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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Particules sucrées. | pv anniv. Joshua

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Zakuro Fea
▼ Université - 2eme Année - Comité des Elèves
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Genre : Masculin Lion Coq Age : 24
Adresse : 3, rue la Chance, app. 11, quartier Hiryuu
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                                   :

MessageSujet: Particules sucrées. | pv anniv. Joshua   Ven 10 Fév 2017 - 4:52




    Joyeux anniversaire,
    birthday mine.



    J’ai sur le bout des doigts des tâches de couleur, et contre la lèvre l’ecchymose en fleur d’un enthousiasme exaspéré. C’est une journée silencieuse, mes heures tournent à rebours.
    Penché en avant, les mèches sombres venues strier mon champs visuel, elles sont des traits épais qu’une coiffure trop lâche n’a pas su retenir. La constellation de bleu qui tâche mes phalanges est un apanage de couleur que je veille à étaler sur la surface de la sphère en uréthane. L’odeur persistante, accrochée à mes mains, à mes lèvres, est un alliage aux fragrance de plastique, et chimique, flotte sur le seuil de ma résistance. Un contrepoids particulier est pourtant instauré, et grésille un parfum de chocolat.

    « Tu suis la recette que je t’ai donné ? »

    J’hoche la tête, dans un acquiescement que je veux plus moral que véritable. Mais il me semble que les consignes sont respectées, et que l’avancement s’établit en fonction d’un plan suivi. Les phrases, indiquées dans une disposition matriarcale, se veulent accompagner par le rythme de voix de Nami Haruhira-Fea, dont le visage pixelisé par la mauvaise qualité de la connexion internet, est dirigé de manière à ne pas pouvoir poser les yeux sur ma préparation.

    « Bien sûr. »

    Il y avait une controverse exploitable dans l’idée de suivre le mode d’emploi. Mes pupilles concentrée sur la préparation, j’en étudie mentalement les fondations. La dynamique de base consistait en créer un gâteau impossible. J’avais choisi d’opter pour faire un gâteau sphérique. Le coeur, soudé au laboratoire de l’académie, s’était vu inspiré de la composition d’une balle de golf, et  maintenant, après presque trois essais s’étant soldés par la calamiteuse combustion spontanée de mes tentatives, je tiens finalement, beaucoup trop guilleret, le résultat confident d’un succès recherché. Nami, les yeux plissés, pose sur moi un regard dans lequel se devine une suspicion trop cuisante, et j’éclate mes lèvres en un sourire moqueur.

    « Je t’ai précisé le numéro de commande du moule, Zakuro ? »

    Un mouvement léger, une inclinaison de la tête, et je croise ses yeux, trop intensément semblables aux miens, mais à la nuance sombre, qui me fait détourner le regard. L’appréciation qu’elle a de considérer ma docilité s’avère un manque personnel à sa confiance, mais je doute, en toute objectivité, qu’elle reconnaisse mes motivations. Ses bavardages s’étalent.

    « Quel âge est-ce que ça lui fait ?
    Euh. Ce n’est pas important.
    – Zakuro.
    Viiiingt … »

    Ma langue tordue sur les morphèmes, je murmure.

    « -trois ans, et un jour. »

    Anarchie des fréquences algébriques en passation dans mon esprit, les chiffres se disputent la priorité séquentielle, et mes pensées se figent sur le nombre 23. Plus un jour. Un rire, nerveux, crépite entre mes lèvres, et Nami arbore l’expression furieuse des personnes vexées. Je secoue la tête. Sous mes phalanges, dans une pluie de sucre glace, la farine se mêle à des composants anhydre. Je pousse un feulement irrité, avant de préciser.

    « … ça fait un petit moment. »

    Elle n’a pas l’air convaincu, et ses traits tirés me font éprouver, l’espace d’un instant, le doute qu’elle ressent à l’égard de cette relation qu’elle n’espérait pas. La lourdeur de ses sentiments devient en une seconde le drap sur lequel j’étale mon humeur. La filiation ne compte pas, mais pour elle, je ferais les efforts d’une tolérance douce. Je courbe les reins, et viens m’abaisser à la hauteur de l’écran.

    « Je lui dirais que tu m’as aidé à faire le gâteau, maman. »

    Mouche. Ses traits s’adoucissent, l’expression renfrognée dissipée en une contemplation rêveuse de la fierté éprouvée. L’hybris de ma mère en les arts culinaires est un don que je ne possède pas, et son affirmation trop rapide à dire que je lui ressemble parfois n’est pas un terrain à exploiter dans le domaine de la pâtisserie.

    Pourtant, cette fois, pour ce lendemain d’un jour à la date particulière, je veux conquérir. Défi personnel, élan compétitif entre mes deux mains gauches, je veux réaliser pour Kohaku un gâteau réussi. Et je n’utiliserais pas le moule.
    J’ai des ambitions différentes.


    (…)

    La traversée du laboratoire de recherche est un acte litigieux, notamment après que les polytechniciens y soient passés vers minuit. Foulées spongieuse, dans une recherche de discrétion  adéquate à la plasticité de mes semelles, j’ouvre les portes sur des glissements de carte magnétique, et se chuintent entre elles les lames métalliques des sécurités dépassées. J’avance, on ne me retient pas, car à cette heure-là, personne ne viendrait envisager la visite d’un tokamak par un pseudo-cuisinier.

    Les doigts gantés, dans un jeu de phalange aux dispositions bancales, je dispose le saladier en résine de polyépoxyde sous les maintenances équilibrées des longerons horizontaux. Fibre de verre et molécule de sucre, mariés entre eux pour un gâteau d’anniversaire. Dédaignant les appels entrants de ma mère, le cellulaire pressé contre ma hanche, vibre sur un rythme régulier, et mes phalanges marquent, à la manière d’un diapason, le tempo calculé des cadences en alternance. Je vérifie les données, coudes posés contre le support en carbone du tandem. L’accélérateur de particule est comme un four condensé, aux réglages millimétré.
    Je ne suis pas sûr que cela puisse fonctionner, mais la cuisson est lancée.

    C’est un jeu personnel, un défi contre moi-même. L’entropie de l’action se veut désastreuse, mais l’allotropie de mon envie est un obstacle à appréhender et maîtriser. La projection des particules dans leur champs magnétique est réglé de manière à pouvoir rebondir contre l’epoxy. Rayonnement magnétique imité sur le cadre d’un micro-onde, mon idée est de développer l’énergie en balançant les faisceaux contre la coque arrondie du saladier fait maison. L’abandon du moule se valait, en vu de son peu de résistance à l’intérieur de l’accélérateur. Mais avec une combinaison plus souple, dans un matériel adapté à la radiation, les atomes projetés viendraient assurer une cinétique qui moulerait la pâte. Le mouvement appréhendé serait celui d’une vague. Dans une coque ronde, la vague, en se refermant sur elle-même, isolée par un champ magnétique, allait devoir se composer un renfermement sur elle-même. Et en plus de la pression du champs ambiant, la solidification sous le déploiement de l’énergie devait former
    C’était assurément l’idée du siècle.


    (…)

    Nope.
    Les sourcils froncés, c’est avec un sentiment d’irritation exacerbé que je contemple la structure ovoidale d’un élément organique solidifié. Saisissant la chose, après purification de la chambre atomique, je viens le déposer sur le rebord d’une coupole en fibre de carbone. Hydrogène et matière carbonique se sont mariés, sous le champs magnétique, en une surface lisse avec ionisation. Je tapote contre la chose, vaguement circonspect. Je ne m’attendais pas réellement à ça. Enfle dans ma poitrine une impression vague, lourde, de déception, et je considère en silence la chose immangeable. Sous les ourlets de ma conscience, l’idée de recommencer, de m’améliorer, vient programmer mes pensées.


    (…)

    Fusion nucléaire, et cuisine en scission. Dans le carton numéroté s’alignent les choses ; parfum chocolat et scléroprotéines. Le dos pressé contre la surface d’un mur, le sms envoyé à Kojiro ne reçoit aucune réponse, et je patiente en silence, à contempler mes erreurs-nées. L’opposition fantastique de sentiments refoulés, inversés, font se déchirer dans ma poitrine, et puisque la porte s’ouvre trop tôt, comme un enfant pris en faute, je réalise soudainement, en tombant nez à nez avec les yeux trop délicats de Sasaki, que mes gâteaux d’anniversaires sont ratés. Considération saisissante, douloureuse, et un sanglot me monte dans la gorge. Asymétrie de mon expression, le doute courbé d’un sourire tordu, que j’exhibe doucement, pour ne pas me mettre à pleurer.

    « … Je n’ai pas réussi à faire ce que je voulais faire. »

    Les lèvres de Sasaki se courbent en un sourire désolé, et ma poitrine se resserre en cette impression de broyage implacable. Triangularisation interne, les fibres de mon corps me paraissent roulées au verre, et un frisson, en glissant sur ma peau, vient déchainer l’excitement d’une anxiété précoce. Je présente les œufs, et il a un rire particulier. Je soupire. Ouais. Prends ce carton, Sasaki, et dipose le loin de moi. Je contourne le salon, pour abandonner une zone qui me paraît trop chargée de l’odeur de cramé, et sous les battements d’une pulsion émotionnelle, entichée par un besoin de me retrouver ailleurs, je vais me glisser jusqu’à son bureau, appréhendant sa présence trop studieuse au dessus de ses manuels. Je tends les doigts, électrons et magnetons collées aux phalanges, pour venir caresser ses épaules.

    « Bonjour. »

    Réquisition, mes humeurs quémandent son attention, et je viens le redresser, pour croiser ses yeux, pour plonger dans la seule ivresse que je tolère ; l’euphorie de ses yeux. L’altération d’un regard est un positionnement violent pour la destruction de mon auto-humiliation ; le temps d’une seconde. Nos yeux rencontrés, mes mains venant saisir sa matérialité que je réclame en cet instant trop précis, trop égoïste, comme m’appartenant. L’altération, dans cette transition violente de ma réalité désincarnée à partir du moment où il est là, et brouille tous les codes sources de n’importe quel autre détail existant. L’altération, parce que devant ses yeux, rien ne compte, simplement plus que la réalisation d’exister et de son existence. Sous une étreinte, sous cette contraction de mes muscles, en venant le presser contre ma poitrine, comme l’on serre un chat contre soi, pour appréciation de cette souplesse élastique du corps, et cette chaleur touchante.  Je viens poser ma bouche contre le haut de son crâne, cueillant entre mes lèvres une mèche pâle, avant de glisser jusqu’à l’oreille. Sasaki, dans la cuisine, agite du métal et des affaires. Sous les fréquences basses, ma voix est une intonation murmurée.

    « Je vais te répéter aujourd’hui que tu es à moi, birthday mine. »

    J’appuie mes dents, contre le cartilage de l’oreille, avec cette pression de la mâchoire éprouvée au niveau de la maxillaire. Et si j’appuyais plus, et si je mordais vraiment, Chess, il y aurait du sang, de la salive, et ma langue à la recherche de ton tympan. Est-ce que cela rattraperait le goût d’amertume ?  Le blanc s’impose comme une évidence, sous mes yeux, et je passe ma main contre sa joue, dans le dessin de sa mâchoire.

    « Merci d’exister, encore. »

    C’est important.

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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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