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 Still, life is beautiful

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MessageSujet: Still, life is beautiful   Jeu 15 Sep 2016 - 2:40

♔  STILL, LIFE IS BEAUTIFUL ♛
    J’ai toujours honteusement rêvé d’un monde dans lequel je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui : une femme pathétique et obéissante, qui se doit de sauver les apparences. Au fond de moi, j’ai toujours souhaité ne pas être née Aeris, j’ai toujours souhaité balancer toutes mes études en l’air et me divertir. L’amusement est le pouvoir, l’amusement est infini, l’amusement devrait être la définition de la vie. C’est pourquoi je peux dire que je n’ai jamais vécu. Ou du moins, pas assez. Je me suis toujours pliée aux désirs de mes parents, en pensant que c’était ce que devait faire la fille aînée d’une famille aussi prestigieuse que celle-ci ; en pensant que c’était juste de suivre les ordres comme un misérable pantin sans volonté. D’ailleurs, ai-je déjà eu des ambitions ? Ai-je déjà songé à un avenir joyeux et pensé au futur en souriant ? Jamais, il me semble. Jamais. Voilà ce qu’est Lyn Aeris : une hypocrite qui joue à la femme heureuse et sans complexe. J’ai honte. Honte de ce que je suis. Je berne consciemment les alentours afin de ne pas penser à l’avenir qui m’est réservé. C’est égoïste de ma part. Tous ceux qui ont voulu me connaître sans arrière-pensée ont été trompés par mes caprices de nouvelle vie. Et en dépit de mes désirs de recommencement, je n’ai jamais rien fait pour changer ma situation actuelle. Je suis une paresseuse impénitente.

05 janvier, 07:00 Quartier Hiryuu, Hôpital

     Cela faisait plus d’une semaine que Lyn était dans son lit d’hôpital. Elle semblait être plongée dans un sommeil profond, elle ne paraissait pas vouloir sortir de son inertie. Inertie auquelle les infirmiers-ères s’étaient habitués-es au fil du temps. Personne n’était venue lui rendre visite entre-temps, comme si tout le monde l’avait oubliée, au final. Elle ne faisait plus partie de ce monde actif. Même si son état n’était pas bon, le monde continuait de tourner, mais sans elle. Peut-être ne manquait-elle à personne. C’était regrettable, mais les choses étaient ainsi et pas autrement. Elle ne pouvait rien faire pour cela, tout comme personne ne le pouvait.

    Comme chaque matin, une des infirmières qui s’occupait quotidiennement d’elle entra dans la chambre blanche et stérile de Lyn. Elle regarda machinalement l'électrocardiogramme, vérifiant l’état de la jeune femme et notant mentalement les petites variations. Elle s’approcha ensuite du lit, pour l’examiner très rapidement. Lyn était toujours aussi belle. Ses cheveux, longs et ondulés, lui rappelaient Chichibu. Son visage placide, d’une pâleur presque cadavérique, dévoilait un voyage d’Europe en Asie. . Des paupières closes, des sourcils fins et doux, un nez petit et plat, une bouche ronde et petite dotée d’un arc de cupidon prononcé, des lèvres roses et charnues, et une mâchoire droite. Lyn était à couper le souffle, alors qu’elle était à la frontière de la vie et de la mort  L’infirmière se demandait de quelle couleur étaient ses yeux. Étaient-ils marrons comme les bois ? Verts comme les champs de thé ? Bleus comme l’océan ? Gris comme les nuages ? Violets comme la lavande ? Elle n’aurait pas cette réponse d’aussitôt. Aujourd’hui encore, elle dormait profondément. Allait-elle faire le rêve qu’elle faisait tous les matins depuis son arrivée, dans cet hôpital triste et fastidieux ? L’infirmière, qui avait de la compassion à son égard, croyait que cette belle femme plongée dans cet état presque léthargique, était poursuivie par certaines hantises. Elle avait remarqué qu’elles la lançaient parfois, et assez violemment. Elle soupira, quand soudain, l’électrocardiogramme se mit à s’affoler. Comme chaque matin. L’infirmière appuya sur l’alarme pour appeler le médecin en charge de Lyn, celui-ci accourut aussitôt et entra en trombe dans la chambre, en alerte. Il examina rapidement le corps de Lyn et prit une seringue remplie d’une substance translucide. Cependant, quelques secondes plus tard, les battements du cœur de l’endormie se calmèrent.

« Encore un rêve. »

05 janvier, 14:00 Quartier Hiryuu, Hôpital

    Il neigeait. L’asphalte, les toits, les bords de fenêtre, les voitures, les ponts et les escaliers étaient immaculés. La ville était belle, elle semblait chaste et apaisée. Cette journée s’annonçait calme. Tout le monde avait froid, tout le monde craignait de congeler sur place, mais au fond, pour beaucoup, la neige était un phénomène divertissant. Grâce à elle, on pouvait rire des gens qui glissaient sur le verglas, des gens qui se prenaient des boules de neige en pleine figure, s’amuser à faire des batailles de neige ou de sauter dans un tas et faire des anges partout en ville, pour s’assurer que tout le monde embrasse chaleureusement le bonheur à chaque coin de rue. Lyn avait toujours rêvé de faire ce genre d’idiotie. Innocemment, elle pensait que cela ferait sourire les autres. Faire sourire. Elle était bonne dans ce domaine-là. Mais de cette façon-là ? Elle ne savait pas encore, jamais elle ne s’était permise de s’allonger sur le sol et d’écarter bras et jambes pour faire un ange. Car, il était de sa responsabilité d’avoir une apparence excellente. Ah, elle aimerait tant se jeter dans la neige avec quelqu’un. Oui, avec quelqu’un. Car seule, le moment ne serait plus que terne et insipide. Elle aimerait sortir et découvrir le monde dans tous ses recoins. Marcher sur le sable, l’eau, l’herbe, la terre, la boue, dormir dans un champ de tournesols, se réveiller au milieu des pissenlits, croire qu’en soufflant dessus, ses souhaits se réaliseront, grimper sur un arbre et penser que le monde était à portée de main, que les nuages étaient proches, faire de la plongée et saluer les poissons et les corails, monter sur un bateau au hasard et attendre où il va la mener… Elle aimerait faire toutes ces choses futiles et en rire avec les autres lorsqu’elle serait grand-mère. Elle aimerait avoir l’air bête et s’écrier que le monde était beau. Oh, et faire du théâtre dans chaque endroit visité avec une troupe ambulante, soudée et conviviale. Ce serait parfait. Mêler son activité favorite avec son envie de découverte, ce serait tellement parfait. Et elle pourrait crier haut et fort, lorsqu’elle aura accompli ses rêves, qu’elle avait vécu.

    De nouveau, aujourd’hui, l’électrocardiogramme se mit en alerte.

    Lyn sortit lentement de sa torpeur.

05 janvier, 14:30 Quartier Hiryuu, Hôpital

    Lyn subit un petit examen, peu après son réveil. On lui avait expliqué la situation, et on lui avait dit que tout allait bien, qu’elle pourrait quitter l’hôpital dans peu de temps si elle prenait soin d’elle. Quand Lyn demanda si quelqu’un était venu la voir, on eut le regret de lui dire que non. Avec le sourire, Lyn ne put que dire : « Ce n’est pas grave. », même si en réalité, elle était déçue de l’apprendre. Mais cela ne l’étonnait guère, personne n’était assez proche d’elle pour se soucier de sa personne. Donc elle ne le prenait pas personnellement et se disait qu’elle reprendrait les cours dans peu de temps. Même si l’année touchait bientôt à sa fin, elle espérait pouvoir faire connaissance avec les autres élèves. Quoique. Elle souhaitait quitter le cursus et commencer des études à son goût. Mais pouvait-elle se le permettre maintenant ? Alors qu’elle allait bientôt terminer son année de médecine ? Que diraient ses parents, s’ils apprenaient qu’elle voulait arrêter ses études ? Ils seraient très en colère, elle s’en doutait bien. Il fallait qu’elle réfléchisse.

    Soudain, elle sentit une douleur vive au niveau de sa jambe droite. Elle réprima un cri de douleur et passa sa main dessus pour la masser, doucement. En soulevant sa couverture, elle vit que la partie qu’elle frottait était rouge et enflée. Elle n’y porta que peu d’importance, pensant que c’était normal, qu’elle avait dû se faire cela lors de l’incident, et continua à masser jusqu’à ce que la douleur se calme.

    Elle regarda par la suite par la fenêtre, songeant que cet endroit morne lui déplaisait. Heureusement qu’il neigeait, dehors. La neige la divertissait et la faisait rêver. Elle vit alors son reflet dans la vitre. Elle avait l’air fatiguée, et elle avait un bandage autour de la tête et de la nuque. Elle était bien amochée. Elle espérait que toutes les victimes de l’incident de Noël se portaient mieux qu’elle. Une pensée pour Haruki et Hisaka traversa son esprit. Comment allaient-ils ? Étaient-ils toujours dans le même hôpital qu’elle ? À Noël, peu après l’explosion, elle se souvenait de les avoir vus non loin d’elle, pendant un moment. Elle avait tendu une main vers eux, par angoisse qu’il leur arrive malheur. Puis lorsqu’ils s’étaient mis à courir, ils disparurent de son champ de vision, tandis qu’on l’emmenait loin d’eux et que le monde s’assombrissait autour d’elle. Elle aimerait pouvoir les contacter et prendre de leurs nouvelles. Peut-être pourrait-elle demander aux infirmières ?

05 janvier, 22:30 Quartier Hiryuu, Hôpital

    Lyn n’avait pas eu le droit de quitter son lit de toute la journée. On lui avait dit de rester sous sa couverture et de reprendre des forces, car ainsi, elle pourrait quitter l’hôpital plus tôt. Elle avait docilement obéi. Mais maintenant, elle était lassée. Rien n’était intéressant, à la télé, et personne n’était venue lui rendre visite. Et elle n’avait aucun partenaire de chambre. D’ailleurs, cette chambre n’était que pour une personne. Elle s’ennuyait terriblement. Intérieurement, elle soupirait souvent et réfléchissait, réfléchissait et réfléchissait à toutes les questions existentielles qu’elle se posait. Elle eut alors une envie. Celle d’ouvrir la fenêtre, malgré le froid de l’hiver, et de toucher les flocons de neige. Elle songea deux secondes à, si se lever pour ouvrir la fenêtre serait un crime ou même une erreur. Elle pensa que non, et elle poussa la couverture pour poser un pied sur le sol, puis l’autre, et de se lever. Elle constata que sa jambe droite était étrangement lourde, comparée à l’autre. Peut-être était-ce normal. Alors elle fit un pas, puis deux, avant de perdre l’équilibre et de s’écrouler sur le sol. Elle écarquilla les yeux, étonnée, avant de prendre conscience de ce qui venait réellement de se passer. Était-ce normal de tomber aussi facilement ? Cette réaction l’alerta, et son cœur se mit à s’accélérer, tout comme sa respiration. Elle appuya sur le bouton d’alarme de sa chambre pour faire venir quelqu’un, comprenant qu’elle n’arriverait pas à se calmer. Quelqu’un arriva aussitôt et la releva pour l’asseoir, on demanda un sac en papier, puis on lui ordonna de se calmer et de respirer calmement. Facile à dire. Une crise n’était pas si simple à contrôler, cela se saurait sinon.

09 janvier, 15:30 Quartier Hiryuu, Hôpital

    Une thrombose veineuse de la jambe. Elle n’avait pas de chance. Elle ne risquait pas de quitter l’hôpital de sitôt. On lui avait dit que le caillot qui se trouvait dans sa veine risquait de se déplacer vers un poumon, voire vers son cerveau, si elle ne prenait pas bien ses anticoagulants. Rien de bien rassurant, mais elle tentait de rester positive à tout prix. C’était le seul moyen pour elle de ne pas tomber en pleine dépression, même si elle risquait bien d’être envoyée à l’hôpital psychiatrique, au vu du de la tournure que prenaient les choses. Depuis quelques jours, il lui arrivait de prendre son visage dans ses mains pour réprimer ses larmes, ses marques de faiblesses. Une embolie. Une embolie. C’était grave. Avec la chance et la santé qu’elle avait, allait-elle quitter cet hôpital indemne ? Allait-elle même le quitter ? Alors qu’elle résumait toute sa vie, elle ne put noter ne serait-ce qu’une fois où elle avait agi par ambition. Quand pouvait-on donc dire qu’elle avait vécu ? N’était-elle venue au monde que pour subir cette maladie ? Elle plongea sa figure dans ses mains frêles et délicates, mordant sa lèvre inférieure. Elle en avait assez. Elle en avait assez. Elle en avait assez. Elle voulait vivre et faire ce qu’elle aimait le plus pour se permettre d’embrasser ne serait-ce qu’un minimum de joie. Les joies quotidiennes ne lui suffisaient plus, aujourd’hui. Elle devait faire vite et être heureuse. Vite. Vite. Vite.

    Des pleurs se firent entendre, non loin d’elle. Elle releva la tête, machinalement, les yeux écarquillés de surprise. Surprenamment, elle craignait le tableau qui allait se dessiner devant sa personne. Devait-elle continuer le chemin que prenait son regard ? Elle ne savait pas bien. Elle ne savait pas ce qui l’attendait, mais sa mauvaise curiosité l’amena à regarder la terrible scène qui se jouait devant ses prunelles encore chastes. Elle pouvait voir deux personnes, adultes, pleurer dans les bras de l’autre avec affliction, désespoir et accablement. Ils s’accrochaient, l’un à l’autre, par peur que l’un disparaisse. Ils se retenaient de crier, ils ne pouvaient que hoqueter et relâcher des larmes jusqu’à épuisement. Chacun semblait enclin à s’écrouler de douleur. Alors, Lyn pouvait dire que la personne qu’ils chérissaient tous les deux venait de mourir. Elle se rappela que la chambre voisine regroupait des enfants atteints de cancer.

    Subitement, elle se mit également à sangloter. Elle ne sut exactement pourquoi. Pour l’enfant et les parents, certainement, mais une part en elle lui disait que ce n’était pas que pour cela. Elle ressentait un manque profond, une douleur vive au niveau de son coeur, quelque chose la lançait au fond d’elle, la mouvait, l’emportait dans un flot de pensées négatives, et lui faisait comprendre, qu’au final : elle était seule.

    Personne ne risquait de faire son deuil à son chevet.

17 janvier, 13:30 Quartier Hiryuu, Hôpital

    Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de son père, qui, d’ailleurs, n’était au courant de rien par rapport à son hospitalisation. Normalement. Et aujourd’hui, on lui apprenait que finalement, le caillot avait migré dans une veine pulmonaire. Pourquoi n’était-elle pas surprise ? Elle s’en était doutée à la seconde même où on l’avait avertie. Malgré les médicaments, elle avait réussi à avoir une embolie pulmonaire. Elle avait d’autant plus de chances de mourir tôt, dans ce cas. Elle se mit à rire, avec mélancolie, sous le regard du médecin et des infirmières qui l’accompagnaient, affligés ; ils ne savaient que dire pour rassurer leur patiente. Ils ne purent que rester là, à la regarder s’amuser amèrement de son propre sort. C’était comme si elle venait de perdre la raison. Tout qu’elle avait retenues au plus profond de son âme risquaient d’exploser en elle, de la rendre folle. Aurait-elle un jour la chance de faire ce qu’elle souhaitait ? De vivre de son propre chef ? Elle ne savait plus, elle ne pouvait plus déterminer l’issue de son hospitalisation. Pouvait-elle espérer quitter cet hôpital ? Avec la chance qu’elle avait… Petit à petit, Lyn songeait à abandonner. De toute manière, son existence était déjà minime en ce monde. Et elle ne risquait pas de laisser beaucoup de malheureux. D’ailleurs, elle n’avait rien à laisser. Jamais elle ne s’était réellement fait remarquer si ce n’était pour ses cheveux inhabituels ou sa grande taille. Elle n’avait pas non plus laissé ne serait-ce qu’une empreinte d’elle.

    Lorsqu’elle fut enfin calmée, elle inspira profondément, et demanda à ce qu’on la laisse seule. On s’exécuta rapidement tout en lui disant qu’on ferait en sorte qu’elle survive. Même si, autant le dire, on lui avait précisé que le caillot était gros et que même si on retirait celui-là, un deuxième pouvait apparaître plus tard. Pourtant, Lyn s’accrochait à l’espoir de vivre. Elle s’y accrochait. Enfin, assez pour dire qu’elle n’abandonnait pas.

«  S’il vous plaît… Quelqu’un… à l’aide. »

    Elle ne faisait que murmurer faiblement, les mains sur son visage pâle. Mais elle espérait que quelqu’un l’entende et réponde à son appel silencieux. Aujourd’hui, elle se permettait de larmoyer sur son misérable sort, mais demain, elle ferait comme toujours : comme si de rien n’était.
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Haruki Lei
♣ Université - 2ème année
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MessageSujet: Re: Still, life is beautiful   Mar 4 Oct 2016 - 17:01

Des murmures, un autre réveil en ré mineur. Haruki trouvait qu'il y avait une fragrance familière de mélancolie autour de Lyn, une note nostalgique derrière un voile de douceur. Aujourd'hui résonnait une fois de plus le ré mineur encore plus mineur que celui qu'il connaissait et Haruki l'écoutait, épaules voûtées et accroupi sur le siège près de l'entrée.

La dernière fois qu'il l'avait vue était inerte au sol, touchée par l'explosion du bâtiment des clubs et le fantôme de cette image avait tout à coup disparu, piétiné par la panique et les tumultes environnants. Il ne l'avait plus croisée depuis mais le rose de ses cheveux longs n'avait pas changé, ni la lactescence de son épiderme. On ne savait pas dire exactement pourquoi Haruki n'avait ni cherché à la retrouver, ni comment il avait vécu la catastrophe; il était un de ces êtres de nature aussi incompréhensible qu'imprévisible, la créature qu'on attendait en vain et qu'on ne croisait lorsqu'on ne s'y attendait plus.

Il y eut des paroles soupirés, un chuchotement qui déchirait le silence de la chambre et Haruki se figea dans la progression ombreuse de ses pas. Léger, insonore, aussi présent que la poussière en apesanteur. Il y eut un souffle, le frottement infime dans les airs trahissant une présence tandis qu'il s'approchait du lit pour se pencher au dessus de la fille. Ses mains se refermèrent sur celles de cette dernière posées à même le visage, dans un instant de réclusion douloureux.

-Lyn.

Son mouvement presque trop soudain, lui tiraillait l'épaule et il cillait, de surprise. Et alors, imperturbable, l'obscurité de son regard s'arrêtait sur les larmes qui coulaient sur le visage d'Aeris avant de s'éteindre quelque part dans ses cheveux incarnats. Longtemps il resta ainsi et lorsqu'il se redressait, récupérait une larme venue s'amonceler sous la pupe de son index, qu'il levait pour mieux étudier la goutte à travers la lumière de la fenêtre. Le monde à travers une larme, le monde avant qu'elle ne s'écrase au sol, happée par le poids de l'univers.

-Lyn, ...Lyn-lyn.

La saveur de ce son lui resta sur le bout de sa langue tandis qu'il s'asseyait paisiblement sur le rebord du lit, dos à la jeune femme. Sa présence, discrète et obscure, semblait avoir été épargnée de toute explosion, inatteignable et intangible, comme si son aura intouchable ne devait qu'être illusion. Dans une résonance mentale infinie, le gothique se répétait en boucle la même syllabe. Qu'on le cherche à travers tout le couloir, qu'on se fasse un sang d'encre en désespérant un improbable retour paraissaient lui passer bien au-delà de tous ses concepts, et il entonnait intérieurement une mélodie qui n'avait d'exigence qu'à travers son ouïe.
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