₪ Académie Keimoo ₪

The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Every day might not be good, but there is something good in every day •• L y n A e r i s

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lyn Aeris
♣ Université - 2ème année
avatar

Genre : Féminin Scorpion Rat Age : 20
Adresse : Au RDC du dortoir universitaire des filles, chambre 02
Compteur 67

KMO
                                   :

MessageSujet: Every day might not be good, but there is something good in every day •• L y n A e r i s   Lun 26 Sep 2016 - 3:30


           
DOSSIER DE L'ÉTUDIANT
   
   || Aeris  Lyn ||
     
•• OC aux cheveux roses d'Ilya Kuvshinov ••

100*100px

     • Sexe: ♀
     • Âge, date et lieu de naissance : 19 ans, née à Londres un 13 novembre.
     • Nationalité : Anglaise et japonaise.
     • Orientation sexuelle : Panromantique et pansexuelle.

     • Langues parlées : Anglais, japonais, et un peu français.
     • Études : Médecine.
     • Spécialités : Théâtre et musique.
     • Groupe :  Artistes.
     • Club(s) : Littérature, Musique et Natation.
     
► Description physique


     • Apparence, expressions, allure, gestuelle :

« Le maquillage est l'armure de guerre d'une femme. Avant de partir pour la bataille, sois sûre de la vêtir, ainsi, les larmes ne dévaleront jamais sur tes joues. Si elles passent la barrière de tes paupières, ton armure se brisera. Peu importe à quel point ton maquillage est léger, ce n'est jamais élégant. Donc peu importe à quel point ta situation te semble difficile, tu ne pleureras pas grâce à au maquillage. »

    Lyn ne paraît pas être une fille, elle a tout à fait l'apparence d'une femme.  Elle a toujours l'air décidé, elle ne joue jamais les imbéciles et elle ne fait pas semblant d'être mignonne. Elle préfère paraître intelligente et fixée sur ses objectifs, tandis que d'autres femmes japonaises tendent à vouloir être perçue comme bête et ivre afin d'attirer la gente masculine. D'ailleurs, elle a entendu dire que si les japonais aiment tant ce genre de fille, c'est certainement parce qu'ils se sentent supérieurs à leur côté. Lyn n'aimerait pas être inférieure aux phallus, dans l'absolu, elle pencherait vers l'égalité.

    Nous pouvons dire que Lyn se démarque par son regard brillant de convictions, de pureté et de rêves. La démarche fière, assurée, gracieuse. Elle n'est pas effrayée d'avancer et ne craint pas le déclin. Le dos droit, le menton légèrement relevé, le pas confiant, les yeux rivetés vers l'horizon et un fin sourire, d'une douceur infinie, sur le visage ; nous pouvons lire en elle la noblesse et la fiabilité. Elle est intimidante, en un sens, elle paraît si forte, que ce soit de l'extérieur ou de l'intérieur. Rien ne semble l'atteindre, pas une once des ténèbres de l'homme ne parvient à la toucher. Il s'avère que tout se dissipe à son entrée. C'est pourquoi elle parvient à se faire si facilement respectée.

  Lyn est très grande pour une japonaise, et elle dépasse légèrement la moyenne en tant qu'anglaise. 1 mètre 72 pour 59 kilogrammes. Sa taille est fine, ce qui donne l'impression que ses hanches sont larges. Elle a des formes qu'elle assume entièrement, mais elles ne sont pas imposantes. Son corps est assez fragile, cependant. Ayant une santé précaire, elle est sujette aux malaises si elle fait de grands efforts physiques, et aux crises de spasmophilies. Elle a parfois mal au poumon gauche, ses douleurs apparaissent aléatoirement lorsqu'elle respire. Cela ne l'empêche cependant pas de faire du théâtre, de chanter, ou de jouer d'un instrument. Elle prend souvent son mal en patience, il est donc difficile de voir quand elle risque de s'écrouler. Elle ne s'évanouit jamais devant un public, c'est presque impoli et il est dans ses principes de ne jamais laisser des spectateurs voir ses souffrances. Sur une scène, la vie privée ne compte pas. Seule la performance compte. Au théâtre, seul le personnage existe réellement.

   Le visage de Lyn est atypique au vu du sang au un tiers nippon qui coule dans ses veines ; un voyage d'Europe en Asie se dévoile. Un visage ovale, d'une pâleur qui pourrait faire penser qu'au moindre contact avec sa peau, vous risquerez de vous glacer en un instant ; des yeux en amande, d'un bleu clair et glacé, charmants ou effrayants selon vos opinions, qui pourtant reflètent un amas d'humanité, de générosité, de liberté et de mystère ; des sourcils fins et peu fournis, tracés pour montrer une partie d'elle posée et sereine ; un petit nez, fin et plat, rappelant une délicatesse particulièrement présente en elle ; une petite bouche, ronde, charnue, dotée d'un arc de cupidon prononcé, prononçant des mots d'une voix claire, douce et féminine. Son faciès est charmant, il l'est d'autant plus une fois maquillé. Son aspect, d'ores et déjà fort élégant, est sublimé une fois embelli de parures colorées. Davantage une fois sa très longue chevelure rose incarnadin coiffée en un chignon relevé et relâché.

   Lyn porte toujours une chaîne en argent, ornée d'un pendentif – également en argent – représentant une larme trouée par de nombreux motifs semblables à des pétales. Elle la met sous son haut, comme pour la cacher des regards indiscrets. Personne ne risque de la voler, mais ce collier est si important qu'elle ne supporte pas l'idée qu'il puisse disparaître de sa vie. Elle considère ce bijou comme un porte-bonheur, elle ne sait pas bien pourquoi il lui est venu à l'idée de croire qu'il puisse lui apporter de la joie, sans oublier qu'elle est la première à dire que c'est parce qu'on sourit qu'on est heureux. Dans tous les cas, il lui redonne du courage et l'aide à remonter la pente. Il faut toujours un objet dans lequel on peut y vider nos émotions négatives.

    Lyn ne peut pas courir sur une longue distance et ne tient pas plus de cinq minutes sans s'évanouir. Disons que ses poumons ne lui permettent pas de respirer correctement. Elle a beaucoup de mal à respirer au quotidien, elle a presque toujours l'impression d'être compressée. Elle a appris à s'y faire, à force. Mais le soir, il lui arrive de se réveiller car sa respiration se bloque, parfois suite à un cauchemar ou quelque chose qui s'y apparente. Son cœur non plus ne l'aide pas. Après de trop longs efforts, ses battements s'accélèrent et elle peut avoir mal, de temps en temps. Tout comme son ventre peut se serrer lorsqu'elle fait une crise de spasmophilie. Ses crises surviennent lorsqu'elle stresse beaucoup. Elle garde secret le fait que sa santé soit précaire, même si c'est lourd à porter. Elle se rend une fois par semaine à l'hôpital pour faire des tests. Dans son sac, elle a une trousse de secours remplie : de gel et de lingettes antibactériens, d'anticoagulants, d'une seringue, de pilules, de Dolipranes, de Lysopaïne, d'un bronchodilatateur, d'une pommade du tigre, de désinfectant, de pansements, de bandages, etc. Paranoïaque ? Non, elle a conscience que la maladie qui la ronge l'affaiblit considérablement. En effet, elle est très malade. Elle a une embolie pulmonaire. Elle est donc souvent très fatiguée, essoufflée, elle tousse et lorsqu'elle monte les escaliers, elle manque parfois de tomber. On lui dira qu'elle ne devrait pas marcher, mais si elle ne bouge pas son corps, elle risque de développer une seconde thrombose. C'est pourquoi elle essaye de bouger le plus possible.

   Elle transporte toujours une bouteille isotherme afin de conserver de l'eau chaude, ainsi qu'une boîte de sachets de thé de toute sorte, que ce soit : menthe, cupcake, thé vert, citron, camomille, vanille... Elle en a de tous les genres. Certains pensent qu'elle collectionne les sachets de thé, alors il y a parfois de gentilles personnes qui lui en donnent pour compléter sa collection. Elle transporte également son cher Polaroïd, afin de capturer chaque moment précieux. C'est une romantique, après tout. Tout souvenir marquant est à garder. Qu'on ait une tête déplaisante ou comique sur la photo ou non, cela ne compte pas. C'est le moment qu'on enregistre sur papier. Pas les imperfections.

     • Tenues vestimentaires :

   Lyn n'a pas de style vestimentaire défini, mais elle a une préférence pour le bohème, l'élégance et le sobre. En été, vous la verrez parfois avec une robe blanche à motifs fleuris, légère, une veste marron en daim, des chaussures à talon compensé tout autant marron et peut-être des bagues, des bracelets et/ou un long collier. En printemps, elle optera certainement pour la même tenue, avec des modifications. En hiver, un pantalon moulant en jean, un pull en tricot blanc assez large, des bottines à talon beiges et certainement un bonnet blanc à pompon – elle adore les pompons – et bien sûr un manteau, beige. En automne, cela varie, mais elle favorise les couleurs marrons. C'est d'ailleurs sa saison favorite, c'est pourquoi elle se permet des folies : des jupes, des robes, des pantalons, des t-shirts, des chemises... Elle peut tout mettre en automne, du moment que les couleurs coïncident avec le paysage.

   Comme vous l'avez sûrement remarqué, elle aime les chaussures à talon, malgré sa grande taille. Elle trouve que ça ajoute du charme à son apparence, que ça la rend plus mature, en quelque sorte. Non pas qu'elle ne le soit pas, mais par maturité... c'est plutôt le mot grâce qui définit le plus le charme qu'elle recherche. Elle marche, court et peut escalader des arbres avec des talons. Autant dire qu'elle se débrouille parfaitement bien avec et qu'elle a la démarche qu'il faut pour les vêtir comme il le faut.

     
► Description psychologique


     • Mentalité, attitude envers autrui, philosophie personnelle:

« Une femme n'est faible qu'à partir du moment où elle se laisse écraser par un homme. »

   Lyn est une femme passionnée, une japonaise atypique en un sens. Bien que des années soient passées depuis le temps où les femmes devaient se soumettre à un homme et obtenir sa protection par le biais du mariage, l'image des femmes frêles et délicates perdure encore. Inconsciemment, beaucoup de celles-ci reproduisent cette peinture des temps passés, celle qui révèle une demoiselle idéale se présentant de cette façon : aussi belle, délicate et éphémère qu'une fleur, aussi faible et légère qu'un flocon de neige, aussi ignorante qu'un enfant et aussi riche qu'un noble. Cette peinture dévoile des contradictions flagrantes et pourtant, c'est le fantasme des hommes. Lyn n'est pas si différente du tableau représentatif dudit fantasme, en réalité. Cependant, elle est loin d'être incompétente et elle a bien plus d'ambitions que le mariage. Autant dire que l'amour ne fait pas partie de ses priorités. Elle rêve d'être comédienne, de rejoindre une troupe de théâtre conviviale et soudée, et de partir en tournée avec dans le monde entier. Elle veut mêler sa passion à sa soif insatiable de découvertes. C'est à partir de ce moment qu'elle pourra dire qu'elle a vécu.

   Elle est passionnée de théâtre. Si passionnée qu'il lui arrive de tellement s'imprégner de son personnage qu'elle le devient. C'est par cet art qu'elle se retrouve, qu'elle se sent présente. S'il y a bien une chose pour laquelle elle se permettrait de tout abandonner, c'est la scène. Elle pense que sa place, c'est sur le plateau, devant une foule de spectateurs. Elle veut être acclamée, applaudie, complimentée pour tous ses efforts et son dur labeur. Elle veut que l'on sache qu'elle existe, qu'elle est là. Mais ce qu'elle veut, par-dessus tout : c'est jouer, plonger dans d'un rôle, donner son interprétation du personnage, vivre des aventures par ce biais chaque jour, raconter une histoire, être généreuse avec son public et s'abandonner à celui-ci. C'est son plus grand rêve, et elle n'a pas honte de le crier sur tous les toits. Elle le hurlerait avec joie, si elle le pouvait. Malheureusement, ses parents sont catégoriquement contre et sa santé ne lui permet pas d'aller bien loin, pour le moment. Mais elle attendra le temps qu'il faudra. Un jour, elle se fera entendre de ses géniteurs, et elle guérira de sa maladie. Puis elle partira, s'envolera, et ne reviendra pas.

     Avant d'être une personne ambitieuse, fougueuse et pleine de talents, elle apparaît généreuse, ouverte et sereine. Arborant toujours un sourire fin et rafraîchissant, elle est posée, mystérieuse, attentionnée et polie ; douée dans l'art de la conversation, calme et tolérante, elle fait souvent les choses au rythme des autres. Chaque chose en son temps. Toute chose vient à point à qui sait attendre. Tout pas, aussi moindre soit-il, est un avancement. C'est sa devise quotidienne. Celle-ci lui rappelle que quoi qu'il arrive, elle réussira à atteindre son but premier.

   Lyn se satisfait des petits bonheurs du quotidien, comme : rincer son visage en été, boire un thé, jouer du violon ou du piano, manger des plats délicieux, caresser un chat, faire des exercices d'improvisation de théâtre, se donner en spectacle... La liste est longue. En effet, elle est joyeuse de nature. Comme tout artiste typique, elle voit toute beauté en toute chose. C'est naturel, à ses yeux, de voir le monde ainsi. Il lui est également normal d'aider quiconque a besoin d'aide. Elle est serviable comme on ne peut plus l'être, très à l'écoute, elle répond toujours présente. Son attention envers autrui est sincère, ses petits sourires sont rassurants, son regard focalisé sur leurs lourdes peines est toujours tendre et ses murmures réconfortants, n'ont pour but que de leur redonner le sourire.

  Ce petit bout de femme est d'une franchise déconcertante, d'une honnêteté tendre, d'une pureté attachante, et un poil taquin. Elle aime beaucoup embêter ceux qu'elle apprécie. Être taquinée l'amuse aussi, du moment qu'on n'abuse pas trop de sa patience. Elle rit également de tout, autant dire que son humour est très particulier. Les seules choses qu'elle ne peut tolérer sont les railleries sur les drames récents ou sentimentaux, et le théâtre. Disons qu'elle a du mal à distinguer la plaisanterie et la réelle opinion en ce qui concerne ces catégories, donc elle peut piquer une petite colère là-dessus.

   Lyn est, derrière sa façade rafraîchissante, une féministe observatrice, perfectionniste, stricte et autoritaire. Si un jour, vous décidez de lui dénigrer l'art, soyez prêt à supporter ses lourds sermons. Si vous lui demandez de l'aide en mathématiques, attendez-vous à ce qu'elle vous détruise à la moindre imperfection. Si vous jouez une scène de théâtre avec elle, faites attention à vous, car elle peut faire des remarques très blessantes et vous faire pleurer toutes les larmes de votre corps pendant trois jours et trois nuits – non c'est une plaisanterie.  Enfin, c'est ce qui risque de vous arriver si vous vantez vos  capacités. Si vous n'avez pas confiance en vous, elle penchera plutôt vers l'indulgence et prendra le temps de vous donner des explications.

    Lyn a beau apprécier toutes les futilités subtiles à cause de son esprit d'artiste, l'art est né dans la noirceur de l'âme humaine. Elle ne semble pas être du genre à broyer du noir le soir, mais l'empathie et son côté émotif influencent fortement son état d'esprit. Elle est facilement touchée par la misère et les drames. Peu importe de qui, elle est sensible à tout cela. Ce n'est pas pour autant qu'elle en parlera chaque jour, jamais ne lui viendrait l'idée de vous embêter avec. Mais elle y pensera souvent lorsqu'elle n'aura rien pour s'occuper. Si vous tenez à elle, vous tenterez peut-être de la consoler, mais sachez qu'elle n'aime pas qu'on lui tende la main. C'est étrange ; cependant, à ses yeux c'est un signe de faiblesse. Elle croit être capable de se débrouiller seule, seule et toujours seule. Ce qui est illogique, car elle est convaincue qu'on ne réussit jamais un projet en jouant les solitaires. Je pense que vous avez remarqué qu'elle est sujette à la contradiction de soi.

    Lyn n'est pas seulement bonne comédienne. Elle joue de deux instruments, qu'elle réussit à jouer de son propre style ; elle n'est pas une virtuose, mais elle a appris à jouer avec liberté, avec conviction. Le violon est son instrument de prédilection. Il est le reflet de son âme : avec des hauts et des bas, c'est pourquoi vous la verrez souvent jouer de cet instrument. Cependant, elle redoute qu'un jour, on découvre qu'elle joue des musiques selon son humeur. Il lui est arrivé de lâcher deux ou trois larmes en jouant. Elle ne pleure pas souvent sur ses soucis personnels, disons même que c'est rare, mais elle a la larme facile lorsqu'elle écoute une chanson, une musique, ou regarde un film. Car elle s'identifie trop bien aux auteurs et aux personnages. Le deuxième instrument est le piano. Elle aime énormément le son qu'il produit, mais elle ne sait pas bien pourquoi : elle n'est capable de mettre ses sentiments que sur des musiques tristes.

   Elle a l'esprit d'une guerrière, elle reste forte malgré ses chutes d'humeur et sa santé précaire ; elle résiste face à l'adversité. Elle est comme ce jonc qui résiste au typhon ; elle ne plie pas. Son obstination est admirable tout en étant ennuyeuse à celui qui la subit. Elle est butée comme son père, obstinée comme sa mère. Et elle est libre comme sa tante. Oui, libre. Elle l'est. Lorsque vous la regardez, vous avez l'impression qu'elle pourrait s'évaporer à chaque instant dans la nature. Elle pourrait partir si elle le voulait. Elle est comme une illusion. Elle est éphémère.

        La jeune femme qu'elle est, aussi douce et serviable soit-elle, n'est pas totalement docile. Elle n'aime pas recevoir des ordres et fera tout pour les contourner à son avantage. Lyn est aussi une maman-poule invétérée. Toujours très attentive, protectrice, chaleureuse et bonne conseillère. Toujours là pour vous réprimander si vous faites un faux pas, et en même temps, toujours à répondre présente si vous avez besoin d'aide. Elle prend soin de vous, constamment, même si vous ne le remarquez pas. Elle n'a pas besoin de gratitude, elle ne demande pas non plus qu'on la remercie ou qu'on clame ses exploits. Le plus beau cadeau que vous lui ferez, c'est d'être heureux et en bonne santé. 

     • Signes particuliers, manies, obsessions, phobies (etc.) :

    Cela fait quelques temps que Lyn participe à des concours de violon et de piano. La raison pour laquelle elle s'inscrit à ceux-ci n'est pas connue, mais ce qu'elle souhaite, c'est marquer les gens de par sa façon de jouer. Elle ne respecte pas les partitions, mais elle joue les morceaux qu'elle choisit. La musique est la même, mais elle ne revient plus au compositeur. Elle se l'accapare entièrement, elle met les juges en colère et se retrouve automatiquement disqualifiée. Mais elle s'en moque. Son but n'étant pas de gagner, mais de laisser son empreinte dans le monde. Elle veut qu'on la regarde et elle y parvient, car au final, même si elle perd, elle se sent gagnante car elle sort de la salle aimée.

    Lyn se permet de jouer des scènes seule au parc ou au centre commercial. Si elle ne veut pas seulement surprendre les gens par la musique, elle veut également être acclamée en tant que comédienne. Elle fait des monologues, des scènes que l'on fait normalement à deux, et ce, avec ardeur et fougue. Parfois, elle invite des spectateurs à entrer sur son plateau sans arrêter de jouer et alors, elle part en totale improvisation, et s'amuse.

    Lyn a tendance à agiter son pied, lorsqu'elle est assise et qu'elle réfléchit ou qu'elle s'inquiète. C'est étrange, en effet. Lorsqu'elle se sent rougir, elle prend deux mèches de ses cheveux, les joints et cache son visage dedans. Elle a la mauvaise manie de se laver les mains avec de l'anti-bactérien, en sortant d'une pièce, d'un restaurant, ou autre lieu muré et fermé. Elle ne sait pas utiliser un téléphone correctement, elle sait envoyer un SMS et décrocher, mais elle ne sait toujours pas raccrocher lors d'un appel, du coup la facture revient toujours très chère.

    Lyn a une peur panique des araignées. Elle ne peut les voir en peinture, elle a tendance à fuir la queue entre les jambes devant de minuscules araignées. Elle crie aussi. Et son cri, autant le dire tout de suite, est strident. Elle a également peur de l'idée même qu'elle meure en se disant qu'elle n'a pas assez vécu. La mort ne l'effraye pas, mais la seule pensée de mourir avec des regrets la terrifie. Parfois, cela la hante la nuit.

    Bien que Lyn fasse des études en médecine, ce n'est pas par choix qu'elle le fait. Plutôt par obligation. Elle ne compte pas devenir médecin, comme vous le savez déjà, elle veut être comédienne. Aujourd'hui encore, elle négocie avec son père pour changer de filière.

     
► Mémoires


     • Histoire :

« Tes cheveux sont déjà très beaux. Noirs, avec des teintes bleus. Ils forment un parfait contraste avec ta peau et s'assimilent parfaitement avec tes yeux. Pourquoi veux-tu les teinter ? Tu détestes les artifices.
– Tu vas trouver cela étrange, mais j'aimerais marquer cet événement d'un symbole. Ma tante, je suis libre désormais. On n'attendra plus rien de moi, on ne me frappera plus, on ignorera tout de ma vie passée. Je veux que le passé reste le passé. Je ne peux pas l'oublier, je ne peux pas faire mine qu'il n'a jamais existé, mais ce noir sur mes cheveux me rappelle la noirceur de ma rancœur envers ma génitrice, que je ne considérerais que comme telle dorénavant. Ma rancœur, j'aimerais la remplacer par un sentiment de liberté et de renouveau. Comprends-tu ? J'aimerais que lorsque je me regarde dans la glace, je me dise "Je suis libre ! Je peux faire tout ce dont j'ai toujours rêvé !" Je ne veux pas être enchaînée par des sentiments négatifs et partir avec le goût amer de ces émotions inutiles.
– Haha, en effet, tu dis des choses étranges. C'est trop profond pour moi.
– Oh, excuse-moi. Personne ne dit ce genre de choses, c'est moi qui suis influencée par toutes les pièces que je lis.
– Tu sais, Lyn, parfois, tu me rappelles que tu n'es faite que de théâtre et de rêves.
– Je sais, tu me l'as dit tant de fois.
– Bref, de quelle couleur veux-tu que je teigne tes cheveux ?
– Hum... Rose.
– Rose ?
– Oui, comme les fleurs de cerisier. En Chine, ils signifient amour, force et domination. Pour les femmes, ils sont le symbole de la liberté.
»

     J'ai toujours fait attention à toi, je t'ai toujours regardée du haut du ciel, je t'ai souvent vue me regarder sans pour autant que tu me remarques assez, tu n'as sûrement jamais compris que j'étais là, à tes côtés. Tu es née avec une cuillère en argent dans la bouche, et pourtant, tu n'as pas eu beaucoup de chances durant ton enfance, malgré tous mes vœux.

   Tu es née en Angleterre, un 13 novembre, dans la ville froide qu'est Londres. Tu es sortie du ventre d'une mère anglaise, mariée à un métis anglais et japonais généreux. Tu es issue d'une famille très aisée, qui avait tout à t'offrir, qui pouvait exécuter tes demandes à la seconde, et qui pourtant, ne pouvait te donner l'amour maternel que tu aurais voulu. Pourtant, tu étais mignonne, souriante, assez pleurnicheuse et en même temps très affectueuse. Un petit ange né dans un environnement froid. Et tu étais le premier enfant de la famille Aeris, de surcroît. Alors pourquoi ton enfance s'est-elle si mal passée ? On se le demande. On se le demandera toujours. Qu'as-tu donc fait de mal pour être autant haïe ?

   On t'adorait, au départ. Tu étais le premier enfant de ce président de banque qui pensait ne jamais pouvoir trouver une femme, à cause de sa polio qui l'abîmait. Il avait peur de finir sa vie seul, mais au final, il a fini par être aimé et il a même pu avoir une enfant. Tu admirais énormément ton père. Pour toi, il était un modèle à suivre. En dépit de son handicap, il était fort. Bien que sa jambe, faite seulement d'ossement, manquant de muscles et de chair, l'handicapait grandement, il arrivait à vivre avec fierté, avec conviction, avec détermination. Au départ, d'une famille modeste, il a grimpé les échelons de la hiérarchie social pour devenir l'homme riche et respecté qu'il est. Tu adorais ton père. Tu lui vouais un immense respect. Il était toujours très rigoureux, toujours présent pour sa famille, et surtout, toujours là pour toi.

   Tu sais, tu étais aimée. Tes oncles et tes tantes du côté paternel - alors qu'ils vivaient tous au Japon -, te chouchoutaient constamment, tu étais comme leur fille, ils étaient toujours ravis de te voir. Tu étais leur rayon de soleil, quand cela n'allait pas dans leur vie. Tu les faisais sourire, tu les faisais rire, ils adoraient t'apprendre à marcher, puis à lire et à écrire, passer du temps avec toi, te regarder manger des cochonneries qu'ils t'avaient achetées... Tu étais tout pour eux, sincèrement. C'est pourquoi ils détestaient tant ta mère.

   Ta mère n'a jamais été réellement présente pour toi. Pourtant, elle était prête à te vouer sa vie, au début. Pourquoi est-ce que cela a changé ? On ne sait pas. Ou du moins, on a une petite idée des raisons de son aversion envers sa propre fille. Elle était une poissonnière à Londres, à l'époque, pauvre et peu éduquée. Elle n'avait pas beaucoup de bon sens, elle ne pensait qu'à l'argent, l'argent et l'argent. Ses sujets de conversation avec ses amies, auparavant, c'étaient l'argent, la plupart du temps, et la recherche d'un mari. Elle voulait qu'on la sorte de ce trou, vivre une vie de princesse... Et elle a réussi à atteindre son rêve, bien sûr. Car la voici, reine dans une immense maison, sa boîte à bijoux est remplie et elle met toujours les plus belles robes de soirée. Elle a plusieurs domestiques à son service et elle reçoit des cadeaux des clients de son mari merveilleux chaque semaine. Sa vie est devenue si belle en un instant, pourquoi se plaint-elle donc constamment ?

   Son malheur était toi. Tu lui ressemblais énormément physiquement, et pourtant, tu étais si différente d'elle. Plus éduquée, plus chanceuse, plus regardée, et tu avais ta place dans la famille Aeris. Tandis qu'elle, elle n'a jamais eu droit à une éducation de princesse, on la comparait à toi, sa propre enfant, et sa belle-mère, ses beaux-frères et ses belles-sœurs la détestaient au point de demander à son mari de tout te léguer à sa mort, et non à sa femme. Pourquoi ? Pourquoi ? Qu'avait-elle fait de mal ?

   Auparavant, tu n'avais aucune idée que ta mère te jalousait. Tu pensais qu'elle était froide naturellement, car elle l'était avec tout le monde, à vrai dire, excepté avec ses amis et ses parents. Donc tu n'as jamais tenu de réelle conversation avec elle, disons même que tu la regardais à peine parce que tu pensais qu'elle allait te crier dessus ; tu ne faisais que l'aimer durant tout ce temps. Tu ne sauras jamais qu'elle t'enviait.

   Ton frère a vu le jour à tes quatre ans quelques mois après que la famille ait emménagé au Japon pour être plus proche de ta famille. Il te ressemblait énormément, mais ta mère l'adorait, étrangement, alors que toi, elle t'ignorait constamment. Tu aurais aimé avoir droit à l'attention qu'il recevait, sincèrement, mais tu ne pouvais rien faire contre cela. Après tout, le dernier de la famille était toujours le chouchou. Et puis, ton frère, tu l'appréciais beaucoup. Il avait toujours besoin de ta protection, tu étais sa grande sœur après tout. Et il t'aimait tant. Tu étais son modèle, il aimait dire aux gens à quel point tu étais belle et gentille. Même si, au fond, s'il devait choisir entre rester avec sa mère ou rester avec toi, il choisirait indéniablement sa génitrice.

   Plus tu grandissais, plus tu endossais de responsabilités. Tu étais l'aînée de la famille Aeris, tu te devais d'être irréprochable. Tu devais être jolie, intelligente, discrète, gracieuse et pratiquer des arts. On te poussait souvent à l'extrême, même ton père. Ta tante était contre cette d'éducation, mais elle ne pouvait contredire son grand frère. Il était le chef, après tout. Donc tu as enchaîné les cours. Tu avais des cours d'ikebana, de danse, de violon, de piano, de cérémonie du thé... Tu n'avais pas le temps de jouer. Mais docile que tu étais, tu ne disais rien et tu te laissais littéralement faire. On te façonnait afin que tu sois parfaite. Et puis, ce n'est pas comme si tu étais vraiment contre. Si cela pouvait rendre ton père et ta mère fiers de toi. Bien qu'en réalité, ta génitrice ne voulait pas savoir tout ce que tu faisais. Elle se mettait en colère à chaque fois qu'on lui parlait de toi et de tes exploits.

   Tu étais décidément une bonne fille. Intelligente, et obéissante. Ta tante t'a récompensée de ton dur labeur en t'amenant au théâtre, pour regarder la mise en scène d'une pièce comique. Tu n'étais jamais sortie de ta maison avant, car après tout, tu n'en avais pas le droit. Tu n'étais même pas libre d'aller à des anniversaires ou à des fêtes, à l'école. Donc pour toi, c'était juste incroyable. C'était comme si tu sortais découvrir le monde. Et ce n'était pas juste le monde que tu allais découvrir. Tu allais te découvrir une passion puissante, qui allait te chambouler pour le reste de ta vie. Au départ, tu ne savais pas que tu allais aimer le théâtre. Tu étais juste fascinée par le jeu de ces comédiens qui savaient donner vie à des personnages fictifs et à des objets qui n'étaient même pas sur la scène ; ils n'avaient même pas de décor réaliste, comme dans les films. Ils jouaient tous comme à la Commedia Dell'Arte, c'était étonnant. Tu étais impressionnée. Ta tante l'a constaté et t'a proposé de prendre des cours avec un professeur de théâtre. Tu as accepté d'essayer pendant une semaine. Tu ne savais pas que le théâtre deviendrait ta passion. Ou même, que tu aurais du talent.

   Tu reçois ta première claque à 8 ans. De la part de ta mère. Qu'avais-tu fait de mal ? Pas grand-chose, quoique cela pouvait sembler grave : tu avais renversé ton verre d'eau sur la table devant des invités. Quelle honte. Tu lui avais fait honte. Tu t'es sentie coupable, tu t'es dit que tu l'avais bien méritée. Si cette femme avait estimé que tu devais t'en prendre une, alors elle avait raison. C'était ta mère après tout. Les adultes ont toujours raison.

   Tu ne pleurais pas aux claques, tu n'avais pas vraiment mal lorsqu'on te tapait. Tu ne disais même pas "aïe". Tu étais étrange. Ta mère pensait avoir tous les droits de te faire mal, puisqu'on ne disait rien lorsqu'elle levait la main. Même les domestiques qui t'adoraient se tenaient à carreau, alors au moindre faux pas, tu avais droit à une gifle. C'était son petit plaisir mesquin. Sa vengeance.

   Ton frère n'était pas au courant que sa propre mère frappait sa sœur. Lui, il était heureux, jeune, il ne voyait pas grand-chose pour le moment. Il ne savait pas qu'il serait un jour à la tête de l'entreprise de son père, il pensait qu'il passerait sa vie à jouer avec toi. Il était naïf, cela te plaisait énormément. Tu ne voulais pas qu'il grandisse et pourtant, en tant qu'aînée, c'était ton rôle de l'aider à grandir et à devenir exemplaire.

   Tu étais heureuse lorsque tu regardais ton frère jouer au gré du vent. Il avait beau être timide, peu bavard et froussard, tu savais qu'il deviendrait quelqu'un de bien. Tu aimais le protéger, l'entendre t'appeler pour jouer, le voir se satisfaire de figurines et mêmes de poupées. Ton frère était ton rayon de soleil à toi. Tu n'étais même pas capable de le jalouser de toute l'attention qu'il recevait, que toi tu n'avais plus dorénavant. Tout le monde courait après ton frère, que ce soit les clients de ton père ou la plupart des membres de ta famille. Plus tard tu as compris que c'était pour l'argent que tous ces gens agissaient comme des serviteurs et aimaient. Cela t'a écœuré, et pourtant, tu n'es parvenue à haïr qui que ce soit. Aah, Lyn. Tu aurais pu être comme tous les enfants et avoir la vie facile. Pourquoi a-t-il fallu que tu grandisses si vite ?

   13 ans, et les coups que tu recevais étaient plus violents, et cette fois, sans réelle raison. Ta mère était dépressive, presque folle en ce temps-là. Elle te disait des horreurs que tu aurais voulu oublier. Tu étais bouleversée, tu avais compris que ta mère te haïssait. Tu ne savais pas pourquoi. Qu'avais-tu fait de mal, exactement ? Rien. Rien. Tu avais des bleus, parfois, fait avec des objets contondants. Et tu n'avais pas mal. Du moins, physiquement. Tu avais le cœur déchiré à chaque coup. Tu ressentais sa haine envers toi à chaque fois qu'il y avait contact. Ton père te demandait souvent si tu te faisais taper au lycée, tu disais toujours que tu étais tombée, ou que tu t'étais prise un poteau. Tu avais peur que ton père réprimande sa femme ou qu'il découvre une autre facette, d'elle, celle qu'il aimait tant. Donc tu disais que ce n'était pas les élèves et qu'on était gentils avec toi. Enfin... on ne pouvait dire que les filles te laissaient tranquilles non plus. Elles te jalousaient. Tu étais riche, belle, souriante, les garçons t'aimaient bien... Elles étaient persuadées que tu séduisais tout ce qui portait un phallus. Alors elles te rejetaient. Elles n'aimaient pas les prostiputes dans ton genre. Elles parlaient souvent de toi, et lançaient des rumeurs, histoire de te faire un peu de mal et que tu perdes en popularité. Elles t'ont poussée une ou deux fois dans les escaliers. Doucement, en revanche, pour ne pas avoir trop de problèmes, donc tu n'es jamais tombée. Quoique... juste une fois, l'année d'après, quand une fille t'a donné un coup de pied dans le dos. Les filles, à cet âge, étaient cruelles. Mais tu n'arrivais pas à les haïr. Pourquoi ? Pourquoi, Lyn ? Pourquoi restais-tu gentille avec elles ?

   Tu n'avais jamais réellement senti de douleur mentale, si ce n'était avec ta mère. Pas une fois, à l'école, tu ne t'étais sentie vexée, blessée, outrée, choquée. Tu ne ressentais rien de spécial. Pas même la joie. Autant dire que tu étais insensible, à l'époque. Grâce à cela, tu te relevais facilement et tu pouvais sourire comme si de rien n'était. C'était agaçant. Très agaçant.

   Au-delà de tout cela, tu étais devenue très bonne au violon. On pouvait dire que c'était innée, chez toi. Tu pratiquais cet instrument depuis tes quatre ans, avec ton oncle, et aujourd'hui, tu étais très douée. Tu étais sensible, tu avais une bonne oreille... Tu aurais pu faire des concours, mais étrangement... Tu préférais de loin te focaliser sur le théâtre. C'était ta passion, ce qui te permettait de te détendre, de rêver, d'imaginer. Tu te faisais des mises en scène seule, quelques fois, alors que tu aurais pu partager tes idées avec l'atelier théâtre de ton collège. Si tu moins tu t'y étais inscrite. Mais tu n'as pas voulu, tu pensais que tu deviendrais une gêne pour eux. Avec la réputation que tu avais...

   Lyn, pourquoi te renfermais-tu si souvent sur toi-même ? Qu'est-ce que cela t'apportait, exactement ? Pourquoi te rabaissais-tu si souvent, à l'époque ? Tu n'étais même pas capable d'avouer que tu avais pleuré devant un film. Pour toi, c'était honteux, d'avouer tes faiblesses. Tu ne voulais pas qu'on sache que tu avais des points sensibles. Tu ne voulais pas qu'on te prenne en compassion. Tu voulais qu'on te croit forte physiquement et mentalement. C'était important pour toi. Tu voulais qu'on puisse se confier à toi, tu voulais qu'on puisse se fier à tes capacités... Tu voulais qu'on croie en toi.

   Lyn, malheur à toi, tu es devenue fragile physiquement. Tu as fait de nombreux malaises et de nombreuses crises de spasmophilies durant ta dernière année de collège et cela, tes parents l'ignoraient. Tu avais dû supplier l'infirmière des dizaines de fois pour qu'elle ne les prévienne pas. Tu voulais tout endosser. Est-ce que cela était de l'égoïsme ? Oui, c'était égoïste. Tu voulais te prouver que tu étais capable de tout porter sur tes épaules frêles, même si cela signifiait que tes parents ne devaient rien savoir par rapport à toi. Donc tu n'allais jamais chez le médecin, car de toute manière, tu n'avais pas le droit de sortir seule. Tu attendais alors d'avoir le droit de sortir, soit vers tes 18 ans, pour avoir l'autorisation de le faire. Mais au final, tu n'as pas attendu longtemps.

   Durant ta dernière année de collège, tu t'es considérablement embellie. Les garçons te regardaient souvent et parlaient de toi comme d'un objet sexuel. Tu avais honte d'être vue ainsi. Tu as donc souvent eu des petites sautes d'humeur, qui au contraire, aggravaient ton cas chaque jour. Comme toujours, les filles ne t'aimaient pas et les garçons ne te respectaient pas. Ta mère te frappait en secret et la seule chose qui te réconfortait, c'était de jouer. Jouer était pour toi un moyen essentiel de survie. Sans cet art, tu aurais plongé dans les abysses du désespoir. Lire des pièces, t'amuser à faire des mises en scène avec ton frère. C'était ton bonheur. Tes yeux brillaient lorsque tu parlais d'une pièce de théâtre, tu riais lorsque tu assistais à des représentations avec ta tante... Tu étais heureuse au fond, lorsque le théâtre était mêlé à ta vie. Et voir que ta famille prospérait te rassurait. Tu allais bien. Tu n'étais pas triste. Ou alors, essayais-tu de te convaincre que ta vie était belle.

   Tu avais 18 ans et demi, lorsque finalement, tu as quitté la maison, affaiblie comme jamais. Qu'avais-tu fait, exactement ? Pas grand-chose. Il était l'heure de dîner, ton père a décidé que tu allais entrer dans une école d'élite afin que tu puisses devenir médecin dans l'avenir. Cela t'a inquiétée, donc tu as clairement refusé, dit que tu voulais devenir comédienne. Car médecin, pour toi, c'était bien trop. Et tu ne voulais pas faire des études aussi longues pour un métier qui, bien que merveilleux, ne t'intéressait pas. Tu voulais entrer dans le monde du spectacle, être acclamée, t'imprégner d'un personnage, raconter une histoire... C'était ton plus grand rêve. Alors pour la première fois, tu as dit non à ton père. Lorsqu'il a entendu tes rêves, il a ri et t'as dit que ce métier ne valait plus rien depuis l'arrivée du cinéma. Que de toute manière, tu ne percerais jamais malgré ton apparence. Tu t'es mise en colère et tu as commencé à argumenter calmement, à table. Cela n'a pas plu à tes géniteurs qui se sont mis à te crier dessus, sévèrement. Et pour une fois, ils étaient d'accord avec les propos de l'autre, donc ils en profitaient. Alors, on t'a dit que tu ferais honte à la famille Aeris. Cela t'a chamboulée. Décidément, tu n'avais aucune liberté. Cela t'a frappée, et tu t'es levée de la table pour la quitter au plus vite. Tu ne voulais plus parler de cela avec eux. Mais c'était une mauvaise idée, en vérité. Ta mère, violente et toujours dépressive malgré le fait qu'elle suivait un psychologue, t'a attrapée par les cheveux et t'a traînée dans la salle à manger. Elle t'a ordonné de finir ton plat, tout de suite. Tu as dit que tu le terminerais dans ta chambre, alors qu'elle agrippait tes cheveux comme une forcenée, devant ton père qui lui a dit de se calmer et de te relâcher ; elle n'a pas écouté. De suite, elle t'a frappée avec une grande cuillère en argent, servant principalement pour le riz, au visage. Elle t'a demandé pourquoi tu ne faisais jamais comme elle le voulait, en hurlant. Et tu l'as fusillée du regard avec rancœur, menace. Tu en avais assez, tu voulais crier toutes les horreurs qui te traversaient l'esprit, seulement pour lui faire du mal, comme elle le faisait si souvent avec toi. Tu voulais la traîner par terre, l'humilier... Mais tu ne l'as pas fait, tu te devais de rester quelqu'un de respectable. Et elle demeurait ta mère, à ton grand dam. Mère qui était sidérée face à ton regard, effrayant, menaçant. Et elle t'a remis un coup pour ton insolence. Et encore, tandis que son mari s'était levé pour l'arrêter. Il avait du mal à avancer vite, il se faisait vieux et ses jambes étaient faibles. Tu l'as remarqué, et tu lui as ordonné de les laisser. Car c'était leur problème, entre elles. Il n'a rien écouté. Ton visage était en sang. Il se devait d'aider sa fille, elle souffrait devant lui. Mais il se pressait tant que ses jambes ont fini par le lâcher. Ton frère, lui, était horrifié. Il ne reconnaissait pas sa mère. Il avait l'impression que s'il bougeait, tu allais mourir. Il était terrifié. Ta tante est arrivée par la suite, dans la maison, cherchant son ordinateur portable. En découvrant la scène, quelle rage l'a envahie. Elle a sauté sur ta mère, comme une sauvage, et l'a plaquée par terre pour lui mettre une droite et griffer son visage. Elle la détestait la veille, mais à ce moment précis, elle voulait sa mort. Comment osait-elle lever la main sur sa fille et ignorer son mari à terre, qui essayait désespérément d'aider sa fille à s'en sortir sans séquelle ? Quelle honte. Elle avait honte qu'une paysanne comme elle soit dans sa famille. Elle voulait la tuer. Dire qu'elle ignorait, auparavant, que cette femme était capable de telles horreurs sur sa fille. Se rendait-elle même compte qu'elle avait souffert pendant neuf mois pour lui donner vie ?

   Le lendemain, ta tante a décidé que tu allais quitter la maison, sans l'accord de tes tuteurs. Il était temps que tu t'en ailles. Ta mère allait finir par te tuer, si elle était capable de t'ouvrir le crâne avec une cuillère en argent. Elle savait que ton père n'allait pas lui en vouloir, lui aussi avait eu peur pour toi, mais jamais il n'arrivera à se séparer de sa femme, qu'il aime malgré tous ses défauts. Il serait sûrement bouleversé en voyant que tu avais disparu, mais tout cela était pour ton bien. Tu as donc fait tes valises et tu es partie en cachette, ne laissant rien derrière toi, pas même une lettre, pas même un au revoir pour qui que ce soit. Enfin, tu allais être libre. Tu étais triste, tu allais quitter ton frère, les domestiques et ton père. Mais tu étais aussi heureuse, excitée par la nouvelle vie qui allait s'offrir à toi. Tu allais pouvoir faire ce que tu voulais. Mais au fond de toi, tu étais emplie de bonheur. Tu étais ravie de quitter cette maison et tes responsabilités folles. C'était cruel de ta part, mais ta génitrice avait dépassé les limites de ta patience.

    Cependant, à peine es-tu partie que ton père t'a retrouvée chez ta tante. Il s'est excusé pour ne rien avoir remarqué, il a pleuré, à ta grande surprise, et tu n'as pas pu t'empêcher de pleurer à ton tour, pour la première fois depuis très longtemps. Mais cette retrouvaille émouvante n'a pas duré longtemps, car il t'a ensuite annoncée qu'il t'avait inscrite à l'université de Keimoo, qui se trouvait très loin de sa ville, en médecine. Tu as vu ton rêve de nouvelle vie s'écrouler devant tes yeux, car au final, que ce soit loin de ta famille ou non, tu te retrouvais toujours obligée de suivre le destin qu'on t'avait tracé. Tu t'es mise en colère et tu as argumenté pour le faire changer d'avis, mais comme toujours, avec ton père, tu as fini par perdre face à lui.

    Arrivée à Keimoo, tu n'as pas coupé les ponts avec l'art de la musique et de la comédie. Tu as continué, sans négliger tes cours pour autant. Tu as fait quelques rencontres, mais par manque de temps, tu n'as pas pu sociabiliser avec très longtemps. Tu n'étais pas triste à Keimoo, tu n'étais pas non plus heureuse, tu te satisfaisais des petits bonheurs du quotidien, on va dire. Seulement, ta vie a pris un tournant diamétralement différent à la suite de la fête de Noël. Lors de cet événement, tu as été prise dans une explosion et tu as été exposée au gaz. Toi qui n'avais pas de bons poumons depuis ta plus tendre enfance, tu les as vus s'abîmer davantage. Et quelques jours après ton hospitalisation, tu as appris que tu avais un caillot dans une veine de la jambe depuis un moment et que celui-ci avait migré jusqu'à une veine pulmonaire. C'est là que tu as pris conscience que tu n'as jamais vécu. Que tu voulais vivre par toi-même. Être heureuse. Tu voulais qu'on te connaisse, tu voulais laisser ton empreinte dans l'histoire du monde. Tu avais des regrets. Tu voulais y remédier et réaliser tes rêves, car au final, comme tout le monde, tu n'étais pas invincible : tu pouvais mourir à tout moment. Mais même si tu voulais réaliser tes rêves, ils étaient hors-de-portée, au vu de ton état. Tu pouvais à peine marcher, tu ne pouvais même pas tenir debout. Tu n'avais pas d'autres choix que d'attendre. Tu ne pouvais plus qu'espérer que tu t'en sortes.

    Quelques mois plus tard, tu as quitté l'hôpital et tu as repris le cursus en seconde année - ayant passé le concours à l'hôpital. Tu ne savais pas encore comment tu allais atteindre ton but, ni comment tu allais annoncer à ton père que tu voulais arrêter tes études de médecine, tu as décidé de te faire remarquer du public avec tes idées saugrenues, tu as décidé de marquer les esprits des gens pour qu'on ne t'oublie pas. Tu es beaucoup plus heureuse désormais, tu montres tes rêves sans honte et tu n'as plus peur du ridicule. Tu es prête à vivre jusqu'au bout, sans cesser de croire. Tu as beau ne pas être guérie, tu succomberas peut-être en cours de route, tu veux vivre pleinement, dans le but que sur ton lit de mort, tu puisses sourire et dire que tu n'as aucun regret.

     • Relations proches et familiales :

    Lyn a vécu avec ses parents, sans vraiment qu'ils soient vraiment présents. Son père travaillait énormément et sa mère l'évitait. Sa seule compagnie était son petit frère adoré. Ses domestiques lui parlaient quelques fois, mais sans plus. Lyn n'avait pas vraiment d'amis à l'époque. Elle était assez populaire auprès des garçons, et certaines filles l'admiraient. Mais sinon, elle se souvient surtout des filles qui la haïssaient et des garçons qui lui manquaient de respect.
    Dans sa famille, elle est proche de ses oncles, de ses tantes et de sa grand-mère. Mais il y a une tante envers qui elle est particulièrement attachée, Chikako Aeris. C'est grâce à elle qu'elle embrasse le théâtre avec passion et qu'elle a pu s'échapper des griffes de sa génitrice.

   

           
CARTE DU MEMBRE
   
   ||  Poussin ||
   
•• OC d'Ilya Kuvshinov ••


   • Âge: /
   • Localité (facultatif): /
   • Etudes ou profession (facultatif): /
   • Comment as-tu découvert Keimoo: Google.

   • Ton niveau de fréquence: Présente le week-end.
   • Remarques, suggestions: Un club de théâtre siouplaît.
   • Souhaites-tu un parrain ? Cela ira, merci.
   • Aimes-tu les chats ?
   

__________________________________________________
A dream is a wish your heart makes
“Les rêves sont des corps invisibles, inaudibles, intouchables, inodores et immatériels, pourtant, avant même qu'on ne le sache, ils nous touchent à la manière d'un doux nuage de cotons.”by lizzou.
Revenir en haut Aller en bas
http://keimoo.forum-actif.net/t10234-lyn-aeris-en-charge-zakuro http://keimoo.forum-actif.net/t10241-9658-sweet-bitter-9668#226667
 
Every day might not be good, but there is something good in every day •• L y n A e r i s
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 1.06 All Good Things Must Come to an End
» Good Morning England - Demande de partenariat
» 07. It's a new day, a new start, and I'm feeling good!
» Good morning, Ireland ! (23/01/12 à 10h12)
» oh sometimes i get a good feeling[17/05 à 13h46]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
₪ Académie Keimoo ₪ :: ₪ Administration ₪ :: ► Les personnages :: Fiches validées :: Université :: Filles :: Fiches validées-
Sauter vers: