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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 What I've done [PV Satoshi][Terminé]

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Hisaka Rika
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MessageSujet: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Sam 15 Juil 2017 - 0:53

Février 2017


Vingt heures, fin des cours de rattrapage pour les étudiants ayant échoué au premier semestre ou ceux en pleine réorientation. Je pose ma tête sur la table, contemplant une dernière fois le tableau. Tous les autres étudiants se lèvent et remballent leurs affaires. Pendant ce temps, je ferme les paupières, quelques secondes. Qu’est-ce qui m’a pris de demander une réorientation au milieu du semestre ? J’y pensais depuis la fin de la première année pourtant, et si j’avais fait une demande pour redoubler dans une autre filière dès lors, je n’aurais pas à rattraper toute une année de cours en six mois, sachant que le second semestre demande des pré-requis du précédent.

Bien sûr, je n’ai pas à me plaindre sur le contenu. L’ambiance est tout autre que celle des cours de neurosciences où il m’arrivait de me surprendre en train de m’endormir en plein milieu d’un CM. C’est vrai, je me plains parce que je suis au bout intellectuellement, mais dans le fond, c’est enrichissant et je m’y plais bien. Et le petit plus : je n’ai plus à affronter le regard de Kaori pour avoir gâché sa fête d’anniversaire l’été dernier. Peut-être l’a-t-elle oublié, mais moi non. Et probablement que Kagami Ueno non plus. Je regrette juste de ne pas l’avoir fait plus tôt, en fait. Et puis quelque part, je suis bien content d’avoir une excuse pour ne pas rentrer trop tôt et risquer de les croiser ensemble.

Coup de poignard en pleine cage thoracique. Allons, ça va bientôt faire deux mois que la situation a été tirée au clair. Je prends une grande inspiration et me redresse, enfile mon manteau bleu foncé, passe mon écharpe autour du cou et ferme mon bloc-notes. Pense à autre chose abruti. Je me réprimande intérieurement. Oui, je disais donc...Les cours sont magnifiquement orchestrés, j’ai mangé du sauté de porc à midi, tout va bien.

Le parcours d’ingénierie est plus dynamique, moins théorique malgré ce que l’on pourrait croire. Il faut dire que j’ai de la chance aussi, j’imagine que toutes les universités n’ont pas les mêmes moyens que Keimoo et ne disposent donc pas des équipements nécessaires pour passer rapidement de l’abstrait au concret. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de me continuer ici, même si l’arrivée des difficultés financières me donne un peu mal au ventre. Cette fois-ci, si je suis à deux doigts de roupiller, c’est bien d’épuisement, mais les cours en eux-mêmes sont une véritable renaissance pour moi. Revenir aux mathématiques fondamentales pour les cours de modélisation est un peu difficile, mais ayant toujours eu des atomes crochus avec cette discipline, je parviens à garder la tête hors de l’eau. Et puis il y avait les cours de design que j’avais découvert. Moi qui étais plutôt médiocre en art au lycée…

J’enfile mon sac par-dessus d’épaule et quitte la salle, laissant les derniers courageux faire leurs exercices en silence. Cela fait déjà trois semaines que j’ai changé de voie et probablement d’avenir. Je me suis plutôt bien habitué à mes nouveaux locaux. Les mains dans les poches, j’avance dans le couloir. J’ignore si c’est la fatigue, mais j’ai l’impression que l’ampoule grésille. Machinalement, j’emprunte les escaliers et me dirige vers la sortie du bâtiment. Tiens, il neige encore. Je ne l’avais même pas remarqué. Il faut croire que je ne regarde plus par la fenêtre ces derniers jours. Je ricane pour moi-même, en ai-je seulement le temps ?

A cet instant, je n’ai plus qu’une hâte : rentrer dans le manoir aussi furtivement qu’un rat, prendre une douche, me changer et rejoindre mon lit. Mais avant cela, il va falloir affronter l’hiver capricieux de Keimoo. J’expire un souffle d’air chaud, créant un écran de fumée devant moi. Heureusement que je ne porte pas de lunettes. La neige crisse sous mes pas, le son est étrangement agréable à entendre. S’il n’était pas là, le campus d’habitude si animé, me paraîtrait beaucoup trop silencieux. Est-ce vraiment moi dans mon corps, là ? Je veux dire. Ce n’est pas une réflexion que je me ferais, habituellement

Pathétique.

Je remonte mon écharpe pour la faire glisser au dessus de mon nez, protégeant ainsi le bas de mon visage. Eclairé par les lampadaires du chemin menant à la ville, je marche seul. Comme si elles étaient commandées par un métronome, mes jambes alternent leur mouvement de manière très mécanique. Arrivé au niveau de la voie de tramway dans le centre-ville, je m’arrête pour regarder à quelle heure passe le prochain. J’ai quinze minutes d’attente, plus ou moins les perturbations sur le réseau dues aux intempéries. Bah, ce n’est pas comme si c’était si long me dis-je pour me rassurer. Je jette un regard autour de moi. On dirait bien qu’ici aussi, je suis le seul à attendre. Est-ce que ça sera comme ça toute ma vie ?

Mon téléphone vibre.

Tiens, je ne m’y attendais pas. A vrai dire, je ne sais même pas qui cela pourrait-être même si vu la taille de mon répertoire, il n’y a pas non plus trente-six possibilités. Sans doute ma sœur qui veut savoir si la semaine s’est bien passée. J’extirpe courageusement mon téléphone de ma poche, confrontant ma main au froid ambiant. D’un simple glissé de doigt, je déverrouille l’appareil hérité de mon aînée. Toujours mieux que mon vieux téléphone à clapet. L’écran d’accueil s’affiche. J’esquisse un sourire en coin.

Au final, ce n’était qu’une alarme que je m’étais faite dans la matinée pour ne pas oublier de faire quelques courses avant de rentrer. On peut dire qu’elle aura été utile. Non, franchement. Ai-je vraiment cru que quelqu’un voulait avoir de mes nouvelles ? Haha. Bon, c’est pas tout, mais j’ai des achats à faire. Voyons, où est le magasin le plus proche ? Profitant de la technologie, j’utilise la géolocalisation de mon téléphone pour repérer les konbinis à proximité. D’après la carte, il y en a un à 300 mètres d’ici, dans une rue parallèle à celle où je me trouve actuellement. Parfait. Je verrouille l’écran et repose mon cellulaire dans ma poche.

(…)

« Bonsoir. »

Je salue les employés du magasin plus par politesse que par réelle envie de leur dire bonsoir, et m’engouffre rapidement dans les rayons. Il n’y a pas grand-chose à prendre, juste une brique de lait, du riz, du dentifrice, un produit vaisselle et des céréales. La tête baissée, je récupère les articles dont j’ai besoin et file à la caisse. Il y a deux personnes devant moi et personne derrière. Finalement, les quinze minutes d’attente initiales me paraissent bien plus pressantes qu’à mon arrivée. Je me frotte les mains pour leur redonner un peu de chaleur et me retiens de taper du pied d’impatience. Ce qu’il prend bien son temps, le type à la caisse. Je soupire.

Ce n’est qu’à mon tour que je réalise que le caissier m’est plus familier que je ne le pensais. J’ai tout à coup si honte de ne pas l’avoir vu avant que ma température remonte d’un coup. J’imagine qu’il m’a vu en entrant. Ou pas ? Je me gratte l’arrière de la tête, embarrassé par la situation. Cela fait un moment que nous n’avons pas eu l’occasion de nous voir et je n’avais eu des nouvelles de lui que par la réception de quelques messages. Je ne sais pas lequel de nous deux a l’air le plus fatigué.

« Y-yo…Satoshi…-san. »




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Dernière édition par Hisaka Rika le Sam 9 Sep 2017 - 0:07, édité 2 fois
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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Dim 16 Juil 2017 - 15:22

Quand le quotidien est insoutenable, il est dit qu'en s'y plongeant d'avantage, on peux contrebalancer ce sentiment afin de revenir a un équilibre. Du moins avec du moins, ça fait du plus, c'est logique. Mais je suppose qu'il n'y a pas assez de moins dans ma vie pour pouvoir revenir a un plus. Tout ce que je fais, mon train train, est tellement classique que je manque parfois de m'endormir en marchant sur le chemin du travail. Je me lève, je fais mon footing, je vais en cours, je m’entraîne, je vais a mon travaille, je révise. Chaque jour, je recommence ce schéma, sans en voir le bout. Parfois je met un peu de piment dans ma vie en faisant en sorte de rompre le classicisme de cette routine, avec un animé que mon ordinateur plus vraiment flambant neuf, me permet désormais de regarder.

Je pourrais faire plus de messages sur le blog de Hisaka, car pour l'instant, je me suis contenté de lui donner des idées. Je ne le vois de toute façon plus beaucoup en cette période hivernale. Je n'ai jamais étais vraiment sociable, et il ne l'est pas plus que moi, je suppose que nous ne sommes pas de la meilleure compatibilité. J'apprécie ces messages cependant, et je n'ai rien besoin de plus pour etre satisfait de ma relation avec lui. J'y pense alors que je me dirige au kombini. Aujourd'hui, Nakamura-senpai est de repos, si bien que je ne vais pas vraiment parler, vu que je n'ai aucune relation avec mes autres collègues, en dehors du propriétaire qui a toujours étais bienveillant avec moi depuis mon arrivée ici.

Je les salut rapidement avant de me changer dans les vestiaires, et de commencer mes taches. Mise en rayon, contrôle des prix et des périmés, et quand la petite boutique semble remplit de produit, je me dirige vers la caisse d'un pas lourd. Il va falloir reprendre le masque pour dire bonjour, sourire, répondre quand on m'adresse la parole, car nombreux sont les clients qui profitent de ce moment pour discuter de tout et de rien, comme pour essayer a leur tour d'échapper a leurs train-train l'espace d'un instant, dommage que je sois une meilleure oreille qu'un bon partenaire de discussion. Je me suis amélioré toutefois, et je ne rougis plus a tout vas, je parle d'une façon claire, et audible.

Ils se succèdent sans discontinuité. Il y a du monde en cette fin d’après-midi, et je regrette presque de ne pas avoir eu autre chose a faire d'officiel pour me permettre d’être la. Comme un cours par exemple. Mais non, je n'avais rien pour refuser mes horaires aujourd'hui. Le soleil se couche rapidement, en cette période de l'année ou les jours ne sont pas très long. Keimoo doit commencer a ce vider, et je vais bientôt pouvoir rentrer avec le froid comme seul partenaire. Et pourtant, en levant la tête pour voir et dire bonjour au client suivant, un sourire éclaire un instant mon visage. Et en plus, on dirait qu'il est trop plongé dans ses pensées pour me remarquer. Si j'étais dans une autre situation, je lui aurais fais une petite remarque pour détendre l’atmosphère, mais il semble si préoccuper que je préfère éviter.  J'ai mis de temps a passer ses achats, si bien qu'il lève la tete d'un air agacé, puis surprit. Je lui souris a nouveau, alors qu'il bredouille une parole de bonjour.

- On dirait que tu as vu un fantôme, Hisaka-san. Je sais que je suis blond, mais pas besoin d'avoir peur comme ça.

J'ai vraiment pris la confiance, avec ce genre de phrase qui ne me ressemble pas. Mais après tout, si je ne peux pas le faire avec mon ami, je ne le ferais avec personne. Il est temps de devenir quelqu'un de sociable et d'amusant. C'est un peu mon objectif dans la vie. Ou pas, mais je m'amuse assez en voyant sa tête pour être content de ma réplique. Je fini de passer ses produits avant de reprendre la parole d'une voix calme :

- Tu en aura pour 1800 yens, s'il te plait.

Je récupère l'argent, avant de songer qu'il n'y a pas meilleure moment pour reprendre d'avantage le contact. En plus, j'ai récemment finit plusieurs anime, et on pourra en parler, pour le blog. Je fais la transaction avec la caisse, lui tend sa monnaie, son ticket, puis le sac avec ses achats, avant d'observer derrière lui. Il n'y a pas d'autre client, alors je peux parler un peu.

- Je fini dans dix minutes, tu voudrais qu'on se voit juste après ? Je ne veux pas prendre des conclusions hâtives, mais tu m'as l'air préoccupé, je t'invite quelque part pour manger un morceau ? Je viens d'avoir ma paye. Ou chez moi, ce n'est pas très grand, mais au moins on est tranquille.

Je lève les mains, avant même qu'il me donne sa réponse, afin de ne pas lui laisser l'opportunité de refuser, et badge ma caisse pour la fermer. Je la compte rapidement, avant de l'emmener vers une de mes collègues qui vient d'arriver, lui souhaitant bon courage, pour la nuit qu'elle prend. Après tout, l'endroit est un vingt-quatre sur vingt-quatre. Je me change, remettant mon sweat a capuche vert, mon manteau, et je retire mes chaussures de sécurité avant de les remettre dans le casier prévu a cet effet, et je ressors les mains dans les poches, en espérant qu'il ne soit allé nul part. J'ai de la chance, il m'a vraiment attendu. J'arrive a sa hauteur :

- Pardon pour l'attente. Je suis content de te voir, ca faisait un moment ! On va ou ? C'est moi qui invite donc c'est toi qui choisis !

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Mar 18 Juil 2017 - 0:57

Je retiens mon souffle à l’instant où je réalise que le caissier que je blâmais intérieurement il y a quelques instants n’est autre que le co-rédacteur de mon blog. Il m’avait déjà dit qu’il travaillait dans un konbini à mi-temps, mais entre le savoir et me retrouver face à lui grâce à un coup du hasard, il y a un monde. Il sourit à mes salutations timides, et se permet de me faire une blague sur sa couleur de cheveux. Je ris nerveusement, d’embarras mais aussi de fatigue. Il scanne les derniers articles posés sur le tapis magnétique, les emballe puis m’annonce calmement le prix. Profitant du fait que personne n’attende derrière moi, je m’accorde le luxe de prendre mon temps pour sortir mon portefeuille et trouver le billet adéquat avant de lui tendre un billet de 2000 yens qu’il attrape aussitôt. Je soupire. La nourriture prend une bonne partie du budget de la colocation, je me demande comment je vais faire quand je n’aurai plus de bourse d’ici deux mois. Avec mes horaires, pas possible de travailler à côté des cours avant que je ne termine les cours de rattrapage.

Alors que je recommence à faire abstraction de la présence de Satoshi en imaginant 1000 scénarios possibles dans ma tête, ce dernier me fait redescendre sur terre en me tendant mon dû, à savoir la monnaie, mon sac de courses et mon ticket. Je m’apprête à lui dire au-revoir et partir au tramway en quatrième vitesse, mais il me retient pour me demander si je souhaite que l’on se voit après son poste qui se termine dans une dizaine de minutes. J’ouvre la bouche, la referme, regarde la neige qui commence à s’entasser à l’extérieur. Si je ne rentre pas maintenant, je risque d’avoir des ennuis avec les transports plus tard. Cependant, il a l’air déterminé à ne pas me laisser le choix et m’invite même à manger. J’ai l’air préoccupé, me dit-il. Je baisse la tête, je ne suis pas sûr de vouloir lui faire part de ce que j’ai sur le cœur.

« Je vais… »

Il m’arrête d’un signe de main et ferme sa caisse. On dirait qu’il a pressenti mes excuses. C’est mauvais signe, on dirait que je ne vais pas pouvoir esquiver cette fois. Satoshi-san, pourquoi est-ce que tu tombes au mauvais moment ? Je le vois parler à une fille portant le même tablier que lui, une de ses collègues je suppose. Il finit par disparaître de mon champ de vision alors que je reste planté devant la sortie du magasin, le dos légèrement voûté, mon sac de courses dans la main droite. Si je le voulais, je pourrais m’en aller maintenant. Honnêtement, ce n’est pas l’envie qui me manque et l’idée de lui faire faux bond sachant qu’il m’a forcé la main ne me paraît pas si outrageuse. Je fais un pas en arrière et tourne doucement la tête. Je n’aurais qu’à lui envoyer un message pour lui présenter mes excuses plus tard. Peut-être qu’il ne voudra plus me parler après ça ? Ce n’est pas comme si j’avais le temps pour continuer mon blog de toute façon. Ce n’est pas comme si nous parlions énormément en dehors de ça. Alors qu’est-ce que ça changerait ?

Je relève la tête pour contempler mon reflet dans les portes automatiques du konbini. Je sais plus que quiconque que j’en suis capable. Après tout, je n’ai jamais été doué pour les relations avec les autres. J’ai toujours agi selon ma propre volonté et ma seule volonté. Faire la comédie pour faire plaisir aux autres me donne franchement envie de gerber. Qu’est-ce que j’attends pour sortir alors ? Il n’y a rien de différent par rapport aux autres fois où je me suis montré lâche. A part le fait que j’en sois pleinement conscient, cette fois. Ce n’est quand même pas ça qui m’arrêtera. Et pourtant c’est déjà trop tard. Il s’excuse pour l’attente alors que je lui tourne le dos. Je ne sais pas ce qui le rend si heureux de me voir alors que je n’ai pas vraiment fait d’efforts envers lui ces derniers mois.

« Tu as fait vite. »

Peut-être ai-je été un peu sec pour le coup, mais on peut dire que ça m’a échappé. L’étudiant me demande où est-ce que je souhaite aller. Une part très égoïste de moi a envie de lui répondre que je vais rentrer tout compte fait, mais je n’ai pas le cœur à faire face à une mine déçue de plus. La mienne aura suffi. Je jette un œil à mon téléphone. Le tram passera sûrement avant que je ne puisse me rendre à l’arrêt de toute façon.

« Il me semble que tu habites sur le campus. J’en reviens tout juste. »

Je fais une pause pour réfléchir à ce que je vais dire ensuite. Ce n’est pas dans mes habitudes de manger à l’extérieur aux frais des autres, d’autant plus que j’ai connaissance de la situation financière du blond. Toutefois, je n’ai pas spécialement l’envie de faire le chemin inverse là, tout de suite. Au pire, je n’ai pas très faim alors on pourrait juste se poser quelque part et je le regarderai manger. Ca me semble être un bon compromis. Au pire, il n’est pas trop tard pour qu’il revienne sur sa décision et me laisse partir après des salutations cordiales. Je n’aurais qu’à attendre le prochain tram en me transformant petit à petit en bonhomme de neige.

« Je préfère que l’on reste en ville, si ça ne te gêne pas. De toute façon, je n’ai pas vraiment faim alors tu n’auras pas à payer pour moi. »

Au moins, j’ai l’espoir que l’on ne s’éternisera pas s’il est le seul à passer commande. Je veux dire, connaissant Sakurato, je sais qu’il finira vite son repas pour ne pas me mettre mal à l’aise si je n’ai rien pris. Toujours est-il que « en ville » reste un terme vague et cela ne nous avance pas vraiment dans notre quête. Je ne connais pas très bien cette partie du centre-ville, mais suppose qu’il doit y avoir au moins un café dans le coin.

« Vu que tu travailles ici, tu dois bien connaître les commerces aux alentours alors je te suis. »

Même si je dis ça, je suis le premier à franchir les portes automatiques pour retrouver l’extérieur. Je reste immobile un moment pour contempler les flocons tomber, éclairés par un lampadaire. La fraîcheur sur mes lèvres me rappelle alors que j’ai une écharpe que je m’empresse de passer par-dessus le nez. La rue semble quasi-déserte. Sûrement qu’à vingt-et-une heures, un soir d’hiver, les gens ont autre chose à faire que d’être dehors. Et moi alors ?

« Je vais bien. »

Je souffle ces mots plus pour moi-même que pour lui. Oui, je vais bien et je n’ai pas besoin que l’on me sorte parce que j’ai l’air préoccupé. Quelque part, je ressens une colère inexplicable envers lui, mais je me maîtrise et entame une dernière tentative de dissuasion.

« Je veux dire, tu as l’air fatigué. Tu es sûr que tu ne veux pas rentrer chez toi ? »


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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Mer 19 Juil 2017 - 16:26

Je n'ai jamais fais aucune étude au niveau de la psychologie des gens. Jamais je ne me suis intéressé a ça. Pas de lecture de magasine féminin sur « comment comprendre l'autre, les signes qui ne trompent pas ». Tout ça je m'en moque. La seule chose que j'ai fais durant ma vie, c'est de rester a l'écart du groupement, et d'observer les gens. Si c’était une discipline, je pourrais facilement participer a des compétitions et gagner des trophées. Je pense même pouvoir dire que ce serait bien plus simple que de reprendre les compétitions de kung fu, comme je l'ai presque promis au vice principal plusieurs mois auparavant. C'est avec cette pensée que je me retrouve a l’extérieur de mon lieu de travaille, me frottant les mains sous la froideur de l'hiver.

Parce que quand je regarde Hisaka, je n'ai pas besoin d'utiliser ces connaissances accumulés pendant de nombreuses années.Il me suffit de penser aux multiples fois ou j'avais exactement la même façon de parler pour comprendre qu'il n'est pas vraiment content d’être avec moi. Mais si je prend ma propre existence en considération, c’était rarement a cause de la personne qui venait m'adresser la parole. C'est uniquement a cause d'effet tiers. Et bien souvent, en parler aurait sans doute était bénéfique pour moi. Je ne m'en rendais pas compte sur le moment, bien sur, mais après coup, le fait de me dire que quelqu'un aurait pu m'écouter me faisait regretter le refus. Puis vint une époque ou il n'y eu même plus de personne a qui refuser.

Je l'observe de dos alors que nous avançons sous la neige, et qu'il me parle d'une façon a vouloir me faire partir. Il va même jusqu'à me dire que je semble fatigué et que je devrais rentrer. C'est toi qui a l'air exténué, mon ami. Il m'avait parlé brièvement qu'il était très occupé avec un changement de filière. Mais encore une fois, jamais de vive voix, juste par messages interposés. Je réfléchis a un endroit ou aller, et je pense a ce petit salon de thé non loin de notre position ou j'ai l'habitude d'aller. Il n'est pas très cher, et rarement bondé. J'ai sympathisé avec le gérant, enfin, si le fait de dire bonjour comme un habitué est égal a avoir développé une relation, ce qui n'est pas exactement le cas.

- Tu as l'air en colère contre moi.

J'ai souris en disant cela, rattrapant la foulée de retard que j'avais pour revenir a sa hauteur. Je viens de prendre une décision, a l'instant même. Je n'ai que rarement eu de vraie discussion avec un ami. Je n'ai que rarement dit le fond de ma pensée, par simple volonté de rester dans le moule des uns et des autres. Autant perdre cette habitude avec lui. Au moins avec lui. Si je dis n'importe quoi, au pire il m'enverra balader et partira, ce qui ne changera pas grand chose entre nous, puisque nous ne parlons quasiment pas de base.

- Tu aurais sans doute voulu que je te laisse dans ton marasme, tout seul, sans avoir besoin de réfléchir a quoi dire pour être politiquement correct sans en dire trop. Je peux le comprendre, je le comprend même trop bien.

Mes yeux tournent vers lui, puis vers le paysage obscurcit par la neige qui tombe de plus en plus fort. Heureusement nous ne sommes plus très loin, juste assez pour qu'il puisse m'insulter et partir en courant avant d’être bloqué entre les murs du salon de thé. Je suppose qu'il ne va pas tarder a le faire. Mais je ne perd pas mon sourire, alors que je passe ma main dans mes cheveux blonds afin d'en diminuer la couche de neige qui fond lentement sur mon crane.

- Mais je ne te demande pas de parler. Juste d'écouter ton co-rédacteur de blog qui n'a toujours sortit aucun article, d'ailleurs. Excuse moi pour cela. Je vais essayer de faire mieux dans les prochaines semaines. Tu m'avais bien conseillé a un moment, et j'ai vu beaucoup de chose depuis la dernière fois ! Je voulais en parler aussi.

Je me rend compte que c’était plus pour moi que je voulais avoir cette entrevue avec lui. Parler de ce genre de sujet avec quelqu'un vaux toute les conversations internet du monde. Ici pas de délais. Je peux dire ce que je pense de ce que je veux, sans vraiment craindre d'un jugement. Il n'a pas l'air d'etre le genre a le faire. Enfin, a le penser sans doute, mais du moment qu'il ne le dit pas, je m'en moque en fait. Nous arrivons devant l'entrée du salon en question, ou il est visible par la fenêtre qu'il n'y a que deux ou trois clients. Un endroit parfaitement calme, en soi. Je porte ma main jusqu'à la poignée, avant de m’arrêter, et de me retourner vers Hisaka.

- Si tu veux vraiment pas rester, je ne t'en voudrais pas. Tu peux partir si tu veux, c’était égoïste de te forcer la main comme ça.

Je recule d'un pas, en le regardant, les mains dans les poches. Attendant la réponse calmement. Au pire, j'irais juste regarder des épisodes de ce que je regarde en ce moment, ce qui ne changera rien a ce que je fais d'habitude.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Ven 21 Juil 2017 - 0:02

Tu as l’air en colère, me dit Satoshi non sans esquisser un sourire en coin. Je suis juste fatigué. Qu’est-ce qu’il y a de drôle à ça ? Je ne comptais pas vraiment l’être envers lui, mais la sensation que l’on se moque de moi pourrait bien changer les choses. Dans ma poche, je serre mon poing libre. Je ne connaissais pas l’étudiant sous cette facette et probablement que j’ignore encore bien des choses sur lui. Après tout, le peu de temps que nous avons passé ensemble, il a majoritairement été un collègue de travail. Je soupire à travers mon écharpe, je pense que ça suffit pour ce soir : je vais rentrer. Le quartier Hebi n’est pas si loin après tout, même avec ces intempéries. J’ai même une excuse : ma colocataire attend les légumes pour cuisiner. Même si elle n’est pas là ce soir, il n’a pas besoin de le savoir. J’accélère le pas et rentre ma tête entre mes épaules telle une tortue cherchant à rentrer dans sa carapace. Même si ce n’est pas très correct de ma part, je n’ai qu’à attendre qu’on arrive et dire que j’ai finalement changé d’avis. Je m’excuserai plus tard pour mon comportement, invoquant une mauvaise journée. Il n’y croira pas et notre collaboration touchera à sa fin. Ce ne sera qu’une relation parmi d’autres que je n’aurai pas su préserver.

Muré dans mon silence, je me rends compte que je marche bien plus vite que d’habitude, à tel point que le blond a l’air à la traîne de quelques pas. C’est pourtant lui le sportif. Après m’avoir rattrapé, il reprend la parole, bien plus assuré que lors de notre dernière entrevue. Je pensais qu’il croyait avoir gagné la partie et qu’il ne chercherait pas à me convaincre plus longtemps. Mes iris balaient le sol immaculé pour éviter son regard. Je déteste ce qu’il fait. Je déteste ceux qui disent comprendre trop bien ce que j’ai moi-même du mal à assumer ressentir. Mes pupilles s’assombrissent, formant un curieux contraste avec le manteau blanc des trottoirs. Je me mords la lèvre inférieure pour m’éviter de lui balancer tout ce que j’ai sur le cœur sur un coup de tête. Heureusement pour moi, un pan de laine rouge est là pour dissimuler mes expressions faciales.

Toujours est-il que je ne dis pas un mot de plus. Mieux encore, je le laisse parler seul alors que nous remontons lentement mais sûrement la rue parallèle à celle de la ligne de tramway. Si je donne l’impression à Satoshi d’avoir les oreilles bouchées, j’entends parfaitement le serpent métallique se balader de l’autre côté des immeubles. J’aurais pu l’avoir s’il n’avait pas insisté.

Il se met à me parler de choses futiles comme mon blog. Je lève les yeux au ciel. Pourquoi s’excuse-t-il ? Je n’ai même pas touché à mon blog depuis des semaines, ce n’est pas comme si j’avais le temps de regarder des animes. Mon sang bout dans mes veines. En soi, j’ai conscience qu’il ne fait rien de mal et veut juste que l’on partage un moment ensemble. Mais dans les faits, ce comportement me donne juste envie de déverser toute ma rage accumulée sur lui. C’est bien connu, les humains s’en prennent toujours à ceux qui ont l’air vulnérable. Si je sais que je ne fais pas le poids face à Satoshi avec mes poings, j’ai la certitude de pouvoir l’atteindre avec mes mots.

L’étudiant en droit s’arrête soudainement. Je fais quelques pas de plus pour laisser deux bons mètres entre nous. J’ouvre la bouche pour lui sortir la phrase que j’ai préparée spécialement pour l’occasion, mais il est plus rapide que moi. La main sur la poignée de porte, il attend que je lui donne mon verdict. Il ne m’en voudra pas si je ne reste pas, m’assure-t-il. Ha. C’est mignon, il me donne même le feu vert pour partir et avoue qu’il a été égoïste. Je reste silencieux, immobile, laissant les flocons former une couche de neige sur ma tête et mes épaules. Est-ce que je vais vraiment partir sans lui dire un mot ? Tout à coup, je me mets à douter. Je repense aux moments que nous avons passé ensemble même s’ils n’ont pas été très nombreux, je repense à la salle d’arcade, à son téléphone, à la vente de nourriture sur la plage, au trio que nous avions formé avec Aslinn. Est-ce qu’il m’aurait une seule fois tourné le dos sans au moins évoquer la raison de son départ ?

« Non. »

De ma main libre, j’enlève l’écharpe collée sur mon visage. Satoshi ne m’a jamais fait faux bond lorsque j’avais besoin de son aide alors il mérite au moins que je sois sincère avec lui, quitte à ce que nos chemins se séparent quand même au bout du compte.

« Tu as raison, c’est totalement égoïste. »

Lui dis-je en plantant mon regard dans le sien. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme alors pour cette fois, je veux transcender son corps et voir ce qu’il y a à l’intérieur. Malgré les basses températures, mon corps est brûlant, mon thorax s’enflamme et chaque syllabe prononcée donne un nouveau souffle au feu de ma colère.

« Tu fais comme si tu comprenais tout et j’avoue, ça me met en colère. »

Une simple image de son sourire condescendant pseudo-bienveillant suffit à réveiller le volcan qui s’était éteint en moi. D’un violent revers de main, j’essuie la neige qui se liquéfie au contact de mon corps. La dernière fois que je me suis autant énervé, c’était contre ce type qui crevait des pneus et incendiait les voitures du parking. Satoshi n’avait rien fait de tel. Alors pourquoi est-ce que ça m’irrite autant, moi qui sais encaisser mieux que personne ?

« T’excuser pour le blog ? Comme si tu n’as pas remarqué que je ne postais rien moi-même dessus. »

Voilà. J’ai craché ma frustration sur une personne qui ne le méritait probablement pas. Je ferme les paupières quelques secondes, inspire puis expire. Peu à peu, je retrouve mon calme. Je ne sais pas combien de temps j’ai passé à lui faire des reproches, mais apparemment assez pour que des passants s’arrêtent à quelques mètres pour nous regarder. Je resserre la poigne sur le sac de courses qu’il m’avait tendu plus tôt.

« Maintenant si tu n’as plus rien à me dire alors, salut. »

Avant que le poids de la culpabilité se hisse sur mes épaules.




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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Lun 24 Juil 2017 - 16:00

Ce n’était sans doute pas une bonne idée. En fait, maintenant que j'y réfléchissais a deux fois, je ne sais pas pourquoi j'avais essayé de faire quoi que ce soit a son sujet. Je n'y connaissais absolument rien en fait, a comment réconforter quelqu'un, et il semble que la méthode que je vais d'utiliser, et que j'avais sans doute eu en mémoire a cause d'une lecture antérieur a cet instant, n’était pas la bonne. J'avais bien eu la sensation qu'a chaque fois que je parlais il était de moins en moins content d’être la, et cela me réconfortait sur une chose. Le choix que j'avais fais de ne pas trop parler aux gens était le bon, au vu de ce qu'il était en train de se passer alors que j'avais décider de rompre cette habitude.

Je le regarde un moment après sa dernière phrase. Si je n'ai plus rien a lui dire ? Alors que j'ai l'impression de n'avoir rien dit. J'aurais sans doute mieux fait de ne rien dire en réalité. Je lâche un soupir discret en observant le salon de thé du coin de l’œil. Il est évident que le projet de la soirée est compromis. Et je dois avouer que je n'ai plus aucune idée de quoi dire pour arranger la situation. Si je dis a nouveau quelque chose, cela ne va faire qu'empirer les choses, mais a l'inverse, en ne disant rien, il va juste partir, rentrer chez lui, et vu le peu d'échanges que nous avons, il est quasiment sur que ce sera la fin de notre relation déjà fortement précaire.

- En fait, pour le blog, je dois t'avouer que je ne vais pas beaucoup sur internet, je ne sais pas ce qu'est la norme d'article, et donc je n'ai aucune idée de savoir si tu fais beaucoup de choses dessus ou pas. C'est bien pour cela que je m'excuse, parce que je t'ai promis quelque chose, et que je ne l'ai pas fais. Peut etre que cela peu paraître étrange, mais c'est la vérité.

Je n'aurais bien sur pas du commencer par revenir la dessus, mais c'est la seule réponse qui m'est immédiatement venue en tête. J'ai sans doute pensé que vu qu'il m'avait dit que si je n'avais plus rien a dire, il allait partir, je me suis dépêché de reprendre la conversation pour ne pas en arriver la. C’était important d'essayer de ne pas clore la relation sur une idiotie pareille. Au vu de son énervement, il devait sans doute y avoir quelque chose. Peut être qu'il l'avait mal prit de s'entendre dire que je comprenais sans savoir de quoi il était question. Mais c’était aussi que j'avais mal formulé ce que j'avais dis.

- Tu as raison, ce n’était pas vraiment correct de ma part de te parler comme ça. C’était sans doute un peu condescendant. Je ne m'en suis pas rendu compte, je m'excuse.

C’était plutôt pour marqué notre ressemblance que j'avais dis ça. Je le connaissais assez pour savoir qu'en plus de nos centres d’intérêts, nos caractères n’étaient pas différents. Et j'avais une plutôt bonne idée de sa façon de vivre. Si je ne savais pas pourquoi il n'allait pas bien, et que je ne pouvais évidemment pas comprendre ce qu'il se passait, c’était plutôt la sensation que j'avais voulu évoquer. Difficile d'expliquer pour autant sans passer pour quelqu'un qui essaye difficilement d’empêcher le bateau de chavirer. Je fais un pas en avant timidement. Je me retient presque de m'incliner, en sachant que cela ne changerais rien.

- Si j'ai voulu faire quelque chose avec toi, c'est parce que je me suis demandé ce que je voudrais que quelqu'un fasse pour moi si j'étais dans une mauvaise période. J'aurais sans doute refusé, et je pensais que tu allais faire de même. Mais vu que tu m'as suivi, j'ai voulu en faire trop, et je suppose que ce que j'ai dis n’étais pas vraiment la chose a dire. Je n'ai jamais doué pour ce genre de chose....enfin, je suppose maintenant que si une situation comme celle la arrive a nouveau, je saurais qu'il ne vaux pas mieux jouer la carte de la provocation.

J’eus un rire amère, baissant les yeux sans oser le regarder. Il était peut être déjà parti en fait, et je parlais a la neige qui continuait de tomber sur le sol de la ville. Les gens qui s’étaient arrêtes avait finalement reprit leur chemin et j'en fus soulager. Je n'avais jamais compris l’intérêt pour les gens d'observer les querelles des autres. La chose que je faisais dans ces cas la, c’était baisser la tête et accélérer. Ce que je faisais devant Hisaka a présent, en fait. Baisser la tête. Je me souviens d'une fois, a une autre époque, dans une autre vie, ou mon pere etait encore avec nous, ou ma mere souriait souvent, j'ai comme une image en flash d'une petite fille que je fréquentais a l'école primaire, une amie comme je n'en avais plus eu depuis.

- Quand j'étais en primaire, j'avais une amie. C'etait a Tokyo, donc ca fait un bail. Elle s'appelait Naoko. Et elle passait son temps a me poser des questions, qui étaient d'ailleurs idiotes pour la plupart, comme par exemple pourquoi j'étais blond, ou ce genre de chose. Et une fois elle m'a demandé comment je pouvais faire pour réconforter quelqu'un. Et je n'avais pas eu de réponse. Et je me rend compte que je n'en ai toujours pas. Je suppose que les phrases types comme «si je peux faire quelque chose pour toi » ne marchent plus depuis un moment.

Et le pire, c'est que je ne savais même plus si elle m'avait vraiment posé la question, a cette époque la. Il faudrait que je lui demande si c’était le cas. Si elle s'en souvenait. Une époque ou nous étions des enfants de sept ans, ce n’était pas si simple de s'en souvenir. Pourquoi je lui avais dis ça ? Parce que de toute façon, je n'avais plus rien d'autre a dire. Et nous allions donc probablement nous quitter la dessus, sur cette petite histoire stupide qui venait de me traverser l'esprit.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Mer 26 Juil 2017 - 0:02

J’enchaîne les reproches envers le blond, libérant les pensées que j’aurais d’habitude gardées pour moi. Même si ça me soulage en premier lieu, cela me donne également l’impression de me mettre à nu devant lui alors que je n’ai jamais fait ça avec personne. Car derrière toute ma rage, il y a l’expression de mes propres faiblesses. En lui accordant le fait qu’il a mal agi avec moi ce soir, je lui laisse le champ libre pour recommencer, je lui donne l’avantage de savoir où piquer pour me faire mal. Mais est-il comme ça ? Je relève mes iris vers Satoshi qui me regarde avec un air mi-désolé, mi-ennuyé. Nos précédentes entrevues me laissaient penser que nous étions très similaires, mais je crois m’être trompé là-dessus. Sakurato-san n’est en aucun cas plus calculateur que moi. A l’instar des flocons qui s’écrasent sur le sol, la pression chute brutalement. Ce n’est pas le moment de culpabiliser pour ce que je viens à peine de dire. Je resserre le poing autour de mon sac en plastique et fais un pas en arrière, prêt à m’en aller. Lentement, je tourne la tête pour le mettre hors de mon champ de vision, mais sa voix me rattrape. Alors il a encore des choses à dire, étonnant.

A cet instant, je peux sentir la fragilité de notre amitié – même s’il a toujours été le seul à qualifier notre relation comme telle – et si le décor pouvait se métamorphoser, je nous imagine bien sur un fil tendu, immobiles. Nous nous fixerions droit dans les yeux pour ne pas regarder le vide symbolisant la solitude. J’aurais une scie à la main et lui n’aurait que les mots pour me dissuader de rompre le lien qui nous garde dans un équilibre fragile. Les yeux fermés, je pourrais le faire.

Il se met à me parler du blog. Je pousse un soupir, fatigué, je croyais avoir dit que je ne voulais plus en entendre parler, ni du site en lui-même, ni de ses excuses pour n’avoir rien publié. Evidemment, je sais qu’il n’a pas internet. Dans mes souvenirs, il avait même dû emprunter un ordinateur pour regarder Zankyou No Terror. Evidemment que je ne m’attendais à rien de sa part, pas même qu’il surveille mon activité. Je retiens un rire amer au fond de ma gorge. Alors pourquoi est-ce que je l’ai accusé de ne pas l’avoir fait tout à l’heure ? Je déteste l’admettre, mais ça sonne comme une excuse sortie sur le coup de la colère. Quand j’y pense, je suis vraiment le pire être humain. Dégoûtant, pathétique. Bref, à vomir.

Notre collaboration était plutôt…comment dirais-je, une sorte de formalité qui scellerait notre amitié. Je grimace. Je n’aurais jamais eu ces problèmes si j’avais continué à faire ma route seul. Le blog aurait simplement été abandonné, personne ne se serait posé des questions sur les comptes qu’il doit rendre à l’autre. Quelle mauvaise idée ça a été de poser ça comme base de notre relation. Les souvenirs de la salle d’arcade me reviennent, le moment où nous nous sommes excusés tous les deux de profiter de l’autre, la mise au point, la légèreté que j’ai ressenti à cet instant. Tout irait bien entre nous à partir de maintenant, c’est ce que je m’étais dit. Pourtant, il n’a pas retenu la leçon et continue de s’excuser.

« Arrête de-… »

Ai-je commencé avant de me faire couper la parole. Un craquement retentit, je fais volte-face. Il s’est avancé vers moi. Il commence à me sortir un baratin digne d’un manga shônen. J’ai beau n’avoir jamais entendu son discours tel qu’il le prononce, je peux quasiment deviner chaque mot à l’avance. Ces choses qu’il me dit, je ne les aime vraiment pas, parce que je pourrais être celui qui les pense. Un rire amer sort de sa gorge, puis il se tait durant de longues secondes, la tête baissée. Derrière le rideau de neige qui se fait de plus en plus épais, j’observe sa silhouette éclairée par la lumière artificielle des lampadaires. A mon tour, je baisse le regard. Que puis-je bien répondre à ça ? Probablement rien. Alors sûrement que m’éclipser est la meilleure des choses à faire. J’avais dit vouloir lui envoyer un message d’excuse tout à l’heure, mais je pense qu’il vaut mieux que l’on enterre les choses ici, définitivement. Il pourra mettre mon blog sens dessus dessous, cela n’a plus aucune importance.

« Quand j’étais primaire…»

Commence-t-il en élevant la voix. Je ne sais pas si c’est le blizzard qui en déforme le son, mais j’ai l’impression qu’elle est plus grave que d’habitude. Silencieusement, je l’écoute me parler de son amie d’enfance à Tokyo. Mon sang ne fait qu’un tour au moment où il prononce le nom de Naoko. Mon corps entier se raidit à l’entente de ce prénom et je ne l’écoute déjà plus qu’à moitié. Le poignard revient se planter dans mon cœur, mais entraîne également mes poumons cette fois. Si j’étais déjà gelé à cause du froid, je le suis désormais aussi pour d’autres raisons. Peu importe s’il n’a pas de réponse à sa question après des années de recherche, tout ce que je veux savoir, c’est si on parle bien de la même personne. Plein de gens s’interrogent chaque jour et ne trouvent pas de réponse satisfaisante.

« Tu te prends trop la tête. »

Je sors enfin de mon silence même si je reste encore relativement sec. Encore que, je ne suis pas sûr qu’il souhaite encore m’entendre après tout ce que je lui ai dit. De ma main libre, j’essuie la neige qui s’est logée sur ma tête et mes vêtements, avant de faire un pas en sa direction. Je le jauge du regard pendant un instant, même en étant proche de lui, je n’arrive pas à savoir s’il est calme ou juste exaspéré.

« Je ne t’ai jamais demandé de me réconforter. »

Mes pupilles cherchent les siennes. Je n’ai pas l’habitude de regarder les gens droit dans les yeux alors c’est un peu embarrassant, mais cette fois, je ne cherche pas à esquiver et faire semblant. Je ne lui mentirai pas une seconde fois pour lui dire que je vais bien. Je soupire et retire mon écharpe pour la secouer. La colère en moi semble s’être apaisée, un petit peu, pour être progressivement remplacée par un mal d’un autre genre, une sorte de mélancolie mêlée à de la frustration. Quel cocktail émotionnel. Depuis qu’il a prononcé son nom, je ne peux m’empêcher d’y penser. Naoko, Tokyo. Il doit sûrement y avoir des centaines de Naoko dans la capitale, c’est sûrement une coïncidence. Pourtant, je dois en avoir le cœur net.

« C’est quoi son nom de famille, à la fille de ton histoire ? »

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Jeu 27 Juil 2017 - 13:48

Je songe un moment qu'il a sans doute raison. Dans mes souvenirs, j'ai souvent pensé longuement a des choses qui n'en valaient pas la peine. Fait des analyses pointues sur des événements qui étaient pourtant aussi simple et évidente qu’il n'y avait aucun besoin de vraiment s'y attarder. Et je gardais mon esprit complètement dirigé dans cette explication intérieure que je ne parvenais pas a délier moi même. C'est sans doute ça le problème, je me prend trop la tête. Sans jamais, pour la plupart du temps, trouver une réponse qui puisse stopper ces interrogations inutiles. Si j'avais juste laissé tombé, lui avait souhaité bonne soirée au Konbini, nous ne serions pas dans cette situation la. Mais alors, dans quelle situation serions nous ?

Au final, ici nous nous disputons parce que j'ai voulu l'aidé, a ma façon, et pas de la bonne sans aucun doute. Mais cela ne change pas le fait que si notre amitié précaire s’achève sous cet amoncellement de neige qui tombe encore et encore, cela reviendra exactement au même que si je ne l'avais pas suivi en dehors de mon lieu de travail. Quand on sait qu'un ami ne va pas bien, et qu'on le voit en face de nous, le repousser, faire comme si on ne voyait pas cet état de fait, c’était finalement la même chose que de déclarer une amitié caduque. Finalement, je préférais sans doute qu'elle s’achève de cette manière. Il n'y aurait pas d'avantage de faux semblant, et je pourrais revenir sereinement a l'époque ou mon téléphone n'avait pas encore séjourné dans son verre.

- Tu as sans doute raison, j'ai l'habitude de prendre les choses a cœur. Je ne parle pas beaucoup, mais je ne peux m’empêcher de réfléchir a quelque chose qui m'a questionné, jusqu'à avoir une réponse, même si il n'y a pas de réponse convaincante. On peux dire que je me prend la tête, oui, mais dans ce cas précis, je suis heureux de l'avoir fait. Imaginons que tu te sois fais percuter par une voiture en sortant de l'épicerie parce que tu regardais tes pieds au lieu de la route, je m'en serais voulu un peu, tu vois. Ça peux te surprendre, mais vouloir aider un ami, je pense que c'est normal. Enfin, je ne m'y connais pas beaucoup, remarque.

Je lui souris après cette petite tirade. J'ai presque envie de rire quand je constate a quel point je parle pour ne rien dire. A chaque fois que j'ouvre la bouche, la situation n'avance pas, pire, elle régresse. Au moins, si je n'arrive pas a régler la situation, j'aurais au moins la conviction que rester silencieux est la meilleure décision possible. Au moins, dans ma salle d’entraînement, accordé par Valentine-sensei, il n'y a personne pour venir me faire parler, il n'y a que moi, et il faut croire que c'est la meilleure chose possible, aussi bien pour ma propre personne que pour le monde entier, vu la réaction de la seule personne a qui j'ai essayé de parler un peu durant ces derniers mois.

Et sa phrase suivante me surprend un peu finalement. Je ne suis pas idiot, je sais bien qu'il n'a jamais rien demandé. Sinon il l'aurait dit. Moi non plus je n'ai jamais rien demandé, et cela me convenait bien comme ça. Sans parler du fait que je ne sais même pas ce qu'il en est pour qu'il soit aussi sombre. J’espère juste qu'il ne va pas faire une tentative de suicide d'ailleurs. Je suis trop extrême ? Sans doute, mais on ne sait jamais, ne dit on pas que le Japon a le taux de suicide chez les enfants le plus élevé de la planète ? Et Hisaka, tout comme moi, n'est pas encore complètement un adulte. Je préfère m'en préoccuper avant, qu’après. J'essaye d'aborder un visage neutre, un peu souriant, pour lui montrer que je ne suis pas énervé le moins du monde. Il n'a dit que ce qu'il avait sur le cœur, je n'ai aucune raison de lui en vouloir. De toute façon, même si il m'avait dit des choses plus méchantes, je ne lui en aurait pas voulu, des paroles sous le coup de la colère ne sont jamais véridique.

- Je sais bien que tu ne m'a rien demandé. Je l'ai fais parce que j'en avais envie, c'est tout. Et même si tu n'es pas d'accord, cela ne changera en rien la décision que j'ai prise la dessus, tu peux me croire.

Je soupir, j'ai encore l'air agressif, je suppose. Impossible de le savoir, je n'ai pas d'autre conversation de référence pour permettre de jauger a quel point la situation va mal. Je ne me suis jamais disputé avec un ami, en même temps. Avec personne depuis longtemps, d'ailleurs. Pas depuis son départ, a cette figure paternelle dont je n'ai même plus le souvenir du visage en tête, juste une ombre qui abat son poing. Bref, ce n'est pas le sujet, et j'essaye de faire sortir cette image de ma tête. Pas besoin d'en rajouter, c'est déjà assez désagréable comme ça. Cependant cela me ramène a cette époque ou j'avais une vraie amie. Et je suis surprit, presque désarçonné pour la première fois de la discussion avec Hisaka. Les roles sont inversés, c'est lui qui s'approche de moi a nouveau. Comme si ce que je venais de dire venait d'altérer absolument l’entièreté de la discussion, sans que je sache pourquoi.

- Euh, le nom de famille de Nao-chan ? Je crois qu'il est célébre en plus, enfin que ses parents ont une genre de grosse entreprise....ca fait longtemps, faudrait que je lui redemande pour etre sur.....

C’était pourtant une figure majeure de entrepreneuriat Japonais. L'entreprise....euh.....une grosse entreprise spécialisé dans le secteur pharmaceutique. Je me souviens du pere, j’étais allé quelque fois chez eux, quand j'avais sept ou huit ans. Mon père le connaissait de vu, mais c’était surtout ma mère qui avait connue la mère....euh.....la mère de Naoko, quand elles étaient encore au lycée, puis dans une université qu'elle n'avait pas achevé, la ou cette amie avait rencontré le père....euh.....avec un T, c'est pourtant évident comme nom. Je devrais avoir honte de ne pas m'en souvenir.

- Elle est a l'université en plus, je l'ai encore vue hier.....

C'est pas possible, en plus j'aimais beaucoup sa mère. En dehors de la mienne, bien entendue, bien que je ne m'en rendais pas compte a cet age, c’était sans doute la figure maternelle que j'aimais le plus. C’était une famille comme j'aurais voulu avoir. Enfin, difficile de faire pire qu'un père qui bat sa famille sous la colère d'un échec professionnel. Il me semble même l'avoir entendu dire que je ne devais pas trop me rapprocher de la petite Tanaka, parce qu'elle n’était pas une relation sati....

- Oui, Tanaka, ça y est je viens de m'en souvenir. Naoko Tanaka. Mais je ne comprend pas le rapport ? Enfin c'est moi qui en ai parlé, je sais bien, mais c’était juste comme ça, je ne pensais pas que tu en aurais un quelconque intérêt.....

Quel interet pour l'un de mes seuls amis, de s’intéresser a ma meilleure amie ? Ou du moins, celle que moi je considérais comme telle....

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Sam 29 Juil 2017 - 2:51

Je rêve ou il est en train de se prendre encore plus la tête maintenant que je lui ai fait la remarque ? Et même pire encore, il commence à parler pour ne rien dire. Pourquoi est-ce qu’il devient aussi sentimental d’un coup ? C’est gênant. Toutefois, je note le fait qu’il se tourne facilement des films. Moi, percuté par une voiture ? Aucune chance. La circulation semble bloquée à cause de la neige. Bien sûr, on peut se dire que des gens n’auront pas respecté les conseils des autorités, mais franchement, une voiture, ça manque cruellement d’ambition, j’aurais plutôt dit un camion. Oui, un joli six tonnes qui dérape en me voyant au dernier moment comme dans les mangas…Bref, trêve de nihilisme : je n’ai toujours pas évacué tout ce que j’avais à lui dire. Sa dernière réplique confirme d’ailleurs ce à quoi je pensais tout à l’heure. Il ne souhaitait que m’aider en me proposant de faire un tour avec lui, mais son manque d’expérience en relation sociale l’a conduit à me mettre plus en rogne qu’autre chose. Moi, je ne voulais pas qu’on me tende la main de la charité. Après tout, j’ai survécu à Zakuro et au pyromane du parking alors je suppose que je peux passer au-delà d’un rejet ?

Il me semble donc nécessaire de lui signifier que je ne lui ai jamais rien demandé dans l’histoire, chose qu’il semble avoir assimilé selon ses dires. Bien, mais alors pourquoi a-t-il été aussi entêté à l’idée de me garder avec lui, au point de quitter son poste à la va-vite ? Je soupire. Ce n’est pas comme si c’était ce qui me préoccupait le plus maintenant. Si je veux avoir l’information que je désire, il faut que je mette un terme à ce débat stérile.

« Je ne sais pas ce qui te pousse à agir comme ça, mais très bien, fais ce que tu veux. »

Souviens-toi juste à l’avenir qu’on n’est pas dans un shônen et que les gens ne répondront pas toujours avec joie à tes mains tendues. Ma colère étant redescendue d’un cran, je suis en mesure de me contrôler et de ne pas lui rétorquer ce que je pense réellement. Ca y est, la lâcheté et l’empressement font de nouveau leur travail. Maintenant que tout est réglé, en apparence, je peux enfin lui demander comment s’appelle exactement la fille qu’il a évoqué tout à l’heure dans son discours exubérant sur l’amitié. On pourrait qualifier ça d’obsessionnel, d’auto-affliction, mais je dois savoir s’il parle bien de la personne à laquelle je pense. Il ne s’en souvient plus très bien, me dit-il. Ce n’est apparemment pas gagné même si « Nao-chan » me rappelle assez curieusement le surnom affectueux que je lui donn-…ais jusqu’au mois de décembre.

Les dents serrées à cause du vent froid qui souffle désormais sur la rue, je le laisse réfléchir en espérant ne pas m’être transformé en glaçon au moment où il trouvera la réponse. Pour ma part, je reste silencieux pour ne pas l’influencer. Un nom célèbre dit-il, ses parents sont à la tête d’une grosse entreprise. Mon cœur s’emballe, mais je reste stoïque. Il y a sûrement d’autres PDG à Tokyo qui ont appelé leur enfant Naoko, n’est-ce pas ? Ce n’est pas obligatoirement elle, me dis-je en fixant le blond en pleine réflexion. Mais tous mes doutes se confirment au moment où il me dit qu’elle est à l’université et qu’il l’a vu hier. Il ne peut pas y avoir autant de coïncidences, ça ne me semble statistiquement pas possible. C’est bon, je n’ai plus besoin de le laisser parler seul.

« Son nom ça ne serait pas Tana-… »

Il me coupe pour la deuxième fois de la soirée, décidément. Et effectivement, nous parlons bien de la même Naoko. Je prends une grande inspiration, je n’aurais pas pensé qu’elle puisse être l’amie d’enfance de Satoshi, ils viennent de milieux sociaux si différents alors les imaginer fréquenter la même école ou le même quartier me semble assez irréaliste. D’un côté nous avons la famille très aisée et de l’autre le garçon qui vit sans télé et sans internet. Mon regard se pose sur ce dernier. Il ne m’a jamais vraiment parlé de son enfance ou de sa famille avant aujourd’hui, ou alors je ne m’en souviens plus. Et puis il n’a aucun intérêt à mentir – sauf s’il essaie de me remettre en colère contre lui – donc j’ai toutes les raisons de croire qu’il dit la vérité.

La discussion aurait pu se terminer là, mais il a fallu qu’il s’interroge sur les raisons qui m’ont poussé à poser cette question. Je sens mes joues picoter légèrement, apportant une chaleur presque agréable à mon visage.

« Je…Il n’y a pas de rapport. »

C’est vrai que j’ai sorti cette question de nulle part et qu’il a parfaitement le droit d’en être surpris, mais j’aurais préféré qu’il ne le fasse pas. Enfin, j’imagine que vu la situation dans laquelle nous sommes, je peux au moins lui dire une partie de la vérité ? Le connaissant, il lâchera le morceau si je ressors ma carapace, mais je ne suis pas sûr que ce soit le comportement adapté maintenant que les tensions se sont apaisées. Je fais quoi du coup ? Je pars ? Non, je ne suis pas un tsundere. Mais je ne peux pas lui balancer ça, comme ça, au milieu de la rue. Les riverains vont en avoir marre de nous entendre au bout d’un moment. Il faut que je trouve quelque chose qui ne fasse pas trop bizarre. Je cherche du regard durant des millisecondes qui me paraissent durer des heures, et je finis par trouver.

« Tes mains. »

Bon, il fallait se douter que notre corps réagisse mal après s’être donné en spectacle pendant un long moment sous la neige. D’ailleurs si je critique délibérément l’état de ses mains, la mienne – celle qui tient le sachet de courses – n’est pas beaucoup plus belle à voir. D’ailleurs j’espère que les légumes n’ont pas pris un coup de froid non plus.

« Tes mains sont bleues. »

Je répète puisqu’il n’a apparemment pas saisi le message. A moins que ce soit le mauvais éclairage qui me joue des tours ? Dans ce cas, je pense qu’il sera plus simple de m’ensevelir sous la neige plutôt que rentrer chez moi. Pour la première fois de la soirée, je prends les devants et le dépasse, passant dans son dos, pour ouvrir naturellement la porte du café dans lequel il voulait m’emmener tout à l’heure. Une brutale vague de chaleur envahit mon corps. Je finis par me retourner vers lui en tenant la porte.

« Je ne vais pas nous laisser mourir dehors alors on peut rester là le temps qu’on se réchauffe. C’est bien ça que tu voulais ? »

Une manière comme une autre pour dire que je capitule devant ma mauvaise foi ce soir. Sous le regard attentif du personnel et des autres clients, je le laisse choisir une table alors que j’enlève mon manteau. Je ne me rappelle pas d’avoir déjà entendu que l’amitié était quelque chose d’aussi compliqué.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Sam 12 Aoû 2017 - 18:47

Puisqu'il disait qu'il n'y avait pas de rapport, je ne vois pas pourquoi je l'aurais embêté d'avantage. Cependant, j'avais bien entendu qu'il avait prononcé le nom de mon amie avant que je ne le retrouve moi même. Donc il l'a connaissait bel et bien. Il avait étrangement pâlit, si cela était possible qu'il le soit d'avantage. C'est vrai cependant qu'il n’était pas si pale, plutôt bleu. Avec le froid mordant qui ne perdais pas une seule seconde a nous attaquer, je pouvais aisément comprendre ça. Je penchais un peu la tete sur le coté, comme pour le regarder d'un autre angle. Finalement, c’était le nom de Naoko qui avait légèrement réchauffé la conversation. Entre nous tout du moins, car il ne semblait pas de meilleure humeur, c’était plutôt pire.

Il s'approchait de moi, ce qui me surprit légèrement. Il allait me frapper ? Probablement pas, après tout il n’était vraiment pas le genre de personne que je voyais utiliser la violence sous l'énervement. Plutôt du genre a passer son chemin. Il est bien plus proche, et il parle moins fort a présent, comme si il ne voulait pas d'avantage importuner les rares passant aux alentours. Ce n'est pas comme si il y avait du monde. Je n'avais même pas remarqué avant de me poser cette question que nous n'étions pas totalement seul dans cette rue enneigé. Il me parle de mes mains. Je n'ai pas froid du tout. Je déteste la chaleur, mais je m’accommode largement du froid. La situation était telle que j'avais mes pensées totalement braqué sur autre chose que la neige qui rendait mes mains de plus en plus glacées.

- Oh, tu as raison, je n'avais pas fais attention.

Et c'est bien vrai. Il me dit qu'il ne veux pas que nous mourrions de froid, et me propose de rentrer a l’intérieur. Finalement on dirait que j'ai atteint mon but sans trop savoir comment. Je ne comprend pas comment nous sommes arrivés dans cette situation. J'avais pensé qu'un moment avec un ami serait plutôt simple, et au lieu de cela, je commençais a avoir mal a la tête a trop réfléchir a un moyen de sortir de cette situation. Mais je m'en suis sortis, ou tout du moins, j'ai obtenu ce que je voulais, comme il dit. Je n'ai pas l'impression que c'est ce que je désirais a la base, mais je ne vois pas comment le contredire. Aussi, je secoue les épaules :

- Tu as sans doute raison....

Une fois a l’intérieur, je me frotte les mains, la chaleur rendant bien plus vivace le fait que j'étais en pleine tempête une seconde auparavant. Je soupir en n'osant pas regarder mon camarade, songeant qu'il doit vraiment me haïr pour l'avoir forcé a être ici. Je lui désigne une table largement en retrait de la salle, proche de la fenêtre, en espérant être assez loin de la plupart des clients. Pas besoin de laisser ressentir le malaise ambiant a toute la boutique. Une serveuse s'approcha avant même que j'ai fini de m'asseoir. A sa façon de nous regarder, il etait clair que les murs n’étaient pas épais, et que les clients avaient pu entendre des bribes de notre conversation. Tirant un peu sur mon col, j'inclinais la tête :

- Excusez moi pour le dérangement....je vais prendre de l'eau aromatisé a la pomme s'il vous plait.

Je n'en mene pas large, n'ayant pas l'habitude de m'afficher comme ça, et n'ajoute rien, laissant mon camarade commander ce qu'il veux, une fois qu'elle s'éloigne, je laisse mon regard vagabonder sur les clients, dont certains nous jettes des regards en coin, s'attendant sans doute a un deuxième round. Pour quoi ? Je ne savais même pas pourquoi le ton était monté. Je ne comprenais rien a la dernière heure qui venait de s'écouler, mis a part que je savais que mon ami n’était pas bien. Je jette un regard dans sa direction, ce n’était pas si dur, finalement, mais j’attends quand même avant de prendre la parole que la serveuse revienne dans notre direction. Elle revient plutot vite, nous observant toujours de cette façon intrigué, mais n'ajoute rien mis a part un sourire. Je bois une gorgée d'un air distrait, avant de finalement reprendre la parole.

- Je suis vraiment désolé, j'aurais du savoir que tu n'avais pas envie de ce genre de chose, que tu voulais juste être tranquille. Je n'aurais pas du te forcer de la sorte.

Je me massa les tempes en soupirant. Je me suis excusé a nouveau, alors qu'il m'avait dit de ne plus le faire, je l'énerve a chaque fois que je prend la parole dis donc. A croire que je le fais exprès. C'est peut etre ce qu'il pense ? Que je fais tout pour l’embêter. Je n’espère pas, vu que mon intention est totalement a l'opposé de cela. Je devrais lui dire quelque chose d'autre encore.....mais quoi ? Je reste silencieux un moment, dans l'espoir qu'il en vienne lui meme a parler, mais finalement je décide de rajouter une phrase, qui va sans doute l'énerver d'avantage, comme tout ce que j'ai fais depuis une heure.

- Tu sais, je ne t'oblige pas a le faire.....mais si tu veux parler de quelque chose.....ca me ferait plaisir.....enfin, ca me fait plaisir de parler avec toi, de n'importe quoi, on est amis après tout non ? Enfin, c'est ce que je croyais avant ce soir....

Très rassurant, je jette de l'huile sur le feu. Mais bon, au moins comme ça, ce que je pense, et qu'il doit penser aussi, est posé sur la table. Pouvons nous vraiment dire que nous sommes amis ? Alors que nous ne nous voyons jamais, et que la fois ou finalement je tombe sur lui, les choses finissent ainsi ? Aucune idée, je ne suis sans doute pas assez au courant de ce genre de chose pour le savoir. Aussi, je préfère prendre une énième gorgée, au moins, c'est plus simple de faire ça que de parler, c'est déjà rassurant.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Dim 13 Aoû 2017 - 21:33

Je lève les yeux au ciel chargé de nuages. Il n’avait même pas remarqué que son corps lui envoyait des signaux d’alerte sur son état. Et même si je l’ai trouvé bien gonflé de prétendre pouvoir me réconforter, je suppose que je ne peux pas le laisser s’engourdir plus qu’il ne l’est déjà. Je me connais bien : une fois que ma colère sera retombée, je me mettrai à culpabiliser. Les souvenirs de ma dispute avec Haruhiko me laissent déjà un goût amer dans la bouche, et bien que je sois décidé à ne pas aller m’excuser pour mon comportement de ce jour, je reconnais avoir une grande part de responsabilité dans la dégradation de notre relation. La situation est presque la même pour Satoshi, mon attitude avec les deux garçons est inexcusable. Je le sais déjà trop bien. Alors pourquoi est-ce que je ne suis pas capable d’avancer ?

Pour rompre avec le destin, j’ai choisi d’aller à l’encontre de la volonté de mon cœur. Si c’est trop tard pour régler mes comptes avec Nakamura, je peux encore sauver mon amitié avec Satoshi. Pour ne pas briser une relation de plus en fuyant comme j’ai toujours si bien su le faire, j’avais fait le premier pas vers le blond et avais mis de côté la frustration en moi en acceptant implicitement son invitation dans le café où il m’a précédemment invité. Je ne peux pas m’en tirer éternellement en regardant vers le passé. A un moment donné, il faut que j’aille de l’avant moi aussi.

A l’intérieur de l’établissement, l’étudiant en droit se dirige vers une table proche de la fenêtre, loin de la clientèle déjà installée. C’est en croisant le regard de quelques-uns d’entre eux que je réalise qu’ils nous ont sûrement entendus quand nous nous disputions dehors. Bah. Etrangement, ça ne m’embarrasse même pas, sans doute encore trop sous les effets de l’adrénaline pour être touché par ce genre de choses. Le dos légèrement courbé, les mains dans les poches, je suis silencieusement l’autre garçon. Nous n’avons même pas le temps de nous asseoir qu’une serveuse nous aborde déjà. Eh bah ? C’est si rare les clients dans cet endroit ? Ne voulant pas raviver mon courroux, je choisis de ne rien dire et écouter le jeune homme passer commande. Au moment où elle se tourne vers moi, je me sens pris de court : je n’ai même pas eu le temps de consulter la carte. Bon, optons pour quelqu’un chose de simple.

« Un chocolat chaud s’il-vous-plaît. »

Une fois la commande prise, elle nous sourit et finit par nous tourner le dos pour retourner vers le comptoir où elle transmet le ticket au barman. Face à ce dernier, deux autres personnes semblent sur le point de consommer également. Je tourne alors la tête vers le blond qui ne semble pas savoir comment réengager la conversation. Pour atténuer la tension palpable qui plane au dessus de nos têtes, je brise le silence.

« Toujours la même boisson hein. »

Et en parlant de boisson, voilà la serveuse qui revient vers nous. Rapide, me dis-je en jetant un œil au comptoir où le barman s’active. Ce n’est pas un défaut, mais certains clients pourraient se sentir un peu dépassé par cette vitesse dans le service. Moi, par exemple. Alors qu’elle pose notre commande sur la table, je la remercie dans un grognement et m’empresse de poser mes doigts sur ma tasse afin de réchauffer mes mains. Je lâche un soupir de soulagement. C’est toujours mieux que d’être seul dehors en train de braver la neige pour rentrer à la maison, finalement. De l’autre côté de la table, Satoshi entame une première gorgée de son eau aromatisée alors que je joue avec la cuillère dans le petit récipient devant moi. Un ange passe avant qu’il réitère ses excuses.

Je pose ma tête dans le creux de ma paume et prends une grande inspiration. Pourquoi est-ce qu’il remue le couteau dans la plaie ? Est-ce que je n’ai pas été assez explicite en venant ici de mon presque plein gré ? Je veux dire, j’étais prêt à accepter de faire comme s’il ne s’était jamais rien passé, comme si cette dispute n’avait jamais eu lieu. Et le voilà qu’il remet de l’huile sur le feu. J’attrape impulsivement l’anse de ma tasse et dirige le récipient jusqu’à mes lèves. A ce moment, je prends une longue gorgée de chocolat chaud, quitte à me brûler l’œsophage. Une fois que la douleur m’a suffisamment calmé, je réponds à mon interlocuteur.

« Oublie ça. »

C’est un peu culotté de ma part de lui faire cette requête après l’esclandre que j’ai fait quelques minutes plus tôt, mais je dirais que c’est presque équivalent à son insistance. Malgré mon avertissement, il continue de toucher là où ça fait mal. Ca lui ferait plaisir de parler de ce qui ne va pas avec moi. Ah tiens, c’est un sadique maintenant ? Tout ça sous prétexte que nous sommes amis. Je suis un peu confus. Est-ce que c’est vraiment le genre de choses qu’on fait avec ses amis ? Dans la vision très romancée que j’en ai, je pensais plutôt que les amis servaient à passer des bons moments ensemble. Quand on a une baisse de morale, on n’est pas obligé de la partager avec les autres après tout. Et pourtant, l’étudiant en droit a l’air de vraiment tenir à ce principe. Soit.

Satoshi et moi avons déjà évoqué plusieurs le sujet de l’amitié quand nous parlions ensemble, et jamais je n’aurais cru que nos valeurs soient si différente après tout ce que nous avions dit. J’avais cru comprendre que le blond était aussi très maladroit dans ses relations, ce qui fait de lui une sorte de solitaire par contrainte. Alors, est-ce qu’il pourrait vraiment comprendre ce que je ressens ? Dans un élan de confiance, je me finis par me lancer.

« Dis-moi, Satoshi… »

Mes joues virent sans doute au rouge, les battements de mon cœur s’accélèrent. Bon sang, j’ai l’impression d’être sur le point de lui faire une déclaration. Enfin, dans un sens, si on va jusqu’au bout des choses, c’est presque le cas.

« Est-ce que tu aimes quelqu’un ? »

Ai-je dit à toute vitesse sans être sûr d’avoir été compréhensible. Pour ne pas affronter son regard, je me cache naturellement derrière ma tasse en prenant une autre gorgée de ma boisson. C’est pas vrai, pourquoi est-ce que je lui ai dit ça comme ça ? Ca prête franchement beaucoup trop confusion. Il faut que je me rattrape ! Les doigts crispés sur ma tasse désormais tiède, je tourne la tête pour ne pas voir son visage.

« Je veux dire…aimer, vraiment. »

Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que c’est encore pire ?



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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Ven 18 Aoû 2017 - 19:19

La situation semble s’être stabiliser, et enfin je me sens un petit peu plus a l'aise dans cette endroit, avec ce garçon que je considère comme mon ami. J’espère avoir un jour la confirmation orale que c'est réciproque, mais si il me détestait, il serait déjà parti depuis un moment non ? Hors il est la, a boire son chocolat chaud d'un air déprimé comme pas possible. Mais c'est pour cette raison que je l'ai invité, pour décharger ses épaules de cette lourdeur qui semble l'infliger, meme un tout petit peu. Il faudrait seulement qu'il accepte de me parler. Mais je sais aussi que j'en ai fais trop, et que c'est en parti ma faute si il semble si distant.

- Tu sais, on ne change pas une équipe qui gagne, fis je en plaisantant.

En effet, comme il l'a bien fait remarqué, je prend toujours la même boisson, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, mais ici c'est surtout a cause du fait que j'étais trop préoccuper pour réfléchir a une autre boisson que celle ci. Aussi, j'avais parlé par réflexe, et cela me convenait de toute façon parfaitement. Après ma phrase, je lui fais un sourire gène tout en prenant une nouvelle gorgée. J'ai l'impression que nous avançons a l'aveugle, mais que nous approchons du moment de vérité. J'ai confiance dans le fait qu'il allait peut être désamorcer totalement le conflit. Et en effet, il me dit de laisser tomber toute l'histoire qui nous a maintenu sous la neige pendant prêt de dix minutes.

Je n'ajoute rien, préférant suivre son conseil, tout en concentrant mon regard sur la table, dans un espoir qu'une phrase pour réchauffer l’atmosphère y apparaisse, mais cela ne semblait pas si simple, et il allait falloir que je me creuse les méninges. Quand nous avions travaillés ensemble sur la plage, tout semblait si simple. Nous parlions de tout et de rien, les journées avaient passés plutôt rapidement. Finalement c’était peut être parce que nous n'avions jamais parlés sérieusement que tout allait bien entre nous.

Je sursaute alors, quand il reprend de lui même la parole. Et je reste circonspect devant sa question. Je ne comprend pas de prime abord en quoi cette question a un quelconque rapport avec ce pourquoi nous sommes ici. Bien que j'ai l'impression qu'il vient d'aborder un sujet totalement différent de ce sur quoi nous avions parlés depuis le début, j'essaye tout de même de comprendre. Il n'a probablement pas dit ça au hasard. Je ne préfère pas trop lui en demander plus directement, me doutant que l'explication viendra rapidement. Cependant, je ne peux empêcher mes lèvres de bouger rapidement.

- Je ne suis pas sur de....

Je sens la chaleur envahir mon visage, et sans doute que je suis aussi rouge que lui, car oui, j'ai remarqué ce changement d’état de sa peau, passant du bleu au rouge. Un progrès sans doute, le rouge n’était pas une alerte de mort imminente, ou tout du moins, pas que je sache. Je me tourne les méninges, en cherchant a répondre a la question qu'il a accentuer. Vraiment aimer quelqu'un ? Au vu de sa tête, il parle sans aucun doute d'amour, dans le sens amoureux. Parce que si j'avais pensé a ma mère, je suppose que répondre ça n'aurait qu'accentuer le quiproquo qu'avait l'air d'avoir les gens aux alentours. J'avais aussi l'amour qu'éprouve un élève pour son maître, composé de respect, et d'une totale dévotion. Mais encore une fois, au vu de la vie d'Hisaka, ou tout du moins, de ce que j'en savais, ce n’était sans doute pas de cela qu'il était question.

- Ca dépend de ce que tu entends par « vraiment aimer », je suis un humain aprés tout, j'ai parfois des émotions que je ne contrôle pas vraiment.

J'avais pensé a l'histoire avec Aslinn, me disant que jamais je n'aurais pu en tomber amoureux, malgré la proximité que nous avions eu pendant un temps. Tout simplement car mes émotions ne me l'avaient jamais décrite de la sorte. Je pensais a Naoko que nous avions évoqués plus tot. C'etait la même chose. C’était ma meilleure amie, mais il n'y avait pas d'embiguité. En plus, elle sortait avec Nakamura-senpai a présent, et comme j'appréciais beaucoup les deux, j'étais très content quand je l'avais appris. Quand j'y pensais, je trouvais qu'ils allaient plutôt bien ensemble. Le visage de Shiozaki-san apparut alors, et je finis par comprendre que c’était sans doute la personne la plus proche pour moi de ce qu'il disait. Mais proche était un large mot, et j'avais juste le sentiment de beaucoup l’apprécier. Il n'y avait rien de plus.

- Je ne pense pas pouvoir dire que j'ai déjà aimé vraiment quelqu'un.....mais en même temps, j'ai passé la plupart du temps de cette dernière dizaine d'années a m’entraîner, seul, ou avec mon maître au début.....on ne peux pas dire que j'ai beaucoup chercher a trouver quelqu'un que je puisse aimer de la sorte.

L'engrenage se mit alors en place. C’était pour ça qu'il n'allait pas bien, probablement. Donc il venait de me le dire. J'éprouvais une vague de satisfaction, mêlé a de l'affection pour mon ami. C’était peut être sa, la preuve de notre amitié que j'avais attendu pendant longtemps. Je ne savais pas trop quoi dire, aussi, je preferais continuer, histoire d'éclaircir la situation vis a vis de cette question.

Je reprenais une gorgée.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Ven 18 Aoû 2017 - 23:51


Satoshi avait capitulé sans conditions, laissant cet écart dans notre histoire derrière nous. Quelque part, malgré tout ce que j’ai pu dire et penser sous la colère, je me sens soulagé. Je n’avais pas été correct lui, je le sais, et pourtant c’est moi qui demande des excuses. Partagé entre un sentiment de honte d’avoir réagi ainsi, et d’une sorte de joie de me sentir accepté par quelqu’un, je commence à me confier. La première approche est un peu maladroite, je ne fais que l’interpeller pour attirer son attention. Une fois son regard posé sur moi, je sais que je ne peux plus vraiment reculer. Bien sûr, je pourrais changer de sujet ou terminer par un « Rien. » comme beaucoup le font, mais au final, je me dis que s’il m’a supporté jusque là, alors je peux bien essayer de lui faire confiance. Plus facile à dire qu’à faire, mes actes ont du mal à suivre ma volonté, mes mots peinent à exprimer la véritable question que je veux lui poser.

A-t-il déjà aimé quelqu’un ? Je finis par lui demander de but en blanc. Mon teint vire au rouge, et le sien aussi. Vu par les autres personnes présentes autour de nous, je me demande à quoi est-ce que nous ressemblons. J’espère qu’ils ne se méprennent pas sur la nature de notre relation. Il n’est pas sûr de comprendre. Il a commencé par dire ça avant de s’auto-censurer. Aussi vite que je peux, je me réfugie dans ma tasse de chocolat chaud. Si je le pouvais, je plongerais probablement dedans. Je ne la repose que lorsqu’il reprend la parole. Apparemment, je n’ai pas été assez clair dans ma question. Je me sens assez découragé pour le coup, et préfère rester silencieux. La réponse qu’il m’apporte en premier lieu n’est pas suffisante pour que je lui en dise plus. Evidemment qu’il a des émotions, sûrement qu’elles sont difficiles à contrôler parfois, mais ce n’est pas à ça que je m’attendais.

Cela a au moins le mérite de faire diminuer les battements de mon cœur. L’embarras disparaît. Avec lui, il n’est pas question d’amour au sens romantique, mais d’affection. Il continue, me confiant son inexpérience en la matière. C’est vrai, j’avais oublié cette histoire de dojo où il passe ses journées en dehors des cours. Avant, c’était encore pire, m’avait-il déclaré un jour en me parlant de son maître. Il n’a donc jamais cherché à aimer quelqu’un. J’acquisce d’un hochement de tête. Bien sûr, j’aurais dû me douter que je ne pourrai pas lui parler de ça. Il vaut mieux que l’on s’en tienne à nos discussions habituelles : les mangas, les animes, les cours et la nourriture. Ca peut paraître assez superficiel, mais c’est si le seul moyen pour présenter notre relation.

Maintenant qu’il a fini de parler, j’ai l’impression qu’il attend quelque chose de moi, que j’aille plus loin dans mes idées sûrement. Je ne lui accorde qu’un soupir, encore fatigué de l’altercation sous la neige.

« Je vois. »

Dis-je sur un ton calme avant de faire tourner la tasse vide entre mes mains. La chaleur a désormais complètement disparu, autant sur mes joues qu’à la surface de ce récipient. Un ange passe. Je laisse ma tête reposer sur mon poing et ferme les paupières quelques secondes, cherchant un sujet pour faire diversion maintenant que j’ai eu les informations que je voulais.

« Bon sinon, tu voulais me parler du blog tout à l’heure… »

Oui, oui. Je suis en train de le relancer sur le blog alors que ce sujet m’a servi de prétexte pour envenimer la discussion et me donner une chance de fuir tout à l’heure. Je suis vraiment le pire être humain, me dis-je en jetant un œil par la fenêtre. Dehors, la neige ne cesse de tomber. Le faible éclairage prodigué par les lampadaires me fait constater que nos traces de pas ont déjà presque disparues. Je ne devrais donc pas trop m’attarder ici. En plus, j’ai déjà fini ma consommation contrairement à l’étudiant en droit qui a à peine touché à son eau arômatisée.

« Donc voilà. Tu voulais me dire quoi. T’as regardé de nouveaux animes ? »

Depuis notre discussion autour de Zankyou no Terror sur le trajet vers la salle d’arcade, je le sais intarrissable une fois que je le lance sur un anime. Même par SMS, il ne peut s’empêcher d’envoyer des romans que j’évoque le nom d’une œuvre qu’il a regardé récemment. Et malgré toute cette inspiration, il n’a pas trouvé le temps d’écrire un article. Les cours ont été très prenants, et ses entraînements également, j’imagine. Enfin, je ne peux pas vraiment le blâmer pour des choses que je ne fais pas moi-même, comme je l’ai évoqué durant notre brève dispute.

Autour de nous, les regards se font moins insistants. Il semblerait que les clients aient passés l’éponge sur nos cris. Désormais, l’ambiance de ce café me paraît presque chaleureuse, et l’établissement est loin du conflit qu’il a généré à l’origine. Et dire que je vais devoir retourner dans le froid quand on aura fini de parler.

« Moi je t’avoue que j’ai rien regardé. A part une sorte de comédie romantique.»



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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Mar 29 Aoû 2017 - 20:09

A mesure que la soirée avance, j'ai l'impression qu'elle devient de moins en moins respirable. Pas a cause d'une tension, mais plutôt de mon analyse trop prononcé pour tout ce qui sort de la bouche de mon interlocuteur. Je me prend beaucoup trop la tète, mais cette question était loin d’être anodine. Et alors que le silence est revenu, elle tourne en boucle dans ma tête, aussi bien la façon dont il l'a posé que celle qu'il a utilisé pour changer de sujet. Pour clore ce qu'il venait lui même d'ouvrir. Aucun sens, en réalité.

J'ai du mal a vraiment réfléchir ce qu'il a voulu faire avec cette question, mais elle ne me semble pas si idiote que ça. A vingt ans, il est commun d'avoir déjà eu un amour, aussi bien futile qu'importante. Mais moi, je n'avais jamais vraiment eu cette sensation. Rien qui n'ai jamais attiré mon attention. C'est pourtant une émotion parfaitement humaine, mais qui ne semble pas m'atteindre. Je me demande si finalement, je ne me met pas une barrière a cause de.....probablement. C'est la première fois que j'y réfléchis sérieusement, et on peux dire que c'est grâce a Hisaka.

C'est finalement lui qui relance la discussion. Je ne l'écoute pas vraiment dans un premier temps, si bien que je manque sa première phrase. Si il m'a demandé ça précédemment, c'est probablement parce que c'est le centre de son problème, et j'avais supposé qu'il allait m'en parler. Mais a quoi bon en parler a quelqu'un qui ne peux pas du tout comprendre. Et c'est ce qu'il pense a présent que j'ai fais ce genre de réponse, c'est pour cela qu'il change totalement de conversation. Il avait l'air si mal, ou tout du moins, c'est ce dont son visage m'avait fait écho intérieurement. Penser que c’était a propos d'une fille.....je ne comprenais pas exactement.

- Hum.

Je répond distraitement, histoire de faire comme si j'écoutais vraiment. Il me parle du blog. Il se moque de moi ? C'est lui plus tôt qui m'a envoyé baladé quand j'ai évoqué le sujet. Mais dans un sens, j'avais utilisé ce sujet plus tôt, et il le fait a son tour. Quand j'y pensais, c’était amusant, qu'on utilise le même procédé, l'un après l'autre, comme une façon de fuir a travers la chose que l'on sait le mieux l'un de l'autre. Mais finalement, je n'ai pas beaucoup de réponse a lui donner, c'est autre chose qui me tourne dans la tete.

Le café s'est un peu vidé, et les quelques rares consommateurs sont plus éloignés de nous qu'au début. Je jette un coup d’œil vers la porte, vers l’extérieur. La neige semble avoir redoublé d'intensité. Un drama aurait sans doute moins poussé sur le décors mélancolique. Bien trop coûteux au niveau du budget. Et pourquoi il me réduit a cette histoire de manga, alors qu'il semblait enfin accepter d'avoir une conversation. Je m'en fiche un peu, pour une fois, de cette histoire de comédie romantique. Vraiment. Et pourtant, je suis parfaitement conscient que je suis un gros mangeur d'anime en tout genre depuis que j'ai enfin mis la fin sur un ordinateur portable.

- Mon pere....

Je le coupe dans sa phrase, sans aucune douceur cette fois. Attention, si tu comptes faire ce que je pense que tu vas faire, Sato-Sato, tu ferais mieux d'y réfléchir. Tu n'as jamais raconté ça. Pas même a Hikari, et pourtant c’était lui la personne qui était le plus proche de toi. Mais si tu commences ta phrase comme cela, ca va probablement mal finir. Et en plus tu vas devoir reparler de Naoko, et cela va encore plus plombé l'ambiance, au vu de la réaction qu'il a eu précédemment. Mais c'est trop tard, quand j'ai commencé a dire ça, je savais très bien ou cela allait se finir.

- A Tokyo, c'est la ou j'ai rencontré Nao-chan. J'étais a l'école primaire avec elle. C’était il y a très longtemps. On devait avoir six ans. Ou sept peut être. C’était ma meilleure amie. Ça l'est toujours d'ailleurs.

Ce n'est pas ça que tu veux dire, Sato-Sato. Avoir pensé a Naoko a dévié ta phrase. Mais intérieurement, je sais bien ou je veux en venir, il faut un peu de temps. Si Hisaka ne part pas d'ici la fin.....ce qui est pourtant probable. Enfin, si il ne s'est pas levé après cette phrase, j'ai encore une chance de le faire rester assit.

- Ma mère m'a eu très jeune. Elle est tombée enceinte a seize ans. Mais mon père n’était pas très.....simple, de caractère. Il est scientifique. Et suite a plusieurs événements, il est rentré en France. Et c'est pour cela que j’habite a la campagne, depuis. Ma mère n'a pas finit ses études, quand elle est tombée enceinte. On ne roule pas sur l'or.

J'eu un petit rire gèné, ne comprenant pas intérieurement pourquoi je racontais ma vie. Par frustration vis a vis du manque de confiance de mon ami. Sans doute. Pour lui montrer que moi, je le lui faisais confiance. Enfin, pas vraiment confiance. Je ne savais pas ou se situait exactement la barriere entre faire confiance a quelqu'un ou non. C’était sans doute mon égo qui parlait. D'une façon totalement inconnu.

- Pour ta question de tout a l'heure. Je ne pense pas jamais avoir aimé quelqu'un de la façon dont tu en parles. Je pense que c'est a cause de la relation entre mes parents. Je n'ai sans doute pas envie de reproduire ce que mon pere a fait avant moi. Même inconsciemment.

Je m’arrête un instant, avant d'ajouter, l'air un peu rouge, sans doute.

- J'ai....relu l'intégrale d'Hikaru no go, sinon....

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Ven 1 Sep 2017 - 21:32

La discussion touche à sa fin alors qu’elle venait à peine de commencer. Il ne comprendra pas, m’étais-je dit pour me rassurer et me convaincre de ne pas aller plus loin dans mon questionnement. Comme si une mouche m’avait piqué, j’ai alors changé radicalement de sujet, brassant de l’air avec des mots vides de sens pour ne pas lui donner l’impression que nous étions arrivés à la limite de notre conversation.

Des animes, le blog, les articles : c’est ce dont il voulait me parler tout à l’heure. Sans peine, je le relance là-dessus en espérant qu’il attrape la perche que je lui tends. Il semble m’écouter d’une oreille alors qu’il a été celui qui m’a fait venir ici pour que je parle. Je fronce les sourcils, légèrement vexé, mais je continue de parler, mentionnant au passage une comédie romantique que j’ai eu l’occasion de visionner pendant la pause de Noël. Mais plus le temps passe, plus sa réaction m’agace. Je ne le comprends plus et c’est apparemment réciproque. Il a vraiment fallu nous disputer pour en arriver là ?

« Mon père… »

Commence-t-il brutalement, changeant à son tour le sujet de la discussion. Je lui lance un regard méfiant, ne sachant pas à quoi m’attendre. Qu’est-ce que sa famille a à avoir avec ma question ? Je plonge mes iris dans ma tasse vide alors qu’il reprend la parole, une nouvelle fois sans faire de lien avec ce qu’il vient de dire. Tokyo, « Nao-chan », école primaire, meilleure amie. Les mots s’enchaînent et me torturent sans qu’il ne sache rien. Je baisse encore plus la tête à l’évocation de son surnom, celui qu’elle m’avait autorisé à donner lui le jour de notre rencontre. Meilleure…amie hein. Cela ne devrait probablement pas être le cas, mais cette appellation me plonge dans une profonde tristesse. Et moi dans tout ça, je suis quoi ?

Tu n’es rien.

On me l’a souvent fait comprendre, à défaut de me le dire en face. Ce sont des mots difficiles à accepter, peu importe de qui ils viennent, mais ils le sont probablement encore plus lorsqu’ils sont liés à une personne qui compte. La voix du blond retentit de nouveau, mais je ne l’écoute plus, le corps engourdi, l’esprit fatigué. De temps à autre, je capte quelques bribes de la conversation et hoche la tête pour lui faire croire que je suis la discussion. Quel est le rapport avec tout ça ? Mal en point, je suis à deux doigts de capituler et de tout lui balancer, juste pour qu’il ne me reparle plus d’elle et particulièrement de sa relation avec elle.

Il rit. Je pose ma tête entre mes paumes, j’ai chaud tout à coup. Aucun son ne sort de ma bouche, le jeune homme parle pour nous deux. Je crois comprendre qu’il a eu une relation difficile avec son géniteur et qu’il a peur d’aimer. Je trouve cela d’abord un peu ridicule, mais considérant l’état dans lequel je me mets pour ce rejet, je me dis que ce n’est pas une mauvaise chose, de craindre les sentiments que le monde s’obstine à vous vendre comme étant le plus précieux. Enfin, il marque une pause, je souffle.

« Très bien. »

Dis-je plutôt sèchement alors que mon regard fuit le visage de l’étudiant en droit. Il a relu l’intégrale d’Hikaru no go, ajoute-t-il pour conclure. Je secoue la tête, sans vraiment savoir ce que je fais, alors que le brouhaha produit par les autres clients me donne de plus en plus mal au crâne. Au passage, je repère une plaque au dessus d’une porte. Des toilettes. Je finis par me lever avec maladresse, faisant presque tomber ma tasse de la table. L’air absent, je hache mes mots de manière très mécanique.

« Je reviens. Toilettes. »

Il ne me faut que quelques enjambées pour arriver au niveau de la porte. Une fois de l’autre côté, je me précipite vers une cabine et m’y enferme. Il me faut quelques secondes pour retrouver un rythme respiratoire convenable. Inspire, expire. Je me répète cette formule plusieurs fois alors que je pose ma tête sur la porte. Un sifflement retentit à l’extérieur. Quelqu’un vient d’entrer dans la cabine d’à côté. J’attends qu’il ait fini pour sortir à mon tour et me diriger vers l’évier pour contempler ma mine blafarde dans le miroir. Mes index retracent les formes creuses de mon visage. Ne supportant plus mon reflet une seconde plus après cela, je me passe plusieurs jets d’eau sur la tête avant de m’essuyer avec un morceau de papier. Après une dernière inspection, je quitte les toilettes et retourne à la table où m’attend l’autre garçon.

Je prends une profonde inspiration en m’asseyant. Sans doute a-t-il remarqué le traitement que je viens de m’infliger. Mon corps tombe lourdement sur la chaise, sous le regard des derniers clients du café. La tête penchée sur le côté, mes épaules affaissées, je finis par lâcher quelques mots dans un murmure.

« Nao-chan, c’est ma colocataire. »

Une grimace traverse mon visage à cet instant. Je n’ai pas tout dit et je ne sais pas si j’en serai capable. Oh, et puis, qu’est-ce que j’ai à perdre avec lui ?

« Et c’est aussi la fille que j’aim…ais, je suppose. »

Ces mots sont douloureux, mais aussi libérateurs. Quelque part, un poids semble s’être envolé de mes épaules. Une sorte de bien qui fait mal.

« Voilà. C’est tout. »

Mes joues virent au rouge. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Lui dire que je vais rentrer et l’abandonner après cette confession foireuse ? Je ne sais pas. Depuis le début, je n’avais jamais eu l’intention de lui en parler, je n’avais pas anticipé que les choses puissent aller aussi loin entre nous. Pour résumer la situation en quelques mots : je ne suis pas du tout prêt à ce qui va suivre. Je jette un œil à son verre d’eau aromatisée presque vide. Ce serait en effet le bon moment pour se faire la malle maintenant que nous en avons terminé avec nos consommations.

« Désolé pour ça. Je vais aller payer et te laisser, je pense.»

D’un signe de main, j’appelle la serveuse de tout à l’heure pour lui demander la facture.


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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Lun 4 Sep 2017 - 22:21

Alors c’était donc ça finalement. Comme je l'avais supposé. Sa colocataire. Le monde est tellement petit que cela en est presque effrayant. Il y a une multitude d'étudiants dans la ville, dans l'académie, et je suis retombé sur Naoko par hasard, au milieu de toute cette foule. Après plus de dix ans. Pire encore, plus saugrenue, si je puis dire, c'est que le seul ami que je me suis fais ici depuis, est amoureux de cette même Naoko. Invraisemblable. Le monde me fait une farce. C'est sans doute pour cela que je n'arrivais pas a être persuadé que c’était bien la le problème, mais c'est bien ça.

Je me demandais ce qu'il était partit faire aux toilettes. Il semblait bien plus mal encore que ce que j'avais imaginé. J'avais du mal a comprendre comment une simple histoire d'amour pouvait le mettre dans cet état. Je ne voyais vraiment pas la finalité. Il avait juste a passé a autre chose. Des Japonaises, il y en avait plus de soixante millions sur l'archipel, et pourtant il semblait tellement mal a cause de l’échec d'une de ses tentatives. Une seule, qui semblait l'avoir détruit.

Mais après tout, une personne pouvait sans doute etre le centre de la vie d'une autre. Que ce soit un amour, ou alors un ami, ou encore un membre de sa famille. Si cette personne part, c'est tout un monde qui s'écroule. Et finalement, c’était exactement ce qui etait arrivé a ma famille. A l'exception prêt que c’était nous qui l'avions fais partir et non l'inverse. Quand j'y repense, nous aurions du le faire bien plus tôt, avant que tout cela n'arrive, que cela ne frappe ma mère. Si seulement j'avais étais plus fort. Elle n’était encore qu'une jeune adulte quand c’était arrivé. Elle n’était encore qu'une enfant quand il l'avait rencontré. A cette idée, je ne peux m’empêcher de serrer le poing involontairement, que je relâche au moment ou mon camarade revient. Je ne peux cependant pas dissimuler le blanchissement de mes phalanges, qui reprennent cependant des couleurs.

Il reprend la parole et semble décidé a tout me raconter. Et confirme donc qu'il est amoureux de Nao-chan. Ce n'est plus une nouveauté, a ce stade, mais qu'il me le dise avec des mots me rend étrangement satisfait. J'ai l'impression que finalement, notre relation n'est pas si fausse que cela. Ou alors il ne me l'a dit que pour faire ce que j'avais fais plus tôt quand j'avais parlé. Montré a lui même qu'il pouvait en par.....c'est trop compliqué, je me perd sans doute dans ces idées beaucoup trop complexe pour etre vraie. Je regarde mon verre quand il achève sa phrase. Que dire. Naoko ne m'a jamais parlé de lui. Et pourtant nous parlons régulièrement a présent. Bien plus régulièrement que lui et moi, en fait.

- Je m'en doutais, depuis que j'ai prononcé son nom.....mais quand même.....que nous connaissions la même personne , c'est plus qu'une coïncidence....

Je ne savais surtout pas vraiment quoi dire, mais quand il évoque la possibilité que le moment de partir est venu, j'ai l'impression que quelque chose se brise au creux de ma poitrine. Ce sentiment d'impuissance devant le mal-être de mon ami. Je n'ai rien fais depuis qu'il est la. Juste l'écouter, le forcer a parler. Dire que je suis la pour lui n'y changera rien. Tout ce que je peux faire, c'est le regarder avec une certaine mélancolie. Je me prend a me hair un instant, de ne pas savoir comment consoler les gens. Je ne sais pas a quel point il l'aimait. A quel point il l'aime. Mais je sais que rien ne pourra être dit qui dépassera cet amour pour la jeune femme. Surtout depuis que je sais qu'elle sort avec Haruhiko-se.....mais c'est vrai ça, encore des connaissances en commun. Quelqu'un joue avec nous, c'est pas possible autrement.

- J'avais tord....de dire que je comprenais ce que tu ressentais. Je sais ce que c'est, d'etre mal. D'avoir juste envie de dormir, sans se réveiller....mais par contre, ce qui te frappe.....je ne sais pas du tout ce que c'est, je ne l'ai jamais vécu. Peut être que je ne le vivrais jamais. Peut etre que je le vivrais demain.......

Je détourne le regard un moment du verre, pour le regarder lui. Si je pouvais faire quoi que ce soit pour l'aider, je le ferais avec plaisir, mais ce ne sera pas le cas, il a juste envie de rester seul, et ca je le comprend. Ca ne sert a rien de le bloquer dans cette situation plus longtemps. Il a raison, il a parfaitement mérité le droit de retourner a sa mélancolie. Le temps qu'il faudra. Il m'avait fallut presque neuf ans, pour redevenir un humain, après tout. Et je ne voulais pas glisser plus profondément dans la suite que j'avais entre-aperçut.

- Tu peux sans doute retourner a ta solitude, si elle te réconforte.....mais sache que.....c'est sans doute cliché, une fois de plus, mais........si jamais a un moment ou a un autre, une toute petite envie de compagnie te prend......tu connais mon numéro je crois.

Je leve mon téléphone, le nouveau :

- J'en ai un nouveau.

Je souris faiblement, marquant la petite blague que seul lui peux comprendre, essayant de détendre l'atmosphere.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Mar 5 Sep 2017 - 1:02

Il se doutait de tout ce que j’allais lui raconter et malgré tout, il a tenté de me faire cracher le morceau moi-même. Face à lui, je lâche un soupir ennuyé. Je n’ai même plus la force de me mettre en colère. Et pour couronner le tout, la serveuse n’a pas l’air très réceptive à mon appel, si bien que je finis par baisser le bras, découragé. Je ne sais pas trop comment me sentir par rapport à tout ce qu’il s’est passé ce soir, sans doute me faudra-t-il un peu de temps pour digérer tout ça. L’air las, je m’apprête à me lever pour rejoindre l’employée et régler la note, mais une fois de plus, le blond me retient. Je lui lance un regard à la limite du désespoir, je ne veux pas qu’il commente cette histoire. C’est du passé, je veux pouvoir tirer un trait dessus. Mais est-ce que je m’y prends de la bonne manière ? Pour la première fois depuis un mois et demi, je me remets en question. Est-ce que les autres sont obligés de subir mes états d’esprit, est-ce que mes maux sont assez puissants pour me faire risquer de perdre l’un des seuls liens que j’ai pu créer depuis mon arrivée à Keimoo. Probablement que…non.

Tous les regards semblent désormais braqués sur nous. Sans retenue, le jeune homme se donne en spectacle et parle à cœur ouvert. Je baisse le regard à l’écoute de ses propos. Encore une fois, il se montre plus mature et courageux que moi. Ses mots ont l’effet d’une révélation pour moi. Il n’a pas eu besoin de vivre exactement la même douleur que moi pour la comprendre et faire preuve de compassion. Alors même que j’ai tant de fois rejeté la main qu’il me tendait au cours de la soirée, il continue de se préoccuper de moi. Dans un manga shônen, nous ne sommes peut-être que des figurants, mais cela ne nous empêche pas de mener une vie riche en émotions, à l’abri du regard du lecteur.

Ma vision devient floue, mais je parviens à retenir mes larmes. De joie ou de tristesse ? Je ne saurais vraiment le dire. A ce moment, aucun de nous n’ose vraiment se regarder dans les yeux de peur de paraître trop insistant envers l’autre. Toujours muré dans le silence absolu, l’écho de la voix de l’étudiant en droit rebondit sur moi. Retourner dans ma solitude, c’est ce qu’il me propose, ce à quoi je réponds en secouant la tête.

«…si jamais à un moment ou à un autre, une toute petite envie de compagnie te prend…tu connais mon numéro je crois. »

Je relève lentement mon visage vers l’objet qu’il brandit fièrement. Un nouveau téléphone. Je détourne aussitôt le regard, repensant au jour de notre rencontre. Quel idiot je suis, vraiment. Les mains sur les cuisses, le dos légèrement voûté, je murmure des excuses pour la première fois de la soirée.

« Je suis désolé. »

Sur ces mots, j’attrape mon portefeuille et me dirige vers le comptoir pour régler la facture pour nous deux. Je ne serai pas surpris que nous soyons refusés la prochaine fois que nous tenterons de revenir dans ce café. Assez maladroitement, je tends quelques billets à l’homme derrière le bar qui me rend la monnaie. Je reviens rapidement vers l’autre garçon et sans le regarder, j’attrape mes affaires pour finalement me ruer vers l’extérieur. Le froid a beau être sec, l’air a beau être vif, je me sens presque soulagé de retrouver de telles températures. Je constate également que la neige s’est un peu calmée. Tant mieux pour moi, peut-être que j’arriverai à la maison avant d’être complètement transformé en bonhomme de neige finalement.

Contrairement à ce que j’aurais pu laisser penser en quittant abruptement l’établissement, il n’était pas question pour moi de filer à l’anglaise. Au contraire, j’étais bien décidé à me confronter une bonne fois pour toute au co-rédacteur de mon blog, mais en petit comité de préférence. Plusieurs minutes s’écoulent avant que Satoshi se décide à sortir. Seul au milieu de la rue enneigée, je l’attends, les mains dans les poches, l’écharpe sur le nez. Les flocons ont déjà recouvert les traces de notre passage ici, quelques temps plus tôt. La nature a littéralement balayé les témoins de mes erreurs et de mon arrogance. Car oui, penser que j’étais le seul à souffrir, c’est être démesurément arrogant.

« Je pensais que tu ne sortirais jamais. »

Dis-je calmement avant qu’il ait le temps de faire la moindre remarque. L’espace d’un instant, je ferme mes paupières et me concentre sur ce que je vais dire. Cette fois-ci, pas question de trouver les mots qui le blesseront le plus. Non, je veux…réparer les dégâts que j’ai causés. Au lieu de rompre nos liens, les recoudre avec des matériaux plus solides.

« Satoshi. »

Je l’interpelle alors qu’il est le seul à qui je pourrais m’adresser dans cette rue déserte. C’est fou à quel point je suis pathétique quand il s’agit de parler de moi, de mes sentiments et tout ce qui va avec.

« Excuse-moi pour ce soir. »

Mon dos se courbe vers l’avant pour quelques secondes comme le veut la courtoisie japonaise. Je finis par me redresser et abaisser l’écharpe sur mon visage pour qu’il puisse entrevoir ma sincérité par mon expression faciale. Un ange passe avant que je ne reprenne la parole. Je sais que je l’ai probablement déçu avec le comportement que j’ai eu ce soir. Je ne peux m’empêcher de repenser aux discussions que nous avons eu ensemble, sur l’amitié, sur la solitude et plus récemment, la souffrance.

« Dis, tu fais du kung-fu non ? »

Je marque une pause, attendant sa réponse. Lorsque celle-ci fut donnée, je prends un air hésitant. Je ne suis pas très doué pour dire les choses, encore moins lorsqu’il s’agit d’exprimer mes désirs. Pourtant, au fond de moi, je veux qu’il sache. Je veux qu’il prenne conscience que je ne la veux pas, la solitude dont il a parlé tout à l’heure.

« Un jour, apprends-moi à devenir fort. »

Ai-je finalement dit, les joues rosies par le froid et l’embarras. Pour le moment, je ne me sens pas vraiment capable de faire mieux, mais sans doute que cela viendra un jour.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Mar 5 Sep 2017 - 19:54

J'ai l'impression que la suite se passe au ralentis. Il s'excuse, et c'est finalement ça qui me surprend le plus. Je ne pensais pas qu'il irait jusque la, il me donne tellement l'impression d’être enfermé dans son silence, que cette fois c'est lui qui prend la parole, et qui me donne l'impression d'avoir encore fait une erreur. Mais non, je n'ai semble t'il rien dit de mal, il s'excuse simplement. Je n'ai même pas le temps de répondre que je le vois se lever pour aller vers le comptoirs, au milieu des gens qui nous observes. Même si il n'y en a plus beaucoup, la situation est assez gênante pour me faire baisser la tete.

Il revient, et prend ses affaires et sans un mot décide de sortir. Je le regarde faire sans bouger, surprit par tant de rapidité pour sortir de l'endroit. Je ne trouvais pas cela si désagréable, mais il semble que mon camarade considérait la chose autrement. Il est sortit depuis une bonne minute quand je me redresse a mon tour et rassemble mes affaires. Je bois la dernière gorgée qu'il me restait, avant d'enfiler mon manteau. Je n'ai pas bougé depuis prêt de trente minutes si bien que le sang me monte a la tête lors de mon mouvement. Je reste immobile une seconde, avant d’emboîter le pas du garçon vers la sortie.

Je pousse la porte, et je le vois m'attendre quelque mètres plus loin. Le froid m'attaque a peine, tant j'ai l'impression que la situation était déjà glacée. Mon corps cependant capte bien cette différence et se crispe un peu. Le temps de faire les trois pas qui me sépare de lui, j'ai l'impression d'avoir perdu un degré de température corporelle. Je ne suis meme pas encore a ses cotés qu'il me fait remarqué que j'ai mis un certain temps a sortir. Je soupire. Je pensais presque a un moment, au vu de sa vitesse pour partir, qu'il avait disparut avant que je ne sois dehors.

- C'est toi qui a quasiment courut pour sortir du café. Mais c'est vrai qu'il commençait a faire chaud a l'interieur.

Je lui fais un petit sourire pour lui montrer que je fais une petite plaisanterie en référence a notre différent précédent. C’était peut être ça aussi l'amitié. Malgré la dispute qui venait de nous secouer, je trouvais encore l'envie de lui faire une blague, et de lui sourire. Je ne lui en voulais pas le moins du monde. Il avait ses raisons. Et en plus me les avaient donnés. Et avait présenté des excuses. Cette histoire avait sans doute était plus dur pour lui que pour moi. Beaucoup plus dur. Il était celui concerné. Je n’étais personne pour pouvoir le juger.

- Écoute....

Il m’interromps, m'appelant par mon prénom d'une façon qui m’interpelle. Comme si il s’apprêtait a me dire quelque chose d'important. Et il s'excuse encore. Je ne pensais pas l'entendre s'excuser deux fois, pour tout avouer. Cette situation semblait l'avoir plus tourmenté que ce que je le pensais. Je lui souris faiblement, histoire qu'il n'en tienne pas trop rigueur. On avait déjà tous eu ce genre de comportement sans vraiment le vouloir. Ce moment ou l'on dit quelque chose et que l'on s'en veux presque immédiatement.

- Tu sais, tu n'as rien dis de vraiment méchant. Tu t'excuses pour quelque chose que tu n'as pas vraiment fais, je ne t'en veux pas du tout, en vérité, nos places auraient pu être inversés. Je comprend pourquoi tu as fais ça. Alors oublions cette histoire. Je pense que au lieu de nous fâcher, elle a le potentielle de nous avoir rapproché. Alors gardons la en mémoire de cette façon.

La situation reste un peu bloqué dans le silence, et au bout d'une minute de face a face silencieux, il reprend encore une fois la parole, plus que depuis le début de notre rencontre d'aujourd'hui. Il me demande si je fais du kung-fu. Ou plutôt, c'est une affirmation sous le couvert d'une question. Il le sait très bien. Je vais peut être même devenir capitaine du club entier de combat sans armes, alors oui, j'en fais bel et bien. J'hoche simplement la tête tout en répondant a voix basse, intrigué d’où il veux en venir par la.

- C'est exact.

Il me dit alors une phrase qui vibre en moi, d'une façon comme je l'ai ressentis peu de fois. Et soudainement, j'ai l'impression de me revoir a genoux devant Hikari-san, presque dix ans plus tôt. Le voir me scruter, alors que je lui demande naïvement « ce que c'est que d’être fort ». Moi aussi, je voulais l’être. Mais le suis-je devenu ? Aucune idée. Je voudrais vraiment le savoir. Mais personne ne me l'a jamais dis. Et encore moins moi même. Je suis faible, bien sur. Mais si je peux l'aider, si je peux lui offrir cette compagnie qu'il semble accepter avec cette phrase, alors je le ferais.

- Si tu veux mon avis, je pense que ce soir, tu es déjà plus fort qu'avant. Mais je suppose qu'on pourra trouver d'autres occasions de s'améliorer, toi comme moi.

J'hoche la tête a ma dernière phrase comme pour l'appuyer. Je trouve que cela sonne bien. Je lui fais un signe de la main, pour lui dire au revoir, et une seconde après nous sommes chacun partant dans la direction opposé, dos a dos. Et en regardant le ciel un instant, je me dis que la neige n'est pas forcément un facteur de drama. Mais aussi d'happy end.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi][Terminé]   Sam 9 Sep 2017 - 0:07

Comme d’habitude, je n’ai pas su m’empêcher de fuir devant mes propres sentiments, devant la main que me tendait Satoshi en me proposant de l’appeler si une petite envie de compagnie me prenait. A la place, je n’ai pu que m’excuser et partir brusquement après avoir payé ma consommation. Etonnamment, le froid me paraît plutôt réconfortant, il faisait beaucoup trop chaud à l’intérieur, à moins que ce soit mon attitude qui ait rendu cet endroit étouffant. Sous les flocons dansant subissant la gravité, je me retrouve seul à attendre le blond, comme si c’était une évidence qu’il allait sortir et allait avoir envie de me parler après tout ce que j’ai pu dire et faire.

Les minutes passent, mon corps se pétrifie peu à peu à force de rester immobile, mais je ne fais pas un seul pas, pas un seul geste, considérant l’attente comme une sanction que je m’auto-inflige pour méditer sur mes actes depuis ma rencontre inopinée avec l’étudiant en droit dans le konbini. Confronté à mes réactions, je cogite. Pourtant, quand il sort et s’avance vers moi, je n’ai toujours pas trouvé quoi lui dire. J’ai l’impression que quoi que je fasse, mes mots ne seront pas à la hauteur. Alors une fois de plus, j’agis comme un imbécile et lui dit que je pensais qu’il ne sortirait jamais. Heureusement, il le prend bien.

Il commence bien à dire quelque chose, mais je crois que si je le laisse parler, je n’aurai jamais la force de reprendre moi-même la parole après. Inévitablement, je me replongerai dans mon silence et les mêmes événements se reproduiront. Ainsi, je l’interpelle, toujours sans avoir de plan derrière la tête. Je finis par m’excuser en m’inclinant devant lui, il sourit. Mon cœur s’emballe dans ma poitrine, au point que cela en devienne presque douloureux. Ses lèvres se mettent à bouger, la fatigue commence à opérer sur mon corps et je perçois difficilement les sons qu’il produit, couverts par les battements de mon cœur résonnant jusqu’à mes oreilles. Tout ce que je comprends, c’est qu’il me pardonne et qu’il considère que cette expérience nous a rapprochés. A cet instant, je me redresse et plante mon regard dans le sien, toujours aussi surpris par son comportement naïf et débordant de bienveillance. Si je ne me retenais pas, je crois que j’en pleurerais.

Je mets un moment à me remettre de ce qu’il vient de me dire. Après tout ça, je pensais qu’il allait s’enfuir juste après avoir accepté mes excuses, mais non. Tous les deux, nous restons face à face, les yeux dans les yeux, attendant chacun un ultime pas en avant vers l’autre. Ayant conscience de mes erreurs, je choisis d’être celui qui rompt le silence entre nous deux. Je lui demande d’abord s’il fait bien du kung-fu, bien que je connaisse déjà la réponse. J’attends cependant qu’il me le confirme avant de poursuivre maladroitement en lui demandant de m’aider à devenir fort moi aussi, inférant le fait que je souhaite le revoir une autre fois que j’aurai assez bataillé de mon côté pour vaincre mes démons actuels. Ce ne sera pas simple, mais je ferai de mon mieux, c’est une promesse que je me fas à moi-même.

Il semble assez surpris par ma requête, mais l’accepte implicitement, lui aussi. Un sourire, aussi faible soit-il, s’étale sur mon visage tandis que je remets l’écharpe sur mon nez pour ne pas qu’il le voit.

« Alors…à la prochaine, je suppose. »

Lui dis-je alors qu’il me fait un signe de la main pour me saluer. Je fais alors volte-face, faisant crisser la neige sous mes pieds. Dans les secondes qui suivent, je me surprends plusieurs fois à regarder en arrière pour voir sa silhouette disparaître dans la brume. Ce n’est qu’arrivé au coin de la rue, lorsque j’aperçois deux lumières éblouir mon chemin que j’arrête de me retourner pour commencer à courir vers l’avant. Mes jambes me donnent l’impression de s’enfoncer de plus en plus dans la couche de neige à chaque foulée, mais je continue d’avancer même si cela me fait mal, même si le froid semble transpercer mes poumons à chaque inspiration, même si mes mains semblent pétrifiées sur mes sachets de course. Chaque seconde ressemble à une lutte contre la vie.

Et finalement, c’est haletant, essoufflé, mais satisfait que je parviens à rattraper le tram.

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