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 Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]

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Hayden Yoshida
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MessageSujet: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Ven 11 Aoû 2017 - 23:03

From : Haru Yoshida
To : Satoshi W
Message : Je suis arrivé, je t’attends.


Je m’appuie contre le dossier de ma chaise, les yeux rivés sur mon téléphone en attendant des nouvelles de Satoshi. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans ce petit café car il a une « grande nouvelle » à annoncer et qu’il veut que je sois le premier à être au courant. De mon côté, je compte également lui proposer une sortie à YamaLand en souvenir de nos années lycée et fac où nous nous rendions à KeimooLand, fermé depuis quatre ans désormais. Cela fait en effet deux semaines que j’ai remporté deux tickets à la loterie organisée par l’école primaire de mon quartier, mais je n’avais jusqu’alors aucune idée d’avec qui y aller. Mon frère ? Je pense qu’il préférera passer la journée devant son écran plutôt que de sortir prendre l’air avec moi. Et puis il faut dire qu’il n’a jamais vraiment aimé les parcs d’attraction, de mes souvenirs. Cette entrevue avec mon meilleur ami est donc tombée pile au bon moment, sachant que la validité des tickets expire dans trois jours, nous n’aurons qu’à y aller demain.

Mon regard se pose sur la plage de l’autre côté de la route. J’ai choisi de m’installer en terrasse pour profiter de la fraîcheur matinale. Hebi. Cela faisait un petit moment que je n’étais pas venu ici. Quand je ferme les yeux et prends une grande inspiration, je retrouve les souvenirs d’une certaine nuit d’insomnie où j’ai surpris Ayame Masuda seule, assise dans le sable fin. Entre temps, les vacances d’été avaient commencées et j’entendais de plus en plus de gens parler de ses représentations dans des bars ou cafés.

Une serveuse vient à ma table et me demande ce que je souhaite consommer. Je fais mine de réfléchir quelques instants, puis commande un café en lui adressant un grand sourire qu’elle me rend aussitôt. Elle me tourne à peine le dos quand mon téléphone se met à vibrer. Je relève la tête et cherche mon ami du regard. Je ne mets pas longtemps à trouver son visage. A son tour, il m’aperçoit et s’avance vers moi. Je me redresse d’un coup pour le saluer. Les embrassades durent pile assez longtemps pour que je retrouve une tasse sur la table. Satoshi, lui, prendra un thé.

« Alors, comment ça va Monsieur le prof ? »

Je ricane. Il m’a toujours charrié à propos de mon choix de carrière, mais rien de bien méchant dans ses propos. Je suis content qu’on ait pu se voir. La conversation continue toujours très naturellement avec lui alors même que nous avons de moins en moins de temps pour nous voir.

(…)

« Bon alors, tu veux savoir pourquoi je t’ai fait venir ? »

C’est vrai, nous ne sommes pas venus seulement pour parler de la pluie et du beau temps. Il avait quelque chose d’important à m’annoncer, assez pour ne pas pouvoir me donner le moindre indice au téléphone. Ses yeux pétillent de joie et d’impatience. J’acquiesce d’un signe de tête et le vois prendre une grande inspiration.

« Je vais être papa héhé. »

Le temps se fige autour de nous. Il observe avec attention la moindre réaction sur mon visage. Au début, j’ai du mal à assimiler l’information. Satoshi, père ? Les souvenirs du jeune étudiant fêtard se trémoussant sur la piste d’une boîte branchée du quartier me semblent bien loin maintenant. D’ailleurs, il fut un temps où il n’aurait jamais pensé à prendre un thé dès le matin. La nostalgie passée, je peux enfin le féliciter comme il se doit.

« Mais c’est génial ! »

Dis-je en toute sincérité, l’air ébahi. Les joues rosies par la joie et peut-être un peu l’embarras, il se gratte l’arrière de la tête en riant très fort. Je suppose qu’il y a des choses qui ne changent pas.

« Du coup, Suzu et moi…on se demandait si tu voulais être le parrain. »

Je n’ai pas le temps d’accepter avec joie que son téléphone sonne. Il manque d’avaler son thé de travers et décroche. Au ton qu’il prend, je me doute qu’il s’agit de sa fiancée à l’autre bout du fil. Satoshi avait toujours été plus calme et docile quand il s’agit de Suzumi. Pour les connaître tous les deux depuis de longues années, je sais également que la fameuse fiancée a un certain don pour le faire se plier en quatre pour elle. De mon côté, je sirote silencieusement mon café. Il finit par raccrocher et soupirer avant de finir sa tasse cul sec. Je comprends alors qu’un impératif s’est dressé entre notre rendez-vous.

« Désolé, Suzu me demande de l’accompagner chez le médecin dans trente minutes. C’était pas prévu et je- …Bref, encore désolé. On reparle de tout ça plus tard, ça te laisse un peu de temps pour réfléchir haha. »

Il joint les deux mains et s’incline devant moi. Je lui tapote doucement l’épaule et lui dit que ce n’est pas grave. Il est vrai que je ne m’attendais pas à cette proposition de sa part alors ce n’est pas plus mal que je m’accorde un peu plus de temps pour réfléchir à tout ça. Etre parrain implique une grande responsabilité alors je ne dois pas prendre ma décision à la va-vite. Dixit l’homme qui était sur le point d’accepter dans la seconde.

(…)

Le café terminé, Satoshi parti, je n’avais plus de raison de rester plus longtemps sur cette terrasse bien sympathique. J’ai brièvement salué la serveuse après avoir payé, puis je suis parti marcher sur la plage. Celle-ci commençant à se remplir de toute part, j’ai pris la route pour rentrer chez moi, à pied cette fois.

Voilà comment je me suis retrouvé dans l’une des rues bourgeoises du quartier, confronté à la vision de l’une des élèves en train de se faire sermonner par un homme en costard devant une maison plutôt luxueuse. Je fronce les sourcils. Cet homme, est-ce que ça serait son père ? Lorsque nous avions abordé le sujet de la famille sur la plage, Ayame m’avait avoué avoir des relations difficiles avec ses parents, d’où son souhait de squatter chez ses frères et sœurs dans un appartement à Hiryuu. Curieux, je m’avance vers l’endroit d’où proviennent les cris pour essayer de comprendre l’origine du conflit, mais je ne parviens pas à décoder les reproches virulents qui sont adressés à la benjamine des Masuda. Presque arrivé à leur hauteur, je m’exclame aussitôt :

« Masuda-san ! »

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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Sam 12 Aoû 2017 - 17:03

La maison était sans dessus-dessous en cette fin de matinée. Mais pour comprendre tout les événements, il était important de revenir plusieurs jours en avant, quand Adelaide, la mère d'Ayame, était venue la réveiller a six heures du matin, chose qu'elle n'avait jamais fait. Se faire réveiller par sa mère était l'une des choses que l'adolescente n'avait que rarement vécue, et que ce ne soit pas une quelconque femmes de ménages, ou majordome, fut la première chose qui la prit par surprise, mais elle savait bien que si elle venait, c’était qu'elle avait quelque chose a lui demander. D'assez important pour qu'elle daigne le faire elle même. Si Arata avait était la, il n'aurait pas manqué d'en faire une remarque bien piquante comme il savait si bien le faire.

C’était une démonstration de piano, qu'on lui avait demandé de réaliser avec un membre de sa famille. C’était une promotion pour un concert donné spécifiquement a une famille aisée du moyen-orient qui voulait avoir une grande musicienne pour fêter l'anniversaire de leurs filles cadettes. Et ils avaient jugé bon de demander a ce que la musicienne apporte un cadre apaisant et familial. Si cela n'avait pas etait précisé, l'idée que la mere Stein-Masuda, l'une des plus grandes pianistes de sa génération, et sa fille cadette, étoile montante de la musique nipponne, puisse jouer ensemble avait aussitôt germé dans la tete des organisateurs, mais ils n'avaient rien précisés et le choix était laissé a la pianiste.

Si les quatre enfants Masuda avaient des connaissances en piano, les deux seuls a même d'accompagner au mieux Adelaide, était bien entendu Arata et Ayame. Et au vu de la relation que la mère entretenait avec son fils, la deuxième solution fut tout de suite adopté, et c'est ce qu'elle vint demander a sa fille ce matin la, ou plutôt, lui ordonner, en ajoutant qu'elle devait apprendre un certain nombre de partitions plutôt compliqués et que les répétitions allaient commencer le plus tôt possible. Si ce qu'on lui demandait d'apprendre n'avait aucune difficultés pour elle, c’était plutôt l'idée de jouer avec sa mère qui l'a rebuter. On ne lui demandait pas, on lui ordonnait. Elle avait refusé, et la mère n'avait rien trouvé d'autre que de l'interdire de sortir tant qu'elle n'aurait pas changé d'avis.

Aussi, Ayame planifiait une fugue depuis environ trois jours, au milieu de sa gigantesque salle de musique, ou un incroyable amoncellement de feuilles, vierges ou encrés, de partitions et autres paroles qu'elle aurait infiniment préférés jouer. Son plan pour fuguer était prêt. La première fois, elle avait simplement essayé de sortir par la porte principal, mais on l'avait fermé, et sommé de retourner dans sa chambre. A croire qu'elle était en prison. Elle n'avait pas vraiment chercher a discuter, préparant son plan B. Elle avait trouvé une corde solide, et comme sa chambre n’était qu'au premier étage, il lui suffisait d'une minute d'escalade pour descendre par la fenêtre et s'échapper. Elle n'avait pu s’empercher de rire en s'imaginant, comme dans les plus grands films d'actions.

Le jour ou elle se décida a mettre son plan a exécution, elle était censé aller dans une salle de la ville réservé pour elle et sa mère, afin de répéter. C’était ce jour la qu'elle allait partir, entre le moment ou elle était censer se préparer, et le départ. Aussi, elle ouvrit la fenêtre, sa guitare sur le dos, avec tout ce dont elle avait besoin pour rejoindre l'appartement de son frère qui n'avait apparemment pas eu le temps de venir la sauver. Il ne savait sans doute même pas qu'elle n'avait juste pas le droit de sortir, sinon il serait venue la délivrer. Elle ne disait jamais non a Arata, et si elle le mettait au courant, alors elle éviterait ce concert qui lui donnait la nausée.

Il devait y avoir cinq mètres entre la fenêtre et le sol, et elle n'eu aucun mal a descendre cette distance avec la corde qu'elle avait entreposé sous son lit. Ses pieds toucherent le sol en quelques secondes, et elle regarda son œuvre, en se disant qu'elle ne pouvait pas dissimuler son forfait, la corde étant accroché dans la chambre. Elle n'avait d'autre choix que de laisser ça comme ça. Elle commença a partir dans la rue, quand une main ferme agrippa par l'épaule. Son cœur fit un bond dans sa poitrine.

- Ce n'est pas une façon de se comporter, mademoiselle Masuda, votre mère sera très peiné en apprenant votre tentative de fuite.

Elle se retourna pour tomber sur un vieux majordome qui travaillait pour la famille bien avant sa naissance. Elle soupira en faisant en sorte qu'il lui lache l'épaule, lui lançant un regard noir. C'etait fouttu, elle n'avait aucune chance de s'échapper maintenant, elle allait devoir agir comme un bon petit chiot pour que sa mers garde son image de femme parfaite, musicienne hors pair qui accepter n'importe quoi et réussissait avec brio.

- Je m'en fou, je ne veux pas faire ça, je m'en vais, même si je dois vous taper avec ma guitare.

Il semblait choqué :

- Ce n'est pas une façon de se comporter pour une jeune femme comme vous, mademoiselle, voyons.

Il se mit a lui faire la morale sur comment elle était censé montrer une bonne image de la famille, se comporter avec élégance au lieu de se comporter comme une petite rebelle. Elle écoutait distraitement, le visage fermé et le regard braqué sur ses ballerines. Elle soupirait intérieurement a chaque phrase qui sortait de sa bouche, mais n'avait même pas le cœur a se défendre. Son regard se releva vers la corde qui battait au vent contre le mur, puis sur l'homme qui venait dans sa direction. Qu'elle reconnut sans aucun soucis, un sourire apparaissant sur ses lèvres, quand il prononça son nom. Elle s'écarta du majordome et se précipita vers lui, ou plutôt, derrière lui, le prenant comme rempart, comme bouclier humain :

- Sensei, justement j'étais en route pour venir vous voir, comme on avait dit vous savez, euh, je veux dire, pour les maths, les cours de rattrapage. Mais il ne veux pas me laisser partir.

Le majordome fronça les sourcils, en se tournant vers Hayden, le regardant manifestement de haut :

- Des cours de mathématiques ? Mademoiselle Masuda ne m'en avait pas parlé. Vous êtes ? Un professeur ? Mademoiselle Masuda doit aller répéter avec sa mere pour un concert important pour la famille, si vous voulez bien partir, s'il vous plaît.

Ayame lança a Hayden un regard implorant, sans rien ajouter.
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Dim 13 Aoû 2017 - 0:51

Indépendamment de ma volonté, les événements se sont enchaînés très vite ce matin. Tout d’abord, le rendez-vous express avec mon meilleur ami, puis son annonce surprise qui m’a quand même donné un léger pincement au cœur de jalousie et enfin sa proposition pour que je devienne le parrain de son enfant. Errant dans les rues bourgeoises du quartier Hebi, je ressasse toutes les informations accumulées en quelques heures seulement. Au détour de la rue Akaiberry qui accueille toutes sortes de résidences luxueuses et/ou extravagantes, je me surprends à soupirer.

Depuis le lycée, Satoshi m’avait toujours envié d’une part à cause de mes nombreuses conquêtes et d’autres part, parce que j’étais toujours meilleur que lui aux examens. A la fin de notre 3ème année d’étude, le vent a, semble-t-il changé de cap, pile au moment où nous avons choisi nos spécialités pour les années à venir. Il a commencé à sortir avec Suzumi et s’est intéressé de plus près à l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, le voilà cadre dans une entreprise à des centaines de kilomètres de Keimoo, bientôt marié et père de famille. Et moi, je suis toujours là, vivant une deuxième adolescence dans la ville où j’ai fait mes études, incapable de me séparer de cette académie qui m’a tant aidé à me reconstruire après mon départ des Etats-Unis.

« …même si je dois vous taper avec ma guitare ! »

Je relève la tête, interpellé par cette voix qui m’est étrangement familière. Quelle n’est pas ma surprise au moment où mes iris croisent la silhouette fine d’Ayame Masuda. Ayant déjà jeté un œil à son dossier scolaire après les confessions qu’elle m’avait fait sur la plage, je savais déjà que sa résidence familiale se trouvait à Hebi, mais j’avais totalement oublié l’adresse précise.

L’altercation se poursuit entre les deux interlocuteurs et je suis de plus en plus curieux de découvrir la raison pour laquelle la benjamine des Masuda menace cet homme au costard. Pendant un instant, j’ai cru qu’il s’agissait de son père, mais la manière dont il lui répond élimine cette hypothèse de son esprit. Mon sang ne fait qu’un tour : et si elle est en train de se faire agresser ? A quelques mètres des deux belligérants, je décide d’intervenir en criant le nom de la jeune femme qui se retourne immédiatement vers moi, un sourire soulagé aux lèvres. Alors c’est vraiment ce que je pense ? Bon sang, je dis toujours à mes étudiants d’être prudents quand ils rentrent et particulièrement lorsqu’ils doivent passer par Bougu, mais s’imaginer que l’on puisse avoir des ennuis dans un quartier à la réputation calme…C’est presque impensable.

Sensei s’exclame-t-elle tout en se cachant dans mon dos. Par réflexe, je passe un bras devant elle en signe de protection. Elle était en route pour venir à mes cours de rattrapage, dit-elle d’un air hésitant. Et il ne veut pas la laisser partir, ajoute-t-elle, l’air suppliant. Mes yeux émeraudes se posent sur l’homme, je prends alors un air sévère. Qui est-il ? Que lui veut-il ? Je suis perdu. Je suis sur le point de demander des explications aux deux antagonistes quand l’homme au costard prend la parole de lui-même, l’air condescendant. Ainsi, j’apprends que Masuda-san le connait et  qu’il n’est donc pas son agresseur comme je l’imaginais peu de temps avant. Quand je l’observe un peu plus en détail, je dirais qu’il a l’air d’être un garde du corps, un tuteur ou un majordome, je ne sais pas trop. La petite doit répéter avec sa mère pour un concert en famille, me dit-il avant de me demander de partir. Cependant, le ton qu’il a employé en insistant sur le mot professeur ne m’a pas vraiment plu. On dirait presque que c’est un métier rabaissant pour lui. D’ordinaire, j’aurais tourné les talons sans discuter lorsque je me retrouve dans la sphère privée d’une étudiante, mais les souvenirs de ma discussion avec Ayame à propos de sa famille me donnent le goût d’en savoir plus.

« Pour vous répondre, oui je suis le professeur principal de Masuda-san. »

Je me tourne vers la lycéenne qui implore ma clémence du regard. Je ne sais pas si je prends la bonne décision en la couvrant malgré ses mensonges, mais je suppose que je vais le savoir bien assez vite. Je finis par me redresser pour dominer l’asiatique d’une bonne dizaine de centimètres, le tout en reprenant un contact visuel.

« Elle m’a demandé de lui faire une leçon sur les statistiques aujourd’hui. J’ai été prévenu assez tard moi-même alors j’imagine qu’elle n’a pas pu vous en faire part. »

Les mains d’Ayame se resserrent sur mon bras gauche alors que mon interlocuteur semble être à court d’arguments pour me demander de faire demi-tour. Bon, c’est vrai que je n’ai pas l’air crédible étant donné que je n’ai aucune affaire de cours sur moi, mais au pire, je peux trouver un exercice à faire de tête, ce ne sera pas un problème.

« Si vous souhaitez vérifier la véracité de mes propos, nous pouvons même faire le cours ici. »

Sans lui laisser le temps de répondre, la petite Masuda exerce une nouvelle pression sur mon bras et m’entraîne cette fois-ci vers l’intérieur de la résidence sous le regard impuissant de l’homme à l’entrée. La porte fermée, la pression retombe et je savoure le silence après cette petite dispute. Ce n’était sans doute pas très correct de faire ça sans connaître tous les éléments de l’histoire. Mon calme retrouvé, je pose mes iris verts sur le visage rayonnant d’Ayame qui semble, elle, avoir apprécié le spectacle. Dans quoi je me suis engagé ?

« Alors, je vous écoute. C’était quoi tout ce raffut ? »

Je jette un coup d’œil à droite, à gauche. L’ambiance n’a rien à voir avec celle de mon appartement à Hiryuu. Je comprends mieux le type à l’entrée de la maison. Même ma tenue vestimentaire n’est pas à la hauteur pour rentrer dans cet endroit. Ce hall respire tant la richesse que je m’en sens presque mal.

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Dernière édition par Hayden Yoshida le Lun 14 Aoû 2017 - 14:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Dim 13 Aoû 2017 - 18:54

Ce fut un grand soulagement quand elle constata que son sensei ne l'abandonnait pas. Si il était partit, elle songea qu'elle l'aurait suivi en courant, et en disparaissant dans les rues. Mais par chance, cela n’était plus nécessaire. Il se présente comme son professeur principal, et une pointe de fierté gonfle dans la poitrine de la jeune femme. Être sous d'un homme comme lui la rendait heureuse. Elle préférait ça a certain de ces vieux professeurs qui n’étaient la que pour le salaire et une occupation dans leurs morne vie. Hayden Yoshida semblait vraiment intéresse par ses élèves, et c’était ce qu’appréciait Ayame chez lui.

Il avait assez de tact et de conversation, et tout en gardant son sang froid, il poussait le majordome s'écarter. Elle soupira en constatant qu'il suffisait d’être adulte pour être prise au sérieux, et qu'elle n'avait pas encore cette capacité. Elle voyait le vieil homme ne pas savoir quoi dire. Il était de la vieille école, du genre a ne jamais aller contre l'éducation, et si cet homme en était un représentant, alors il n'avait que peu de choix pour l'envoyer promener. Même si il ne ressembler qu'a un petit impertinent. Il lui était compliqué d'aller contre les ordres de madame cependant, mais il n'eu pas le temps de dire quoi que ce soit.

- Je vais l'accompagner, Taki-san, merci pour l'accueil.

Elle hésita a lui tirer la langue discrètement, mais songea que cela ne plairait pas a Hayden, elle le tire alors par le bras vers l'entrée, et après avoir monté les quelques marches, se retrouve dans le Hall. Elle claque la porte d'un coup de pied, au nez du majordome, avec un air triomphale sur le visage. Elle constate que sa guitare a commencé a glisser de ses épaules, aussi elle la remet bien, avant de s'avancer au devant de son professeur et de regarder a droite et a gauche. Il n'y a personne d'autre, ouf, elle va pouvoir rester discrète jusqu'à trouver une nouvelle occasion de s'échapper. Alors que son sensei reprend la parole, d'une façon interrogative, elle le prend par le bras :

- Quittons d'abord ce hall, ça pue l'argent ici, j'ai envie de vomir.

Elle en profitait largement, de cet argent, bien que mis a part les instruments, elle n'avait jamais fait de folie. Toujours était il que d'un point de vu extérieur, ce qu'elle venait de dire ressemblait vraiment a quelqu'un qui crachait sur un cadeau. Mais cet argent symbolisait ses parents, choses qu'elle détestait le plus. Elle lui fit grimper les marches, jusqu'à atteindre le premier étage et sa chambre. Elle ouvrit la porte et referma rapidement derrière elle. Il n'y avait qu'une fenêtre, ouverte avec une corde qui allait vers l’extérieur, attaché au pied du lit. Elle tira sur la dite corde en soupirant. Mis a part le lit, la chambre était recouvert de poster de groupe de musique, de musicien, et d'images d'instruments. Il n'y avait a part le lit qu'un bureau, une commode, une bibliothèque, le tout encadré par des murs d'une teinte neutre. En plus de la porte qu'ils venaient d’empreinte, il y avait deux autres, une vers une salle d'eau, et l'autre vers sa salle de musique. Tout en détachant la corde de son lit, elle reprit la parole :

- Merci sensei, vous m'avez sauvé la mise pour cette fois. Vous êtes un peu mon héros, vous êtes arrivé juste a temps pour me sauver.

Elle ricana tout en posant la corde par terre et en refermant la fenêtre, ce n’était plus un possibilité, il allait la surveiller maintenant, ce foutu majordome. Elle se retourna vers Hayden avec un grand sourire. Elle savait qu'il voulait une vraie explication, mais elle avait du mal a faire le vide dans son esprit. Aussi elle continua dans la pièce suivante, ou il était difficile de marcher tant la salle était recouverte de partition de musique. Un piano qui valait sans doute une fortune s'y trouvait en son centre, et elle alla s'asseoir sur le siège en cuir qui avait l'air de valoir a lui seul aussi cher qu'un instrument de moyenne gamme.

- On a proposé a ma mère un travail. Un concert privé pour l'anniversaire de la fille ainée de la famille d'un riche homme d'affaire du moyen-Orient, et ils voulaient qu'elle fasse ça avec un membre de ma famille. Il semble qu'en piano, je sois la seule possibilité, alors elle m'oblige a venir avec elle. Et je ne veux pas y aller. J'essaye de trouver des excuses mais rien y fait.

Elle soupira en passant sa main au niveau des mèches de cheveux qui tombaient devant ses yeux. Il allait sans doute lui dire qu'elle devait écouter sa mere, qu'elle savait ce qu'elle faisait, que c'etait pour son bien, mais elle n'avait plus la force d'entendre ces balivernes que tout le monde lui disait mis a part son frere qui lui, comprenait ce que c'etait que de vivre sous le meme toit que ces.....ces gens, qu'elle ne voyait meme pas comme sa propre famille. On s'occupait de ses enfants par amour, non ? Elle ne l'avait jamais fais, Ayame n'etait qu'un outil pour sa propre célébrité, et la demande qu'elle lui avait fait n'en etait qu'une preuve de plus.

- Alors j'ai essayé de partir par la fenetre, tout a l'heure, j'avais reussis a déscendre avec la corde, mais je me suis fais attrapé, et vous etes arrivés. Voila vous savez toute l'histoire. Vous allez me sauver, ou me condamner, sensei ?

Elle le fixa un moment, avant de se retourner vers le piano, et de jouer quelque notes d'un air monocorde.
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Lun 14 Aoû 2017 - 0:04

Au cours de notre échange, je ne laisse aucune possibilité à l’homme en costard de riposter, si bien qu’il finit par capituler et me laisser entrer avec la jeune femme. Cette dernière remercie ironiquement le dénommé Taki avant de m’entraîner à l’intérieur de la demeure sous le regard irrité du supposé garde du corps-majordome. Nous arrivons assez rapidement dans le hall chargé d’objets luxueux. Je ne sais pas où donner de la tête tant il y a de choses qui brillent ici, j’en oublie presque mes manières et laisse vagabonder mes iris sur les trophées, les photos et les sculptures qui trônent dans l’entrée. C’est le contact avec le bras fin de la lycéenne qui me fait redescendre sur terre. Je cligne plusieurs fois des yeux comme si je venais de faire un rêve éveillé, puis je tourne la tête en sa direction.

Cet endroit pue l’argent, dit-elle avec dédain avant de m’entraîner hors du hall. La benjamine des Masuda ne semble pas voir l’exposition de l’aisance financière de ses parents d’un très bon œil et préfère ainsi m’emmener dans une pièce moins sophistiquée. A ses mots, je ne dis rien, presque imperméable aux sentiments de rejet des biens matériels qui embrase la jeune artiste. C’est loin d’être la première adolescente « fille de » qui passe par cette phase. Je me contente donc de la suivre silencieusement. Maintenant que je suis entré, je ne compte pas repartir avant d’avoir entendu toute l’histoire qui se cache derrière la scène de ménage à laquelle j’ai assisté plus tôt.

Nous montons plusieurs marches jusqu’à arriver au premier étage de la maison. Comme je l’imaginais, l’une des seules pièces qu’elle doit supporter dans cette maison est probablement sa chambre, seul endroit qui lui correspond, sans doute. Je l’entends refermer la porte derrière moi alors que mes yeux balaient les alentours. Sa chambre est à son image : simple, mais ne manque de rien. Les murs, teintés d’une couleur sobre, sont presque entièrement recouverts de posters faisant l’éloge d’un musicien. Un détail m’interpelle cependant : la fenêtre est ouverte et une corde y pend.  Je fronce les sourcils. Une tentative de fuite ? En voyant ma mine inquiète, la jeune femme s’empresse de répondre à mes interrogations.

Elle commence par me remercier pour avoir joué son jeu. Pour elle, je suis donc un peu comme son héros qui vient la sauver. Le rire qui suit sa déclaration ne me paraît pas très sincère, voire carrément amer. Je l’observe remonter la corde, puis se tourner vers moi, un large sourire sur ses lèvres. Elle sait que j’attends plus qu’un « merci » pour cette fois. Mais elle ne semble pas encore prête à me faire ses révélations, c’est pour cela qu’elle m’emmène dans une pièce voisine, le temps de trouver les mots. Au centre se trouve un magnifique piano que j’ose à peine toucher avec les yeux, tandis qu’à nos pieds agonisent quelques centaines de partitions, sans doute maîtrisées par les résidents.

J’apprends donc qu’elle devait se rendre à une répétition pour jouer un concert avec sa mère. Je n’ai pas trop compris tous les détails, mais j’en retiens l’essentiel : elle s’est servie de moi comme excuse pour ne pas aller à la répétition. Je lève les yeux au ciel et m’en veux soudainement pour avoir pris l’homme au costard pour son agresseur. Tout ça pour un simple caprice au final ? Cela ne me met pas vraiment en colère, mais me donne plutôt un pincement au cœur. Sans doute qu’Ayame ne voudra pas entendre mes histoires, mais il me semble urgent de lui rappeler des choses que seul un adulte est en mesure de faire.

« Votre mère n’est pas éternelle Masuda-san. Réfléchissez-y. Et vous ne pourrez pas toujours fuir comme aujourd’hui. »

Lui dis-je alors qu’elle se met à soupirer en m’expliquant qu’elle a tenté de fuir par la fenêtre juste avant notre rencontre. Elle me pose alors un ultimatum : la sauver ou la condamner. Je secoue la tête. Ce n’est pas comme ça que je vois les choses.

«  La vie n’est pas uniquement faite de choix binaires. Il n’y a pas que le noir et le blanc, contrairement à ce qu’une musicienne peut penser. »

Je m’accroupis au sol pour récupérer une partition. La pêche est bonne : Clair de lune de Debussy, un classique. Pour moi, c’est un langage incompréhensible, sans doute comme les équations pour bon nombre de personnes. Mais même si je ne parviens pas à déchiffrer ce qu’il y a écrit sur ce petit bout de papier, je peux voir à quel point il inspire la vie, les choix de mon interlocutrice. Pour une adolescente qui a toujours vécu dans sa bulle musicale et qui lui accorde une telle place qu’elle pourrait souffrir de sa passion en s’isolant du monde extérieur, rien de plus normal de voir le monde en noir et blanc, comme les croches de la partition.

« Je ne suis pas là pour vous empêcher de fuir votre famille, mais ne comptez pas sur moi non plus pour approuver vos choix. »

Quelques notes s’évadent du piano à queue, faisant vibrer l’entièreté de la pièce. Je pose mes mains sur mes cuisses et me redresse lentement. Je sens alors quelque chose dans ma poche : les tickets pour YamaLand. Avec tout ça, j’ai complètement oublié d’en parler à Satoshi alors que nous avons passé deux bonnes heures ensemble en terrasse. Enfin, peu importe, j’y réfléchirai plus tard.

« Ecoutez Masuda-san, je ne suis pas là pour vous faire la morale, mais faites une petite expérience de pensée. Si votre mère venait à disparaître du jour au lendemain, n’auriez-vous pas le regret de pas avoir essayé de lui parler ? »

S’il y a quelque chose qui m’a frappé dans cette famille, c’est le manque flagrant de communication entre les membres qui la composent. Ce n’est pas seulement Ayame, mais aussi Arata si j’en crois les dires de sa petite sœur. Cela me met dans une position compliquée car je ne suis pas censé intervenir dans la sphère familiale. Un enseignant est là pour transmettre des connaissances avant tout. Malgré cela, je n’ai jamais pu me résoudre à limiter mon rôle à cela. Etre professeur, c’est tellement plus, c’est certes transmettre son savoir, mais c’est aussi assurer un rôle de confidence et de protection quand cela est nécessaire. Une idée me vient alors à l’esprit. Je me tourne vers la pianiste qui semble déjà enfermée dans sa propre musique.

« Je vais vous faire une proposition. Si vous acceptez d’aller régler votre problème avec votre mère, je vous offre deux tickets pour YamaLand. »

Bon, je pense qu’elle pourrait aisément se payer ces tickets, mais peut-être que l’appât d’une récompense la fera changer d’avis. Dans l’attente de sa réponse, je croise les bras sur le torse et plonge mon regard émeraude dans le sien.

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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Lun 14 Aoû 2017 - 15:07

C’était impossible. Il ne comprenait pas, se dit elle. Bien sur que si c’était une simple dispute, il lui suffirait d'aller voir la personne en question, d'en discuter, et de régler le soucis. Mais ce n’était pas une dispute. Mais c’était bien au delà de ça. C’était un écart qui existait depuis le jour de sa naissance. Elle se demandait d'ailleurs parfois la tête qu'elle avait fait quand elle l'avait vue bébé. Était elle vraiment heureuse ? Elle avait du mal a imaginer sa mère heureuse a cause d'elle. Ou plutôt, grâce a elle ? Ce qu'Hayden demandait n’était pas possible. Car cela ne dépendait pas d'elle.

- On dirait que vous pensez que c'est moi qui a mis en place cette situation.....même si je pouvais, elle ne voudrait pas parler avec moi.

Elle se demanda un moment depuis combien de temps elle n'avait pas eu une conversation avec sa mère ? Ou plutôt si elle en avait déjà eu une, en dehors des choses banales du quotidien comme la pluie et le beau temps, ses notes d'écoles, les repas. Ah, non, pas les notes d'écoles, c’était une gouvernante qui avait était a la plupart des rencontres avec les professeurs, puis son frère quand il avait était un peu plus vieux, et enfin elle même, depuis deux ou trois ans, considérant qu'elle n'avait plus besoin d'aide.

- Quand on joue de la musique, on ne parle pas. Et c'est les seuls moments ou je vois ma mère a présent. Et je peux essayer d'engager une conversation, elle me dira de me taire.

Elle se pencha en avant vers le sol, observant les partitions. Elle avait remarqué celle que son professeur avait prit, mais elle n'avait pas envie de jouer ce genre de choses. Cela faisait trop classique. Trop « Adélaïde Masuda ». Elle s'énervait intérieurement de toujours trouver quelque chose pour que ses pensées viennent sur sa mère. Elle n'avait pas besoin de la partition, elle connaissait par cœur la plupart de celle qui se trouvait dans la pièce. Elle voulait simplement une idée, et elle en trouva une. Une partition de niveau moyen. « Rêves du soir » de Joseph o'Kelly semblait parfaite.

- Vous savez qui s'est occupé de moi quand j'étais petite ? Aucun adulte. C'est mon frere qui a du tout faire pour m'élever. Pas de pere, toujours partit un peu partout, et encore moins de mère qui, même quand elle était la, n’était en fait pas la.

Les notes s'élevaient avec élégances, en contraste avec la voix tremblotante de l'adolescente qui semblait a deux doigts de fondre en larmes. Ce n’était pas vraiment pour expliquer qu'elle parlait a Hayden, plus pour faire sortir toute ces idées qui lui étaient revenus en mémoire ces derniers jours, chaque pensée pour se convaincre un peu plus de mettre en place cette fuite face a cette femme qu'elle haïssait.

- Quand j'étais malade il fallait que ce soit mon frère qui n'avait pas plus de douze qui m’emmène a l’hôpital, parce que personne n’était la. Ou plutôt, personne d'autre ne s'y intéressait.

Ses doigts virevoltaient de plus en plus vite sur le clavier, rendant la partition délicieuse a l'oreille. Ce n’était pas tant la maîtrise du morceau, qui était une partition que bon nombre de pianiste pouvait jouer a la perfection, qu'elle la joue de cette manière tout en parlant totalement d'autre chose. A mesure que ce qu'elle disait avançait, elle ne pouvait s’empêcher d'appuyer un peu plus durement qu'a l'accoutumé sur les touches, rendant la musique moins agréable que ce qu'elle était capable d'offrir en temps normal.

- Le seul moment ou elle vient m'adresser la parole, c'est quand mon existence peux lui être profitable. Grâce a moi, je vais pouvoir la mettre a son avantage devant un gros bonhomme idiot qui utilise son argent pour obtenir ce qu'il veux quand il veux, comme mon père. Je ne suis qu'accompagnatrice, et je sais très bien que les partitions qu'elle m'a donné ne sont la que pour mettre en valeur les siennes.

Elle avait l'impression de s’être libéré d'un poids en parlant de cette façon. Même si elle était désolée pour Hayden, elle n'avait pas du tout eu l'intention de se servir de lui de cette façon. En fait, jusqu'à sa dernière phrase, elle avait un peu oublié qu'il était également dans la pièce. Elle n'acheva pas le morceau, laissant ses doigts tomber une dernière fois sur l'instrument.

- Peut être que c'est moi qui devrait être sur mon lit de mort, pour voir sa réaction, murmura t'elle finalement, de toute façon, c'est le minimum qu'il faudrait pour que j'attire un peu son attention.

Elle releva la tête, tentant de masquer les larmes qui roulaient lentement sur ses joues. Elle rougit, offrant un contraste saisissant, gênée d'avoir a faire subir cela a cet homme qui n’était finalement qu'un de ses professeurs. Mais depuis la plage, elle se sentait plus proche de lui, plus en confiance.

- Oh, Yoshida-sensei, je suis désolée de vous avoir fait subir ça. Je comprendrais si vous vouliez partir.....mais....j'avais besoin.....de....comment dire....parler, je pense. Merci d'avoir etait la, et pardon de vous avoir entraîné dans cette histoire.....

Elle soupira en passant son bras sur son visage pour l'essuyer.
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Mar 15 Aoû 2017 - 1:35

Et voilà, j’ai touché un point sensible en insistant longuement sur sa mère. Ce n’est pas vraiment une surprise en sachant ce que l’adolescente m’avait déjà dit à son sujet. Pourtant, malgré la complexité apparente de leur relation, je ne peux pas me résoudre à la conforter dans son choix de fuir. Quand elle me parle de musique, Ayame est une jeune femme mature avec des objectifs précis. Mais sur le plan social, elle est encore une enfant en pleine crise qui veut s’affirmer et prouver qu’elle peut dépasser les limites imposées par le cadre familial grâce à son propre talent. Sûrement que son entourage a tendance à oublier qu’elle n’est pas encore mûre. L’univers artistique a toujours été un mystère pour moi, mais s’il y a quelque chose que j’ai bien compris, c’est que les artistes sont plus productifs lorsqu’ils ressentent des émotions fortes. L’amour, la joie, la tristesse, le désespoir, chaque œuvre d’art exprime quelque chose. Il n’y a pas de chef-d’œuvre sans émotion. Et la rancune qui lie la benjamine des Masuda à sa génitrice semble être devenue l’un de ses moteurs pour progresser.

« ...même si je le pouvais, elle ne voudrait pas parler avec moi. »

Dit-elle avec colère. Si elle lui parlait, sa mère lui ordonnerait de se taire, ajoute-t-elle sans que j’aie à intervenir. Je soupire. En venant ici, je ne pensais pas découvrir un mélodrame familial. La motivation en plus, Ayame me fait presque penser à Chris dans une certaine mesure. Dernier enfant de la famille dans l’adolescence, elle cherche ses marques. Parents absents pour une raison ou pour une autre, elle cherche à recevoir de l’attention en exprimant son talent, quelque chose qui la rend unique.

Alors qu’elle joue une pièce que je ne connais pas avec agressivité sur son piano, je lui tends l’oreille pendant qu’elle poursuit son récit. J’apprends que c’est Arata qui s’est chargé de son éducation depuis qu’il est en âge de le faire. Elle avait déjà rapidement abordé sa période de convalescence où elle avait appris à jouer de la guitare, sans mentionner que c’était son frère qui avait pris toutes les responsabilités. Selon la jeune fille, c’était parce que personne ne s’intéressait à elle et que la seule raison par laquelle sa génitrice voulait bien lui adresser la parole, c’était pour profiter de son talent. C’est quelque chose que j’ai moi-même oublié alors c’est difficile pour moi d’en parler, de l’amour maternel dont j’ai été privé peu de temps avant mon treizième anniversaire.

« Je suis désolé pour ça. »

Dis-je doucement en faisant un pas vers elle. Malgré cela, je ne peux pas excuser ses propos dignes de l’adolescente en crise qu’elle est. Et si personne ne daigne à lui en faire la remarque et la laisse se tirer d’affaire à chacun de ses caprices, je serai celui qui prendra ce rôle ingrat. Non, la laisser dire qu’elle devrait mourir pour attirer l’attention de sa mère n’est pas acceptable.

« Je ne pense pas que vous devriez en arriver là. Il doit y avoir un autre moyen pour l’atteindre.»

Je relève mes yeux émeraude vers son visage couvert de larmes. Elle débite subitement quelques excuses pour ce qu’elle vient de me faire subir et m’invite à partir si je suis trop gêné par la situation. De ma poche je tire un mouchoir propre et lui tends pour qu’elle puisse essuyer ses larmes. Elle n’est décidément pas douée pour cacher ses sentiments. Quand Ayame est heureuse, elle rit. Quand elle est triste, elle pleure. Cela semble si naturel et pourtant, c’est quelque chose que les Hommes perdent en grandissant. Son comportement me conforte dans l’idée qu’elle est toujours cette enfant que l’on a traité trop tôt comme une adulte. Ca par contre, je peux le comprendre.

« Ecoutez, je pense sincèrement qu’il y a une autre solution à toute cette histoire et… »

Et quoi ? Je ne peux pas lui dire la phrase toute faite « Quand vous serez grande, vous comprendrez. » sans risquer de raviver un torrent de larmes. Je passe mes bras par-dessus ses épaules pour que mes mains atteignent les touches du piano. Je n’avais jamais touché un tel instrument de toute ma vie, je ne sais même pas jouer ou lire une partition. Toutefois, j’ai la certitude que pianoter m’aiderait à trouver les mots pour consoler la lycéenne désemparée.

Mais malgré tous les efforts que j’y mets, je ne trouve rien à dire, pour une fois.

« Rien, en fait. Désolé, je n’ai pas de réponse à ça non plus. »

La communication entre mère et fille semblait bouchée depuis bien trop longtemps pour pouvoir être renouée d’un coup. Des efforts, des gestes devaient être faits des deux côtés, mais Ayame ne semblait pas décidée à faire le premier pas. Et si je pense que la dureté des propos de l’étudiante envers sa mère est légèrement exagérée, je peux me douter que c’est la même chose pour sa mère. Mes doigts glissent le long des touches, les sons que je produis sont graves, profonds, presque sourds, à l’image des dialogues entre la petite Masuda et sa mère.

« Et concernant vos excuses, je les accepte partiellement, pour vous montrer que tout n’est pas noir ou blanc. »

Je me laisse emporter par la mélodie que je compose. Elle ne ressemble à rien que je connaisse, mais constitue tout de même un ensemble cohérent. Quelque part, je trouve cette musique plutôt dramatique, mais c’est le contexte qui veut ça.

« Je l’ai dit tout à l’heure, je suis votre professeur principal, écouter mes étudiants font partie de mon travail. »

Mes doigts enfoncent les touches avec de plus en plus de facilité. Les harmoniques qui s’enchaînent ont plus un air de chaos qu’autre chose à mon sens.

« Comprenez cependant que je ne peux pas approuver vos décisions. Si vous voulez grandir en tant que personne et en tant qu’artiste, il va falloir surmonter cette épreuve et non pas la fuir. Vous n’êtes pas obligée de tout affronter d’un coup. Renouez petit à petit. »

Je m’arrête soudainement de jouer pour poser une main compatissante sur l’épaule de la jeune femme. Je ne pourrai pas toujours l’accompagner dans ses crises, mais tant qu’elle sera sous ma responsabilité, ce sera mon devoir. Bien sûr, sa mère a fait beaucoup d'erreurs irréparables dans le passé et sans doute est-elle encore très maladroite avec elle aujourd'hui, mais n'est-ce pas parce qu'on ne peut plus changer les choses qu'on devrait passer l'éponge ?



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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Mer 23 Aoû 2017 - 15:46

Elle semble avoir percé la boule qui avait grossit depuis plusieurs jours dans son estomac. C’était incroyable a quel point cela lui avait parut difficile, et maintenant elle avait une sensation de légèreté étrange, extrêmement réconfortante. Elle observe les touches humides du clavier en se disant que ses larmes doivent valoir cher sur un instrument de ce type, et ne peux s’empêcher de ricaner, dans un sanglot ultime qui la ramène au calme. Il parle, elle écoute.

Elle n'est pas persuadée qu'il a raison, mais après tout, il a plus d’expérience dans la vie, il a vécu plus longtemps. Il a du en voir des élèves avec des problèmes, même si elle s'amuse intérieurement de penser qu'il ne devait pas souvent venir les voir pleurer a leurs domiciles. Elle pense a la proposition qu'il a fait plus tôt. Il semble hésitant, prouvant a la jeune fille que la situation n'est pas aussi simple que ça. Ce n'est pas qu'une questions d’efforts a faire de chaque coté, c'est quelque chose de plus dur encore. Le pardon.

Il s'excuse même, en disant qu'il n'a pas de réponse plus convaincante. Qu'il n'a pas de réponse du tout. Allons, le jeune professeur Hayden Yoshida qui ne parvient pas a régler un conflit de la sorte ? Il se sous-estime, il lui suffit de parler avec une façon philosophique pour capter l'attention. Elle éclate maintenant de rire. Décidement, les émotions qui la transpercent ne font aucun sens, meme pour elle. Elle se sentait triste, et maintenant elle a envie de rire, d'un rire nerveux qui a du mal a s'échapper de ses levres.

- Voyons sensei, si vous vous excusez aussi, a quoi doit on ressembler, dans cette pièce, la, tout les deux. Vous étiez censé me sauver, a la base.

Elle lui sourit pour lui montrer qu'elle rigole, alors qu'il commence a déposer ses doigts sur le clavier. Il appuie sur les touches sans vraiment montrer d'une logique écrite. Il ne joue pas de partition, il fait simplement, a l’oreille, une suite de notes qu'il trouve sans doute intéressante a jouer. Il n'y a pas besoin d’être un grand compositeur pour jouer du piano. Pour la jeune Masuda, il suffit d'avoir envie d'y consacrer du temps. Elle écoute avec intérêt les notes qui s’enchaînent, les yeux braqués sur les doigts d'Hayden. Elle sourit lentement, retrouvant un rythme de respiration plus convenable.

Elle l'entend dire que lui par contre accepte partiellement ses excuses et se rembrunit. Qu'est ce que cela signifie ? Qu'il est en colère contre elle ? Elle a peut etre etait trop loin, elle aurait du garder ça pour elle. Ou alors prendre sur elle et éclater en criant sur Arata qui n'aurait rien dit en l'écoutant attentivement puis aurait ajouté au discourt de la brune qu'elle avait raison et que leur mere etait le démon incarnée. Alors elle aurait eu une certaine satisfaction de se voir soutenue dans cette idée, et aurait encore plus concentré son agacement sur sa génitrice. Ca paraît cohérent. Mais finalement, le fait d’être remise en question n'est pas plus mal, dans un sens.

- Vous avez peut etre raison.....mais je ne sais pas quoi faire pour qu'elle m'écoute. Tout ce que je voudrais, c'est pouvoir lui dire ce que je pense, pouvoir dire oui parce que j'ai envie d'etre avec elle, ou non parce je veux etre ailleurs. Je voudrais avoir mon mot a dire, mon libre-arbitre. C'est tout ce que je demande.

Mais comme il le dit, il est la pour l'écouter, elle semble un peu rassuré. Il n'a pas l'air de lui en vouloir pour quoi que ce soit. Ce qu'il dit n'est pas évident cependant. Renouer petit a petit ? Même cela lui semble insurmontable.....Aucune idée de par ou commencer.....elle regarde la main du professeur sur son épaule et lui fait un sourire, avant de regarder son visage, puis de se souvenir de ses paroles précédentes.

- Je....je veux bien essayer en fait. Si vous venez avec moi.

Elle se lève soudainement. Elle sait ce qu'elle va faire. Les billets pour le parc lui reviennent en tête. Et puisqu'elle a était presque invitée, alors elle ne compte pas laisser cela de la sorte. Elle se lève soudainement en le prenant par la main qui etait sur son épaule encore une seconde plus tôt. Autant y aller directement. Pas besoin de faire durer la situation d'avantage. Elle lui indique de la suivre, avant de sortir de la pièce, en évitant les partitions éparpillées sur le sol. Une fois sortis de la chambre, elle l’emmène a l'étage du dessus. Plus aucun bruit, alors qu'encore au premier étage l'on pouvait entendre le bruit de ceux qui travaillaient a l'étage du dessous, ici c’était comme pénétré un autre monde.

- Je vais demander a ma mère. Pour le parc je veux dire. Mais vous restez avec moi, je veux pas être seule....avec elle.

Elle attend sa réponse, puis une fois assurée qu'elle ne va pas se retrouver piégé a l’intérieur, frappe un coup a la porte et entre. La porte ouverte laisse s'échapper une mélodie étrangement chaude, comme si la température avait augmenté pour quelque chose d’extrêmement confortable, et moelleux. Cela ne semble pas toucher la cadette, mais son teint rosie légèrement, car évidemment, elle n'est pas insensible a la mélodie. Adelaide se trouve au piano au fond de la piece, ce dernier semblant encore plus coûteux que celui d'Ayame, ce qui semble etre un exploit en soi. Son regard est figé sur le vide devant elle, et seul ses bras semblent danser. Elle est dans un autre monde, bien loin des deux intrus qui viennent d'entrer dans la piece. Mais la voix d'Ayame coupe la mélodie, qui s'arrete non pas d'un trait, mais lentement, jusqu'à attendre le point zero.

- Ma...Maman.....voici.....

- Hayden Yoshida, ton professeur principal, je sais.

Elle tourne la tete dans la direction d'Hayden, et ce dernier peux constater la complexité qu'il est nécessaire pour déterminer l'age de cette mere de quatre enfants. Elle semblait extrêmement jeune, comme si elle le temps n'avait pas d'impact sur elle. C’était peut être la luminosité ambiante qui ajoutait a cet effet, mais cependant meme sans ce detail, il etait évident qu'elle vieillissait plutot bien. Elle s'inclina devant Hayden avant de reprendre de sa voix douce, semblable finalement a celle de la plus jeune de la famille :

- J'ai entendu parler de cette histoire de cours a la maison, Yoshida-sensei. J'espere que ma fille ne vous pose pas de soucis.

Elle posa son regard sur cette dernière, et si Ayame avait voulu parler des billets, du parc, et d'autres choses, elle resta désespérément muette, comme tétaniser.
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Ven 25 Aoû 2017 - 0:50

J’ai encore du mal à réaliser dans quoi j’ai mis les pieds en acceptant de jouer le jeu de la petite Masuda devant le dénommé Taki tout à l’heure. En quelques minutes, toutes les hypothèses se sont bousculées dans ma tête, de l’agression en passant par la fugue et maintenant la fuite de sa mère. Les relations familiales sont toujours compliquées à aborder avec les étudiants, beaucoup plus que les histoires d’amitié et d’amour malgré ce que l’on pourrait penser. A cet âge, ils sont grands, mais souvent encore dépendants de leurs parents. S’ils peuvent renverser leurs relations amicales d’un revers de manche, le paysage familial ne peut être chamboulé de la sorte. De son côté, Ayame Masuda semble souffrir d’une forme de solitude due au rejet de sa génitrice, ou plutôt, disons que sa mère n’accepte d’elle que ce qu’elle veut bien. Pourtant, rien n’est plus normal que de vouloir être aimé pour tout ce que l’on est, y compris pour nos facettes les plus sombres.

C’est là que je réalise que je n’ai encore qu’une maigre expérience dans le métier que j’aime tant. Oui, au fil du temps, j’ai appris à enseigner, à proposer du contenu pédagogique et à transmettre des connaissances. Mais je n’avais encore jamais rencontré de parent d’élève dans un contexte privé qui nécessiterait mon intervention. Et aux questions de la benjamine des Masuda, je n’ai ni réponse, ni solution. Pourtant, je devais la sauver me rappelle-t-elle en esquissant un sourire. Je pose mes doigts sur le clavier du piano devant moi. Désolé, je ne suis pas le héros que tu attendais. Les notes s’enchaînent et bien que les sons ne s’enchaînent pas avec autant de fluidité que je le souhaiterais, je parviens à composer ma première mélodie.

« Vous avez peut-être raison… »

Finit par avouer la lycéenne alors que j’arrête de jouer avec les touches. Je hoche la tête, elle ne m’apprend rien de nouveau en me disant ça. Toutefois, le fait qu’elle me confie ses espoirs est plutôt touchant. Tout ce qu’elle demande, c’est de pouvoir décider si oui ou non elle souhaite l’accompagner. Comme tous les ados en quête d’autonomie, j’imagine, même si les choses sont un peu plus graves étant donné du sentiment de négligence dont souffre la jeune femme. Je reste donc silencieux et pose une main sur son épaule, m’apprêtant presque à partir et m’excuser du dérangement. Pourtant, je ne suis pas le premier à me lever. Ainsi, j’observe la jeune fille se redresser, me dire qu’elle va essayer à condition que je vienne avec elle.

Je la regarde, abasourdi. Maintenant ? Je ne pensais pas qu’elle serait prête à faire le premier pas dès à présent. Je veux lui demander si elle est sûre de sa décision, mais je pense que c’est le moment où jamais pour elles de se confronter.

« Je viendrai. »

Dis-je simplement, avec ma spontanéité habituelle. Il ne lui en faut pas plus pour se mettre en action. Ma main glisse de son épaule pour se retrouver dans la sienne. Comme une enfant désemparée, elle m’entraîne vers la source du problème qui se trouve un étage au-dessus de la salle de travaille de la petite sœur d’Arata. Nous arrivons devant une grande porte qui doit probablement coûter un mois de mon loyer si ce n’est plus. Je retiens mon souffle. Elle va demander à sa mère, dit-elle avec assurance, pour le parc. Je crois, en l’espace d’un instant, retrouver la Ayame Masuda confiante et sûre d’elle que je côtoie tous les jours à l’académie. Mais rapidement, je constate que ce n’est qu’un mirage. Toujours est-il que je dois l’encourager à aller de l’avant, pas me focaliser sur ses insécurités.

« Allons-y. »

La lycéenne frappe un coup sur la porte et l’ouvre. Une mélodie chaleureuse se dévoile alors à mes oreilles. Elle n’est en rien triste, mais elle me donne presque envie de pleurer. Je relève mes iris émeraude vers la source sonore, une belle femme se tient devant son piano. Elle est resplendissante, me dis-je en l’observant bouger habilement les bras. En tant que spectateur, on dirait qu’elle est en train de danser, en harmonie avec la musique qu’elle créé. Seule la voix timide d’Ayame parvient à me faire détourner le regard de la femme.

Sa réponse se fait attendre, elle préfère terminer son morceau avant de nous accorder de l’attention. La benjamine de la famille n’a pas besoin de me présenter, elle connait déjà mon nom. Sans doute que Taki l’a informée de mon arrivée. Sa voix est au moins aussi douce que la mélodie qu’elle jouait tout à l’heure. J’en oublierais presque tout ce que la lycéenne m’avait dit à son sujet. Sous la lumière blanchâtre de la pièce, la mère finit par se lever et se rapprocher de nous. Elle s’incline, je fais de même, tout en restant sur mes gardes.

« Je suis enchanté de vous rencontrer. »

Dommage que cela ne se soit jamais fait dans le cadre des réunions parents-professeurs. La femme reprend alors, mentionnant les cours particuliers et les éventuels problèmes qu’Ayame pourrait me causer. Je secoue la tête et lui réponds par un sourire.

« Non, pas du tout. Je pense que c’est une étudiante avec beaucoup de volonté. »

Je marque une pause, jetant un rapide coup d’œil aux alentours et en particulier à la lycéenne qui semble s’être murée dans son silence depuis la prise de parole de sa génitrice. Je suppose que je vais devoir l’occuper un peu, le temps qu’elle puisse se remettre de ses émotions.

« D’ailleurs, je trouve qu’elle a bien progressé depuis son arrivée dans ma classe. Oh bien sûr, elle n’était déjà pas mauvaise avant, mais on voit qu’elle y met des efforts. Vous savez, c’est rare d’avoir des enfants qui participent en cours ces derniers temps donc je suis plutôt satisfait. »

Maintenant, c’est à elle de jouer. Je ne peux rien faire de plus que de lui laisser une ouverture. Des compliments qui méritent une récompense qu’elle doit demander. C’est son moment désormais. Dans ma poche, les tickets pour le YamaLand ne demandent qu’à être utilisés.

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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Lun 4 Sep 2017 - 22:25

L'adolescente a l'impression de se retrouver au beau milieu d'une scène de film. Sauf que la pression qui semble peser sur ses épaules n'a rien de fictive. A la seconde ou elle entrée. Au moment même ou son regard a aperçut sa mère, une nappe de plomb invisible s'est écrasé sur son corps frêle. Que dire, que faire ? Elle n'en a aucune idée. Elle n'est sure que d'une chose. Hayden est de son coté. Et il la défendra. Enfin, elle l’espère. Vraiment, car sinon, elle vient probablement de dire adieu a sa liberté qui était très durement mise en difficulté a ses yeux.

Pour elle la liberté était représenté par la musique et la mélodie qu'elle était capable de jouer. Une amie toujours présente, qu'elle pouvait voir a n'importe qu'elle seconde, avec qui elle pouvait se confier, rire, pleurer. Une grande sœur, quelqu'un qui l'aider a etre libre. Et cette façon qu'avait sa mère de vouloir décider pour elle de la musique qu'elle devait jouer, ou elle devait le faire, et quand, c’était insupportable. C’était peut être ça qui lui donnait le plus envie de pleurer. Ne pas avoir contrôle sur ce qu'elle faisait de mieux. N’être qu'un outil dans les mains de la reine pianiste du Japon, qui n’était même pas Japonaise, quand on y pensais, c’était plutôt amusant comme détail.

Elle entends comme dans un rêve son professeur prendre la parole. Elle avait la gorge comme nouée, et n'avait pas réussit a dire un mot depuis une bonne minute, mais il semble qu'il n'y a pas besoin d'elle pour que la conversation avance. Tant mieux, elle avait l'impression de ne pas en avoir la force. Elle écoute d'une oreille distraite les échanges de banalités qu'ils se font l'un l'autre. Elle remarque que si Hayden lui a dit qu'il était enchanté de la rencontrer, elle n'en a même pas prit la peine, prenant une classique pause Japonaise de salutation pour tout message. Elle n'avait jamais étais très bavarde, et ses enfants n’étaient pas les seules victimes de cet état de fait.

Elle sent bien qu'il gagne du temps pour elle, et elle lui en est très reconnaissante, mais elle n'arrive pas a savoir si cela vaux vraiment le coup ou non. Tout ce qu'elle a envie de faire, c'est de fuir comme son plan initial le prévoyait. Et peu importe les compliments qu'il fait depuis un moment sur la progression d'Ayame, rien ne change le fait que cela va etre bientôt a son tour de parler. Elle a juste a parler des billets, c'est tout. Elle dresse lentement la tete, avec une conviction nouvelle, mais le regard neutre de sa mere l'arrete nette :

- C'est bien, Ayame, continues comme ça. La maison vous est grande ouverte sensei, si elle peux vous permettre d'aider ma fille a s'améliorer dans les matieres ou elle a des lacunes. Maintenant, si vous permettez.....

Elle commence a se retourner vers son piano. La mère comme la fille ne semblent véritablement vivre que pour cet instrument. La vérité était qu'Adelaide Stein-Masuda souffrait d'une grande timidité depuis toujours, et que le meilleure moyen qu'elle avait pour communiquer, c’était ce piano avec qui elle conversait jour après jour. Et a force de se protéger, elle avait finie par s'enfermer, même face a sa propre famille. La discussion semblait a présent close, et rien ne pouvait probablement plus la faire se retourner, a part peut être.....

- Ma...maman.

Cette appellation d'une façon hésitante lui permet d’enchaîner d'une façon plus sure d'elle. Presque.

- Y...Yoshida-sensei m'a offert la possibilité d'aller au parc d'attraction qu'il y a prêt de la ville. Et euh, je me demandais si....

Elle coupa nette la phrase de sa fille :

- Tu as fais ce que je t'ai demandé ? La représentation approche. Tu devrais plutôt passer tout ton temps a la travailler, tout doit être parfait. Mais je sais que tu en es capable.

L'adolescente devient blanche, donnant l'impression d'avoir perdue toute chaleur qui pouvait habiter en elle. Elle semble bafouiller quelque chose mais aucun son ne sort d'entre ses lèvres. Elle regarde son professeur, puis sa mère, puis baisse le visage vers le sol, vaincue. Sans même avoir eu la possibilité de combattre. Sans même en avoir eu le courage. Elle commence a faire un pas en arrière quand la voix de sa mere reprend, moins forte encore que précédemment.

- Merci sensei, encore une fois, de vous préoccuper autant de ma fille. J'apprécie particulièrement l'invitation que vous venez de lui faire, c'est très gentil de votre part, vous n’étiez pas obligé.

Elle regarde Ayame un moment, puis Hayden de nouveau, ses yeux le dévisageant. C’était comme ce genre d'histoire ou dans une foret, les gens qui se perdent tombent sur une femme d'une grande beauté, doté de la capacité de pouvoir lire dans la tête des pauvres âmes qui venaient tomber dans ses filets. Elle le dévisagea ainsi pendant une demi-minute, avant de soupirer. Elle s'approche de sa fille et passa rapidement sa main sur la tête de sa cadette, dans un geste d’affection qui trouble cette dernière et la fait trembler des pieds a la tête.

- Si tu me prouve que tu es capable d'effectuer le spectacle, alors tu pourra prendre une aprés-midi de détente. Sensei, cela ne vous dérange pas d'attendre un peu plus, non ? Vous aviez sans doute prévu de rester un peu, pour ces fameux cours particulier.

Au ton de sa voix, il était évident qu'elle avait totalement comprit la supercherie, et son regard accusateur envers le professeur semblait appuyer cette hypothèse. Sans que son regard ne laisse savoir si elle était contente de l'aide qu'il apportait a la brunette, ou si elle était irritée de se voir ainsi prise pour une idiote sous son propre toit.
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Mar 5 Sep 2017 - 18:18

Les présentations ne s’éternisent pas. Après quelques échanges à peine, la mère de famille coupe le dialogue en retournant vers son piano. Je crains qu’Ayame n’ait pas réussi la mission qu’elle s’était confiée elle-même. Hélas, je ne peux plus lui faire gagner de temps, j’imagine que l’on va devoir retourner à l’endroit où nous sommes partis. Je m’apprête à la saluer et la remercier pour le temps qu’elle m’a accordé, mais une petite voix timide m’interrompt juste à temps. Mes pupilles se posent sur la source sonore qui appelle sa mère, non sans crainte de sa réaction. Encore une fois, j’ai bien du mal à comprendre quel genre de lien unit ces deux personnes, comment cette fille si joviale et extravertie peut se retrouver aussi terrifiée à l’idée de communiquer avec sa génitrice ?

Mains dans le dos, j’écoute la lycéenne demander l’autorisation de sortir à sa mère. Elle n’a pas le temps de finir que la plus âgée la coupe sans aucune tendresse. Elle lui parle de la fameuse représentation que la benjamine des Masuda voulait à tout prix éviter, qu’elle devrait répéter au lieu de penser à sortir s’amuser, bien qu’elle sache que sa fille est capable de travailler sa partition à la perfection. Au milieu de ce conflit camouflé, un sentiment de malaise m’envahit. Je me sens si inutile, c’est presque comme si je m’étais transformé en meuble et que je me fondais dans le décor de la pièce. Mais même si j’avais le droit d’agir, je ne suis pas sûr de savoir trouver les mots. A côté de moi, Ayame blêmit et fait un pas en arrière, bien décidée à fuir cette confrontation qui lui est insupportable. Alors que je pensais qu’elle en avait terminé avec nous, la belle matriarche reprend de plus belle. Cette fois c’est à moi qu’elle s’adresse. Encore des remerciements, mais peu sincères cette fois. Je fais mine de ne pas comprendre où elle veut en venir.

«  Il me semble normal de récompenser les efforts. Vous connaissez sans doute la notion de renforcement positif. »

Dis-je d’un ton neutre en regardant la femme s’avancer vers sa progéniture. En l’espace d’un instant, le monde semble s’écrouler pour Ayame, d’une simple caresse sur sa tête. L’adulte finit par céder, accordant une après-midi de détente en échange d’entraînement de piano. Cela me paraît être un bon compromis. La mère Masuda finit par en revenir à moi, l’air accusateur. Une fois de plus, je n’y prête pas attention et réponds le plus naturellement possible.

«  Bien sûr que je peux attendre, j’avais réservé toute l’après-midi pour être sûr. Je peux même repasser demain si vous le souhaitez. »

Sur ces mots, je donne une petite tape réconfortante sur l’épaule de la lycéenne, encore sous le choc de son échange avec sa mère. Ne me sentant pas très à l’aise dans cet univers, je décide de quitter la pièce le temps de la répétition. Tourné face à la porte, je donne un dernier encouragement à mon élève avant de franchir l’imposante ouverture.

« Je compte sur vous, Masuda-san. Je vous attendrai dans le hall. »

Pouce levé en sa direction, j’ignore toutefois si elle me regarde à l’instant où je referme la porte derrière moi. De retour dans le couloir, je peux enfin souffler et décontracter les muscles. Bien que bref et concis, cet échange fut plutôt riche en émotions et informations. Arrivé au niveau de l’escalier, je croise un majordome – différent de celui que j’ai pu rencontrer à l’extérieur – qui me propose de me raccompagner dehors. Apparemment, la seule raison pour laquelle ils ne m’avaient pas encore viré jusque là était que je me trouvais en compagnie d’Ayame. C’est toute une histoire de travailler pour des gens riches, me dis-je en expliquant que j’attends simplement le retour de la jeune héritière et que je n’ai pas l’intention de partir. Tout d’abord un peu réticent à l’idée de me savoir rôder dans le manoir au milieu d’objets de valeur, il décide de m’escorter jusqu’au hall où je suis assigné à un autre membre du personnel. Combien de personnes embauchent-ils ici au juste ?

(…)

Une quinzaine de minutes s’écoule sans que je puisse entrer en contact avec la lycéenne. Je m’interroge alors sur les durées habituelles de répétition des musiciens de niveau professionnel. J’aurais peut-être dû lui dire de me retrouver devant mon immeuble. Depuis mon arrivée dans le hall, on a trouvé un endroit où m’installer, pour je ne gâche pas trop le décor sûrement. Le fameux Taki s’est même joint à moi et m’a proposé un rafraîchissement que j’ai accepté volontiers, à sa grande surprise. On dirait bien qu’il n’a posé la question que par politesse et ne s’attendait pas à ce que je réponde favorablement à sa proposition. Toujours est-il que j’ai eu droit à mon verre d’eau plate. Ne trouvant plus aucun angle à fixer dans le hall, je sors mon téléphone et y trouve deux messages non-lus. Le premier vient de Satoshi et le second d’un collègue, mais je ne trouve pas le temps de les ouvrir car une voix familière m’interpelle. Je n’arrive pas à savoir comment s’est passé l’entraînement en ne regardant que son visage, je dois donc confirmer mes doutes.

« Alors ? »

Ai-je demandé en me levant brusquement sous le regard des majordomes. Elle m'en voudrait sans doute de penser cela, mais malgré leurs différences apparentes, à cet instant précis, la mine de la brune me fait plus que jamais penser à sa mère. Dans ma poche, les tickets pour YamaLand sont sur le point de connaître leur destin.

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Dernière édition par Hayden Yoshida le Lun 18 Sep 2017 - 12:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le hasard fait bien les choses [PV Ayame Masuda][Terminé]   Mar 12 Sep 2017 - 14:54

Son sang se glace dans ses veines a mesure qu'elle comprend la situation dans laquelle elle se trouve. Il va falloir donc jouer, elle n'a pas le choix si elle veux pouvoir faire ce qu'elle veux. Et tout ce plan qu'elle avait mit en place pour s'échapper, et voilà que, au contraire, elle est quasiment en train de passer une audition pour lui prouver qu'elle peux le faire parfaitement. La nausée la gagne, mais en passant lentement sa main sur le haut de sa poitrine, elle parvient a prendre une grande respiration. Elle tourne le regard vers Hayden.

Yoshida-sensei ne semble pas vouloir rester, et elle pâlit d'avantage. Il était censé rester pour l'encourager, et il prend la fuite. Bon, elle ne lui en veux pas, c'est ce qu'elle voudrait faire aussi, cependant elle n'en a pas la possibilité actuellement, elle va devoir prendre sur elle si elle veux obtenir ce qu'elle veux. Elle entend quand même une phrase d'encouragement venant de son professeur. Elle sourit faiblement, sans parvenir a le regarder. Dans le hall hein ? Cela lui semble etre a l'opposé de sa position. Un endroit impossible a atteindre, qu'elle ne verra jamais. Pourtant elle n'en est qu'a trois pas.

La porte résonne lourdement dans sa tête quand Hayden la referme derrière lui. La voilà seule a présent. Elle reste comme bloquée, jusqu'à ce que sa mère la rappelle a l'ordre, la faisant sortir de ses pensées. Elle marche d'une manière un peu raide vers l'autre piano bien moins coûteux que celui de la mère. Elle prend place lentement, et commence a appuyer sur les touches pour régler l'instrument. Le temps semble s’être totalement arrêté, et elle n'arrive pas a savoir combien de temps s'est écoulé depuis que le professeur de mathématique a quitté la pièce.

- Bon, ne faisons pas attendre Yoshida-sensei. Commençons, Ayame.

La musique de la mère éclate dans la pièce, d'une fluidité et d'une délicatesse sans égale. Cependant, quand elle joue, difficile d'avoir l'impression que sa musique réchauffe la pièce. Ce n'est pas le cas de celle de la petite Masuda. A la seconde ou ses doigts commencent a danser sur le clavier, elle parvient a faire disparaître toute la pression qui aurait pu contaminer son talent. Si la musique de la plus vieille des deux était implacable, froide, calculé, celle de la plus jeune était chaud, rêveur, presque improvisé. La partition était respecté a la perfection, mais de l’extérieur, il aurait sans doute était compliqué de se rendre compte que les deux femmes jouaient la même chose.

Une première fois, puis une seconde, avant que la partition ne change, sans que ni l'une ni l'autre ne fasse d'erreur, comme un combat l'une contre l'autre qu'aucune des deux ne veux abandonner. A la différence qu'elles ne sont pas censés jouer l'une contre l'autre, mais ensemble d'une même voix. Si faire une démonstration serait peut être compliqué, on pouvait sans aucun doute trouver fascinant le combat qui se jouait entre les deux. Après pratiquement cinq partitions, la musique s’arrêta. Adelaide se laisse aller contre le dossier de sa chaise, d'un air songeuse. Son visage ne laisse pas la place au doute, elle a quasiment oubliée qu'Ayame était dans la pièce. Elle ne dit absolument rien, pas de critique, pas de compliment, et se mur dans le silence.

- Je....je vais y aller, fit lentement Ayame.

Elle se leva de sa chaise, retrouvant sa raideur précédente. Mais elle semble moins stressée, maintenant qu'elle sait qu'elle va pouvoir partir. Elle marche jusqu'à la porte, et fait une pause avant d'ouvrir. Elle tourne la tête vers sa mère. Elle attend une phrase, juste une réponse. Finalement, c'est ce qu'elle voudrait, que sa mère lui dise quelque chose. Mais elle ne dit rien, comme a son habitude. Elle s'en fiche. Elle la regarde une bonne minute, et se dit qu'elle est quand même belle. Elle ouvre la porte en se posant la question de savoir si les gens pensaient qu'elles se ressemblaient, avant de refermer derrière elle.

Elle effectue la descente de l'escalier d'un pas lent, se dirigeant vers le fameux Hall, son point de rendez-vous avec Hayden. En arrivant dans la grande pièce, elle constate l’effervescence habituelle qui anime l'endroit. C'est triste de ce dire qu'ils sont comme ça alors qu'il n'y a aucun événement notable a préparer. Ils sont juste sous pression constante du regard des autres, chacun prêt a tout pour augmenter sa hiérarchie sur une erreur d'un collègue. Elle marche droit vers Hayden, et sursaute quand celui ci se lève d'un bond.

- Vous avez pas l'air bien, sensei. Je ne pensais pas que rester tout seul vous ferez vous mettre dans cet état.

Elle sourit, et sent enfin la pression disparaître. Elle a passé le test. Mais comment expliquer ça a Hayden ? Elle n'a pas dit que c’était bon, qu'elle pouvait y aller. Elle n'a pas interdit la sortie non plus. Elle n'a juste rien dit. Comme d'habitude. Elle regarde Hayden silencieusement pendant un moment, avant d'apercevoir Taki juste a coté, qui semble attendre quelque chose lui aussi. Elle sourit a Hayden une nouvelle fois avant de s'adresser au majordome :

- Taki, donne moi de l'argent pour payer le taxi, s'il te plait.

- Vous partez ?

Il semble surprit qu'elle ai obtenu gain de cause, mais impossible de savoir a son expression si il en est content ou non. Il se dirige vers un meuble et ouvre une porte, découvrant une impressionnante collection de clé, du bâtiment et des voitures sans doute. Il prend une clé au hasard semble t'il, et revient vers les deux partants :

- Je vais vous emmener, ca ne me pose pas de probleme, mademoiselle Masuda.

Elle se tourne alors vers Hayden, et dans un souffle fait d'une voix basse :

- Partons loin d'ici, Hayden-san.
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