₪ Académie Keimoo ₪

The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Insomnie(s) [Libre]

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Hayden Yoshida
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MessageSujet: Insomnie(s) [Libre]   Lun 3 Juil 2017 - 19:52

J’aimerais vous dire que j’étais en train de dormir à poings fermés lorsque mon réveil a sonné, qu’un vent frais aurait caressé ma peau et qu’une délicieuse odeur de pancakes serait venue chatouiller mes narines, mais il n’en est rien. D’une part car je suis le seul à cuisiner dans ce logement, d’autre part parce qu’une canicule d’enfer a saisi la ville depuis plusieurs jours et qu’il est désormais impossible de dormir. J’avais bien essayé toutes les positions possibles et imaginables, je m’étais retourné sans cesse en espérant trouver le sommeil à chaque fois, mais rien n’avait fonctionné. C’est après avoir remué mon traversin pour la Xème fois sans parvenir à ressentir la moindre fatigue ou le moindre engourdissement que je décide de sortir de mes draps pour rejoindre le salon en faisant un détour par le coin cuisine pour y attraper une bouteille d’eau fraîche. Alors que je suis en train de me désaltérer, je jette un rapide coup d’œil en direction de l’horloge aux aiguilles luminescentes. Celles-ci indiquent 2 heures et 37 minutes. Je suppose qu’il n’est pas encore trop tard pour dire adieu à ma nuit. Et puis ce n’est comme si c’était ma première insomnie. Je n’ai qu’à trouver quelque chose pour m’occuper avant de m’assoupir.

La première idée qui me vient à l’esprit est de vérifier si mes cours sont bien à jour pour la semaine à venir, mais même si je ne suis pas particulièrement fatigué, je ne me sens pas non plus d’humeur à me replonger si vite dans le travail. Il y a quelques heures encore, nous étions encore vendredi et il me semble avoir suffisamment donné de ma personne à mon job. Je pose la bouteille sur le comptoir et fixe le salon. Bon, je suppose que la télévision aura un ou deux programmes intéressants à cette heure. Pas de lumière en provenance de la chambre de mon frère, j’imagine que ça peut lui arriver de dormir à lui aussi, mais c’est dans ces moments là que je souhaiterais assez égoïstement qu’il passe sa nuit à jouer. Je pourrais au moins le regarder faire jusqu’à épuisement, et ça pourrait me rapprocher de lui en quelque sorte. Bref.

J’avance sur la pointe des pieds pour ouvrir la grande fenêtre du salon afin d’y faire entrer un peu d’air frais, puis je me dirige vers le canapé où se trouve la télécommande. L’écran s’allume, baisse le son pour ne pas déranger le sommeil de mon cadet et je commence à zapper. Les minutes passent, mais je ne trouve rien de très divertissant. Il n’y a que des rediffusions de jeux télévisés déjà passés dans la journée, des live-actions, un concert de jazz en direct et une chaîne d’actualités internationales où on peut voir une tour s’embraser, puis des intervenants débattre sur le tweet de Donald Trump qui se montrait en train de frapper CNN. Je baille et ferme les yeux en me laissant porter par la voix douce de la présentatrice qui parle maintenant de la France.

(…)

Trente bonnes minutes se sont écoulées depuis que je me suis posé devant la télévision, mais je ne parviens toujours pas à trouver le sommeil. Même le joli minois du président français ne m’aura pas attiré vers les bras de Morphée. Je soupire et me résigne en éteignant le poste. La pièce s’assombrit aussitôt l’écran devenu noir, mais je parviens encore à percevoir mon reflet dans la télévision grâce à la lumière de la lune. Durant quelques secondes, je reste immobile sur le canapé en fixant mon propre visage, mes mains jointes, mes coudes posés sur mes cuisses. Je ne m’en rends pas toujours compte au quotidien, mais le temps passe bel et bien. Quelques années plus tôt, je ne me serais jamais retrouvé dans cette situation. Hayden Yoshida n’aurait jamais passé une seule de ses nuits en solitaire parce qu’il n’arrive pas à dormir. Il aurait trouvé un(e) ami(e) qui lui aurait tenu compagnie car il n’aime vraiment pas être seul. « Tu as bientôt 29 ans. » me souffle une voix à l’oreille.

Et c’est quand je me rends compte que je suis sur le point de faire un bilan sur ma vie que je décide de quitter l’appartement.

Sans trop réfléchir, je retourne dans ma chambre et enfile la première tenue qui me vient sous la main : les vêtements de la veille, à savoir un pantalon et des chaussures noires ainsi une chemise blanche. Du bout des doigts, j’attrape mon trousseau de clé, mon portefeuille et emmène le paquet de cigarettes et le briquet que je m’étais pourtant promis de bannir…pour la dixième fois. C’est assez contradictoire de vouloir prendre une bouffée d’air et d’avoir envie de fumer en même temps, non ?

Mes jambes descendent rapidement les escaliers de l’immeuble et je me retrouve enfin à l’extérieur. Il fait bien plus frais ici-bas. J’inspire en profitant du calme inhabituel de la rue. Et sans plus tarder, je me mets en marche. Où ça ? Je dirais que je suis bien parti pour me rendre nulle part. Les mains dans les poches, je longe la rue de chance en quête de rien. Au croisement, je me remémore le départ d’Elora. Nous nous étions retrouvés un soir d’hiver aussi vite que nous nous étions quittés au lycée. Ce jour là, le ciel n’était pas aussi dégagé et les routes étaient blanches. En tant qu’ancien camarade, je lui avais proposé de dormir chez moi étant donné que tous les transports étaient bloqués. Cette nuit là, elle m’a embrassé et je l’ai repoussé, mettant fin à la moindre ambiguité qui aurait pu survenir si je l’avais laissée se rapprocher de moi, une fois de plus. Les iris rivés sur le ciel étoilé, je n’ai plus autant de certitude qu’en cette soirée de décembre 2015. Aujourd’hui, je me demande si j’ai pris la bonne décision.

(…)

Je crois que je n’avais plus autant marché depuis des années. Enchaînant réflexion sur réflexion, j’avais progressivement quitté le quartier Hiryuu et mes pas m’avaient emmené vers Hebi et ses quartiers huppés. En me baladant, j’étais repassé devant le temple où j’avais passé le nouvel an avec Yoite juste avant qu’il quitte Keimoo sans me laisser signe de vie. Cela m’a arraché un petit pincement au cœur, mais je pense être passé au dessus de ce petit attachement que j’ai eu envers l’ex-capitaine du club de natation. Et en parlant d’eau, me voilà arrivé sur la plage au sable blanc. L’air de la mer, c’est toujours quelque chose, me di-je en m’avançant vers l’étendue bleue se fondant avec l’horizon. Le soleil s’est levé depuis un moment maintenant. Il doit être un peu plus de cinq heures du matin et la ville commence à s’éveiller avec douceur. Moi, je ne suis toujours pas fatigué.

C’est avec dextérité que je retire mes chaussures et remonte mon pantalon jusqu’aux genoux pour approcher la mer. Plus j’avance et plus je sens le vent me résister. Pour la première fois de l’été, je plonge mes pieds dans l’eau salée. C’est bien différent de la piscine de l’académie, me dis-je en prenant un peu de recul pour m’asseoir là où le ressac ne pourra pas m’atteindre. Il ne me reste plus que deux précieuses heures avant que le quotidien et sa chaleur estivale étouffante ne revienne à la charge. Alors que je contemple le paysage d’un air semi-absent, je sens quelque chose glisser de ma poche. Mon briquet. Profitant du fait qu’aucun témoin de mon engagement à arrêter la nicotine ne soit là, j’allume une cigarette et la porte à mes lèvres. Bientôt, l’horizon sera rempli de fumée. Brûle, comme la tour du journal télévisé.

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Dernière édition par Hayden Yoshida le Ven 14 Juil 2017 - 17:57, édité 1 fois
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Lun 3 Juil 2017 - 23:37

Il n'y avait rien de tel qu'une nuit étoilés pour trouver de l'inspiration. Rien de mieux pour la petite Masuda, toujours en quête de nouveautés auditives. Une volonté de toujours se renouveler. Le concert qu'elle avait donné quelque jours plus tôt avait était un triomphe. Plus que cela même, une véritable naissance aux yeux du grand public. Si elle avait toujours eu sa petite popularité dans les festivals, elle venait de passer un cap. De nombreuses propositions lui avait étaient faites pour donner des concerts dans les jours, les semaines et les mois a venir. Rarement de grandes salles, mais c’était le début de la reconnaissance de son travaille. Mais ce n’était qu'elle, Jonathan avait travaillé nuit et jour pour obtenir ce résultat. Et elle lui en était infiniment reconnaissante. Ce n’était pas un manager pour elle. C’était un ami.

Elle avait refusée de donner un trop grand nombre de ces spectacles. D'une part car elle avait toujours une appréhension, qu'Haneko et son dernier concert avaient dissipés en grande partie, mais qui restait néanmoins toujours dans un coin de sa tête. La peur de décevoir son public était sans doute la seule chose qui pouvait l’inquiéter dans la vie. D'une autre part, parce qu'elle se devait d’être assidue dans ses études, pour pouvoir choisir d’arrêter quand elle le souhaiterait. Personne ne pouvez faire de remarque quand vous étiez le meilleur. C’était dans cette optique qu'elle travaillait, et, si elle n’était pas la première de la classe, ses résultats étaient largement dans la moyenne haute.

Mais la raison finale, était qu'elle détestait refaire les mêmes choses. Les groupes qui faisaient une tournée mondiale en reprenant les mêmes tubes a chaque concert ? Ce n’était pas pour elle. Chaque spectacle devait être unique. Les gens qui étaient la devaient pouvoir se dire une fois sortit, « ce que j'ai vu ce soir, personne d'autre ne le verra jamais en direct a part moi ». Ses démonstrations devaient chacun avoir une identité propre, un nom, un caractère, une image. C’était une personne qu'elle modelait de A a Z, qui naissait a la première note, avant de mourir a la dernière. Mais pour avoir ce résultat, il fallait toujours réfléchir, toujours composer, toujours se renouveler. Avec son imagination musicale, elle était parfois capable, dans les bons jours, de composer deux partitions en vingt-quatre heure. Rarement parfaites, ces ébauches étaient toujours améliorables, et constituaient une bonne base de travaille.

Les paroles, c’était une autre histoire. Varier les styles, c’était également dans les textes que cela devait se matérialiser. Et pour cela, il n'y avait rien de mieux que cette nuit la. Il faisait chaud, mais la disparition de l'astre solaire avait permis a l’atmosphère de respirer un peu plus convenablement. Elle avait joué de la guitare dans un bar du centre de Keimoo jusqu'à une heure du matin. Puis quand il avait fallut fermer boutique, elle avait du bouger ailleurs. Déambulant vers la plage, son unique point de ralliement. C’était la seule idée qui lui était passé par la tête. Ça et aller voir Haneko. Mais connaissant son père, qui était assez stricte, sonner chez eux a une heure du matin était sans doute une mauvaise idée.

Elle avait atteint la longue étendue de sable. Une heure durant, elle s’était allongée et avait simplement réfléchie a la suite. A ce qu'elle pourrait faire une fois les études totalement terminés, quel concert devait elle effectuer en priorité, quel style mettre plus en avant. Elle avait également eu en tete pendant un petit moment sa relation avec les gens, et surtout avec ses deux meilleurs amies, Reira et Haneko. La première etait bien loin, et meme si elle avait pendant longtemps pensé a un abandon, aujourd'hui, elle comprenait. Haneko, etait bien en chaire et en os a ses cotés a longueur de temps, et d'ailleurs, elle se demandait parfois pourquoi une femme comme elle passait autant de temps avec une gamine. Elle se plaisait a se dire qu'elle devait être mature pour son age.

Cette heure passa a une vitesse folle, selon elle. Elle en prend une autre pour réfléchir a ses chansons. Des paroles viennent et vont, a une vitesse beaucoup trop rapide pour qu'elle puisse vraiment les noter dans un coin de son esprit. Tantôt mélancolique, parfois romantique et pratiquement toujours rêveuse, elle s'essaye au réalisme, tente de garder les pieds sur terre. La petite Masuda ? Les pieds sur terre ? Impossible, elle en était l'exact opposé. Si son corps était sur cette terre, son esprit, lui, était au milieu de toute ces étoiles qui dansaient devant son regard nuit après nuit.

Impossible de trouver un quelconque sommeil, elle n'avait donc pas envie de rentrer. Ce n’était peut être pas tout a fait sur de rester ici seule pour une adolescente d'a peine plus de seize ans. Mais sa guitare a la main, elle passa encore deux nouvelles heures a gratter méthodiquement, sans vrai lien entre les notes, les cordes raides par le jeu des petits doigts de l'artiste. Le temps arrivait au matin, laissant la nuit. Mais la lune n'avait pas encore laissé sa place au soleil et a la chaleur étouffante qui ne manquerait pas de venir l'ennuyer. Pas trop chaud, pas trop froid, voilà l’idéal. Il était quatre heure. Peut être cinq. Et comme pour dire au revoir a ses amis étoilés, elle chanta, en jouant d'une façon plus sonore, plus compacte, sans meme réfléchir au fait qu'elle pouvait déranger quelqu'un a proximité. Qui serait la a une heure pareille de toute façon.

♪ aimo aimo 
ne-deru ru-she 
noina miria 
enderu purodea 
fotomi

koko wa attaka na umi dayo

ru-rei rureia 
sora wo mau hibari wa nami da 
ru-rei rureia 
omae wa yasashi midori no ko

aimo aimo 
ne-deru ru-she 
noina miria 
enderu purodea 
fotomi

koko wa attaka na umi dayo ♪


Une version simple d'une chanson qu'elle chantait depuis longtemps, provenant d'un anime qu'elle regardait plus jeune avec son frère. Pas pour l'anime, mais pour l'ost, qu'elle trouvait encore aujourd'hui d'une grande qualité, et qui lui avait servie d'inspiration pour de nombreuses partitions. Elle soupira en tombant allongée dans le sable. Le quotidien, la vie, revenait souvent beaucoup trop brutalement a son goût, quand elle sortait de sa bulle musicale. Et aujourd'hui, les étoiles disparaissaient trop vite de son champ de vision...
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Mar 4 Juil 2017 - 23:05

Assis face à la mer, j’observe les cendres de ma cigarette se mêler au sable humide. Un coup de vent plus tard, elles ont disparu. Envolées, comme l’avion qui m’avait porté sur l’autre continent dix ans plus tôt. Je n’y suis plus retourné depuis, sur les terres de mon enfance. Pour moi, ce que l’on appelle encore parfois « Le nouveau monde » est assez ironiquement symbole du passé, de mon passé et de ma famille. En parlant de famille : on dirait que j’ai oublié de prendre mon téléphone portable en désertant l’appartement comme un voleur. Tant pis, Chris fera sans moi ce matin. Ce n’est pas comme si l’adolescent allait s’inquiéter de ne pas me voir en se levant de toute façon. Je soupire et reporte mes iris émeraude sur l’horizon. Tout aurait été si différent si nous avions pu rester de l’autre côté du pacifique, si elle n’était pas allée au travail ce matin là. Je ferme les paupières et inspire profondément l’air marin dont l’odeur iodée forme une étrange harmonie avec la texture humide et salée roulant sur mes joues.

Non, je ne suis pas en train de pleurer. Tout ça, c’est parce que je n’arrive pas à dormir.

Quand je rouvre les yeux, je remarque que ma cigarette m’a échappé des doigts. D’un geste habile, je la ramasse et l’éteins définitivement. Je n’aurais pas tiré dessus très longtemps, on ne pourra alors pas considérer cela comme une trahison à mon engagement de me libérer de mon addiction. Après avoir longuement soufflé, je me sens prêt à reprendre la route. Jusqu’où mes pas me mèneront-ils cette fois ? Je suis assez curieux de le savoir. Mes chaussures dans ma main droite, une mèche de cheveux replacée derrière l’oreille, je me remets en marche au bord de la mer, les pieds dans l’eau, parfois. C’est au bout de cinq minutes d’aventure que mon regard croise la première silhouette humaine depuis le début de mon escapade. Je n’y prête pas plus d’attention que ça, au début, jugeant que chacun a ses raisons de se retrouver sur la plage de si bonne heure. Ce n’est pas comme si elle y avait passé la nuit, n’est-ce pas ?

Je continue alors d’avancer, le soleil dans mon dos, les bras le long du corps. Alors que je ne comptais pas m’arrêter avant une bonne heure au moins, je suis interpellé par les harmoniques en provenance de la silhouette de tout à l’heure. Maintenant que je me suis un peu rapproché d’elle, je peux l’entendre, elle et son instrument. C’est une voix claire et puissante, ce doit être une jeune femme dans la vingtaine tout au plus. Même si je peux discerner le rythme d’ici, je ne parviens pas encore à comprendre les paroles. Je continue de la fixer durant quelques secondes pour m’imprégner de la mélodie. Douce et teintée d’une forme de mélancolie. Ca ne pouvait pas mieux tomber. Si elle me voit, elle doit probablement penser que je suis un peu étrange, à la fixer de loin. Il vaudrait mieux que j’aille me présenter pour éviter les malentendus. Avec les temps qui courent, elle aurait tout à fait le droit de ne pas se sentir en sécurité.

Sa voix résonne encore sur la plage au moment où j’arrive à sa hauteur. Les traits de son visage deviennent alors plus nets, la voix ne m’est plus inconnue. Quel coup de théâtre ! Je reste bouche-bée en continuant de m’avancer. Je savais qu’elle était au club de musique et qu’elle avait une certaine passion pour le chant, mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle fasse partie de ces artistes qui communient avec la nature pour regagner de l’inspiration. Tout à coup, ce sont d’autres préoccupations qui me viennent à l’esprit. Depuis quand Masuda-san était-elle ici ? Est-ce que sa famille est au courant ? Je pourrais prendre un air grave et la réprimander, mais je décide d’agir comme un voisin et allié plutôt qu’en tant que professeur qui pourrait la sanctionner. Je ne veux pas la braquer, au contraire. J’attends donc qu’elle termine son couplet et s’allonge dans le sable pour applaudir et prendre la parole.

« Bonjour Masuda-san ! »

Oublié le coup de blues d’il y a quelques minutes, il s’est évadé dans les vagues grâce à la musique salvatrice. Il n’y a plus qu’à espérer que mes yeux ne soient pas rouges ou qu’elle ne le remarque pas. Elle semble avoir émergé. En quelques secondes, j’ai brisé sa bulle et je devrais peut-être m’en excuser, qui sait.

« Vous êtes bien matinale. »

Quand je pense à mon frère qui est d’un an son aîné et qui reste au lit jusqu’à treize heures après une trop longue soirée passée sur les jeux vidéo. Un sourire naît au coin de mes lèvres. Je suppose que chaque ado vit à son rythme et j’ai bien du mal à me rappeler de comment je gérais mes nuits, à l’époque. Je m’étonne tout de même de ne pas avoir croisé la route de la jeune fille plus tôt, étant donné que nous avons eu le même point de départ. Se pourrait-il qu’elle ait littéralement passé la nuit sur la plage ? Ce serait inconscient de sa part. Ma nature curieuse prend le dessus. Il me faut cette information.

« …ou peut-être êtes-vous simplement une couche-tard de l’extrême ? »

Je lui adresse un sourire bienveillant pour la mettre en confiance. Je le vois tous les jours dans mon métier : les adolescents ont besoin d’un cadre, mais aussi de bienveillance. De plus, je ne suis pas un total étranger pour la lycéenne. Je suis son professeur principal ET son voisin de palier. Coup de bol ou poisse total. Cela ne dépend que d’elle. Je n’ai jamais eu à me plaindre de ses résultats ou de son comportement en classe. Maintenant, je ne sais pas vraiment ce qu’elle pense de mon enseignement. Debout, face à elle, je jette un œil à sa guitare. Je ne m’y connais pas très bien, mais c’est un beau modèle. Elle semble être à l’image de sa propriétaire : jeune et resplendissante. A l’approche de mes trente ans, je ne sais pas si je suis encore dans le droit de me qualifier ainsi.

« C’était une belle chanson que vous avez interprétée tout à l’heure. De qui est-elle ? »

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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Mer 5 Juil 2017 - 17:36

Il y a l'instant présent, ou la musique l'envahit de toute part, la faisant presque voler dans les airs. Elle vibre de tout les pores de sa peau, et c'est ce qu'elle cherche a communiquer dans ses spectacles. Et sa force, c'est qu'elle le fait sans forcer. Il suffit qu'elle se plonge dans cet univers pour parvenir a la faire suivre par de nombreuses personnes. Ils entrent alors eux même dans cette atmosphère totalement nouvelle ou il n'y a plus les problèmes du quotidien pour entraver leurs pensées. Allongée dans le sable, c’était ce qu'elle aimait se dire afin de trouver une justification a ses spectacles. Elle n'en avait pas vraiment besoin, tout ce qu'elle faisait, c’était avant tout parce que cela lui faisait plaisir a elle.

Elle fut surprise d'entendre des applaudissements. A cette heure matinale, bien que pour elle c’était plutôt une heure tardive. Il y avait une mince chance pour que ce soit quelqu'un du bar qui n'avait pas non plus trouvé le sommet âpres la soirée ? Presque quatre heure plus tard, c’était plutôt faible comme chance. Aussi elle tourna la tête. Elle s'attendait a n'importe qui ou presque, et pourtant elle sembla surprise, ses grands yeux s’arrondissant légèrement, avant qu'un sourire apparaisse sur son visage, elle se leva lentement, faisant partir les quelques grains de sable de sa robe d'été d'un revers de main. Puis elle s'inclina solennellement, les mains l'une dans l'autre dans son dos.

- Bon matin a vous, sensei, je ne m'attendais pas a vous voir ici....mais en même temps, je ne vous connais pas vraiment donc je ne sais pas si c'est une habitude ou....

Elle s’arrêta, masquant sa gêne. Elle ne parlait pas avec un ami ici, mais un professeur, elle se devait, de par son age, sa position, mais surtout, du fait de son statut de fille cadette de la famille Masuda, de ne pas franchir une certaine ligne. Si son frère avait depuis longtemps rejeté cette idée de devoir porter le nom de sa famille, mais malgré les différents qu'elle avait avec sa mère, elle se devait de faire respecter sa famille au sein de la ville, et encore plus au sein de l'université, qui était prestigieuse après tout. Un sourire tenta de masquer sa phrase, et elle fut soulager qu'il reprenne la parole.

L'entendant parler d’horaires, elle se mordit la lèvre pour ne pas lui retourner la question. Il faisait parti des professeurs les plus jeune de l'école. Il était plutôt beau, attirant l’intérêt d'un grand nombre d'étudiante, bien que cela ne semblait pas vraiment l’intéresser. Il laissait sur son sillage une image d'homme parfait, en tout point, avec une vie pleine de réussite, et de promesse future. Certain dirait qu'il n'était que professeur de mathématique, mais d'autre soulignerait qu'il l’était a l'université Keimoo.

- Je suppose que mentir ne sert a rien, ce n'est pas comme si j'étais sous le coup d'un couvre-feu quelconque de toute façon. Je suis la depuis quatre ou cinq heures. J'ai fais un petit concert dans un bar hier soir, et quand il a fermé, je ne savais pas trop ou aller.

En vérité, elle s'en rendait compte maintenant, elle avait eu le cafard. Ces soirées, plusieurs années avant, elle les avaient partagés avec Reira, son amie partie a Tokyo depuis. Malgré le fait que tout allait bien dans sa vie, elle ne pouvait s’empêcher d'avoir envie de temps en temps de revenir a cette époque ou la gamine qu'elle était pouvait s'en remettre totalement a son aînée, se consacrant entièrement a sa musique.

- Enfin bref, on peux dire que je me suis cultivée a travers la marée.

Elle le regarda de haut en bas, en l'imaginant lui même seul face a l’immensité de l'océan, alors que c’était pourtant l’archétype même de la personne qui semblait n'avoir aucun problème dans la vie. Elle remarqua légèrement, en fixant son regard, que ses pupilles semblaient plus dilatés que la normale, chose qu'elle avait déjà observé chez son frere au retour de quelques soirées un peu « ouverte ». Après tout, un homme restait un homme, se dit elle en soupirant intérieurement. Elle fut cependant bien plus électrisé par la question suivante. Il venait sur son terrain, dans son univers. Si il était intéressé, alors elle ne pouvait le laisser comme ça :

- Vous me fait plaisir, sensei ! Pour tout vous dire, je n'en ai plus aucune idée, cela vient d'une série que je regardais quand j'étais plus jeune, avec l'une de mes sœurs. Léa, vous la connaissez peut être ?

Une image apparut devant ses yeux, et de cette image, une note de musique. C’était souvent qu'elle avait des flashs de la sorte. C’était un peu pour cela qu'elle était restée devant l'eau, afin d'essayer de forcer cette habitude. Et son professeur lui avait permis de l'atteindre. Elle s'inclina comme pour s'excuser, et se retourna vers la house de sa guitare, en sortant un petit carnet et un crayon ou elle se mit a griffonner des phrases, ou plutôt deux phrases, ainsi que des notes de musique éparpillée un peu partout sur le papier. Elle hocha la tète, plutôt satisfaite, avant de se relever, le carnet a la main, chantonnant a voix basse comme pour répéter ce qu'elle venait d'écrire. C’était trop bas, intelligible, mais assez pour remarquer le sérieux qu'elle mettait dans son œuvre.

- Sensei, qu'est ce que vous aimez comme musique ? Je pourrais vous chanter quelque chose en avant première, puisque vous m'avez trouvée. C'est un peu une récompense, pour avoir déniché l'endroit ou j'essaye de m'inspirer et de me renouveler pour mes futurs spectacles.

Elle gardait les yeux braqués sur lui, toute son attention basé sur cette question musicale qu'elle venait de lui poser.
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Ven 7 Juil 2017 - 23:42

Ses doigts grattaient les cordes de sa guitare avec délicatesse alors que je m’approchais d’elle sans qu’elle me remarque. Protégée par sa bulle artistique, elle chantait, vibrait au rythme de la mélodie qu’elle interprétait. Arrivé à sa hauteur, je comprenais les paroles teintées de nostalgie et de mélancolie. Et soudainement, elle s’arrêta et son univers se referma alors qu’elle s’allongeait sur le sable fin de la plage, sans doute épuisée après une nuit blanche de travail. C’est le moment que je choisis pour l’applaudir, la faisant ainsi se reconnecter à la réalité. De manière assez égoïste, je l’obligeais à me rejoindre pour échapper à la solitude que je détestais tant. Le vide autour de moi disparu et l’océan ne me paru plus aussi oppressant qu’avant. Elle se releva pour me saluer, et je lui souris. Elle semblait surprise de me voir ici, sans doute autant que moi au moment où j’ai découvert à qui j’avais à faire un peu plus tôt, et elle commença à émettre des hypothèses sur mes habitudes avant de s’arrêter de parler sans jamais aller au bout de son raisonnement. Je le voyais dans son regard, dans ses yeux : elle était gênée.

(…)

« Pas vraiment, j’ai eu du mal à trouver le sommeil pour être honnête avec vous. Au final, je ne l’ai pas trouvé du tout. »

Règle numéro un pour que quelqu’un vous fasse confiance : ne pas lui mentir. En plus, il je n’ai rien à lui cacher en ce qui concerne mon insomnie. Puisque je veux savoir si elle a – oui ou non – passé la nuit seule ici, il vaut mieux pour moi que j’installe une bonne ambiance entre nous. En ce moment même, je ne désire pas qu’elle me voit comme un adulte, je veux que l’on parle d’égal à égal, à cœur ouvert. Pour cela, je ne passe pas par quatre chemins et lui pose directement la question à laquelle elle répond du tac-au-tac. J’apprends donc que cela fait au moins quatre heures qu’elle se trouve sur la plage et qu’elle avait donné un concert la veille, dans un bar local. Sûrement peu motivée par le trajet à effectuer jusqu’au quartier Hiryuu, elle avait choisi de s’installer ici pour y trouver l’inspiration « à travers la marée ». J’ai beau comprendre, au moins un peu, il n’empêche que ça aurait pu tourner au drame si des gens mal intentionnés avaient été alertés par son chant.

« Votre frère ou un adulte était au courant ? »

Oubliées, mes bonnes résolutions – comme l’arrêt de fumer d’ailleurs – le rôle de professeur me colle à la peau et je ne peux m’empêcher de poser les questions typiques d’un enseignant. C’est dans son intérêt me dis-je pour justifier mon intrusion dans sa vie privée. Il faut qu’elle prenne conscience qu’elle a eu de la chance aujourd’hui. Du haut de ses 17 ans, en plein développement de sa carrière artistique, la jeune femme paraît mature, mais je ne dois pas oublier que je reste face à une adolescente. Ayant été moi-même étudiant à Keimoo, je sais que tous les habitants ne sont pas roses. Je n’aime pas faire la morale lorsque cela n’est pas nécessaire, mais il me semble qu’une mise au point soit nécessaire.

« Masuda-san. Je suis content que vous puissiez faire des concerts et vivre pleinement de votre passion, mais…il aurait pu vous arriver des choses graves !  Bref. »

Je n’ai pas mon téléphone sur moi alors je ne peux pas contacter Arata-san sur le champ, mais je me fais la promesse de lui dire qu’il devrait être un peu plus vigilant avec sa sœur.  Après quelques secondes, mon rythme cardiaque revient à la normal. Plus calme une fois que les choses aient été mises au clair, je me permets de clore la parenthèse et de passer à autre chose. La lycéenne semble être du même avis que moi, décidée à ne plus parler de choses qui fâchent pour le moment. Pour enterrer définitivement cette discussion, je choisis de revenir à la musique interprétée tout à l’heure, de la complimenter sur ses qualités vocales et de la questionner sur l’auteur original. Son attitude change du tout au tout et elle retrouve le regard pétillant qu’elle avait lorsqu’elle jouait de son instrument. Elle me dit alors que la chanson provient d’une série qu’elle regardait avec l’une de ses sœurs, Léa. Comme elle me pose la question, je me mets à réfléchir à la connaissance d’une autre fille Masuda, mais rien ne me vient à l’esprit. Il y a bien une fille blonde que je vois régulièrement dans leur appartement, mais elle ne lui ressemble pas, je crois. Je secoue la tête de gauche à droite.

« Je crois que je ne connais que votre frère dans votre famille…Vous ne vivez qu’avec lui, non ? »

Sans que je comprenne ce qui lui arrive, elle prit brutalement un air absent avant de commencer à écrire des choses sur un carnet. La voilà replongée dans son univers. Respectueux de son cadre professionnel, je la regarde faire sans dire un mot. Elle semble avoir eu un de ces éclairs de génie propres aux artistes. C’est bien quelque chose que je ne pourrais jamais comprendre, je crois bien. Si j’ai choisi les mathématiques, c’est probablement par attachement à la stabilité. Les mathématiques sont une discipline pure et abstraite, intouchable par le monde réel. L’art, au même titre que les sciences empiriques, est beaucoup plus complexe. Il nécessite des remises en question perpétuelles et n’est, selon la croyance, jamais abouti. De quoi rendre fou.

Le crayon dans sa main s’arrête de bouger. Elle hoche la tête avant de revenir à moi pour me demander quel genre de musique j’aime. Je hausse les sourcils, très surpris par ce revirement à 180 degrés. Elle veut me chanter quelque chose en avant-première pour me récompenser. J’éclate d’un rire franc. Je n’ai rien fait de particulier pour mériter ça, mais je vais quand même jouer le jeu. Je ferme les yeux pour faire le vide et tenter de décrire le genre musical qui me correspond le mien. Ma tête me dit que j’apprécie tout ce qui est pop-rock, electro, tout ce qui est moderne en somme, mais mon cœur semble avoir une autre réponse. Quand je tente d’imaginer une musique qui m’est agréable à écouter, je repense à mon enfance, aux balades de Times Square au bras de mes parents. Un peu partout, il y avait des artistes de rue troquant leur âme pour quelques pièces et applaudissements. Je suis né à la fin des années 80, mais la rue restait encore inspirée par le jazz. En arrivant au Japon au début du nouveau millénaire, j’avais oublié toutes ces inspirations jusqu’au jour où, dans un bar, un chanteur avait interprété une vieille chanson des années 50. Au fond de moi, je brûlais d’envie de lui demander si elle connaissait But not for me, mais au final, je me dégonfle, ne voulant pas l’importuner avec une chanson en anglais qui a plus du triple de son âge.

« Je n’ai pas spécialement de préférence. N’importe quoi me ferait plaisir, si cela vient de vous. »

Je lui adresse un clin-d’œil, avant de reprendre la parole.

« Pourquoi ne pas m’interpréter l’une des chansons que vous avez donnée en concert hier soir ? »

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Dernière édition par Hayden Yoshida le Mar 11 Juil 2017 - 19:26, édité 3 fois
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Sam 8 Juil 2017 - 21:57

La petite Masuda n'avait peur de personne. Mais ce n’était pas a cause d'une grande confiance en ses aptitudes, d'une attitude rebelle quelconque, ou de l'envie de se frotter a plus fort que soi, de vivre des sensations fortes. Non, elle n'avait littéralement peur de personne, car elle était naïve. Elle ne voyait que le bon coté de la vie et des gens, sans même ne serait ce que réfléchir a une possibilité de la venue d'un événement plus dramatique. Si quelqu'un venait dans la rue l’interpeller, peux importe son apparence, rassurante, louche, elle s’arrêtait, lui faisait son traditionnel sourire, et entamait la conversation comme si elle s'adressait a un vieil ami. Il lui arrivait souvent de jouer de la musique avec les sans abris, ou alors pour eux, ramenant de la petite monnaie a ces nécessiteux, qui n'avait pour la plupart rien demandé.

Elle écouta poliment ce que disait son enseignant. Il avait raison, bien sur, mais elle s'en moquait intérieurement, parce qu'elle n'avait absolument aucune idée du danger. Elle savait ce qui pouvait se passer, a d'autres endroits, dans d'autres pays, dans d'autres vies. Mais ce n’était pas la sienne, et elle avait le mérite d’être persuadée qu'elle pourrait toujours résonner une personne qui venait s'en prendre a elle. Elle hocha la tête en l'écoutant demander si un adulte etait au courant de sa présence ici. Personne ne le savait, parce que de toute façon, elle n'avait, selon elle, pas vraiment de compte a rendre a personne. Elle ricana légèrement en répondant :

- Si vous pouviez convaincre mon frère d’être avec moi, ca serait super, lui qui déteste jouer de la musique, quand il est avec moi, il ne peux pas me le refuser. Et j'adore faire des duo avec lui. Il est extrêmement doué ! Vous saviez qu'il a maîtrisé le piano extrêmement jeune ? C'est la personne la plus jeune que je connaisse, il était extrêmement talentueux. Dommage que la mante-religieuse lui ai mis le grappin dessus. Enfin, il est extrêmement sportif, il pourrait devenir professionnel si il y mettait un peu du sien.

Son visage s'assombrit légèrement. Bien sur elle ne précisa pas qu'elle avait maîtrisé le piano bien plus jeune encore, en imitant les exercices de son aîné. Mais si elle ne le disait pas, c'est parce qu'elle le vénérait tellement qu'elle ne se rendait pas compte qu'elle était meilleur que lui dans certain discipline, ne voyant plutôt que celle ou il excellait, comme le sport, entre autre. Elle pensa a d'autres adultes qui pourraient etre au courant, comme ses parents, et elle rigola, mais cette fois intérieurement. Elle passa sa main sur une mèche de cheveux, la plaçant derrière son oreille avec délicatesse, sans y penser :

- Sinon vous pourriez prévenir mes parents, mais je vous conseille de ne pas perdre votre temps avec eux. Il s'en moque de ce que je fais ou de ou je suis. Si il m'arrivait quelque chose, la seule raison qui feraient qu'une quelconque émotion les traverserait, serait d'avoir leurs noms dans les journaux pour autre chose que leurs métiers respectifs.

Elle préfère revenir sur la musique. C'est son domaine, et l'éclat de ses yeux revient immédiatement, accompagné par le fait qu'elle mentionne sa sœur Léa. En dehors d'Arata, Léa est le membre de la famille qu'elle préfère. Il y a bien sa sœur aînée, qu'elle compare plus facilement a ses parents qu'au reste de la fratries. On pourrait dire qu'il y a deux clans dans la famille, les parents, et les trois derniers, avec l’aînée qui sert d'arbitre. Ayame n'a jamais réfléchis a sa place. La ou elle était, c’était du coté de ceux qu'elle estimait, Léa et Arata, plus que tout.

- En fait, Ara-nii et Lé-nee sont en colocation. Et officiellement je vis encore dans la maison de mes parents, ou ils ne sont jamais d'ailleurs, mais je préfère rester dormir chez mon frere et ma sœur. Je ne suis de toute façon pas très grosse, ils peuvent bien me faire de la place dans leur lit respectifs. Et au pire, Ara-nii peux dormir sur le canapé.

Elle eu un air amusée en disant cela, signe qu'elle tenait bien son frère a la baguette. Plus proche de la musique, la discussion vient alors sur ce qu'aime écouter le professeur de mathématique. Elle pense qu'il va donner un exemple de musique a la mélodie plutôt répétitive. Quelque chose d'établis, de concret, de rationnel. Elle avait d'ailleurs déjà réfléchis a des possibilités, s'amusant elle même d'une devinette qu'elle n'avait même pas vraiment posé. Elle semble alors déçu de la réponse, et croise les bras sous sa poitrine d'un air agacée :

- Ce n'est pas drôle si vous ne faite pas un effort. Enfin, si vous voulez que je vous fasse écouter une musique d'un de mes concerts, je le ferais en échange d'une réponse franche. Ou au moins un indice !

Elle semblait prendre ça a l'amusement, plutôt que sérieusement. Mais la musique était un jeu a la chaleur chatoyante, c’était ce qui la motivée, actuellement, sur cette plage. Créer une nouvelle bulle ou les deux interlocuteurs, en l’occurrence elle et son professeur principal, trouverait une entente a travers la musique. Et cet art était telle qu'elle n'avait aucun doute sur le fait de pouvoir y parvenir.

- Je présume que vous n’êtes pas vraiment variété contemporaine. Et vous n'avez pas trop la tête de quelqu'un qui écoute des opening et des ending d'animés. Du classique peut etre ? Pas du metal, impossible.

Elle s'esclaffa a cette idée :

- Dites moi ! Je suis curieuse maintenant !
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Dim 9 Juil 2017 - 21:10

Mes mots semblaient rebondir sur la lycéenne, un peu comme si sa bulle musicale la protégeait également des mauvaises intentions que peuvent avoir les humains, et en plus particulièrement les hommes ivres. Je soupire. Personne n’est au courant qu’elle a chanté à la belle étoile, ni qu’elle a présenté un spectacle dans un bar. Ayame Masuda me faisait penser à un être coincé entre la naïveté de l’enfance sur le plan social, et la maturité d’adulte au niveau professionnel. J’ai pu en avoir un aperçu tout à l’heure : vocalement, elle est prête à devenir un talent national. Cela ne doit pas m’empêcher de la considérer comme l’adolescente qu’elle est, c’est pourquoi – un peu à contrecœur – je me vois la réprimander pour lui rappeler que le monde de la nuit n’est pas constitué uniquement de lucioles et d’étoiles. Elle rit, un peu amèrement, avant d’entamer un monologue sur son frère aîné qu’elle dit beaucoup admirer, notamment parce qu’il a maîtrisé son instrument très jeune. Pour être honnête, je ne savais même pas qu’il avait un jour été pianiste, sans doute parce qu’il déteste jouer comme elle l’a dit.

Les traits de mon visage s’adoucissent légèrement en l’écoutant déballer les louanges. Ce n’est pas Chris qui en dirait autant de moi alors je ne peux être qu’ému lorsque je vois une relation aussi fusionnelle entre frère et soeur. Concernant sa requête de faire venir Arata à ses représentations, je ne suis pas sûr d’être en position de faire cela, mais je lui assure que je lui en toucherai quelques mots.

« Je ferai ce que je peux pour motiver votre frère, mais je ne vous promets rien. »

En relevant les yeux vers son visage, je l’observe passer une mèche de cheveux derrière son oreille. L’air pensif, elle reprend la parole pour me conseiller de ne pas perdre mon temps avec ses parents parce qu’ils ne lui portent aucune attention. Je ne sais pas trop comment réagir face à cette attaque. Il est vrai que je n’ai jamais rencontré les parents Masuda, autant lorsque leur fils était en compétition au club de natation, que lors des réunions parents-professeurs. Toutefois, je ne peux pas leur jeter la pierre, ils sont loin d’être des cas isolés à l’académie Keimoo où la plupart des étudiants ont des parents à travaillant à l’autre bout de la planète. Et quelque part, ma famille n’a pas été plus présente pour mon frère cadet. Quand je pense à Christopher, je me dis qu’il n’avait que grand-mère à la maison étant donné que j’étais moi-même parti pour me reconstruire et ne pas avoir à affronter le manque d’une certaine personne autour de la table. Ne sachant pas quoi répondre à la jeune femme qui venait de se confier à moi – sans trop rentrer dans la sphère privée -, je me contente de lui adresser quelques mots de soutien.

« Je suis sûr qu’ils ont juste du mal à montrer leurs sentiments. Toutefois, nous en discuterons si je me suis amené à les rencontrer. En attendant, je pourrais vous accompagner de temps en temps si vous êtes d’accord. »

Pour la rassurer, je lui souris en plantant mon regard émeraude dans le sien en signe de sincérité. L’image de mon frère revient alors hanter mon esprit en repensant au jour où il a hurlé sa rage au visage de notre père. D’une certaine manière, je ne voulais pas que le même schéma se reproduise avec la jeune Masuda. Ce jour là encore, j’avais été impuissant et avait assisté au cri désespéré d’un adolescent sans pouvoir le calmer. Mon cœur se resserre dans ma poitrine. Je décide de changer de sujet pour ne pas que cette discussion tombe dans le malaise absolu. Fort heureusement, elle est réceptive et parler de musique la fait instantanément changer d’attitude. Ses yeux pétillent, mais le sujet de la famille persiste puisqu’elle me parle désormais de sa sœur Léa. Je ne pensais pas la connaître, mais il se trouve qu’elle est plus proche que je ne l’aurais imaginé. J’apprends donc que l’adolescente n’habite officiellement pas dans l’immeuble et que c’est son autre sœur qui est la colocataire officielle d’Arata. Je hoche la tête.

« J’ai peut-être croisé Léa une ou deux fois alors, mais je n’ai jamais vraiment échangé avec elle. »

Je fais un effort de visualisation, mais je ne me souviens pas l’avoir vue dans le couloir ou à la crémaillère de l’an passé. Peut-être n’est-elle pas fêtarde ? Alors que je tente de me rappeler du visage de la troisième personne que je vois régulièrement passer dans leur appartement, la musicienne m’interroge sur mes goûts musicaux pour me chanter quelque chose. Tout d’abord surpris par ce revirement soudain, je finis par étudier sérieusement la question. Un agréable vent marin souffle sur nous alors que je ferme les yeux pour me concentrer sur la musique. Très rapidement, la nostalgie fait son travail et un air de jazz des années de 50 s’empare de moi. Mais je suis bien incapable de lui faire cette requête, presque sûr qu’elle me traiterait de vieux si je lui disais. Au final, j’esquive la question, mais l’air boudeur qu’elle prend me fait comprendre qu’elle ne me laissera pas m’en tirer comme ça. J’éclate de rire. Est-elle en train de me menacer ? Toujours est-il qu’elle veut au moins un indice.

« Essayez de deviner. »

Lui dis-je en riant encore. Elle se met alors à procéder par élimination en jugeant sur des critères subjectifs. Pas de variété contemporaine, pas la « tête » à écouter des génériques d’animes, pas de métal, mais peut-être du classique. Je repense à la discussion que j’ai eue il y a quelques années avec l’une de mes collègues en littérature et grimace. Pas vraiment de classique, non. D’un air amusé, je regarde la benjamine des Masuda prendre la question bien plus au sérieux qu’elle ne le devrait. Est-ce encore un truc de musicien que je suis incapable de comprendre ? Être obsédé par les goûts musicaux des autres, c’est quelque chose qui me semble bien étrange. Bah. Je suis bien obsédé par les nombres pairs. La voyant frétiller d’impatience, je me résigne à lui apporter une réponse avant qu’elle n’implose sur la plage.

« Vous avez raison pour les animes et le métal, ce n’est pas vraiment mon domaine. Par contre, là où vous avez tort, c’est pour le classique et la variété contemporaine. Maintenant, en ce qui concerne une musique que j’aime… »

Je marque une courte pause, hésitant à lui répondre. Est-ce vraiment quelque chose que je dois lui cacher ? A priori, non. Et je jurerais que le rythme de But not for me s’est déjà immiscé dans mes veines. Mes orteils s’enfoncent dans le sable humide pour y creuser cinq petits trous. Je suis un peu embarrassé, mais si elle tient vraiment à le savoir…

« J’aime quelques morceaux de jazz américain des années d’après-guerre. »

Voilà, c’est dit. Je me gratte l’arrière de la tête. Maintenant elle va cesser de me voir comme un presque trentenaire et va directement me jeter dans la case des « papys ». En soi, ce n’est pas si important, mais ma jeunesse file déjà bien assez vite. Dans tous les cas, j’avais répondu à sa question. Trouvant que la température a soudainement monté d’un cran, j’ouvre le premier bouton de ma chemise pour laisser le vent accéder plus facilement à ma peau.

« Heureuse ? »

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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Dim 9 Juil 2017 - 23:16

Elle croise les bras devant la révélation qui vient de la frapper. Mais c’était évident en quelque sorte. Elle s'en voulait d'abord d'avoir fait deux erreurs. Le classique n’était pas aussi rependu que ça dans la société, elle était tout simplement au cœur de cette art a cause de sa famille. Quand a la variété, c’était évident que, même si on n’était pas un fan absolu, il était normal d'écouter un minimum. Elle pose la main sur son menton, fermant les yeux, en réfléchissant, semble t'il. Tout en faisant cela, elle prend la parole d'un air absolument pas concentré sur ce qu'elle dit :

- Vous pouvez me tutoyer, je pense que dans cet instant, précis, a cette heure, devant ce spectacle, vous n'avez pas besoin de monter ce genre de barrière entre nous.

Sa façon de parler envers un adulte, après les efforts qu'elle a fait précédemment pour garder ce respect envers son sensei, montre que sa bulle grossit de plus en plus, l’empêchant de penser rationnellement a la situation présente. Elle n'aurait jamais dis ça dans une salle de classe, a n'importe qui d'autre que lui, d'ailleurs. Mais en cet instant précis, il n'y a rien de plus futile, selon elle, que les conventions sociales. Il n'y a que la musique, sujet de conversation actuel, qui l’intéresse, ou plutôt, qui l'obnubile.

- J'ai honte de moi. Le spectacle maritime, la nuit, devant les étoiles, il n'y a aucun moment plus propice a l'invention du jazz.....c'est exactement cela que j'avais totalement occultée.....

Elle reprend son carnet, écrivant ce qu'elle vient de dire, pouvant sans doute l'utiliser dans une chanson. La mélancolie du lieu allait a merveille avec le caractère posé du Jazz. Une musique qui travaillait les tripes de ceux qui l'écoutait. Des fois c’était une histoire, des fois c’était juste une personne, ou un moment. Mais le rythme était crée pour faire ressentir une émotion directe. C’était ce qui avait manqué a son premier concert officiel. Ou plutôt, c’était ce qui ferait totalement la différence pour son prochain. C’était une idée géniale.

- D’après guerre ? Vous êtes amateur de free Jazz, non ?  La plupart des gens se sont retrouvés totalement subjugués par ce nouveau style. C’était un peu une révolution musicale, je trouve cela incroyable, j'aimerais tellement participer a quelque chose comme cela. La nouveauté, c'est ce qui fait vivre l'ancienneté. C'est une passerelle vers le futur.

Elle hocha la tête pour elle même plus que pour son professeur. Elle n'a aucune idée de savoir si il comprend ce qu'elle veux dire, ses phrases ne font pas toujours beaucoup de sens aprés tout. Un jour, Haneko a judicieusement dit que la jeune Masuda se servait de ses interlocuteurs comme des murs pour lui renvoyer ses très nombreuses pensées. C’était un peu ce qu'elle faisait, encore maintenant. Elle commença a réfléchir a une musique qui pourrait lui plaire. Ce n’était pas le style le plus simple a mettre en œuvre sans instrumentation digne de ce nom, et sa voix n’était pas non plus totalement parfaite pour ce style musical.

Elle secoua la tête lentement en attrapant sa guitare. Elle n'avait jamais apprit a jouer de la trompette ou du saxophone. Mais si ce n’était pas le même instrument, elle essaya de jouer un morceau extrêmement célèbre, d'un des pionniers du genre. « Lonely woman » était l'une des œuvres qui avait mené le free Jazz vers une nouvelle évolution. Sortie en 1959, c’était un peu une révélation dans le genre.

- Vous devez connaître Ornette Coleman alors ? J'aime beaucoup son œuvre, ce n'est pas pour rien que c'est une légende du genre.

Elle commença a gratter sa guitare. Au début, cela ne ressemblait a rien, et c'etait bien loin de la virtuosité de l’œuvre de la tête d'affiche du Jazz d’après-guerre. Mais petit a petit, de mémoire, elle trouva les accords et ses doigts se mirent a danser avec légèreté sur l'instrument. Elle tapait lentement du pied en fermant les yeux, comme possédé par son instrument.



C’était presque une réécriture de l’œuvre, et cela pouvait sans doute rebuté le puriste moyen, mais c’était pour cela qu'elle jouait. Non, pour cela qu'elle vivait. Pour innover. Elle joua ainsi pendant deux bonnes minutes, avant de relâcher sa main dansante :

- Je devrais vraiment apprendre a jouer du saxophone. Je ne sais faire que de la flûte traversière en instrument a vent. Vous savez jouer d'un instrument, sensei ?

Une autre mélodie lui passe par la tête. Un peu plus vieille, une de Miles Davis. Elle songe que ce musicien des années soixante-dix est peut être moins appréciable pour le professeur de mathématique, mais ses doigts recommencent a gratter, et prennent cette fois le rythme et le ton plus facilement. Comme si elle s’était assez échauffée après la première œuvre. La sonorité embrasse les embruns de l'océan, et s'accouple avec le bruit des vagues qui vont et viennent.



Elle s’arrête rapidement, plus rapidement cette fois, et sans crier gare, pose sa guitare et regarde sa longue robe qui lui tombe sur les pieds. Elle semble hésiter, mais elle sait de toute façon que Léa ne dira rien, elle lui choisira simplement un autre modèle. Elle l'attrape et la déchire juste au niveau des genoux, jusqu'à pouvoir avoir le vent caresser délicatement le bas de ses jambes, ses tibias. Elle soupire d'aise :

- Désolée, je parais peut être égoïste, mais j'ai envie de chanter, j’espère que cela ne vous dérangera pas. Mettez vous a l'aise, dansez, chantez avec moi !

Soucieuse cependant de rester agréable pour son spectateur improvisé, elle essaye de faire en sorte de rompre cette barrière enfant/adulte, ou encore professeur/élève, qui s’était immiscé dans sa tête plus tôt. Elle pensa a ce qu'elle pouvait chanter. Elle se devait de rester dans le même domaine. Et elle pensa a une chanteuse extrêmement célèbre vers l'époque qu’appréciait Hayden.

On pouvait voir deux choses en l'écoutant. La première, c’était que si elle était douée pour la musique, c’était une véritable virtuose en ce qui concerne la mémoire musicale. Il lui suffisait d'entre une partition deux ou trois fois, de la jouer légèrement, pour la graver dans sa mémoire. Il lui arrivait d'en oublier, mais ce n’était pas si fréquent. Et c’était pareil pour les paroles, qui restait graver en elle, sans limite de temps. La seconde était que, si son niveau de compréhension en Anglais était correct, passable tout au plus, elle avait effectué un vrai travail au niveau de l'accent et de la prononciation, si bien qu'on pouvait la prendre presque pour une native, ou a défaut, pour quelqu'un ayant déjà vécue plusieurs mois en Angleterre ou aux Etats-Unis. Indispensable pour faire de la chanson, il lui suffisait ensuite de connaître les paroles par cœur. Meme sans savoir ce qu'elle chantait, elle le chantait a la perfection.

♪ Summertime,
And the livin' is easy
Fish are jumpin'
And the cotton is high

Oh, Your daddy's rich
And your mamma's good lookin'
So hush little baby
Don't you cry

One of these mornings
You're going to rise up singing
Then you'll spread your wings
And you'll take to the sky

But 'til that morning
There's a'nothing can harm you
With your daddy and mammy 
Standing by
Don't you cry  ♪


Ella Fitzgerald, une autre pionnière, et son œuvre sortie en 1968, Summertime. Avec la chaleur dont ils essayaient de s'enfuir, la chanson etait plutot bien choisit. Elle reprit son souffle, tournant d'un coup la tête vers son sensei, avec un grand sourire sur le visage. Éclairant son visage même. Une expression de joie intense qu'elle n'avait que quand elle chantait de toute son âme, qu'elle n'avait plus vraiment les pieds sur terre.  Une goutte de sueur tachant le sable immaculé, signe de l’effort physique qu'elle venait d’effectuée, elle prit une profonde inspiration :

- Chantons ensemble, sensei, répéta t'elle comme précédemment. Vous pouvez choisir la chanson.

C’était finalement la meilleure façon pour elle de communiquer. Bien plus simple que de parler. C’était sans doute pour cela qu'elle avait tant aimé cette journée avec Haruki, a Kyoto. Car il n'y avait pas eu de paroles. Juste de la musique.
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Lun 10 Juil 2017 - 21:05

Pour faire durer le plaisir, je l’avais invitée à deviner quel style musical je préférais. Ma réponse semble la troubler, à moins que ce soit autre chose ? Dos au soleil levant, je l’observe entrecroiser les bras et poser ses phalanges sur son menton, l’air des plus sérieux. Ses paupières se ferment, elle inspire, expire et, tout en réfléchissant, elle m’autorise à la tutoyer. Venant de la part d’une autre élève, j’aurais pu croire à une blague, mais dans l’instant présent, je ressentais les choses d’une toute autre manière. Seuls tous les deux face à l’immensité de l’océan, elle m’invitait à rentrer dans sa bulle. J’acquiesce d’un mouvement de tête tout en sachant qu’elle ne me verrait pas. En la rejoignant tout à l’heure, j’avais la pompeuse certitude d’avoir bousculé son univers de musicienne, mais je m’étais trompé. La jeune Masuda était une sorte de trou noir. Sans que cela vienne de sa propre volonté, elle tirait les autres vers son monde à elle : elle les engloutissait le temps d’un spectacle, et qui sait s’ils ressortiront un jour. A sa requête de tutoiement, je réponds d’un hochement de tête au moment où elle rouvre les yeux. Je n’ai encore jamais tutoyé une de mes élèves alors je risque probablement de continuer à la vouvoyer, mais j’essaierai de m’y tenir si c’est ce qu’elle souhaite vraiment.

Dans ses pupilles brillantes, je pouvais y lire la passion, l’excitation de la découverte. J’étais ainsi devenu, pour la jeune femme, un sujet d’étude qu’elle voulait maîtriser. A mi-voix, elle continue le raisonnement qu’elle avait entrepris plus tôt. Elle a honte, me dit-elle. Je prends un air interrogatif. Honte de quoi ? Avais-je envie de lui demander, mais elle poursuit toute seule, sans que j’aie à intervenir. Selon elle, elle aurait dû pressentir mon affinité pour le jazz rien que par le fait que je sois venu contempler le paysage marin évoluer entre la nuit et le jour. Je fronce les sourcils : cela me paraît totalement irrationnel. Même si je lui accorde une grande maturité musicale, j’ai beaucoup de mal à concevoir qu’il existe de tels liens entre les périodes de la journée, les décors et les musiques préférées.

« Vous ne pouviez pas savoir.. »

Mais elle semble déjà loin, du moins dans sa tête. Mes iris se posent sur les doigts fins qui grattaient tantôt les cordes raides de la guitare. Cette fois-ci, elle retourne vers le carnet qu’elle avait laissé tout à l’heure, juste à côté de son instrument. De là où je suis, je ne peux pas lire ce qu’elle y écrit, mais je me doute bien que c’est en lien avec une nouvelle composition. Ecrivait-elle ses propres chansons ? Composait-elle entièrement ses mélodies ? Un peu plus tôt, je l’avais surpris en train de chanter une reprise, mais tout me laissait croire que la jeune artiste avait encore d’autres atouts dans sa manche. Le temps qu’elle finisse son travail, je prends place à côté d’elle en m’asseyant, ne laissant qu’un peu plus d’un mètre entre nous deux. C’est le moment qu’elle choisit pour reprendre la conversation là où nous l’avions laissée. J’imagine qu’en son fort intérieur, le temps et l’espace cessent de bouger à chaque instant où elle saisit son crayon pour griffonner des notes.

Elle me noie presque littéralement sous son flot de parole. Une fois lancée, elle a bien du mal à s’arrêter. Les questions fusent et s’enchaînent sur une réflexion sans que j’aie le temps de lui répondre. Cela me laisse un peu de temps pour réfléchir. Le free jazz est effectivement un mouvement qui a marqué la période succédant la seconde guerre mondiale et donc le style que j’évoquais tout à l’heure. De nouvelles étoiles sont nées parmi les pionniers, notamment un certain Ornette Coleman décédé il y a quelques années à Manhattan, là où je suis né.

Par ailleurs, je suis bien incapable de dire quoi que ce soit au sujet de « La nouveauté, c’est ce qui fait vivre l’ancienneté. ». En fait, je ne suis pas sûr de comprendre ce qu’elle veut dire par là. Est-ce qu’elle pense que l’on parler de l’ancien seulement à partir du moment où on a inventé du neuf ? Que c’est l’existence de l’avenir qui créé le passé. Cela fait sens, mais c’est d’une telle évidence que je ne comprends pas où elle a voulu en venir avec cette intervention. Je plisse les yeux et soupire. Ce n’est pas pour rien que je ne suis pas professeur de philosophie. Toujours est-il que je n’ai pas répondu à ses autres questions.

« Vous avez vu juste. Je suis bien un amateur du Free Jazz. »

Tout en discutant, l’adolescente reprend sa guitare contre elle pour y jouer quelques notes, rapidement suivis par des accords que je connais bien. Il ne m’en faut pas plus pour commencer à chantonner à son ryhtme, m’arrêtant au moment où elle cesse de gratter. C’est en cherchant à recomposer Lonely Woman qu’elle me demande si je connais Ornette Coleman. J’esquisse un sourire en coin.

« Bien sûr. J’y pensais d’ailleurs tout à l’heure lorsque vous avez évoqué le free jazz. »

Je me rends alors compte que je n’ai pas tenu mon engagement pris il y a quelques minutes. Encore une promesse qui tombe à l’eau. Décidément, aujourd’hui n’est pas le bon jour pour se forcer à prendre bonnes habitudes.

« Désolé, je crois que le tutoiement ne viendra pas aussi facilement. »

Si j’y mets autant de volonté que dans l’arrêt de consommation de nicotine, je pense qu’on y sera encore pour deux ans. Parfait, c’est le moment où elle aura supposément quitté le lycée : ça sera déjà beaucoup gênant que si je me mets à la tutoyer en classe. Durant les minutes qui suivent, elle joue sans dire un mot. J’en profite pour fermer les yeux et prendre une grande inspiration. Il ne m’en faudrait pas plus pour m’endormir après une nuit sans avoir fermé l’œil. C’est sans compter le fait que, contrairement à la playlist de mon téléphone, la jeune femme s’arrêterait de jouer un jour. A mon tour, je rouvre les paupières et affronte les rayons du soleil qui se font de plus en plus puissants à l’horizon. Doucement, j’émerge d’une nano-sieste d’environ deux minutes et baille alors que la voix de l’étudiante résonne une fois de plus dans mes oreilles. Elle semble frustrée de ne pas savoir jouer de saxophone. Je réprime un rire au fond de ma gorge.

« Vous savez déjà faire beaucoup de choses que d’autres adolescents de votre âge ne savent pas. N’essayez pas d’aller trop vite. Prenez le temps d’entretenir votre passion. »

Je m’arrête pour reprendre mon souffle et sortir mon briquet de ma poche pour le faire tournoyer entre mes doigts. Les yeux rivés sur le petit objet, je continue.

« Je ne sais jouer d’aucun instrument, mais j’aurais beaucoup aimé savoir jouer de la guitare comme vous pour impressionner les filles au lycée. »

Comme si je n’en avais pas attiré assez, me dis-je en m’allongeant dans le sable encore frais. D’une oreille, je l’écoute gratter de nouveaux accords. Je connais cette mélodie, mais je ne parviens pas à retrouver le titre, ni les paroles d’ailleurs. Accompagnée par le ressac des vagues, elle joue, s’arrête, reprend, s’arrête…et ne rejoue plus. Du coin de l’œil, je la regarde reposer son instrument dans le sable. Encore une nouvelle vague d’inspiration pour sa compo’ originale ? Il faut croire que non. Je blêmis en la voyant arracher sa robe d’un mouvement brusque que je ne lui aurais jamais associé. Je me relève aussitôt, cherchant à comprendre. Je veux lui demander ce qu’il s’est passé dans sa tête à cet instant là, qu’est-ce qu’elle recherchait à travers ce geste, mais une nouvelle fois, elle prend les devants. Elle veut chanter, me dit-elle. Les lubies des artistes ne sont donc pas un mythe. Elle m’invite à chanter et danser avec elle, faisant visiblement abstraction du fait que je sois un adulte et un professeur.

« Je vous écoute. »

Mais je ne suis pas très à l’aise au début. Si être un spectateur ne me dérange pas, loin de là, j’ai un peu plus de mal à l’idée de faire partie du spectacle. Qui sait quel genre de photos ou rumeurs pourraient circuler sur les réseaux sociaux si quelqu’un nous voyait ? Cela n’a pas l’air de traverser l’esprit de la benjamine des Masuda. Je passe une main dans mes cheveux pour mieux percevoir le vent frais alors que l’adolescente entame un hymne bien connu d’Ella Fitzgerald. Je ne sais pas si elle a choisi cette chanson au hasard ou si c’est le cadre estival dans lequel nous baignons qui l’a soudainement inspirée, mais on peut dire qu’elle a plutôt bien géré son coup. Summertime avait été reprise de nombreuses fois par toute une variété d’artistes, et Ayame en fait maintenant partie. De temps à autre, l’envie de l’accompagner me prend, mais je résiste à la tentation, me concentrant d’avantage sur l’accent américain mimé quasiment sans faute par la japonaise.

Quand sa prestation s’achève, je peux clairement distinguer de la sueur sur front et ses joues désormais rougies par l’effort. Un sourire nostalgique aux lèvres, je l’applaudis pour la seconde fois de la matinée.

« Vous avez pris des cours d’anglais, ça s’entend. »

Même dans un lycée aussi réputé que celui de Keimoo, rares étaient les élèves arrivant à une prononciation correcte à cet âge. Après avoir récupéré son souffle, l’adolescente me redemande de chanter avec elle, comme si elle percevait le désir que je cachais depuis le moment où nous avons abordé mon style de musique préférée. Que devrais-je faire ? Je disais moi-même qu’il ne fallait pas mentir aux ados pour qu’ils nous fassent confiance tout à l’heure. Alors, je me racle la gorge.

They’re writing songs of love, but not for me.

Je commence assez timidement, confus, ayant soudainement oublié le sens du rythme. De plus, cela fait un moment que je n’ai plus parlé en anglais, alors imaginez bien chanter…J’ai beau être à moitié américain, je peux clairement sentir ma voix trembler quand je chante.

A lucky star’s above, but not for me.
With love to lead the way.

Progressivement, je m’améliore et prends de l’assurance. Je n’ai pourtant jamais eu de mal avec les karaokés alors j’ai bien du mal à comprendre pourquoi j’ai le cœur qui bat à cent à l’heure. C’est ça que ressentent les chanteurs avant chaque concert ? Et je n’imagine même pas l’effet de pression du public. Je me mets à relativiser sur mon métier.

I’ve found more clouds of grey than any Russian play could guarantee.

Le son de ma voix se perd à chaque fin de phrase pour se jeter dans l’océan. C’est un peu comme si les mots d’un livre disparaissaient une fois que nous avons lu un passage. En somme, c’est assez perturbant.

I was a fool to fall and get that way.

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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Lun 10 Juil 2017 - 23:21

Elle peux se l'avouer, a aucun moment elle n'avait espérée entendre Hayden enchaîner a son tour. Comme a son habitude, elle lançait les invitations, les jeux, tout ses désirs s'envolant comme des oiseaux, libres de toute entraves. Elle n'avait pas réfléchie, ou presque pas, se limitant simplement a un style de musique qui pouvait faire plaisir a son professeur. Mais il chantait a son tour. Bien mieux que son attitude pouvait le faire croire. Elle en avait toujours étais convaincu. Ce n’était pas une histoire de talent, ou d’entraînement. Une histoire de volonté, une histoire d'amour pour la pratique en question. Si quelqu'un aimait chanter, alors ce serait agréable a entendre, peu importe comment, car au delà du son, c'est le cœur qui est audible.

Elle ferme les yeux, restant debout pour pouvoir profiter des embruns qui viennent lui caresser la peau, aussi bien du visage que celle de ses jambes qui sont désormais dénudés. Elle se demande pendant un moment ce qu'elle pourrait demander de plus a la vie. A sa vie. Elle avait tout ce dont elle pouvait rêver, actuellement. Et c’était un peu ce « rien », qui la transportait. N'avoir rien et n'avoir besoin que de ce rien était extrêmement philosophique, et si elle n'avait pas était a cet endroit, a ce moment précis, elle aurait sans doute éclatée de rire de ses propres pensées. Et de toute façon, ce n’était pas rien, c’était la musique, son compagnon de toujours.

Frank Sinatra résonnait dans ses oreilles, et ses yeux s'ouvraient de nouveau pour voir la mer, au lieu de simplement la sentir. Elle avait faillit commencer a chanter avec son aîné, les paroles lui revenant en mémoire a mesure qu'elle l'écoutait. Mais elle avait chantée, c’était a son tour, elle pourrait recommencer âpres. Elle préféra profiter du moment, jusqu'à ce qu'il finisse sa démonstration. Elle voulait le féliciter, lui dire que c’était admirable, lui confier le fait qu'elle était heureuse de partager ce moment avec lui. Mais si elle parlait beaucoup, dire ce qu'elle pensait n'etait pas la chose qu'elle faisait le mieux. Elle préférait chanter. Le silence dura a peine quelques secondes quand il eu finit son morceau. Comme si il venait de finir une phrase. Et sa phrase venait en réponse.

♪It's hard to listen to a hard hard heart
Beating close to mine
Pounding up against the stone and steel
Walls that I won't climb
Sometimes a hurt is so deep deep deep
You think that you're gonna drown
Sometimes all I can do is weep weep weep
With all this rain falling down

Strange how hard it rains now
Rows and rows of big dark clouds
When I'm holding on underneath this shroud
Rain 


Its hard to know when to give up the fight
Two things you want will just never be right
Its never rained like it has to night before
Now I don't wanna beg you baby
For something maybe you could never give
I'm not looking for the rest of your life
I just want another chance to live

Strange how hard it rains now
Rows and rows of big dark clouds
When I'm holding on underneath this shroud
Rain 

Strange how hard it rains now
Rows and rows of big dark clouds
When I'm holding on underneath this shroud
Rain 

Strange how hard it rains now
Rows and rows of big dark clouds
When I'm still alive underneath this shroud
Rain Rain Rain ♪


Tout en chantant, elle avait danser sur sa guitare. La conversation prit fin. Elle résta un moment la, immobile dans une position de joueuse, sans pour autant bouger sa main, comme statufier, comme dans une pause qui ne devait pas avoir de fin. Quand Patty Griffin eu finit de parler par sa bouche, c'est comme si le lever de soleil l'avait pétrifier. C’était l'explosion de la bulle. Tout avait une fin. Et la nuit qui se couchait en marquait précisément le terme. Elle laissa tomber sa guitare dans le sable. Sans vraiment y faire attention. Elle se tourna alors vers Hayden, et il fut aisément visible que son visage était constellés de larmes.

- J'en suis toute retournée. C’était une incroyable conversation, vous ne trouvez pas, sensei ?

Elle s'approcha de lui, jusqu'à ce que ses chevilles viennent a la hauteur de l'homme encore assit dans le sable. Le regardant de sa hauteur, elle semblait le scruter, comme si elle attendait quelque chose, mais son sourire faisait largement comprendre qu'elle n'attendait en fait rien, elle observait simplement le partenaire qui lui avait fait atteindre l'apothéose musicale de sa soirée. Était ce quand il avait chanté ses quelques notes, ou qu'elle lui avait répondue avec toute son âme. Elle s'inclina devant son professeur :

- Merci pour ça, je me sens toute chamboulée.

Elle essuya ses yeux avant de se pencher pour attraper sa guitare et la ranger délicatement dans son étui, avant de se retourner et d'avancer droit vers la mer, s'éloignant du professeur de mathématique. Elle avança jusqu'à avoir de l'eau jusqu'au genoux, puis se pencha un peu en avant, ou plutôt fléchissant les genoux pour ne pas trop révéler de ce qu'il y avait sa robe désormais bien trop courte pour ce qu’exigeait la décence, et elle s'aspergea le visage de l'eau de mer. Elle fit cela deux ou trois fois, avant de se redresser et de revenir vers son professeur, un grand sourire sur le visage :

- Allons voir un concert de Jazz, un jour. Je suis sur de pouvoir obtenir des places pour quelque chose d'incroyable.

Quelque chose que le Sibiu Jazz féstival. Elle n'avait actuellement aucune idée si il y allait avoir une autre édition, mais c’était exactement le genre d'endroit qu'elle adorait. C’était un endroit emplit de voyage, de dépaysement, de rêves, d'objectifs, de nouveautés. Un lieu qui portait l'empreinte de la révolution qu'elle projetait en secret. Son regard s'attarda sur le briquet de son sensei, et elle s'accroupit cette fois devant lui, plaquant le tissu contre ses genoux avec ses bras croisés par dessus :

- Vous portez vraiment les stigmates du Jazz, vous savez ? Un Jazz-man qui ne fume pas, c'est un peu comme un avion sans ailes, non ?

Elle semblait trouver la comparaison amusante.
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Mar 11 Juil 2017 - 21:13

Après un départ sur les chapeaux de roue, la voix hésitante, je finis par reprendre confiance en moi. Plus je chantais et moins j’avais de mal à trouver le rythme, les paroles et la tonalité. La fin du premier couplet avait entraîné mes insécurités et je me sentais alors tout à fait capable de continuer. En me focalisant sur le bruit des vagues qui s’écrasaient à quelques mètres de nous, j’avais réussi à faire abstraction de ma propre voix et je ne m’entendais plus prononcer le moindre mot. Mon imagination s’était occupée du reste. Dans ma tête, je pouvais clairement entendre les instruments – une trompette et une batterie - m’accompagner, et ce malgré le fait que je me savais chanter a capella. J’avais attendu qu’Ayame me rejoigne au milieu de la chanson, mais elle ne le fit jamais. Et pour être honnête, je ne la regardais même plus. La mélodie s’était transformée en océan de souvenirs, en des cris du cœur que je ne pouvais pas exprimer avec des mots ordinaires.

(…)

J’arrive plus rapidement que je ne l’aurais pensé au bout de la chanson et m’arrête brutalement, me heurtant à un mur portant le nom de « réalité ». Je me surprends à cligner plusieurs fois des yeux : je me sens un peu bizarre. Comme la jeune femme l’a fait avant moi, j’essuie la sueur perlant sur mon front. Même le club de natation me met rarement dans cet état. C’est comme si mes poumons avaient été perforés et que je tentais tant bien que mal d’y stocker de l’air. La cigarette a sûrement beaucoup à voir là-dedans. Exténué par l’effort que je viens de produire, je me laisse tomber sur le sable. La dernière fois que je me suis senti aussi épuisé et confus, c’était le matin qui a suivi ma dernière cuite. Cependant cette fois je n’ai que quelques secondes pour m’en remettre. Quand je compare ça à la dernière matinée que j’ai passée dans mon lit à grogner à cause de ma gueule de bois, ce n’est pas beaucoup. La tête encore ailleurs, mais les pieds dans le sable, j’écoute la dernière des Masuda reprendre notre conversation musicale avec une nouvelle chanson. Loin de la berceuse qu’elle me chantait tout à l’heure, les paroles font désormais écho à des problèmes sentimentaux. Peut-être en a-t-elle en ce moment ? Je l’ignore.

Sa prestation s’achève sur un ton encore plus mélancolique que toutes les autres chansons qu’elle a interprété. Je me relève doucement pour observer son expression faciale. Elle a vraiment l’air de vivre à travers les paroles, à tel point qu’elle a le visage couvert de transpiration…ou de larmes ?! Je ne m’attendais pas à une telle réaction bien que la séquence fut très riche en émotion. Tout à coup, je ne sais pas trop ce que je dois faire. Je regarde à droite, puis à gauche, dans mes poches, mais je n’ai pas de mouchoir à lui tendre. La lycéenne s’exclame alors qu’elle a trouvé notre conversation incroyable et me remercie en s’inclinant. Pour ma part, j’ai surtout peur qu’elle ait alerté tout le quartier en criant ainsi, probablement sans qu’elle s’en rende compte. Décidément, les adolescents sont vraiment des créatures incroyables.

« Ne me remerciez pas et séchez vos larmes s’il-vous-plaît. »

Je pousse un petit soupir et ferme les yeux. Cela m’embête un peu de ne pas pouvoir l’aider.

« Vous avez raison, c’était vraiment quelque chose. Par contre, je vous prie de parler moins fort car il est encore tôt. »

Même si nous ne sommes pas au niveau des habitations, il suffit que quelqu’un ait l’ouïe fine, appelle la police pour nuisances sonores et nous sommes bons pour paraître dans la rubrique faits divers du lendemain. Cela ne semble, encore une fois, pas effleurer l’esprit de la jeune femme, trop innocente et naïve pour s’imaginer déranger quelqu’un en exprimant sa joie. Décidément, elle est bien différente de son frère, et son comportement n’est pas du tout le même qu’en classe. Je connaissais sans peine la Ayame Masuda radieuse et bavarde, mais je n’imaginais pas qu’elle vivait les choses de manière si intense. Les enfants de cette famille ont quand même de la chance d’avoir découvert leur passion jeune.

Alors que ma voisine – illégale – de palier fait trempette dans l’eau salée, j’en profite pour sortir le fameux paquet de cigarettes de ma poche et en allumer une. J’ai assez pris d’air frais pour le mois à venir, je peux bien m’accorder quelques minutes pour polluer mes poumons maintenant. Je n’ai même pas le temps de tirer trois fois dessus que la jeune femme revient vers moi, tout sourire. Je me dépêche de donner quelques coups de paume devant moi pour dissiper la fumée. Elle semble avoir réfléchi à quelque chose le temps de s’être rafraîchi le visage. Je l’interroge du regard. La lycéenne veut m’emmener voir un concert de jazz. Je manque de m’étouffer. Je sais bien qu’elle me propose cela en toute innocence, mais d’un point de vue extérieur, cela pourrait paraître franchement bizarre.

« Pourquoi pas. »

Lui dis-je finalement. Je n’ai pas envie de la blesser ou de la faire redescendre de son nuage tout de suite. Ce n’est pas comme si l’idée ne me plaisait pas, en plus. Je garde tout de même une certaine réserve pour ne pas qu’elle soit trop déçue si je me vois dans l’obligation de refuser. Il y a des barrières qui ne peuvent être franchies. Me donner en spectacle en chantant devant elle avait déjà été quelque chose pour moi. Changeant une nouvelle fois de sujet, l’étudiante me fait alors remarquer que je possède les stigmates d’un jazzman, faisant notamment référence au fait que je fume. Tout en expulsant un nuage de fumée d’un souffle, je ris amèrement.

« J’ai pourtant essayé plusieurs fois d’arrêter. »

Et je ne mens pas. Pour avoir commencé il y a dix ans, je ne veux même pas compter combien d’argent j’ai investi là-dedans. Il y a bien un moment où j’ai réussi à tenir plusieurs semaines sans toucher à la cigarette, mais au final, fumer est devenu comme boire de l’alcool : un moyen pour me sociabiliser et me sentir mieux. Parfois, il m’arrive de me sentir plus affamé quand je m’éloigne de la nicotine que lorsque je ne mange pas pendant plus d’une journée. En parlant de ça…

« Vous avez déjà mangé, Masuda-san ? »

Je fais basculer ma tête en arrière pour ne pas l’enfumer en recrachant l’air noirci. Derrière nous, les commerces de proximité ont déjà ouvert et les restaurants font progressivement de même. Le soleil domine désormais le ciel bleu, l’humidité de la nuit s’est évaporée, doit être un peu plus de six heures du matin et une nouvelle journée chaude se lève sur le quartier Hebi.

« Vous avez bien travaillé alors je veux bien vous offrir quelque chose. »

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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Jeu 13 Juil 2017 - 13:57

La nuit a désormais disparue, laissant place a une nouvelle journée qui se reflète sur la mer dont la dernière marée arrive a son terme. La continuité temporelle est quelque chose qui a toujours fasciné l'adolescente. Il arrive souvent des moments ou elle a l'impression que le temps est suspendu, que chaque brun de vent, chaque particule d'eau est a l’arrêt complet, maintenu en suspend par les sons que produit la petite brune. Mais ce n'est évidemment qu'une impression, et le temps garde toujours ses droits. Par exemple, elle vient a peine de se rendre compte que la nuit était terminée. La dernière fois qu'elle s'est intéressé aux alentours remonte a plusieurs heures, et il faisait nuit, une nuit ou seule les étoiles parvenaient a éclairer les lieux. Et a présent que la lumiere vive du soleil parvient enfin a atteindre son regard, elle s'aperçoit qu'il est six heure passé. Que le soleil a reprit ses droits, et que le monde du jour va prendre le pas sur celui de la nuit.

Elle connaît bien ce « pourquoi pas ». C'est celui que font les adultes qui la regardent comme une enfant. La promesse qui ne se réalisera jamais. C'est ce que son pere lui disait toujours quand il voulait que son babillage infini s’arrête. « Pourquoi pas », alors elle souriait, grâce a un espoir nouveau, et partait faire autre chose. Elle avait quatre ou cinq ans, a l'époque ou elle croyait toujours que ce n’était pas que des promesses en l'air. Aujourd'hui elle en avait seize. Et c’était quelque chose qu'elle avait apprit a facilement déceler. Elle n'avait pas vraiment attendu une réponse positive, elle aurait apprécier un refus en bonne et due forme. Mais il faut croire qu'elle ne le méritait pas. Elle garda son sourire sur le visage, factice cette fois, celui qu'elle savait si bien faire, aussi bien devant ses parents, que lorsque Reira avait quittée la ville.

- J’attends cela avec impatience, alors.

Aucun doute dans sa voix, aussi bien que dans son regard, qui était maintenant braqué sur le paquet de cigarette. C’était un peu quelque chose d'interdit, le tabac. C’était un peu comme l'ennemi naturelle de sa passion musicale, et en même temps, elle avait eu mainte fois l'occasion de tester le produit. Parce que son frère fumait de temps a autre ? Parce que ce n’était pas difficile a Keimoo de s'en procurer ? Si elle était trop jeune pour en acheter, elle en avait largement les moyens et avait juste a demander a quelqu'un d'en prendre pour elle. Mais elle n'avait jamais franchit le pas. Elle savait que ce n’était pas pour elle, un monde totalement différent du sien se serait ouvert si elle avait un jour tiré sur l'allumette de papier. Cela avait était une perspective excitante, et maintenant c’était simplement un ennemi qu'elle n'avait aucun désir de rencontrer plus en détail.

- Il paraît que les gens qui ne parviennent pas a arrêter de fumer, c'est parce qu'ils utilisent le tabac pour compenser autre chose. Vous avez des problèmes a compenser, sensei ? Ca serait pourtant étonnant, vous avez une vie que beaucoup voudraient avoir.

Et elle n'avait pas tord, être professeur dans une institution comme Keimoo, c’était une place qui pouvait faire des envieux. Le taux de neets était en constante progression, c’était un fardeau pour la société que le gouvernement avait bien du mal a combler. En vérité, Hayden était sans doute l'une des icônes de la politique élitiste que le gouvernement voulait mettre en place. Une bonne profession, beau garçon, intelligent, il avait tout pour plaire. Et pourtant, maintenant qu'Ayame y réfléchissait, elle n'avait jamais vu le professeur avec une femme, alors que la logique aurait voulu qu'il soit marié, et si ce n’était déjà pas le cas, ai bientôt des enfants. Enfin, c'est ce que faisait les élites dans ce pays.

Elle brûlait de lui poser des questions, mais songea que ce n’était sans doute pas le bon endroit. Cependant, l'invitation a manger etait exactement ce dont elle avait besoin pour trouver un endroit plus adapté a ce type de conversation. Maintenant qu'elle était totalement revenue sur terre, elle récupéré le tissu déchiré qui jongeait le sol, et le roula en boule avant de le mettre dans la housse de sa guitare, en chantonnant.

- Je ne mange pas beaucoup......je n'aime pas particulièrement le moment du repas. Mais le partager avec vous le rendra sans doute plus agréable.

Une façon d'accepter, elle avait dit la même chose a Haneko la première fois qu'elle s’était rendue chez son aînée Igarashi pour faire le repas, moment qui pour Haneko tait bien plus important que pour elle. Et depuis, elles ne se quittaient plus beaucoup, la même chose aurait peut être lieu avec Hayden ? Elle rigola intérieurement. Impossible, le fumeur a l'aspect légèrement rebelle en ce début de matinée, sur le sable loin des règles tacites du monde, n'aurait jamais laissé ce genre de chose arriver. Ce n’était pas une chose a faire pour son image, n'est ce pas ? L'image, comme ces gens au récitals de piano ou elle avait rencontré Haruki, qui ne voyaient que par l'image qui se reflétait d'eux. Elle allait pouvoir creuser pour savoir si Hayden était de ce genre la.

- Mais vous savez, ce n’était pas un travail, c’était un loisir. On remettra ça ce soir, n'est ce pas ?

Elle sourit, elle comptait bien revenir le lendemain, puis ensuite, entre les concerts et la plage, ses vacances était déjà programmée. Enfin, fallait il déjà les atteindre, ces vacances, encore un petit mois a tenir.....
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Ven 14 Juil 2017 - 17:57

Je me demande si, en m’invitant à un concert, elle n’est pas en train d’essayer de briser les barrières qui constituent notre relation élève-professeur. Dans le doute, je lui réponds de manière évasive, pour ne pas trop la décevoir quand même. Elle avait beau être mature par rapport à certains adolescents, ce n’est pas une raison pour la traiter autrement que ce qu’elle est. Au fond, cela s’apparente beaucoup à une fausse promesse du type « Le Père Noël te l’apportera. ». Peut-être bien qu’il y aura ce qu’elle veut sous le sapin, le temps nous le dira. Cependant, ce n’est probablement pas l’esprit de Noël qui aura apporté le cadeau et cela n’est pas aussi simple que de faire intervenir une puissance divine pour produire un présent. En réalité, si je ne me vois pas personnellement accompagner la lycéenne au concert moi-même, je pense soumettre la proposition à son frère avec qui – j’ai l’impression – elle a envie de passer plus de temps. Je ne connais pas très bien le type de relation qu’ils entretiennent. Ils ont l’air assez fusionnels de ce que l’un me raconte de l’autre, mais ils ont l’air d’avoir besoin de passer beaucoup de temps ensemble.

Elle finit par me sourire en mentionnant sa hâte que ce moment arrive. Sa voix et son regard ne tremblent pas, elle a l’air sincère. Mission accomplie. Je peux continuer à fumer sereinement sans avoir fait de peine à une jeune musicienne. Peut-être aurait-elle écrit une chanson sur moi dans le cas contraire ? L’idée m’amuse bien.

Nous entamons une courte discussion sur le tabac, ma plus mauvaise habitude après les engagements du type « Un dernier verre avant de partir. » que j’arrive difficilement à tenir lorsque je suis dans l’ambiance de la boîte de nuit. Je lui fais part de mes multiples tentatives d’arrêt, mais comme en témoigne la cigarette que je tiens entre mon index et mon majeur, elles ont toutes échouées. Les gens dans ma situation utilisent le tabac comme substitut, me dit-elle avant de m’interroger sur mon cas en particulier. Je hausse les épaules. Peut-être bien, je n’y ai jamais vraiment réfléchi. J’expulse un nuage de fumée noire alors qu’elle poursuit. Selon elle, j’aurais une vie que beaucoup m’envient. Je souris.

« A part le fait d’avoir l’opportunité d’exercer un métier par vocation, il n’y a pas grand-chose à envier chez moi. »

Je suis à moitié sincère. Je sais bien pourquoi d’autres personnes ont cette vision de moi et je fais mon possible pour préserver cette image, probablement pour m’auto-convaincre que je mène cette vie parfaite. Pourtant, il y a des nuits d’insomnie et les reproches de mon frère pour me ramener à la réalité. Et si je pourrais me rassurer en me disant qu’il n’y a que le passé qui est pesant, je remarque chaque jour que le présent l’est tout autant. J’ai beau être le « prof canon aux yeux verts qui fait de la natation sur le campus », je n’en reste pas moins un célibataire de presque 30 ans qui enchaîne les relations sans lendemain. Bientôt, je pense que mon père se posera des questions, notamment quant à l’arrivée de ses petits-enfants. Je soupire. J’espère qu’il n’ira quand même pas jusqu’à me proposer un mariage arrangé.

Après tant de réflexions, je peux sentir mon estomac grogner à défaut d’avoir les paupières lourdes. Je propose tout naturellement à Ayame de venir partager un petit-déjeuner avec moi, préférant ne plus la laisser seule sachant que l’on doit revenir au même endroit de toute manière. La lycéenne ne semble pas surprise de mon invitation. Elle me fait toutefois part de son faible appétit et du fait qu’elle n’apprécie pas beaucoup les repas. Un peu comme toutes les adolescentes qui surveillent leur ligne, je suppose. Et puis, quand on est une étoile montante dans le monde de la musique, c’est toujours un atout d’avoir la plastique qui va avec sa voix. Ce ne sont pas mes critères, mais ceux des médias qui n’hésitent pas à faire grincer leur plume dès qu’une célébrité ou une autre prend quelques kilos. Quelque part, je peux comprendre cette pression. J’imagine que mes élèves me verraient comme un homme qui se laisse aller si j’en venais à grossir subitement. Cela ne me rassure pas pour l’avenir.

Je tire une dernière fois sur la cigarette avant de l’écraser dans le sable. Je garde le mégot sur moi, par respect de l’environnement et des étudiants payés pour nettoyer la plage en été. La benjamine des Masuda me demande alors si je compte revenir ce soir. Elle me rappelle alors une variante du célèbre proverbe « Fais un travail qui te plaît et tu n’auras jamais à travailler dans ta vie ». Je hoche la tête.

« Probablement pas, je dois préparer vos devoirs pour la semaine prochaine. »

Malheureusement, mes priorités ne sont pas les siennes et si j’ai apprécié les moments que nous avons passés ensemble à chanter et danser, j’ai des obligations à respecter. Je profite de cet instant pour prendre un ton un peu plus grave.

« Et puis vous n’avez déjà pas dormi cette nuit. Vous feriez bien de vous reposer ce soir. »

Encore assis dans le sable, je prends bien soin de m’étirer avant de me relever, la dominant maintenant d’une vingtaine de centimètres, peut-être même un peu plus.

« Allons-y. Je connais un restaurant familial pas très loin d’ici. »

Enfin, pas très loin, c’est relatif. Je viens rarement dans le quartier Hebi car tout est plus cher du fait de l’attraction touristique. Toutefois, je pense que nous y arriverons en une dizaine de minute à rythme soutenu. Je lui tends la main pour lui proposer de porter son instrument. Nous irons sans doute plus vite si elle n’a pas à se préoccuper d’une charge. Les premiers vacanciers arrivent sur la plage pour marquer leur territoire en posant leurs affaires. Nous prenons le chemin inverse, laissant les traces de nos pas disparaître après un coup de vent. Dans le ciel, les mouettes semblent s’être réveillées. La vie continue, même après notre départ.

De temps à autre, je jette un regard furtif vers ses jambes désormais libérées du tissu. Je me demande si cela ne risque pas de porter à confusion dans les yeux des autres. Non, je ne suis pas celui qui a arraché sa robe. C’est assez pesant de se sentir observé et j’ai l’impression que je risque mon poste à chaque pas que je fais aux côtés de la jeune fille. Pourtant, concrètement, il n’y a pas grand monde pour s’intéresser à nous et je suis juste en train de psychoter par crainte du regard des autres. Je finis par rompre le silence pour me focaliser sur autre chose, dans l’espoir que le trajet jusqu’au restaurant se fasse rapidement.

« D’ailleurs. Avez-vous terminé vos exercices pour lundi, Masuda-san ? »

(...)

Pendant une bonne partie du trajet, nous avons discuté de tout et de rien, mais surtout de rien. Il fallait juste que j'arrive à me sentir un peu plus à l'aise à l'idée de me promener dans les rues de Keimoo avec une étudiante. Au final, tout s'est bien passé et mes craintes se sont révélées infondées. Les gens ne nous ont même pas regardés.

Les portes automatiques du restaurant s'ouvrent et notre passage déclenche une petite musique pour signaler au réceptionniste que de nouveaux clients sont entrés. Je crois bien que nous sommes les premiers de la journée. Un serveur vient nous aborder pour nous expliquer le fonctionnement du self. Apparemment tout est en libre-service. On prend ce qu'on veut sur un plateau et on paye à la caisse centrale. Je remercie l'aimable employé du restaurant et me tourne vers la lycéenne.

« Prenez ce que vous voulez. »

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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Ven 14 Juil 2017 - 23:04

Elle penche la tête sur le coté quand il répond a sa première affirmation. Elle n'avait pas voulu forcer sur le sujet, et avait plutôt prévue de garder cela pour le restaurant, mais la réponse qu'il lui fournit lui donne envie d'en savoir plus. Les mots qui s'accumulent dans son esprit lui brûlent littéralement les lèvres, a tel point qu'elle doit se mordiller discrètement la langue pour ne pas laisser échapper un flot de mots impromptues dont elle a le secret. C'est peut être le propre des gens qui réussissent de ne pas comprendre pourquoi ils sont jalousés. Parce que cela leur paraît tellement normal qu'ils ne réalisent pas la chance qu'ils ont. Enfin, il ne faut pas mal interprété cette pensée. Ce n'est que rarement de la chance. Le talent et la chance n'ont rien a voir âpres tout. Il faut savoir se donner les moyens. Mais certain le font plus facilement que d'autre, sans même s'en rendre compte.

- Vous ressemblez beaucoup plus au professeur habituel, quand vous êtes humble comme ça.

Elle n'a pas pu s’empêcher de parler, alors elle a fait en sorte de calculer ses mots, pour ne pas totalement clore la discussion et pouvoir l'ouvrir a nouveau plus tard, sans paraître trop lourde. Elle songe un instant a son propre comportement devant une question de la sorte. Y'a t'il déjà des gens qui envient ce qu'elle fait, les concerts, la célébrité naissante, l'avenir qui se dessine en dehors du monte élitiste du travail nippon. Probablement, et c'est amusant de voir qu'elle n'avait jamais songé a ça avant d'y être confronté chez une autre personne. Elle essayera de faire plus attention. Attention a quoi ? A ne pas paraître trop humble quand a ce qu'elle fait. C'est souvent pire que d’être orgueilleux.

Elle sourit a la remarque suivant. Se reposer, elle ? La pile électrique etait capable de dormir trois ou quatre heures par nuit et ne pas ressentir la fatigue le moins du monde. Après être rentrée chez elle, elle allait probablement s'écrouler dans le lit d'Arata ou de Léa, et s'endormir comme une masse. Dormir une bonne partie de la journée, et une fois réveillée, une bonne douche, un goûter, et la revoilà partie pour une nouvelle nuit de musique dans les bars et sur la plage. Mais elle n'allait probablement pas le redire a son professeur, histoire de ne pas devoir l'entendre répéter ce qu'il avait dit plus tot sur le fait de faire attention a ce qu'elle faisait, a être plus prudente a l’extérieur. Si elle serait ravie d'avoir Arata a ses cotés, elle n'avait pas non plus envie d'un policier avec elle.

Elle en connaissait un ou deux, des policiers. Si il y avait une chose qu'Hayden avait vu juste, c’était le fait qu'elle chante un peu trop fort la nuit. Aussi, des membres des forces de l'ordre étaient venus la réprimander. Une fois, deux fois, et finalement, aussi étrange que cela puisse paraître, l'un d'eux avait fini par sympathiser avec l'adolescente, la trouvant sans doute attendrissante. Les réprimandes s’étaient faites plus douces, et de son coté, elle avait fait en sorte de s'éloigner de la zone résidentielle, pour être a un endroit de la plage ou le silence n’était pas aussi important a cette heure tardive. C’était aussi pour cela qu'elle observait plus qu'elle ne chantait, maintenant. Si elle avait parfois du mal a se contrôler, elle n'en perdait pas pour autant ses bonnes manières.

- Je ferais un effort de sommeil, je n'ai pas envie que vous découvriez un zombie lors de notre prochain cours, sensei.

Elle appuie bien sur le dernier terme, comme pour maintenir artificiellement la barrière entre eux. Elle a forcément remarquée le malaise de l’aîné qui se déplace avec l'une de ses jeunes étudiantes de lycée. Cette situation, elle, ne semblait pas la préoccuper de base, mais l'amuse a présent. Elle est convaincue que personne n'en a rien a faire d'eux, et même si c’était le cas, ce ne serait pas pour la déranger. Aussi, le long de la discussion qui les emmènent jusqu'au restaurant, elle ne manque pas de lâcher plusieurs fois des petits signes de la différence d'age qui les sépare, toujours avec ce petit sourire en coin qui l'a caractérise. Et ils ne tardent pas a atteindre une destination qu'elle n'avait pas prévue de rejoindre une heure encore auparavant.

L'endroit est désert a cette heure, elle trouve cela même surprenant qu'il soit ouvert alors qu'il n'est même pas sept heure du matin. Un serveur a la mine encore endormie vient faire d'une façon morne et peu motivé son speech pour les nouveaux clients, a propos du buffet, des formules disponibles, et des tarifs pratiqués. Elle ne l'écoute pas, laissant toute la partie financière a «l'adulte » puisque c'est ce qu'il veux être. Elle avant plutôt vers le buffet d'un air songeur. Lorsqu'il s'adresse a elle, elle tourne visage vers lui.

- Vous etes sur ?

C'est plus pour être polie, elle sait déjà qu'elle ne va pas le ruiner. La petite Masuda est une adolescente difficile sur le point de la nourriture. Elle n'aime pas tellement les légumes, et n'a pas plus d'attirance pour les fruits. Le sucré est trop sucré, le gras trop gras. Le salé est trop salé. Bref, tout est trop. Et très souvent, sans vraie justification qu'un a priori forgé par des années de nouilles instantanées. Elle commence a prendre un plateau, et dispose délicatement couverts et verre dessus, avant de prendre des serviettes en papiers mises a disposition, et commence également a chantonner a voix basse.

♪Acchi Kocchi Acchi Kocchi! DAN-GAN! GAN! GAN!
ME・SHI・A・GA・RE!!
Acchi Kocchi Socchi Docchi! DAN-GAN! GAN! GAN!
ME・SHI・A・GA・RE!!♪

♪ “Ikuyo-!!” ♪

Elle sourit d'avantage avant de disposer des tranches de pain sur un coté de son plateau.

♪Gokoku houjou, Bishu kakou 
Hokkaido ni ebibady shugou 
Manatsu ni torokeru tokudai doudai? 
Mazero hanabi ni hotategai

Tohoku michinoku shukaku muneatsu 
Akino mikaku wa makkakka
Houjun seijun kokoro wa dokkyun 
Ringo no houseki noukou kiss

Sanin Sanyou Chugoku chihou ni 
Maioru kouyou iki youyou 
Tsuru, Kiku, Kujaku ni Fugusashi mori mori 
Teppou pon pon ponzu de go ♪

C'est sans aucune hésitation qu'elle récupère un petit pot de confiture a la fraise, puis qu'elle change totalement de direction pour du salé. Il n'y a pas de possibilité de demandé un vrai ramen fait par un
cuisinier, mais elle s'en fiche largement, se dirigeant vers un emplacement ou sont alignés des ramens instantanés a faire réchauffer a l'aide d'une bouilloire. Elle en prend un au thé, l'un de ses favoris, avant de se diriger vers une table.

♪Fure Fure yuki yuki hyakumi no on jiki
Iki Iki kani kani aoi ashi Cut Knee Cut Knee
Takeru hokuriku hyakubangoku no 
Zuwai zuwai no kani matsuri

Kani Kani Kani Kani
Cut Knee Cut Knee Cut Knee Cut Knee
Party Party Kani Kani 
Tabeyou Yo! 
Acchi Kocchi Acchi Kocchi! DAN-GAN! GAN! GAN!
ME・SHI・A・GA・RE!!
Acchi Kocchi Socchi Docchi! DAN-GAN! GAN! GAN!
ME・SHI・A・GA・RE!!♪

Une fois a la table, sans jamais s’arrêter de chanter a voix plus basse encore, elle met l'eau a chauffer avant d'aller chercher un bol et des baguettes, et pendant que la boite réchauffe également, elle s'en va a étaler sa confiture sur ses deux petites tartines de pain.

♪ Aso no daichi ha non jimi baby
Kueyo Kueyo no tairou no jimi 
Fuyu koso sukiyaki gyu gyu shungiku 
Negi ni kinoko ni Undoukai 

Haru matsu Iyo shima yumeyoi zakura 
Kikoeru ryousi no ennyakora 
Shikoku no buri shabu puri puri buri shabu 
Koishi kisetsu ha itsu tourai? 

Zento youyou Rounyaku nannyo
Edo ni atsuma rya ikitougou 
Yononaka irozukya ichigo no yume ka 
Minna de koi surya ee janaika

Tenka no shokudou Kansai saikou 
Tarafuku kuttara wagashi de ippuku
Mochi gashi Youkan Monaka ni Rakugan 
Ocha nomi wachacha de gochisou san!

Buri Buri Buri Buri
Puri Puri Buri Buri
Party Party Kani Kani
Tabeyou Yo! ♪

La dernière syllabe accompagne exactement le moment ou les nouilles ont fini de chauffer. Entre temps, elle a fini de préparer ses tartines. Elle verse l'eau aromatisé dans son bol, avant d'y plonger ses pattes brûlantes. Elle détache ses baguettes l'une de l'autre, avant d'incliner la tête vers son sensei, dont elle n'a absolument pas suivi la sélection du repas. Elle aura le temps de regarder pendant qu'elle se délectera de son repas, chose qu'elle ne doute pas le moins du monde, après tout c'est ce qu'elle préfère manger.

- Itadakimasu, sensei !
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Dim 16 Juil 2017 - 1:16

Mon stress retombé vers un niveau avoisinant zéro à l’approche du restaurant, je repense aux mots qu’Ayame m’a adressés juste avant que nous quittions la plage. Je ne me souviens plus de la formulation exacte, mais je ne sais pas trop quoi penser de ce qu’elle m’a dit, à savoir que je ressemble à ce que je suis d’habitude lorsque je fais preuve d’humilité. Est-ce que ça a seulement un sens ? La discussion étant close depuis un moment déjà, je n’ose pas la remettre sur le tapis en utilisant la carte « Au fait, tout à l’heure tu as dit que… » alors je décide de ne plus y penser. En tout cas, je me demande bien ce qu’elle voulait dire par là. Ce n’est pas comme si elle pouvait lire dans mes pensées et découvrir le vrai moi que je ne connais sans doute pas non plus. Pourtant, elle a l’air d’avoir bien décelé mon malaise et ne s’est pas gênée pour faire toute sorte de remarques sur nos douze ans d’écarts tout au long du trajet. Et honnêtement, les premières fois, j’ai manqué d’avaler de travers.

Ah ! Penser autant m’ouvre l’appétit. Et c’est tant mieux puisque nous arrivons devant le bâtiment qui nous ouvre ses portes. Le serveur nous explique brièvement le fonctionnement du self et nous pouvons nous lancer à l’assaut de la nourriture après avoir attrapé un plateau chacun. Devant l’air pensif de la lycéenne, je prends les devants et lui assure que je réglerai la note pour elle. Elle me demande confirmation. Je lui réponds d’un hochement de tête avant de me diriger vers le buffet.

Je me sentirais coupable de manger et de l’avoir en face de moi. Et pire encore, imaginons que je la raccompagne et qu’elle fasse un malaise en chemin ! Je secoue la tête. Ca n’arrivera pas, même si elle n’a pas très faim, elle mangera au moins une tartine. Pour ma part, je fais le tour des différents produits proposés, compare les prix, fais l’addition totale de ce que je souhaite prendre. Au final, je jette mon dévolu sur deux pancakes, une banane et un jus d’orange. Ca me fera déjà deux fruits sur cinq pour la journée. Même si je n’ai pas dormi de la nuit, je suis au moins un peu plus healthy maintenant. De temps à autre, je jette des regards en coin en direction de l’adolescente qui chantonne en se servant des…ramens instantanés ? Chacun ses goûts après tout. Mais je serais bien incapable de manger ça aussi tôt.

La petite Masuda prend maintenant la direction des tables. Au moins nous avons l’embarras du choix. Après avoir réglé la note, je la rejoins au moment où elle verse l’eau dans son bol. L’odeur des ramens me monte au nez et me coupe presque l’appétit. Au pire, je pourrai toujours manger la banane dehors, mais il faut au moins que je trouve la foi d’avaler ces pancakes. Je regrette aussitôt d’en avoir pris deux. Un craquement me tire de ma rêverie. Ayame vient de détacher ses baguettes et me souhaite de passer un bon repas. Je lui réponds chaleureusement, bien que l’odeur des pâtes me soit toujours insupportable. Et dire qu’elle a encore des tartines pour l’after. Je me demander si elles ne prendront pas le goût du bouillon si elles restent longtemps à côté. Dégoûtant.

« Pour quelqu’un qui disait ne pas manger beaucoup, vous faites fort avec ces nouilles instantanées dès six heures trente. »

Bon, je vais peut-être commencer par le jus d’orange pour me rouvrir l’appétit. J’attrape mon verre et le fais tourner entre mes doigts avant d’y porter mes lèvres, comme si j’avais eu un instant d’hésitation. Lors de la dégustation, je ferme les paupières et apprécie la sensation de fraîcheur qui se dégage du jus. Ca peut paraître stupide, mais les choses ont toujours un goût différent lorsqu’on les teste hors de chez moi…ou c’est peut-être mon frigidaire qui est défectueux ? De son côté, Ayame est en pleine appréciation de ses ramens. Lorsqu’elle détache sa bouche des baguettes, je remarque qu’un peu de bouillon coule le long de sa lèvre inférieure. Je lui tends alors une serviette en papier.

« Tenez. »

En attendant qu’elle finisse ses nouilles, j’observe les alentours. Tous les serveurs se sont regroupés à la réception pour accueillir les futurs clients. Eux aussi sont en situation d’attente. Peut-être ont-ils également voulu fuir l’odeur de ramens instantanés à cette heure bien matinale. Je ricane intérieurement à cette réflexion avant de me poser mes iris sur la housse contenant la guitare de la jeune femme. Je repense alors à ce qu’elle m’a dit tantôt sur la plage, au sujet du saxophone qu’elle aimerait bien apprendre à jouer. Une question jaillit dans mon esprit et je la lui pose sans plus tarder.

« Au fait, combien d’instruments maîtrisez-vous au total ? Je vous ai vu avec une guitare, vous m’avez parlé de la flûte traversière et j’imagine que vous jouez du piano comme votre frère.»

Voilà, j’ai utilisé mon joker « Au fait » pour de la journée. Tout en énumérant la liste des instruments, j’avais compté sur mes doigts et j’attends maintenant la suite. La sachant à l’aise lorsque nous parlons de musique, je souhaite renouer le fil de la conversation que nous avons – semblerait-il – un peu perdu en marchant jusqu’au restaurant. C’est vrai que rien ne remplace la vue imprenable de l’océan, les sons du ressac et des oiseaux marins, lorsque nous sommes en quête d’inspiration. Je touche mon premier pancake du bout de la fourchette. Si elle regarde autre chose que son plateau, elle doit me trouver étrange à proposer de venir manger pour au final ne rien toucher de mon assiette. Mais non ce n’est pas vrai ! Et pour preuve, je reprends une gorgée de jus d’orange en faisant attention de ne pas aller trop vite (tout de même) car c’est bien connu, les boissons c’est toujours ce qu’il y a de plus cher dans les restaurants.

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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Dim 16 Juil 2017 - 2:18

- Oh, il n'y a rien de plus simple.

Elle rigole a la remarque de son sensei. Elle repense d'abord a ce qu'elle a dit plus tôt. Depuis sa plus tendre enfance, elle n'avait jamais était une grosse mangeuse. La seule chose qui lui donnait vraiment envie en arrivant a l'heure des repas, c’était les nouilles. Peu importe la façon de les préparer, elle parvenait toujours a se trouver une petite place pour ce genre de repas. Une simple question de gourmandise, et même son frère avait finit par lui en refuser, pour éviter que sa santé soit trop carencé. Il fallait un minimum de fruits et de légumes pour être en forme. Et elle avait finit par obtempéré. Elle faisait cependant toujours en sorte d'avoir au moins un repas de nouilles par jour. Si pendant deux jours elle n'en avait pas, il était possible qu'elle s'irrite plus facilement. Mais ce n’était que de la théorie, car elle n'avait pas souvenir d'en avoir était privée pendant aussi longtemps.

- Je n'ai pas mangé depuis hier midi. Je ne mange qu'un repas par jour, la plupart du temps, et une collation histoire de faire plaisir a mon frere. Il aime bien que je mange une fois par jour des fruits ou des légumes. Mais ce que je voulais dire par « c'est simple », c'est que si c’était votre seul repas des dernières vingt quatre heure, vous n'auriez pas ce problème d'odeur. Pour moi, l'heure n'a aucun impacte sur la teneur du repas. Et moins de temps cela dure, mieux c'est.

Elle recommence a manger en écoutant la suite de ce que dit Hayden, qui semble vouloir ne pas laisser trop de blanc s'installer. Il paraît évident a la jeune fille qu'il n'est pas exactement a l'aise, malgré le fait que ce soit lui qui ai proposé le repas. Il est encore trop tot pour reparler du sujet qu'elle voulait absolument aborder a nouveau. Et par chance, c'est lui qui lance une discussion qui ne peux que partir sur un long monologue. Engager l'adolescente sur la musique, ce n'est jamais une bonne idée si l'on souhaite le silence. Elle prendre une grosse part de nouilles, comme pour se donner du courage, puis après avoir reprit sa respiration, se lance.

- Ne vous plaignez pas si c'est trop long, je peux vous raconter un peu comment j'ai appris a jouer de mes instruments.

Elle prend une gorgée d'eau, pour s'humecter d'avantage la bouche, avant de commencer vraiment l'histoire.

- En effet, Ara-nii joue du piano. C'est notre mère qui voulait absolument en faire son héritier, qu'il puisse pérenniser le nom des Masuda sur la scène mondiale. Et il était très doué. Mais moi elle ne voulait pas que je joue. Elle disait qu'il n'y avait pas besoin de deux pianistes dans la même fratrie. Alors elle ne me donnait pas de leçon. Et en plus j'étais très jeune. Mais comme il se fait dire dans ma famille, je suis plutôt têtue.

Elle rougit légèrement. Un rougissement de phase un, celui ou elle parvient a continuer de sourire facilement. Pas celui ou elle perd le contrôle de ses émotions un court instant. Reconnaître ses défauts n’était pas toujours facile.

- Bref, alors comme je n'avais personne pour m'apprendre, j'ai appris toute seule en imitant mon frère. J'avais trois ans. Enfin je crois. Quand il avait ses répétitions, je venais et j'observais ce qu'il faisait, puis quand il quittait le piano, je faisais de mémoire ce que j'avais vu. J'ai fais ça pendant une bonne année, et j'arrivais a jouer pas mal de chose toute seule. Puis le reste, c'est au fil des années ou je n'ai jamais cessé de pratiquer. On peux dire que je savais jouer parfaitement du piano vers mes six ans. Du coup vous voyez, ce n'est pas incroyable, trois ans pour apprendre un instrument.

Elle soupira en reprenant un peu de nouilles. Son bol etait diminué a plus de la moitié et elle avait a nouveau laissé de la sauce salir son visage. Reprenant la serviette que son professeur lui avait donné plus tot, elle se débarrassa le visage de la sauce, avant de reprendre.

- Je suis tombée malade quand j'avais huit ans. La mononucléose. Mais vous devez être au courant, c'est dans mon dossier scolaire, vu que je n'ai pas était a l'école pendant plus d'un an. Et durant cette période, j'ai décidé de changer d'instrument vu que j'avais une maîtrise parfaite du piano depuis plusieurs années déjà. Alors j'ai commencé a faire de la guitare. Toute seule encore une fois. Je n'ai pas eu de professeur pour ces deux instruments la. J'ai mis quelques mois pour comprendre les principes de base et maîtriser l'ensemble, jouer quelques partitions. Et au bout d'un an, je maîtrisais également la guitare. Encore une fois rien d'exceptionnel. Je suis sur que n'importe qui en serait capable.

Elle essaye tant bien que mal de mettre en avant le fait que ce qu'elle fait n'est pas incroyable. En fait, elle ne se rend pas compte qu'insister la dessus pourrait faire croire le contraire, donner un coté ironique a sa façon de parler. Mais son regard est parfaitement sincére, elle essaye simplement de répondre a la question précisément, sans se mettre en avant.

- Pour les deux suivants, c'est ma meilleure amie qui m'a apprit. Elle a fait une bonne partie de sa scolarité ici, alors vous la connaissez peut être. Reira Kyoshida. Vous devez sans doute la connaître. Elle était très intelligente, et magnifique. Elle avait une grosse réputation dans la ville, car elle faisait des concerts dans les bars aussi. C'est avec elle que j'ai commencé a faire ce genre de chose. Jouer dans des endroits publiques. Et avec elle, j'ai appris la batterie, et enfin la flûte traversière. J'ai mis un an pour les deux, environ. C’était facile avec Reira. Je suis sur qu'elle ferait une professeur de musique incroyable !

Elle sourit alors avant de replonger dans ses pâtes, avant de redresser le visage comme prise par une pensée qui lui traverse la tête. Elle bredouille quelque chose, et un filet de sauce s'échappe de sa bouche d'une manière peu classieuse. Elle ricane la bouche fermé, avant de boire un grand trait d'eau, et de tousser légèrement :

- Désolée, je voulais savoir, vous êtes la personne qui gère le club de natation non ? J'aurais voulu savoir si vous preniez des gens comme moi.

Elle s’arrête, semblant réfléchir a la formulation de sa question, puis reprend.

- Enfin, je veux dire, vous devez avoir un groupe très soudé, difficile d'intégré. Je ne veux pas vraiment m'y intégré d'ailleurs, c’était surtout pour être avec Hane-ch....euh, Haneko-san qui aime bien la natation aussi. Je nage plutot pas mal, meme si mon corps est faible. Et voilà, vous voyez, je parle pas mal pour rien dire, et du coup je fatigue les gens, donc je voudrais pas déranger non plus. J'ai jamais participer a un club sportif de ma vie, alors je sais pas trop comment ça marche, mais c'est probablement pas pareil que le club de musique.

Elle soupire, et s’arrête la. Le gros de l'idée a etait dites, pas besoin de parler trois ans de plus sur le sujet. Elle sourit simplement, d'une manière douce et joviale, en appuyant sa tete sur la paume de sa main, coude sur la table.
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Lun 17 Juil 2017 - 2:02

Voilà donc la raison pour laquelle elle est immunisée à l’odeur des ramens à cette heure, elle ne prend qu’elle seul repas par jour et éventuellement une collation. Quand elle me disait ne pas manger beaucoup, j’avoue que je ne m’attendais pas à cette quantité non plus. Je n’ai jamais été réputé pour être un gros mangeur, mais je pense que je ne tiendrais pas très longtemps en classe avec un seul repas dans le ventre. Comment fait-elle pour avoir de l’énergie pour les concerts si elle se contente d’un bol de nouilles instantanées et des tartines ? Je ne suis même pas sûr que cela lui donne la moitié des calories recommandées pour une adolescente de son âge. A la place de son frère, je me ferais beaucoup de soucis. Et dire que je râle quand Chris grignote dans sa chambre. Je lâche un soupir inquiet, au moins si elle fait un malaise en plein cours, j’ai déjà deux hypothèses concernant la cause : le manque de sommeil ou l’estomac vide. Est-ce seulement possible d’avoir une aussi mauvaise hygiène de vie ?

« Même si vous n’aimez pas cela, vous êtes encore dans une période de croissance. Il faut manger sinon vous tiendrez difficilement le coup à l’avenir. »

C’est à se demander depuis combien de temps elle tient ce régime. Sachant que son frère est au courant et semble déjà la forcer à prendre des fruits et des légumes, je vois difficilement comment je pourrais améliorer la situation. Que faire dans ces cas là ? Je n’en ai aucune idée, mais j’imagine que je vais quand même devoir lui en parler si je le recroise dans le couloir de l’immeuble. A force, je vais devoir me faire une note tant j’ai de choses à lui dire.

Le temps que je réfléchisse à tout ça, le silence s’est installé entre nous. Ca n’a pas l’air de gêner la jeune fille, mais je me dis qu’un repas est toujours plus agréable quand il est animé. Et peut-être qu’en déliant sa langue, elle ira se resservir à manger pour que nous puissions continuer à parler. Tant pis pour mes dépenses, la santé est plus importante. Je décide donc de la relancer sur la musique en lui demandant combien d’instruments elle maîtrise en tout. A son tour, elle marque une pause pour aspirer – semble-t-il – le maximum de pâtes qu’elle puisse loger dans sa bouche. Il lui faut un moment pour reprendre son souffle, mais une fois lancée, le monologue ne s’arrête plus. Et ce n’est pas faute de m’avoir prévenu.

En quelques minutes, elle me résume alors la majeure partie de sa vie pour m’expliquer dans quelles mesures elle a appris à s’approprier des instruments. J’apprends donc qu’elle a commencé le piano contre la volonté de ses parents – que je comprends assez difficilement pour le coup, mais j’imagine qu’avoir une famille de musiciens est différent d’avoir une famille tout court – juste en écoutant son frère. Selon ses dires, elle aurait commencé à reproduire les sons à partir de trois ans seulement. On peut dire qu’elle avait déjà l’oreille musicale. « Ce n’est pas incroyable, trois ans pour apprendre un instrument » me dit-elle. Je suppose que son humilité est sincère. Toujours est-il que dans mon jargon, on appelle ça un prodige. Parmi les musiciens de haut niveau, certains mettent plus d’une dizaine d’années à savoir jouer les classiques. Ce n’est pas donné à tout le monde de faire ça, même si on le souhaite très fort. Quelque part, les inégalités entre les individus me rendent triste, puis je me dis qu’en tant que personne successful, je n’ai probablement pas d’avis à donner.

Les mots de la lycéenne me reviennent en tête. J’ai la vie que beaucoup rêveraient d’avoir. C’est vrai. Je n’ai jamais connu de véritable échec dans ma vie. J’ai eu toutes les filles qui m’intéressaient, l’université que je voulais, le diplôme que je désirais, le métier que j’ai choisi par vocation. Même si certains diront que j’aurais pu faire mieux en étant diplômé de la prestigieuse académie Keimoo, j’ai toujours agi selon ma propre volonté. D’une certaine manière, je peux comprendre l’état d’esprit d’Ayame. On ne se rend pas compte soi-même que l’on est privilégié quand on ne nous le dit pas. Je soupire intérieurement, et le récit continue.

La suite de l’histoire m’impressionne tout autant que le début. Plus elle avance, moins elle rencontre de difficultés à maîtriser les instruments, du moins, elle semble mettre moins de temps à chaque fois. D’abord la guitare qu’elle a appris le temps de sa maladie, puis la batterie et la flûte traversière avec sa meilleure amie. Contrairement à ce qu’elle avance, je ne la connais pas.

« Je vous retourne les propos que vous m’avez adressés tout à l’heure. Vous avez sûrement la vie que beaucoup d’adolescentes voudraient avoir. »

Cependant, une différence subsiste entre elle et moi. Je ne sais pas si c’est mon rôle, mais je pense devoir la mettre en garde contre la jalousie et surtout contre sa propre naïveté. Au lycée, je n’ai jamais entendu d’histoires à son sujet, mais si elle devient célèbre, il se pourrait bien que la situation puisse changer.

« Faites attention à vous Masuda-san. Les gens ne sont pas toujours gentils avec ceux qui sont doués. »

Elle replonge alors sa tête vers son bol. Ses pâtes doivent être froides après le temps que nous avons mis pour clore cette discussion. Au moins, la vapeur ne vient plus titiller mes narines et l’odeur de ramens est désormais moins forte. Je peux entamer mon premier pancake avec sérénité. Alors que j’en déguste la première bouchée, l’étudiante relève brusquement la tête, la bouche encore pleine de nouilles. J’arque un sourcil alors qu’elle manque de s’étouffer. Sa toux éteinte, elle me demande alors si je suis le responsable du club de natation et si nous acceptions des gens comme elle. Je hoche la tête et lui souris.

« Bien sûr, tous les niveaux sont acceptés au club. Vous auriez pu demander à votre frère, il connait très bien le club. »

Pas que je ne veuille pas répondre à ses questions, mais cela me paraît quand même étrange qu’elle n’ait pas pensé à lui demander avant. A moins que ce soit une lubie qui vient de la frapper. Elle me dit alors que sa principale crainte vient du fait que nous avons l’air d’un groupe soudé et un peu fermé. Je ne savais pas que nous renvoyions cette image aux étudiants extérieurs au club. Il est vrai que nous accueillons beaucoup de jeunes prodiges de la natation et que nous sommes réputés pour produire des champions, mais quand même. Il me semblait pourtant avoir fait des efforts pour attirer des gens moins sportifs. Enfin, pour répondre à ses questions…

« Il y a des séances organisées selon votre niveau et votre objectif, à savoir si vous voulez faire de la compétition ou non. J’imagine que vous n’en ferez pas cette année ? »

Je lui laisse un peu de temps pour répondre, pile le temps qu’il me faut pour croquer dans mon pancake et finir mon verre de jus d’une traite.

« Vous avez toujours le choix de passer d’un groupe à l’autre de toute façon. En tout cas, si vous n’en faites pas, vous avez le choix entre de la nage libre où vous profitez juste des bassins, ou des activités de groupe comme le relais. Sachez toutefois que nous vous chronométrons au moins une fois par mois – ou plus à votre demande – pour pouvoir vous évaluer à la fin de l’année, voir votre progression. »

Il faut bien que nous puissions donner une note pour le livret scolaire. Beaucoup voient cela comme une contrainte, mais c’est une manière comme une autre de vérifier l’investissement. Evidemment, des points supplémentaires sont à gagner en faisant la promotion du club ou toute autre action bénévole appréciée.

« Enfin, tout ça pour dire qu’il n’y a pas de raison pour que vous ne vous intégriez pas, nous avons même prévu une journée pour que tous les membres puissent se rencontrer en dehors des bassins. Ca sera au mois de Septembre. »

Après avoir dévoré le reste du pancake, je me rends compte que j’ai encore soif. J’essuie rapidement mes lèvres en passant un coup de serviette par-dessus, puis je me lève sous le regard attentif des employés du restaurant qui reprennent chacun leur position initiale. Une fois debout, je me tourne vers la benjamine des Masuda.

« Je vais me chercher un café. Vous voulez autre chose ? »

HRPG : Pour ta réponse, tu peux considérer qu’Hayden est allé chercher le café + éventuellement ce qu’Ayame demande, puis revient s’asseoir pour continuer la discussion




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Ayame Masuda
♠ Lycée - Troisième année
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MessageSujet: Re: Insomnie(s) [Libre]   Aujourd'hui à 16:21

Il a enchaîné les sermons, les compliments et les réponses. Parfois un peu trop vite pour qu'elle puisse répondre, si bien qu'elle enregistré tout ce qu'il a dit sans jamais y répondre, gardant ça pour ce qu'elle avait déjà appelé intérieurement, «le deuxième round ». La première chose est de réfléchir a sa dernière proposition. Elle se sent déjà calée, mais un thé ne lui serait pas de refus. Il est de notoriété courante que le thé vert, celui a la menthe étant l'un de ses préférés, avait des vertus pour brûler les calories et donc ne pas prendre de poids. Mais ce n’était pas du tout pour cela qu'elle en voulait. C’était juste qu'elle appréciait le goût. Il n'en fallait vraiment pas plus pour prendre une décision, pour l'adolescente. Aussi, elle ne mit pas beaucoup de temps a répondre, et se mit a sourire :

- C'est gentil, je veux bien une bouilloire d'eau chaude, alors. Je vais chercher un sachet de thé.

Alors qu'elle regarde son professeur principal se levait, et qu'elle limite pour aller chercher l'aromate de sa boisson, elle se demande si certaine fille de sa classe ne serait pas jalouse en sachant qu'elle partage un repas avec celui dont elles parlent souvent. Dans un pays comme le Japon, ou les relations intrasexes ne sont pas toujours évidentes, un homme comme Hayden fait figure d'idéal, et c'est pour cette raison qu'il est au centre de beaucoup de discussions de filles de sa classe. Mais elle pense aussi au fait qu'il a dit qu'elle aussi devait être jalousé par de nombreuses personnes. Elle est d'accord sur ce point, elle est extrêmement chanceuse et c'est quasiment sur que bon nombre de personne voudrait vivre ce qu'elle vit au quotidien.

Mais comme elle vient de le penser, ce n'est rien de plus que la chance d’être née dans cette famille riche, portant les gênes de l'une des plus grandes pianistes Japonaise de l'époque, avec un frère et deux sœurs qui avaient tout fait a différents degrés pour l'aider a parvenir ici. Sa propre incidence sur ce qu'il lui arrivait ne lui semblait pas si importante. C’était peut être ce qu'Hayden pensait aussi, que c’était normal d’être comme ça ? Parce que oui, pour elle, vivre sa vie était tout simplement normal. Pas parce qu'elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle avait, mais tout simplement car elle ne pouvait pas s'imaginer autrement.

- C'est la musique qui fait la normalité de ma vie, alors si on me l'enlevait, il n'y aurait plus de vie.

Cette phrase étrange, pas forcément très bien formulé par la petite Masuda etait sortie de ses lèvres par inadvertance alors qu'elle venait de se rasseoir, juste avant qu'Hayden revienne également. Rougissant, elle espérait intérieurement qu'il n'avait pas entendu, et préféra se servir l'eau chaude que son professeur venait de lui ramener. Elle songea qu'elle aurait du directement mettre son thé dans la petite bouilloire, mais c’était trop tard, elle venait de lâcher le sachet dans sa tasse. Elle observait l'eau incolore devenir lentement plus sombre, a mesure que l'aromate mariner. Elle s'empresse, par la suite, de revenir sur un autre sujet qu'il a abordé, la natation.

- Je pense que je vais m'inscrire. A la natation, je veux dire. J'aurais sans doute une dérogation comme pour le club photo, car je n'ai pas le temps de faire beaucoup d'heures. Enfin j'avais obtenu cela du précédent vice-principal, alors j'aurais bien voulu voir ça avec le nouveau. Je ne lui ai jamais adressé la parole, je me demande si il est stricte. En tout cas il a une tête d'homme sévère.

Elle aurait en effet pu demander a Arata des informations sur le club de natation, mais elle ne l'avait pas fait parce que d'une part, elle savait que son frère n’était pas toujours le plus objectif du monde, et ensuite parce qu'elle même n’était pas objectif quand il s'agissait de son frère. Si il lui avait dit que c’était le club ou elle devait s'inscrire, alors elle l'aurait fait sans même y réfléchir d'avantage. Elle voulait cependant prendre une vraie décision a ce propos, et elle rougit en repensant a la réflexion d'Haneko vis a vis du fait qu'elle était jolie et que la natation allait lui donner une carrure moins féminine. Elle s'imaginait mal en bodybuildeur, mais l'image eu le mérite de la faire sourire.

- Mais en effet, je ne ferais pas de compétition, je n'aurais sans doute pas le temps. Par contre, si vous voulez que j'écrive une chanson pour le club, histoire de faire une sorte de promotion pour les élèves, ça serait avec plaisir.

Elle retire son sachet avant de réfléchir a comment aborder son envie de poser des questions. C'est l'un de ses défauts. Ou une de ses qualités, au chois, elle est maladivement curieuse. Et le fait qu'il ne réponde pas vraiment aux questions qu'elle lui a posé, ne réagisse pas aux remarques, évoque évasivement son addiction au tabac, sans savoir si c'est parce qu'elle n'a que seize ans et qu'il la traite comme une enfant, ou autre chose. Les deux, sans doute, mais cela ne change pas le fait qu'elle a envie d'en savoir plus.

- Vous avez sans doute raison, fit elle soudainement, changeant totalement de sujet vis a vis de la natation, il y a probablement une multitude de personne qui voudraient faire de la musique tout les jours. Ou du sport. Ou n'importe quoi, du moment que c'est la passion qu'ils ont dans la vie. Et moi j'ai la chance de pouvoir le faire a n'importe qu'elle heure du jour et de la nuit. Mieux, je vais sans doute pouvoir en vivre, enfin, sans partir du fait que même sans jamais gagner un seul yens, j'aurais toujours de quoi vivre, vu la fortune de ma famille.

Et c’était vrai, jamais ses parents ne la laisseraient mourir de faim, ca ferait une bien trop mauvaise pub pour l'entreprise de son père ou la carriers de sa mère. Mais ce n'est pas des ressentiments qu'elle veux inclure dans la conversation, simplement des questions, des interrogations. Savoir comment l'une des idoles de Keimoo peut sembler aussi désabusé par sa propre vie. Car c'est ce qu'elle a l'impression de voir dans ses yeux. Elle soupire, prend une inspiration, et sourit. Mais différemment, pas de joie ou de sa façon naïve d’être heureuse. Non, plutôt pour mettre en confiance, un sourire doux et avenant.

- Comment êtes vous devenu professeur, alors ? Comment avez vous vécu pour en arriver la ?
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