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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Là où s'échouent nos existences

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Yui Valentine
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MessageSujet: Là où s'échouent nos existences   Dim 26 Mar 2017 - 7:28



(Suite de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])


...La porte est frappée par quelques petits coups précipités, au moment où Valentine sent ses yeux retenir une tension qui, comme un abcès manque de crever à l'unique syllabe que Cammy Logan parvient à laisser s'échapper. (...) Pour un tas de raisons Yui a conscience qu'il ne devrait pas se comporter ainsi dans l'enceinte scolaire, et alors que socn assistante rentre à la volée et dans l'urgence de la réunion planifiée avec les parents d'un élève indocile, Yui reste immobile, dans la même pression qui retient Cammy contre lui. Le monde, pendant une autre valse temporelle, a cessé d'exister autour d'eux.

-Monsieur Valentine ! Vous...


Entre l'image du directeur au sol, retenu et cramponné dans les bras de cette femme aux cheveux flamboyants, l'impasse d'un directeur absent à la réunion et deux trois autres urgences de dernières minutes qui requièrent son accord, son assistante Mademoiselle Fei, s'immobilise, effarée, débordée d'informations. C'est qu'elle a retourné tout le bâtiment pour le retrouver. Profitant de cet instant Valentine déglutit et se recompose tant bien que mal, il se redresse à contrecœur et se relève en tiraillant ses manches pour qu'elles retombent juste. Ça lui donne le temps de revenir à une réalité tangible bien que tout lui paraisse en ce moment précis, dérisoire, bancal et futile hormis la jeune femme rousse qui est encore assise dans un fauteuil qui ne lui était pas dévoué.

-Monsieur Valentine vous vous sentez bien ? Vous avez les yeux rouges! Vous avez aussi...
-Un instant Fei. Je pense que j'ai terminé pour aujourd'hui, prévenez la principale pour qu'elle reçoive les parents de Wikilson à ma place et excusez auprès d'eux mon absence.

-Monsieur...
-Fei. Demain.

-C'est compris...

C'est toujours au pire des moments qu'il semble que certaines choses se passent. Alors qu'ils se retrouvent de nouveau tous les deux dans cette salle et que retombe un silence étrange de celui d'avoir était brutalement interrompu au point d'en oublier la suite, Valentine se masse les yeux pour éteindre la tension dans sa tête et tend la main vers Logan. Il aurait juste fallu qu'il soit la tornade emportant le papillon dans le cœur de son tourbillon; il n'y a pourtant aujourd'hui plus de vent ni d'ailes mais juste cette fenêtre sans rideaux qui ne laisse plus rien filtrer.

-Je suis désolé. Partons d'ici.  


Plus que ce contact qui recherche la chaleur de la paume de sa main, il y a de nouveau ce vide qui est d'un coup retombé lorsque leur éreinte s'est brisée.

-Tu te sens de marcher?


Il ignore dans quelles conditions ils se sont retrouvés ainsi. Elles paraissent dérisoires. Ils sont simplement là, dans le rendez-vous incontournable que leurs âmes ont scellés jadis.






Nos Existences Éphémères



Quelque part dans Keimoo mais pas assez loin pour atteindre l'Autre Part, ils marchaient, lentement comme s'ils étaient sur les traces d'un quelque chose qui aurait dû exister jadis et absorbé par la présence à ses côtés, Valentine ne pense plus à aucune destination. Ils auraient pu se retrouver sur son pont onirique, sur les rebords d'une autoroute où d'un sentier parsemé d'arbres, plus rien n'avait son semblant d'importance. Aujourd'hui pourtant il aurait voulu partir loin, pour échapper à la ville toute entière.

Il a relâché Cammy mais a calé ses pas sur son rythme à elle inconsciemment, l'esprit soulagé de question avant qu'une tonne revienne à la charge, tourmenter ses réflexions. Ils n'ont pas marché bien longtemps malgré son impression contraire, il ne sait plus très bien quelle discussion ils ont eu, et s'il y en a réellement eu mais sa présence est un quelque chose qu'il trouve être agréable, voire apaisant. Et si maintenant était un monde onirique, il cesserait de vouloir le modifier. Une nuit, une prédatrice Rouge lui avait dit qu'il suffisait de ne plus se réveiller. Qu'il lui aurait suffît de garder les yeux fermés. C'était maintenant qu'il aurait accepté sans condition, si la réalité devait s'effondrer pour perdre les instants trop minces comme le présent.

-Est ce que tu es fatiguée ?

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Dernière édition par Yui Valentine le Lun 27 Mar 2017 - 14:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Là où s'échouent nos existences   Lun 27 Mar 2017 - 4:23

Un petit soubresaut à l'intrusion d'un nuisible dans le cocon des deux âmes sans y avoir été invité. Cammy n'a pas conscience que la situation présente, l'intimité exacerbée, ne devrait pas avoir lieu. Pas dans cet endroit. Elle n'en a pas conscience parce que rien d'autre n'a d'importance à l'instant même où tout s'écoule. Aussi lorsqu'elle lève les yeux sur cette manante qui interromp ce moment sacré à ses yeux, c'est l'amertume qui habille ses prunelles, en une sensation malsaine jusqu'alors jamais ressentie de cette façon. Ce n'est pas agréable, c'est lourd et ça menace d'imploser dans sa poitrine à tout instant. Face à cette néfaste découverte et au regain d'énergie qui s'en retrouve libéré, la jeune femme ne sait comment réagir. C'est toutefois Yui qui amorce le premier mouvement, au grand regret de la rouquine. Qui est donc cette péronnelle qui a osé le soustraire à son accolade ?

Les noisettes se font acerbes en passant de Yui à l'étrangère, le rouge lui monte aux joues; elle écoute. L'intruse aborde l'homme de façon si singulière qu'elle se sent fulminer : jamais elle n'a ressenti telle colère. Pourtant, dans les faits, c'est Cammy Logan l'intruse. C'est elle qui a soustrait Yui Valentine à ses devoirs administratifs, sur son terrain. Hélas, ce n'est pas elle qu'on jugera, ou que l'on pointera du doigt. Et quand bien même ça aurait été le cas, elle n'en aurait eu cure. Les choses se font différentes et, comme si un éclair de lucidité la frappait, ses muscles se détendent alors. La voilà de retour à Keimoo, et son Académie. Elle tourne la tête vers la fenêtre en croisant les bras et attend que les choses se finissent, sans quitter ce siège à roulettes.

Ils se retrouvent seuls à nouveau, mais l'ambiance a changé. C'est la frustration qui s'empare d'elle. Elle sent que quelque chose lui échappe, ou plutôt, qu'on lui a volé. "Vous avez les yeux rouges..." . Avoir été témoin d'un échange aussi personnel en plus d'en ôter sa magie, même lourde, laisse en Cammy Logan une sorte de... manque. Elle tourne la tête vers Valentine, l'observe tandis qu'il se frotte les yeux. A quoi pensait-il avant qu'ils ne soient interrompus ? A quoi bon se poser la question, puisque Valentine parvient toujours à répondre à côté. Lorsqu'il répond. Ainsi, il tend la main dans sa direction, en une invitation à quitter les lieux. Oui, c'est une bonne idée. Pour lui, ça sera un abandon de poste, pour elle... peu importe. Il y a bien longtemps qu'elle n'a plus de but. Elle n'avance plus, elle erre. Pas besoin de chemin, ni de destination, elle se rend là où personne ne l'attend et offre sa compagnie à toute personne la désirant. Sauf que cette fois, rien n'a plus de valeur que cette main tendue vers elle. Une main qu'elle saisit délicatement. Elle souhaiterait lui attraper le bras entier, mais elle n'ose pas. Elle a pris l'habitude de se contenter de ce qu'on lui offre, échangeant quelque chose d'équivalent en retour.

Elle se lève, la tête lui tourne. Ah oui... elle n'a rien avalé depuis un moment maintenant. Quant à marcher.... Elle regarde l'état de ses pieds nus, abîmés et sales à l'instar de sa robe rose, ainsi que ses doigts qui viennent entrecroiser ceux de Yui. Parce qu'elle sent que ce contact ne durera pas, elle veut en profiter.

Bien sûr qu'elle peut marcher. Elle hoche la tête.


UNUTMA
N'oublie pas



Elle croise les mains devant elle, par crainte que le souvenir des doigts de Yui ne s'efface trop vite de la mémoire de sa peau. Les pas s'enchainent, les rues défilent mais elles ne portent pas de noms aux yeux de la jeune femme. Elle n'en ont pas besoin. Les noms ne sont là que pour différencier une rue d'une autre, pour trouver son chemin. Hors, il y a bien longtemps que Cammy ne suit plus aucun chemin nominatif. Elle semblait égarée, mais ce n'est plus le cas à présent. Yui est sa route, et sa destination à la fois. Si elle n'avait pas peur de les perdre, peut-être s'épanouirait-elle un peu plus. Cela demande du temps, mais cette notion a perdu de son sens depuis l'instant où elle a commencé à côtoyer Yui Valentine. A Paris, il a dit "je vous l'offre, le temps". C'est depuis ce jour qu'elle a cessé de courir, d'enchainer les tâches de peur de ne pas pouvoir tout faire. C'est alors qu'elle a véritablement commencé à ouvrir les yeux sur le monde et ses véritables beautés qu'il regorge. D'avis méthodiques et cartésiens, d'étude de faits historiques, elle a préféré s'orienter vers l'univers artistique et sporadique, jusqu'à préférer savourer les instants présents.
Comme ici.

-Est ce que tu es fatiguée ?

Une petite phrase anodine, et pour ça justement, elle a du charme. Il est question d'intention, et non d'intérêt. Cammy Logan ne peut s'empêcher d'étirer un petit sourire. Elle détourne son observation du sol pour s'attarder sur le visage de Valentine ; elle stoppe sa marche.

- Oui.


Elle est même épuisée, mais peut toujours marcher. Elle remarque alors quelque chose sur l'épaule de Yui et penche la tête. Levant doucement le bras, elle tend alors le doigt vers l'objet de son attention.

- C'est...une petite araignée.

Avec une grande délicatesse et une subtile manipulation, elle parvient à faire grimper l'arachnide sur le bout de son index qu'elle présente aussitôt à Yui avec un autre sourire, plus large. Elle ne se rend même pas compte que sa phobie des insectes et autres animaux "qui grouillent" s'est volatilisée. De même qu'elle n'a plus peur des microbes, de la foule, du soleil, du vide et de la mort.

- Ne la trouves-tu pas jolie, Yui ?

La petite intruse va et vient, cherche à remonter vers le bras de Cammy qui se charge, et à plusieurs reprises, de la replacer sur sa phalange, jusqu'à ce que le minuscule animal cesse de gesticuler.

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MessageSujet: Re: Là où s'échouent nos existences   Dim 2 Avr 2017 - 11:03

Elle suit, elle écrase le sol de la légèreté de ses pieds nus avant que Valentine cesse de l'épier dans la discrétion de quelques coups d'œil prétendant observer les alentours. Elle avait été retrouvé effondrée quelque part dans l'enceinte scolaire, il reconstituait la chaîne des événements qui les retraçaient jusqu'à présent. À la simple response mais honnête de la rouquine, Valentine s'était arrêté, et alors qu'elle s'approche de lui, il réalise qu'il ne la saisit pas; il se contente alors de la laisser faire, ses yeux suivent le mouvement de sa main, sans pouvoir ignorer ce poignet bandé d'une sombre réalité qui devrait ne plus disparaître. Il cille. Trop de choses abîmées sous ses yeux.


Bribes de conversation

-Tu sais Eliott. Si ça te taraudes autant pourquoi tu ne vas pas la voir ?

Un regard sombre à son encontre vient zébrer la pièce.

-Moi je suis allé la voir. Pas sûr qu'elle souhaite me revoir.

-Tu es allé voir Cammy Logan ?
-Il faut bien que quelqu'un le fasse à ta place, Va-len-tine.

-Tu es chez moi je te rappelle.  
-Donc c'est à cet instant que je suis supposé m'en aller,
soupire Théo.
-C'est bien que tu le réalises tout seul.  
-Eliott. Je pense vraiment que tu devrais lui parler. Eliane m'a dit que tu avais invité cette fille à Paris.



Yui Valentine avait observé son frère partir sans pouvoir rajouter autre chose, et il avait fallut que toutes ces fois où il avait vu Cammy Logan s'était soldé en un échec fondamental. C'était toujours aussi confus mais ses notes et correspondances restaient aussi limpides que brouillées étaient ses perceptions.



Valentine en oublie leur proximité et la laisse récolter l'arachnide sur son épaule qu'elle lui présente dans un sourire qui ne se corrèle en rien avec les éléments présents. Immobilisée ainsi, son regard qui étudie encore cette jeune femme glisse vers la minuscule créature perchée sur son index. L'araignée est elle jolie ? Il l'observe et la fait arriver sur la pulpe de son doigt, d'où l'araignée décide de se laisser chuter retenue par la seule force du premier fil de sa toile. Elle n'avait jamais peur du vide, elle.

-Je ne sais pas. Dans mes rêves elle est une silhouette. Je n'arrive pas à la voir.

Il a oublié son visage et s'est reconstitué ce qui lui reste de mémoire. La matrice était brisée, avait il un jour expliqué à l'Araignée. Il laisse flotter la toile du bout de laquelle  l'araignée disparaît, dans un monde fait de grandes créatures et de grandes choses qu'elle tenterait toujours de surpasser en tissant encore et encore. Il revient vers la jeune femme.

-Alors posons nous.

C'était simple, ainsi.
Valentine n'a jamais vraiment eu peur des araignées, il a toujours redouté le vide et maintenant la mort est une entité étrange qu'il ne sait plus comment appréhender. Sans doute la craint-il encore mais moins que l'après vie. Quant à la saleté et les maladies, elles restent deux maux trop ancrées pour que ce qui reste de son être ait pu les effacer. Ses espaces resteraient ainsi toujours à moitié vide avec une sensation presque aseptisée sans l'être. Dans ses anciens appartements où se jouait une dualité de noir et de blanc, une nouvelle couleur avait cependant immergé par endroit; étrangement fut il que ce soit ces quelques rares objets orangés venus agrémenter une bichromie trop parfaite. Au final peut être que quelque part, l'esprit de Valentine était déjà souillée de maladie. Il ne le savait pas.



-



Place de quartier, ils étaient assis là, au beau milieu de nulle part et partout à la fois, ces enfants recrachés sur les rivages d'une nouvelle vie. Valentine a laissé ses yeux se promener sur les chevilles puis les pieds blessés de la demoiselle, il avait cessé de chercher à comprendre les faits qui avaient traîné Cammy Logan ainsi, il avait cessé un autre instant de réfléchir. Il ne savait pas s'il restait à redécouvrir ni à découvrir tout court, derrière trop de réalités piétinés à grands coups d'oubli. Pourtant le fait d'être ici avec cette femme lui procurait une agréable sensation d'accalmie toute entière, une sérénité qu'il n'avait pas retrouvé depuis ce qui lui semblait être une éternité. Ce, empreint d'un certain malaise à la vue de cette entité fissurée; il avait l'impression de ressentir ces plaies là comme si elles étaient siennes.

-Je ne sais pas où est le début de la fin ou la fin du début. C'est comme si je devais reprendre un élément au beau milieu d'un récit entrecoupé.

Valentine avait hélé un marchand de boisson pour récupérer une bouteille d'eau. Tout en saisissant lentement la cheville de la jeune femme il déverse doucement l'eau dessus pour nettoyer les blessures avec les moyens de l'instant. Et tandis qu'il s'affaire lentement sur un pied puis l'autre, rendant l'épiderme et les plaies plus visibles, le monde se resserre autour d'eux dans un cercle qui exclue les passants comme s'ils n'existaient plus.

-Ne te blesse plus ainsi.

Il ne sait pas s'il peut le lui demander ainsi quand il a conscience qu'il est un des piliers même de cette déchéance. Repoussant les barrières de ses pensées qui reviennent petit à petit, il décide de faire ce qu'il a sur le moment parce que c'est la meilleure des choses qui lui est donné de faire.

-... s'il te plait.

Un murmure qui fuse. Il se reprend, sans pouvoir lui faire face.

-Entre les rideaux flottants de la fenêtre, c'est une scène voilée et à contre jour, mais c'est là que tu es. En robe.

Ce qu'il ne dit pas, c'est que dans sa vision, elle est claire et dévoile les courbes en dessous. Dans ses fragments de mémoire, c'est une femme qu'il trouve magnifique. Comme toujours.

Dernier souvenir flottant.

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MessageSujet: Re: Là où s'échouent nos existences   Mar 27 Juin 2017 - 19:29

- Une silhouette ?

Maintenant qu'elle y pense, elle a un vague souvenir d'une arachnide qui avait pris forme humaine au cours d'un funeste voyage de l'autre côté d'un miroir opaque aux allures de blackboard griffé. Fut-ce seulement réel ? Difficile de savoir ce qui l'est de ce qui ne l'est pas. Toutefois de cette Araignée qui l'avait approchée si facilement, Cammy en a oublié les traits. Elle se rappelle seulement de ses longues pattes métalliques surgissant de son corps, de ce sourire écarlate ornant ses lèvres charnues et d'une pression troublante sur son front.

- Alors posons-nous.

Un frisson parcourt la colonne dorsale de la demoiselle, comme au réveil après une sieste sous un pommier. Assise au milieu de tout et de nulle part, Cammy voit le monde défiler sans distinguer les expressions de vie qui en animent les personnages déambulant. De ses pieds décollés du sol par un quelconque siège élevé, elle dessine  d'invisibles cercles du bout de ses menus orteils. Les figures qui glissent en ordre devant elle à la file indienne semblent toutes se diriger vers des destinations communes et différentes à la fois, mais de manière contrôlée et organisée. Certaines ont le pas hâtif au point d'en percuter d'autres. Des voix s'élèvent au cœur du silence instauré, Cammy les distingue à peine. Les corps alors s'inclinent, et le temps reprend son cours. La rouquine lève une main vers ce monde dépourvu de couleur, de calme et de paix mais elle la rabat aussitôt avant de pousser un mince soupir inaudible. C'est ainsi qu'est la ville, au centre d'un dôme invisible que personne ne remarque et à l'intérieur duquel quelques pigments venus d'au delà tentent de se frayer un chemin. Ainsi naissent des sourires au sein de cette grisaille, quelques brins d'herbe fraiche, des arbres et une faune ordinaire que plus personne ne remarque. Des tourterelles, des araignées, mais point de papillon. Les âmes sont délaissées des corps qui se laissent dévorer par ces immeubles intensément immenses, leur avalant ce qui leur reste d'énergie vitale. Qu'est donc devenue la notion de plaisir, sacrifiée au nom de l'argent, de la réputation vers un futur incertain ?

Cammy refuse l'avenir parce qu'il fait parti intégrante de ce Temps qui continuera à lui jouer des tours, à lui arracher ce et ceux qu'elle aime, quelque soit la période de son Histoire. Elle en réfute les traces, et préfère celles qui demeurent hors d'atteinte de son existence : il y a bien longtemps que ses doigts n'ont pas effleuré les lames tranchantes d'un livre.

Dans ce silence assourdissant d'un monde apocalyptique aux allures de fadaises maitrisées, la voix de l'ombre claire qui l'accompagne s'élève. Elle pose son observation sur cette parcelle animée, cet homme dont les nuances claires-obscures lui semblent bien plus colorées que le reste de ce monde, et ce grâce à la nature des sentiments qu'elle lui porte. Le temps ne semble pas non plus avoir d'emprise sur lui, peut-être est-ce la raison pour laquelle il lui est revenu, plus incomplet alors qu'avant. C'est un autre sourire léger qu'elle arbore alors, remplaçant le précédent, englouti par la tristesse de l'extérieur : si elle se laissait aller, pour sûr qu'elle aussi perdrait ses couleurs, comme elle a perdu ses ailes cristallines.

MANDATUM NOVUM
ou le lavement des pieds des pauvres



"Je ne sais pas où est le début de la fin ou la fin du début. C'est comme si je devais reprendre un élément au beau milieu d'un récit entrecoupé."

Il n'y a ni début, ni fin dans l'éternité. Le train de l'existence, celui qu'on prend en marche, n'a pas de rails. Quelques instants plus tard, sa cheville s'élève et un souffle de fraicheur aqueuse vient à glisser sur sa peau. Le noir de sa plante de pied s'estompe un peu, les égratignures ressortent un peu plus, dévoilent des rougeurs insoupçonnées. Elle n'a pas conscience de la douleur qui tiraille cette partie de son anatomie tant elle est devenue familière avec cette entité. Ce qui attire bien plus son attention, c'est la douceur des gestes de Valentine, et sa supplique qu'il hurle dans un quasi tendre murmure. Une fois de plus, Cammy est touchée par la lueur éclatante de l'ombre, au point d'en baisser les paupières. C'est une émotion qui la submerge, trop d'empathie dans le corps si frêle qu'est le sien. Et les derniers mots qu'il prononce manquent de lui arracher un hoquet de stupeur. A la place, elle se penche vers lui et pose ses mains sur ses joues, calice qui portent toutes les couleurs de son univers. Son regard noisette plongeant dans le sien tandis que quelques unes de ses boucles glissent devant ses épaules, une intense chaleur s'empare de tout son être.

- Tu as donc bien un souvenir de nous, Yui.

Et pas n'importe lequel.

...

Au bout de quelques instants à examiner chaque détail des iris de l'homme, elle reprend la parole.

- C'était... quelques jours après notre retour de Paris. Je t'avais apporté du thé. Au citron. Le temps était magnifique.

En réalité, il faisait gris ce jour là, l'air était encore très frais et le vent soufflait en ce mois de mars 2014. Cammy avait apporté Psychê, afin que Yui ne l'oublie pas.
Statuette qui a fini tâchée puis jetée dans la poubelle depuis le haut du comptoir d'un salon de thé sans nom, lui brisant ainsi les ailes.
La jeune femme laisse ses mains glisser, omettant volontiers ces détails là. Il n'est pas utile de partager ce qui chasse la chaleur précédemment retrouvée l'espace de quelques secondes. Mais le Temps lui a une fois de plus arraché ce bonheur.

- Tu ne devrais pas me laver les pieds, Yui. Ce n'est pas le Jeudi Saint.

Le regard de la jeune femme se pose sur ses chevilles, puis à nouveau sur Yui.

- Mais quitte à imiter Saint-Louis, il faudra aussi que tu m'invites à partager un repas.

Un repas où elle cuisinera pour lui.

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MessageSujet: Re: Là où s'échouent nos existences   Mer 5 Juil 2017 - 22:17

Une silhouette.

-Elle porte du rouge sur ses lèvres et elle est perturbante. C'est une matrice qui comporte une erreur parce que je ne peux pas la voir.

Yui avait détourné les yeux.

-On pense que je vois trop de choses.


*


Il y a une aura qui les engobe tous les deux comme si Thémis voulait bien leur accorder un instant de répit, à eux, à ces âmes libérées de leur vie, puis de leur éternité. Yui Valentine ignore s'il y a un deuxième accès au paradis après ce retour sur la terre, ni si son existence est réellement vouée à se retrouver quelque part. Tant d'ignorance pour si peu de temps (...) et son corps en dépit de sa volonté, ne peut s'empêcher de ressentir un frisson au contact des mains de Cammy sur son visage. Et parce que l'humain dans sa nature est trop souvent voué à courir après ce qu'il ne possède pas, il se surprend à envisager un temps qui ralentit, qui s'estompe.

Et puis il y a un regard, ce regard, qui l'absorbe.

Tandis qu'il se laisse envahir par cette attraction, le souvenir qu'évoque la jeune femme se répercute en une pression trop forte exercée sur les tempes et qui manque de lui arracher des  larmes montées trop vite dans le système. Il détourne la tête.

Pour y revenir plus tard.


*


Valentine pense qu'il a de toute manière raté sa vocation de saint en défrayant la vie et la mort, et entraînant plus d'une existence dans sa déchéance. Il sourit alors que ces quelques instants de proximité sont l'effet d'une bulle d'air qui éclate. Une fois de plus.

Frêle.
Fragiles.

-... mais je ne sais pas quel jour nous sommes.

Est ce que les jeudis ont un jour déjà existé.


*


Un jour, il faudrait,
Il faudra, un jour.



- Tu as mis feu à Hiryuu.

Un jour l'immeuble est parti en fumée sous les mains de Psyché.
Il n'y aurait plus de cuisine. Plus de lieux pour attester d'un passé quelconque.

Valentine a laissé filer une phrase qu'il ne recadre pas dans son contexte. Elle lui paraît logique et placée au bon moment en même temps qu'elle résonne de son toute absurdité et avant même qu'il se rende compte avoir pensé à voix haute. On pensait qu'il voyait trop de choses, on pensait qu'il pensait trop de choses, suffisamment pour qu'elles s'échappent. Ses consultations n'en finissaient plus et sous les silences lourds de son frère et ceux marqués pas l'absence de sa sœur, c'est dans une spirale sans fin qu'il dérive ces derniers temps. Est ce que c'est le dernier obstacle pour son âme où est ce qu'il existe une fin quelque part, c'est une question étrange parce qu'à un moment donné, le temps a cessé d'exister aux yeux de Yui Valentine.

- Alors viens dinner chez moi ce soir.

Ce soir qui se fait présent.

- Est ce que tu te laisseras porter? Je veux dire... laisse-toi prendre soin de toi.

Et ses mains relâchent doucement les chevilles esquintées de la rouquine. Laisse moi prendre soin de toi. Valentine n'a pas cillé, gardant simplement ce regard comme il lui arrivait de dévisager un patient jadis. Excepté peut être, cette franchise déconcertante qu'on ne lui connaissait pas auparavant. Il se redresse quelque peu.

Cammy Logan, elle pouvait peut être bien parcourir des kilomètres encore, pouvait sourire au vent et à la lune que ses égratignures, que sa mélancolie, n'en étaient que plus perceptibles. Et ramené si près par le fruit d'un hasard tortueux, Valentine a presque la sensation de palper ces quelques secondes d'empathie douloureuses. Il ne saurait toutefois jamais vraiment le calvaire de la jeune femme. Il aurait beau vouloir corps et âme, que le mal est déjà fait. Alors il lui offre le déconfort de son dos pour les quelques distances à arriver, puisque les véhicules motorisés ne font plus tout à fait partie de son univers. La mention de Paris par Cammy flotte de nouveau dans son esprit, quelques secondes. Paris n'est pourtant pas la destination qu'il aurait choisie en premier choix. Paris... ça lui semble loin maintenant.
Il n'y est plus retourné depuis.

D'un coup, le monde lui paraît inatteignable et cette perdition le fait se raccrocher à la vision de Cammy face à lui. La bulle, ce semblant d'intimité qui s'est créé entre eux s'efface et la vie aux alentours revient prendre ses couleurs. La place de la ville n'est pas aussi bondée que d'ordinaire, dans cette phase latente en attendant la vie nocturne quelque part entre les bars et les esprits embrumés. Des regards s'écharpent néanmoins sur la chevelure flamboyante de la jeune femme et sur ses pieds déchaussés, face à cet homme. Ils ne paraissent pas vraiment familiers et en même temps proches, ni ne semblent venir du même endroit. Un autre coup d'œil vers ces cheveux d'un pourpre naturel fascinant, puis ce visage délicat. C'est une scène qui semble si simple, décrite ainsi.

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Cammy Logan
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MessageSujet: Re: Là où s'échouent nos existences   Mar 22 Aoû 2017 - 12:35

"-... mais je ne sais pas quel jour nous sommes. "

Elle non plus.

- ...

Elle sourit.


EN CENDRES
une forme aux contours incertains



Il était un jour où c'était Cammy Logan qui avait invité Yui Valentine à dîner.
Enfin, "invité"... c'était carrément une obligation, un ordre donné sous l'accent de supplique provoqué par l'éloignement, la perte d'un individu qui l'avait aimée et qu'elle n'avait pas cru.
Il était une époque où Cammy Logan ne croyait pas en quelque chose d'aussi incompréhensible qu'absurde que certains sentiments humains qui cintraient la raison de l'homme au point de lui faire commettre des actes aberrants et déclarer des propos insensés.
Il était un temps où Cammy Logan se pensait seule alors qu'elle avait autour d'elle de nombreuses personnes pour l'accompagner dans les différentes voies tracées de sa vie.

Il est aujourd'hui, un instant où Cammy Logan ne se sent exister plus que pour une personne. Et si à l'époque, elle l'avait imploré silencieusement de passer la soirée en sa compagnie, désormais c'est cette personne qui lui renvoie sa requête, indirectement souhaitée.

***


Mettre le feu à leur ancien immeuble est la preuve irréfutable que ces sentiments humains demeurent énigmatiques par leur impulsivité, provoquant ainsi des actes irréversibles. La question qui se soulève est : que ce serait-il passé si l'incendie n'avait pas eu lieu ?
A quoi bon se la poser, puisque de toute façon il n'y aura jamais de réponse.





"Tu as mis feu à Hiryuu".

Cette simple déclaration sonnerait comme un reproche. Cammy ne retiendra que l’expression d’une douleur marquée par le regret et l'impossibilité pour Valentine de ne plus jamais avoir la chance d’approcher de loin, un potentiel souvenir.
Vraiment, à quoi bon.

Cammy voit beaucoup de choses. “Trop”, certainement pas. Elle regarde, elle voit, elle imagine, elle invente. Des vies, une vie, sa vie, et elle espère toujours. Elle espère qu’elle aura une fin heureuse, comme l’héroïne d’un conte de fées.
Mais les fées existent-elles seulement ? Elle penche la tête pour poursuivre l’observation du visage de cet homme qui fuit son regard. A une époque, elle lui avait demandé pourquoi il était si triste, sans savoir que c’était à elle même qu’elle posait la question par anticipation. Au final, il ne lui avait jamais répondu. Les mirages ne sont pas dotés de parole. Elle cherche désormais ce que Yui ne désire pas lui montrer, sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Ce qu’elle a toujours fait depuis le premier jour où ses yeux se sont posés sur lui.

Elle est passé du conditionnel au futur, laissant filer cet espoir qu’elle tisse avec prudence.



- Alors viens dîner chez moi ce soir.

Une impression de déjà-vu. Le futur au passé, devient futur éloigné et par la prononciation de deux mots, devient futur proche.

- Dîne avec moi.  Je n'ai pas envie d'être toute seule, Yui. Pas ce soir.


“Ce soir.”

Son regard quitte l’observation du visage de Yui pour glisser sur ses chevilles humides.
La demande indirecte de l’homme la touche, la déconcerte un peu. Tant d’attention, de délicatesse, la déstabilise mais elle prendra tout ce qu’il lui offrira désormais en se cachant derrière une muraille invisible pour l’instant sous l’apparence savonneuse et étincelante de cette fameuse bulle de savon. Elle se solidifie, s’épaissit pour que rien ne puisse plus atteindre ce coeur qui vacille déjà bien trop. Ainsi, elle pousse un petit rire qu’elle masque un peu de sa main.

- Me laisser porter ?

Une muraille que seul Yui Valentine peut franchir, ou briser.
Ou la renforcer. Il est sa force et sa faiblesse.

- Habites-tu toujours dans cet horrible appartement ?

Dénué de saveur, rempli de meubles et d’objets qui ne lui ressemble pas au point qu’elle n’avait pas su y demeurer plus de dix minutes. Trop, bien trop de faste. Loin de la simplicité de celui d’Hiryuu. C’est celui-là qu’elle aurait voulu réduire en cendres, pour autant, elle ne regrette pas son geste. Pas un instant. Ce qui semble être une impulsion provoquée par la folie n’aura jamais été aussi sensé. Petit sourire tissé.

- Asseyez-vous, Docteur Valentine.

Du plat de sa main, elle indique la place à côté d’elle sur ce même banc. Il est encore trop tôt pour partir. Il lui offrait le Temps à une époque ; à elle de lui renvoyer l'ascenseur.
Elle ne comprend toujours pas ce qui a animé Valentine à vouloir reconstituer ce puzzle aux pièces blanches. En fin de compte, est-ce que ça a vraiment de l’importance quand on peut tout simplement se contenter de vivre le temps, qui se soit figé ou qui s’écoule lentement ?

Le vent se lève. Le soleil est haut dans le ciel, mais Cammy Logan reconnait cette odeur. Il pleuvra en fin de journée.


- Je crois que j’oublie, Yui. J’oublie les visages de ceux que j’ai rencontrés là-bas.


Mais elle ne s’en alarme pas. Elle ferme les yeux et prend une grande inspiration.

- Pour chaque nouvel instant passé avec toi, c’est un visage qui s’efface.

Elle était heureuse à Rhode. Elle n’avait jamais été aussi épanouie que là bas.

- Ce doit être l’effet d’une quelconque alchimie sur l’éternité de l’âme. Un souvenir heureux en efface un autre. Je pense qu’il est de toute façon impossible de se souvenir de tout. Tout ce qu’on finirait par récolter, ne sont que des regrets.

Elle ouvre les paupières et accroche le regard de Yui.

- Que voudras-tu manger ce soir ?


Les petites choses anodines sont autant de délicieuses parcelles de ce bonheur qu’elle recherche, pour elle, pour lui. Pour eux.

Earth to earth
Ashes to ashes
Dust to dust.



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MessageSujet: Re: Là où s'échouent nos existences   Lun 28 Aoû 2017 - 1:50

Là où échoue mon Âme


Un rire, un autre de ces moments effacés qui résonne et brouille l'esprit de Valentine. Il se retournerait bien pour se souvenir, se souvenir comme si quelque chose devait être inscrit quelque part; il se retournerait bien pour percevoir le passé d'une mémoire esquintée qui se prétend être sienne. Et la seule chose qu'il voit n'est que l'ombre d'un demi sourire que masque Cammy instantanément de sa main. Valentine pense qu'il a oublié la saveur des rires, il ne se souvient pas d'avoir déjà entendu ceux de Cammy.

C'est léger, c'est un instant de répit dans les tournants violents d'une vie. Il aimerait que le temps conserve ces rires là un peu plus longtemps. Que celui là fusse moquerie, surprise ou futilité, Valentine se surprend à l'apprécier.

La vie est un éternel commencement.

-Il fallait un point de repère même au milieu du vide, explique-t-il. Il dévisage les traits du visage de la jeune femme. -J'étais simplement là bas quand je me suis réveillé. Il fallait bien que je sois quelque part et j'y suis resté. Il y avait trop de choses à...

Quelques mots s'évaporent dans le vide.

-Trop de choses à récupérer pour savoir si c'était la bonne place ou non.

Il ne s'est jamais vraiment posé la question ni de l'esthétique ni du confort -mental de cet appartement où il s'est trouvé relocalisé. Pourtant c'est un des premiers souvenirs qu'il est aujourd'hui capable de raconter. Les premiers réveils dans une souffrance anesthésiée. Dans ses perceptions les plus délirantes, Yui Valentine a l'impression d'avoir fait une sorte de renaissance et être réapparu les membres brisés. Ou alors que quelqu'un l'a coincé entre la fine barrière de la vie et de la mort. Tribulations d'un fou. Quoi qu'il en soit, il a depuis ces débuts là, ses débuts, une aversion pour ses consultations médicales, il exècre les occultations minutieuses et les tâtonnements hésitants des infirmières et ceux, pseudo psychologiques de l'incapable psychiatre qu'il s'est lui-même résout à consulter -irrégulièrement et qui parvient à lui faire prendre des traitements contre l'arrivée imminente d'une crise suicidaire. En même temps à lui répéter son expérience à Libra a de quoi inquiéter -bien qu'il soit difficile d'expliquer ce que n'est pas le même univers qu'ici. Fou à lier. Yui Valentine ne se rappelle pas exactement pourquoi  là bas à Libra, il aurait davantage eu besoin d'un satané psy plutôt qu'ici, et pourquoi là bas, le sentiment d'être une espèce d'âme errante dans une peine inconsolable est le souvenir qui lui reste aujourd'hui. Yui Valentine était conscient lorsqu'on déliait Cammy Logan de ses bras, et quand elle rentrait dans le bloc opératoire. Thémis effacé les souvenirs et rien de la conscience. Sur Terre, savoir Cammy dans son entourage a un effet de pansement mental sur son subconscient torturé.

Il ne saura de toute façon pas le décrire. Et quant au Docteur... c'est un titre bien sinistre qu'elle lui attribue. Il se contente de prendre place à ses côtés et ce qu'il entend lui fait marquer un arrêt alors qu'elle lève la tête en direction d'un ciel qui a cessé d'exister dans les perceptions de Valentine. Il a à son tour levé les yeux pour voir ce qu'elle peut voir et alors que Cammy Logan oublie, c'est une phrase qui lui fait saigner ses perceptions. Un long silence passe au dessus d'eux, les enfants damnés. Pour chaque instant passé avec lui, un visage effacé. C'est une triste malédiction.

-Je présume que je suis une espèce de carnage ambulant là où je vais. Il faut bien que je sois quelque chose puisque j'y suis.

Le ciel paraît lourd ainsi. Il ne se rappelle pas de l'avoir déjà vu comme ça.

-Je ne peux pas te ramener là bas, Cammy.

Il se tourne vers elle et la dévisage, ses yeux fermés, le visage vers le ciel. Il ne peut pas parce qu'y accéder a été un chemin aussi hasardeux que criblé de maux, il ne le peut pas parce que là bas, elle ne fait plus partie de son monde. Psyché n'a jamais été vouée à être courtisée par un sordide français au nom d'Eliott Rochefort. Ça n'est nulle part inscrit et ça n'a nul lieu de se réaliser parce que leur temps ne se concordent jamais dans cette éternité. Amour ne s'est jamais transformé en Valentine, ni aucune autre divinité. Valentine est l'âme d'un homme, un individu parmi tous les autres. Dans cette forme d'humilité qui ne lui ressemble pas, l'âme Valentine n'est pas conçue pour être ni accomplie, ni épanouie. Et dans cette notion d'éternité, le temps ne déclenche -ni ne déclenchera le croisement de ces deux âmes là. Valentine l'a compris lors de ses dernières heures là bas.

Yui a laissé son visage s'étirer dans un étrange sourire que Cammy ne verra pas vraiment longtemps. Quand elle rouvre son regard sur le sien, Valentine place doucement ses mains sur son visage constellés de grains de beauté et pose ses pouces sur les yeux pour les maintenir clos.

-Mademoiselle Cammy Logan..., je pense que nous n'étions pas censé voir ces visages.

Il garde ses phalanges sans pression et contemple l'articulation de chacune des tâches de rousseur qui lui sont données de voir.

-Si on a bien eu une vie avant d'aller là bas et qu'on est de retour ici, c'est qu'il y a eu une faille dans le temps, c'était trop tôt.

Combien d'âmes sont elles restées là bas et combien de nouvelles les rejoindront errer de joie, de malheur ou d'indifférence dans l'éternité. On ne sait pas si Valentine a oublié de ciller, le regard rivé sur ce visage qu'il n'a pas vu depuis longtemps, et lui il jure qu'il a eu les yeux qui brûlent à ce moment là.

-Mais vous y retournerez, mademoiselle, j'en suis sûr. Et lorsque vous y serez, ces visages vous seront familiers. Thor sera heureux de vous revoir. Paradoxe également. Accordez vous une petite sieste avant de repartir là bas, vous n'avez pas besoin de vous souvenir de tout pendant cette courte pause. ...Ce n'est qu'une pause.

Le ciel gronde.

-Vous serez heureuse là bas. Et peut être plus qu'ici. Ce sont de jolis paysages qui s'étendent dans une éternité. L'air là bas y est particulièrement sain, léger, surtout quand..

Il y a une pause, fragile.
Le temps de déglutir et que les bons mots arrivent à franchir un soi-disant diagnostic. Yui Valentine n'a jamais autant raclé le fond de la déchéance que là bas. Ce faisant il accepte le sort qu'on lui réserve, en échangeant son éternité pour quelques heures d'humanité supplémentaires en présence de Cammy Logan. Toutes choses étant égales par ailleurs, les déséquilibres finissent toujours par être subtiles voire éphémères dans l'élasticité du temps.

-Quand vous vous laissez orienter par son souffle doux. C'est ...agréable.

Une goutte d'eau s'écrase le long de sa main posée sur Cammy et le temps s'étire.
A-t-il faim ? Pas vraiment.

-Je n'ai pas de parapluie, répond-t-il sobrement à sa question.





Come and,
Come and called it.
Caught it
And then we lost it.


Lost Things

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"Je suis l'Empereur, l'empereur de rien mais Empereur quand même."

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