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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 What I've done [PV Satoshi]

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Hisaka Rika
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MessageSujet: What I've done [PV Satoshi]   Sam 15 Juil 2017 - 0:53

Février 2017


Vingt heures, fin des cours de rattrapage pour les étudiants ayant échoué au premier semestre ou ceux en pleine réorientation. Je pose ma tête sur la table, contemplant une dernière fois le tableau. Tous les autres étudiants se lèvent et remballent leurs affaires. Pendant ce temps, je ferme les paupières, quelques secondes. Qu’est-ce qui m’a pris de demander une réorientation au milieu du semestre ? J’y pensais depuis la fin de la première année pourtant, et si j’avais fait une demande pour redoubler dans une autre filière dès lors, je n’aurais pas à rattraper toute une année de cours en six mois, sachant que le second semestre demande des pré-requis du précédent.

Bien sûr, je n’ai pas à me plaindre sur le contenu. L’ambiance est tout autre que celle des cours de neurosciences où il m’arrivait de me surprendre en train de m’endormir en plein milieu d’un CM. C’est vrai, je me plains parce que je suis au bout intellectuellement, mais dans le fond, c’est enrichissant et je m’y plais bien. Et le petit plus : je n’ai plus à affronter le regard de Kaori pour avoir gâché sa fête d’anniversaire l’été dernier. Peut-être l’a-t-elle oublié, mais moi non. Et probablement que Kagami Ueno non plus. Je regrette juste de ne pas l’avoir fait plus tôt, en fait. Et puis quelque part, je suis bien content d’avoir une excuse pour ne pas rentrer trop tôt et risquer de les croiser ensemble.

Coup de poignard en pleine cage thoracique. Allons, ça va bientôt faire deux mois que la situation a été tirée au clair. Je prends une grande inspiration et me redresse, enfile mon manteau bleu foncé, passe mon écharpe autour du cou et ferme mon bloc-notes. Pense à autre chose abruti. Je me réprimande intérieurement. Oui, je disais donc...Les cours sont magnifiquement orchestrés, j’ai mangé du sauté de porc à midi, tout va bien.

Le parcours d’ingénierie est plus dynamique, moins théorique malgré ce que l’on pourrait croire. Il faut dire que j’ai de la chance aussi, j’imagine que toutes les universités n’ont pas les mêmes moyens que Keimoo et ne disposent donc pas des équipements nécessaires pour passer rapidement de l’abstrait au concret. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de me continuer ici, même si l’arrivée des difficultés financières me donne un peu mal au ventre. Cette fois-ci, si je suis à deux doigts de roupiller, c’est bien d’épuisement, mais les cours en eux-mêmes sont une véritable renaissance pour moi. Revenir aux mathématiques fondamentales pour les cours de modélisation est un peu difficile, mais ayant toujours eu des atomes crochus avec cette discipline, je parviens à garder la tête hors de l’eau. Et puis il y avait les cours de design que j’avais découvert. Moi qui étais plutôt médiocre en art au lycée…

J’enfile mon sac par-dessus d’épaule et quitte la salle, laissant les derniers courageux faire leurs exercices en silence. Cela fait déjà trois semaines que j’ai changé de voie et probablement d’avenir. Je me suis plutôt bien habitué à mes nouveaux locaux. Les mains dans les poches, j’avance dans le couloir. J’ignore si c’est la fatigue, mais j’ai l’impression que l’ampoule grésille. Machinalement, j’emprunte les escaliers et me dirige vers la sortie du bâtiment. Tiens, il neige encore. Je ne l’avais même pas remarqué. Il faut croire que je ne regarde plus par la fenêtre ces derniers jours. Je ricane pour moi-même, en ai-je seulement le temps ?

A cet instant, je n’ai plus qu’une hâte : rentrer dans le manoir aussi furtivement qu’un rat, prendre une douche, me changer et rejoindre mon lit. Mais avant cela, il va falloir affronter l’hiver capricieux de Keimoo. J’expire un souffle d’air chaud, créant un écran de fumée devant moi. Heureusement que je ne porte pas de lunettes. La neige crisse sous mes pas, le son est étrangement agréable à entendre. S’il n’était pas là, le campus d’habitude si animé, me paraîtrait beaucoup trop silencieux. Est-ce vraiment moi dans mon corps, là ? Je veux dire. Ce n’est pas une réflexion que je me ferais, habituellement

Pathétique.

Je remonte mon écharpe pour la faire glisser au dessus de mon nez, protégeant ainsi le bas de mon visage. Eclairé par les lampadaires du chemin menant à la ville, je marche seul. Comme si elles étaient commandées par un métronome, mes jambes alternent leur mouvement de manière très mécanique. Arrivé au niveau de la voie de tramway dans le centre-ville, je m’arrête pour regarder à quelle heure passe le prochain. J’ai quinze minutes d’attente, plus ou moins les perturbations sur le réseau dues aux intempéries. Bah, ce n’est pas comme si c’était si long me dis-je pour me rassurer. Je jette un regard autour de moi. On dirait bien qu’ici aussi, je suis le seul à attendre. Est-ce que ça sera comme ça toute ma vie ?

Mon téléphone vibre.

Tiens, je ne m’y attendais pas. A vrai dire, je ne sais même pas qui cela pourrait-être même si vu la taille de mon répertoire, il n’y a pas non plus trente-six possibilités. Sans doute ma sœur qui veut savoir si la semaine s’est bien passée. J’extirpe courageusement mon téléphone de ma poche, confrontant ma main au froid ambiant. D’un simple glissé de doigt, je déverrouille l’appareil hérité de mon aînée. Toujours mieux que mon vieux téléphone à clapet. L’écran d’accueil s’affiche. J’esquisse un sourire en coin.

Au final, ce n’était qu’une alarme que je m’étais faite dans la matinée pour ne pas oublier de faire quelques courses avant de rentrer. On peut dire qu’elle aura été utile. Non, franchement. Ai-je vraiment cru que quelqu’un voulait avoir de mes nouvelles ? Haha. Bon, c’est pas tout, mais j’ai des achats à faire. Voyons, où est le magasin le plus proche ? Profitant de la technologie, j’utilise la géolocalisation de mon téléphone pour repérer les konbinis à proximité. D’après la carte, il y en a un à 300 mètres d’ici, dans une rue parallèle à celle où je me trouve actuellement. Parfait. Je verrouille l’écran et repose mon cellulaire dans ma poche.

(…)

« Bonsoir. »

Je salue les employés du magasin plus par politesse que par réelle envie de leur dire bonsoir, et m’engouffre rapidement dans les rayons. Il n’y a pas grand-chose à prendre, juste une brique de lait, du riz, du dentifrice, un produit vaisselle et des céréales. La tête baissée, je récupère les articles dont j’ai besoin et file à la caisse. Il y a deux personnes devant moi et personne derrière. Finalement, les quinze minutes d’attente initiales me paraissent bien plus pressantes qu’à mon arrivée. Je me frotte les mains pour leur redonner un peu de chaleur et me retiens de taper du pied d’impatience. Ce qu’il prend bien son temps, le type à la caisse. Je soupire.

Ce n’est qu’à mon tour que je réalise que le caissier m’est plus familier que je ne le pensais. J’ai tout à coup si honte de ne pas l’avoir vu avant que ma température remonte d’un coup. J’imagine qu’il m’a vu en entrant. Ou pas ? Je me gratte l’arrière de la tête, embarrassé par la situation. Cela fait un moment que nous n’avons pas eu l’occasion de nous voir et je n’avais eu des nouvelles de lui que par la réception de quelques messages. Je ne sais pas lequel de nous deux a l’air le plus fatigué.

« Y-yo…Satoshi…-san. »




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Dernière édition par Hisaka Rika le Ven 21 Juil 2017 - 13:33, édité 1 fois
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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi]   Dim 16 Juil 2017 - 15:22

Quand le quotidien est insoutenable, il est dit qu'en s'y plongeant d'avantage, on peux contrebalancer ce sentiment afin de revenir a un équilibre. Du moins avec du moins, ça fait du plus, c'est logique. Mais je suppose qu'il n'y a pas assez de moins dans ma vie pour pouvoir revenir a un plus. Tout ce que je fais, mon train train, est tellement classique que je manque parfois de m'endormir en marchant sur le chemin du travail. Je me lève, je fais mon footing, je vais en cours, je m’entraîne, je vais a mon travaille, je révise. Chaque jour, je recommence ce schéma, sans en voir le bout. Parfois je met un peu de piment dans ma vie en faisant en sorte de rompre le classicisme de cette routine, avec un animé que mon ordinateur plus vraiment flambant neuf, me permet désormais de regarder.

Je pourrais faire plus de messages sur le blog de Hisaka, car pour l'instant, je me suis contenté de lui donner des idées. Je ne le vois de toute façon plus beaucoup en cette période hivernale. Je n'ai jamais étais vraiment sociable, et il ne l'est pas plus que moi, je suppose que nous ne sommes pas de la meilleure compatibilité. J'apprécie ces messages cependant, et je n'ai rien besoin de plus pour etre satisfait de ma relation avec lui. J'y pense alors que je me dirige au kombini. Aujourd'hui, Nakamura-senpai est de repos, si bien que je ne vais pas vraiment parler, vu que je n'ai aucune relation avec mes autres collègues, en dehors du propriétaire qui a toujours étais bienveillant avec moi depuis mon arrivée ici.

Je les salut rapidement avant de me changer dans les vestiaires, et de commencer mes taches. Mise en rayon, contrôle des prix et des périmés, et quand la petite boutique semble remplit de produit, je me dirige vers la caisse d'un pas lourd. Il va falloir reprendre le masque pour dire bonjour, sourire, répondre quand on m'adresse la parole, car nombreux sont les clients qui profitent de ce moment pour discuter de tout et de rien, comme pour essayer a leur tour d'échapper a leurs train-train l'espace d'un instant, dommage que je sois une meilleure oreille qu'un bon partenaire de discussion. Je me suis amélioré toutefois, et je ne rougis plus a tout vas, je parle d'une façon claire, et audible.

Ils se succèdent sans discontinuité. Il y a du monde en cette fin d’après-midi, et je regrette presque de ne pas avoir eu autre chose a faire d'officiel pour me permettre d’être la. Comme un cours par exemple. Mais non, je n'avais rien pour refuser mes horaires aujourd'hui. Le soleil se couche rapidement, en cette période de l'année ou les jours ne sont pas très long. Keimoo doit commencer a ce vider, et je vais bientôt pouvoir rentrer avec le froid comme seul partenaire. Et pourtant, en levant la tête pour voir et dire bonjour au client suivant, un sourire éclaire un instant mon visage. Et en plus, on dirait qu'il est trop plongé dans ses pensées pour me remarquer. Si j'étais dans une autre situation, je lui aurais fais une petite remarque pour détendre l’atmosphère, mais il semble si préoccuper que je préfère éviter.  J'ai mis de temps a passer ses achats, si bien qu'il lève la tete d'un air agacé, puis surprit. Je lui souris a nouveau, alors qu'il bredouille une parole de bonjour.

- On dirait que tu as vu un fantôme, Hisaka-san. Je sais que je suis blond, mais pas besoin d'avoir peur comme ça.

J'ai vraiment pris la confiance, avec ce genre de phrase qui ne me ressemble pas. Mais après tout, si je ne peux pas le faire avec mon ami, je ne le ferais avec personne. Il est temps de devenir quelqu'un de sociable et d'amusant. C'est un peu mon objectif dans la vie. Ou pas, mais je m'amuse assez en voyant sa tête pour être content de ma réplique. Je fini de passer ses produits avant de reprendre la parole d'une voix calme :

- Tu en aura pour 1800 yens, s'il te plait.

Je récupère l'argent, avant de songer qu'il n'y a pas meilleure moment pour reprendre d'avantage le contact. En plus, j'ai récemment finit plusieurs anime, et on pourra en parler, pour le blog. Je fais la transaction avec la caisse, lui tend sa monnaie, son ticket, puis le sac avec ses achats, avant d'observer derrière lui. Il n'y a pas d'autre client, alors je peux parler un peu.

- Je fini dans dix minutes, tu voudrais qu'on se voit juste après ? Je ne veux pas prendre des conclusions hâtives, mais tu m'as l'air préoccupé, je t'invite quelque part pour manger un morceau ? Je viens d'avoir ma paye. Ou chez moi, ce n'est pas très grand, mais au moins on est tranquille.

Je lève les mains, avant même qu'il me donne sa réponse, afin de ne pas lui laisser l'opportunité de refuser, et badge ma caisse pour la fermer. Je la compte rapidement, avant de l'emmener vers une de mes collègues qui vient d'arriver, lui souhaitant bon courage, pour la nuit qu'elle prend. Après tout, l'endroit est un vingt-quatre sur vingt-quatre. Je me change, remettant mon sweat a capuche vert, mon manteau, et je retire mes chaussures de sécurité avant de les remettre dans le casier prévu a cet effet, et je ressors les mains dans les poches, en espérant qu'il ne soit allé nul part. J'ai de la chance, il m'a vraiment attendu. J'arrive a sa hauteur :

- Pardon pour l'attente. Je suis content de te voir, ca faisait un moment ! On va ou ? C'est moi qui invite donc c'est toi qui choisis !

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi]   Mar 18 Juil 2017 - 0:57

Je retiens mon souffle à l’instant où je réalise que le caissier que je blâmais intérieurement il y a quelques instants n’est autre que le co-rédacteur de mon blog. Il m’avait déjà dit qu’il travaillait dans un konbini à mi-temps, mais entre le savoir et me retrouver face à lui grâce à un coup du hasard, il y a un monde. Il sourit à mes salutations timides, et se permet de me faire une blague sur sa couleur de cheveux. Je ris nerveusement, d’embarras mais aussi de fatigue. Il scanne les derniers articles posés sur le tapis magnétique, les emballe puis m’annonce calmement le prix. Profitant du fait que personne n’attende derrière moi, je m’accorde le luxe de prendre mon temps pour sortir mon portefeuille et trouver le billet adéquat avant de lui tendre un billet de 2000 yens qu’il attrape aussitôt. Je soupire. La nourriture prend une bonne partie du budget de la colocation, je me demande comment je vais faire quand je n’aurai plus de bourse d’ici deux mois. Avec mes horaires, pas possible de travailler à côté des cours avant que je ne termine les cours de rattrapage.

Alors que je recommence à faire abstraction de la présence de Satoshi en imaginant 1000 scénarios possibles dans ma tête, ce dernier me fait redescendre sur terre en me tendant mon dû, à savoir la monnaie, mon sac de courses et mon ticket. Je m’apprête à lui dire au-revoir et partir au tramway en quatrième vitesse, mais il me retient pour me demander si je souhaite que l’on se voit après son poste qui se termine dans une dizaine de minutes. J’ouvre la bouche, la referme, regarde la neige qui commence à s’entasser à l’extérieur. Si je ne rentre pas maintenant, je risque d’avoir des ennuis avec les transports plus tard. Cependant, il a l’air déterminé à ne pas me laisser le choix et m’invite même à manger. J’ai l’air préoccupé, me dit-il. Je baisse la tête, je ne suis pas sûr de vouloir lui faire part de ce que j’ai sur le cœur.

« Je vais… »

Il m’arrête d’un signe de main et ferme sa caisse. On dirait qu’il a pressenti mes excuses. C’est mauvais signe, on dirait que je ne vais pas pouvoir esquiver cette fois. Satoshi-san, pourquoi est-ce que tu tombes au mauvais moment ? Je le vois parler à une fille portant le même tablier que lui, une de ses collègues je suppose. Il finit par disparaître de mon champ de vision alors que je reste planté devant la sortie du magasin, le dos légèrement voûté, mon sac de courses dans la main droite. Si je le voulais, je pourrais m’en aller maintenant. Honnêtement, ce n’est pas l’envie qui me manque et l’idée de lui faire faux bond sachant qu’il m’a forcé la main ne me paraît pas si outrageuse. Je fais un pas en arrière et tourne doucement la tête. Je n’aurais qu’à lui envoyer un message pour lui présenter mes excuses plus tard. Peut-être qu’il ne voudra plus me parler après ça ? Ce n’est pas comme si j’avais le temps pour continuer mon blog de toute façon. Ce n’est pas comme si nous parlions énormément en dehors de ça. Alors qu’est-ce que ça changerait ?

Je relève la tête pour contempler mon reflet dans les portes automatiques du konbini. Je sais plus que quiconque que j’en suis capable. Après tout, je n’ai jamais été doué pour les relations avec les autres. J’ai toujours agi selon ma propre volonté et ma seule volonté. Faire la comédie pour faire plaisir aux autres me donne franchement envie de gerber. Qu’est-ce que j’attends pour sortir alors ? Il n’y a rien de différent par rapport aux autres fois où je me suis montré lâche. A part le fait que j’en sois pleinement conscient, cette fois. Ce n’est quand même pas ça qui m’arrêtera. Et pourtant c’est déjà trop tard. Il s’excuse pour l’attente alors que je lui tourne le dos. Je ne sais pas ce qui le rend si heureux de me voir alors que je n’ai pas vraiment fait d’efforts envers lui ces derniers mois.

« Tu as fait vite. »

Peut-être ai-je été un peu sec pour le coup, mais on peut dire que ça m’a échappé. L’étudiant me demande où est-ce que je souhaite aller. Une part très égoïste de moi a envie de lui répondre que je vais rentrer tout compte fait, mais je n’ai pas le cœur à faire face à une mine déçue de plus. La mienne aura suffi. Je jette un œil à mon téléphone. Le tram passera sûrement avant que je ne puisse me rendre à l’arrêt de toute façon.

« Il me semble que tu habites sur le campus. J’en reviens tout juste. »

Je fais une pause pour réfléchir à ce que je vais dire ensuite. Ce n’est pas dans mes habitudes de manger à l’extérieur aux frais des autres, d’autant plus que j’ai connaissance de la situation financière du blond. Toutefois, je n’ai pas spécialement l’envie de faire le chemin inverse là, tout de suite. Au pire, je n’ai pas très faim alors on pourrait juste se poser quelque part et je le regarderai manger. Ca me semble être un bon compromis. Au pire, il n’est pas trop tard pour qu’il revienne sur sa décision et me laisse partir après des salutations cordiales. Je n’aurais qu’à attendre le prochain tram en me transformant petit à petit en bonhomme de neige.

« Je préfère que l’on reste en ville, si ça ne te gêne pas. De toute façon, je n’ai pas vraiment faim alors tu n’auras pas à payer pour moi. »

Au moins, j’ai l’espoir que l’on ne s’éternisera pas s’il est le seul à passer commande. Je veux dire, connaissant Sakurato, je sais qu’il finira vite son repas pour ne pas me mettre mal à l’aise si je n’ai rien pris. Toujours est-il que « en ville » reste un terme vague et cela ne nous avance pas vraiment dans notre quête. Je ne connais pas très bien cette partie du centre-ville, mais suppose qu’il doit y avoir au moins un café dans le coin.

« Vu que tu travailles ici, tu dois bien connaître les commerces aux alentours alors je te suis. »

Même si je dis ça, je suis le premier à franchir les portes automatiques pour retrouver l’extérieur. Je reste immobile un moment pour contempler les flocons tomber, éclairés par un lampadaire. La fraîcheur sur mes lèvres me rappelle alors que j’ai une écharpe que je m’empresse de passer par-dessus le nez. La rue semble quasi-déserte. Sûrement qu’à vingt-et-une heures, un soir d’hiver, les gens ont autre chose à faire que d’être dehors. Et moi alors ?

« Je vais bien. »

Je souffle ces mots plus pour moi-même que pour lui. Oui, je vais bien et je n’ai pas besoin que l’on me sorte parce que j’ai l’air préoccupé. Quelque part, je ressens une colère inexplicable envers lui, mais je me maîtrise et entame une dernière tentative de dissuasion.

« Je veux dire, tu as l’air fatigué. Tu es sûr que tu ne veux pas rentrer chez toi ? »


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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi]   Mer 19 Juil 2017 - 16:26

Je n'ai jamais fais aucune étude au niveau de la psychologie des gens. Jamais je ne me suis intéressé a ça. Pas de lecture de magasine féminin sur « comment comprendre l'autre, les signes qui ne trompent pas ». Tout ça je m'en moque. La seule chose que j'ai fais durant ma vie, c'est de rester a l'écart du groupement, et d'observer les gens. Si c’était une discipline, je pourrais facilement participer a des compétitions et gagner des trophées. Je pense même pouvoir dire que ce serait bien plus simple que de reprendre les compétitions de kung fu, comme je l'ai presque promis au vice principal plusieurs mois auparavant. C'est avec cette pensée que je me retrouve a l’extérieur de mon lieu de travaille, me frottant les mains sous la froideur de l'hiver.

Parce que quand je regarde Hisaka, je n'ai pas besoin d'utiliser ces connaissances accumulés pendant de nombreuses années.Il me suffit de penser aux multiples fois ou j'avais exactement la même façon de parler pour comprendre qu'il n'est pas vraiment content d’être avec moi. Mais si je prend ma propre existence en considération, c’était rarement a cause de la personne qui venait m'adresser la parole. C'est uniquement a cause d'effet tiers. Et bien souvent, en parler aurait sans doute était bénéfique pour moi. Je ne m'en rendais pas compte sur le moment, bien sur, mais après coup, le fait de me dire que quelqu'un aurait pu m'écouter me faisait regretter le refus. Puis vint une époque ou il n'y eu même plus de personne a qui refuser.

Je l'observe de dos alors que nous avançons sous la neige, et qu'il me parle d'une façon a vouloir me faire partir. Il va même jusqu'à me dire que je semble fatigué et que je devrais rentrer. C'est toi qui a l'air exténué, mon ami. Il m'avait parlé brièvement qu'il était très occupé avec un changement de filière. Mais encore une fois, jamais de vive voix, juste par messages interposés. Je réfléchis a un endroit ou aller, et je pense a ce petit salon de thé non loin de notre position ou j'ai l'habitude d'aller. Il n'est pas très cher, et rarement bondé. J'ai sympathisé avec le gérant, enfin, si le fait de dire bonjour comme un habitué est égal a avoir développé une relation, ce qui n'est pas exactement le cas.

- Tu as l'air en colère contre moi.

J'ai souris en disant cela, rattrapant la foulée de retard que j'avais pour revenir a sa hauteur. Je viens de prendre une décision, a l'instant même. Je n'ai que rarement eu de vraie discussion avec un ami. Je n'ai que rarement dit le fond de ma pensée, par simple volonté de rester dans le moule des uns et des autres. Autant perdre cette habitude avec lui. Au moins avec lui. Si je dis n'importe quoi, au pire il m'enverra balader et partira, ce qui ne changera pas grand chose entre nous, puisque nous ne parlons quasiment pas de base.

- Tu aurais sans doute voulu que je te laisse dans ton marasme, tout seul, sans avoir besoin de réfléchir a quoi dire pour être politiquement correct sans en dire trop. Je peux le comprendre, je le comprend même trop bien.

Mes yeux tournent vers lui, puis vers le paysage obscurcit par la neige qui tombe de plus en plus fort. Heureusement nous ne sommes plus très loin, juste assez pour qu'il puisse m'insulter et partir en courant avant d’être bloqué entre les murs du salon de thé. Je suppose qu'il ne va pas tarder a le faire. Mais je ne perd pas mon sourire, alors que je passe ma main dans mes cheveux blonds afin d'en diminuer la couche de neige qui fond lentement sur mon crane.

- Mais je ne te demande pas de parler. Juste d'écouter ton co-rédacteur de blog qui n'a toujours sortit aucun article, d'ailleurs. Excuse moi pour cela. Je vais essayer de faire mieux dans les prochaines semaines. Tu m'avais bien conseillé a un moment, et j'ai vu beaucoup de chose depuis la dernière fois ! Je voulais en parler aussi.

Je me rend compte que c’était plus pour moi que je voulais avoir cette entrevue avec lui. Parler de ce genre de sujet avec quelqu'un vaux toute les conversations internet du monde. Ici pas de délais. Je peux dire ce que je pense de ce que je veux, sans vraiment craindre d'un jugement. Il n'a pas l'air d'etre le genre a le faire. Enfin, a le penser sans doute, mais du moment qu'il ne le dit pas, je m'en moque en fait. Nous arrivons devant l'entrée du salon en question, ou il est visible par la fenêtre qu'il n'y a que deux ou trois clients. Un endroit parfaitement calme, en soi. Je porte ma main jusqu'à la poignée, avant de m’arrêter, et de me retourner vers Hisaka.

- Si tu veux vraiment pas rester, je ne t'en voudrais pas. Tu peux partir si tu veux, c’était égoïste de te forcer la main comme ça.

Je recule d'un pas, en le regardant, les mains dans les poches. Attendant la réponse calmement. Au pire, j'irais juste regarder des épisodes de ce que je regarde en ce moment, ce qui ne changera rien a ce que je fais d'habitude.

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MessageSujet: Re: What I've done [PV Satoshi]   Aujourd'hui à 0:02

Tu as l’air en colère, me dit Satoshi non sans esquisser un sourire en coin. Je suis juste fatigué. Qu’est-ce qu’il y a de drôle à ça ? Je ne comptais pas vraiment l’être envers lui, mais la sensation que l’on se moque de moi pourrait bien changer les choses. Dans ma poche, je serre mon poing libre. Je ne connaissais pas l’étudiant sous cette facette et probablement que j’ignore encore bien des choses sur lui. Après tout, le peu de temps que nous avons passé ensemble, il a majoritairement été un collègue de travail. Je soupire à travers mon écharpe, je pense que ça suffit pour ce soir : je vais rentrer. Le quartier Hebi n’est pas si loin après tout, même avec ces intempéries. J’ai même une excuse : ma colocataire attend les légumes pour cuisiner. Même si elle n’est pas là ce soir, il n’a pas besoin de le savoir. J’accélère le pas et rentre ma tête entre mes épaules telle une tortue cherchant à rentrer dans sa carapace. Même si ce n’est pas très correct de ma part, je n’ai qu’à attendre qu’on arrive et dire que j’ai finalement changé d’avis. Je m’excuserai plus tard pour mon comportement, invoquant une mauvaise journée. Il n’y croira pas et notre collaboration touchera à sa fin. Ce ne sera qu’une relation parmi d’autres que je n’aurai pas su préserver.

Muré dans mon silence, je me rends compte que je marche bien plus vite que d’habitude, à tel point que le blond a l’air à la traîne de quelques pas. C’est pourtant lui le sportif. Après m’avoir rattrapé, il reprend la parole, bien plus assuré que lors de notre dernière entrevue. Je pensais qu’il croyait avoir gagné la partie et qu’il ne chercherait pas à me convaincre plus longtemps. Mes iris balaient le sol immaculé pour éviter son regard. Je déteste ce qu’il fait. Je déteste ceux qui disent comprendre trop bien ce que j’ai moi-même du mal à assumer ressentir. Mes pupilles s’assombrissent, formant un curieux contraste avec le manteau blanc des trottoirs. Je me mords la lèvre inférieure pour m’éviter de lui balancer tout ce que j’ai sur le cœur sur un coup de tête. Heureusement pour moi, un pan de laine rouge est là pour dissimuler mes expressions faciales.

Toujours est-il que je ne dis pas un mot de plus. Mieux encore, je le laisse parler seul alors que nous remontons lentement mais sûrement la rue parallèle à celle de la ligne de tramway. Si je donne l’impression à Satoshi d’avoir les oreilles bouchées, j’entends parfaitement le serpent métallique se balader de l’autre côté des immeubles. J’aurais pu l’avoir s’il n’avait pas insisté.

Il se met à me parler de choses futiles comme mon blog. Je lève les yeux au ciel. Pourquoi s’excuse-t-il ? Je n’ai même pas touché à mon blog depuis des semaines, ce n’est pas comme si j’avais le temps de regarder des animes. Mon sang bout dans mes veines. En soi, j’ai conscience qu’il ne fait rien de mal et veut juste que l’on partage un moment ensemble. Mais dans les faits, ce comportement me donne juste envie de déverser toute ma rage accumulée sur lui. C’est bien connu, les humains s’en prennent toujours à ceux qui ont l’air vulnérable. Si je sais que je ne fais pas le poids face à Satoshi avec mes poings, j’ai la certitude de pouvoir l’atteindre avec mes mots.

L’étudiant en droit s’arrête soudainement. Je fais quelques pas de plus pour laisser deux bons mètres entre nous. J’ouvre la bouche pour lui sortir la phrase que j’ai préparée spécialement pour l’occasion, mais il est plus rapide que moi. La main sur la poignée de porte, il attend que je lui donne mon verdict. Il ne m’en voudra pas si je ne reste pas, m’assure-t-il. Ha. C’est mignon, il me donne même le feu vert pour partir et avoue qu’il a été égoïste. Je reste silencieux, immobile, laissant les flocons former une couche de neige sur ma tête et mes épaules. Est-ce que je vais vraiment partir sans lui dire un mot ? Tout à coup, je me mets à douter. Je repense aux moments que nous avons passé ensemble même s’ils n’ont pas été très nombreux, je repense à la salle d’arcade, à son téléphone, à la vente de nourriture sur la plage, au trio que nous avions formé avec Aslinn. Est-ce qu’il m’aurait une seule fois tourné le dos sans au moins évoquer la raison de son départ ?

« Non. »

De ma main libre, j’enlève l’écharpe collée sur mon visage. Satoshi ne m’a jamais fait faux bond lorsque j’avais besoin de son aide alors il mérite au moins que je sois sincère avec lui, quitte à ce que nos chemins se séparent quand même au bout du compte.

« Tu as raison, c’est totalement égoïste. »

Lui dis-je en plantant mon regard dans le sien. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme alors pour cette fois, je veux transcender son corps et voir ce qu’il y a à l’intérieur. Malgré les basses températures, mon corps est brûlant, mon thorax s’enflamme et chaque syllabe prononcée donne un nouveau souffle au feu de ma colère.

« Tu fais comme si tu comprenais tout et j’avoue, ça me met en colère. »

Une simple image de son sourire condescendant pseudo-bienveillant suffit à réveiller le volcan qui s’était éteint en moi. D’un violent revers de main, j’essuie la neige qui se liquéfie au contact de mon corps. La dernière fois que je me suis autant énervé, c’était contre ce type qui crevait des pneus et incendiait les voitures du parking. Satoshi n’avait rien fait de tel. Alors pourquoi est-ce que ça m’irrite autant, moi qui sais encaisser mieux que personne ?

« T’excuser pour le blog ? Comme si tu n’as pas remarqué que je ne postais rien moi-même dessus. »

Voilà. J’ai craché ma frustration sur une personne qui ne le méritait probablement pas. Je ferme les paupières quelques secondes, inspire puis expire. Peu à peu, je retrouve mon calme. Je ne sais pas combien de temps j’ai passé à lui faire des reproches, mais apparemment assez pour que des passants s’arrêtent à quelques mètres pour nous regarder. Je resserre la poigne sur le sac de courses qu’il m’avait tendu plus tôt.

« Maintenant si tu n’as plus rien à me dire alors, salut. »

Avant que le poids de la culpabilité se hisse sur mes épaules.




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