouvais pas en dire de même de sa réactivité. Je n’avais pu qu’esquisser un sourire après sa première pique qui pourtant disait vrai. J’étais totalement étrangère à ce lieu et cet ambiance, et si je me voyais je remettrai aussi en doute ma présence ici. Au-delà de ses plaisanteries, quelque chose me dérangeait et si je n’avais pas encore très bien saisi l’entièreté de ce qui me préoccupait, je sentais que cela allait très vite s’éclaircir. Je tendis soudain l’oreille, pensant avoir entendu mon prénom.

On tentait de prendre de mes nouvelles, car « cela fait longtemps », mais à mes yeux pas assez pour que l’envie de rire à des blagues très limites comme c’était toujours le cas se présente. Un hochement de tête plus tard et me voilà de retour en pleine réflexion. A mesure que je me perdais dans mes pensées, mon verre se vidait et je me retrouvais à jouer avec mon ombrelle ainsi qu’avec celle de Sou qui, maladroite comme elle était, risquait de finir par terre, écrasée. Mes pupilles fixaient mon porte-monnaie pas rangé. Bizarrement, plus je le regardais et plus l’origine de mon tourment se précisa. Les trois billets manquants n’étaient pas le souci.

Puis, il y eut du mouvement près de moi, on déplaça les chaises de sorte à ce qu’elles ne gêneront plus. Les garçons ne parlaient plus de leur aventure passée, les filles réajustaient leur robe et leurs cheveux. Ah. Je devinais alors ce qui allait suivre. En effet, une soirée ne se limitait pas à rester grouper pour converser et à boire. La musique choisit correspondait parfaitement à la tranche d’âge majoritaire et le dj s’empressait de crier aux paresseux de se lever et d’investir la piste de danse. Mon visage se figea la seconde d’après, il était clairement hors de question pour moi de bouger et encore moins sous l’ordre d’un gars sorti de nulle part.

On me lança tira par le bras tout en me lançant des « T’es sûre Mei ? Juste une chanson ! »  qui me firent pâlir. C’est paniquée que je rétorquai un « Non non, vous allez-y, je vous regarde. » peu convaincant. Mon désarroi les fit lâcher l’affaire après une énième tentative. La chance me souriait et lorsque je les perdis totalement de vue, je piochai dans mon portefeuille et me levai à mon tour mais pas pour les mêmes raisons.

Mes pas me guidèrent vers un coin reculé où s’amassaient de nombreuses personnes tentant de profiter de l’air frai sans pour autant mettre un pied dehors. Je déglutis, l’accès réservé aux employés était gardé par un homme pas très loquace en apparence. Bien évidemment. Je me rapprochai doucement, préparant déjà la phrase toute prête qu’un certain barbu m’avait soufflé. A cet instant, le responsable de tout à l’heure se montra. Sa tête d’Américain n’inspirait pas confiance. Néanmoins, ce genre de gars ployaient facilement le genou face à un visage innocent. Je prie quelques minutes pour rassembler un minimum de confiance et m’avançai vers sa personne. Son instinct l’invita à se tourner dès qu’il me sentit proche. Il m’étudia de haut en bas, son regard intrigué se changea à la fin en surprise devant notre faible écart de taille.

« Où tu vas comme ça ma grande ? »

Il remarqua très bien que son choix de mots ne me plaisait pas, mais lui répondre réduisait ms chances de passer.
Je pointai l’ouverture en sachant bien que ma destination était évidente. Comme prévu il s’y opposa, un air faussement amusé plaqué sur le visage.

« Quelqu’un m’attend. » déclarai-je, impatiente.
« C’est pour moi ce billet ? » très loin d’être aveugle, nous regardions tous les deux ce que je tenais dans mon poing. « Pas celui-là, malheureusement. » ripostai-je accompagné d’un sourire hypocrite.

Bon, tu vas me laisser passer maintenant ?
Il se décala en y allant de son commentaire à la hauteur du premier, « Y’en a qui sont chanceux. »
Quel con.

Le changement de température fut radical et je ne pus réprimer quelques frissons. La chaleur nocturne habituelle ne semblait pas atteindre Bougu. Toutefois, je ne m’attardai pas plus longtemps sur ce détail. Mes yeux localisèrent rapidement l’objet de mes recherches. Je l’interpellai me plaçant devant lui, dos au mur opposé.

« C’est pas bien de fumer. »


Mon humeur maussade s’améliora avec la fraicheur et je profitai de cette parenthèse pour prendre de bonnes bouffées d’air frai. Le retour dans le bar s’annonçait dur. Bras croisés, je poursuivais

« Je veux la suite de l’histoire, mais avant d’en entendre plus… » je lui tendis le dit billet que son patron espérait tant récupérer. « Je ne sais pas pour qui tu m’as prise avant, mais ce que je fais ne part jamais d’une mauvaise attention alors prends-le et garde le pour toi, ok ? »

Remettant une mèche de cheveux derrière l’oreille, je réfléchissais à comment aborder le sujet suivant sans paraître trop intrusive.

« Tu bosses ici, tu n’as pas de bourse et tu es quand même à l’académie. Aux dernières nouvelles, le boulot de barman ne paye pas des millions. Et tes parents dans tout ça ? »

Ma mère me répétait jour après jour de freiner ma curiosité ce dont je réussissais, à condition qu’on ne me donnait pas matières à l’être, mais la tentation était bien trop grande et quand bien même je fonçais droit dans un mur, pas grand-chose ne pouvait m’arrêter. Grandir éloignée de tout problème n’aidait pas à chaque fois.

« N’oublies pas que tu me dois la suite de ton histoire, tu me l'as promis »

Même si ce n'était pas du tout vrai.

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Ven 25 Aoû 2017 - 19:33

Bouche pâteuse qui s'ouvre lentement, régurgitant à demi une commande. "...mètre...vodka...". Musique assourdissante dont les basses ricochent sur les murs du bar plein à craquer. Vous indiquez le prix. On demande de répéter. Un flash isolé d'un éclairagiste semblant débordé vous aveugle un  instant. Vous criez les yeux fermés les 2700 yens requis tandis que vous vous mettez au travail, une main occupée à saisir la longue planche en bois au dessus du comptoir, l'autre solidement accrochée à ce dernier pour ne pas chanceler. L'air déplacé par le mouvement descendant du mètre jusqu'à la table ne parvient pas à endiguer la chaleur arrivant par vagues. Vous suez. Votre main laisse une marque sur la bouteille d'alcool que vous empoignez. Une clameur monte du fond de la salle mais vous ne levez pas le bout du nez, trop concentré sur la goutte d'eau salé qui vient perler à un des coins de votre visage. Vous reposez la bouteille, les verres désormais remplis. L'un d'entre eux un peu plus salé que les autres.

Takuya empoigna la liasse de billets déposés par le client et empocha le tout sans rendre quoique ce soit au client déjà dégouté par la larme qu'il venait de voir s'écraser dans un des verres. Un regard noir suffit à le dissuader d'émettre un commentaire quelconque, l'homme se contentant de disparaître en s'enfonçant dans la masse informe que composait la foule de gens. Déjà, d'autres clients se présentaient, empêchant son cerveau d'enregistrer l'échange avec l'individu précédent. Il n'était plus vraiment là. Son corps ne réagissant qu'à des automatismes d'un processus donné, mécanique, ses mains répétaient les mêmes gestes et échangeant boissons contre liquides. Son esprit était ailleurs, en prise avec la tentation de rentrer chez lui et l'appréhension de mettre une personne extérieure face à ses actes.

C'était bien de cela qu'il s'agissait, mettre à plat des gestes qu'ils n'avaient jamais pu exprimés à sa façon. Les questions qu'on lui avait posé après l'affaire ne pouvaient donnés que des récits biaisés, il s'était contenté d’acquiescer à chacune d'entre elles. En somme, il n'avait jamais pu mettre ses mots sur tout cela, s'estimant déjà satisfait de ce qu'il avait pu en tirer, autant ne pas diriger sa force dans le vent.
Néanmoins, les gens semblaient s'y intéresser. Les premiers mois, les bruits de couloirs allaient de bon train mais ils s'étaient vite atténués pour ne plus être que des résidus. Si on parlait de lui auparavant, désormais, bien peu étaient ceux qui s'adressaient à lui sans prendre quelques distances, quand ce n'était pas carrément pour l'éviter. Elle, ne l'avait pas fait, mais elle lui avait posé la question.

Soupir. Nouveau verre servi. Le jeune homme releva la tête en épongeant son front avec une vieille serviette suspendue à une poignée. Il semblait rôtir, et ce n'était pas un énième passage vers l'évier qui allait empêcher cela, l'idée de rentrer chez lui s'était déjà envolée, autant aller affronter la harpie dans un endroit frais. Il sourit en relevant la tête vers sa montre accrochée à un des câbles composant le fouillis entremêlés de gaines de plastique et de poussières qui alimentaient en électricité les lumières au dessus de lui. Il ne lui restait plus que deux minutes à attendre. Temps bien trop long lui sembla-t'il puisqu'il laissa en plan ses collègues, ne laissant qu'un mot son homologue le plus proche."Pause."

Ce dernier ne protesta pas mais émit un léger rire en regardant la masse de l'étudiant se diriger péniblement vers la sortie au travers de la foule. Tous se déhanchaient autour de lui, espace où la lumière blanche n'y avait droit par intermittences. Le stroboscope, seule source de ladite lumière, lui déchirait les yeux. Aussi, c'est les yeux mis clos qu'il progressait entre les gestes désarticulés d'individus dans des états seconds, n'hésitant pas à en pousser quelques uns qui se fendaient de commentaires indignés à chacun de ses coups d'épaules. Il coupa en deux un groupe de jeunes gens qui paraissaient de son age et occupés à se préparer pour ce qui semblait être une danse propre aux endroits de ce genre. Formation compliquée de deux individus de sexes opposés s'appliquant à jouer chaque acte d'un rapprochement mutuel entre une personne dite "femme" et une autre dite "homme". Aka, une danse propre au flirt pour le moment.

Takuya passa entre eux, brisant les liens faits de bras et de mains portées à la taille et au cou comme autant de simple barrières le séparant de sa destination, la fameuse porte. Il ne s'arrêta pas, laissant derrière lui les débris de leur représentation s'enflammer d'eux mêmes lorsqu'il entendit l'individu masculin s'inquiéter de l'état de sa partenaire, une certaine Sou plutôt que de le rattraper lui. Celle-ci semblait excédée par ce manque de "sens des priorités" de son, déjà ancien, partenaire.

Il n'y pensait déjà plus lorsqu'il ouvrit la porte. Le froid mordant sa peau qui avait perdu l'habitude de telles températures il se coula le long du mur de ciment aux multiples nuances de gris en se frottant ses bras exposés. Il fit un signe aux quelques employés des établissement alentours, en pause également, mais ne se joignit pas à eux. Drôle de société secrète que celle des barmen/women fumeurs et en pause. Ceux-ci formaient des petits groupes dans les ruelles sombres et en retraits, à l'opposé des plus grands axes où se tenaient les devantures illuminées et le monde.

Il se contenta de s'adosser à un mur, faisant glisser ses omoplates contre la surface et ses aspérités alors qu'il descendait pour être accroupi. Il s'alluma une cigarette, fermant les yeux comme pour mieux entendre la voix qu'il attendait.

Ce ne fut pas long, les quelques notes d'un ton fleurit mais un peu moqueur l’accueillirent alors qu'il entamait la seconde partie de sa dose de nicotine.

« C’est pas bien de fumer. »

Il ne répondit qu'en avalant une nouvelle bouffée toxique en attendant la suite. Adossée au mur opposé, celle-ci semblait tout particulièrement apprécier sa soirée. Ses traits tirés l'indiquaient, et puis sinon, pourquoi viendrait-elle ?

Un nouveau billet se présenta à ses yeux. Il ne lui donna pour toutes réponses qu'un regard maussade alors qu'elle terminait sa phrase, « ...prends-le et garde le pour toi, ok ? » . Pour qui l'avait-il prise ? Mais bien pour ce qu'elle était après tout, une tête de mule, ou plutôt, un dogue qui ne voulait jamais lâcher prise a priori. Il n'esquissa pas un geste alors qu'elle entamait une autre réplique, réajustant une de ses mèches d'un air digne.

« Tu bosses ici, tu n’as pas de bourse et tu es quand même à l’académie. Aux dernières nouvelles, le boulot de barman ne paye pas des millions. Et tes parents dans tout ça ? »

Légèrement refroidit par de telles questions, sa réponse le fut aussi.

« On est ici concernant les clubs ou mon compte en banque ? Si tu veux mettre en place un virement mensuel sur mon compte te gène pas hein. »

Il voulut rajouter autre chose mais se retint, et prit le billet toujours tendu, sachant bien qu'un refus de sa part aurait bien eu valeur d'affront.

Il secoua la tête en écoutant la suite, à propos d'une certaine promesse qu'il n'avait jamais formulé. « Bon dieu mais t'es toujours aussi curieuse avec tout le monde ? » dit-il d'un air partagé entre l'énervement face à tant d'intrusion et l'amusement en remarquant son innocence. Lentement, il secoua le billet sous ses yeux avant de continuer, « Je trouverais bien une manière farfelue de l'utiliser va. », et de le faire disparaître dans une de ses poches arrières.

Il jeta sa cigarette d'une pichenette, sa trajectoire formant une raie de lumière incandescente l'espace d'un instant, puis, il s'adossa de nouveau en levant les yeux vers le bâtiment d'en face qui lui cachait un ciel de toute manière bien trop chargé de nuages pour y distinguer quoique ce soit.
Il fit jouer sa langue dans sa bouche un moment, ne sachant pas trop par quoi commencer. L’exercice était aisé seul, mais bien plus ardu face à quelqu'un. D'autant plus si ce quelqu'un était une connaissance dont le seul contact se résume à une altercation près d'un bassin. Comment allait-elle réagir ?

Il se remémora les deux scènes au dojo, il y avait un an. Il se voyait étendre ses bras dans un mouvement brusque, parfait, mais absolument hors-de-propos dans les entraînements d'alors. Il se souvenait de leurs visages l'instant juste avant le choc alors que leur garde était brisée. Ils étaient faibles, mais ils n'étaient pas près.
Voyant bien que rajouter des détails ne le mèneraient à rien si ce n'est à d'avantage de confusion, surtout si son interlocutrice s'amusait à en parler, Takuya rebascula son regard vers Mei qui lui faisait face.

« J'ai blessé intentionnellement deux personnes à l'entraînement, l'un était dans un sale état il y a encore de cela quelques mois. »

Puis il ajouta rapidement, comme pour se justifier, alors qu'il sortait une nouvelle cigarette.

« Je n'ai pas besoin de leçon de morale par rapport à cela s'il-te-plait, je sais bien ce que j'ai fait. »

L'étudiant trouva contenance dans la cigarette qu'il porta à ses lèvres, les yeux baissés, honteux de son acte mais heureux de pouvoir le déclamer sans bégayer.

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Mar 29 Aoû 2017 - 22:48

L’air frai ne suffisait pas toujours à calmer les esprits et si logiquement on serait tenté de le mettre sur le dos de l’atmosphère dictée par l’endroit dans lequel nous nous trouvions, dans ma situation je ne pouvais en faire de même. Sortis pour respirer, une personne extérieure verrait très bien que ma curiosité mal placée l’étouffait, mais moi pas. Persuadée d’entretenir une discussion des plus normales, j’étais totalement habitée par ce besoin de ne pas briser le lien de la conversation. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Ses paroles raisonnaient comme de lointains murmures, voilà encore des remontrances. Un goût amer et je me terrai dans le silence. Le billet tenu faiblement entre mes doigts fut saisi et le maigre sourire prêt à voir le jour resta au point mort. Le merci attendu ne parvint pas à mes oreilles. Mon visage se ferma et je suivis machinalement ce qu’on me secouait sous mes yeux incrédules. Fixant sans relâche ce bout de papier, mon bout de papier jusqu’à ce qu’il ne soit plus visible puis ce restant de cigarette. Une manière farfelue hein.

« Marrant. Il existe des tas de façons de dépenser cet argent ici, amuses-toi bien surtout. »

Et j’enchainai avec des excuses car monsieur ne se complaisait pas dans le rôle de celui qui comblait le champs libre laissé par mes interrogations et je désirai éviter un énième reproche.

« Désolée…je suis désolée, d’accord ? »

Je me sentais perdue limite idiote et ne pas comprendre entièrement où est-ce que j’avais eu faux accentuait ce ressenti. Et puis j’eus droit à la suite du récit, du ce pourquoi j’avais délaissé mon groupe d’amis qui à cet instant-là devait bien s’amuser quand bien même la chaleur devenait de plus en plus insoutenable. Néanmoins, là n’était pas le souci, mon expression changea au fil de son histoire. Blessé intentionnellement. Ce n’était même pas un accident, il avait vraiment- ok très bien. Cette affaire d’interdiction, d’exclusion prenait tout son sens désormais, ma confusion ne se dissipa toutefois pas. Les gens pouvaient vivre une vie simple et ils décidaient de la compliquer. Tant pis pour eux.

« Je ne comptais pas te faire la morale. Mais je dois t’avouer que je suis assez surprise en fait. »

Je passai un coup sur ma robe, la réajustai comme pour meubler les secondes s’écoulant avant que je reprenne la parole, à dire vrai ce simple geste m’aidait à choisir les bons mots.

« Quand je te regarde et que je te parle, j’ai pas l’impression d’avoir affaire à quelqu’un comme ça, de violent je veux dire, je poursuivi en haussant les épaules, j’imagine qu’on traverse tous des mauvaises passes. Et du coup tu fais quoi maintenant, rien ? »

Une voix familière raisonna soudainement dans ma tête, non non je n’allais sûrement pas lui proposer de rejoindre le club de natation, pas après son dernier numéro. L’eau avait peut-être coulé sous les ponts mais je ne voyais pas comment je réussirai à quoi que ce soit. Oui on avait besoin de membres, oui s’il y avait la motivation alors le problème ne se présentait pas, du moins pas précisément de ce côté-là. Puis, la natation ne rimait pas avec repos, on attendait des membres d’être en pleine forme, d’être énergique et pas de côtoyer une fatigue quasi-constance. Je croisais les bras, fermant un instant les paupières comme pour inviter cette maudite voix à partir.

Ma tentative de m’asseoir à mon tour au sol fut arrêtée net lorsque je pris conscience de la longueur de mon vêtement, je me contentai ainsi de me rapprocher un peu plus du mur. Mes doigts venaient effleurer le froid du ciment, je ne pus réfréner de nouveaux frissons. Cependant je les préférai aux goûtes de sueur qui menaçaient de perler sur mon front à tout moment. Je fis difficilement abstraction de l’odeur de tabac avoisinant qui définissait à elle-seule l’atmosphère dans laquelle nous étions plongés. Il n’était plus nécessaire pour moi d’espérer pouvoir rentrer sans garder une trace de mon passage ici. Mes cheveux, mes habits, tout était d’ores et déjà marqués. La fumée remplissait l’espace, je détournai le visage.

« Qu’est-ce qui a de si bien dans le fait de fumer, est-ce que ça détend bien au moins ou tu finis juste avec dix ans de plus ? » réelle réflexion ou le retour de ma curiosité, qui sait. Je devinais de suite sa réaction, encore une question mais t’as pas fini d’en poser et blah blah. Qu’il change de disque. S’il désirait en faire de même, qu’il le fasse. Ce n’était pas ma faute si à côté de lui, je passai pour une fille bavarde.
« T’es de quelle année ? » si je laissais mon sixième sens parler à ma place, il le situerait entre 1991 et 1992. Une chose fut certaine, j’étais sa kohai.

Attendant avec impatience une confirmation ou une réfutation, je décollai mon dos de la surface dure devenue chaude et donc désagréable. N’y avait-il donc pas un local où se poser sans devoir s’asseoir par terre ? Est-ce que le gérant préférait investir dans des nouvelles lumières qui aveuglaient tout le monde au lieu de prendre soin de ses employés ? Des hommes sortir à leur tour et celui qui m’avait barré la route un peu plus tôt en faisait partie, pas lui punaise. Je soupirai en silence, changeai de côté pour me retrouver à côté de Hibari, dos tourné pour ne surtout pas me risquer à croiser son regard. Je l’entendis s’engager dans un débat ridicule avec d’autres gens. Quel idiot, vraiment.* Quelques mouvements aux alentours attirèrent mon attention, certains retournaient travailler et je leur adressais un timide sourire tandis qu’ils marchèrent devant nous avant de me retourner vers Takuya. Bougeant légèrement ma tête de droite à gauche comme pour me convaincre de quelque chose. Je me remémorais notre accrochage près du bassin. Il manquait un point important, la confiance. Sans trop réfléchir je tendis ma main dans sa direction.

« Tu m’en offres une ? » lui demandai-je en pointant le paquet qu’il tenait, après ça je prévoyais de me taire enfin.

* Mei le dit en chinois. :)

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Ven 22 Juin 2018 - 13:12

Incompréhension. Jet d'excuses d'abord lorsque la jeune femme lui proposa un assaut de sincérité qu'il n'avait pas vu venir. Celle qui se tenait devant lui semblait réellement désolé.
Désolé de quoi déjà ? De l'avoir rabaissé à sa condition ou plutôt d'avoir foulé du pied son amour-propre ? Cette hésitation entre une juste indignation et l'attachement à des valeurs qui n'avaient pas lieu d'être lui valu un moment d'égarement que sa conscience utilisa pour souffler deux mots qu'il dut répéter.
"C'est rien, c'est rien..."

Ne pas la torturer plus que de raisons, après tout rien ne l'obligeait à faire ça. Laisser couler ce qui avait de plus en plus l'air d'être une futilité semblait au final être la meilleure solution. Il ne désirait pas reproduire une situation embarrassante tout de suite, d'autant que son interlocutrice avait déjà fait le premier pas, même si son regard prouvait qu'elle ne comprenait pas tout à fait de quoi il retournait.
Réfléchi, Takuya écoutait d'un air distrait l'étudiante répondre à ses révélations. Il n'attendait rien d'elle, mais à parier, il aurait sans doute misé sur un air outré, des lèvres qui se pinçaient et des paroles de reproches. La cote était selon lui de dix contre un, reste d'un cynisme qui l'étreignait encore parfois lors d'échanges avec l'Autre. Ces derniers mois l'avaient vu se replier sur ses propres considérations, et si il avait pu rencontrer des personnes qui lui montraient que cet Autre ne se pliait pas à sa petite définition, il restait malgré tout attaché à l'effet de recul que sa réputation avait le don de déclencher autour de lui. Celle-ci fonctionnait comme une zone de confort, et la réaction de Mei sonna comme une faiblesse dans les fondations de sa muraille d'égocentrisme.

« Quand je te regarde et que je te parle, j’ai pas l’impression d’avoir affaire à quelqu’un comme ça, de violent je veux dire, j’imagine qu’on traverse tous des mauvaises passes. Et du coup tu fais quoi maintenant, rien ? »

Elle avait parfaitement résumé la situation dans laquelle le barbu se complaisait. Une passe. Mathématiques basiques. Lui qui avait entièrement adapté sa conduite par rapport à un évènement qui aurait pu rester étouffé se rendait maintenant compte qu'il était lui-même résultat et parti d'une équation qui ne pouvait se résumer à une simple situation de dépendance passive. Il avait fallu que ce soit un des individus dont il se sentait le moins proche qui le lui signifia.
Il souffla en se redressant contre le mur, les os de ses genoux craquants à l'unisson, un sourire prenant forme d'une commissure à l'autre en un processus bien trop saccadé pour être faux.

"Merci, j'imagine."

Elle n'allait sans doute pas comprendre tout ce que cette laconique réponse cachait, mais l'intention était sincère. Sa présence, bien qu'un peu irritante, lui avait au moins permis d'oublier l'espace d'un instant la présence de cette boîte de pandore fumante à laquelle il était attaché chaque soir.
Il lui répondit qu'il continuait à pratiquer une activité sportive à côté, sans préciser. Non qu'il souhaitait caché celle-ci, mais il doutait de l'intérêt d'une telle discussion. Réintégrer un club de combat était impératif, mais pour l'heure la regarder se trémousser, mal-à-l'aise alors qu'elle tentait de trouver une position convenable, avait le don de l'amuser. L'idée de lui glisser une métaphore bien sentie entre son apparence et le lieu où celle-ci se tenait lui traversa bien l'esprit, mais un moment de réflexion lui permit d'éviter toutes remarques, "tailler le physique c'est pas beau Hibari-kun" lui aurait sans doute répété une connaissance d'un autre temps.

Une réflexion sur les cigarettes, ce n'était pas étonnant dans un pays où le tabagisme était particulièrement mal vu, mais, décidément, il avait l'impression d'être adossé à côté d'un scanner.

Pour toute réponse, le bout de son index vint se coller contre sa tempe, puis, le jeune homme laissa s'échapper un fin filet d'air entre ses lèvres plissées avec pour seul résultat un petit bruit d'explosion que font les enfants lorsqu'ils jouent. Il aurait apprécié lui signifier que ses questions lui courraient sur le système, mais en vérité cela ne le dérangeait pas tant que ça. Son onomatopée resta donc sans libre de toute interprétation.

"On commence tous pour ressembler à quelqu'un j'imagine, ou alors pour s'intégrer, puis viennent les premiers effets du manque, et là, c'est déjà trop tard."

"Je ne sais pas, combien m'en donnes-tu ?"

Elle s'agitait de nouveau, visiblement peu à l'aise dans cette ruelle qui fleurait bon le... non en fait qui ne fleurait rien de bon du tout. Ses gesticulations la conduisit à se mettre de dos à la sortie des artistes.

"Quel idiot, vraiment."* Mots inconnus lâchés tel un reproche. Il ne fallut que quelques instants à Takuya pour comprendre à qui était destiné ces mots, et cela n'avait rien de compliqué vu le débit de paroles tonitruantes constamment lâchées par l'occidental près de la porte de service.

Petit sourire compréhensif de la part de Takuya.

"Face à ce bonhomme, on aimerait pouvoir disparaître de temps à autre."

L'heure tournait, et sa pause était déjà terminée depuis quelques minutes, mais la vision de l'imbécile-propriétaire des lieux lui avait fait passer l'envie de retourner en enfer. Comme si la vision de charon suffisait à empêcher quiconque de poursuivre vers le styx.

"Il y a un parc vraiment pas loin, on sera plus à l'aise sur un banc qu'ici à faire le pied de grue tu ne penses pas ?"

Il se décollait du mur, prêt à fuir cet endroit avant que le gardien du temple ne les remarque, lorsqu'elle lui demanda une cigarette. Il sourit, se demandant si elle l'avait écouté lorsqu'il parlait de la clope de trop, mais elle faisait ce qu'elle voulait après tout. Il lui tendit le paquet contenant quelques cigarettes restantes ainsi qu'un briquet.

"Tenez Shiozaki-san, fumez en cachette, on pourrait vous voir." dit-il en rigolant doucement.

Elle tentait quelques pas vers lui, à défaut d'êtres très discrets, ceux-ci étaient bien réels. La gêne d'il y cinq minutes semblant s'être dissipée.
*En chinois donc.

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MessageSujet: Re: Once again [& Takuya]   Sam 15 Sep 2018 - 1:11

A mesure que se poursuivait notre conversation qui n’avait pas vraiment de directive précise, c’était de ces discussions dont on risquait de n’en garder que très peu de souvenirs à défaut d’y avoir mis du sien pour l’alimenter, je sentais un malaise s’installait en moi. La fumée avait tôt fait de ne plus autant me déranger qu’auparavant, ce n’était pas qu’elle m’était plus supportable mais disons que j’avais bien compris que sa présence imposée n’était donc pas discutable. Alors je laissais faire, je me disais que si elle pouvait détendre l’atmosphère peut-être m’apaiserait-elle aussi, néanmoins cette impression d’inconfort persistait et même un soupir, histoire de me reconcentrer sur le moment, ne suffirait que difficilement à m’en détacher.

Pour s’intégrer, hein, me répétais-je, et bien Hibari tu semblais totalement dans ton élément maintenant, intégration réussie.

« Je ne sais pas, combien m’en donnes-tu ? »
« J’aurais mieux dû préciser que les devinettes comme ça étaient interdites. » ma remarque à peine audible n’était pas si utile car il suffisait alors de regarder la mine boudeuse que j’affichais l’espace d’une seconde pour comprendre que j'aurais voulu une réponse concrète. Mes pseudo prédictions tombaient d’un coup à l’eau, persuadée d’avoir faux qu’importe le nombre dit.

« J’ai envie de dire 30 ans, mais pourquoi j’ai l’impression que c’est totalement absurde…, à ce stade-là, il pourrait me dire dix-neuf ans que je le croirais, avant de lui laisser la possibilité de me répondre j’ajoutais un, et moi alors ? »

Ce moment de réflexion eut le mérite de m’extraire de mon malaise dont la raison se faisait de plus en plus claire. En effet, depuis le début je pensais que sortir avec mes amies, comme le faisait tout le monde à dire vrai, s’apparenterait à une action des plus faciles, cela ne relevait pas de l’exploit que de danser et de s’amusait le temps de quelques heures et pourtant je ne m’étais jamais sentie aussi nulle que ce soir-là. Inconsciemment, Takuya venait de me sortir d’affaire, si je ne l’avais pas rencontré, qui sait comment aurait fini cette soirée.

Je lui retournais son sourire qu’il avait affiché pour donner suite à ma petite pique à l’encontre du patron des lieux à proximité, sourire qui s’était élargi sans que je le sache lorsqu’il me proposa de partir d’ici. Je me sentie soulagée d’un coup et j’acquiesçai vivement. Une inquiétude mélangée à une sorte de déception s’apprêtait à me vider de toute énergie si nous restions un moment de plus ici.

Takuya accepta de me passer une cigarette, toutefois j’espérais qu’il refuserait comme pour me dire que ce n’était pas pour moi et pour aussi dans un sens me faire revenir sur Terre. J’abandonnais, jouer les filles cool n’était définitivement pas crédible sur moi. Je repris discrètement une inspiration pour reprendre ma contenance.

Je repoussais sa main d’un léger geste, « Je plaisantais, je n’ai pas envie de m’intégrer c’est ton truc alors je te le laisse. », c’était grillé d’avance que je n’étais pas faite pour ça, j’aurais réussi à m’étouffer dès le premier essai.

Je le laissais ensuite nous guider vers ce fameux parc, pour une fois je restais bien derrière sachant pertinemment qu’il ne faisait pas bon de se balader vers où bon nous semblait à cette heure-ci et surtout ici.

Je croisais les regards de nombreux groupes de gens attendant d’entrer dans un bar quelconque, patiemment pour certains, en passe de s’énerver en pleine rue pour d’autres. Nous faisions alors face à ce genre de situations durant lesquelles je rêverais de perdre quinze bons centimètres pour me faire toute petite, mais il a fallu bien sûr que je fasse parfois une tête de plus que quelques curieux. Impossible de ne pas me remémorer ma première venue et la fois où je l’avais affronté toute seule. Les expressions de plus en plus intéressées aux alentours me firent accélérer ma cadence en une fraction de secondes. Arrivée à la hauteur de Hibari je parvenais à ne plus m’en soucier. Je fixais cette même fumée tel un point de repère.


Cela nous prit au final peut-être cinq minutes pour arriver à destination et pourtant le temps m’avait paru s’écouler à une vitesse terriblement lente, alors c’est presque exténuée que je m’assis sur le banc. Tout était calme, on pouvait apercevoir des gens en pleine ballade nocturne, mais à part cela tout semblait nous inviter à oublier qu’on se trouvait à Bougu.

« Je peux enlever mes chaussures, ça fait rien ? » demandais-je en murmurant, interrogation qui se voulait plus rhétorique puisque je me penchais d’ores et déjà pour m’en débarrasser.

« On continue les questions réponses ? J’en ai une à te poser ! », mon énergie était complètement restaurée, malheureusement pour lui. Avant de me lancer sur un sujet que je redoutais un peu, je quémandais son briquet avec un petit sourire en pointant ce dernier du doigt. Officieusement ce fut car j’avais cru voir un joli dessin dessus, officiellement c’était pour jouer avec et m’occuper le temps de choisir mes mots, après l’avoir allumé et éteint une fois, puis deux je rompis le silence avec ma voix

« C’est par rapport à la fois dernière, à la piscine, je marquais une pose et me rappelais automatiquement notre accrochage, hésitante je poursuivis, je voudrais vraiment savoir pourquoi tu as fait ça, sans lui laisser le temps de réagir j’enchainais, de peur aussi qu’il le prenne à nouveau mal, et ne t’inquiètes pas je ne vais pas inscrire ton nom dans le carnet ou quoi que ce soit d'autre, promis. » et j’insistais sur le promis, car l’idée qu’on ne puisse pas me croire sur parole m’inquiétait.
Et je le rallumais une troisième fois, observant la flamme qui en jaillissait.

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